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L’Épître aux Galates

Hamilton Smith

Traduit de l’anglais de http://www.stempublishing.com/authors/smith/Galatians.html

 

Table des matières abrégée :

1       Introduction

2       Galates 1

3       Galates 2

4       Galates 3

5       Galates 4

6       Galates 5

7       Galates 6

 

Table des matières détaillée :

1       Introduction

2       Galates 1

2.1         Gal. 1:1-2 — L’apostolat de Paul

2.2         Gal. 1:3-5 — Les vérités enseignées par Paul

2.3         Gal. 1:6-7

2.4         Gal. 1:8-9

2.5         Gal. 1:10

2.6         Gal. 1:11-12

2.7         Gal. 1:13-14

2.8         Gal. 1:15-17

2.9         Gal. 1:18- 19

2.10       Gal. 1:20-24

3       Galates 2

3.1         Gal. 2:1

3.2         Gal. 2:2

3.3         Gal. 2:3

3.4         Gal. 2:4-5

3.5         Gal. 2:6

3.6         Gal. 2:7-10

3.7         Gal. 2:11-14

3.8         Gal. 2:15-16

3.9         Gal. 2:17-18

3.10       Gal. 2:19

3.11       Gal. 2:20

3.12       Gal. 2:21

4       Galates 3

4.1         Gal. 3: 1

4.2         Gal. 3:2

4.3         Gal. 3:3

4.4         Gal. 3:4

4.5         Gal. 3:5

4.6         Gal. 3:6-9

4.7         Gal. 3:10

4.8         Gal. 3:11-12

4.9         Gal. 3:13

4.10       Gal. 3:15-16

4.11       Gal. 3:17-18

4.12       Gal. 3:19-20

4.13       Gal. 3:21-22

4.14       Gal. 3:23-26

4.15       Gal. 3:27-29

5       Galates 4

5.1         Gal. 4:1-5

5.2         Gal. 4:6-7

5.3         Gal. 4:8-11

5.4         Gal. 4:12-18

5.5         Gal. 4:19-20

5.6         Gal. 4:21-26

5.7         Gal. 4:27

5.8         Gal. 4:28-31

6       Galates 5

6.1         Gal. 5:1

6.2         Gal. 5:2-4

6.3         Gal. 5:5-6

6.4         Gal. 5:7-10

6.5         Gal. 5:11

6.6         Gal. 5:12-15

6.7         Gal. 5:16-17

6.8         Gal. 5:18

6.9         Gal. 5:19-21

6.10       Gal. 5:21-23

6.11       Gal. 5:24-26

7       Galates 6

7.1         Gal. 6:2

7.2         Gal. 6:3

7.3         Gal. 6:4-5

7.4         Gal. 6:6

7.5         Gal. 6:7-10

7.6         Gal. 6:11

7.7         Gal. 6:12-13

7.8         Gal. 6:14

7.9         Gal. 6:15-16

7.10       Gal. 6:17

7.11       Gal. 6:18

 

 

1         Introduction

L’épître aux Galates est corrective plutôt qu’instructive. Elle n’a pas été écrite pour simplement instruire les assemblées des grandes vérités de l’évangile, comme l’épître aux Romains, — ni pour dévoiler la vérité de l’assemblée, comme l’épître aux Éphésiens, — ni pour présenter l’expérience propre aux chrétiens, comme l’épître aux Philippiens. Elle a été écrite pour corriger un grand mal qui s’était glissé dans les assemblées de la Galatie. Elle a le même caractère que les épîtres aux Corinthiens, mais avec cette différence que l’épître aux Galates a été écrite pour corriger le légalisme, tandis que les épîtres aux Corinthiens ont été écrites pour corriger l’action de la chair et la mondanité (1 Cor. 3:3). Bien qu’apparemment très opposés, ces deux sortes de maux sont très voisins dans la mesure où tous les deux donnent de la place à la chair. Le légalisme est l’effort de contrôler la chair par des règles et de la cultiver par des cérémonies religieuses. Une marche sans frein sans loi (c’est-à-dire de l’iniquité) consiste à laisser faire la chair.

En retournant aux principes de la loi, le légalisme donne de la place à la chair, car la loi s’adresse à la chair, et la chair introduit le monde. La loi, la chair et le monde vont ensemble. Pour corriger le mauvais usage de la loi, et les maux de la chair et du monde, l’Esprit de Dieu introduit la croix de Christ. C’est ainsi que dans cette épître aux Galates, on trouve la croix appliquée à la loi (2:19-20), à la chair (5:24) et au monde (6:14).

Ensuite, la loi, la chair et le monde étant mis de côté, Christ est introduit, ainsi que l’Esprit et la nouvelle création. Christ est présenté comme la règle de vie à la place de la loi (2:20), l’Esprit à la place de la chair (3:3 ; 5:16-25), et la nouvelle création à la place du monde (6:14-15). Nous ne devons pas être gouvernés par les principes du présent siècle (c’est-à-dire du monde actuel), mais par ce qui régit la Nouvelle Création.

Bien que les deux épîtres aux Corinthiens comme celle aux Galates soient toutes correctives, on remarque que l’apôtre est beaucoup plus sévère vis-à-vis des Galates. Ceci est frappant : car bien que ces deux sortes de maux doivent nécessairement être condamnées par l’Esprit l’un comme l’autre, l’erreur doctrinale est plus sévèrement censurée que le mal de la vie pratique. Pour les hommes, c’est toujours l’inverse. Dans une époque de laxisme, on est fort indifférent à la doctrine enseignée par les hommes, aussi longtemps que leur conduite extérieure est bonne. La raison en est simple, car comme quelqu’un a dit : « La nature peut apprécier la conduite humaine ; mais la foi seule peut estimer l’importance de la vérité de Dieu ». En outre, on a justement remarqué que « le laxisme dans la marche, ou les principes et les habitudes de ce monde, peuvent être corrigés en introduisant la lumière... tandis que, si la vérité est corrompue, la lumière devient ténèbres, et l’instrument même par lequel Dieu se plait à faire Son œuvre est détruit ».

C’est ce qui  explique la sévérité avec laquelle l’apôtre écrit, car en retournant à la loi, on perd progressivement tout ce qui est vital. La loi reconnaît l’homme dans la chair, et lui donne une place dans ce monde. Elle fait dépendre la bénédiction de l’homme du fait qu’il accomplisse ou non ce qui relève de sa responsabilité, et ainsi elle met dehors la grâce de Dieu ; elle rend l’œuvre de Christ inefficace pour nous (5:4), elle met de côté l’œuvre de l’Esprit en nous (3:2), et elle change le christianisme en une religion de formes, de rites et de cérémonies extérieures.

 

2         Galates 1

En lisant l’épître aux Galates, on voit qu’une fausse doctrine de nature grave avait pénétré les assemblées de la Galatie. On enseignait que ceux qui croient doivent être circoncis et observer tous les préceptes de la loi de Moïse, sinon ils ne peuvent pas être sauvés. On ne niait pas directement la vérité sur la Personne de Christ, ni les faits de Sa mort et de Sa résurrection, ni la nécessité de la foi en Christ ; mais on affirmait que la foi en Christ et en Son œuvre ne suffisaient pas pour le salut. Cette fausse doctrine insistait pour ajouter nos œuvres à l’œuvre de Christ en vue du salut ; elle mettait de côté la suffisance de l’œuvre de Christ et la justification par la foi. Cette fausse doctrine avait été introduite dans les assemblées de la Galatie par des docteurs judaïsants qui avaient trouvé une entrée parmi les saints. Leur attaque portait sur la vérité, mais ils ne procédaient pas en s’opposant frontalement à la vérité ; ils préféraient attaquer personnellement celui qui enseignait la vérité. Ils cherchaient à persuader les saints que, l’apôtre Paul n’ayant été envoyé ni par Pierre ni par les autres apôtres, son apostolat n’était donc pas revêtu d’autorité divine. Du fait qu’il était venu sans autorité divine, eux ne pouvaient plus continuer à accepter l’évangile qu’il prêchait comme étant la vérité. Ainsi, au lieu de s’opposer directement à la vérité en question, ils s’étaient mis à dénigrer l’apôtre (4:16). Hélas ! dans les conflits parmi ceux qui professent être le peuple de Dieu, des tactiques de ce genre ont trop souvent été adoptées !

En bref, les deux grands maux dans lesquels étaient tombées les assemblées de Galatie étaient les suivants : d’une part l’insistance sur la nécessité de garder la loi pour être sauvé, et d’autre part l’adoption d’une succession apostolique, ou principe clérical, pour être un serviteur du Seigneur. Pour répondre à ces deux maux, l’apôtre commence par refuser catégoriquement la succession apostolique en établissant que son apostolat dérivait directement de Christ Lui-même ; puis il affirme l’impossibilité de combiner la loi et l’évangile comme moyens de salut. Dans la partie introductive, l’apôtre donne un bref résumé des deux grands sujets de son épître. Dans les versets 1 et 2, il résume la vérité de son apostolat ; dans les versets 3 à 5, il résume la vérité de son enseignement.

 

2.1        Gal. 1:1-2 — L’apostolat de Paul

1 Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par l’homme, mais par Jésus Christ, et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts, 2 et tous les frères qui sont avec moi, aux assemblées de la Galatie* :

— v. 2 : province d’Asie mineure (région actuelle d’Ankara).

 

L’apôtre commence par affirmer que son apostolat n’était pas «de la part des hommes» quant à sa source, ni « par l’homme » comme canal. Il est évident que dans l’apostolat de Paul, il n’y avait ni succession provenant d’autrui, ni ordination par autrui. L’affirmation « ni par l’homme » quant à l’apostolat de Paul casse tout le principe clérical. Ceux qui sont impliqués dans le système clérical admettront volontiers que leur autorité n’émane pas « de la part des hommes », mais ils ne diront pas, et ne peuvent pas dire qu’elle n’est pas « par l’homme ». Paul a reçu son autorité et sa direction ni de Pierre ni des Douze, mais de Christ ressuscité.

L’apôtre ajoute à l’importance de son épître en s’adjoignant « tous les frères » qui étaient avec lui. Il montre ainsi que les assemblées de Galatie étaient non seulement en train d’abandonner les vérités que lui enseignait, mais qu’elles abandonnaient la foi commune des frères. C’est en tous cas pour nous un avertissement qui devrait nous retenir avant de soutenir quelque chose de contraire à la vérité tenue par « tous les frères ».

 

2.2        Gal. 1:3-5 — Les vérités enseignées par Paul

3 Grâce et paix à vous, de la part de Dieu le Père et de notre seigneur Jésus Christ, 4 qui s’est donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père, 5 auquel soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen.

 

Après avoir affirmé la vérité de son apostolat, l’apôtre, dans les versets suivants, donne un résumé bref, mais magnifique, des vérités qu’il enseignait.

    Tout d’abord, il proclamait la grandeur et l’efficacité de l’œuvre de Christ — Celui qui s’est donné lui-même pour nos péchés. Revenir à la loi et à ses cérémonies, comme pour ajouter à l’efficacité de l’œuvre de Christ, c’était porter atteinte à Christ Lui-même. Cela revenait à dire pratiquement que le don inestimable de s’être « donné Lui-même» n’était pas suffisant.

    Deuxièmement, l’œuvre de Christ non seulement règle la question des péchés du croyant, mais elle délivre de ce monde mauvais, ce « présent siècle mauvais ». Ceux qui voudraient nous ramener sous la loi désirent avoir une belle apparence dans la chair (6:12) et nous rattacher ainsi au monde.

    Troisièmement, la vérité enseignée par l’apôtre était selon la volonté de notre Dieu et Père et, par-dessus tout, elle contribue à la gloire de Dieu aux siècles des siècles, c’est-à-dire pour toujours. Remettre les croyants sous la loi, c’était tout simplement se livrer à la volonté de l’homme, et exalter les hommes en cherchant à « avoir une belle apparence dans la chair » (6:12), et donc à «se glorifier» dans la chair (6:12-13).

 

Ainsi, au début de son épître, l’apôtre présente l’efficacité de la Personne et de l’œuvre de Christ qui répond à nos besoins, en nous séparant du monde, et en accomplissant la volonté de Dieu pour la gloire éternelle de Dieu. Hélas ! la chrétienté est largement tombée dans l’hérésie des Galates ! Tout en faisant profession de christianisme, elle met pratiquement de côté l’œuvre de Christ au profit des œuvres des hommes, elle laisse les hommes dans le monde avec la vaine préoccupation d’en faire un monde meilleur et plus brillant, et elle cherche à exécuter la volonté de l’homme en vue de la gloire de l’homme.

Après ces versets introductifs, l’apôtre présente dans les ch. 1 et 2 certains faits historiques le concernant qui prouvent l’autorité divine de son apostolat, entièrement en dehors de l’homme. Ensuite, dans les ch. 3 à 6, il réaffirme son enseignement et ses effets, en contraste avec la loi et le résultat pour ceux qui s’y assujettissent.

 

2.3        Gal. 1:6-7

6 Je m’étonne de ce que vous passez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, à un évangile différent, 7 qui n’en est pas un autre ; mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent pervertir l’évangile du Christ.

 

L’apôtre commence par exprimer son étonnement devant l’inconséquence des Galates. Il fut un temps où ils l’avaient reçu « comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus » (4:14). Maintenant, leur attitude avait complètement changé, et ils remettaient en cause son autorité. Pis que cela, en rejetant l’apôtre ils rejetaient également l’évangile qu’il prêchait — le seul vrai évangile, car Paul ne voulait admettre aucun autre évangile que celui qu’il prêchait.

En contraste avec Paul, par l’intermédiaire duquel l’évangile de la grâce de Dieu leur avait été apporté, ceux qui troublaient les croyants de Galatie ne prêchaient pas l’évangile de Christ, mais une perversion de l’évangile. Ces faux docteurs ne niaient pas directement les faits de l’évangile, mais ils les pervertissaient. Une perversion est souvent plus dangereuse qu’une simple négation, car dans une perversion il y a assez de vérité pour tromper les irréfléchis, et suffisamment d’erreur pour rendre la vérité sans effet.

L’apôtre aborde ainsi les deux formes d’éloignement de la vérité dans lesquelles les assemblées de Galatie étaient en train de tomber. Premièrement, ils abandonnaient l’autorité divine de la Parole de Dieu et affirmaient l’autorité humaine ; deuxièmement, ils abandonnaient le pur évangile comme voie du salut et revenaient à la loi et à la tradition humaine. N’est-ce pas, hélas ! les deux maux qui ont si largement corrompu la profession chrétienne d’aujourd’hui ?

 

2.4        Gal. 1:8-9

8 Mais quand nous-mêmes, ou quand un ange venu du ciel vous évangéliserait outre ce que nous vous avons évangélisé, qu’il soit anathème*. 9 Comme nous l’avons déjà dit, maintenant aussi je le dis encore : si quelqu’un vous évangélise outre ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème*.

— v. 8 et 9 : formule de malédiction.

 

Avant de poursuivre, l’apôtre prononce une malédiction en termes extrêmement solennels et ardents sur tous ceux qui prêchaient un prétendu évangile contraire en quelque manière à celui qu’ils avaient reçu par sa prédication. Si l’apôtre lui-même, ou même un ange, annonçait un autre évangile, qu’il soit anathème. Ce sont des mots qui excluent complètement tout développement ou nouvelle lumière apportés par des hommes et mettant de côté la pleine suffisance de l’œuvre de Christ pour assurer le salut à quiconque croit.

 

2.5        Gal. 1:10

10 Car maintenant, est-ce que je m’applique à satisfaire des hommes, ou Dieu ? Ou est-ce que je cherche à complaire à des hommes ? Si je complaisais encore à des hommes, je ne serais pas esclave de Christ.

 

En prononçant ces paroles claires et solennelles, Paul manifeste qu’il n’était pas quelqu’un cherchant simplement à plaire aux hommes, ou prêt à abandonner la vérité et à faire des compromis avec l’erreur pour être bien vu des foules. Personne n’était plus doux, humble et plein de grâce que l’apôtre, mais personne n’était plus hardi, plus véhément et plus direct et franc si la vérité était en jeu. S’il en avait été autrement, il n’aurait plus été « esclave de Christ ». Il est bon que tout serviteur suive son exemple, comme lui aussi suivait Christ (1 Cor. 11:1). En présence d’insultes le Seigneur gardait le silence (Marc 15:3-5). Quand il était question de rendre témoignage à la vérité, il parlait franchement (Jean 18: 33-38).

 

2.6        Gal. 1:11-12

11 Or je vous fais savoir, frères, que l’évangile qui a été annoncé par moi n’est pas selon l’homme. 12 Car moi, je ne l’ai pas reçu de l’homme non plus, ni appris, mais par la révélation de Jésus Christ.

 

Après avoir donné ces avertissements pour commencer, l’apôtre fait une déclaration détaillée sur l’autorité divine de l’évangile qu’il prêchait. Il revendique trois points précis pour l’évangile.

    Premièrement, l’évangile qu’il prêchait n’était « pas selon l’homme ». Les hommes rêvent d’un évangile qui exalte l’homme en lui offrant une bénédiction résultant de ses efforts. L’évangile de Dieu apporte certes la bénédiction éternelle à l’homme, mais il le fait d’une manière qui apporte une gloire éternelle à Dieu.

    Deuxièmement, l’évangile prêché par Paul n’avait pas été reçu « de l’homme », il ne provenait pas de l’homme comme source.

    Troisièmement, l’apôtre n’avait pas appris l’évangile par un homme, mais « par révélation de Jésus Christ ».

 

2.7        Gal. 1:13-14

13 Car vous avez ouï dire [quelle a été] autrefois ma conduite dans le judaïsme, comment je persécutais outre mesure l’assemblée de Dieu et la dévastais, 14 et comment j’avançais dans le judaïsme plus que plusieurs de ceux de mon âge dans ma nation, étant le plus ardent zélateur des traditions de mes pères.

 

Pour prouver ce qu’il dit, l’apôtre survole son histoire, dans les versets qui suivent. Ils en avaient bien déjà entendu parler, mais ici il ne rapporte que les incidents montrant comment Dieu s’était occupé de lui, et lui avait communiqué l’évangile entièrement en dehors de toute intervention humaine.

Il rappelle premièrement aux croyants de Galatie que, lorsqu’il n’était pas converti, il avait persécuté l’Église de Dieu et l’avait dévastée. Avec tous les préjugés intenses d’un Juif bigot, il avait dépassé tous les autres dans sa haine de l’Église. Quand d’autres apprenaient la vérité par la prédication de l’évangile et étaient amenés dans l’Église, il les persécutait. Son zèle pour la religion des Juifs et pour les traditions des pères l’aveuglait à l’égard de la prédication des apôtres. Il est donc évident qu’il n’avait pas été atteint par la prédication d’autrui quand il était encore inconverti.

 

2.8        Gal. 1:15-17

15 Mais quand il plut à Dieu, qui m’a mis à part dès le ventre de ma mère et qui m’a appelé par sa grâce, 16 de révéler son Fils en moi, afin que je l’annonçasse* parmi les nations, aussitôt, je ne pris pas conseil de la chair ni du sang, 17 ni ne montai à Jérusalem vers ceux qui étaient apôtres avant moi, mais je m’en allai en Arabie, et je retournai de nouveau à Damas.

— v. 16, 23* : annoncer la bonne nouvelle = évangéliser.

 

Puis, quand il fut appelé par grâce, Paul ne prit conseil ni de la chair ni du sang. Il n’alla pas à Jérusalem, le siège de l’autorité traditionnelle, ni ne prit conseil de ceux qui étaient apôtres avant lui. C’est Dieu qui l’avait appelé, Dieu qui avait révélé Son Fils en lui, Dieu qui lui avait donné mission de prêcher l’évangile parmi les Gentils. Dieu avait eu des rapports et des communications directs avec l’apôtre et indépendamment des hommes, tant ceux de Jérusalem que les autres apôtres.

 

2.9        Gal. 1:18- 19

18 Puis, trois ans après, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas*, et je demeurai chez lui quinze jours ; 19 et je ne vis aucun autre des apôtres, sinon Jacques le frère du Seigneur.

— v. 18 : nom araméen de Pierre.

 

Après avoir passé trois ans en Arabie et à Damas, l’apôtre fit une visite de quinze jours à Pierre à Jérusalem. Le seul autre apôtre qu’il ait vu fut Jacques, le frère de notre Seigneur. Il ne s’agissait donc pas d’une visite officielle pour recevoir des instructions, ni d’une ordination, mais plutôt d’une visite personnelle pour faire connaissance de Pierre.

 

2.10   Gal. 1:20-24

20 Or dans les choses que je vous écris, voici, devant Dieu, je ne mens point. 21 Ensuite j’allai dans les pays de Syrie et de Cilicie. 22 Or j’étais inconnu de visage aux assemblées de la Judée qui sont en Christ, 23 mais seulement elles entendaient dire : Celui qui nous persécutait autrefois, annonce* maintenant la foi qu’il détruisait** jadis ; 24 et elles glorifiaient Dieu à cause de moi.

— v. 23* : annoncer la bonne nouvelle = évangéliser. — v. 23** : ou : ravageait, dévastait.

 

L’apôtre donne une importance solennelle à ses paroles en nous rappelant qu’il parle « devant Dieu », et il ajoute : « je ne mens point ». Il serait bon que nous tous, en tout temps, nous parlions ainsi dans la pleine conscience que nous sommes dans la présence de Dieu, et que nous puissions vraiment dire : « voici, devant Dieu, je ne mens point ». Après sa visite à Jérusalem, il alla dans les régions de Syrie et de Cilicie. Bien loin de recevoir aucune communication ou instruction ou de l’autorité de la part des assemblées de Judée, il leur était inconnu même de visage. Elles savaient seulement que ce persécuteur était devenu prédicateur de la foi qu’il avait cherché à détruire. Entendant ce qu’il faisait, elles n’avaient pas interféré avec l’apôtre ni ne lui avaient donné des instructions ou des conseils, pas plus qu’elles ne s’étaient plaintes qu’il prêchait en dehors de l’autorité des douze ; mais elles glorifiaient Dieu pour tout ce qu’Il faisait dans et par l’apôtre. Ainsi l’homme même que ces faux docteurs cherchaient à dénigrer, était celui en qui les assemblées de Judée, le centre du système légal, avaient trouvé occasion de glorifier Dieu.

 

3         Galates 2

3.1        Gal. 2:1

1 Ensuite, au bout de quatorze ans, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabas, prenant aussi Tite avec moi.

 

Quatorze ans plus tard, l’apôtre visita de nouveau Jérusalem, accompagné de Barnabas et de Tite. On trouve en Actes 15 davantage de détails sur cette visite qui eut justement lieu à cause de l’enseignement judaïsant introduit par de « faux frères furtivement introduits » qui troublaient les assemblées de Galatie.

Paul et Barnabas avaient résisté à ces faux enseignements à Antioche, mais dans Sa sagesse, Dieu voulait que cette question soit soulevée et réglée à Jérusalem, et Il n’a pas permis que la question soit réglée par la position prise à Antioche, aussi bonne qu’elle fût. Si la question avait été réglée à Antioche, il aurait pu y avoir une division dans l’Église : d’un côté une section composée principalement de juifs convertis s’attachant à la loi, avec Jérusalem pour centre, et d’un autre côté une section composée de païens convertis, affranchis de la loi, avec Antioche pour centre.

 

3.2        Gal. 2:2

2 Or j’y montai selon une révélation, et je leur exposai l’évangile que je prêche parmi les nations, mais, dans le particulier, à ceux qui étaient considérés, de peur qu’en quelque manière je ne courusse ou n’eusse couru en vain

 

Le livre des Actes nous apprend que les frères d’Antioche décidèrent que Paul et Barnabas iraient à Jérusalem. Ici, nous apprenons le fait supplémentaire que l’apôtre y monta par révélation, une preuve supplémentaire que, bien qu’agissant en communion avec ses frères et selon leur conseil, il était toutefois guidé par une révélation directe de Dieu.

L’Évangile étant en question, il communiqua ce qu’il avait prêché à ceux de Jérusalem pour lesquels les gens avaient de la considération. Ce n’est pas lui qui reçut d’eux l’évangile qu’il prêchait, mais au contraire c’est lui qui le leur communiqua. Il ne le fit pas pour que les conducteurs de Jérusalem jugent si son évangile était selon Dieu, mais pour s’opposer à cette montée de légalisme qui menaçait de gâcher son œuvre parmi les Gentils (les nations) au point de rendre vains ses travaux.

 

3.3        Gal. 2:3

3 (cependant, même Tite qui était avec moi, quoiqu’il fût Grec, ne fut pas contraint à être circoncis) :

 

Dans une sorte parenthèse, le cas de Tite est évoqué pour montrer que cet enseignement légal n’était pas accepté ni soutenu à Jérusalem ; car, bien que Tite fût Grec, il ne fut pas obligé à être circoncis selon la loi.

 

3.4        Gal. 2:4-5

4 et cela à cause des faux frères, furtivement introduits, qui s’étaient insinués pour épier la liberté que nous avons dans le Christ Jésus, afin de nous réduire à la servitude ; 5 auxquels nous n’avons pas cédé par soumission, non pas même un moment, afin que la vérité de l’évangile demeurât avec vous.

 

Poursuivant son sujet, l’apôtre fait remonter cet enseignement légal aux faux frères furtivement introduits, dont le but était de placer les saints dans la servitude et de les attirer à eux (4:17). L’apôtre nr leur avait pas cédé, non pas même un moment. Quand la vérité est en jeu, il ne voulait faire aucun compromis sous aucun prétexte de grâce et de prétendu amour. Dans d’autres passages, nous sommes exhortés à « être soumis les uns aux autres » (1 Pierre 5:5) ; mais quand il s’agit de «faux frères», et que la vérité est en jeu, l’apôtre ne voulait pas céder par soumission, pas même un moment.

 

3.5        Gal. 2:6

6 Or, de ceux qui étaient considérés comme étant quelque chose…, quels qu’ils aient pu être, cela ne m’importe en rien : Dieu n’a point égard à l’apparence de l’homme…, à moi, certes, ceux qui étaient considérés n’ont rien communiqué de plus ;

 

En dehors de ces faux frères, il y avait dans l’assemblée ceux « qui étaient considérés comme étant quelque chose ». Ils pouvaient à juste titre avoir une place prééminente en raison d’un don ou de leur spiritualité. Néanmoins, la considération dont ils faisaient l’objet publiquement ne leur donnait aucun poids pour l’apôtre quand la vérité était en jeu. Dieu ne fait pas acception de personne. L’importance que l’homme a devant ses semblables ne compte pas pour Dieu ; ce qui compte n’est pas la personne, mais ce qu’il y a de Christ dans la personne. Paul pouvait honorer de telles personnes et les aimer comme frères, mais ils n’ajoutaient aucune autorité à ce que lui avait déjà reçu de Christ.

 

3.6        Gal. 2:7-10

7 mais au contraire, ayant vu que l’évangile de l’incirconcision m’a été confié, comme celui de la circoncision l’a été à Pierre, 8 (car celui qui a opéré en Pierre pour l’apostolat de la circoncision a opéré en moi aussi envers les nations), 9 et ayant reconnu la grâce qui m’a été donnée, Jacques, et Céphas, et Jean, qui étaient considérés comme étant des colonnes, me donnèrent, à moi et à Barnabas, la main* d’association, afin que nous [allassions] vers les nations, 10 et eux vers la circoncision, [voulant] seulement que nous nous souvinssions des pauvres, ce qu’aussi je me suis appliqué à faire.

— v. 9* : litt.: les [mains] droites.

 

Ces frères, qui tenaient une place prééminente, confirmèrent l’apôtre dans sa prédication aux nations. Ils reconnurent que la prédication aux nations avait été confiée à l’apôtre Paul, tandis que la prédication aux Juifs avait été confiée à Pierre, et ils reconnurent que Dieu, qui avait opéré si efficacement par Pierre, travaillait également puissamment par l’apôtre Paul envers les Gentils (les nations). En outre, Jacques, Céphas et Jean, au lieu de conférer une grâce à Paul, discernèrent et reconnurent la grâce qui avait été donnée à l’apôtre. Le résultat fut que les conducteurs de l’Assemblée à Jérusalem donnèrent à l’apôtre et à Barnabas, la main d’association de communion, et confirmèrent leur mission auprès des nations, tout en les exhortant à se souvenir des pauvres, chose que Paul était d’ailleurs toujours prêt à faire.

Ainsi l’apôtre montre que depuis des années il avait travaillé parmi les Gentils (les nations), Dieu opérant puissamment par lui sans qu’il ait reçu aucune autorité ou mission de la part des autres apôtres, et qu’au temps voulu ses travaux avaient été pleinement reconnus comme étant de Dieu par les autres apôtres à Jérusalem. Ces détails de l’œuvre de l’apôtre condamnaient entièrement les assemblées de Galatie qui se détournaient de l’apôtre et mettaient en question son apostolat. Ce faisant, non seulement elles se détournaient de l’apôtre, mais elles se rangeaient aussi en opposition aux colonnes de l’Église à Jérusalem, qui refusaient cet enseignement légal au lieu même où il surgissait. En outre, le passage entier réfute la fausse doctrine de la succession apostolique et celle de la place de l’apôtre Pierre comme chef terrestre de l’Église. Personnellement, Pierre reconnaissait que la mission envers les Gentils (les nations) n’était pas son service.

 

3.7        Gal. 2:11-14

11 Mais quand Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était condamné. 12 Car, avant que quelques-uns fussent venus d’auprès de Jacques, il mangeait avec ceux des nations ; mais quand ceux-là furent venus, il se retira et se sépara lui-même, craignant ceux de la circoncision ; 13 et les autres Juifs aussi usèrent de dissimulation avec lui, de sorte que Barnabas même fut entraîné avec eux par leur dissimulation. 14 Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas droit, selon la vérité de l’évangile, je dis à Céphas devant tous : Si toi qui es Juif, tu vis comme les nations et non pas comme les Juifs, comment contrains-tu les nations à judaïser ?

 

L’apôtre termine cette partie de son épître en rappelant un autre incident qui montre clairement que même Pierre n’avait pas la moindre autorité sur Paul. Au contraire, une occasion avait surgi où Paul fut obligé de reprendre Pierre et de lui résister. Quand Pierre avait visité Antioche où l’assemblée était principalement composée de croyants d’entre les nations, il avait montré qu’il était personnellement si complètement délivré des préjugés juifs qu’il était libre de manger avec ceux des nations. Cependant, lorsque certains croyants juifs vinrent de Jérusalem où certains chrétiens insistaient encore sur la loi et ses cérémonies, Pierre s’était retiré et séparé des croyants d’entre les nations.

La racine de la faute de Pierre, comme cela nous arrive souvent, était la vanité de la chair qui voulait être bien vue par les autres. Il craignait de perdre sa réputation auprès de ceux « de la circoncision ». Cette crainte le conduisit à dissimuler et à prendre un chemin tortueux. Il ne marchait plus droit selon la vérité de l’évangile. Par son acte, il ignorait l’unité de l’Esprit, niait la vérité de l’évangile, et apportait la division parmi les saints. Sa position d’apôtre ne faisait qu’aggraver sa faute : « Plus un homme est honoré — et dans ce cas c’était par un juste respect — plus grande est la pierre d’achoppement pour les autres en cas de manquement », a-t-on dit. C’est ce qui arriva dans ce cas où l’infidélité de Pierre eut pour effet que les croyants juifs d’Antioche dissimulèrent pareillement, et même Barnabas fut entraîné par leur dissimulation.

Dans ces circonstances, Paul reconnut justement que l’enjeu était la vérité de Dieu, et il « lui résista en face » et le réprimanda publiquement « devant tous ». « Si », dit l’apôtre, « toi qui es Juif, tu vis comme les nations et non pas comme les Juifs, comment contrains-tu les nations à judaïser ? »

 

3.8        Gal. 2:15-16

15 Nous qui, de nature, sommes Juifs et non point pécheurs d’entre les nations, 16 sachant néanmoins que l’homme n’est pas justifié sur le principe des œuvres de loi, ni autrement que par la foi en Jésus Christ, nous aussi, nous avons cru au Christ Jésus, afin que nous fussions justifiés sur le principe de la foi en Christ et non pas sur le principe des œuvres de loi : parce que sur le principe des œuvres de loi nulle chair ne sera justifiée.

 

Ayant pleinement établi par ces détails historiques que son autorité ne dérivait pas de l’homme, et qu’il ne voulait faire aucun compromis quand la vérité était en jeu, l’apôtre se met à parler de l’évangile qui était perverti par ces faux enseignements. Non seulement Pierre avait dissimulé en mangeant librement avec ceux des nations et se mêlant un temps avec eux, puis il avait cherché à cacher ce qu’il avait fait en se retirant et se séparant d’eux, mais en tout cela il avait mis l’évangile en péril, car la portée de son acte détruisait la vérité de l’évangile, comme le montre l’apôtre. La vérité était que ceux qui étaient Juifs par nature, comme Pierre, Paul et les autres, avaient découvert que « l’homme n’est pas justifié sur le principe des œuvres de loi, ni autrement que par la foi en Jésus Christ ». Ayant appris cela, ils avaient cru en Jésus Christ, afin d’être justifiés sur le principe de la foi en Christ, et non par des œuvres de loi ; car, dit l’apôtre : « sur le principe des œuvres de loi nulle chair ne sera justifiée ».

 

3.9        Gal. 2:17-18

17 Or si, en cherchant à être justifiés en Christ, nous-mêmes aussi nous avons été trouvés pécheurs, Christ donc est ministre de péché ? Qu’ainsi n’advienne ! 18 Car si ces mêmes choses que j’ai renversées, je les réédifie, je me constitue transgresseur moi-même.

 

Pierre, avec d’autres croyants juifs, avait renoncé à la loi comme moyen de justification, afin d’être justifiés par Christ ; mais maintenant, en refusant de manger avec ceux des nations, il revenait aux ordonnances légales — les choses mêmes qu’il avait abandonnées. Si donc il avait eu raison d’abandonner la loi comme moyen de justification, il était manifestement dans l’erreur en y retournant. Or c’était pour l’amour de Christ qu’il avait renoncé à la loi. Mais s’il avait raison de retourner à la loi, alors Christ l’avait conduit à mal faire en abandonnant la loi. Or cela était impossible ; car Christ ne peut pas conduire un homme à mal faire, Il n’est pas un ministre de péché. Il est donc évident que si nous retournons à la loi comme moyen de justification, nous réédifions les choses que nous avons renversées, et nous nous constituons transgresseurs de la loi et coupables de l’avoir abandonnée.

 

3.10   Gal. 2:19

19 Car moi, par [la] loi, je suis mort à [la] loi, afin que je vive à Dieu.

 

Appliquant la vérité à lui-même, l’apôtre donne un beau résumé de la position chrétienne. L’évangile proclame la justice de Dieu envers l’homme ; la loi exige la justice de la part de l’homme et prononce la mort sur l’homme qui ne la garde pas. L’âme qui pèche, celle-là mourra (Ézé. 18:4, 20). Nous avons tous péché : ni Paul ni personne d’autre n’a gardé la loi. Par conséquent, la loi ne peut que prononcer la sentence de mort et le jugement sur nous.

 

3.11   Gal. 2:20

20 Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; — et ce que je vis maintenant dans [la] chair, je le vis dans [la] foi, la [foi] au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.

 

Pour celui qui croit en Jésus, cette sentence de mort a été exécutée dans la mort de Christ notre substitut. Sa mort a été la mort de notre vieil homme — l’homme sous le jugement. Le croyant peut donc dire : « Je suis crucifié avec Christ ». Étant ainsi passé par la mort, dans la mort de notre Substitut, nous sommes affranchis de la loi. La loi peut condamner un homme à mort à cause de la vie qu’il a menée ; mais dès que l’homme est mort, il ne vit plus dans la vie à laquelle la loi s’applique. La loi ne peut rien dire à un homme mort. En outre, si en tant que croyants, nous sommes morts à la vie ancienne à laquelle la loi s’applique, nous avons une nouvelle vie en Christ. L’apôtre peut donc dire : «je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi». Si je veux voir cette nouvelle vie dans toute sa perfection, je dois regarder à Christ. Comme quelqu’un l’a dit « Quand je tourne mes yeux vers Jésus, quand je contemple toute Son obéissance, Sa pureté, Sa grâce, Sa tendresse, Sa patience, Son dévouement, Sa sainteté, Son amour, Son absence totale d’égoïsme, je peux dire : voilà ma vie… Elle  peut être obscurcie en moi ; mais il n’en est pas moins vrai que c’est ma vie » (JND). Ainsi, notre privilège est de nous tenir pour morts à la loi, afin que nous vivions cette nouvelle vie à Dieu.

Une autre grande vérité est que cette nouvelle vie, comme toute vie dans la créature, a et doit avoir un objet pour la soutenir. Si le Seigneur Jésus est notre vie, Il est aussi personnellement l’objet de la vie. L’apôtre ajoute donc : « ce que je vis maintenant dans [la] chair, je le vis dans [la] foi, la [foi] au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi ». La foi voit Christ, regarde à Lui, se confie en Lui, se nourrit de Lui, demeure dans Son amour, dans la conscience bénie qu’Il est pour nous dans toutes les profondeurs de l’amour qui L’a conduit à se donner Lui-même pour nous.

 

3.12   Gal. 2:21

21 Je n’annule pas la grâce de Dieu ; car si [la] justice est par [la] loi, Christ est donc mort pour rien.

 

Revenir à la loi est non seulement se constituer transgresseur et coupable de l’avoir abandonnée comme moyen de justification, mais c’est annuler la grâce de Dieu, et en outre, si la justice vient de la loi, il n’y avait pas besoin que Christ meure —  « Christ est donc mort pour rien ».

 

4         Galates 3

4.1        Gal. 3: 1

1 Ô Galates insensés, qui vous a ensorcelés, vous devant les yeux de qui Jésus Christ a été dépeint, crucifié [au milieu de vous] ?

 

L’apôtre a montré qu’en retournant à la loi, les Galates mettaient de côté l’œuvre de Christ et rabaissaient la gloire de Sa personne comme Fils de Dieu. Agir ainsi était si peu naturel qu’il semblait qu’on les avait ensorcelés, car ils niaient pratiquement la vérité de la croix, le grand fait central de l’évangile qui leur avait été proclamé quand l’apôtre avait placé devant eux Christ crucifié.

Par ailleurs, revenir à la loi mettait non seulement Christ de côté, mais ignorait aussi la présence de l’Esprit Saint et revigorait la chair. Le diable est opposé à Christ — le monde au Père — la chair à l’Esprit. Ainsi, dans les chapitres qui suivent, nous avons en permanence l’Esprit et la chair mis en opposition l’un à l’autre (3:3 ; 4:29 ; 5:16-17 ; 6:8). Pour démontrer la folie d’ignorer l’Esprit et de raviver la chair en retournant à la loi, l’apôtre, dans le reste de l’épître, insiste spécialement sur les bénédictions dans lesquelles l’Esprit nous conduit, et sur la gravité du caractère de la chair et des maux auxquels elle nous expose. Il entame ce nouveau sujet en cherchant à atteindre la conscience de ces saints avec quatre questions pénétrantes en rapport avec l’Esprit Saint.

 

4.2        Gal. 3:2

2 Je voudrais seulement apprendre ceci de vous : avez-vous reçu l’Esprit sur le principe des œuvres de loi, ou de l’ouïe de [la] foi ?

 

Premièrement, il demande sur quelle base ils avaient reçu ce grand don de l’Esprit ? Était-ce « sur le principe des œuvres de loi, ou de l’ouïe de la foi ? », autrement dit « par des œuvres de loi, ou par ce que la foi avait entendu » ? Il ne remet pas en question le fait qu’ils avaient reçu l’Esprit, mais il demande si l’Esprit avait été reçu à cause de ce qu’ils avaient fait — leurs œuvres, qui seraient alors des œuvres de loi ? Ou était-ce tout simplement par la foi en Christ mort et ressuscité ? L’Écriture montre clairement que celui qui est scellé de l’Esprit, c’est le pécheur qui croit en Christ, le croyant. Ainsi l’apôtre, écrivant aux croyants à Éphèse, peut leur dire en parlant de Christ : « en qui vous aussi vous avez espéré, ayant entendu la parole de la vérité, l’évangile de votre salut : auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse » (Éph. 1:13).

 

4.3        Gal. 3:3

3 Êtes-vous si insensés ? Ayant commencé par l’Esprit, achèveriez-vous maintenant par la chair ?

 

Deuxièmement, ayant commencé leur vie chrétienne dans la puissante action de l’Esprit Saint, allaient-ils maintenant revenir à la loi, comme si par leurs propres efforts ils pouvaient marcher convenablement comme chrétiens ? La loi s’applique à l’homme dans la chair ; en retournant donc à la loi, non seulement ils ignoraient le Saint Esprit, mais ils ravivaient la chair et cherchaient la perfection dans et par la chair.

 

4.4        Gal. 3:4

4 Avez-vous tant souffert en vain, si toutefois c’est en vain ?

 

Troisièmement, tout ce qu’ils avaient souffert pour l’amour de la vérité, était-ce tout en vain ? La persécution qu’ils avaient endurée était venue principalement des Juifs qui, en cherchant à maintenir la loi, avaient crucifié Christ et résisté à l’Esprit. Si ces saints de Galatie retournaient à la loi, les Juifs n’auraient plus de sujet de disputes avec eux ; la persécution avait été inutile et cesserait sûrement.

 

4.5        Gal. 3:5

5 Celui donc qui vous fournit l’Esprit et qui opère des miracles au milieu de vous, [le fait-il] sur le principe des œuvres de loi, ou de l’ouïe de [la] foi ?

 

Quatrièmement, il y avait eu des miracles de puissance divine parmi eux. Ces manifestations de puissance étaient-elles le résultat d’avoir gardé la loi, ou étaient-elles le résultat de la foi en la puissance de Dieu ?

 

4.6        Gal. 3:6-9

6 comme Abraham a cru Dieu, et cela lui fut compté à justice*. 7 Sachez donc que ceux qui sont sur le principe de [la] foi, ceux-là sont fils d’Abraham. 8 Or l’écriture, prévoyant que Dieu justifierait les nations sur le principe de [la] foi, a d’avance annoncé la bonne nouvelle à Abraham : «En toi toutes les nations seront bénies» [Genèse 12:3]. 9 De sorte que ceux qui sont sur le principe de [la] foi sont bénis avec le croyant Abraham.

— v. 6 : voir Genèse 15:6.

 

La réponse à ces questions était simple. Toutes les bénédictions qu’ils avaient reçues, dont le couronnement était le don de l’Esprit Saint, toutes les souffrances qu’ils avaient endurées, et toute la manifestation de la puissance divine au milieu d’eux, étaient le résultat de la réception de l’évangile touchant Jésus et écouté par la foi.

Un témoignage de la part de Dieu, reçu par la foi, a toujours été la seule base sur laquelle les âmes sont venues à la bénédiction de Dieu. Abraham est un exemple remarquable de quelqu’un qui, au temps de l’Ancien Testament, a reçu la bénédiction par la foi. De plus l’histoire d’Abraham montre qu’avant le don de la loi, et donc tout à fait en dehors de la loi, Dieu bénissait l’homme sur le principe de la foi. Le cas d’Abraham est d’autant plus convaincant qu’il était, plus que tout autre, hautement estimé par les Juifs. Celui-là même que les défenseurs de la loi se vantaient d’avoir pour père (Jean 8:39), avait été béni en dehors de la loi sur la base de sa foi. Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté comme étant une condition de justice devant Dieu. Il en résulte que ceux-là seuls qui sont bénis sur le principe de la foi sont les vrais fils d’Abraham. Tel est le témoignage de l’Écriture qui, prévoyant que Dieu justifierait les nations sur le principe de la foi, a anticipé l’évangile lorsque la parole est venue à Abraham : « En toi toutes les nations seront bénies ». Ainsi ceux qui sont sur le principe de la foi sont bénis avec le croyant Abraham.

 

4.7        Gal. 3:10

10 Car tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous malédiction ; car il est écrit : «Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi pour les faire» [Deutéronome 27:26].

 

Nous avons vu dans l’histoire d’Abraham que l’Ancien Testament anticipe clairement les bénédictions qui viendraient sur les nations sur le principe de la foi : nous apprenons maintenant que l’Écriture est également explicite quant au témoignage que Dieu a rendu par Moïse, lorsqu’il dit : « Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi pour les faire » (Deut. 27:26). Il est évident que personne n’a persévéré en faisant toutes les choses exigées par la loi ; le témoignage de Moïse ne peut donc que conduire à la conclusion que revenir à la loi pour la bénédiction, c’est se placer sous la malédiction. On a dit : « La loi exige ; elle demande aux hommes de la garder ; elle doit avoir l’obéissance : mais elle ne donne ni une nature qui désire la garder, ni la force pour le faire ».

 

4.8        Gal. 3:11-12

11 Or que par [la] loi personne ne soit justifié devant Dieu, cela est évident, parce que : «Le juste vivra de* foi» [Habakuk 2:4]. 12 Mais la loi n’est pas sur le principe de [la] foi, mais : «Celui qui aura fait ces choses vivra par elles» [Lévitique 18:5].

— v. 11 : ailleurs : sur le principe de.

 

On a vu le témoignage rendu par Moïse, le législateur. Mais que disent les prophètes ? Leur témoignage est tout aussi clair, car Habakuk déclare que « le juste vivra de foi » (Hab. 2:4). Or il est évident que la loi n’est pas de la foi, car il est dit «Celui qui aura fait ces choses vivra par elles» (Lév. 18:5).

 

4.9        Gal. 3:13

13 Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous (car il est écrit : «Maudit est quiconque est pendu au bois») [Deutéronome 21:23], 14 afin que la bénédiction d’Abraham parvînt aux nations dans le Christ Jésus, afin que nous reçussions par la foi l’Esprit promis.

 

Par-dessus tout, Christ nous a rachetés de la malédiction en étant fait malédiction pour nous ; car il est écrit : « Maudit est quiconque est pendu au bois » (Deut. 21:23). Christ a porté notre malédiction pour que nous recevions la bénédiction, et la promesse de l’Esprit, par la foi en Christ.

Ainsi, revenir à la loi pour la bénédiction, c’est méconnaitre l’exemple que l’Écriture nous donne en Abraham, c’est fermer les yeux sur le témoignage rendu par Moïse, le législateur, c’est ignorer le témoignage d’Habakuk le prophète, et, le plus grave de tout, c’est ne faire aucun cas de Christ.

 

4.10   Gal. 3:15-16

15 Frères, je parle selon l’homme : personne n’annule une alliance qui est confirmée, même [celle] d’un homme, ni n’y ajoute. 16 Or c’est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence. Il ne dit pas : «et aux semences», comme [parlant] de plusieurs ; mais comme [parlant] d’un seul : — «et à ta semence» [Genèse 22:18], qui est Christ.

 

Dans le reste du chapitre, nous apprenons la relation entre la loi et la promesse, et la véritable utilité de la loi. Il nous est rappelé que la promesse de la bénédiction pour les nations sur le principe de la foi a été faite à Abraham et à sa semence. L’apôtre cite les paroles de l’Éternel adressées à Abraham après avoir offert son fils Isaac, et l’avoir, en figure, reçu d’entre les morts. Il prend soin de montrer que la semence dont parle l’Écriture est Christ, dont Isaac était un type lorsqu’il a été offert (Genèse 22:17-18).

 

4.11   Gal. 3:17-18

17 Or je dis ceci : que la loi, qui est survenue quatre cent trente ans après, n’annule point une alliance antérieurement confirmée par Dieu, de manière à rendre la promesse sans effet.

18 Car si l’héritage est sur le principe de loi, il n’est plus sur le principe de promesse ; mais Dieu a fait le don à Abraham par promesse.

 

Cette promesse faite à Abraham l’a été 430 ans avant que la loi ait été donnée. Quel que soit le but de la loi, il est évident qu’elle ne pouvait pas mettre de côté la promesse inconditionnelle de Dieu qui était antérieure. Or si hériter de la bénédiction était par la loi, la promesse serait rendue sans effet. Cela est impossible car Dieu ne peut pas revenir sur Sa parole.

 

4.12   Gal. 3:19-20

19 Pourquoi donc la loi ? Elle a été ajoutée à cause des transgressions*, jusqu’à ce que vînt la semence à laquelle la promesse est faite, ayant été ordonnée** par des anges***, par la main d’un médiateur****. 20 Or un médiateur* n’est pas [médiateur] d’un seul, mais Dieu est un seul.

— v. 19*: c’est-à-dire  dans le but de faire ressortir le mal par des transgressions. — v. 19** : ordonnée se rattache à la loi. — v. 19*** : voir Actes 7:53. — v. 19**** : c’est-à-dire  Moïse. — v. 20 : ou : le médiateur

 

Étant donné que la bénédiction est assurée par la grâce souveraine de Dieu qui a fait une promesse inconditionnelle, à quoi servait la loi ? Elle est intervenue pour démontrer que l’homme est pécheur, et que Dieu est un Dieu saint qui ne peut pas passer par-dessus les péchés. La loi prouve que si Dieu accorde la bénédiction en grâce souveraine, Il ne le fait pas au détriment de la justice. Ainsi, la loi soulève la question de la justice, à la fois la justice des hommes et la justice de Dieu. Elle demande la justice de la part de l’homme en lui disant que son seul chemin par rapport à Dieu et ses semblables est d’aimer Dieu de tout son cœur et de toute son âme et de toute sa pensée, et son prochain comme lui-même (Luc 10:27). Mais qui a fait cela sinon notre Seigneur Jésus Christ ? La loi démontre donc que nous sommes pécheurs.

Ayant donné la preuve que nous n’avons aucune justice, la loi continue en prouvant que l’âme qui pèche doit mourir, et donc que la justice de Dieu exige le jugement du pécheur. La loi a été ajoutée pour démontrer que nous sommes transgresseurs (c’est-à-dire violateurs de commandements). Elle a été promulguée par des anges, qui ne révélaient pas directement Dieu dans toute la gloire de Son amour et de Sa grâce, bien qu’ils faisaient connaître Sa Majesté. En outre, la loi n’était pas comme la promesse qui dépendait directement de Dieu qui avait fait cette promesse. Elle a été donnée par un médiateur, ce qui suppose deux parties, et qui implique que la bénédiction proposée dépend de la fidélité des deux parties dans l’exécution des conditions. Moïse, le médiateur, a fait connaître les termes de la loi selon laquelle la bénédiction dépendait de l’obéissance. Sur le champ le peuple a accepté les termes en disant : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons ». Inversement la promesse faite à la semence, Christ, dépend entièrement de Dieu seul ; et dans l’accomplissement de Sa promesse, Il agit entièrement de Lui-même. Rappelons-nous qu’il n’est pas ici question de Christ comme le médiateur qui s’est donné en rançon pour tous ; il n’est question que de la promesse, et un médiateur n’a rien à dire à son sujet.

 

4.13   Gal. 3:21-22

21 La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu ? Qu’ainsi n’advienne ! Car s’il avait été donné une loi qui eût le pouvoir de faire vivre, la justice serait en réalité sur le principe de [la] loi. 22 Mais l’écriture a renfermé toutes choses sous le péché, afin que la promesse, sur le principe de [la] foi en Jésus Christ, fût donnée à ceux qui croient.

 

 « La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu ? Qu’ainsi n’advienne ! » autrement dit : « bien loin de là ». La loi exigeait la justice, mais ne donnait pas la vie. Si elle avait donné la vie, il aurait été possible d’obéir à la loi, et la justice aurait été par la loi, et la bénédiction aurait été obtenue en dehors de toute promesse. Mais la loi convainc de péché et montre que l’homme ne peut pas obtenir la bénédiction par ses propres efforts, et elle démontre ainsi la nécessité de la promesse. Ainsi tous sont renfermés sous le péché, afin que la promesse par la foi en Jésus Christ soit donnée à ceux qui croient.

 

4.14   Gal. 3:23-26

23 Or avant que la foi vînt, nous étions gardés sous [la] loi, renfermés pour* la foi qui devait être révélée ; 24 de sorte que la loi a été notre conducteur* jusqu’à Christ, afin que nous fussions justifiés sur le principe de [la] foi ; 25 mais, la foi étant venue, nous ne sommes plus sous un conducteur*, 26 car vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus.

— v. 23 : ou : jusqu’à. — v. 24, 25 : ou : précepteur.

 

Avant que la foi vînt, c’est-à-dire le christianisme, les Juifs, pendant la période de la loi, étaient tenus à l’écart des nations, en vue d’être justifiés sur le principe de la foi. En ce sens, la loi a joué le rôle de précepteur pour les conduire à Christ ; mais le christianisme étant venu, ils ont été mis en relation avec Dieu par la foi dans le Christ Jésus.

 

4.15   Gal. 3:27-29

27 Car vous tous qui avez été baptisés pour Christ, vous avez revêtu Christ : 28 il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n’y a ni esclave, ni homme libre ; il n’y a ni mâle, ni femelle ; car vous tous, vous êtes un dans le Christ Jésus. 29 Or si vous êtes de Christ, vous êtes donc [la] semence d’Abraham, héritiers selon [la] promesse.

 

En outre, par le baptême, ils avaient participé à la profession de christianisme. Vrais croyants ou non, ils avaient, par le baptême, abandonné le terrain où l’on est Juif ou Gentil, esclaves ou hommes libres, et ils avaient embrassé la profession de christianisme où l’on est unis ensemble en tant que chrétiens. Si donc ils étaient de Christ, ils étaient la semence d’Abraham et héritiers selon la promesse. Notons ici que le mot «semence» est utilisé par allusion à Genèse 12:3, où la semence se réfère à tous ceux qui croient.

 

5         Galates 4

5.1        Gal. 4:1-5

1 Or je dis qu’aussi longtemps que l’héritier est en bas âge, il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit seigneur de tout ; 2 mais il est sous des tuteurs et des curateurs jusqu’à l’époque fixée par le père. 3 Ainsi aussi nous, lorsque nous étions en bas âge, nous étions asservis sous les éléments du monde ; 4 mais, quand l’accomplissement* du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous [la] loi, 5 afin qu’il rachetât ceux [qui étaient] sous [la] loi, afin que nous reçussions l’adoption*.

— v. 4* : ou : la plénitude. — v. 5 : l’adoption est la réception de la position de fils comme don.

 

Après avoir montré la différence entre la loi et la promesse, et la relation de l’une à l’autre, l’apôtre oppose maintenant la condition des croyants dans le christianisme avec celle des croyants Juifs pieux sous la loi. Pendant la période de la loi, il y avait en effet de vrais enfants de Dieu, comme nous le savons par Jean 11:52 ; mais ils étaient dispersés et ne connaissaient pas Dieu comme leur Père, ni leur relation en tant que fils.

Pour illustrer cette condition, l’apôtre les compare à un enfant héritier d’un grand héritage : quand il est encore dans l’enfance, il est sous des tuteurs et des curateurs, et doit obéir. À cet égard, il est comme un esclave, bien qu’il soit seigneur de tout. De même, les croyants sous la loi étaient tenus dans un esprit de servitude sous des principes qui marquent le monde. En effet tout homme naturel peut comprendre une loi qui dit ce que nous devons faire et ne pas faire, et que notre bénédiction dépend de l’obéissance à cette loi. C’est un principe sur lequel le monde cherche à régir toutes ses affaires. C’est, toutefois, une servitude pour le croyant ; car tout en nous contraignant à obéir pour obtenir la bénédiction, il ne nous donne pas la force d’accomplir les exigences de la loi. En outre, il ne donne pas la connaissance du cœur du Père, ni l’accès au Père — la source de toute bénédiction.

Tout a été changé avec « l’accomplissement du temps ». L’accomplissement du temps, ou plénitude du temps, n’est-elle pas survenue quand l’homme a pleinement manifesté le mal de son cœur, et a entièrement manqué à répondre à ses responsabilités ? Quand il a été démontré que « tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu », et que tout était fini du côté de l’homme, ce fut alors, que Dieu a agi dans Sa pure grâce souveraine en envoyant son Fils, né de femme, né sous la loi.

Toute la vérité quant à la personne de Christ est présentée dans ce court verset 4 : Il est le Fils, c’est-à-dire une personne divine ; Il est né de femme, c’est-à-dire un vrai homme ; Il est né sous la loi, c’est-à-dire Il s’est chargé de la responsabilité de ceux qui sont en vie sur la terre devant Dieu.

Voilà donc Quelqu’un qui connaissait le Père, et qui pouvait révéler le Père, car il est le Fils. Voilà donc aussi Quelqu’un qui pouvait racheter l’homme de la servitude de la loi, car Il est devenu homme sous la loi, et Il a parfaitement gardé la loi que l’homme avait violée, et la loi n’avait donc rien à revendiquer contre lui. Il était donc propre à accomplir la grande œuvre de la rédemption en prenant la place de ceux qui étaient sous la malédiction d’une loi violée. Cela Il l’a fait sur la croix, — béni soit Son Nom — et le résultat en est que les croyants sont rachetés de la condamnation de la loi. La loi ne peut plus dire au croyant : « tu as convoité, et tu dois mourir» ; car le croyant peut montrer la croix et dire : « Il est vrai que j’ai enfreint la loi et que je suis tombé sous sa malédiction, mais Christ est mort, et je suis crucifié avec Lui ; je suis donc mort à la loi et racheté de sa malédiction ».

Les exigences de la loi ayant été satisfaites, la voie est libre pour que le croyant entre dans la bénédiction de fils, comme le dit l’expression « recevoir l’adoption » (« afin que nous reçussions l’adoption »), qui implique non seulement de recevoir la bénédiction d’être un enfant, mais la bénédiction d’être introduit dans la position de liberté et de faveur qui appartient à un héritier.

 

5.2        Gal. 4:6-7

6 Et, parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, criant : Abba*, Père : 7 de sorte que tu n’es plus esclave, mais fils ; et, si fils, héritier aussi par Dieu.

— v. 6 : voir Marc 14:36 et Romains 8:15.

 

Ensuite, la part d’un fils ayant été donnée, nous avons aussi l’Esprit. Nous ne recevons pas l’Esprit pour faire de nous des fils ; mais étant fils, l’Esprit nous est donné pour nous donner la jouissance consciente de la relation, de sorte que nous pouvons dire «Abba, Père».

En outre, si nous sommes fils, nous sommes aussi héritiers de Dieu. Le glorieux héritage se trouve devant nous, mais déjà maintenant nous pouvons jouir de la relation dans laquelle nous sommes amenés avec le Père.

Dans ces versets l’apôtre place devant nous :

         premièrement, l’incarnation par laquelle Christ est venu au contact de tous les hommes comme « né de femme », et au contact des Juifs comme « né sous la loi » ;

         deuxièmement, la rédemption, ou rachat, par laquelle, grâce à l’œuvre de Christ, les croyants sont rachetés de la malédiction d’une loi violée ; et

         troisièmement, la venue du Saint Esprit pour nous conduire dans la bénédiction de notre position comme fils.

 

Il est bon de remarquer comment est maintenue la gloire de la personne de Christ, comme Fils. De manière répétée à travers les âges, la personne de Christ a été attaquée, et Sa relation éternelle de Fils a été niée, en prétendant qu’Il n’est devenu Fils qu’à Sa naissance. Dans l’effort de maintenir cette erreur, on a soutenu que le mot « envoyé » au v. 4 ne se réfère qu’à Christ comme envoyé après être né dans le monde. Il est donc bon de remarquer qu’une expression exactement semblable est utilisée au v. 6 au sujet de l’Esprit Saint. Personne n’oserait prétendre que lorsque nous lisons « Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils » (4:6), cela signifie que le Saint Esprit n’a pas été envoyé du ciel, et que ces paroles ne s’appliquent qu’après Sa venue sur la terre. N’est-il pas évident, pour quelqu’un de soumis à la Parole, que l’Esprit Saint « envoyé » du ciel (v.6) était déjà l’Esprit avant de venir ? De la même manière le v.4 ne prouve-t-il pas aussi que le Fils a été envoyé du ciel, et qu’il était le Fils avant de devenir homme ?

 

5.3        Gal. 4:8-11

8 Mais alors, ne connaissant pas Dieu, vous étiez asservis à ceux qui, par [leur] nature, ne sont pas dieux : 9 mais maintenant, ayant connu Dieu, mais plutôt ayant été connus de Dieu, comment retournez-vous de nouveau aux faibles et misérables éléments auxquels vous voulez encore de nouveau être asservis ? 10 Vous observez des jours, et des mois, et des temps, et des années. 11 Je crains, quant à vous, que peut-être je n’aie travaillé en vain pour vous.

 

Après avoir décrit la liberté des croyants dans la période chrétienne, en contraste avec la servitude des enfants de Dieu sous la loi, l’apôtre interpelle ces saints de Galatie au sujet de leur folie de se détourner d’une telle bénédiction pour retourner à la servitude de la loi. Il fut un temps où ils « ne connaissaient pas Dieu » et étaient asservis à ceux dont même la nature leur disait qu’ils « ne sont pas des dieux ». Par grâce ils avaient été amenés à la liberté de connaître Dieu comme Père, et plus encore, d’être connus de Dieu comme des fils. Quelle immense folie de se remettre dans la servitude en retournant aux faibles et misérables éléments du monde ! Ils observaient des jours et des mois, des temps et des années, comme si la bénédiction pouvait être assurée en s’acquittant d’un rituel extérieur à la portée de l’homme naturel, soit Juif soit païen. Il est vrai que dans l’épître aux Romains l’apôtre exhorte les croyants Gentils à avoir de l’indulgence pour les croyants juifs qui continuaient à observer certains jours spéciaux et à refuser certaines viandes. Mais ici, il montre que, pour un Gentil, revenir à un système où l’on observe certains jours et cérémonies, impliquait un retour, non seulement au judaïsme, mais à l’idolâtrie du paganisme.

Si l’apôtre considérait ces Galates à la seule lumière de ce qu’ils faisaient, il avait de quoi douter qu’ils soient véritablement chrétiens, car il n’est pas nécessaire d’être converti pour observer des jours et des saisons. Ceci est une considération solennelle pour la chrétienté qui a si largement recommencé à tomber dans l’erreur des Galates en revenant à des cérémonies extérieures, et au respect de jours déclarés saints par les hommes. Le résultat prévu par l’apôtre s’en est suivi, à savoir que la chrétienté est largement tombée, non seulement dans une forme judaïque, mais aussi dans l’idolâtrie du paganisme avec l’adoration des saints et le culte des images.

 

5.4        Gal. 4:12-18

12 Soyez comme moi, car moi aussi [je suis] comme vous, frères ; je vous en prie. Vous ne m’avez fait aucun tort ; 13 — et vous savez que dans l’infirmité de la chair je vous ai évangélisé au commencement ; 14 et vous n’avez point méprisé, ni rejeté avec dégoût ma tentation qui était en ma chair ; mais vous m’avez reçu comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus, 15 Quel était donc votre bonheur ? Car je vous rends témoignage que, si cela eût été possible, arrachant vos propres yeux, vous me les eussiez donnés. 16 Je suis donc devenu votre ennemi en vous disant la vérité ? 17 Ils ne sont pas zélés à votre égard comme il faut, mais ils veulent vous exclure*, afin que vous soyez zélés à leur égard. 18 Mais il est bon d’être toujours zélé pour le bien, et de ne pas l’être seulement quand je suis présent avec vous.

— v. 17 : c’est-à-dire  exclure de toute communication avec moi.

 

Après les avoir interpellé quant à leur folie, il les supplie maintenant avec amour. Il les supplie d’être comme il était, car, bien que par naissance il fût Juif sous la loi, il était devenu comme les Gentils, affranchi de la loi. Écouter les faux docteurs pouvait, hélas, les avoir fait changer de pensées envers lui, l’apôtre, et se mettre à lui reprocher d’abandonner la loi comme chemin de la bénédiction ; mais lui n’estimait pas que ces reproches et ces insultes soient une atteinte à sa réputation comme chrétien.

Il leur rappelle alors leur amour pour lui quand, au début, il était venu prêcher l’évangile parmi eux. En ces jours-là, ils l’avaient reçu comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus, malgré qu’il fût parmi eux dans la faiblesse, sans « excellence de paroles ou de sagesse » qui auraient fait appel à l’homme naturel (1 Cor. 2:1,4). En outre, ils ne l’avaient pas méprisé à cause de sa faiblesse physique. Leur amour pour lui avait été tel que, si cela avait été possible, ils lui auraient donné leurs propres yeux pour remédier à ses infirmités corporelles.

Où avait donc passé le bonheur de ces temps de leur premier amour ? Il leur avait alors prêché la vérité, et il continuait maintenant à leur dire la vérité dans son épître. Le considéraient-ils comme un ennemi du fait qu’il plaçait la vérité devant eux ?

Hélas ! la triste réalité était qu’au milieu d’eux certains cherchaient à dresser ces saints contre l’apôtre pour s’exalter eux-mêmes. Leur zèle n’était pas pour la vérité, ni pour les saints, mais pour eux-mêmes. La chair est telle que, sous couvert de zèle pour le peuple du Seigneur, on peut en arriver à rabaisser les autres pour s’élever soi-même, si la grâce de Dieu n’intervenait. Le zèle qu’ils avaient montré envers l’apôtre lorsqu’il était présent parmi eux était une bonne chose, mais ce serait très bien de persévérer en son absence.

 

5.5        Gal. 4:19-20

19 Mes enfants, pour l’enfantement desquels je travaille de nouveau jusqu’à ce que Christ ait été formé en vous, 20 oui, je voudrais être maintenant auprès de vous et changer de langage, car je suis en perplexité à votre sujet.

 

Cependant si leurs sentiments avaient changé envers l’apôtre, ses affections à lui envers eux n’avaient pas changé. Au début il avait prêché Christ parmi eux avec de profonds exercices, et pareillement il était maintenant, pour ainsi dire, en travail d’enfantement pour les ramener au premier amour, et pour que Christ ait à nouveau Sa juste place dans leurs cœurs. Dans ce but, il désirait être auprès d’eux, et leur parler différemment. En attendant il était en perplexité à leur sujet, et était donc contraint de leur parler très directement.

 

5.6        Gal. 4:21-26

21 Dites-moi, vous qui voulez être sous [la] loi, n’écoutez-vous pas la loi ? 22 Car il est écrit qu’Abraham a eu deux fils, l’un de la servante, et l’autre de la femme libre*. 23 Mais celui qui [naquit] de la servante naquit selon la chair, et celui qui [naquit] de la femme libre [naquit] par la promesse. 24 Ces choses doivent être prises dans un sens allégorique : car ce sont deux alliances, l’une du mont Sina, enfantant pour la servitude, et c’est Agar. 25 Car «Agar» est le mont Sina, en Arabie, et correspond à la Jérusalem de maintenant, car elle est dans la servitude avec ses enfants. 26 Mais la Jérusalem d’en haut est la femme libre qui est notre mère.

— v. 22 : voir Genèse 16 et 21.

 

L’apôtre en appelle maintenant à la loi elle-même pour montrer la folie de revenir à elle. S’ils ne voulaient ni entendre l’Évangile ni écouter l’apôtre, qu’ils écoutent au moins la loi vers laquelle ils se tournaient. L’apôtre rappelle d’abord l’époque d’Abraham et utilise des faits de son histoire comme une allégorie pour nous enseigner le contraste entre la servitude d’un croyant sous la loi et la liberté d’un croyant sous la grâce. Abraham avait deux fils par des femmes différentes, l’une servante, l’autre femme libre. Le fils de la servante « naquit selon la chair », entièrement en accord avec la volonté de l’homme. Celui de la femme libre naquit par l’intervention souveraine de Dieu.

Ces deux femmes représentent les deux alliances ; l’alliance de la loi fait dépendre la bénédiction de l’accomplissement par l’homme de ce à quoi l’alliance l’engage ; dans l’alliance de la promesse, la bénédiction de l’homme dépend entièrement de la grâce souveraine de Dieu. En outre, les deux fils représentent les deux conditions qui résultent de ces alliances : l’une, une condition de servitude, et l’autre, une condition de liberté. De plus, ces deux alliances et les conditions qui en résultent se rattachent au mont Sinaï où la loi a été donnée, et à la Jérusalem d’en haut d’où la grâce souveraine afflue vers le monde.

 

5.7        Gal. 4:27

27 Car il est écrit : «Réjouis-toi, stérile qui n’enfantes point ; éclate [de joie] et pousse des cris, toi qui n’es point en travail d’enfant ; car les enfants de la délaissée sont plus nombreux que [les enfants] de celle qui a un mari» [Ésaïe 54:1].

 

La Jérusalem terrestre, et ses enfants, qui se vantait de la loi, était tombée par la loi dans la servitude, et après avoir violé la loi, était devenue délaissée (4:27) et désolée (És. 54:1). Néanmoins le prophète Ésaïe est cité pour montrer que, pendant le temps de sa désolation, il y aurait plus d’enfants que du temps où la ville était reconnue comme le centre terrestre de Dieu. Cela ne voulait-il pas dire que la ville même qui avait démontré la culpabilité de l’homme, deviendrait le lieu à partir duquel l’évangile de la grâce de Dieu se répandrait dans le monde entier ? Le Seigneur avait dit aux apôtres que « la repentance et la rémission des péchés seraient prêchées en Son Nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem » (Luc 24:47).

 

5.8        Gal. 4:28-31

28 Or vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de promesse. 29 Mais, comme alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui [était né] selon l’Esprit, [il en est] de même aussi maintenant. 30 Mais que dit l’écriture ? «Chasse la servante et son fils, car le fils de la servante n’héritera point avec le fils de la femme libre» [Genèse 21:10]. 31 Ainsi, frères, nous ne sommes pas enfants de [la] servante, mais de la femme libre.

 

Retournant à son allégorie, l’apôtre dit que les croyants sont maintenant comme Isaac, les enfants de la promesse. Or il arriva qu’au jour où Isaac fut sevré, Ismaël se moquait, et maintenant aussi celui qui est né selon la chair et sous la servitude de la loi, veut persécuter celui qui est né selon l’Esprit et dans la liberté de la grâce. La chair et l’Esprit sont toujours opposés. Comme il en était dans la maison d’Abraham, ainsi en est-il dans le monde, et même dans le cœur du croyant, du saint. Les Juif religieux persécutaient toujours l’apôtre. L’alliance de la loi et la condition de servitude, représentées par la servante et son fils, doivent être chassées ; car nous ne sommes pas les enfants de la servante, mais ceux de la femme libre.

 

6         Galates 5

6.1        Gal. 5:1

1 Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant ; tenez-vous donc fermes, et ne soyez pas de nouveau retenus sous un joug de servitude.

 

Si d’un côté, nous avons à « chasser » la servante, autrement dit à abandonner le principe consistant à chercher à obtenir la bénédiction sous la loi, ce qui ne mène qu’à la servitude, d’un autre côté veillons à « tenir ferme » dans la liberté par laquelle Christ nous a affranchis, et ne soyons pas de nouveau « retenus sous un joug de servitude ».

 

6.2        Gal. 5:2-4

2 Voici, moi Paul, je vous dis que si vous êtes circoncis, Christ ne vous profitera de rien ; 3 et je proteste* de nouveau à tout homme circoncis, qu’il est tenu d’accomplir toute la loi. 4 Vous vous êtes séparés de tout le bénéfice qu’il y a dans le Christ, vous tous qui vous justifiez par [la] loi ; vous êtes déchus de la grâce.

— v. 3 : j’atteste formellement.

 

L’apôtre avertit maintenant ces croyants Gentils avec un langage très direct. Il était l’apôtre choisi pour prêcher l’Évangile aux nations, et avait été utilisé pour leur bénédiction. Pour ces raisons, sa parole aurait dû avoir plus de poids sur eux que celle des autres. Il semble le leur rappeler lorsqu’il dit : « Voici, moi Paul, je vous dis que si vous êtes circoncis, Christ ne vous profitera de rien » (5:2). Être circoncis signifiait qu’ils se mettaient sous la loi, ce qui impliquait que, pour obtenir la bénédiction, il fallait qu’ils gardent la loi. Dans ce cas, ils se privaient de la bénédiction que la grâce donne par le moyen de Christ et de Son œuvre. Quant à leur expérience dans la vie pratique, Christ et Son œuvre s’étaient réduits à rien pour eux. Ils étaient déchus de la grâce.

 

6.3        Gal. 5:5-6

5 Car nous, par [l’]Esprit, sur le principe de [la] foi, nous attendons l’espérance de la justice. 6 Car, dans le Christ Jésus, ni circoncision, ni incirconcision, n’ont de valeur, mais [la] foi opérante par [l’]amour.

 

L’apôtre donne alors un très beau résumé du véritable état chrétien, en contraste avec l’état de ceux qui sont sous la loi. Il est caractérisé par «l’espérance», «la foi» et «l’amour».

Nous ne travaillons pas dans l’espoir de nous assurer la bénédiction ; nous attendons la gloire qui est assurée par l’œuvre de Christ. Ce n’est pas la justice que nous attendons, mais l’accomplissement de l’espérance qui appartient à ceux qui sont déjà justifiés par la foi en Jésus Christ. Étant justifiés par la foi, « nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu » (Romains 5:2). La justice me donne la gloire, non pas simplement la grâce. Sous la loi, la justice demande que je sois exclu de la gloire ; car, n’ayant pas gardé la loi, « tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire ». Sous la grâce, la justice demande que le croyant aille dans la gloire, de même qu’elle a déjà été déclarée à l’égard de Christ en Le plaçant dans la gloire (Jean 16:10). Que les croyants soient avec Lui dans la gloire est dû à Christ en vertu de Son œuvre sur la croix.

Par les arrhes de l’Esprit, nous pouvons, déjà maintenant, jouir par la foi d’un avant-goût de la bénédiction de cette espérance. « Dans le Christ Jésus », la circoncision ne peut rien ajouter à la bénédiction, ni l’incirconcision empêcher la bénédiction. Le croyant, vu en Christ devant Dieu, est en dehors des deux cercles Juif et Gentil. Cette nouvelle position ne peut être saisie que par la foi, et la foi est « opérante par l’amour ». L’apôtre a déjà dit dans son épître : « Je vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé, et s’est livré lui-même pour moi » (2:20).

 

6.4        Gal. 5:7-10

7 Vous couriez bien, qui est-ce qui vous a arrêtés pour que vous n’obéissiez pas à la vérité ? 8 La persuasion ne vient pas de celui qui vous appelle. 9 Un peu de levain fait lever la pâte tout entière. 10 J’ai confiance à votre égard par le Seigneur, que vous n’aurez point d’autre sentiment ; mais celui qui vous trouble, quel qu’il soit, en portera le jugement.

 

Dans la première partie de l’épître, l’apôtre a clairement montré qu’en retournant à la loi ces croyants s’étaient écartés de la vérité. À partir du verset 7 jusqu’à la fin de l’épître, il parle de l’effet de ce mal sur leur marche pratique. Il reconnaît qu’ils marchaient bien (et même couraient) dans le passé, quand ils étaient soumis à la vérité. Mais ils avaient été entravés en prêtant l’oreille aux raisonnements de faux docteurs qui avaient apporté du trouble au milieu d’eux. L’effet pratique sur leur marche et sur leurs voies prouvait clairement que ces fauteurs de trouble n’étaient pas conduits par le Dieu qui nous a appelés à « courir avec patience la course qui est devant nous » (Héb. 12:1). N’oublions pas qu’« un peu de levain fait lever la pâte tout entière » (Gal. 5:9). Tout écart de la vérité, s’il n’est pas jugé, conduira à une accentuation du déclin, et à la détérioration progressive de l’ensemble du corps. Hélas ! la condition de la chrétienté, avec son mélange de judaïsme et de christianisme, ne montre-t-elle pas clairement que le levain des Galates a eu son effet sur elle ? En regardant simplement la fausse doctrine, Paul prévoyait que ce levain finirait par corrompre tout le groupe de chrétiens. Toutefois le Seigneur était au-dessus de tout, et regarder au Seigneur donnait à l’apôtre la confiance que ces saints finiraient par avoir la même pensée que lui sur ces docteurs et leurs faux enseignements — la pensée du Seigneur. Quant à ces fauteurs de trouble, l’apôtre était assuré qu’ils auraient à porter la culpabilité et le jugement de leur enseignement subversif.

Qu’il est bon pour nous tous, dans les difficultés qui surgissent au sein du peuple de Dieu, de regarder au-delà des troubles et de ceux qui troublent, et de voir le Seigneur au-dessus de tout, Lui qui peut délivrer Son peuple de tous les pièges et s’occuper de ceux qui causent du trouble.

 

6.5        Gal. 5:11

11 Mais moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? — alors le scandale de la croix est anéanti.

 

L’apôtre touche alors ce qui rendait l’enseignement de ces fauteurs de trouble si subtil. Nous avons déjà appris que leur motif sous-jacent était d’attirer à eux-mêmes (Gal. 4:17) ; nous apprenons maintenant qu’ils présentaient ainsi aux saints une voie permettant d’échapper à toute persécution et effaçant le scandale de la croix. Pour un Juif religieux, sous la loi, rien n’est plus offensant que la croix, car elle est la condamnation complète de l’homme devant Dieu, la preuve que la loi est violée, et que l’homme est sous la malédiction. La prédication de l’Évangile qui proclame en grâce souveraine la bénédiction par la foi en Christ, suscitera toujours l’opposition de ceux qui se confient dans leurs propres œuvres pour obtenir la bénédiction. L’apôtre voit clairement que si nous « obéissons à la vérité », le résultat sera la persécution, aussi différentes que puissent être les formes qu’elle prend au cours du temps.

 

6.6        Gal. 5:12-15

12 Je voudrais que ceux qui vous bouleversent se retranchassent* même.

13 Car vous, frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement [n’usez] pas de la liberté comme d’une occasion pour la chair, mais, par amour, servez-vous* l’un l’autre ; 14 car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» [Lévitique 19:18]. 15 Mais si vous vous mordez et vous dévorez l’un l’autre, prenez garde que vous ne soyez consumés l’un par l’autre.

— v. 12 : ou : se mutilassent tout à fait. — v. 13 : servir, être esclave, comme Romains 12:11.

 

Voyant le mauvais effet de ces faux enseignements, l’apôtre ne peut que souhaiter que ces fauteurs de trouble soient retranchés du milieu des saints. Son amour pour la vérité et pour le bien des croyants le rendait intolérant vis-à-vis de ceux dont l’enseignement détruisait la vérité chrétienne, privant les saints de la vraie liberté, et conduisant à une pratique qui, non seulement était incompatible avec le christianisme, mais qui était aussi entièrement contraire à la loi à laquelle ils retournaient. « Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Or si la loi demandait l’amour, elle ne donnait aucune capacité de répondre à ses demandes ; et, étant sainte, elle ne peut que nous condamner, puisque nous avons tous manqué à répondre à ses demandes.

En contraste avec la loi, le christianisme nous donne une nouvelle nature qui aime obéir et faire la volonté de Dieu, et il nous donne une nouvelle puissance, le Saint-Esprit, pour accomplir les désirs de la nouvelle nature. C’est là la liberté, mais elle ne doit pas être utilisée, en effet, comme une occasion pour que la chair s’exalte, mais pour nous servir les uns les autres. La chair aime être servie ; mais l’amour se plaît à servir. La propre justice qui cherche à s’exalter par ses œuvres n’a ni amour ni compassion pour les autres. De la même manière que ces fauteurs de trouble cherchaient à dresser les saints contre l’apôtre afin de les attirer à eux-mêmes (4:17), la vanité de la chair conduira toujours à chercher des fautes, et à dénigrer les autres, dans l’effort de s’exalter soi-même. Ce genre de comportement suscite forcément des conflits et des querelles parmi le peuple de Dieu. Et une fois que des frères ont commencé à se mordre et à se dévorer les uns les autres, ils devraient bien « prendre garde », car, si cet esprit n’est pas jugé, cela ne tardera pas qu’ils se consument les uns les autres. Hélas ! combien de groupes parmi le peuple de Dieu ont éclaté et ont été dispersées par des individus en conflit les uns avec les autres, s’insultant les uns les autres, plutôt que se servant les uns les autres dans l’amour.

 

6.7        Gal. 5:16-17

16 Mais je dis : Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair. 17 Car la chair convoite contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l’une à l’autre, afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez.

 

Il nous est maintenant rappelé que nous ne pouvons échapper aux convoitises de la chair qu’en marchant par l’Esprit. Le Saint Esprit est ici pour glorifier Christ ; la chair cherche toutes les occasions pour satisfaire sa vanité en s’exaltant elle-même. Il est clair, par conséquent, que la chair est opposée à l’Esprit, et l’Esprit à la chair. Si nous marchons par l’Esprit — pensons, parlons et agissons par l’Esprit — nous serons délivrés de faire les choses qui nous sont naturelles comme hommes déchus.

L’apôtre ne dit pas que si nous marchons par l’Esprit, la chair ne sera pas en nous, ni que la chair cessera de convoiter ou sera en quelque manière modifiée, mais que si nous marchons par l’Esprit, nous n’accomplirons pas ses convoitises. On a dit à juste titre : « La chair cherche à nous entraver quand nous voulons marcher selon l’Esprit, et l’Esprit résiste au travail de la chair pour l’empêcher d’accomplir ce qu’elle veut » (JND).

 

6.8        Gal. 5:18

18 Mais si vous êtes conduits par [l’]Esprit, vous n’êtes pas sous [la] loi.

 

En outre, si nous sommes conduits par l’Esprit, nous ne sommes pas sous la loi. L’Esprit est venu pour prendre de ce qui est à Christ et nous le communiquer (Jean 16:14). Il nous conduit à nous occuper de Christ, Celui qui est mort pour nous et qui est vivant pour nous. L’Esprit ne nous conduira pas sous une loi nous imposant des exigences que nous ne pouvons satisfaire, mais sous l’influence d’un amour qui surpasse toute connaissance et auquel la nouvelle nature se plaît à répondre.

 

6.9        Gal. 5:19-21

19 Or les œuvres de la chair sont manifestes, lesquelles sont la fornication, l’impureté, l’impudicité, 20 l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les colères, les intrigues, les divisions, les sectes, 21 les envies, les meurtres, les ivrogneries, les orgies, et les choses semblables à celles-là, au sujet desquelles je vous déclare d’avance, comme aussi je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront pas du royaume de Dieu.

 

Dans les derniers versets du chapitre, l’apôtre oppose les œuvres de la chair au fruit de l’Esprit. Il semble qu’il résume les œuvres de la chair sous sept rubriques :

Premièrement, il fait référence aux convoitises de la chair : « la fornication, l’impureté, l’impudicité » ;

Deuxièmement, la superstition de la chair, « l’idolâtrie » et « la magie » ;

Troisièmement, la méchanceté de la chair, « les inimitiés » qui conduisent aux « querelles » ;

Quatrièmement, la jalousie de la chair, « les jalousies » conduisant aux « colères » et aux « intrigues » ;

Cinquièmement, les raisonnements de la chair, conduisant aux « intrigues », aux « divisions » et aux « sectes » (les écoles d’opinion) ;

Sixièmement, l’amour-propre de la chair, conduisant aux « envies » et aux « meurtres » ;

Septièmement, le laisser-faire mondain de la chair, conduisant aux « ivrogneries », aux « orgies », et aux « choses semblables à celles-là ».

 

Tel est le caractère terrible et immuable de la chair, et ceux qui vivent dans ces maux n’hériteront pas du royaume de Dieu.

Sachant que nous avons la chair en nous, et qu’elle ne change jamais, nous devons craindre l’éruption des péchés les plus ignobles, à moins que, par la puissance de l’Esprit, nos âmes soient occupées de Jésus, regardant vers Lui pour recevoir la grâce à chaque instant.

 

6.10   Gal. 5:21-23

22 Mais le fruit de l’Esprit est l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, 23 la douceur, la tempérance : contre de telles choses, il n’y a pas de loi.

 

Si nous marchons par l’Esprit, nous ne serons pas seulement préservés des « œuvres de la chair », mais nous produirons « le fruit de l’Esprit ». La chair a ses « œuvres », mais elle ne produit aucun fruit pour Dieu. L’Esprit produit à la fois de bonnes œuvres et du fruit ; dans ce passage, l’apôtre ne parle cependant pas des œuvres, mais du beau caractère chrétien d’où découle toute vraie bonne œuvre. Nous n’avons pas tous un don, ni ne sommes tous appelés à être des docteurs et des prédicateurs, ou à entreprendre de grandes œuvres. Mais « le fruit de l’Esprit » est possible pour tous, du plus jeune au plus âgé des saints, et il présente la condition essentielle pour tout vrai service.

« L’amour », « la joie » et « la paix » présentent l’expérience intérieure de l’âme — « la longanimité » et « la bienveillance », l’attitude de l’âme envers les autres — « la bonté » et « la fidélité », les qualités qui devraient nous animer dans nos manières d’agir avec les autres — « la douceur » et « la tempérance » sont les qualités qui nous amènent à considérer les autres avec patience, en contraste avec l’outrecuidance de la chair.

Il n’y a pas de loi contre ces qualités qui font ressembler à Christ. La loi ne peut pas contrôler la chair et ne peut pas produire le fruit béni de l’Esprit, mais cela ne signifie pas que la loi soit opposée à ces qualités excellentes.

 

6.11   Gal. 5:24-26

24 Or ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises. 25 Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit. 26 Ne soyons pas désireux de vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres [et] en nous portant envie les uns aux autres.

 

En outre, ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. La vraie position chrétienne est d’accepter la croix de Christ comme jugement de Dieu sur la chair, afin de ne plus vivre selon la chair, mais « par l’Esprit ». Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit. Marchant ainsi, nous ne serons pas désireux de vaine gloire, provoquant les saints en se portant envie les uns aux autres.

 

7         Galates 6

1 Frères, quand même un homme s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez un tel homme dans un esprit de douceur, prenant garde à toi-même, de peur que toi aussi tu ne sois tenté.

 

En contraste avec la vanité de la chair, dont l’apôtre a parlé, qui provoque les autres et mène à l’envie, nous sommes maintenant exhortés à agir dans un esprit d’amour et de grâce l’un envers l’autre. Même si quelqu’un s’est laissé surprendre par quelque faute, cherchons à restaurer notre frère défaillant, et à le faire dans un bon esprit. Que ce ne soit pas dans l’esprit de la loi qui naturellement nous occupera de nos propres bonnes œuvres, et nous endurcira vis-à-vis de notre frère défaillant ; mais que ce soit fait dans un esprit de douceur qui nous donne le sentiment de notre propre faiblesse tout en pensant tendrement aux autres.

 

7.1        Gal. 6:2

2 Portez les charges les uns des autres, et ainsi accomplissez la loi du Christ ;

 

En outre, l’esprit de grâce et d’amour nous conduira, non pas simplement à chercher la restauration d’un frère défaillant, mais aussi à entrer dans les douleurs des autres et ainsi à nous soulager l’un l’autre vis-à-vis de la pression des circonstances. Agissant ainsi, nous accomplirons « la loi du Christ ». Nous devons agir selon la loi d’amour qui a marqué Son chemin. Avec quelle tendresse Il restaurait les disciples défaillants, quand par vaine gloire ils se provoquaient l’un l’autre dans des querelles, quand ils L’ont renié ou L’ont tous abandonné (Luc 22:24-32 ; Marc 14:27-28). De quelle manière bénie, à chaque étape de Son chemin, Il est entré dans nos peines, et nous a servis en amour, comme nous lisons : « Lui-même a pris nos langueurs, et a porté nos maladies » (Matt. 8:17). En suivant ainsi Ses traces, nous nous servirons les uns les autres dans l’amour, et ce faisant, nous manifesterons quelque chose des vertus excellentes de Christ, le grand but pour lequel nous sommes laissés dans ce monde.

 

7.2        Gal. 6:3

3 car si, n’étant rien, quelqu’un pense être quelque chose, il se séduit lui-même ;

 

L’apôtre nous met ensuite en garde contre l’importance que la chair se donne en agissant dans un esprit tout à fait contraire à la loi du Christ. La loi du Sinaï, tout en nous exhortant à aimer notre prochain comme nous-mêmes, nous occupe nécessairement de nos propres œuvres, et cela conduit trop souvent à se croire être quelque chose. C’était le cas de ces croyants de Galatie : ils étaient retournés à la loi et étaient devenus « désireux de vaine gloire » ; le résultat était qu’au lieu de se servir les uns les autres dans l’amour, ils se mordaient et se dévoraient les uns les autres, se « provoquant » et « se portant envie les uns aux autres » (5:26). L’apôtre parle ouvertement avec mépris de ceux qui se vantent d’être quelque chose, alors qu’ils ne sont rien. Celui qui agit ainsi s’illusionne lui-même, mais n’illusionne personne d’autre. Personne n’est aussi petit que celui qui pense être grand. Personne ne peut se vanter en présence de Christ. Hors de Sa présence, nous pouvons, comme les disciples d’autrefois, nous quereller entre nous pour savoir qui sera estimé le plus grand ; en Sa présence, l’apôtre lui-même reconnait qu’il est « moins que le moindre de tous les saints » (Luc 22:2 ; Éph. 3:8).

 

7.3        Gal. 6:4-5

4 mais que chacun éprouve sa propre œuvre, et alors il aura de quoi se glorifier, relativement à lui-même seulement et non relativement à autrui : 5 car chacun portera son propre fardeau.

 

Au lieu de nous séduire nous-mêmes par une vaine prétention (6:3), nous devrions chacun éprouver nos propres œuvres (6:4). Sont-elles des œuvres de loi qui magnifient le moi, ou des œuvres d’amour selon le modèle de Christ ? Paul avait travaillé dans l’amour en Galatie et les saints étaient le fruit de son travail, et il peut s’en réjouir comme des fruits lui appartenant. D’autres utilisaient le travail de l’apôtre pour s’élever eux et l’exclure lui. Veillons à ce que nos œuvres soient de véritables œuvres chrétiennes, qui produisent un fruit dont on puisse se réjouir. Car chacun est responsable de son propre travail, et dans ce sens « chacun portera son propre fardeau ». Ici le mot «fardeau» est différent, dans l’original, de celui traduit également par «fardeau» au v. 2. Dans le premier cas, il a le sens d’une pression qui peut être allégée ou transférée sur autrui. Dans ce v. 5, le mot « fardeau » implique une charge spéciale qu’il faut porter. Nous sommes chacun responsables de notre propre travail et du résultat produit.

 

7.4        Gal. 6:6

6 Que celui qui est enseigné dans la parole fasse participer à tous les biens [temporels] celui qui enseigne.

 

Enfin l’apôtre termine l’exhortation quant à nos responsabilités les uns envers les autres, en nous rappelant de nous souvenir des besoins de ceux qui enseignent. L’amour cherchera avec joie à répondre aux besoins temporels de ceux qui nous administrent les « biens », les «bonnes choses» de l’Esprit.

 

7.5        Gal. 6:7-10

7 Ne soyez pas séduits ; on ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera. 8 Car celui qui sème pour sa propre chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. 9 Or ne nous lassons pas en faisant le bien, car, au temps propre, nous moissonnerons, si nous ne défaillons pas. 10 Ainsi donc, comme nous en avons l’occasion, faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi.

 

L’apôtre ajoute maintenant un avertissement solennel. Il illustre le gouvernement de Dieu dans notre chemin à travers ce monde par l’image du semeur et du moissonneur. Ne nous trompons pas en pensant que parce que nous sommes chrétiens par la grâce de Dieu, nous échapperons aux résultats de notre folie durant cette vie. « On ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (6:7). D’un côté, si nous agissons selon la chair nous souffrirons, même si la miséricorde de Dieu peut atténuer cette souffrance lorsque la défaillance est jugée. D’un autre côté, agir par l’Esprit aura sa récompense brillante non seulement ici-bas, mais dans la vie éternelle. C’est pourquoi, « ne nous lassons pas en faisant le bien, car, au temps propre, nous moissonnerons, si nous ne défaillons pas ». Quand il y a de l’opposition ou des querelles, nous risquons de défaillir, et de nous lasser en voyant le peu de résultat de «faire le bien» ; mais persévérons, en attendant le « temps propre » de Dieu. « Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec chant de joie. Il va en pleurant, portant la semence qu’il répand ; il revient avec chant de joie, portant ses gerbes » (Psaume 126:5-6). Cherchons donc à saisir toutes les occasions de « faire du bien à tous, surtout à ceux de la maison de la foi ».

 

7.6        Gal. 6:11

11 Vous voyez quelle longue lettre je vous ai écrite de ma propre main.

 

En terminant son épître l’apôtre insiste auprès de ces croyants sur sa profonde inquiétude à leur égard en leur rappelant qu’il avait écrit cette longue lettre de sa propre main, en ne suivant pas sa pratique habituelle de faire écrire ses lettres par autrui et d’y apposer simplement sa signature à la fin.

 

7.7        Gal. 6:12-13

12 Tous ceux qui veulent avoir une belle apparence dans la chair, ceux-là vous contraignent à être circoncis, seulement afin qu’ils ne soient pas persécutés à cause de la croix de Christ. 13 Car ceux-là qui sont circoncis, eux-mêmes ne gardent pas [la] loi ; mais ils veulent que vous soyez circoncis, afin de se glorifier dans votre chair.

 

Avant de terminer, il fait de nouveau une brève référence au grand sujet de son épître en démasquant une fois de plus le caractère et les motivations de ceux qui les troublaient. Il avait déjà averti qu’ils cherchaient à attirer à eux-mêmes (4:17), animés par un esprit de «vaine gloire» (5:26) ; maintenant, il les accuse clairement de « vouloir avoir une belle apparence dans la chair », et de chercher à échapper par ce moyen à la « persécution à cause de la croix de Christ ». Quoique circoncis, et se rendant ainsi eux-mêmes responsables vis-à-vis de la loi, ils ne gardaient pas la loi. Mais en insistant pour que d’autres soient circoncis, ils les liaient au Judaïsme, cherchant ainsi à faire des prosélytes Juifs.

 

7.8        Gal. 6:14

14 Mais qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde.

 

Agissant ainsi, ces hommes cherchaient à se glorifier dans une profession religieuse qui leur apportait la faveur du monde qui avait rejeté Christ, et leur permettait ainsi d’échapper à la persécution. En contraste frappant, l’apôtre, qui représente la vraie position chrétienne, peut dire : « Mais qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde ». Paul ne voulait pas de la faveur d’un monde qui a crucifié le Seigneur, Lui qui, dans Son amour, était mort pour le sauver ; et le monde ne voulait pas d’un homme qui se glorifiait dans le Seigneur qu’ils avaient crucifié.

 

7.9        Gal. 6:15-16

15 Car [dans le Christ Jésus] ni la circoncision, ni l’incirconcision ne sont rien, mais une nouvelle création. 16 Et à l’égard de tous ceux qui marcheront selon cette règle, paix et miséricorde sur eux et sur l’Israël de Dieu !

 

L’apôtre, réalisant l’état bienheureux de la position chrétienne telle que présentée « dans le Christ Jésus », peut déclarer que pour entrer dans cette position il n’importait en rien d’être un Juif circoncis ou un Gentil incirconcis. Il n’était question que de la nouvelle création, dans laquelle ces distinctions terrestres n’ont pas de place.

Marcher selon cette règle — la règle de la nouvelle création — c’est répondre par la foi à la grâce qui nous a appelés, et c’est marcher de manière conséquente avec cette grâce comme étant morts à la loi, à la chair et au monde (2:19 ; 5:24 ; 6:14). Pour ceux qui marchent ainsi, il y aura paix et miséricorde dans leur chemin à travers ce monde, non seulement pour les croyants Gentils, comme les Galates, mais aussi « sur l’Israël de Dieu ». L’Israël selon la chair a crucifié son Messie, et s’est placé sous le jugement ; « l’Israël de Dieu » était assurément le résidu pieux de la nation qui, par grâce, avait cru et s’était tourné vers le Seigneur. La miséricorde reposait sur eux.

 

7.10   Gal. 6:17

17 Désormais que personne ne vienne me troubler, car moi je porte en mon corps les marques du Seigneur Jésus.

 

Ayant ainsi rendu un témoignage fidèle à la vérité et à l’encontre de ce grave écart de l’évangile qu’il avait prêché, pour aller vers un autre évangile qui n’en est pas un autre, l’apôtre peut mettre tout homme au défi de le troubler en l’accusant d’avoir cherché la faveur du monde Juif ou Gentil pour échapper à la persécution. Si quelqu’un osait suspecter ceci, il n’avait qu’à regarder sur son corps les marques qui rendaient témoignage des souffrances qu’il avait endurées comme preuve de sa fidélité à l’évangile qu’il avait prêché.

 

7.11   Gal. 6:18

18 Que la grâce de notre seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit, frères ! Amen.

 

Sentant l’éloignement de la vérité intensément solennel qui s’était implanté chez ces saints, l’apôtre termine son épître sans aucune de ses salutations affectueuses habituelles. Il désire néanmoins que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec eux.