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Quelques méditations sur le Deutéronome
Chapitres 11, 16 et 30
H. L. Heijkoop
Traduit de l’allemand : « Aus dem Wort der Wahrheit » (Méditations sur la Parole de Vérité) Heijkoop Verlag, 1983
Les divisions et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest
Table des matières abrégée :
2 La Pâque dans le pays — Deutéronome 16:1-8
3 La fête des Semaines — Deutéronome 16:9-12
4 La fête des Tabernacles — Deutéronome 16:13-15
Table des matières détaillée :
1.3 Ch. 11:1 — aimer l’Éternel et Lui plaire
1.4 Ch. 11:2-4 — connaître Dieu
1.5 Ch. 11:5-6 — respect dû au Seigneur
1.6 Ch. 11:7-9 — avoir vu la grande œuvre de l’Éternel
1.7 Ch. 11:10 — les ressources viennent d’en haut
1.8 Ch. 11:11 — action de l’Esprit
1.9 Ch. 11:12 — les richesses du pays
1.10 Ch. 11:13 — amour et obéissance
1.11 Ch. 11:14-15 — les fruits du pays
1.12 Ch. 11:16-17 — mise en garde contre la séduction
1.13 Ch. 11:18 — le cœur, les pieds, la main, le front
1.14 Ch. 11:19 — enseigner les enfants
1.15 Ch. 11:20 — caractère de la maison du croyant
1.16 Ch. 11:21 — la conservation de la bénédiction
1.17 Ch. 11:22-25 — l’armure pour combattre
1.18 Ch. 11:26-28 — gouvernement de Dieu
1.19 Ch. 11:29 — Garizim et Ébal
1.20 Ch. 11:30 — Guilgal et les chênes de Moré
1.21 Ch. 11:31-32 — posséder le pays
2 La Pâque dans le pays — Deutéronome 16:1-8
2.1 Les leçons qu’il faut apprendre
2.2 Les premières mentions de la Pâque
2.3 Ch. 16:1 — Naître de nouveau, un préalable au fruit porté
2.4 Ch. 16:2 — Le lieu choisi par l’Éternel pour y faire habiter Son nom
2.4.2 Le centre de l’histoire du monde
2.4.5 Le péché porté, le péché ôté — le jour d’éternité
2.4.6 Un lieu où les droits du Seigneur sont reconnus
2.5 Ch. 16:2 — Sacrifier l’agneau, le souvenir de l’Agneau
2.6.3 Souvenir quotidien d’où on est sorti
2.6.5 Confesser ouvertement le Seigneur
2.7.1 Des lumières dans un lieu de ténèbres
2.7.2 Rendre hommage à Celui qui a été rejeté ici-bas
2.7.3 La restauration de Pierre en Jean 21
2.7.4 Un lieu de bénédiction, précieux pour le Père à cause du Fils
2.7.5 Le lieu où on rend hommage au Seigneur collectivement
3 La fête des Semaines — Deutéronome 16:9-12
3.2 Deut. 16:9a — De la résurrection à la Pentecôte
3.2.1 La résurrection, preuve qu’on est à l’abri du jugement
3.2.2 Deux aspects de la résurrection
3.2.3 Comment l’Israélite savait que le sacrifice pour le péché était agréé
3.2.4 Les témoins de la résurrection — 1 Cor. 15
3.2.5 Ce que le chrétien, nouveau converti, doit apprendre
3.2.6 Le Seigneur soufflant dans les disciples. Une nouvelle vie, une nature divine
3.2.7 Opérations du Saint Esprit
3.2.9 Résumé sur les leçons à apprendre
3.3.1 La Pâque : un commencement
3.3.2 Sondez la Parole de Dieu. La vie éternelle
3.3.3 Connaître le Père et le Fils
3.3.4 Qui peut porter du fruit ?
3.4.2 Le Saint Esprit rend la Parole de Dieu vivante en nous
3.4.3 Ce qu’est le fruit pour Dieu
3.4.4 Bénédiction pour ceux qui sont au contact des croyants. Communion avec le Seigneur
4 La fête des Tabernacles — Deutéronome 16:13-15
4.2 Rappel sur la fête des Semaines
4.3.1 Les produits de l’aire et de la cuve. Le royaume millénaire
4.3.2 Recul spirituel pendant le millénium
4.3.3 Ce dont la fête des tabernacles est un type pour nous
4.3.4 Conditions pour jouir des bénédictions
4.3.5 Sept jours de fête. Le produit de l’aire
4.3.6 Engranger [ou : recueillir] toute la récolte
4.4.2 Le serviteur, la servante
4.4.3 Le lévite, et l’étranger, et l’orphelin, et la veuve
4.5.3 Ch. 16:15c : « Et tu ne seras que joyeux »
5.1 Deut. 29:29 — responsabilité d’obéir à la Parole
5.2.3 Refaire le vœu de nazaréat
5.2.4 La fin du nazaréat et les cheveux brûlés sous le sacrifice de prospérités. Nomb. 6:18
5.2.5 Être encore nazaréen dans les derniers temps avant la venue du Seigneur
« Aus dem Wort der Wahrheit » Vol. 2 p.236-247
Comme on l’a déjà dit dans l’introduction, les onze premiers chapitres forment la première partie de ce livre. Moïse y jette un coup d’œil rétrospectif sur les voies de Dieu envers eux, les fils d’Israël, pour disposer leurs cœurs à obéir au Seigneur, et à pratiquer Ses commandements et Ses statuts lorsqu’ils seraient dans le pays. Le chapitre onze est le résumé des dix premiers chapitres, la conclusion pratique qui en découle et que Moïse place devant leurs yeux. Ils devaient penser à quoi aboutit la désobéissance et la rébellion.
Dans les versets 3 et 4, il est fait mention de la ruine du monde organisé, et de la chute de son prince (Jean 12:31 ; 16:11). Dans le v. 5, il s’agit des voies de Dieu pour l’éducation du peuple pendant toute la traversée du désert. Le v. 6 montre, par le rappel d’un jugement terrible, combien Dieu ne peut tolérer que l’on porte atteinte à la justice et à la position du Seigneur Jésus. Il est indispensable d’avoir connaissance de ces choses pour pouvoir, de façon pratique, prendre possession du pays.
Le v. 1 se rattache au chapitre précédent. En raison des bénédictions de Dieu qui s’y trouvent mentionnées, le peuple a le devoir d’aimer l’Éternel et de Lui plaire. Nous trouvons à nouveau énumérés tout ce qui s’y rattache : a) les prescriptions (ou : « ce que Dieu a donné à garder ») et les commandements — ce qui est expressément ordonné par Dieu ; b) les statuts, — des choses établies par Dieu, sans qu’il y ait un commandement express ; ce sont des choses à faire, comme par exemple la cène ; c) les ordonnances, — la reconnaissance du fait qu’Il est Dieu et Seigneur, et l’attitude qui y correspond, avec par conséquent la question à se poser en permanence : Seigneur, que veux-tu que je fasse ?
Ceux auxquels Moïse s’adresse, avaient appris à connaître Dieu. N’avons-nous pas aussi appris à connaître le Seigneur dans Sa grandeur, comme le Dieu éternel, le créateur du ciel et de la terre (Jean 1:1-3 ; Col. 1:15-20), Celui dont l’œuvre sur la croix a une portée telle que, sur cette base, la création toute entière, aussi bien terrestre que céleste, sera réconciliée avec Dieu, et par conséquent ramenée en harmonie parfaite avec Dieu ? N’avons-nous pas appris aussi à connaître Sa main forte, Sa toute-puissance, capable de remporter la victoire sur tout, et de faire tout ce qu’Il veut ? N’avons-nous pas vu Son bras étendu, Sa volonté s’exerçant contre ses ennemis, en faveur de son peuple ?
Le monde (l’Égypte, des v. 3 et 4) n’a eu, et n’a toujours aucune place pour le Seigneur (1 Cor. 2:6-8). Que de signes et d’œuvres Il a opérés au milieu d’eux ! Mais ils ne L’ont pas connu comme la sagesse de Dieu (voir 1 Cor. 2:2-8). Ils L’ont rejeté. La croix a manifesté entièrement l’état du monde, — l’inimitié tant de son prince que de tous ceux qui lui appartiennent, et leur manque total d’intelligence et de sagesse. C’est pourquoi la mort est intervenue comme jugement de Dieu sur eux : leur puissance a été anéantie lorsque les eaux de la Mer Rouge les submergèrent (la Mer Rouge est une figure de la mort comme jugement de Dieu). Quelle valeur a pour nous un monde, qui est entièrement manifesté pour ce qu’il est, et sur lequel Dieu a fait venir le jugement de la mort ? Sa puissance est anéantie, de sorte que nous n’avons pas besoin d’avoir peur de son hostilité. Son intelligence s’est transformée en ténèbres (Rom. 1:21- 23). Le monde ne connaît pas la véritable sagesse, et la tient pour folie ; et Dieu a fait de sa sagesse, une folie (1 Cor. 1:18- 20 ; 2:6-8). Que représentent alors pour nous, ses théories et ses chimères ?
Le v. 5 nous rappelle tout ce que nous avons vu dans les chapitres précédents, considéré à la lumière des versets 2, 3 et 7 du chapitre 8. Le v. 6 constitue un avertissement personnel quant à la façon dont Dieu traite ceux qui portent atteinte à l’autorité et au service du Seigneur Jésus, en les revendiquant pour eux-mêmes. Quelle sérieuse leçon pour la chrétienté où nous trouvons cela partout. Il n’est pas fait mention ici du lévite Coré, mais seulement des deux Rubénites (Dathan et Abiram). Ce fait est en accord avec tout le livre du Deutéronome où les sacrificateurs et les lévites ne sont guère mentionnés, parce que Dieu y parle directement au peuple.
De leurs propres yeux, ils avaient vu toute la grande œuvre de Dieu. Quel puissant motif pour garder ses commandements ! C’était la seule manière, pour eux, de recevoir la force pour entrer dans le pays, et pour en prendre possession. Seule l’obéissance dans le cœur donne la connaissance et l’intelligence des pensées de Dieu (Jean 7:17). Il y a un grand salaire à observer les jugements de l’Éternel (Ps. 19:9-11). L’obéissance seule nous garde dans le lieu de la bénédiction, et elle a pour effet de nous rendre capables de jouir continuellement de ses fruits (v. 9).
L’Égypte est un pays plat, situé à basse altitude. C’est le Nil qui l’arrose et le fertilise. Par leurs efforts, les hommes amènent l’eau plus loin à l’intérieur dans le pays, car là où l’eau n’arrive pas, rien ne pousse. Il n’y pleut pas. Ils oublient à qui ils sont redevables de profiter du fleuve et de son eau. « Mon fleuve est à moi, et je me le suis fait », tel est le langage de l’Égypte (Ézéchiel 29:3). Ils croient que leur prospérité est indépendante du ciel, et qu’elle ne provient que de leur propre travail et de leurs efforts. Quel tableau frappant du monde ! « Aide-toi, et le ciel t’aidera », « chacun pour soi, et Dieu pour tous », voilà les maximes ayant cours dans le monde.
« Le pays » n’est pas cela. À quoi pourrait servir l’effort de l’homme naturel quand il s’agit de bénédictions spirituelles et célestes (Éph. 1:3) ? Comment le travail du pied ou de la main pourrait-il amener l’eau fertilisante sur les montagnes d’Éphésiens 1:17-23 ; 3:8-11 et 17-19, et ailleurs encore ! Dans le pays, il n’y a pas d’uniformité morte. Les hautes montagnes et les vallées paisibles s’y alternent ; on y trouve partout les ruisseaux d’eau, les sources et les eaux profondes, avec l’eau vivifiante de la libre et puissante activité du Saint Esprit (Deut. 8:7 ; Jean 7:38-39). Sur le pays, il est écrit en gros caractères : « C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien » (Jean 6:63). La bénédiction provient uniquement d’en haut : « L’eau que l’on boit, provient de la pluie du ciel ».
Tous ceux qui habitent dans le pays sont amenés à la véritable place qui convient à une créature, — la place de dépendance du Créateur, mais, par ce fait même, ils sont aussi l’objet des soins du Créateur : « un pays, dont l’Éternel ton Dieu a soin, sur lequel l’Éternel ton Dieu a continuellement les yeux, depuis le commencement de l’année, jusqu’à la fin de l’année » (11:12). Voyez aussi Ps. 65:9-13. Ces yeux ne vont-ils pas voir tous les besoins de Ses enfants ? Son amour et Sa puissance ne sont-ils pas assez grands pour satisfaire ces besoins ?
Les richesses du pays — du pays qu’Il a donné en héritage à son peuple — sont inépuisables. « Ce que l’œil n’a pas vu, et que l’oreille n’a pas entendu, et qui n’est pas monté au cœur de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Cor. 2:9-13). Mais on ne peut jouir des fruits que quand les pluies du ciel, les ruisseaux d’eau, les sources et les eaux profondes, ont fait fructifier le pays. Par l’Esprit de Dieu, les richesses ont été révélées à Paul, et par des paroles inspirées de l’Esprit, celui-ci a retransmis ces richesses oralement et par écrit. C’est par l’Esprit Saint que les apôtres ont prêché l’Évangile (1 Pierre 1:12). Les prédications qui nous ont été transcrites dans le livre des Actes des apôtres n’étaient pas préparées à l’avance. Ceux qui prêchaient étaient d’abord préparés par le Seigneur, et non pas leurs prédications. Dieu a veillé à ce que nous puissions nous en rendre compte clairement par les circonstances dans lesquelles ces prédications ont eu lieu et qui nous sont rapportées. Ce n’est que par un service spirituel, sous la direction et dans la puissance du Saint Esprit, que les choses spirituelles sont présentées aux consciences et aux cœurs sous une forme assimilable. La même remarque vaut pour l’étude personnelle de la Bible. Comment entrons-nous en possession de tous les trésors de la Parole ? ce n’est pas par la puissance intellectuelle, mais par une lecture accompagnée de prière, en nous plaçant sous la direction du Saint Esprit, et en recevant par la foi ce que dit la Parole de Dieu.
On utilise trop souvent les méthodes de l’Égypte, même dans le domaine spirituel, sans doute avec les meilleures intentions et avec beaucoup de zèle. Là où il y a de la droiture, Dieu se servira même de cela pour la bénédiction de son peuple. Mais comment, par ce ministère, les croyants pourront-ils jouir des fruits venant des montagnes ? Un effort personnel peut, tout au plus, amener de l’eau dans le fond des vallées. Et, là aussi, la récolte sera médiocre.
L’amour et l’obéissance sont les conditions préalables à une pleine bénédiction (11:13). On présente souvent les choses, comme si l’amour et les commandements (la vérité) étaient en fait opposés l’un à l’autre. Combien une telle pensée est éloignée de l’Écriture ! Où est-il davantage parlé de commandements dans le Nouveau Testament, que précisément dans les écrits de Jean, l’apôtre de l’amour, qui a tant écrit sur l’amour ? Dieu est lumière, et Dieu est amour ! Comment peut-on opposer l’amour et la lumière l’un à l’autre ? « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14:21 ; voir aussi 14:15, 23, 31). L’amour et l’obéissance sont liés de manière indissoluble.
Ce n’est que là où se trouvent ces choses, que le Père donnera aux siens Sa pleine bénédiction. La pluie au temps convenable : la pluie de la première saison pour que la semence lève et croisse, et la pluie de la dernière saison pour que le fruit arrive à pleine maturité, au complet. Pouvons-nous faire le rapprochement entre le ministère de l’apôtre et la pluie de la première saison, et d’autre part entre le ministère qui s’est exercé dans les cent cinquante dernières années et la pluie de la dernière saison, peu de temps avant la venue du Seigneur ?
Le blé du pays représente le Seigneur glorifié dans le ciel. En Josué 5:10-12, nous trouvons trois figures du Seigneur Jésus. La pâque nous présente le Seigneur mort comme notre nourriture (Jean 6:53-56) ; dans la manne, nous avons le Seigneur vivant sur la terre, comme nourriture dans le désert (Jean 6:31-35). Et ensuite, nous trouvons le blé du pays de l’année précédente, comme nourriture dans le pays. C’est là notre nourriture, comme étant assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus (Éph. 2:6 ; 2 Cor. 3:18).
Au sujet du moût, il est dit en Juges 9:13 qu’il réjouit le cœur de Dieu et des hommes. Il est donc une figure de ce qui rend heureux, de ce qui donne de la joie. Tous ceux qui veulent se consacrer entièrement à Dieu dans le désert, doivent prendre de la distance d’avec ce qui est en relation avec le moût (Nombres 6), — non seulement avec les plaisirs du monde qui sont péché par eux-mêmes, mais aussi avec beaucoup de choses qui ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, et même que Dieu Lui-même a données dans la création. Dans un monde où il n’y a pas de place pour le Seigneur Jésus, et où par conséquent, Il ne boit plus du fruit de la vigne (Luc 22:18), celui qui Lui est attaché doit se séparer de beaucoup de choses qui, sans être mauvaises en elles-mêmes, sont cependant accaparées par le monde. Dans le « pays », il n’en n’est plus ainsi. Tout ce qui se trouve dans les lieux célestes est pour nous, et nous pouvons en jouir librement. Oui, c’est le désir de Dieu, que nous prenions possession de tout, et que nous en jouissions.
L’huile est une figure du Saint Esprit. Il est remarquable de voir, combien de fois il est parlé du Saint Esprit dans l’épître aux Éphésiens. Nous sommes scellés du Saint Esprit (1:13) ; nous avons par Lui accès auprès du Père (2:18) ; Il habite dans l’Assemblée (2:22) ; nous sommes fortifiés, par Lui, en puissance, quant à l’homme intérieur (3:16) ; nous sommes constitués par Lui en un seul corps (4:4 ; 1 Cor. 12:13) ; nous recevons l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu (6:17) ; nous pouvons supplier par l’Esprit (6:18) ; et nous sommes exhortés à en être remplis (5:18).
« L’herbe des champs pour le bétail » témoigne des soins de Dieu pour tout ce qui peut servir à notre nourriture, à notre rafraîchissement et à nos besoins. Nous mangerons et nous serons rassasiés. Au Ps. 104:14, 15 nous avons les mêmes choses, mais dans ce passage, elles sont vues comme préparées en vue de leur utilisation, y compris le pain, le vin, et l’huile.
En outre, nous devons veiller à ce que notre cœur ne soit pas séduit (11:16). Il est trompeur. Dès que le Seigneur cesse d’être son unique objet, nous nous écartons et nous servons d’autres dieux. Tout ce qui occupe la place qui revient à Dieu, est une idole. Dieu a un droit sur tout notre cœur et sur toute notre vie. N’y a-t-il pas souvent des idoles dans notre cœur ?
Cela, le Seigneur ne peut pas l’accepter. Il est un Dieu jaloux (1 Cor. 10:22). Il nous corrigera en fermant le ciel pour qu’il ne pleuve pas. La place dans le pays, est la place de la vraie dépendance de la créature. Là, rien n’est caché au Créateur (11:12).
C’est un lieu merveilleux pour celui qui aime le Seigneur, qui se confie en Lui, et qui le prie d’un cœur vrai : « Ô Seigneur, que ma part demeure de toujours marcher en te restant fidèle ». Mais, c’est un lieu triste pour celui qui n’est pas en communion avec le Seigneur. C’est là le secret du Psaume 73. De plus, il y a des difficultés que l’on ne rencontre pas en Égypte, car là on amène l’eau dans le pays avec ses propres forces, et là, la discipline de Dieu n’est pas visible de la même manière. Dieu supporte chez les incroyants, beaucoup de choses qu’Il corrige chez les siens (1 Cor. 11:32).
Nous avons ici la raison pour laquelle nous avons à gémir du manque de ministères rafraîchissants spirituellement parmi les croyants. Le plus souvent, nous en cherchons les raisons partout en dehors de nous-mêmes. Nous essayons par des efforts humains de remédier à cette carence. Plaçons-nous plutôt dans la lumière de Dieu, afin qu’Il puisse nous montrer quelle en est la véritable cause. Si celle-ci disparaît, et que nos cœurs battent à nouveau pour Lui seul, alors la pluie tombera de nouveau en abondance. Et si nous ne le faisons pas ? Eh bien, certes, nous ne périrons pas de dessus ce bon pays. Tous les croyants sont assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. Mais nous perdrons pratiquement la conscience de cette séance, ainsi que la jouissance des bénédictions. N’avons-nous pas tous connu de tels croyants, qui se sont réjouis pendant un temps des fruits du pays, et qui, plus tard, ont perdu tout cela, et ont pris un caractère terrestre ? Ne reconnaissons-nous pas, à la lumière de notre propre expérience, les origines d’une telle évolution ?
C’est pourquoi appliquons les paroles du Seigneur à notre cœur et à notre âme, afin d’être préservés de ce déclin. Le cœur est le siège des sentiments, et l’âme le siège de toute la vie naturelle. Chez nous, le danger est grand de ne recevoir la Parole que (ou surtout) dans notre tête, notre intelligence ou nos sentiments. Si notre cœur, notre amour, ne sont plus entièrement pour le Seigneur Jésus, nos pas (nos pieds) s’écartent rapidement, car ils suivent toujours le cœur.
« Notre main » : elle parle de nos actes. Ceux-ci doivent porter le caractère de la Parole de Dieu ; ils doivent être témoins de notre obéissance vis-à-vis du Seigneur glorifié dans le ciel, quoique rejeté par le monde. Nous voyons grâce à nos yeux. Job avait fait une alliance avec ses yeux afin de ne pas être entraîné au péché (Job 31:1). Nos yeux doivent donc être sous le contrôle de la Parole, afin de ne plus regarder les choses qui ne conviennent pas à un habitant « du pays ». La pensée va ici encore plus loin. La Parole doit être un fronteau. Les passages d’Apocalypse 13:16 et 14:1 ne montrent-ils pas clairement que nous devons revêtir publiquement les caractères moraux de la « Parole » du Seigneur ?
Nous devons les enseigner à nos enfants, en leur en parlant, quand nous sommes assis dans nos maisons, quand nous marchons par le chemin, quand nous nous couchons et quand nous nous levons. Quand faut-il ne pas en parler ? Cela ne suffit pas lorsque nos enfants nous accompagnent dans les réunions, ou même qu’ils fréquentent l’école du dimanche. Aussi importantes que soient ces choses, elles ne peuvent pas remplacer l’instruction donnée dans la famille. Prenons garde qu’il s’agit ici de « ces miennes paroles », autrement dit des statuts et des descriptions « du pays » ! Si notre cœur vit dans le pays, nous en parlerons. De l’abondance du cœur, la bouche parle.
Nous devons aussi les inscrire sur les poteaux de notre maison, et sur les portes. Notre maison, notre famille sont-elles caractérisées par ce que le Seigneur dit au sujet du pays, au sujet « des lieux célestes » ? Les portes de la maison parlent de l’exercice de l’autorité dans la famille, et de ce qu’on laisse entrer ou laisse sortir de la maison. L’autorité qui s’exerce dans la famille, est-elle celle de la Parole du Seigneur ? Ce qui est autorisé à entrer et à sortir de notre maison, est-il déterminé par la Parole ?
Lorsque Dieu a délivré le peuple de l’Égypte, le Pharaon voulait bien le laisser aller à condition que les petits enfants restent en Égypte (Exode 10:8-11). Satan sait que celui qui a en main la jeunesse, a l’avenir pour lui. Il sait aussi que, si les enfants restent en Égypte, les cœurs des parents y seront aussi attirés. Or Dieu pense à la poursuite de l’existence du peuple. Il veut avoir non seulement ceux qui vivent présentement, mais aussi leurs enfants.
Il n’est que trop fréquent de voir des parents croyants autoriser leurs enfants à aller dans des lieux, à avoir des amis, à lire des livres, — à faire toutes choses de ce genre alors qu’ils les condamnent pour eux-mêmes. Dieu voit les enfants comme occupant la même place que leurs parents croyants. Les enfants doivent être délivrés de l’Égypte avec leurs parents. Ils sont saints (séparés pour Dieu) par le fait d’avoir des parents croyants, ou même l’un d’entre eux seulement (1 Cor. 7:14). Dieu veut que nous les voyons également ainsi, et qu’ils occupent par conséquent, la même position de séparation, que celle que nous devons occuper. Il a plu à Dieu d’amener les enfants à la conversion par ce chemin-là (en règle générale).
Si la Parole peut ainsi marquer de son empreinte notre maison, notre famille et la vie de famille journalière, alors nos jours et les jours de nos enfants seront multipliés dans le pays. Alors, nous-mêmes et nos enfants demeurerons dans la jouissance glorieuse de toute la position chrétienne et de toutes les bénédictions spirituelles que Dieu a données dans le christianisme. Ces jours seront comme les jours des cieux qui sont au-dessus de la terre. C’est une merveilleuse expression,— mais peut-il y avoir une indication meilleure et plus claire de ce qui constitue une vie passée dans la communion avec le Seigneur, et dans la jouissance de toutes les bénédictions merveilleuses, que nous présente l’épître aux Éphésiens ?
Juges 2:10 constitue un triste exemple de l’inverse de ce qu’on a dans ce verset 21. Les Israélites n’ont pas obéi à la parole de Moïse dans Deutéronome 11:18-20. En Juges 2 nous en voyons le résultat. Une génération s’est levée, qui ne connaissait pas l’Éternel, ni l’œuvre qu’Il avait faite pour Israël. Alors, les fils d’Israël firent ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, et servirent les Baals, et oublièrent l’Éternel, le Dieu de leurs pères. Ils étaient encore le peuple de Dieu, mais ils ne servaient plus l’Éternel. N’avons-nous pas toujours vu se répéter la même chose ? Comment se fait-il que c’est presque une règle constante que la troisième (*) génération abandonne la vérité de Dieu, soit dans son cœur, soit ouvertement ? Les passages considérés dans l’Écriture ne donnent-ils pas la réponse ?
(*) note Bibliquest : Paul Finet voyait la sixième comme un maximum selon les exemples de l’Écriture.
Dans les versets 22 à 25, nous trouvons de nouveau que l’obéissance et l’amour sont les conditions indispensables à la jouissance des bénédictions. Si le peuple garde les commandements de l’Éternel, et marche dans Ses voies, L’aime et s’attache à Lui, Il chassera tous leurs ennemis, de sorte qu’ils puissent posséder tout lieu que foulera la plante de leurs pieds.
Notre héritage est occupé par des puissances de méchanceté ! Ce ne sont pas des puissances de chair et de sang, mais des puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes (Éph. 6:10-18). Pour conserver pratiquement l’héritage, et pouvoir jouir de ses fruits, les ennemis doivent être vaincus. Car ils cherchent à nous empêcher de prendre possession du pays, et ensuite, ils cherchent encore à nous en chasser dehors. C’est pourquoi, nous avons besoin de l’armure complète de Dieu. La première pièce en est : « Ayant ceint vos reins de la vérité ». Cela ne signifie pas simplement et seulement, connaître la vérité et être affranchi par elle ! Nos affections doivent en être remplies et être dirigées par elle. C’est la force qu’exerce la vérité sur l’âme, en sorte qu’il n’y a aucun relâchement du cœur, et la volonté propre n’est pas laissée libre d’agir, mais les affections sont tournées vers Christ. Si nos cœurs sont remplis du Seigneur Jésus, nous sommes sanctifiés par la vérité qui « est en Jésus » (Éph. 4:21). C’est l’application de ce que nos affections voient en Christ.
La pièce suivante de l’armure, c’est : « ayant revêtu la cuirasse de la justice ». Il ne s’agit pas ici de la justice que possède chaque croyant, en tant que tel, mais de notre justice pratique personnelle, et donc de notre obéissance au Seigneur. Si notre conscience n’est pas en paix parce que nous ne marchons pas dans la justice pratique, et donc dans l’obéissance, nous n’avons alors aucune force.
Mais si l’obéissance et l’amour se trouvent en nous, nous pourrons jouir de tout ce que Dieu nous a donné. Au v. 24, nous ne voyons pas toute l’étendue du pays telle qu’Israël le possèdera selon les promesses de Dieu dans le règne millénaire (Gen. 15:18-21). Dans ce temps-ci, ils ne devaient pas encore prendre possession du pays où habitaient Edom, Moab et Ammon, ainsi que nous l’avons vu au chapitre 2. Bientôt, ce sera certes le cas (Abdias 19-21 ; Sophonie 2:9).
On remarque aussi qu’ils n’ont jamais pris possession du pays jusqu’aux frontières indiquées ici. Le pays connut sa plus grande étendue au temps de David et de Salomon. Mais, même à cette époque ils dominèrent seulement sur les peuples habitant ce territoire, sans occuper eux-mêmes tout ce territoire. Josué s’empara de tout le pays selon tout ce que l’Éternel avait dit à Moïse, et le donna pour héritage à Israël (Josué 11:23 ; 21:43-45), mais eux-mêmes ne prirent pas possession de tout (Juges 1:21, 25-36). Lorsque le peuple s’éloignait de l’Éternel, et s’attachait à d’autres dieux, l’Éternel le livrait à la puissance de leurs ennemis (Juges 2:6-23).
Dans l’épître aux Éphésiens, il est dit que nous sommes assis dans les lieux célestes, et bénis de toute bénédiction spirituelle. Tandis que nos corps sont encore sur la terre, il est certain qu’il y a des limitations à la possession et à la jouissance pratiques de ces choses. Toutefois, avons-nous, par la foi, pris possession de tout ce que Dieu nous a maintenant déjà donné ? Avons-nous marché dans l’obéissance et dans l’amour, de telle sorte que le Seigneur puisse nous donner la victoire sur les ennemis ? Si nous revêtons l’armure complète de Dieu, Satan ne peut pas réussir contre nous. Il est un ennemi vaincu. Le Seigneur l’a vaincu, lorsqu’Il a accompli pour nous l’œuvre de la croix.
À partir du v. 26, nous avons le grand principe du gouvernement de Dieu : « Car ce qu’un homme sème, cela aussi, il le moissonnera. Car celui qui sème pour sa propre chair, moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit, moissonnera de l’Esprit, la vie éternelle » (Gal. 6:7-8 ; Rom. 2:6-8). Il est vrai, bien sûr, que seul celui qui est né de nouveau peut semer pour l’Esprit, et chercher, en persévérant dans les bonnes œuvres, la gloire et l’honneur et l’incorruptibilité. Car il est dit de tous ceux qui ne sont pas nés de nouveau : « Il n’y en a aucun qui exerce la bonté » (Rom. 3:12). Mais cela ne change rien au principe du gouvernement de Dieu.
Celui qui se nomme chrétien moissonne lui aussi ce qu’il a semé. Le gouvernement de Dieu est justement d’autant plus fort à l’égard de telles personnes qui se nomment d’après le nom de Christ, car Il veut être sanctifié en ceux qui s’approchent de Lui (Lév. 10:3). Le jugement commence par la maison de Dieu (1 Pierre 4:17). Or pour les croyants, le jugement dans le gouvernement de Dieu, prend davantage le caractère de discipline du Père envers Ses enfants qu’Il aime (Hébreux 12:6-11). Le but est de ramener, d’éduquer. Mais, dans le gouvernement de Dieu, il reste un jugement, et comme déjà dit, le jugement pour les croyants sur la terre ici-bas sera beaucoup plus sévère que pour les incroyants. « Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde » (1 Cor. 11:32).
Combien notre responsabilité est profondément sérieuse. Combien il est nécessaire que nous nous rappelions cette responsabilité à nous-mêmes, et les uns aux autres. « Et si vous invoquez comme père, celui qui, sans acception de personnes, juge selon l’œuvre de chacun, conduisez vous avec crainte pendant le temps de votre séjour ici-bas » (1 Pierre 1:17).
Au milieu du pays, il devait y avoir les montagnes de Garizim et d’Ébal. Depuis la première, la bénédiction devait être proclamée si le peuple marchait dans l’obéissance ; depuis la seconde, c’était la malédiction. Combien il est solennel de trouver en Deutéronome 27 tous les détails de la malédiction, mais sans un mot de bénédiction ! Quelle lumière cela jette sur ce que Dieu prévoyait chez le peuple ! Lorsque nous lisons toutes les secondes épîtres du Nouveau Testament (à l’exception de la deuxième épître aux Corinthiens), qu’est-ce que Dieu prévoyait concernant l’Assemblée ? Qu’a-t-Il prévu chez moi, aussi bien en ce qui concerne mon passé, qu’en ce qui concerne ce qui est encore futur pour moi ?
N’est-il pas remarquable que le nom de Guilgal soit justement mentionné ici pour la première fois ? Josué 5:1-9 (en particulier 5:9), nous montre la signification de Guilgal parmi les types de la Parole de Dieu. C’est l’application pratique de notre mort avec Christ, l’application de la mort à nous-mêmes. Le Saint Esprit ne veut-il pas, déjà ici, attirer notre attention sur le fait que nous ne pouvons combattre et vaincre qu’après la circoncision, comme Josué 5 nous le présente si clairement ?
La mention des chênes de Moré n’est-elle pas aussi remarquable ? C’est là où Abraham, le père des croyants, entra par la foi dans le pays (Gen. 12:6). Quel exemple pour Israël et pour nous ! Moré signifie « Maître qui enseigne ». La leçon des chênes de Moré n’est-elle pas que nous voyons la croissance, la force et la fermeté qu’il y a quand nous apprenons vraiment la leçon de Garizim, d’Ébal, de Guilgal et d’Abraham (la foi) ?
Le peuple devait franchir le Jourdain, et prendre possession du pays. Nous sommes assis dans les lieux célestes, et nous sommes bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes. Ceci est vrai pour tous les croyants. Mais comment demeurons-nous dans cette sphère de bénédiction ? Jouissons-nous vraiment de tout ce que nous avons reçu ? Ou bien sommes-nous là, dans la détresse sous l’effet de la puissance de l’ennemi, parce que nous n’avons pas pris à cœur la leçon de ce chapitre 11 ?
« Et vous prendrez garde à pratiquer tous les statuts et les ordonnances que je mets aujourd’hui devant vous » (11:32).
« Aus dem Wort der Wahrheit » Vol. 2 p.265-281
Ce chapitre nous fait voir quelque chose de la richesse de la grâce de Dieu, ainsi que des bénédictions spéciales qui sont la part de ceux qui font partie de l’assemblée du Dieu vivant. La pâque est le fondement de toute bénédiction, pour nous. Ici en Deut. 16, Dieu demande par l’intermédiaire de Moïse de célébrer la pâque, et Il le demande à ceux qui sont déjà engagés de longue date sur le chemin de la foi. Deut. 12:1 permet de conclure que ces instructions s’appliquaient au peuple après son entrée dans le pays promis. Il en va de même ici pour ceux qui ont fait les expériences du désert, et qui ont appris à connaître la signification spirituelle du serpent d’airain, c’est-à-dire ceux qui ont appris d’une manière pratique, qu’en eux-mêmes, il n’habite aucun bien.
Il y a une grande différence entre connaître par la Parole de Dieu la vérité qu’il n’habite aucun bien en nous, et l’avoir apprise par l’expérience pratique, en sorte que nos cœurs en sont profondément pénétrés. Ce qui est bon dans notre vie, c’est seulement ce que le Saint Esprit peut opérer au travers de la vie nouvelle. Si le Seigneur ne nous garde, nous sommes capables de toutes les choses mauvaises. Il nous gardera aussi longtemps que nous marcherons avec Lui. Mais il peut arriver qu’Il nous laisse un moment, et alors, nous sommes capables de faire des choses dont même le pécheur le plus impie aurait honte.
La leçon importante du voyage à travers le désert est donc qu’en nous, il n’y a aucun bien ! C’est ce qu’exprime aussi Deut. 8:2 : « Et tu te souviendras de tout le chemin par lequel l’Éternel, ton Dieu, t’a fait marcher ces quarante ans dans le désert, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour connaître ce qui était dans ton cœur, si tu garderais ses commandements, ou non ». Voilà pourquoi aussi, ce n’est pas au début du voyage à travers le désert, mais à la fin, que nous trouvons le serpent d’airain que le Seigneur Jésus, en Jean 3, met en relation avec la nouvelle naissance. L’Ancien Testament ne nous montre pas la doctrine, mais le chemin par lequel nous pouvons réaliser pratiquement l’enseignement du Nouveau Testament, et apprendre ainsi ce que nous sommes. Si nous l’avons appris, alors nous avons horreur de nous-mêmes, et nous sommes reconnaissants de ce que, selon la Parole de Dieu, nous pouvons-nous tenir pour morts, et de ce que Dieu nous voit morts avec Christ (Romains 6:5, 6, 11). Et si Dieu nous voit ainsi, nous-mêmes aussi pouvons nous considérer comme tels. Pour Dieu, le vieil homme n’existe plus. C’est pourquoi le Jourdain constitue la fin du voyage, et est d’autre part une image de ce que nous sommes morts avec Christ et que, par sa vie de résurrection, nous pouvons entrer dans le pays, qui est pour nous une figure des lieux célestes.
La première célébration de la pâque a eu lieu en Égypte (Exode 12). L’Égypte est une figure du monde en tant que système de l’homme indépendant qui n’a pas besoin de Dieu. Pour cette raison, c’est aussi le lieu où la pâque est célébrée par celui qui vient à la connaissance de ce qu’il est un pécheur, confessant ses péchés et sa culpabilité dans la repentance envers Dieu et acceptant le Seigneur Jésus par la foi. C’est là que l’Évangile l’atteint, et qu’il entend que Dieu a donné Son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui, ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle. Le sang de l’agneau pascal appliqué sur la porte, lui donne l’assurance que Dieu, qui, en vérité, aurait dû exercer Son jugement, passe par-dessus. C’est donc en Égypte que le peuple a célébré la pâque pour la première fois, et qu’il s’est nourri de l’agneau sacrifié. Cela nous fait penser aux paroles du Seigneur Jésus : « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang, a la vie éternelle » (Jean 6:54).
La seconde fois, la pâque a été célébrée dans le désert. L’accent n’est pas alors mis tellement sur le sang (Exode 12), mais davantage sur la pureté de ceux qui célébraient la pâque (comparer Nombres 9:1-14). Le désert est le lieu de la mort, et le peuple de Dieu y rencontre bien des occasions de contracter de la souillure.
La troisième fois, nous trouvons comment la pâque devait être célébrée dans le pays. Ici, en Deut. 16, il n’est parlé ni du sang ni des souillures possibles, mais ce sont des choses bien plus élevées qui passent devant nos yeux. La pâque nous est présentée ici dans sa signification spirituelle pour les croyants qui ont grandi spirituellement, ou autrement dit, qui sont devenus vraiment chrétiens. Je reviendrai un peu plus tard sur ce sujet, à propos de ce que je comprends, d’après la Parole de Dieu, quant à ce qu’est un chrétien.
« Garde le mois d’Abib, et fais la pâque à l’Éternel, ton Dieu ; car au mois d’Abib, l’Éternel, ton Dieu, t’a fait sortir, de nuit, hors d’Égypte ». Nous trouvons ici le mois d’Abib, mentionné par deux fois. Abib signifie littéralement : « épis verts ». Tant que les épis sont verts, la récolte ne peut pas encore être engrangée. C’était pourtant le moment où le peuple devait faire la pâque, une époque où il n’y avait donc encore aucun fruit pour Dieu sur la terre, car le fruit pour Dieu n’est possible que sur la base de la pâque. Dieu ne peut pas trouver de fruit chez quelqu’un qui n’a pas part à l’œuvre du Seigneur Jésus. Ce n’est que chez ceux qui sont nés de nouveau, et qui, par la foi, ont accepté le Seigneur Jésus, que Dieu trouve du fruit. Cela n’a été possible qu’après que le Seigneur ait accompli Son œuvre, et qu’il se soit alors trouvé des personnes ayant part à cette œuvre. Par nature, il n’y a personne qui ait fait du bien ; non, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu. Oui, l’imagination des pensées de leur cœur n’est que méchanceté en tout temps (Rom. 3:23 ; Gen. 6:5). Tu pourrais être l’homme le plus religieux qui soit, et aller à toutes les réunions de l’église, et consacrer toute ta vie au service des autres, — tu paraîtrais alors servir Dieu extérieurement, et pourtant, tant que tu n’as pas confessé tes péchés devant Dieu, et que tu n’as pas accepté le Seigneur Jésus par la foi, toute ta vie n’est que péché, parce que tout s’y déroule dans la désobéissance vis-à-vis de Dieu : en effet Dieu ordonne à tous les hommes de se convertir et de se repentir (Actes 17:30).
Mais comme cela a déjà été indiqué, Deut. 16 ne s’adresse pas à des nouveaux convertis, mais à des croyants ayant déjà passé par les expériences du désert, et qui sont sur le point d’entrer dans le pays de Canaan. Ce sont des croyants qui ont appris à connaître ce qu’est une joie accomplie, et qui ont aussi acquis quelque intelligence spirituelle de ce que sont les bénédictions les plus élevées, qui sont déjà notre part par la foi, même si nous n’en jouirons parfaitement que dans la maison du Père.
« Et sanctifie la pâque à l’Éternel, ton Dieu, du menu et du gros bétail, au lieu que l’Éternel aura choisi pour y faire habiter son nom » (16:2). Cette expression : « au lieu que l’Éternel aura choisi pour y faire habiter son nom », ou simplement : « au lieu que l’Éternel aura choisi » se retrouve 16 fois dans les chapitres 12 à 16 (12:5, 11, 14, 18, 21, 26 ; 14:23, 24, 25 ; 15:20 ; 16:2, 6, 7, 11, 15, 16). On retrouve cette expression encore cinq autres fois dans le Deutéronome (17:8, 10 ; 18:6 ; 26:2 ; 31:11) (*).
(*) On trouve encore une fois l’expression : « dans le lieu qu’il choisira dans l’une de tes portes » (23:16), mais là, il s’agit d’un Israélite qui choisit ce lieu, parce qu’il a appris à le connaître, et parce qu’il a pour seul désir d’habiter là, c’est-à-dire au lieu que l’Éternel aura choisi pour y faire habiter son nom.
Ce lieu est donc mentionné 21 fois (3 fois 7) : 7 est le chiffre de la perfection, et 3 le chiffre d’une révélation complète. La première chose qui nous vient à l’esprit quand nous nous souvenons de l’œuvre du Seigneur Jésus à la croix, c’est qu’il y a un lieu où nous pouvons venir, le lieu qu’Il a choisi pour y faire habiter Son nom. C’est le lieu dont le Seigneur Jésus dit en Matt. 18:20 : « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom [littéralement : à mon nom], je suis là au milieu d’eux ». Le Seigneur désire que nous recherchions ce lieu, pour nous souvenir là de l’œuvre merveilleuse qu’Il a accomplie à la croix, et de tous les glorieux résultats qui en découlent. Là Il est présent personnellement au milieu des Siens, et, ainsi que nous le voyons lors de la dernière nuit lorsqu’Il était rassemblé avec Ses disciples, Il rompt le pain et nous le donne en disant : Prenez-en tous et mangez. Et Il nous tend la coupe en disant : Buvez-en tous. C’est là que nous pouvons prendre le pain et le vin de Sa main.
Croyons-nous qu’il soit indifférent à Dieu le Père, en quel lieu nous nous rassemblons pour nous souvenir de la mort du Seigneur ? Pour déterminer ce lieu, la question n’est pas le genre de personnes qui s’y rassemblent. Il y a beaucoup de lieux où se réunissent des croyants ayant une très bonne conduite, des croyants pour lesquels nous ne pouvons qu’avoir du respect. Il y a beaucoup d’endroits où se réunissent des croyants qui sont de meilleurs chrétiens que nous. Mais la question décisive est celle-ci : le Seigneur est-Il là au milieu ? Se réunissent-ils au lieu où Il invite les Siens à Le rencontrer ? Au Psaume 87:2, les fils de Coré chantent : « L’Éternel aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob ». Pourquoi aime-t-il Jérusalem plus que toutes les autres villes ? Pourquoi le Père aime-t-Il le lieu où nous nous rassemblons plus que tous les autres lieux ? Le Père aime Ses enfants et se réjouit quand ils sont réunis. Il attache du prix à ce qu’ils soient rassemblés pour célébrer la cène ou lire Sa Parole. Mais il y a un lieu qu’Il aime par-dessus tout. Pourquoi ? La réponse nous est donnée au Psaume 87:6 : « Celui-ci est né là ». Ce lieu se trouve en relation avec le nom du Seigneur Jésus, et c’est pourquoi Jérusalem est le lieu que l’Éternel a choisi.
Croyons-nous qu’il soit indifférent au Père que Son Fils, qui a été rejeté sur cette terre, ait ici-bas un lieu où ceux qui ont été sauvés par Son œuvre se rassemblent autour de Lui, et y reconnaissent ses droits ? Est-il indifférent au Père qu’il y ait un lieu où ceux qui viennent se rassembler là le font parce qu’ils ont appris à L’aimer, et parce qu’ils désirent fléchir les genoux devant Lui et Le reconnaître comme Seigneur ? Le moment viendra où tout genou se ploiera devant Lui, et où toute langue confessera qu’Il est Seigneur (Phil. 2:10-11). Le diable et ses démons fléchiront alors aussi les genoux devant Lui, ainsi que tous les souverains sacrificateurs. Oui, tous ceux qui auront vécu sur la terre, se prosterneront devant Lui et le reconnaîtront comme Seigneur. Ce n’est pas encore le cas maintenant ; maintenant le Seigneur Jésus est encore rejeté, mais un jour viendra où tous comparaîtront devant Lui, quand Il s’assiéra sur le grand trône blanc, et que les morts seront jugés par Lui selon leurs œuvres.
S’il y a ici encore quelqu’un qui n’ait pas encore fléchi les genoux devant le Seigneur Jésus, qu’il réfléchisse un peu à ceci : Dieu a donné son Fils unique pour mourir pour toi sur la croix. Le monde L’a rejeté, et là, sur la croix, Il a rencontré la colère de Dieu d’une manière terrible. Refuses-tu d’accepter cette œuvre pour toi ? Or ce n’est pas là tout ce que Dieu a fait ; Il fait maintenant annoncer l’Évangile par les Siens, et Il demande à tous les hommes, oui, Il les prie, Il les supplie : Venez, soyez réconciliés avec moi (comp. 2 Cor. 5:20). Le Dieu Tout-puissant ne dit pas : Demande-moi si je n’aimerais pas être bienveillant à ton égard. Non, Il te demande : Viens, accepte que j’ôte l’inimitié de ton cœur, réconcilie-toi avec moi. Quel châtiment mérite certainement celui qui n’accepte pas cette offre ! Réfléchis encore une fois à la grandeur infinie de la grâce, — une grâce telle que le Fils de Dieu est allé à la croix pour pouvoir te sauver. Et cette même grâce t’implore maintenant d’accepter cette offre de Dieu afin de pouvoir te bénir. Peux-tu refuser cette grâce ? Si tu refuses, ce n’est pas seulement ton propre salut qui est en jeu, mais tu fais un affront à Dieu, au Fils de Dieu, le Créateur, et au Père qui a donné Son Fils. Considère bien l’amour et la grâce du Père et du Seigneur Jésus, qui ont tout fait pour te sauver. Il n’y a pas d’autre chemin pour être sauvé. Dieu est amour, Sa nature est amour, oui, tout ce qui vient de Lui est amour ; mais quant à Son être, Il est lumière (1 Jean 4:8 ; 1:5). Dieu ne peut jamais agir d’une manière qui soit en contradiction avec ce qu’Il est en Lui-même. Il ne peut jamais agir de façon injuste. S’Il ne te jetait pas en enfer, Il serait effectivement injuste.
Dieu a fait attention à la manière dont les hommes ont traité son Fils ; et Il a dû cacher Sa face de Lui lorsque son Fils a été pendu au bois à ma place. Il a porté mes péchés en Son corps. Croyons-nous que ce que les hommes Lui ont fait, était indifférent à Dieu ? Dans l’éternité Dieu avait regardé à cette œuvre du Seigneur Jésus à la croix ; et dans toute l’éternité, Lui et toute la création regarderont vers elle : c’est le point central de l’histoire du monde, le point central de tous les conseils de Dieu. Le Créateur Lui-même est devenu homme sur la terre, comme s’il était une créature, — mais Il est le Créateur — et Il a pris la place sur la croix, pour être frappé de Dieu et pour rétablir tout ce que l’homme avait gâté. Autant l’homme a souillé par le péché la création magnifique de Dieu, autant le Seigneur Jésus ramènera à nouveau la création en harmonie avec Dieu. « Car, en Lui, toute la plénitude s’est plu à habiter, et par Lui, à réconcilier toutes choses avec elle-même, ayant fait la paix par le sang de sa croix, par Lui, soit les choses qui sont sur la terre, soit les choses qui sont dans les cieux. Et vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis quant à votre entendement, dans les mauvaises œuvres, Il vous a toutefois maintenant réconciliés dans le corps de sa chair, par la mort » (Col. 1:19-22).
Croyons-nous que Dieu ait été indifférent à ce que l’on dise au Seigneur : Retourne d’où tu es venu ; nous ne voulons pas de toi comme roi ? Pour ce qui est de leur responsabilité, les hommes L’ont mis à mort. Sans doute, ils n’ont pu faire que ce qu’Il leur a permis, et c’est Lui qui a laissé sa vie. Mais ils L’ont rejeté, ils L’ont mis à mort, et L’ont mis dans un sépulcre. C’est ainsi qu’ils se sont débarrassés de Lui. Ils ne voulaient rien avoir à faire avec Lui.
Mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. Il n’a pas exercé immédiatement le jugement sur le monde et en particulier sur ceux qui étaient coupables de la mort du Seigneur Jésus. Oui, Il tarde toujours à exercer le jugement. Pourquoi Dieu fait-Il durer encore le temps de la grâce ? Pourquoi permet-Il qu’on blasphème encore contre Son Fils ? Pourquoi Dieu permet-Il encore aux hommes de rire de Lui, de se moquer de Lui, et de dire les choses les plus infâmes à Son sujet ? Pourquoi Dieu permet-Il encore aux hommes de poursuivre leur chemin, sans s’enquérir de Sa volonté ? Nous le savons : Notre Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés, et viennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2:4). Voilà la raison fondamentale pour laquelle Dieu est plein de grâce, et que le temps de la grâce dure encore.
Peut-être nous sommes-nous déjà posé la question de savoir combien il pouvait bien y avoir de vrais croyants dans notre pays, ou en Europe, ou sur la terre entière. Nous pourrions penser qu’il n’y en a qu’une très faible proportion. Mais Dieu, dans son amour, a permis que sous la malédiction qui pèse sur cette terre, beaucoup de petits enfants meurent sans avoir consciemment rejeté le Seigneur : Ceux-ci sont tous auprès de Lui, dans la gloire. C’est pourquoi, je ne doute pas que la majorité des êtres humains sera au ciel. Seuls la grâce extraordinaire de Dieu et Son amour auront produit cela. Combien est immense la grâce de Dieu de surseoir encore au jugement, pour qu’il y ait toujours plus de gens sauvés, pour qu’ils reçoivent dans le temps actuel les plus grandes bénédictions que Dieu puisse donner, à savoir d’être rendus conformes à l’image de Son Fils (pour ceux qui reçoivent le Seigneur Jésus dans le temps présent — Rom. 8:29). Dieu voulait avoir des enfants, oui, des fils, au milieu desquels le Seigneur Jésus, son Fils unique, puisse être le premier-né entre plusieurs frères. Telle est la grâce de Dieu.
Combien le cœur de Dieu se réjouit de trouver sur cette terre qui a rejeté son Fils, des hommes qui reconnaissent Celui qu’Il a fait Seigneur et Christ (Actes 2:36) ! En soi, c’est le devoir de tout être humain de servir Dieu, et de L’aimer de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force (Deut. 6:5). Mais combien peu le font ! Au lieu de cela, les hommes ont l’audace de dire au sujet du Seigneur Jésus des choses si scandaleuses que nous ne pouvons pas en parler. Dieu le permet, mais Il se réjouit d’autant plus de ce qu’il y ait des hommes qui ploient les genoux devant Lui, ceux dans le cœur desquels le Saint Esprit a travaillé pour qu’ils Le reconnaissent de plein gré, comme leur Seigneur.
Combien le cœur du Seigneur Jésus se réjouit lorsqu’Il voit ceux qui se rassemblent autour de Lui, pour commémorer les heures terribles qu’Il a vécues sur la croix, lorsque, rejeté par le monde entier, et tandis que Dieu cachait sa face de Lui, Il dut s’écrier : « Mes iniquités m’ont atteint, et je ne puis les regarder ; elles sont plus nombreuses que les cheveux de ma tête » (Ps. 40:12) ; et : « Je suis enfoncé dans une boue profonde, et il n’y a pas où prendre pied ; je suis entré dans la profondeur des eaux, et le courant me submerge » (Ps. 69:2). Lui-même nous demande de faire ceci en mémoire de Lui. Combien ces heures de la croix ont été terribles pour le Seigneur ! Celui « qui n’a pas commis de péché » (1 Pierre 2:22), « qui n’a pas connu le péché » (2 Cor. 5:21), a été fait, là, péché pour nous, et a porté en Son corps, les péchés de tous ceux qui croiraient en Lui. Combien de milliards de péchés, cela faisait. Lui qui haïssait tellement le péché au point de venir pour abolir le péché (Héb. 9:26), pour détruire le péché, oui, pour ôter le péché du monde (l’Agneau qui ôte le péché du monde — Jean 1:29), — Lui a dû être Celui qui portait les péchés. Il n’a pas encore effectivement ôté le péché, mais à la croix, Il a posé le fondement pour qu’il le soit. Il le fera dans un jour futur. Dans l’éternité, il n’y aura plus de péché, plus d’iniquité, dans toute la création ; tout sera alors renfermé dans l’étang de feu, où seront alors le diable et ses démons (c’est pour lui et ses démons que l’enfer est préparé). Mais là aussi seront tous ceux qui auront refusé ici-bas de recevoir la grâce de Dieu, et de reconnaître Jésus comme Seigneur, et de ployer leurs genoux devant Lui. En-dehors de l’étang de feu, il n’y aura plus rien en opposition contre Dieu, en sorte que Dieu pourra habiter sur la nouvelle terre où seront tous ceux qui auront ployé les genoux devant Lui. Même l’assemblée sera de temps en temps sur la nouvelle terre, en tant que tabernacle de Dieu, car notre habitation normale ne sera pas sur la nouvelle terre, mais dans la maison éternelle du Père. C’est là que nous habiterons pour l’éternité, avec le Père, avec le Fils et avec le Saint Esprit.
Ne croyons-nous pas que le Père aime à trouver sur la terre, des lieux où les droits de Son Fils sont reconnus ? Certes, nous savons bien à quel point nous sommes faibles ; tous ceux qui ont un peu appris à se connaître, s’humilient chaque jour devant le Seigneur à cause de la faiblesse de leur amour, et de leur oubli fréquent de demander au Seigneur ce qu’ils doivent faire. Combien peu nous apprécions d’avoir un lieu où nous pouvons nous rassembler et où le Seigneur Jésus se trouve personnellement au milieu de nous. Mais Dieu voit dans nos cœurs le désir, si faible soit-il, de Le reconnaître, ainsi que son Fils, le rejeté, comme Seigneur et d’être en Sa présence. Nous désirons nous demander, à nous qui connaissons le Seigneur, tant les plus âgés que les plus jeunes : Que signifie pour nous, ce lieu où nous nous réunissons ? C’est le seul endroit, le seul témoignage sur la terre, où les droits du Seigneur sont clairement reconnus. Je ne parle pas de notre pratique : sur ce plan nous n’avons que des motifs de nous humilier. Mais demandons-nous si nous tenons compte du fait qu’Il est là, présent personnellement au milieu de nous, même s’Il est invisible à nos yeux naturels. Est-ce à Lui seul que nous pensons, est-ce Lui seul que nous écoutons, sommes-nous dans l’attente de ce que Lui veut nous dire, de quel frère Il veut se servir pour proposer un cantique approprié, ou pour exprimer une prière comme étant la bouche de l’assemblée, en harmonie avec ce que le Saint Esprit opère dans nos cœurs ? C’est Lui-même qui nous tend le pain rompu : « Ceci est mon corps qui est donné pour vous » (Luc 22:19). En mangeant de ce pain, nous exprimons par là que nous avons part à l’œuvre merveilleuse qu’Il a accomplie pour nous. Nous contemplons Son amour, Sa grâce, le prix qu’Il a payé pour notre salut. Et lorsque nous nous rassemblons autour de Lui pour écouter sa Parole, dans quelle mesure regardons-nous réellement à Lui pour recevoir Sa bénédiction ? Car c’est bien Lui qui nous invite, pour nous bénir, et nous fournir tout ce dont nous avons besoin.
« Et sacrifie la pâque à l’Éternel, ton Dieu,… au lieu que l’Éternel aura choisi, pour y faire habiter son nom » (16:2). Le Seigneur a choisi ce lieu, c’est là qu’Il est présent, et Il nous invite à Lui comme Ses invités, pour célébrer la pâque. Là, nous nous souvenons de l’œuvre qu’Il a accomplie à la croix. Pour l’Israélite, l’agneau devait être sacrifié et son sang appliqué sur les poteaux des portes pour qu’il ne soit pas atteint par le jugement de Dieu : il en est de même pour nous. Mais à la pâque, notre souvenir ne se porte pas en premier lieu sur notre rédemption, mais sur Lui, qui a été le véritable Agneau de la pâque. « Sacrifie la pâque à l’Éternel, ton Dieu », autrement dit, si je puis m’exprimer ainsi, retournons en Esprit à la croix, et sacrifions nous-mêmes l’agneau, et pénétrons avec notre cœur, avec des sentiments spirituels dans ce que cela a signifié pour le Seigneur, de mourir là. « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22:19).
« Tu ne mangeras pas avec elle de pain levé ; pendant sept jours tu mangeras avec elle des pains sans levain, des pains d’affliction » (16:3). Outre cela, on ne devait manger aucun pain levé, ni rien qui comportât du levain. Le levain est une pâte dégénérée, qui contamine toute la pâte avec laquelle il entre en contact. Le levain est une figure du péché, de la nature corrompue de l’homme. En appliquant cela à nous-mêmes, cela signifie que notre rassemblement doit être totalement séparé de tout péché. En 1 Cor. 11:31, nous lisons : « Mais si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés ». Le Seigneur dut intervenir en jugement dans l’assemblée à Corinthe, parce que quelques uns rompaient le pain sans avoir pratiqué le jugement de soi-même. Quel affront pour le Seigneur Jésus ! Quelle affliction pour Son cœur, si je viens au lieu où je me souviens de ce qu’Il s’est livré Lui-même pour porter le jugement prononcé sur le vieil homme, et que j’apporte une parcelle de celui-ci, ne m’étant pas auparavant purifié dans le jugement de moi-même. Non, dans ce lieu, on doit élever des mains saintes ; dans ce lieu, on ne doit pénétrer qu’avec des cœurs purifiés par le jugement de soi-même, bien sûr sur la base de Son œuvre. Le sang n’a pas besoin de nous être appliqué à nouveau, car cela a été fait une fois pour toutes, et ce que dit 1 Jean 1:9 a pour nous toute sa valeur : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés, et nous purifier de toute iniquité ». Combien il nous faut veiller à ne pas mettre ce lieu en relation avec du péché non jugé !
Nous arrivons maintenant à un autre point : « Parce que tu es sorti en hâte du pays d’Égypte » (16:3). Le croyant ne se trouve plus en Égypte. Au moment où nous nous sommes convertis et où nous sommes nés de nouveau, nous étions encore dans le monde, quant à notre état. Peut-être que quant à notre position, nous n’étions plus en Égypte, car les enfants de parents croyants ne sont pas dans le monde, mais dans la maison de Dieu ; ils sont sanctifiés à cause de leurs parents : « puisque autrement vos enfants seraient impurs ; mais maintenant ils sont saints » (1 Cor. 7:14), c’est-à-dire qu’ils sont mis à part du monde, même s’ils ne sont pas encore convertis. Mais en ce qui concerne leurs cœurs et leurs âmes, ils appartiennent au monde tant qu’ils ne sont pas convertis et n’ont pas la vie de Dieu.
« Afin que tous les jours de ta vie, tu te souviennes du jour de ta sortie d’Égypte » (16:3). Ce monde a rejeté le Seigneur. Mais Dieu était en Christ, « réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes » (2 Cor. 5:19). Lui, le Créateur, le Fils de l’homme, à qui tout le jugement est donné, est venu ici-bas, sur cette terre, mais non pas pour juger. Alors que quelques uns des Juifs Le questionnaient sur un partage d’héritage, Il leur répondit qu’Il n’était pas venu pour juger. Il vint pour user de grâce, alors pourtant qu’Il est le juge. Or ce monde L’a traité comme il a voulu et L’a rejeté. Voilà ce qu’est le monde. C’est pourquoi la Parole de Dieu dit : « Le monde entier gît dans le méchant » (1 Jean 5:19). Il ne reste plus aucune grâce pour le monde comme tel. Dieu lui a tendu la main en son temps dans la personne du Seigneur Jésus. Dieu aurait accordé Sa grâce au monde entier, si celui-ci avait reçu le Fils. Si Israël avait reçu son roi, Il aurait régné sur lui, et toutes les bénédictions du règne millénaire lui auraient été accordées. Mais ils L’ont rejeté. Il n’est pas venu dans toute Sa majesté, mais comme un petit enfant, pour montrer qu’Il venait en grâce, non pas en jugement. Pourtant les hommes ont crié : « Crucifie-le ». Et comme conséquence de Son œuvre, le Seigneur a envoyé l’Esprit Saint sur la terre, après avoir été Lui-même glorifié, et l’Esprit Saint a convaincu le monde de péché, de justice et de jugement (Jean 16:9). Satan et le monde sont déjà jugés. Or là, sur la croix, le Seigneur Jésus s’est donné Lui-même pour nos péchés, en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais (Gal. 1:4).
Lorsque nous nous rendons à Son invitation pour être là près de Lui, au lieu où Il est reconnu comme Seigneur, Lui pour qui le monde n’a eu aucune place où Il ait pu poser le pied, mais seulement une croix et un tombeau — pourrait-il, Lui, être satisfait, si nous apportons le monde dans ce lieu, ce monde qui L’a rejeté et qui ne Lui est pas soumis, mais qui Le hait, aujourd’hui comme alors ?
Je pose la question à nous tous, mais particulièrement aux plus jeunes : Sommes-nous conscients de ce qu’est le monde ? C’est un système dominé par Satan, et qui a rejeté le Seigneur Jésus ; un système qui, dans très peu de temps, va être jugé par Lui, et pour lequel il n’y a plus de grâce. Les pays dits chrétiens recevront le jugement le plus sévère. Presque tous les jugements décrits en Apocalypse ch. 6 à 19 tombent sur l’Europe de l’ouest et sur Israël. Tout va être ici anéanti. Connaissons-nous le caractère de ce monde, et sommes-nous conscients de ce que le jugement de Dieu est suspendu sur ce monde, et qu’il n’y a plus aucune grâce pour lui ? Oui, le Seigneur Jésus appelle des individus à sortir de ce monde, comme Il nous a aussi nous-mêmes tirés hors de ce monde (Gal. 1:4). Mais le monde dans son ensemble est placé sous le jugement, — y compris l’économie, les arts, et aussi toutes les religions, mais hormis le service pour le Seigneur Jésus par lequel Sa seigneurie et Sa gloire sont reconnues. Réalisons-nous clairement de quel monde Sa grâce nous a délivrés ? Sommes-nous conscients d’avoir pris place auprès de Lui, de franche volonté ? Lorsque nous nous sommes faits baptiser pour Sa mort, nous avons été ensevelis avec Lui. Être baptisé pour sa mort, signifie : être crucifié avec le Seigneur, tandis que le monde entier se rassemble là, autour de la croix, et y voit le Seigneur encore pendu. Là, nous sommes faits un avec Lui. Le monde entier s’est uni contre Lui : les Romains, comme puissance politique, les Juifs, comme puissance religieuse, et les Grecs, comme le monde du savoir, de la philosophie. En nous faisant baptiser, nous avons accepté d’être du côté du Rejeté, et nous avons été ensevelis avec Lui. Le tombeau est la dernière chose que le monde fournit à un homme sur cette terre. Ensuite on l’oublie. C’est ce que le monde a fait avec le Seigneur Jésus. Par le baptême, nous avons confessé accepter cette place avec Lui, sur cette terre. Croyons-nous que Dieu nous aurait accepté, si nous avions dit : Nous voulons bien partager la place avec Lui au ciel, mais pas sur cette terre ?
Je parlais une fois avec un jeune homme. Il pensait possible d’aller au ciel sans partager ici-bas la place de rejet du Seigneur Jésus. Il désirait obtenir les bénédictions découlant de l’œuvre du Seigneur Jésus, mais il ne voulait pas que l’appartenance au Seigneur soit un obstacle à son avancement sur la terre. Il professait être converti. Était-ce réellement sa conviction ? non, cela ne l’était pas. Le cœur de l’homme est souvent plus sain que son intelligence. Celui qui croit vraiment pouvoir recevoir le Seigneur Jésus comme Sauveur, sans le reconnaître en même temps comme Seigneur, celui-là ne sera pas sauvé. Dieu ne le recevrait pas. Si tu confesses de ta bouche, Jésus comme Seigneur, et que tu croies dans ton cœur, que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé (Rom. 10:9). La confession est faite en face du monde. Le monde sait-il que toi, tu as accepté le Seigneur Jésus ? Chers jeunes gens, si le Seigneur ne vient pas tout de suite, vous avez plus de temps que vos aînés pour témoigner de Lui. Nous devons confesser que nous avons été infidèles. Plus on est âgé, et plus il est humiliant de n’avoir pas plus rendu témoignage au Seigneur durant sa vie. Vous avez encore du temps. Considérez bien qui est le Seigneur Jésus ; considérez ce qu’est le monde dans son vrai caractère ; pensez à ce que vous avez fait en recevant le Seigneur Jésus comme Sauveur et Seigneur ; pensez à Son amour, au point qu’Il a tout sacrifié pour vous sauver. Il aimerait que vous soyez prêts à aller dans le chemin, seul avec Lui, hors de l’Égypte, hors du domaine de l’homme indépendant, pour manger là la pâque, « afin que tous les jours de ta vie, tu te souviennes du jour de ta sortie du pays d’Égypte ». Là, séparé de ce monde, tu peux avoir communion avec Lui, — Lui que le monde a rejeté.
« Mais au lieu que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi pour y faire habiter son nom, là, tu sacrifieras la pâque, le soir, au coucher du soleil, au temps où tu sortis d’Égypte » (16:6). Si nous regardons autour de nous, ici dans nos pays, on ne dirait pas que la nuit est tombée. Mais, pour Dieu, il fait nuit dans ce monde depuis la croix. L’incroyant se trouve dans les ténèbres, et il est même lui-même ténèbres, comme nous le lisons en Éph. 5:8 : « Car vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ». Nous sommes dans la lumière, et nous sommes même enfants de lumière ; mais dans le monde, il fait nuit et les ténèbres règnent. Les gens de ce monde sont dans les ténèbres, de sorte qu’ils ne peuvent pas connaître la réalité des choses. Nous, nous sommes dans la lumière, et nous connaissons l’état du monde : il est sous la puissance de Satan. Le jugement de Dieu est suspendu sur ce monde et peut s’exécuter à chaque instant. Dès que le Seigneur Jésus viendra pour prendre les Siens auprès de Lui, les jugements atteindront cette terre. Ils seront si terribles que, pour la première fois de leur vie, les gens prieront ; mais ils nous prieront ni Dieu ni le Seigneur Jésus : le temps pour cela sera alors passé. Ils prieront les montagnes et diront aux rochers : « Tombez sur nous, et tenez-nous cachés de devant la face de celui qui est assis sur le trône et de devant la colère de l’Agneau ; car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? » (Apoc. 6:16-17). Alors, ils sauront que Celui qu’ils ont rejeté, vient pour les juger. Mais les montagnes ne peuvent pas apporter de réponses aux prières. En ce temps-là, ni le Seigneur Jésus, ni le Père, n’exauceront les prières de ceux qui n’auront pas voulu se convertir à notre époque. Le temps de la grâce sera alors passé pour tous ceux qui auront entendu l’évangile. Seuls pourront alors encore se convertir, ceux qui n’auront pas entendu l’évangile pendant le temps de la grâce, et auxquels l’évangile du royaume sera alors prêché. Tous les autres, Dieu ne les recevra plus, mais Il leur enverra un esprit d’erreur pour qu’ils croient au mensonge, afin que soient jugés tous ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité (2 Thes. 2:10-11). Toi aussi, tu feras partie de ces gens si tu ne te convertis pas maintenant.
Lorsque nous sommes rassemblés autour du Seigneur Jésus le dimanche matin, et qu’Il nous tend le pain rompu, ne pensons-nous pas alors particulièrement au fait qu’Il a été rejeté sur cette terre, et n’y a eu aucune place ? Il a dû dire : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des demeures, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête » (Matt. 8:20). Les hommes ne Lui ont accordé aucun lieu où poser le pied, ils L’ont élevé sur la croix. D’après les paroles de l’Écriture, le Seigneur n’est pas mort sur la terre. Le Fils de l’homme devait être élevé, et Il a été suspendu entre ciel et terre, rejeté par le monde. Le ciel s’est fermé sur Lui, parce qu’Il a été pendu là à notre place et y a porté notre jugement. La terre qu’Il avait créée et qu’Il soutient par la Parole de Sa puissance (Héb. 1:3) n’a eu aucune place pour Lui ! Mais maintenant, Il a ici-bas sur la terre un lieu « qu’Il a choisi, pour y faire habiter son nom ». Il nous invite dans ce lieu, afin que nous soyons dans Sa présence, et que nous fassions l’expérience de Son amour, et que nous recevions tout ce qu’Il voudrait nous donner. Son cœur et le cœur du Père sont réjouis de ce qu’il y ait des hommes qui choisissent d’être de Son côté dans ce monde, qui Le reconnaissent comme Seigneur, et qui Lui accordent de bon gré dans leur cœur la place que le Père Lui a donnée. C’est leur joie de s’incliner devant Lui, et de Lui rendre hommage pour l’œuvre qu’Il a accomplie à la croix. Oui, c’est leur joie de se nommer Ses esclaves. Mais Ses disciples, le Seigneur ne les appelait pas esclaves. C’est ainsi par exemple, que Jacques et Jude qui étaient frères du Seigneur Jésus selon la chair, auraient pu écrire au début de leurs épîtres en tant que fils de Marie et de Joseph : « frère du Seigneur » (comme Paul nomme Jacques en Gal. 1:19) ; mais Jacques a écrit : « esclave de Dieu et du Seigneur Jésus Christ » (Jacq. 1:1), et Jude : « esclave de Jésus Christ, et frère de Jacques » (Jude 1). C’était leur joie d’être esclaves de Celui qu’ils avaient connu comme frère lorsqu’Il était jeune. Qui d’entre nous, après avoir fait tant soit peu l’expérience de Son amour et de Sa grâce, ne se réjouit pas d’être esclave du Seigneur Jésus ? Certes, nous ne le sommes pas parfaitement. Quiconque aime véritablement le Seigneur et trouve sa plus grande joie à Le servir, sera surtout porté à s’humilier devant le Seigneur de ce qu’il oublie si souvent de demander au Seigneur quelle est Sa volonté, et de ce qu’il suit ses propres pensées. Mais le Seigneur voit dans notre cœur le désir de Le servir.
Combien je suis reconnaissant du ch. 21 de Jean où le Seigneur parle avec Pierre ! Il lui demande d’abord : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ? ». Pierre répond à cela : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime ». Pierre emploie ici, pour « aimer », un autre mot que le Seigneur dans Sa question. Ce deuxième « aimer » n’est pas aussi fort, et on pourrait le traduire par : « avoir de l’affection ». La deuxième fois, le Seigneur demande à Pierre : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? », et Pierre répond : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime [de nouveau : « J’ai de l’affection pour toi »]. C’est alors que le Seigneur demande à Pierre : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? » et, cette fois, le Seigneur Lui-même emploie ce mot utilisé deux fois par Pierre : « As-tu de l’affection pour moi ? ». Là-dessus, Pierre, devenu triste, répond : « Seigneur, tu connais toutes choses ; tu sais que je t’aime ». Pierre n’avait évidemment pas montré son amour envers le Seigneur lorsqu’il jurait avec serment : « Je ne connais pas cet homme ! ». C’était le même Pierre qui avait confessé : « Tu es le Fils du Dieu vivant ». Mais Pierre avait la conscience de ceci : Seigneur, tu connais mon cœur, et tu sais que dans mon cœur, l’amour pour toi demeure. Quelle joie de pouvoir dire cela au Seigneur. Si nous marchons dans la lumière, en vérité, c’est chaque jour que nous avons à nous humilier devant Lui, et à confesser combien nous le réalisons faiblement en pratique. Mais cela Il le sait, Il connaît nos cœurs mieux que nous-mêmes. Cependant, Il sait bien qu’il s’y trouve de l’amour pour Lui, et que nous désirons le servir. Quelle joie pour le Père, lorsqu’Il en trouve qui ont cette pensée, et qui l’expriment aussi, — si faible qu’en soit la réalisation pratique — qui ne vont pas au lieu qu’ils ont choisi, eux, mais au lieu que le Seigneur a choisi pour y faire habiter son nom. Mais lorsque le désir de s’y trouver est présent dans notre cœur, alors le Seigneur et le Père s’en réjouissent.
Quel lieu béni que celui où nous nous réunissons et où nous pouvons célébrer la pâque dans la présence du Seigneur. C’est là qu’on voit quelles bénédictions nous avons reçues, et que nous prenons aussi conscience de ce que ce lieu signifie pour le Père, et pourquoi Il préfère les portes de Jérusalem à toutes les demeures de Jacob (Ps. 87:2). Oui, Il aime aussi celles-ci ; Il aime tous Ses enfants, et quand les enfants de Dieu se rassemblent, Il les bénit. Mais Il aime par-dessus tout quand ils se rassemblent autour de Son Fils, Lui étant le centre, et qu’ils Le reconnaissent comme Seigneur, et Lui disent tout simplement : « Seigneur, que veux-tu que nous fassions ? ». Il en sera ainsi dans le règne millénaire, sur la terre, quand tout genou se ploiera devant Lui, et que toute langue confessera qu’Il est Seigneur. Et il en sera ainsi éternellement dans le ciel. Mais le Père et le Seigneur Jésus désirent qu’il en soit déjà ainsi ici sur la terre. Que signifie ce lieu pour nous ? Y sommes-nous par tradition, parce que nos parents se rendaient déjà là ?
Jeunes frères et sœurs, le Seigneur désire avoir les siens auprès de Lui, et vous donner le pain rompu et le vin versé, afin de diriger vos cœurs sur Lui-même, et de vous donner sous la direction du Saint Esprit tout ce dont vous avez besoin pour votre vie spirituelle. Alors, quand nous nous rassemblons pour la réunion de prière, nos prières montent au Père. Le Père abaisse Son regard avec satisfaction ici-bas, parce qu’il y en a qui rendent hommage à Son Fils, et qu’Il est là au milieu d’eux, en sorte qu’ils sont revêtus de Sa gloire. En Apoc. 8:3, nous voyons le Seigneur Jésus sous la figure d’un ange, accompagnant de parfum les prières des saints qui sont alors sur la terre : ce parfum nous parle de Sa gloire intrinsèque, personnelle, et il est lié aux prières. Combien ces prières doivent être alors agréables au Père ! Médite sur ce qu’est un pareil lieu ! et quand tu l’as compris, alors tu ne peux plus abandonner ce lieu. Plus on avance en âge, plus on reconnaît aussi que nous sommes capables de tout, oui, y compris d’abandonner ce lieu, si le Seigneur ne nous gardait — et on reconnaît ai