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LES SACRIFICES

 

Notes sur les chapitres 1 à 4 du LÉVITIQUE recueillies dans une série de méditations

Henri  Rossier

 

Table des matières :

1     Lévitique ch. 1

2     Lévitique ch. 2

3     Lévitique ch. 3

4     Lévitique ch. 4

5     Lévitique ch. 5

 

ME 1943 p. 20, 35, 68, 97, 130

 

1                    Lévitique ch. 1

Les sacrifices, au nombre de quatre, ou plutôt cinq si l’on tient compte de la subdivision du sacrifice du péché et de celui du délit, forment l’introduction de ce livre, parce que c’est sur les sacrifices qu’est basée la sacrificature — sujet du livre — qui est le moyen de s’approcher de Dieu dans le tabernacle. Ces sacrifices se divisent en deux séries : la première comprend les trois premiers sacrifices, et la seconde, les deux derniers. Les trois premiers sont des sacrifices offerts de franche volonté à l’Éternel, et cela caractérise le sacrifice de Christ s’offrant de sa propre volonté à Dieu. Ils étaient en odeur agréable à l’Éternel.

Le premier, l’holocauste, était placé tout entier sur l’autel ; il montait tout entier en odeur agréable à l’Éternel ; Dieu seul y avait part, tandis qu’au second chapitre nous verrons que les sacrificateurs avaient une part à l’offrande de gâteau, et, au troisième chapitre, quand il s’agit des sacrifices de prospérités, l’adorateur y participe aussi bien que les sacrificateurs.

Le premier sacrifice, l’holocauste, le seul donc offert en entier à l’Éternel, en sacrifice volontaire, correspondait à l’offrande volontaire de Christ qui s’offrit en sacrifice à Dieu pour faire sa volonté. «J’ai reçu ce commandement de mon Père». «À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne. Personne ne me l’ôte, mais moi je la laisse de moi-même». Et Il le fait pour Dieu, pour le glorifier à l’endroit où le péché se trouvait — non pas seulement pour sauver des pécheurs, mais avant tout pour revendiquer la gloire de Dieu qui avait été déshonoré par le péché. Le sacrifice de Christ a donc Dieu en vue, mais nous en bénéficions aussi, car il est impossible que celui qui s’approche par ce moyen ne soit pas reçu.

L’adorateur qui présentait une offrande volontaire venait avec elle pour être agréé ; il la présentait à l’entrée de la tente d’assignation et posait sa main sur la tête de la victime pour s’identifier à elle, mais il ne pouvait s’approcher davantage. Il était reçu dans cette perfection de bonne odeur dans laquelle le sacrifice est accepté de Dieu.

«Pour faire propitiation pour lui» (v. 4) signifie «couvrir», en sorte qu’il n’en soit plus question. Ainsi tout ce que nous sommes en tant que pécheurs est couvert parce que le sacrifice est agréé. Ce que nous sommes ne vient pas en mémoire devant Dieu, mais la perfection du sacrifice est continuellement devant Lui. Dans ces sacrifices qui ne sont que des ombres, il y a l’expression des richesses infinies du sacrifice de Christ.

Nous réalisons ces choses dans le culte. L’adorateur se présente avec le sacrifice, mais il n’y a aucune part quelconque ; l’offrande monte tout entière à Dieu—tout est consumé. Ceci représente le Seigneur Jésus dans l’acte de s’offrir à Dieu dans le lieu du péché et du jugement : c’est la croix.

Nous voyons dans la suite du chapitre que l’adorateur ne se présente pas toujours avec la même espèce de victime ; c’est quelquefois du menu bétail, quelquefois des oiseaux. La latitude qui était ainsi laissée à celui qui offrait l’holocauste est pour nous une figure de l’appréciation de celui qui offre le culte. On apprécie diversement cette offrande de Christ à Dieu ; c’est la chose dont Dieu jouit le plus — et c’est peut-être celle dont nous jouissons le moins, parce que nous sommes peu en communion avec les pensées divines.

Cela descend jusqu’à l’holocauste d’oiseaux. Nous trouvons ici presque les mêmes termes que ceux qui sont employés pour le sacrifice pour le péché. C’est la plus basse estimation du sacrifice de Christ : celui qui offre y voit plutôt ce qui est pour lui que ce qui est pour Dieu. Malgré cela son offrande est acceptée : «C’est un holocauste, un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel» (v. 17).

Quand nous nous approchons de Dieu, pour rendre culte, nous pouvons n’être préoccupés que de ce que Christ a fait pour nous, et non de ce qu’Il a fait pour Dieu — et cela monte néanmoins en odeur agréable à Dieu ; nous y perdons à ne pas offrir du gros bétail, mais Dieu n’y perd pas—la bonne odeur du sacrifice est la même devant Lui.

 

2                    Lévitique ch. 2

 

C’est une chose importante de voir dans ce chapitre que le souverain sacrificateur et les sacrificateurs — toute la sacrificature, qui correspond à notre position devant Dieu — a sa part à l’offrande. Aaron et ses fils mangent le reste de l’offrande de gâteau (v. 3). Mais si la sacrificature y a part, ce n’est pas le cas du peuple. Nous entrons très peu dans l’appréciation de l’holocauste, peu dans celle de l’offrande de gâteau ; médiocrement dans celle du sacrifice de prospérités et pas du tout dans celle du sacrifice pour le péché — parlant de la pratique. Sommes-nous très occupés de la perfection de Christ, de la Personne même qui est offerte ? Ce chapitre parle de la Personne, de ce qui est offert, non pas de l’acte de s’offrir. Si nous ne nous en nourrissons pas, toute notre vie pratique s’en ressentira.

Il faut nécessairement manger sa chair et boire son sang, c’est-à-dire se nourrir de son sacrifice. Nous le faisons en symbole à la Table du Seigneur, après l’avoir fait quand nous avons cru. Il faut commencer par là, et, ensuite, réconciliés avec Dieu, nous devenons des sacrificateurs devant Dieu et avons alors à nous nourrir de la Personne de Christ, du pain vivant descendu du ciel : c’est ce dont nous parle ce chapitre.

Nous nous nourrissons d’un Christ descendu ici-bas, ayant été éprouvé jusque dans les profondeurs de son être par le jugement de Dieu, jugement qui n’a fait ressortir qu’une bonne odeur devant Dieu.

Ce chapitre nous présente Christ dans tous les caractères de sa parfaite humanité, mise à l’épreuve par le feu du jugement.

Le sacrifice pour le péché ne pouvait être en bonne odeur à l’Éternel, parce qu’il était «pour le péché», sauf les graisses de la victime qui étaient offertes — nous le verrons — en odeur agréable à l’Éternel.

Dans les gâteaux il n’entrait pas de levain ; il n’en entrait jamais dans les sacrifices offerts sur l’autel. Il en entrait dans certaines choses présentées à Dieu : ainsi, cinquante jours après l’offrande des premiers fruits — type de Christ en résurrection — qui était tournoyée devant l’Éternel et agréée devant Dieu à la fête correspondant à la Pentecôte, on présentait deux pains avec du levain, représentant l’Église commençante, en résurrection devant Dieu. Il y avait le mélange avec le levain, parce que c’était l’Assemblée, c’était l’homme ; mais l’offrande n’était pas brûlée sur l’autel.

Lorsqu’il est question, au v. 14, de l’offrande de gâteau «des premiers fruits», il ne faut pas entendre par là ce que nous appelons des fruits ; c’était ce qui était sorti en résurrection de ce qui avait été mis en terre et qui était mort. C’était le froment, l’orge, l’avoine, etc., les fruits de la terre, l’offrande de ce que le sol a produit. «À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jean 12:24). Il ne s’agit que de cela, et nous l’avons en type dans ce passage du Lévitique.

 

Dans tout ce chapitre 2, il est question de Christ dans chacune de ses perfections, présenté comme offrande sur l’autel.

Parler des perfections de l’humanité de Christ, nous amène à l’autel où tout est mis à l’épreuve par le feu du jugement, et ce feu éprouve d’une manière complète la personnalité de Christ, l’humanité de Christ, dans toute sa profondeur, et il n’est trouvé là qu’un parfum de bonne odeur.

Nous devrions beaucoup nous nourrir d’un Christ Homme ici-bas tel que nous le présentent les évangiles. Ceux qui le font portent un parfum spécial de Christ, parce que le fait de se nourrir de cette perfection de Christ Homme, de ses gloires morales, influe sur leur vie pratique.

Ce chapitre nous montre en figure que, dans toutes les circonstances que nous avons à traverser, nous avons à nous nourrir de ce pur froment descendu du ciel, de ce pain céleste dans ses perfections absolues.

Dans les versets 1 à 3, nous avons l’offrande de gâteau, comme un tout : «Son offrande sera de fleur de farine, et il versera de l’huile sur elle, et mettra de l’encens dessus». Puis ensuite, nous l’avons comme gâteau, comme galette ; nous l’avons cuit au four, cuit sur la plaque, cuit dans la poêle ; nous l’avons coupé en morceaux — nous l’avons de toutes manières en perfection.

Un chapitre pareil nous fait repasser la vie tout entière de Christ et nous amène à la croix où la perfection de cette vie est pleinement manifestée dans l’endroit de la mort, au moment où Il remet son esprit.

Ce chapitre nous présente les richesses de ce qui fait le centre de l’adoration éternelle — la croix dans les richesses de l’oeuvre et dans la personne de Celui qui y a été pour nous.

L’huile, c’est l’Esprit. Les trois premiers versets sont la pensée générale, et après, vient le détail.

L’offrande était mise en contact avec l’huile : «Quand tu présenteras... une offrande de gâteau cuit au four, ce sera de la fleur de farine, des gâteaux... pétris à l’huile, et des galettes... ointes d’huile» (v. 4). Et au v. 6 : «Tu la briseras en morceaux, et tu verseras de l’huile dessus». Au v. 1 on offre de la fleur de farine — c’est l’humanité parfaite de Christ — et on l’oint d’huile—c’est le Saint Esprit.

Dans le gâteau, nous le voyons formé de l’Esprit, dans sa naissance ; et, dans l’offrande, l’huile était inséparable de la farine avec laquelle elle était pétrie, cela formait un tout. Mais, de plus, celui qui présente l’offrande verse de l’huile dessus, ceci se réalise pour Christ lorsque l’Esprit, sous une forme corporelle, descendit sur Lui au baptême de Jean.

Puis l’adorateur versait de l’encens sur le gâteau. Le sacrificateur prenait une pleine poignée de la fleur de farine et de l’huile avec tout l’encens, et en faisait fumer le mémorial sur l’autel. Le reste était pour Aaron et ses fils.

Parmi les trois choses offertes, l’une appartenait entièrement à Dieu, comme l’holocauste du premier chapitre : c’était l’encens. Les adorateurs n’y avaient point de part. Les grâces de la personne de Christ montaient du sacrifice tout entières devant Dieu ; le parfum tout entier était pour Dieu. Mais les sacrificateurs peuvent pourtant se nourrir du sacrifice. Aaron et ses fils avaient part à la farine et à l’huile, comme nous avons part à sa nature et à son Esprit, puisque nous sommes enfants de Dieu, nés de Dieu. Ils pouvaient croître en se nourrissant de Lui. Nous pouvons nous nourrir de Lui depuis le commencement jusqu’à la fin de notre carrière, et nous nourrir de Lui aussi comme Homme, tel qu’Il se trouve caché dans le ciel, revêtu d’un corps glorieux. C’est la manne dans la cruche d’or, cachée dans l’intérieur de l’arche ; elle est aussi à nous : «À celui qui vaincra, je lui donnerai de la manne cachée».

Toutes les faces de l’humanité de Christ sont des objets de nourriture pour les saints — comme Homme dans sa vie — sur la croix — dans la gloire. Le caractère de son humanité parfaite est-elle le ressort de notre vie chrétienne ? Il nous a laissé un modèle, afin que nous suivions ses traces. «Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui» (Jean 6:56). Dans Jean «boire», c’est «croire» .

Il faut nous nourrir de Christ, tel qu’Il a été, mort sur la croix pour le péché, et le recevoir pour obtenir la vie nouvelle. Dans sa mort se trouve la vie : «En vérité, en vérité, je vous dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle» (Jean 6:53, 54). Nous ne pouvons participer à cette vie qu’en saisissant par la foi la mort de Christ comme étant la nôtre. Ici, il s’agit du fait saisi par la foi et qui est le point de départ de notre vie.

Être pétri à l’huile, c’est la naissance ; être oint d’huile, c’est le baptême du Saint Esprit pour son service.

Au jour actuel, les sacrificateurs, ce sont tous les saints. Nous sommes une sainte sacrificature autour de notre Souverain Sacrificateur, Christ. L’offrande de gâteau est pour nous.

Nous avons vu qu’une partie des trois éléments qui constituaient l’ensemble du gâteau était toute pour l’Éternel : l’encens. Cela nous rappelle le Ps. 16 où l’on voit l’homme parfait descendu en humiliation au milieu des hommes, dépendant de Dieu, s’associant à tout ce qui est humble et suivant son chemin où il n’y a que perfections. Il n’est pas aux prises avec la puissance du mal. Il marche dans une sainteté parfaite. Les épreuves ne sont pas montrées ; le sépulcre n’est mentionné que pour dire que Dieu n’y laissera pas son Saint ; et Il ressuscite pour se présenter devant Dieu, comme récompense de sa marche admirable à travers des circonstances qui étaient contre lui, mais Il a marché au-dessus d’elles. Tout l’encens monte devant Dieu.

On a versé l’huile : c’est le Saint Esprit qui le dirige en tout. Nous ne sommes plus au Ps. 16, nous arrivons à la croix. Dans ce chapitre, nous avons affaire au sacrifice — c’est Christ, Homme parfait pendant toute sa vie, mais sa perfection mise en lumière sur la croix. C’est là qu’on le connaît — c’est là que tout ce qu’il y a en Lui est exposé au feu de l’autel et monte en odeur agréable à l’Éternel ; il n’est pas un atome qui ne monte en bonne odeur.

Il arrive à la croix comme la fine fleur de farine, ointe d’huile et couverte d’encens, suivant un chemin uni de dépendance de Dieu, dans une perfection absolue.

À la fin du v. 3, il est dit : «C’est une chose très sainte entre les sacrifices de l’Éternel faits par feu» . Quand il est question de l’holocauste, ces paroles ne sont pas prononcées parce qu’il s’agit de l’acte de celui qui s’offre ; mais ici, c’est la Personne qui s’offre volontairement à Dieu dans toute sa perfection d’homme ici-bas. Au v. 10, nous avons la même pensée. Ce qui est «très saint», c’est la manière dont ce sacrifice de l’Homme parfait est considéré par Dieu. Et cela est important. Cet Homme, plus défait de visage qu’aucun autre homme, — «le pauvre», comme il est appelé dans les Psaumes — cet Homme estimé pour rien, jugé méprisable par les hommes, dont ils disaient, quand Il était sous leurs yeux : «C’est le fils du charpentier», «C’est par Béelzébul qu’Il chasse les démons !» — c’est cet Homme dont Dieu a soin de dire, quand Il est dans le lieu où Il est fait péché : «C’est une chose très sainte».

Quand on arrive aux versets 4 à 10, on trouve que ce n’est plus une poignée de fleur de farine dans son état naturel qui est offerte, mais c’est quelque chose qui a passé à travers une préparation, qui est placée sur la plaque (v. 5), ou brisée en morceaux (v. 6), ou cuite dans la poêle (v. 7). Cette fine fleur de farine est façonnée de deux manières : d’abord pétrie avec l’huile ; c’est ainsi qu’elle se présente pour être mise au four, sur la plaque ou dans la poêle. On en fait des objets de différentes formes et cela parle d’un Christ qui est aux prises avec tout ce que peut éprouver le coeur de l’homme. Ces objets devaient être placés sur le feu, avant d’être consumés par le feu de l’autel. Il s’agit de circonstances à travers lesquelles Christ a passé comme homme : la haine des hommes, sa tristesse au sujet de Jérusalem ; il cherchait du fruit chez l’homme et n’en trouvait point : il n’avait pas un lieu où reposer sa tête, pas une chose qui fût pour Lui — c’est un feu, c’est l’épreuve ; c’est être au four, sur la plaque, dans la poêle. «Que l’épreuve de votre foi, bien plus précieuse que celle de l’or qui périt et qui toutefois est éprouvé par le feu, soit trouvée tourner à louange, et à gloire, et à honneur, dans la révélation de Jésus Christ» (1 Pierre 1:7).

 

 

Christ était éprouvé de toutes manières et, de toute cette épreuve, il ne sortait que ce qui était susceptible d’être offert comme une chose très sainte. Le premier feu était une préparation de ce qui allait être offert sur l’autel.

Les versets 1, 2 et 3 du chapitre 2 du Lévitique présentent le caractère de l’Homme parfait en dehors des circonstances, et les suivants, les circonstances à travers lesquelles Il a dû passer.

Le gâteau devait être préparé de différentes manières : pétri d’huile, oint d’huile, coupé en morceaux, et l’huile versée dessus.

Pétri d’huile : c’est sa naissance du Saint Esprit — cette nature humaine, née du Saint Esprit. «La sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu», dit l’ange à Marie.

Oint d’huile : c’est le baptême du Saint Esprit en présence de Jean Baptiste. Il est oint pour son ministère parmi les hommes.

«Tu la briseras en morceaux, et tu verseras de l’huile dessus» (v. 6). C’est comme si Dieu prenait à part chacune des parties qui constituaient Christ : ses paroles, ses actes, sa conduite, tout ce qu’Il était en détail, et que tout se trouve caractérisé par le Saint Esprit lui-même. C’est ce que nous voyons dans les évangiles. Nous y avons non seulement le Fils de l’homme, mais sa perfection dans chacun de ses pas, dans ses discours, dans ses décisions, dans chaque détail de sa vie, en un mot.

Combien il est précieux que nous ayons dans l’Ancien Testament ce qui se passe dans le coeur de Christ. Quand nous voulons nous occuper de ses affections, de ce qui se passe dans son coeur, nous avons les Psaumes, où nous voyons ce coeur à nu — il n’y a pas de voile entre Lui et Dieu, comme le voile qui existait dans son humanité entre Lui et les siens, voile qui se levait pour la foi, mais il fallait la foi pour distinguer sa gloire à travers son humanité.

Il y a deux choses qui n’appartiennent pas à l’offrande faite par feu : «Aucune offrande de gâteau que vous présenterez à l’Éternel ne sera faite avec du levain ; car du levain et du miel, vous n’en ferez point fumer comme sacrifice par feu à l’Éternel» (v. 11). Et il y a une chose qui doit toujours y être : «Toute offrande de ton offrande de gâteau, tu la saleras de sel, et tu ne laisseras point manquer sur ton offrande de gâteau le sel de l’alliance de ton Dieu ; sur toutes tes offrandes tu présenteras du sel» (v. 13). Le sel ne devait être absent d’aucune offrande ; et c’était une règle absolue que le levain fût absent de toute offrande qui devait aller sur l’autel. Il n’y avait jamais non plus de miel, et cependant le miel était considéré comme une chose excellente dont on pouvait manger. Après sa résurrection, le Seigneur en a mangé : «Ils lui donnèrent un morceau de poisson cuit et quelque peu d’un rayon de miel ; et l’ayant pris, il en mangea devant eux» (Luc 24:42, 43). Ce n’était donc pas une chose mauvaise, mais elle n’était pas permise dans les offrandes.

Le levain, c’est l’existence du péché, c’est la corruption de la nature humaine, et cela ne peut entrer en action dans le sacrifice. C’est le principe de la corruption de la nature humaine, tandis que le miel, au contraire, est le principe de l’amabilité de la nature humaine — mais toujours «humaine», et tout ce qui tient à la nature humaine n’a pas de place dans les sacrifices. Les meilleurs sentiments de générosité, de fraternité, même entre les enfants de Dieu, tout ce qui est de la nature humaine, les choses bonnes à voir, n’appartiennent pas aux sacrifices.

Dans le Seigneur, il n’y avait que la sainteté parfaite et rien de l’amabilité de la nature humaine. Quand on lui dit : «Voici ta mère et tes frères, là dehors, te cherchent», nous aurions dit : «Faites-les entrer !» Il dit : «Qui est ma mère, ou qui sont mes frères ? Et regardant tout à l’entour ceux qui étaient assis autour de lui, il dit : Voici ma mère et mes frères ; car quiconque fera la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère» (Marc 3:34, 35). Quand il s’agit de sa marche et de son ministère, Il coupe court à ces manifestations, qui nous semblent naturelles. Lorsque le vin vient à manquer aux noces de Cana, la mère de Jésus l’en avertit et dit en toute confiance aux autres : «Faites tout ce qu’il vous dira». Que lui répond-Il ? «Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ?» Ce n’est pas l’amabilité de la nature humaine. Mais quand son oeuvre est accomplie, alors Il montre tout ce qu’il y a dans son coeur pour cette mère qu’Il recommande à son disciple bien-aimé : «Femme, voilà ton fils». Puis Il dit au disciple «Voilà ta mère». Sa carrière est terminée, l’oeuvre est accomplie. Il n’a plus qu’à remettre son esprit et Il donne libre cours aux sentiments nés des liens naturels que Dieu a formés. Voilà le miel.

Il est dit dans les Proverbes : «Mon fils, mange du miel, car il est bon ; et un rayon de miel est doux à ton palais» (chap. 24:13) ; mais il est dit aussi : «Manger beaucoup de miel n’est pas bon» (chap. 25:27). Sachons reconnaître le miel à l’occasion, mais ne cherchons pas à en vivre.

Le sel (v. 13), c’est ce qui empêche la corruption. Il faut nous séparer pour Dieu de tout ce qui peut être corrompu.

Le Seigneur dit : «Chacun sera salé de feu ; et tout sacrifice sera salé de sel» (Marc 9:49). Ce passage offre une certaine difficulté. «Le sel est bon ; mais si le sel devient insipide, avec quoi lui donnerez-vous de la saveur ? Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous» (versets 50, 51).

Tout homme sera salé de feu — chacun — pas seulement les méchants. Le feu, c’est le jugement, et chacun sera salé de feu. Il n’y a que le sacrifice offert à Dieu qui ait réellement la puissance de séparer du mal. Le feu juge ; il est comparé ici au sel qui met le mal de côté. Nous avons besoin du jugement de Dieu, tombant en discipline sur nous, mais il n’y a pas de puissance dans ce jugement, tandis que le sel offert sur les sacrifices a la puissance de nous sanctifier pour Dieu et empêche le mal d’approcher. Si nous sommes liés avec le sacrifice, nous sommes gardés de l’invasion du mal. Alors nous sommes le sel de la terre, comme le Seigneur le dit : «Vous êtes le sel de la terre» (Matt. 5:13).

La présence des enfants de Dieu dans ce monde empêche la corruption d’arriver à son point culminant. Le jugement ne sera exécuté que lorsque le sel de la terre aura été ôté. Les enfants de Dieu ont à prendre garde de ne pas perdre le sel. Si nous ne maintenons pas la séparation d’avec le mal dans notre marche, à quoi est-ce que nous servons ? «Ayez du sel en vous-mêmes» . «Si le sel a perdu sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes» (Matt. 5:13). Les enfants de Dieu qui ont perdu la saveur comme sel de la terre sont foulés aux pieds par les hommes. Mais si nous marchons dans la séparation, le monde nous haïra peut-être, mais sera obligé de nous reconnaître, tandis qu’il méprise les enfants de Dieu qui ont perdu leur saveur.

Remarquons la fin du verset 51 de Marc 9 : «Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous». Nous sommes en paix entre nous quand nous avons du sel en nous, c’est-à-dire une vraie séparation du mal au dedans de nous-mêmes ; alors un esprit de paix règne entre nous tous — les relations sont selon Dieu. C’est la non-séparation du mal qui amène la guerre entre nous ; les uns ont du sel, les autres n’en ont pas, et la guerre résulte de cet état de choses. Si nous avons du sel en nous-mêmes, nous marchons dans la lumière.

Dans les v. 14 à 16 il ne s’agit pas des occasions spéciales où il était ordonné d’offrir les premiers fruits. Ici, c’est toujours une offrande volontaire qui est placée sur l’autel. «Le sacrificateur en fera fumer le mémorial». C’est l’offrande de Christ. Il était l’épi nouveau ; il était le bois vert. En figure, Il a été broyé, Il a passé par le feu. Telles sont les souffrances à travers lesquelles Lui, le vrai Israël, a eu à passer. Lui, le seul qui ne dût pas subir le jugement, Il a passé à travers le feu du jugement, après avoir été, pendant sa vie, semblable au grain de blé broyé et rôti au feu. Il était l’épi du champ céleste ; Il était ce grain de Canaan que les Israélites ont mangé quand ils sont entrés dans la terre promise.

Quelle chose merveilleuse de contempler toutes les perfections de Christ, éclatant dans ces quelques heures, ces quelques instants de la croix !

 

3                    Lévitique ch. 3

 

Les cinq premiers chapitres du Lévitique nous parlent des quatre ou cinq sacrifices qui composent l’ensemble des sacrifices sous l’ancienne alliance, et les chapitres 6 et 7 en décrivent la loi. Pour avoir une intelligence complète des sacrifices, il faut arriver à la fin de ces chapitres. Ceci est important tout particulièrement pour le sacrifice de prospérités, dont nous trouvons la loi dans le chapitre 7 ; elle est très détaillée et nous fait comprendre ce que signifie ce sacrifice.

Nous avons vu que l’holocauste était entièrement offert à Dieu ; c’est l’acte de Christ qui s’offre comme victime pour revendiquer la gloire de Dieu. Cette offrande tout entière va à Dieu. Dieu seul y a part — c’est le repas de Dieu, si l’on peut s’exprimer ainsi. L’offrande de gâteau n’était pas offerte entièrement à Dieu ; ceux qui pouvaient s’approcher de Dieu dans le lieu saint y avaient leur part. Et alors cette offrande représentait la Personne de Christ, offerte sur la croix comme Homme parfait. Nous avons part à ce sacrifice : nous pouvons nous nourrir de Christ fait homme, de Sa perfection, comme homme. Si nous ne nous en nourrissons pas, nous ne pouvons marcher dans ce monde. Comme homme parfait, Il nous a laissé un modèle qui a pleinement glorifié Dieu, parce qu’Il a marché dans une entière sainteté, dans une entière séparation du mal, parce que toutes ses paroles étaient perfection et, au moment où Il a été mis à l’épreuve sur le feu de l’autel, Il s’est comme exhalé en odeur parfaite devant Dieu. Il nous est présenté comme le pain descendu du ciel, la manne céleste, dont nous pouvons, dont nous devons nous nourrir, dans le but de reproduire Ses caractères dans ce monde.

Le troisième sacrifice, le sacrifice de prospérités, est beaucoup plus compliqué que les autres. La loi du sacrifice est séparée parce que, dans ce chapitre 3, il ne nous est présenté que le côté du sacrifice qui regarde Dieu. Il n’y est pas question de la part du sacrificateur, ni de qui que ce soit d’autre. Ici, il est question du sacrifice de prospérités offert à Dieu, qui est «une odeur agréable à l’Éternel». C’est le pain de Dieu (versets 11 et 16).

 

Au chap. 7 nous voyons qu’il y avait dans le sacrifice de prospérités non seulement la part de Dieu, mais celle de la sacrificature, celle du sacrificateur spécial qui avait fait aspersion du sang du sacrifice (v. 14), et qu’il y avait aussi la part de ceux du peuple qui venaient présenter l’offrande. Il y avait donc quatre parts.

Il y a un second fait très important, c’est que le sacrifice de prospérités était, des trois sacrifices, le seul qui ne fût pas offert uniquement pour lui-même. L’holocauste et le gâteau étaient offerts seuls, tandis que le sacrifice de prospérités était offert sur l’holocauste et avec le gâteau. «Les fils d’Aaron feront fumer cela sur l’autel, sur l’holocauste qui est sur le bois qui est sur le feu» (3:5). Pour le gâteau, voir chap. 7, v. 11 à 13. Ainsi les trois choses se liaient.

Ces faits nous donnent l’explication de ce qu’est ce sacrifice de prospérités.

Quand quelqu’un avait été béni dans ses circonstances, il venait, comme action de grâces, offrir un sacrifice de prospérités. Quand quelqu’un avait fait un voeu, il venait offrir de même un sacrifice de prospérités. C’était l’offrande volontaire, mais qui se liait à l’action de grâces et à un engagement sérieux envers Dieu. C’était un repas commun ; celui qui offrait le sacrifice invitait toute sa famille : ils avaient communion les uns avec les autres, dans ce sacrifice offert à Dieu. Dieu en avait sa part, Il avait toute la graisse, la sacrificature avait la poitrine ; le sacrificateur avait l’épaule droite (chap. 7:30 à 33) et le peuple avait le reste. En type, c’est la communion des adorateurs, des sacrificateurs, avec Dieu le Père et avec Christ. Tous se réunissaient dans un repas commun. En un mot, c’est le culte, sous le rapport de la communion des âmes ensemble et avec Dieu.

Il n’y a pas de signification particulière de la victime ; elle est présentée comme holocauste ; la signification est la même au chap. 3 qu’au chap. 1, et alors ce repas, — pour nous le culte — ne peut être séparé du sacrifice de Christ s’offrant à Dieu et du sacrifice de l’Homme parfait qui est l’occasion de la communion. Il est basé sur l’holocauste ; il est mis en rapport direct avec l’holocauste et le sacrifice de gâteau — c’est le sujet de la communion.

Le fait de répandre le sang sur l’autel (v. 2) signifie tout simplement la vie offerte — le sang, c’est la vie — et c’est là, sur l’autel, à la croix, que la vie de Christ a été offerte à Dieu.

Le sang n’était pas porté sur le propitiatoire. Au grand jour des expiations seulement, le souverain sacrificateur qui, ce jour-là, entrait, au lieu très saint, portait le sang sur le propitiatoire.

Le sang était offert «sur l’autel, tout autour», c’est-à-dire pas à terre, mais autour du feu, sur cette partie plane qui formait l’autel ; et il était consumé en même temps que la victime.

Le sang porté sur le propitiatoire est porté par Christ en résurrection à travers le voile déchiré ; il est porté sous les yeux de Dieu ; Dieu le reçoit et déclare que tous ceux qui s’approchent sont sans péché devant Lui. Le sang de la propitiation s’adresse à tous les hommes ; ils peuvent tous s’approcher sur la base de ce sang offert.

De la graisse, rien n’est laissé ; elle était offerte tout entière à Dieu. Si le sang est la vie, on peut dire de la graisse que c’est l’énergie de la vie qui s’offre tout entière à Dieu. C’est la force — on juge d’un animal à sa graisse — mais ici, c’est la force intérieure. Toute l’énergie de la vie de Christ était entièrement pour Dieu ; toutes les forces de son être étaient employées à glorifier Dieu et ont été offertes en sacrifice à Dieu.

Ce chapitre est donc important parce qu’il s’agit du culte qui ne peut être séparé de la communion.

Pour l’holocauste, il est parlé des oiseaux parce qu’il s’agit de l’appréciation de celui qui fait l’offrande — l’appréciation de ces paroles : «Je laisse ma vie» — et cela va jusqu’à l’excessive faiblesse de l’offrande d’oiseaux. Mais dans notre chapitre il s’agit de la communion, il n’est plus question d’oiseaux : il faut la communion dans le culte. Il y a différentes manières d’apprécier : on descend du gros bétail à l’agneau et à la chèvre, mais, si on n’a pas communion dans cette mesure, il n’y a plus de communion du tout. La communion, c’est avoir une jouissance commune les uns avec les autres, et avec Dieu, et avec Christ.

Ce repas commun, nous l’avons dans la cène. Dieu y a sa part qui est Christ. Les sacrificateurs et les adorateurs y ont tous leur part.

Dans l’holocauste, on n’offrait pas de femelles, seulement les mâles ; ici l’un et l’autre peuvent être offerts — sans doute parce que c’est un repas commun, un repas où tous ont part, et cela suppose la faiblesse.

Dans ce chapitre 3 nous ne voyons que la part de Dieu, et voilà pourquoi il est dit : «C’est un pain de sacrifice» (v. 11 et 16). Cette expression «pain de sacrifice» est la traduction littérale. Le pain, c’est ce qui constitue le repas ; un repas simple est composé de pain. Le pain, c’est la part de l’Éternel.

Le grand caractère de ces trois chapitres, c’est de nous montrer le sacrifice de Christ, comme la part de Dieu — et le grand trait, c’est que le sacrifice offert est en odeur agréable à l’Éternel. Les délices du coeur de Dieu sont dans la vie de Christ qui a été laissée, et dans le fait que toute l’énergie de cette vie de Christ a été offerte tout entière à Celui qui l’a envoyé. Voilà ce dont Dieu se nourrit, voilà ce qui est la joie éternelle du coeur de Dieu ; elle se trouve non pas seulement dans le Fils qui a fait ses délices de toute éternité, mais dans Celui qui est descendu dans cette place du péché et qui L’a honoré et parfaitement glorifié. Et Dieu nous a donné de pouvoir avoir communion avec Lui dans ce qui fait sa joie.

Dans cette phrase souvent répétée : «Les fils d’Aaron feront fumer cela sur l’autel, sur l’holocauste qui est sur le bois qui est sur le feu», nous voyons que le jugement de Dieu est inséparable de la victime.

 

4                    Lévitique ch. 4

 

Nous arrivons à la quatrième classe de sacrifices et, tout de suite, nous constatons une profonde différence entre les sacrifices pour le péché et les précédents qui étaient volontaires et qui font penser au sacrifice volontaire de Christ qui s’est offert Lui-même à Dieu sans tache. Aussi, pour ces sacrifices, rien n’était prescrit. Qu’un taureau, un mouton, un agneau, un oiseau fût amené, cela était laissé à l’estimation de celui qui venait offrir — de même pour l’offrande de gâteau. Tandis que, dans le sacrifice pour le péché, nous trouvons ce fait que, quand quelqu’un a péché, une victime est prescrite, qui ne peut être changée. Pour le sacrificateur, une victime particulière est prescrite, une de même pour le peuple, une pour le prince du peuple, une pour «quelqu’un du peuple du pays». Donc ce qui différencie en tout premier lieu les sacrifices pour le péché des précédents c’est qu’une victime particulière est prescrite, la seule qui puisse convenir à Dieu, du moment qu’il s’agit du péché. «l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde». Ceci est une différence capitale.

Il y a deux ordres de fautes qui exigent le sacrifice. La première classe se trouve dans notre chapitre : les fautes commises par erreur ; et la seconde dans le chapitre suivant : le délit. La Parole de Dieu fait une différence de toute importance entre ces deux classes de péché. Le péché commis par erreur ne comprend qu’une seule espèce de fautes ; le délit en comprend trois.

Nous ne trouvons pas tout ce qui a rapport aux sacrifices pour le péché dans ces chapitres 4 et 5, mais au chapitre 16 il en est encore question, à propos du grand jour des expiations et dans un caractère absolument particulier qui ne se trouve que là. Il nous faut compter trois ordres de sacrifices pour le péché : ceux dont il est parlé aux chap. 4 et 5 ; celui du jour des expiations (chap. 16) ; la génisse rousse (Nomb. 19).

La première catégorie est celle des péchés commis par erreur, et consiste en ceci qu’on a violé un commandement de la loi (v. 2, 13, 22 27). C’est toujours la même chose, c’est le péché qui se commet sans que le pécheur en ait connaissance, à cause de sa mauvaise nature, contre un des commandements quelconques de la loi de l’Éternel. Ce qui nous est présenté ici, ce n’est pas le cas d’un pécheur venant faire connaissance du salut, mais le cas de quelqu’un mis en relation avec Dieu. Le peuple était reconnu comme étant en relation avec l’Éternel et le sacrificateur maintenait cette relation.

Si quelqu’un qui connaissait Dieu, sous la loi, péchait volontairement, sciemment, il n’y avait pas de ressource pour lui ; seul le péché commis par erreur pouvait être expié. Rien ne caractérise l’état terrible dans lequel se trouvait un croyant sous la loi comme ce fait de n’avoir aucune ressource quand il péchait volontairement. Dieu, dans sa miséricorde, a pu passer momentanément par dessus des péchés, attendant jusqu’au sacrifice de Christ.

Sous la loi, l’Israélite se trouvait en présence des défenses de Dieu, et c’est ce qui poussait son coeur naturel au péché ; il péchait constamment et aurait dû sans cesse être retranché, ou mis à mort. Dans le chap. 10 de l’épître aux Hébreux nous avons un contraste absolu : sous la grâce il n’y a qu’un péché volontaire qui soit mentionné (v. 26 à 29). Pour ces Juifs sortis du judaïsme, c’était abandonner la profession de Christ pour retourner au judaïsme, c’était le péché volontaire d’estimer profane le sang de Christ qui avait coulé pour eux. S’ils retournaient à ces choses qu’ils avaient laissées, il n’y avait plus de sacrifice pour le péché. Quel contraste intéressant entre la loi qui condamne tout péché volontaire et la grâce qui n’en condamne qu’un !

Le chap. 4 se divise en deux parties : 1° le péché par erreur du «sacrificateur oint» (v. 3) — quand ce mot est employé, il désigne toujours le souverain sacrificateur — et le péché par erreur du peuple ; 2° le péché par erreur du chef du peuple et celui de quelqu’un du peuple du pays.

Dans le premier cas, quand il s’agissait du souverain sacrificateur ou du peuple, le sang de la victime était porté dans le tabernacle, non pas dans le saint des saints où était l’arche, parce que le sacrificateur n’y entrait qu’une fois l’an, au jour des expiations ; mais il s’arrêtait devant le voile et le sang du sacrifice était aspergé devant le voile ; on l’apportait aussi près que possible des yeux de Dieu et, par sept fois, c’est-à-dire d’une manière complète, le sacrificateur en faisait aspersion devant l’Éternel. Il fallait que les yeux de l’Éternel vissent le sang à l’entrée du sanctuaire. Puis le sacrificateur portait le sang sur les cornes de l’autel du parfum. Quand il s’agissait de lui ou du peuple, il était obligé de faire cela. Le reste du sang était apporté à l’autel de l’holocauste et y était versé tout entier. Ceci est le second grand trait qui caractérise cette première catégorie.

Le troisième grand trait, c’est que le corps de la bête était brûlé tout entier hors du camp. «Les corps des animaux dont le sang est porté dans les lieux saints, par le souverain sacrificateur, sont brûlés hors du camp» (Héb. 13:11).

Dans le second cas, on ne portait pas le sang de la victime dans le sanctuaire et le corps était mangé ; il s’agissait là des chefs du peuple et de «quelqu’un du peuple du pays». Le sang donc n’était pas porté dans le sanctuaire, ni le corps hors du camp. Le sacrificateur mettait du sang sur les cornes de l’autel de l’holocauste.

Tels sont les principaux caractères de ces deux catégories.

Ce qu’il y avait de plus grave, c’était le péché du souverain sacrificateur ; celui qui était l’intermédiaire entre Dieu et le peuple ne devait pas pécher par erreur et, s’il péchait, qui devait lui faire connaître son péché ? Personne ; il devait le connaître lui-même ; il est laissé à sa propre responsabilité. Il était dans une position de telle proximité de Dieu qu’il ne devait pas pécher. À propos du peuple, il est dit au v. 14 : si son péché vient à être connu — à propos du chef du peuple, au verset 23 et à propos de quelqu’un du commun, verset 28 : «si on lui a fait connaître son péché». Pour le souverain sacrificateur, rien de semblable. Il représentait Christ et n’était, par conséquent, pas considéré comme pécheur—mais il était un homme, et cet homme péchait (Hébreux 5:1-4). Il était obligé d’offrir des sacrifices pour lui-même. Sa faute, quoique commise par erreur, était particulièrement importante. Du moment qu’il était chargé de maintenir les relations du peuple avec Dieu par son intercession à l’autel d’or, et qu’il péchait, il n’y avait plus de communion avec Dieu ; il était alors obligé de venir porter le sang sur l’autel de l’holocauste, afin que la communion pût être rétablie. Il fallait que le sacrifice fût toujours offert de nouveau.

Un péché détruit pour nous la communion, mais le Sang de Christ a été offert une fois pour toutes. Christ est la propitiation pour nos péchés en même temps qu’Il est notre Avocat.

Le sacrificateur était donc laissé à sa responsabilité pour connaître son péché. Comme type de Christ, il n’aurait pas dû en commettre, et personne ne pouvait le lui faire connaître. Sa proximité de Dieu aurait dû lui faire dire : les fautes que les hommes commettent par erreur, je ne les commettrai pas. Plus on est près du Seigneur, moins on pèche.

Il faut aussi remarquer que celui ou ceux qui avaient péché, posaient leur main sur la tête du taureau, du bouc ou de la chèvre. Dans tous les cas de sacrifices déjà vus, celui qui apportait le sacrifice posait sa main sur la tête de la victime, mais le sens est entièrement différent ici. Dans les premiers chapitres, l’adorateur s’identifiait avec la victime, en sorte qu’il était agréé dans le parfum de la victime offerte et reçu selon la perfection du sacrifice offert. Tandis qu’en posant sa main sur la tête du sacrifice pour le péché, c’était comme s’il disait : J’identifie la victime avec moi ; en posant ma main sur sa tête, je pose ce que je suis sur elle. Dans les premiers cas, nous voyons donc l’identité de l’adorateur avec la victime, et ici la victime identifiée avec le pécheur, faite péché pour lui.

Lorsque la communion était interrompue, les relations avec l’Éternel l’étaient aussi. Il fallait que le sang fût porté devant le voile où le sacrificateur pouvait se présenter lui-même et présenter le peuple ; puis qu’il fût versé sur l’autel de l’holocauste qui était le lieu de rencontre individuel entre l’âme et Dieu. Dieu patientait, Il acceptait de se laisser retrouver par ce moyen qui n’était qu’une figure.

Mais ce sacrifice, tout en étant une chose souillée puisque c’était le péché qui nécessitait le jugement de Dieu, était, à cause de l’excellence de la victime, une chose agréable à Dieu.

 

S’il existe une relation entre l’holocauste, l’offrande de gâteau et le sacrifice de prospérités, nous trouvons qu’il y en a aussi une entre le sacrifice pour le péché et le sacrifice de prospérités. Dans l’un et dans l’autre, la graisse, l’énergie de la vie, de la volonté de l’homme, était offerte sur l’autel et montait comme un sacrifice de bonne odeur — en odeur agréable à l’Éternel. Cela n’est dit qu’une fois dans ce chapitre, au v. 31. Toute l’énergie du coeur de Christ ne pouvait qu’être agréable à Dieu ; mais, d’un autre côté, dans ce qui nous occupe, la Parole a soin d’ôter la pensée d’une odeur agréable, parce que la victime portait le péché sur sa tête. Dieu le jugeait, et ce ne pouvait être une odeur agréable devant Lui, du moment que la victime était faite péché.

Après que la graisse avait été offerte, tout ce qui constituait la victime était consumé hors du camp ; elle était considérée comme souillée, quoique très sainte. Du moment que Christ a été fait péché, Il a été rejeté hors du camp. Il a souffert hors de la porte.

La victime tout entière était consumée dans un lieu à part où l’on mettait les cendres du sacrifice, dans un endroit dont l’Israélite n’approchait pas (v. 11 et 12). Cela donne une idée de ce qu’était le péché pour Dieu.

Le sacrifice pour le péché se distingue de celui pour le délit. Le premier était offert en vertu d’un manquement positif contre la loi ; celui qui enfreignait un commandement de Dieu avait besoin de recourir au sacrifice pour le péché. Mais, sous la loi, le sacrifice pour le péché n’existait que pour ceux dont le péché n’était pas volontaire. Celui qui péchait volontairement devait être retranché de toute communion avec le peuple.

Il y avait deux péchés commis par erreur qui rompaient la communion avec Dieu : celui du souverain sacrificateur et celui du peuple. L’offrande était la même et le sang devait être porté de la même manière, et, dans les deux cas, la victime était brûlée tout entière hors du camp. Nous avons un souverain sacrificateur, pur, saint, innocent, sans péché, qui a offert le sang de la propitiation et est entré dans le sanctuaire avec un sacrifice offert une fois pour toutes — et ce sacrificateur parfait, le Fils de Dieu, n’a pas besoin de rien offrir pour lui-même.

Le cas du peuple peut avoir lieu si l’Assemblée comme telle commet une faute ; il y a alors interruption absolue et complète de la communion avec Dieu. Il faut que la communion se retrouve, non par le renouvellement de l’aspersion du sang, mais par le lavage d’eau, par la Parole — par l’office du Souverain Sacrificateur qui s’abaisse pour laver nos pieds — par l’office de Jésus Christ le Juste qui se tient continuellement devant Dieu comme notre Avocat, et, sans cet office du Souverain Sacrificateur pour la restaurer, il n’y a pas de communion entre l’Assemblée et Dieu.

Dans les deux cas suivants (chap. 4:22 à 26 et 27 à 35) il n’est plus question de sang porté sur l’autel d’or et devant le voile — plus de sang à l’intérieur du sanctuaire. Et la conséquence de cela, c’est qu’au lieu que le corps de la victime soit brûlé hors du camp, il est mangé par les sacrificateurs. Il est donc des cas où le sacrifice pour le péché devient une nourriture pour les sacrificateurs. Ce que nous avons à tirer de là, c’est que si une personne péchait dans l’assemblée d’Israël, la communion avec Dieu n’était pas détruite. L’Esprit sera contristé, le mal se découvrira et sera jugé. Voilà pourquoi l’autel d’or n’est pas mentionné, l’autel de la communion ne vient pas en question. Le sang est placé sur les cornes de l’autel de l’holocauste et versé au pied de l’autel en témoignage que le sacrifice est accepté. Celui qui a péché peut être restauré individuellement.

Souvent, dans la Parole, la victime est confondue avec l’autel ; ainsi au Ps. 84, v. 3 : «tes autels» ne signifient point l’autel d’or et celui d’airain, mais les victimes qui se trouvent sur ce dernier. De même dans les Hébreux : «Nous avons un autel dont ceux qui servent le tabernacle n’ont pas le droit de manger». L’airain, c’est la justice de Dieu s’occupant du péché — c’est la croix, et sur la croix il y a une victime.

Dans le sacrifice pour le péché, une partie était en bonne odeur à l’Éternel (v. 31) — une partie qui restait toujours un parfum de bonne odeur, mais ce n’était qu’une partie, la graisse ; tout ne pouvait monter en bonne odeur, puisque c’était l’endroit où le Seigneur Jésus était fait péché — quelque chose d’affreux aux yeux de Dieu et que Dieu devait juger. Mais dans cette offrande de la victime parfaite s’offrant avec toute son énergie, il y avait une odeur agréable qui montait devant Dieu.

 

5                    Lévitique ch. 5

Le dernier verset ne doit pas être mis de côté, comme si c’était un des délits volontaires ne permettant pas de sacrifices. Il faut lire encore le v. 17, et un peu plus loin, la fin du v. 18 : «et il lui sera pardonné». Il ne faut pas séparer ces passages.

Au v. 2 il y a un second cas. Dans le premier verset, il y a quelqu’un qui a vu et su ; dans le second, quelqu’un de souillé qui n’a pas su ; dans le troisième, quelqu’un de souillé qui n’a pas su et l’a appris ensuite ; dans le quatrième, quelqu’un qui parle légèrement et qui oublie les choses dites ; elles reviennent à sa conscience, il est coupable. Voici les quatre cas, et, après que cet homme a dû confesser son péché, il amène le sacrifice. Il n’est parlé du sacrifice qu’après l’énumération des quatre délits ; et, malgré cette parole sévère du premier verset : «Alors il portera son iniquité», nous voyons qu’il y a également un sacrifice pour le premier délit.

Quand il est question des délits, il y a toujours le sacrifice. Ce sont des cas graves.

Dans ce premier paragraphe, nous avons des manquements qui atteignent la conscience : la souillure, le parjure, les paroles légères, toute choses condamnées par la conscience naturelle. C’est important de voir les degrés : le plus grave est le premier. Ce n’est plus comme au chap. 4 où l’on n’avait pas conscience de son péché et où l’on pouvait le connaître ensuite ; ici on en a conscience dès le début, sans qu’on puise invoquer le fait qu’on ne sait pas.

Quand un homme avait paru comme témoin devant le juge et que celui-ci voulait lui faire prêter serment, il lui faisait entendre la voix d’adjuration et, du moment que le magistrat adjurait, on était tenu de répondre. Le souverain sacrificateur dit à Jésus : «Je t’adjure, par le Dieu vivant, que tu nous dises si toi, tu es le Christ, le Fils de Dieu «. Jésus lui dit : «Tu l’as dit» (Matt. 26:63). Jésus reçoit l’adjuration du souverain sacrificateur et répond.

Si celui qui avait commis le délit ne pouvait offrir une chèvre, il pouvait offrir deux tourterelles ou deux pigeons, l’un pour le péché, l’autre pour l’holocauste ; et, si ses moyens ne pouvaient atteindre jusque-là, il offrait la dixième partie d’un épha de fleur de farine, c’est-à-dire un sacrifice non sanglant.

Cela indique toujours l’estimation que celui qui a péché fait du sacrifice. Beaucoup d’âmes ne voient pas au delà de la dixième partie de l’épha de farine — elles voient dans le sacrifice de Christ l’homme parfait sur la croix ; mais la valeur du sang va plus loin. Cette offrande pourtant est acceptée. Du moment qu’il s’agit d’une offrande imposée de Dieu, Il laisse la latitude à celui qui commet le délit d’apporter ceci ou cela, et Il l’accepte ; cela a de la valeur devant Lui. C’est un Christ qui a une petite valeur aux yeux de celui qui a péché, mais qui a toute sa perfection aux yeux de Dieu.

Comme il s’agissait du sacrifice pour le délit, il ne pouvait monter en bonne odeur devant l’Éternel ; alors il est dit qu’il ne sera mis dessus ni huile, ni encens.

Les versets 14 à 19 parlent des délits contre les choses saintes qui appartenaient à l’Éternel ; là c’est toujours le péché par erreur. Ce péché de s’approprier les choses saintes exige le sacrifice pour le délit. Au v. 17 nous touchons presque aux commandements.

Dans les versets 20 à 26 nous avons la troisième catégorie de péchés : le péché contre le prochain. Mentir à son prochain, c’est en même temps commettre une infidélité envers l’Éternel.

Dans l’Ancien Testament, nous voyons souvent les hommes de Dieu, les saintes femmes, proférer des mensonges sur lesquels la Parole semble passer sans les relever — mensonges faits en vue de sauver le peuple de Dieu, de détourner le mal d’un bien-aimé de l’Éternel — mensonges utiles à la cause de Dieu, si l’on ose dire cela. Dieu passe sans qu’il soit dit qu’Il approuve. Il ne faut pas oublier qu’alors toute la pleine vérité n’avait pas été mise en lumière. Par Moïse était venue la loi, mais la grâce et la vérité sont venues par Christ. Dieu n’avait pas révélé clairement sa pensée sur toutes choses ; et, plus tard, ces choses qu’Il tolérait alors, Il ne les tolère plus : «Ne mentez pas l’un à l’autre». La grâce ne le supporte pas, parce qu’elle nous a révélé ce qu’est le nouvel homme, et le mensonge ne peut être supporté de Dieu.

Les versets 21 et 22 parlent seulement des mensonges intéressés qui étaient une infidélité. Il y a le cas où, le sachant et le voulant, l’homme, non seulement a menti, mais a affirmé sous serment qu’il n’a pas fait ce dont on l’accuse. Le coupable devait amener à l’Éternel son sacrifice pour le délit. «Et il lui sera pardonné».

C’était une provision de la grâce de Dieu, sous la loi, qui donnait d’échapper au jugement immédiat de Dieu.