[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | Centres d'intérêt ]

 

NOS BÉNÉDICTIONS CÉLESTES — ÉPHÉSIENS 1

 

Henri Rossier

ME 1928 p. 275

On rencontre un grand nombre de chrétiens attirés par le monde, qui ont une préoccupation très grande du mal qui les entoure, mais qui ne songent pas à le juger en eux-mêmes. Ils ont des motifs de plaintes envers chacun. C’est là le signe d’un mauvais état d’âme et la preuve évidente que le monde s’est emparé de leur cœur. L’image du Seigneur Jésus s’est effacée plus ou moins pour eux, et ils ne s’occupent que du mal au lieu de s’occuper du bien. On voit aussi beaucoup d’âmes très pieuses qui se laissent abattre parce qu’elles s’occupent du mal qui les entoure.

Ce mal est très réel, il n’est pas le produit de leur imagination, car le monde tout entier gît dans le méchant, mais il est dangereux pour ces âmes d’en être occupées. Elles ne comprennent pas qu’il y a un moyen d’échapper à ce mal, et elles se laissent envahir par lui. Tel fut le cas du juste Lot qui n’avait devant ses yeux que le péché de Sodome. Veillons, afin de ne pas nous laisser envahir par la préoccupation du mal ; nous y échapperons en étant occupés du bien. C’est le sujet de notre chapitre : des âmes qui individuellement sont occupées du Seigneur Jésus dans le ciel et de la pleine grâce qui leur est faite ; elles sont appuyées sur un fondement solide et rendues capables de marcher d’une manière qui glorifie Dieu. Lorsque le Saint Esprit nous occupe, non pas des choses qui se passent sur la terre, mais de ce qui est vraiment bon, d’un Christ céleste, et de la grâce de Dieu, nous trouvons dans cette connaissance la force pour rendre témoignage au Seigneur Jésus. Il faut bien remarquer que ce chapitre nous parle de nos bénédictions individuelles. Elles n’excluent pas les bénédictions collectives de l’Église (sujet infiniment béni à sa place), mais celles qui sont individuelles ont toujours pour le coeur plus de valeur que celles qui sont collectives.

Prenez la Cène du Seigneur, par exemple. Nous avons là un mémorial de Christ et de ses souffrances. Nous y participons en mémoire de Lui. En rompant le pain et en buvant à la coupe l’âme de chaque croyant individuellement jouit de la précieuse et infinie bénédiction que nous trouvons en nous souvenant de tout l’amour de Christ. Il y a un autre aspect de la Cène, que j’appellerai son aspect collectif : elle est l’expression publique de l’unité du corps de Christ, mais ce caractère, si important qu’il soit, n’a pas pour le coeur la valeur immense du mémorial de la mort du Seigneur. Je pourrais être très préoccupé de la Table du Seigneur et n’avoir peut-être que dans une très petite mesure les sentiments qui conviennent au souvenir d’un Christ mort pour moi. Dieu lui-même commence toujours dans sa Parole par nous présenter les grâces individuelles.

Dans l’épître qui nous occupe, par exemple, ce n’est qu’à la fin du premier chapitre que nous trouvons quelque chose de collectif. Il s’agit de la grâce de Dieu qui nous a donné une place dans le ciel devant Lui. Les bénédictions célestes et individuelles se présentent sous trois chefs et leur source est toujours la volonté de Dieu (v. 5, 9, 11). Il n’y a rien là qui vienne de nous et nous sommes responsables de marcher selon ces bénédictions que nous possédons et que la volonté de Dieu nous a données.

Nous trouvons ici trois choses qui caractérisent le chrétien. La première, c’est que par Sa volonté, Dieu dans sa grâce nous voit devant Lui en Christ. Notre position est assurée ; elle n’est pas une chose future. Je possède maintenant en Christ devant Dieu une position parfaite comme celle de Christ lui-même. Telle est ma position ; il ne me manque rien.

En second lieu, il s’agit de l’espérance de son appel. Quand je considère ma marche ici-bas, je ne puis pas dire que je sois saint et irréprochable devant Lui en amour, mais individuellement je suis enfant de Dieu par adoption. Dieu m’a communiqué sa vie et je puis dire : Voyez de quel amour le Père m’a fait don que je sois appelé enfant de Dieu.

Il y a un troisième point qui est de toute importance. Non seulement Dieu me donne une position parfaite et Il m’introduit dans des relations parfaites, mais Il fait de moi son ami. Il dit : Cacherais-je quelque chose à mes enfants que j’ai adoptés ? Non ! je leur ouvre tous les secrets de mon coeur (v. 9 et 10). Aussi Dieu me donne l’Esprit de sagesse afin que je puisse comprendre ses mystères. Il va mettre toutes choses sous les pieds de Christ, elles lui appartiendront toutes. Il sera le centre de l’univers. C’est là le secret de son coeur, ce qu’Il avait en vue pour cet Homme, son Fils bien-aimé, qui a été dans l’abaissement et qui est allé jusqu’à la croix. Dieu avait déterminé d’assujettir toutes choses sous ses pieds.

Ces secrets qu’Il nous a communiqués, combien de chrétiens ne les possèdent pas ! Ils prennent place devant Dieu comme n’ayant aucun droit à son intimité, à peine osent-ils l’appeler Père. Quelle perte que la leur !

Mais voici encore une bénédiction de plus : J’ai été fait héritier avec Christ. Ce titre d’héritier, je le possède dès aujourd’hui, quoique je ne sois pas encore entré dans l’héritage : c’est une bénédiction future, et dans laquelle nous n’entrerons que lorsque le Seigneur Jésus comme Homme aura cet héritage en mains. Nous en possédons les arrhes. Que nous manque-t-il encore ? Une seule chose : c’est d’être avec Christ. En considérant cela comment ne serions-nous pas heureux malgré tout ce qui est propre à nous déprimer et à nous abattre dans le monde qui nous entoure ? Aussi «Pensons aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre».  Ceci nous reporte aux premiers versets de notre chapitre, où Christ est assis à la droite de Dieu. Que Dieu nous donne un christianisme céleste, que nous soyons des gens du ciel ! Pour le devenir pratiquement il suffit d’être occupés de la personne du Seigneur Jésus. En effet, il est impossible que nos âmes soient en mauvais état si nous fixons nos yeux sur Sa Personne bénie. Mais pour jouir des bénédictions collectives, il faut que nos coeurs aient été placés individuellement dans les bénédictions que, dès maintenant, nous possédons en Christ.