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Henri Rossier — Courtes méditations

 

 

Les Murmures —1 Cor. 10:10

«Ne murmurez pas non plus, comme quelques-uns ont murmuré et ont péri par le destructeur»

H. Rossier — Courtes méditations — n°9

ME 1922 p. 25-29

Les murmures sont toujours blâmables ; ils sont parfois odieux et attirent sur ceux qui les font entendre les plus terribles jugements de Dieu.

1° Un des cas, en apparence les plus inoffensifs, est mentionné au chap. 7 de l’évangile de Jean. Plusieurs avaient cru en Lui et disaient entre eux : «Le Christ, quand il sera venu, fera-t-il plus de miracles que celui-ci n’en a faits ?» Les pharisiens entendirent la foule murmurant ces choses de Lui. Il n’y avait pas de mal, direz-vous, à ce que les foules se communiquassent à voix basse l’impression favorable qu’elles avaient reçue de la personne de Christ. C’est vrai, mais la crainte que ces hommes avaient des principaux les empêchait de rendre à haute voix témoignage à Christ et de réduire l’Ennemi au silence. Les pharisiens profitèrent de ce manque de courage moral chez le peuple pour se montrer ouvertement hostiles à Jésus.

2° Un cas fréquent de murmure est celui qui est mentionné dans la parabole des ouvriers de la vigne au chap. 20 de Matthieu (v. 11). Ceux d’entre eux qui s’étaient engagés d’après un principe légal : «tant d’heures d’ouvrage, tant de salaire», sont mécontents de voir ceux de la onzième heure récompensés comme eux, parce qu’ils étaient rétribués, non sur le principe de la loi, mais sur celui de la grâce souveraine du maître de maison. Est-ce donc des Juifs, seuls propres justes, asservis à la loi, que ce passage nous parle ? Beaucoup de chrétiens, envoyés dans la vigne, travaillent sur le principe d’un salaire convenu et ont de la jalousie contre ceux qui sont rétribués sur le principe de la grâce. Tous ceux qui ont été recrutés sur ce dernier principe reçoivent ce qui est juste, (v. 7), non pas à leurs yeux, mais à ceux du Maître. Ils acceptent leur salaire avec reconnaissance. Les seuls qui murmurent sont ceux qui, engagés sur un pied légal, sont remplis de jalousie envers ceux que la grâce favorise. Leur mécontentement va jusqu’à accuser le Maître lui-même. Celui-ci répond avec calme à cette accusation, au lieu de punir l’insolent : 1° Je ne te fais pas tort ; 2° Il y a eu accord entre toi et moi (non pas vice-versa) pour un denier, journée légale de l’ouvrier ; puis, 3° Il le renvoie avec ces paroles : «Prends ce qui est à toi» et dit : 4° : Je veux donner au dernier autant qu’à toi. C’est la volonté de la grâce ; qu’as-tu à dire ? 5° Dieu n’est-il pas libre de faire de ce qui lui appartient l’usage qu’il veut ? 6° Oses-tu voir du mal et murmurer quand tu te trouves devant ma bonté ?

Ainsi le chrétien légal, sans s’en rendre compte, accuse Dieu, et murmure contre lui, parce qu’il se croit supérieur aux autres. Il ne peut souffrir que ces derniers soient employés par la grâce, sans aucun mérite de leur part. Il blâme la bonté chez Dieu et loue ses propres mérites. Quelle aberration ! Mais ce murmure n’attire pas encore sur lui la colère du Maître qui lui dit simplement ; Va-t’en. Toute relation avec ce propre juste est interrompue pour laisser le champ libre à la grâce.

3° En Luc 5:30, les scribes et les pharisiens murmurent contre les disciples de ce qu’ils mangent et boivent avec les publicains et les pécheurs. Le Seigneur prend leur défense et répond pour eux. Quel privilège ! Laissons dire le monde, nous Ses disciples ; le Seigneur répondra pour nous. Ces adversaires, en s’adressant aux pauvres disciples, s’adressent aux faibles, mais les voilà qui, au lieu de rencontrer ces derniers, rencontrent inopinément le Fort, du moment qu’ils attaquent ses bien-aimés. Aucune indignation chez le Seigneur ; il se borne à couvrir les siens et la confusion est pour leurs adversaires.

En Jean 6:61, les disciples murmurent à leur tour, mais non pas contre leur Maître. Leur ignorance ne comprend ni la valeur de la mort de leur Sauveur, ni la vie éternelle que cette mort leur apporte, ni, à bien plus forte raison, la valeur de sa résurrection. Remarquez avec quelle grâce le Seigneur les instruit ! C’est avec la même grâce qu’il supporte l’ignorance des Juifs murmurant contre lui parce qu’il se faisait supérieur à Moise.

4° Phil. 2:14 ; 1 Pierre 4:9. Une certaine catégorie de murmures, chez les chrétiens, est tout simplement l’expression de leur mécontentement d’avoir à subir certaines obligations, ne fut-ce que l’exercice de l’hospitalité, ou certaines règles morales qui s’imposent à leur volonté. Ces murmures sont le résultat de l’indépendance, qui est le péché. On oublie que ces entraves que nous avons à subir sont ordonnées de Dieu et ne fut-ce que pour mettre à l’épreuve notre confiance en Lui. Le murmure est, dans ce cas, le mécontentement des voies de Dieu à notre égard et le désir de nous en affranchir. Cela aussi est une chose que nous devrions juger sévèrement.

5° Nous trouvons enfin le murmure mentionné par notre titre, en 1 Cor. 10:10. Ce murmure, chose affreuse, est la révolte contre Dieu. Est-il possible qu’une telle chose puisse se produire chez un enfant de Dieu ? Nous dirions : Non. Et cependant, au jour actuel, combien de paroles sorties de la bouche des chrétiens ou de gens réputés tels, qui, si elles ne sont pas une révolte ouverte, frisent du moins la révolte ! «Si Dieu existe, disent-ils, peut-il supporter que de telles atrocités se commettent ?» «Pourquoi Dieu qui aurait pu empêcher le mal, ne l’empêche-t-il pas ?» Paroles blasphématoires, dont ne se doutent même pas ceux qui les prononcent ! Je réponds : Oui, Dieu existe et supporte vos blasphèmes ! Veuillez m’expliquer pourquoi il ne vous a pas pulvérisé, ici même, quand vous les profériez. Je dis que Dieu existe et la preuve, c’est qu’il est patient envers vous, comme envers tous les hommes, ne voulant pas que vous périssiez ! Murmurer contre Dieu ! C’est ce que fit Israël. Devant les obstacles qu’il va rencontrer au pays de Canaan, le peuple accuse Dieu qui l’a comblé de tant de grâces, de l’avoir conduit au désert pour l’y tuer, et veut retourner en Égypte ! Ces murmures, hâtons-nous de le répéter, ne peuvent être ceux des rachetés, des vrais enfants de Dieu, des élus, mais ne pensez pas que ce soient uniquement ceux de ce peuple de cou roide, d’Israël, que Dieu dut finalement rejeter de devant sa face ; l’apôtre a soin de nous avertir du contraire en 1 Cor. 10. Ce sont les murmures de ceux qui font profession de christianisme. Si tout le peuple qui avait murmuré contre Dieu a dû tomber dans le désert, banni à tout jamais de la terre promise (à l’exception de Josué et de Caleb), à combien plus forte raison devront tomber ceux qui portent le nom de chrétiens et qui murmurent aujourd’hui : «Dieu est un Dieu qui aime à faire le mal, qui aime à détruire les hommes. Il aurait pu empêcher tout ce mal ; pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?» Quelques-uns d’entre eux vont jusqu’à rendre Dieu responsable de la chute du premier homme ! Or que nous dit la Parole ? «La face de l’Éternel est contre ceux qui font le mal», et «ses yeux sont trop purs pour voir le mal» (Ps. 34:17 ; Hab. 1:13).

Ces hommes ont jadis péri par le destructeur. Aujourd’hui ces hommes, à moins qu’ils ne se repentent, périront de la même manière et l’accès au ciel leur sera fermé (Nomb. 14:2, 27, 29). Leur seule et unique ressource est en Celui qui peut se tenir avec l’encensoir entre les morts et les vivants (Nombr. 16:41) ; en Celui qui peut exercer la grâce sacerdotale d’Aaron en intercession pour le peuple coupable (Nomb. 17:10).

Repentez-vous donc. Aujourd’hui Dieu vous convie à la repentance !