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UN JEUNE HOMME EXCEPTIONNEL

 

 

Matthieu 19:16-26 ; Marc 10:17-27 ; Luc 18:18-25

 

 

Henri Rossier

 

 

Notes manuscrites remises au propre ; sous-titres ajoutés par Bibliquest ; ME 1984 p. 300

Table des matières :

1     Le besoin de l’essentiel

2     Perdu malgré les apparences

3     Le coeur de l’homme mis à nu

4     Dieu peut toujours sauver — Il veut notre coeur

 

 

 

Trois principes fondamentaux sont mis en évidence dans ce court récit :

1° l’homme est perdu

2° il lui est impossible de se sauver

3° Dieu peut le sauver.

 

1                    Le besoin de l’essentiel

Cet homme qui vient à Jésus avec sa question. Matthieu nous dit qu’il était jeune, et Luc qu’il était un des chefs du peuple. Selon Matthieu et Marc, il avait de grands biens, et selon Luc, il était même «extrêmement riche». Fortune et pouvoir accompagnent plutôt l’âge mûr, compte tenu du temps nécessaire à les acquérir. Tandis que cet homme avait de plus la jeunesse pour en profiter. Et cela se complétait chez lui par de belles qualités morales : respect d’autrui, pureté, droiture, honneur rendu aux parents...

Que lui manque-t-il ? L’essentiel, et il le sait bien : la vie éternelle ! Si seulement il pouvait l’ajouter à son héritage terrestre, elle lui permettrait de profiter pleinement de celui-ci. Quand l’avenir est assuré, on peut jouir du présent avec meilleure conscience et moins d’inquiétude. Une sorte d’assurance pour l’au-delà !

 

2                    Perdu malgré les apparences

Cet homme au superbe caractère, se présente donc avec le désir d’apprendre du meilleur des maîtres. Il est aimable, bien disposé. Avec l’ardeur de la jeunesse, il est prêt à apprendre de bonnes choses et à les faire, appréciant la vie et les oeuvres de Christ. Son coeur a été touché par ce qu’il a vu et entendu de lui. Extérieurement ayant gardé la loi, il n’est pas dépravé par l’habitude du péché. Pourtant il ne connaît ni Dieu (seul bon comme Jésus le lui rappelle) ni lui-même, puisqu’il se croit capable de faire le bien qui lui sera montré. Il s’adresse à la bonne personne, mais pas de la bonne manière. Il ne connaît ni le péché ni la grâce ; il ne connaît pas son propre coeur ! Tout y est mauvais ! Peut-il d’un mauvais matériel faire quelque chose de bon pour Dieu ? Comme bien des personnes, ce jeune homme se trompe en considérant la vie éternelle comme un but qu’on atteint en faisant le bien. Car l’évangile nous apprend que cette vie divine, qui se reçoit lors de la nouvelle naissance, est un don gratuit initial sans lequel aucun bien ne peut être produit. Malgré tout ce dont il peut se prévaloir, ce jeune homme n’a ni la vie éternelle ni à plus forte raison ses conséquences et ses fruits.

Pourtant c’est un caractère noble et attachant. Jésus l’aime, appréciant ses belles qualités, témoignage de ce que Dieu a placé dans sa créature. Ce qui est sorti de ses mains peut être beau ou agréable et doit être reconnu comme étant d’origine divine. Si dans ce monde on constate partout les ravages du péché, on y trouve aussi les traces de Dieu. Mais dès qu’il est question du coeur, de la volonté de l’homme, de ce qu’il est envers Dieu, non seulement il n’y a rien pour Lui, mais tout est contre Lui, et cela a été manifesté dans le rejet de Christ.

 

3                    Le coeur de l’homme mis à nu

Le Seigneur commence donc par établir qu’il n’y a aucune bonté dans l’homme. La source de tout bien est en Dieu. «Nul n’est bon, sinon un seul, Dieu». Ensuite Jésus accepte de rencontrer le jeune homme sur son terrain : tu veux faire quelque chose ? Eh bien ! voici les commandements, ou tout au moins quelques-uns d’entre eux. Ceux-là l’homme les a gardés, mais le Seigneur va indirectement lui poser la question de la convoitise — le dixième commandement — et alors tout est trouvé mauvais. La loi, dans la main de Dieu, est toujours le miroir par lequel il renvoie à l’homme sa propre image.

Jésus tire le voile ; l’homme apparaît devant Dieu dans sa nudité, et Dieu devant l’homme dans sa sainteté. Faire n’est pas la question ! Il ne s’agit pas de faire, mais d’être sauvé. Renoncer, souffrir, suivre un objet : trois choses également impossibles pour cet homme, car son objet est autre. Le meilleur homme de ce monde préfère suivre l’objet de son désir au fait de suivre Christ. La parole du Seigneur met à nu l’état de son coeur, ce qui le gouverne. Alors il s’en va, préférant l’argent à Dieu manifesté en grâce. Il abandonne Christ pour les richesses qui satisfont sa convoitise. Son désir est le monde, non le ciel. Son caractère n’a pas de valeur par rapport au ciel. C’est son coeur qui est jugé, et son coeur est séparé de Dieu. Sa conduite est irréprochable, mais où sont ses affections ? Le jeune homme préfère une idole à Celui qu’il déclare bon.

 

4                    Dieu peut toujours sauver — Il veut notre coeur

Qui donc peut être sauvé ? demandent les disciples consternés. Avec les plus belles qualités humaines, le désir de faire le bien et la facilité de le faire... qui donc ? Solennelle question ! Réponse : personne ! Mais cela n’entrave pas Dieu. Pour l’homme cela est impossible parce que le bien n’est pas en lui ; il est esclave du mal par sa volonté et ses convoitises. Mais Dieu est au-dessus du mal ; il peut sauver.

La parole du Seigneur a mis à découvert ce qui gouverne le coeur, et cet homme comblé s’en va, tout triste, laissant échapper, peut-être pour toujours, le trésor céleste que Jésus lui a fait entrevoir. Tout triste ! Ni ce qu’il a, ni ce qu’il est, ne peut remplir le grand vide de son coeur. Un peu comme dans le livre de l’Ecclésiaste, l’insuffisance tragique de ce qu’il y a de meilleur dans l’homme ne peut être mieux démontrée que par quelqu’un à qui rien ne manque.

Quelqu’un d’autre a été triste, nous ne pouvons pas en douter. C’est le Seigneur, dont l’amour pour ce jeune homme a été spécialement mentionné. Il aurait pu faire des concessions pour le retenir, poser des conditions moins rigoureuses. Mais, tout en l’aimant, il laisse partir ce jeune homme exceptionnel. Ce qu’il veut, en réponse à son propre amour, ce n’est pas ce que l’homme a, ou fait, de meilleur. C’est son coeur.