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Le puits de Beër ou Lakhaï-roï

 

Genèse 16:7-14 ; 24:61-67 ; 25:1-16

 

H.L. Heijkoop

Traduit de l’allemand : Aus dem Wort der Wahrheit, vol. 1 p. 94-106

Les titres de paragraphes ont été ajoutés par Bibliquest

Table des matières :

1     Signification du puits

2     L’eau, image de la Parole de Dieu

3     L’eau et l’Esprit — Jean 3, 4 et 7

4     Genèse 16:4-6 — Retours en Égypte

5     Genèse 16:7-14 — D’où viens-tu et où vas-tu ?

6     Dieu se révèle dans Sa Parole

7     Genèse 24 — Rebecca rencontrée à Lakhaï-roï

8     Genèse 25:1-6 — Abraham donnant tout à Isaac

9     Genèse 25:7-11 — Isaac habitait près du puits de Lakhaï-roï

10      Garder Ses commandements — Jean 14

10.1    Jean 14:21a — Garder les commandements = preuve d’amour

10.2    Jean 14:21b — Je me manifesterai à lui

10.3    Jean 14:23-24 — Garder la Parole

11      Genèse 25:11 et 24:62

 

 

 

 

1                    Signification du puits

Les trois passages lus ont trait au puits de Beër-Lakhaï-roï, et la note en bas de page sur Gen. 16:14 renseigne sur le sens de ce nom : le puits du Vivant qui se révèle (ou : qui s’est fait voir ; ou : qui m’a vu). Nous verrons dans ce qui suit quelque chose de ces diverses significations. Le puits est donc une figure de ce en quoi Dieu s’est révélé (c’est-à-dire la Parole), et aussi du fait que Dieu nous voit. Les paroles du Seigneur Jésus en Jean 4 et 7 le montrent aussi clairement, quand Il parle de l’eau vive qu’Il donnerait. Le puits (ou fontaine) donne de l’eau vive, qui a une force intrinsèque, grâce à laquelle elle jaillit au-dehors. Nous lisons en Jean 4:14, que cette eau sera dans le croyant, une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. L’eau vive représente donc la Parole de Dieu, rendue vivante par le Saint-Esprit, et mettant les croyants en relation avec les bénédictions de la vie éternelle.

 

2                    L’eau, image de la Parole de Dieu

Si nous considérons les passages du Nouveau Testament qui parlent de la nouvelle naissance, nous y trouvons la confirmation que l’eau est une figure de la Parole de Dieu. En Jean 3:5, le Seigneur Jésus dit qu’on doit être né de nouveau, d’eau et de l’Esprit. Éphésiens 5:26 nous dit que Christ purifie l’assemblée par le lavage d’eau, par la Parole. Paul, en Tite 3:5, parle du lavage de la régénération et du renouvellement de l’Esprit Saint. L’eau est donc une figure de la Parole de Dieu, dans sa puissance purificatrice, ainsi que le Seigneur Jésus le dit aux disciples en Jean 15:3 : « Vous, vous êtes déjà nets, à cause de la parole que je vous ai dite ». Jacques 1:21 et 1 Pierre 1:23 montrent aussi clairement que la nouvelle naissance est produite par la Parole de Dieu. Le Saint Esprit applique la Parole au cœur et à la conscience, et convainc ainsi l’homme de son état de pécheur, l’amène au jugement de lui-même, et à la confession de son péché devant Dieu. C’est le seul chemin indiqué par la Parole par lequel un homme peut être purifié de ses péchés. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés, et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9). C’est le côté de la responsabilité de l’homme : confesser son péché devant Dieu (bien qu’en définitive ce soit aussi une œuvre du Saint Esprit), mais en même temps, le Saint Esprit produit la nouvelle vie dans une telle personne, par la Parole de Dieu, par la nouvelle naissance.

 

3                    L’eau et l’Esprit — Jean 3, 4 et 7

Nous avons donc vu que le Seigneur, en Jean 3, parle de la nouvelle naissance produite par l’eau et par l’Esprit.

Ensuite au ch. 4, le Seigneur parle à la femme samaritaine, et dissocie, pour ainsi dire, l’eau et l’Esprit, et Il montre une autre relation, pour nous faire comprendre ce que l’Esprit opère, en rendant claire pour nous la Parole de Dieu, et en nous l’appliquant. Le Seigneur Jésus dit ici : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te parle…, tu lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive » (Jean 4:10). Ici, le Seigneur attire l’attention, moins sur ce que Dieu donne, et bien plus sur ce qu’il est, Lui, le grand Donateur, qui aime donner. Il donnerait à cette femme de l’eau vive qui serait en elle une fontaine jaillissant en vie éternelle.

Plus loin, au chapitre 7, le Seigneur dit que si quelqu’un a soif, qu’il vienne à Lui et qu’il boive. Celui qui croirait en Lui, des fleuves d’eau vive couleraient de son ventre. Il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en Lui, après la glorification du Seigneur Jésus. Par conséquent, l’eau vive est donc en relation avec la personne du Saint Esprit ; Il est la puissance qui rend vivante la Parole de Dieu. Par cette puissance, l’eau jaillit bien haut, et devient une fontaine. Le Saint Esprit est ce qui rend la Parole de Dieu vivante en nous, pour que nous puissions la comprendre.

C’est une pensée très importante qu’on retrouve en 1 Corinthiens, à savoir qu’un homme ne peut pas, par lui-même, comprendre la Parole de Dieu, mais que seul le Saint Esprit la rend compréhensible. Pour cela, il est nécessaire que le Saint Esprit habite en lui. Un inconverti n’a pas le Saint Esprit, et ne peut par conséquent jamais comprendre la Parole de Dieu, hormis que Dieu lui montre clairement par Sa Parole qu’il est un pécheur perdu, et qu’il a besoin d’un Sauveur. Toutefois, pour pouvoir réellement comprendre les pensées de Dieu développées dans Sa Parole, il est nécessaire que le Saint Esprit habite en nous, en chacun de ceux qui ont cru à l’Évangile. Alors le Saint Esprit rend la Parole de Dieu vivante en nous, et nous pouvons la comprendre. Elle devient en nous une source, une fontaine qui jaillit en vie éternelle.

1 Jean 5:20 nous dit que le Seigneur Jésus est « le Dieu véritable et la vie éternelle ». Cela signifie donc que le Saint Esprit, en rendant vivante la Parole en nous (en sorte que nous la lisons effectivement comme étant la Parole de Dieu), nous met dans une relation vivante avec le Seigneur Jésus qui est maintenant dans la gloire. Oui, Il est la vie éternelle, la source de notre vie. Lui-même est notre vie !

Le dernier jour de la fête des tabernacles, c’est-à-dire le huitième jour (ce jour parle de l’état éternel, quand nous serons au ciel, dans la maison du Père, pour y jouir des bénédictions éternelles), le Seigneur Jésus parle de l’eau vive, la Parole de Dieu, qui peut déjà opérer en nous en sorte que nos sentiments les plus profonds s’épanchent au dehors. C’est ce qui est dit là : « Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre » (Jean 7:38). Cela signifie donc que, par le Saint Esprit qui habite en nous, nous sommes déjà maintenant capables de comprendre la Parole, de sorte que nous connaissons déjà maintenant les bénédictions éternelles qui seront notre part quand nous serons dans la maison du Père. Si nous donnons au Saint Esprit l’occasion de rendre vivante en nous la Parole de Dieu, des fleuves d’eau vive couleront de notre ventre, des fleuves de ces choses glorieuses que nous trouvons dans la Parole, se répandront vers d’autres, si bien que nous deviendrons des sources de bénédiction pour ceux qui entrent en contact avec nous. C’est aussi ce que les fils de Coré chantent au Psaume 84 : « Passant par la vallée de Baca (des pleurs), ils en font une fontaine » (Ps. 84:6). S’ils passent par le désert, par la vallée de l’affliction, ils en font une fontaine, parce qu’ils sont les fontaines d’où sort la bénédiction.

C’est ce que nous voyons en type dans les passages de la Genèse que nous avons lus. Nous y trouvons ici des indications claires sur le fait que la Parole de Dieu est le Livre par lequel Dieu s’est révélé, et dans lequel nous reconnaissons qu’Il nous voit. Je me souviens d’un incident, il y a quelques dizaines d’années en Allemagne. Le père d’un cher ami était tout à fait incrédule, bien que sa femme fût convertie déjà depuis longtemps et qu’elle participât à la fraction du pain. Elle essayait toujours à nouveau de l’amener aux réunions, mais il refusait. Une fois que le frère Paul Schwefel annonçait l’évangile, le mari se dit prêt, pour la première fois, à accompagner sa femme. En rentrant chez eux, il se fâcha contre elle, en lui reprochant d’avoir tout raconté à cet homme ce qui concernait sa vie. Elle lui garantit n’avoir absolument rien raconté au frère Schwefel, mais il ne la crut pas, et lui dit avec rage : Je n’irai plus jamais avec toi. Le jour suivant, le Seigneur amena le frère Schwefel à faire visite à cette sœur. Elle pleura, et supplia le frère Schwefel de dire quand même à son mari qu’elle ne lui avait rien raconté à son sujet. Le frère Schwefel put alors prouver à cet homme que ce qu’il pensait n’était pas vrai, du fait qu’il était allé directement de la gare du train au local où il devait annoncer l’évangile. Un frère qui l’accompagnait dans la visite put témoigner dans le même sens. L’homme fut touché par cela, et dit : Alors, ce doit être Dieu qui l’a vu, et qui l’a mis dans votre bouche. Ce fut le moyen par lequel il se convertit, et devint un enfant de Dieu.

 

4                    Genèse 16:4-6 — Retours en Égypte

C’est aussi ce que nous lisons ici en Genèse16, au sujet d’Agar. Agar s’était enfuie de devant sa maîtresse Sara, et le verset 6 nous dit que c’était parce que Sara l’avait maltraitée. Agar était une esclave venue d’Égypte avec Abraham et Sara (l’Égypte est une figure du monde, en tant que pays sous le jugement de Dieu), et elle avait le grand privilège de se trouver dans la présence d’Abraham. Elle vivait dans la maison de l’homme à qui Dieu avait donné toutes Ses promesses. Elle se trouvait dans ce lieu de bénédiction sur lequel Dieu abaissait Ses regards avec bienveillance. Or maintenant, elle fuyait pour retourner en Égypte.

En Agar, on peut voir l’image d’un homme qui, quant à sa nature, appartient à ce monde, mais qui, par la bonté de Dieu, a été amené au lieu de la bénédiction. En cela, elle fait penser aux enfants de croyants, qui, par la grâce de Dieu, ont grandi dans une famille chrétienne, et qui connaissent le Seigneur. Hébreux 6 nous montre quelles bénédictions merveilleuses sont liées à ce lieu. Ils goûtent la puissance de l’Esprit Saint. Ils sont sous l’influence de la Parole de Dieu, et leurs parents les amènent là où est le Seigneur, et où Sa bénédiction est ressentie. Pourtant il arrive que des jeunes gens de familles chrétiennes, veulent revenir en Égypte, leur lieu d’origine quant à la nature. Mais combien il est merveilleux, comme nous le voyons ici, que Dieu les aime, les cherche et se donne la peine de les amener à la conscience de ce qu’ils sont, et où ils vont. Dieu voit tout. Aucune créature n’est cachée devant Lui (Hébreux 4:13).

 

5                    Genèse 16:7-14 — D’où viens-tu et où vas-tu ?

« Et l’Ange de l’Éternel » — je pense que dans tout l’Ancien Testament l’Ange de l’Éternel est une image du Seigneur Jésus — « la trouva près d’une fontaine d’eau dans le désert » (Gen. 16:7). Il la trouva, parce qu’il la cherchait. Quelle grâce merveilleuse aussi pour des parents qui sont peut-être en souci pour leurs enfants, parce que ceux-ci veulent retourner dans le monde. Quelle grâce aussi pour ces enfants ! Le Seigneur les cherche. L’Ange dit à Agar : « Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ? » (Gen. 16:8). Arrête-toi un instant, et demande-toi d’où tu viens et où tu vas !

D’où viens-tu ? N’avait elle pas conscience de la place qu’elle avait auprès d’Abraham, là où Dieu avait donné toutes ses promesses ? Elle se trouvait en relation avec lui, et avait part aux bénédictions, même si celles-ci n’étaient pas expressément pour elle, parce que, de fait, elle n’était pas directement liée à Abraham.

Et où vas-tu ? Elle s’enfuyait vers le pays sur lequel le jugement va éclater. Solennelle réalité ! Je ne sais pas si, ici, il y en a de tels parmi nous, jeunes ou plus âgés, qui ont goûté la bénédiction liée au fait d’avoir grandi dans une famille chrétienne, ou de vivre parmi les enfants de Dieu, et de connaître le lieu où le Seigneur Jésus se trouve au milieu des Siens, où le Saint Esprit dirige tout, en sorte qu’ils ont eu part aux bénédictions qu’on y trouve. Eh bien, le Seigneur Jésus te dit aussi à toi, ce soir : Réfléchis un peu d’où tu viens et où tu vas. Tu viens du lieu où tu peux recevoir la vie éternelle, le seul lieu où la vie éternelle est donnée. C’est-à-dire qu’elle peut être reçue, seulement là où le Seigneur Jésus se trouve, et par l’évangile. Tu viens du lieu où le bonheur éternel et la joie éternelle peuvent être ta part. Et où vas-tu ? Dans ce monde, dont la Parole de Dieu dit qu’il gît dans le méchant, et sur lequel le jugement de Dieu est suspendu, et va bientôt fondre. La damnation éternelle, le séjour en enfer pour toujours, telle est la part de ceux qui appartiennent au monde. Quelle grâce que le Seigneur Jésus invite encore aujourd’hui : Arrête-toi un moment, et réfléchis à ceci : d’où viens-tu et où vas-tu ? Dieu te voit ! Dieu nous voit.

 

6                    C’est dans Sa Parole que Dieu se révèle

Du point de vue prophétique, cette circonstance d’Agar a une autre portée. L’épître aux Galates nous dit qu’Agar est une figure de l’ancienne alliance, et qu’Ismaël, son fils, est une figure d’Israël selon la chair. Il est aussi vrai que Dieu a d’abord confié Sa Parole à Son peuple Israël. Les enfants d’Israël ont été les premiers auxquels Dieu s’est révélé, auxquels Il a donné Sa Parole, même si ce n’était pas d’une manière aussi claire et glorieuse que pour nous. Même si Dieu ne s’est pas révélé dans l’Ancien Testament aussi clairement que nous Le connaissons aujourd’hui, le fait n’en demeure pas moins qu’Il s’est révélé. Il avait déjà donné là un puits du Vivant qui se révèle. Lui, qui habite la lumière inaccessible, qu’aucun des hommes n’a vu ni ne peut voir, s’est révélé (1 Tim. 6:16). Et les figures de l’Ancien Testament montrent clairement où Il s’est révélé : dans Sa Parole, rendue vivante par le Saint Esprit. Pour comprendre cela, n’était-il pas nécessaire, comme on l’a vu en Jean 3, 4 et 7, que nous devenions enfants de Dieu par la nouvelle naissance, et que nous recevions l’Esprit Saint comme demeurant en nous ? C’est la seule manière, pour nous, de voir dans la Parole de Dieu, le Vivant qui s’y est révélé.

N’avons-nous pas appris à connaître Dieu dans sa Parole ? Oui, et spécialement dans le Nouveau Testament. C’est là que nous voyons le Seigneur Jésus qui a révélé Dieu : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14:6). Toute la plénitude du Saint Esprit habitait dans le Seigneur Jésus ; Dieu ne Lui avait pas donné l’Esprit par mesure (Jean 3:34). « Car en Lui, toute la plénitude s’est plu à habiter » dit Col. 1:19. C’est spécialement dans les évangiles que nous voyons comment Dieu s’est révélé comme celui qui est le Vivant qui se révèle, qui se fait voir. Plus loin aussi dans le Nouveau Testament, dans les Actes, les épîtres et l’Apocalypse, Dieu a révélé toute Sa gloire, en sorte que nous pouvons voir L’Invisible, parce qu’Il s’est révélé, qu’Il s’est fait voir.

Ne le voyons-nous pas aussi dans l’Ancien Testament, dans tous les types depuis Genèse 1 jusqu’à Malachie 4 ? Ne voyons-nous pas Sa majesté dans la création ? Ne le voyons-nous pas en Genèse 3, dans la figure de l’animal mis à mort par Dieu pour revêtir Adam et Ève de sa peau ? Ne le voyons-nous pas dans l’offrande qu’Abel apporta ? Ne Le voyons-nous pas à chaque page de l’Ancien Testament ? Partout nous voyons le Seigneur Jésus ; et c’est le Saint Esprit qui rend la Parole de Dieu vivante en nous pour nous faire voir la gloire de Dieu. Et à la fin, nous avons la pleine révélation de Dieu, dans le Fils de son amour. Quel trésor merveilleux nous avons reçu ! Si nous lisons la Parole de Dieu avec prière, alors nous pouvons avoir la conscience que ce n’est pas notre intellect, mais le Saint Esprit qui rend vivante en nous la Parole de Dieu, et nous révèle Dieu.

Maintenant, se pose la question : Que représente la Parole de Dieu dans notre vie pratique ? Quel était le dessein de Dieu en nous donnant Sa Parole ? Je pense que les passages lus en Genèse 24 et 25 nous donnent une réponse.  

 

7                    Genèse 24 — Rebecca rencontrée à Lakhaï-roï

Au chapitre 24, nous trouvons le serviteur allant chercher Rebecca pour épouse d’Isaac. Nous avons lu que Rebecca rencontre Isaac, non pas dans la tente de Sara, mais tandis qu’elle est encore dans le désert, et plus précisément, au puits de Lakhaï-roï. Isaac se tient là, et médite à l’approche du soir. Quel endroit merveilleux ! Qui d’entre nous ne sait pas qu’Isaac est un type du Seigneur Jésus, qu’Abraham est un type de Dieu le Père, et le serviteur, un type du Saint Esprit envoyé pour chercher une épouse pour Isaac ? Rebecca est une figure de l’assemblée, l’épouse du Seigneur Jésus. La rencontre de Rebecca avec Isaac a lieu au puits de Lakhaï-roï. Lorsque Rebecca voit Isaac, elle descend de son chameau, et demande au serviteur : « Qui est cet homme qui marche dans les champs à notre rencontre ? ». Et le serviteur dit : « C’est mon seigneur ». Et elle prit son voile et se couvrit. C’est comme si elle disait : Désormais, je ne veux plus être qu’à Isaac. Aucun autre homme ne devait dès lors voir quelque chose de sa beauté (Genèse 24:16). Elle voulait dorénavant n’être qu’à Isaac, comme son épouse, et n’appartenir qu’à lui. Dès cet instant, elle n’aima que lui. Elle était prête à tout abandonner pour être sa femme.

Rebecca ne représente pas un pécheur qui se convertit, mais elle est plutôt l’image d’un croyant qui désirerait être tout entier pour le Seigneur Jésus. Nous trouvons là le moyen de réaliser une vie de communion pratique avec le Seigneur Jésus. Rebecca rencontre Isaac au puits de Lakhaï-roï, au puits « du Vivant qui se révèle ». Nous trouvons le Seigneur Jésus, uniquement dans la Parole de Dieu. C’est là qu’Il se révèle à nous, là qu’Il remplit nos cœurs de Sa gloire, de sorte que nous ne désirons qu’une chose : être en communion avec Lui.

J’aimerais m’adresser spécialement aux jeunes croyants qui sont parmi nous, et leur dire : c’est la seule façon d’être réellement séparé du monde, pour être uniquement pour Lui, pour voir Sa gloire. Il n’en est ainsi que si nous le cherchons au seul endroit où Il se trouve : au puits du Vivant qui se révèle. Si nous lisons la Parole de Dieu à genoux, avec le désir dans le cœur de voir le Seigneur Jésus, alors le Saint Esprit placera le Seigneur Jésus dans toute Sa gloire devant nos yeux. Hébreux 2:9 dit ceci : « nous voyons Jésus… ». C’est ainsi qu’Étienne vit le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu (Actes 7:56). C’est là que nous pouvons Le trouver. Voici la clé : Si nos cœurs désirent vivement ne vivre que pour le Seigneur Jésus, et représenter quelque chose qui soit pour Lui, à Sa gloire ici-bas, nous devons Le chercher là où Il se trouve : au puits de la Parole de Dieu. C’est la place normale de tout croyant.

 

8                    Genèse 25:1-6 — Abraham donnant tout à Isaac

C’est ce que nous voyons d’une manière remarquable au chapitre 25. Nous y trouvons, pour ainsi dire, une vue d’ensemble de toute l’histoire d’Abraham jusque dans l’éternité, une vision générale de l’histoire du peuple d’Israël. Dieu avait donné toutes les promesses à Abraham ; il était le vase des promesses de Dieu. Avant Abraham, Dieu n’avait donné aucune promesse. Dieu avait bien dit en Genèse 3 que la semence de la femme briserait la tête du serpent, mais ce n’était pas une promesse faite à Adam, mais une annonce de jugement faite au serpent. Toutes les promesses ont été faites à Abraham. Il eut beaucoup de fils (Gen. 25:1-2), comme une indication de ce que toutes les familles de la terre seraient bénies en lui (Gen. 12:3). Dans le règne millénaire, toutes les nations de la terre seront bénies grâce aux promesses données par Dieu à Abraham. Toutefois, en cette circonstance, Isaac occupe une place particulière : « Et Abraham donna tout ce qui lui appartenait à Isaac » (Gen. 25:5). Par le chapitre 22, nous savons qu’Isaac est un type du Seigneur Jésus comme Celui qui est mort, qui a accompli l’œuvre, et qui est aussi ressuscité d’entre les morts. Le Psaume 8 nous dit que Dieu a mis toutes choses sous ses pieds. Le Seigneur Jésus, comme homme, a reçu de Dieu, toutes les promesses. En type nous voyons ce qu’Il a : c’est comme Abraham qui a tout donné à Isaac.

 

9                    Genèse 25:7-11 — Isaac habitait près du puits de Lakhaï-roï

En avançant dans ce chapitre, nous lisons qu’Abraham meurt, et qu’il est enterré par ses deux fils Isaac et Ismaël, dans la caverne de Macpéla (Gen. 25:9). Ismaël est une figure d’Israël selon la chair, et donc d’Israël incrédule. Au moment même où les promesses de Dieu se réalisèrent, ce fut en même temps la fin des bénédictions pour Ismaël. À travers Abraham, Ismaël restait en relation avec les promesses de Dieu. Lorsque Abraham mourut, toute relation entre Ismaël et les promesses de Dieu fut brisée. Isaac était le fils de la promesse, le fils de la femme libre, et par suite, l’héritier des promesses faites à Abraham. Nous voyons là ce que signifie la croix. La mort d’Abraham parle de la fin des promesses de Dieu, parce que Dieu les a accomplies en ressuscitant le Seigneur Jésus d’entre les morts, après que Celui-ci eût accompli l’œuvre de la croix. Ce fait a constitué, d’un certain côté, la fin de l’histoire d’Israël. De ce point de vue, Israël n’avait, dès lors, plus aucune part aux promesses. Israël fut mis de côté, et le Seigneur Jésus a reçu toutes les promesses de Dieu en tant que Fils de l’homme. C’est ce que nous voyons en figure au verset 11 : « Et il arriva, après la mort d’Abraham, que Dieu bénit Isaac son fils. Et Isaac habitait près du puits de Lakhaï-roï ». Toute bénédiction est maintenant liée à la personne du Seigneur Jésus. En-dehors de Lui, il n’y a pas de bénédictions. Cela ne veut pas dire que, dans un temps futur, il n’y aura plus de bénédictions pour le peuple d’Israël. Au contraire : Ismaël eut douze fils, et ces fils furent appelés princes (Gen. 25:12-16). Cela veut dire qu’un temps viendra, où les fils d’Ismaël, les fils d’Israël selon la chair, seront des princes, et auront de nouveau part aux bénédictions acquises par le Seigneur Jésus. Ce sont les forts, avec lesquels le Seigneur Jésus partagera son butin (Ésaïe 53:12).

 

10               Garder Ses commandements — Jean 14

Pendant cette période, c’est-à-dire entre la mort d’Abraham et la seigneurie des douze fils d’Ismaël, Isaac habite près du puits de Lakhaï-roï. Comme nous l’avons vu, cela figure le temps entre la croix et la restauration d’Israël ; pendant cette période, Isaac habite près du puits, et avec lui, Rebecca qui est unie à lui. Nous apprenons ainsi quelle est la place où nous devons habiter selon les pensées de Dieu, où l’assemblée doit habiter, — étant unis à notre Isaac, en ce lieu du puits du Vivant qui se révèle. Maintenant, la question suivante se pose à nous : Habitons-nous en ce lieu ? Vivons-nous auprès de la Parole ? En disant cela, je ne parle de simplement d’avoir une bible chez soi. Bien sûr, c’est une bonne habitude de lire deux ou trois fois par jour un chapitre de la Parole de Dieu, mais cela, ce n’est pas encore habiter auprès de la Parole de Dieu. Y habiter signifie y trouver son repos. Notre vie se déroule-t-elle en relation avec la Parole de Dieu ? Puisons-nous à la source, au puits du Vivant qui se révèle ?

 

10.1                   Jean 14:21a — Garder les commandements = preuve d’amour

En Jean 14, le Seigneur Jésus parle de sa Parole. Ce sont des paroles très importantes. Il dit au verset 21 : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ». Et au verset 23 : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole », ou, comme le dit la note en bas de page : « il conservera ». Cela ne signifie pas simplement le fait d’avoir la Parole de Dieu entre les mains, mais le fait de la garder dans nos cœurs, et qu’elle ait une réalité vivante dans mes sentiments, dans mon cœur, et dans ma vie. Comment pouvons-nous prouver que nous aimons le Seigneur ? « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ». La seule manière de la prouver, c’est en gardant Ses commandements.

Une fois, je m’entretenais avec une jeune fille, dont les parents m’avaient demandé de lui parler. Elle ne le savait pas. Je lui demandai : « Aimes-tu tes parents ? ». Elle me répondit : « Oui ». Je lui demandai : « Aimes-tu le Seigneur Jésus ? ». Elle me répondit à nouveau : « Oui ». Alors, je lui posai la question : « Comment puis-je le savoir ? ». Elle ne répondit pas. Au bout d’un moment, je lui dis : « Puis-je le reconnaître au fait que tu suis un chemin qui fait pleurer tes parents ? Puis-je reconnaître à cela, que tu les aimes ? Puis-je reconnaître que tu aimes le Seigneur Jésus au fait que ton chemin est en complète contradiction avec la Parole de Dieu ? Montre-moi donc à quoi je dois reconnaître que tu aimes le Seigneur Jésus ! ». Elle ne répondit pas, et je ne crois pas qu’elle aimait le Seigneur Jésus. Si je dis que j’aime le Seigneur, mais que ma vie entière est en contradiction avec Sa Parole, et que je ne me soucie pas de Ses pensées, peut-on dire que j’aime le Seigneur Jésus ? Pourrais-tu te représenter une jeune fille fiancée qui dirait : « J’aime mon fiancé », mais qui ne s’en soucierait absolument pas, et qui ne penserait jamais comment elle pourrait lui plaire ? Croyons-nous qu’une telle jeune fille aime son fiancé ? Non, c’est impossible.

C’est bien ce que dit le Seigneur Jésus ici : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ». Les commandements sont les choses énoncées clairement dans la Parole de Dieu, et qui expriment non moins clairement ce que nous avons à faire, ou à ne pas faire. Si quelqu’un ne garde même pas ces commandements, on peut bien se demander si l’amour existe réellement chez lui. « Montre-moi ta foi par tes œuvres » dit Jacques. La foi sans les œuvres est morte. L’amour qui ne se manifeste pas d’une manière ou d’une autre, n’existe pas.

 

10.2                   Jean 14:21b — Je me manifesterai à lui

Mais, si nous gardons ses commandements, nous voyons ce qui s’ensuit : « Et celui qui m’aime, sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui » (Jean 14:21). Peut-être y a-t-il ici des croyants, convertis depuis peu, et qui ne connaissent pas encore bien la Parole de Dieu. Il y a pourtant des commandements du Seigneur, que vous connaissez. Si vous les faites, le Seigneur viendra se manifester à vous. Il ne le fait que pour ceux qui gardent Ses commandements. Si le Seigneur ne voit pas d’amour, Il ne se manifeste [ou : révèle] pas non plus. Cet amour, ne peut être prouvé qu’en gardant Ses commandements. Si le Seigneur se manifeste [ou : révèle] alors à nous, nous apprenons à mieux Le connaître, à connaître Ses sentiments et Ses pensées. Quand le serviteur demanda à Rebecca si elle voulait être la femme d’Isaac, elle répondit : « Oui ». Pourtant, que savait-elle de lui ? Certes, le serviteur avait un peu raconté de ce qui le concernait. Elle savait, au moins, qu’il était le bien-aimé de son père, et elle savait aussi quelque chose de ses richesses et de ses gloires, par les trésors que le serviteur lui avait montrés et donnés. Mais connaissait-elle les désirs et les souhaits d’Isaac ? Presque pas. Sans doute, le serviteur lui avait raconté en chemin plusieurs choses concernant Isaac. Mais ensuite, arrive le moment où Rebecca apprend à connaître parfaitement Isaac, ses pensées et les désirs de son cœur. Ainsi en est-il de chaque croyant, qui commence à apprendre à connaître le Seigneur Jésus lorsqu’il se convertit, puis qui pratique ce qu’il trouve dans la Parole de Dieu. Alors le Seigneur Jésus vient à lui et se révèle [ou : se manifeste] à lui. C’est le seul moyen par lequel on apprend à mieux Le connaître.

 

10.3                   Jean 14:23-24 — Garder la Parole

Nous voyons ensuite un autre résultat au verset 23 de Jean 14 : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ». La Parole vient bien après les commandements. Les commandements sont des instructions précises, à la différence de la Parole qui est l’expression générale des pensées du Seigneur. Ainsi, dans nos relations humaines, si nous prenons l’exemple d’une famille, il y a effectivement une grande différence entre ce qu’un père commande et ce qu’il exprime. Ce serait une vie de famille bien peu brillante si le père ne s’exprimait que sous forme de commandements.

Un jeune qui aime ses parents, ne se contentera pas de demander : Qu’est-ce que mon père a commandé ? Mais plutôt : Comment puis-je faire plaisir à mon père et à ma mère ? Il en est de même quant à notre relation avec le Seigneur. Celui qui L’aime avec sincérité, fera tout ce qui est selon Ses pensées. Dès que Paul fut né de nouveau, il dit : « Que dois-je faire Seigneur ? » (Actes 22:10). C’est le trait distinctif de la vie nouvelle, de faire ce que le Seigneur désire. Si nous le faisons, le Seigneur se révèlera, de sorte que nous apprendrons à mieux Le connaître, à mieux connaître Sa Parole, et pas seulement Ses commandements.

Le Nouveau Testament comporte peu de commandements, car les commandements ne sont pas l’expression d’une relation d’amour. Or c’est justement que la relation entre le Seigneur et nous, et entre le Père et nous est une relation d’amour : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon père l’aimera, et nous (le Père et le Fils) viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui ». Le Père et le Fils veulent donc habiter chez nous. Il ne s’agit pas, ici, d’habiter dans la maison du Père, comme ce sera le cas dans un jour futur. Non, déjà maintenant, le Père et le Fils veulent venir chez nous, et y faire leur habitation. Le Père ne peut habiter sur la terre, que là où Il peut être reçu comme étant Dieu. De même, le Seigneur Jésus ne peut habiter et trouver du repos que là où Il est reconnu comme Seigneur. C’est le cas quand nous L’aimons et que nous gardons Sa Parole.

 

11               Exhortation finale : Genèse 25:11 et 24:62

« Isaac habitait près du puits de Lakhaï-roï ». Quel endroit merveilleux pour habiter, près du puits du Vivant qui se révèle — être dans la présence directe du Seigneur Jésus, être près de Lui. Cela ne signifie pas seulement venir auprès de Lui une heure le Dimanche matin, ou aussi le Dimanche après-midi, et peut-être encore un ou deux soirs par semaine. Non, nous venons à Lui là où Il demeure. Mais Il habite chez nous, dans nos maisons, dans nos familles. Il demeure chez nous. Là, Il trouve là son repos, dans notre présence. Quelle place merveilleuse que celle où le Seigneur Jésus, non seulement se tient près de nous chaque jour, mais où Il trouve son repos, où Il demeure chez nous, et où le Père aussi peut faire sa demeure.

C’est là, selon les pensées de Dieu, la place distinctive du croyant dans le temps présent. C’est là que nous apprenons à Le connaître. C’est aussi le lieu dont Genèse 24:63 parle : « Et Isaac était sorti dans les champs pour méditer, à l’approche du soir ». La parole de Dieu ne dit rien du sujet de méditation d’Isaac ; mais est-il besoin de le dire explicitement ? Le Nouveau Testament parle ainsi de la patience de Christ (2 Thes. 3:5 ; Apoc. 3:10). Il nous attend. Gardons-nous la parole de Sa patience ? Attendons-nous, nous aussi, l’instant de Sa venue pour nous prendre auprès de Lui dans la gloire, pour nous introduire « dans la tente de sa mère », ou comme nous pouvons aussi le dire pour nous : dans la maison de Son Père ? Il désirerait habiter en nous dès maintenant, trouver du repos en nous, et se révéler parfaitement à nous ; mais Il ne peut le faire que si nous nous tenons près du puits du Vivant, près de la Parole de Dieu, et si nous la gardons dans nos cœurs. Vivons-nous, habitons-nous près du puits de Lakhaï-roï ?