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Christ, l’eau qui désaltère et le pain qui nourrit

 

Jean 7:37 — 1 Rois 19:1-19

 

Henri Rosssier

ME 1928 p. 213

Table des matières

1     L’eau qui désaltère — Jean 7:37

2     Le pain qui nourrit — 1 Rois 19:1-19

 

1                    L’eau qui désaltère — Jean 7:37

«Et en la dernière journée, la grande journée de la fête, Jésus se tint là et cria, disant : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre. (Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié)» (Jean 7:37-39).

 

Dans ce passage, le Seigneur se révèle comme le Rocher duquel découle l’eau dont nous avons besoin, cette eau mise à la portée de tous ceux qui ont soif. Du moment qu’on s’y désaltère, cette eau produit des effets merveilleux, et le Seigneur l’annonce, afin que tous ceux qui ont soif viennent boire au Rocher qui est Christ. Mais pour que l’eau puisse couler avec efficacité, il fallait le don du Saint Esprit et nous lisons que l’Esprit n’était pas encore parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. Maintenant nous possédons le Saint Esprit, que nous reste-t-il donc à faire ? Venir à Jésus pour boire. Ceci s’applique à tous les besoins de l’âme. Une personne inconvertie peut, sous la puissante efficace de l’Esprit de Dieu, venir à Christ pour boire et ainsi elle reçoit la vie : Quiconque boit de cette eau n’aura plus soif à jamais.

Mais ici il nous est parlé d’une manière plus particulière à nous, chrétiens, qui avons déjà reçu le Seigneur Jésus comme notre vie éternelle. Pour nous aussi la question se pose : Avons-nous soif ? Y a-t-il dans nos coeurs un profond désir que rien ne peut satisfaire en dehors de Lui ? Sentons-nous le besoin de venir à Lui afin que la source de la vie soit entretenue dans nos âmes ? Ou bien, serions-nous de ceux qui traversent le désert de ce monde sans ressentir la soif ? Il arrive trop souvent que l’âme du chrétien n’éprouve pas un vrai désir de se mettre en contact avec le Seigneur Jésus, la Source d’eau vive. S’il en est ainsi, l’âme se flétrit comme une plante qui souffre de la sécheresse et qui finit par périr, et si cela ne va pas aussi loin, il suffit de quelques gouttes d’eau vive pour que la plante reprenne quelque apparence de santé ; et avec de la persévérance, elle retrouvera sa vigueur première.

 

Je me souviens d’avoir été dans une assemblée avec un ami. En arrivant, nous nous sentions tellement désespérés de l’état des frères qui la composaient que celui qui m’accompagnait me proposa de repartir immédiatement. «Non, lui dis-je, nous devons rester, au contraire. Cette sécheresse a besoin d’eau». En effet, il a suffi de présenter Christ pour qu’une vie nouvelle se manifeste dans cette assemblée. Ce qui est vrai pour un rassemblement est vrai aussi pour chaque chrétien. Nous pouvons juger de notre propre état et de celui des chrétiens qui nous entourent d’après la soif que nous avons de Christ. Nous possédons le Saint Esprit, et du moment que nous nous mettons en rapport avec la source, la bénédiction coule à pleins bords. Tout est là. C’est le secret de la vie chrétienne.

Il arrive souvent lorsque l’on s’occupe de la Parole qu’on y trouve peu d’intérêt ; on réalise que quelque chose manque : la communion. L’âme n’a pas été en rapport avec la source, c’est-à-dire avec la personne de Christ ; elle n’a pas ressenti le besoin de venir à Lui pour recevoir la communication vivante de sa pensée. On peut gémir de cet état, mais gémir n’est pas tout. Avoir soif, c’est avoir soif de Christ, de Christ lui-même et non de ce qui l’entoure. Il est des choses très intéressantes autour de Christ, mais elles ne désaltèrent pas. «Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive.

Voilà donc le premier point. Nous trouvons le second dans l’histoire d’Élie.

2                    Le pain qui nourrit — 1 Rois 19:1-19

«Et Achab raconta à Jézabel tout ce qu’Élie avait fait et, en détail, comment il avait tué par l’épée tous les prophètes. Et Jézabel envoya un messager à Élie, disant : Ainsi [me] fassent les dieux, et ainsi ils y ajoutent, si demain, à cette heure, je ne mets ton âme comme l’âme de l’un d’eux ! Et voyant cela, il se leva, et s’en alla pour sa vie,... et s’assit sous un genêt ; et il demanda la mort pour son âme, et dit : C’est assez ! maintenant, Éternel, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères. Et il se coucha, et dormit sous le genêt. Et voici, un ange le toucha, et lui dit : Lève-toi, mange. Et il regarda, et voici, à son chevet, un gâteau cuit sur les pierres chaudes, et une cruche d’eau ; et il mangea et but, et se recoucha. Et l’ange de l’Éternel revint une seconde fois, et le toucha, et dit : Lève-toi, mange, car le chemin est trop long pour toi. Et il se leva, et mangea et but ; et il alla, avec la force de ces aliments, quarante jours et quarante nuits, jusqu’à Horeb, la montagne de Dieu.

Et voici, la parole de l’Éternel vint à lui et lui dit : Que fais-tu ici, Élie ? Et il dit : J’ai été très jaloux pour l’Éternel, le Dieu des armées ; car les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels et ils ont tué tes prophètes par l’épée, et je suis resté, moi seul, et ils cherchent ma vie pour me l’ôter... Et l’Éternel lui dit : Va, retourne par ton chemin, vers le désert de Damas, et quand tu seras arrivé, tu oindras ... Élisée, fils de Shaphath, d’Abel-Méhola, pour qu’il soit prophète à ta place... Mais je me suis réservé en Israël sept mille hommes, tous les genoux qui n’ont pas fléchi devant Baal, et toutes les bouches qui ne l’ont pas baisé» (1 Rois 19:1-18).

Que manquait-il au prophète, cet homme si énergique, qui ne connaissait pas la crainte, qui pouvait se présenter devant Achab, qui pouvait braver Jézabel ? À un moment donné, ce héros de la foi quitte tout, et, devant la menace d’une femme, il s’enfuit dans le désert et désire mourir. Il s’endort sous un genêt et un ange le réveille. Il trouve à son chevet de l’eau et un gâteau cuit sur la pierre, la nourriture que l’ange lui avait préparée (v. 6). Élie se lève et mange, et la force lui revient.

Nous avons ici une très belle image de la Parole. Le prophète rencontre des ressources que Dieu lui-même lui met entre les mains. Il en use, mais il se recouche et se rendort. Il faut qu’il soit réveillé une seconde fois. «Lève-toi, mange», répète le messager céleste. Élie secoue le sommeil et mange de nouveau. Quelle leçon pour nous qui avons toujours besoin d’être exhortés à nouveau à nous nourrir de la parole de Dieu ! La nourriture préparée dans le désert est le seul moyen qui soit donné à Élie pour qu’il puisse rencontrer l’Éternel. C’est dans cette nourriture qu’il a trouvé la force nécessaire pour marcher quarante jours et quarante nuits jusqu’à Horeb, la montagne de Dieu. Sans elle, jamais il ne serait arrivé là et pourtant cet homme appartenait au Seigneur depuis longtemps.

Voilà ce que je voudrais faire ressortir ici. Du moment que nous devons nous trouver en rapports directs avec Dieu, nous n’avons pas d’autres moyens pour y arriver que cette nourriture céleste : la parole de Dieu. Il est nécessaire que nous soyons réveillés pour revenir à cette Parole, pour nous en nourrir afin d’y puiser les forces dont nous avons besoin. Nous ne devons pas le faire seulement parce que nous trouvons cette nourriture bonne, mais parce qu’elle nous est indispensable ; en elle seule nous trouverons la force pour arriver au bout du voyage en la présence de Dieu.

Élie se met en route. Il parcourt un long chemin et qu’est-ce qu’il y rencontre ? Dieu. Mais ce qui l’occupe d’abord, c’est sa propre valeur à lui : Je suis resté moi seul pour te rendre témoignage. Nous connaissons la réponse divine. Il avait une haute opinion de lui-même et c’est la première chose qui doit tomber. Remarquez ceci : Si nous avons une bonne opinion de nous-mêmes, nous en avons en général une très petite des autres. Élie vient se faire l’accusateur du peuple de Dieu. Alors l’Éternel lui ôte son ministère, et le charge de le confier à un autre. Il apprend qu’il n’est pas nécessaire à Dieu et que Dieu le juge tout autrement qu’il se juge lui-même. Dieu ne lui a-t-il pas dit : Il y a sept mille hommes que tu ne connais pas, mais moi je les connais.

Dans la présence de Dieu, Élie apprend une quantité de choses qu’il ne pouvait apprendre que là et jamais il ne serait arrivé en Horeb s’il n’avait pas mangé la nourriture divine. Pour nous, lorsque nous nous trouvons dans la présence de Dieu nous rencontrons d’abord le jugement, le jugement sur ce que nous pensons de nous-mêmes et sur ce que nous pensons des autres. Après cela que reste-t-il ? Une chose : la grâce.

Élie entend une voix douce et subtile ; tout le jugement avait passé dans le grand vent, dans le tremblement de terre et dans le feu et maintenant le prophète sort à l’entrée de la caverne pour y rencontrer un Dieu de grâce.

Comme conclusion nous pouvons dire qu’en Christ nous trouvons l’eau qui désaltère et le pain qui nourrit nos âmes. C’est par la connaissance de notre Sauveur bien-aimé que nous pouvons trouver le sentier qui nous conduira jusqu’en Horeb en la présence du Dieu de la grâce.