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LE SAINT ESPRIT

 

H. L. Heijkoop

les sous-titres entre crochets ont été ajoutés par Bibliquest

Table des matières

1     Introduction [Importance de la vérité sur Dieu le Saint Esprit]

2     Le Saint Esprit est une personne divine

3     Le Saint Esprit dans l’Ancien Testament

4     Le Saint Esprit dans le Nouveau Testament

5     Le baptême de l’Esprit Saint et de feu [Matth. 3:11 ; Luc 3:16]

6     La repentance [Jean 16:8 ; rôle du Saint Esprit en rapport avec la repentance]

7     La nouvelle naissance [Jean 3 ; rôle du Saint Esprit en rapport avec la nouvelle naissance]

8     Le Saint Esprit comme puissance en nous [Jean 4:14]

9     Des fleuves d’eau vive [Jean 7:37-39]

10      La vie de résurrection [Jean 20:22]

11      Le Consolateur ( = Avocat) [Jean 14 à 16]

12      Quand un croyant reçoit-il le Saint Esprit ? [Réception du plein évangile ; Éph. 1:13 ; Actes 2:38 ; 8:14-17 ; 10:43-48 ; 19:1-7]

13      Affranchissement

14      Onction et sceau [du Saint Esprit]

14.1    [Onction : 2 Cor. 1:21 ; 1 Jean 2:20, 27]

14.2    [Sceau du Saint Esprit : 2 Cor. 1:21-22 ; Éph. 1:13 ; 4:30]

15      Afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez    Gal. 5:17 — [La marche par l’Esprit]

16      Plein de l’Esprit Saint et rempli de l’Esprit Saint [Plénitude]

16.1    [Plein de l’Esprit Saint]

16.2    [Rempli de l’Esprit Saint]

17      Le baptême du Saint Esprit [1 Cor. 12:12, 13 ; le Corps de Christ]

18      Le temple de Dieu [Éph. 2:22 ; 1 Cor. 3:16, 17 ; Exode 15 — Les croyants ensemble, une habitation de Dieu par l’Esprit]

19      L’Esprit emploie qui il veut [1 Cor. 12]

20      L’appel des ouvriers du Seigneur [Éph. 4]

21      Direction dans le service [comment l’Esprit dirige ; Ps. 32:8-9]

22      Direction du Saint Esprit dans les réunions [1 Cor. 14 — Déroulement des réunions]

23      Le Saint Esprit dans le culte et les réunions de prières [pas le lieu d’exercice des dons spirituels]

24      Conclusion

25      Annexe : Le Saint Esprit dans l’Apocalypse

 

1                    Introduction [Importance de la vérité sur Dieu le Saint Esprit]

La grande vérité de l’Ancien Testament est qu’il y a un seul Dieu, connu comme le Créateur, le Tout-Puissant, et l’Éternel (Deut. 6:4). Le diable a sans cesse essayé d’altérer et de détruire cette vérité, en entraînant les hommes loin de Dieu et en dirigeant leurs coeurs vers les faux dieux (1 Cor. 8:5).

La grande vérité du Nouveau Testament est que ce Dieu est une Trinité, qui s’est révélé à nous comme Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit. Éph. 4:4-6 nous la présente d’une façon très claire par trois cercles toujours plus étendus (voir aussi 1 Cor. 8:6 ; 1 Tim. 2:5). Et c’est contre cette vérité fondamentale du christianisme que Satan dirige toutes ses attaques. Il sait qu’avec cette vérité la foi chrétienne demeure ; sans elle, elle tombe. Aussi Satan, par le moyen d’une incrédulité frivole, nie l’existence de Dieu et conteste la divinité de Christ ou sa réelle humanité. Et il a réussi auprès de milliers de croyants, à obscurcir d’une telle manière la révélation que la Bible donne du Saint Esprit que ces croyants se trouvent en pratique dans l’état des croyants juifs mentionnés en Actes 19:1-4 qui n’étaient pas encore devenus chrétiens.

Combien y a-t-il de croyants conscients que le Saint Esprit n’est pas seulement une puissance ou une influence, mais vraiment une Personne divine ? Combien savent que le Saint Esprit habite en eux ? Et pourtant Rom. 8:9 dit expressément que quelqu’un qui n’a pas le Saint Esprit n’est pas de Christ !

Quel effet cela aurait sur notre vie, si nous réalisions vraiment que Dieu le Saint Esprit habite en tout croyant (Éph. 1:13 ; 2 Cor. 1:22) et qu’il veut régir et diriger notre vie. Quelle différence cela ferait si nous savions qu’Il habite aussi dans l’assemblée (Éph. 2:22 ; 1 Cor. 3:16) et qu’Il veut y diriger toutes choses selon ses pensées et employer qui Il veut ! Et quel résultat cela produirait si nous nous rendions compte que nous l’attristons quand nous ne le laissons pas diriger notre vie (Éph. 4:30) et que nous pouvons même l’éteindre quand nous ne nous soumettons pas à sa direction dans notre vie d’assemblée (1 Thess. 5:19).

Sondons donc la Parole de Dieu et recevons dans notre coeur, pour le mettre en pratique, ce qu’elle nous enseigne sur Dieu le Saint Esprit.

 

2                    Le Saint Esprit est une personne divine

Quelqu’un dira peut-être que cela n’a guère d’importance, en pratique, que le Saint Esprit soit une Personne, une puissance ou une influence. Consciemment ou inconsciemment, beaucoup pensent à Lui comme s’il était seulement une puissance. Mais cela fait une immense différence. Tout d’abord, parce que de cette manière une importante vérité est battue en brèche. Si le Saint Esprit n’avait pas sa propre personnalité, n’était pas une Personne divine, il n’y aurait pas de Trinité.

Mais encore, dans la vie pratique, cette vérité change tout. Si le Saint Esprit n’est qu’une puissance, agissant en moi, je peux faire des plans, les mettre à exécution et cela en ayant recours à cette puissance. En revanche, si c’est une Personne divine, qui habite en moi, je ne peux plus faire de plans, ni les exécuter. Car c’est Lui qui les fait et les exécute, et je n’ai rien d’autre à faire que de me laisser employer par Lui. Je ne suis plus celui qui agit, mais seulement un instrument qu’ Il utilise comme Il le veut. N’y a-t-il pas une immense différence entre le premier cas, où moi, simple créature, je recours au Créateur pour atteindre mon but, et le second, où le Dieu tout-puissant s’abaisse à recourir à sa créature pour l’employer, dans sa grâce, à l’exécution de Sa volonté ?

La première conception est purement celle d’un païen et conduit à une surestimation de soi et à une activité de la volonté propre. C’est ainsi que le païen agit envers ses faux dieux ! Tandis que la seconde conception produit l’humilité, la dépendance, conduit à la glorieuse certitude d’être dans le sentier de Dieu et d’avoir son approbation. Et pourrait-il y avoir quelque chose qui rende le coeur plus heureux que cette assurance que le Seigneur est avec nous ? Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons demeurer inébranlables, quelque grande que puisse être l’opposition de Satan et du monde.

Aussi est-il de la plus grande importance de sonder avec soin ce que les Saintes Écritures nous enseignent à ce sujet.

Quelles sont les caractéristiques d’une personne ? Ce n’est pas qu’elle ait un corps, comme beaucoup le pensent. En ce qui nous concerne, certes, la personne et le corps sont étroitement liés. C’est pourquoi, le croyant qui meurt en Christ n’est pas complet tant qu’il n’aura pas reçu un nouveau corps, lors de la résurrection, bien qu’il soit jusqu’à ce moment-là auprès du Seigneur et heureux ainsi. Si la possession d’un corps était le critère, les anges, par exemple, ne seraient pas des personnes, ni même Dieu le Père, ni encore le Seigneur Jésus avant d’être devenu homme. Une personne est un être vivant, conscient de son existence et qui pense, veut et agit consciemment.

Que dit la Parole du Saint Esprit ? Elle enseigne que :

Il a puissance et amour (Rom. 15:13, 30) ;

Il est un être qui pense et juge, qui aussi intercède pour nous (Rom. 8:26, 27) ;

Il sonde, connaît, enseigne et convainc (1 Cor. 2:10, 11 ; Néh. 9:20 ; Jean 16:8, 13) ;

Il a une volonté souveraine (1 Cor. 12:10, 11 ; Actes 13:2) ;

Il habite dans les croyants, individuellement (1 Cor. 6:19), et dans l’assemblée (1 Cor. 3:16 ; Éph. 2:22) ;

Il peut être contristé (Éph. 4:30 ; És. 63:10), outragé (Héb. 10:29), éteint (1 Thess. 5:19) ; on peut lui mentir (Actes 5:3).

Le Seigneur Jésus parle de lui comme d’une Personne (Jean 14:16, 17, 26). Et les Saintes Écritures nous disent dans les Actes des Apôtres 5:3, 4 que le Saint Esprit est Dieu, et dans plusieurs passages Il est intimement lié au Père et au Fils (par exemple Matt 28:19 ; 1 Cor. 12:4-6 ; 2 Cor. 13:13 ; Éph. 4:4-6).

Ainsi le Saint Esprit est une Personne, et une Personne divine. Il est Dieu le Saint Esprit !

 

3                    Le Saint Esprit dans l’Ancien Testament

L’Ancien Testament ne mentionne pas que le Saint Esprit soit une Personne divine. Certes de très nombreux passages nous parlent de Lui et de son action. Déjà dans le deuxième verset de la Bible, il est dit : «Et l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux» et en Gen. 6:3 : «Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme». Nous voyons là que le Saint Esprit s’occupe de la terre qui était alors désolation et vide, ainsi que des hommes qui avaient rejeté Dieu. Il voulait produire quelque chose dont Dieu puisse dire que «cela était bon».

Son activité était si bien connue qu’il peut être dit de Josué qu’il «était rempli de l’esprit de sagesse» (Deut. 34:9) et que David suppliait Dieu : «Ne m’ôte pas l’esprit de ta sainteté» (Ps. 51:11). C’était Lui qui avait rempli Betsaleël de l’esprit de Dieu, en sagesse, en intelligence, et en connaissance, et pour toute espèce d’ouvrages (Ex. 35:31). Par David Il prophétisa du Messie et du royaume de paix à venir (2 Sam. 23:1-7). Il inspira les saints hommes qui ont écrit l’Ancien Testament, de sorte qu’ils pouvaient dire : «Ainsi dit l’Éternel» (2 Pierre 1:21). Le prophète Aggée pouvait même consoler le faible résidu d’Israël, en disant : «Mon Esprit» demeure «au milieu de vous ; ne craignez pas» (2:5). Le Saint Esprit agissait même parfois en des incrédules (Nomb. 24:2 ; 1 Sam. 10:10).

Toutefois il n’est jamais révélé dans l’Ancien Testament que le Saint Esprit soit une Personne. Il n’était connu que comme l’Esprit de Dieu, comme la puissance sortant du Dieu unique. De même le Seigneur Jésus n’y est pas davantage révélé, bien que nous trouvions dans l’Ancien Testament d’innombrables types et de nombreuses prophéties à son sujet qui, à la lumière du Nouveau Testament, confirment sa déité (comp. le passage de Zach. 12:10 qui montre que le Seigneur Jésus est l’Éternel). Le Saint Esprit n’est ainsi pas présenté dans l’Ancien Testament comme une Personne divine, bien que de nombreux passages y fassent clairement allusion comme nous le comprenons à la lumière du Nouveau Testament. Le Saint Esprit n’était pas encore révélé et il n’habitait pas encore sur la terre. «L’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié», lisons-nous en Jean 7:39. Les croyants ne connaissaient pas encore la signification de la croix et de la résurrection. Ils devaient dire : «Nous n’avons même pas ouï dire si l’Esprit Saint est» (Actes 19:2).

L’action du Saint Esprit était limitée dans le temps ; ainsi il est dit en 1 Sam. 16:14 : «Et l’Esprit de l’Éternel se retira d’avec Saül», et David prie Dieu de ne pas lui ôter l’esprit de sa sainteté (Ps. 51:11). Les prophètes ont annoncé que le Saint Esprit serait répandu (cf. Ézéch. 39:29 ; Joël 2:28, 29), mais c’était toujours à venir.

 

4                    Le Saint Esprit dans le Nouveau Testament

Dans le Nouveau Testament nous trouvons des conditions toutes différentes. Le miracle des siècles s’est produit : «Dieu a été manifesté en chair» (1 Tim. 3:16). Le Dieu éternel, le Créateur des cieux et de la terre, est descendu ici-bas, la «Sainte Chose» née de la Vierge. «La Parole devint chair, et habita au milieu de nous (et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité» (Jean 1:14). Les étoiles du matin chantèrent ensemble et tous les fils de Dieu éclatèrent de joie (Job 38:7) à la vue de ses actes de Créateur. Comme ils éclatèrent de joie, lorsqu’ils virent leur Créateur devenir homme, et contemplèrent comme petit enfant dans la crèche à Bethléhem Celui qui venait sauver le monde, donner la vie éternelle à des pécheurs perdus et mourir pour eux sur la croix. Ils virent la gloire de sa grâce. «Et soudain il y eut avec l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu, et disant : Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes» (Luc 2:13, 14). «Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes» (2 Cor. 5:19).

La Trinité participe à cet événement merveilleux. Après que le Fils, dans le «conseil de paix» eut dit : «Voici, je viens pour faire ta volonté» (Héb. 10:9), Dieu lui forma un corps (Héb. 10:5), et le Saint Esprit engendra en Marie l’Homme Jésus (Matt. 1:20). Au début du ministère public du Seigneur Jésus, nous voyons la première révélation de la Trinité : le Fils dans son abaissement sur la terre ; Dieu, le Père, qui parle du ciel et reconnaît l’Homme Jésus comme son Fils ; et Dieu, le Saint Esprit, descendant sur le Fils sous une forme corporelle (Luc 3:22). Comment serait-il possible que pendant la période où Dieu, le Fils, était sur la terre et y manifestait Dieu, le Père (Jean 1:18), le Saint Esprit ne soit pas vu aussi ? Nous trouvons également tout au long des Évangiles une manifestation glorieuse de lui.

Considérons maintenant ce qui nous est relaté de l’Esprit en rapport avec la vie du Seigneur Jésus sur la terre. Au sujet de sa naissance, il est dit à Marie : «L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu» (Luc 1:35). Au début du ministère public du Seigneur Jésus, nous avons vu que le Saint Esprit descendit du ciel sur lui sous une forme corporelle et rendit témoignage que Jésus était le Fils de Dieu (Jean 1:32-34). En Luc 4:1 nous lisons que «Jésus, plein de l’Esprit Saint, s’en retourna du Jourdain et fut mené par l’Esprit dans le désert» et au verset 14 il est ajouté qu’il s’en retourna en Galilée, dans la puissance de l’Esprit. Par l’Esprit il enseignait, consolait, guérissait (v. 18 et 19) et chassait les démons (Matt. 12:28). Par l’Esprit il s’est offert lui-même à Dieu sans tache (Héb. 9:14). Certes, Dieu ne lui avait pas donné l’Esprit avec mesure.

Dans l’offrande de gâteau (Lév. 2), nous en trouvons un type glorieux. La fleur de farine — qui est une image de la pureté de la nature humaine de Christ — est mêlée avec de l’huile (image du Saint Esprit), est ointe d’huile, couverte d’huile. Ainsi sous quelque forme que l’on considère le Seigneur comme homme, l’absence totale de péché est manifestée, déjà lors de la formation de sa nature humaine par la puissance du Saint Esprit (Matt. 1:20 ; Luc 1:35) et de son onction du Saint Esprit.

Nous en trouvons encore une image plus claire dans les enseignements du Seigneur Jésus. En Jean 3, Il dit que la nouvelle naissance est opérée par le Saint Esprit, que c’est par lui que nous avons reçu une nouvelle nature. Au chap. 4:14 il est ajouté que le don de Dieu, dans le croyant, devient en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle ; c’est la puissance qui correspond à cette nouvelle nature. Et dans le chapitre 7:37-39, le Saint Esprit est des «fleuves d’eau vive» coulant du ventre de celui qui croirait au Seigneur Jésus après son ascension.

En Jean 14, 15 et 16 nous trouvons une partie toute nouvelle de la vérité concernant le Saint Esprit. Le Seigneur Jésus parle d’un «autre consolateur», qui viendrait quand Lui s’en serait allé. Nous voyons là une Personne divine venant remplacer le Seigneur Jésus auprès des siens. Le Seigneur Jésus allait quitter la terre ; la mort était devant lui. L’oeuvre que Dieu lui avait donnée à faire devait être accomplie, et Dieu serait parfaitement glorifié en elle. Et le seul salaire possible et juste que le Seigneur recevrait serait sa glorification à la droite du Père. Mais cela signifiait pour les disciples qu’ils resteraient seuls. Pour les consoler le Seigneur leur promet qu’il leur enverrait un autre consolateur, l’Esprit de vérité. Celui-ci serait avec eux, et en eux. Et ce don est si grand qu’il était avantageux pour les disciples que le Seigneur Jésus s’en aille, car alors seulement le Consolateur pourrait venir à eux.

Toutefois, quelles que soient l’étendue de ces promesses et la grandeur de cette révélation, il est évident qu’elle n’existait pas alors dans son intégralité. Le Saint Esprit n’habitait pas encore sur la terre, si ce n’est dans le Seigneur Jésus. Le baptême du Saint Esprit n’avait pas encore eu lieu. Ce n’étaient encore que des promesses (Jean 14:16). Et comme nous avons vu en Matt. 3:11 que le baptême du Saint Esprit n’avait pas eu lieu avant que le Seigneur Jésus soit devenu homme, ainsi nous apprenons en Jean 7:39 que ce baptême ne pouvait pas être reçu avant que le Seigneur soit retourné au ciel. Mais alors vient la promesse qu’ils seraient baptisés de l’Esprit Saint «dans peu de jours» (Actes 1:5), et en Actes 2 nous en trouvons l’accomplissement : Dieu le Saint Esprit baptise tous les croyants en un seul corps (1 Cor. 12:13) et habite en eux : collectivement comme habitation de Dieu par l’Esprit, comme temple de Dieu (Éph. 2:22 ; 1 Cor. 3:16), et individuellement dans chacun des membres de ce corps (1 Cor. 6:19).

Des passages tels que Luc 1:15, 41, 67 ne sont nullement en contradiction avec ce qui vient d’être dit. Il s’agit ici d’être rempli de l’Esprit Saint. Dans le cas de Jean Baptiste, il avait le Saint Esprit dès sa naissance. Il a été ainsi rempli d’une manière extraordinaire de la puissance et des dons de l’Esprit, comme il convenait à sa position privilégiée de précurseur du Seigneur. Mais cela n’est pas identique à l’habitation du Saint Esprit dans le croyant, comme le montrent à l’évidence des passages tels que Actes 4:8 et 31 où Pierre et d’autres disciples furent aussi remplis du Saint Esprit, bien que le baptême du Saint Esprit ait déjà eu lieu le jour de la Pentecôte. L’habitation du Saint Esprit et être rempli du Saint Esprit sont deux choses différentes qui peuvent aussi bien exister ensemble que séparément.

 

5                    Le baptême de l’Esprit Saint et de feu [Matth. 3:11 ; Luc 3:16]

Avant de considérer l’oeuvre du Saint Esprit, occupons-nous encore un instant de ce qui est dit en Matt. 3:11 et Luc 3:16 : «Lui vous baptisera de l’Esprit Saint et de feu».

Beaucoup comprennent ces passages comme s’il était écrit : Lui vous baptisera du feu de l’Esprit Saint, et l’on entend parler du «baptême de feu» et prier pour cela. On pense au baptême de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte et aux «langues divisées, comme de feu» qui se posèrent sur les disciples comme témoignage public que le Saint Esprit était descendu sur eux.

Si nous lisons ce texte avec soin, il est clair que cette interprétation n’est pas juste. Certes, il est parlé d’un baptême de feu, mais c’est quelque chose de tout autre que le baptême du Saint Esprit.

Le feu est toujours, dans la Parole, une image du jugement ou de l’épreuve. On le voit aussi en Matt. 3:12. Or, le baptême du Saint Esprit n’est pas un jugement, mais un acte de grande grâce ; le Seigneur Jésus l’a annoncé à plusieurs reprises à ses disciples comme une consolation (Jean 14 à 16). Le baptême de l’Esprit Saint ne peut donc pas être la même chose que le baptême de feu. Le Seigneur Jésus le laisse aussi entendre clairement. Il dit : «Car Jean a baptisé avec de l’eau ; mais vous, vous serez baptisés de l’Esprit Saint, dans peu de jours» (Actes 1:5). Ce sont les mêmes paroles que Jean employait, mais avec l’adjonction que le baptême de l’Esprit Saint aurait lieu «dans peu de jours». Il n’est rien dit du baptême de feu. Ne serait-ce pas étrange, si le baptême de feu avait eu lieu effectivement le jour de la Pentecôte ? Un examen plus approfondi de Matt. 3:11 à ce sujet nous en donnera l’explication.

Dans les prophéties de l’Ancien Testament sur la venue du Seigneur Jésus, deux conséquences de cette venue sont toujours placées devant les yeux : les bénédictions et la gloire pour ceux qui craignent Dieu, et le jugement pour les orgueilleux et ceux qui pratiquent la méchanceté (comp. És. 61:1, 2 et Mal. 4:1-3). On ne peut déduire d’aucun passage que ces conséquences ne doivent pas être vues simultanément. Le Juif pieux attendait que le Messie délivre les Juifs, en jugeant leurs ennemis. C’est la raison pour laquelle il y a tant de Psaumes de vengeance, dans lesquels le psalmiste se réjouit du jugement qui doit atteindre les impies (cf. Ps. 58:6-11 ; 83 ; 109, etc. ). Ce jugement devait avoir lieu lorsque le Dieu des cieux établirait son royaume sur la terre (Dan. 2:44) pour le remettre au Messie, le Fils de l’homme (Dan. 7:13, 14). Jean le Baptiseur était le héraut du roi, annoncé en És. 40 et Mal. 3 et 4, qui devait prêcher l’Évangile du royaume. «Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché». Cela nous est présenté en Matt. 3 et Luc 3.

Malheureusement le peuple, comme ensemble, ne craignait pas Dieu. Certes, extérieurement, il gardait la parole de Dieu et accomplissait les prescriptions de la loi. Mais en fait, leur état était semblable à celui du temps de Malachie où seul un tout petit résidu craignait Dieu. Ce résidu croyait les paroles de Jean le Baptiseur selon lesquelles le royaume était proche. Ils avaient été baptisés du baptême de la repentance (Actes 19:4) et se séparaient ainsi de la masse du peuple qui ne craignait pas Dieu. Ils reconnaissaient par le baptême que l’état dans lequel ils étaient jusqu’alors était en contradiction avec le royaume qui allait venir et avec son roi.

Les conducteurs du peuple qui servaient Dieu vinrent aussi ; malheureusement sans se repentir, et c’est à eux que Jean s’adressait. Il venait dans la voie de la justice (Matt. 21:32) et parlait de repentance, tout en annonçant le jugement sur toute injustice. Il baptisait d’eau, signe extérieur de la séparation du mal, mais qui ne pouvait jamais opérer une purification intérieure. Même le baptême chrétien parle de mort, d’être enseveli, et jamais de vie. Lui n’était pas le Messie ; il n’était que la «voix de celui qui crie», mais après lui devait venir Celui qui était plus puissant que lui et tellement élevé au-dessus de lui qu’il n’était pas digne de porter Ses sandales. C’était Dieu lui-même, l’Éternel, le Dieu de l’alliance d’Israël (Zach. 12 et 14). Par celui-ci la grâce et la vérité viendraient (Jean 1:17 ; Matt. 11:16-19 ; Luc 7:32-35). Il baptiserait de l’Esprit Saint et de feu. «De l’Esprit Saint», comme du fruit de sa première venue, de la puissance des bénédictions de Dieu dans le royaume des cieux dans sa forme actuelle, par laquelle l’assemblée (Ekklesia) est séparée des Juifs (Actes 2:40, 47). «De feu» : Il exécutera le sévère jugement de Dieu sur le monde, exerçant «en flammes de feu... la vengeance contre ceux qui ne connaissent pas Dieu» (2 Thess. 1:8).

Le Saint Esprit ne purifie pas seulement extérieurement, mais il renouvelle l’entendement (Rom. 12:2) et il est la puissance divine en nous qui nous sépare de tout ce qui plaît à la chair. Il nous amène en contact avec la gloire dans laquelle Dieu nous introduit, dans tout ce en quoi Dieu s’est révélé, en vainquant tout ce qui nous empêche de jouir de ces privilèges. Le feu est le jugement qui consume tout ce qui est opposé à Dieu. Tous deux éloignent le mal, mais par des voies différentes.

Jean le Baptiseur n’a pas compris tout cela. Le passage de 1 Pierre 1:10-12 nous montre que souvent les prophètes prophétisaient de choses qui dépassaient de loin leur entendement. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il a été révélé de quelle manière Christ a accompli la prophétie de Jean. C’était déjà «le mystère du Christ, lequel, en d’autres générations, n’a pas été donné à connaître aux fils des hommes» (Éph. 3:2-12). Les prophéties de l’Ancien Testament en général n’indiquent pas qu’entre la venue du Seigneur en grâce sur la terre et son apparition en gloire pour le jugement, une longue période s’écoule. Si les Juifs s’étaient convertis à la prédication de Jean et avaient reçu le Seigneur Jésus, cela n’aurait pas été le cas. Car le royaume aurait alors été établi en gloire. C’est pourquoi le Seigneur Jésus indique, dans son sermon sur la montagne (Matt. 5 à 7) quel caractère devraient avoir ceux qui entreraient dans ce royaume des cieux. Dans les chap. 8 à 12 de Matt. nous voyons cependant qu’il est rejeté des Juifs, et au chap. 13 : 1 le Seigneur sort de la maison (Israël) et s’assied près de la mer (les nations). Là il montre dans les sept paraboles bien connues ce qui est advenu de ce royaume en raison du rejet du roi, mais aussi comment, à la consommation du siècle, il sera purifié lorsque l’ivraie sera brûlée (le baptême de feu). Et ensuite comment ce royaume purifié sera manifesté en gloire, en ce qui concerne sa partie terrestre sous le nom de «royaume du Fils de l’homme» (v. 41), et quant à sa partie céleste comme le royaume du Père (v. 43). Alors la prophétie de Jean sera entièrement accomplie. Alors le royaume des cieux sera manifesté en puissance et en gloire et le Seigneur Jésus aura baptisé Israël de feu. Mais en attendant quelque chose de nouveau se produit. Le roi rejeté trouve dans le champ un trésor (v. 44-46) ; l’assemblée est manifestée. Il vend tout ce qu’il a pour l’acquérir et il la baptise du Saint Esprit pour être son corps (1 Cor. 12:13). C’est le baptême du Saint Esprit que Jean annonçait et qui a eu lieu le jour de la Pentecôte (Actes 2).

Quelquefois on invoque l’expression «langues divisées, comme de feu» comme preuve que le «baptême de feu» est identique au baptême du Saint Esprit. Toutefois il n’est pas écrit qu’elles étaient de feu, mais «comme de feu». C’étaient des langues, allusion au fait de parler. Cela signifie que la puissance du Saint Esprit se manifesterait dans leur prédication de la Parole, de sorte que cette Parole qui juge tout comme un feu (Héb. 4:12) serait annoncée avec puissance (Actes 1:8). Que cela ait été des langues «divisées» est, à mon avis, une indication que le témoignage n’était pas seulement pour les Juifs, mais aussi pour les nations.

Combien grande est la grâce de Dieu qui ne nous donne pas tout ce que nous lui demandons, mais seulement ce qui est bon pour nous. Où serions-nous s’il avait exaucé les prières de ceux de ses enfants qui lui demandaient le «baptême de feu» ! Notre Dieu aussi est un feu consumant (Héb. 12:29).

 

6                    La repentance [Jean 16:8 ; rôle du Saint Esprit en rapport avec la repentance]

Nous lisons en Gen. 1:2 : «Et la terre était désolation et vide, et il y avait des ténèbres sur la face de l’abîme. Et l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux». Comme tout ce chapitre, ce verset n’a pas seulement une signification littérale. Il nous présente aussi l’oeuvre du Saint Esprit s’occupant d’un homme dont le coeur est aux yeux de Dieu «désolation et vide».

Dieu a créé l’homme en pureté, mais celui-ci s’est détourné de Dieu et a servi Satan. Dans toutes les circonstances, que ce soit sans gouvernement ou avec, sous la loi, sous la royauté, etc., l’homme a prouvé qu’il ne voulait pas servir Dieu. Et lorsque dans son amour «Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes» (2 Cor. 5:19), ils le rejetèrent et crucifièrent le Seigneur Jésus. Ainsi l’homme a donné la preuve qu’il était «désolation et vide». Il n’y avait rien en lui d’agréable pour Dieu.

C’est de tels hommes que le Saint Esprit s’occupe. Dans le chap. 16 de l’évangile selon Jean, nous apprenons du Seigneur Jésus que son départ était avantageux pour les disciples, car alors le Saint Esprit viendrait sur la terre. «Et quand celui-là sera venu, il convaincra le monde de péché, et de justice, et de jugement : de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; de justice, parce que je m’en vais à mon Père, et que vous ne me voyez plus ; de jugement, parce que le chef de ce monde est jugé» (v. 8-11).

Tout homme a péché et, devant le grand trône blanc, chacun de ceux qui y comparaîtront sera jugé selon ses oeuvres. Lorsque le Seigneur Jésus a été rejeté, tout le monde s’est ligué contre lui. Les sadducéens se sont unis aux pharisiens, les docteurs de la loi au peuple qu’ils maudissaient parce qu’il ne connaissait pas la loi, les sacrificateurs à Pilate, les soldats romains aux deux malfaiteurs crucifiés. La culpabilité commune de l’humanité a été manifestée en ce qu’ils ont concouru tous ensemble à ce forfait. Les conducteurs religieux et civils se sont rendus au désir du peuple et tout a été mis en oeuvre pour repousser et faire périr l’Envoyé de Dieu, pur et saint, qui ne connaissait pas le péché. Non seulement chaque homme individuellement était un pécheur, mais le monde, la société humaine organisée était foncièrement méchante. «La lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise» (Jean 1:5). «Ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père» (Jean 15:24).

Le Seigneur Jésus a ainsi été cloué à la croix et mis à mort «par la main d’hommes iniques» (Actes 2:23). Mais d’un autre côté, il est venu volontairement, pour faire la volonté de Dieu et pour glorifier le nom de Dieu, et «par l’Esprit éternel» il «s’est offert lui-même à Dieu sans tache» (Héb. 10:9 ; 9:14). «Lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois» (1 Pierre 2:24), mais en outre, ou plus exactement en premier lieu, il a glorifié Dieu, à la croix. L’homme avait nié et l’amour, et la vérité, et la justice, et la sainteté de Dieu, en croyant les assertions de Satan selon lesquelles Dieu voulait priver l’homme d’une chose bonne pour lui, et que manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal n’aurait pas des conséquences telles que Dieu l’avait dit, mais que, au contraire, l’homme deviendrait «comme Dieu, connaissant le bien et le mal». Et la patience de Dieu, qui a repoussé le jugement dans son complet déploiement, a été interprétée comme une preuve de la vérité des assertions de Satan (2 Pierre 3:4).

Maintenant apparaît un homme, dont le principe de vie consistait dans l’obéissance et la consécration à Dieu, et dont Dieu pouvait dire qu’Il avait trouvé son plaisir en lui. Celui-ci s’offre lui-même pour subir la mort d’un esclave sur la croix, oui, la mort sous le jugement de Dieu, afin de glorifier le nom de Dieu. Il est la victime parfaite, car il était parfait en lui-même, mais aussi il était Celui qui s’offrait parfaitement. Il s’offrait lui-même d’une manière parfaite. Il était l’holocauste, un parfum agréable pour l’Éternel.

Combien Dieu a été glorifié par ce sacrifice ! Peut-il y avoir une preuve plus grande de l’amour de Dieu que celle-ci que Dieu a donné son Fils unique pour des pécheurs perdus ? (1 Jean 4:8-10 ; Rom. 5:8 ; Jean 3:16). La vérité de Dieu, et sa justice inexorable pouvaient-elles briller d’une manière plus glorieuse que lorsqu’il fit tomber tout le jugement contre le péché sur Celui en qui il avait trouvé son plaisir, mais qui alors prenait volontairement la place de pécheurs perdus ? Est-ce que la sainteté de Dieu, la lumière, en laquelle «il n’y a ... aucunes ténèbres» (1 Jean 1:5) pouvait se manifester d’une manière plus claire que là où le Seigneur Jésus — qui avait pu dire : «Je fais toujours les choses qui lui plaisent» (Jean 8:29) et «Or moi je savais que tu m’entends toujours» (Jean 11:42) — dut s’écrier : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» et : «Tu m’as mis dans la poussière de la mort» (Matt. 27 ; Ps. 22) parce qu’il avait pris sur lui nos péchés ? Certes, Dieu a été glorifié, à la croix, comme il ne l’avait jamais été avant, et plus que si Adam n’était pas tombé. Dieu pouvait-il laisser dans le tombeau cette personne glorieuse ? Il l’a ressuscité d’entre les morts et lui a donné, en juste récompense, une place à Sa droite. Ainsi la justice de Dieu se manifestait à nouveau, mais maintenant aussi d’une manière manifeste pour le monde ; il ne peut pas nier ce fait.

Quelle était la position de Satan ? Il était le grand contradicteur de Dieu, et cherchait à anéantir l’oeuvre de Dieu. C’est pourquoi il tenta dans le désert le Seigneur Jésus, lui offrant même la domination du monde, s’il lui rendait hommage. Mais lorsqu’il vit que toute sa ruse n’avait aucune prise sur la sainteté et la dépendance du second Adam, il essaya par sa puissance. Il rassembla le monde entier, dans tous ses éléments, et ceux-ci ne se laissèrent que trop volontiers diriger par leur chef comme cela se produira aussi plus tard (Apoc. 20:8). Le Seigneur Jésus s’étant livré lui-même, Satan parut avoir la victoire ; sa puissance semblait avoir vaincu le prince de la vie (Héb. 2:14, 15). Ses desseins sont devenus manifestes. Il a révélé à Golgotha toute sa méchanceté et déployé toute sa puissance. Mais il a subi une défaite, car le Seigneur est ressuscité. La mort n’a pas pu le retenir : le prince de ce monde est jugé.

Tel est le témoignage du Saint Esprit envers le monde, comme le Seigneur l’a aussi rendu quand il était sur cette terre (Jean 7:7). Triple témoignage, qui parle d’une manifestation parfaite. Le Seigneur Jésus ne dit cependant pas que le Saint Esprit prêcherait au monde. Sa présence sur la terre est la preuve de ces trois choses et convaincra le monde de la justice du jugement de Dieu qu’il subira bientôt.

Cependant nous trouvons que le Saint Esprit s’occupe aussi des personnes, individuellement. Sa première oeuvre est de placer ces trois choses devant leurs yeux : a) Il montre aux hommes le péché dans toute son horreur, avant tout, comme aussi il se manifeste dans le rejet du Seigneur, afin d’atteindre la conscience et d’amener l’homme à réaliser son état de perdition. Sans cela, aucun salut n’est possible. L’homme doit être conscient de son péché et reconnaître qu’il est perdu et ne peut subsister devant un Dieu saint et juste. b) Puis le Saint Esprit rend témoignage de quelque chose d’autre. Il montre que l’oeuvre de la réconciliation a été accomplie et que Christ a «été livré pour nos fautes» de sorte que Dieu peut, en vertu de cette oeuvre, pardonner les péchés de tous ceux qui croient à ce sacrifice et sont ainsi un avec Lui. Et il est ajouté qu’il a «été ressuscité pour notre justification» (Rom. 4:25), c’est-à-dire que la valeur de l’oeuvre du Seigneur Jésus est imputée à celui qui se l’approprie par la foi. Si la justice de Dieu a ressuscité le Seigneur Jésus de la mort, dans laquelle il est descendu pour nos péchés — donnant ainsi la preuve que l’oeuvre de la réconciliation est accomplie et que les péchés sont expiés — la même justice nous placera sans péché comme justifiés devant Dieu.

c) Enfin le Saint Esprit montre la troisième chose : le jugement définitif qui ôtera d’une manière judiciaire tout ce qui est en opposition à Dieu.

Ces trois choses sont placées devant nos yeux dans la première prédication de Pierre, le jour de la Pentecôte, en Actes 2:23, 24 et 38-40. Et le glorieux résultat de cette oeuvre du Saint Esprit a été la conversion de trois mille âmes.

 

7                    La nouvelle naissance [Jean 3 ; rôle du Saint Esprit en rapport avec la nouvelle naissance]

Le chap. 3 de Jean présente une nouvelle vérité. Dans le jardin d’Eden, il y avait deux arbres : l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. L’homme a mangé de ce dernier et a perdu ainsi le droit au premier. Aussi est-il, dès lors, moralement mort dans ses fautes et dans ses péchés (Éph. 2:1). Sa vie naturelle est caractérisée par le péché et il n’y a rien en elle qui puisse avoir communion avec Dieu.

Cela apparaît lorsque le Seigneur Jésus vint sur la terre. En lui «était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise» (Jean 1:4, 5). L’homme ne pouvait pas même comprendre la vie. «L’homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu, car elles lui sont folie ; et il ne peut les connaître, parce qu’elles se discernent spirituellement» (1 Cor. 2:14).

Cependant Jean 1:12 dit que quelques-uns ont reçu le Seigneur Jésus, et il est ajouté à leur égard qu’ils sont «nés de Dieu». «Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom ; lesquels sont nés, non pas de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu». Ce n’est pas la foi de l’homme naturel qui l’amène en relation avec Dieu. Au chap. 2:23 nous voyons que plusieurs crurent en son nom, et si nous comparions d’une manière superficielle cette expression avec ce qui a été exposé plus haut (Jean 1:13) nous devrions dire que c’était aussi des enfants de Dieu. Ils répondent bien à ce qui est dit là : «qui croient en son nom». Mais il ressort de Jean 2:24, 25, qu’il n’en est pas ainsi.

Ces hommes étaient convaincus par les miracles qu’accomplissait le Seigneur. Ils croyaient en Lui. Mais une foi qui ne repose que sur la raison ou les sentiments, qu’il s’agisse d’une foi historique (comme on l’appelle) d’hommes qui, en raison de l’entourage dans lequel ils ont été élevés ou en raison de leur éducation, ne doutent pas des vérités chrétiennes — ou qu’il s’agisse d’une foi fondée sur une simple conviction de l’intelligence ou des sentiments quant à l’exactitude et à la valeur du christianisme, une telle foi n’amène personne en relation avec Dieu. «Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu’il connaissait tous les hommes, et qu’il n’avait pas besoin que quelqu’un rendît témoignage au sujet de l’homme ; car lui-même connaissait ce qui était dans l’homme» (v. 24, 25).

Pour l’un de ces hommes cependant ce n’était pas seulement l’intelligence ou les sentiments, mais la conscience qui était touchée. Et, bien qu’il soit ignorant et qu’il n’ait pas saisi la lumière, il sent néanmoins qu’il y a en Jésus quelque chose dont il a besoin. Il pense qu’il pourrait être enseigné. Toutefois l’homme naturel ne peut pas recevoir la vie simplement par la connaissance. Aussi le Seigneur lui répond : «En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu» (Jean 3:3).

C’était une parole bien étrange pour Nicodème. Il était un docteur d’Israël et connaissait l’Ancien Testament. Celui-ci parlait du royaume, et c’était là-dessus qu’il désirait être enseigné. Mais ses paroles avaient prouvé qu’il ne discernait pas le royaume, qui était là devant lui dans la personne du Seigneur. Il avait témoigné au Seigneur le plus grand honneur qu’on puisse faire à un homme : «Nous savons que tu es un docteur venu de Dieu» (Jean 3:2) ; mais précisément ces paroles prouvaient que lui non plus n’avait pas saisi la lumière. Les prophètes de l’Ancien Testament avaient parlé du royaume. Mais maintenant Dieu lui-même, le commencement du royaume, était manifesté. Il s’agissait de l’essence même de la chose et ses propres paroles montraient que l’homme naturel ne peut pas voir ce qui est de Dieu. «Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu».

En fait, l’homme doit posséder une autre vie pour pouvoir discerner quelque chose qui vient de Dieu. Le Seigneur parle à Nicodème de choses terrestres, du royaume (Jean 3:12), mais ce qu’il dit, ce sont des principes généraux, comme presque toujours dans l’évangile selon Jean. Une vie nouvelle est nécessaire, non pas une vie semblable à celle de l’homme naturel, mais une vie toute différente. «Qui est-ce qui tirera de l’impur un homme pur ?» (Job 14:4). Certes si l’homme naissait dix fois, cela ne lui servirait de rien, car cette vie-là ne pourrait pas davantage voir Dieu. C’est pourquoi la réponse de Nicodème n’avait pas de sens. Cependant le Seigneur s’en sert pour révéler davantage cette vérité : «En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu» (v. 5).

L’eau purifie ce à quoi elle est appliquée. Ici cela est employé figurativement en relation avec la prophétie d’Ézéchiel 36:25-27 : «Je répandrai sur vous des eaux pures, et vous serez purs : je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles. Et je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau ; et j’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair ; et je mettrai mon Esprit au-dedans de vous, et je ferai que vous marchiez dans mes statuts, et que vous gardiez mes ordonnances et les pratiquiez». Au v. 10 le Seigneur fait nettement allusion à ce passage. De même, le Seigneur emploie en Jean 2, le temple (v. 19-21), et au chap. 4, une fontaine (v. 6-15) comme types.

Si nous lisons Éph. 5:26 et Jean 13:10 en liaison avec Jean 15:3, nous voyons que l’eau est ici une image de la parole de Dieu. D’autres passages le confirment, tels que 1 Pierre 1:23 ; Jacques 1:18 ; 1 Cor. 4:15 : «Vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu». «De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité». «Car moi je vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l’évangile» (*).

(*) Il est incompréhensible que quelques personnes voient en Jean 3:5 le baptême. Elles pensent que le baptisé naît ainsi de nouveau On entend parfois la pensée suivante au sujet du baptême des enfants : «Au moment même où le diacre verse l’eau du baptême, le médiateur opère du ciel une opération de grâce dans l’âme de l’enfant qui est baptisé». Or le baptême ne parle jamais de vie, mais seulement de mort. «Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés pour le Christ Jésus, nous avons été baptisés pour sa mort ?» (Rom. 6:3 ; voir aussi Col. 2:12). Il est bien dit des onze apôtres qu’ils baptisaient, mais jamais qu’ils aient baptisés du baptême chrétien (et c’est de cela qu’il s’agit). N’étaient-ils alors pas nés de nouveau ? Les croyants de l’Ancien Testament n’étaient-ils pas nés de nouveau ? Le Seigneur Jésus pouvait-il reprocher à Nicodème de ne pas connaître le baptême chrétien (Jean 3:10), alors que celui-ci n’avait pas encore été révélé ? D’ailleurs, l’idée que des chose matérielles (l’eau) puissent opérer la vie spirituelle n’est-elle pas absolument païenne ?

La parole de Dieu dans sa puissance purificatrice, appliquée par le Saint Esprit, implante dans l’homme une vie nouvelle. Quand la conscience est atteinte par la Parole, le coeur et la conscience, les penchants, les pensées et les actes sont purifiés et le Saint Esprit opère une vie nouvelle. Ce n’est pas une vie naturelle, car elle est engendrée par l’Esprit de Dieu ; elle est ainsi une vie divine. L’enfant de Dieu est né de Dieu (Jean 1:13 ; 1 Jean 3:9, 10 ; 5:18). De même que la vie naturelle ne peut pas être améliorée au point de pouvoir discerner les choses spirituelles et entrer en relation avec Dieu, ainsi la vie nouvelle, divine, ne peut pas dégénérer. «Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit» (Jean 3:6). «La semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu» (1 Jean 3:9).

Dans les versets suivants, le Seigneur donne quelques détails nouveaux. Cette vie nouvelle ne peut être donnée qu’en vertu de l’élévation du Seigneur Jésus sur la croix, car l’homme est un pécheur. Mais l’amour de Dieu a donné le Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Ici elle est donc appelée la vie éternelle.

Il est aussi parlé de vie éternelle dans l’Ancien Testament (Dan. 12:2 ; Ps. 133:3). Dans ces passages, elle est appelée ainsi en rapport avec la gloire du millénium, du rétablissement de toutes choses. Mais ici elle est révélée sans la gloire. Le Fils unique du Père est là, Lui qui au moment où il parlait avec Nicodème sur la terre, était dans le ciel (Jean 3:13 ; 1:18), Lui le Dieu véritable et la Vie éternelle (1 Jean 5:20), Il ne donne pas d’enseignement sur la vie éternelle, car il en est Lui-même la manifestation : Il est la vie éternelle. Quelle révélation ! Quelle oeuvre du Saint Esprit ! Des hommes naturels, qui sont morts dans leurs péchés et leurs fautes, deviennent par son opération des hommes nés de nouveau, qui ont une vie nouvelle, une vie divine, oui la vie éternelle même, le Seigneur Jésus comme leur vie (1 Jean 5:11-13, 20).

Ainsi nous pouvons voir ce que signifie avoir la vie éternelle. Ce n’est pas seulement que des enfants de Dieu ne mourront jamais. Cela implique la capacité de saisir les choses spirituelles, tout ce qui vient de Dieu. Cela signifie que Christ est en nous, que nous avons une vie divine, qui ne peut pas pécher (1 Jean 3:9). «Le Fils de Dieu est venu, et il nous a donné une intelligence afin que nous connaissions le Véritable, et nous sommes dans le Véritable, savoir dans son Fils Jésus Christ : lui est le Dieu véritable et la vie éternelle» (1 Jean 5:20). Dieu nous a donné tout un évangile «afin... qu’en croyant vous ayez la vie par son nom» (Jean 20:31) et toute une épître «afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu» (1 Jean 5:13).

Est-ce que cela se traduit aussi dans notre vie pratique, par : «Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi» (Gal. 2:20) ?

 

8                    Le Saint Esprit comme puissance en nous [Jean 4:14]

Il n’est toutefois pas suffisant de posséder, par la nouvelle naissance, la vie nouvelle. Certes nous sommes ainsi rendus capables d’avoir communion avec Dieu, mais il faut une puissance pour réaliser cette communion. C’est ce que nous trouvons dans la première partie de Jean 4.

La première chose qui nous est présentée au verset 10 est que Dieu, dans cet évangile, n’est pas Celui qui exige, mais Celui qui donne. La loi exigeait : «Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu», etc., et même à un Nicodème sans reproche, le Seigneur disait : «Il vous faut être nés de nouveau». Ici au contraire, Dieu proclame son amour envers le pécheur, oui, à la plus misérable pécheresse, à une femme Samaritaine de mauvaise vie. C’est la grâce souveraine, qui ne se limite pas aux Juifs, mais qui s’étend aussi au-dehors.

Il n’est pas tout à fait juste de dire que «le don de Dieu» signifie ici Christ. Sans contredit, Il est le grand don de Dieu. Mais en Rom. 6:23, il est aussi dit : «Le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur». Je pense que nous avons en Jean 4 la même pensée qu’en 2 Cor. 9:15 : «Grâces à Dieu pour son don inexprimable». Là le don indique toutes les bénédictions de Dieu, de sorte que l’oeil n’est pas dirigé vers le don, mais sur Dieu, comme Celui qui donne.

Puis le Seigneur Jésus dit qu’Il est le Christ (v. 26). Il se manifeste comme Celui qui sait tout, au verset 18, et comme Celui qui donne l’eau vive, jaillissant en vie éternelle (v. 10 et 14). Cette Personne glorieuse est là, fatiguée du chemin, ayant faim et soif, assise sur une fontaine et elle demande à cette Samaritaine pécheresse un peu d’eau à boire. «Sans contredit, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair» (1 Tim. 3:16). Et si la Samaritaine ne voit en Lui qu’«un Juif», il n’en est pas moins le Fils de Dieu, le Juge des vivants et des morts (Jean 5:17-29). Il est Celui qui peut donner l’eau vive de sorte que celui qui boira de cette eau-là n’aura plus soif à jamais.

En troisième lieu, nous trouvons l’eau vive. Au chap. 3 nous avons lu qu’il faut être «né d’eau et de l’Esprit» et nous avons vu que là l’eau est une image de la parole de Dieu. Le Saint Esprit produit, par la Parole, la vie dans un homme qui ne possédait aucune vie de Dieu mais seulement une nature pécheresse.

Ici, il s’agit d’eau vive, donc d’une eau caractérisée par la vie, l’eau d’une fontaine de vie qui coule sans cesse. C’est la Parole et l’Esprit ensemble, mais caractérisés par l’Esprit. Au chap. 7:37-39, nous voyons aussi que l’eau vive est une image du Saint Esprit, mais en tant que demeurant dans le croyant.

Cela n’est pas la même chose que la nouvelle vie divine que nous possédons par la nouvelle naissance, pas même dans sa forme la plus riche, telle qu’elle nous est présentée dans l’expression vie éternelle. Celle-ci est, en elle-même, dépendante et ne peut jamais être une fontaine. Ce serait en contradiction avec toute la vérité concernant cette nature nouvelle et divine que de la représenter comme une fontaine. Tandis que le Saint Esprit, en tant qu’habitant dans le croyant, est une fontaine de puissance, une source de joie qui jaillit en vie éternelle.

La puissance vivifiante du Saint Esprit, le contraste entre l’ancienne et la nouvelle création, tels que nous les trouvons en Jean 3, sont annoncés sur la terre depuis la chute. Dès le chap. 3 de la Genèse, l’Esprit de Dieu a agi dans les âmes pour produire en elles la nouvelle naissance, car sans nouvelle naissance aucun pécheur ne peut être sauvé. Toutefois l’Esprit de Dieu n’a jamais été donné avant que le Fils ait été manifesté comme homme sur la terre dans son amour envers les pécheurs, et avant que Dieu se soit révélé comme Celui qui donne. C’est aussi Christ, qui donne, et ici, il ne se donne pas Lui-même, ni seulement la vie. Cela nous l’avons vu au chap. 3 et la Parole ne se répète jamais. Il donne le Saint Esprit qui est dans le croyant une source de puissance.

Jean 7:39 nous dit que cela ne se produisit qu’après que le Seigneur eut été glorifié : nous en voyons l’accomplissement le jour de la Pentecôte. Jean 4 se rapporte seulement au temps de l’assemblée sur la terre, ce que confirment clairement les versets 23 et 24.

Bien que son coeur se sente attiré par la grâce, cette femme ne comprend rien de ce que le Seigneur lui dit et elle ne connaît pas sa gloire. Elle pense que le puits est trop profond pour le Seigneur, et en fait, le puits dans lequel Il puise est profond : c’est le coeur du Père, qui veut se manifester à des pécheurs comme le grand Donateur.

Avant la chute, Adam n’a jamais eu soif. Sans doute en fut-il ainsi matériellement, mais en tout cas spirituellement, car sans cela la création de Dieu n’aurait pas été très bonne. Après la chute, l’homme a eu soif. La meilleure chose qu’il avait, c’était une espérance, mais il n’en voyait pas la réalisation. Même la tradition, le puits de Jacob, dans lequel l’homme religieux cherche à étancher sa soif, ne peut pas satisfaire : «Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif» (v. 13). Maintenant, le Fils de Dieu était venu pour donner à tous ceux qui sont nés de nouveau, à tous ceux qui ont la vie éternelle, le Saint Esprit, la puissance qui les rend participants de tout ce qui est en Dieu.

Lorsqu’il s’agit de choses naturelles, mes biens diminuent quand j’en donne une partie. Dans les choses spirituelles, il en va autrement : plus je donne, plus je reçois. La source est inépuisable, elle jaillit en vie éternelle et satisfait tous les désirs de la nouvelle vie. On ne peut pas dire que ce soit le cas, pratiquement, si le coeur est attaché aux choses terrestres. Un croyant qui se trouve dans un état charnel a soif. Mais s’il revient à Christ il trouve, au fond de son âme, la source.

Le Saint Esprit ne nous est pas présenté ici comme une personne. Nous trouvons cela plus tard, lorsque est exposée la vérité selon laquelle, après l’élévation du Seigneur Jésus, une autre Personne divine viendrait sur la terre et y habiterait. Ici, nous voyons le Saint Esprit comme puissance divine, opérant dans la vie nouvelle et produisant ce qui est en accord avec Dieu. L’eau vive, que le Seigneur donne, «sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle» (v. 14).

Une source est quelque chose qui coule d’une manière continue, en qui réside la puissance de faire jaillir l’eau. Cette puissance est présentée d’une manière encore renforcée ici par l’emploi des mots : «jaillissant en vie éternelle». C’est ainsi que le Saint Esprit agit dans le croyant, et produit «l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance» (Gal. 5:22). Toutes ces choses appartiennent à la vie nouvelle, mais elles sont produites par cette puissance qui opère dans la vie nouvelle. Il y a repos et puissance. Nous n’avons pas seulement la vie éternelle en Lui, mais une source d’eau en nous, puissance venant de Dieu — le ciel est venu dans mon coeur. C’est la puissance de la vie divine qui m’amène à la communion avec le Père et avec le Fils.

Tout est personnel ici : dans ma propre âme il y a une source d’eau, qui jaillit en vie éternelle. L’homme a soif — il boit de l’eau vive, et celle-ci devient pour lui une source qui le rend participant de tout ce qui est en Dieu. Et il crie à tout homme : «Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie» (Apoc. 22:17).

En Rom. 8, nous trouvons le résultat de la doctrine présentée en Jean 3 et 4 : l’Esprit comme vie et comme puissance dans le croyant. Dans les sept premiers chapitres de l’épître aux Romains, il n’est parlé que deux fois de l’Esprit, savoir au chap. 1:4 en relation avec la résurrection du Seigneur Jésus, et au chap. 5:5 où il est mentionné comme ce qui explique que le croyant puisse se glorifier dans la tribulation. Mais dans le chap. 8, où la doctrine proprement dite de l’épître est terminée, et où la position du croyant est exposée dans toute sa glorieuse liberté : délivré des péchés, délivré de la vieille nature, délivré de la loi, nous trouvons dix-huit fois le mot «Esprit» ou «de l’Esprit».

Au v. 2 nous avons l’Esprit de vie, qui produit la vie nouvelle dans l’homme comme, en Genèse 2:7, Adam devient une âme vivante par le souffle de vie. Il ne suffit toutefois pas que l’homme ait une vie nouvelle. Il a péché : mais Christ a porté ses péchés sur la croix. Il a une nature pécheresse, qui ne peut que pécher : Dieu l’a jugée en Christ sur la croix. «Celui qui n’a pas connu le péché», Dieu «l’a fait péché pour nous» (2 Cor. 5:21). «Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair» (Rom. 8:3). Au v. 4, nous trouvons non seulement le désir du nouvel homme de faire le bien : «car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur» (Rom. 7:22), mais la puissance pour agir ainsi «afin que la juste exigence de la loi fût accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit». Ce n’est pas seulement la chair d’un côté, et la nouvelle nature de l’autre, mais la vieille nature (le péché dans la chair) jugée par Dieu dans la mort et la résurrection de Christ, et l’Esprit, comme puissance amenant la nouvelle nature en relation vivante avec son objet. C’est la révélation du Père et du Fils que reçoit l’âme dans laquelle habite le Saint Esprit.

Ce n’est pas la même chose que ce qui est dit de Balaam par exemple. L’Esprit de Dieu ne vint sur lui que pour un temps (Nomb. 24:2). Mais ici nous voyons comment le croyant reçoit le Saint Esprit, après avoir été amené à la vie. Sa position est caractérisée par cela. Il n’est pas dans la chair, mais dans l’Esprit. Il a l’Esprit de Christ et appartient à Christ — le Père l’aime comme Il aime Christ — il a l’Esprit de Dieu et a ainsi communion avec Dieu. Il a l’Esprit d’adoption par lequel il crie «Abba, Père !». «L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu».

Jamais l’Esprit ne peut insuffler du doute quant au salut ou susciter la pensée : J’espère être sauvé. Le Saint Esprit apporte la certitude de l’adoption et le sentiment béni de la communion. Oui, le Saint Esprit habitant en nous, nos corps aussi n’appartiennent plus à la terre, mais au ciel, et Dieu les ressuscitera un jour comme il a ressuscité Christ d’entre les morts. «Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ».

Telle est la vraie position du croyant, une position que les croyants de l’Ancien Testament ne possédaient pas. Sommes-nous conscients de ce que nous sommes devenus et le réalisons-nous dans la pratique ?

 

9                    Des fleuves d’eau vive [Jean 7:37-39]

En Jean 4, nous avons vu le Seigneur Jésus comme le Fils de Dieu, qui donne l’eau vive pour être en celui qui la reçoit une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. C’est le Saint Esprit, source de puissance, qui agit dans le croyant et le rend capable d’entretenir la communion avec le Père et avec le Fils et d’adorer le Père (Jean 4:23, 24).

Au chap. 7, nous voyons de nouveau le Seigneur Jésus donner de l’eau vive, et il est expressément dit que c’est le Saint Esprit. Mais la manière dont le Seigneur est présenté ici est tout autre et ce qu’il dit l’est aussi.

Dans l’Ancien Testament il est parlé de trois grandes fêtes (Ex. 23 ; Lév. 23 ; Nomb. 28 et 29 ; Deut. 16) : la Pâque, la fête des semaines (Pentecôte) et la fête des tabernacles. En Jean 6, nous trouvons la Pâque (v. 4) et le Seigneur indique l’accomplissement de ce type : Il est descendu du ciel afin de mourir pour ceux qui ont mérité le jugement. «Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle» (Jean 6:54). Nous ne trouvons pas ici la fête de la Pentecôte. Comme nous le savons, nous en avons l’accomplissement dans l’effusion du Saint Esprit du chap. 2 des Actes des Apôtres. Jean 7 passe directement à la fête des tabernacles. C’est un souvenir de l’habitation dans des huttes, dans le désert. Cette fête devait être célébrée après que toute la moisson et la vendange avaient été rentrées. «Quand tu auras recueilli les produits de ton aire et de ta cuve» (Deut. 16:13). Par les passages d’És. 63 et Apoc. 14, nous savons que la vendange est une image du jugement qui fondra bientôt sur la terre. La fête des tabernacles, en revanche, représente en type l’avenir glorieux, lorsque Israël, après les jugements, habitera dans son pays, en repos et dans la paix. Alors le Seigneur Jésus régnera en gloire comme Messie à Jérusalem.

Mais le temps était-il déjà venu pour le Seigneur de faire son entrée en gloire à Jérusalem (Matt. 23:39) ? Les Juifs cherchaient à le tuer. Ses frères selon la chair, eux qui lui tenaient de plus près, ne croyaient pas en lui. L’un de ses disciples allait le livrer (Jean 6:71). Le monde lui était hostile et son propre peuple ne le recevait pas. Comment pouvait-il alors apparaître en gloire et répandre sur le peuple des bénédictions terrestres ? Certes, ses frères reconnaissent qu’il a la capacité d’accomplir ses promesses. Ils ne doutent pas de sa puissance, et ils désirent qu’il la manifeste publiquement, afin que le monde l’honore et qu’ils en aient leur part. Mais cela n’est pas la foi. Et dans la réponse du Seigneur, nous voyons clairement la situation. Ils étaient du monde et c’est pour cela que le monde ne les haïssait pas (Jean 7:7). Leur temps était toujours prêt, car ils faisaient partie de ce monde, une portion de ce système communautaire sur la terre qui ne le recevait pas, mais au contraire le haïssait et voulait le tuer. Aussi ne pouvait-il pas monter publiquement à Jérusalem. Il pouvait bien le faire ensuite, à la fête de la Pâque, car il était prêt, comme le vrai Agneau de Pâque, à accomplir ce type (Matt. 21).

Mais comment le Fils de l’homme, que le monde avait rejeté, pourrait-il entrer dans sa gloire terrestre ? Un jour, lorsque, par les jugements, le mal aura été ôté et que le Résidu se sera tourné vers Dieu, il fera, en vertu de la Pâque, une entrée triomphale à Jérusalem et établira sa domination (Zach. 14 ; Matt. 23:39). Mais maintenant, il n’avait que la mission d’aller son chemin comme rejeté et de rendre témoignage de Dieu à ceux qui le rejetaient. Et lorsque les pharisiens et les sacrificateurs envoient des huissiers pour se saisir de Lui, il dit qu’ils n’ont pas besoin de se hâter, car le moment de son départ de cette terre approchait. Il n’avait aucune communion avec le monde. Il ne la cherchait pas, et il ne désirait aucun honneur de la part du monde. Il ne recherchait que la gloire de Celui qui l’avait envoyé. Et il crie à ceux qui ont soif, dans ce monde, qu’ils en sortent et viennent à Lui pour boire, afin que leur soif soit apaisée et que des fleuves d’eau vive coulent de leur ventre. «Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié» (Jean 7:39).

Si nous lisons attentivement ces versets 37 à 39, nous y trouvons des choses importantes. Le Seigneur Jésus prononce ces paroles en la dernière journée, la grande journée de la fête. L’Ancien Testament nous enseigne que seule la fête des tabernacles durait huit jours et que le huitième jour avait une place spéciale. En Deut. 16, le huitième jour n’est pas du tout mentionné ; en Lév. 23 et Nomb. 29, il est séparé des sept premiers jours. Le chiffre huit signifie toujours quelque chose de nouveau, qui est bien lié à ce qui était avant, mais représente cependant un nouveau commencement. Ainsi le huitième jour de la fête des tabernacles est une image de la gloire éternelle, qui sera la part de tous les bienheureux, après les mille ans de gloire terrestre.

En ce jour, le Seigneur parle du Saint Esprit qu’il donnera après avoir été glorifié comme Fils de l’homme. Il ne pouvait pas prendre possession de la gloire terrestre, car Il était le rejeté, qui allait être mis à mort (Jean 7:7, 19, 33). Mais Dieu le ressusciterait d’entre les morts et lui donnerait une place à sa droite dans la gloire céleste, éternelle. Et de là Il enverrait le Saint Esprit à tous ceux qui croient en Lui.

En Jean 4, Il était le Fils de Dieu qui donne l’eau vive en puissance divine. Au chapitre 7, c’est le Fils de l’homme, rejeté par le monde, mort mais ressuscité par Dieu et glorifié dans le ciel en raison de son oeuvre, qui de là envoie le Saint Esprit pour lier les croyants à Lui. Ils reçoivent ainsi sur la terre la même position qu’Il occupait. Et comme Jean 4 expose que le Saint Esprit lie le croyant au Fils et au Père, ce qui lui confère la position d’adorateur, de même ici nous trouvons que des fleuves d’eau vive couleront du ventre de celui qui reçoit le Saint Esprit. Il s’agit ici du service pour Dieu dans ce monde.

L’habitation du Saint Esprit dans le croyant détermine donc sa position sur la terre. Par Lui nous sommes unis à un Seigneur rejeté par le monde qui l’a même cloué à la croix. Cependant Dieu a accepté son oeuvre, en vertu de laquelle aussi il l’a ressuscité d’entre les morts et l’a reçu dans la gloire. «Nous voyons Jésus ... à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur» (Héb. 2:9). La puissance du Saint Esprit remplit le coeur de la gloire dans laquelle Jésus est entré. Mais notre position sur la terre est la même que celle qu’avait Christ ici-bas.

Nous trouvons dans l’histoire de ce monde que, ou bien Dieu fait valoir ses droits sur la terre, comme le Dieu de la terre, ou bien, Il se retire en quelque sorte dans le ciel, comme le Dieu des cieux. La conduite du croyant doit se conformer à cela.

En Genèse 1 et 2, nous voyons comment Dieu sauvegarde ses droits sur la création encore dans sa pureté. Mais après la chute, Dieu ne s’occupe qu’indirectement de la terre jusqu’à ce que le péché et l’injustice des hommes aient atteint leur point culminant. Alors il exerce le jugement par le déluge et s’occupe de la terre purifiée, d’une manière directe (Gen. 8 et 9), confiant à Noé la nouvelle terre, faisant une alliance avec lui et lui remettant le gouvernement (Gen. 9:6). Malheureusement Noé aussi, et ses descendants, s’élèvent contre Dieu et abusent de leur puissance. Et après la construction de la tour de Babel, Dieu appelle Abraham, non pour posséder la terre, mais pour vivre sur elle comme un étranger dans l’attente de la cité dont Dieu est l’architecte et le créateur (Héb. 11:9, 10). Lorsque ensuite l’iniquité des habitants de la Palestine eut atteint son comble, Dieu appelle de nouveau un peuple, qui doit posséder la terre et il se met Lui-même à la tête de son armée (Josué 5:14). Alors Dieu est appelé le «Seigneur de toute la terre» (Josué 3:11), et en 1 Chron. 29 il est dit que le trône de l’Éternel est à Jérusalem. Mais le peuple d’Israël aussi se détourna de Dieu, de sorte qu’Il dut le juger. Il l’envoie en captivité. La gloire de l’Éternel quitte Jérusalem (Ézéch. 10 et 11). Il donne le gouvernement de la terre à des rois païens et ne se nomme plus lui-même le Seigneur de toute la terre, mais le Dieu des cieux (Dan. 2:37). Après la captivité, nous ne trouvons qu’un rétablissement partiel. Le peuple n’a plus été indépendant. Et lorsque le Seigneur Jésus vient sur la terre, leur méchanceté et leur corruption totale se montrent : ils crucifient l’héritier, lui qui avait tous les droits sur la terre et à qui il appartenait de prendre possession de l’héritage (Matt. 21:33-46).

L’évangile selon Jean considère tout sous ce point de vue. Dès le début, le Seigneur est présenté comme rejeté (Jean 1:5-11). Certes, il entrera une fois dans sa gloire terrestre, lorsque le jugement aura été exécuté sur le monde et que la vraie fête des tabernacles aura été célébrée. Mais maintenant, Dieu n’a aucun contact direct avec la terre. Et le Seigneur Jésus est étranger ici-bas, rejeté du monde, Lui qui ne fait rien d’autre que de chercher à honorer Dieu, en annonçant sa Parole (Jean 7:14-18).

Ne voyait-il pas que les Romains opprimaient le peuple terrestre de Dieu ? Ne voyait-il pas l’injustice et la cruauté d’un Hérode et d’un Pilate ? Ne voyait-il pas les manquements d’Israël ? Lui qui connaît tout (Jean 4:18), qui sait ce qui est dans le coeur des hommes (Jean 2:25), ne devait-il pas sonder ce qui était contraire aux pensées de Dieu ? Lui qui frémit et pleura (Jean 11:33-38) à la vue de la puissance et des conséquences du péché, n’a-t-il pas dû être troublé et affligé de tout ce qui déshonorait le nom de Dieu sur la terre ?

Le voyons-nous, dans sa marche, s’occuper de cela ? Il ne combat pas pour chasser l’oppresseur romain, mais dit au contraire : «Rendez les choses de César à César». Il n’essaie pas d’éloigner la sacrificature corrompue et sans Dieu en faveur d’hommes craignant Dieu. Il ne tente pas d’écarter tout le mal existant. Et quand quelqu’un lui dit : «Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage», il répond — bien que cet homme ait sûrement eu le droit de son côté : «Qui est-ce qui m’a établi sur vous pour être votre juge et pour faire vos partages ?» (Luc 12:14). Le Seigneur prend la place d’un rejeté, qui n’a ici-bas d’autre tâche que d’être un témoin pour Dieu et d’inviter hors du monde tous ceux qui ont soif à venir à Lui. Il ne cherche pas sa propre gloire (Jean 7:18). Lorsqu’on veut le faire roi, il s’en va. Quand il fait des miracles, Il défend qu’on en parle. Il n’a qu’un désir : accomplir la volonté de Dieu, et cela signifie la croix.

Ce Jésus est maintenant au ciel. Tout le système communautaire sur la terre l’a conduit à la croix et l’a crucifié. Mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts et l’a fait asseoir à sa droite, «jusqu’à ce que, dit-il, je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds». Du ciel il envoie ici-bas le Saint Esprit. Quiconque a soif peut venir — chacun individuellement. Et quiconque croit en Lui reçoit le Saint Esprit qui devient en lui des fleuves d’eau vive coulant de lui, et qui le lie avec le Seigneur glorifié et qui l’élève aussi au-dessus du désert au travers duquel il chemine. «Passant par la vallée de Baca (des pleurs), ils en font une fontaine» (Ps. 84:6). Le croyant est ainsi rendu propre au service ici-bas. Il peut être en rafraîchissement à celui qui a soif, car de lui coulent des fleuves d’eau. Telle est la place du croyant de nos jours, dans la période de la grâce.

Prenons-nous en fait cette place ? Voit-on dans notre vie que, par l’habitation du Saint Esprit en nous, nous sommes un avec le Fils de l’homme glorifié dans le ciel, mais rejeté du monde ? Notre vie n’a-t-elle d’autre but que de faire la volonté de Dieu ? La plupart d’entre nous doivent avoir un métier, pour subvenir à leur propre entretien et à celui de leur famille, et cela est bien, car beaucoup de croyants ne peuvent pas se passer de la discipline du travail quotidien. Mais voulons-nous par ce moyen simplement pourvoir à notre subsistance, ou visons-nous à acquérir ainsi une place honorable dans la société ? Est-ce que nos relations et notre conduite tendent à honorer Dieu, ou servent-elles à notre propre gloire ? Le temps n’est pas encore venu pour nous de recevoir des honneurs. Un jour nous serons assis sur des trônes et nous jugerons et le monde et les anges (1 Cor. 6:2-4). Mais actuellement l’honneur qui vient du monde est en réalité une honte pour un croyant. Nous ne sommes sur la terre que pour faire la volonté de Dieu et être des témoins d’un Christ rejeté, mais qui est glorifié dans le ciel. Oublier cela est nuisible pour le croyant et anéantit son témoignage.

 

10               La vie de résurrection [Jean 20:22]

En Jean 20, nous voyons le Seigneur Jésus ressuscité hors du tombeau, après avoir accompli l’oeuvre de la réconciliation. Ici, il n’est pas dit que Dieu l’a ressuscité. Certes, cela est vrai et l’apôtre Pierre dit aussi en Actes 2:32 : «Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins». En Jean 20 toutefois, nous trouvons que le Seigneur est ressuscité par sa propre puissance divine. Il est sorti de la mort par la même puissance avec laquelle il a ramené de la mort la fille de Jaïrus, le jeune homme de Naïn et Lazare. Ainsi il a prouvé qu’il était, lui, le Fils de Dieu (Rom. 1:4).

Ce Jésus se manifeste d’abord à Marie de Magdala. Il l’avait délivrée de sept démons. Elle avait été entièrement sous le pouvoir de Satan. Mais Jésus avait brisé la puissance démoniaque et chassé les démons. C’est pourquoi son coeur était attaché au Seigneur de tout l’amour dont elle était capable. Hors de Lui, elle n’avait rien sur la terre. Il est touchant de voir, dans le passage de Jean 20:1-18, comme son coeur était rempli du Seigneur. Combien grande a dû être sa joie, lorsque le Seigneur l’appela par son nom. Et nous pouvons comprendre qu’elle ait salué avec une grande joie le Seigneur comme quelqu’un qu’elle pensait ne plus jamais revoir. Et maintenant tout était de nouveau comme cela avait été avant cette terrible nuit où on l’avait pris.

Mais voici la voix du Seigneur qui s’élève : «Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ... et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu» (v. 17). Tout n’était donc plus comme avant. Certes, c’était le même Jésus. Mais un Jésus qui avait accompli à la croix l’oeuvre de la réconciliation et était mort pour cela. Maintenant il était ressuscité et possédait une vie de résurrection. De ce fait tout était différent. Avant la croix, les disciples avaient été en contact avec le Seigneur. Ils l’avaient suivi, avaient écouté ce qu’il leur enseignait. Ils l’avaient servi avec leurs biens matériels. Mais malgré tout, Il était toujours resté seul. «À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jean 12:24). Maintenant il ne leur était plus si proche, corporellement, car sa vie de résurrection était toute différente de leurs corps naturels. En revanche, d’une manière spirituelle, il était beaucoup plus près d’eux, oui le Seigneur glorifié dans le ciel leur était infiniment plus proche qu’il ne l’avait jamais été avant sa mort. Car il les amenait dans la même position qu’il avait prise. Il les unissait à lui tel qu’il est à la droite de Dieu.

Le Seigneur Jésus était le Fils éternel du Père. En cela il est naturellement seul, et comme tel, il ne peut être que l’objet de notre adoration. Mais il était aussi le Fils de Dieu par sa naissance sur la terre. «Tu es mon Fils ; aujourd’hui, je t’ai engendré» (Ps. 2:7) et «la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu» (Luc 1:35).

Tant dans sa nature divine que dans sa nature humaine, il était le Fils de Dieu. De quelle manière parfaite il connaissait le Père ! Et dans les évangiles, nous voyons comment il manifestait le Père aux disciples. Nulle part nous ne trouvons le Seigneur Jésus s’adresser à Dieu autrement que par «Père», sinon sur la croix. Mais jamais il n’a mis les disciples dans la même relation avec le Père que celle qu’il avait prise.

Maintenant nous voyons le Fils de l’homme, après qu’il a accompli l’oeuvre de la réconciliation, mort mais aussi ressuscité par sa propre puissance divine. Et par ses premières paroles, il confère à ses disciples Son titre et les place dans la même relation que lui avec le Père. Ce que le Père est pour le Fils, il l’est pour les fils. Ce que Lui, le Père du Seigneur Jésus, était pour l’Homme béni qui a ôté le péché, Il l’est aussi pour ceux dont les péchés ont été ôtés. Dieu n’est plus seulement parfaitement révélé comme le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus. Par la rédemption et la résurrection, par lesquelles nous sommes unis à Jésus glorifié dans le ciel, il s’est aussi révélé comme notre Dieu et Père. Quelle grâce, quelle position bénie ! C’est là le vrai christianisme.

Les Juifs ne pouvaient être en relation qu’avec un Messie vivant sur la terre, tandis que les disciples sont unis à un Homme glorifié dans le ciel. C’est la grande différence entre le judaïsme et le christianisme. Et en Jean 20 commence le christianisme. C’est la famille de Dieu, dans laquelle Jésus appelle frères ses disciples, qu’il a rachetés, et les introduit dans Sa position. Le second Homme devient le Chef d’une nouvelle race. «Le premier homme est tiré de la terre — poussière ; le second homme est venu du ciel. Tel qu’est celui qui est poussière, tels aussi sont ceux qui sont poussière ; et tel qu’est le céleste, tels aussi sont les célestes» (1 Cor. 15:47, 48). C’était le message glorieux que Marie de Magdala devait porter aux disciples.

Dans Jean 20:19-23 cette vérité est encore développée. Le jour de la résurrection, les disciples sont ensemble. Ils ont fermé les portes, car Jésus n’est plus avec eux pour les protéger officiellement, comme Messie (Luc 22:35-37). Et cependant il est au milieu d’eux, mais comme le Ressuscité ; devant son corps glorifié il n’existe ni portes, ni serrures. Et ils entendent sa voix. C’est la voix qu’ils ont si souvent ouïe durant les années où ils le suivaient dans ses traites à travers le pays. Mais jamais ils n’ont entendu de telles paroles. Certes, il leur avait bien dit : «Ne craignez pas !» lorsqu’ils étaient dans de grandes difficultés. Il avait promis de leur laisser la paix. Mais maintenant, il leur dit : «Paix vous soit !» Et pour leur montrer pourquoi ils pouvaient dorénavant avoir la paix, la paix avec Dieu, il leur montre ses mains percées et son côté percé. C’était le fondement de la paix avec Dieu : «ayant fait la paix par le sang de sa croix» (Col. 1:20).

La paix avec Dieu ! En Gen. 6:3, Dieu dit : «Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme». Tant qu’il y a dans l’homme quelque chose d’opposé à la sainteté et à la justice de Dieu, oui, d’opposé à Dieu en quelque manière que ce soit, il ne peut pas y avoir de paix avec Dieu. Mais maintenant l’Homme Christ Jésus n’a pas seulement porté les péchés de tous ceux qui croient en Lui ; bien plus, il a infiniment glorifié Dieu sur la croix. L’amour et la grâce de Dieu, la justice et la sainteté de Dieu, oui toutes les perfections de Dieu ont été glorieusement manifestées par l’oeuvre du Seigneur Jésus. Dieu a été glorifié dans l’Homme Jésus et Il peut le considérer avec satisfaction. Le Seigneur Jésus a toutefois accompli l’oeuvre pour nous. Tous ceux qui croient en lui sont vus un avec lui. Nous sommes unis à l’Homme glorifié dans le ciel. Et le bon plaisir que Dieu a dans le Fils, en raison de son oeuvre, repose aussi sur ceux qui sont unis à lui : «Nous avons la paix avec Dieu !»

Puis le Seigneur dit une seconde fois : «Paix vous soit !» Mais il ajoute : «Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie». Il s’agit ici de la prédication de l’Évangile. Les disciples devaient aller et proclamer partout cette paix avec Dieu, comme le Seigneur l’avait fait. «Et il est venu, et a annoncé la bonne nouvelle de la paix à vous qui étiez loin, et la bonne nouvelle de la paix à ceux qui étaient près ; car par lui nous avons, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit» (Éph. 2:17, 18). Et Il leur donna (pas seulement aux apôtres, mais à tous les disciples) la puissance de remettre les péchés ou de les retenir. Mais pour qu’ils aient la puissance et le discernement nécessaire, Il souffla en eux et dit : «Recevez l’Esprit Saint».

Est-ce que nous ne pensons pas aussitôt au passage de Gen. 2:7 où Dieu souffla dans les narines d’Adam et en fit ainsi une âme vivante ? Ici nous voyons le dernier Adam, qui est en même temps Dieu lui-même, souffler en ses disciples dans sa puissance divine pour leur communiquer une vie nouvelle. Adam, en tant qu’âme vivante, est devenu le chef de sa famille, de sa race. Christ, le dernier Adam, est devenu en vertu de Son oeuvre et de Sa résurrection le chef d’une nouvelle famille, d’une nouvelle race, de la famille de Dieu. «Le premier homme Adam devint une âme vivante, le dernier Adam, un esprit vivifiant» (1 Cor. 15:45).

Ici il n’est donc pas question de l’effusion du Saint Esprit dont il est parlé en Jean 4 et 7. Le chap. 7:39 dit expressément qu’elle n’aurait lieu qu’après la glorification du Seigneur. Et en Actes 1, le Seigneur dit qu’elle aurait lieu dans peu de jours. Nous savons qu’elle s’est réalisée le jour de la Pentecôte. Mais ici il s’agit de la vie nouvelle. Nous voyons en fait ici ce que le Seigneur Jésus enseigne en Jean 3, c’est-à-dire que celui qui n’est pas né d’eau et de l’Esprit ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Nous voyons Jésus ressuscité qui donne le Saint Esprit comme vie nouvelle.

Il est à remarquer qu’en grec il n’y a pas d’article devant «Saint Esprit». De même, en Jean 3:6 il n’est pas dit : «Ce qui est né de l’Esprit est l’Esprit», mais «est esprit». Ce n’est pas le Saint Esprit qui est devenu chair, mais le Saint Esprit qui suscite une vie nouvelle, caractérisée par son origine ; elle est «esprit». Et pour les disciples, pour les chrétiens, cette vie nouvelle est la vie de résurrection, donnée par le Seigneur ressuscité. C’est sa vie qui les place sur le même terrain de résurrection que lui. Ils sont faits un avec un Jésus, qui a accompli l’oeuvre de la réconciliation, qui est ressuscité d’entre les morts et a reçu une place à la droite de Dieu. C’est cela le christianisme. Nous voyons là l’immense différence par rapport aux croyants depuis Adam jusqu’à la croix. Eux aussi étaient nés de nouveau et avaient la vie de Dieu. Mais ils n’avaient pas la vie de résurrection. Ils étaient sous la loi. Ils étaient soumis à toutes les ordonnances qui sont données à l’homme naturel. Mais comme le démontre si clairement le chap. 8 des Romains, le croyant est délivré du péché, de la vieille nature, de la loi. Nous reviendrons plus en détail sur cela dans un autre chapitre.

 

11               Le Consolateur ( = Avocat) [Jean 14 à 16]

Nous entrons maintenant dans le coeur de la doctrine du Saint Esprit, telle que nous la trouvons en Jean 14, 15 et 16.

Dans les premiers versets de Jean 14, le Seigneur Jésus dit qu’il retourne au ciel pour préparer une place pour les siens et qu’ensuite il reviendra pour les y conduire. Dans les versets 15-19, il dit : «Si vous m’aimez, gardez mes commandements ; et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, pour être avec vous éternellement, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure avec vous, et qu’il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viens à vous. Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez ; parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez».

Au verset 26, nous voyons que le Consolateur est le Saint Esprit. Toutefois le Seigneur parle de lui d’une manière tout autre que dans les autres passages que nous avons considérés jusqu’ici. Le Seigneur ne parle pas de la vie, comme dans les chap. 3 et 20, ou de la puissance qui opère dans cette vie, comme au chap. 4. Il n’est pas davantage question d’un fleuve d’eau vive qui coule du croyant (Jean 7). Il parle ici d’une Personne comparable à lui-même, car elle a la même nature. Seule une Personne peut être envoyée, peut demeurer avec nous et en nous, peut nous enseigner et nous rappeler les choses que le Seigneur Jésus a dites (v. 26), peut rendre témoignage (15:26), peut convaincre (16:8), conduire, écouter, parler, annoncer, prendre (16:13-15). Si nous lisons ces chapitres, nous le verrons tout de suite.

Cette Personne est envoyée par le Père (v. 26) et mise par le Seigneur Jésus au même niveau que lui-même. Le mot grec «Paraklétos», qui est traduit ici par Consolateur, ne revient que cinq fois dans le Nouveau Testament. Quatre fois dans les passages mentionnés plus haut, où le Seigneur Jésus nomme ainsi le Saint Esprit et une fois en 1 Jean 2:1 où le Seigneur Jésus est appelé ainsi (dans ce passage, le mot est traduit par avocat). Le sens du mot paraklétos n’est pleinement rendu ni par Consolateur, ni par Avocat. Il s’agit de quelqu’un qui soutient la cause d’une personne et prend soin de tous ses intérêts.

C’est ce que le Seigneur Jésus a fait pour ses disciples, lorsqu’il était avec eux (Luc 22:35-37 ; Jean 10:11). Maintenant il les quitte et leur demande de manifester leur amour en gardant ses commandements. Lui montrerait son amour en priant le Père d’envoyer à sa place un autre Consolateur, qui ne resterait pas seulement un temps avec eux, comme Lui qui n’avait été que trois ans parmi eux. Ce Consolateur resterait avec eux éternellement, oui, en lui le Seigneur lui-même viendrait à eux (Jean 14:18). Et en Jean 16:7, le Seigneur dit même qu’il était avantageux pour eux qu’il s’en aille car ce n’était qu’alors que l’autre Consolateur viendrait. Il ressort de tout cela que c’est une Personne divine qui viendrait sur la terre lorsque le Fils serait remonté au ciel. En Actes 5:3, 4, il est aussi expressément dit que le Saint Esprit est Dieu.

Y avait-il aux jours des disciples une chose plus importante que la présence de Dieu le Fils sur la terre ? Y a-t-il, maintenant que le Seigneur est remonté au ciel, un fait plus important que l’habitation de Dieu le Saint Esprit sur la terre ? Certes, il n’est pas devenu chair comme le Fils, mais Il habite aussi véritablement sur la terre. En fait, la présence du Consolateur est le grand événement de l’ère du christianisme. Or y a-t-il quelque chose dont on tienne moins compte ?

Dans l’Ancien Testament, l’Esprit opérait sur la terre, et les croyants de cette époque étaient nés de nouveau par l’Esprit. Mais jamais l’Esprit n’habitait sur la terre. Jamais, avant l’oeuvre rédemptrice de Christ, Dieu n’a habité avec les hommes. Dieu n’a habité ni avec Adam, ni avec Hénoc, ni avec Noé, ni même avec Abraham. Ce n’est qu’après que le sang de l’agneau pascal eut été répandu et que les Israélites eurent été séparés de l’Égypte par la mer Rouge que Dieu put habiter au milieu du peuple, même s’il était caché derrière le voile, la vraie rédemption n’ayant pas encore eu lieu (Ex. 29:42-46). Et de même aujourd’hui, ce n’est qu’après que l’oeuvre de la rédemption a été accomplie que le Saint Esprit peut habiter avec nous. Et cela non pas seulement pour un temps, comme le Seigneur Jésus n’a été que pour un temps avec les disciples. Il demeure avec nous éternellement.

Et où habite-t-il ? «Il sera en vous» (Jean 14:17). «Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, et que vous avez de Dieu ? Et vous n’êtes pas à vous-mêmes» (1 Cor. 6:19). Cette Personne divine vient pour faire de nous — de notre propre corps — son habitation, son temple.

Mais le péché n’habite-t-il pas en nous ? Comment le Saint Esprit peut-il demeurer dans un tel corps ? Et c’est en fait l’argument des diverses formes du perfectionnisme : «Christ et Bélial ne peuvent pas habiter dans un seul et même temple». Et en vérité, notre corps ne peut pas être le temple de l’Esprit de Dieu et celui de Bélial.

Mais nous voyons, au grand jour des propitiations, comment Dieu peut habiter au milieu d’un peuple pécheur. «Et il fera propitiation pour le lieu saint, le purifiant des impuretés des fils d’Israël et de leurs transgressions, selon tous leurs péchés ; et il fera de même pour la tente d’assignation, qui demeure avec eux au milieu de leurs impuretés» (Lév. 16:16). Dieu n’habite plus dans des édifices faits de mains, mais dans des hommes. Et l’habitation du Saint Esprit est la preuve de la perfection du sacrifice (Héb. 10:14, 15).

Toutefois l’Esprit n’habite pas seulement dans chaque croyant, «Il demeure avec vous». Il habite aussi au milieu des croyants. «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous» (ou parmi vous) (1 Cor. 3:16). «En qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit» (Éph. 2:22). «Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit» (1 Cor. 12:13). Ah ! combien cette vérité est en pratique méconnue dans la chrétienté, même dans les groupes les plus orthodoxes !

Le monde ne peut pas recevoir le Saint Esprit parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas (Jean 14:17). Dieu le Fils est devenu chair afin de manifester le Père, mais le monde a «et vu, et haï et moi et mon Père» (Jean 15:24). Maintenant, le Fils laisse le monde et Dieu le Saint Esprit descend sur la terre, mais il ne devient pas chair, comme le Fils. Le monde s’est manifesté ennemi acharné de Dieu et a même rejeté le dernier et le plus grand des témoignages de Dieu (Matt. 21:33-41). Il n’y a maintenant plus aucune offre de grâce pour le monde. N’ayant pas voulu croire, il ne peut pas voir le Consolateur et ne le connaît pas. Mais nous le connaissons (Jean 14:17). Tout d’abord par la Parole du Seigneur Jésus, que nous recevons par la foi. Mais aussi par les conséquences de la présence du Saint Esprit. Si une Personne divine demeure en nous et est la puissance qui nous permet d’être en communion avec Dieu et de jouir de tout ce que Dieu nous donne, se pourrait-il que nous ne connaissions pas cette Personne ? Rom. 8:16 nous dit : «L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu».

«Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viens à vous» dit le Seigneur Jésus (Jean 14:18). Dans l’Esprit, Il vient chez les siens sur la terre et c’est leur consolation. Et bien que, par grâce, ils aient cru en Lui, comme le Fils de Dieu, ils le verront alors d’une manière beaucoup plus réelle qu’ils ne l’ont jamais vu de leurs yeux naturels, leur connaissance étant beaucoup plus profonde. Le Saint Esprit est venu pour bâtir la maison de Dieu sur la terre, pour y habiter et faire de chaque croyant individuellement Son temple vivant. Il est venu pour faire de nous le corps de Christ et constituer en un les croyants avec Christ, la Tête dans la gloire (Éph. 1:22).

Mais cela va encore plus loin ! «Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez. En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous» (Jean 14:19, 20). Le croyant est uni personnellement à Christ ; on trouve là la communion de nature et de vie. Et le Saint Esprit est la puissance et le lien de cette union. Non seulement je connais Christ dans la gloire comme l’objet de mon coeur, mais le Saint Esprit m’apprend que je suis uni à Lui.

Cela n’a jamais existé dans l’Ancien Testament, et dans le millénium cela n’existera pas non plus. Certes Joël 2:28 parle d’une effusion du Saint Esprit, mais nous ne trouvons jamais que le Saint Esprit habitera sur la terre dans les croyants. Il ne conduira personne à adorer Dieu dans le lieu très saint ; le voile ne sera alors plus déchiré (Ézéch. 41:23). En Ézéchiel, nous trouvons bien des sacrificateurs qui exercent un service sacerdotal, mais jamais dans le lieu très saint. Et nous ne voyons pas, en Ézéchiel, que l’autel de bois, qui sera dans le lieu très saint, soit employé. Je crois que ce sera une indication pour les sacrificateurs de l’existence d’un autre peuple de sacrificateurs, servant Dieu dans sa présence immédiate, de même que, en Lév. 16 la famille sacerdotale d’Aaron avait une position séparée du peuple.

Le Père, le Fils et le Saint Esprit n’agissent pas séparément dans cette oeuvre bénie. Le Saint Esprit vient pour établir la communion, mais c’est le Père qui l’envoie, dans son amour. Et il l’envoie au nom du Fils (Jean 14:26) afin que le Fils soit glorifié (Jean 16:14).

Dans sa vie sur la terre, le Seigneur Jésus a révélé le Père dans toutes ses voies de grâce et d’amour (Jean 1:18). Ses Paroles étaient les Paroles du Père, qui l’avait envoyé (Jean 7:16-18 ; 14:24). Le Saint Esprit rappellerait aux disciples ces Paroles (Jean 14:26). Mais il rendrait aussi témoignage de Jésus glorifié (Jean 15:26 ; 16:13). De même que le Seigneur Jésus durant sa vie ici-bas était simultanément dans le sein du Père dans le ciel et pouvait ainsi faire connaître le Père et communiquer les choses qu’il avait vues (Jean 1:18 ; 3:11-13), ainsi aussi le Saint Esprit sur la terre parle aux croyants de ce qu’il a entendu et vu, au ciel, de Jésus glorifié (Jean 16:13). Lui qui est lui-même Dieu, béni éternellement, et un avec le Père et avec le Fils, a pris une place de dépendance. Il se laisse envoyer par le Père (Jean 14:26) et par le Fils (Jean 15:26) et il ne parle pas de par lui-même, c’est-à-dire pas d’une manière indépendante du Père et du Fils.

Il rappelle aux disciples les paroles que le Seigneur Jésus a dites (Jean 14:26), de sorte qu’ils peuvent rendre témoignage du Seigneur (Jean 15:27). C’est ce que nous trouvons dans les évangiles. Mais il donne lui-même un complément céleste par son témoignage de la position céleste du Seigneur Jésus, que lui seul peut donner, afin qu’ils en soient informés et que leurs coeurs puissent s’en réjouir. Nous trouvons cela dans les Actes des Apôtres et dans les épîtres. Et il leur annoncerait les choses qui vont arriver (l’avenir) (Jean 16:13), ce que nous trouvons aussi dans les épîtres et dans l’Apocalypse.

Toutefois, bien que le Saint Esprit soit la source bénie de nos sentiments, il ne peut pas en être l’objet, comme le Seigneur Jésus. En tant que Dieu, nous l’aimons et nous l’apprécions, mais il n’est pas devenu Homme pour nous ; il n’est pas mort pour nous et nous ne pouvons pas être unis à lui. Nous ne pouvons pas dire de lui, comme de notre Sauveur : «Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un ; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères» (Héb. 2:11). Le Saint Esprit ne s’est pas placé envers nous dans le même rapport que le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, qui est devenu Homme et le restera toujours, qui était au milieu des siens comme Celui qui sert.

Mais tandis que ce Jésus dans la gloire est notre Avocat auprès du Père, nous avons ici-bas un autre Avocat, Dieu le Saint Esprit qui est en nous, et avec nous éternellement.

 

12               Quand un croyant reçoit-il le Saint Esprit ? [Réception du plein évangile ; Éph. 1:13 ; Actes 2:38 ; 8:14-17 ; 10:43-48 ; 19:1-7]

note Bibliquest : Complément de ce sujet à propos du sceau, point 14.2

Dans les Actes des Apôtres nous trouvons l’accomplissement des promesses. Pendant que le Seigneur Jésus vivait sur la terre, Dieu avait montré qu’Il était avec nous («Emmanuel», Matt. 1:23) et la foi voit dans la mort et la résurrection de Christ que Dieu est pour nous (Rom. 8:31, 32). Mais en Actes 2 nous trouvons Dieu en nous. Cela était impossible tant que le sang précieux de Christ n’avait pas été versé. Là où il est fait aspersion du sang, le Saint Esprit peut venir et peut habiter (Ex. 29:41-46 ; Lév. 14:14-18). Avant la croix, le Saint Esprit n’avait habité que dans un seul Homme : le Seigneur Jésus. Ce n’est que dans cet Homme sans tache, parfait, qu’il pouvait demeurer sans aspersion préalable de sang. Mais maintenant, le sacrifice avait été offert et le sang de la réconciliation versé. Le Seigneur Jésus avait dit à ses disciples qu’ils seraient baptisés du Saint Esprit dans peu de jours (Actes 1:5). Cela s’accomplit aussi dix jours après l’ascension du Seigneur.

Actes 2 nous donne une description détaillée de cet événement. De même que la naissance du Seigneur avait été manifestée par des signes visibles, ainsi aussi des signes particuliers apparurent lorsque Dieu le Saint Esprit descendit sur cette terre pour y habiter. Dieu donna une double manifestation extérieure de cet événement unique. La maison tout entière fut remplie ; en outre il «apparut des langues divisées, comme de feu» sur chacun individuellement et ils commencèrent à parler d’autres langues. Nous retrouvons constamment cette double vérité : «Il demeure avec vous, et ... il sera en vous» (Jean 14:17). Il a baptisé tous les croyants en un seul corps (1 Cor. 12:13) et ce corps, l’assemblée vue comme maison de Dieu, est appelé en 1 Cor. 3:16 le temple de Dieu, dans lequel le Saint Esprit habite. Le lieu où les disciples priaient fut ébranlé (Actes 4) et en Actes 5 il est dit qu’Ananias et Sapphira avaient menti à Dieu le Saint Esprit, en disant un mensonge à l’assemblée. Dieu était descendu dans la personne du Saint Esprit et habitait dans l’assemblée, et il en est encore ainsi aujourd’hui. Nous reviendrons là-dessus un peu plus loin. Mais en outre, nous trouvons le témoignage sur chacun individuellement : des langues divisées, comme de feu. C’était des langues, allusion au fait de parler ; mais divisées : le témoignage s’en va vers chaque peuple sous les cieux. Et les langues le confirment.

Il est très important de rechercher quand et comment les hommes peuvent recevoir le Saint Esprit. Les idées des hommes sont partagées à ce sujet, et pourtant l’Écriture nous dit très clairement : «Ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse» (Éph. 1:13). Et les exemples dans les Actes des Apôtres ne manquent pas non plus de clarté. Au chap. 2:38 l’apôtre Pierre dit : «Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit». Ici, il n’est pas question de foi comme en Actes 16:31 et Éph. 1. N’était-elle alors pas nécessaire ou la conversion n’était-elle pas nécessaire ? Certes, toutes deux le sont. L’homme pécheur doit se convertir et il doit croire à la Personne et à l’oeuvre du Seigneur Jésus. Toutefois Dieu voit les coeurs et c’est pourquoi Paul parle de foi au geôlier et Pierre de repentance aux Juifs. Les Juifs, fiers et orgueilleux, devaient se séparer du peuple dont ils étaient fiers et se déclarer publiquement pour Jésus en se faisant baptiser pour ce nom méprisé ; eux qui avaient rejeté et crucifié Jésus, devaient se repentir et confesser leur péché et leur faute. Ainsi ils recevraient le pardon et deviendraient participants de l’Esprit Saint. Celui-ci comme nous le voyons, vient de lui-même après la repentance et la foi au Seigneur Jésus. Ce n’est pas le privilège de quelques-uns, mais c’est valable pour tous.

En Actes 8, nous trouvons un ordre tout différent. Les Samaritains avaient reçu l’Évangile et avaient été baptisés au nom du Seigneur Jésus ; mais aucun n’avait reçu le Saint Esprit. Cela n’était-il pas en contradiction absolue avec Éph. 1 ? Une raison importante explique cette différence. Comme on le sait, il y avait entre les Juifs et les Samaritains une grande amertume, avant tout, aussi, à cause du lieu de l’adoration (Jean 4:20). Si les croyants de Samarie avaient reçu le Saint Esprit immédiatement après la prédication de Philippe, c’est-à-dire de la même manière que les Juifs croyants, n’y aurait-il pas eu un grand danger de jalousie entre les croyants de ces deux endroits ? L’unité n’aurait-elle pas été d’emblée menacée ? En outre, le Seigneur avait donné à Pierre les clés du royaume des cieux. C’est pourquoi ils ne reçurent le Saint Esprit qu’après que Pierre et Jean furent venus, eurent prié pour eux et leur eurent imposé les mains en signe d’unité.

En Actes 10, nous trouvons encore un autre ordre. Corneille et les siens appartiennent aux nations, mais sans aucun doute ils se sont repentis et sont nés de nouveau. Ils ont entendu l’Évangile (v. 36), mais ils ne savaient pas si cela était aussi pour eux. Pierre, enseigné à cet égard par une révélation spéciale, ouvre la porte aux nations (v. 35) et après qu’ils eurent entendu et cru la parole «que, par son nom, quiconque croit en lui reçoit la rémission des péchés», le Saint Esprit tomba sur eux avec les mêmes signes extérieurs qu’à Jérusalem. Ici donc rien ne se passa avant : ni prière, ni imposition des mains, ni même le baptême.

Nous trouvons un quatrième cas en Actes 19. Nous voyons là un certain nombre de croyants qui avaient été enseignés d’une manière incomplète. Ils avaient entendu l’Évangile d’un Sauveur qui allait venir, mais ils ne savaient pas que l’oeuvre de la réconciliation avait été accomplie et que le sang avait été répandu. C’est pourquoi ils ne pouvaient pas croire à l’oeuvre accomplie par Christ ni recevoir le Saint Esprit sur la base de cette oeuvre. Ils ne savaient même pas que la promesse de l’Ancien Testament, dont aussi leur maître, Jean le Baptiseur, avait si souvent parlé, était accomplie. Mais après que Paul les eut enseignés et qu’ils eurent reçu le baptême chrétien, le Saint Esprit vint sur eux. Paul, l’apôtre des nations, impose les mains à ces Juifs croyants et ils reçoivent le Saint Esprit, comme cela avait été le cas pour les Samaritains après l’imposition des mains de Pierre et de Jean. Dieu montre que l’autorité de l’apôtre des nations n’était pas moindre que celle des onze.

Il résulte de tous ces passages que celui qui se repent et croit au Seigneur Jésus, reçoit le Saint Esprit. Cela s’applique tant aux Juifs qu’aux non-Juifs. Certes il y a une différence, car les Juifs devaient d’abord être baptisés du baptême chrétien, tandis que nous ne trouvons nulle part cela pour les croyants d’entre les nations. Mais le principe général demeure : Celui qui croit au Seigneur Jésus et à son oeuvre accomplie, reçoit le Saint Esprit. En ce qui nous concerne, nous qui ne sommes pas Juifs, nous n’avons besoin d’aucune imposition des mains, ni d’aucune autorité apostolique : «Ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse» (Éph. 1:13).

Certes il peut s’écouler quelque temps entre la conversion et la nouvelle naissance d’une part, et la réception