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Henri Rossier — Courtes méditations

 

 

Il faut qu’Il croisse — Jean 3:29-30

H. Rossier — Courtes méditations — n°6

ME 1921 p. 253-254

Peu d’hommes ont eu de Jésus une appréciation plus élevée, plus exempte de toute pensée personnelle, que Jean Baptiste. Il avait devant ses yeux l’Époux, sachant que l’Épouse avait avec lui une relation beaucoup plus intime que n’était la sienne. Mais sa position d’infériorité quant à la relation, était pour lui une occasion d’admirer encore davantage le caractère du Seigneur. Il partageait, comme un ami intime qui connaît à fond le coeur de son ami, tout ce qui faisait la joie de ce dernier : Avoir trouvé une compagne selon son coeur, dont il pût dire : «Cette fois, celle-ci est os de mes os et chair de ma chair !» II assistait en ami à ce triomphe d’un amour dont il n’était pas l’objet, mais dont son ami lui avait fait la confidence, car ce dernier n’avait pas de secrets pour lui et avait pleine confiance en sa discrétion. Lui, Jean, l’ami de l’époux est entièrement dominé par le mérite sans pareil de Celui qu’il connaît si bien. Son coeur déborde de joie à la pensée que son Ami a trouvé et possède une compagne digne de lui être associée. Que lui importe, devant un tel objet, sa valeur personnelle ? «Il faut, dit-il, que Lui croisse et que moi je diminue». Pour que Lui ait tout ce qui est dû à son infini mérite, aucun mérite, aucune dignité quelconque, ne doivent subsister à côté de Lui ; il doit occuper toute la place.

Il faut souvent aux chrétiens une longue vie d’expériences humiliantes, pour être amenés à s’exprimer comme Jean Baptiste. Notre homme naturel a toujours la tendance de s’élever, jamais le désir de s’abaisser. II n’aime pas à dire comme Jean : «Il faut que je diminue». Sous ce rapport le plus grand des apôtres parlait de Christ comme Jean Baptiste le plus grand des prophètes, et plus fortement encore que lui. Quant à nous, Dieu nous apprend à parler ainsi, en nous plaçant sous une discipline salutaire. Si nous avons eu la folie de nous croire quelque chose, le blâme de nos proches, la critique de nos frères, les remarques d’un monde perspicace pour nous trouver en faute, nous ont bientôt appris le néant de nos prétentions. Alors nous comprenons que ces coups de verge nous étaient nécessaires pour nous faire consentir à donner toute la place au Seigneur. Dieu nous dépouille contre notre gré pour que ce résultat : «Il faut que Lui croisse», soit obtenu : Jean n’avait pas besoin de cette discipline : il disait : «Il faut». C’était un besoin de son coeur, fruit de son amour pour le Seigneur. Nous ne pouvons éprouver de joie quand la discipline nous force à reconnaître notre néant et nous prouve qu’en nous estimant nous-mêmes, en cherchant à croître, nous avons diminué notre Sauveur. Jean Baptiste n’avait qu’un objet, le Seigneur, et, quoiqu’il sût qu’il était lui-même, par position, le plus grand des prophètes, il savait aussi que, personnellement, il n’était pas digne de délier la courroie de la sandale de Christ, de remplir vis-à-vis de lui l’office du dernier des esclaves.