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Entretiens sur la

 

 

Seconde Épître aux Thessaloniciens

 

 

 

TABLE DES MATIÈRES

 

1     REMARQUES PRÉLIMINAIRES

2     Chapitre 1:1-5.

3     Chapitre 1:5-10.

4     Chapitre 1:6-12.

5     Chapitre 2:1-12.

6     Chapitre 2:1-12.

7     Chapitre 2:13, 14.

8     Chapitre 2:15-17 et chapitre 3.

 

 

1                    REMARQUES PRÉLIMINAIRES

Dans nos «Entretiens sur la première Épître aux Thessaloniciens» nous avons remarqué que la venue du Seigneur pour enlever les saints auprès de Lui (l’espérance chrétienne proprement dite), qui forme le sujet capital de cette Épître, ne rentre, en aucune manière, dans le cadre de la prophétie. N’oublions pas cependant que ce mot : la Venue (ou Parousie) s’étend bien au delà de l’événement que nous venons de mentionner. Comme vous le savez tous, l’apparition du Seigneur (son Épiphanie) est le second acte de Sa venue : Il n’aura pas lieu, comme le premier acte, pour enlever les saints, mais pour les ramener avec le Seigneur.

Or c’est de l’apparition du Seigneur que la seconde Épître aux Thessaloniciens nous entretient.

Cependant, l’Esprit de Dieu ne sépare pas ces deux actes d’une manière absolue comme on pourrait l’attendre s’il s’agissait de logique humaine ; cela se comprend aisément, car l’Esprit de Dieu ne peut, tout en les différenciant, séparer sa grâce de sa justice, sa vérité de son amour, le royaume céleste de Christ de son royaume terrestre. De plus, les conseils de Dieu forment un ensemble dont toutes les parties se tiennent et se complètent mutuellement. Aussi la Parousie et l’Épiphanie, tout en étant distinctes, se relient nécessairement l’une à l’autre. De là l’expression que vous trouvez au chap. 2, vers. 8 : Le Seigneur consumera l’inique par le souffle de sa bouche et l’anéantira «par l’apparition de sa venue» (par l’Épiphanie de sa Parousie).

En contraste avec la première Épître, la seconde ne nous parle qu’une seule fois de Sa Venue, en l’isolant complètement de Son apparition (chap. 2:1), et ce passage, comme nous le verrons, résume par un seul mot le contenu de la première Épître.

Il y a donc un jour qui répond à notre espérance actuelle : le jour où le Seigneur viendra recueillir auprès de Lui tous les saints ressuscités et transmués — et un jour que nous attendons aussi, non pas au même moment, mais au même titre que le premier, parce que nous y aurons une part directe et immédiate, avec notre Sauveur : le jour glorieux où Il viendra avec tous ses saints, préalablement enlevés auprès de Lui, pour établir son royaume par les jugements qu’Il exécutera sur le monde.

Ce mot : «Les jugements» nous ramène nécessairement au contenu de la Prophétie. En effet, les temps et les événements prophétiques, caractérisés par les terribles calamités qui s’abattront sur les hommes, ne commenceront à se dérouler qu’après le moment où le Seigneur aura ravi auprès de Lui les saints de toutes les Économies, avec l’Épouse céleste, son Église. C’est alors que les choses futures (le triomphe apparent, mais momentané de Satan dans le monde) annoncées par tous les prophètes, se succéderont avec une rapidité foudroyante, pour atteindre leur point culminant dans l’Apostasie du Judaïsme et de la Chrétienté (abandon total de Dieu et de son Christ, reniement du Père et du Fils), la plus grande iniquité que le monde puisse encore ajouter au crime d’avoir crucifié le Fils de Dieu. Devant cette Apostasie finale, à la préparation de laquelle nous assistons de plus en plus, la colère et l’indignation de Dieu, différées jusqu’alors par sa longue patience envers les hommes, devront se donner libre cours.

Pour nous croyants, le premier acte de la Venue du Seigneur, sa Parousie, n’est pas, comme nous l’avons dit, un événement prophétique et n’a aucun rapport avec le jugement. Cet acte est l’aube du jour, le couronnement de la grâce, sujet délicieux pour le coeur des rachetés. Quand Jésus viendra ravir son Épouse auprès de Lui, ce ne sera pas pour manifester Sa gloire, aussi le monde ne Le verra-t-il pas, mais les croyants le verront sous les traits de sa grâce, connus d’eux seuls. Comme il était descendu en grâce dans ce monde, afin de laisser sa vie en rançon pour ses rachetés, il reviendra du ciel en grâce pour les rassembler autour de Lui et couronnera sa grâce en les introduisant dans la gloire. En effet, ce moment sera le triomphe définitif de la grâce. Ceux qui avaient appris à la connaître dans toute sa grandeur sur la croix vont en savourer le couronnement glorieux quand Jésus viendra recueillir tous ses saints auprès de Lui.

Pour le monde, qui ne verra ni ne saura rien de ce premier acte, le second, «l’Apparition de sa Venue», sera la lumière du soleil de justice. Elle consumera les incrédules, mais ce sera en vue de la gloire de Christ, afin d’établir sur la terre Son règne de justice et de paix (Mal. 4:1-3) .

Cette Épiphanie est l’apparition de sa gloire et nous verrons dans notre chapitre ce qui la caractérise. Il faut que le Sauveur, rejeté, crucifié et méprisé par le monde, soit glorifié comme Seigneur, et il le sera par le jugement. Ses ennemis seront détruits, mais ce ne sera pas le dernier mot de sa gloire : c’est, comme nous l’avons dit, par le jugement qu’il établira son Royaume. Alors «la terre sera pleine de la connaissance de la gloire de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer». Alors le glorieux diadème de Jésus ressuscité resplendira publiquement de toutes ses couronnes, celles du Messie, du Fils de Dieu, du Fils de l’homme, du Fils de David, du Souverain Sacrificateur assis sur son trône, selon l’ordre de Melchisédec. Il aura dans sa main un sceptre de fer pour paître les nations ou les briser à la moindre velléité de révolte ; mais il confiera ce sceptre aux saints célestes qu’il associera à son règne. Dans l’Ancien Testament, ses compagnons dans le royaume seront le Résidu fidèle d’Israël et les nations Lui seront soumises ; dans le Nouveau, les saints célestes régneront avec Lui, et l’Église, son Épouse, sera sa compagne sur Son trône.

 

Toutes les choses dont nous venons de parler appartiennent à la Prophétie.

Le Nouveau Testament, remarquons-le bien, a autant affaire à la Prophétie que l’Ancien, dès qu’il est question du gouvernement de Dieu sur la terre. Le Nouveau nous présente sans doute des sujets bien plus importants et plus élevés que celui-là, car il nous sort du domaine terrestre pour nous introduire dans le ciel et dans nos relations éternelles avec le Père et avec le Fils, mais, dès qu’il s’agit du gouvernement de Dieu, le Nouveau Testament redescend sur la terre et se meut au milieu des mêmes principes que l’Ancien, seulement, à la différence près qu’Israël dans l’Ancien Testament et dans le Nouveau Testament la Chrétienté occupent le devant de la scène.

Est-il besoin d’ajouter que la Prophétie de l’Ancien Testament comme celle du Nouveau, nous présente avant toutes choses les gloires de la personne de Christ en rapport avec Son gouvernement. Seulement le Nouveau, quand il parle «de la puissance et de la venue de notre Seigneur Jésus Christ», décrit ses gloires d’une manière infiniment plus riche et plus variée. Il suffit de lire l’Apocalypse pour juger de la différence.

L’Ancien Testament nous présente les jugements qui vont tomber d’abord sur Israël infidèle, puis sur les nations, Dieu sauvant finalement, à travers la «détresse de Jacob» et la «grande tribulation» , ceux du peuple ou des nations qui auront cru. L’Ancien Testament nous occupe donc, d’un côté du peuple juif, de l’autre, des nations auxquelles Dieu avait confié le gouvernement à la suite de l’infidélité d’Israël, et montre comment les jugements les atteindront tous afin d’établir le règne du Messie, seul gouvernement qui réponde parfaitement aux pensées de Dieu.

La Prophétie du Nouveau Testament diffère de celle-là. Après la réjection du Messie dont la dispersion d’Israël fut la conséquence, une chose nouvelle entre en scène : le Christianisme. Le Christ, livré par les Juifs et crucifié par les nations, ressuscite et monte à la droite de Dieu.

De là, par l’envoi du Saint Esprit, il forme son Église ici-bas, et il enlèvera à sa rencontre dans les airs cette Épouse qu’il s’est acquise.

Seulement, comme corps responsable dans ce monde, l’Église s’est entièrement corrompue. Aussi, dans le Nouveau Testament, la Prophétie nous présente, non pas les jugements sur le peuple juif ou les nations, dont elle ne parle qu’incidemment, mais sur la Chrétienté qui, au lieu d’être sanctifiée (d’être séparée pour Dieu), est devenue la sphère du trône de Satan, puis «la demeure des démons et le repaire de tout esprit immonde». En effet, ce corps responsable, devenu la Chrétienté, atteindra son développement final dans «la grande Babylone» de la fin. C’est donc de la Chrétienté que notre Épître, de même que l’Apocalypse, nous entretiendra.

Néanmoins, quand il s’agit, dans le Nouveau Testament, des événements prophétiques de la fin, les destinées du peuple juif viennent s’y intercaler pour compléter le tableau (voyez, par exemple, le petit livre de l’Apocalypse, 10:8 à 11:13) . Ces destinées ne peuvent rester isolées des «choses qui doivent arriver bientôt», aussi, dans le Nouveau Testament, les jugements de ce peuple occupent-ils leur place spéciale parmi ceux de la Chrétienté.

Notre Épître en est un exemple. Nous y trouvons à la fois le jugement de la Chrétienté et la part que le peuple juif aura dans son apostasie, par le moyen de l’Antichrist, faux prophète, mais aussi faux Messie juif qui établira sa royauté à Jérusalem. Quand on se rend compte de cette distinction, l’on comprend pourquoi l’exposé des mêmes événements prophétiques a un caractère si différent dans le Nouveau et dans l’Ancien Testament, et aussi pourquoi une quantité d’événements prophétiques futurs, mentionnés dans le Nouveau Testament, ne le sont pas même une seule fois dans l’Ancien et vice versa. On comprend aussi combien est vaine la tentation d’harmoniser ces deux catégories de prophéties, les sujets qu’elles traitent étant toujours différents et souvent opposés.

 

Du commencement à la fin, le Nouveau Testament présente donc des parties prophétiques auxquelles, comme dit l’apôtre Pierre, «nous faisons bien d’être attentifs». Ainsi, par exemple, le chap. 24 de Matthieu contient une prophétie du Seigneur, ayant trait à «son jour» en rapport avec Israël et le royaume ; le chap. 25 une prophétie qui traite de la venue de l’Époux et de ce qui la suivra, ainsi que de la responsabilité de ceux qui ont porté Son nom en Son absence et des résultats futurs de leur conduite ; — et la fin de ce même chapitre une prophétie relative au règne de Christ, en rapport avec la manière dont les nations auront accueilli les frères juifs du Seigneur en son absence.

L’Apocalypse développe dans toute son étendue la Prophétie du Nouveau Testament, au sujet de la Chrétienté. Ce livre nous apprend le sort des nations chrétiennes, plongées, comme le peuple juif, dans l’Apostasie ; et l’établissement du règne de Christ sur les nations, règne qui aura pour centre la nouvelle Jérusalem, l’Épouse céleste.

Outre ces grands sujets, nous rencontrons constamment l’exposé de vérités prophétiques générales ou partielles dans tous les Évangiles et dans presque toutes les Épîtres, soit qu’il s’agisse du royaume de Dieu, ou des derniers jours, ou de la fin de toutes choses et des temps éternels. La seconde Épître à Timothée, l’Épître de Jude, la seconde Épître de Pierre, en offrent des exemples frappants.

Parmi les Épîtres il en est une qui possède, par excellence, ce caractère prophétique, et c’est la seconde épître aux Thessaloniciens, dont nous commençons la lecture ce soir. Nous y apprenons ce qu’aucune autre partie de l’Écriture ne montre d’une manière aussi évidente, quel sera le jugement du Méchant, de l’Antichrist, et quels seront les instruments de ce jugement ; elle nous décrit les caractères effrayants de cet «homme de péché», dernière incarnation de Satan, qui non seulement blasphémera le nom du Père et du Fils, mais se présentera au monde entier comme étant Dieu et se fera adorer comme Dieu.

Tous ces caractères prophétiques du Méchant sont mis en relief dans notre Épître ; et les événements qui accompagneront le jour du Seigneur en rapport avec la Chrétienté y sont tout aussi clairement exposés que dans l’Apocalypse, quoique d’une manière plus succincte.

 

C’est donc par le jugement que sera établi le Royaume de Dieu. Les tribulations que les chrétiens supportent sont une démonstration de ce juste jugement, afin qu’ils soient «estimés dignes du Royaume de Dieu» (1:5) .

Ces mots : «le Royaume de Dieu» s’accordent avec le caractère prophétique de notre Épître. Dans les Épîtres, le Royaume de Dieu est envisagé d’habitude sous son caractère moral et comme puissance spirituelle (voyez, par exemple, Rom. 14:17 ; 1 Cor. 4:20) ,mais ici nous trouvons, au point de vue prophétique, le Royaume à la fois céleste et terrestre. Il sera inauguré par l’apparition du Seigneur lorsque les saints, recueillis auparavant par Lui dans le ciel, seront révélés en public, comme faisant partie de ce Royaume auquel ils appartenaient déjà spirituellement. En Apoc. 1:9, Jean déclare avoir part avec ses frères «à la tribulation et au Royaume et à la patience» de Jésus Christ, pensée exprimée dans le passage des Thessaloniciens que nous venons de citer. Quand le Royaume de Dieu sera pleinement établi par l’apparition du Seigneur, non seulement les saints glorifiés régneront sur la terre (Apoc. 5:10), mais les parties céleste et terrestre du royaume se répondront mutuellement dans une parfaite harmonie.

Aujourd’hui le Royaume de Dieu existe d’une manière mystérieuse, mais réelle, sous forme de Royaume des cieux, en l’absence du Roi. En apparence le «Maître du champ» dort ; en réalité, il fait concourir la méchanceté des hommes et toute la haine de Satan contre Lui à l’accomplissement de ses desseins. Le jour est proche, où le résultat du gouvernement occulte de Dieu sera mis en pleine lumière, où l’on verra que le mal lui-même a concouru au triomphe définitif du bien, à l’établissement d’un règne de paix, de justice et de gloire sous le sceptre de Christ, et où les conseils éternels de Dieu auront enfin abouti, en glorifiant Christ et ceux qui ont souffert avec Lui.

 

J’ajouterai encore un mot à ces Remarques préliminaires :

En nous occupant des Prophéties, il nous faut éviter un écueil, et pour mon compte, étant plus ou moins familier avec ces sujets, je sens très vivement ce danger. Quand la Parole nous présente les événements prophétiques de la fin, nous ne devons pas y chercher, tout intéressants qu’ils soient, un aliment pour notre curiosité, ou céder au besoin de les coordonner et d’en former un tout logique qui, s’accordant avec notre raison humaine, satisfasse son désir de clarté, d’ordre et de symétrie. Tel n’est pas, soyez-en certains, le but de la Prophétie, but que la seconde Épître aux Thessaloniciens met précisément en pleine lumière. Elle décrit, sans doute, avec détail les événements qui accompagneront le jour du Seigneur, mais elle est, comme toute Prophétie, une «Révélation du Seigneur Jésus» (1:7) . C’est ainsi que le premier chapitre nous présente le Seigneur, venant comme Juge, pour revendiquer ses droits sur le monde, mais aussi associant tous ses rachetés à cette Révélation de Lui-même, perspective qui remplit nos coeurs de reconnaissance et de joie. En même temps que Sa sainteté et Sa justice, les conseils les plus secrets de Dieu, les pensées d’amour de Christ à l’égard des siens, nous sont dévoilés, car il donne «la grâce», comme nous le voyons dans la première Épître, et «la gloire», comme nous le voyons dans la seconde (cf. Ps. 84:12) . Qu’elle est merveilleuse cette parole : «Il viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru !»

Si nous ne lisions pas cette admirable Épître avec la pensée d’y contempler les gloires de notre Sauveur, manifestées aux yeux de tous, gloires auxquelles nous aurons part quand Il viendra exercer ses jugements sur le monde, nos âmes en perdraient tout le bénéfice. Pour éviter la tentation de mettre les multiples événements prophétiques au premier plan, nous avons besoin d’un oeil simple, attaché sur un seul et unique objet, la personne du Seigneur.

Lisons donc cette Épître dans cet esprit-là ; nous y puiserons de nouvelles provisions dans «les richesses insondables de Christ» ; nos coeurs seront remplis d’adoration pour Lui, et la perspective de sa «Venue avec tous ses saints» nous affermira dans l’espérance de Son apparition. Avant de commencer le premier chapitre, je désire encore vous faire remarquer que ces Entretiens ont pour but, non pas l’enseignement, mais l’édification. Ils n’ont pas non plus l’intention de répéter ce que de chers serviteurs de Dieu nous ont souvent exposé dans leurs écrits, écrits dont je ne puis trop vous recommander la lecture et l’étude diligente. Cette remarque me fournit l’occasion d’exprimer un désir pour nous tous. Chaque fois que nous lisons la Parole, plaçons-nous en premier lieu, non pas devant l’enseignement des autres, quelque profit que nous en puissions tirer, mais devant l’enseignement de Dieu lui-même par le Saint Esprit. Ce sera le moyen d’apprendre des vérités utiles et profitables pour les jours mêmes que nous traversons, et je vous engage à user constamment de ce moyen ; il n’y a de progrès réels dans la vérité, que de cette manière. Estimons très haut les dons qui servent à l’édification du corps de Christ, tout en contrôlant avec soin leur enseignement par les Écritures, et ne nous berçons même pas de l’illusion que Dieu nous révélera de nouveau personnellement, sans tenir compte des enseignements qui ont précédé, les vérités qu’il nous avait fait connaître par d’autres. Une telle prétention ne serait que de l’orgueil spirituel. Mais j’insiste sur ceci : c’est que chacun de nous vive individuellement de la Parole, afin qu’elle soit en nous non une lettre morte, ni une doctrine orthodoxe sans fruit, mais une parole vivante. Ne soyons pas non plus tentés d’étaler, comme provenant de nous, les connaissances que nous avons reçues de nos frères. Il va sans dire que la Parole, dans ses grands traits, présentera à tous ceux qui lui sont véritablement soumis les mêmes vérités, qu’ils n’auraient sans doute pas même entrevues, sans l’action puissante de l’Esprit par des serviteurs privilégiés du Seigneur (et combien sont à plaindre ceux qui ne savent ou ne veulent pas profiter de leur enseignement), mais nous sommes tous appelés à faire sous cette même direction de l’Esprit des découvertes personnelles dans le champ divin et inépuisable de la parole de Dieu.

2                    Chapitre 1:1-5.

L’apôtre dit au verset 3 : «Nous devons toujours rendre grâces à Dieu pour vous, frères, comme il est juste, parce que votre foi augmente beaucoup et que l’amour de chacun de vous tous, l’un pour l’autre, abonde».

Ces actions de grâces, semble-t-il, se rapprochent beaucoup de celles de la première Épître ; elles en diffèrent cependant, et nous font constater tout d’abord un progrès réel chez les Thessaloniciens. Dans la première Épître (3:10), l’apôtre avait désiré «suppléer à ce qui manquait à leur foi» qui avait alors quelque chose de défectueux ; mais maintenant «leur foi augmentait beaucoup». Dans la première Épître, l’apôtre les exhortait à «abonder et à surabonder en amour les uns envers les autres» (3:12) ; il pouvait dire ici : «L’amour de chacun de vous tous, l’un pour l’autre, abonde». Ses exhortations avaient donc produit leur fruit et les Thessaloniciens comprenaient et réalisaient ce que l’Esprit de Dieu avait voulu leur faire entendre.

Cependant, au milieu de ces progrès réels, une petite fissure, si j’ose m’exprimer ainsi, s’était produite dans leur espérance. Paul ne leur dit plus, comme dans la première Épître : «Nous souvenant de votre patience d’espérance» (1:3), mais : «nous nous glorifions de vous, dans les Assemblées de Dieu, au sujet de votre patience» (2 Thess. 1:4) . Il leur manquait une chose dont on s’apercevait à peine, car leur patience dans l’épreuve était encore en voie d’accroissement. Ils étaient bien loin, nous venons de le voir, d’abandonner leur premier amour, comme l’Église d’Éphèse, au chap. 2 de l’Apocalypse ; mais Satan qui avait essayé jadis, sans y réussir, de leur faire perdre leur foi (1 Thess. 3:5), changeait maintenant de tactique et cherchait, par la tribulation, à ébranler, pour la leur ravir ensuite, l’espérance qui les avait si merveilleusement soutenus jusqu’ici.

Au verset 5 du chap. 3, l’apôtre leur dit : «Que le Seigneur incline vos coeurs à l’amour de Dieu et à la patience du Christ». Il ne dit pas : «à la patience», car ils l’avaient, mais «à la patience du Christ», car il veut ramener leur amour et leur espérance à leur centre et à leur objet. En même temps qu’il rattache leur espérance à Christ, il le leur présente, Lui, dans ce passage, comme le modèle parfait de la patience. C’est à quoi aussi nous sommes appelés, nous chrétiens, dans ces jours fâcheux du déclin, où tout semble crouler autour de nous. «Parce que tu as gardé la parole de ma patience», dit le Seigneur à Philadelphie. Quand notre coeur est rempli de la «patience du Christ», nous pouvons traverser, sans en être ébranlés, les tribulations actuelles, sachant que le moment n’est pas éloigné où, par la venue de notre Sauveur bien-aimé, nous serons gardés «de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière» (Apoc. 3:10). Dans notre Épître, les Thessaloniciens étaient en danger de perdre leur espérance au milieu de la tribulation, en danger de regarder, comme l’apôtre Pierre, les flots irrités prêts à les engloutir, au lieu de fixer leurs yeux sur Jésus seul.

En effet, ces jeunes croyants traversaient, dans ce moment-là, une persécution sans précédent, suscitée par Satan pour leur ravir l’attente du Seigneur. Il cherchait à leur persuader que, s’ils souffraient pareillement, c’était parce que le jour du Fils de l’homme, le jour de la grande tribulation, suivie du jugement final, était déjà arrivé. Or, si ce jour «était là», leur espérance de la venue du Seigneur pour les en délivrer, était une illusion à laquelle ils devaient renoncer.

Mais, bien loin d’être un jugement de Dieu sur eux, cette persécution était une épreuve de leur foi qui devait être «trouvée à louange, et à gloire, et à honneur, dans la révélation de Jésus Christ» (1 Pierre 1:7). De plus, Dieu enregistrait leurs souffrances, car il n’oublie rien de ce que les hommes ont fait aux siens, soit en bien, soit en mal. Un jour arrivera, en effet, où les peines que les fidèles ont subies de la part du monde seront une démonstration que le jugement de Dieu sur les hommes est juste. Quand le Seigneur apparaîtra, leur attitude à l’égard des enfants de Dieu sera manifestée comme n’étant, au fond, qu’hostilité contre Christ lui-même. Le monde s’en doute à peine : il considère comme chose légère, ses calomnies, sa malveillance au sujet de la conduite des enfants de Dieu. Les accusations des hommes sont, hélas ! trop souvent justifiées ; cependant, loin de provenir chez eux d’une soif de justice et de sainteté, ou de zèle pour le bien, elles n’ont au fond d’autre origine que la haine qui les a portés jadis à crucifier le Fils de Dieu. Mais le jour viendra où les secrets des coeurs seront mis à nu et où il sera démontré que ni Satan, ni le monde, n’avaient le droit de condamner ceux que Dieu justifie. S’ils doivent endurer de la part de Dieu des peines comme discipline ici-bas (et cela, à combien juste titre !) il arrivera un moment où, en face de tous leurs adversaires, il sera dit, non pas : «Qu’ont-ils fait ?» mais : «Qu’est-ce que Dieu a fait ?» (Nomb. 23:23) .

L’apôtre ajoute : Vos tribulations sont une démonstration du juste jugement de Dieu «pour que vous soyez estimés dignes du royaume de Dieu pour lequel aussi vous souffrez». Ces mots «estimés dignes» se rencontrent encore dans trois passages :

Luc 20:35 met en contraste «les fils de ce siècle» avec ceux qui sont «estimés dignes d’avoir part au siècle futur et à la résurrection d’entre les morts». En Luc 21:36, les disciples sont exhortés à veiller et à prier en tout temps, afin d’être estimés dignes «d’échapper au jugement et de se tenir devant le Fils de l’homme». En Actes 5:41, les apôtres se retirent de devant le sanhédrin, «se réjouissant d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Christ». Les pensées exprimées dans ces trois passages le sont aussi dans le nôtre. Les Thessaloniciens traversaient la tribulation pour le nom de Christ, et par cela même étaient estimés dignes d’échapper au jugement et d’avoir part au royaume de Dieu. Souffrir pour Christ est une dignité que Dieu nous confère en faisant de nous les compagnons d’un Jésus rejeté. Estimons-nous la souffrance avec Lui comme un grand sujet de joie ? Savons-nous que la croix est le chemin qui nous amène dans la même gloire que Lui ? Désirons-nous ardemment, comme l’apôtre Paul, connaître la communion de ses souffrances, afin de parvenir à la résurrection d’entre les morts, dans laquelle notre Seigneur nous a devancés ? (Phil. 3:10, 11).

Nous n’insistons pas ici sur les souffrances traversées comme châtiment ou comme discipline, car il ne peut être dit d’elles que nous soyons estimés dignes de les endurer. Cependant nous ne devons pas oublier que, chez le croyant, une certaine discipline est toujours inséparable de l’épreuve de la foi. Les hommes de Dieu les plus éminents, n’étant autre chose que des êtres faibles et imparfaits, nous en offrent constamment l’exemple. L’apôtre Paul «mourait chaque jour» : la mort opérait en lui afin que la vie pût opérer dans ses chers Corinthiens. Il lui fallait un ange de Satan pour le souffleter, afin que la vertu de Christ se manifestât pleinement dans son infirmité. L’apôtre Pierre en étant «conduit où il ne voulait pas», pouvait glorifier Dieu dans sa mort (Jean 21:18) .

Cette même vérité ressort de l’histoire prophétique du Résidu d’Israël. Ces fidèles traverseront la grande tribulation comme discipline, pour être amenés à la repentance nationale, mais ils l’aborderont aussi avec intégrité de coeur, dans une marche sainte, et dans la soumission à la loi de l’Éternel (voyez Ps. 1), en sorte que l’Esprit de Dieu leur rendra témoignage qu’ils sont irréprochables et dignes de suivre l’Agneau où qu’il aille (Apoc. 14:4, 5) .

Il doit en être de même pour nous. Ne nous contentons pas de voir, dans la réprobation du monde, une discipline préventive ou un châtiment pour l’inconséquence de notre marche, ce que, dans une certaine mesure, les afflictions seront toujours, mais soyons heureux d’être estimés dignes de souffrir injustement pour l’Évangile, pour le nom de Christ, et pour son témoignage. Alors aussi nous serons estimés dignes du royaume de Dieu pour lequel nous aurons souffert. Ah ! combien peu nous connaissons ce que sont les souffrances pour la justice et pour le Seigneur, ce que c’est que d’être estimés dignes d’avoir part avec Lui !

Et, de fait, Lui seul a été estimé digne d’une gloire bien plus excellente que celle du plus saint d’entre les hommes pécheurs (Héb. 3:3) ; Lui seul a été estimé digne d’accomplir tous les conseils de Dieu et de mener à bonne fin toutes Ses voies pour établir son royaume (Apoc. 5:4, 9) ; Lui seul n’a jamais eu besoin, comme nous, d’être formé à l’image de Dieu par la discipline ; Lui seul a été éprouvé sept fois, sans qu’il sortît du creuset autre chose qu’un or absolument pur de tout alliage. Aussi, quand sa grâce nous aura façonnés pour nous rendre dignes de sa gloire et de son royaume, le proclamerons-nous seul digne de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et bénédiction !

3                    Chapitre 1:5-10.

Il est important de faire ressortir un point de contact entre la première et la seconde Épître aux Thessaloniciens. Bien que la première nous parle tout spécialement de la venue du Seigneur pour enlever son Église, elle ne manque pourtant pas à la fin d’établir le contraste entre cette espérance et le jour du Seigneur. Après avoir montré au chap. 4 que Jésus, quand il apparaîtra, amènera avec Lui les saints endormis, l’apôtre aborde, dans le chap. 5, le jour du Seigneur, le distinguant absolument de la venue du Sauveur pour prendre ses rachetés auprès de Lui. Dans ce chap. 5, le jour a un seul caractère : Le Seigneur y exercera son jugement sur le monde ; une ruine subite viendra sur les hommes quand ils diront : «Paix et sûreté», et ils n’auront plus aucun moyen d’échapper à cette calamité, tandis que les chrétiens, étant actuellement fils de la lumière et fils du jour, ne pourront être atteints par lui.

La seconde Épître continue, pour ainsi dire, le sujet de ce chap. 5, mais elle en diffère en ce que le jour du Seigneur y a deux caractères au lieu d’un seul. Le premier de ces caractères (correspondant à 1 Thess. 5) est le jugement qui s’abattra sur le monde à la Révélation de Jésus Christ ; le second est la Révélation de Sa gloire dans ses rachetés. Cette gloire sera, sans doute, Sa propre gloire, «la gloire de Sa force», mais «Il viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru». Ceux qui ont mis leur confiance dans le Seigneur Jésus, hériteront de cette gloire avec Lui, mais, bien plus encore, ils en seront les porteurs. Leur position dans la gloire manifestera devant tous les yeux la gloire de Christ Lui-même. Nous en jouirons sans doute avec Lui, mais nous disons que ce passage nous apprend une chose infiniment plus merveilleuse que notre propre gloire, nous y apprenons que le Seigneur Jésus fera de nous, quand Il apparaîtra, les pierres précieuses qui seront le resplendissement de sa glorieuse couronne, et qui refléteront partout, non ce que nous serons, mais ce qu’Il est Lui-même. C’est Lui qui sera glorifié, Lui qui sera admiré dans les siens, au jour de son Apparition.

La Parole nous entretient ici de cette pensée d’une manière toute particulière. Ce chapitre, lu à la lumière de la gloire de Christ, gloire dont nous ferons partie, nous fournit une édification qu’il ne pourrait jamais nous donner si nous n’avions en vue que nos bénédictions futures. Et même les jugements seront pour nous un sujet d’édification, car la gloire de Christ y sera manifestée.

Un autre point me frappe dans ces versets. Les récits prophétiques de l’Ancien Testament font mention, soit de la «détresse de Jacob» à travers laquelle passera le Résidu fidèle de Juda, soit de la «grande tribulation» qui atteindra aussi le monde entier. Or les chrétiens seront gardés loin de ce lieu et de cette heure. Cependant, comme nous le voyons ici (v. 4-6), il faut qu’ils traversent pendant leur carrière des persécutions et des tribulations. C’était aussi ce que le Seigneur annonçait à ses disciples : «Vous aurez de la tribulation dans le monde» (Jean 16:33). Cette tribulation peut être permise en vue de nous restaurer comme nous le voyons dans l’épître à l’Assemblée de Smyrne (Apoc. 2:9). Smyrne s’était confiée dans sa richesse, mais en un temps où elle était prête à s’établir confortablement sur la terre, le Seigneur permet la tribulation pour la ramener à Lui. Ce n’est pas proprement le cas ici. Sans doute le Seigneur voulait aussi enseigner aux Thessaloniciens, par cette épreuve, qu’ils étaient en danger de perdre quelque chose de leurs privilèges chrétiens, mais la tribulation qu’ils traversaient était avant tout un effort de Satan contre le témoignage de Christ et contre l’espérance des croyants en Sa venue. Il s’attaquait à leur espérance, comme nous l’avons vu, après avoir cherché précédemment à ébranler leur foi. Grâce à Dieu, les Thessaloniciens sont prémunis contre cette ruse de l’Ennemi qui tendait au naufrage de leur espérance. L’apôtre les encourage en leur montrant que, s’ils traversaient la tribulation, elle était le chemin de la gloire du Royaume.

Et maintenant, posons-nous cette question sérieuse : Souffrons-nous pour le royaume de Dieu ? Ignorons-nous peut-être ce que c’est que d’endurer de la part du monde des souffrances pour la justice ? Notre témoignage est-il accepté ou rejeté du monde ? Est-il en mauvaise ou en bonne odeur devant Dieu ? Remarquez que l’une de ces choses exclut l’autre. Quand le monde accepte notre témoignage, il nous appelle de «bons chrétiens». C’est ainsi qu’il appelle toujours les chrétiens qui abandonnent leur position de sainteté pour marcher plus ou moins avec lui. Quand le monde rejette notre témoignage, il nous met au rebut comme des balayures. Plus nous sommes fidèles, plus il nous hait. Je ne parle pas de ses critiques ; elles ne peuvent manquer, si nous donnons prise, par nos inconséquences, aux ennemis de Christ ; mais enfin, malgré nos manquements multiples, notre témoignage est-il tel que le monde soit obligé de reconnaître, bon gré, mal gré, que nos motifs, nos joies, notre activité, lui sont étrangers ? Ou bien notre vie chrétienne oblige-t-elle Dieu Lui-même à nous dire : Si je te donne la gloire, ce n’est pas que je t’estime digne de mon Royaume à cause de ta fidélité ?

Notre bien-aimé Sauveur n’a pas trouvé autre chose dans ce monde qu’une haine imméritée. Sans doute Dieu pourvut pendant son ministère à ce qu’il pût «boire du torrent par le chemin» pour le rafraîchir dans son pénible voyage. Une Samaritaine l’a reconnu comme le Christ, une Marie s’est tenue à ses pieds pour l’écouter, le prier ou l’adorer. Hormis de rares occasions, alors qu’auprès du Père tout était paix et «joie accomplie», ici-bas tout était souffrance pour Lui. Les hommes l’ont-ils jamais vu rire ? Le rire ne pouvait trouver place sur ce visage plus défait que celui d’aucun homme. Le rire lui était entièrement étranger. Le monde aime à rire et nous nous associons aisément à sa gaieté, car celui qui rit oublie un moment les soucis et les fardeaux de la vie ; Jésus ne les oubliait jamais. Est-ce qu’on rit quand on porte constamment sa croix ? Mais peut-être Jésus était-il d’une sévérité inaccessible ? Au contraire, il était accessible au faible enfant comme au plus déshonoré, au plus souillé, au plus humilié des pécheurs ; sa face d’homme de douleurs avait autant de sourires que de larmes ; car les uns comme les autres étaient le fruit de la grâce. «La grâce est répandue sur tes lèvres», dit le Psalmiste, mais cette grâce était inséparable de la vérité et de la justice, de l’indignation contre le mal et de la pleine manifestation du coeur de l’homme pécheur. Elle n’était pas l’amabilité qui cherche à plaire aux hommes, mais l’amour qui cherche à les gagner, à les délivrer de leur état de misère et d’abjection pour leur faire connaître le salut et le pardon, la paix et la joie ; elle était l’amour dans sa plénitude, joint à la douleur sur l’état auquel le péché avait réduit les hommes. Une compassion infinie remplissait le coeur humain et divin de Jésus. Il était venu au monde pour en apporter les preuves. Il pleurait en voyant les ailes sombres de la mort continuellement étendues sur la race déchue ; il pleurait sur Jérusalem vouée à la destruction et à un supplice sans précédent, pour n’avoir pas voulu écouter les appels pressants de sa tendresse. Oui, il était aussi entièrement étranger au rire qu’il était coutumier des pleurs et du sourire. Nous devons, si nous marchons à sa suite, éprouver cela : délivrés du péché, aiguillon de la mort, nous sentirons le poids terrible qui pèse sur les hommes, la puissance d’un Ennemi sans pitié qui les opprime, après les avoir réduits en esclavage, et nous leur ouvrirons la porte de l’Amour. C’est l’Évangile. Le résultat sera, qu’au lieu de végéter dans notre égoïsme et notre sécheresse de coeur, l’amour de Christ, dont nous avons été nous-mêmes les objets, nous pressera, comme il étreignait l’apôtre, et nous fera supplier les hommes d’être réconciliés avec Dieu.

Satan sait beaucoup de choses ; il croit diriger les événements ; il en connaît les conséquences immédiates ; il redoute la venue du Seigneur et se hâte de pousser les âmes dans l’abîme avant qu’elles aient pu recevoir l’Évangile ; sa haine ne se ralentit pas ; mais il ne peut douter d’être précipité à la fin dans l’étang de feu. C’est ce que ses anges, les démons, savaient bien, quand ils demandaient à n’être pas «tourmentés avant le temps».

Dieu retient encore les derniers événements en vue de son témoignage. Ce témoignage dont les chrétiens sont les porteurs est accompagné de souffrances, qui sont appelées ici : «les tribulations que vous supportez» ; mais il aura bientôt pris fin, et nous serons dans le repos. «Si du moins», dit l’apôtre, «c’est une chose juste devant Dieu que de rendre la tribulation à ceux qui vous font subir la tribulation ; et que de vous donner, à vous qui subissez la tribulation, du repos avec nous dans la Révélation du Seigneur Jésus du ciel» (v. 6, 7) . Ce repos, nous ne l’aurons pas lors de la Révélation du Seigneur, mais dans cette Révélation. Cela veut dire que nous le posséderons déjà quand le Seigneur sera révélé, car sa Venue nous y aura introduits avant le jugement. Mais il dit : «le repos dans sa Révélation». Dans le moment même où tout sera bouleversé sur la terre, où les hommes tomberont sous les coups du jugement, révélé et exécuté en flammes de feu par les anges de Sa puissance, les saints seront dans le repos parfait. Toute l’activité déployée au milieu du jugement les trouvera dans le repos glorieux. De même, au milieu des éclairs, des voix et des tonnerres qui sortent du trône en Apoc. 4:5, l’on voit les saints glorifiés occupés, dans un parfait repos, à adorer Celui qui est au siècle des siècles.

Le Seigneur Jésus vient pour nous introduire dans ce repos. Il vient peut-être ce soir. Y a-t-il parmi nous quelqu’un qui ne l’attende pas ? Plus tard notre responsabilité sera mise en lumière devant le tribunal de Christ, où chacun recevra selon ce qu’il a fait dans le corps, soit bien, soit mal ; mais, quand il viendra en grâce, comme Étoile du matin, nous serons introduits dans le plein repos définitif qui ne sera pas même troublé par l’exécution du jugement. Nous y serons, au milieu des bouleversements de «l’heure de l’épreuve». C’est ce que nous attendons aujourd’hui, où le Seigneur peut à chaque instant faire entendre la voix de commandement et où tous les saints seront enlevés sur les nuées, en l’air, pour être toujours avec Lui.

4                    Chapitre 1:6-12.

Ceux qui ont fait subir la tribulation aux enfants de Dieu devront porter tout le poids de la tribulation finale. N’oublions pas, en effet, que notre Dieu est le Dieu des Rétributions : c’est par cette vérité que se termine toute la prophétie de Jérémie (Jér. 51:56) . Les caractères de Dieu sont infinis dans leur diversité, aussi comment prétendre les compter ? Nous le connaissons comme le Dieu de lumière, le Dieu d’amour, le Dieu saint, le Dieu juste, mais nous insistons ici sur le caractère, si important à maintenir dans les jours que nous traversons, que le Dieu juste est un Dieu de Rétributions. Il est frappant de voir combien de fois cette vérité nous est présentée par les prophètes. Les hommes s’en préoccupent aussi peu que possible. Pour atteindre leurs fins ils emploient la violence, l’injustice consciente, la cruauté, l’oppression, la ruse, l’hypocrisie, le mensonge, tous les artifices de Satan. Dieu dans le ciel leur paraît indifférent à leurs actes, quand eux-mêmes ne sont pas assez insensés pour l’invoquer comme complice de leurs iniquités, en criant : «Dieu est avec nous !». Et cependant ses yeux se promènent sur toute la terre ; il voit chaque infraction à la justice, à l’équité, il constate l’anarchie au lieu de l’ordre, le tort fait aux êtres sans défense, la férocité, la dureté envers le prochain, le cynisme sans retenue, la basse corruption, l’absence de cette pitié que l’on rencontre même chez des êtres dépourvus d’intelligence. Et Dieu se tait ! L’homme oublie ses méfaits, mais, dans le gouvernement divin, un moment arrive (des centaines d’années parfois après que l’acte, fût-il même isolé, s’est produit) où le jugement rétributif s’abat sur les individus, les familles, sur les rois ou les nations coupables, comme Moab envers Edom, comme la maison de Saül, alors qu’en exterminant les Gabaonites elle pensait servir Dieu !

Mais n’oublions pas non plus ce que ce passage nous apprend : Le Dieu des Rétributions est aussi le Dieu Rémunérateur. Il n’oublie pas plus un verre d’eau froide donné à l’un de ces petits, qu’il n’oublie la haine avec laquelle les hommes qu’ils suppliaient les ont repoussés. Il est aussi juste devant Dieu, de donner du repos à ceux qui subissent la tribulation, que de rendre la tribulation à ceux qui la font subir. Cette Rémunération est générale. Les chrétiens qui marchent fidèlement dans le monde peuvent s’attendre à n’y trouver, comme les Thessaloniciens, que de la souffrance, mais avec la certitude de la Rémunération. Énoch croyait que Dieu est le Rémunérateur de ceux qui le recherchent, Moise regardait à la Rémunération (Héb. 11:6, 26) . Il arrivera donc un moment où toutes les souffrances des croyants seront rémunérées dans la gloire. Je dis : seront rémunérées, parce que les hommes de foi des temps passés attendent encore leur récompense. Des siècles se sont écoulés depuis que ces Thessaloniciens, nos frères, ont souffert pour l’Évangile. Le moment arrivera où Dieu rémunérera leur fidélité, les ayant estimés dignes du Royaume, pour lequel ils ont souffert. Ils ont déjà trouvé leur place dans le ciel (nous, les vivants, nous ne l’avons encore qu’en espérance, par la foi et par l’Esprit), mais ils n’apparaîtront qu’avec nous, lors de la manifestation du Seigneur de gloire, après que nous aurons été ressuscités et transmués, ensemble avec eux, à la venue du Sauveur. Les deux domaines du Royaume, la sphère céleste et la sphère terrestre, nous appartiendront pour toujours avec le Seigneur Jésus, car il veut partager ce qu’il possède avec tous les saints glorifiés.

C’est pourquoi, comme nous l’avons dit, la venue du Seigneur n’est pas le seul événement sur lequel se fixe notre espérance ; nous attendons aussi Son apparition. Alors il fera «asseoir les siens avec Lui, sur son trône». Ne nous attachons donc pas seulement à la première, mais aussi à la seconde Épître aux Thessaloniciens, car elle est liée à la gloire de Christ, et cette dernière est liée à la Rémunération et aux couronnes.

L’apôtre dit à Timothée : «J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi ; désormais m’est réservée la couronne de justice que le Seigneur, juste Juge, me donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui aiment son apparition» (2 Tim. 4:7). À ce sujet je me demande si, au moment de dépouiller notre tente pour aller auprès du Seigneur, nous pourrions dire comme l’apôtre : «J’ai combattu le bon combat» ; j’ai rencontré et vaincu, pendant ma vie chrétienne, les puissances spirituelles de méchanceté qui voulaient m’interdire de prendre possession de mon héritage céleste ou qui cherchent à empêcher les hommes de se tourner vers le Seigneur. Nous avons, en effet, à livrer un combat continuel pour nous-mêmes, pour les hommes, ou encore pour nos frères — pour ceux qui, comme Lot, sont captifs de l’Ennemi ou qui ont besoin d’être maintenus dans le chemin du témoignage. Avons-nous combattu, comme Paul dès sa conversion ? Avouons avec une profonde humiliation que nous avons peu lutté pour la cause de notre Maître !

Mais encore, avons-nous, comme Paul, «achevé la course», persévéré jusqu’au bout dans ce premier élan de la foi qui nous avait portés en avant pour saisir le but proposé ? L’apôtre savait, au moment où le Seigneur allait le rappeler à Lui, qu’il touchait déjà, comme de la main, le but pour le saisir. Pouvons-nous parler de même ? Nous avons, sans doute, fait quelquefois l’heureuse expérience de jours où nous ne tenions pas compte des obstacles pour atteindre le but ; mais, dans les intervalles, combien de temps d’arrêt et de lassitude, occasionnés par quelque difficulté que notre chair jugeait insurmontable, et que nous avons préféré ne pas aborder, parce que pour la surmonter il aurait fallu un effort de foi, comme celui de Jonathan devant le Botsets et le Séné des Philistins ! La Parole place devant nos yeux ces grands exemples de fidélité pour que nous nous demandions : As-tu combattu de même, et, de même, achevé la course ?

Paul dit encore : «J’ai gardé la foi». Est-ce bien le caractère des enfants de Dieu de nos jours ? La foi, cet ensemble de la doctrine chrétienne, contenue dans les Saintes Écritures, nous est confiée comme un dépôt que nous devons garder précieusement. Paul l’avait gardée. Oh ! puissions-nous, dans ce siècle d’abandon de la Parole de Dieu qui inaugure l’apostasie finale, être au moins d’entre les quelques-uns qui peuvent dire avec l’apôtre : «J’ai gardé la foi». Mais, hélas ! en cela aussi l’exemple de ce fidèle serviteur du Seigneur est fait pour couvrir de confusion les chrétiens d’aujourd’hui.

Cependant il nous reste une promesse consolante : «la couronne de justice» que le Seigneur donnera, non seulement à l’apôtre, mais «à tous ceux qui aiment son apparition». Si, quant au combat, à la course et à la vérité chrétienne, nous sommes restés en arrière de ce cher serviteur de Dieu, puissions-nous dire au moins que nous aimons son apparition ! Il peut nous arriver de connaître la venue (Parousie) du Seigneur, et de la prêcher tout en montrant peu de fidélité dans notre marche, parce que nos coeurs rusés se disent que notre responsabilité ne sera pas mise en question dans ce moment-là, mais il n’en peut être de même pour son apparition (Épiphanie) ; c’est alors que sera révélé publiquement ce que nous avons été pour Christ dans notre vie ici-bas. Aimer son apparition, c’est réaliser journellement que nous serons manifestés dans la pleine lumière de la présence de Dieu, devant le tribunal de Christ, car toute la question de notre responsabilité chrétienne se rattache à son apparition. Or Paul n’attendait pas ce moment pour être manifesté ; il disait : «Nous avons été manifestés à Dieu, et j’espère aussi que nous avons été manifestés dans vos consciences» (2 Cor. 5:11).

Que Dieu nous donne de pouvoir parler ainsi en toute vérité. Si nous avons manqué, humilions-nous, et nous avons lieu de le faire chaque jour, mais soyons remplis du désir d’être transformés à l’image de Christ et de lui être conformes quand il apparaîtra pour être glorifié dans ses saints et être rendu admirable dans tous ceux qui auront cru.

«La Révélation du Seigneur Jésus» au v. 7, est sa Révélation en gloire ; mais il y en a eu une première en grâce. Le Fils de Dieu est descendu dans ce monde en grâce pour révéler le Père. Il vient, comme petit enfant dans la crèche ; et devant les bergers qui gardent leurs troupeaux le choeur des anges célèbre la gloire de sa grâce et le bon plaisir de Dieu dans les hommes. Il se présente au baptême de Jean ; le ciel s’ouvre sur Lui et l’Esprit de Dieu descend en grâce comme une colombe, sur cet homme. Tout son ministère est compris dans cette parole : «grâce sur grâce». Il meurt sur la croix, et dans le lieu même où le jugement l’atteint, la grâce est révélée dans sa plénitude. Il ressuscite, monte au ciel, nous y prépare une place, et intercède pour nous — tout cela n’est pas autre chose que la grâce. C’est en grâce qu’il revient du ciel «comme Sauveur», comme «Étoile resplendissante du matin», afin de nous introduire dans la maison du Père. Nous vivons dans le temps de cette Révélation de la grâce qui sera terminée par Sa venue. Alors commencera pour nous le repos éternel de l’amour. C’est le sujet de la première Épître aux Thessaloniciens : Il vient nous prendre, et «nous serons toujours avec le Seigneur» (1 Thess. 4:18). La seconde Épître ne nous présente pas Sa Révélation en grâce, mais Sa Révélation en gloire, Révélation qui a son point de départ dans le ciel, et non sur la terre comme celle de la grâce. C’est «la Révélation du Seigneur Jésus du ciel avec les anges de sa puissance, en flammes de feu». Les anges de sa puissance seront ses instruments pour exercer les jugements sur la terre en vue d’y établir son Royaume. Sa révélation en grâce aboutit et se termine dans son Royaume céleste où nous sommes déjà transportés par la foi, avant d’entrer en possession de notre héritage ; sa Révélation en gloire a pour conséquence l’établissement de son Royaume terrestre, dans lequel les saints célestes auront part avec Lui. Mais il faut auparavant que «la vengeance soit exercée» contre deux classes d’hommes (v. 8) : D’abord «contre ceux qui ne connaissent pas Dieu». Ce sont les nations païennes qui, tout en ayant, par la création, la révélation de «la puissance éternelle de Dieu et de sa divinité», auraient dû le reconnaître et le glorifier dans ses ouvrages, en sorte qu’elles sont «inexcusables» (Rom. 1:19, 20) . Ensuite «contre ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus Christ». Ils représentent la profession chrétienne sans la vie.

«Obéir à l’Évangile» est un terme qui ne s’emploie guère dans l’évangélisation actuelle. Cette dernière oublie souvent que l’Évangile est composé de deux éléments. Le premier élément est le jugement absolu de Dieu sur l’homme, vérité que nous rencontrons à chaque pas dans le Nouveau Testament. C’est pourquoi l’apôtre dit que «Dieu jugera par Jésus Christ les secrets des hommes, selon son Évangile» (Rom. 2:16). Sans doute l’Évangile est la bonne nouvelle de la grâce de Dieu, mais basée sur le fait que l’homme est complètement perdu, condamné sans ressource, séparé de Dieu par le péché, car il n’y en a «pas un qui fasse le bien, non, pas même un seul». Reconnaître ces choses, c’est «obéir à l’Évangile». Il faut que le pécheur se soumette à cette sentence, prononcée sur l’homme par la parole de Dieu (1 Pierre 4:17). C’est «l’obéissance de la foi» (Rom. 1:5) , car obéir à l’Évangile est inséparable de la foi. Jamais, sans la foi, l’homme ne se croira entièrement perdu, et n’acceptera la sentence qu’il n’y a point de bien en lui. Tous ses actes religieux manifestent cette incrédulité. Les hommes, absolument ignorants d’eux-mêmes, veulent mériter quelque chose de Dieu. Plusieurs haïssent l’Évangile de Christ, mais ceux qui ont quelque conscience cherchent à s’améliorer pour se mettre en règle avec Dieu. Faire cela est aussi bien désobéir à l’Évangile que d’être un ennemi avoué de la personne de Christ.

Ici, nous rencontrons le second élément de l’Évangile. Dieu est venu chercher et sauver, non des justes, mais ce qui est perdu. C’est la grâce, présentée aux âmes, en même temps que leur état de perdition. «Obéir à l’Évangile» est donc reconnaître cet état en la présence de Dieu et accepter la bonne nouvelle de la grâce, «l’Évangile de notre Seigneur Jésus Christ». Au moment où le Seigneur paraîtra dans le ciel avec les anges de sa puissance, tous les hommes qui se trouveront dans cet état de désobéissance — chose terrible — subiront «le châtiment d’une destruction éternelle de devant la présence du Seigneur et de devant la gloire de sa force» (v. 9) . La destruction éternelle n’est pas, comme certains hommes le pensent et comme de faux docteurs l’annoncent pour rassurer les pécheurs, l’annihilation du méchant. Une ville détruite n’est pas annihilée et contient toujours les matériaux de sa ruine. Ceux qui appartiennent à la profession chrétienne sans la foi subiront une destruction éternelle loin de la présence du Seigneur, dans les ténèbres du dehors et dans une misère sans nom. Ils comprendront alors qu’ils ont manqué une occasion qui ne se retrouvera jamais. La désolation est bien le mot qui exprime ce qu’est la destruction. Les pleurs du désespoir jaillissent des yeux des réprouvés ; ils désirent obtenir un soulagement qui ne viendra jamais ; dans leur rage impuissante ils grincent des dents contre Satan qui les a conduits à leur perte éternelle et ils n’ont, pour s’en repaître, que la corruption qu’ils ont aimée, qu’ils détesteront, mais trop tard, et qui restera éternellement attachée à eux comme le ver l’est à la pourriture du cadavre.

Effrayante perspective ! mais, quand il s’agit des rachetés, quel contraste ! Le Seigneur «viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru».

Sa révélation en gloire a deux faces : d’un côté il sera glorifié par le jugement, de l’autre glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru. Admiré ! Aux yeux de l’Univers nous serons personnellement le moyen de rendre admirable dans ce jour-là Celui en qui nous avons cru et pour qui nous avons souffert. La gloire de Jésus qui nous a sauvés, nous ses ennemis, qui nous a donné la vie éternelle, ressortira par nous quand il nous aura introduits dans la gloire avec Lui. Quand, dans «la régénération», le monde contemplera le Seigneur de gloire, il portera les yeux sur la Nouvelle Jérusalem, sur l’Assemblée dont il est dit : Elle descend «du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu» (Apoc. 21:10) . Cette Nouvelle Jérusalem sera, dans l’éternité, «l’habitation de Dieu avec les hommes» (Apoc. 21:3). Aujourd’hui, l’Église, loin d’être un sujet d’admiration, est un objet d’humiliation et de honte, mais le jour viendra où le Seigneur sera admiré d’avoir réussi, par toutes ses voies de salut, de discipline, de sanctification et de jugement, à revêtir de Sa gloire de pauvres êtres perdus, ou inconséquents et infidèles comme nous.

L’apôtre termine le premier chapitre par ces mots : «Notre témoignage envers vous a été cru. C’est pour cela que nous prions aussi toujours pour vous, que notre Dieu vous juge dignes de l’appel, et qu’il accomplisse tout le bon plaisir de sa bonté et l’oeuvre de la foi en puissance, en sorte que le nom de notre Seigneur Jésus Christ soit glorifié en vous, et vous en Lui, selon la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ» (v. 10-12) .

Ces mots : «vous en Lui» signifient que nous sommes glorifiés en Lui devant Dieu. Cette glorification est parfaite, car Dieu nous voit dans la personne de son Bien-aimé, comme il est dit : «Ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés» (Rom. 8:30) . Par la grâce, nous sommes glorifiés en Lui actuellement et nous ne pouvons l’être davantage.

Mais, d’autre part, Dieu veut que «le nom de notre Seigneur Jésus Christ soit glorifié en nous», c’est-à-dire que notre conduite le glorifie en son absence. Il est dans le ciel, mais il veut être représenté par nous, dans ce monde, d’une manière qui l’honore ; il faut que notre marche glorifie le nom précieux que nous portons. Dans quelle mesure le faisons-nous ? En contemplant ce que Christ est devant Dieu, je l’y vois dans la perfection de Sa gloire ; quand je pense à ce que je suis devant Dieu en Christ, je m’y trouve encore dans la même perfection glorieuse ; mais si je pense à la manière dont Christ est glorifié en moi devant le monde, c’est pour moi un sujet perpétuel d’humiliation, car je réponds d’une misérable manière à ce que Dieu attend des siens. Afin qu’une telle chose pût être réalisée dans les Thessaloniciens et que le nom de Christ fût glorifié en eux, il ne suffisait pas qu’ils fussent attachés au Seigneur Jésus, il fallait que l’apôtre fût «toujours en prières pour eux» pour que Dieu les jugeât «dignes de l’appel», de cet appel dont la première Épître nous dit (2:12) : «Dieu nous appelle à son propre Royaume et à sa propre gloire». Or c’est précisément le sujet qui remplit notre premier chapitre. S’agit-il d’un honneur à conférer dans une monarchie, le souverain écoute les personnes qui recommandent le candidat ou intercèdent en sa faveur. C’était ainsi que l’apôtre priait toujours pour les Thessaloniciens ; mais, en fin de compte, tout dépendait de la puissante grâce de Dieu et non des mérites de l’individu. Pour qu’ils fussent jugés dignes du Royaume et de la gloire, il fallait que Dieu «accomplît tout le bon plaisir de sa bonté» envers eux — c’est la grâce ; «et l’oeuvre de la foi» en eux. —  c’est la puissance. Ainsi Christ peut être glorifié ici-bas, en attendant qu’Il le soit dans ses saints lors de son Apparition.

Ce sera toujours dans l’humiliation que son Nom sera glorifié dans ses saints ici-bas. La chair n’y a aucune part ; tout dépend de l’oeuvre de la grâce dans nos coeurs. Somme toute, la grâce seule peut nous juger dignes du Royaume et de la gloire, en vertu de ce que Dieu fait en nous et pour nous. Il ne nous juge dignes d’entrer dans son Royaume qu’après avoir accompli cette oeuvre qui a la gloire pour résultat.

Que Dieu nous donne des consciences exercées pour marcher d’une manière digne de notre appel. Nous avons le modèle de notre marche dans notre Sauveur Lui-même. Il pouvait être dit de Lui, bien plus réellement que de nous : Il n’a pas marché dans le conseil des méchants, et ne s’est point tenu dans le chemin des pécheurs (Ps. 1:1) . Pas une seule des convoitises qui nous attirent n’avait de prise sur lui ; toute sa vie était une vie de sainteté, d’abnégation, d’humilité, de sacrifice, de confiance, de dépendance. C’est ainsi qu’il veut être glorifié en nous, jusqu’au moment où nous serons glorifiés avec Lui.

Ce beau chapitre nous occupe de Christ. Relisons-le constamment, afin d’être remplis du désir de lui plaire, de le servir fidèlement jusqu’à son apparition !

5                    Chapitre 2:1-12.

Dans le premier chapitre, l’apôtre avait parlé du jour du Seigneur (v. 10) , et montré qu’en ce jour Il viendrait pour la Rétribution des méchants. Une question bien propre à troubler les Thessaloniciens se posait maintenant devant eux. Ce jour était-il arrivé ou était-il encore à venir ? En ce temps-là, Satan ameutait le monde contre les enfants de Dieu, pensant les décourager, mais aussi les tromper par les tribulations en leur faisant admettre que le jour du Seigneur était là. En tout temps l’Ennemi cherche à détruire l’oeuvre de Dieu dans le coeur des rachetés. On le voit, dans les Épîtres, attaquer toujours les grandes vérités qui constituent notre patrimoine spirituel. Il n’a pas changé de tactique aujourd’hui. Qu’il s’agisse de la rédemption, de la foi, de l’amour, de la résurrection, de la vie éternelle, de l’existence de Satan lui-même, de l’éternité des peines, de la Parole inspirée, de la divinité et de la parfaite humanité de Christ, toujours cet Adversaire inlassable est à l’oeuvre pour nous enlever ces choses et les enlever souvent, hélas ! aux âmes et aux consciences des enfants de Dieu, par ceux qui devraient les instruire. Dans ce cas-ci, il profitait de la tribulation suscitée par lui pour égarer les Thessaloniciens. De faux docteurs leur disaient que le jour du Seigneur était là ; qu’il n’était plus question de la venue du Seigneur pour enlever les saints, et qu’ils avaient été trompés dans leur espérance.

C’est pourquoi l’apôtre montre à ces chrétiens, en danger d’être ébranlés, que trois événements doivent précéder le jour du Seigneur : le premier est la venue, la Parousie de Christ, le second l’apostasie, le troisième l’apparition de l’homme de péché. Aussi longtemps que ces trois faits n’ont pas eu lieu, l’apparition du Seigneur Jésus est impossible. Car, s’il est vrai qu’aucun événement ne doit précéder Sa venue, il est vrai aussi que toute une série d’événements nous séparent de Son apparition.

Ces vérités sont exposées en détail dans notre chapitre, en même temps que les caractères de l’Antichrist. Aucune partie de la Parole, sauf l’Apocalypse et la première Épître de Jean, ne nous parle d’une manière aussi claire des rapports de cet «homme de péché» avec la Chrétienté.

Un jour arrivera où le Seigneur, qui considère les saints comme son plus précieux joyau, exercera la vengeance sur ceux qui les ont tourmentés et opprimés, et fera retomber en jugement sur la tête de ses ennemis toutes les iniquités commises contre ses élus. Mais ce jour, comme nous l’avons vu au chap. 1, est en même temps le jour glorieux où ceux qui ont souffert pour Lui auront leur récompense. Dans ce jour ils auront du repos et le Seigneur lui-même, le témoin fidèle, verra la manifestation de sa propre gloire, à laquelle rien ne manquera désormais. C’est alors que les saints apparaîtront avec Lui en gloire. Sa gloire resplendira à la fois dans ses rachetés et dans l’exécution de ses jugements, sans lesquels elle ne serait pas complète, puisque sans eux la justice et la sainteté d’un Dieu qui a le mal en horreur, ne seraient pas prouvées.

Les hommes parlent beaucoup de la bonté de Dieu, mais cherchent par ce moyen à se cacher Sa justice qui les inquiète. Méconnaissant la sainteté de Dieu, ils rabaissent son amour à l’indifférence au sujet du péché. Ils ne veulent pas savoir que Celui qui est Amour est aussi Lumière et ne peut accorder celle-ci avec les ténèbres !

Le jour du Seigneur est celui où la puissance satanique qui s’est élevée contre Christ sera définitivement brisée par «l’apparition de Sa venue». Le caractère de Satan se résumera dans la venue d’un homme, l’homme de péché, tandis que le caractère de Dieu s’était révélé dans la venue du second Adam, de l’homme saint, dépendant et obéissant jusqu’à la mort de la croix. Le chap. 2 place devant nos yeux tous les caractères du Méchant et nous montre combien il sera juste de faire subir à cet Ennemi de Dieu et de Christ un sort pire que celui des plus grands pécheurs et de le jeter vivant dans l’étang de feu et de soufre, lui qui a osé s’attaquer à la personne du Fils de Dieu dans le ciel.

«Or nous vous prions, frères, par la venue de notre Seigneur Jésus Christ et par notre rassemblement auprès de Lui, de ne pas vous laisser promptement bouleverser dans vos pensées, ni troubler, ni par esprit, ni par parole, ni par lettre, comme si c’était par nous, comme si le jour du Seigneur était là» (v. 1, 2) .

Nous l’avons dit, c’est la seule fois que la Venue du Seigneur, sa Parousie, soit mentionnée séparément dans cette Épître. Sa venue était la première vérité que les Thessaloniciens eussent à retenir ici, en présence des ruses de Satan pour les induire en erreur. L’exhortation de l’apôtre porte sur une chose qu’ils connaissaient parfaitement. La première Épître ne leur avait-elle pas développé la venue du Seigneur Jésus pour ravir ses saints et les rassembler auprès de lui ? L’apôtre a soin de leur rappeler cette vérité, de peur de la leur voir abandonner. S’ils la retenaient, tout l’effort de Satan pour les tromper était annulé. Le dernier chapitre de la première Épître avait fait ressortir la différence entre la Venue du Seigneur pour les siens et le jour du Seigneur pour le monde, montrant que ces deux choses étaient entièrement distinctes, tout en formant un seul tout quand il s’agissait des saints. Dans le second chapitre de la seconde Épître, tout en maintenant la différence essentielle entre la Venue et le jour du Seigneur, il a soin de faire ressortir leur liaison, en appelant ce dernier «l’Apparition de Sa Venue». Ce terme même implique que lors de Sa Venue (Parousie) personne d’autre que les siens ne le verra, tandis que «tout oeil le verra» lors de son apparition (Apoc. 1:7) .

Paul exhorte les Thessaloniciens à ne pas se laisser «bouleverser dans leurs pensées». C’était, en effet, ce que Satan voulait produire. L’apôtre tient tête à l’Ennemi pour ses enfants dans la foi. Satan profitait de la tentation qu’il avait suscitée pour leur ravir leur espérance. Elle n’avait, en effet, aucune raison d’être s’ils traversaient les détresses du jour du Seigneur. Remarquez avec quelle audace et quelle ruse mensongère Satan cherche à tromper les chrétiens. D’un côté, il suscite le monde contre eux, de l’autre il cherche à détruire leur foi et leur espérance. Il est ici à la fois le lion rugissant et le serpent ancien habile à séduire les enfants de Dieu. Ce que Satan faisait alors, il le fait encore aujourd’hui. Dans le bouleversement actuel des nations, combien de fois avons-nous entendu cette question : «Ne traversons-nous pas les temps prophétiques de la fin et les derniers jugements de Dieu sur le monde ?» Ce n’est pas autre chose qu’une ruse de l’Ennemi pour détourner les pensées des hommes de la venue du Seigneur et du temps de la grâce.

Remarquez encore l’habileté de l’adversaire à semer le trouble et la défiance dans les âmes. L’apôtre dit : «ni par esprit». Ces faux docteurs — il y en avait beaucoup en ce temps-là — pareils aux faux prophètes parmi le peuple d’Israël, prétendaient à l’inspiration pour proclamer que le jour était là. — «Ni par parole» : En un temps où la parole de Dieu n’était pas encore complétée, ils avaient la prétention de donner, dans leurs discours, la pensée de Dieu au sujet des événements de la fin. — «Ni par lettre, comme si c’était par nous» : La falsification des écrits inspirés était une chose aussi commune qu’odieuse, dès les premiers temps de l’Église. Des épîtres, soi-disant de Paul, forgées de toutes pièces, étaient répandues parmi les chrétiens et Paul, pour les mettre en garde contre ces falsifications de la parole de Dieu, signait toutes ses Épîtres de sa propre main. Soutenues de commentaires et d’interprétations, ces fausses épîtres bouleversaient les âmes, y introduisaient l’incertitude quant à l’espérance chrétienne, et cherchaient à annuler les enseignements inspirés donnés précédemment. Aussi Paul a-t-il soin de dire, au v. 15 de notre chapitre, que seules sa parole et sa lettre faisaient autorité.

L’apôtre donne une seconde preuve (la première était que la Venue du Seigneur n’avait pas encore eu lieu) qui contredisait et réduisait à néant toutes les affirmations de l’Ennemi : L’apostasie n’était pas encore arrivée. Or elle doit nécessairement précéder le jour du Seigneur. L’apostasie est l’abandon complet de la foi et de la doctrine chrétiennes, en un mot, du christianisme. Les principes subversifs se sont beaucoup développés dès lors, cependant la pleine apostasie n’a pas encore eu lieu de nos jours, mais nous la voyons se préparer de plus en plus. La négation de l’inspiration des Écritures en est le commencement fatal, la négation de la divinité de Christ et de l’existence de Dieu le Père est le point où elle aboutira. (L’apostasie juive reniera le Dieu souverain et le Messie.) L’apôtre enseigne donc ici que l’apostasie aura lieu avant l’apparition du Seigneur.

La troisième preuve, que le jour du Seigneur n’était pas là était que «l’homme de péché» qui incarnera cette apostasie et en sera le représentant sur la terre, n’était pas encore révélé. Cet homme de péché est appelé l’Antichrist dans la première Épître de Jean, nom qui ne lui est donné que là. L’Antichrist, tel que Jean le présente, incarne l’esprit d’opposition à Christ et enseigne des doctrines subversives du christianisme. C’est pourquoi «il y a déjà plusieurs Antichrists» dont les fausses doctrines préparent l’avènement de cet homme.

Nous retrouvons ce personnage avec d’autres caractères en diverses parties de la Parole. Au chap. 13 de l’Apocalypse il est présenté comme la seconde Bête. Une première Bête, l’Empire Romain incarné dans son chef, sortira de la mer, de l’anarchie des peuples. La seconde Bête, l’Apostasie, incarnée dans l’Antichrist, sortira de la terre, du monde organisé. Elle aura deux cornes semblables à un agneau, un pouvoir temporel et le pouvoir religieux, ayant une lointaine analogie avec la puissance papale d’autrefois. Nous savons que l’Antichrist se fera adorer à Jérusalem, qu’il établira sa puissance spirituelle sur tout le monde apostat d’alors, en liaison avec la première Bête, l’Empire Romain, ressuscité sous forme de Confédération latine, et introduira d’un côté l’idolâtrie de l’État, représenté par l’image de la Bête, et l’idolâtrie de l’homme dans sa propre personne. Cet «inique» (appelé aussi le faux prophète, Apoc. 19:20), «l’homme de péché... le fils de perdition, s’oppose et s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou qui est un objet de vénération, en sorte que lui-même s’assiéra au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu» (vers. 3, 4) . En Apoc. 13, nous le voyons faire de grands miracles, par lesquels les Juifs qui «demandent des miracles» (1 Cor. 1:22) sont séduits ; notre chapitre fait aussi mention de ce caractère (v. 9) . Dans l’Apocalypse, usurpant la puissance de Dieu dans ce monde, il fait, comme Élie, «descendre le feu du ciel sur la terre devant les hommes» (Apoc. 13:13), de manière à les convaincre qu’il dispose à son gré des puissances du ciel. À la fin de l’Apocalypse, quand le Seigneur sort du ciel pour détruire les nations, la Bête et le faux prophète sont tous deux «jetés dans l’étang de feu embrasé par le soufre» (Apoc. 19:20) .

Dans le livre de Daniel, ce même Antichrist a un autre nom. Voici ce que nous lisons au chap. 11:36 : «Et le Roi agira selon son bon plaisir, et s’exaltera, et s’élèvera contre tout dieu, et profèrera des choses impies contre le Dieu des dieux». Il est considéré dans ce passage sous son caractère juif comme puissance temporelle, mais comme faux Messie et Adversaire de l’Éternel, du Dieu souverain, bien qu’idolâtre lui-même à sa manière (v. 36-39) . Le peuple juif l’acceptera, le proclamera même comme son roi, au lieu de revenir au Christ ; il n’aura pas d’obstacle à sa volonté ; il sera blasphémateur et prospérera jusqu’à ce que l’indignation soit accomplie. C’est donc surtout comme Roi et faux Messie qu’il est présenté en Daniel. Vous trouvez ce même caractère en Ésaïe 30, 33. En Zach. 11:15-17, il est le «pasteur de néant» sur lequel l’épée tombera. En Ésaïe 9:15, il est le «prophète qui enseigne le mensonge». Dans les Psaumes il est constamment nommé «le Méchant».

Notre Épître ne le présente pas dans son caractère royal, mais uniquement sous l’image d’une puissance spirituelle satanique qui déçoit les hommes, est déjà depuis longtemps à l’oeuvre dans ce monde et s’incarnera à la fin dans l’homme de péché en rapport, non avec le peuple Juif, mais avec la Chrétienté. Cependant le fait qu’il «s’assied dans le temple de Dieu»introduit ici la liaison entre son caractère comme représentant l’Apostasie juive et ce qui nous est dit de ses rapports avec la Chrétienté apostate.

Tous ces principes de l’Antichrist sont à l’oeuvre aujourd’hui. La doctrine qui élève l’homme et le déifie est acceptée maintenant par des milliers d’âmes. Quand elle se manifestera dans son plein développement infernal, les hommes se prosterneront devant le «Sur-homme» qui prétend être Dieu. C’est alors que le Seigneur apparaîtra dans le ciel, réservant un sort terrible aux deux représentants de l’apostasie finale ; alors la gloire de Celui qui montrera se justice et sa sainteté en rétribution, et sa grâce en rémunération, sera manifestée et la création tout entière sera affranchie de la servitude de la corruption pour goûter la liberté de la gloire des enfants de Dieu.

6                    Chapitre 2:1-12.

(Suite)

Nous disons souvent avec raison que ce qui peut rendre nos âmes heureuses, c’est d’être occupés du Seigneur Jésus seul et des choses excellentes que nous avons en Lui. Mais il arrive souvent aussi que Dieu, pour nous montrer le vrai caractère du milieu dans lequel nous avons à marcher, doit nous faire un tableau solennel de ce qu’est le monde et nous montrer sa fin. C’est en partie la cause pour laquelle le commencement de ce chapitre contient une description si détaillée des événements prophétiques, et nous occupe uniquement du mal. Il importait que les Thessaloniciens ne fussent plus bouleversés ni séduits. L’Esprit de Dieu leur dévoile ce qu’est le monde, caché sous les belles apparences dont il se pare et se parera de plus en plus. Satan se présente souvent comme ange de lumière : tel sera le rôle joué par l’Antichrist devant les hommes.

Le chap. 2 est divisé en deux parties. La première comprend les versets 1 à 12, la seconde les versets 13 à 17. La première place devant nous le règne du prince des ténèbres, la seconde nous introduit dans la pleine lumière devant Dieu. Au commencement du chapitre nous apprenons ce que Satan fait contre nous, à la fin, ce que Dieu, dans sa grâce infinie, a fait pour nous : le salut glorieux qu’Il nous apporte et qui sera consommé par la Venue du Seigneur ; la manière dont Dieu nous a acquis ce salut, enfin notre consolation éternelle dans la possession des bénédictions que nous avons en Christ. Quand nous lisons ce chapitre d’un bout à l’autre, le contraste entre la part des enfants de Dieu et celle des hommes éclate d’autant plus que le présent et l’avenir lumineux des premiers se détachent sur un fond de ténèbres absolues qui sont le caractère et la part du monde.

Dieu ne nous donne pas sans raison l’avertissement de ces premiers versets, car de nos temps il y a déjà beaucoup d’Antichrists, et nous sommes appelés à distinguer, pour nous en séparer, l’esprit d’iniquité qui conduit aujourd’hui le monde vers l’Apostasie finale.

L’Antichrist, l’homme de péché, l’inique, a trois caractères : Il est premièrement le fils de perdition. La perdition l’a pour ainsi dire enfanté : il est le produit immédiat de l’enfer et retournera à la perdition dont il est sorti. Sa carrière commence par la perdition quand il s’élève contre tout ce qui est un objet de vénération dans ce monde et se termine par elle lorsque le Seigneur Jésus l’anéantira par le souffle de sa bouche.

En second lieu, il s’oppose et s’élève contre tout ce qui est «appelé Dieu, ou qui est un objet de vénération». Ces termes, nous n’en doutons pas, comprennent (comme ceux de Dan. 11:36) les divinités idolâtres, aussi bien que le vrai Dieu. L’homme de péché veut anéantir toutes les religions existantes, afin de leur substituer une «religion» nouvelle dont il est l’auteur, l’objet et le centre. Il supprime tout ce qui est un objet de vénération pour le remplacer par sa propre personne. Il ne permet pas même que les hommes se prosternent devant leurs idoles.

En troisième lieu, il s’élève contre Dieu lui-même, «en sorte que lui-même s’assiéra au temple de Dieu (à Jérusalem) se présentant lui-même comme étant Dieu». Faisant table rase de toute religion, il n’en supporte qu’une seule, le culte de lui-même, l’homme devenu Dieu, dont la philosophie allemande a apporté l’idée dans le monde. Dans l’Apocalypse il met la marque de la Bête (13:16, 17) sur le front et la main de tous ses adorateurs. Ceux qui ne recevront pas cette marque seront les martyrs de la fin qui feront partie de la «première résurrection» et seront reçus dans la gloire céleste où les saints et l’Église les auront devancés à la Venue du Seigneur.

L’apôtre ajoute : «Ne vous souvenez-vous pas que, quand j’étais encore auprès de vous, je vous disais ces choses ?» (v. 5) . Nous ne voyons, ni dans les Actes, ni dans la première Épître, que l’apôtre leur en eût parlé, mais nous l’apprenons ici : «Et maintenant vous savez ce qui retient pour qu’il soit révélé en son propre temps» (v. 6) . C’était un point important : ils souffraient des persécutions, mais ils savaient ce qui retenait la manifestation de l’homme de péché. Nous pourrions mettre en question ce qui retient maintenant ; les Thessaloniciens le savaient alors. Au temps où Paul leur écrivait, il y avait une autorité établie de Dieu dans ce monde, ayant, quelque méchante qu’elle fût, le pouvoir de retenir le dernier développement de puissance satanique, l’apparition de l’homme de péché. Cet homme ne devait apparaître que sous un nouveau régime, au temps déterminé de Dieu. Les Thessaloniciens vivaient sous la domination romaine, sous cette quatrième monarchie des nations, auxquelles Dieu lui-même avait remis l’autorité. Les quatre dominations avaient été confiées aux Gentils, en suite de l’infidélité d’Israël, et maintenant tout devait être soumis au formidable quatrième empire sous lequel Israël était alors en esclavage. Dieu avait donné à Rome le sceptre et la force. Qu’en avait-elle fait ? Sans doute, Rome, tout en opprimant Israël, lui avait permis de restaurer splendidement son temple rebâti, mais la tribulation des Thessaloniciens, sortis du paganisme, était autorisée, sinon suscitée, par ce même empire. Et cependant, au moment même où ces choses s’accomplissaient sous cette domination, Dieu la maintenait.

Aux jours où nous sommes, ce n’est plus l’empire Romain qui a la puissance (il la retrouvera) ; et cela explique le vague des mots : «ce qui retient», qui peuvent s’appliquer à tous les temps. Mais, à tout prendre, nous savons aujourd’hui ce qui retient, comme les Thessaloniciens le savaient alors. Dieu a laissé à d’autres gouvernements l’autorité dans ce monde ; on trouve partout (mais on ne la trouvera pas toujours) une organisation civile, militaire, politique, religieuse, que Dieu reconnaît, tout en ayant horreur de tout ce qui s’y fait ; on trouve encore des puissances ordonnées de Dieu, reconnues de Lui et par lesquelles (mais plus pour longtemps) il met un frein au dernier développement du mal, à l’apostasie finale. Après ces organisations qui, au jour actuel, tendent rapidement à leur fin, et sombreront dans l’anarchie (comme la Russie en offre l’exemple aujourd’hui (*)) l’empire Romain qui était, de fait, ce qui retenait alors, réapparaîtra, non plus comme institué de Dieu, mais ressuscité par Satan, et au lieu de «retenir», il favorisera l’Antichrist et s’appuiera sur lui. Sous cet empire Romain ressuscité, rien ne retiendra plus la révélation de l’homme de péché.

(*) En 1917.

«Car le mystère d’iniquité opère déjà» (v. 7). Nous rencontrons dans la Parole beaucoup de mystères révélés aux croyants, mais je ne veux mentionner ici que deux d’entre eux : le mystère de la piété et le mystère d’iniquité.

1 Tim. 3:16 nous renseigne sur le mystère de la piété : «Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru au monde, a été élevé dans la gloire». Il n’existe qu’un secret pour produire toute piété véritable dans nos coeurs et dans notre conduite. Ce secret est Christ, vu, prêché et cru depuis qu’il est venu dans ce monde, jusqu’au jour où il fut élevé dans la gloire.

Le mystère d’iniquité est le secret de toute l’iniquité qui prévaudra dans le monde et s’y prépare déjà : l’homme indépendant de Dieu et se substituant à Lui, l’abandon de Jésus Christ. Christ, mystère de la piété, nous a été prêché ; nous le connaissons et nous croyons en Lui et nos relations avec Dieu dépendent de cette connaissance. Le mystère d’iniquité n’est pas encore révélé, mais Dieu nous avertit qu’il le sera. La Chrétienté parle maintenant beaucoup plus de morale et d’oeuvres humanitaires que de la personne de Christ et prétend toujours plus se passer d’une religion révélée. Ce mal a déjà jeté de profondes racines dans le monde professant qui nous entoure. Lorsque nous aurons été enlevés à la rencontre du Seigneur en l’air, ce mystère sera pleinement révélé : «il opère déjà, seulement Celui qui retient maintenant, le fera jusqu’à ce qu’il soit loin» (v. 7). Il y a donc deux choses : Ce qui retient, et Celui qui retient. Ce qui retient : une autorité, reconnue de Dieu dans ce monde, quelque méchante et corrompue qu’elle puisse être, et variant selon les époques. Elle empêche que le jour de l’Antichrist ne vienne avant le moment déterminé de Dieu, mais si dans le jour actuel nous avons quelque peine à la distinguer, il y a «Celui qui retient», et Celui-là, nous le connaissons parfaitement. C’est le Saint Esprit, le Saint Esprit dans et avec l’Église, car il ne se sépare jamais de l’assemblée Corps et Épouse de Christ, non plus que de chaque chrétien individuellement. Le Saint Esprit, personne divine descendue dans ce monde, habitant dans l’Assemblée et dans chacun de nous, retient encore. Quand il remontera dans sa sphère céleste, «il sera loin» — mais il n’y retournera pas tout seul, car il est venu ici-bas faire, pour ainsi dire, corps avec l’Église, et avec chaque enfant de Dieu. Voilà pourquoi nous lisons à la fin de l’Apocalypse : «L’Esprit et l’Épouse disent : Viens !». Dans l’instant même où l’Esprit qui retient «sera loin», tous les croyants «seront loin avec Lui». Telle est, je pense, la raison pour laquelle la Parole dit «Celui» au lieu de : «l’Esprit». l’Épouse de Christ, dont il est inséparable, s’en ira, conduite par cette troisième personne de la Trinité à la rencontre du Seigneur en l’air.

«Alors (Celui qui retient étant loin) sera révélé l’Inique, que le Seigneur Jésus consumera par le souffle de sa bouche et qu’il anéantira par l’apparition de sa venue» (v. 8) . Nous savons que cela aura lieu quand le Seigneur sortira du ciel avec tous ses saints pour exécuter le jugement sur la terre et y établir son règne.

Au v. 9, l’apôtre décrit la manière dont l’Antichrist se présentera : «Duquel la venue est selon l’opération de Satan, en toute sorte de miracles et signes et prodiges de mensonge, et en toute séduction d’injustice pour ceux qui périssent». Remarquez le contraste entre la venue de l’Antichrist et la venue du Christ. Jésus vient une première fois dans ce monde, plus humble que les plus humbles, homme dépendant, obéissant, prendre place au milieu des pécheurs, dans un dévouement absolu et divin, afin de pouvoir être leur Sauveur. À un moment donné, quand Celui qui retient sera loin et que l’heure aura sonné pour l’apparition du Méchant, cet autre homme vient aussi. Lorsque le Seigneur vient, il se révèle par des miracles de grâce, car (sauf un seul, la malédiction du figuier, qui fut un miracle de jugement) tous ses miracles furent des miracles d’amour et de délivrance. Il est dit de Lui : «Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous» (Actes 2:22) . Le monde l’a rejeté, mais un autre homme, créature de Satan, vient en son propre nom et les hommes le recevront. Ils diront : C’est le Messie attendu qui nous arrive, notre Messie, notre Christ, et tous seront dans l’admiration devant lui. Il opérera, devant le peuple, en apparence les mêmes «miracles, signes et prodiges» que le Christ, mais ce seront des miracles de mensonge, provenant du père du mensonge. Le Seigneur faisait valoir par ses miracles la grâce et la puissance de Dieu ; le Méchant les opérera pour s’exalter lui-même dans son orgueil sans borne et pour se faire adorer. Tous les miracles du Sauveur étaient marqués du coin de l’amour et de la vérité, sans aucune déception. Ils montraient tous la vérité sur l’état de l’homme et sur la présence de Dieu en grâce. Les miracles de l’Antichrist auront pour caractère l’illusion avec une apparence de réalité, et leur but sera de séduire et de tromper les âmes ; ces miracles séduiront «ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés» (v. 10) . Ce passage est souvent mal interprété. On lui fait dire que Dieu ne leur a pas donné l’amour de la vérité, ce qui se rapprocherait de la doctrine calviniste de la prédestination, mais il ne dit rien de semblable. L’amour de la vérité est l’amour qui appartient à la vérité. Dieu n’abandonne jamais son caractère de Dieu vrai, pour être un Dieu d’amour, ni son caractère de Dieu d’amour pour être un Dieu de vérité. Lorsque l’Évangile avait été annoncé à ces apostats de la fin, ils ne l’avaient pas reçu, ni l’avaient voulu l’accepter. Ils avaient rejeté l’obéissance de foi à la vérité qui condamne et à l’amour qui sauve les pécheurs. Les ressources de la grâce offerte à des êtres perdus ne les avaient pas tentés. Cet amour de la vérité, nous, chrétiens, nous l’avons reçu, comme nous le verrons dans la seconde partie de ce chapitre (v. 11, 12) . Le moyen de recevoir le salut, c’est de «croire la vérité», en un mot, c’est la foi. Il ne faut pas autre chose. Les âmes qui sont perdues éternellement auraient pu recevoir ce salut par la simple foi, mais n’ayant pas cru la vérité, il sera trop tard pour elles. La Parole, remarquez-le bien, ne fait aucune exception pour tous les êtres responsables qui n’ont pas obéi à la vérité par la foi. Le dernier mot de l’histoire de l’Antichrist et de ses adhérents, c’est que tous périront, sans qu’un seul soit épargné. Combien donc c’est chose urgente de présenter «l’amour de la vérité» aux pécheurs, afin qu’ils soient «arrachés hors du feu» et mis à l’abri de la colère à venir !

7                    Chapitre 2:13, 14.

La fin de ce chapitre n’est que lumière, en contraste avec son commencement qui nous fait le sombre tableau du fils de perdition et de ceux qui périssent pour l’avoir écouté. Aussi l’apôtre quitte avec joie le sujet des jugements qui forme la substance propre de la seconde Épître, pour célébrer les résultats de la grâce de Dieu envers les chrétiens de Thessalonique.

«Mais nous, nous devons toujours rendre grâces à Dieu pour vous, frères aimés du Seigneur, de ce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, dans la sainteté de l’Esprit et la foi de la vérité, à quoi il vous a appelés par notre Évangile, pour que vous obteniez la gloire de notre Seigneur Jésus Christ» (v. 13, 14) .

En premier lieu l’apôtre rend grâces à Dieu, et ce cas se répète souvent dans ses Épîtres. On le voit rendre grâces pour la foi des saints, pour leur amour, pour leur attachement de coeur à l’Évangile, mais aussi pour les dons abondants qui leur étaient départis, car il y a des occasions où l’on ne peut rendre grâces pour l’état des chrétiens.

À ne considérer que les Épîtres aux Thessaloniciens, l’apôtre rend grâces deux fois dans chacune d’elles. Dans la première Épître, au chap. 1:3, il rend grâces pour tous les fruits de la vie divine en eux, fruits qui lui fournissaient la preuve de leur élection. Au chap. 2:13 il rend grâces de ce que sa parole, alors qu’elle n’était pas encore écrite, avait été pour eux non une parole d’hommes, ni même la parole d’un apôtre éminent, mais la vraie parole de Dieu, une parole impeccable et divine. Cela me donne l’occasion d’insister de nouveau sur ce point. Restons attachés, de la manière la plus absolue, à la vérité de la Parole écrite. Ce qui nous est donné dans les Écritures est la parole même de Dieu. Quand elle n’était encore que prêchée, elle était déjà reconnue par les croyants comme telle ; a-t-elle perdu ce caractère depuis qu’elle est écrite ? La doctrine insensée qui a cours aujourd’hui chez une certaine classe de théologiens qui, avant d’enseigner les autres, auraient dû commencer par se placer eux-mêmes à l’école de l’Esprit de Dieu, cette doctrine, que «la parole de Dieu est contenue dans les saintes Écritures» est diamétralement opposée à tout ce que Dieu nous enseigne. Quand le Seigneur parlait aux Juifs de la parole de Dieu, il parlait des Écritures, et de même les apôtres. Dans une multitude de passages, les Écritures sont présentées comme la vraie parole de Dieu en laquelle on peut avoir une pleine confiance. S’il n’en était pas ainsi, à quoi serions-nous réduits aujourd’hui ? Nous n’avons plus d’apôtre inspiré pour présenter cette parole à nos oreilles, mais nous avons, pour nous y appuyer, les Écritures, les écrits par lesquels ils ont complété cette Parole.

La seconde Épître contient aussi deux actions de grâces. Au chap. 1:3, l’apôtre rend grâces pour leur foi et leur amour, car il y avait chez eux, comme nous l’avons vu, un accroissement et un développement de ces vertus précieuses.

Ici (2:13) Paul dit : «Nous devons toujours rendre grâces à Dieu pour vous, frères aimés du Seigneur, de ce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut». Il rend grâces à Dieu pour le libre choix par lequel il Lui a plu, dès le commencement, de désigner les Thessaloniciens pour le salut. Dans la première Épître, leurs oeuvres les faisaient reconnaître comme des élus ; l’apôtre rend grâces ici de ce que leur élection dépendait entièrement de Dieu, en contraste avec la perdition éternelle de ceux qui n’avaient pas voulu recevoir le salut. L’oeuvre accomplie en leur faveur, montrait combien les Thessaloniciens étaient aimés du Seigneur, alors qu’ils n’étaient pas dignes d’un meilleur sort que le peuple dont ils étaient sortis. Leur salut dépendait uniquement de l’amour de Dieu. L’apôtre dit un peu plus loin (v. 16) : «Notre Dieu et Père qui nous a aimés». Ainsi ces chrétiens, jadis idolâtres, entièrement étrangers au salut et sans Dieu dans le monde, avaient été de tout temps les objets de l’amour du Seigneur et de l’amour du Père. Ces êtres misérables étaient devenus, par la foi, des enfants de Dieu ; ils avaient souffert la tribulation pour Lui, et l’amour de Dieu y avait pris occasion pour se manifester d’autant plus à leurs coeurs. L’amour du Père et du Fils reposait sur eux.

Cependant l’apôtre ne cherche pas le motif de cette grâce dans leur conduite. Il est vrai que, si nous marchons dans la crainte de Dieu et dans la piété, nous serons les objets d’un témoignage particulier de l’amour du Père et du Fils (Jean 14:23) . Le père dont l’enfant est désobéissant ne peut lui témoigner sa satisfaction et son amour, mais nous trouvons ici une tout autre vérité. L’apôtre n’est occupé que du fait que Dieu, dans sa grâce infinie, les «avait choisis dès le commencement pour le salut». Tel était Son objet dès les temps éternels. Dieu qui voit la fin dès le commencement, savait où aboutirait le chemin de l’homme responsable ; il savait qu’Adam serait séduit, qu’il écouterait la voix du serpent ; il connaissait d’avance les terribles conséquences de son péché ; — mais Dieu avait en vue, non pas de rendre heureux l’homme innocent, dans le Paradis terrestre (car son but n’est pas le bonheur sur la terre, d’un homme ignorant le bien et le mal, même si ce bonheur devait durer à l’infini), mais de rendre l’homme, saint comme Lui, éternellement et parfaitement heureux comme Lui, dans le ciel.

«Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut... pour que vous obteniez la gloire de notre Seigneur Jésus Christ».

Rendons-nous bien compte de ce que ce seul mot : le salut, signifie. On voit beaucoup d’âmes très heureuses d’avoir reçu le pardon de leurs péchés, et c’est par ce bonheur-là que tout racheté commence nécessairement. Chose infiniment précieuse, en effet, pour une âme convaincue de sa culpabilité devant Dieu, d’apprendre que Dieu a fait une oeuvre par laquelle tous ses péchés ont été ôtés ! En 1 Cor. 15:55, 56, l’apôtre décrit le péché comme l’aiguillon de la mort qui, semblable au scorpion venimeux, a frappé l’homme. Ce venin, comme un feu infernal, pénètre dans les veines du malheureux qui en est atteint. Qui pourra décrire la misère éternelle de l’homme que le péché a conduit à la mort parce qu’il a refusé de recevoir la grâce ? Mais voici que, l’aiguillon de la mort étant ôté, la misère éternelle qui en était la suite a disparu ! Le péché étant pardonné, il n’existe plus devant Dieu et il n’en sera plus jamais question. L’abolition du péché est un fait déjà accompli sur la croix pour le croyant. Le pardon des péchés est donc une chose grande et merveilleuse ; c’est le salut, mais non pas tout le salut.

Que sont devenues pour un tel homme les conséquences du péché ? Elles ont disparu ! Dieu a exécuté sa justice en jugement, et cette sentence a atteint son propre Fils sur la croix. Ce jugement est derrière nous ; il nous faut nous retourner pour le voir s’appesantir tout entier sur le Juste quand il prenait notre place. Le jugement a été si complet, a si entièrement consumé la Victime sur l’autel, que la croix reste vide désormais. Pour nous, la colère est passée ; la colère n’est plus !

La mort sera engloutie en victoire, mais déjà sa puissance a disparu ; déjà la victoire nous appartient. La porte d’airain qui devait se fermer sur nous pour toujours est brisée à tout jamais par la résurrection de Christ. Elle est devenue la voie largement ouverte par laquelle nous entrons actuellement dans la maison du Père.

Satan lui-même n’a plus désormais aucun droit sur nous. Sans doute il peut nous séduire, parce que la chair en nous n’ayant pas changé est capable d’écouter, si nous manquons de vigilance, les propositions du Tentateur ; mais nous ne sommes plus jamais obligés de lui obéir, n’étant plus ses esclaves, étant délivrés de son empire pour être mis en liberté. Avec mes péchés, la puissance tyrannique du Diable a disparu.

Ayant saisi par la foi ce grand fait que nos péchés sont ôtés pour toujours, nous possédons devant Dieu une justice qu’il se déclare tenu d’accepter, justice qui nous appartient par le fait que Dieu a justifié Celui qui a été fait péché pour nous, en le ressuscitant d’entre les morts et en le faisant asseoir à sa droite. C’est ainsi que nous sommes faits justice de Dieu en Lui.

Salut merveilleux ! Et cependant il nous reste encore à en mentionner le couronnement. Nous sommes sauvés, mais le dessein éternel de Dieu à notre égard va bien plus loin que la justification. Il veut nous introduire dans la gloire : «Pour que vous obteniez la gloire de notre Seigneur Jésus Christ». Cette gloire n’est pas une gloire inférieure à la sienne. Ainsi notre salut commence à la croix de Christ et se termine dans Sa gloire. Cette gloire sera la perfection divine, absolue, éternellement mise en évidence et contemplée par tous, dans l’homme, Christ Jésus. Nous la partagerons avec le Fils de l’homme tout en contemplant sa gloire unique, appartenant à Lui seul comme Fils éternel de Dieu.

Tout cela est le salut !

Nous pouvons comprendre que l’apôtre fléchisse les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus Christ, en voyant que ce salut immérité, puisque les Thessaloniciens n’avaient rien fait pour l’obtenir, leur appartenait désormais par le libre choix de la grâce !

«À quoi il vous a appelés par notre Évangile» : c’est, en effet, par l’Évangile que Dieu nous a appelés à ce salut.

L’Évangile comprend deux grands sujets : Le premier est la vérité ; le second la grâce.

L’Évangile nous révèle l’état de l’homme séparé de Dieu par le péché et le jugement de Dieu sur cet état. C’est la vérité : l’homme, atteint par elle, se reconnaît pécheur et perdu. Mais ce même Évangile lui ouvre le trésor des ressources divines en lui révélant que le Dieu juste est aussi le Dieu de grâce. Quand il s’agit du salut, la grâce et la vérité, venues par Jésus Christ, sont inséparables. Nous avons été appelés et amenés à Dieu par l’Évangile qui a ce double caractère. Mais, s’agit-il de la responsabilité, ces caractères sont dissociés et celui qui a refusé le salut aura affaire une fois au jugement sans rémission du Dieu de vérité.

Or cet Évangile n’est pas autre chose que la parole de Dieu. C’est de lui qu’il est dit d’abord : «la parole de la vérité de l’Évangile» (Col. 1:5) ; «la parole de vérité, l’Évangile de votre salut» (Éph. 1:13) ; «Sanctifie-les par la vérité ; ta Parole est la vérité» (Jean 17:17) . C’est de lui qu’il est dit ensuite : «l’Évangile de la grâce de Dieu» ; «la parole de sa grâce» (Actes 20:24, 32) ; et enfin : «Vous avez entendu et connu la grâce de Dieu en vérité» (Col. 1:6). Et, comme couronnement du tout, c’est de lui qu’il est dit : «L’Évangile de la gloire du Dieu bienheureux» (1 Tim. 1:11).

L’Évangile se résume donc, comme nous venons de le voir, dans ces trois mots : La vérité, la grâce, la gloire.

Après avoir développé, dans l’Évangile, l’immense plan de Dieu à notre égard, depuis l’éternité passée jusqu’à la gloire éternelle, l’apôtre mentionne les deux moyens par lesquels Dieu agit pour accomplir son dessein.

«Choisis pour le salut, dans la sainteté de l’Esprit et dans la foi de la vérité».

Ces deux moyens sont l’oeuvre opérée dans nos coeurs. D’abord «la sainteté de l’Esprit». Dès que la Parole atteint nos consciences, le Saint Esprit nous met à part pour Dieu. Cette sainteté est la première chose produite dans l’âme du pécheur qui reçoit l’Évangile. L’Esprit agit dans le coeur pour y produire le dégoût des choses qu’il avait cherchées jusque-là, des relations qu’il avait avec le péché et avec le monde, et pour tourner ses regards et ses pensées du côté de Dieu comme le fils prodigue quand il dit : «Moi, je péris ici de faim». La première Épître de Pierre exprime cette même action primordiale : «Élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, en sainteté de l’Esprit» (1:2).

Mais il faut en outre que la vérité soit reçue dans le coeur ; c’est la foi de la vérité. Sans cette foi qui s’attache à la vérité, il n’y a pas de salut possible. La foi est inséparablement liée à l’oeuvre de l’Esprit lors de notre conversion. C’est ainsi que l’Évangile du salut nous est appliqué.

Ce court passage nous donne, comme peut-être aucun autre passage des Écritures, tout le plan de la grâce de Dieu à notre égard et la manière dont Dieu s’est plu à le réaliser. Il est merveilleux de voir comment Dieu s’y est pris pour amener de pauvres êtres tels que nous à la possession de ce grand salut, dont la gloire est le dernier mot. L’oeuvre de Dieu en nous, agissant de concert avec Son oeuvre pour nous, nous met en possession de la béatitude éternelle auprès de notre Sauveur qui est le Seigneur de gloire. Nous attendons maintenant des cieux, Jésus comme Sauveur pour nous y introduire.

Vos coeurs sont-ils assez reconnaissants pour une telle grâce ? Attendrez-vous, pour éclater en louanges, que vous soyez réunis autour du trône de l’Agneau, ou bien, sentez-vous dès aujourd’hui le besoin de lui rendre grâces ? Mais encore, combien, en attendant le Seigneur, nous devrions nous conduire d’une manière digne de la grandeur d’une oeuvre qui nous associe éternellement, dans la gloire, avec le Fils bien-aimé du Père !

8                    Chapitre 2:15-17 et chapitre 3.

Nous n’avons pu dépasser l’autre jour le sujet merveilleux contenu dans les versets 13 et 14 du second chapitre. Dieu n’a besoin que de quelques mots pour développer le plan éternel de sa grâce et nous ouvrir à la fois le passé, le présent et l’avenir. Si les hommes avaient à traiter un sujet pareil, il leur faudrait des volumes pour en expliquer seulement la plus petite partie. Cela ne prouve-t-il pas la divinité de la Parole ? En quelques lignes elle nous fait pénétrer dans le mystère des conseils éternels de Dieu, nous nourrit de nos bénédictions présentes et nous fait vivre dans l’espérance des choses futures.

Abordons maintenant les versets 15 à 17 de ce même chapitre : «Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les enseignements que vous avez appris, soit par parole, soit par notre lettre. Or notre Seigneur Jésus Christ lui-même, et notre Dieu et Père, qui nous a aimés et nous a donné une consolation éternelle et une bonne espérance par grâce, veuille consoler vos coeurs et vous affermir en toute bonne oeuvre et en toute bonne parole».

Ce passage commence par les paroles d’exhortation auxquelles nous avons fait allusion dans un entretien précédent, mais je sens le besoin d’y revenir comme à un sujet d’une importance capitale pour les chrétiens, dans le jour actuel. La parole de l’apôtre et sa lettre étaient la parole de Dieu. Nous avons maintenant cette Parole tout entière dans les Écritures, mais avant qu’elles fussent complétées, Dieu parlait aussi par la bouche de son apôtre inspiré. Aujourd’hui la parole de Dieu est complète (Col. 1:25), et toute prétention à l’inspiration personnelle ne peut être qu’une illusion ou un mensonge. «La parole de la prédication» en 1 Thess. 2:13, avait une autre valeur qu’une prédication ordinaire ; elle était «de Dieu» et «véritablement la parole de Dieu». Quand l’apôtre ne parlait pas par inspiration, il écrivait par inspiration ; c’est pourquoi il exhorte ici les Thessaloniciens à retenir les enseignements communiqués «soit par parole, soit par sa lettre». Le Ps. 119, qui décrit les effets de la loi écrite dans le coeur du croyant, confond continuellement la Parole — ce que Dieu a dit avec la loi ou la Parole écrite.

Les Thessaloniciens avaient reçu la Parole parlée comme étant véritablement la parole de Dieu ; les Corinthiens avaient à recevoir la Parole écrite comme étant «le commandement du Seigneur» (1 Cor. 14:37). Une simple exhortation, une simple recommandation données par l’apôtre devaient être considérées, dans ce cas, comme étant la parole de Dieu.

Nous retrouvons cette vérité dans le chapitre 3 de notre Épître. Au verset 1 «la parole du Seigneur» était la prédication de l’apôtre, soit au milieu d’eux, soit au dehors. Au v. 4, ce que l’apôtre avait commandé était les commandements du Seigneur. Au verset 6, l’enseignement qu’ils avaient reçu de Paul était l’enseignement du Seigneur et la parole de Dieu (cf. 2:15) . Au v. 14, la parole de Paul, adressée dans cette lettre, avait le même caractère.

En résumé, la parole de la prédication de l’apôtre était la parole de Dieu, l’enseignement donné par l’apôtre, soit de vive voix, soit par écrit, était la vérité, c’est-à-dire la Parole, en opposition avec l’enseignement mensonger des hommes (2:2, 15 ; 1 Cor. 2:13) .

Retenons donc fidèlement cette vérité ; elle est notre sauvegarde au milieu de l’apostasie grandissante ; ne nous en laissons pas enlever la moindre parcelle, par la théologie rationaliste moderne. Affirmons hautement que la Parole inspirée, quel que soit l’organe par lequel Dieu la communique, et la Parole écrite, quelle que soit la plume dont Dieu se sert pour la communiquer, ont la même valeur absolue, parce que toutes deux sont la parole de Dieu.

Le passage que nous avons cité contient en outre un encouragement. Les Thessaloniciens avaient besoin de consolation au milieu de la tribulation qu’ils traversaient. L’apôtre leur montre d’abord qu’ils possédaient déjà de la part du Seigneur Jésus Christ et de Dieu le Père «une consolation éternelle». Leurs coeurs pouvaient être consolés en la réalisant d’avance. Lazare, dans le sein d’Abraham (Luc 16:25) était consolé à l’état d’âme séparée du corps, en attendant la résurrection ; les Thessaloniciens qui avaient été retirés avant la venue du Seigneur jouissaient de cette consolation dans le sein du Père ; mais ceux qui restaient pouvaient déjà la goûter maintenant comme attachée au repos qui leur serait donné dans la révélation du Seigneur.

En même temps que cette consolation éternelle, ils avaient reçu «une bonne espérance par grâce». L’espérance qui nous est donnée comprend trois sujets qui se rapportent tous à la personne de Christ : Christ dans le ciel où il nous a préparé une place (Héb. 6:18 ; 7:19) ; Christ venant prendre les siens auprès de Lui (1 Thess. 1:3, etc.) ; Christ manifesté en gloire et nous avec Lui (Col. 1:5, 27 ; 2 Thess. 1:10) . C’est de ce dernier sujet qu’il est question dans notre épître, aussi la consolation éternelle se lie-t-elle ici à l’espérance.

Mais l’apôtre ne demande pas seulement que Dieu console leurs coeurs ; il désire aussi que Dieu les affermisse «en toute bonne oeuvre et en toute bonne parole», car cela doit caractériser notre marche ici-bas. À la jouissance des choses célestes doit se joindre la pratique journalière de la vie chrétienne. L’apôtre place (selon les meilleures leçons du texte) l’oeuvre en premier lieu. Il veut avant tout que la vie pratique des enfants de Dieu soit caractérisée par les bonnes oeuvres. Ces oeuvres sont celles qui sont faites pour Christ. Elles ne sont comptées pour rien par le monde, parce qu’elles s’adressent à Celui que le monde ne connaît pas, à Christ qui seul peut en apprécier la valeur. Mais de plus, nous ne pouvons, comme le monde, ni inventer ces oeuvres, ni les choisir ; c’est Dieu lui-même qui nous les prépare et nous n’avons qu’à y marcher (Éph. 2:10) .

Les «bonnes paroles» viennent ensuite. Il est plus facile de parler que d’agir et la chair se soucie peu de mettre ses actes en accord avec ses paroles. Elle aime à discourir, souvent à dire de bonnes choses, quitte à n’en pas tenir compte dans la pratique ; c’est pourquoi l’activité chrétienne nous est ici recommandée en premier lieu. Toutefois ce n’est nullement une chose sans importance que «toute bonne parole» dans la bouche de ceux qui font les bonnes oeuvres. Il ne s’agit pas ici de discours, mais de paroles par lesquelles nous apportons les encouragements, les exhortations, les consolations aux affligés ; par lesquelles nous plaçons Christ devant le coeur de ses bien-aimés, par lesquelles enfin nous pouvons atteindre les âmes encore éloignées du Seigneur et leur apporter la vie et le salut.

 

Le chap. 3 nous présente une vérité sur laquelle je désire insister. Peut-être vous souvenez-vous que, lors de nos entretiens sur la première Épître, nous avons parlé de la marche chrétienne et montré que cette marche doit être dirigée en premier lieu par les bénédictions que nous possédons : Nous avons l’Esprit ; marchons par l’Esprit. L’amour de Dieu est versé dans nos coeurs ; marchons dans l’amour. Nous sommes lumière dans le Seigneur ; marchons selon la lumière. Nous possédons la vérité ; marchons selon la vérité. — Cette marche doit être dirigée en second lieu par nos relations. Nous sommes exhortés à marcher d’une manière digne de Dieu, digne de Christ, digne de l’Évangile.

Le chapitre 3 de notre Épître nous présente un troisième point quant à la marche. Ici elle n’est pas dirigée par la connaissance de nos privilèges ou de nos relations, mais par ce que nous apprenons à connaître dans le coeur de Dieu et dans celui de Christ. «Que le Seigneur» , dit l’apôtre, «incline vos coeurs à l’amour de Dieu et à la patience du Christ !» (v. 5). Telles sont les deux choses que nous sommes appelés à montrer dans notre vie de chaque jour. Pourquoi l’amour de Dieu ? C’est que l’amour n’est réellement connu et réalisé que lorsqu’on jouit de celui qui est dans le coeur de Dieu. Pourquoi la patience du Christ ? C’est que, si l’apôtre avait déjà loué les Thessaloniciens de leur patience (1:4), il veut qu’ils apprécient avant tout la patience dont le Seigneur lui-même fait preuve, sa patience à Lui que nous apprenons à connaître dans un commerce habituel avec Lui. Le désir de Son coeur est d’avoir auprès de Lui ceux pour lesquels il a donné sa vie. Voici dix-neuf cents ans qu’il attend ce moment. Le but de ses souffrances sur la croix n’est pas encore pleinement atteint ; car il n’a pas encore associé à sa gloire l’Église, son Épouse bien-aimée, mais il attend ce moment avec une patience parfaite. Rien ne la trouble, parce qu’il lui faut une parole du Père pour se lever de son trône et venir à la rencontre des siens. Cette patience est nécessaire, car sans elle combien de Ses élus, et ne fût-ce même qu’un seul d’entre eux, manqueraient encore !

Connaissez-vous, chers amis, l’amour de Dieu et la patience du Christ ? Votre marche journalière est-elle basée sur cette connaissance ? Si nous avions à attendre pendant dix ans la réalisation d’un de nos désirs, je crois pouvoir dire qu’il ne nous faudrait pas trois années pour être livrés au découragement le plus complet, et je crois que nous en faisons aujourd’hui l’expérience dans les événements qui agitent le monde. Jésus seul réalise ce que c’est qu’une patience parfaite, mais il en mesure les difficultés pour nous et peut seul y incliner nos coeurs. Quelle joie pour Lui de voir les siens la réaliser ! Aussi exprime-t-il sa satisfaction à Philadelphie qui, jouissant de sa communion, «gardait la parole de sa patience». Il n’est pas seulement patient pour attendre le moment de nous avoir avec Lui, mais il use journellement de patience envers nous, afin de nous préparer pour sa demeure glorieuse. C’est pourquoi il est dit : «Il est patient envers vous» (2 Pierre 3:9) . Il sanctifie et purifie l’Assemblée, afin de se la présenter glorieuse et sans défaut, et une telle oeuvre exige la patience de «Celui qui s’assied pour affiner et purifier l’argent» (Mal. 3:3) .

Que le Seigneur incline nos coeurs à la patience du Christ ! Il est notre modèle en toutes choses. Nous inspirons-nous de cette patience dans nos rapports avec les hommes, dans nos relations avec nos frères et nos soeurs, et surtout en supportant ceux qui entravent notre marche, nous font opposition ou nous créent des difficultés ? N’oublions pas que cette patience est «salut» dans toutes les acceptions de ce terme (2 Pierre 3:15) .

L’apôtre vient de présenter l’amour de Dieu comme modèle de notre amour, la patience de Christ comme modèle de notre patience ; il y ajoute maintenant son propre exemple, car il leur avait montré ces vertus dans sa conduite. «Vous savez vous-mêmes», dit-il, «comment il faut que vous nous imitiez» , et plus loin : Nous nous sommes donnés à vous comme «modèle pour que vous nous imitiez» (versets 7, 9) . Combien nous avons à y prendre garde ! Nous avons eu sous les yeux l’exemple de serviteurs de Dieu (ici, celui du grand apôtre des Gentils) qui ont eu le droit de nous adresser ces mêmes paroles. Ils ont vécu comme lui chaque jour dans l’amour, dans la patience, la peine et le labeur, travaillant nuit et jour, afin de n’être à charge à aucun, ne pensant jamais à eux-mêmes et constamment aux autres. De pareils modèles ne sont pas vantés par le monde (s’il parle d’eux, c’est pour les contredire, les mépriser ou les haïr) ; ils ne sont pas ceux dont la Chrétienté professante proclame les noms par les trompettes de sa renommée, et auxquels elle décerne le titre de héros chrétiens, mais ceux dont les fidèles seuls peuvent apprécier l’issue de la conduite, afin d’imiter leur foi. Ceux-là sont «inconnus» du monde et s’accommodent de l’oubli, même des enfants de Dieu, mais ils sont «bien connus» de Dieu (2 Cor. 6:9) et plusieurs ont l’heureux privilège de pouvoir les distinguer quand le monde les ignore. Ayant eux-mêmes Dieu et le Seigneur Jésus pour modèles, ils deviennent, comme dit l’apôtre, des modèles pour nous (Phil. 3:17) .

Nous trouvons, au verset 13, un autre caractère de la marche chrétienne : «Mais vous, frères, ne vous lassez pas en faisant le bien». Faire le bien, sans lassitude, doit caractériser notre vie de chaque jour. Faire le bien semble être à première vue un mot assez banal ; mais, de fait, ce mot est d’une portée immense : il caractérisait toute la vie pratique extérieure du Seigneur Jésus ici-bas, comme le mot : «Je me suis confié en Lui» caractérisait toute sa vie pratique intérieure. En Actes 10:38, nous voyons que toute son activité portait ce cachet : «Il a passé de lieu en lieu, faisant du bien» ; et en Actes 14:17, faire le bien est le caractère de Dieu lui-même dans ses voies envers ses créatures ; «Il ne s’est pas laissé sans témoignage, en faisant du bien». Il en est de même pour nous, qui sommes appelés à être imitateurs de Dieu et de Christ. «Ne nous lassons pas en faisant le bien», dit l’apôtre aux Galates, et encore : «Faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi» (Gal. 6:9, 10). L’on pourrait citer beaucoup d’autres passages ; bornons-nous à remarquer que, dans la première Épître de Pierre «faire le bien» est l’un des grands sujets recommandés par l’apôtre (1 Pierre 2:15, 20 ; 3:11, 17 ; 4:19).

Il s’agit, dans tout notre chapitre, non pas des grands traits de la marche chrétienne, mais de l’humble conduite de chaque jour. «Faire le bien» correspond à ce mot de l’Épître aux Éphésiens : «Les bonnes oeuvres que Dieu a préparées, afin que nous marchions en elles». Combien, s’il en était ainsi, le caractère de notre marche différerait de ce qu’il n’est que trop souvent ! Un parfum spécial s’exhale de la conduite des frères et des soeurs que l’on voit, jour après jour, n’ayant pas d’autre pensée que de faire du bien à tous en s’oubliant eux-mêmes.

On trouve, dans ce même chapitre, le contraste entre la conduite journalière des frères fidèles et celle des frères qui, ne voulant pas travailler, marchent dans le désordre. Paul travaillait pour ne pas dépendre des autres ou leur être à charge. Nous pouvons, nous aussi, dans notre travail journalier (je ne parle pas ici des frères employés à l’oeuvre du Seigneur) servir et glorifier le Seigneur. Ceux qui, parmi les Thessaloniciens, vivaient dans la paresse avaient sans doute, comme cela arrive souvent, toute sorte de bonnes raisons à donner, telles que la venue imminente du Seigneur, pour se croiser les bras. Mais la triste conséquence de leur manque d’occupation était qu’ils se «mêlaient de tout» (v. 11) . Souvent, dans les Assemblées, le désordre est introduit par les personnes inoccupées qui, n’ayant pas autre chose à faire, se nourrissent de scandales, entrent indûment dans les circonstances des familles, critiquent leurs frères en secret, au lieu de les aborder ouvertement ou de prier pour eux, divulguent telle parole confidentielle, prêtent des intentions aux actes de leurs frères sans en connaître les motifs, marchent en un mot «dans le désordre» pour employer les termes de l’apôtre. Les Thessaloniciens étaient exhortés à se retirer de telles gens. Notez-les et n’ayez pas commerce avec eux, afin qu’ils en aient de la honte. Cependant ils ne devaient pas les exclure de l’Assemblée, mais les avertir comme des frères au lieu de les tenir pour des ennemis.

Tel était le moyen de mettre l’Assemblée à l’abri de ces désordres. Cette discipline plaçait, sans le retrancher, celui qui «se mêlait de tout» dans l’isolement et sous le jugement de l’Assemblée. On voit ici toute la sagesse que l’Esprit de Dieu déploie dans la conduite de l’Église, et dans les questions de discipline. Il importe à Dieu que tous, dans l’Assemblée, donnent l’exemple de l’ordre et du travail journalier pour leurs besoins.

Si nous ne trouvons pas ici le caractère le plus élevé de la marche, n’oublions pas que c’est ce caractère qui frappe le plus les yeux du monde qui entoure et surveille les enfants de Dieu pour les prendre en faute.

L’apôtre ajoute ces mots : «Or le Seigneur de paix lui-même vous donne toujours la paix en toute manière... La grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous tous». La paix est aussi l’un des caractères de notre vie et de notre témoignage journaliers. Si nous sommes attachés au Seigneur, sa paix (comme sa patience) se montrera dans toutes nos voies et même dans nos combats (Éph. 6:15) .

«Grâce et paix», dit-il au commencement de cette Épître (comme il l’a fait dans toutes les autres). «Paix et grâce», dit-il en la terminant. Que la paix règne dans nos coeurs et détermine nos voies, mais appuyons-nous en fin de compte sur la grâce parfaite qui nous a sauvés, amenés à Dieu et dont nous pouvons attendre avec certitude qu’elle nous suivra, nous accompagnera et nous conduira jusqu’au moment béni où elle nous introduira dans la gloire !