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La 1ère épître aux Thessaloniciens

 

Hamilton Smith

 

Table des matières abrégée :

1       1 Thessaloniciens 1 — les fruits de l’évangile

2       1 Thessaloniciens 2 — Les soins de Dieu pour Ses agneaux

3       1 Thessaloniciens 3 — L’épreuve de la foi

4       1 Thessaloniciens 4 — Le chemin de la foi

5       1 Thessaloniciens 5 — Le jour du Seigneur

 

Table des matières détaillée :

1       1 Thessaloniciens 1 — les fruits de l’évangile

1.1         1 Thess. 1:1

1.2         1 Thess. 1:2

1.3         1 Thess. 1:3

1.4         1 Thess. 1:4

1.5         1 Thess. 1:5

1.6         1 Thess. 1:6-10

2       1 Thessaloniciens 2 — Les soins de Dieu pour Ses agneaux

2.1         1 Thess. 2:1-5 — La grâce de l’apôtre envers les pécheurs

2.1.1      1 Thess. 2:1-2

2.1.2      1 Thess. 2:3-5

2.2         1 Thess. 2:6-12 — Les soins d’amour de l’apôtre pour les jeunes convertis

2.2.1      1 Thess. 2:6-9

2.2.2      1 Thess. 2:10-11

2.2.3      1 Thess. 2:12

2.3         1 Thess. 2:13-20 — Les fruits des soins de l’apôtre

2.3.1      1 Thess. 2:13

2.3.2      1 Thess. 2:14-16

2.3.3      1 Thess. 2:17

2.3.4      1 Thess. 2:18

2.3.5      1 Thess. 2:19-20

3       1 Thessaloniciens 3 — L’épreuve de la foi

3.1         1 Thess. 3:1-2

3.2         1 Thess. 3:3-5

3.3         1 Thess. 3:6-8

3.4         1 Thess. 3:9-11

3.5         1 Thess. 3:12

3.6         1 Thess. 3:13

4       1 Thessaloniciens 4 — Le chemin de la foi

4.1         1 Thess. 4:1-2

4.2         1 Thess. 4:3-8 — La sanctification devant Dieu

4.2.1      1 Thess. 4:3-5

4.2.2      1 Thess. 4:6-8

4.3         1 Thess. 4:9-10 — L’amour les uns envers les autres

4.4         1 Thess. 4:11-12 — La justice envers ceux du dehors

4.5         1 Thess. 4:13-18 — La consolation au vu de la venue de Christ

4.5.1      1 Thess. 4:13-14

4.5.2      1 Thess. 4:15-18

5       1 Thessaloniciens 5 — Le jour du Seigneur

5.1         1 Thess. 5:1-3 — le jour du Seigneur

5.2         1 Thess. 5:4-11 — La conduite qui convient à ceux qui marchent à la lumière du jour à venir du Seigneur

5.2.1      1 Thess. 5:4-5

5.2.2      1 Thess. 5:6-7

5.2.3      1 Thess. 5:8

5.2.4      1 Thess. 5:9-10

5.2.5      1 Thess. 5:11

5.3         1 Thess. 5:12-22 — Exhortations et avertissements

5.3.1      1 Thess. 5:12-13

5.3.2      1 Thess. 5:14

5.3.3      1 Thess. 5:15

5.3.4      1 Thess. 5:16

5.3.5      1 Thess. 5:17

5.3.6      1 Thess. 5:18

5.3.7      1 Thess. 5:19

5.3.8      1 Thess. 5:20

5.3.9      1 Thess. 5:21

5.3.10        1 Thess. 5:22

5.4         1 Thess. 5:23-28 — La prière finale et les salutations

5.4.1      1 Thess. 5:23

5.4.2      1 Thess. 5:24

5.4.3      1 Thess. 5:25-28

 

 

Dans les différentes épîtres, Dieu a donné une riche provision de nourriture spirituelle adaptée à chaque étape de la croissance chrétienne. Les épîtres aux Thessaloniciens ont été écrites pour ceux qui sont jeunes dans la foi. Nous n’y trouvons donc pas le déploiement des conseils de Dieu, ni celui du mystère de l’Église, comme dans les Éphésiens ou les Colossiens. Dans la première épître nous avons les grands aspects pratiques du christianisme — la foi, l’amour et l’espérance — qui devraient marquer les plus jeunes comme les plus âgés. En outre, l’apôtre les console dans leurs épreuves, et enlève une difficulté qui avait surgi au sujet de l’espérance chrétienne : la venue du Seigneur pour Ses saints.

 

L’apôtre insiste

§  au ch. 1 sur les fruits pratiques de l’Évangile reçu dans la puissance de l’Esprit ;

§  au ch. 2 sur les soins spéciaux de Dieu pour les agneaux de Son troupeau, en les conduisant à travers toutes les épreuves ;

§  au ch. 3 sur la façon dont Dieu utilise les épreuves du chemin pour fortifier la foi, l’amour et la sainteté ;

§  au ch. 4 sur la marche agréable à Dieu, en vue de la venue du Seigneur pour Ses saints ;

§  au ch. 5 sur des exhortations relatives à une conduite en accord avec une marche à la lumière du jour du Seigneur, ainsi que sur des exhortations générales et sur des avertissements concernant les dangers qui environnent le chemin du chrétien.

 

1         1 Thessaloniciens 1 — les fruits de l’évangile

Dans la parabole du semeur (Marc 5:20), le Seigneur enseigna à Ses disciples que, lorsque le bon grain tombe sur une bonne terre, du fruit est alors produit. Dans ce premier chapitre, quelque chose du beau fruit de l’évangile se manifeste dans les vies transformées des jeunes convertis. Pour comprendre l’épitre, il est nécessaire de se rappeler quel évangile avait été prêché à ces Thessaloniciens, selon Actes 17:1-9. Dans ce passage, nous voyons que, durant sa visite à Thessalonique, l’apôtre avait prêché à la fois à des Juifs et à des Gentils (nations). Quatre choses avaient marqué sa prédication.

(1) il leur avait présenté Jésus, le Sauveur — non pas simplement des doctrines, mais une personne vivante (le Sauveur).

(2) il avait soutenu que cette personne (Jésus) était morte et était ressuscitée.

(3) il n’avait pas seulement prêché les faits de la mort et de la résurrection, mais la nécessité de celles-ci : « Il fallait que le Christ souffrît et qu’il ressuscitât d’entre les morts » (Luc 24:46).

(4) il s’était appuyé sur l’Écriture comme la seule autorité, et une autorité suffisante.

 

Suite à cette prédication « quelques-uns » des Juifs et « une grande multitude » d’entre les nations avaient cru. En outre ils avaient prouvé la réalité de leur foi en s’identifiant publiquement aux serviteurs du Seigneur, car nous lisons : ils « se joignirent à Paul et à Silas ». Ils ne gardèrent pas leur foi pour eux-mêmes. Ils n’essayèrent pas non plus d’échapper à l’opprobre en restant disciples en secret ! Ils croyaient en Jésus, et confessèrent leur foi avec hardiesse. Le résultat fut qu’ils eurent immédiatement à faire face à la persécution. Les Juifs incrédules, animés par la jalousie, prirent avec eux quelques méchants hommes de la populace, et troublèrent toute la ville. C’est la jalousie qui amena le premier meurtre, quand Caïn tua son frère ; la jalousie a aussi conduit au plus grand de tous les meurtres quand les Juifs ont crucifié leur Messie : Pilate « savait qu’ils avaient livré Jésus par envie » (Matt. 27:18). Si des hommes mus par la jalousie commettent un meurtre, nous ne devons pas être surpris que des Juifs respectables s’abaissent à utiliser des hommes vils pour arriver à leurs fins. Nous apprenons ainsi le caractère de la semence semée, celui des fruits produits et celui de l’opposition suscitée. L’apôtre a écrit son épitre pour encourager ces jeunes convertis dans la persécution, et il s’est plu à insister sur le beau fruit de l’évangile qui avait été ainsi manifesté.

 

1.1       1 Thess. 1:1

L’apôtre s’associe ceux qui avaient travaillé avec lui. Dans sa salutation, il considère ces croyants par rapport à Dieu le Père et à Jésus-Christ comme Seigneur, plutôt que comme membres du corps dont Christ est la tête.

 

1.2       1 Thess. 1:2

Il les encourage en leur assurant qu’il rendait sans cesse grâce à Dieu pour eux, et qu’il se souvenait d’eux dans ses prières.

 

1.3       1 Thess. 1:3

En outre il reconnait les fruits de l’Esprit en eux. En attirant l’attention sur ces heureuses qualités chrétiennes, l’apôtre ne les flatte pas, mais reconnait avec bonheur en eux les preuves d’un véritable travail de Dieu. Il note leur œuvre, leur travail et leur patience, mais non pas comme des marques d’une vraie conversion. Les hommes du monde sont souvent réputés pour de grandes œuvres philanthropiques, pour un immense labeur et pour beaucoup de persévérance dans la réalisation de leurs œuvres. Dans le cas des Thessaloniciens, l’apôtre peut joindre à celles-ci d’autres qualités essentiellement chrétiennes, à savoir, « l’œuvre de foi, le travail d’amour, et la patience d’espérance » : les trois grands éléments de la vie chrétienne qui amènent l’âme en relation avec les Personnes divines, donnant ainsi les caractères d’une âme vraiment convertie. Comme preuve de cette réalité, l’auteur de l’épitre aux Hébreux fait référence justement à ces trois qualités. Il avait parlé solennellement de ceux qui ont apostasié après avoir fait profession de christianisme. Mais il peut dire des vrais chrétiens: « Mais nous sommes persuadés, en ce qui vous concerne, bien-aimés, de choses meilleures et qui tiennent au salut », à savoir des choses qui accompagnent le salut : « votre œuvre et l’amour » ; « la pleine assurance de l’espérance » et «la foi et la patience » (Heb. 6:9-12).

En outre, la réalité de leur « foi », de leur « amour » et de leur « espérance », est prouvée par le fait que ces belles qualités sont celles « de notre seigneur Jésus-Christ ». La foi, l’amour et l’espérance ont chacune besoin d’un objet. Dans le christianisme, cet objet suprême est une Personne vivante : le Seigneur Jésus-Christ. Toute vraie activité dans la vie chrétienne résulte de la foi qui tire sa force, sa sagesse, et la grâce nécessaire, de Celui qui est invisible, et donc uniquement accessible à la foi. Le vrai travail chrétien est issu de l’amour pour notre Seigneur Jésus-Christ et n’est pas exécuté comme une obligation légale. La patience n’est pas une triste résignation vis-à-vis de nécessités sévères, mais elle est soutenue par l’espérance qui attend notre Seigneur Jésus Christ.

De plus, la vie de foi, d’amour et d’espérance, est vécue « devant notre Dieu et Père. » C’est une vie de sainte crainte vécue devant Dieu, et non pas simplement devant l’homme pour obtenir une position religieuse, ou devant les saints pour acquérir une réputation de dévouement. Ces jeunes croyants étaient devenus « des modèles pour tous ceux qui croient » (1:7), et leur foi en Dieu s’était répandue (1:8) ; mais leur témoignage devant les hommes était le résultat d’une vie vécue devant Dieu. Ils avaient la conscience de vivre et de marcher « devant notre Dieu et Père » (1:3). « Nous pouvons en effet combattre avec zèle pour un nom, mais la question devant Dieu concerne la puissance et les pleins fruits de la grâce dans la mesure de ce qui a été reçu ; et si l’âme n’en arrive pas jusque-là, c’est une chose terrible pour elle que de se reposer sur une réputation religieuse, tandis que les œuvres ne sont pas parfaites devant Dieu (Apoc. 3:2) » (JND).

 

1.4       1 Thess. 1:4

En outre, ces preuves d’une œuvre de Dieu dans leurs âmes ont donné à l’apôtre l’assurance qu’ils étaient aimés de Dieu et les objets de Sa grâce souveraine. Non seulement la grâce a répondu à toutes nos responsabilités, mais, par la souveraine grâce de Dieu des croyants ont été élus avant la fondation du monde, pour obtenir le salut avec la gloire éternelle (2 Tim. 2:10). Si nous sommes élus pour la gloire éternelle, nous sommes mis à part de ce monde par l’œuvre de l’Esprit. Aucune position de dignité et d’honneur que ce monde peut offrir n’aura d’attrait sur nous, si nous réalisons cela.

 

1.5       1 Thess. 1:5

Ces beaux fruits avaient été produits dans leurs vies par l’évangile qui était venu à eux non pas « en paroles seulement, mais aussi en puissance » par la prédication par le Saint Esprit. Il y avait ainsi beaucoup d’assurance. Il peut hélas y avoir beaucoup de prédication correcte de l’évangile, mais trop souvent « en paroles seulement ». La puissance et l’œuvre de l’Esprit Saint manquent. Ce qui donne de la puissance à la prédication et qui laisse le Saint Esprit libre d’agir est une vie conséquente chez le prédicateur. L’apôtre peut donc dire : « Vous savez quels nous avons été parmi vous pour l’amour de vous ». Sa vie confirmait sa prédication, et faisait ainsi partie du témoignage qu’il rendait de ses lèvres.

 

1.6       1 Thess. 1:6-10

Le résultat du témoignage en puissance se manifeste de deux façons :

(1) il a conduit ceux qui ont reçu le témoignage, non seulement dans la bénédiction du salut, mais à imiter l’apôtre (1:6a), et donc imiter le Seigneur. Ayant été bénis, ils sont devenus les représentants de Celui par qui ils ont été sauvés.

(2) ce témoignage en puissance a suscité la haine de ceux qui le rejetaient. Cette malice s’est exprimée en persécutant les croyants. Néanmoins, ces croyants ont été soutenus dans la joie par le Saint-Esprit. Le diable peut susciter la persécution, mais la puissance de l’Esprit est plus grande que toute la puissance de l’ennemi. Étienne, rempli du Saint-Esprit, a été soutenu triomphalement au milieu de ses souffrances de martyr. Le martyr dont les souffrances ne font que produire de la louange au Seigneur, rend un témoignage saisissant de la puissance de Dieu devant le monde ! Ainsi la joie de ces jeunes convertis persécutés était devenue un exemple aux croyants et un témoignage au monde à l’entour, car, en tout lieu, leur foi envers Dieu était devenue un sujet d’émerveillement.

 

Leur témoignage avait un triple caractère.

(a) la parole du Seigneur avait retenti de chez eux (1:8).

(b) leur changement de manière de vivre avait prouvé la réalité de leur conversion, et était un témoignage à la vérité de leur prédication. Ils avaient en effet abandonné toutes leurs anciennes pratiques idolâtres, et s’étaient tournés des idoles vers Dieu pour servir le Dieu vivant et vrai (1:9). L’Écriture non seulement qualifie d’idoles les images réelles des païens, mais aussi tout ce qui s’interpose comme un objet entre l’âme et Dieu : ainsi il est écrit « petits enfants gardez-vous des idoles » (1 Jean 5:21). Combien la vie et le service du croyant sont souvent entravés par le fait qu’on permet à une certaine poursuite terrestre, en soi inoffensive peut-être, de devenir un objet entre l’âme et Dieu.

(c) ils s’étaient détournés du monde, et de ses illusions, pour attendre du ciel le Fils de Dieu (1:10). Toutes leurs attentes étaient en Lui. Convertis, ils ne cherchaient pas vainement à redresser le monde, pour le rendre meilleur et plus brillant. Pour s’occuper du mal et apporter la bénédiction, ils attendaient tranquillement du ciel le Fils de Dieu. Ils le faisaient dans la paix et le calme, sachant que Jésus les avait délivrés de la colère par Sa mort, et qu’en ressuscitant Christ d’entre les morts, Dieu avait déclaré d’une part Sa satisfaction dans l’œuvre de Christ, et d’autre part la justification du croyant à l’égard des péchés et du jugement.

 

2         1 Thessaloniciens 2 — Les soins de Dieu pour Ses agneaux

Dans un langage touchant, « comme un berger il paîtra son troupeau ; par son bras il rassemblera les agneaux et les portera dans son sein » (Ésaïe 40:11), le prophète Ésaïe compare le peuple de Dieu à un troupeau que Dieu se plaît à nourrir. En outre, Il rassemble par Son bras puissant et chérit dans Son cœur d’amour les agneaux du troupeau, particulièrement susceptibles d’être dispersés par l’ennemi. Ce chapitre présente ces soins spéciaux pour les agneaux. Nous y voyons la manière douce et pleine de grâce dont Dieu s’occupe de ces jeunes convertis, afin qu’ils puissent marcher d’une manière digne de Celui qui les a appelés à Son propre royaume et à Sa propre gloire (1 Thess. 2:12). Le loup peut chercher à disperser les agneaux, mais le grand Berger des brebis les rassemblera par Son bras protecteur. L’ennemi peut chercher à consommer leur ruine, mais le Berger les portera et finira par les amener à la gloire. Les douze premiers versets de1 Thess. 2 mettent en avant ces soins d’amour exercés par le moyen de l’apôtre. La dernière partie du chapitre place devant nous les résultats bénis de ces soins, vus dans les caractères chrétiens manifestés par ces jeunes croyants.

 

2.1       1 Thess. 2:1-5 — La grâce de l’apôtre envers les pécheurs

Pour rappeler aux croyants de Thessalonique la grâce de Dieu en leur faveur, l’apôtre parle d’abord de son entrée au milieu d’eux comme pécheurs (2:1-5) ; puis de sa douceur envers eux comme jeunes convertis, comme une nourrice chérit ses enfants (2:6-9) ; et enfin, de sa fidélité envers eux, comme un père s’occupe de ses enfants (2:10-12).

 

2.1.1        1 Thess. 2:1-2

Juifs religieux ou païens idolâtres, ils étaient des pécheurs qui avaient besoin d’un Sauveur, et c’est comme tels que l’apôtre était venu à eux avec toute hardiesse. C’était d’autant plus frappant si l’on considère que l’apôtre et ses compagnons venaient de Philippes, où, à la suite de la proclamation de l’Évangile, ils avaient souffert persécution et insultes. Leurs souffrances n’avaient soulevé aucun ressentiment, ni ne les avaient rendu réticents à proclamer publiquement la vérité, selon ce qu’aurait suggéré la prudence naturelle. Au contraire, l’apôtre peut dire : « après avoir auparavant souffert et avoir été outragés.... nous avons eu toute hardiesse en notre Dieu pour vous annoncer l’évangile de Dieu ». Ce n’était cependant pas la hardiesse de la nature qui dégénère souvent en agressivité charnelle ; c’était la hardiesse en notre Dieu. Le serviteur avait ainsi suivi les pas de son Maître, qui, quand ses ennemis prirent des pierres pour le lapider, passa outre tranquillement et continua à dispenser la grâce. Aucune violence de l’homme ne pouvait provoquer un quelconque ressentiment de Sa part ni tarir Sa grâce. De plus, la prédication de l’apôtre avait aussi été avec « avec beaucoup de combats ». Ce n’était pas de la contestation charnelle, qui ne fait que provoquer la chair, mais avec le désir sincère qui s’efforce de gagner l’âme.

 

2.1.2        1 Thess. 2:3-5

En outre, s’il était venu à eux avec une hardiesse extérieure, celle-ci s’accompagnait de pureté intérieure. Si la manière était hardie, les motifs étaient purs. Il n’y avait rien ni chez le prédicateur ni dans la prédication, qui trompait les hommes. Ce n’était pas avec « séduction » que Paul prêchait. Sa prédication n’était ni avec de l’« impureté » qui flatte les convoitises des hommes ; ni avec la « ruse » qui cache la vérité. Ses motifs étant purs, il n’y avait rien dans la prédication qui cherchait à plaire à l’homme comme homme, ou qui cherchait l’approbation de l’homme par des paroles de flatterie. L’apôtre n’avait pas non plus utilisé sa prédication pour gagner quoi que ce soit de l’homme, se servant de la prédication à des fins de cupidité. Au contraire, l’évangile que Paul prêchait, au lieu de séduire, ouvrait les yeux des hommes à leur véritable condition, les réprimandait quant à leurs péchés, leur disait la vérité, même si cette vérité était ni agréable ni flatteuse pour la chair. Si l’Évangile apporte une bénédiction infinie à l’homme, il n’est pas un moyen pour extirper un gain de l’homme, ou pour en tirer un salaire. De plus, l’apôtre pouvait parler avec une telle intégrité de conscience, qu’il pouvait faire appel à Dieu (2:5), qui éprouve les cœurs, pour témoigner de la vérité de ce qu’il disait.

 

2.2       1 Thess. 2:6-12 — Les soins d’amour de l’apôtre pour les jeunes convertis

Si les versets 3 à 5 nous ont parlé de la pureté des motifs avec lesquels l’apôtre prêchait aux pécheurs, les versets qui suivent parlent de l’affection du cœur qui l’animait pour prendre soin des jeunes convertis.

 

2.2.1        1 Thess. 2:6-9

Ce n’était pas de l’égoïsme avec recherche d’un gain personnel qui animait l’apôtre, mais plutôt l’esprit de Christ qui, s’oubliant lui-même, servait les autres dans l’amour. Il n’était pas animé par le moi qui cherche les applaudissements des autres, ou sa propre gloire. Il ne cherchait pas de gloire venant des hommes, et ne voulait rien prendre des saints, même s’il en avait le droit. Il était animé par l’amour qui cherche seulement le bien des autres — l’amour qui ne recherche pas quelque chose de la part des autres, mais qui donne aux autres ; l’amour qui était doux au milieu d’eux comme une nourrice chérit ses enfants ; l’amour qui était prêt à donner sa vie même pour eux ; l’amour qui travaillait jour et nuit afin de les servir, sans leur être à charge !

 

2.2.2        1 Thess. 2:10-11

En outre, si l’apôtre avait été doux comme une nourrice, il les avait aussi fidèlement exhortés comme « un père ses propres enfants ». Exhorter, c’est appeler à une marche fidèle et sainte, et telle avait été la marche de l’apôtre de sorte qu’il peut les appeler à témoigner, et Dieu avec eux, qu’il avait vécu parmi ces croyants, saintement, justement et irréprochablement.

 

2.2.3        1 Thess. 2:12

En vivant une telle vie, il avait pu, avec puissance spirituelle, exhorter, consoler et appeler d’autres à marcher eux aussi d’une manière digne de Dieu, qui nous a appelés à Son propre royaume et à Sa propre gloire. Le monde estime que c’est un un honneur d’être associé à ceux qui sont haut placés dans les royaumes de ce monde et dans leur gloire ; mais combien est plus grand le privilège d’être associé à ceux qui sont appelés au royaume et à la gloire de Dieu ! Il est bien plus glorieux d’être joint avec ceux qui vont s’asseoir sur des trônes de jugement dans le royaume de Christ, même s’ils ne sont ici-bas que des pêcheurs de poissons, ignorants et illettrés, que d’être associés avec le plus grand potentat de ce monde qui passe. Ceux qui appartiennent au Seigneur peuvent être bien pauvres, mais « Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres quant au monde, riches en foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? » (Jacques 2:5). Dieu voudrait que nous regardions au-delà de ce monde et de tous ses honneurs vides, et que nous nous souvenions de la haute dignité qu’il nous a conférée en nous appelant « à son propre royaume et à sa propre gloire », et, pendant que nous traversons la scène de ce monde, Dieu voudrait que nous marchions et que nous nous comportions de manière conséquente avec notre position d’héritiers de la gloire à venir.

 

2.3       1 Thess. 2:13-20 — Les fruits des soins de l’apôtre

Dans la dernière partie du chapitre, nous voyons les beaux fruits de ce ministère de grâce, de douceur et de fidélité. Il a placé cette compagnie de croyants dans le chemin de la foi (2:13-16) ; il les a introduits dans le cercle de l’amour (2:17-18) ; et leur a donné l’espérance sûre et certaine de la gloire à venir (2:19-20).

 

2.3.1        1 Thess. 2:13

D’abord, l’apôtre peut remercier Dieu de ce que la foi de ces croyants a été établie sur le solide fondement de la Parole de Dieu. La foi est en Christ ; mais l’autorité sur laquelle nous nous basons pour croire en Christ, n’est pas la parole d’un docteur, si doué soit-il, mais c’est « la parole de Dieu ». La preuve de l’autorité divine de la parole est qu’elle opère efficacement en ceux qui croient. La Parole de Dieu atteint la conscience d’une manière qu’une simple parole de l’homme ne peut pas faire ; elle détourne l’âme des idoles et la tourne vers Dieu et y produit les grands principes du christianisme, « la foi », « l’amour » et « l’espérance » en notre Seigneur Jésus-Christ.

 

2.3.2        1 Thess. 2:14-16

En outre, la parole de Dieu opérant efficacement dans ces jeunes croyants les avait aussi conduits à s’identifier de tout cœur avec le peuple de Dieu. Ils étaient devenus imitateurs des assemblées de Dieu qui, en Judée, étaient dans le Christ Jésus. Non seulement ils partageaient avec elles les privilèges qui sont dans le Christ Jésus, mais ils étaient aussi devenus leurs compagnons dans les souffrances pour Christ. Les croyants de Thessalonique avaient souffert de leurs propres compatriotes, tout comme les assemblées de Judée avaient souffert de la part des Juifs. Mais même ainsi, l’opposition des nations païennes avait été fomentée par la haine meurtrière des Juifs. La nation juive avait non seulement rejeté les prophètes et tué leur propre Messie, et rejeté ainsi toutes les offres de la grâce pour elle-même, mais ils avaient comblé la coupe de leur culpabilité en cherchant à empêcher la grâce de Dieu d’aller vers les nations. Cet effort pour empêcher que la grâce de Dieu soit prêchée aux nations avait atteint son comble dans leur persécution de Paul, l’apôtre des nations. Ils « ne plaisaient pas à Dieu », et « étaient opposés à tous les hommes », amenant ainsi la colère sur eux-mêmes au dernier degré.

 

2.3.3        1 Thess. 2:17

Mais si d’un côté, en adoptant le chemin de la foi, ces jeunes convertis avaient dû goûter un peu de souffrance de la part de leurs compatriotes, d’un autre côté ils avaient joui de l’amour et de la communion dans le nouveau cercle où le christianisme les avait introduits. Ils étaient liés ensemble « de cœur » avec le peuple du Seigneur. Les saints peuvent être privés pour un temps, par les circonstances, de la compagnie les uns des autres, et en être séparés pour un petit moment, mais, dit l’apôtre, ils ne sont pas séparés « de cœur ». Nous sommes liés ensemble par des liens aussi éternels que ceux de l’amour qui nous lie.

 

2.3.4        1 Thess. 2:18

L’expression pratique de cette communion des saints implique la naissance de conflits, car l’un des grands buts de Satan est d’en empêcher l’expression. L’apôtre peut ainsi dire : « nous avons voulu aller vers vous, moi Paul, et une fois et deux fois, et Satan nous en a empêchés. » Le Seigneur n’aurait-il pas pu contrecarrer les efforts de Satan ? Sans doute Il le pouvait, et Il le fait quand c’est en accord avec Ses voies. Il foulera bientôt Satan sous Ses pieds, bien qu’à l’heure actuelle Il puisse utiliser Satan comme un instrument pour éprouver les Siens. Si le Seigneur avait empêché Satan, les saints auraient manqué la bénédiction qui a résulté de l’épreuve de leur foi.

 

2.3.5        1 Thess. 2:19-20

Enfin, nous apprenons que le cercle d’amour où nous nous trouvons sur la terre, avec ses épreuves, prépare à « la présence du Seigneur Jésus, à sa venue ». Cela conduit l’apôtre à faire référence à « notre espérance ». Le ministère de l’apôtre a ainsi eu pour effet béni d’introduire ces croyants des nations dans un nouveau cercle marqué par la foi en la Parole de Dieu (2:13), par l’amour les uns pour les autres (2:17), et par « l’espérance » en la venue du Seigneur Jésus (2:19). Le Seigneur est le vrai centre de rassemblement des Siens, Celui qui attire nos affections à Lui et qui unit ainsi nos cœurs les uns aux autres. Dans Sa présence, à Sa venue, nous jouirons de la communion les uns avec les autres dans une joie commune dans le Seigneur, là où aucune puissance de Satan ne peut pénétrer.

 

3         1 Thessaloniciens 3 — L’épreuve de la foi

« Et tu te souviendras de tout le chemin par lequel l’Éternel, ton Dieu, t’a fait marcher ces quarante ans, dans le désert, afin de t’humilier, [et] de t’éprouver, pour connaître ce qui était dans ton cœur... et afin de t’éprouver, pour te faire du bien à la fin » (Deutéronome 8:2,16).

Toutes les voies de Dieu avec Son ancien peuple dans le désert — les tentations qui les assaillaient, les privations qu’ils ont dû endurer — ont été permises avec un double objectif : d’abord pour qu’ils apprennent ce qui était dans leurs cœurs ; ensuite pour leur bénédiction et pour leur bien lorsque la traversée du désert aurait pris fin.

Nous connaissons peu nos cœurs lorsque nous sommes amenés à Dieu pour la première fois ; nous pensons au pardon quant à ce que nous avons fait, mais il nous faut encore apprendre ce que nous sommes. En outre, au début, nous sommes occupés de la joie du salut et du pardon, plutôt que de la gloire à laquelle Dieu nous a appelés. Très vite, cependant, dans les voies de Dieu, nous devons affronter des épreuves, des afflictions et des difficultés, afin de découvrir ce qui est dans nos cœurs, et pour notre bénédiction permanente dans le jour à venir. C’est ce qu’on voit dans l’histoire de ces jeunes convertis de Thessalonique, telle qu’elle est placée devant nous au ch. 3. Dans le chapitre précédent, nous avons vu avec quels soins de grâce Dieu avait si tendrement travaillé parmi eux par l’apôtre Paul, avec comme résultat que leur pieds avaient été placés dans le chemin de la foi, et qu’ils avaient été introduits dans le cercle de l’amour, et qu’ils avaient reçu la glorieuse espérance du monde à venir.

Dans ce chapitre 3, nous voyons les afflictions et les tribulations qu’il leur a été donné de traverser afin de renforcer leur foi (3:10), afin de faire abonder leur amour (3:12), et afin d’établir leurs cœurs dans la sainteté, en vue de la venue de notre Seigneur Jésus-Christ avec Ses saints (3:13).

Dans le cas des Thessaloniciens, cette épreuve est venue par le biais de la persécution. Mais quelle que soit la forme sous laquelle elle vienne, elle a pour effet soit de mettre à l’épreuve la réalité de la foi et de fortifier la foi qui existe, soit de manifester le vide de la simple profession, comme dans le cas de l’auditeur du terrain rocailleux, qui, « quand la tribulation ou la persécution survient à cause de la parole, il est aussitôt scandalisé » (Matt. 13:21).

 

3.1       1 Thess. 3:1-2

Les deux premiers versets présentent la sollicitude d’amour de l’apôtre pour ces jeunes convertis. L’apôtre n’était pas indifférent aux afflictions et aux tribulations qu’ils traversaient. Au contraire, son grand amour l’a amené à être profondément préoccupé pour eux dans leurs épreuves.

Bien que l’apôtre ait été empêché par Satan de venir lui-même, l’amour a trouvé un moyen de venir à leur secours et de les consoler. Avec l’empressement de l’amour, il ne pouvait plus attendre d’entrer en contact avec eux ; et avec la générosité de l’amour, il se priva pour le moment de la compagnie et de l’aide de Timothée, son compagnon d’œuvre à Athènes, afin de l’envoyer à Thessalonique pour affermir et encourager dans la foi ces saints éprouvés. Timothée n’a pas été envoyé pour essayer de supprimer l’épreuve, mais pour soutenir leur foi dans l’épreuve.

De la même manière, en vue de l’épreuve qui allait venir sur Pierre, le Seigneur avait pu dire : « J’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas ». Le Seigneur ne prie pas pour que Pierre soit épargné de l’épreuve — elle était nécessaire pour qu’il connaisse son propre cœur, — mais pour que, dans l’épreuve, sa foi ne soit pas brisée.

 

3.2       1 Thess. 3:3-5

Après avoir exprimé son amour pour eux, l’apôtre se met à les avertir au sujet des efforts du tentateur contre eux. Si le désir de l’apôtre était de les affermir et de les consoler dans l’épreuve, l’effort de l’ennemi était de les ébranler (3:3), et de les tenter (3:5). Satan cherchait à utiliser ces afflictions pour les faire sortir du chemin de la foi dans lequel leurs pieds avaient été placés, et pour les inciter à abandonner le cercle du peuple de Dieu en les faisant retourner dans le monde.

L’apôtre avait prévenu ces jeunes croyants que nous devons nous attendre à des tribulations. En effet il leur avait rappelé qu’ils étaient appelés « au royaume et à la gloire » de Dieu (2:12) ; mais il les avait également avertis que nous sommes voués à souffrir en traversant ce monde — le royaume de l’homme. Mais il présente la gloire future avant de parler des afflictions présentes. Nous sommes ainsi appelés à faire face aux afflictions à la lumière de la gloire. De la même manière, dans Son dernier discours, le Seigneur a placé devant Ses disciples la bénédiction de la maison du Père dans laquelle Il allait les recevoir ; puis, après avoir consolé leurs cœurs avec la maison d’amour du Père, Il dit : « vous aurez de la tribulation dans le monde » (Jean 14:1-3 ; 16:33). Si nous rencontrons les tribulations à la lumière de la gloire, nous serons en mesure de dire avec l’apôtre « notre légère tribulation d’un moment, opère pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire » (2 Cor. 4:17).

 

3.3       1 Thess. 3:6-8

Nous avons vu l’amour de l’apôtre qui languissait après ces croyants (3:1-2), et la haine de l’ennemi qui cherchait à les faire sortir du chemin de la foi et à les tenter de retourner dans le monde. Nous apprenons maintenant le triomphe de la grâce qui les avait soutenus dans leurs épreuves. Timothée avait réjoui le cœur de l’apôtre en rapportant l’état de leur foi et de leur amour. Il n’avait pas rapporté que l’épreuve était terminée ni que les afflictions avaient cessé, mais que ces croyants étaient soutenus dans l’épreuve. Quand Pierre, voyant la force des vagues, a commencé à s’enfoncer, la main tendue du Seigneur n’a pas calmé les vagues, mais elle a soutenu Pierre malgré les vagues. Ainsi, dans le cas des croyants de Thessalonique, malgré leurs épreuves, leur foi dans le Seigneur est restée ferme, et leur amour pour l’apôtre est resté intact.

Le but de l’ennemi par le moyen des épreuves, est toujours de chercher à ébranler notre foi dans le Seigneur. Si, toutefois, l’épreuve même par laquelle il cherche à nous détourner du Seigneur est utilisée par l’âme pour se tourner vers le Seigneur, l’ennemi est non seulement vaincu, mais l’âme y gagne une bénédiction positive par une connaissance accrue du Seigneur, et une réalisation plus profonde de ce qui est en notre faveur, Son amour et Sa grâce qui nous soutient. Il en était ainsi de ces croyants. Dans leur épreuve, ils s’étaient tourné vers le Seigneur, et tenaient ferme dans le Seigneur contre toute la puissance de l’ennemi. Ils n’essayaient pas de faire face à l’ennemi par leur propre force : ils tenaient ferme dans le Seigneur, dans l’esprit des paroles de l’apôtre aux saints à Éphèse : « Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (Éph. 6:10). Ainsi, dans ce jour-là où tous cherchaient leurs propres intérêts et non pas ceux de Jésus-Christ, et où beaucoup avaient leurs pensées aux choses de la terre, l’apôtre pouvait encore dire en écrivant aux Philippiens : « demeurez ainsi fermes dans le Seigneur, bien-aimés » (Phil. 4:1).

Dans un jour d’obscurité et de ténèbres — un jour d’épreuve de la part du monde, un jour de faiblesse et de mondanité parmi ceux qui professent appartenir au peuple de Dieu, il est bon pour nous de réaliser quelles ressources nous avons dans le Seigneur, et de trouver ainsi le soutien qui nous permet de tenir ferme contre tous les efforts du tentateur de nous détourner du chemin de la foi.

 

3.4       1 Thess. 3:9-11

Ce triomphe de la grâce au jour de l’épreuve remplissait l’apôtre de joie et devenait pour lui l’occasion de se tourner vers Dieu en action de grâces à leur sujet, demandant nuit et jour dans ses prières qu’un chemin lui soit ouvert pour les visiter pour leur faire part de nouvelles bénédictions spirituelles.

 

3.5       1 Thess. 3:12

En attendant, il désire que le Seigneur, vers qui ils s’étaient tournés dans leur épreuve, les fasse abonder en amour les uns envers les autres, et envers tous les saints, de même que les cœurs de l’apôtre et de ses compagnons abondaient en amour envers eux. Le résultat de la persécution serait ainsi de les tourner vers le Seigneur et de faire jaillir leur amour les uns envers les autres.

 

3.6       1 Thess. 3:13

Enfin, l’apôtre regarde à la gloire à venir, et voit toutes les épreuves que nous traversons comme une préparation à la part que nous aurons à la venue de notre Seigneur Jésus avec Ses saints. Le but présent des épreuves est d’établir nos âmes dans la sainteté devant Dieu notre Père ; le but futur est que nous soyons irréprochables lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous Ses saints.

La sainteté pratique est ici considérée comme le résultat de l’amour. Le véritable amour ne tolérera aucun manque de sainteté, laquelle tendrait inévitablement à tarir l’amour et à gâter son expression pratique. En outre, le chemin de la foi dans le Seigneur, de l’amour les uns envers les autres, et de la sainteté devant Dieu, aura une réponse à la venue de notre Seigneur Jésus avec tous Ses saints. La mesure dans laquelle nous aurons répondu à nos responsabilités en relation avec la foi, l’amour et la sainteté, sera rendue manifeste en ce jour-là. Quelqu’un a écrit : « Quand Paul, occupé de la venue de Jésus, considère le privilège de la foi, il voit les saints tous réunis autour du Seigneur, goûtant devant lui la joie de la communion. Quand il considère la responsabilité de la marche chrétienne, il voit toujours l’apparition de Christ. Il ne pourra y avoir rien d’autre que la joie dans nos cœurs à ce moment béni où nous irons avec Jésus dans la présence du Père, prenant la place que l’amour de Dieu nous a donnée et que l’œuvre de Christ nous a acquise. Il en sera autrement quand nous reviendrons avec Jésus. Sans perdre notre position et notre joie en Lui, nous serons néanmoins dans une scène différente ; nous aurons atteint ce moment solennel où les conséquences de notre responsabilité seront manifestées ». (JND).

Le chapitre fait ainsi le tableau d’une compagnie de saints aimés par l’apôtre, assaillis par le tentateur au moyen de la persécution et de l’affliction, mais, par grâce, transformant les épreuves en une occasion de se tourner vers le Seigneur dans la foi et d’être tirés les uns vers les autres dans l’amour. Ainsi, par l’épreuve, la foi est fortifiée, l’amour est augmenté, les cœurs sont affermis en sainteté, et ils regardent avec confiance à la venue du Seigneur avec Ses saints.

Il est bon pour les croyants de réaliser que, dans un monde où Christ est absent, et dont Satan est le dieu et le prince (ou : chef), le peuple de Dieu aura à faire face à des épreuves, même si ces épreuves ne prendront pas toujours la forme de persécution. Dans son discours aux anciens d’Éphèse, l’apôtre les avertit que l’épreuve peut non seulement venir de « loups redoutables » attaquant le troupeau de l’extérieur, mais il dit aussi qu’« il se lèvera d’entre vous-mêmes des hommes qui annonceront des [doctrines] perverses », causant ainsi la division parmi le peuple de Dieu en attirant des disciples après eux. Aujourd’hui, les épreuves proviennent plus souvent de dissensions au sein du cercle chrétien que de persécutions de l’extérieur. Le morcellement du peuple de Dieu, le petit nombre, la faiblesse, et même l’isolement résultant souvent de ces dissensions, sont autant d’occasions pour le tentateur de déployer ses efforts pour détourner nos pieds du chemin de la foi, pour nous pousser à retourner dans le monde, et affadir notre espérance de la gloire à venir. Beaucoup, à l’époque de l’apôtre, se lassaient de l’épreuve et cherchaient leurs propres intérêts plutôt que ceux de Christ, et certains retombaient dans le monde, cherchant à échapper à l’opprobre et à l’épreuve du chemin étroit, en prenant une voie plus facile et plus large. Nous triompherons de tous les efforts de l’ennemi pour nous détourner de la voie étroite seulement si nous « demeurons fermes dans le Seigneur. »

 

4         1 Thessaloniciens 4 — Le chemin de la foi

« Car tu as délivré mon âme de la mort : [ne garderais-tu] pas mes pieds de broncher, pour que je marche devant Dieu dans la lumière des vivants ? » Psaume 56:13.

L’homme pieux du Psaume 56 se trouvait en opposition à des ennemis qui lui faisaient la guerre tous les jours, tordant ses paroles, observant ses pas, et guettant son âme (56:2, 5, 6). En présence de cette opposition, le psalmiste se tourne vers Dieu et se confie en Lui (56:1,3). En conséquence, il est délivré de l’ennemi, réalise que Dieu est pour lui, et il est mis en liberté pour « marcher devant Dieu dans la lumière des vivants » (56:9,13).

Les jeunes croyants à Thessalonique étaient passés en leur temps par des expériences très semblables à celles du psalmiste. Comme le ch. 3 nous l’a appris, ils avaient traversé des afflictions et des tribulations par lesquelles l’ennemi avait cherché à les faire sortir du chemin de la foi et à les inciter à retourner dans le monde (1 Thes. 3:3,5). Dans leur épreuve, ils s’étaient tournés vers le Seigneur et « avaient tenu ferme dans le Seigneur » face à tous les assauts de l’ennemi (3:8). Soutenus par le Seigneur et délivrés du tentateur, ils avaient été rendus libres de marcher devant Dieu dans la lumière des vivants. Ainsi l’épreuve de la foi placée devant nous au ch. 3 prépare pour le chemin de la foi placé devant nous au ch. 4. Dans ce chapitre 4, l’apôtre nous enseigne donc comment nous devons « marcher et plaire à Dieu. »

Quatre grandes qualités morales sont nettement placées devant nous comme caractérisant le chemin de la foi :

§  tout d’abord, la sanctification devant Dieu (4:1-8) ;

§  ensuite l’amour les uns envers les autres (4:9-10) ;

§  troisièmement, la justice envers ceux de dehors (4:11-12) ;

§  enfin, la consolation au vu de la venue du Seigneur (4:13-18).

 

ndT : au v.3 de ce ch.4 JND en français utilise le mot ‘sainteté’ comme en 3:13 ; JND en anglais (de même que la version du roi Jacques) utilise le mot ‘sanctification’ en 4:3 et ‘sainteté’ en 3:13. L’auteur ici (HS) suit la version anglaise JND. Nous le traduisons en français sans rectifier.

 

Le chapitre présente ainsi un beau tableau de la compagnie chrétienne selon le bon plaisir de Dieu : une compagnie de croyants marchant dans le chemin de la foi, allant à la rencontre de Christ en l’air, et marquée par la sanctification, l’amour, la justice, et la consolation de l’espérance ; une compagnie de personnes en contraste frappant avec le monde à l’entour marqué par la convoitise, la haine, la corruption et l’absence d’espérance.

 

4.1       1 Thess. 4:1-2

L’apôtre commence cette partie de son épître en rappelant à ces croyants qu’ils avaient appris de lui comment ils devaient marcher pour plaire à Dieu ; ils l’avaient appris à la fois par ses instructions et par sa manière de vivre (2:10-11). Maintenant, il les supplie que, le temps passant, leur marche soit de plus en plus pour le plaisir de Dieu. Le rappel que c’est un commandement direct du Seigneur Jésus souligne avec insistance l’importance de cette marche pratique. Tout en nous réjouissant des privilèges que la grâce nous a conférés, nous devons veiller à ne pas nous relâcher dans la pratique qui doit caractériser ceux qui ont été tellement bénis. La vérité qui nous annonce nos bénédictions en tant que croyants nous enseigne aussi comment marcher d’une manière agréable à Dieu (cf. Tite 2:11-12).

 

4.2       1 Thess. 4:3-8 — La sanctification devant Dieu

4.2.1        1 Thess. 4:3-5

La première qualité qui devrait marquer ceux qui professent le nom de Jésus, et marchent dans le chemin de la foi, est la pureté personnelle. Dans le système païen d’où ces convertis avaient été appelés, non seulement les convoitises de la chair étaient poursuivies sans honte dans leur vie de tous les jours, mais leur religion dépravée déifiait ces convoitises. Ils étaient entourés par un système idolâtre qui glorifiait la convoitise, et dans lequel les immoralités les plus grossières faisaient partie du rituel des temples. Dans ces jours de la fin, nous sommes entourés par la profession corrompue de la chrétienté qui retourne rapidement à la grossièreté du paganisme avec le mal supplémentaire qu’elle revêt la forme de la piété (2 Timothée 3:1-5). Si donc ces exhortations et ces avertissements étaient alors nécessaires, ils sont non moins de la plus grande importance en ces derniers jours difficiles. Le danger maintenant comme alors est, qu’étant entourés par un monde profane qui affiche ouvertement sa honte, nous devenions presque inconsciemment indifférents, ou légers dans nos pensées relativement au mal.

Si, donc, nous voulons marcher d’une manière agréable à Dieu, il nous est clairement dit que la volonté de Dieu est que nous marchions dans la sanctification [sainteté] pratique, nous abstenant de la convoitise, et tenant nos vases humains comme mis à part pour des usages honorables, et non pas simplement pour la satisfaction de mauvaises passions comme le font ceux qui ne connaissent pas Dieu.

 

4.2.2        1 Thess. 4:6-8

De plus, nous sommes avertis de peur que la chair, profitant des relations libres et heureuses à l’intérieur du cercle chrétien, se permette de tolérer l’impureté dans nos relations sociales les uns avec les autres. Le Seigneur vengera tout tort de ce genre fait à un frère. Dieu nous a appelés à la sainteté. Céder donc à ces passions grossières n’est pas seulement pécher l’un contre l’autre, mais c’est mépriser Dieu et ignorer le Saint-Esprit qui nous a été donné.

 

4.3       1 Thess. 4:9-10 — L’amour les uns envers les autres

Après nous avoir mis en garde contre la convoitise qui conduit au péché contre Dieu et aux torts l’un contre l’autre, l’apôtre nous exhorte à nous « aimer les uns les autres ». La convoitise est le contraire même de l’amour. La convoitise est la satisfaction du moi, dans la recherche de notre propre plaisir, y compris au détriment des autres. L’amour est l’effacement du moi, dans la recherche du bien des autres. Sachant que la compagnie chrétienne ne peut vraiment vivre que dans une atmosphère d’amour, l’apôtre voulait que ces jeunes convertis, et nous-mêmes, apprécions la grande puissance de l’amour. Il avait déjà reconnu avec joie leur « travail d’amour » (1:3) ; il leur avait rappelé son amour pour eux, et de cette manière les avait introduits dans un cercle d’amour (2:17,18) ; il priait pour que le Seigneur les fasse croître et abonder en amour les uns envers les autres et envers tous (3:12) ; maintenant, après avoir entendu les bonnes nouvelles au sujet de leur amour (3:6), il les exhorte à abonder encore plus en amour (4:10). Dans le dernier chapitre de l’épître, l’apôtre encourage les saints à revêtir la cuirasse de la foi et de l’amour, et à estimer « très haut en amour » ceux qui travaillaient parmi eux (5:8,13). L’amour est le lien de la perfection, liant les saints ensemble pour manifester Christ. Quelles que soient les autres qualités qu’ils possèdent, si l’amour manque, il n’y aura pas de véritable manifestation de Christ, car les propres paroles du Seigneur sont : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13:35).

 

4.4       1 Thess. 4:11-12 — La justice envers ceux du dehors

Nous devons marcher justement et honorablement envers ceux qui sont en dehors du cercle chrétien. Dans ce but, l’apôtre dit de « vous appliquer à vivre paisiblement, à faire vos propres affaires ». Il est naturel pour un homme du monde de prendre part aux affaires du monde, même celles qui n’ont qu’un intérêt local. Le chrétien, se souvenant qu’il est appelé hors du monde, s’efforcera sincèrement de lutter contre cette tendance naturelle, et poursuivra tranquillement son chemin, évitant autant que possible les questions et controverses qui occupent le monde à l’entour. Nous avons à travailler de nos propres mains, à agir honnêtement dans nos relations d’affaires, afin de pourvoir à nos besoins journaliers. Il y a bien ceux, comme nous le savons de l’Écriture (5:12-13), qui se donnent à l’œuvre du service de la Parole, mais évidemment la pensée de Dieu pour les Siens est de manière générale qu’ils demeurent dans leur vocation terrestre, s’ils peuvent le faire avec Dieu.

 

4.5       1 Thess. 4:13-18 — La consolation au vu de la venue de Christ

4.5.1        1 Thess. 4:13-14

Non seulement la voie chrétienne doit être marquée par la sanctification [sainteté], l’amour et la justice, mais elle doit être aussi réjouie par la bienheureuse espérance du retour du Seigneur. Au moment où l’apôtre écrivait aux saints de Thessalonique, un nuage avait assombri leur espérance par ignorance de la vérité. C’est peut-être la raison pour laquelle, à son retour, Timothée ne fait pas mention de leur espérance dans son rapport, mais seulement  de leur « foi » et de leur « amour » (3:6). L’apôtre écrivait pour dissiper ce nuage.

Nous faisons bien de prêter attention à la parole de l’apôtre, car, dans sa réponse à leur ignorance, l’apôtre donne instruction à l’Église pour tous les temps au sujet de la grande distinction entre la venue du Seigneur pour ses saints, et la venue du Seigneur avec les siens.

Ces saints avaient bien été mis au courant, par l’enseignement de l’apôtre, de ce que le Seigneur allait revenir sur terre pour introduire Son règne de gloire et de bénédiction. Ils avaient été convertis « pour attendre des cieux son Fils » (1:10). En attendant, une partie des leurs s’était endormis, et il leur était venu à l’esprit que ceux-là ne seraient pas là pour rencontrer le Seigneur lors de Son retour en gloire. Apparemment ils n’avaient pas de doute quant à leur présence dans le ciel, mais si Christ était dans la gloire, et que les corps des saints endormis étaient dans la tombe, comment pourraient-ils être ici pour accueillir le Seigneur à Son retour et pour régner avec Lui ?

C’est la difficulté à laquelle l’apôtre répond. Il dit d’abord à ces croyants qu’il n’y a pas lieu de s’affliger à l’égard de ceux qui sont endormis, comme le sont les autres qui n’ont pas d’espérance. Il dit : « si nous croyons que Jésus mourut et qu’il est ressuscité, de même aussi, avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus ». Leur avenir a déjà été montré dans la personne de Christ. Il a été mort, et eux de même sont morts ; Il est ressuscité, et eux de même le seront ; et étant ressuscités, ils viendront avec Lui.

Alors que l’apôtre introduit la mort et la résurrection de Jésus comme décrivant ce qui sera vrai pour le croyant, il est à remarquer qu’il dit « Jésus mourut » quand il parle du Seigneur, tandis qu’il dit « ceux qui dorment » quand il fait référence à la mort du croyant. Le Seigneur a dû affronter la mort à notre place dans toute son horreur comme le salaire du péché ; mais pour le croyant, mourir c’est entrer dans le repos par l’endormissement.

L’apôtre a ainsi clairement déclaré que la mort du croyant ne rabaisse en aucune manière l’espérance du chrétien. Il montre qu’à la fois les saints endormis et les saints vivants viendront avec Christ pour régner.

 

4.5.2        1 Thess. 4:15-18

L’apôtre est ainsi conduit à nous instruire sur le grand mystère : pour que nous puissions venir avec Christ, le Seigneur doit premièrement venir pour les Siens. Étant donné que tous viendront avec Christ, ceux qui restent jusqu’à la venue du Seigneur n’auront aucun avantage sur ceux qui se sont endormis. Les saints vivants ne devanceront pas les saints endormis dans la jouissance des bénédictions du royaume.

Cette grande vérité de la venue du Seigneur pour Ses saints est introduite avec l’assurance que l’apôtre parle « par la parole du Seigneur ». Il nous est dit ensuite comment le Seigneur viendra pour nous. Le Seigneur Lui-même descendra du ciel, comme Il l’avait déjà dit à Ses disciples : « Je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi » (Jean 14:3). Ensuite, nous constatons que s’il est dit qu’Il descendra du ciel, il n’est pas dit qu’Il descendra sur terre. Quand Il viendra pour Ses saints, Il ne vient qu’en l’air. Il vient avec un cri de commandement, repris par l’archange qui, apparemment, sonne la trompette de Dieu. Au son de la trompette, les morts en Christ ressusciteront premièrement, puis nous les vivants qui demeurons, serons ravis ensemble avec eux pour rencontrer le Seigneur en l’air. Ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. « Consolez-vous donc », dit l’apôtre, « l’un l’autre par ces paroles ». Dans nos deuils, nous nous consolons souvent les uns les autres en disant que notre bien-aimé est absent du corps et présent avec le Seigneur. C’est heureusement vrai, mais l’apôtre passe par-dessus cet état intermédiaire, et nous console en disant que nous serons tous ensemble quand le Seigneur viendra pour nous.

 

5         1 Thessaloniciens 5 — Le jour du Seigneur

Après nous avoir instruits quant à la venue du Seigneur en rapport avec les Siens, l’apôtre se met à parler de la venue du Seigneur en rapport avec le monde, comme introduisant le jour du Seigneur.

Dans les versets 1 à 3, il fait référence au jour du Seigneur et à ses effets sur le monde.

Dans les versets 4 à 11, il nous instruit sur la conduite qui convient à ceux qui, durant la nuit de l’absence de Christ, traversent ce monde à la lumière du jour qui vient.

Dans les versets 12 à 22, nous sommes avertis et exhortés concernant certains dangers qui assaillent le chemin du chrétien.

Dans les versets 23 à 28, l’apôtre termine son épître par la prière et les salutations d’usage.

 

5.1       1 Thess. 5:1-3 — le jour du Seigneur

Il était nécessaire que l’apôtre écrive à ces croyants au sujet de la véritable espérance chrétienne afin de corriger leurs pensées erronées quant à la venue du Seigneur pour Ses saints. Mais il n’y avait pas besoin d’écrire en détail au sujet « des temps et des saisons », lesquels se rapportent au jour du Seigneur. Les « temps et les saisons » ne se rapportent pas directement à l’Église ; ils ont trait aux temps et aux conditions dans lesquelles Dieu accomplira Ses voies à l’égard de la terre, comme prédit dans les Écritures prophétiques. Le Seigneur avait dit à Ses disciples : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité » (Actes 1:7). Ainsi, toute tentative de calculer et de prédire la date de l’enlèvement ou de la venue du Seigneur sur la terre à partir des prophéties de Daniel ou d’autres Écritures, sera vaine, et même pire, car ce sera une tentative de découvrir ce que le Seigneur a expressément dit que ce n’était pas à nous de le connaître.

L’apôtre passe ainsi de l’enlèvement des saints au jour du Seigneur. L’un est une scène de joie et de bénédiction pour les saints ; l’autre une scène de terreur et de jugement pour un monde qui a rejeté Christ.

Les prophètes font constamment référence au jour du Seigneur. C’est toujours en vue du jour de l’intervention du Seigneur en jugement sur la terre, conduisant à la restauration d’Israël et à la bénédiction des nations. C’est le jour où le Seigneur interviendra dans les affaires de ce monde, s’occupant de tout le mal et introduisant toutes les bénédictions de Son règne.

Bien que ce soit inutile d’écrire en détail sur ce jour, l’apôtre leur rappelle trois faits importants :

§  Tout d’abord, il leur dit comment le jour du Seigneur sera introduit. Ce sera inattendu pour le monde, comme un voleur vient de façon inattendue dans la nuit (5:2) ; il viendra subitement, comme les douleurs sur une femme qui est enceinte (5:3).

§  Deuxièmement, l’apôtre parle de l’état du monde quand le jour du Seigneur sera introduit. Le monde aura atteint un stade d’autosatisfaction joint à une ignorance absolue de Dieu. Tous les efforts des politiciens d’aujourd’hui sont dirigés pour abolir la guerre et assurer la sécurité des nations. Leurs efforts atteindront un point où, en apparence, ils seront couronnés de succès, et ils diront : « paix et sûreté ». Hélas ! tous ces efforts laissent Dieu de côté : ils sont faits par un monde qui est ignorant de Dieu, un monde décrit par ces trois mots « dans les ténèbres » (5:4).

§  Troisièmement, quant à son résultat, la venue du jour du Seigneur amènera le jugement sur les méchants, « une subite destruction » de laquelle « ils n’échapperont pas » (5:3).

 

5.2       1 Thess. 5:4-11 — La conduite qui convient à ceux qui marchent à la lumière du jour à venir du Seigneur

5.2.1        1 Thess. 5:4-5

Si, à l’avenir, le jour du Seigneur implique des conséquences terribles pour le monde impie, dans le présent, la lumière de cette journée doit avoir un effet véritable sur la vie des hommes pieux.

Les croyants, ceux que l’apôtre appelle frères, ne sont pas dans les ténèbres. Ils sont « fils de la lumière et fils du jour ». Les croyants sont caractérisés par la connaissance de Dieu et par le fait d’être dans la lumière du jour qui vient. Le monde est caractérisé par « la nuit » et « les ténèbres ». C’est l’absence de Christ qui fait la nuit, et l’ignorance de Dieu qui constitue les ténèbres (comparez Jean 12:35,36,46 ; 13:30).

Ces convertis auxquels l’apôtre écrivait, s’étaient tournés vers « le Dieu vivant et vrai ». Étant dans la lumière de Dieu, pleinement révélée en Christ, ils n’étaient plus ignorants de Dieu, et ne seraient pas surpris par le jugement soudain qui vient sur le monde.

 

5.2.2        1 Thess. 5:6-7

Puisqu’ils sont fils de la lumière et fils du jour, l’apôtre les exhorte à être conséquents avec leur caractère.

Il dit tout d’abord « ne dormons pas comme les autres » (5:6a). Un homme qui dort n’est pas influencé par tout ce qui se passe à l’entour, et il n’en est pas conscient. Le monde est totalement inconscient de ce vers quoi il dérive, de l’entière inutilité de tous ses efforts, et de sa ruine prochaine. Les croyants doivent veiller à ne pas tomber dans un état d’apathie spirituelle, dérivant comme le monde, et d’indifférence au jour du Seigneur.

Deuxièmement, nous devons veiller (5:6b). Nous devons non seulement attendre la venue du Seigneur, mais aussi veiller. Le Seigneur Lui-même a dit : « Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant » (Luc 12:37).

Troisièmement, nous sommes exhortés à être sobres (5:6b), en contraste avec une condition représentée par l’ivrognerie (5:7), qui place l’homme sous une influence mauvaise. Nous devons veiller à ne pas être sous les influences toxiques du monde. Par rapport à Christ et à Son jour, nous devons veiller ; par rapport au monde, nous devons être sobres.

 

5.2.3        1 Thess. 5:8

Quatrièmement, si nous voulons échapper aux influences narcotiques de ce monde, nous avons besoin de la cuirasse de la foi et de l’amour, et du casque du salut. Pour échapper au monde de la vue, nous avons besoin de la foi, car la foi n’est pas régie par la vue, mais vit à la lumière de l’invisible. Pour échapper à la convoitise du monde, nous devons être gouvernés par l’amour. Pour échapper aux vains projets du monde quant à l’avenir, avec leurs perspectives trompeuses et leurs vains espoirs, nous avons besoin de « l’espérance du salut ». Ce n’est pas l’espérance d’améliorer l’état du monde, ou de réformer le mal  du monde, mais ce que nous attendons est l’accomplissement de l’espérance du salut qui nous délivrera complètement du monde et de son jugement, pour avoir part au monde à venir.

 

5.2.4        1 Thess. 5:9-10

Cinquièmement, pour soutenir « la foi », « l’amour », et « l’espérance », nous avons besoin de réaliser le propos de Dieu pour nous. Dieu n’a pas destiné le croyant à la colère (5:9a), mais « à l’acquisition du salut par notre seigneur Jésus Christ ». Le salut est ici considéré comme la délivrance future, finale et complète du monde et de son jugement prochain.

Ce à quoi Dieu nous a destinés est amené « par notre Seigneur Jésus-Christ » et par Sa mort pour nous (5:9b). Il est mort afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec Lui. L’efficacité de Sa mort est telle qu’elle nous rend propre à être « avec Lui » (5:10). Si nous nous endormons, nous partons pour être avec Lui, comme Il a pu dire au brigand mourant sur la croix : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Si toutefois nous sommes laissés ici pour un moment, il voudra encore que nous marchions dans la séparation du monde « avec Lui. »

 

5.2.5        1 Thess. 5:11

Sixièmement (5:11a), l’apôtre dit : « C’est pourquoi encouragez-vous l’un l’autre » [ndT : voir note de la traduction JND]. Voyant que nous sommes destinés au salut, et que notre privilège est de vivre ensemble avec Christ maintenant, et d’être ravis ensemble à la rencontre du Seigneur en l’air très bientôt, encourageons-nous l’un l’autre dans toutes les tribulations et afflictions du chemin.

Septièmement (5:11b), l’apôtre nous exhorte à nous édifier l’un l’autre, sur notre très sainte foi comme il est dit ailleurs (Jude 20). La compagnie chrétienne, selon Dieu, est donc composée de croyants qui s’aiment les uns les autres, qui s’exhortent [s’encouragent] les uns les autres et qui s’édifient les uns les autres (3:12 ; 4:9,18 ; 5:11).

 

5.3       1 Thess. 5:12-22 — Exhortations et avertissements

Après avoir consolé les saints quant à ceux qui se sont endormis, et quant au jour du Seigneur et à sa portée présente sur notre vie et nos voies, l’apôtre se met à nous donner des exhortations et des avertissements généraux quant aux dangers spéciaux auxquels nous sommes toujours exposés.

 

5.3.1        1 Thess. 5:12-13

La reconnaissance de ceux qui sont à la tête dans le Seigneur. Nous sommes exhortés à reconnaître ceux qui travaillent dans le service du Seigneur et qui sont à la tête parmi les Siens dans la crainte du Seigneur, même s’ils ont à nous avertir. Nous avons à estimer de telles personnes très-haut en amour à cause de leur œuvre. Il n’est pas suggéré que l’exhortation soit limitée à ceux qui ont abandonné leur vocation terrestre ; cela peut être le cas, ou non.

« Soyez en paix entre vous » (5:13b). Il y a toujours le danger de se brouiller avec d’autres en chemin. Autrefois, le Seigneur pouvait demander à ses disciples « Sur quoi raisonniez-vous en chemin ? Et ils gardaient le silence, car ils avaient disputé entre eux, en chemin, qui serait le plus grand » (Marc 9:33-34). Derrière toutes les disputes qui ont eu lieu parmi le peuple de Dieu, on trouvera probablement que, quel que soit le sujet immédiat de la dispute, la racine est que quelqu’un voulait être grand. Sinon, quelle que soit la difficulté, il n’y aurait pas la nécessité de querelle. C’est seulement dans la mesure où nous estimons l’autre supérieur à nous-mêmes que nous pourrons « être en paix » entre nous.

 

5.3.2        1 Thess. 5:14

Les soins pieux les uns envers les autres. Il devrait y avoir parmi le peuple du Seigneur ces soins pieux pour avertir tous ceux qui sont enclins à être déréglés, pour consoler ceux qui sont découragés, et pour venir en aide aux faibles.

La patience. Quelle que soit la forme que prennent ces soins, ils doivent être exercés envers tous avec patience. Il est assez facile d’être patient envers des personnes qui sont débonnaires et humbles, mais une grande grâce sera nécessaire si nous voulons faire preuve de patience envers tous, qu’ils soient doux et humbles, ou bien provocateurs et agressifs.

 

5.3.3        1 Thess. 5:15

Refuser la vengeance (5:15a). Nous devons veiller à ce que personne ne rende le mal pour le mal. Le danger est toujours là de répondre à la chair par la chair. Il faut peut-être nous taire en présence de la méchanceté, et même éviter celui qui agit ainsi (2 Tim. 4:14-15), mais en aucun cas nous n’avons à rendre le mal pour le mal.

Poursuivre ce qui est bon (5:15b). Évitant le mal, nous avons à « poursuivre toujours ce qui est bon, et entre vous, et à l’égard de tous les hommes ». La chair aime s’occuper du mal ; mais, tandis que ces exhortations nous avertissent de ne pas être indifférents au mal, et même d’y faire face le cas échéant, ce que nous devons néanmoins poursuivre est ce qui est bon.

 

5.3.4        1 Thess. 5:16

« Réjouissez-vous toujours ». Le monde est plein de tristesse, et dans un tel monde le Seigneur a été l’homme de douleur sachant ce qu’est la langueur ; mais Sa joie dans le Père et dans la perspective qui était devant Lui, était ininterrompue. Ainsi, à l’heure la plus sombre de Son rejet, nous lisons : « Jésus se réjouit en esprit » (Luc 10:21). De la même manière, le croyant est appelé à « toujours se réjouir. »

 

5.3.5        1 Thess. 5:17

« Priez sans cesse ». La prière est une ressource toujours présente pour le croyant. Quels que soient le souci, l’épreuve, ou l’exercice, il faut les faire connaître à Dieu dans la prière (Philippiens 4:6).

 

5.3.6        1 Thess. 5:18

« En toutes choses rendez grâces ». La prière doit être accompagnée d’actions de grâces. Nous ne sommes pas appelés à rendre grâce pour tout, mais en tout. Dans les épreuves les plus douloureuses ou les douleurs les plus profondes, la foi trouvera quelque sujet de rendre grâces.

 

5.3.7        1 Thess. 5:19

« N’éteignez pas l’Esprit ». Dans l’épître aux Éphésiens nous sommes avertis de ne pas attrister l’Esprit, ce qui, selon le passage, est lié à la tolérance de la chair. Ici, le contexte est la prière, l’action de grâces, et la prophétie. « Éteindre l’Esprit » semble donc consister à faire obstacle à la prière, ou à la louange, ou au ministère. Ce peut être en forçant un ministère en dehors de la direction de l’Esprit, ou en se retenant d’exercer le ministère quand l’Esprit voudrait conduire à la prière ou à la louange.

 

5.3.8        1 Thess. 5:20

« Ne méprisez pas les prophéties ». L’épître aux Corinthiens nous fait savoir que celui qui prophétise « parle aux hommes pour l’édification, et l’exhortation, et la consolation » (1 Cor. 14:3). Nous devons veiller à ne pas prendre à la légère ce que Dieu peut avoir à nous dire à travers Ses serviteurs.

 

5.3.9        1 Thess. 5:21

« Éprouvez toutes choses ». Si nous ne devons pas mépriser un ministère, nous ne sommes pas moins responsables de l’« éprouver » [tester] par la Parole. Il y a toujours le danger de recevoir une vérité sur la simple autorité de celui qui enseigne. L’apôtre peut dire dans une autre épître : « que les prophètes parlent, deux ou trois, et que les autres jugent » (1 Cor. 14: 29).

 

« Retenez ce qui est bon ». Ayant éprouvé ce que nous entendons, nous devons retenir, ou tenir ferme, ce qui est bon. La tendance, trop souvent, est de se rappeler ce qui n’est pas profitable, et de laisser échapper ce qui est bon.

 

5.3.10    1 Thess. 5:22

« Abstenez-vous de toute forme de mal ». Il est facile de se tenir à l’écart de certaines formes de mal qui peuvent ne pas nous attirer, et de condamner sévèrement des péchés auxquels nous ne sommes pas enclins. L’exhortation est de s’abstenir de tout mal, quelque forme qu’il puisse prendre.

 

5.4       1 Thess. 5:23-28 — La prière finale et les salutations

5.4.1        1 Thess. 5:23

En conclusion, l’apôtre se tourne vers Dieu en faveur de ces saints, souhaitant que « le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement » ; et que l’homme tout entier, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé sans reproche, en la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. Dieu voudrait que chaque partie de l’homme — son esprit, ses affections, et son corps — soit mise à part de ce monde et réservée pour Christ de sorte que lors de la venue de notre Seigneur Jésus-Christ pour régner, nous soyons trouvés irréprochables et que nous recevions une pleine récompense.

 

5.4.2        1 Thess. 5:24

Celui qui nous a appelés à la gloire est fidèle et réalisera le propos pour lequel Il nous a appelés.

 

5.4.3        1 Thess. 5:25-28

Dans la confiance de l’amour, l’apôtre compte sur les prières de ceux pour qui il priait. Il les salue avec une sainte affection, et les adjure, par le Seigneur, que la lettre soit lue à tous les saints frères. Une telle adjuration avait, sans doute, une application spéciale à une époque où un grand nombre était incapable de lire.

Enfin, il souhaite que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec eux.