[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi - l'Évangile | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index ouvrages | Index auteurs | Index sujets | Centres d'intérêt ]
MÉDITATIONS sur le second LIVRE des CHRONIQUES
par Henri Rossier
1° Ed. : 1913
TABLE DES MATIÈRES
1 Le règne de Salomon — Chapitres 1 à 9
1.1 Chapitre 1 — Un roi selon les conseils de Dieu
1.2 Chapitre 2 — Salomon et Hiram
1.3 Chapitres 3 à 5 — Le temple
1.4 Chapitres 6 à 7 — La prière de Salomon
1.5 Chapitres 8 à 9 — Rapports de Salomon avec les nations
2 Chapitres 10 à 36 — Les successeurs de Salomon — l’ère des prophètes
2.1 Chapitres 10 à 12 — Roboam
2.3.1 Chapitre 14 — Repos et force
2.3.2 Chapitre 15 — Force et purification
2.3.3 Chapitre 16 — Déclin d’Asa
2.4 Chapitres 17 à 20 — Josaphat
2.4.1 Chapitre 17 — L’enseignement de la loi
2.4.2 Chapitre 18 — Alliance avec Achab
2.4.3 Chapitre 19 — Josaphat et Jéhu le prophète
2.4.4 Chapitre 20 — Nouvelle guerre
2.7.1 Chapitre 23 — Avènement de Joas
2.7.2 Chapitre 24 — Règne de Joas
2.12 Chapitres 29 à 32 — Ézéchias
2.12.1 Chapitre 29 — La purification
2.12.2 Chapitre 30 — la Pâque et les Pains sans levain
2.12.3 Chapitre 31 — L’ordre de la maison de Dieu.
2.12.4 Chapitre 32 — Les trois épreuves d’Ézéchias.
2.13 Chapitre 33 — Manassé. Amon
2.14 Chapitres 34 à 35 — Josias
2.14.1 Chapitre 34 — La parole de Dieu retrouvée
2.14.2 Chapitre 35 — La Pâque et le Culte
2.14.3 Chapitre 36 — Les derniers rois
Le second livre des Chroniques continue le premier sans transition ; il ne forme primitivement qu’un seul récit dans les manuscrits hébraïques. Nous avons fait précédemment la même remarque dans le second livre des Rois, au sujet de ces divisions artificielles qui ne font pas partie de la Parole inspirée. De fait, le récit des Chroniques est continu jusqu’à la fin du règne de Salomon (2 Chron. 10), et si l’on cherche une division morale de notre sujet, ce n’est qu’au chap. 11 qu’elle devrait proprement être introduite.
Rappelons ici une vérité, déjà maintes fois mentionnée dans le premier livre, c’est que Dieu nous donne dans les Chroniques, sous une forme typique, un aperçu de ses conseils au sujet de la royauté du Christ, conseils préfigurés dans l’histoire de David et de Salomon. Salomon lui-même symbolise le règne futur de sagesse et de paix inauguré par la venue du Seigneur. C’est pourquoi, comme nous l’avons signalé dans l’histoire de David (1 Chron) Le règne de Salomon n’offre point de manquements dans les Chroniques et même avec beaucoup d’attention on ne pourrait y découvrir la moindre allusion aux fautes du roi.
Nous avons vu dans le livre précédent comment Salomon fut élevé sur le trône de son père avant d’être établi sur son propre trône. Ces deux faits nous parlent très clairement du royaume céleste actuel de Christ et de son royaume terrestre qui est encore à venir. Le récit qui s’ouvre devant nous va nous présenter ce dernier, et nous n’y trouverons pas comme dans le livre des Rois un souverain responsable et faillible, mais la figure la plus parfaite possible d’un gouvernement de sagesse et de paix administré par le roi des conseils de Dieu.
On ne peut assez faire ressortir, au début de ce livre, que le règne du Salomon des Chroniques a un tout autre caractère que celui du Salomon des Rois. Sa justice exercée en jugement envers les ennemis de son père : Adonija qui s’était opposé à David, Shimhi qui l’avait insulté et bafoué, Joab dont il avait supporté les violences et l’injustice sans pouvoir les réprimer, tout cela est omis dans les Chroniques (cf. 1 Rois 1-2). L’épisode des deux femmes prostituées (1 Rois 3:16-28) est aussi complètement passé sous silence, car si cette scène nous montre la sagesse de Salomon, elle nous la montre au service de la justice pour gouverner équitablement. Le roi ne porte pas l’investigation plus loin, et ne reprend ni ne retranche, même la plus coupable de ces prostituées. Les Chroniques ne nous présentent pas le règne de Salomon sous les caractères que nous venons de mentionner. Il est avant tout le règne de paix, auquel la sagesse préside. Il n’en est pas moins vrai que pendant le millénium «le méchant sera chaque matin retranché du pays», et que la prostitution n’y sera ni tolérée, ni même nommée ; mais la paix régnera, et c’est le sujet dont les premiers chapitres de ce livre nous entretiennent.
Dès les premiers mots de notre chapitre (1:1), Salomon nous est présenté comme s’affermissant lui-même dans son royaume, tandis qu’en 1 Rois 2:46 le royaume fut affermi dans sa main après le jugement de tous les ennemis personnels de David. Salomon s’affermit ici de sa pleine autorité personnelle, mais il n’en reste pas moins l’homme dépendant, car s’il ne l’était pas il ne serait pas le type du vrai roi des conseils de Dieu. «Demande-moi», est-il dit au Ps. 2, «et je te donnerai... pour possession, les bouts de la terre». C’est pourquoi nous trouvons dans notre passage : «Et l’Éternel, son Dieu, fut avec lui et l’agrandit extrêmement». Aussi longtemps qu’il conserve le royaume, le Seigneur reste l’homme dépendant ; quand il en aura terminé l’administration, il le remettra fidèlement entre les mains de Celui qui le lui a confié et «alors le Fils aussi lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses» (1 Cor. 15:28). Aucun empire terrestre aura-t-il jamais été semblable à ce règne merveilleux où pendant mille ans, sans une défaillance, sans un déni de justice, sans un amoindrissement de la paix, le Christ régnera sur son peuple terrestre et sur toutes les nations ?
Habituons-nous, cher lecteur chrétien, à considérer le Seigneur ainsi, pour Lui-même, et non pas seulement pour les ressources qu’il fournit à nos besoins. C’est la contemplation la plus élevée à laquelle nous soyons appelés, car nous y sommes placés, pour ainsi dire, en la compagnie de notre Dieu pour trouver nos délices dans les perfections de cette personne adorable. Combien sont nombreux les passages des Écritures où nous est révélé, non pas ce que nous possédons en vertu de l’oeuvre de Christ, mais ce que Christ est pour Dieu, en vertu de ses propres perfections. Dieu ouvre le ciel sur cet homme et dit : «Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir». Et quand Il est obligé de lui fermer le ciel au moment où Il expie nos péchés, Il dit : «Mais toi, tu es le même, et tes années ne finiront point». Et encore : «Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité ; c’est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne. Tu as aimé la justice, et tu as haï la méchanceté ; c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons». En vertu de la perfection de son obéissance et de son abaissement, Dieu «l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom». Cet homme est «le premier-né de toute création» ; il a toutes les gloires et toutes les suprématies (Col. 1:15-20). C’est parce qu’il laisse sa vie afin qu’il la reprenne que le Père l’aime. En tout cela nous ne trouvons rien de ce qu’il a fait pour nous. Mais nous, en vertu de son oeuvre accomplie, nous sommes rendus capables de nous intéresser à Lui et à toutes ses perfections. Cultivons cette connaissance. Sans doute, pour notre âme, le trait par excellence de ce caractère adorable est résumé dans ce mot : «Il m’a aimé et s’est donné Lui-même pour moi» ; quelque connaissance que j’acquière de lui, elle me ramène toujours à son amour. Ainsi, quand il nous est présenté comme «le prince des rois de la terre», nous nous écrions : «À celui qui nous aime !» Mais ce que je veux dire, c’est que, ce qu’il est en Lui-même est une source inépuisable de joie pour le fidèle. Rien ne le sort davantage de son égoïsme naturel et des mesquines préoccupations d’ici-bas ; il a trouvé dans un objet parfait, avec lequel il est en relation intime et immédiate, la source de son bonheur éternel.
Aux v. 2 à 6 nous avons la scène de Gabaon, mais sans les taches qui la déparaient en 1 Rois 3:1-4. Dans notre passage le «seulement» qui marque un blâme a disparu : «Seulement le peuple sacrifiait sur les hauts lieux» ; «Seulement Salomon offrait des sacrifices et faisait fumer de l’encens sur les hauts lieux». Ici la scène est légitime, si je puis m’exprimer ainsi, et Gabaon n’est plus «le principal haut lieu» (3:4) ; il est au contraire «le lieu où était la tente d’assignation de Dieu, que Moïse, serviteur de l’Éternel, avait faite dans le désert... et l’autel d’airain qu’avait fait Betsaleël, fils d’Uri, fils de Hur, était là, devant le tabernacle de l’Éternel» (2 Chron. 1:3-5). Pas l’ombre d’un blâme ! Salomon va sacrifier sur l’autel, symbole de l’expiation, où le peuple pouvait rencontrer son Dieu. Y avait-il là quelque chose à reprendre ? Nullement. Sans doute le lieu n’était que provisoire en attendant l’érection du temple ; sans doute aussi le trône de Dieu, l’arche, ne s’y trouvait pas, car elle était désormais établie dans la cité de David ; mais, dans les Chroniques, Salomon vient à Gabaon avec son peuple inaugurer le règne de paix que Dieu pouvait introduire en vertu du sacrifice. C’est, en effet, comme nous l’avons vu, du règne de paix, bien plus que du règne de justice que le second livre des Chroniques nous entretient.
Aux v. 7 à 12, Salomon demande la sagesse à Dieu, et ici encore notre récit diffère notablement de celui des Rois (1 Rois 3:5-15). Salomon n’est pas, dans notre passage, «un jeune garçon qui ne sait pas sortir et entrer». Sans doute le premier livre des Chroniques le mentionne comme jeune garçon, mais, nous l’avons fait remarquer en étudiant ce livre, au point de vue typique, sa jeunesse correspond à la position occupée par Christ dans le ciel, sur le trône de son Père, avant l’inauguration de son royaume terrestre. Dans le livre des Rois, Salomon est ignorant et n’a pas «le discernement entre le bien et le mal» (3:9). Dans les Chroniques cette défectuosité a totalement disparu : le Roi dit avoir besoin de sagesse pour sortir et entrer devant le peuple et pour le gouverner. Il s’adresse pour cela à Celui qui l’a fait roi et dont il dépend entièrement : telle sera aussi la relation de Christ, homme et roi, avec son Dieu. Mais ce qui est plus frappant encore, c’est que, dans notre passage la question de la responsabilité est complètement omise, à l’opposé de 1 Rois 3:14 : «Si tu marches dans mes voies, gardant mes statuts et mes commandements», dit Dieu, je prolongerai tes jours». Dans les Chroniques la responsabilité de Salomon n’est mentionnée qu’une seule fois (1 Chron. 28:7-10), pour représenter la dépendance du Christ comme homme, et nullement avec la supposition qu’il puisse être trouvé en faute. Tout autre est le livre des Rois (voyez 1 Rois 3:14 ; 2:2, 6, 9 ; 6:11). Remarquons encore qu’en 1 Rois, Dieu dit à Salomon : «Parce que tu as demandé cela... voici, je t’ai donné un coeur sage et intelligent» (3:11, 12). En 2 Chroniques, Dieu lui donne la sagesse et la connaissance, «parce que c’était cela qui était dans son coeur». Type de Christ, il reçoit ces choses comme homme, mais son coeur n’a pas besoin d’être façonné pour les recevoir.
Nous ne cesserons de voir à chaque pas de nouvelles preuves de la merveilleuse exactitude avec laquelle la Parole inspirée poursuit son dessein.
Versets 14-17. Dans le fait que Salomon amassa beaucoup d’argent et d’or à Jérusalem, et que ses marchands tiraient pour lui les chevaux d’Égypte et en procuraient de la même manière à «tous les rois des Héthiens et aux rois de Syrie», on a cru voir une preuve de l’infidélité de Salomon aux prescriptions de la loi en Deut. 17:16-17. L’étude des Chroniques fait repousser une telle interprétation. L’Égypte est ici tributaire de Salomon qui la traite d’une manière équitable. Il fait profiter les nations étrangères des mêmes avantages, et il en sera ainsi sous le règne futur de Christ. La même remarque s’applique, comme nous le verrons au chap. 8, à la fille du Pharaon (8:11).
Nous trouvons ici, comme dans tous ces chapitres, le roi Salomon dépeint, au point de vue de la perfection de son règne. Les nations lui sont asservies. Les portefaix, les tailleurs de pierre, les surveillants, sont pris exclusivement d’entre les Cananéens résidant au milieu d’Israël et que le peuple n’avait pas réussi à expulser (1-2 ; 17-18 ; 8:7-9) : «des fils d’Israël, Salomon ne fit pas des esclaves pour ses travaux». Ainsi se réalise, sous ce règne glorieux, un état de choses qui, par l’infidélité du peuple, n’avait jamais eu lieu auparavant. Tout le mélange d’autrefois avec les Cananéens a disparu, et le peuple de l’Éternel est désormais un peuple libre qui ne peut être asservi. Cependant les étrangers qu’Israël infidèle n’avait pas exterminés autrefois de son pays, sont seuls traités de cette manière, tandis que les nations, en possession des richesses de la terre, et personnifiées par le roi de Tyr, sont admises à collaborer au grand oeuvre.
Salomon explique ici à Hiram le sens et la portée de l’érection du temple, et cela d’une autre manière que dans le livre des Rois : «Voici, je bâtis une maison pour le nom de l’Éternel, mon Dieu, pour la lui consacrer, pour faire fumer devant Lui l’encens de drogues odoriférantes, et pour l’arrangement continuel des pains, et pour les holocaustes du matin et du soir, des sabbats, et des nouvelles lunes, et des jours solennels de l’Éternel, notre Dieu ; cela est prescrit à Israël à toujours» (v. 4). Le temple est ici le lieu où l’on s’approche de Dieu pour le culte, lieu ouvert non seulement à Israël, mais aux nations que Hiram représente. Le temple est tellement, dans la pensée de Salomon, le lieu du culte, que les holocaustes seuls sont mentionnés ici sans les sacrifices pour le péché ; l’encens de drogues odoriférantes, symbole de la louange, occupe la première place. Quand il s’agit, en Ézéch. 45, du service millénaire dans le temple, soit pour Israël, soit pour le «prince» de la maison de David, vice-roi du Christ sur la terre, nous trouvons le sacrifice pour le péché, car tous en ont besoin. Ici la pensée est plus générale. Salomon déclare à Hiram que cette grande maison qu’il bâtit est dédiée au Dieu d’Israël «qui est grand au-dessus de tous les dieux. Et qui a le pouvoir de lui bâtir une maison, car les cieux, et les cieux des cieux, ne peuvent le contenir ?» Donc ce Dieu souverain, ce Dieu qui est au-dessus de tout et partout ne peut limiter son royaume au peuple d’Israël. Salomon, quant à lui-même, sait n’être qu’une faible image humaine du Roi selon les conseils de Dieu : «Qui suis-je, dit-il, moi, pour lui bâtir une maison ?» Cependant il est là «pour faire fumer ce qui se brûle devant Lui». Il se présente comme roi et sacrificateur, sans intermédiaire ; il offre lui-même un encens pur, comme médiateur du peuple, un encens choisi qui monte avec la fumée de l’holocauste, en parfaite bonne odeur devant Dieu, et «cela est prescrit à Israël à toujours».
Salomon confie à Hiram la direction de l’ouvrage dont lui, le Roi, est l’exécuteur, quoiqu’il le mette entre les mains des nations. Il en sera de même à l’entrée du millénium, selon ce qui nous est dit du temple en Zacharie 6:15 et aussi des murailles de Jérusalem en Ésaïe 60:10.
La subsistance des ouvriers de Hiram dépend ici entièrement du roi ; c’est lui qui l’offre et l’ordonne (v. 10), et Hiram n’a autre chose à faire qu’à l’accepter. Il en est autrement en 1 Rois 5:9-11 où Hiram demande et où Salomon accorde.
Hiram (v. 11) reconnaît par écrit (un écrit est une déclaration qui demeure et à laquelle on peut continuellement recourir) «l’amour de l’Éternel pour son peuple» en établissant Salomon roi sur eux et il «bénit l’Éternel, le Dieu d’Israël», mais comme Créateur des cieux et de la terre, belle image de la louange des nations qui, dans le siècle futur, se soumettront à la domination universelle du Très-Haut, possesseur des cieux et de la terre, représenté par le vrai Fils de David au milieu de son peuple d’Israël. C’est ainsi que les bénédictions s’élèveront vers Dieu lui-même de la part de ceux qui, autrefois idolâtres, seront soumis à la domination du Christ, roi des nations.
Hiram est prompt à exécuter tout ce que le roi demande, prompt aussi à recevoir les dons de Salomon. On ne le voit pas, dans les Chroniques, prononcer Cabul (cf. 1 Rois 9:13), avec un geste de mépris, sur les villes qui lui sont données par Salomon, et c’est ici le moyen de passer sous silence la faute commise par Salomon en aliénant l’héritage de l’Éternel. Ici, de la part du représentant des nations, tout est reconnaissance et soumission volontaire ; il est prompt à accepter et à recevoir, car refuser les dons d’un tel Roi ne serait qu’orgueil et révolte.
Les chap. 3 et 4 correspondent aux chap. 6 et 7 du premier livre des Rois, mais en diffèrent en ce qu’ici le temple a une signification particulière. Tandis que dans le livre des Rois il est d’un côté le lieu où Dieu demeure avec les siens, et de l’autre le centre de son gouvernement au milieu d’Israël, il est, dans les Chroniques, comme nous l’avons déjà remarqué, le lieu où l’on s’approche de Dieu pour lui rendre culte, la «maison de sacrifice» (v. 11, 12). En parlant d’un lieu d’approche nous ne faisons pas allusion au pécheur qui vient par le sang de Christ pour être justifié devant Dieu ; nous pensons à l’adorateur qui entre par le même chemin dans le sanctuaire. C’est ainsi qu’on voit dans l’épître aux Romains le pécheur justifié par le sang de Christ, tandis que l’épître aux Hébreux nous introduit par le même chemin dans le lieu très saint. Le fait que le temple est présenté comme lieu d’approche explique tous les détails de ces chapitres. Nous y rencontrons l’autel d’airain et le voile (3:14 ; 4:1) omis dans la description du temple au livre des Rois ; d’autre part, les demeures des sacrificateurs mentionnées dans ce dernier manquent dans les Chroniques. Le prophète Ézéchiel, qui nous fait non pas le tableau typique, mais la description réelle du règne millénaire de Christ, réunit, dans la description du temple (40-45), les caractères des livres des Rois et des Chroniques. Nous y trouvons à la fois l’autel, la porte du sanctuaire, les demeures des sacrificateurs, les attributs du gouvernement de Dieu (Ézéch. 40:47 ; 41:22 ; 41:6 ; 41:18). C’est qu’en effet le temple d’Ézéchiel représente l’Éternel, Christ, demeurant au milieu d’un peuple de sacrificateurs, exerçant son juste gouvernement, et devenu le centre du culte d’Israël et des nations ; tandis que les livres des Rois et des Chroniques, pour nous faire mieux entrer dans ses gloires, les présentent l’une après l’autre devant nos yeux.
D’autres détails frappants confirment ce que nous venons de dire. Les Chroniques ne mentionnent ni sacrifice pour le péché, ni sacrifice pour le délit ; et l’autel y est uniquement le lieu de l’holocauste et du sacrifice de prospérités. Ézéchiel, par contre, insiste sur le sacrifice pour le péché comme préparation à toutes les autres offrandes (Ézéch. 43:25-27), et les mentionne ensuite sans en omettre aucune (45:25).
Quelques mots encore sur l’autel d’airain : Cet autel de Salomon occupe, dans les Chroniques, une place très importante. Ce n’est pas l’autel du désert, conservé à Gabaon, figure de la manière dont Dieu vient rencontrer le pécheur, et peut rester juste en le justifiant, mais l’autel de l’holocauste sans lequel on ne peut s’approcher de Lui. Les dimensions de l’autel de Gabaon sont tout autres que celles de l’autel de Salomon : le premier a cinq coudées de longueur et cinq de largeur sur une hauteur de trois coudées. L’autel de Salomon (4:1) est long de vingt coudées, large de vingt coudées et a dix coudées de hauteur. Les deux dimensions principales sont exactement les mêmes que celles du lieu très saint (3:8 ; 1 Rois 6:20 ; Ézéch. 41:4). L’autel, Christ, s’adapte parfaitement au sanctuaire ; les gloires du lieu très saint correspondent à la grandeur et à la perfection du sacrifice représenté par l’autel. De plus, comme nous l’avons dit, l’autel étant spécialement ici l’expression du culte, ce dernier a aussi les mesures du sanctuaire ; sans être parfait dans toutes ses dimensions, il est digne, au plus haut point, de la scène millénaire qu’il représente.
Tout ce qui a trait au gouvernement millénaire de Christ et même aux attributs de ce gouvernement, manque entièrement dans les Chroniques ; ainsi la maison de la forêt du Liban, siège du trône judiciaire, de même le palais du roi, de même encore les chérubins, attributs du gouvernement, représentés partout dans le livre des Rois, sur les murailles du temple et jusque sur les ustensiles du parvis.
S’agit-il même de la personne de Salomon et de ses actes, la description que les Chroniques en donnent est simplifiée à dessein. Le Roi nous y est présenté, non pas en voie d’accroissement, comme dans le livre des Rois, mais établi sur le trône selon les conseils de Dieu, doué de sagesse parfaite, entouré de richesse et de gloire. Aucun détail ne nous est donné sur l’exercice de sa sagesse, soit pour discerner le mal, soit pour le juger, soit pour enseigner le bien par ses paroles et ses écrits (voy. 1 Rois 3:16-28 ; 4:29-34). Salomon est placé devant nos yeux, sur son trône, dans une attitude pour ainsi dire immuable ; la paix règne, les conseils de Dieu à l’égard de son Roi sont accomplis, et ce Roi, lui-même, est Dieu.
Cette scène de paix et de bonheur a son point de départ sur la montagne de Morija, détail, notons-le bien, qui manque dans le livre des Rois : «Et Salomon commença de bâtir la maison de l’Éternel à Jérusalem, sur la montagne de Morija, où l’Éternel était apparu à David, son père, sur l’emplacement que David avait préparé dans l’aire d’Ornan, le Jébusien» (3:1). C’était d’abord à Morija qu’Abraham avait offert Isaac sur l’autel et l’avait recouvré par une sorte de résurrection ; là, il avait été pourvu à tout ce qu’exigeait la sainteté de Dieu. C’était ensuite à Morija que, lors de la faute de David, la grâce s’était glorifiée vis-à-vis du jugement. Le règne de paix de Salomon est donc établi, à la suite de la résurrection, sur le principe de la grâce, comme le règne futur de Christ ressuscité sera entièrement basé sur la grâce triomphante à la croix. À la suite du sacrifice de Morija et en vertu de la perfection personnelle du souverain, ce dernier pourra désormais entrer dans son temple. Les portes éternelles hausseront leurs linteaux pour laisser passer le roi de gloire. Il aura une riche entrée dans son propre royaume. Nous ne trouvons que dans les Chroniques l’immense hauteur de ce portique (3:4 ; cf. Ps. 24:7, 9 ; Mal. 3:1 ; Aggée 2:7 ; 2 Pierre 1:11, 17).
Encore un détail caractéristique : on ne voit ici sur les murailles de la maison que des palmiers et des chaînes ; les palmiers sont les symboles de la paix triomphale ; les chaînes (Sharsherah) qui de même garnissent ici les colonnes ne sont mentionnées nulle autre part que sur les épaulières et le pectoral du souverain sacrificateur. Elles en rassemblent fermement les diverses parties et paraissent symboliser la solidité du lien qui forme en unité le peuple de Dieu. Plus de fleurs entrouvertes, signes d’un règne qui commence à s’épanouir, comme dans le livre des Rois ; ici le règne est définitivement établi ; plus de chérubins cachés sous l’or des murailles ; ils ne paraissent que sur le voile ; il n’y a plus de pensées secrètes, de conseils cachés de Dieu ; ils sont maintenant mis en évidence dans la personne de Christ, mais établis sur le voile qui est sa chair livrée à la mort. Dans le lieu très saint, deux chérubins debout, les ailes étendues, regardent au-dehors, «vers la maison» (3:13), fait qui n’est mentionné qu’ici, et contemplent l’ordre désormais établi du peuple de Dieu. Les colonnes Jakin et Boaz («Il établira» et «En Lui est la force») ne peuvent manquer dans ce tableau, emblèmes d’un règne désormais établi et dépendant entièrement de la puissance qui est en Christ.
Autre détail intéressant : «Salomon fit dix tables et les plaça dans le temple, cinq à droite et cinq à gauche» (4:8). 1 Rois 7:48 n’en mentionne qu’une. N’est-il pas frappant de voir les pains de proposition multipliés ainsi dix fois ? Salomon est considéré comme assis «sur le trône de l’Éternel» (1 Chron. 29:23) ; Israël s’accroît sous son règne ; ce sont toujours les mêmes tribus, mais augmentées à l’infini sous les yeux du Dieu qui les contemple et les gouverne. Le vrai Salomon, Christ lui-même, est l’auteur de cette multiplication (4:8). Dans le millénium, Israël sera au complet, comme présenté à Dieu par Christ, une offrande agréée de l’Éternel.
Au chap. 5 l’arche monte, de la cité de David, dans la maison magnifique que Salomon lui a préparée. Le tabernacle et tous ses ustensiles, qui se trouvaient à Gabaon, rejoignent l’arche dans le temple : Le souvenir de la traversée du désert reste ainsi continuellement devant Dieu. Il ne nous est pas parlé des ustensiles du parvis, ni surtout de l’autel d’airain érigé par Moïse et où Dieu venait en grâce rencontrer un peuple pécheur. Cet autel du désert est remplacé par celui de Salomon qui correspond lui-même à l’autel dressé par David sur l’emplacement de l’aire d’Ornan. L’autel de Salomon n’est mentionné que tout à fait en passant dans le livre des Rois (1 Rois 8:22) qui, comme nous l’avons dit, a un autre objet en vue que le culte. L’arche a enfin trouvé un lieu de repos, mais la scène millénaire, dont ces chapitres sont la figure, n’est pas le repos éternel et définitif pour le trône de Dieu. Les barres n’ont pas disparu, quoique leur position dénote que l’arche ne se remettra pas en voyage. Toute la scène de bénédiction millénaire décrite ici prendra fin quand les nouveaux cieux et la nouvelle terre seront établis.
Le passage du v. 11-13 de notre chapitre manque dans le livre des Rois : «Et il arriva, comme les sacrificateurs sortaient du lieu saint (car tous les sacrificateurs qui s’y trouvaient s’étaient sanctifiés sans observer les classes), et que les lévites, les chantres, eux tous, Asaph, et Héman, et Jéduthun, et leurs fils et leurs frères, vêtus de byssus, avec des cymbales et des luths et des harpes, se tenaient à l’orient de l’autel, et avec eux cent vingt sacrificateurs sonnant des trompettes, — il arriva, lorsque les trompettes et les chantres furent comme un seul homme pour faire entendre une même voix en louant et en célébrant l’Éternel, et qu’ils élevèrent la voix avec des trompettes, et des cymbales, et des instruments de musique, en louant l’Éternel de ce qu’il est bon, parce que sa bonté demeure à toujours, il arriva que la maison, la maison de l’Éternel, fut remplie d’une nuée ; et les sacrificateurs ne pouvaient pas s’y tenir pour faire le service, à cause de la nuée, car la gloire de l’Éternel remplissait la maison de Dieu». C’est bien l’image du culte millénaire où le «chant de triomphe et de louange» sera entonné (conf. 2 Chron. 20:21). L’Éternel y est loué «de ce qu’il est bon, parce que sa bonté demeure à toujours» (voyez encore sur ce cantique : 1 Chron. 16:41 ; 2 Chron. 7:3, 6 ; Ps. 106:1 ; 107:1 ; 118:136 ; Jér. 33:11). Tous les instruments de musique retentissent, comme au Ps. 150 qui décrit la même scène. C’est ici proprement la dédicace de l’autel (7:9) précédant la fête des tabernacles, mais les Chroniques seules nous montrent la gloire de l’Éternel remplissant deux fois la maison. De fait, il y eut deux fêtes, une de sept jours, la dédicace de l’autel, et une de huit jours, la dédicace de la maison ou la fête des tabernacles (7:9). Toutes deux se trouvent ici, avec le même cantique et la même présence de la gloire de Dieu dans son temple, sujet bien approprié à ce livre qui nous parle du culte et de l’accomplissement des conseils de Dieu quant à son règne.
La dédicace de l’autel remplace dans les Chroniques le grand jour des expiations (comp. Lév. 23:26-36), tandis qu’en Zacharie ce jour doit précéder l’établissement du règne messianique. Il n’est point question ici «d’affliger son âme», comme au jour des expiations (Lév. 16:29), mais de se réjouir, car, par le moyen de l’autel la bonté de Dieu qui demeure à toujours, a définitivement approché le peuple de Lui.
Le cantique : «Sa bonté demeure à toujours», si caractéristique du règne millénaire à son début est répété dans ce livre des Chroniques, les deux fois où la gloire de l’Éternel remplit le temple ; ce cantique manque entièrement au premier livre des Rois. La scène est bien plus complète ici : les conseils de Dieu quant à l’établissement de la royauté de Christ sur la terre sont enfin accomplis en type. «La gloire de l’Éternel remplit la maison de Dieu» (comp. avec 1 Rois 8:11). Le nom de Dieu remplace souvent celui de l’Éternel dans ces chapitres, faisant allusion à ses relations avec les nations qui reconnaissent le Dieu d’Israël comme leur Dieu.
Disons en terminant qu’en présence de toutes les différences de détail entre le premier livre des Rois et le second des Chroniques, tout croyant sera convaincu de la sagesse et de l’ordre divin qui président invariablement à ces récits. La plus petite omission, de même que chaque parole ajoutée dans le texte sacré, sont le fruit d’un plan d’ensemble destiné à faire ressortir les gloires diverses de Christ. Nous sommes loin d’avoir épuisé l’énumération de ces différences ; d’autres pourront en découvrir de nouvelles avec un vrai profit pour leurs âmes.
Plusieurs particularités importantes distinguent cette division de notre livre du chapitre correspondant des Rois (1 Rois 8). Dans ce dernier la fête, quoique prolongée pendant quatorze jours, ne correspond de fait qu’à la fête des tabernacles. Elle est appelée «la dédicace de la maison» (8:63) ; mais le huitième jour, grand jour de la fête, le roi renvoie le peuple (8:65, 66). Le passage des Chroniques va beaucoup plus loin ; il insiste sur le fait qu’«au huitième jour ils célébrèrent une fête solennelle» (2 Chron. 7:9) ; il introduit ainsi le type du repos général et définitif attaché au jour de la résurrection que le huitième jour préfigure. De cette manière la bénédiction n’est pas restreinte au peuple d’Israël seul, mais appartient à tous ceux qui font partie du jour de la résurrection.
Notre passage, dans les Chroniques, offre une autre remarque d’un grand intérêt : Salomon se tint devant l’autel de l’Éternel, en face de toute la congrégation d’Israël «et étendit les mains ; car Salomon avait fait une estrade d’airain, longue de cinq coudées, large de cinq coudées, et haute de trois coudées, et l’avait mise au milieu de la cour ; et il s’y tint, et fléchit les genoux en face de toute la congrégation d’Israël» et étendit ses mains vers les cieux. Toute la partie de ce passage placée entre guillemets manque dans le livre des Rois. L’estrade faite par Salomon et sur laquelle il se tient en face de tout le peuple a exactement les mêmes dimensions que l’autel d’airain en Exode 27:1. «Et tu feras», dit l’Éternel à Moïse, «l’autel de bois de sittim : il aura cinq coudées de long, et cinq coudées de large ; l’autel sera carré, et sa hauteur sera de trois coudées».
L’autel du désert était, comme nous l’avons déjà dit, l’un des ustensiles qui ne sont pas mentionnés comme ayant été apportés de Gabaon dans le temple (5:5 et 1 Rois 8:4), car un nouvel autel y avait été construit. Mais le premier pouvait-il en être absolument exclu ? Cela était impossible ! L’autel de Moïse représentait seul le lieu où Dieu pouvait rencontrer le pécheur. Type de la croix, c’était là que Dieu pouvait se montrer juste en justifiant le coupable, et que Son amour s’était mis parfaitement d’accord avec sa justice pour opérer le salut. L’autel d’airain formait la base de toutes les relations de l’Éternel avec son peuple ; il était, pour ainsi dire, la première porte d’entrée du sanctuaire. Cependant notre livre le supprime (non pas son souvenir, comme nous allons le voir) parce que l’oeuvre qui a introduit le règne du roi de paix est considérée ici comme entièrement terminée. L’autel du tabernacle, l’autel de l’expiation n’est, dans les Chroniques, que le point de départ pour amener le peuple à l’autel du temple, c’est-à-dire à l’autel du culte, caractère essentiel de l’autel de Salomon dans ce livre. Le premier autel d’airain a donc disparu, mais pour reparaître ici sous forme d’estrade, comme sur un piédestal où Salomon est placé, à la vue de tout le peuple. Le lieu où la victime pour le péché a été offerte devient celui où Salomon — Christ — est glorifié. «Maintenant», dit le Seigneur en parlant de la croix, «le fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui» (Jean 13:31). Cet autel, qui est pour tout croyant le salut définitif et sans retour, car il n’y a plus pour nous de victime pour le péché, la croix de Christ restant désormais vide de son fardeau d’iniquité — cet autel a une autre signification encore : il est la base sur laquelle la gloire du fils de l’homme est établie. C’est à cause de son sacrifice que les rênes du gouvernement sont placées entre ses mains, et qu’il est mis en vue comme le Chef de son peuple.
Mais une autre chose frappe ici : Salomon, sur son estrade, est en réalité un intercesseur, un avocat pour Israël, plus encore qu’un roi. C’est là qu’il fléchit les genoux, qu’il étend ses mains suppliantes vers les cieux. Et, chose remarquable, il n’est pas ici, comme en 1 Rois 8:54-61, un souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec, bénissant Dieu de la part du peuple et le peuple de la part de Dieu, se levant de devant l’autel afin de se tenir debout pour bénir : Non, il ne prend sur son estrade qui fut un autel, qu’une position d’intercesseur, priant pour le peuple qui par sa conduite future, par son péché prévu, anéantirait tous les conseils de Dieu, si ces derniers pouvaient être anéantis.
Ce rôle que Salomon remplissait en faveur d’Israël, le Seigneur le remplit aujourd’hui pour nous. «Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste ; et Lui est la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier» (1 Jean 2:1-2). Son office d’Avocat est basé sur la propitiation qu’il a accomplie, comme l’intercession de Salomon était inséparable de cette estrade, mystérieuse et merveilleuse figure de l’autel.
À la fin de la prière de Salomon nous trouvons (6:41-42) des paroles qui manquent dans le livre des Rois : «Et maintenant, Éternel Dieu ! lève-toi pour entrer dans ton repos, toi et l’arche de ta force ! que tes sacrificateurs, Éternel Dieu, soient revêtus de salut, et que tes saints se réjouissent en ta bonté ! Éternel Dieu, ne repousse pas la face de ton Oint ; souviens-toi de tes grâces, envers David, ton serviteur». Ces paroles sont prises du Ps. 132. Dans ce cantique, les afflictions de David avaient eu pour but de trouver des demeures pour le puissant de Jacob. Cette habitation était trouvée maintenant, mais dans l’imperfection comme la demande de Salomon en fait foi. Alors Dieu, dans le Psaume, répond au désir du roi exprimé dans les Chroniques. Il lui montre Sion, sa maison, sa sacrificature, son Oint, tels qu’il les voit dans leur perfection éternelle, en réponse aux souffrances de Christ, le vrai David. Le repos de l’Éternel est encore à venir, mais Salomon nous en présente ici le tableau anticipé.
Au chap. 7, nous trouvons ensuite les versets 1 à 3 et 6 à 7, passage qui manque dans le livre des Rois. «Le feu descendit des cieux et consuma l’holocauste et les sacrifices, et la gloire de l’Éternel remplit la maison». Dieu met son sceau et son approbation sur l’inauguration de ce règne de paix ; sa gloire remplit la maison qui lui a été préparée ; le peuple tout entier se prosterne le visage en terre sur le pavement, et célèbre l’Éternel dans l’adoration et la louange. Ce passage cadre et s’harmonise admirablement avec le caractère du culte millénaire, tels que les Chroniques nous le présentent !
Les v. 12 à 22 du chap. 7 diffèrent peu du récit des Rois. Il est cependant à noter qu’ici, comme au premier chapitre (v. 7), l’apparition de l’Éternel à Salomon a un caractère peut-être plus immédiat que dans le livre des Rois, car il n’est pas dit que Dieu lui apparut «en songe» (v. 12). La maison que l’Éternel s’est choisie est appelée une «maison de sacrifice» selon son caractère de lieu de culte que nous avons observé tout du long de ce livre. Le libre choix de la grâce de Dieu est aussi plus accentué dans nos chapitres : Dieu a choisi Jérusalem, choisi David, choisi la maison (6:6 ; 7:12). En réponse à l’office d’avocat et d’intercesseur que Salomon a pris dans le chapitre précédent, Dieu lui donne une réponse complète (v. 13-14) qui manque dans le livre des Rois. Les suites de la responsabilité du peuple et de ses conducteurs sont mises complètement en évidence dans ce passage, comme elles l’avaient été dans la prière de Salomon, mais aussi la certitude qu’en vertu de cette intercession Dieu pardonnerait leur péché et guérirait leur pays. Et il en donne l’assurance à son Bien-aimé par ce seul mot omis dans le livre des Rois : «Maintenant mes yeux seront ouverts, etc». Dès le moment où Salomon est apparu devant Dieu, la réponse à son intercession est certaine et, quelque retardée qu’elle doive être, à cause de l’infidélité du peuple, elle n’en est pas moins une chose actuelle accordée à la demande de l’oint de l’Éternel.
Pour la seconde fois dans ces livres la responsabilité de Salomon est mentionnée (v. 17-18. Voyez 1 Chron. 28:7) ; mais avec cette grande différence que les Chroniques ne montrent en aucune manière comme le premier livre des Rois, que Salomon y ait manqué. Sa responsabilité reste donc, dans notre livre, une responsabilité à la gloire de Dieu, en sorte que, comme type, nous pouvons voir que rien absolument ne manquera au roi des conseils de Dieu.
Ces deux chapitres décrivent les relations du roi Salomon avec les gentils. Le second chapitre de notre livre avait déjà parlé des Cananéens et de Hiram, roi de Tyr, mais seulement en rapport avec la construction du temple, à l’ouvrage duquel tous étaient appelés à concourir. Le premier fait qui soit relaté est la conquête pacifique, la prise de possession et l’assujettissement de toutes les villes des nations environnantes. Ici nous rencontrons un détail très intéressant pour l’intelligence des Chroniques. Le premier livre des Rois (9:11-14) nous raconte que Salomon donna à Hiram, roi de Tyr, «vingt villes dans le pays de Galilée». Hiram méprisa ce don et appela ces villes «Pays de Cabul» (bon à rien) et nous avons fait remarquer à ce sujet que si, d’une part, le territoire du pays de la promesse n’a jamais eu de valeur pour le monde, d’autre part, Salomon commettait une infidélité positive en aliénant le pays de l’Éternel. Comme toujours dans ce livre, le péché de Salomon est passé sous silence. De telles omissions renouvelées invariablement devraient montrer aux rationalistes la futilité de leurs critiques en présence d’un plan dont ils ne semblent pas se douter. Au lieu de voir Salomon donner des villes à Hiram, nous voyons, au v. 2, ce dernier donnant des villes à Salomon. Un jour arrivera où le monde dont Tyr est le représentant dans la Parole, viendra, avec ses richesses, se reconnaître tributaire de Christ, et offrira ses meilleures villes comme demeure aux fils d’Israël. Salomon les fortifie, les entoure de murailles, les munit de portes et de barres, en un mot les met en état de défense. C’est là aussi qu’il concentre sa force armée, non pas pour l’employer à la guerre, mais, connaissant le coeur insoumis des nations, il prépare cette puissance pour faire régner la paix. Pendant son long règne de 40 ans nous ne voyons Salomon engagé dans aucune guerre de conquête, mais il faut que le poids de son sceptre soit senti pour que les nations se soumettent. La Parole nous dit de Christ : «Tu les briseras avec un sceptre de fer». Sous le règne de mille ans aucune nation n’osera lever la tête devant le Roi, et Lui aura encore bien d’autres moyens de leur faire sentir le poids de son bras (voyez Zach. 14:12-16).
Tout ce qui reste des Cananéens dans le pays d’Israël est aussi asservi à Salomon (v. 7-10), tandis que les fils d’Israël sont gens de guerre et libres, mais afin de servir le Roi.
Le v. 11 nous parle des rapports de Salomon avec la fille du Pharaon : «Et Salomon fit monter la fille du Pharaon, de la ville de David, dans la maison qu’il avait bâtie pour elle ; car il dit : Ma femme n’habitera pas dans la maison de David, roi d’Israël, car les lieux où est entrée l’arche de l’Éternel sont saints». Plusieurs ont pensé que l’union de Salomon avec la fille du roi d’Égypte était une infidélité aux prescriptions de la loi. L’oubli du sens typique de la Parole peut conduire à de telles méprises. Dira-t-on que Joseph était infidèle en épousant Asnath, fille de Poti-Phéra, sacrificateur d’On (Gen. 41:50) ; que Moïse était infidèle en épousant Séphora, fille du sacrificateur de Madian ? (Ex. 2:21). De tout temps, dans leurs rapports avec les Cananéens, et bien avant l’entrée d’Israël dans la terre promise, les Pharaons avaient donné leurs filles aux divers rois de ces contrées. C’était, pour le roi d’Égypte, un moyen de se les asservir, car ils payaient un tribut au Pharaon, en échange de l’honneur d’être ses gendres. Mais jamais un roi d’Égypte ne donnait sa propre fille aux rois des nations voisines ; il leur cédait les filles de ses concubines qui n’avaient aucun droit au trône d’Égypte et n’étaient pas de sang royal par leurs mères. «La fille du Pharaon» était fille de la reine, de l’épouse légitime, et avait selon la constitution de l’Égypte droit au trône en l’absence d’un fils héritier. Cette fille-là, la fille du Pharaon et non pas «une de ses filles» fut donnée à Salomon. Une union pareille était l’affirmation des droits éventuels de Salomon sur le pays d’Égypte. Elle assujettissait la royauté du Pharaon à celle du roi d’Israël qui pouvait devenir ainsi le dominateur auquel l’Égypte devrait se soumettre ; preuve évidente que le plus ancien des royaumes de la terre consentait à subir le joug du grand roi d’Israël. Ce fait a une réelle importance comme un des traits de la domination millénaire de Christ. Un mot ajouté ici ne se trouve pas dans le livre des Rois : «Salomon dit : Ma femme n’habitera pas dans la maison de David, roi d’Israël, car les lieux où est entrée l’arche de l’Éternel sont saints». Une fille des nations, quelque antique et puissant que fût son peuple, ne pouvait habiter là où, même momentanément, l’arche avait demeuré. Malgré l’union du Roi de paix avec les nations, elles ne pouvaient jouir de la même intimité avec lui que le peuple élu. L’arche était le trône de l’Éternel en rapport avec Israël ; jamais Dieu n’avait choisi l’Égypte, mais il avait choisi Israël comme héritage, Jérusalem pour être son siège, le temple comme lieu de sa demeure, David et Salomon pour être les Bergers de son peuple.
Ce peuple, aujourd’hui méprisé et rejeté à cause de sa désobéissance, retrouvera un jour, en vertu de l’élection de grâce, une bénédiction terrestre dans le royaume de Christ, et devant la face du Seigneur. Les grandes nations de jadis, l’Égypte et l’Assyrie, y auront largement leur part, mais non celle de la proximité absolue (És. 19:23-25) ; elles seront appelées le peuple et l’ouvrage des mains de l’Éternel, mais non pas son héritage comme Israël. Sans doute, les oppresseurs acharnés du peuple de Dieu, aux jours d’autrefois, auront une place privilégiée et bénie sous le règne du Christ, mais il conviendra pour la gloire du Roi, jadis bafoué et méprisé par les nations qui opprimèrent son peuple, que ce dernier soit au comble des honneurs, à la vue de ses ennemis de jadis. Et n’en sera-t-il pas de même de l’Église fidèle, quand ceux de la synagogue de Satan viendront se prosterner devant ses pieds et reconnaître que Jésus l’a aimée ?
Les v. 12 à 16 mentionnent tout le service religieux et sacerdotal comme placé sous les yeux des nations soumises et ayant pour elles une grande importance. Tout y est réglé selon le commandement de Moïse et l’ordonnance de David. Les sacrifices sont offerts («chaque jour ce qu’il fallait»), mais les holocaustes seuls sont mentionnés selon le dessein de ce livre dont nous avons parlé plus d’une fois. Ce passage manque (v. 13-16) dans le premier livre des Rois.
Aux v. 17-18 nous retrouvons la coopération du roi de Tyr à l’éclat du règne de Salomon. Il ne s’agit plus seulement pour lui de collaborer à l’oeuvre du temple, mais de contribuer à l’opulence extérieure de ce règne glorieux où l’or était comme les pierres dans Jérusalem.
Au chap. 9 l’histoire de la reine de Sheba, si pleine d’instruction, et déjà traitée dans le livre des Rois, clôt le récit des relations intimes de Salomon avec les nations. Bornons-nous à y ajouter quelques remarques.
Hiram s’est mis à la disposition de Salomon par affection pour David, le roi de grâce qu’il a connu personnellement ; la reine de Sheba est attirée par la sagesse et la renommée du Roi, dont le règne glorieux et pacifique est l’objet de l’admiration universelle. La parole des autres la décide à venir voir de ses propres yeux : Elle «entendit parler de la renommée de Salomon». 1 Rois 10:1 ajoute : «en relation avec le nom de l’Éternel» ; mais ici Salomon, «assis sur le trône de l’Éternel» (1 Chron. 29:23), concentre pour ainsi dire en sa personne le caractère divin. Nous trouvons de même au v. 8 : «Béni soit l’Éternel, ton Dieu, qui a pris plaisir en toi, pour te placer sur son trône comme roi pour l’Éternel, ton Dieu», tandis qu’en 1 Rois 10:9, le passage correspondant dit simplement : «pour te placer sur le trône d’Israël». C’est donc l’Éternel que Salomon représente dans les Chroniques. On pourrait multiplier ces détails pour montrer que tous concourent à harmoniser dans ses moindres nuances le tableau qui nous est fait ici du règne millénaire de Christ.
La reine de Sheba n’avait pas besoin d’autre chose que de ce qu’elle avait entendu pour accourir à Jérusalem, et cependant elle n’avait pas «cru leurs paroles» jusqu’à ce qu’elle fût venue et que ses yeux eussent vu (v. 6). Ce sera en effet le caractère des croyants, dans ces temps futurs ; leur foi naîtra de la vue, tandis qu’aujourd’hui, «bienheureux sont ceux qui n’ont point vu et qui ont cru» (Jean 20:29).
Si la joie de la reine fut profonde devant les splendeurs de ce grand règne, peut-elle être comparée à la nôtre, dans le jour actuel ? N’est-il pas dit de nous : «Lequel, quoique vous ne l’ayez pas vu, vous aimez ; et, croyant en Lui, quoique maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse (1 Pierre 1:8).
Tous les détails de ce règne incomparable intéressent la reine de Sheba ; elle jouit de tout, voit tout, énumère tout, depuis les vêtements des serviteurs, jusqu’à la rampe merveilleuse construite par Salomon pour relier son palais avec le temple. Tous les trésors affluaient à Jérusalem, centre où le roi attirait les richesses du monde entier, «tous les rois d’Arabie» et les gouverneurs des diverses contrées lui apportaient l’or, les aromates qui jouaient un rôle si considérable dans les cours orientales, les pierres précieuses, le bois rare d’algunim. L’or surtout, cet emblème de la justice divine, arrivait de toutes parts ; «le marchepied du trône» (v. 18) en était formé. Les pieds du roi reposaient sur l’or pur quand il siégeait dans son royaume. «La justice et le jugement sont les bases de ton trône», est-il dit au Ps. 89:14 (cf. Ps. 97:2) ; mais il est aussi ajouté : «la bonté et la vérité marchent devant ta face». C’était sa face que recherchaient tous les rois de la terre, pour entendre la sagesse que Dieu avait mise dans son coeur (v. 23). «Voir la face du roi» était le privilège suprême ; quiconque y était admis pouvait se déclarer bienheureux. «Heureux... tes serviteurs, dit la reine, qui se tiennent continuellement devant toi». «Bienheureux», est-il dit encore, «le peuple qui connaît le cri de joie ! Ils marchent, ô Éternel, à la lumière de ta face» (Ps. 89:15). Voir la face du roi, c’est être admis dans son intimité. Suprême honneur pour les nations futures, mais, à bien plus forte raison, notre privilège actuel ! Ah ! combien une telle faveur nous rabaisse ! nous sentons notre néant devant cette face glorieuse ; nous nous prosternons dans la poussière, devant tant de justice, et de sagesse et de bonté. Mais le voici qui s’adresse à nous : «Bienheureux», dit la reine, «ceux qui entendent ta sagesse». Ce n’est pas la voix des grandes eaux et des forts tonnerres, mais une voix plus douce que la brise parfumée de myrrhe ; une voix qui nous pénètre ; la voix du Bien-aimé, de Jedidia, la voix de l’amour ! Ces sentiments divers se fondent en un seul quand nous recherchons sa face et sommes admis en Sa présence. Et comme cela arriva à la reine de Sheba «il n’y a plus d’esprit en nous». C’est l’émerveillement, l’adoration, devant tant de sagesse, de sainteté, de justice, et de gloire ; un amour très humble parce qu’il sent aussitôt qu’il ne peut se mesurer avec cet amour ; c’est le coeur tout entier saisi d’extase, qui ne respire que pour s’anéantir dans la contemplation de l’objet aimé. Telles étaient les pensées de la Sulamithe quand elle contemplait le plus parfait parmi les fils des hommes. «Ses yeux voyaient le Roi dans sa beauté» (És. 33:17).
Les v. 27-28, répétition de ce qui nous est dit au chap. 1:15, 17 (cf. 1 Rois 10:27-29), sont la description du règne tel qu’il fut établi dès son début et tel que, dans les Chroniques, il reste jusqu’à la fin. Il a répondu selon le caractère de ce livre à tout ce que Dieu en attendait. On peut voir, d’après le v. 26, que les chars et les chevaux de Salomon n’étaient point une infraction à la loi de Moïse (Deut. 17:16), mais un moyen de maintenir le règne de paix sur toutes les nations : «Il dominait sur tous les rois, depuis le fleuve jusqu’au pays des Philistins et jusqu’à la frontière d’Égypte» (v. 26). Ces limites du royaume de Salomon en Israël correspondent à celles que les conseils de Dieu assignent à son peuple en Josué 1:4 ; elles n’avaient jamais été atteintes jusqu’alors et ne le furent jamais depuis. Elles ne seront réalisées et bien au-delà, que dans le règne futur de Christ.
Nous avons donc vu dans ces chapitres les Cananéens, Tyr, les rois d’Arabie, tous les rois depuis le fleuve à la frontière d’Égypte, la reine de Sheba, enfin tous les rois de la terre, affluer à la cour du grand Roi. Ainsi se termine l’histoire de Salomon, sans qu’un alliage quelconque ternisse le pur métal de son caractère tel que les Chroniques nous le présentent. Si nous avons fait allusion à son amour, souvenons-nous toutefois qu’il est moins ici la marque de son règne que la sagesse et la paix, mais l’Éternel y est célébré pour sa bonté qui demeure à toujours. Même sa justice n’est présentée dans les Chroniques que dans le gouvernement des nations ; le trône y est décrit (9:17-19) puisqu’il s’agit du royaume, mais la maison de la forêt du Liban où le trône se trouve avec son caractère judiciaire, manque ici complètement (cf. 1 Rois 7:2-7). Dans ce qui nous est présenté, tout est parfait, et l’on a lieu d’être étonné que des écrits émanant de personnes pieuses puissent affirmer exactement le contraire. Cela vient sans doute de la confusion que ces personnes établissent entre le livre des Rois et les Chroniques. Comme type, la Parole ne peut aller plus loin, mais souvenons-nous qu’elle ne peut faire un tableau de la perfection en prenant pour exemple le premier Adam sans passer absolument sous silence ses imperfections et ses graves péchés.
C’est à ce point de notre récit qu’il faut remarquer l’omission absolue dans les Chroniques de 1 Rois 9:1-40 : le péché sans rémission de Salomon, son amour pour beaucoup de femmes étrangères, l’idolâtrie de sa vieillesse, la colère de Dieu réveillée contre lui, les adversaires qui lui sont suscités, Hadad, l’Édomite et Rizon, fils d’Éliada (1 Rois 11:14-25) ; le jugement prononcé sur son royaume (1 Rois 11:11), enfin la révolte de Jéroboam. Or de telles omissions font éclater à nos yeux le but et la pensée générale de notre livre.
Le chap. 10 marque la seconde division des Chroniques, la première comprenant l’histoire de David et de Salomon. Jusqu’à la fin de notre livre nous avons l’histoire de la royauté de Juda, contrepartie de celle d’Israël traitée dans les livres des Rois. Mais, avant d’étudier les successeurs de Salomon, il nous faut exposer brièvement ce que leur histoire a de spécial.
Nous avons dit que les Chroniques présentent le tableau des conseils de Dieu au sujet de la royauté. Ces conseils ont été accomplis en type, mais seulement en type, sous les règnes de David et de Salomon. David, roi souffrant et rejeté, est devenu, dans son Fils, le roi de paix, le roi de gloire qui s’assied sur le trône de l’Éternel. Cependant, quoique les Chroniques aient soin d’omettre entièrement les fautes de Salomon, il n’était pas le vrai roi des conseils de Dieu. Ces mots : «Je lui serai pour Père, et lui me sera pour Fils» (2 Sam. 7:14) ne pouvaient avoir leur plein accomplissement à son égard. Le décret : Tu es mon Fils ; aujourd’hui, je t’ai engendré» (Ps. 2:7), ne le concernait pas et faisait espérer un plus grand et plus parfait que lui. Mais, pour que ce Fils futur pût être «la postérité de David» il fallait que la lignée de David fût maintenue jusqu’à son apparition ; c’est pourquoi Dieu avait dit à David «qu’il lui donnerait une lampe, à lui et à ses fils, à toujours» (21:7). Or cette lampe, comment allait-elle briller dans la maison royale, jusqu’à l’apparition du Fils promis ? Comment traverserait-elle l’air empoisonné et les ténèbres morales de l’homme sans s’éteindre, rendant ainsi impossible l’apparition du vrai héritier de David ? C’est ce que Satan a compris. Qu’il réussît à éteindre la lampe, tous les conseils de Dieu à l’égard du «juste dominateur des hommes» auraient été réduits à néant. Mais, en dépit de tous les efforts de l’Ennemi pour supprimer cette lumière, le fils de David parut dans le monde, remporta la victoire sur Satan, et devint pour l’Église le oui et l’amen de toutes les promesses de Dieu. Toutefois ce n’est pas de ce sujet révélé dans le Nouveau Testament qu’il est question ici ; comme nous l’avons vu, il ne s’agit dans les Chroniques que de la royauté terrestre de Christ sur Israël et les nations. Cette royauté fut combattue jusqu’au bout par Satan. Quand le roi que les mages adorent paraît comme petit enfant, l’Ennemi cherche à le supprimer par le meurtre des enfants de Bethléem. À la croix où il pense en finir avec lui, il ne peut empêcher qu’il ne soit déclaré roi des Juifs, à la vue de tous, par l’écriteau de Pilate ; et, quand l’Ennemi se croit victorieux, Dieu ressuscite son Oint et l’établit Seigneur et Christ aux yeux de toute la maison d’Israël.
Revenons à notre livre. Si pour les raisons données plus haut, il ne nous montre pas les manoeuvres de Satan pendant le règne de Salomon, il en parle d’une manière d’autant plus frappante pendant les règnes subséquents. L’Ennemi séduit le roi et son peuple pour les pousser à l’idolâtrie, il use de violence, pour détruire et anéantir la race royale. Mais Dieu veille pour atteindre la conscience du peuple et, quand tout semble perdu, le souffle de l’Esprit vient ranimer le lumignon qui s’éteint. Des cas surgissent où un Joram, un Achazia, un Achaz, sont assez réprouvés pour être livrés au feu consumant, car Dieu lui-même, toujours attentif aux «bonnes choses», ne peut plus reconnaître aucun bien chez ces rois et tout, absolument tout, doit tomber sous le jugement. La lampe est éteinte, c’est le règne des ténèbres les plus profondes ; Satan triomphe, mais seulement en apparence. Dieu conserve un faible rejeton de ce tronc réprouvé, dans la personne d’Achazia — oui, mais ce seul rejeton épargné dans le meurtre de la race royale, se trouve être lui-même un sarment sec destiné au feu. Nouvel anéantissement de toute la race. Est-elle bien détruite maintenant ? Non, la voici qui renaît en Joas, et l’Esprit de Dieu peut de nouveau trouver chez lui «de bonnes choses». De cette manière la succession royale se continue, en sorte que la lignée de David n’est pas anéantie par ces réprouvés (voyez Matthieu 1). Aussi la lutte entreprise contre Dieu par Satan tourne à la confusion de ce dernier. Quel est donc le secret de sa défaite ? Une chose l’explique, la seule à laquelle Satan qui en sait tant n’a jamais pensé ni pu penser. Le secret qu’il ignore c’est la grâce, car son intelligence si subtile est complètement inaccessible à l’amour. Toute cette seconde partie des Chroniques pourrait donc être intitulée l’histoire de la grâce en rapport avec la royauté de Juda. Quand la grâce peut ranimer la flamme pour entretenir la lumière du témoignage, elle ne manque pas de le faire ; quand, vis-à-vis de l’endurcissement volontaire des rois elle ne peut rien produire, elle leur suscite encore une descendance dont elle puisse attendre quelque fruit.
C’est donc à la lutte acharnée de Satan contre les conseils de Dieu que nous allons assister, en même temps qu’au triomphe de la grâce. Toute cette période est résumée dans la parole du prophète : «Qui est un Dieu comme toi, pardonnant l’iniquité et passant par-dessus la transgression du reste de son héritage ? Il ne gardera pas à perpétuité sa colère, parce qu’il prend son plaisir en la bonté. Il aura encore une fois compassion de nous, il mettra sous ses pieds nos iniquités ; et tu jetteras tous leurs péchés dans les profondeurs de la mer» (Michée 7:18-19).
Il arrive cependant un temps où la ruine paraît irrémédiable, où, dans la lutte, le triomphe de Satan semble assuré. La royauté sombre dans les flots du jugement ; quand même, comme nous l’avons vu dans les généalogies (1 Chron. 3:19, 24), de faibles représentants de la race royale, sans titres, sans prérogatives, sans autorité et sans royaume subsistent encore. Après eux la race toujours plus obscure et abaissée, se perpétue dans le silence jusqu’à un pauvre charpentier qui devient le père putatif de la «Semence de la femme». Le Christ est né !
Rien donc n’a pu annuler les conseils de Dieu, ni l’effort de Satan, ni l’infidélité des rois. Sans doute ces conseils ont été cachés pour un temps jusqu’à la venue du Messie, dépeint par anticipation dans la personne de Salomon. Le trône était resté vide, mais vide seulement en apparence, jusqu’à ce que le roi de justice et de paix pût venir s’y asseoir. Le voici ! Ce petit enfant, humilié, rejeté à son apparition, possède tous les titres à la royauté. Mais voyez-le, écoutez-le ! Les foules le cherchent pour le faire roi ; il se cache et se dérobe ; il défend à ses disciples de parler de son royaume. C’est qu’avant de le recevoir il a une autre mission, un autre service à accomplir. Il se déclare roi devant Pilate et cela le conduit au supplice, mais il va prendre un royaume qui n’est pas de ce monde. Il abandonne entre les mains de ses ennemis tous ses droits sans en garder aucun ; il est muet comme la brebis devant ceux qui la tondent. C’est qu’il lui faut remplir une tout autre tâche, l’oeuvre immense de la rédemption qui le conduit à la croix.
Cette oeuvre accomplie il reçoit, en résurrection, la sphère céleste du royaume. Comme jadis Salomon, il est assis sur le trône de son Père en attendant de l’être sur son propre trône. Ce moment viendra pour Lui, le vrai roi d’Israël et des nations, mais il n’est pas encore arrivé. Lui n’attend plus qu’un signe de son Père pour prendre en mains les rênes du gouvernement terrestre.
Dès le moment de son apparition comme petit enfant, plus n’est besoin d’une succession royale (*). Le roi existe, le roi vit, le roi trône aujourd’hui dans le ciel, il sera proclamé bientôt Seigneur de toute la terre et postérité de David pour son peuple d’Israël. Mais jusqu’à son apparition, pour maintenir sa lignée, il n’y a, nous l’avons dit, qu’un seul moyen, la grâce. De là cette particularité remarquable que, dans les Chroniques, tout ce qui peut être, chez les plus mauvais rois, le fruit de la grâce, est soigneusement enregistré. Partout où Dieu peut le faire, il le signale. Aussi ce récit n’est pas, comme dans le livre des Rois, le tableau de la royauté responsable, mais celui de l’action de la grâce dans ces hommes. L’Esprit de Dieu travaille même dans le coeur affreusement endurci d’un Manassé pour prolonger un peu la lignée royale dans un rejeton (Josias) qui gouverne selon le coeur de Dieu. Malgré ces réveils momentanés, la ruine s’accentue de plus en plus. C’est à peine si les Chroniques, en cela différentes des Rois et du prophète Jérémie, daignent enregistrer en quelques versets les successeurs de Josias, ayant hâte d’arriver à la fin, au retour de la captivité, preuve éclatante de la grâce de Dieu envers ce peuple.
(*) Nous disons «succession» parce que nous n’oublions pas que le «prince» ou vice-roi d’Ézéchiel fait partie de la semence royale (cf. Ézéchiel 46:1-18 ; 48:21).
Pour accomplir l’oeuvre de la grâce qui amènera enfin le triomphe de la royauté dans la personne de Christ, il fallait que la dispensation de la loi, sans être abolie, subît une importante modification. Sous les rois, le régime de la loi subsistait, car il ne trouve sa fin qu’en Christ ; le régime de la grâce n’était pas encore inauguré, car il trouve sa pleine expression à la croix ; mais, dans la période des rois, Dieu intervient d’une manière toute nouvelle, pour manifester ses voies de grâce sous le régime de la loi, et cela par l’apparition des prophètes.
Non que cette apparition soit restreinte au régime inauguré par les rois, car elle se manifeste dès le moment où l’histoire d’Israël est caractérisée par la ruine. Aussi nous voyons les premiers prophètes (pour ne pas mentionner Énoch, puis Moïse) apparaître lorsque la ruine est complète en Israël. Au livre des Juges, quand le peuple tout entier a failli, nous voyons surgir la prophétesse, Débora (Juges 4:4) et, plus tard, un prophète (6:7-10). Plus tard, la sacrificature étant ruinée, Samuel est suscité comme prophète (1 Sam. 3:20). Aux livres des Rois et des Chroniques, enfin, lors de la faillite de la royauté, les prophètes paraissent et se multiplient à ne pouvoir les compter (*). Ils inaugurent une nouvelle dispensation de Dieu, devenue nécessaire quand tout est ruiné, quand la loi s’est montrée impuissante à régler et à contenir la nature corrompue de l’homme, quand, même mélangée de miséricorde (lorsque les tables de la loi furent données une seconde fois à Moïse), elle n’a aucunement amélioré cet état. C’est alors que Dieu envoie ses prophètes. En certaines occasions ils n’annoncent que le jugement imminent, dernier effort de la miséricorde divine pour sauver le peuple comme à travers le feu ; en d’autres occasions, beaucoup plus nombreuses, ils sont envoyés pour exhorter, ramener, consoler, fortifier, appeler à la repentance tout en faisant ressortir les conséquences judiciaires sur ceux qui n’écoutent pas. Le prophète a donc à la fois un ministère de grâce et de jugement, de grâce parce que l’Éternel est un Dieu de bonté, de jugement parce que le peuple est placé sous la loi et que la prophétie n’abolit pas la loi. Elle s’appuie au contraire sur la loi, tout en proclamant à haute voix qu’au moindre retour vers Dieu, le pécheur trouvera miséricorde. Elle est sans doute un adoucissement de la loi, Dieu concédant à l’homme pécheur tout ce qui est compatible avec sa sainteté, mais, d’autre part, ne pouvant renier son caractère en face de la responsabilité de l’homme. La prophétie ne supprime pas un iota de la loi, mais accentue, plus que Dieu ne l’avait fait jusque-là, le grand fait qu’Il se plaît à la miséricorde et au pardon et tient compte du moindre symptôme de retour vers Lui. «Quand les prophètes», a dit un frère, «entrent sur la scène, la grâce commence à reluire de nouveau». Le seul fait de leur témoignage était déjà une grâce envers un peuple qui avait violé la loi. S’ils venaient chercher du fruit et ne trouvaient que du verjus, ils annonçaient néanmoins aux élus les promesses de Dieu en grâce, la grâce comme réparation des choses que le peuple avait gâtées. L’Évangile, survenu après cela, parle d’une nouvelle création, d’une vie nouvelle et non d’une réparation. En Ésaïe 58:13-14 on voit le caractère différent de la loi et de la prophétie, dans la manière dont elles présentent le sabbat : «Si tu appelles», dit le prophète, «le sabbat tes délices, et honorable le saint jour de l’Éternel, si tu l’honores en t’abstenant de suivre tes propres chemins, de chercher ton plaisir et de dire des paroles vaines, alors tu trouveras tes délices en l’Éternel».
(*) Liste des prophètes cités dans le second livre des Chroniques :
Nathan (9:29) ; Akhija, le Silonite (9:29 ; 10:15). Iddo (ou Jehdo), le voyant (9:29 ; 12:15 ; 13:22). Shemahia, homme de Dieu (11:2 ; 12:5, 15).
Azaria, fils d’Oded (15:1), et Oded (v.8).
Hanani, le voyant (16:7).
Michée, fils de Jimla (18:7).
Jéhu, fils de Hanani, le voyant (19:2 ; 20:34). Jakhaziel, fils de Zacharie (20:14).
Éliézer, fils de Dodava (20:37).
Élie, le prophète (21:12).
Plusieurs prophètes et Zacharie, fils de Jehoïada (24:19, 20).
Un homme de Dieu (25:7). Un prophète (25:15).
Zacharie, le voyant (26:5).
Ésaïe, fils d’Amots (26:22 ; 32:32). Oded (28:9).
Michée, le Morashtite (Jér.26:18).
Des prophètes (33:18-19 ; cf. 2 Rois 21:10). Hulda, la prophétesse (34:22). Jérémie (35:25 ; 36:12, 21). Messagers et prophètes (36:15, 16 ; cf. Urie, fils de Shemaia (Jér. 27:20).
Un caractère particulier de Dieu est donc exprimé par les prophètes. Ce n’est pas la loi, donnée au Sinaï, c’est encore moins la grâce révélée dans l’Évangile. C’est un Dieu qui, tout en montrant son indignation contre le péché, ne prend pas plaisir au jugement et dont le vrai caractère, la grâce, triomphera toujours à la fin ; un Dieu qui dit : «Consolez, consolez mon peuple» quand il a «reçu le double pour tous ses péchés». Sous la loi pure le jugement triomphe de l’iniquité ; sous la prophétie, la grâce et la miséricorde triomphent quand le jugement a été exécuté ; sous l’Évangile enfin, la grâce s’élève par-dessus le jugement parce que l’amour et la justice se sont entre-baisés à la croix. Le jugement exécuté sur Christ a fait triompher la grâce. Le jugement était contre lui au lieu d’être contre nous ; — la grâce tout entière, l’amour, Dieu lui-même, a été pour nous.
Tout le rôle de la prophétie est exprimé dans le prophète Michée cité plus haut (7:18-19). Il est impossible, et c’est ce qu’annonce ici le prophète, que Dieu se désavoue lui-même, soit quant à ses jugements, soit quant à ses promesses de grâce.
Tel est le rôle des prophètes dans les Chroniques. S’ils apparaissent d’abord isolément, comme dans les Juges, puis sous le règne de Saül, de David, de Salomon, ils se multiplient ensuite à mesure que l’iniquité grandit dans le royaume. C’est ce qu’exprime le Seigneur en Matth. 21:34-36. Après les quelques esclaves du début dont les vignerons battent l’un, tuent l’autre et lapident le troisième, le maître de maison envoie d’autres esclaves en plus grand nombre que les premiers, et les vignerons leur font de même. Enfin il leur envoie son Fils.
Nous arrivons ici à la ligne de démarcation tracée dans les Chroniques entre le règne de David et de Salomon, et celui de leurs successeurs. Le sujet que nous allons aborder va nous présenter, comme nous l’avons dit plus haut, non plus les conseils de Dieu quant à la royauté, mais l’oeuvre de la grâce pour la maintenir jusqu’à l’apparition du Messie dans lequel ces conseils seront réalisés. Nous avons donc ici l’histoire ordinairement affligeante, parfois consolante des rois de Juda, car ceux d’Israël ne sont plus mentionnés que dans leurs rapports avec Juda et Jérusalem. C’est exactement la contrepartie du récit des Rois.
Fait remarquable, et qui confirme tout ce que nous avons dit spécialement au sujet de David et de Salomon, types de la royauté selon les conseils de Dieu, la Parole n’omet pas seulement ici les péchés de Salomon à la fin de sa carrière, mais jusqu’à leurs conséquences, comme elle l’a déjà fait pour les châtiments qui atteignirent David au sujet d’Urie, dans le premier livre des Chroniques ; preuve évidente que David et Salomon occupent dans ces livres une place à part. L’avènement de Jéroboam et la division du royaume sont présentés ici comme la conséquence du péché de Roboam et non de celui de son père ; de même la prophétie d’Akhija à Jéroboam s’accomplit, non pas parce que Salomon a péché, mais parce que «Roboam n’écouta pas le peuple» (10:15). Et cependant on voit, dans ce même passage qui s’en réfère à 1 Rois 11:31-33, que Dieu n’a pas le dessein de cacher les fautes de Salomon, mais que le but de l’Esprit Saint est de les omettre.
L’établissement de Jéroboam, fils de Nebath, sur le trône d’Israël est aussi passé sous silence, ce qui importe, l’histoire étant uniquement celle de Juda et non pas celle d’Israël (cf. 1 Rois 12:20). Pour la même raison notre récit omet l’établissement de l’idolâtrie par Jéroboam, l’histoire du vieux prophète, la maladie d’Abija, fils de Jéroboam, et à cette occasion la prophétie d’Akhija (1 Rois 12:25 ; 14:20).
L’histoire de Roboam comprend les chap. 10 à 12, alors que les Rois la résument en quelques versets (1 Rois 14:21-31) ; mais, détail caractéristique, ce dernier passage fait le plus sombre tableau de l’état du peuple, tandis que nos chapitres enregistrent le bien que la grâce produit dans le coeur du roi, quoiqu’il soit dit de lui (12:14) : «Mais il fit le mal ; car il n’appliqua pas son coeur à rechercher l’Éternel». Le chap. 11 nous fait connaître deux faits importants. Roboam avait eu la pensée de ramener les dix tribus sous le joug de l’obéissance, mais en le faisant il se serait opposé au gouvernement de Dieu envers Juda. Le prophète Shemahia le détourne d’une décision qui l’aurait conduit à sa perte et aurait eu les plus graves conséquences pour la tribu de Juda, sur laquelle les yeux de l’Éternel reposaient encore, malgré ses jugements. La grâce agit dans le coeur du peuple ; il écoute l’exhortation et ne donne pas suite à son dangereux dessein. Désormais le seul devoir de Roboam était d’élever des travaux de défense contre les ennemis du dehors, ennemis qui étaient son propre peuple dont le gouvernement lui avait été jadis confié. Roboam environne de forteresses le territoire de Juda et de Benjamin (11:5-12). Son seul devoir était de préserver ce qui lui restait, mais comment le faire quand déjà le mal était au-dedans et y exerçait ses ravages ? Cependant la responsabilité de préserver le peuple n’était nullement diminuée par l’existence d’un mal déjà irréparable. Ce principe est pour nous d’une grande importance. L’état de ruine irrémédiable de la chrétienté ne change absolument rien à notre obligation de défendre les âmes contre les principes délétères qui y sont à l’oeuvre. Nous avons le triste devoir d’élever des forteresses contre un monde pareil aux dix tribus, qui invoquaient le nom de l’Éternel tout en s’adonnant à l’idolâtrie, contre un monde qui se pare du nom de Christ tout en se livrant à ses convoitises. Nous avons à faire comprendre et sentir à la chrétienté qu’il y a séparation entre les vrais chrétiens et les professants que Dieu met au rang de ses ennemis. Cette inimitié amenait le conflit entre Juda et Israël, et se liait au culte idolâtre établi et imposé aux dix tribus par Jéroboam. Le maintien public et officiel du culte de Dieu en Juda eut des conséquences très bénies : «Les sacrificateurs et les lévites qui étaient dans tout Israël, se joignirent à Roboam de toutes leurs contrées ; car les lévites abandonnèrent leurs banlieues et leurs possessions, et vinrent en Juda et à Jérusalem... et à leur suite, ceux de toutes les tribus d’Israël qui avaient mis leur coeur à chercher l’Éternel, le Dieu d’Israël, vinrent à Jérusalem pour sacrifier à l’Éternel, le Dieu de leurs pères» (11:13-16). Tous ceux qui avaient un coeur non partagé pour Dieu, bien qu’ayant été englobés pour un moment dans la révolte des dix tribus, comprennent que leur place n’est pas au milieu d’elles et quittent ce terrain souillé pour venir s’établir en Juda. C’est ainsi qu’un témoignage fidèle, qu’une sainte séparation du monde, produit des fruits chez les croyants retenus jusqu’ici par leurs circonstances dans un milieu que le Seigneur ne reconnaît plus, et qu’ils sont poussés à se joindre à leurs frères qui se réunissent autour du Seigneur. Si ce rassemblement perdit bientôt son caractère, ne fût-ce pas parce que Juda et ses rois abandonnèrent le terrain divin pour sacrifier eux-mêmes aux idoles ? En effet, ce témoignage de séparation du mal dura peu de temps : «Ils marchèrent dans le chemin de David et de Salomon pendant trois ans», et durant cette période «ils fortifièrent le royaume de Juda» (v. 17). Pendant trois ans ! Que n’ont-ils continué ! C’est là qu’était la bénédiction pour Juda et son roi, et n’en est-il pas de même pour nous ? Elle pouvait être complète au milieu même de l’humiliation définitive infligée à Israël. Elle ne fut que temporaire.
Cette bénédiction momentanée, par laquelle «le royaume de Juda fut fortifié et Israël affermi», devint elle-même un piège pour Roboam. La chair s’empare même des grâces de Dieu pour s’éloigner de Lui. «Et il arriva que, quand le royaume de Roboam fut affermi, et qu’il se fut fortifié, il abandonna la loi de l’Éternel, et tout Israël avec lui» (12:1). Il suffit qu’un seul homme, préposé par l’Éternel pour paître son peuple, se détourne : son exemple sera suivi par tous. Quelle responsabilité pour lui ! Le châtiment ne se fit pas attendre : «Parce qu’ils avaient péché contre l’Éternel, il arriva, en la cinquième année du roi Roboam, que Shishak, roi d’Égypte, monta contre Jérusalem avec 1200 chars et 60000 cavaliers... et il prit les villes fortes qui étaient à Juda, et vint jusqu’à Jérusalem» (12:2-4). Juda ne devint pas la proie de son frère Israël, contre la religion duquel il se défendait légitimement ; il tomba, chute bien plus profonde, entre les mains d’un monde dont autrefois Dieu l’avait racheté à main forte et à bras étendu — et, comme jadis, il fut asservi au roi d’Égypte. Le but de Dieu en le châtiant est proclamé dans la prophétie de Shemahia : «Ils connaîtront ce que c’est que mon service, et le service des royaumes des pays» (v. 8). Ils pouvaient désormais comparer leurs trois ans d’affranchissement et de libre bénédiction, avec la servitude de l’Égypte. Il y eut, à la suite des paroles de Shemahia, le prophète : «Vous m’avez abandonné, et moi je vous ai aussi abandonnés aux mains de Shishak» un vrai travail de conscience dans le coeur du roi et des chefs, car «ils s’humilièrent, et dirent : l’Éternel est juste», et cette humiliation préserva Juda d’une entière destruction. «Quand l’Éternel vit qu’ils s’étaient humiliés, la parole de l’Éternel vint à Shemahia, disant : Ils se sont humiliés, je ne les détruirai pas ; je leur donnerai un peu de délivrance, et ma fureur ne se déversera pas sur Jérusalem par le moyen de Shishak ; mais ils lui seront asservis» (v. 7). C’est la grâce, mais, je le répète, Juda, pour avoir abandonné la parole de Dieu, est obligé d’en subir les conséquences. Tout ce travail de repentance, fruit de la grâce, manque — et pour cause — en 1 Rois 14. Nous verrons le même fait se renouveler constamment au cours de ce livre.
Quelle honte pour Roboam ! Le beau temple de Salomon n’a pas plus de 30 ans d’existence, qu’il est dépouillé de ses ornements et de tous ses trésors. Le culte a perdu sa splendeur passée ; Shishak, nous est-il dit, prit tout. Tout ! et cependant une chose reste encore : l’autel est là, Dieu est là. Pour la foi c’était, au milieu de la désolation et de l’humiliation, beaucoup plus que tout l’or emporté par le roi d’Égypte. N’en est-il pas de même aujourd’hui ? Les chrétiens sont appelés à constater tout ce qui leur manque, par suite de l’infidélité de l’Église ; et doivent ajouter : l’Éternel est juste, mais ils peuvent dire aussi : Dieu est un Dieu de grâce et ne s’est point détourné de nous. Nous trouvons ici une parole bien touchante pour nos coeurs : Quand Roboam «s’humilia, la colère de l’Eternel se détourna de lui, et il ne le détruisit pas entièrement ; et aussi il y avait en Juda de bonnes choses» (v. 12). Peu de choses, peut-être, et c’est bien ce que ce terme nous fait comprendre, mais enfin, quelque chose que Dieu pouvait reconnaître. Le jugement final était suspendu à cause de ces quelques détails favorables qui plaisaient à Dieu. Appliquons-nous, chacun individuellement, à maintenir ces bonnes choses devant ses yeux. Que ceux qui nous entourent aperçoivent quelque dévouement pour Christ, quelque amour pour lui, quelque crainte en présence de sa sainteté, quelque activité pour son service. Soyons certains qu’il en tiendra compte et qu’aussi longtemps que cela subsistera il n’ôtera pas le chandelier de son lieu.
Combien notre Dieu est équitable dans ses jugements, même en présence d’un état dont il dit : «Il fit le mal ; car il n’appliqua pas son coeur à rechercher l’Éternel» (v. 14). Merveilleuse grâce, en effet, que celle qui, ne supportant aucun mal, se plaît à reconnaître le bien, à le discerner quand l’oeil de l’homme est incapable de le voir, soit en lui-même, soit au-dehors. Mettez cela en regard de 1 Rois 14:22-24 : «Juda fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ; et ils le provoquèrent à la jalousie plus que tout ce que leurs pères avaient fait par leurs péchés qu’ils commirent. Et ils bâtirent, eux aussi, pour eux-mêmes, des hauts lieux, et des statues, et des ashères, sur toute haute colline et sous tout arbre vert ; il y avait aussi dans le pays des hommes voués à la prostitution. Ils firent selon toutes les abominations des nations que l’Éternel avait dépossédées devant les fils d’Israël». En lisant ces paroles nous sommes d’autant plus émerveillés de cette infinie bonté de Dieu qui, à cause de quelques justes, ne voulait pas détruire entièrement ce peuple comme il avait jadis anéanti Sodome.
Mentionnons encore un détail avant de terminer ces chapitres. Le grand nombre des femmes et concubines de Roboam est une imitation du péché de Salomon qui entraîna la ruine de son royaume. Il semblerait que le rapport entre la conduite du fils et du père dût être mentionné. Il n’en est rien. En 2 Chroniques, Salomon, nous l’avons dit souvent, est considéré comme étant sans faute et le jugement porte sur Roboam seul. Cependant, même au milieu de ce désordre et quand Roboam élève au premier rang la fille d’Absalom, le révolté, et Abija, le fils de cette femme, Dieu aime à reconnaître que Roboam «agit avec intelligence» en dispersant ses fils par toutes les contrées de Juda pour éviter la discorde dans le royaume (11:18-23). C’est quelque chose comme la louange «de l’économe injuste parce qu’il avait agi prudemment» (Luc 16:8).
Les événements relatés dans ce chapitre sont passés sous silence dans le chap. 15 du premier livre des Rois. Ce dernier se borne à mentionner qu’il y eut guerre entre Roboam et Jéroboam tous les jours de sa vie et qu’il en fut de même entre Abija et Jéroboam. Il ajoute qu’Abija «marcha dans tous les péchés de son père, que celui-ci avait pratiqués avant lui ; et son coeur ne fut pas parfait avec l’Éternel, son Dieu, comme le coeur de David, son père. Toutefois, à cause de David, l’Éternel, son Dieu, lui donna une lampe à Jérusalem, établissant son fils après lui, et faisant subsister Jérusalem ; parce que David avait fait ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, et ne s’était détourné de rien de ce qu’il lui avait commandé, tous les jours de sa vie, excepté dans l’affaire d’Urie, le Héthien» (1 Rois 15:3-5). Dans ce dernier passage, c’est à cause de David que Dieu donne un successeur pieux à Abija dans la personne d’Asa, son fils, et aussi à cause de Jérusalem que Dieu avait choisie comme la cité de son Oint. Ici, rien de semblable. Comme toujours, dans cette partie des Chroniques, c’est, en dépit de tout, la grâce qui domine. Tout au plus la conduite d’Abija est-elle caractérisée au v. 21, en ce qu’il imite la marche du roi Salomon, telle que le livre des Rois nous la fait connaître : «Et Abija... prit 14 femmes et engendra 22 fils et 16 filles».
La bataille entre Abija et Jéroboam, omise dans le livre des Rois, nous offre une instruction sérieuse et solennelle quant à la condition morale d’Abija. Jéroboam, le double plus fort qu’Abija, avait 800000 hommes d’élite contre 400000 de Juda. Nous trouvons la même proportion en Luc 14:31 : «Quel est le roi qui, partant pour faire la guerre à un autre roi, ne s’asseye premièrement et ne délibère s’il peut, avec 10000 hommes, résister à celui qui vient contre lui avec 20000 ?» Seulement Abija ne s’assied pas ici pour calculer. Il compte sur sa religion qui est la vraie pour résister à Jéroboam avec sa fausse religion. Son discours sur la montagne de Tsemaraïm, car il avait déjà envahi le territoire des dix tribus, le prouve. L’argument qu’il oppose à Jéroboam (v. 5-12) est composé de cinq points dans lesquels Juda est parfaitement justifié.
1° L’alliance de l’Éternel avec Juda, par David, était à toujours. Les conseils de Dieu au sujet de la royauté ne pouvaient jamais être anéantis. Abija avait raison de revendiquer contre son ennemi les conseils immuables de l’Éternel.
2° Les dix tribus étaient en rébellion ouverte, par leur roi, contre la semence de David, l’Oint de l’Éternel : «Et Jéroboam, fils de Nébath, serviteur de Salomon, fils de David, s’est levé, et s’est révolté contre son seigneur : et des hommes de rien, des fils de Bélial, se sont assemblés vers lui ; et ils se sont fortifiés contre Roboam, fils de Salomon ; et Roboam était jeune et craintif ; et il ne s’est pas montré fort devant eux» (v. 6-7).
3° Bien plus, ils étaient idolâtres et comptaient sur leurs faux dieux pour remporter la victoire : «Et maintenant vous pensez vous montrer forts contre le royaume de l’Éternel, qui est dans la main des fils de David, et vous êtes une grande multitude, et vous avez avec vous les veaux d’or que Jéroboam vous a faits, pour être vos dieux» (v. 8).
4° Et de plus ils avaient complètement abandonné le culte de l’Éternel ; ils avaient chassé les sacrificateurs, et en avaient établi à leur fantaisie, «mais pour nous», ajoute Abija, «l’Éternel est notre Dieu, et nous ne l’avons pas abandonné». Tout cela condamnait Israël et son roi ; tout cela était vrai.
5° Juda, lui, avait à sa tête Dieu, et ses sacrificateurs, et ses trompettes de rassemblement, et de fait, ce que Jéroboam faisait, c’était la guerre à Dieu. De nouveau, tout cela était vrai. Que manquait-il donc à Juda ? Le voici : Juda possédait la vraie religion, mais sans le sentiment de son péché et de sa déchéance. Ce qui lui manquait, c’était une conscience réveillée.
N’en est-il pas ainsi de nos jours ? On peut, par exemple, être protestant, posséder la Parole, avoir la connaissance du vrai Dieu, savoir parfaitement ce qui manque au catholicisme, religion semi-idolâtre, être capable d’en réfuter victorieusement les erreurs, posséder l’ensemble des vérités qui constituent le christianisme — et cependant être très éloigné de Dieu, sans force pour résister aux 20000. C’est qu’on ne s’est pas assis premièrement pour délibérer sur ses propres forces. Tout ce qu’alléguait Abija était insuffisant et ne pouvait lui faire remporter la victoire. Il lui fallait autre chose : une conscience atteinte ; le sentiment de sa propre culpabilité, non pas en se comparant aux autres et à leurs erreurs, mais en ayant affaire pour lui-même avec Dieu.
La suite de ce récit le prouve. Les 800000 hommes de Jéroboam peuvent envelopper entièrement les 400000 d’Abija. La conséquence en est que Juda est perdu ; il aurait dû commencer par là. «Et Juda se tourna, et voici, la bataille était contre eux, devant et derrière ; et ils crièrent à l’Éternel, et les sacrificateurs sonnèrent des trompettes ; et les hommes de Juda jetèrent des cris» (v. 14-15). Ce n’est qu’en partant de ce point : Je suis perdu que les trompettes au son éclatant peuvent sonner contre l’ennemi (v. 12). Au lieu, de se confier en ses trompettes contre ses adversaires il faut crier à l’Éternel pour soi-même, et ce n’est qu’alors que les trompettes peuvent retentir, c’est-à-dire que le témoignage peut être efficace. Le salut ne peut venir que de Lui et non pas des formes les plus orthodoxes de la religion. Il nous faut toujours commencer par notre propre état et non par celui des autres ; nous trouvons alors que la croix est notre seule ressource et, l’ayant trouvée pour nous-mêmes, nous pouvons l’appliquer à tous ceux qui en ont un aussi urgent besoin que nous. «Je t’ai invoqué des lieux profonds, ô Éternel !» dit le Psalmiste. «Seigneur ! écoute ma voix ; que tes oreilles soient attentives à la voix de mes supplications. Ô Jah ! si tu prends garde aux iniquités, Seigneur, qui subsistera ? Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint…» et seulement alors il s’écrie : «Israël, attends-toi à l’Éternel... Lui rachètera Israël de toutes ses iniquités» (Ps. 130).
S’il en est ainsi pour le témoignage, il en est de même pour le combat. Dès que, nous sentant perdus, nous avons crié à l’Éternel, la victoire est à nous. Juger les autres ne peut nous sauver nous-mêmes ; le secret de la victoire est dans la conviction que le péché nous ôte toute force et nous rend incapables de résister à l’ennemi. Cette victoire n’est pas due à un effort de notre part, puisque nous sommes incapables ; elle ne peut provenir que de Dieu même : «Dieu frappa Jéroboam et tout Israël, devant Abija et Juda. Et les fils d’Israël s’enfuirent devant Juda, et Dieu les livra en leurs mains» (v. 15-16). Dès ce moment les fils de Juda ne s’appuyèrent plus sur leur religion : «Ils furent affermis, car ils s’appuyaient sur l’Éternel, le Dieu de leurs pères» (v. 18). Toute la force de Jéroboam tomba dès lors, «et l’Éternel le frappa, et il mourut» (v. 20).
Le sentiment de leur complète impuissance procure à Abija et à son peuple une chose plus importante même qu’une victoire ; ils recouvrent Béthel, Jeshana et Éphron — mais avant tout Béthel, l’endroit où le Dieu fidèle avait fait des promesses à Jacob. En effet, le moyen d’acquérir les promesses de Dieu, c’est de commencer par se reconnaître perdu et de crier à l’Éternel. Notre infidélité nous a séparés du lieu des promesses, mais si nous nous reconnaissons perdus et crions à Dieu, nous les retrouvons toutes, car Christ nous les a acquises, lui, le oui et l’amen de toutes les promesses de Dieu. Sans Béthel, Juda était comme décapité moralement. De plus, Béthel était le lieu où l’on ne pouvait se présenter devant l’Éternel sans avoir enterré ses faux dieux (Gen. 35:2-4). C’était donc une restauration momentanée de ce pauvre peuple et de son triste roi — restauration bien partielle, car Abija n’en continua pas moins (v. 21) à suivre une voie qui avait entraîné la division du royaume.
Nous abordons le récit de l’heureux règne d’Asa, amené par la pure grâce de Dieu, comme il est dit de lui en 1 Rois 15:4 : «À cause de David, l’Éternel, son Dieu, lui donna une lampe à Jérusalem» dans la personne d’Asa. Tout est bénédiction pour Asa dans la première partie de son règne, et nous allons en voir la cause, mais aussi nous trouverons au chap. 16 la cause de son déclin.
On rencontre beaucoup de piété chez Asa. Il ôte de Juda toute trace d’idolâtrie, jusqu’aux hauts lieux que les rois, ses prédécesseurs, et même Salomon, avaient tolérés, quoiqu’il n’entre pas dans le dessein des Chroniques de mentionner la faute de ce dernier. Nous verrons au chap. 15 qu’Asa ne garda pas jusqu’à la fin cette attitude énergique. Mais il fut, en Juda, le premier roi qui, au début de son règne, jugea les hauts lieux et les abattit, tandis que Jéroboam en avait fait une institution religieuse pour les dix tribus, et y avait même établi une sacrificature spéciale (11:15), à l’encontre du culte de l’Éternel à Jérusalem. Telle est toujours la conséquence de l’abandon du Dieu qui s’est révélé dans sa Parole. L’homme ne peut pas vivre sans religion ; s’il n’a pas celle du vrai Dieu, il en inventera une fausse pour satisfaire sa conscience et répondre à ses instincts. L’athéisme lui-même est une religion qui livre l’homme, pieds et mains liés, à la superstition, c’est-à-dire au culte des démons et à l’anarchie. Quand la volonté de l’homme est devenue son dieu, Satan s’empare de lui et triomphe. Quel trouble, quelle agitation, quelle désespérance, quelle mortelle tristesse s’emparent de l’insensé qui a dit dans son coeur : «Il n’y a pas de Dieu !» Et, par contre, quel repos dans la séparation du mal et dans le culte du Dieu saint, du vrai Dieu ! La Parole insiste ici sur ce point : «De ses jours, le pays fut en repos pendant dix ans» (v. 1). «Le royaume fut tranquille devant lui» (v. 5). «Le pays était tranquille... l’Éternel lui donna du repos» (v. 6). «L’Éternel... nous a donné du repos tout à l’entour» (v. 7).
Quel usage Asa fit-il de ce repos ? Il n’agit pas comme David qui pensait à se reposer lorsque les siens allaient en campagne ; au contraire, il se servit de la tranquillité que Dieu lui accordait, pour se défendre contre l’ennemi du dehors : «Il dit à Juda : Bâtissons ces villes, et entourons-les de murailles et de tours, de portes et de barres, pendant que le pays est devant nous ; car nous avons recherché l’Éternel, notre Dieu : nous l’avons recherché, et il nous a donné du repos tout à l’entour. Et ils bâtirent et prospérèrent» (v. 6-7).
Quel enseignement l’attitude d’Asa nous donne ! Quand Dieu nous accorde du repos, c’est afin que nous puissions déploye