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Le  LIVRE  du  PROPHÈTE  MALACHIE

 

 

par Henri  Rossier

 

Table des matières:

1     Introduction

2     Chapitres 1 à ch. 2 :9

3     Chapitres 2:10 à ch. 3:15

4     Chapitre 3:16-18

5     Chapitre 4

 

1                    Introduction

Malachie est le dernier en date des prophètes envoyés à Juda après le retour de la captivité. Aggée et Zacharie prophétisaient au milieu des événements rapportés au livre d’Esdras; Malachie est d’un temps postérieur, car il mentionne des circonstances analogues à celles du chap. 13 de Néhémie ; mais tout porte à penser que sa prophétie a été prononcée après cette période. Quoi qu’il en soit, sa portée dépasse infiniment ce cadre plus ou moins restreint, car Malachie décrit l’état moral du peuple, tel qu’il existait encore en partie sous Jean-Baptiste, dernier prophète de l’ancienne alliance, alors que Jésus, le Messie promis à Israël, était près de paraître sur la scène.

Beaucoup d’événements, d’une haute importance, eurent lieu pendant les quatre siècles et demi qui s’écoulèrent entre Néhémie, dernier historien de l’Ancien Testament (*) , et le ministère du Christ. Malachie ne fait aucune allusion prophétique aux événements qui remplirent cette période, tandis que Zacharie, en cela semblable à Daniel, les mentionne distinctement (**). Le fait est que Malachie n’a en vue que l’état moral du peuple, appelé à recevoir le Messie, et les jugements qui tomberont sur lui, si sa conscience oblitérée ne se réveille pas devant cette visitation; en même temps qu’un vrai résidu attendra la venue du Seigneur.

(*) Le livre d’Esther est d’une date antérieure à celui de Néhémie.

(**) Voir : «Le livre de Zacharie le Prophète», par H. R., pages 78 et suivantes.

Comme on le voit dans les trois derniers prophètes, Dieu avait fait remonter Juda de la captivité de Babylone, pour établir le règne du Christ, si le peuple le recevait; mais, s’il mettait le comble à son incrédulité en rejetant son Roi, Dieu avait en vue d’accomplir un salut merveilleux qui serait offert à toutes les nations.

Malachie ne nous parle donc prophétiquement ni de l’empire d’Alexandre, ni des temps héroïques des Maccabées, ni de la conquête romaine ; mais il fait le tableau moral très sombre de l’état du peuple, et met en relief, sur ce fond obscur, l’existence d’un petit résidu préparé, par l’épreuve, à saluer la venue du Libérateur.

Tout cela est d’un grand intérêt, et bien digne de fixer notre attention, puisqu’il s’agit de l’avenir d’Israël et de la venue du Christ, mais, comme nous le verrons dans la suite, le livre de Malachie a de plus pour nous une portée immédiate et considérable, si nous l’appliquons à l’état actuel de la chrétienté dans ses rapports avec la seconde venue du Seigneur. Nous ne voulons pas dire que Malachie fasse, en aucune manière, allusion à ce sujet : toute la période de l’Église et l’histoire de la chrétienté sont réservées au Nouveau Testament et à ses prophètes, tandis que l’Ancien Testament les passe absolument sous silence ; mais n’oublions pas que l’histoire d’Israël offre au chrétien un enseignement qu’il serait très coupable de n’en pas tirer. Les choses qui arrivaient à ce peuple lui arrivaient en type et ont été écrites pour notre instruction, à nous que les fins des siècles ont atteints (1 Cor. 10: 11).

Nous considérerons donc, tout du long de cette étude, d’une part, la condition d’Israël en rapport avec la première venue de Christ, d’autre part, celle de la chrétienté en rapport avec Sa seconde venue, quand il viendra du ciel pour recueillir les saints auprès de lui. Ce sujet nous frappera d’autant plus, qu’il est plus restreint. À l’encontre d’autres prophètes, Malachie ne nous dit pas un mot de la réjection de Christ et de ses souffrances expiatoires. Il annonce Sa venue, et qui la supportera, si le Messie ne trouve pas un peuple bien disposé à le recevoir?

Les restes de Juda avaient été préparés d’avance pour cet accueil. La grâce de Dieu avait fait remonter cette tribu de Babylone. Elle aurait été le vrai résidu, si son coeur avait été changé. Jean-Baptiste l’y appelle d’une manière instante par le baptême de la repentance. Le gros de la nation, sous la conduite de ses chefs, est sourd à la mission du plus grand de ses prophètes. Quelques-uns l’écoutent, reçoivent le Messie venant au milieu d’eux, et deviennent le noyau auquel se rattachera plus tard l’Israël prophétique. À la suite de la résurrection du Sauveur, ces mêmes disciples forment, il est vrai, le noyau de l’Église, parenthèse céleste entre l’apparition du Messie juif ici-bas et son apparition en gloire pour prendre en mains le gouvernement d’Israël et du monde, mais cela n’empêche nullement que, comme disciples juifs ayant reçu le Messie, ils ne soient le premier chaînon auquel viendront se souder les fidèles du résidu juif de la fin.

La première question qui se pose devant nous est donc celle-ci : Dans quel état moral se trouvait le peuple, remonté de Babylone, pour attendre la première venue du Christ? Dans quel état moral se trouve aujourd’hui la chrétienté pour attendre sa seconde venue?

2                    Chapitres 1 à ch. 2 :9

«L’oracle de la parole de l’Éternel à Israël par Malachie» (v. 1).

Bien qu’il prophétise au milieu des faibles restes de Juda et de Benjamin, revenus de la captivité, Malachie embrasse en pensée Israël, c’est-à-dire l’ensemble du peuple. Il diffère en cela de Zacharie qui n’envisage que Juda et Jérusalem. L’état moral que notre prophète va décrire comprend donc la nation comme un tout, et le jugement qui doit l’atteindre sera général; de même aussi la première venue du Messie embrasse, dans sa portée, le peuple tout entier (Luc 1: 54; 2: 10, 25, 32).

«Je vous ai aimés, dit l’Éternel ; et vous dites : En quoi nous as-tu aimés ? Ésaü n’était-il pas frère de Jacob? dit l’Éternel; et j’ai aimé Jacob, et j’ai haï Ésaü» (v. 2). «Je vous ai aimés , : quelle parole touchante! C’est par elle que Dieu commence; elle est à l’origine de toutes ses relations avec les hommes, de toutes ses voies envers son peuple. Dès l’éternité, les délices de la Sagesse étaient dans les fils des hommes (Prov. 8: 31) ; et, quant à Israël, Dieu ne lui avait-il pas, dès le commencement, prouvé son amour, à commencer par son élection de grâce : «J’ai aimé Jacob» ? Ensuite l’Éternel avait délivré Israël de l’Égypte, l’avait pris sur des ailes d’aigle pour l’amener à Lui ; l’avait conduit par la nuée dans le désert, pour l’introduire enfin dans le pays de la promesse. Et lorsque ses jugements, preuve de son caractère infaillible de justice et de sainteté, avaient dû s’abattre sur ce peuple infidèle, l’amour de Dieu ne l’avait-il pas enfin restauré et fait remonter dans son pays ? Israël pouvait-il douter un instant d’un amour qui s’était employé de tant de manières en sa faveur ?

Cette même parole, Dieu la prononce encore aujourd’hui : la chrétienté, malgré sa marche rapide vers l’apostasie finale, peut l’entendre journellement : «Je vous ai aimés, dit l’Éternel». La croix de Christ n’est-elle pas la preuve incontestable de cet amour ?

Sans doute cette parole va trouver un écho dans le coeur ému du peuple, touché d’une telle grâce imméritée... Écoutez ce qu’il répond : «En quoi nous as-tu aimés?»

Peut-on concevoir un pareil endurcissement ? Après avoir fait, pendant 60 années, l’amère expérience des suites de son infidélité, et dans le moment même où les voies imméritées de la grâce sont reprises à son égard, ce peuple a l’audace de dire : «En quoi nous as-tu aimés ?» Ils ne connaissent pas le Dieu auquel ils ont affaire, et ne se connaissent pas davantage eux-mêmes. Ils ne savent pas que Dieu ne change jamais et que, si ses jugements sont immuables, son amour est aussi immuable que sa justice. Tel est le premier caractère de ce peuple.

L’état de la chrétienté diffère-t-il de celui-là ? Il y a peu de temps que Dieu a frappé le monde par des tremblements de terre, des inondations, tels que la mémoire des hommes ne saurait en enregistrer de semblables. Ceux qui professent croire en Dieu ont dit, au lieu de se repentir: Où est son amour? Et cependant, les jugements passés et actuels de Dieu, tout en prouvant son horreur du mal, ont pour but d’attirer les âmes à Lui et de leur prouver que, malgré leurs péchés, il s’occupe d’elles et veut leur bien. Son amour envers elles n’a pas changé, car il reste établi une fois pour toutes à la croix de Christ, et, par ses jugements, il voudrait atteindre les consciences et diriger les yeux, comme jadis ceux des Israélites vers le serpent d’airain, vers l’unique moyen de salut. Il y a, sans doute, un juste gouvernement de Dieu dans le monde, et il faut que l’homme le comprenne et en fasse l’expérience, afin qu’il apprenne que sa seule ressource est dans l’amour immuable de Dieu.

Au lieu de cela, les pécheurs trouvent, dans ces justes jugements, une occasion de mettre en doute le caractère de Celui qui les appelle. Rien n’émeut le coeur de l’homme; il n’estime pas qu’il ne mérite que le jugement et, au lieu de recourir à la grâce, il dit, comme le mauvais serviteur : «Je te connaissais, que tu es un homme dur, moissonnant où tu n’as pas semé, et recueillant où tu n’as pas répandu, (Matt. 25: 24). «En quoi nous as-tu aimés ?»

Comme c’était le cas pour Israël, le premier trait de la chrétienté professante est donc l’indifférence à l’amour de Dieu et, de plus, l’ignorance du caractère de Dieu et de son propre caractère à elle.

À cette question insolente: En quoi nous as-tu aimés? l’Éternel répond en retraçant les origines du peuple: «Ésaü n’était-il pas frère de Jacob ? Et j’ai aimé Jacob, et j’ai haï Ésaü» (v. 2). Sur quoi donc était basée l’élection de Jacob? Quand l’Éternel disait: «Le plus grand sera asservi au plus petit» (Gen. 25: 23), qu’est-ce qui déterminait son choix ? Ni l’un, ni l’autre de ces deux frères n’avaient, à ce moment-là, rien fait de bon ou de mauvais ; ce qui faisait entre eux la différence, c’était le propos arrêté, le libre choix de Dieu, selon l’élection de grâce (Rom. 9). Et pourquoi disait-il maintenant: «J’ai aimé Jacob»? Y avait-il quelque chose dans la conduite de Jacob qui pût le faire aimer? Certes, le caractère de Jacob n’a rien d’attirant pour nous, et combien moins pour Dieu, car jamais homme n’eut une foi plus mélangée de fourberie. Étaient-ce peut-être les oeuvres de Jacob qui, en dépit de son caractère, avaient attiré l’amour de Dieu ? Nullement. Il en est peu, parmi les patriarches, qui aient eu une vie plus pauvre en bonnes oeuvres ; et Malachie va nous montrer ce qu’étaient les oeuvres de ses descendants. D’où venait donc cet amour de l’Éternel pour un homme, puis pour un peuple aussi misérable? Il venait du besoin du coeur de Dieu de se faire connaître, de montrer aux pécheurs ce qu’Il est. Israël avait bénéficié de ce que Dieu voulait se révéler lui-même, c’est-à-dire sa nature et son coeur, à de misérables êtres comme nous.

Mais l’Éternel ajoute : «Et j’ai haï Ésaü». Y avait-il peut-être de l’injustice et de la partialité en Dieu, parce qu’il avait haï celui-ci? En aucune manière. Le libre choix du Dieu souverain n’est pas de la haine. Dans la Genèse, nous trouvons ce choix : «Le plus grand sera asservi au plus petit» (Gen. 25: 23), mais nous n’y voyons pas sa haine à l’égard d’Ésaü. Dieu n’y prononce pas de jugement sur ce dernier ; il nous faut arriver à Malachie, au dernier livre prophétique de l’Ancien Testament pour l’apprendre. C’est que la haine de Dieu contre Ésaü est le résultat de la conduite d’Ésaü. L’Éternel lui avait accordé, ainsi qu’à sa descendance, des milliers d’années pour prouver, par ses oeuvres, s’il était digne d’être aimé de Lui; mais Édom s’était montré, en toute occasion, l’ennemi juré de Dieu et de son peuple, et avait enfin comblé la mesure de ses iniquités par sa conduite envers Jérusalem et ses frères dans leur calamité (Abd. 10-14). Aussi, Dieu fait de lui, sur le pied de ses oeuvres, l’exemple d’un jugement sans merci, où, selon Malachie, Édom est «le peuple contre lequel l’Éternel est indigné à toujours» (1: 3-5); où, selon le prophète Abdias, il «sera retranché à toujours» ; le seul peuple «de la maison duquel il n’y aura pas de reste» (Abd. 10, 18).

Après avoir établi ces deux principes : d’un côté son amour et son élection de grâce, de l’autre sa justice et sa sainteté qui ne peuvent laisser le mal impuni, Dieu passe à la condition actuelle de ce peuple qu’il avait aimé. Israël s’était-il montré digne de tant d’amour, ou bien avait-il mérité de tomber sous le jugement? C’est ce que vont nous montrer les chap. 1:6 à 2.

La seule différence, en faveur d’Israël, comparé à Édom, c’est qu’il y aura, parmi ce peuple, un résidu, des réchappés selon l’élection de grâce. Ce résidu sera un exemple de la manière dont Dieu sait concilier sa haine du péché et son amour pour le pécheur. Or, nous le savons, la croix de Christ est le lieu unique où la justice de Dieu se manifeste, en justifiant le pécheur au lieu de le condamner.

Reprenons maintenant le cours de la prophétie, et examinons, en premier lieu, l’état moral d’Israël, possesseur de tant de privilèges.

Tout ce passage décrit (1: 6-2: 9) la condition de la sacrificature, puis (2:10-17), celle du peuple.

Le sacrificateur était à la fois l’intermédiaire entre Dieu et la nation, et le représentant de la nation devant Dieu; mais ici, il a plutôt le caractère de celui qui rend culte à Dieu. Si le peuple avait écouté attentivement la voix de l’Éternel, il aurait été, tout entier, un «royaume de sacrificateurs et une nation sainte» (Ex. 19: 6). Livré à sa responsabilité au pied du Sinaï, Israël a, dès son premier acte, perdu, en faisant le veau d’or, tout droit à remplir cet office. Après de longs essais de sa patience envers son peuple, pour voir si ce dernier ne pourrait reconquérir, par sa conduite, les privilèges qu’il avait perdus, Dieu a suscité une nouvelle sacrificature universelle, en mettant à part son Église. Cette dernière s’est-elle montrée digne de la sacrificature qui lui était confiée ? L’histoire de la chrétienté professante répond négativement à cette question, quoiqu’elle prétende être en rapport avec Dieu pour le culte. Elle a le nom de culte à la bouche, mais en a totalement oublié la portée. Même les croyants, au milieu d’elle, font preuve d’une ignorance pareille. Sans doute, ils sont tous, de fait, sacrificateurs aux yeux de Dieu, mais n’en remplissent plus les fonctions. Israël n’est donc pas le seul exemple d’ignorance quant à l’hommage que Dieu est en droit d’attendre de son peuple.

«Un fils honore son père, et un serviteur, son maître. Si donc je suis père, où est mon honneur? et si je suis maître, où est la crainte qui m’est due ? dit l’Éternel des armées, à vous, sacrificateurs, qui méprisez mon nom» (1: 6).

Bien que les relations de famille dont ce passage nous parle, allassent en s’affaiblissant alors, comme cela arrive de nos jours avec les progrès de l’apostasie, il restait encore admis que le fils honore son père et que le serviteur craint son maître. Or Dieu était père et maître à la fois, et les sacrificateurs méprisaient son nom; mais ils disaient : «En quoi avons-nous méprisé ton nom ?» Dieu leur répond: «Vous présentez sur mon autel du pain souillé, et vous dites: En quoi t’avons-nous profané? En ce que vous dites: La table de l’Éternel est méprisable». Leur question dénotait cette ignorance dont nous avons parlé : ignorance du caractère de Dieu, de ce qui lui est dû, et de la culpabilité de leurs propres actes.

Appliquons ces paroles à ce qui se passe dans la chrétienté professante qui prétend rendre culte à Dieu, s’approcher de sa Table, prendre part au mémorial du sacrifice de Christ... Qu’y apporte-t-elle ? La pureté ou la souillure ? Sont-ce des êtres chargés de leurs péchés, ou des saints purifiés de leurs iniquités qui s’y présentent? Et l’on dit: En quoi avons-nous méprisé ton nom, ou t’avons-nous profané? Avons-nous mal fait en cela? N’avons-nous pas accompli ponctuellement nos devoirs religieux ? «En ce que vous dites», répond l’Éternel : «La table de l’Éternel est méprisable !» Cela ne signifie point que ces paroles soient dans leurs bouches, mais elles sont dans leurs actes, qui montrent comment ils estiment l’Éternel et sa table. «Et si vous présentez une bête aveugle en sacrifice, n’est-ce pas mal? et si vous en présentez une boiteuse et malade, n’est-ce pas mal ? Offre-la donc à ton gouverneur : t’agréera-t-il, ou te recevra-t-il avec faveur ? dit l’Éternel des armées» (v. 8). Qu’est-ce que l’homme religieux de tous les temps donne à Dieu et que fait-il pour Lui ? Il accomplit en public des actes qui le rendent honorable aux yeux des autres hommes. Le pharisaïsme, qu’il soit juif ou chrétien, n’a pas d’autre mobile. Ses oeuvres charitables font parler de lui parmi les hommes, mais dans le secret, que peut-il offrir à un Dieu qu’il ne connaît pas, sinon «une bête malade» ?

Que devons-nous donc faire pour être, agréables à Dieu ? s’écrieront ces mêmes hommes. Voici : «Et maintenant, implorez donc Dieu, afin qu’il use de grâce envers nous. C’est par vos mains que cela a eu lieu : vous recevra-t-il avec faveur ? dit l’Éternel des armées» (v. 9).

Repentez-vous ; abandonnez vos voies ; implorez Dieu ; faites appel à sa grâce. C’est votre seule ressource, le seul moyen pour vous, de recevoir les faveurs de Dieu. Vous ne pouvez pas faire de bonnes oeuvres, et votre conduite le prouve ; les meilleures à vos yeux, ne sont pour Dieu que des oeuvres mortes dont votre conscience a besoin d’être purifiée (Héb. 9: 14).

«Qui même d’entre vous fermerait les portes ? et vous n’allumeriez pas le feu sur mon autel pour rien ! Je ne prends pas plaisir en vous, dit l’Éternel des armées, et l’offrande, je ne l’agréerai pas de vos mains» (v. 10).

Nous trouvons ici un autre caractère moral de la sacrificature dégénérée : l’intérêt qui dirige l’homme dans le service de Dieu. Il ne peut faire autrement, parce qu’il ne connaît pas Dieu. C’est pourquoi Dieu prononce le jugement le plus complet sur cette profession sans vie, et déclare qu’il n’y a aucun lien moral entre elle et Lui : «Je ne prends pas plaisir en vous ; je n’agréerai pas l’offrande de vos mains !»

«Car, du soleil levant jusqu’au soleil couchant, mon nom sera grand parmi les nations, et, en tout lieu, l’encens sera brûlé à mon nom, et une offrande pure sera présentée, car mon nom sera grand parmi les nations, dit l’Éternel des armées» (v. 11).

Le prophète déclare ici que Dieu va se tourner vers les nations. C’est, en effet, ce qui eut lieu. L’Éternel abandonna son peuple au jugement, et l’Évangile fut annoncé aux gentils. Une grande multitude d’entre eux fut convertie pour servir le Dieu vivant et vrai, et mettre son espérance en Christ. Cette parole du prophète peut donc s’appliquer immédiatement à la bénédiction des gentils par la foi chrétienne, mais elle va plus loin : l’Esprit porte nos pensées vers un temps encore futur, où une offrande pure sera présentée par les nations au Dieu d’Israël. Ce fait qui remplit la prophétie de l’Ancien Testament, n’aura lieu qu’après le jugement définitif exécuté sur le peuple rebelle et sur ses oppresseurs. Alors une foule innombrable d’entre les gentils se tiendra devant le trône et devant l’Agneau (Apoc. 7), et en tout lieu, non pas seulement dans le temple de Jérusalem, l’encens sera brûlé au grand nom de l’Éternel.

«Mais vous, vous le profanez, en ce que vous dites : La table du Seigneur est souillée ; et ce qu’elle fournit, sa nourriture, est méprisable. Et vous dites : Voilà, quel ennui !» (v. 12, 13). Dieu voyait ce qu’il y avait au fond du coeur des sacrificateurs en Israël. La chrétienté professante offre le même spectacle. La joie de la présence de Dieu, la communion avec Lui, l’appréciation du sacrifice de Christ, lui sont inconnues et n’amènent qu’une parole sur ses lèvres : Quel ennui ! Peut-elle comprendre le bonheur que trouvent les croyants dans la communion avec le Père et avec le Fils ? Peut-elle trouver ses délices dans la Parole dont le Saint Esprit seul donne l’intelligence?

«Et vous soufflez dessus, dit l’Éternel des armées». La révélation de Dieu et de Christ est pour l’homme une poussière importune dont il cherche à se débarrasser ; elle n’apporte rien à son coeur et à sa conscience, parce qu’il n’a ni coeur ni conscience pour Dieu. Le monde estime que les distractions et les plaisirs sont préférables au vrai culte. Le Seigneur peut-il agréer des sacrifices offerts dans de telles conditions ? Même dans ce que l’on nommait «un voeu», c’est-à-dire un service volontaire, ils sacrifiaient «ce qui est corrompu», l’apparence du zèle leur suffisant (v. 14).

Si maintenant nous récapitulons les caractères de la sacrificature dégénérée dans ce premier chapitre, nous y trouverons l’ignorance complète de l’amour de Dieu ; l’ignorance de sa sainteté et l’absence de crainte de Dieu. La souillure est apportée à sa table ; des dons sans valeur sont présentés pour l’apparence; l’intérêt règle les actions et, sans lui, rien ne se fait pour le service de l’Éternel. Ce manque de réalité dans la vie religieuse produit l’ennui et le dégoût des choses divines.

Que Dieu nous garde de cet esprit et de ces tendances auxquels nos coeurs naturels n’ont que trop de disposition à se laisser entraîner! Dieu ne nous demande pas de vaines apparences, mais la vérité dans le coeur, des actes correspondant à nos paroles, des paroles correspondant à l’état de nos âmes. Heureux celui dont Jésus peut dire : «Voici un vrai Israélite, en qui il n’y a pas de fraude !»

Le chapitre 2: 1-9, appartient proprement à celui qui précède. Il ne fait, pas plus que le chap. 1, une description complète de l’apostasie finale, mais dépeint le caractère moral de la sacrificature, livrée à sa propre responsabilité. Nous sommes ainsi en mesure de jeter un regard dans le coeur de l’homme religieux, afin d’apprendre à éviter, pour nous-mêmes, les traits qui le caractérisent. Dans ce but, le croyant n’a qu’à retenir la première parole du prophète : «Je vous ai aimés». Notre sauvegarde est la connaissance de l’amour de Christ. Revenons toujours boire à cette source, car nous n’avons pas d’autre moyen de rendre un témoignage fidèle. Le Seigneur ne dit pas à Philadelphie : Ils connaîtront que tu m’as aimé, mais : «Ils connaîtront que moi je t’ai aimé» (Apoc. 3: 9). Si nous nous appuyons sur le sein de Jésus, nous n’y sentons battre que l’amour. C’est là que nous apprenons à le connaître, et à ne pas le chercher dans la manière, toujours imparfaite, dont nous nous acquittons de notre service.

«Et maintenant, sacrificateurs, ce commandement est pour vous. Si vous n’écoutez pas, et si vous ne prenez pas à coeur de donner gloire à mon nom, dit l’Éternel des armées, j’enverrai parmi vous la malédiction, et je maudirai vos bénédictions, et même je les ai maudites, parce que vous ne le prenez pas à coeur. Voici, je vais flétrir vos semences, et je répandrai de la fiente sur vos visages, la fiente de vos fêtes, et on vous emportera avec elle» (v. 1-3). Les hommes qui, par leurs privilèges, sont le plus près de Dieu, sont jugés le plus sévèrement. Ceux-ci se vantaient de leurs prérogatives, mais avaient oublié Dieu, devenu pour eux ce qu’on appelle une quantité négligeable.

Pourquoi existaient-ils, si ce n’était «pour glorifier son nom ?» Autrement, Dieu maudirait leurs bénédictions, et leurs privilèges se changeraient en malédiction pour eux. Cette menace était déjà une chose actuelle, au temps du prophète Malachie.

«Et vous saurez que je vous ai envoyé ce commandement, afin que mon alliance subsiste avec Lévi, dit l’Éternel des armées» (verset 4). Nous trouvons ici une confusion intentionnelle, très fréquente dans l’Ancien Testament, entre les sacrificateurs et les Lévites. La sacrificature proprement dite avait déjà failli, au pied du Sinaï, lorsqu’Aaron, souverain sacrificateur, avait «livré le peuple au désordre», en lui faisant le veau d’or (Ex. 33: 25). Elle avait failli de nouveau, quand Nadab et Abihu, fils d’Aaron, présentèrent un feu étranger devant l’Éternel (Lév. 10: 1), et furent consumés. Elle avait encore failli, quand Éli, de la descendance d’Ithamar, ayant honoré ses fils plus que l’Éternel, Dieu lui annonça qu’il susciterait à sa place un sacrificateur fidèle qui marcherait toujours devant son Oint (1 Sam. 2: 29, 35). Tsadok, de la famille d’Éléazar, fut alors suscité, et cette famille occupa, dès lors, le premier rang dans la sacrificature (1 Chron. 6: 50-53 ; 24: 1-6) ; mais nous voyons, à la fin de Néhémie, ce que cette famille était devenue : ils étaient «des profanateurs de la sacrificature, et de l’alliance de la sacrificature et des lévites» (Néh. 13: 29). De même, dans notre prophète, «ils avaient corrompu l’alliance de Lévi , (2: 8). Cela n’anéantissait point, sans doute, le dessein arrêté de l’Éternel de conserver, pour l’avenir, dans cette famille, une sacrificature fidèle qui, mieux même que Tsadok, sous la royauté de David, «marcherait toujours devant son Oint». Mais l’infidélité présente de la sacrificature a pour résultat que l’Éternel insiste sur son alliance avec Lévi.

Cette malédiction prononcée ici sur la sacrificature juive, atteindra de même la profession chrétienne. Faisant allusion au chapitre 19 : 6, de l’Exode, l’apôtre Pierre dit aux chrétiens : «Vous êtes une sainte sacrificature». «Vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, (1 Pierre 2: 5, 9). Comme profession, elle est devenue infidèle et ne pourra subsister ; mais les conseils de Dieu sont sans repentance et demeureront malgré tout. Si l’ensemble tombe sous le jugement, et si, punissant les mauvais serviteurs, Dieu est obligé de dire: «Le maître de cet esclave-là viendra en un jour qu’il n’attend pas, et à une heure qu’il ne sait pas, et il le coupera en deux et lui donnera sa part avec les hypocrites : là seront les pleurs et les grincements de dents» (Matt. 24: 50, 51); — il n’en est pas moins vrai que «son alliance subsiste avec Lévi».

Les fils de Lévi avaient fait preuve de zèle pour l’Éternel en deux occasions mémorables. Après l’érection du veau d’or et le péché d’Aaron, Moïse se tint à la porte du camp et dit : «À moi, quiconque est pour l’Éternel ! Et tous les fils de Lévi se rassemblèrent vers lui. Et il leur dit: Ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël: Que chacun mette son épée sur sa cuisse; passez et revenez d’une porte à l’autre dans le camp, et que chacun de vous tue son frère, et chacun son compagnon, et chacun son intime ami. Et les fils de Lévi firent selon la parole de Moïse; et il tomba d’entre le peuple, ce jour-là, environ trois mille hommes. Et Moise dit: Consacrez-vous aujourd’hui à l’Éternel, chacun dans son fils et dans son frère, afin de faire venir aujourd’hui sur vous une bénédiction» (Exode 32: 26-29). Le zèle des Lévites pour l’Éternel. était leur consécration, en contraste avec la consécration officielle des sacrificateurs (Ex. 29).

Ce zèle s’était montré une seconde fois lors de l’alliance d’Israël avec les filles de Moab, pour adorer Baal-Péor. Phinées, fils l’Éléazar, dans sa jalousie pour l’Éternel, avait transpercé les coupables. Cet événement forme le sujet de notre passage : «Mon alliance avec lui était la vie et la paix» (v. 5) : c’est, en effet, ce que l’Éternel avait dit à Moise: «Phinées, fils d’Éléazar, fils d’Aaron, a détourné mon courroux de dessus les fils d’Israël, étant jaloux de ma jalousie au milieu d’eux, de sorte que je ne consumasse pas les fils d’Israël dans ma jalousie. C’est pourquoi dis : Voici, je lui donne mon alliance de paix; et ce sera une alliance de sacrificature perpétuelle, pour lui et pour sa semence après lui, parce qu’il a été jaloux pour son Dieu, et a fait propitiation pour les fils d’Israël» (Nomb. 25: 10-13). En vertu de la fidélité de Phinées, la sacrificature perpétuelle devait rester dans la famille d’Éléazar, dont ce Lévite était fils.

C’est en effet ce qui aura lieu à la fin des temps. On voit, en Ézéch. 48: 11, que la famille de sacrificateurs, dont les fils de Tsadok sont devenus les titulaires sous le règne de David, subsistera pendant le règne millénaire de Christ: «L’offrande», est-il dit, «sera pour les sacrificateurs qui sont sanctifiés d’entre les fils de Tsadok, qui ont fait l’acquit de la charge que je leur ai confiée, qui ne se sont pas égarés dans les égarements des fils d’Israël, comme les Lévites se sont égarés». Nous avons ici l’un des exemples de la confusion intentionnelle mentionnée plus haut, entre les sacrificateurs et les Lévites, car c’étaient les sacrificateurs qui avaient «corrompu l’alliance de Lévi» (v. 8).

«Mon alliance avec lui était la vie et la paix, et je les lui donnai pour qu’il craignît ; et il me craignit et trembla devant mon nom. La loi de vérité était dans sa bouche, et l’iniquité ne se trouva pas sur ses lèvres ; il marcha avec moi dans la paix et dans la droiture, et il détourna de l’iniquité beaucoup de gens. Car les lèvres du sacrificateur gardent la connaissance, et c’est de sa bouche qu’on recherche la loi, car il est le messager de l’Éternel des armées» (v. 5-7).

Lévi avait cinq caractères : 1° Quant à son coeur : il craignait l’Éternel ; il différait de ces sacrificateurs profanes, dont Dieu disait : Où est la crainte qui m’est due ? (1: 6). 2° Quant à ses paroles : la loi de vérité était dans sa bouche et l’iniquité ne s’était pas trouvée sur ses lèvres. 3° Quant à sa marche : elle était avec l’Éternel dans la paix et dans la droiture. 4° Quant à son ministère : il avait détourné de l’iniquité beaucoup de gens. 5° Quant à son message : il était l’envoyé de Dieu.

La Parole considère ici le faible service des Lévites à la lumière de celui du fils d’Éléazar. Il apprécie ce service selon son origine, de même qu’il considère le nôtre à la lumière de celui de Christ. Tout ce passage, en effet, nous parle de Lui, et nous offre une image admirable de Son activité comme homme. Sur la terre, Jésus n’était pas sacrificateur; il ne l’est devenu qu’en vertu de sa résurrection d’entre les morts (Ps. 110). Mais toute sa carrière ici-bas correspondait à celle du Lévite fidèle. Il était le parfait serviteur, et de l’Éternel, et de l’homme déchu ; aussi Dieu lui a-t-il confié une sacrificature qui ne se transmet point. Il pouvait être désormais dans le ciel, devant Dieu pour les hommes, parce qu’il avait été sur la terre pour Dieu devant les hommes.

Un passage du Deutéronome nous présente de nouveau Lévi sous le caractère typique de Christ: «Et de Lévi il dit: Tes thummim et tes urim sont à l’homme de ta bonté... Éternel! bénis sa force et que l’oeuvre de ses mains te soit agréable» (Deut. 33: 8-11).

Dans ce magnifique chapitre, deux personnages ont la prééminence sur tous les autres: Joseph et Lévi. Tous deux sont caractérisés par la séparation pour Dieu. D’une part, les bénédictions sont sur Joseph, parce qu’il avait été séparé de ses frères. Son caractère était celui du Nazaréen, d’une séparation ordonnée de Dieu. Dans cette position, il avait été fidèle ; aussi la faveur de Dieu vient-elle «sur la tête de Joseph, sur le sommet de la tête de celui qui a été mis à part de ses frères» (v. 16). Quant à Lévi, sa séparation avait été volontaire: le fruit de sa fidélité. Aussi l’Éternel «bénit sa force, et l’oeuvre de ses mains lui est agréable». C’est pourquoi, selon la demande de Moise, la sacrificature perpétuelle lui est assignée : les urim et les thummim, attributs de la sacrificature, par lesquels on consultait l’Éternel (1 Sam. 28: 6; 23: 9; cf. Nomb. 27: 21; Esd. 2: 63; Néh. 7: 65), sont «à l’homme de sa bonté». Historiquement, cette promesse s’est réalisée dans la famille d’Éléazar, père de Phinées, mais ici, Lévi est un personnage, un seul homme. La conduite de Lévi (Phinées), comme celle de Christ, dont il était le type, est à la base de toute sacrificature.

«Mais vous vous êtes écartés du chemin, vous avez fait broncher beaucoup de gens à l’égard de la loi ; vous avez corrompu l’alliance de Lévi, dit l’Éternel des armées. Et moi aussi, je vous ai rendus méprisables et vils devant tout le peuple, parce que vous n’avez pas gardé mes voies, et avez fait acception des personnes, dans ce qui concerne la loi» (v. 8, 9). Le prophète revient ici aux sacrificateurs qui n’en ont que l’apparence et la profession. Au lieu de marcher dans les voies du vrai serviteur, qui aurait dû être leur modèle dès le commencement, ils avaient suivi, tout en portant son nom, des voies de corruption, donnant ainsi l’exemple à beaucoup de gens d’abandonner la loi, ou bien l’appliquant différemment, selon qu’il s’agissait de pauvres ou de gens considérés. Aussi Dieu allait-il les couvrir de mépris aux yeux de tous.

3                    Chapitres 2:10 à ch. 3:15

La seconde partie du chap. 2 aborde un nouveau sujet. Il ne s’agit plus ici de la sacrificature, mais du peuple.

Il semble que le verset 10 soit une confession générale : «N’y a-t-il pas pour nous tous un seul père ? Un seul Dieu ne nous a-t-il pas créés ? Pourquoi agissons-nous perfidement, chacun envers son frère, en profanant l’alliance de nos pères ?» C’est comme une parole de repentance, mise dans la bouche de Juda, et qui se réalisera plus tard, quand le résidu reconnaîtra son péché. Comme les sacrificateurs avaient corrompu l’alliance de Lévi (v. 8), le peuple avait aussi profané l’alliance de ses pères. Or, n’étaient-ils pas tous enfants d’un seul père, créatures d’un seul Dieu? Il ne s’agit pas ici de la relation avec le Père, manifestée par Jésus ici-bas, établie par l’oeuvre de la croix, proclamée à la résurrection de Christ, relation à laquelle les chrétiens seuls ont part, car l’Ancien Testament ne la révèle pas et elle n’appartiendra jamais au peuple juif comme tel. La relation dont ce passage nous parle appartient, par contre, à tous les hommes, Juifs ou gentils, quoique les croyants la possèdent aussi d’une manière toute spéciale.

C’est pourquoi nous trouvons, en Éph. 4: 6 : «Il y a un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tout, et partout, et en nous tous». Notre passage parle de cette relation. Ils étaient frères, ayant été engendrés par le même Dieu; des frères agissent-ils perfidement l’un envers l’autre? Leur origine commune ne devait-elle pas mettre dans leurs coeurs des sentiments d’amour et de bienveillance mutuels ? Le reproche contenu dans ce verset correspond à celui que l’Éternel adresse dans le chap 1, v. 6, aux sacrificateurs: «Si je suis père, où est mon honneur, et si je suis maître, où est la crainte qui m’est due ?» Seulement ici, l’Esprit de Dieu met cette parole, non dans la bouche de l’Éternel, mais dans la bouche de ceux qui avaient conscience du misérable état dans lequel Israël était tombé.

Hélas! pour le moment, ce verset 10 ne représentait nullement l’état moral du peuple, amené à confesser ses péchés, car, est-il dit : «Juda a agi perfidement, et l’abomination se commet en Israël et dans Jérusalem ; car Juda a profané le sanctuaire de l’Éternel, qu’il aima, et a épousé la fille d’un dieu étranger» (v. 11). Deux traits caractérisent ici la condition morale du peuple : la profanation et la perfidie. Cette accusation nous rappelle la fin du livre de Néhémie. Malgré toutes les exhortations d’Esdras, adressées au peuple et à la sacrificature, la nation avait continué à s’allier avec des femmes idolâtres, et les sacrificateurs lui en avaient donné l’exemple. Le prophète fait allusion à cette circonstance historique. Comme il avait profané l’alliance, Juda avait profané le sanctuaire de l’Éternel, qu’il avait restauré de ses propres mains, et avait épousé la fille d’un dieu étranger (Néh. 13: 23-31). Pas plus que ses sacrificateurs, Juda, rentré de la captivité, n’était idolâtre, mais l’alliance avec l’idolâtrie ne valait pas mieux que les idoles. Elle était d’autant plus méprisable qu’elle osait s’allier avec le culte du vrai Dieu.

Il en est de même pour les chrétiens qui s’allient avec le monde. Qu’il soit christianisé ou non, il reste toujours le même monde qui a mis à mort le Sauveur. L’amalgame entre les croyants et lui ne peut subsister, et il arrivera nécessairement un moment où le métal précieux sera séparé des scories et où l’ivraie sera séparée du bon grain, pour être brûlée. Aussi est-il dit ici : «L’Éternel retranchera des tentes de Jacob l’homme qui fait cela» (v. 12).

Ensuite, probablement comme conséquence de leurs relations coupables avec des idolâtres, ils avaient agi perfidement envers leurs propres femmes : «Et, en second lieu, voici ce que vous faites: vous couvrez l’autel de l’Éternel de larmes, de pleurs et de gémissements, de sorte qu’Il n’a plus égard à l’offrande, ni ne l’agrée de vos mains. Et vous dites : Pourquoi ? Parce que l’Éternel est témoin entre toi et la femme de ta jeunesse, envers laquelle tu as agi perfidement; cependant elle est ta compagne et la femme de ton alliance» (v. 13, 14). Ils répudiaient leurs femmes légitimes pour épouser des femmes idolâtres; et ces pauvres abandonnées couvraient de pleurs et de gémissements l’autel de l’Éternel, tandis que leurs maris venaient y offrir leurs sacrifices. Ils violaient ainsi, en la semant de douleurs et de ruines, l’alliance divine établie à la création entre l’homme et la femme. Au commencement, Dieu avait fait une compagne pour Adam. «Et un seul ne les a-t-il pas faits ? Toutefois il avait le reste de l’Esprit. Et pourquoi ce seul a-t-il fait ainsi ? Il cherchait une semence de Dieu.» Alors même qu’ils avaient violé ce que Dieu avait établi à la création, ce peuple possédait néanmoins «le reste de l’Esprit», selon Aggée 2: 5, dans la personne de quelques fidèles qui, comme nous le verrons au chapitre 3, se trouvaient encore au milieu d’eux. Pourquoi ce seul Dieu avait-il institué le mariage entre le premier homme et la première femme? C’est qu’il cherchait «une semence de Dieu». Il ne pouvait posséder un peuple à Lui que de cette manière, et non par une alliance profane dont Satan était l’instigateur.

Le prophète ajoute : «Or prenez garde à votre esprit; et n’agis pas perfidement envers la femme de ta jeunesse (car je hais la répudiation, dit l’Éternel, le Dieu d’Israël) ... ; il couvre aussi de violence son vêtement, dit l’Éternel des armées» (v. 15, 16). Les sacrificateurs avaient souillé leurs vêtements, le peuple avait couvert les siens de violence, en tranchant, sans merci, les liens sacrés du mariage ; ajoutant ainsi la violence à la perfidie.

Tous les caractères que nous venons de décrire sont aussi moralement ceux de la chrétienté de nos jours : les relations entre enfants d’un seul Père sont abandonnées; tous les liens que Dieu a formés sont relâchés ; l’alliance avec le monde est devenue la règle ; les idoles ont envahi les coeurs ; la corruption et la violence dominent en tout lieu. Le monde chrétien est indifférent à ce que Dieu pense de lui et n’a souci que de l’opinion des hommes. Il demande : «Pourquoi ?» quand Dieu déclare être mécontent de lui, et cherche à atteindre sa conscience. Il associe le mal avec le nom de l’Éternel, comme si Dieu pouvait l’approuver ou le tolérer : «Vous fatiguez l’Éternel par vos paroles, et vous dites : En quoi l’avons-nous fatigué? — En ce que vous dites: Quiconque fait le mal est bon aux yeux de l’Éternel, et c’est en eux qu’il prend plaisir — ou bien : Où est le Dieu de jugement ?» (v. 17).

En résumé, trouve-t-on quelque chose de réjouissant dans ce chapitre? Tout y est, selon l’expression d’Ésaïe, «meurtrissure et plaies vives qui n’ont pas été pansées». Un seul phare lumineux brille dans ces ténèbres: la fidélité du vrai Lévi. Celui-là répond à tous les désirs du coeur divin, et, malgré tout, Dieu poursuivra ses desseins d’amour et de grâce envers ceux que sa grâce associe avec Lévi.

Le chap. 3 va nous montrer ce que le Seigneur attend de ces derniers, et les caractères qui distinguent les fidèles dans les jours de la fin.

Rappelons ici que les réchappés de Juda qui avaient bâti le temple de Jérusalem, n’étaient pas rentrés dans leur pays comme un résidu converti. Ils étaient un peuple de professants, attachés extérieurement à la loi, et qui avaient réédifié le temple ; mais la captivité de Babylone n’avait nullement changé leur coeur.

C’est à eux, comme nous l’avons vu, que s’adressent les deux premiers, et aussi le commencement du troisième chapitre (v. 1-15). Ce dernier continue l’exposé de l’histoire morale du peuple commencée au v. 10 du second chapitre. Le mot vous, que l’on rencontre quinze fois dans ce chapitre, ne s’adresse qu’au peuple non croyant qui professait la loi, tout en dépassant, comme le premier verset du chap. 1 nous l’a déjà montré, les limites de Jérusalem et de Juda, pour s’étendre au peuple tout entier. «Vous», dit-il, «la nation tout entière» (v. 9).

Il y a toutefois, dans les versets qui nous occupent, une différence notable d’avec les deux premiers chapitres. Ceux-ci ne s’adressent qu’à la nation, considérée sous son aspect religieux ou civil, tandis que le troisième chapitre met en lumière, dès le début, un vrai résidu, non plus Lévi seulement, un homme, type de Christ (2: 5, 6), mais les fils de Lévi (v. 3), associés, dans leur service, à leur chef fidèle, comme nous, chrétiens, nous le sommes à Christ.

Cela revient à dire que Dieu a soin de se former un résidu au milieu d’un peuple qui est sans valeur morale à ses yeux, dénué de connaissance et sans affection pour Lui. Ce résidu, ou cet ensemble de croyants, met sa confiance en l’Éternel et attend sa venue.

J’ai déjà fait ressortir, à plusieurs reprises, l’analogie entre l’état décrit par Malachie, et celui de la chrétienté professante de nos jours. En rapprochant notre prophète des trois dernières épîtres de l’Apocalypse, nous trouvons que l’état de mort et de souillure reproché à Sardes, la tiédeur et le contentement d’elle-même qui caractérisent Laodicée, que tous ces traits du protestantisme dégénéré de nos jours, sont comme un commentaire de ces chapitres de Malachie. Et si ce dernier nous montre que Dieu confie son service aux fils de Lévi, l’Apocalypse nous apprend aussi que le Seigneur se réserve, à Philadelphie, un témoignage pour les jours de la fin, jusqu’à ce qu’il vienne recueillir ses élus et les introduire avec Lui dans la gloire.

Ces grandes vérités ressortiront plus distinctement à mesure que nous avancerons dans l’étude de notre chapitre. Mais auparavant le Seigneur annonce à ce peuple un événement de toute importance, la venue du Christ : «Voici, j’envoie mon messager, et il préparera le chemin devant moi ; et le Seigneur que vous cherchez viendra soudain à son temple, et l’Ange de l’alliance, en qui vous prenez plaisir, — voici, il vient, dit l’Éternel des armées» (v. 1).

Quand le prophète dit : «Le Seigneur que vous cherchez», cela ne signifie pas qu’il y eût, dans le coeur du peuple comme tel, quelque chose de vivant pour Dieu. Israël, Juda en particulier, espérait la venue de son Messie, comme nous le voyons dans les évangiles. Il pensait que ce Messie, fils de David, rétablirait toutes choses et sortirait son peuple de dessous le joug des nations, pour établir son propre royaume en Israël. Le peuple attendait avec impatience ce Roi promis, pour être délivré de la servitude des gentils, et être rétabli dans ses glorieux privilèges. C’est pourquoi il est appelé: «Le Seigneur que vous cherchez» et «l’Ange de l’alliance en qui vous prenez plaisir», car il devait introduire le peuple dans les bénédictions futures, en vertu de Son alliance avec Israël.

On peut fort bien espérer un bonheur à venir sans se rendre compte de ses relations actuelles avec Dieu. Hier encore j’entendais un homme du monde affirmer qu’il y aurait un règne de paix sur la terre, que la guerre serait abolie, et que les hommes jouiraient du bonheur ici-bas. De tout temps il en fut ainsi. Dans l’antiquité païenne, «un de leurs propres prophètes» annonçait ces choses au peuple romain. Ceux qui y croient ou les souhaitent peuvent avoir des consciences endurcies quant à leur état de péché et à la nécessité de comparaître devant un Dieu juste et saint.

Le prophète prédit ici que la venue du Seigneur sera annoncée par le précurseur: «Voici, j’envoie mon messager, et il préparera le chemin devant moi», ce qui eut lieu quand Jean-Baptiste parut au milieu du peuple. En Matt. 11: 9, Jésus dit aux foules : Qu’êtes-vous allés voir au désert ? «Un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète, car c’est ici celui dont il est écrit : Voici, moi, j’envoie mon messager devant ta face, lequel préparera ton chemin devant toi».

«Et le Seigneur que vous cherchez viendra soudain à son temple». Ce passage ne sépare pas la venue du Seigneur dans son temple, du moment où Jean-Baptiste a paru pour annoncer cette venue. Mais, pour que ce grand fait eût lieu effectivement, il fallait que le peuple reçût le baptême de la repentance, seul moyen pour préparer le chemin devant les pas du Messie.

L’histoire d’Israël nous apprend que lorsque Salomon eut achevé de bâtir le temple, l’Éternel vint y habiter pour demeurer au milieu de son peuple. Si ce dernier avait été fidèle, Dieu n’aurait pas abandonné son habitation. Mais Israël et ses rois renièrent l’Éternel et pratiquèrent toute sorte d’abominations : alors les jugements s’abattirent sur ce peuple. La royauté disparut, et la nation fut emmenée en captivité. Le prophète Ézéchiel (chap. 10 et 11) vit le trône de Jéhovah quittant, comme à regret, le temple de Jérusalem. La maison de Dieu resta vide et finit par être détruite sous Nébucadnetsar, roi de Babylone.

Nous voyons, dans le livre d’Esdras, les restes de Juda, rentrés dans leur pays, rebâtir le temple sur l’ordre de Cyrus, mais l’Éternel n’y rentre pas. Cette maison est de nouveau pillée, ruinée et détruite, et plus tard, rebâtie par Hérode au temps de la venue de Jésus. C’est à ce moment, que Jean-Baptiste prépare le peuple à recevoir le Seigneur dans son temple.

L’évangile de Jean nous présente, au chap. 2 (non pas sans motif, car cet acte est raconté dans les autres évangiles, à la fin de la carrière du Christ), le premier acte du Seigneur quand il monte à Jérusalem. Il entre dans le temple, en chasse les vendeurs et les changeurs, et dit : «Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic». Mais, en agissant ainsi, il prévoit sa réjection, car de fait, lui seul était le temple de Dieu au milieu d’un peuple qui ne voulait pas de Lui. «Détruisez ce temple», dit-il, «et en trois jours je le relèverai». Or il parlait du temple de son corps (Jean 2: 13-21).

Le jour arrive ensuite (Matt. 24: 1, 2) où Jésus sort et quitte, pour n’y plus rentrer, le temple de Jérusalem, disant : «Il n’en sera pas laissé pierre sur pierre qui ne soit renversée». Puis le Sauveur est crucifié. Tout est-il donc fini ? Non ! Dieu le ressuscite et le fait asseoir à sa droite, d’où il envoie le Saint Esprit qui forme un nouveau temple, non pas de pierres et d’or, mais un temple spirituel, composé de pierres vivantes, un édifice où Dieu habite par le moyen de son Esprit.

Cette maison, formée pour se maintenir pure et sainte ici-bas, se corrompt comme tout ce qui a été confié à la responsabilité de l’homme. Elle devient une grande maison souillée par les vases à déshonneur, et, comme pour le temple de Jérusalem, le moment est proche où le Seigneur devra la rejeter entièrement.

Toutefois, avant ce rejet définitif, Dieu forme, au milieu de la chrétienté corrompue, un résidu chrétien, faisant partie de la maison spirituelle qu’il enlèvera dans le ciel à sa venue, et qui sera le temple où il habitera d’éternité en éternité. Alors il dira: «Voici, l’habitation de Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux» (Apoc. 21: 3).

Telle est l’histoire du temple céleste, mais le temple terrestre a son avenir aussi, car il sera reconstruit, et le Seigneur y habitera sur la terre.

Les derniers chapitres du prophète Ézéchiel (40-44) nous parlent de ce temple futur, établi après que le dernier temple, celui de l’antichrist, édifié par l’homme révolté contre Dieu, aura été définitivement détruit. C’est alors que l’Éternel rebâtira son temple, et «l’Ange de l’alliance y entrera soudain» (Mal. 3: 1). Le prophète Ézéchiel nous fait assister à cette scène merveilleuse. «La gloire de l’Éternel entra dans la maison... et la gloire de l’Éternel remplit la maison.» Et il dit : «C’est ici le lieu de mon trône, et le lieu de la plante de mes pieds, où je demeurerai au milieu des fils d’Israël à toujours» (Ézéch. 43: 1-7).

Le prophète Aggée nous parle aussi de ce temple futur: «Et l’objet du désir de toutes les nations viendra, et je remplirai cette maison de gloire, dit l’Éternel des armées» (2: 7). De même, c’est à ce moment futur que notre prophète fait allusion : «Le Seigneur viendra soudain à son temple.» «Voici, il vient, dit l’Éternel des armées !» Cette venue du Seigneur dans son temple ne sera plus en grâce comme la première, mais en gloire, et aura lieu, comme nous allons le voir, à la suite des jugements. Elle sera annoncée, comme la première, par un précurseur qui tombera sous les coups de l’antichrist. Si Jean-Baptiste avait été reçu, il aurait été cet Élie qui devait venir (Matt 11: 14; 17: 10-12); mais il a été rejeté, et le Seigneur enverra de nouveau Élie, selon le chap. 4: 5 de notre prophète: «Voici, je vous envoie Élie, le prophète, avant que vienne le grand et terrible jour de l’Éternel». Nous remettrons à plus tard l’explication de ce passage.

Nous, chrétiens, qui avons part à l’économie de la grâce, nous n’avons plus à attendre un messager qui nous annonce la seconde venue de Christ, comme Jean-Baptiste avait annoncé la première. Notre messager est venu depuis longtemps dans la personne du Saint Esprit, descendu ici-bas au jour de la Pentecôte, et il nous a enseigné à attendre aussi la venue «soudaine» du Seigneur, mais en grâce, pour nous introduire dans la gloire dont la Jérusalem céleste sera le centre. Oui, il viendra bientôt; il veut que nous l’attendions d’un moment à l’autre, non pas comme un voleur dans la nuit, mais comme l’Etoile brillante du matin. Sa venue pourrait encore être retardée, mais nous devons l’attendre aujourd’hui ; il compte pour cela sur notre attachement à sa personne.

Il en était de même pour Israël, au temps de Malachie. Le prophète voulait tenir le peuple en éveil; car il fallait qu’il comprît que la venue du Libérateur était proche. Plus de quatre siècles s’écoulèrent entre cette prophétie et la venue du Sauveur et de son précurseur, mais ce que le Seigneur voulait, c’est que les fidèles l’attendissent.

Son peuple l’a-t-il attendu? Entre la prophétie de Malachie et la première venue de Christ, des siècles, remplis d’événements divers, se sont écoulés. Lorsqu’il a paru, Juda avait oublié cette prophétie, mais quelques pauvres du troupeau l’attendaient, comme on le voit à la fin de notre chapitre et au commencement de l’évangile de Luc.

De fait, les croyants seuls peuvent attendre le Seigneur avec joie; les non croyants chercheront toujours à l’oublier ou nieront qu’il vienne. Et qu’y a-t-il d’étonnant à cela ? La venue du Seigneur en gloire est, pour le monde, Sa venue en jugement, comme nous le voyons dans notre passage : «Voici, il vient, dit l’Éternel des armées. Mais qui supportera le jour de sa venue, et qui subsistera lorsqu’il se manifestera ? Car il est comme un feu d’affineur, et comme la potasse des foulons» (v. 2). Le peuple pourrait-il se réjouir de cet événement? Hélas! quand le Seigneur viendra une seconde fois à son temple, il jugera sans merci la nation apostate, et «qui subsistera lorsqu’il se manifestera ?» L’établissement du règne de Christ sera fondé sur le jugement de ceux qui ont rejeté le Messie.

Maintenant le prophète ajoute : «Et il s’assiéra comme celui qui affine et purifie l’argent ; et il purifiera les fils de Lévi, et les affinera comme l’or et comme l’argent, et ils apporteront à l’Éternel une offrande en justice» (v. 3).

Nous trouvons ici, non plus comme au verset précédent, le jugement du peuple infidèle, mais la manière dont le Seigneur s’y prendra pour former un peuple qui lui appartienne en propre et qu’il puisse reconnaître. Il fera, en se servant du jugement pour ce but, une oeuvre tranquille et réfléchie : Il s’assiéra. Il prendra l’attitude d’un homme qui affine et purifie l’argent. Il séparera, par le feu, le métal précieux des scories, ce qui est bon de ce qui est mauvais. Telles seront les voies de Dieu envers le résidu qu’il rassemblera au milieu de la grande tribulation (voyez Ps. 66: 11, 12). Il faudra que ce résidu traverse la fournaise pour être purifié et délivré de ses liens; soutenu toutefois, comme jadis les compagnons de Daniel, par la présence avec eux de l’Ange de l’Éternel.

Ce résidu juif de la fin différera beaucoup du résidu chrétien de nos jours. Christ viendra pour nous en grâce, pour eux, en gloire. Cette venue en gloire termine l’Ancien Testament, comme celle en grâce, le Nouveau. Christ s’approche d’eux en jugement, de nous, en paix et en miséricorde. Et cependant le Seigneur use aussi du creuset envers le résidu chrétien. S’il s’occupe de son Église, c’est pour la sanctifier en la purifiant par la Parole (Éph. 5). Il travaille dans les âmes et les consciences des saints pour les séparer du monde qui court au-devant du jugement. Il veut un peuple saint, capable de le servir et de l’attendre; et qu’il puisse se présenter comme son Église, glorieux, sans tache ni ride, irréprochable, sans défaut. 1 Pierre 1: 7, nous présente aussi le creuset: «Afin que l’épreuve de votre foi, bien plus précieuse que celle de l’or qui périt et qui toutefois est éprouvé par le feu, soit trouvée tourner à louange, à gloire et à honneur, dans la révélation de Jésus Christ.»

Nous avons insisté sur le fait que la description de l’état du peuple et de la sacrificature, au chap. 2, n’offre pas un seul trait encourageant. Mais voici qu’au chap. 3, le prophète nous dit : «Il purifiera les fils de Lévi et les affinera comme l’or et comme l’argent, et ils apporteront à l’Éternel une offrande en justice». Ce sont les fils de Lévi qui sont pour Dieu le vrai résidu. N’est-ce pas une chose remarquable ? Au chap. 2, Lévi est mentionné tout seul, comme type de Christ, le vrai serviteur. C’est avec lui que l’alliance de vie et de paix est conclue. Mais ici, ce sont les fils de Lévi qui doivent être affinés pour pouvoir entrer dans cette alliance. Il en sera de même du résidu d’Israël, aux derniers jours. Les relations avec le Christ le rendront agréable devant Dieu, mais non pas sans que le jugement l’ait auparavant purifié. «Alors l’offrande de Juda et de Jérusalem sera agréable à l’Éternel, comme aux jours anciens et comme aux années d’autrefois» (v. 4). C’est en vertu de leur acceptation comme compagnons du Messie, que les rapports de Juda et de Jérusalem avec Dieu, pour lui rendre culte, pourront être rétablis.

Il est bon pour nous de retenir cette vérité. Dans l’état de choses que nous traversons, un culte vrai rendu par quelques-uns a de la valeur aux yeux de Dieu, car il représente le culte général qui lui sera rendu et en est comme l’avant-coureur. Cela est bien propre à nous encourager. Certes, nous devrions rendre culte avec une tout autre puissance, mais ce qui monte d’un coeur vrai devant le Seigneur, l’adoration et la louange, est aussi agréé de Dieu que lorsque l’Église n’était qu’un coeur et qu’une âme, aussi accepté de Lui que la louange future, quand toute l’Assemblée sera réunie autour de Christ dans la gloire. Comment en serait-il autrement puisque c’est Lui-même qui loue au milieu de l’Assemblée? (Psaume 22).

Après avoir mentionné les fils de Lévi, le prophète se tourne de nouveau vers le peuple : «Et je m’approcherai de vous en jugement, et je serai un prompt témoin contre les magiciens et contre les adultères, et contre ceux qui jurent faussement, et contre ceux qui oppriment le mercenaire quant à son salaire, ou la veuve et l’orphelin, et qui font fléchir le droit de l’étranger, et ne me craignent pas, dit l’Éternel des armées» (v. 5).

Il est important de répéter que, dans tout ce chapitre, le vous s’adresse au peuple infidèle et non pas au résidu croyant. Nous insistons sur cette remarque, parce qu’elle est la clef du: «Vous fuirez», en Zach. 14: 5, passage interprété habituellement comme s’appliquant au résidu. En effet, après s’être occupé, au v. 4, des conséquences, pour Juda et Jérusalem, de la fidélité des fils de Lévi, l’Esprit de Dieu nous montre le résultat de l’infidélité du peuple. Cette infidélité n’est plus l’idolâtrie d’autrefois, mais se résume en deux mots : le mépris de Dieu et du prochain. Les mêmes traits sont présentés par Zacharie (5: 4 ; 8: 17), comme caractérisant l’état moral du peuple aux derniers jours. Extérieurement il semblait que tout fût en règle; si la magie est mentionnée, au moins les idoles étaient absentes; mais le coeur du peuple était aussi corrompu que lorsque l’idolâtrie dominait en Israël. Aussi, c’était à cause de l’état du coeur de la nation que le jugement de Dieu devait fondre sur elle. Cela caractérise toute profession qui n’est pas «mêlée avec la foi». Dieu résume cet état par un seul mot: «Ils ne me craignent pas, dit l’Éternel des armées» (v. 5). Le commencement, le premier pas dans le chemin de la sagesse leur manque, et nous verrons, au v. 16, que les vrais croyants sont précisément caractérisés par cette crainte.

Qu’est-ce au fond que craindre l’Éternel? La crainte est le sentiment d’un inférieur vis-à-vis d’un supérieur. Craindre Dieu, c’est reconnaître, comme créatures, sa souveraineté et ses droits absolus sur nous, ainsi que l’autorité de sa Parole. Il en est de même de nos rapports avec Christ, en tant que nous sommes ses esclaves, nous qu’il a acquis pour Lui en payant notre rançon. La crainte implique le sentiment de l’obéissance due à l’Autorité, à ses ordres et à ses commandements, du service qui doit lui être rendu. Or le serviteur, en obéissant, cherche à plaire à son seigneur auquel il doit tout. Un esclave craint son maître, un homme le magistrat, une femme son mari, un fils son père, car ils sont tous les représentants d’une autorité qui leur a été confiée par Dieu. Nous ne parlons pas de l’amour que comportent ces diverses relations, mais nous disons que la crainte doit en former la base et régler toute notre marche ici-bas. C’est pourquoi la première épître de Pierre qui parle de la conduite chrétienne insiste continuellement sur la crainte. Je connais Dieu comme mon Père, je m’approche de lui avec une entière confiance enfantine et filiale, mais sans perdre de vue la déférence qui lui est due. Je reconnais ses droits sur moi comme Dieu, Créateur, Seigneur et Maître, et ma seule pensée sera de le servir, non pas en tremblant comme un esclave avili sous le joug, mais dans la pleine jouissance de ma relation avec Lui, comme fils.

S’il n’y a pas chez l’homme la crainte de Dieu, il n’y a rien, aucun lien moral entre l’âme et Lui (Ps. 36: 1-4). C’est ce qui manque à une profession religieuse sans vie, aussi bien qu’à l’homme incrédule. L’homme naturel, même s’il porte le nom de Christ, a toujours pour guide sa propre volonté, ennemie de la volonté de Dieu, et qui ne peut s’y soumettre (Rom. 8: 7) ; tandis que le fait de devenir chrétien implique dès l’origine une soumission de foi à la volonté de Dieu. «Que dois-je faire, Seigneur ?» dit Saul sur le chemin de Damas (Actes 22: 10). La propre volonté est brisée et jugée, celle de Dieu acceptée comme le seul moyen de salut : «De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité, pour que nous soyons une sorte de prémices de ses créatures» (Jacques 1: 18).

«Car moi, l’Éternel, je ne change pas; et vous, fils de Jacob, vous n’êtes pas consumés» (v. 6). Que le coeur de l’homme rejette Dieu et le méprise, Dieu, Lui, ne varie pas. Il fait des promesses à Jacob et il les tiendra coûte que coûte, car il est un Dieu fidèle et ne peut renier son éternelle bonté. Mais il est aussi un Dieu juste qui ne peut tolérer le mal, il faut donc que les méchants soient consumés, et sa grâce seule retient encore l’épée du jugement. Je tiens à vous prouver, dit l’Éternel, à vous qui ne craignez pas mon nom et qui tomberez sous les coups de ma colère, que je n’ai pas abandonné mes promesses; et la preuve, c’est que je ne vous ai pas consumés. Je patiente encore à votre égard pour que vous vous détourniez du mal, car ma patience est salut. «Dès les jours de vos pères, vous vous êtes détournés de mes statuts, et vous ne les avez pas gardés». Je patiente pour que vous y reveniez; ne m’écouterez-vous pas ? «Revenez à moi, et je reviendrai à vous, dit l’Éternel des armées.» De mon côté, rien n’est changé; du vôtre, que ferez-vous?

Nous retrouvons, dans ce passage, la première parole du prophète Zacharie : «Revenez à moi et je reviendrai à vous, dit l’Éternel des armées» (Zach. 1: 3), mais rendue d’autant plus instante et pressante que le prophète Malachie l’avait fait précéder de cette autre parole : «Je vous ai aimés» (1: 2), bien propre à toucher le coeur rebelle d’Israël. Dans ce dernier effort pour atteindre la conscience endurcie de l’homme, Dieu, avant de lui présenter sa responsabilité, désirait le convaincre de ce que contient son coeur à Lui. «Dieu a tant aimé le monde» ; c’est l’Évangile, et bien plus que Zacharie, Malachie, le dernier prophète, y touche déjà par quelques côtés.

Que répond le peuple à cet appel ? «Et vous dites : En quoi retournerons-nous ? » N’offrons-nous pas des sacrifices ? N’observons-nous pas le sabbat et les fêtes prescrites? Ne nous présentons-nous pas régulièrement dans le temple? L’Éternel n’est-il pas bien dur d’exiger autre chose de nous? En quoi avons-nous manqué pour que Dieu nous impose une conversion ? C’est la parole du fils aîné, dans l’histoire de l’enfant prodigue : N’est-ce pas toi qui as manqué à mon égard, en ne me donnant pas même un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis ?

De fait, la pensée de la conversion n’entre pas dans le coeur du professant, à quelque économie qu’il appartienne. En quoi, dira-t-il aujourd’hui, n’ai-je pas fait ce que je devais faire? N’ai-je pas été baptisé? N’ai-je pas confirmé le voeu de mon baptême ? Est-ce que je me conduis comme un païen idolâtre ? Ne vais-je pas au temple ? Est-ce que je ne remplis pas mes devoirs religieux? Est-ce que je ne fais pas des aumônes ?

On traite Dieu d’égal à égal. Tu me parles de retourner ? je n’en ai nul besoin ! Cette indifférence est un outrage à Dieu. Le coeur du professant, malgré les apparences extérieures, est resté insensible, aussi bien que sa conscience. Le peuple juif l’a bien prouvé lorsque, 420 ans plus tard, le Seigneur est venu dans son temple. Avec les mêmes caractères religieux que ceux décrits en Malachie, ces hommes jettent le Messie à la porte et le crucifient. Que feraient-ils aujourd’hui?

«Un homme frustera-t-il Dieu? Toutefois vous me frustrez et vous dites : En quoi te frustrons-nous ? Dans les dîmes et dans les offrandes élevées. Vous êtes chargés de malédiction et vous me frustrez toujours, vous, la nation tout entière» (v. 8, 9). L’inconscience est un nouveau trait qui les caractérise tous.

Alors Dieu les met à l’épreuve, ou plutôt les engage à l’éprouver, Lui. Apportez, leur dit-il, les dîmes prescrites par la loi, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison, et éprouvez-moi par ce moyen. Je m’engage à vous ouvrir les écluses des cieux si vous obéissez à ma parole, à verser sur vous la bénédiction, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus assez de place, à tancer en votre faveur celui qui dévore et qui anéantit vos récoltes. Votre dîme vous rapportera au centuple (v. 10, 11). Cela était arrivé au temps de Néhémie (Néh. 13: 10-14). Pour un moment, les chefs avaient écouté, et les Lévites qui manquaient de tout avaient repris confiance. Cet état n’avait pas duré. Au temps du Seigneur il en était autrement, pourrait-on dire, car les pharisiens payaient la dîme de l’aneth et du cumin, dépassant même les prescriptions de la loi. Sans doute, mais alors ils avaient «laissé les choses plus importantes de la loi, le jugement et la miséricorde et la fidélité. Il fallait faire ces choses-ci et ne pas laisser celles-là» (Matt. 23: 23). Bien plus, en accomplissant strictement leurs devoirs religieux, ils n’avaient pour but que d’attirer les regards des hommes, sans tenir compte de Celui qui voyait et jugeait l’état de leurs coeurs.

Le peuple, ici, ne consent pas à faire l’épreuve que l’Éternel lui propose, car il n’a aucune confiance en Dieu. En est-il autrement aujourd’hui, sous le régime de la grâce ? Les hommes abandonnent-ils des avantages présents, en vue de bénédictions futures ? Ils auraient peur de tomber dans la misère s’ils faisaient leurs aumônes selon les pensées de Dieu.

Chers amis chrétiens, ne devons-nous pas confesser que nous partageons peut-être ces sentiments du monde, quand il s’agit de donner libéralement pour les serviteurs de Dieu, comme ce peuple d’autrefois avait à pourvoir à la nourriture des lévites? Je ne parle pas de sacrifices que nous croyons devoir faire pour soutenir notre cause ou nos partis, mais de nos libéralités partout où nous voyons des ouvriers du Seigneur engagés dans le service de sa maison. Quand Dieu seul peut en prendre connaissance, donnons-nous pour Lui tout ce que nous devrions donner ? Cette plaie s’est montrée dès l’origine de l’Église, dans le cas d’Ananias et de Sapphira. Je ne parle pas du fait qu’ils mentaient au Saint Esprit, ce qui était un péché à la mort et attira sur ces croyants le jugement de Dieu — mais de ce que, dissimulant une partie de leur avoir, ils dénotaient par là leur manque de confiance en un Dieu qui leur aurait rendu au centuple ce qu’ils auraient fait pour Lui et les siens. Combien nous devrions apprendre à compter d’une manière plus absolue sur cette promesse de Dieu : «Je vous ouvrirai les écluses des cieux et verserai sur vous la bénédiction, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus assez de place !»

Beaucoup d’épreuves dont les chrétiens sont affligés pourraient avoir pour cause ce manque de confiance en Lui. «Celui qui dévore» n’est pas tancé en notre faveur, parce que nous n’avons pas compris que tout ce que Dieu nous donne, il nous le confie pour son service. Appliquons-nous donc cette parole en tout premier lieu, avant de juger les autres. Dieu seul pèse les motifs qui nous font agir. La pauvre veuve donnait plus que la dîme au trésor du temple; elle sacrifiait pour la maison de Dieu toute sa subsistance. Les serviteurs fidèles, auxquels les talents étaient confiés, les faisaient valoir tout entiers pour leur Maître. Tout le fruit des victoires de David allait à la maison de l’Éternel, et il n’en gardait rien pour lui.

Le monde se glorifie des efforts de la charité qui prouvent, dit-il, la solidarité de la famille humaine. Laissons à Dieu le soin de distinguer ce qui, dans ces libéralités, est fait pour Lui. Tout autre motif n’a pas de valeur à ses yeux, car c’est au temple de l’Éternel qu’il faut apporter les dîmes. Quant à nous, chrétiens, ayons soin de nous confier en un Dieu rémunérateur, et disposons librement pour Lui de ce qui, de fait, Lui appartient. Nous n’aurons, certes, aucun mérite à cela, mais cependant soyons assurés que des bénédictions abondantes accompagneront toujours le dévouement de nos coeurs pour Lui : La vigne ne sera pas stérile ; «et toutes les nations vous diront bienheureux, car vous serez un pays de délices, dit l’Éternel des armées» (v. 11, 12).

L’incrédulité du peuple, son indifférence, son manque de confiance en Dieu, l’amènent à une dernière affirmation, bien plus terrible que toutes les autres : «Vos paroles ont été fortes contre moi, dit l’Éternel ; et vous dites : Qu’avons-nous dit contre toi ? Vous dites : C’est en vain qu’on sert Dieu; et quel profit y a-t-il à ce que nous fassions l’acquit de la charge qu’il nous a confiée, et que nous marchions dans le deuil devant l’Éternel des armées? Et maintenant nous tenons pour heureux les orgueilleux; ceux même qui pratiquent la méchanceté sont établis ; même ils tentent Dieu et sont délivrés» (v. 13-15). Dans un sens, le peuple avait obéi, sous Néhémie, dans la question des dîmes (Néh. 13: 10-14), et pourtant, ils étaient encore pauvres et asservis. Alors, au lieu de faire un retour sur eux-mêmes, ils se révoltent contre Dieu. C’est ainsi que se termine l’histoire morale d’Israël, aussi bien que celle du monde. Il voit l’orgueil réussir, les méchants arriver à la richesse et aux honneurs, et non seulement il porte envie aux iniques (Ps. 73), mais il y prend occasion de renier Dieu et de le blasphémer.

Au moment d’aborder un nouveau sujet, nous récapitulerons ici l’état moral du peuple et de la sacrificature, caractérisé par les diverses questions contenues dans ces chapitres. Ces questions sont au nombre de neuf; elles dénotent une ignorance coupable,

 

1° de l’amour de Dieu (1: 2)

2° de ce qui lui est dû (1: 6)

3° du culte à lui rendre (1: 7)

4° de ce qui convient à la pureté de sa Table (1: 12)

5° de sa sainteté et de sa justice (2: 17) ;

6° de leur propre perfidie (2: 14)

7° de ce qu’est une vraie conversion (3: 7)

8° du dévouement dans le service,

et tout cela se termine par

9° la révolte ouverte contre Dieu, sans qu’ils aient même conscience de cette révolte! (3: 13).

4                    Chapitre 3:16-18

Nous avons vu, dans la première partie de ce chapitre, qu’au milieu du triste état moral du peuple revenu de la captivité, Dieu a soin de se former un résidu, «les fils de Lévi», qui prennent pour modèle le vrai Serviteur de l’Éternel (3: 3; 2: 5, 6). Ce résidu devait être affiné par l’épreuve, comme le fondeur affine l’argent, afin de recevoir le Messie, le Sauveur d’Israël, à sa venue. C’est de ce résidu que l’Esprit de Dieu va nous entretenir. Spectacle heureux et réconfortant, au milieu de tant de ruines !

«Alors ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre» (v. 16). Ils sont caractérisés par la «crainte de l’Éternel», en opposition au corps de la nation, dont il est dit, au v. 5: «Ils ne me craignent pas». Cette crainte caractérisa le résidu fidèle au temps de la première venue du Seigneur, elle est la part des témoins de Christ au jour actuel, elle sera trouvée chez le résidu de Juda aux derniers jours. On prêche souvent au monde le dévouement pour Christ, la consécration à Dieu, comme le premier pas de la vie chrétienne. Ces hommes, sincères du reste, se trompent ; ce n’est pas ainsi qu’il faut commencer ; de plus, on engage ainsi le monde dans une voie ayant «une apparence de sagesse, en dévotion volontaire et en humilité», mais qui aboutit simplement à «la satisfaction de la chair» (Col. 2: 23). Cet enseignement oublie que le commencement de la sagesse est la crainte de Dieu. Nous nous sommes déjà étendus sur ce sujet. Insistons cependant encore sur ce fait que la crainte de Dieu se reconnaît chez l’homme à l’autorité de la Parole sur sa conscience. Nous ne pouvons plaire à Dieu sans obéir à sa Parole. Or en aucun temps la profession religieuse, et moins encore de nos jours qu’autrefois, n’admet en pratique ce principe. Les systèmes religieux actuels admettent que la parole de Dieu les oblige, dans la mesure où elle ne contredit pas leur organisation ; mais le coeur dévoué au Seigneur sait que Dieu regarde à celui «qui tremble à sa Parole» (És. 66: 2).

«Alors ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre, et l’Éternel a été attentif et a entendu, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Éternel et pour ceux qui pensent à son nom. Et ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Éternel des armées, au jour que je ferai ; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert» (v. 16, 17).

Deux choses dépeignent ici le résidu : il craint l’Éternel, il est de «ceux qui pensent à son nom». On pense au nom d’une personne en son absence. Telle était la position du résidu d’Israël avant la première venue du Messie; telle est aussi la nôtre, à nous qui attendons sa seconde venue. Notre foi se montre précisément en cela, qu’elle s’attache à la personne absente de Christ; dès que nous le verrons, la foi ne sera plus nécessaire. Quand on est entouré, comme nous le sommes, d’objets qui sollicitent la vue, c’est une chose grande et difficile de réaliser les objets invisibles et de fixer sur eux les regards de la foi. Il faut que le Christ invisible devienne si puissamment réel à notre âme que, près de Lui, tout ce qui nous environne perde sa réalité. La foi est indispensable pour cela. Servons-nous de la foi, comme d’un oeil de l’âme pour le voir près de nous et le sentir avec nous. Nous savons que, quelle que soit notre infirmité, nous pouvons toujours dire : «Tu es avec moi», car sa présence ne dépend pas de la manière dont nous la réalisons, et cependant nous devrions la sentir aussi bien que la connaître. Savoir qu’il est avec nous est la source de notre assurance pendant la traversée d’ici-bas : «Je ne craindrai aucun mal»; mais le sentir est autre chose et se résume dans ces mots : «Ton bâton et ta houlette sont ceux qui me consolent» ; oui, sentir sa présence remplit nos âmes de consolation et de joie :

 

Je sens un guide invisible

Qui chemine à mon côté.

 

Si nous avons lieu d’être humiliés en pensant au peu de jouissance et de communion dont nous faisons preuve dans notre vie chrétienne, souvenons-nous que Dieu nous a donné, en même temps que la foi, deux moyens de vivre dans les réalités invisibles, et de surmonter les obstacles qui s’y opposent. Ces deux moyens sont la Parole et la prière, la Parole qui nous révèle Christ, la prière, sans laquelle nous ne pouvons être en communion avec Lui et jouir de sa présence. De cette manière, nous croîtrons journellement dans sa connaissance pendant le temps qui nous sépare encore de la gloire, où nous le verrons tel qu’il est.

En attendant, il nous encourage, lui qui connaît si bien nos difficultés et notre faiblesse. Il nous dit : Tu as peu de force, mais cela précisément te pousse à t’attacher à ma Parole et à mon nom. Retiens ce que tu as, je ne te demande pas autre chose. Souviens-toi aussi que toutes tes faibles pensées à mon sujet sont consignées dans mon livre et ne seront jamais oubliées.

Voyons maintenant ce que font ceux qui craignent l’Éternel. «Ils parlent l’un à l’autre» ; c’est la venue du Christ, du Messie, du Seigneur annoncé par le prophète, qui les occupe; car, il faut s’en souvenir, quand Malachie parle de Christ, il présente essentiellement sa venue : «Le Seigneur que vous cherchez viendra soudain à son temple». «Voici, il vient», «qui supportera le jour de sa venue ?» (3: 1, 2). Le passage que nous considérons en ce moment nous en parle ; le chap. 4 en est rempli. «Il vient» est le dernier mot de l’Ancien Testament ; «Je viens bientôt», le dernier mot du Nouveau. Dans notre passage, ceux qui craignent l’Éternel attendent sa venue en grâce; le verset 1 de notre chapitre nous présente sa venue en gloire; le chap. 4 enfin, sa venue en jugement, qui devait avoir lieu si, venu en grâce, il était rejeté. Le prophète passe naturellement sous silence Sa seconde venue pour recueillir auprès de lui ses saints transmués ou ressuscités, «mystère» entièrement inconnu à l’Ancien Testament.

Les deux premiers chapitres de Luc nous présentent, avec une fraîcheur délicieuse, l’attitude de ceux qui craignaient l’Éternel, au moment où le Seigneur entrait ou allait entrer sur la scène. Marie et Élisabeth en parlent l’une à l’autre; Zacharie en parle à tous ses voisins; les bergers, instruits par les anges, parlent l’un à l’autre de cet événement qui vient de s’accomplir ; Siméon en parle à ses parents qui apportent au temple l’enfant Jésus ; Anne, la prophétesse, en parle à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la délivrance. De même, en Jean 1: 40-47, les disciples André, Pierre, Nathanaël, parlent l’un à l’autre du Messie qui venait de se révéler à eux. Quel grand sujet de joie pour tous ces fidèles: le Sauveur va venir, le Sauveur vient, le Sauveur est là !

Et nous, chrétiens, qui craignons l’Éternel et pensons à son nom, ne devrions-nous pas, lorsque nous nous rencontrons, être empressés aussi à nous parler l’un à l’autre ? Notre bonheur est-il de nous entretenir de sa seconde venue, comme jadis les bergers de la première ? L’Ennemi cherche de mille manières à empêcher ces entretiens des enfants de Dieu. Ne le laissons pas nous fermer la bouche. Tout ce qui se passe dans le monde dirige nos coeurs vers cette pensée : Sa promesse va s’accomplir, le cri de minuit a retenti: Il vient, il est à la porte.

Peut-être tardera-t-il encore ; parlons l’un à l’autre en l’attendant, car, quoi qu’il en soit, sa venue est proche. Il n’est pas besoin pour l’attendre, de faire un effort sur nous-mêmes. Le secret de cette attente gît dans la foi à la première parole de notre prophète : «Je vous ai aimés». Si nous apprécions son amour, l’attente de nos coeurs, remplis de Lui, débordera nécessairement dans nos entretiens.

«Et l’Éternel a été attentif.» C’est là une pensée très douce au coeur de ceux qui s’entretiennent de Lui et de sa venue prochaine. Présent, quoiqu’invisible, il se tient auprès de ceux qui parlent de Lui, attentif à leurs discours qui parviennent distinctement à son oreille. Il écoute, même quand ces entretiens, comme ceux des disciples d’Emmaüs, sont mêlés de beaucoup d’ignorance. Ces deux hommes avaient perdu leur Sauveur et ne l’attendaient plus, mais ils «pensaient à son nom», tout en étant accablés de tristesse. Ils ne savaient pas qu’il fût ressuscité, mais ils s’entretenaient de Lui... et voici que le Seigneur chemine avec eux, s’intéresse à ces pauvres en Israël qui avaient perdu Celui dont ils pouvaient dire: Comme il nous aimait ! Puis il leur ouvre les Écritures, et leurs coeurs commencent à brûler au dedans d’eux. Quand il s’est révélé à eux, ils n’ont rien de plus pressé que de courir vers leurs frères pour leur annoncer cette bonne nouvelle. Tandis qu’ils parlent l’un à l’autre, Jésus paraît lui-même au milieu d’eux et leur ouvre l’intelligence pour comprendre les Écritures. Puis il monte au ciel en les bénissant et eux, remplis de joie, retournent à Jérusalem, pour parler l’un à l’autre de Lui et de sa prochaine venue.

«Et un livre de souvenir a été écrit devant Lui pour ceux qui craignent l’Éternel, et pour ceux qui pensent à son nom». Dans ce livre, tous les propos d’âmes pieuses, qui reconnaissent son autorité, pensent à Lui pendant son absence, et, comme Philadelphie, ne renient pas son nom, sont enregistrés. Ce «livre de souvenir» est écrit «devant Lui», car il attache du prix à tout ce qu’ont exprimé ceux qui l’aiment, sans qu’il y manque une seule parole. Leurs noms aussi sont consignés dans ce livre, que lui-même garde avec un soin jaloux. On sait ce qu’est un livre de souvenir qui se transmet dans les familles ; on voit des vieillards garder avec un soin touchant le livre de mémoire où sont inscrits, avec les dates, les noms et les pensées de ceux qu’ils ont aimés dans leur jeunesse. Et se dire que le Seigneur lui-même possède un livre pareil et le gardera toujours ! Si, pendant le temps si court de notre passage ici-bas, nous n’avons pas renié son nom et que nous ayons gardé la parole de sa venue, cela ne sera jamais oublié, et le livre de mémoire du Seigneur restera continuellement ouvert dans le ciel, devant Lui.

«Et ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Éternel des armées, au jour que je ferai ; et je les épargnerai, comme un homme épargne son fils qui le sert» (v. 17).

Le Seigneur parle deux fois, dans les derniers versets de Malachie, du «jour qu’il fera» (voyez 4, 3). Le Psaume 118: 24, nous renseigne sur la portée de ce terme. «C’est ici», dit-il, «le jour que l’Éternel a fait», un jour merveilleux où le Christ, la pierre que ceux qui bâtissaient avaient rejetée, est devenue le sommet de l’angle. Dans ce Psaume, la présentation en gloire du Seigneur a son peuple, est célébrée par anticipation. Sans doute, le jugement est constamment présenté dans les prophètes, comme le jour de l’Éternel, le jour du Seigneur; Malachie lui-même en parle (4: 1) comme d’un jour qui vient, brûlant comme un four, mais jamais ce jour du jugement n’est appelé le jour que l’Éternel fera. Ce que le Seigneur introduit et établit n’est pas le jugement, mais le salut, la justice, la paix, la joie, la gloire. Dans le jour qu’il fera, Dieu présentera son Fils bien-aimé au monde, comme le Melchisédec, porteur de toutes ces grâces.

En ce jour-là, dit l’Éternel, «ils seront à moi, mon trésor particulier». Alors, il revendiquera les fidèles comme siens, comme n’appartenant à nul autre. Tous les trésors de l’univers entier lui appartiennent, et il sera manifesté publiquement, dans son règne millénaire, comme le possesseur de toutes ces choses, mais il aura aussi un trésor particulier qui ne sera pas ouvert au publie, un trésor appartenant à Lui seul, dont seul il aura la clef, dont seul il jouira. Comme le trésor personnel des souverains d’Orient, où se trouvent leurs plus précieux joyaux, le trésor de l’Éternel sera composé de ceux qui, jadis, au milieu de l’infidélité générale, craignaient l’Éternel et parlaient l’un à l’autre, de ceux qui l’attendaient comme «l’Orient d’en haut» — de ceux aussi qui l’attendent, aujourd’hui, comme l’étoile brillante du matin. Au jour de sa gloire, les pauvres du peuple, aussi bien que les faibles témoins d’aujourd’hui, fidèles au milieu de la ruine, lui seront chers entre tous ses trésors.

Ceux qui composent ce trésor particulier ont gardé la parole de son attente et n’ont pas renié son nom (Apoc. 3). La synagogue de Satan peut ne pas reconnaître ces fidèles, mais Lui les connaît, et ceux qui les méprisaient autrefois sauront un jour que le Seigneur les a aimés.

«Et je les épargnerai, comme un homme épargne son fils qui le sert». Lien béni, qui touche presque ici la relation chrétienne ! Le prophète ne parle plus comme auparavant des rapports d’un esclave fidèle avec son maître, mais de ceux d’un serviteur, dont l’activité découle d’une affection filiale. Dans le temps futur de la gloire millénaire, il est dit de ces mêmes fidèles : Et ses serviteurs le serviront, «et ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts» (Apoc. 22: 4).

«Alors vous reviendrez, et vous ferez la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas» (v. 18). Ce vous, nous l’avons déjà remarqué, ne s’adresse pas aux fidèles, à ceux qui sont «épargnés», mais à ceux du peuple qui tenaient pour «heureux les orgueilleux» et les méchants (v. 15), et reniaient Dieu quand ils étaient sous son châtiment. Ils seront éclairés au jour où ils verront le résidu «épargné», et les orgueilleux, dont ils avaient envié le sort, objets du jugement qui atteindra le peuple rebelle. Le témoignage rendu par l’Éternel à ceux qui l’ont craint et ont attendu Sa venue, forcera une partie de ce peuple rebelle à reconnaître la sainteté du Dieu qu’ils avaient renié. Ils feront enfin la différence entre les serviteurs de Dieu et les méchants.

5                    Chapitre 4

Au chap. 3, nous avons vu (v. 2 et 17) le contraste entre le jour terrible du jugement et le jour que l’Éternel fera. Le prophète nous ramène ici au jour de la vengeance: «Car voici, le jour vient, brûlant comme un four; et tous les orgueilleux, et tous ceux qui pratiquent la méchanceté seront du chaume, et le jour qui vient les brûlera, dit l’Éternel des armées, de manière à ne leur laisser ni racine, ni branche» (v. 1). Les orgueilleux et les méchants, que ce peuple, indifférent au mal, tenait pour heureux (3: 15), seront consumés par l’apparition du Seigneur et complètement arrachés, sans que rien subsiste d’eux. «Et pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de justice; et la guérison sera dans ses ailes; et vous sortirez, et vous prospérerez comme des veaux à l’engrais» (v. 2). Oui, pour ceux qui craignent son nom, qui ont reconnu son autorité et ployé le genou devant Lui, le soleil de justice se lèvera, ce même soleil, dont les feux brûlants consumeront à jamais les rebelles. La justice régnera désormais et éclairera de ses rayons l’Israël de Dieu.

Moment béni, plein de fraîcheur et de joie; aube d’un jour nouveau, d’un matin sans nuages, dont la clarté fera germer l’herbe tendre de la terre 1 (2 Sam. 23: 4). Ceux qui craignent l’Éternel prospéreront alors comme des veaux à l’engrais. Une vie pleine d’accroissement sera leur part; ils formeront ce nouveau troupeau d’Israël, plein de jeunesse, de santé et de force, qui sera le peuple du Seigneur au jour de sa sainte magnificence. «Et vous foulerez les méchants, car ils seront de la cendre sous la plante de vos pieds, au jour que je ferai, dit l’Éternel des armées» (v. 3). Les fidèles seront aussi, comme nous le voyons en Zacharie et d’autres passages, les exécuteurs de la vengeance de l’Éternel, contre ceux qui les avaient opprimés. Tout cela s’applique naturellement au résidu juif; mais il n’est pas moins vrai que les saints glorifiés formeront le cortège du Fils de l’homme, lorsqu’il sortira du ciel pour exercer le jugement (Apoc. 19: 11-16).

«Souvenez-vous de la loi de Moise, mon serviteur, que je lui commandai en Horeb pour tout Israël, — des statuts et des ordonnances» (v. 4). En finissant, le prophète ramène les pensées du peuple à la parole immuable que Dieu avait communiquée par Moïse. N’est-il pas remarquable que tout l’Ancien Testament se termine en rappelant à Israël que la Parole est sa seule sauvegarde? Il est utile de le proclamer aussi de nos jours ; et cela d’autant plus qu’il n’est pas question maintenant de la parole de la loi, mais de celle de la grâce, dont l’oubli rend les hommes absolument inexcusables. Pour nous, chrétiens, gardons précieusement cette Parole; gardons-la tout entière, telle que Dieu nous l’a donnée. Satan l’arrache au monde professant lambeau par lambeau, et le jour arrivera où ses mains n’en retiendront plus rien ; quant à nous, gardons ce que nous avons entendu dès le commencement : cette foi enseignée une fois aux saints; édifions-nous sur elle; ne nous en laissons pas ravir un seul iota; qu’elle soit notre guide selon les paroles de l’apôtre: «Je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d’édifier et de vous donner un héritage avec tous les sanctifiés» (Actes 20: 32). Méditons beaucoup le Psaume 119, qui nous présente la Parole comme le refuge, l’encouragement, le guide du fidèle, comme ce qui le soutient au milieu de l’apostasie grandissante. Sa Parole est «la vérité» quand toute autre chose est mensonge. Elle nous fait connaître Christ, sa personne bénie, son oeuvre, et toutes ses conséquences. La crainte de l’Éternel est caractérisée, comme nous l’avons vu, par l’attachement à sa Parole. «Ils ont gardé ta Parole», dit Jésus au Père, en parlant de ses disciples bien-aimés (Jean 17:6).

«Voici, je vous envoie Élie, le prophète, avant que vienne le grand et terrible jour de l’Éternel» (v. 5). Il n’est pas parlé ici de Jean-Baptiste comme au commencement du chap. 3. Si le peuple avait voulu recevoir ce que Jésus lui disait, Jean aurait été l’Élie qui devait venir (Matt. 11: 14 ; Marc 9: 11-13), et le Seigneur de gloire serait entré dans son royaume ; mais Jean-Baptiste a été rejeté, comme son Maître dont il était le précurseur. Il ne restait désormais pour le peuple que «le grand et terrible jour de l’Éternel». Mais la grâce de Dieu annonce, par le prophète, l’envoi d’un nouvel Élie qui rassemblera pour l’Éternel un peuple nouveau. Si Jean-Baptiste avait été reçu, le rôle de ce second Élie devenait inutile ; mais, comme il n’a pas été reçu, par suite de l’infidélité du peuple, Élie reviendra pour annoncer la venue du Seigneur en jugement, avec «son van dans sa main pour nettoyer entièrement son aire» (Matt. 3: 12). Dans l’Apocalypse (11: 4-6), l’un des deux témoins a le caractère d’Élie; et l’autre celui de Moïse. Je ne pense pas, pour mon compte, à une venue personnelle du prophète Élie, enlevé jadis au ciel sans passer par la mort, mais je crois à sa venue spirituelle, c’est-à-dire qu’un homme représentera ce prophète, dans la puissance du Saint Esprit. «Et il fera retourner le coeur des pères vers les fils, et le coeur des fils vers leurs pères, de peur que je ne vienne et ne frappe le pays de malédiction» (v. 6). Le ministère de ce nouvel Élie aura pour effet de rétablir en Israël les relations ordonnées de Dieu, sur un pied qu’elles auraient dû toujours conserver. L’amour dû aux fils, l’obéissance due aux pères, seront retrouvés et, de cette manière, la malédiction sera détournée du pays d’Israël.

En terminant notre étude, gardons précieusement cette pensée que le livre de Malachie parle à nos coeurs et à nos consciences, en nous engageant à craindre le Seigneur, à penser à Lui, à l’attendre en parlant de Lui l’un à l’autre, à garder fidèlement sa Parole !

D’un moment à l’autre, notre Sauveur, l’étoile brillante du matin, peut paraître pour nous enlever auprès de Lui dans la gloire !