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Henri Rossier — Courtes méditations

 

«Ne vous conformez pas à ce siècle, mais soyez transformés, par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite» — Rom. 12:2

H. Rossier — Courtes méditations — n°10

ME 1922 p. 37-39

Nous ne serons jamais conformes à Jésus ici-bas. Il nous faut attendre sa venue pour que «le corps de notre abaissement soit transformé en la conformité du corps de sa gloire». Alors, par la transformation de nos corps, nous aurons atteint cette conformité (Phil. 3:21). Et ce ne sont pas seulement nos corps qui seront conformes à son corps glorieux, mais nous sommes prédestinés à être conformes à l’image du Fils de Dieu, comme faisant partie d’une famille qu’il appelle ses frères, et dont il est le premier-né (Rom. 8:29).

Il est cependant une chose qui peut être toujours réalisée pour nous, dans ce monde : c’est d’être rendus conformes à sa mort. Nous pouvons être appelés à mourir comme Lui et dans ce cas ce sera le moyen de parvenir comme Lui à la résurrection d’entre les morts (Phil. 3:10).

Il y a d’autre part un objet auquel il nous est, hélas ! toujours facile de nous conformer, parce que nous avons la chair en nous : cet objet est le monde, aussi sommes-nous exhortés, par le passage qui est en tête de cette méditation, à ne pas nous conformer à ce siècle (Rom. 12:2), ni non plus, comme il est dit autre part, «à nos convoitises d’autrefois pendant notre ignorance» (1 Pierre 1:14). Avec quelle facilité nous glissons sur cette pente !

Répétons-le donc : Il n’y a pas pour nous de conformité possible avec Christ ici-bas. Cela réduit à néant les prétentions qu’ont certains chrétiens d’atteindre la perfection dans ce monde, doctrine insensée qui suppose la perfection dans la chair ! La parole de Dieu ne nous dit-elle pas : «Quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin» ? Et encore : «Maintenant je connais en partie, alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu» (1 Cor. 13:10, 12).

Mais s’il n’y a pas pour nous de conformité morale ou corporelle avec Christ ici-bas, il peut y avoir, grâce à Dieu, une transformation morale. Cette transformation est graduelle, comme nous le voyons en 2 Cor. 3:18, où il est dit que «nous sommes transformés à la même image de gloire en gloire» ; mais elle ne se produit jamais que lorsque l’âme du chrétien, sous l’influence puissante du Saint Esprit, contemple «à face découverte, la gloire du Seigneur». Cette transformation est produite par «le renouvellement de l’entendement» (Rom. 12:2), renouvellement qui a lieu par l’Esprit (Tite 3:5). C’est par lui que nous éprouvons ou discernons la volonté de Dieu.

Ayant été délivrés, par le fait que nous sommes morts avec Christ, de la volonté de la chair qui n’est autre chose que «le péché», nous pouvons maintenant présenter nos corps, dépouillés de cette volonté, en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, et nous en disposons dans ce but. Par le renouvellement de notre entendement, nous apprenons à goûter et à apprécier une toute autre volonté que la nôtre, celle de Dieu.

Dans ces conditions nous ne serons jamais en danger de prendre notre volonté pour celle de Dieu. Un homme d’état renommé, croyant, mais absolument aveuglé sur le jugement que Dieu portait sur lui, disait : «La volonté de Dieu est la grandeur de mon pays et toute mon activité consiste à accomplir cette volonté». Le malheureux produisit la ruine complète de sa patrie, parce qu’il décorait sa propre volonté du nom de volonté de Dieu.

Tout autre est le discernement de la volonté de Dieu ; il n’a lieu que lorsque la question de notre volonté a été définitivement réglée et jugée, aussi pouvons-nous dire que le discernement de la volonté de Dieu a lieu dans la mesure où nous nous tenons pour morts au péché. Au reste, cette volonté de Dieu, discernée et éprouvée dans le coeur, fait notre joie et notre force. Tout ce que Dieu fait est désormais bon pour nous, parce que Dieu le veut ; et si Dieu le veut, celui qui a été transformé, trouve cette volonté agréable. Il ne pense pas à ce dont cette volonté le prive, mais il sait qu’elle est agréable à l’Amour divin dont il est lui-même l’objet. Alors il peut dire : En vérité, cette volonté est parfaite. Bien-aimés ! n’ayons affaire qu’à la volonté de Dieu seule et nos coeurs seront toujours remplis de bonheur et de paix !

La transformation dont nous parlons peut encore dépasser les limites d’une transformation morale. Sous la puissante efficace du Saint Esprit, un Étienne est transformé en la similitude des pensées de Christ ici-bas, tandis que son visage porte déjà les traits d’un ange qui voit la face de Dieu. De même les disciples, ces gens «illettrés et du commun», portaient sur leurs traits et dans leur langage une ressemblance avec Jésus parce qu’ils avaient été avec Lui (Actes 4:13).