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Évangile de Jean

 

Jésus le Fils de Dieu

 

Hamilton Smith

 

Table des matières abrégée :

1     Introduction

2     La Parole éternelle — Jean 1:1-18

3     Le triple témoignage de Jean le Baptiseur — Jean 1:19-37

4     Le triple ministère de Christ — Jean 1:38 à 2:11

5     La ruine de l’homme et la gloire de Christ — Jean 2

6     La souveraineté de Dieu et la responsabilité de l’homme — Jean 3

7     Les voies de la grâce dans la bénédiction des pécheurs — Jean 4

8     Les voies de la grâce pour délivrer de la loi — Jean 5

9     Les voies de la grâce pour répondre aux besoins — Jean 6

10      Christ glorifié et l’Esprit donné — Jean 7

11      Le rejet des paroles de Christ — Jean 8

12      Le rejet des œuvres de Christ — Jean 9

13      Le Berger et les brebis — Jean 10

14      Le témoignage au Fils de Dieu — Jean 11

15      Le témoignage au Fils de David et au Fils de l’homme — Jean 12

16      Le lavage des pieds — Jean 13

17      La relation des disciples avec le Seigneur, le Père et le Saint Esprit — Jean 14

18      Du fruit pour le Père et un témoignage pour Christ — Jean 15

19      Instruits quant à la pensée de Christ — Jean 16

20      La prière du Seigneur — Jean 17

21      L’arrestation et les comparutions du Seigneur — Jean 18

22      La condamnation du Seigneur et sa crucifixion — Jean 19

23      Le jour de la résurrection — Jean 20

24      La troisième apparition du Seigneur ressuscité et la restauration de Pierre — Jean 21

 

 

Table des matières détaillée :

1     Introduction

2     La Parole éternelle — Jean 1:1-18

2.1      Les gloires de la Personne de Christ — 1:1-13

Ch. 1:1, 2

Ch. 1:3

Ch. 1:4

Ch. 1:5

Ch. 1:6-9

Ch. 1:10, 11

Ch. 1:12, 13

2.2      L’incarnation — 1:14-18

Ch. 1:14

Ch. 1:15

Ch. 1:16, 17

2.3      Ch. 1:18 — La révélation de Dieu.

3     Le triple témoignage de Jean le Baptiseur — Jean 1:19-37

3.1      Le témoignage de Jean le Baptiseur au premier jour — 1:19-28

Ch. 1:19-21

Ch. 1:22, 23

Ch. 1:24, 25

Ch. 1:26-28

3.2      Le témoignage de Jean le Baptiseur au deuxième jour — 1:29-34

Ch. 1:29

Ch. 1:30

Ch. 1:31

Ch. 1:32

Ch. 1:33, 34

3.3      Le témoignage de Jean le Baptiseur au troisième jour — 1:35-37

Ch. 1:35-37

4     Le triple ministère de Christ — Jean 1:38 à 2:11

4.1      Le premier jour du ministère de Christ — 1:38-43

Ch. 1:38-40

Ch. 1:41-43

4.2      Le deuxième jour du ministère de Christ — 1:44-52

Ch. 1:44-46

Ch. 1:47-49

Ch. 1:50

Ch. 1:51, 52

4.3      Le troisième jour du ministère de Christ — 2:1-11

5     La ruine de l’homme et la gloire de Christ — Jean 2

5.1      La noce — 2:1-11

5.2      La purification du temple — 2:13-17

5.3      « Le temple de son corps » — 2:18-22

5.4      L’esprit naturel de l’homme — 2:23-25

6     La souveraineté de Dieu et la responsabilité de l’homme — Jean 3

6.1      La souveraineté de Dieu — 3:1-16

Ch. 3:1-3

Ch. 3:4

Ch. 3:5, 6

Ch. 3:7, 8

Ch. 3:9, 10

Ch. 3:11

Ch. 3:12, 13

Ch. 3:14

Ch. 3:15

Ch. 3:16, 17

6.2      La responsabilité de l’homme — 3:18-21

Ch. 3:18

Ch. 3:19-21

6.3      Le dernier témoignage de Jean le Baptiseur à la gloire de Christ — 3:22-34

Ch. 3:22-27

Ch. 3:28-30

Ch. 3:31-33

Ch. 3:34

Ch. 3:35, 36

7     Les voies de la grâce dans la bénédiction des pécheurs — Jean 4

7.1      L’histoire de la femme à la fontaine — 4:1-30

Ch. 4:1-3

Ch. 4:4

Ch. 4:5-8

Ch. 4:9

Ch. 4:10

Ch. 4:11, 12

Ch. 4:13, 14

Ch. 4:15

Ch. 4:16

Ch. 4:17, 18

Ch. 4:19

Ch. 4:20

Ch. 4:21-24

Ch. 4:25, 26

Ch. 4:27

Ch. 4:28-30

7.2      La volonté du Père au service des pécheurs — 4:31-38

Ch. 4:31-34

Ch. 4:35-38

7.3      Le Sauveur du monde — 4:39-42

7.4      L’histoire du seigneur de la cour — 4:43-54

8     Les voies de la grâce pour délivrer de la loi — Jean 5

8.1      L’histoire de l’homme au réservoir, ou la délivrance de la loi — 5:1-9

8.2      Le repos de Dieu atteint par la délivrance de l’homme — 5:9-15

8.3      La gloire de la personne qui délivre l’homme et assure le repos de Dieu — 5:17-31

Ch. 5:17-19

Ch. 5:20

Ch. 5:21-23

Ch. 5:24

Ch. 5:25-27

Ch. 5:28, 29

8.4      Les différents témoignages à la gloire de Christ — 5:30-47

Ch. 5:30, 31

Ch. 5:32-35

Ch. 5:36

Ch. 5:37, 38

Ch. 5:39, 40

Ch. 5:41, 42

Ch. 5:43

Ch. 5:44

Ch. 5:45-47

9     Les voies de la grâce pour répondre aux besoins — Jean 6

9.1      Les cinq mille hommes nourris — 6:1-14

Ch. 6:1-9

Ch. 6:10-14

9.2      Christ sur la montagne et les disciples sur la mer — 6:15-21

9.3      Le discours du Seigneur à Capernaüm — Ch. 6:22-71

Ch. 6:22-25

Ch. 6:26, 27

Ch. 6:28

Ch. 6:29

Ch. 6:30, 31

Ch. 6:32, 33

Ch. 6:34

Ch. 6:35

Ch. 6:36

Ch. 6:37

Ch. 6:38-40

Ch. 6:41, 42

Ch. 6:43-45

Ch. 6:46

Ch. 6:47-50

Ch. 6:51-55

Ch. 6:56-58

Ch. 6:59-62

Ch. 6:63

Ch. 6:64, 65

Ch. 6:66-71

10      Christ glorifié et l’Esprit donné — Jean 7

Ch. 7:1, 2

Ch. 7:3-5

Ch. 7:6-9

Ch. 7:10-13

Ch. 7:14-16

Ch. 7:17, 18

Ch. 7:19, 20

Ch. 7:21-24

Ch. 7:25-27

Ch. 7:28, 29

Ch. 7:30, 31

Ch. 7:32

Ch. 7:33, 34

Ch. 7:35, 36

Ch. 7:37-39

Ch. 7:40-44

Ch. 7:45-53

11      Le rejet des paroles de Christ — Jean 8

Ch. 8:1, 2

Ch. 8:3-6

Ch. 8:7-9

Ch. 8:10, 11

Ch. 8:12

Ch. 8:13, 14

Ch. 8:15, 16

Ch. 8:17, 18

Ch. 8:19, 20

Ch. 8:21, 22

Ch. 8:23, 24

Ch. 8:25, 26

Ch. 8:27-29

Ch. 8:30-32

Ch. 8:33

Ch. 8:34-36

Ch. 8:37

Ch. 8:38-41

Ch. 8:41

Ch. 8:42-44

Ch. 8:45-47

Ch. 8:48

Ch. 8:49, 50

Ch. 8:51

Ch. 8:52, 53

Ch. 8:54-56

Ch. 8:57

Ch. 8:58

Ch. 8:59

12      Le rejet des œuvres de Christ — Jean 9

Ch. 9:1

Ch. 9:2, 3

Ch. 9:4, 5

Ch. 9:6, 7

Ch. 9:8-12

Ch. 9:13-17

Ch. 9:18-23

Ch. 9:24-29

Ch. 9:30-34

Ch. 9:35-38

Ch. 9:39-41

13      Le Berger et les brebis — Jean 10

Ch. 10:1

Ch. 10:2

Ch. 10:3

Ch. 10:4, 5

Ch. 10:6

Ch. 10:7

Ch. 10:8

Ch. 10:9, 10

Ch. 10:11-13

Ch. 10:14, 15

Ch. 10:16

Ch. 10:17, 18

Ch. 10:19-21

Ch. 10:22-24

Ch. 10:25, 26

Ch. 10:27

Ch. 10:28-30

Ch. 10:31

Ch. 10:32

Ch. 10:33

Ch. 10:34-36

Ch. 10:37, 38

Ch. 10:39-42

14      Le témoignage au Fils de Dieu — Jean 11

Ch. 11:1-5

14.1    La voie parfaite de l’amour divin — 11:6-16

Ch. 11:6, 7

Ch. 11:8-10

Ch. 11:11-15

Ch. 11:16

14.2    La voie parfaite des compassions divines — 11:17-37

Ch. 11:17-20

Ch. 11:21, 22

Ch. 11:23, 24

Ch. 11:25-27

Ch. 11:28

Ch. 11:29-32

Ch. 11:33-35

Ch. 11:36, 37

14.3    Le Seigneur agissant maintenant selon la puissance divine — 11:38-44

Ch. 11:38-40

Ch. 11:41, 42

Ch. 11:43, 44

14.4    Effet sur le monde de cette merveilleuse révélation de la gloire du Fils de Dieu — 11:45-57

Ch. 11:45

Ch. 11:46

Ch. 11:47, 48

Ch. 11:49-52

Ch. 11:53

Ch. 11:54-57

15      Le témoignage au Fils de David et au Fils de l’homme — Jean 12

15.1    Le souper de Béthanie — 12:1-11

Ch. 12:1-3

Ch. 12:4-6

Ch. 12:7, 8

Ch. 12:9

Ch. 12:10, 11

15.2    Témoignage rendu à la gloire du Seigneur comme Fils de David — 12:12-19

Ch. 12:12-19

15.3    Témoignage rendu à la gloire du Seigneur comme Fils de David — 12:20-36

Ch. 12:20-23

Ch. 12:24

Ch. 12:25

Ch. 12:26

Ch. 12:27, 28

Ch. 12:29, 30

Ch. 12:31-33

Ch. 12:34

Ch. 12:35, 36

15.4    Résultat du triple témoignage à la gloire de Christ — 12:37-50

Ch. 12:37, 38

Ch. 12:39-41

Ch. 12:42, 43

Ch. 12:44-50

16      Le lavage des pieds — Jean 13

16.1    Le lavage des pieds — 13:2-17

Ch. 13:4, 5

Ch. 13:6, 7

Ch. 13:8

Ch. 13:9-11

Ch. 13:12-17

16.2    Le départ du traître — 13:18-30

Ch. 13:18-20

Ch. 13:21, 22

Ch. 13:23

Ch. 13:24, 25

Ch. 13:26

Ch. 13:27

Ch. 13:28-30

16.3    Dieu glorifié en Christ — 13:31-38

Ch. 13:31, 32

Ch. 13:33

Ch. 13:34, 35

Ch. 13:36-38

17      La relation des disciples avec le Seigneur, le Père et le Saint Esprit — Jean 14

17.1    La relation des disciples avec Christ — 14:1-3

Ch. 14:1

Ch. 14:2

Ch. 14:3

17.2    La relation des disciples avec le Père — 14:4-14

Ch. 14:5, 6

Ch. 14:7

Ch. 14:8-11

Ch. 14:12-14

17.3    La relation des disciples avec le Saint Esprit — 14:15-31

Ch. 14:15

Ch. 14:16

Ch. 14:17

Ch. 14:18-20

Ch. 14:21-24

Ch. 14:25, 26

Ch. 14:27-31

18      Du fruit pour le Père et un témoignage pour Christ — Jean 15

18.1    Porter du fruit — 15:1-8

Ch. 15:3

Ch. 15:4, 5

Ch. 15:6

Ch. 15:7, 8

18.2    La compagnie chrétienne — 15:9-17

Ch. 15:9, 10

Ch. 15:11

Ch. 15:12, 13

Ch. 15:14, 15

Ch. 15:16

Ch. 15:17

18.3    Le monde — 15:18-25

Ch. 15:18, 19

Ch. 15:20, 21

Ch. 15:22-25

18.4    La puissance pour rendre témoignage — 15:26, 27

19      Instruits quant à la pensée de Christ — Jean 16

19.1    La persécution de la part du monde religieux — 16:1-4

Ch. 16:1

Ch. 16:2, 3

Ch. 16:4

19.2    La nécessité du départ de Christ — 16:5-7

19.3    Le monde actuel mis à découvert — 16:8-11

19.4    Le monde à venir révélé — 16:12-15

19.5    Le jour nouveau — 16:16-33

Ch. 16:16

Ch. 16:17, 18

Ch. 16:19-22

Ch. 16:23, 24

Ch. 16:25

Ch. 16:26-28

Ch. 16:29-32

Ch. 16:33

20      La prière du Seigneur — Jean 17

20.1    Le Père glorifié dans le Fils — 17:1-5

Ch. 17:2

Ch. 17:3

Ch. 17:4

Ch. 17:5

20.2    Christ glorifié dans les saints — 17:6-21

Ch. 17:6-8

Ch. 17:9-11

Ch. 17:12-14

Ch. 17:15, 16

Ch. 17:17

Ch. 17:18

Ch. 17:19

Ch. 17:20, 21

20.3    Les saints glorifiés avec Christ — 17:22-26

Ch. 17:22

Ch. 17:23

Ch. 17:24

Ch. 17:26

21      L’arrestation et les comparutions du Seigneur — Jean 18

Ch. 18:1

Ch. 18:2-9

Ch. 18:10, 11

Ch. 18:12-14

Ch. 18:15-18

Ch. 18:19-24

Ch. 18:25-27

Ch. 18:28

Ch. 18:29, 30

Ch. 18:31, 32

Ch. 18:33-37

Ch. 18:38-40

22      La condamnation du Seigneur et sa crucifixion — Jean 19

Ch. 19:1-5

Ch. 19:6

Ch. 19:7

Ch. 19:8, 9

Ch. 19:10, 11

Ch. 19:12

Ch. 19:13-16

Ch. 19:17, 18

Ch. 19:19-22

Ch. 19:23, 24

Ch. 19:25-27

Ch. 19:28-30

Ch. 19:31-37

Ch. 19:38-42

23      Le jour de la résurrection — Jean 20

23.1    Le matin de la résurrection — 20:1-18

Ch. 20:1, 2

Ch. 20:3, 4

Ch. 20:5-10

Ch. 20:11-16

Ch. 20:17, 18

Ch. 20:19-23

23.2    Apparition du Seigneur aux siens 8 jours plus tard — 20:24-31

Ch. 20:24-29

Ch. 20:30, 31

24      La troisième apparition du Seigneur ressuscité et la restauration de Pierre — Jean 21

Ch. 21:1, 2

Ch. 21:3

Ch. 21:4, 5

Ch. 21:6

Ch. 21:7, 8

Ch. 21:9-14

Ch. 21:15-22

 

 

1                    Introduction

L’évangile selon Jean est avant tout celui de la révélation de la gloire du Fils. Les évangiles synoptiques présentent d’autres gloires du Seigneur : Matthieu expose sa gloire officielle comme Messie ; Marc décrit la gloire de son humiliation comme Serviteur ; Luc parle de sa gloire morale comme Fils de l’homme ; mais Jean a le privilège élevé de placer devant nous sa gloire personnelle comme Fils.

Or la présentation de Christ comme une personne divine implique la révélation de chacune des personnes divines. L’évangile commence par l’énumération des gloires du Fils. Puis nous trouvons la révélation du cœur du Père (1:18), de la main du Père (5:17) et de la maison du Père (14:1-3). Dans les derniers chapitres, le Saint Esprit nous est présenté d’une manière très complète.

De plus, cet évangile introduit un Homme entièrement nouveau selon un ordre nouveau. Le Seigneur se présente lui-même comme « le Fils de l’homme qui est dans le ciel » (3:13) ; comme le Fils de l’homme « qui vient (ou : qui est descendu) du ciel » (6:33, 50) ; et comme le Fils de l’homme qui va « monter où il était auparavant » (6:62). Ainsi, dans l’évangile selon Jean, Christ nous est montré sous un double aspect : d’abord comme le Fils unique qui révèle le Père ; puis comme le Fils de l’homme qui présente un homme d’un ordre nouveau — un homme qui marche sur la terre et vit dans le ciel.

Différentes figures sont employées pour placer devant nous ces gloires variées de Christ. Au chapitre 2, il est le temple dans lequel habite la gloire de Dieu. Au chapitre 6, il est le véritable pain qui vient du ciel pour satisfaire les besoins de l’homme. Aux chapitres 8 et 9, il est la lumière du monde pour tirer les hommes hors des ténèbres. Au chapitre 10, il est le berger qui fait sortir ses brebis de l’ancienne bergerie juive pour les ajouter au nouveau troupeau chrétien. Au chapitre 11, il est la résurrection et la vie, afin de délivrer les hommes de la mort. Au chapitre 12, il est le grain de blé qui meurt pour assurer une semence à sa ressemblance. Au chapitre 15, il est le vrai cep afin de rendre ses disciples capables de porter du fruit pour le Père.

Le grand but de l’évangile étant de présenter la gloire du Fils de Dieu comme personne divine, on comprendra facilement pourquoi on n’y trouve pas de généalogie, ni le récit de la naissance et des premières années du Seigneur. Ces détails, si précieux à la foi, merveilleux et nécessaires à leur place, ne seraient pas en harmonie avec un évangile qui expose la gloire de sa personne comme Fils. En tant que personne divine, il est au-dessus de toute généalogie, de même que, comme Serviteur, dans l’évangile selon Marc, il prend une place excluant le besoin d’une généalogie.

De plus, dans la présentation de la Parole devenue chair, nous ne trouvons aucun détail qui relie Christ à la terre et à la nation d’Israël. Le propos de cet évangile n’est pas de montrer l’accomplissement de promesses faites dans le passé, d’annoncer l’établissement du royaume dans l’avenir ou de nous instruire quant à la forme qu’il revêt actuellement. Rappelons une fois encore que ces vérités sont nécessaires et précieuses à leur place, mais elles n’entrent pas dans le grand but de Jean, qui est de présenter la gloire du Fils de Dieu. La venue du Fils de Dieu, et la révélation qui s’ensuit des personnes divines et d’un homme selon un nouvel ordre impliquent la mise de côté de l’ancien ordre judaïque et l’introduction du christianisme. Dès le début de l’évangile, tant la nation d’Israël que le monde en général sont vus comme ayant complètement failli à leur responsabilité et comme mis de côté par le jugement, afin d’introduire le christianisme. En outre, l’évangile présente le christianisme selon la pensée de Dieu et non pas selon les corruptions de la chrétienté ; souvenons-nous en effet que l’évangile a probablement été écrit à une date tardive, quand la ruine annoncée par l’apôtre Paul avait déjà frappé la profession chrétienne. Ainsi, dans cet évangile, nous sommes élevés au-dessus du monde et sortis du judaïsme et de la chrétienté corrompue, pour découvrir la bénédiction du christianisme selon la pensée de Dieu, fondé sur la personne du Fils de Dieu.

Ayant son fondement sur la personne de Christ, le christianisme doit nécessairement tirer son caractère de Christ — « tel qu’est le céleste, tels aussi sont les célestes ». Chapitre après chapitre, nous voyons la mise de côté de l’ancien ordre, et l’introduction de ce qui est entièrement nouveau. Au chapitre 1, la loi donnée par Moïse recule devant « la grâce et la vérité » qui vinrent par Jésus Christ. Au chapitre 2, le temple à Jérusalem est mis de côté par le temple de Son corps. Au chapitre 3, les « choses terrestres » s’effacent devant les « choses célestes ». Au chapitre 4, l’eau naturelle du puits est remplacée par la fontaine de l’eau de la vie. Au chapitre 5, le réservoir et l’activité providentielle de l’ange sont mis de côté par la voix toute-puissante du Fils de Dieu. Au chapitre 6, le pain naturel fait place au véritable pain qui descend du ciel. Dans les chapitres 8 et 9, les ténèbres sont dissipées par la lumière. Au chapitre 10, la bergerie juive est remplacée par le troupeau chrétien. Au chapitre 11, la mort est mise de côté par la vie.

Il nous est ainsi accordé de voir les choses anciennes passer et toutes choses être faites nouvelles. Le temps fait place à l’éternité, les choses terrestres aux choses célestes. En pensée, nous sommes transportés dans l’éternité passée quand le temps n’était pas ; en esprit, nous sommes conduits au-delà des limites de la terre pour goûter les joies de la maison du Père.

Lorsque tout ce qui a été confié aux mains des hommes a failli, quelle part bénie de considérer cet évangile et d’avoir nos âmes occupées par les personnes divines en qui il ne peut y avoir aucune défaillance, d’être introduits dans le propos de Dieu que la ruine ne saurait toucher et transportés dans des scènes où les manquements de l’homme n’entreront jamais.

En lisant cet évangile, nous sommes dès le début en contact avec des choses éternelles et des scènes célestes, et en compagnie de personnes divines. Et néanmoins, nous pouvons nous sentir à l’aise dans une telle compagnie, sans crainte, car cette personne glorieuse, le Fils éternel, s’est approché de nous au point de pouvoir s’asseoir à côté d’une pécheresse solitaire à un puits, et amener un disciple à se reposer sur sa poitrine. Il a demeuré au milieu de nous d’une façon si réelle qu’il a pu se rendre redevable à une femme d’une gorgée d’eau, se baisser pour laver les pieds des disciples, et, dans une autre occasion encore, leur préparer un feu afin qu’ils se réchauffent et un repas pour qu’ils aient de quoi manger.

 

2                    La Parole éternelle — Jean 1:1-18

La gloire de la personne de Christ comme la Parole éternelle est le grand thème des premiers versets de l’évangile selon Jean. Nous sommes d’abord transportés en pensée dans l’éternité pour découvrir sa gloire comme personne divine ; puis, dans le temps, sa gloire en tant que Créateur est placée devant nous ; enfin, la Parole est présentée comme devenant chair, nous révélant sa gloire comme le Fils éternel en relation avec le Père.

 

2.1     Les gloires de la Personne de Christ — 1:1-13

Ch. 1:1, 2

L’évangile commence par la déclaration sublime : « Au commencement était la Parole ». Tout de suite, nous sommes transportés en pensée dans l’éternité passée, avant que le temps commence ou que la création existe, et nous apprenons que la personne glorieuse appelée « la Parole » n’a pas eu de commencement. Au commencement de tout ce qui a eu un commencement, la Parole était, non pas « commença ». « L’expression ‘Au commencement était’ est l’expression formelle que la Parole n’a pas eu de commencement » (J.N.D.).

D’emblée, il nous est dit que la Parole est une personne éternelle. Étant la Parole, cette personne bénie est Celui qui révèle Dieu — la personne dans la Déité qui, en elle-même, comme aussi dans ses actes et dans ce qu’elle est devenue, est l’expression de Dieu et de ses pensées.

Nous lisons encore que la Parole était « auprès de Dieu ». Non seulement la Parole est une personne éternelle, elle est aussi une personne distincte dans la Déité. Outre la distinction des personnes, le « auprès de » dénote encore l’intercommunion entre les personnes de la Déité. Puis il est dit que « la Parole était Dieu ». La première déclaration, selon laquelle la Parole est une personne éternelle, impliquait qu’Il doit être une personne divine. Mais, dans un sujet qui touche à la gloire de sa Personne, nous ne sommes pas laissés à une déduction, aussi correcte soit-elle. Il est dit nettement que « la Parole était Dieu » — une personne divine.

Enfin, nous apprenons que la Parole « était au commencement auprès de Dieu ». Il ne s’agit pas d’une simple répétition du fait déjà établi qu’il était une personne distincte auprès de Dieu. Ici, nous trouvons la vérité supplémentaire qu’il était éternellement une personne distincte. Ainsi, l’Esprit de Dieu défend avec soin la gloire du Fils contre ceux qui admettraient qu’il est une personne distincte et qui pourtant soutiendraient qu’il y a eu un moment où il a commencé à avoir une existence personnelle distincte.

Tant le Seigneur, se référant au commencement de son ministère, que Jean, parlant du début du christianisme, emploient l’expression « au commencement ». Ici, quant à ce qui n’a pas de commencement, nous trouvons deux fois l’expression « au commencement ». Remarquons ensuite qu’il est dit : « la Parole était auprès de Dieu » — non pas du Père. La Parole et Dieu sont corrélatifs, de même que le Fils et le Père. L’appellation Dieu comprend non seulement le Père, mais aussi le Saint Esprit et le Fils. La Parole et Dieu parlent de la nature des personnes divines ; le Père et le Fils impliquent des relations entre des personnes divines. Le grand but de ces versets est d’établir la gloire de Christ, en tant que personne divine dans sa nature.

Dans ces premiers versets, en quelques mots très clairs, le Saint Esprit a présenté la gloire divine du Seigneur. La Parole est une personne éternelle, une personne distincte dans la Déité, une personne divine et une personne éternellement distincte.

Tout le merveilleux déploiement de « choses célestes » placées devant nous dans cet évangile est fondé sur la gloire de la personne de Christ. Mettre en doute la divinité du Fils revient à saper le fondement sur lequel repose toute bénédiction pour l’homme. Peu importent les systèmes religieux élaborés que construisent les hommes ou leur prétention élevée d’honorer le nom de Christ : s’ils ne bâtissent pas sur ce fondement, tout sera ruiné.

 

Ch. 1:3

Après la déclaration de la gloire de la Parole comme personne divine, nous passons de l’éternité dans le temps et découvrons les deux grands moyens au travers desquels Dieu a été révélé par la Parole : premièrement, la création (v. 3), et secondement, l’incarnation (v. 14). Ainsi, nous apprenons ici que « toutes choses furent faites par elle » — la Parole. Cette affirmation positive est soulignée par la constatation négative que « sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait ». Toutes choses, grandes et petites, animées et inanimées, spirituelles et matérielles — tout ce qui existe, « a reçu existence » par la Parole. La tournure même de la phrase exclut nécessairement les personnes divines, dont on peut dire qu’elles ont l’existence, mais non pas qu’elles « ont reçu existence ». Si la création existe, c’est non seulement pour prouver qu’il y a un Créateur, mais pour exprimer, dans sa mesure, le Créateur. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’ouvrage de ses mains. Un jour en proclame la parole à l’autre jour, et une nuit la fait connaître à l’autre nuit » (Ps. 19:1, 2 ; Rom. 1:20).

 

Ch. 1:4

Si le verset 3 parle de ce qui a reçu existence par la Parole, le verset 4 nous dit ce qui est dans la Parole. « En elle était la vie ». Avec cette affirmation, nous passons de la relation de la Parole avec l’univers créé tout entier, à sa relation avec l’humanité. Ainsi, la « vie » dont il est parlé peut difficilement être la vie naturelle de la création. Assurément, comme Créateur, la Parole est la source de la vie naturelle qui, lorsqu’elle est donnée, soit aux plantes soit aux animaux, peut se propager. Mais cette vie est plutôt la vie spirituelle qui devient la lumière des hommes ayant déjà la vie naturelle. La vie peut être communiquée à autrui, mais elle ne l’a jamais été à la Parole — « En elle était la vie ».

Cette vie était la lumière des hommes. Le Seigneur peut dire : « Celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8:12). La vie dans la Parole était la révélation parfaite du Dieu invisible à l’homme. La lumière de la nature ne révélera pas le cœur de Dieu. La lumière de la raison ne peut pas trouver Dieu par ses recherches. Seule la lumière de la vie dans la Parole devenue chair peut révéler Dieu.

 

Ch. 1:5

L’homme est déchu ; si donc la lumière brille devant les hommes, c’est dans une scène de ténèbres ou d’ignorance de Dieu. En outre, nous apprenons que « les ténèbres ne l’ont pas comprise ». Cela signifie que les ténèbres spirituelles ne sont pas seulement ignorance ou absence de lumière : elles sont opposition à la lumière. La lumière naturelle devrait bannir les ténèbres environnantes ; mais, si l’homme est laissé à lui-même, la lumière spirituelle ne dissipera pas ses ténèbres spirituelles. La lumière de la vie de la Parole met en évidence l’incapacité morale de l’homme, comme plus tard l’amour de Sa vie manifeste la haine de l’homme.

 

Ch. 1:6-9

Dans les premiers versets, nous avons considéré la gloire de la Parole en relation avec Dieu, puis avec la création et enfin avec l’humanité. Les versets qui suivent montrent comment Dieu a présenté la lumière à l’homme dans ce monde. Non seulement Dieu donne la lumière, mais il envoie un précurseur afin d’attirer l’attention de l’homme sur la lumière. Nous ne trouvons aucun détail concernant le lien de Jean le Baptiseur avec les Juifs ou les choses terrestres. Il est vu ici comme « envoyé de Dieu », et comme témoin de ce qui est entièrement nouveau — la lumière. Dans d’autres évangiles, Jean rend témoignage du Roi et de son royaume pour Israël repentant ; ici, il parle de la lumière pour « tous les hommes ».

Toutefois, si Dieu envoie le précurseur, il veille soigneusement sur la gloire de Christ. Malgré la grandeur de Jean, il n’y en a qu’un seul qui est la lumière. Jean était certes « la lampe ardente et brillante » (Jean 5:35), mais la Parole était la lumière qui, venant dans le monde, éclaire tout homme. La lumière avait un double effet : elle démasquait l’homme, mais révélait Dieu. Assurément le Seigneur « a passé de lieu en lieu, faisant du bien », mais le motif de tout ce qu’il accomplissait était de faire connaître Dieu. Il n’ouvrait pas simplement les yeux aveugles pour guérir la cécité, mais pour faire connaître l’amour de Dieu en relation avec les besoins de l’homme. La lumière est la révélation de Dieu en amour selon la pleine vérité de la condition de l’homme et de la sainteté de Dieu.

 

Ch. 1:10, 11

Nous trouvons ensuite l’effet produit par la lumière sur l’homme quand il est laissé à lui-même. Le monde ne l’a pas connu, et les siens, les Juifs, ne l’ont pas reçu. La lumière révèle que l’homme est non seulement totalement insensible à ce qui est bon et parfait, mais absolument opposé à Celui en qui toute cette bonté est manifestée. La condition de l’homme, abandonné à lui-même, est désespérée.

 

Ch. 1:12, 13

Dans sa grâce souveraine, Dieu ne laisse pas l’homme entièrement à lui-même. Il opère en grâce dans l’homme, avec pour conséquence que certains reçoivent Christ — ils croient en son nom — et à de tels, il donne le droit de devenir les enfants de Dieu. Ils constituent une nouvelle race, non par descendance naturelle — de sang ; ni par leurs propres efforts — la volonté de la chair ; ni par la volonté d’autrui — la volonté de l’homme ; mais comme tirant une vie nouvelle de Dieu.

 

2.2   L’incarnation — 1:14-18

Les treize premiers versets exposent les gloires de la personne de Christ. Il est la Parole, une personne éternelle, distincte et divine dans la Déité ; il est le Créateur de toutes choses, Celui en qui est la vie, et la lumière à tout homme.

 

Ch. 1:14

Maintenant, nous apprenons comment cette Personne glorieuse est venue dans ce monde pour apporter la lumière de la vie aux hommes. Celui qui, au commencement, était la Parole devient chair. Nous avons vu qui il est personnellement, qui il était dans l’éternité, maintenant, nous lisons ce qu’il est devenu dans le temps. Il n’est pas dit qu’il est devenu la Parole par l’incarnation, mais que la Parole devint chair.

Cet événement extraordinaire — l’incarnation de la Parole éternelle — nous incite à attendre des résultats immenses et bénis. Trois des effets les plus remarquables de l’incarnation sont placés devant nous dans ces versets. Premièrement, la révélation des relations éternelles entre les personnes divines ; deuxièmement, l’attitude de Dieu envers l’homme ; troisièmement, la révélation de Dieu dans sa plénitude.

Les relations éternelles entre les personnes divines. La Parole étant devenue chair, l’apôtre peut dire : « Nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père ». La gloire qu’ils ont contemplée ne provenait pas de l’humanité qu’il avait prise, mais de sa relation dans la Déité. Sa gloire était une gloire unique, celle d’un Fils unique, une relation goûtée dans la communion avec Dieu comme Père. Ainsi, en même temps que la réalité de son humanité est établie, la gloire de sa Personne est soigneusement sauvegardée.

L’attitude de Dieu envers l’homme. La Parole étant devenue chair, nous apprenons aussitôt ce que le cœur de Dieu recèle à l’égard de l’homme. Celui qui est devenu chair a demeuré au milieu de nous, « plein de grâce et de vérité ». Il est venu dans un caractère parfaitement adapté à l’homme. Il est venu non pas pour demander quelque chose de l’homme, comme dans la loi, mais en tant que donateur, pour apporter en grâce la bénédiction à des êtres indignes. De plus, la pleine vérité est venue avec Christ.

Tout ce que Moïse et les prophètes avaient affirmé était vrai, mais ce n’était pas la pleine vérité. La loi me déclare ce que je devrais être ; elle ne me dit pas ce que je suis. « Christ a montré non pas ce que les choses devraient être, mais ce qu’elles sont… Christ me dit la vérité sur toute chose, mauvaise ou bonne » (J.N.D.).

 

Ch. 1:15

Le témoignage de Jean le Baptiseur à cette glorieuse personne venue en chair est répété. Celui qui est plein de grâce et de vérité prend une place beaucoup plus grande dans le temps, de même qu’il existait avant Jean dans l’éternité.

 

Ch. 1:16, 17

En outre, la Parole devenue chair et demeurant au milieu de nous ne manifeste pas seulement la plénitude de grâce qui était en Christ mais, dit l’apôtre, « de sa plénitude, nous tous nous avons reçu, et grâce sur grâce ». Il était ici-bas non seulement pour manifester la grâce en lui-même, mais pour communiquer la grâce à d’autres, et cela en abondance — grâce sur grâce. La loi donnée par Moïse était un exacteur, demandant de l’homme ce qu’il devait être en relation avec Dieu et son prochain. La grâce, venue par Jésus Christ, apporte la bénédiction à l’homme selon ce qu’il est avec tous ses besoins, en même temps qu’elle maintient pleinement la vérité de tout ce que Dieu est dans sa sainteté infinie.

 

2.3   Ch. 1:18 — La révélation de Dieu.

La Parole étant devenue chair, Dieu est tout de suite pleinement révélé. Dans les jours de l’Ancien Testament, il y a eu de