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Henri Rossier — Courtes méditations

 

 

La FOI de Jonathan et la RELIGION de Saül — 1 Samuel 14

1.1      La foi de Jonathan

1.2      La religion de Saül.

 

 

La FOI de Jonathan et la RELIGION de Saül — 1 Samuel 14

H. Rossier — Courtes méditations — n°13

ME 1922 p. 89-92

Ce chapitre nous présente le contraste entre la foi de Jonathan et la religion de Saül et nous montre la valeur qu’il faut attribuer à l’une et à l’autre. Le sujet ayant été traité autrefois dans les «Méditations sur le premier livre de Samuel», nous le reprenons ici sous forme d’aphorismes, en vue de le compléter.

1.1   La foi de Jonathan

La foi agit sans prendre conseil des hommes charnels, entièrement en dehors d’eux et à leur insu. Elle ne confie ses desseins qu’à ceux qui possèdent la même foi (v. 1-3).

La foi cherche l’occasion de servir le peuple de Dieu ; elle tient le monde pour ennemi de Dieu et entièrement séparé, par son incirconcision, du peuple de l’Éternel (v. 4).

La foi est humble. Elle a conscience de l’indignité et de la culpabilité de l’homme, conscience de la ruine du peuple de Dieu. L’homme de foi se sent indigne d’être secouru autrement que par la grâce ; il dit : «Peut-être» ; mais, d’autre part, il s’appuie sur la puissance de Dieu pour sauver «avec peu ou beaucoup de gens», c’est-à-dire par les moyens qui conviennent à Celui-ci. Dans le sentiment de sa petitesse, l’homme de foi désire être un instrument de bénédiction et s’offre à Dieu pour cela (v. 6).

La foi de Jonathan trouve un écho dans le coeur du jeune homme qui porte ses armes, homme de foi lui-même, humble et inconnu, car nous ignorons jusqu’à son nom. Ce jeune homme s’associe à la foi de son maître, comme Timothée à celle de Paul, car dès l’enfance, par la connaissance des saintes lettres, Timothée «portait les armes» de l’apôtre. Ce «jeune homme» de Jonathan estime hautement celui qui possède de telles armes, et il en connaît l’usage. Sa foi s’associe à l’homme qui n’a pas d’autre but que la gloire de l’Eternel et le salut du peuple (v. 7).

La foi ne se cache pas ; elle ne craint pas le témoignage de Dieu, mais se montre en public aux adversaires (v. 8).

La foi ne retourne jamais en arrière, mais il y a des occasions où il lui faut savoir attendre et rester sur place. C’est la patience de la foi. Le signe pour agir provient d’un appel direct de Dieu, par quelque canal qu’il nous parvienne (v. 9-10).

La foi s’associe toujours avec le peuple de Dieu, tout entier ; elle n’accepte pas d’être appelée d’un autre nom que celui d’Israël, ni par le monde religieux, ni par le monde ennemi (voyez 13:3 ; 14:11-12). Les ennemis de Dieu tombent devant la foi, toujours associée à la parole de Dieu (les armes de Jonathan) qui les juge (v. 13).

Un homme de foi seul a plus de force que toutes les organisations dans lesquelles le monde croit concentrer sa force pour servir Dieu. Jamais ces organisations n’acquerront le salut au peuple de Dieu.

Les armes du monde ne servent à ceux qui les possèdent qu’à s’entretuer (v. 16). Les armes d’une profession sans vie ne lui servent de rien ; les armes de la foi sont seules efficaces.

1.2   La religion de Saül.

Ce que le monde appelle sa religion n’a rien de commun avec la foi. Une telle assertion peut paraître téméraire, mais ce chapitre de Samuel, comme tant d’autres, vient la confirmer d’une manière absolue.

Extérieurement, tout l’avantage religieux est non pas du côté de Jonathan, mais du côté de Saül. Sans doute, l’Ennemi a privé tous ces Hébreux de leurs armes, comme il réussit de plus en plus à priver la chrétienté de la parole de Dieu ; cependant, pour sauver les apparences, elles existent encore, aussi bien entre les mains de Saül, qu’entre celles de Jonathan. La différence entre le professant, Saül, et l’homme de foi, Jonathan, c’est que le premier ne fait pas usage de ses armes et que le second a un compagnon de sa foi pour les porter. Il en est ainsi de la chrétienté.

La parole de Dieu n’est donc pas absente de ce que nous appelons la religion, mais elle est inefficace. La masse du peuple, ne la connaissant pas, ne peut en faire usage.

Saül a la masse du peuple et tout le reste de l’armée avec lui. Jonathan a un seul homme. Saül a le sacrificateur avec lui, mais ce dernier n’est pas l’objet du choix de l’Éternel (voyez 2:34-35). Le sacrificateur est ici l’homme officiel. Il porte l’éphod ; il est censé être le seul qui puisse connaître la pensée de Dieu et l’interroger pour le peuple ; le seul qui puisse faire approcher l’arche, signe de la présence de Dieu et de son habitation au milieu d’Israël ; le seul qui, par le sacrifice sur l’autel, permette au peuple de s’approcher de Dieu — mais Dieu ne répond pas. Celui qui siège entre les Chérubins est avec Jonathan. Sans la foi, la possession des signes extérieurs de la présence de Dieu avec son peuple ne donne aucune confiance à l’âme quand le danger se présente. Le tumulte va croissant, les formes religieuses ne servent plus de rien, Saül dit : «Retire ta main», et se passe de ces vaines formalités : La victoire est attribuée à celui qui n’a pas perdu son temps à ces choses. Mais, de fait, il n’y a pas de victoire, quoique l’homme puisse affirmer le contraire : Le monde ne le voit pas, mais Dieu voit et sait que, dans le combat dont il est ici question, il a donné la victoire à la foi de deux faibles hommes.

Le monde religieux s’attribue toujours le succès comme le démontre une occasion précédente où Jonathan avait eu le seul rôle (13:3-4). Il invoque le même Dieu que l’homme de foi, mais, quand il s’agit de victoire, au lieu d’attribuer le succès à la foi, il ne l’attribue qu’à lui-même et ne cherche que son propre avantage. Il dit : «Jusqu’à ce que je me sois vengé de mes ennemis» (14:24).

Saül croit remédier à son incrédulité par le serment téméraire qu’il fait prêter au peuple. Vaine formalité qui n’a pour résultat que de rendre Saül responsable de la violation de ce serment et met en danger la vie de l’homme de foi qui seul avait remporté la victoire.

En résumé, tout l’imposant appareil religieux qui est avec Saül est frappé de la stérilité la plus complète. Saül ne se sert pas de ses armes ; son armée n’en a pas ; l’arche n’est pas même utilisée ; le sacrifice n’est pas offert ; la sacrificature n’est d’aucun profit ; le serment ôte au peuple toute sa force ; l’autel, par lequel on s’approche de Dieu, n’a d’autre réponse que le jugement. Cette religion, au lieu d’exalter Jonathan, le sauveur d’Israël, prononce son arrêt de mort !