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ENLÈVEMENT DES SAINTS À LA VENUE DU SEIGNEUR

 

 

Henri Rossier

 

ME 1918 p. 258 ; le présent texte, plus complet, a été publié à part en 1918

 

Cher frère,

 

En réponse à votre question au sujet des trois mots contenus en 1 Thess. 4:16 : Le «cri de commandement» (ou «de rassemblement», car le mot grec a ce double sens) ; la «voix de l’Archange» ; et «la trompette de Dieu» ; il faut, pour s’en rendre bien compte, les mettre en regard du mot : «la dernière trompette», en 1 Cor. 15:52.

Quoique ces deux passages n’aient pas un sens absolument identique, ils s’accordent en ceci, quant à leur forme, que tous deux font allusion à des coutumes militaires.

1 Cor. 15:52 parle de ce qui était en usage dans les camps romains. Pour lever le camp, les trompettes sonnaient trois fois. Au premier signal on pliait les tentes, au second les soldats s’équipaient pour le départ, et le troisième signal, c’est-à-dire la dernière trompette indiquait la levée du camp. C’est uniquement du troisième signal qu’il est question dans ce passage, car il insiste sur le fait que le départ des saints ressuscités ou transmués aura lieu en un clin d’oeil.

En 1 Thess. 4:16, cet événement, présenté de nouveau sous une figure militaire, a un caractère plus élevé, plus complet et beaucoup moins subit. Le Seigneur lui-même descend du ciel pour ravir les siens à sa rencontre en l’air. Leur départ ne nous est pas présenté comme s’effectuant en un instant, en un clin d’oeil, mais la scène se décompose, pour ainsi dire, en trois temps :

a) Le cri de commandement est poussé par le Commandant en chef lui-même. Lui seul, le Seigneur, a le droit de jeter ce cri et d’indiquer le moment du rassemblement.

b) Ensuite l’Archange, l’autorité qui occupe, dans la hiérarchie militaire une place subordonnée, mais immédiate après le Chef, fait entendre sa voix pour transmettre l’ordre.

ab) À ces deux appels les soldats dispersés se rassemblent.

c) Enfin la trompette retentit et le départ définitif a lieu.

Cette scène de 1 Thess. 4 aurait plutôt un aspect juif et non l’aspect gentil de 1 Cor. 15, mais elle a, avant tout, un caractère entièrement céleste. Le cri du Seigneur vient d’en haut, descend pour ainsi dire du ciel avec Lui. La voix de l’Archange est celle du chef des armées angéliques dans le ciel. L’Archange a une place importante dans l’histoire du peuple de Dieu (Dan. 10:13, 21 ; 12:1 : Jude 9 ; Apoc. 12:7), — et son rôle ici n’a pas lieu d’étonner puisque son armée angélique est active pour transporter les saints. En effet, le moyen de transport est les nuées, mot qui signifie souvent l’armée des anges [voyez par exemple, Matth. 16:27 ; 24:30 ; 25:31 ; Marc 8:38 ; 13:26-27 ; Luc 9:26, Apoc. 1:7 ; (*)]. Enfin la trompette est la trompette de Dieu. Si elle fait penser à l’une des trompettes d’argent en usage pour la convocation de l’Assemblée, pour le départ des camps et pour rappeler le peuple en mémoire devant l’Éternel (Nombr. 10:1-10), elle rappelle bien plutôt «le son de la trompette» qui appela le peuple à sortir «à la rencontre» de Dieu en Sinaï [Ex. 19:16-19 ; (**)] comme il appelle, en 1 Thess. 4, les saints à aller «à la rencontre» du Seigneur dans les airs. Hormis cela, ces deux scènes diffèrent du tout au tout. La première est remplie de terreur, car il s’agit de rencontrer Dieu comme Juge, sans oser l’approcher, la seconde est une scène débordante de joie, car ayant été réconciliés avec Dieu par Sa grâce, nous allons rencontrer le Sauveur qui nous a approchés de Lui. Au moment où la trompette de Dieu retentit, les saints ressuscités et transmués sont ravis dans les nuées à la rencontre du Seigneur pour être toujours avec Lui.

Ainsi toute cette scène a une origine céleste et un caractère divin. C’est dans son caractère de Fils de Dieu que le Seigneur opère la première résurrection.

(*) La nuée a un autre sens : Elle est le lieu où la gloire habite, où elle se cache et d’où elle peut se manifester. Dans les nuées nous semble indiquer que la scène n’aura pas de témoins sur la terre (voyez aussi Act. 1:9). Quand le Seigneur viendra sur les nuées ou avec les nuées, tout oeil le verra (Apoc. 1:7).

(**) Note Bibliquest : En hébreu, il y a deux mots différents traduits en français tous les deux par «trompette». Il semble bien y avoir une différence de caractère de leur usage.

Pour les trompettes d’argent : Nombres 10 ; 31:6 ; 2 Rois 11:14 ; 12:13 ; 1 Chr. 13:8 ; 15:24, 28 ; 16:6, 42 ; 2 Chr. 5 ; 13 ; 15 ; 20 ; 23 ; 29 ; Esd. 3 ; Néh. 12 ; Ps. 98:6 ; Os. 5:8

Le 2° mot (chofar ; les juifs actuels utilisent une corne de bélier) se trouve en Exode 19:16, 19 ; 20 ; Josué 6:4, 8, 20 ; Lév. 25 ; Juges 3:27 ; 6:34 ; 7 ; 1 Sam. 13:3 ; 2 Sam. 2 ; 6 ; 15 ; 18 ; 20 ; 1 Rois 1 ; 2 Rois 9 ; Néh. 4 ; Job 39 ; Ps. 47 ; 81 ; 150 ; És. 18 ; 27 ; 58 ; Jér. 4:19, 21 ; 6 ; 42 ; 51 ; Éz. 33:2 ; Os. 8:1 ; Amos 2:2 ; 3:6 ; Soph. 1:16 ; Joel 2:1, 15