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Henri Rossier — Courtes méditations

 

Juger ses frères — Matt. 7:1-5

H. Rossier — Courtes méditations — n°1

ME 1921 p. 193-194

J’ai pensé bien des fois à publier de «Courtes méditations» (c’est ainsi que j’en ai conçu le titre) soit sur les expériences journalières de nous-mêmes, que la parole de Dieu nous oblige à faire, soit sur les connaissances nouvelles que cette même Parole nous apporte chaque jour au sujet de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. Ces lumières-là sont bonnes et utiles aux hommes et l’on n’a jamais lieu de s’en repentir. D’un côté, elles maintiennent nos âmes dans une humilité salutaire, de l’autre, elles les introduisent dans une sphère de paix et de bonheur à laquelle l’Ennemi des élus n’a pas d’accès, sphère de joies pures et sans mélange qui seront notre part éternelle.

Dans le passage que nous venons de lire, il s’agit d’un sujet presque journalier : de nos relations avec nos frères. En les jugeant, nous nous faisons juger nous-mêmes. Il nous est toujours défendu de juger des motifs de leurs actions, car nul ne les connaît qu’eux-mêmes et Dieu, mais bien plus, nous ne sommes nullement autorisés à supposer à leurs actes de mauvais motifs. Une fois ou l’autre le jugement dont nous avons jugé nos frères et la mesure dont nous les avons mesurés, nous seront appliqués, que cette sentence vienne de Dieu ou des hommes. Peut-être Dieu se servira-t-il pour cela, à notre confusion, des frères que nous avons jugés nous-mêmes. Nous n’avions pas usé de miséricorde envers eux et nous voilà étonnés, confus, accablés, de nous voir jugés par eux sans miséricorde. Cela même qui était juste dans nos appréciations nous est contesté par eux, et c’est justice. N’avions-nous pas agi de même à leur égard ?

Mais il y a pis que cela. Découvrir les défauts de nos frères est tout simplement de l’hypocrisie. Nous passons sous silence nos propres défauts que tout le monde voit sauf nous-mêmes ; une poutre dans notre oeil qui nous aveugle — et nous examinons à la loupe les manquements de nos frères ! Souvent cet acte se revêt des couleurs de la charité : «Permets, j’ôterai le fétu de ton oeil». Souvent aussi, nous cherchons, par cet esprit de jugement, à cacher notre «poutre» aux yeux des autres. C’est une manoeuvre, hélas ! trop connue, de stratégie : On attaque, pour ne pas être attaqué. Quel frère, appelé à diriger les autres, n’a pas dû apprendre toutes ces choses pour lui-même, étant atteint au centuple, et souvent d’une manière injuste, des jugements qu’il a portés sur ses frères ! Mais, grâce à Dieu, quand il a appris cette leçon, il la trouve profitable, et comprend cette parole sortie de la bouche du Maître : «Bienheureux les débonnaires». Le débonnaire est humble d’esprit, il ne s’enfle pas, il ne suppose pas le mal, il ne juge pas, il est plein de bonté. La débonnaireté a la plupart des caractères de l’amour. Jésus était débonnaire et humble de coeur. En lui l’amour de Dieu a été manifesté.