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LE SAINT ESPRIT

 

H. L. Heijkoop

les sous-titres entre crochets ont été ajoutés par Bibliquest

Table des matières

1     Introduction [Importance de la vérité sur Dieu le Saint Esprit]

2     Le Saint Esprit est une personne divine

3     Le Saint Esprit dans l’Ancien Testament

4     Le Saint Esprit dans le Nouveau Testament

5     Le baptême de l’Esprit Saint et de feu [Matth. 3:11 ; Luc 3:16]

6     La repentance [Jean 16:8 ; rôle du Saint Esprit en rapport avec la repentance]

7     La nouvelle naissance [Jean 3 ; rôle du Saint Esprit en rapport avec la nouvelle naissance]

8     Le Saint Esprit comme puissance en nous [Jean 4:14]

9     Des fleuves d’eau vive [Jean 7:37-39]

10      La vie de résurrection [Jean 20:22]

11      Le Consolateur ( = Avocat) [Jean 14 à 16]

12      Quand un croyant reçoit-il le Saint Esprit ? [Réception du plein évangile ; Éph. 1:13 ; Actes 2:38 ; 8:14-17 ; 10:43-48 ; 19:1-7]

13      Affranchissement

14      Onction et sceau [du Saint Esprit]

14.1    [Onction : 2 Cor. 1:21 ; 1 Jean 2:20, 27]

14.2    [Sceau du Saint Esprit : 2 Cor. 1:21-22 ; Éph. 1:13 ; 4:30]

15      Afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez    Gal. 5:17 — [La marche par l’Esprit]

16      Plein de l’Esprit Saint et rempli de l’Esprit Saint [Plénitude]

16.1    [Plein de l’Esprit Saint]

16.2    [Rempli de l’Esprit Saint]

17      Le baptême du Saint Esprit [1 Cor. 12:12, 13 ; le Corps de Christ]

18      Le temple de Dieu [Éph. 2:22 ; 1 Cor. 3:16, 17 ; Exode 15 — Les croyants ensemble, une habitation de Dieu par l’Esprit]

19      L’Esprit emploie qui il veut [1 Cor. 12]

20      L’appel des ouvriers du Seigneur [Éph. 4]

21      Direction dans le service [comment l’Esprit dirige ; Ps. 32:8-9]

22      Direction du Saint Esprit dans les réunions [1 Cor. 14 — Déroulement des réunions]

23      Le Saint Esprit dans le culte et les réunions de prières [pas le lieu d’exercice des dons spirituels]

24      Conclusion

25      Annexe : Le Saint Esprit dans l’Apocalypse

 

1                    Introduction [Importance de la vérité sur Dieu le Saint Esprit]

La grande vérité de l’Ancien Testament est qu’il y a un seul Dieu, connu comme le Créateur, le Tout-Puissant, et l’Éternel (Deut. 6:4). Le diable a sans cesse essayé d’altérer et de détruire cette vérité, en entraînant les hommes loin de Dieu et en dirigeant leurs coeurs vers les faux dieux (1 Cor. 8:5).

La grande vérité du Nouveau Testament est que ce Dieu est une Trinité, qui s’est révélé à nous comme Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit. Éph. 4:4-6 nous la présente d’une façon très claire par trois cercles toujours plus étendus (voir aussi 1 Cor. 8:6 ; 1 Tim. 2:5). Et c’est contre cette vérité fondamentale du christianisme que Satan dirige toutes ses attaques. Il sait qu’avec cette vérité la foi chrétienne demeure ; sans elle, elle tombe. Aussi Satan, par le moyen d’une incrédulité frivole, nie l’existence de Dieu et conteste la divinité de Christ ou sa réelle humanité. Et il a réussi auprès de milliers de croyants, à obscurcir d’une telle manière la révélation que la Bible donne du Saint Esprit que ces croyants se trouvent en pratique dans l’état des croyants juifs mentionnés en Actes 19:1-4 qui n’étaient pas encore devenus chrétiens.

Combien y a-t-il de croyants conscients que le Saint Esprit n’est pas seulement une puissance ou une influence, mais vraiment une Personne divine ? Combien savent que le Saint Esprit habite en eux ? Et pourtant Rom. 8:9 dit expressément que quelqu’un qui n’a pas le Saint Esprit n’est pas de Christ !

Quel effet cela aurait sur notre vie, si nous réalisions vraiment que Dieu le Saint Esprit habite en tout croyant (Éph. 1:13 ; 2 Cor. 1:22) et qu’il veut régir et diriger notre vie. Quelle différence cela ferait si nous savions qu’Il habite aussi dans l’assemblée (Éph. 2:22 ; 1 Cor. 3:16) et qu’Il veut y diriger toutes choses selon ses pensées et employer qui Il veut ! Et quel résultat cela produirait si nous nous rendions compte que nous l’attristons quand nous ne le laissons pas diriger notre vie (Éph. 4:30) et que nous pouvons même l’éteindre quand nous ne nous soumettons pas à sa direction dans notre vie d’assemblée (1 Thess. 5:19).

Sondons donc la Parole de Dieu et recevons dans notre coeur, pour le mettre en pratique, ce qu’elle nous enseigne sur Dieu le Saint Esprit.

 

2                    Le Saint Esprit est une personne divine

Quelqu’un dira peut-être que cela n’a guère d’importance, en pratique, que le Saint Esprit soit une Personne, une puissance ou une influence. Consciemment ou inconsciemment, beaucoup pensent à Lui comme s’il était seulement une puissance. Mais cela fait une immense différence. Tout d’abord, parce que de cette manière une importante vérité est battue en brèche. Si le Saint Esprit n’avait pas sa propre personnalité, n’était pas une Personne divine, il n’y aurait pas de Trinité.

Mais encore, dans la vie pratique, cette vérité change tout. Si le Saint Esprit n’est qu’une puissance, agissant en moi, je peux faire des plans, les mettre à exécution et cela en ayant recours à cette puissance. En revanche, si c’est une Personne divine, qui habite en moi, je ne peux plus faire de plans, ni les exécuter. Car c’est Lui qui les fait et les exécute, et je n’ai rien d’autre à faire que de me laisser employer par Lui. Je ne suis plus celui qui agit, mais seulement un instrument qu’ Il utilise comme Il le veut. N’y a-t-il pas une immense différence entre le premier cas, où moi, simple créature, je recours au Créateur pour atteindre mon but, et le second, où le Dieu tout-puissant s’abaisse à recourir à sa créature pour l’employer, dans sa grâce, à l’exécution de Sa volonté ?

La première conception est purement celle d’un païen et conduit à une surestimation de soi et à une activité de la volonté propre. C’est ainsi que le païen agit envers ses faux dieux ! Tandis que la seconde conception produit l’humilité, la dépendance, conduit à la glorieuse certitude d’être dans le sentier de Dieu et d’avoir son approbation. Et pourrait-il y avoir quelque chose qui rende le coeur plus heureux que cette assurance que le Seigneur est avec nous ? Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons demeurer inébranlables, quelque grande que puisse être l’opposition de Satan et du monde.

Aussi est-il de la plus grande importance de sonder avec soin ce que les Saintes Écritures nous enseignent à ce sujet.

Quelles sont les caractéristiques d’une personne ? Ce n’est pas qu’elle ait un corps, comme beaucoup le pensent. En ce qui nous concerne, certes, la personne et le corps sont étroitement liés. C’est pourquoi, le croyant qui meurt en Christ n’est pas complet tant qu’il n’aura pas reçu un nouveau corps, lors de la résurrection, bien qu’il soit jusqu’à ce moment-là auprès du Seigneur et heureux ainsi. Si la possession d’un corps était le critère, les anges, par exemple, ne seraient pas des personnes, ni même Dieu le Père, ni encore le Seigneur Jésus avant d’être devenu homme. Une personne est un être vivant, conscient de son existence et qui pense, veut et agit consciemment.

Que dit la Parole du Saint Esprit ? Elle enseigne que :

Il a puissance et amour (Rom. 15:13, 30) ;

Il est un être qui pense et juge, qui aussi intercède pour nous (Rom. 8:26, 27) ;

Il sonde, connaît, enseigne et convainc (1 Cor. 2:10, 11 ; Néh. 9:20 ; Jean 16:8, 13) ;

Il a une volonté souveraine (1 Cor. 12:10, 11 ; Actes 13:2) ;

Il habite dans les croyants, individuellement (1 Cor. 6:19), et dans l’assemblée (1 Cor. 3:16 ; Éph. 2:22) ;

Il peut être contristé (Éph. 4:30 ; És. 63:10), outragé (Héb. 10:29), éteint (1 Thess. 5:19) ; on peut lui mentir (Actes 5:3).

Le Seigneur Jésus parle de lui comme d’une Personne (Jean 14:16, 17, 26). Et les Saintes Écritures nous disent dans les Actes des Apôtres 5:3, 4 que le Saint Esprit est Dieu, et dans plusieurs passages Il est intimement lié au Père et au Fils (par exemple Matt 28:19 ; 1 Cor. 12:4-6 ; 2 Cor. 13:13 ; Éph. 4:4-6).

Ainsi le Saint Esprit est une Personne, et une Personne divine. Il est Dieu le Saint Esprit !

 

3                    Le Saint Esprit dans l’Ancien Testament

L’Ancien Testament ne mentionne pas que le Saint Esprit soit une Personne divine. Certes de très nombreux passages nous parlent de Lui et de son action. Déjà dans le deuxième verset de la Bible, il est dit : «Et l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux» et en Gen. 6:3 : «Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme». Nous voyons là que le Saint Esprit s’occupe de la terre qui était alors désolation et vide, ainsi que des hommes qui avaient rejeté Dieu. Il voulait produire quelque chose dont Dieu puisse dire que «cela était bon».

Son activité était si bien connue qu’il peut être dit de Josué qu’il «était rempli de l’esprit de sagesse» (Deut. 34:9) et que David suppliait Dieu : «Ne m’ôte pas l’esprit de ta sainteté» (Ps. 51:11). C’était Lui qui avait rempli Betsaleël de l’esprit de Dieu, en sagesse, en intelligence, et en connaissance, et pour toute espèce d’ouvrages (Ex. 35:31). Par David Il prophétisa du Messie et du royaume de paix à venir (2 Sam. 23:1-7). Il inspira les saints hommes qui ont écrit l’Ancien Testament, de sorte qu’ils pouvaient dire : «Ainsi dit l’Éternel» (2 Pierre 1:21). Le prophète Aggée pouvait même consoler le faible résidu d’Israël, en disant : «Mon Esprit» demeure «au milieu de vous ; ne craignez pas» (2:5). Le Saint Esprit agissait même parfois en des incrédules (Nomb. 24:2 ; 1 Sam. 10:10).

Toutefois il n’est jamais révélé dans l’Ancien Testament que le Saint Esprit soit une Personne. Il n’était connu que comme l’Esprit de Dieu, comme la puissance sortant du Dieu unique. De même le Seigneur Jésus n’y est pas davantage révélé, bien que nous trouvions dans l’Ancien Testament d’innombrables types et de nombreuses prophéties à son sujet qui, à la lumière du Nouveau Testament, confirment sa déité (comp. le passage de Zach. 12:10 qui montre que le Seigneur Jésus est l’Éternel). Le Saint Esprit n’est ainsi pas présenté dans l’Ancien Testament comme une Personne divine, bien que de nombreux passages y fassent clairement allusion comme nous le comprenons à la lumière du Nouveau Testament. Le Saint Esprit n’était pas encore révélé et il n’habitait pas encore sur la terre. «L’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié», lisons-nous en Jean 7:39. Les croyants ne connaissaient pas encore la signification de la croix et de la résurrection. Ils devaient dire : «Nous n’avons même pas ouï dire si l’Esprit Saint est» (Actes 19:2).

L’action du Saint Esprit était limitée dans le temps ; ainsi il est dit en 1 Sam. 16:14 : «Et l’Esprit de l’Éternel se retira d’avec Saül», et David prie Dieu de ne pas lui ôter l’esprit de sa sainteté (Ps. 51:11). Les prophètes ont annoncé que le Saint Esprit serait répandu (cf. Ézéch. 39:29 ; Joël 2:28, 29), mais c’était toujours à venir.

 

4                    Le Saint Esprit dans le Nouveau Testament

Dans le Nouveau Testament nous trouvons des conditions toutes différentes. Le miracle des siècles s’est produit : «Dieu a été manifesté en chair» (1 Tim. 3:16). Le Dieu éternel, le Créateur des cieux et de la terre, est descendu ici-bas, la «Sainte Chose» née de la Vierge. «La Parole devint chair, et habita au milieu de nous (et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité» (Jean 1:14). Les étoiles du matin chantèrent ensemble et tous les fils de Dieu éclatèrent de joie (Job 38:7) à la vue de ses actes de Créateur. Comme ils éclatèrent de joie, lorsqu’ils virent leur Créateur devenir homme, et contemplèrent comme petit enfant dans la crèche à Bethléhem Celui qui venait sauver le monde, donner la vie éternelle à des pécheurs perdus et mourir pour eux sur la croix. Ils virent la gloire de sa grâce. «Et soudain il y eut avec l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu, et disant : Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes» (Luc 2:13, 14). «Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes» (2 Cor. 5:19).

La Trinité participe à cet événement merveilleux. Après que le Fils, dans le «conseil de paix» eut dit : «Voici, je viens pour faire ta volonté» (Héb. 10:9), Dieu lui forma un corps (Héb. 10:5), et le Saint Esprit engendra en Marie l’Homme Jésus (Matt. 1:20). Au début du ministère public du Seigneur Jésus, nous voyons la première révélation de la Trinité : le Fils dans son abaissement sur la terre ; Dieu, le Père, qui parle du ciel et reconnaît l’Homme Jésus comme son Fils ; et Dieu, le Saint Esprit, descendant sur le Fils sous une forme corporelle (Luc 3:22). Comment serait-il possible que pendant la période où Dieu, le Fils, était sur la terre et y manifestait Dieu, le Père (Jean 1:18), le Saint Esprit ne soit pas vu aussi ? Nous trouvons également tout au long des Évangiles une manifestation glorieuse de lui.

Considérons maintenant ce qui nous est relaté de l’Esprit en rapport avec la vie du Seigneur Jésus sur la terre. Au sujet de sa naissance, il est dit à Marie : «L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu» (Luc 1:35). Au début du ministère public du Seigneur Jésus, nous avons vu que le Saint Esprit descendit du ciel sur lui sous une forme corporelle et rendit témoignage que Jésus était le Fils de Dieu (Jean 1:32-34). En Luc 4:1 nous lisons que «Jésus, plein de l’Esprit Saint, s’en retourna du Jourdain et fut mené par l’Esprit dans le désert» et au verset 14 il est ajouté qu’il s’en retourna en Galilée, dans la puissance de l’Esprit. Par l’Esprit il enseignait, consolait, guérissait (v. 18 et 19) et chassait les démons (Matt. 12:28). Par l’Esprit il s’est offert lui-même à Dieu sans tache (Héb. 9:14). Certes, Dieu ne lui avait pas donné l’Esprit avec mesure.

Dans l’offrande de gâteau (Lév. 2), nous en trouvons un type glorieux. La fleur de farine — qui est une image de la pureté de la nature humaine de Christ — est mêlée avec de l’huile (image du Saint Esprit), est ointe d’huile, couverte d’huile. Ainsi sous quelque forme que l’on considère le Seigneur comme homme, l’absence totale de péché est manifestée, déjà lors de la formation de sa nature humaine par la puissance du Saint Esprit (Matt. 1:20 ; Luc 1:35) et de son onction du Saint Esprit.

Nous en trouvons encore une image plus claire dans les enseignements du Seigneur Jésus. En Jean 3, Il dit que la nouvelle naissance est opérée par le Saint Esprit, que c’est par lui que nous avons reçu une nouvelle nature. Au chap. 4:14 il est ajouté que le don de Dieu, dans le croyant, devient en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle ; c’est la puissance qui correspond à cette nouvelle nature. Et dans le chapitre 7:37-39, le Saint Esprit est des «fleuves d’eau vive» coulant du ventre de celui qui croirait au Seigneur Jésus après son ascension.

En Jean 14, 15 et 16 nous trouvons une partie toute nouvelle de la vérité concernant le Saint Esprit. Le Seigneur Jésus parle d’un «autre consolateur», qui viendrait quand Lui s’en serait allé. Nous voyons là une Personne divine venant remplacer le Seigneur Jésus auprès des siens. Le Seigneur Jésus allait quitter la terre ; la mort était devant lui. L’oeuvre que Dieu lui avait donnée à faire devait être accomplie, et Dieu serait parfaitement glorifié en elle. Et le seul salaire possible et juste que le Seigneur recevrait serait sa glorification à la droite du Père. Mais cela signifiait pour les disciples qu’ils resteraient seuls. Pour les consoler le Seigneur leur promet qu’il leur enverrait un autre consolateur, l’Esprit de vérité. Celui-ci serait avec eux, et en eux. Et ce don est si grand qu’il était avantageux pour les disciples que le Seigneur Jésus s’en aille, car alors seulement le Consolateur pourrait venir à eux.

Toutefois, quelles que soient l’étendue de ces promesses et la grandeur de cette révélation, il est évident qu’elle n’existait pas alors dans son intégralité. Le Saint Esprit n’habitait pas encore sur la terre, si ce n’est dans le Seigneur Jésus. Le baptême du Saint Esprit n’avait pas encore eu lieu. Ce n’étaient encore que des promesses (Jean 14:16). Et comme nous avons vu en Matt. 3:11 que le baptême du Saint Esprit n’avait pas eu lieu avant que le Seigneur Jésus soit devenu homme, ainsi nous apprenons en Jean 7:39 que ce baptême ne pouvait pas être reçu avant que le Seigneur soit retourné au ciel. Mais alors vient la promesse qu’ils seraient baptisés de l’Esprit Saint «dans peu de jours» (Actes 1:5), et en Actes 2 nous en trouvons l’accomplissement : Dieu le Saint Esprit baptise tous les croyants en un seul corps (1 Cor. 12:13) et habite en eux : collectivement comme habitation de Dieu par l’Esprit, comme temple de Dieu (Éph. 2:22 ; 1 Cor. 3:16), et individuellement dans chacun des membres de ce corps (1 Cor. 6:19).

Des passages tels que Luc 1:15, 41, 67 ne sont nullement en contradiction avec ce qui vient d’être dit. Il s’agit ici d’être rempli de l’Esprit Saint. Dans le cas de Jean Baptiste, il avait le Saint Esprit dès sa naissance. Il a été ainsi rempli d’une manière extraordinaire de la puissance et des dons de l’Esprit, comme il convenait à sa position privilégiée de précurseur du Seigneur. Mais cela n’est pas identique à l’habitation du Saint Esprit dans le croyant, comme le montrent à l’évidence des passages tels que Actes 4:8 et 31 où Pierre et d’autres disciples furent aussi remplis du Saint Esprit, bien que le baptême du Saint Esprit ait déjà eu lieu le jour de la Pentecôte. L’habitation du Saint Esprit et être rempli du Saint Esprit sont deux choses différentes qui peuvent aussi bien exister ensemble que séparément.

 

5                    Le baptême de l’Esprit Saint et de feu [Matth. 3:11 ; Luc 3:16]

Avant de considérer l’oeuvre du Saint Esprit, occupons-nous encore un instant de ce qui est dit en Matt. 3:11 et Luc 3:16 : «Lui vous baptisera de l’Esprit Saint et de feu».

Beaucoup comprennent ces passages comme s’il était écrit : Lui vous baptisera du feu de l’Esprit Saint, et l’on entend parler du «baptême de feu» et prier pour cela. On pense au baptême de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte et aux «langues divisées, comme de feu» qui se posèrent sur les disciples comme témoignage public que le Saint Esprit était descendu sur eux.

Si nous lisons ce texte avec soin, il est clair que cette interprétation n’est pas juste. Certes, il est parlé d’un baptême de feu, mais c’est quelque chose de tout autre que le baptême du Saint Esprit.

Le feu est toujours, dans la Parole, une image du jugement ou de l’épreuve. On le voit aussi en Matt. 3:12. Or, le baptême du Saint Esprit n’est pas un jugement, mais un acte de grande grâce ; le Seigneur Jésus l’a annoncé à plusieurs reprises à ses disciples comme une consolation (Jean 14 à 16). Le baptême de l’Esprit Saint ne peut donc pas être la même chose que le baptême de feu. Le Seigneur Jésus le laisse aussi entendre clairement. Il dit : «Car Jean a baptisé avec de l’eau ; mais vous, vous serez baptisés de l’Esprit Saint, dans peu de jours» (Actes 1:5). Ce sont les mêmes paroles que Jean employait, mais avec l’adjonction que le baptême de l’Esprit Saint aurait lieu «dans peu de jours». Il n’est rien dit du baptême de feu. Ne serait-ce pas étrange, si le baptême de feu avait eu lieu effectivement le jour de la Pentecôte ? Un examen plus approfondi de Matt. 3:11 à ce sujet nous en donnera l’explication.

Dans les prophéties de l’Ancien Testament sur la venue du Seigneur Jésus, deux conséquences de cette venue sont toujours placées devant les yeux : les bénédictions et la gloire pour ceux qui craignent Dieu, et le jugement pour les orgueilleux et ceux qui pratiquent la méchanceté (comp. És. 61:1, 2 et Mal. 4:1-3). On ne peut déduire d’aucun passage que ces conséquences ne doivent pas être vues simultanément. Le Juif pieux attendait que le Messie délivre les Juifs, en jugeant leurs ennemis. C’est la raison pour laquelle il y a tant de Psaumes de vengeance, dans lesquels le psalmiste se réjouit du jugement qui doit atteindre les impies (cf. Ps. 58:6-11 ; 83 ; 109, etc. ). Ce jugement devait avoir lieu lorsque le Dieu des cieux établirait son royaume sur la terre (Dan. 2:44) pour le remettre au Messie, le Fils de l’homme (Dan. 7:13, 14). Jean le Baptiseur était le héraut du roi, annoncé en És. 40 et Mal. 3 et 4, qui devait prêcher l’Évangile du royaume. «Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché». Cela nous est présenté en Matt. 3 et Luc 3.

Malheureusement le peuple, comme ensemble, ne craignait pas Dieu. Certes, extérieurement, il gardait la parole de Dieu et accomplissait les prescriptions de la loi. Mais en fait, leur état était semblable à celui du temps de Malachie où seul un tout petit résidu craignait Dieu. Ce résidu croyait les paroles de Jean le Baptiseur selon lesquelles le royaume était proche. Ils avaient été baptisés du baptême de la repentance (Actes 19:4) et se séparaient ainsi de la masse du peuple qui ne craignait pas Dieu. Ils reconnaissaient par le baptême que l’état dans lequel ils étaient jusqu’alors était en contradiction avec le royaume qui allait venir et avec son roi.

Les conducteurs du peuple qui servaient Dieu vinrent aussi ; malheureusement sans se repentir, et c’est à eux que Jean s’adressait. Il venait dans la voie de la justice (Matt. 21:32) et parlait de repentance, tout en annonçant le jugement sur toute injustice. Il baptisait d’eau, signe extérieur de la séparation du mal, mais qui ne pouvait jamais opérer une purification intérieure. Même le baptême chrétien parle de mort, d’être enseveli, et jamais de vie. Lui n’était pas le Messie ; il n’était que la «voix de celui qui crie», mais après lui devait venir Celui qui était plus puissant que lui et tellement élevé au-dessus de lui qu’il n’était pas digne de porter Ses sandales. C’était Dieu lui-même, l’Éternel, le Dieu de l’alliance d’Israël (Zach. 12 et 14). Par celui-ci la grâce et la vérité viendraient (Jean 1:17 ; Matt. 11:16-19 ; Luc 7:32-35). Il baptiserait de l’Esprit Saint et de feu. «De l’Esprit Saint», comme du fruit de sa première venue, de la puissance des bénédictions de Dieu dans le royaume des cieux dans sa forme actuelle, par laquelle l’assemblée (Ekklesia) est séparée des Juifs (Actes 2:40, 47). «De feu» : Il exécutera le sévère jugement de Dieu sur le monde, exerçant «en flammes de feu... la vengeance contre ceux qui ne connaissent pas Dieu» (2 Thess. 1:8).

Le Saint Esprit ne purifie pas seulement extérieurement, mais il renouvelle l’entendement (Rom. 12:2) et il est la puissance divine en nous qui nous sépare de tout ce qui plaît à la chair. Il nous amène en contact avec la gloire dans laquelle Dieu nous introduit, dans tout ce en quoi Dieu s’est révélé, en vainquant tout ce qui nous empêche de jouir de ces privilèges. Le feu est le jugement qui consume tout ce qui est opposé à Dieu. Tous deux éloignent le mal, mais par des voies différentes.

Jean le Baptiseur n’a pas compris tout cela. Le passage de 1 Pierre 1:10-12 nous montre que souvent les prophètes prophétisaient de choses qui dépassaient de loin leur entendement. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il a été révélé de quelle manière Christ a accompli la prophétie de Jean. C’était déjà «le mystère du Christ, lequel, en d’autres générations, n’a pas été donné à connaître aux fils des hommes» (Éph. 3:2-12). Les prophéties de l’Ancien Testament en général n’indiquent pas qu’entre la venue du Seigneur en grâce sur la terre et son apparition en gloire pour le jugement, une longue période s’écoule. Si les Juifs s’étaient convertis à la prédication de Jean et avaient reçu le Seigneur Jésus, cela n’aurait pas été le cas. Car le royaume aurait alors été établi en gloire. C’est pourquoi le Seigneur Jésus indique, dans son sermon sur la montagne (Matt. 5 à 7) quel caractère devraient avoir ceux qui entreraient dans ce royaume des cieux. Dans les chap. 8 à 12 de Matt. nous voyons cependant qu’il est rejeté des Juifs, et au chap. 13 : 1 le Seigneur sort de la maison (Israël) et s’assied près de la mer (les nations). Là il montre dans les sept paraboles bien connues ce qui est advenu de ce royaume en raison du rejet du roi, mais aussi comment, à la consommation du siècle, il sera purifié lorsque l’ivraie sera brûlée (le baptême de feu). Et ensuite comment ce royaume purifié sera manifesté en gloire, en ce qui concerne sa partie terrestre sous le nom de «royaume du Fils de l’homme» (v. 41), et quant à sa partie céleste comme le royaume du Père (v. 43). Alors la prophétie de Jean sera entièrement accomplie. Alors le royaume des cieux sera manifesté en puissance et en gloire et le Seigneur Jésus aura baptisé Israël de feu. Mais en attendant quelque chose de nouveau se produit. Le roi rejeté trouve dans le champ un trésor (v. 44-46) ; l’assemblée est manifestée. Il vend tout ce qu’il a pour l’acquérir et il la baptise du Saint Esprit pour être son corps (1 Cor. 12:13). C’est le baptême du Saint Esprit que Jean annonçait et qui a eu lieu le jour de la Pentecôte (Actes 2).

Quelquefois on invoque l’expression «langues divisées, comme de feu» comme preuve que le «baptême de feu» est identique au baptême du Saint Esprit. Toutefois il n’est pas écrit qu’elles étaient de feu, mais «comme de feu». C’étaient des langues, allusion au fait de parler. Cela signifie que la puissance du Saint Esprit se manifesterait dans leur prédication de la Parole, de sorte que cette Parole qui juge tout comme un feu (Héb. 4:12) serait annoncée avec puissance (Actes 1:8). Que cela ait été des langues «divisées» est, à mon avis, une indication que le témoignage n’était pas seulement pour les Juifs, mais aussi pour les nations.

Combien grande est la grâce de Dieu qui ne nous donne pas tout ce que nous lui demandons, mais seulement ce qui est bon pour nous. Où serions-nous s’il avait exaucé les prières de ceux de ses enfants qui lui demandaient le «baptême de feu» ! Notre Dieu aussi est un feu consumant (Héb. 12:29).

 

6                    La repentance [Jean 16:8 ; rôle du Saint Esprit en rapport avec la repentance]

Nous lisons en Gen. 1:2 : «Et la terre était désolation et vide, et il y avait des ténèbres sur la face de l’abîme. Et l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux». Comme tout ce chapitre, ce verset n’a pas seulement une signification littérale. Il nous présente aussi l’oeuvre du Saint Esprit s’occupant d’un homme dont le coeur est aux yeux de Dieu «désolation et vide».

Dieu a créé l’homme en pureté, mais celui-ci s’est détourné de Dieu et a servi Satan. Dans toutes les circonstances, que ce soit sans gouvernement ou avec, sous la loi, sous la royauté, etc., l’homme a prouvé qu’il ne voulait pas servir Dieu. Et lorsque dans son amour «Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes» (2 Cor. 5:19), ils le rejetèrent et crucifièrent le Seigneur Jésus. Ainsi l’homme a donné la preuve qu’il était «désolation et vide». Il n’y avait rien en lui d’agréable pour Dieu.

C’est de tels hommes que le Saint Esprit s’occupe. Dans le chap. 16 de l’évangile selon Jean, nous apprenons du Seigneur Jésus que son départ était avantageux pour les disciples, car alors le Saint Esprit viendrait sur la terre. «Et quand celui-là sera venu, il convaincra le monde de péché, et de justice, et de jugement : de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; de justice, parce que je m’en vais à mon Père, et que vous ne me voyez plus ; de jugement, parce que le chef de ce monde est jugé» (v. 8-11).

Tout homme a péché et, devant le grand trône blanc, chacun de ceux qui y comparaîtront sera jugé selon ses oeuvres. Lorsque le Seigneur Jésus a été rejeté, tout le monde s’est ligué contre lui. Les sadducéens se sont unis aux pharisiens, les docteurs de la loi au peuple qu’ils maudissaient parce qu’il ne connaissait pas la loi, les sacrificateurs à Pilate, les soldats romains aux deux malfaiteurs crucifiés. La culpabilité commune de l’humanité a été manifestée en ce qu’ils ont concouru tous ensemble à ce forfait. Les conducteurs religieux et civils se sont rendus au désir du peuple et tout a été mis en oeuvre pour repousser et faire périr l’Envoyé de Dieu, pur et saint, qui ne connaissait pas le péché. Non seulement chaque homme individuellement était un pécheur, mais le monde, la société humaine organisée était foncièrement méchante. «La lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise» (Jean 1:5). «Ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père» (Jean 15:24).

Le Seigneur Jésus a ainsi été cloué à la croix et mis à mort «par la main d’hommes iniques» (Actes 2:23). Mais d’un autre côté, il est venu volontairement, pour faire la volonté de Dieu et pour glorifier le nom de Dieu, et «par l’Esprit éternel» il «s’est offert lui-même à Dieu sans tache» (Héb. 10:9 ; 9:14). «Lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois» (1 Pierre 2:24), mais en outre, ou plus exactement en premier lieu, il a glorifié Dieu, à la croix. L’homme avait nié et l’amour, et la vérité, et la justice, et la sainteté de Dieu, en croyant les assertions de Satan selon lesquelles Dieu voulait priver l’homme d’une chose bonne pour lui, et que manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal n’aurait pas des conséquences telles que Dieu l’avait dit, mais que, au contraire, l’homme deviendrait «comme Dieu, connaissant le bien et le mal». Et la patience de Dieu, qui a repoussé le jugement dans son complet déploiement, a été interprétée comme une preuve de la vérité des assertions de Satan (2 Pierre 3:4).

Maintenant apparaît un homme, dont le principe de vie consistait dans l’obéissance et la consécration à Dieu, et dont Dieu pouvait dire qu’Il avait trouvé son plaisir en lui. Celui-ci s’offre lui-même pour subir la mort d’un esclave sur la croix, oui, la mort sous le jugement de Dieu, afin de glorifier le nom de Dieu. Il est la victime parfaite, car il était parfait en lui-même, mais aussi il était Celui qui s’offrait parfaitement. Il s’offrait lui-même d’une manière parfaite. Il était l’holocauste, un parfum agréable pour l’Éternel.

Combien Dieu a été glorifié par ce sacrifice ! Peut-il y avoir une preuve plus grande de l’amour de Dieu que celle-ci que Dieu a donné son Fils unique pour des pécheurs perdus ? (1 Jean 4:8-10 ; Rom. 5:8 ; Jean 3:16). La vérité de Dieu, et sa justice inexorable pouvaient-elles briller d’une manière plus glorieuse que lorsqu’il fit tomber tout le jugement contre le péché sur Celui en qui il avait trouvé son plaisir, mais qui alors prenait volontairement la place de pécheurs perdus ? Est-ce que la sainteté de Dieu, la lumière, en laquelle «il n’y a ... aucunes ténèbres» (1 Jean 1:5) pouvait se manifester d’une manière plus claire que là où le Seigneur Jésus — qui avait pu dire : «Je fais toujours les choses qui lui plaisent» (Jean 8:29) et «Or moi je savais que tu m’entends toujours» (Jean 11:42) — dut s’écrier : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» et : «Tu m’as mis dans la poussière de la mort» (Matt. 27 ; Ps. 22) parce qu’il avait pris sur lui nos péchés ? Certes, Dieu a été glorifié, à la croix, comme il ne l’avait jamais été avant, et plus que si Adam n’était pas tombé. Dieu pouvait-il laisser dans le tombeau cette personne glorieuse ? Il l’a ressuscité d’entre les morts et lui a donné, en juste récompense, une place à Sa droite. Ainsi la justice de Dieu se manifestait à nouveau, mais maintenant aussi d’une manière manifeste pour le monde ; il ne peut pas nier ce fait.

Quelle était la position de Satan ? Il était le grand contradicteur de Dieu, et cherchait à anéantir l’oeuvre de Dieu. C’est pourquoi il tenta dans le désert le Seigneur Jésus, lui offrant même la domination du monde, s’il lui rendait hommage. Mais lorsqu’il vit que toute sa ruse n’avait aucune prise sur la sainteté et la dépendance du second Adam, il essaya par sa puissance. Il rassembla le monde entier, dans tous ses éléments, et ceux-ci ne se laissèrent que trop volontiers diriger par leur chef comme cela se produira aussi plus tard (Apoc. 20:8). Le Seigneur Jésus s’étant livré lui-même, Satan parut avoir la victoire ; sa puissance semblait avoir vaincu le prince de la vie (Héb. 2:14, 15). Ses desseins sont devenus manifestes. Il a révélé à Golgotha toute sa méchanceté et déployé toute sa puissance. Mais il a subi une défaite, car le Seigneur est ressuscité. La mort n’a pas pu le retenir : le prince de ce monde est jugé.

Tel est le témoignage du Saint Esprit envers le monde, comme le Seigneur l’a aussi rendu quand il était sur cette terre (Jean 7:7). Triple témoignage, qui parle d’une manifestation parfaite. Le Seigneur Jésus ne dit cependant pas que le Saint Esprit prêcherait au monde. Sa présence sur la terre est la preuve de ces trois choses et convaincra le monde de la justice du jugement de Dieu qu’il subira bientôt.

Cependant nous trouvons que le Saint Esprit s’occupe aussi des personnes, individuellement. Sa première oeuvre est de placer ces trois choses devant leurs yeux : a) Il montre aux hommes le péché dans toute son horreur, avant tout, comme aussi il se manifeste dans le rejet du Seigneur, afin d’atteindre la conscience et d’amener l’homme à réaliser son état de perdition. Sans cela, aucun salut n’est possible. L’homme doit être conscient de son péché et reconnaître qu’il est perdu et ne peut subsister devant un Dieu saint et juste. b) Puis le Saint Esprit rend témoignage de quelque chose d’autre. Il montre que l’oeuvre de la réconciliation a été accomplie et que Christ a «été livré pour nos fautes» de sorte que Dieu peut, en vertu de cette oeuvre, pardonner les péchés de tous ceux qui croient à ce sacrifice et sont ainsi un avec Lui. Et il est ajouté qu’il a «été ressuscité pour notre justification» (Rom. 4:25), c’est-à-dire que la valeur de l’oeuvre du Seigneur Jésus est imputée à celui qui se l’approprie par la foi. Si la justice de Dieu a ressuscité le Seigneur Jésus de la mort, dans laquelle il est descendu pour nos péchés — donnant ainsi la preuve que l’oeuvre de la réconciliation est accomplie et que les péchés sont expiés — la même justice nous placera sans péché comme justifiés devant Dieu.

c) Enfin le Saint Esprit montre la troisième chose : le jugement définitif qui ôtera d’une manière judiciaire tout ce qui est en opposition à Dieu.

Ces trois choses sont placées devant nos yeux dans la première prédication de Pierre, le jour de la Pentecôte, en Actes 2:23, 24 et 38-40. Et le glorieux résultat de cette oeuvre du Saint Esprit a été la conversion de trois mille âmes.

 

7                    La nouvelle naissance [Jean 3 ; rôle du Saint Esprit en rapport avec la nouvelle naissance]

Le chap. 3 de Jean présente une nouvelle vérité. Dans le jardin d’Eden, il y avait deux arbres : l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. L’homme a mangé de ce dernier et a perdu ainsi le droit au premier. Aussi est-il, dès lors, moralement mort dans ses fautes et dans ses péchés (Éph. 2:1). Sa vie naturelle est caractérisée par le péché et il n’y a rien en elle qui puisse avoir communion avec Dieu.

Cela apparaît lorsque le Seigneur Jésus vint sur la terre. En lui «était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise» (Jean 1:4, 5). L’homme ne pouvait pas même comprendre la vie. «L’homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu, car elles lui sont folie ; et il ne peut les connaître, parce qu’elles se discernent spirituellement» (1 Cor. 2:14).

Cependant Jean 1:12 dit que quelques-uns ont reçu le Seigneur Jésus, et il est ajouté à leur égard qu’ils sont «nés de Dieu». «Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom ; lesquels sont nés, non pas de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu». Ce n’est pas la foi de l’homme naturel qui l’amène en relation avec Dieu. Au chap. 2:23 nous voyons que plusieurs crurent en son nom, et si nous comparions d’une manière superficielle cette expression avec ce qui a été exposé plus haut (Jean 1:13) nous devrions dire que c’était aussi des enfants de Dieu. Ils répondent bien à ce qui est dit là : «qui croient en son nom». Mais il ressort de Jean 2:24, 25, qu’il n’en est pas ainsi.

Ces hommes étaient convaincus par les miracles qu’accomplissait le Seigneur. Ils croyaient en Lui. Mais une foi qui ne repose que sur la raison ou les sentiments, qu’il s’agisse d’une foi historique (comme on l’appelle) d’hommes qui, en raison de l’entourage dans lequel ils ont été élevés ou en raison de leur éducation, ne doutent pas des vérités chrétiennes — ou qu’il s’agisse d’une foi fondée sur une simple conviction de l’intelligence ou des sentiments quant à l’exactitude et à la valeur du christianisme, une telle foi n’amène personne en relation avec Dieu. «Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu’il connaissait tous les hommes, et qu’il n’avait pas besoin que quelqu’un rendît témoignage au sujet de l’homme ; car lui-même connaissait ce qui était dans l’homme» (v. 24, 25).

Pour l’un de ces hommes cependant ce n’était pas seulement l’intelligence ou les sentiments, mais la conscience qui était touchée. Et, bien qu’il soit ignorant et qu’il n’ait pas saisi la lumière, il sent néanmoins qu’il y a en Jésus quelque chose dont il a besoin. Il pense qu’il pourrait être enseigné. Toutefois l’homme naturel ne peut pas recevoir la vie simplement par la connaissance. Aussi le Seigneur lui répond : «En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu» (Jean 3:3).

C’était une parole bien étrange pour Nicodème. Il était un docteur d’Israël et connaissait l’Ancien Testament. Celui-ci parlait du royaume, et c’était là-dessus qu’il désirait être enseigné. Mais ses paroles avaient prouvé qu’il ne discernait pas le royaume, qui était là devant lui dans la personne du Seigneur. Il avait témoigné au Seigneur le plus grand honneur qu’on puisse faire à un homme : «Nous savons que tu es un docteur venu de Dieu» (Jean 3:2) ; mais précisément ces paroles prouvaient que lui non plus n’avait pas saisi la lumière. Les prophètes de l’Ancien Testament avaient parlé du royaume. Mais maintenant Dieu lui-même, le commencement du royaume, était manifesté. Il s’agissait de l’essence même de la chose et ses propres paroles montraient que l’homme naturel ne peut pas voir ce qui est de Dieu. «Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu».

En fait, l’homme doit posséder une autre vie pour pouvoir discerner quelque chose qui vient de Dieu. Le Seigneur parle à Nicodème de choses terrestres, du royaume (Jean 3:12), mais ce qu’il dit, ce sont des principes généraux, comme presque toujours dans l’évangile selon Jean. Une vie nouvelle est nécessaire, non pas une vie semblable à celle de l’homme naturel, mais une vie toute différente. «Qui est-ce qui tirera de l’impur un homme pur ?» (Job 14:4). Certes si l’homme naissait dix fois, cela ne lui servirait de rien, car cette vie-là ne pourrait pas davantage voir Dieu. C’est pourquoi la réponse de Nicodème n’avait pas de sens. Cependant le Seigneur s’en sert pour révéler davantage cette vérité : «En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu» (v. 5).

L’eau purifie ce à quoi elle est appliquée. Ici cela est employé figurativement en relation avec la prophétie d’Ézéchiel 36:25-27 : «Je répandrai sur vous des eaux pures, et vous serez purs : je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles. Et je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau ; et j’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair ; et je mettrai mon Esprit au-dedans de vous, et je ferai que vous marchiez dans mes statuts, et que vous gardiez mes ordonnances et les pratiquiez». Au v. 10 le Seigneur fait nettement allusion à ce passage. De même, le Seigneur emploie en Jean 2, le temple (v. 19-21), et au chap. 4, une fontaine (v. 6-15) comme types.

Si nous lisons Éph. 5:26 et Jean 13:10 en liaison avec Jean 15:3, nous voyons que l’eau est ici une image de la parole de Dieu. D’autres passages le confirment, tels que 1 Pierre 1:23 ; Jacques 1:18 ; 1 Cor. 4:15 : «Vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu». «De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité». «Car moi je vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l’évangile» (*).

(*) Il est incompréhensible que quelques personnes voient en Jean 3:5 le baptême. Elles pensent que le baptisé naît ainsi de nouveau On entend parfois la pensée suivante au sujet du baptême des enfants : «Au moment même où le diacre verse l’eau du baptême, le médiateur opère du ciel une opération de grâce dans l’âme de l’enfant qui est baptisé». Or le baptême ne parle jamais de vie, mais seulement de mort. «Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés pour le Christ Jésus, nous avons été baptisés pour sa mort ?» (Rom. 6:3 ; voir aussi Col. 2:12). Il est bien dit des onze apôtres qu’ils baptisaient, mais jamais qu’ils aient baptisés du baptême chrétien (et c’est de cela qu’il s’agit). N’étaient-ils alors pas nés de nouveau ? Les croyants de l’Ancien Testament n’étaient-ils pas nés de nouveau ? Le Seigneur Jésus pouvait-il reprocher à Nicodème de ne pas connaître le baptême chrétien (Jean 3:10), alors que celui-ci n’avait pas encore été révélé ? D’ailleurs, l’idée que des chose matérielles (l’eau) puissent opérer la vie spirituelle n’est-elle pas absolument païenne ?

La parole de Dieu dans sa puissance purificatrice, appliquée par le Saint Esprit, implante dans l’homme une vie nouvelle. Quand la conscience est atteinte par la Parole, le coeur et la conscience, les penchants, les pensées et les actes sont purifiés et le Saint Esprit opère une vie nouvelle. Ce n’est pas une vie naturelle, car elle est engendrée par l’Esprit de Dieu ; elle est ainsi une vie divine. L’enfant de Dieu est né de Dieu (Jean 1:13 ; 1 Jean 3:9, 10 ; 5:18). De même que la vie naturelle ne peut pas être améliorée au point de pouvoir discerner les choses spirituelles et entrer en relation avec Dieu, ainsi la vie nouvelle, divine, ne peut pas dégénérer. «Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit» (Jean 3:6). «La semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu» (1 Jean 3:9).

Dans les versets suivants, le Seigneur donne quelques détails nouveaux. Cette vie nouvelle ne peut être donnée qu’en vertu de l’élévation du Seigneur Jésus sur la croix, car l’homme est un pécheur. Mais l’amour de Dieu a donné le Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Ici elle est donc appelée la vie éternelle.

Il est aussi parlé de vie éternelle dans l’Ancien Testament (Dan. 12:2 ; Ps. 133:3). Dans ces passages, elle est appelée ainsi en rapport avec la gloire du millénium, du rétablissement de toutes choses. Mais ici elle est révélée sans la gloire. Le Fils unique du Père est là, Lui qui au moment où il parlait avec Nicodème sur la terre, était dans le ciel (Jean 3:13 ; 1:18), Lui le Dieu véritable et la Vie éternelle (1 Jean 5:20), Il ne donne pas d’enseignement sur la vie éternelle, car il en est Lui-même la manifestation : Il est la vie éternelle. Quelle révélation ! Quelle oeuvre du Saint Esprit ! Des hommes naturels, qui sont morts dans leurs péchés et leurs fautes, deviennent par son opération des hommes nés de nouveau, qui ont une vie nouvelle, une vie divine, oui la vie éternelle même, le Seigneur Jésus comme leur vie (1 Jean 5:11-13, 20).

Ainsi nous pouvons voir ce que signifie avoir la vie éternelle. Ce n’est pas seulement que des enfants de Dieu ne mourront jamais. Cela implique la capacité de saisir les choses spirituelles, tout ce qui vient de Dieu. Cela signifie que Christ est en nous, que nous avons une vie divine, qui ne peut pas pécher (1 Jean 3:9). «Le Fils de Dieu est venu, et il nous a donné une intelligence afin que nous connaissions le Véritable, et nous sommes dans le Véritable, savoir dans son Fils Jésus Christ : lui est le Dieu véritable et la vie éternelle» (1 Jean 5:20). Dieu nous a donné tout un évangile «afin... qu’en croyant vous ayez la vie par son nom» (Jean 20:31) et toute une épître «afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu» (1 Jean 5:13).

Est-ce que cela se traduit aussi dans notre vie pratique, par : «Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi» (Gal. 2:20) ?

 

8                    Le Saint Esprit comme puissance en nous [Jean 4:14]

Il n’est toutefois pas suffisant de posséder, par la nouvelle naissance, la vie nouvelle. Certes nous sommes ainsi rendus capables d’avoir communion avec Dieu, mais il faut une puissance pour réaliser cette communion. C’est ce que nous trouvons dans la première partie de Jean 4.

La première chose qui nous est présentée au verset 10 est que Dieu, dans cet évangile, n’est pas Celui qui exige, mais Celui qui donne. La loi exigeait : «Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu», etc., et même à un Nicodème sans reproche, le Seigneur disait : «Il vous faut être nés de nouveau». Ici au contraire, Dieu proclame son amour envers le pécheur, oui, à la plus misérable pécheresse, à une femme Samaritaine de mauvaise vie. C’est la grâce souveraine, qui ne se limite pas aux Juifs, mais qui s’étend aussi au-dehors.

Il n’est pas tout à fait juste de dire que «le don de Dieu» signifie ici Christ. Sans contredit, Il est le grand don de Dieu. Mais en Rom. 6:23, il est aussi dit : «Le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur». Je pense que nous avons en Jean 4 la même pensée qu’en 2 Cor. 9:15 : «Grâces à Dieu pour son don inexprimable». Là le don indique toutes les bénédictions de Dieu, de sorte que l’oeil n’est pas dirigé vers le don, mais sur Dieu, comme Celui qui donne.

Puis le Seigneur Jésus dit qu’Il est le Christ (v. 26). Il se manifeste comme Celui qui sait tout, au verset 18, et comme Celui qui donne l’eau vive, jaillissant en vie éternelle (v. 10 et 14). Cette Personne glorieuse est là, fatiguée du chemin, ayant faim et soif, assise sur une fontaine et elle demande à cette Samaritaine pécheresse un peu d’eau à boire. «Sans contredit, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair» (1 Tim. 3:16). Et si la Samaritaine ne voit en Lui qu’«un Juif», il n’en est pas moins le Fils de Dieu, le Juge des vivants et des morts (Jean 5:17-29). Il est Celui qui peut donner l’eau vive de sorte que celui qui boira de cette eau-là n’aura plus soif à jamais.

En troisième lieu, nous trouvons l’eau vive. Au chap. 3 nous avons lu qu’il faut être «né d’eau et de l’Esprit» et nous avons vu que là l’eau est une image de la parole de Dieu. Le Saint Esprit produit, par la Parole, la vie dans un homme qui ne possédait aucune vie de Dieu mais seulement une nature pécheresse.

Ici, il s’agit d’eau vive, donc d’une eau caractérisée par la vie, l’eau d’une fontaine de vie qui coule sans cesse. C’est la Parole et l’Esprit ensemble, mais caractérisés par l’Esprit. Au chap. 7:37-39, nous voyons aussi que l’eau vive est une image du Saint Esprit, mais en tant que demeurant dans le croyant.

Cela n’est pas la même chose que la nouvelle vie divine que nous possédons par la nouvelle naissance, pas même dans sa forme la plus riche, telle qu’elle nous est présentée dans l’expression vie éternelle. Celle-ci est, en elle-même, dépendante et ne peut jamais être une fontaine. Ce serait en contradiction avec toute la vérité concernant cette nature nouvelle et divine que de la représenter comme une fontaine. Tandis que le Saint Esprit, en tant qu’habitant dans le croyant, est une fontaine de puissance, une source de joie qui jaillit en vie éternelle.

La puissance vivifiante du Saint Esprit, le contraste entre l’ancienne et la nouvelle création, tels que nous les trouvons en Jean 3, sont annoncés sur la terre depuis la chute. Dès le chap. 3 de la Genèse, l’Esprit de Dieu a agi dans les âmes pour produire en elles la nouvelle naissance, car sans nouvelle naissance aucun pécheur ne peut être sauvé. Toutefois l’Esprit de Dieu n’a jamais été donné avant que le Fils ait été manifesté comme homme sur la terre dans son amour envers les pécheurs, et avant que Dieu se soit révélé comme Celui qui donne. C’est aussi Christ, qui donne, et ici, il ne se donne pas Lui-même, ni seulement la vie. Cela nous l’avons vu au chap. 3 et la Parole ne se répète jamais. Il donne le Saint Esprit qui est dans le croyant une source de puissance.

Jean 7:39 nous dit que cela ne se produisit qu’après que le Seigneur eut été glorifié : nous en voyons l’accomplissement le jour de la Pentecôte. Jean 4 se rapporte seulement au temps de l’assemblée sur la terre, ce que confirment clairement les versets 23 et 24.

Bien que son coeur se sente attiré par la grâce, cette femme ne comprend rien de ce que le Seigneur lui dit et elle ne connaît pas sa gloire. Elle pense que le puits est trop profond pour le Seigneur, et en fait, le puits dans lequel Il puise est profond : c’est le coeur du Père, qui veut se manifester à des pécheurs comme le grand Donateur.

Avant la chute, Adam n’a jamais eu soif. Sans doute en fut-il ainsi matériellement, mais en tout cas spirituellement, car sans cela la création de Dieu n’aurait pas été très bonne. Après la chute, l’homme a eu soif. La meilleure chose qu’il avait, c’était une espérance, mais il n’en voyait pas la réalisation. Même la tradition, le puits de Jacob, dans lequel l’homme religieux cherche à étancher sa soif, ne peut pas satisfaire : «Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif» (v. 13). Maintenant, le Fils de Dieu était venu pour donner à tous ceux qui sont nés de nouveau, à tous ceux qui ont la vie éternelle, le Saint Esprit, la puissance qui les rend participants de tout ce qui est en Dieu.

Lorsqu’il s’agit de choses naturelles, mes biens diminuent quand j’en donne une partie. Dans les choses spirituelles, il en va autrement : plus je donne, plus je reçois. La source est inépuisable, elle jaillit en vie éternelle et satisfait tous les désirs de la nouvelle vie. On ne peut pas dire que ce soit le cas, pratiquement, si le coeur est attaché aux choses terrestres. Un croyant qui se trouve dans un état charnel a soif. Mais s’il revient à Christ il trouve, au fond de son âme, la source.

Le Saint Esprit ne nous est pas présenté ici comme une personne. Nous trouvons cela plus tard, lorsque est exposée la vérité selon laquelle, après l’élévation du Seigneur Jésus, une autre Personne divine viendrait sur la terre et y habiterait. Ici, nous voyons le Saint Esprit comme puissance divine, opérant dans la vie nouvelle et produisant ce qui est en accord avec Dieu. L’eau vive, que le Seigneur donne, «sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle» (v. 14).

Une source est quelque chose qui coule d’une manière continue, en qui réside la puissance de faire jaillir l’eau. Cette puissance est présentée d’une manière encore renforcée ici par l’emploi des mots : «jaillissant en vie éternelle». C’est ainsi que le Saint Esprit agit dans le croyant, et produit «l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance» (Gal. 5:22). Toutes ces choses appartiennent à la vie nouvelle, mais elles sont produites par cette puissance qui opère dans la vie nouvelle. Il y a repos et puissance. Nous n’avons pas seulement la vie éternelle en Lui, mais une source d’eau en nous, puissance venant de Dieu — le ciel est venu dans mon coeur. C’est la puissance de la vie divine qui m’amène à la communion avec le Père et avec le Fils.

Tout est personnel ici : dans ma propre âme il y a une source d’eau, qui jaillit en vie éternelle. L’homme a soif — il boit de l’eau vive, et celle-ci devient pour lui une source qui le rend participant de tout ce qui est en Dieu. Et il crie à tout homme : «Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie» (Apoc. 22:17).

En Rom. 8, nous trouvons le résultat de la doctrine présentée en Jean 3 et 4 : l’Esprit comme vie et comme puissance dans le croyant. Dans les sept premiers chapitres de l’épître aux Romains, il n’est parlé que deux fois de l’Esprit, savoir au chap. 1:4 en relation avec la résurrection du Seigneur Jésus, et au chap. 5:5 où il est mentionné comme ce qui explique que le croyant puisse se glorifier dans la tribulation. Mais dans le chap. 8, où la doctrine proprement dite de l’épître est terminée, et où la position du croyant est exposée dans toute sa glorieuse liberté : délivré des péchés, délivré de la vieille nature, délivré de la loi, nous trouvons dix-huit fois le mot «Esprit» ou «de l’Esprit».

Au v. 2 nous avons l’Esprit de vie, qui produit la vie nouvelle dans l’homme comme, en Genèse 2:7, Adam devient une âme vivante par le souffle de vie. Il ne suffit toutefois pas que l’homme ait une vie nouvelle. Il a péché : mais Christ a porté ses péchés sur la croix. Il a une nature pécheresse, qui ne peut que pécher : Dieu l’a jugée en Christ sur la croix. «Celui qui n’a pas connu le péché», Dieu «l’a fait péché pour nous» (2 Cor. 5:21). «Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair» (Rom. 8:3). Au v. 4, nous trouvons non seulement le désir du nouvel homme de faire le bien : «car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur» (Rom. 7:22), mais la puissance pour agir ainsi «afin que la juste exigence de la loi fût accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit». Ce n’est pas seulement la chair d’un côté, et la nouvelle nature de l’autre, mais la vieille nature (le péché dans la chair) jugée par Dieu dans la mort et la résurrection de Christ, et l’Esprit, comme puissance amenant la nouvelle nature en relation vivante avec son objet. C’est la révélation du Père et du Fils que reçoit l’âme dans laquelle habite le Saint Esprit.

Ce n’est pas la même chose que ce qui est dit de Balaam par exemple. L’Esprit de Dieu ne vint sur lui que pour un temps (Nomb. 24:2). Mais ici nous voyons comment le croyant reçoit le Saint Esprit, après avoir été amené à la vie. Sa position est caractérisée par cela. Il n’est pas dans la chair, mais dans l’Esprit. Il a l’Esprit de Christ et appartient à Christ — le Père l’aime comme Il aime Christ — il a l’Esprit de Dieu et a ainsi communion avec Dieu. Il a l’Esprit d’adoption par lequel il crie «Abba, Père !». «L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu».

Jamais l’Esprit ne peut insuffler du doute quant au salut ou susciter la pensée : J’espère être sauvé. Le Saint Esprit apporte la certitude de l’adoption et le sentiment béni de la communion. Oui, le Saint Esprit habitant en nous, nos corps aussi n’appartiennent plus à la terre, mais au ciel, et Dieu les ressuscitera un jour comme il a ressuscité Christ d’entre les morts. «Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ».

Telle est la vraie position du croyant, une position que les croyants de l’Ancien Testament ne possédaient pas. Sommes-nous conscients de ce que nous sommes devenus et le réalisons-nous dans la pratique ?

 

9                    Des fleuves d’eau vive [Jean 7:37-39]

En Jean 4, nous avons vu le Seigneur Jésus comme le Fils de Dieu, qui donne l’eau vive pour être en celui qui la reçoit une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. C’est le Saint Esprit, source de puissance, qui agit dans le croyant et le rend capable d’entretenir la communion avec le Père et avec le Fils et d’adorer le Père (Jean 4:23, 24).

Au chap. 7, nous voyons de nouveau le Seigneur Jésus donner de l’eau vive, et il est expressément dit que c’est le Saint Esprit. Mais la manière dont le Seigneur est présenté ici est tout autre et ce qu’il dit l’est aussi.

Dans l’Ancien Testament il est parlé de trois grandes fêtes (Ex. 23 ; Lév. 23 ; Nomb. 28 et 29 ; Deut. 16) : la Pâque, la fête des semaines (Pentecôte) et la fête des tabernacles. En Jean 6, nous trouvons la Pâque (v. 4) et le Seigneur indique l’accomplissement de ce type : Il est descendu du ciel afin de mourir pour ceux qui ont mérité le jugement. «Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle» (Jean 6:54). Nous ne trouvons pas ici la fête de la Pentecôte. Comme nous le savons, nous en avons l’accomplissement dans l’effusion du Saint Esprit du chap. 2 des Actes des Apôtres. Jean 7 passe directement à la fête des tabernacles. C’est un souvenir de l’habitation dans des huttes, dans le désert. Cette fête devait être célébrée après que toute la moisson et la vendange avaient été rentrées. «Quand tu auras recueilli les produits de ton aire et de ta cuve» (Deut. 16:13). Par les passages d’És. 63 et Apoc. 14, nous savons que la vendange est une image du jugement qui fondra bientôt sur la terre. La fête des tabernacles, en revanche, représente en type l’avenir glorieux, lorsque Israël, après les jugements, habitera dans son pays, en repos et dans la paix. Alors le Seigneur Jésus régnera en gloire comme Messie à Jérusalem.

Mais le temps était-il déjà venu pour le Seigneur de faire son entrée en gloire à Jérusalem (Matt. 23:39) ? Les Juifs cherchaient à le tuer. Ses frères selon la chair, eux qui lui tenaient de plus près, ne croyaient pas en lui. L’un de ses disciples allait le livrer (Jean 6:71). Le monde lui était hostile et son propre peuple ne le recevait pas. Comment pouvait-il alors apparaître en gloire et répandre sur le peuple des bénédictions terrestres ? Certes, ses frères reconnaissent qu’il a la capacité d’accomplir ses promesses. Ils ne doutent pas de sa puissance, et ils désirent qu’il la manifeste publiquement, afin que le monde l’honore et qu’ils en aient leur part. Mais cela n’est pas la foi. Et dans la réponse du Seigneur, nous voyons clairement la situation. Ils étaient du monde et c’est pour cela que le monde ne les haïssait pas (Jean 7:7). Leur temps était toujours prêt, car ils faisaient partie de ce monde, une portion de ce système communautaire sur la terre qui ne le recevait pas, mais au contraire le haïssait et voulait le tuer. Aussi ne pouvait-il pas monter publiquement à Jérusalem. Il pouvait bien le faire ensuite, à la fête de la Pâque, car il était prêt, comme le vrai Agneau de Pâque, à accomplir ce type (Matt. 21).

Mais comment le Fils de l’homme, que le monde avait rejeté, pourrait-il entrer dans sa gloire terrestre ? Un jour, lorsque, par les jugements, le mal aura été ôté et que le Résidu se sera tourné vers Dieu, il fera, en vertu de la Pâque, une entrée triomphale à Jérusalem et établira sa domination (Zach. 14 ; Matt. 23:39). Mais maintenant, il n’avait que la mission d’aller son chemin comme rejeté et de rendre témoignage de Dieu à ceux qui le rejetaient. Et lorsque les pharisiens et les sacrificateurs envoient des huissiers pour se saisir de Lui, il dit qu’ils n’ont pas besoin de se hâter, car le moment de son départ de cette terre approchait. Il n’avait aucune communion avec le monde. Il ne la cherchait pas, et il ne désirait aucun honneur de la part du monde. Il ne recherchait que la gloire de Celui qui l’avait envoyé. Et il crie à ceux qui ont soif, dans ce monde, qu’ils en sortent et viennent à Lui pour boire, afin que leur soif soit apaisée et que des fleuves d’eau vive coulent de leur ventre. «Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié» (Jean 7:39).

Si nous lisons attentivement ces versets 37 à 39, nous y trouvons des choses importantes. Le Seigneur Jésus prononce ces paroles en la dernière journée, la grande journée de la fête. L’Ancien Testament nous enseigne que seule la fête des tabernacles durait huit jours et que le huitième jour avait une place spéciale. En Deut. 16, le huitième jour n’est pas du tout mentionné ; en Lév. 23 et Nomb. 29, il est séparé des sept premiers jours. Le chiffre huit signifie toujours quelque chose de nouveau, qui est bien lié à ce qui était avant, mais représente cependant un nouveau commencement. Ainsi le huitième jour de la fête des tabernacles est une image de la gloire éternelle, qui sera la part de tous les bienheureux, après les mille ans de gloire terrestre.

En ce jour, le Seigneur parle du Saint Esprit qu’il donnera après avoir été glorifié comme Fils de l’homme. Il ne pouvait pas prendre possession de la gloire terrestre, car Il était le rejeté, qui allait être mis à mort (Jean 7:7, 19, 33). Mais Dieu le ressusciterait d’entre les morts et lui donnerait une place à sa droite dans la gloire céleste, éternelle. Et de là Il enverrait le Saint Esprit à tous ceux qui croient en Lui.

En Jean 4, Il était le Fils de Dieu qui donne l’eau vive en puissance divine. Au chapitre 7, c’est le Fils de l’homme, rejeté par le monde, mort mais ressuscité par Dieu et glorifié dans le ciel en raison de son oeuvre, qui de là envoie le Saint Esprit pour lier les croyants à Lui. Ils reçoivent ainsi sur la terre la même position qu’Il occupait. Et comme Jean 4 expose que le Saint Esprit lie le croyant au Fils et au Père, ce qui lui confère la position d’adorateur, de même ici nous trouvons que des fleuves d’eau vive couleront du ventre de celui qui reçoit le Saint Esprit. Il s’agit ici du service pour Dieu dans ce monde.

L’habitation du Saint Esprit dans le croyant détermine donc sa position sur la terre. Par Lui nous sommes unis à un Seigneur rejeté par le monde qui l’a même cloué à la croix. Cependant Dieu a accepté son oeuvre, en vertu de laquelle aussi il l’a ressuscité d’entre les morts et l’a reçu dans la gloire. «Nous voyons Jésus ... à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur» (Héb. 2:9). La puissance du Saint Esprit remplit le coeur de la gloire dans laquelle Jésus est entré. Mais notre position sur la terre est la même que celle qu’avait Christ ici-bas.

Nous trouvons dans l’histoire de ce monde que, ou bien Dieu fait valoir ses droits sur la terre, comme le Dieu de la terre, ou bien, Il se retire en quelque sorte dans le ciel, comme le Dieu des cieux. La conduite du croyant doit se conformer à cela.

En Genèse 1 et 2, nous voyons comment Dieu sauvegarde ses droits sur la création encore dans sa pureté. Mais après la chute, Dieu ne s’occupe qu’indirectement de la terre jusqu’à ce que le péché et l’injustice des hommes aient atteint leur point culminant. Alors il exerce le jugement par le déluge et s’occupe de la terre purifiée, d’une manière directe (Gen. 8 et 9), confiant à Noé la nouvelle terre, faisant une alliance avec lui et lui remettant le gouvernement (Gen. 9:6). Malheureusement Noé aussi, et ses descendants, s’élèvent contre Dieu et abusent de leur puissance. Et après la construction de la tour de Babel, Dieu appelle Abraham, non pour posséder la terre, mais pour vivre sur elle comme un étranger dans l’attente de la cité dont Dieu est l’architecte et le créateur (Héb. 11:9, 10). Lorsque ensuite l’iniquité des habitants de la Palestine eut atteint son comble, Dieu appelle de nouveau un peuple, qui doit posséder la terre et il se met Lui-même à la tête de son armée (Josué 5:14). Alors Dieu est appelé le «Seigneur de toute la terre» (Josué 3:11), et en 1 Chron. 29 il est dit que le trône de l’Éternel est à Jérusalem. Mais le peuple d’Israël aussi se détourna de Dieu, de sorte qu’Il dut le juger. Il l’envoie en captivité. La gloire de l’Éternel quitte Jérusalem (Ézéch. 10 et 11). Il donne le gouvernement de la terre à des rois païens et ne se nomme plus lui-même le Seigneur de toute la terre, mais le Dieu des cieux (Dan. 2:37). Après la captivité, nous ne trouvons qu’un rétablissement partiel. Le peuple n’a plus été indépendant. Et lorsque le Seigneur Jésus vient sur la terre, leur méchanceté et leur corruption totale se montrent : ils crucifient l’héritier, lui qui avait tous les droits sur la terre et à qui il appartenait de prendre possession de l’héritage (Matt. 21:33-46).

L’évangile selon Jean considère tout sous ce point de vue. Dès le début, le Seigneur est présenté comme rejeté (Jean 1:5-11). Certes, il entrera une fois dans sa gloire terrestre, lorsque le jugement aura été exécuté sur le monde et que la vraie fête des tabernacles aura été célébrée. Mais maintenant, Dieu n’a aucun contact direct avec la terre. Et le Seigneur Jésus est étranger ici-bas, rejeté du monde, Lui qui ne fait rien d’autre que de chercher à honorer Dieu, en annonçant sa Parole (Jean 7:14-18).

Ne voyait-il pas que les Romains opprimaient le peuple terrestre de Dieu ? Ne voyait-il pas l’injustice et la cruauté d’un Hérode et d’un Pilate ? Ne voyait-il pas les manquements d’Israël ? Lui qui connaît tout (Jean 4:18), qui sait ce qui est dans le coeur des hommes (Jean 2:25), ne devait-il pas sonder ce qui était contraire aux pensées de Dieu ? Lui qui frémit et pleura (Jean 11:33-38) à la vue de la puissance et des conséquences du péché, n’a-t-il pas dû être troublé et affligé de tout ce qui déshonorait le nom de Dieu sur la terre ?

Le voyons-nous, dans sa marche, s’occuper de cela ? Il ne combat pas pour chasser l’oppresseur romain, mais dit au contraire : «Rendez les choses de César à César». Il n’essaie pas d’éloigner la sacrificature corrompue et sans Dieu en faveur d’hommes craignant Dieu. Il ne tente pas d’écarter tout le mal existant. Et quand quelqu’un lui dit : «Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage», il répond — bien que cet homme ait sûrement eu le droit de son côté : «Qui est-ce qui m’a établi sur vous pour être votre juge et pour faire vos partages ?» (Luc 12:14). Le Seigneur prend la place d’un rejeté, qui n’a ici-bas d’autre tâche que d’être un témoin pour Dieu et d’inviter hors du monde tous ceux qui ont soif à venir à Lui. Il ne cherche pas sa propre gloire (Jean 7:18). Lorsqu’on veut le faire roi, il s’en va. Quand il fait des miracles, Il défend qu’on en parle. Il n’a qu’un désir : accomplir la volonté de Dieu, et cela signifie la croix.

Ce Jésus est maintenant au ciel. Tout le système communautaire sur la terre l’a conduit à la croix et l’a crucifié. Mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts et l’a fait asseoir à sa droite, «jusqu’à ce que, dit-il, je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds». Du ciel il envoie ici-bas le Saint Esprit. Quiconque a soif peut venir — chacun individuellement. Et quiconque croit en Lui reçoit le Saint Esprit qui devient en lui des fleuves d’eau vive coulant de lui, et qui le lie avec le Seigneur glorifié et qui l’élève aussi au-dessus du désert au travers duquel il chemine. «Passant par la vallée de Baca (des pleurs), ils en font une fontaine» (Ps. 84:6). Le croyant est ainsi rendu propre au service ici-bas. Il peut être en rafraîchissement à celui qui a soif, car de lui coulent des fleuves d’eau. Telle est la place du croyant de nos jours, dans la période de la grâce.

Prenons-nous en fait cette place ? Voit-on dans notre vie que, par l’habitation du Saint Esprit en nous, nous sommes un avec le Fils de l’homme glorifié dans le ciel, mais rejeté du monde ? Notre vie n’a-t-elle d’autre but que de faire la volonté de Dieu ? La plupart d’entre nous doivent avoir un métier, pour subvenir à leur propre entretien et à celui de leur famille, et cela est bien, car beaucoup de croyants ne peuvent pas se passer de la discipline du travail quotidien. Mais voulons-nous par ce moyen simplement pourvoir à notre subsistance, ou visons-nous à acquérir ainsi une place honorable dans la société ? Est-ce que nos relations et notre conduite tendent à honorer Dieu, ou servent-elles à notre propre gloire ? Le temps n’est pas encore venu pour nous de recevoir des honneurs. Un jour nous serons assis sur des trônes et nous jugerons et le monde et les anges (1 Cor. 6:2-4). Mais actuellement l’honneur qui vient du monde est en réalité une honte pour un croyant. Nous ne sommes sur la terre que pour faire la volonté de Dieu et être des témoins d’un Christ rejeté, mais qui est glorifié dans le ciel. Oublier cela est nuisible pour le croyant et anéantit son témoignage.

 

10               La vie de résurrection [Jean 20:22]

En Jean 20, nous voyons le Seigneur Jésus ressuscité hors du tombeau, après avoir accompli l’oeuvre de la réconciliation. Ici, il n’est pas dit que Dieu l’a ressuscité. Certes, cela est vrai et l’apôtre Pierre dit aussi en Actes 2:32 : «Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins». En Jean 20 toutefois, nous trouvons que le Seigneur est ressuscité par sa propre puissance divine. Il est sorti de la mort par la même puissance avec laquelle il a ramené de la mort la fille de Jaïrus, le jeune homme de Naïn et Lazare. Ainsi il a prouvé qu’il était, lui, le Fils de Dieu (Rom. 1:4).

Ce Jésus se manifeste d’abord à Marie de Magdala. Il l’avait délivrée de sept démons. Elle avait été entièrement sous le pouvoir de Satan. Mais Jésus avait brisé la puissance démoniaque et chassé les démons. C’est pourquoi son coeur était attaché au Seigneur de tout l’amour dont elle était capable. Hors de Lui, elle n’avait rien sur la terre. Il est touchant de voir, dans le passage de Jean 20:1-18, comme son coeur était rempli du Seigneur. Combien grande a dû être sa joie, lorsque le Seigneur l’appela par son nom. Et nous pouvons comprendre qu’elle ait salué avec une grande joie le Seigneur comme quelqu’un qu’elle pensait ne plus jamais revoir. Et maintenant tout était de nouveau comme cela avait été avant cette terrible nuit où on l’avait pris.

Mais voici la voix du Seigneur qui s’élève : «Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ... et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu» (v. 17). Tout n’était donc plus comme avant. Certes, c’était le même Jésus. Mais un Jésus qui avait accompli à la croix l’oeuvre de la réconciliation et était mort pour cela. Maintenant il était ressuscité et possédait une vie de résurrection. De ce fait tout était différent. Avant la croix, les disciples avaient été en contact avec le Seigneur. Ils l’avaient suivi, avaient écouté ce qu’il leur enseignait. Ils l’avaient servi avec leurs biens matériels. Mais malgré tout, Il était toujours resté seul. «À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jean 12:24). Maintenant il ne leur était plus si proche, corporellement, car sa vie de résurrection était toute différente de leurs corps naturels. En revanche, d’une manière spirituelle, il était beaucoup plus près d’eux, oui le Seigneur glorifié dans le ciel leur était infiniment plus proche qu’il ne l’avait jamais été avant sa mort. Car il les amenait dans la même position qu’il avait prise. Il les unissait à lui tel qu’il est à la droite de Dieu.

Le Seigneur Jésus était le Fils éternel du Père. En cela il est naturellement seul, et comme tel, il ne peut être que l’objet de notre adoration. Mais il était aussi le Fils de Dieu par sa naissance sur la terre. «Tu es mon Fils ; aujourd’hui, je t’ai engendré» (Ps. 2:7) et «la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu» (Luc 1:35).

Tant dans sa nature divine que dans sa nature humaine, il était le Fils de Dieu. De quelle manière parfaite il connaissait le Père ! Et dans les évangiles, nous voyons comment il manifestait le Père aux disciples. Nulle part nous ne trouvons le Seigneur Jésus s’adresser à Dieu autrement que par «Père», sinon sur la croix. Mais jamais il n’a mis les disciples dans la même relation avec le Père que celle qu’il avait prise.

Maintenant nous voyons le Fils de l’homme, après qu’il a accompli l’oeuvre de la réconciliation, mort mais aussi ressuscité par sa propre puissance divine. Et par ses premières paroles, il confère à ses disciples Son titre et les place dans la même relation que lui avec le Père. Ce que le Père est pour le Fils, il l’est pour les fils. Ce que Lui, le Père du Seigneur Jésus, était pour l’Homme béni qui a ôté le péché, Il l’est aussi pour ceux dont les péchés ont été ôtés. Dieu n’est plus seulement parfaitement révélé comme le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus. Par la rédemption et la résurrection, par lesquelles nous sommes unis à Jésus glorifié dans le ciel, il s’est aussi révélé comme notre Dieu et Père. Quelle grâce, quelle position bénie ! C’est là le vrai christianisme.

Les Juifs ne pouvaient être en relation qu’avec un Messie vivant sur la terre, tandis que les disciples sont unis à un Homme glorifié dans le ciel. C’est la grande différence entre le judaïsme et le christianisme. Et en Jean 20 commence le christianisme. C’est la famille de Dieu, dans laquelle Jésus appelle frères ses disciples, qu’il a rachetés, et les introduit dans Sa position. Le second Homme devient le Chef d’une nouvelle race. «Le premier homme est tiré de la terre — poussière ; le second homme est venu du ciel. Tel qu’est celui qui est poussière, tels aussi sont ceux qui sont poussière ; et tel qu’est le céleste, tels aussi sont les célestes» (1 Cor. 15:47, 48). C’était le message glorieux que Marie de Magdala devait porter aux disciples.

Dans Jean 20:19-23 cette vérité est encore développée. Le jour de la résurrection, les disciples sont ensemble. Ils ont fermé les portes, car Jésus n’est plus avec eux pour les protéger officiellement, comme Messie (Luc 22:35-37). Et cependant il est au milieu d’eux, mais comme le Ressuscité ; devant son corps glorifié il n’existe ni portes, ni serrures. Et ils entendent sa voix. C’est la voix qu’ils ont si souvent ouïe durant les années où ils le suivaient dans ses traites à travers le pays. Mais jamais ils n’ont entendu de telles paroles. Certes, il leur avait bien dit : «Ne craignez pas !» lorsqu’ils étaient dans de grandes difficultés. Il avait promis de leur laisser la paix. Mais maintenant, il leur dit : «Paix vous soit !» Et pour leur montrer pourquoi ils pouvaient dorénavant avoir la paix, la paix avec Dieu, il leur montre ses mains percées et son côté percé. C’était le fondement de la paix avec Dieu : «ayant fait la paix par le sang de sa croix» (Col. 1:20).

La paix avec Dieu ! En Gen. 6:3, Dieu dit : «Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme». Tant qu’il y a dans l’homme quelque chose d’opposé à la sainteté et à la justice de Dieu, oui, d’opposé à Dieu en quelque manière que ce soit, il ne peut pas y avoir de paix avec Dieu. Mais maintenant l’Homme Christ Jésus n’a pas seulement porté les péchés de tous ceux qui croient en Lui ; bien plus, il a infiniment glorifié Dieu sur la croix. L’amour et la grâce de Dieu, la justice et la sainteté de Dieu, oui toutes les perfections de Dieu ont été glorieusement manifestées par l’oeuvre du Seigneur Jésus. Dieu a été glorifié dans l’Homme Jésus et Il peut le considérer avec satisfaction. Le Seigneur Jésus a toutefois accompli l’oeuvre pour nous. Tous ceux qui croient en lui sont vus un avec lui. Nous sommes unis à l’Homme glorifié dans le ciel. Et le bon plaisir que Dieu a dans le Fils, en raison de son oeuvre, repose aussi sur ceux qui sont unis à lui : «Nous avons la paix avec Dieu !»

Puis le Seigneur dit une seconde fois : «Paix vous soit !» Mais il ajoute : «Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie». Il s’agit ici de la prédication de l’Évangile. Les disciples devaient aller et proclamer partout cette paix avec Dieu, comme le Seigneur l’avait fait. «Et il est venu, et a annoncé la bonne nouvelle de la paix à vous qui étiez loin, et la bonne nouvelle de la paix à ceux qui étaient près ; car par lui nous avons, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit» (Éph. 2:17, 18). Et Il leur donna (pas seulement aux apôtres, mais à tous les disciples) la puissance de remettre les péchés ou de les retenir. Mais pour qu’ils aient la puissance et le discernement nécessaire, Il souffla en eux et dit : «Recevez l’Esprit Saint».

Est-ce que nous ne pensons pas aussitôt au passage de Gen. 2:7 où Dieu souffla dans les narines d’Adam et en fit ainsi une âme vivante ? Ici nous voyons le dernier Adam, qui est en même temps Dieu lui-même, souffler en ses disciples dans sa puissance divine pour leur communiquer une vie nouvelle. Adam, en tant qu’âme vivante, est devenu le chef de sa famille, de sa race. Christ, le dernier Adam, est devenu en vertu de Son oeuvre et de Sa résurrection le chef d’une nouvelle famille, d’une nouvelle race, de la famille de Dieu. «Le premier homme Adam devint une âme vivante, le dernier Adam, un esprit vivifiant» (1 Cor. 15:45).

Ici il n’est donc pas question de l’effusion du Saint Esprit dont il est parlé en Jean 4 et 7. Le chap. 7:39 dit expressément qu’elle n’aurait lieu qu’après la glorification du Seigneur. Et en Actes 1, le Seigneur dit qu’elle aurait lieu dans peu de jours. Nous savons qu’elle s’est réalisée le jour de la Pentecôte. Mais ici il s’agit de la vie nouvelle. Nous voyons en fait ici ce que le Seigneur Jésus enseigne en Jean 3, c’est-à-dire que celui qui n’est pas né d’eau et de l’Esprit ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Nous voyons Jésus ressuscité qui donne le Saint Esprit comme vie nouvelle.

Il est à remarquer qu’en grec il n’y a pas d’article devant «Saint Esprit». De même, en Jean 3:6 il n’est pas dit : «Ce qui est né de l’Esprit est l’Esprit», mais «est esprit». Ce n’est pas le Saint Esprit qui est devenu chair, mais le Saint Esprit qui suscite une vie nouvelle, caractérisée par son origine ; elle est «esprit». Et pour les disciples, pour les chrétiens, cette vie nouvelle est la vie de résurrection, donnée par le Seigneur ressuscité. C’est sa vie qui les place sur le même terrain de résurrection que lui. Ils sont faits un avec un Jésus, qui a accompli l’oeuvre de la réconciliation, qui est ressuscité d’entre les morts et a reçu une place à la droite de Dieu. C’est cela le christianisme. Nous voyons là l’immense différence par rapport aux croyants depuis Adam jusqu’à la croix. Eux aussi étaient nés de nouveau et avaient la vie de Dieu. Mais ils n’avaient pas la vie de résurrection. Ils étaient sous la loi. Ils étaient soumis à toutes les ordonnances qui sont données à l’homme naturel. Mais comme le démontre si clairement le chap. 8 des Romains, le croyant est délivré du péché, de la vieille nature, de la loi. Nous reviendrons plus en détail sur cela dans un autre chapitre.

 

11               Le Consolateur ( = Avocat) [Jean 14 à 16]

Nous entrons maintenant dans le coeur de la doctrine du Saint Esprit, telle que nous la trouvons en Jean 14, 15 et 16.

Dans les premiers versets de Jean 14, le Seigneur Jésus dit qu’il retourne au ciel pour préparer une place pour les siens et qu’ensuite il reviendra pour les y conduire. Dans les versets 15-19, il dit : «Si vous m’aimez, gardez mes commandements ; et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, pour être avec vous éternellement, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure avec vous, et qu’il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viens à vous. Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez ; parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez».

Au verset 26, nous voyons que le Consolateur est le Saint Esprit. Toutefois le Seigneur parle de lui d’une manière tout autre que dans les autres passages que nous avons considérés jusqu’ici. Le Seigneur ne parle pas de la vie, comme dans les chap. 3 et 20, ou de la puissance qui opère dans cette vie, comme au chap. 4. Il n’est pas davantage question d’un fleuve d’eau vive qui coule du croyant (Jean 7). Il parle ici d’une Personne comparable à lui-même, car elle a la même nature. Seule une Personne peut être envoyée, peut demeurer avec nous et en nous, peut nous enseigner et nous rappeler les choses que le Seigneur Jésus a dites (v. 26), peut rendre témoignage (15:26), peut convaincre (16:8), conduire, écouter, parler, annoncer, prendre (16:13-15). Si nous lisons ces chapitres, nous le verrons tout de suite.

Cette Personne est envoyée par le Père (v. 26) et mise par le Seigneur Jésus au même niveau que lui-même. Le mot grec «Paraklétos», qui est traduit ici par Consolateur, ne revient que cinq fois dans le Nouveau Testament. Quatre fois dans les passages mentionnés plus haut, où le Seigneur Jésus nomme ainsi le Saint Esprit et une fois en 1 Jean 2:1 où le Seigneur Jésus est appelé ainsi (dans ce passage, le mot est traduit par avocat). Le sens du mot paraklétos n’est pleinement rendu ni par Consolateur, ni par Avocat. Il s’agit de quelqu’un qui soutient la cause d’une personne et prend soin de tous ses intérêts.

C’est ce que le Seigneur Jésus a fait pour ses disciples, lorsqu’il était avec eux (Luc 22:35-37 ; Jean 10:11). Maintenant il les quitte et leur demande de manifester leur amour en gardant ses commandements. Lui montrerait son amour en priant le Père d’envoyer à sa place un autre Consolateur, qui ne resterait pas seulement un temps avec eux, comme Lui qui n’avait été que trois ans parmi eux. Ce Consolateur resterait avec eux éternellement, oui, en lui le Seigneur lui-même viendrait à eux (Jean 14:18). Et en Jean 16:7, le Seigneur dit même qu’il était avantageux pour eux qu’il s’en aille car ce n’était qu’alors que l’autre Consolateur viendrait. Il ressort de tout cela que c’est une Personne divine qui viendrait sur la terre lorsque le Fils serait remonté au ciel. En Actes 5:3, 4, il est aussi expressément dit que le Saint Esprit est Dieu.

Y avait-il aux jours des disciples une chose plus importante que la présence de Dieu le Fils sur la terre ? Y a-t-il, maintenant que le Seigneur est remonté au ciel, un fait plus important que l’habitation de Dieu le Saint Esprit sur la terre ? Certes, il n’est pas devenu chair comme le Fils, mais Il habite aussi véritablement sur la terre. En fait, la présence du Consolateur est le grand événement de l’ère du christianisme. Or y a-t-il quelque chose dont on tienne moins compte ?

Dans l’Ancien Testament, l’Esprit opérait sur la terre, et les croyants de cette époque étaient nés de nouveau par l’Esprit. Mais jamais l’Esprit n’habitait sur la terre. Jamais, avant l’oeuvre rédemptrice de Christ, Dieu n’a habité avec les hommes. Dieu n’a habité ni avec Adam, ni avec Hénoc, ni avec Noé, ni même avec Abraham. Ce n’est qu’après que le sang de l’agneau pascal eut été répandu et que les Israélites eurent été séparés de l’Égypte par la mer Rouge que Dieu put habiter au milieu du peuple, même s’il était caché derrière le voile, la vraie rédemption n’ayant pas encore eu lieu (Ex. 29:42-46). Et de même aujourd’hui, ce n’est qu’après que l’oeuvre de la rédemption a été accomplie que le Saint Esprit peut habiter avec nous. Et cela non pas seulement pour un temps, comme le Seigneur Jésus n’a été que pour un temps avec les disciples. Il demeure avec nous éternellement.

Et où habite-t-il ? «Il sera en vous» (Jean 14:17). «Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, et que vous avez de Dieu ? Et vous n’êtes pas à vous-mêmes» (1 Cor. 6:19). Cette Personne divine vient pour faire de nous — de notre propre corps — son habitation, son temple.

Mais le péché n’habite-t-il pas en nous ? Comment le Saint Esprit peut-il demeurer dans un tel corps ? Et c’est en fait l’argument des diverses formes du perfectionnisme : «Christ et Bélial ne peuvent pas habiter dans un seul et même temple». Et en vérité, notre corps ne peut pas être le temple de l’Esprit de Dieu et celui de Bélial.

Mais nous voyons, au grand jour des propitiations, comment Dieu peut habiter au milieu d’un peuple pécheur. «Et il fera propitiation pour le lieu saint, le purifiant des impuretés des fils d’Israël et de leurs transgressions, selon tous leurs péchés ; et il fera de même pour la tente d’assignation, qui demeure avec eux au milieu de leurs impuretés» (Lév. 16:16). Dieu n’habite plus dans des édifices faits de mains, mais dans des hommes. Et l’habitation du Saint Esprit est la preuve de la perfection du sacrifice (Héb. 10:14, 15).

Toutefois l’Esprit n’habite pas seulement dans chaque croyant, «Il demeure avec vous». Il habite aussi au milieu des croyants. «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous» (ou parmi vous) (1 Cor. 3:16). «En qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit» (Éph. 2:22). «Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit» (1 Cor. 12:13). Ah ! combien cette vérité est en pratique méconnue dans la chrétienté, même dans les groupes les plus orthodoxes !

Le monde ne peut pas recevoir le Saint Esprit parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas (Jean 14:17). Dieu le Fils est devenu chair afin de manifester le Père, mais le monde a «et vu, et haï et moi et mon Père» (Jean 15:24). Maintenant, le Fils laisse le monde et Dieu le Saint Esprit descend sur la terre, mais il ne devient pas chair, comme le Fils. Le monde s’est manifesté ennemi acharné de Dieu et a même rejeté le dernier et le plus grand des témoignages de Dieu (Matt. 21:33-41). Il n’y a maintenant plus aucune offre de grâce pour le monde. N’ayant pas voulu croire, il ne peut pas voir le Consolateur et ne le connaît pas. Mais nous le connaissons (Jean 14:17). Tout d’abord par la Parole du Seigneur Jésus, que nous recevons par la foi. Mais aussi par les conséquences de la présence du Saint Esprit. Si une Personne divine demeure en nous et est la puissance qui nous permet d’être en communion avec Dieu et de jouir de tout ce que Dieu nous donne, se pourrait-il que nous ne connaissions pas cette Personne ? Rom. 8:16 nous dit : «L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu».

«Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viens à vous» dit le Seigneur Jésus (Jean 14:18). Dans l’Esprit, Il vient chez les siens sur la terre et c’est leur consolation. Et bien que, par grâce, ils aient cru en Lui, comme le Fils de Dieu, ils le verront alors d’une manière beaucoup plus réelle qu’ils ne l’ont jamais vu de leurs yeux naturels, leur connaissance étant beaucoup plus profonde. Le Saint Esprit est venu pour bâtir la maison de Dieu sur la terre, pour y habiter et faire de chaque croyant individuellement Son temple vivant. Il est venu pour faire de nous le corps de Christ et constituer en un les croyants avec Christ, la Tête dans la gloire (Éph. 1:22).

Mais cela va encore plus loin ! «Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez. En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous» (Jean 14:19, 20). Le croyant est uni personnellement à Christ ; on trouve là la communion de nature et de vie. Et le Saint Esprit est la puissance et le lien de cette union. Non seulement je connais Christ dans la gloire comme l’objet de mon coeur, mais le Saint Esprit m’apprend que je suis uni à Lui.

Cela n’a jamais existé dans l’Ancien Testament, et dans le millénium cela n’existera pas non plus. Certes Joël 2:28 parle d’une effusion du Saint Esprit, mais nous ne trouvons jamais que le Saint Esprit habitera sur la terre dans les croyants. Il ne conduira personne à adorer Dieu dans le lieu très saint ; le voile ne sera alors plus déchiré (Ézéch. 41:23). En Ézéchiel, nous trouvons bien des sacrificateurs qui exercent un service sacerdotal, mais jamais dans le lieu très saint. Et nous ne voyons pas, en Ézéchiel, que l’autel de bois, qui sera dans le lieu très saint, soit employé. Je crois que ce sera une indication pour les sacrificateurs de l’existence d’un autre peuple de sacrificateurs, servant Dieu dans sa présence immédiate, de même que, en Lév. 16 la famille sacerdotale d’Aaron avait une position séparée du peuple.

Le Père, le Fils et le Saint Esprit n’agissent pas séparément dans cette oeuvre bénie. Le Saint Esprit vient pour établir la communion, mais c’est le Père qui l’envoie, dans son amour. Et il l’envoie au nom du Fils (Jean 14:26) afin que le Fils soit glorifié (Jean 16:14).

Dans sa vie sur la terre, le Seigneur Jésus a révélé le Père dans toutes ses voies de grâce et d’amour (Jean 1:18). Ses Paroles étaient les Paroles du Père, qui l’avait envoyé (Jean 7:16-18 ; 14:24). Le Saint Esprit rappellerait aux disciples ces Paroles (Jean 14:26). Mais il rendrait aussi témoignage de Jésus glorifié (Jean 15:26 ; 16:13). De même que le Seigneur Jésus durant sa vie ici-bas était simultanément dans le sein du Père dans le ciel et pouvait ainsi faire connaître le Père et communiquer les choses qu’il avait vues (Jean 1:18 ; 3:11-13), ainsi aussi le Saint Esprit sur la terre parle aux croyants de ce qu’il a entendu et vu, au ciel, de Jésus glorifié (Jean 16:13). Lui qui est lui-même Dieu, béni éternellement, et un avec le Père et avec le Fils, a pris une place de dépendance. Il se laisse envoyer par le Père (Jean 14:26) et par le Fils (Jean 15:26) et il ne parle pas de par lui-même, c’est-à-dire pas d’une manière indépendante du Père et du Fils.

Il rappelle aux disciples les paroles que le Seigneur Jésus a dites (Jean 14:26), de sorte qu’ils peuvent rendre témoignage du Seigneur (Jean 15:27). C’est ce que nous trouvons dans les évangiles. Mais il donne lui-même un complément céleste par son témoignage de la position céleste du Seigneur Jésus, que lui seul peut donner, afin qu’ils en soient informés et que leurs coeurs puissent s’en réjouir. Nous trouvons cela dans les Actes des Apôtres et dans les épîtres. Et il leur annoncerait les choses qui vont arriver (l’avenir) (Jean 16:13), ce que nous trouvons aussi dans les épîtres et dans l’Apocalypse.

Toutefois, bien que le Saint Esprit soit la source bénie de nos sentiments, il ne peut pas en être l’objet, comme le Seigneur Jésus. En tant que Dieu, nous l’aimons et nous l’apprécions, mais il n’est pas devenu Homme pour nous ; il n’est pas mort pour nous et nous ne pouvons pas être unis à lui. Nous ne pouvons pas dire de lui, comme de notre Sauveur : «Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un ; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères» (Héb. 2:11). Le Saint Esprit ne s’est pas placé envers nous dans le même rapport que le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, qui est devenu Homme et le restera toujours, qui était au milieu des siens comme Celui qui sert.

Mais tandis que ce Jésus dans la gloire est notre Avocat auprès du Père, nous avons ici-bas un autre Avocat, Dieu le Saint Esprit qui est en nous, et avec nous éternellement.

 

12               Quand un croyant reçoit-il le Saint Esprit ? [Réception du plein évangile ; Éph. 1:13 ; Actes 2:38 ; 8:14-17 ; 10:43-48 ; 19:1-7]

note Bibliquest : Complément de ce sujet à propos du sceau, point 14.2

Dans les Actes des Apôtres nous trouvons l’accomplissement des promesses. Pendant que le Seigneur Jésus vivait sur la terre, Dieu avait montré qu’Il était avec nous («Emmanuel», Matt. 1:23) et la foi voit dans la mort et la résurrection de Christ que Dieu est pour nous (Rom. 8:31, 32). Mais en Actes 2 nous trouvons Dieu en nous. Cela était impossible tant que le sang précieux de Christ n’avait pas été versé. Là où il est fait aspersion du sang, le Saint Esprit peut venir et peut habiter (Ex. 29:41-46 ; Lév. 14:14-18). Avant la croix, le Saint Esprit n’avait habité que dans un seul Homme : le Seigneur Jésus. Ce n’est que dans cet Homme sans tache, parfait, qu’il pouvait demeurer sans aspersion préalable de sang. Mais maintenant, le sacrifice avait été offert et le sang de la réconciliation versé. Le Seigneur Jésus avait dit à ses disciples qu’ils seraient baptisés du Saint Esprit dans peu de jours (Actes 1:5). Cela s’accomplit aussi dix jours après l’ascension du Seigneur.

Actes 2 nous donne une description détaillée de cet événement. De même que la naissance du Seigneur avait été manifestée par des signes visibles, ainsi aussi des signes particuliers apparurent lorsque Dieu le Saint Esprit descendit sur cette terre pour y habiter. Dieu donna une double manifestation extérieure de cet événement unique. La maison tout entière fut remplie ; en outre il «apparut des langues divisées, comme de feu» sur chacun individuellement et ils commencèrent à parler d’autres langues. Nous retrouvons constamment cette double vérité : «Il demeure avec vous, et ... il sera en vous» (Jean 14:17). Il a baptisé tous les croyants en un seul corps (1 Cor. 12:13) et ce corps, l’assemblée vue comme maison de Dieu, est appelé en 1 Cor. 3:16 le temple de Dieu, dans lequel le Saint Esprit habite. Le lieu où les disciples priaient fut ébranlé (Actes 4) et en Actes 5 il est dit qu’Ananias et Sapphira avaient menti à Dieu le Saint Esprit, en disant un mensonge à l’assemblée. Dieu était descendu dans la personne du Saint Esprit et habitait dans l’assemblée, et il en est encore ainsi aujourd’hui. Nous reviendrons là-dessus un peu plus loin. Mais en outre, nous trouvons le témoignage sur chacun individuellement : des langues divisées, comme de feu. C’était des langues, allusion au fait de parler ; mais divisées : le témoignage s’en va vers chaque peuple sous les cieux. Et les langues le confirment.

Il est très important de rechercher quand et comment les hommes peuvent recevoir le Saint Esprit. Les idées des hommes sont partagées à ce sujet, et pourtant l’Écriture nous dit très clairement : «Ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse» (Éph. 1:13). Et les exemples dans les Actes des Apôtres ne manquent pas non plus de clarté. Au chap. 2:38 l’apôtre Pierre dit : «Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit». Ici, il n’est pas question de foi comme en Actes 16:31 et Éph. 1. N’était-elle alors pas nécessaire ou la conversion n’était-elle pas nécessaire ? Certes, toutes deux le sont. L’homme pécheur doit se convertir et il doit croire à la Personne et à l’oeuvre du Seigneur Jésus. Toutefois Dieu voit les coeurs et c’est pourquoi Paul parle de foi au geôlier et Pierre de repentance aux Juifs. Les Juifs, fiers et orgueilleux, devaient se séparer du peuple dont ils étaient fiers et se déclarer publiquement pour Jésus en se faisant baptiser pour ce nom méprisé ; eux qui avaient rejeté et crucifié Jésus, devaient se repentir et confesser leur péché et leur faute. Ainsi ils recevraient le pardon et deviendraient participants de l’Esprit Saint. Celui-ci comme nous le voyons, vient de lui-même après la repentance et la foi au Seigneur Jésus. Ce n’est pas le privilège de quelques-uns, mais c’est valable pour tous.

En Actes 8, nous trouvons un ordre tout différent. Les Samaritains avaient reçu l’Évangile et avaient été baptisés au nom du Seigneur Jésus ; mais aucun n’avait reçu le Saint Esprit. Cela n’était-il pas en contradiction absolue avec Éph. 1 ? Une raison importante explique cette différence. Comme on le sait, il y avait entre les Juifs et les Samaritains une grande amertume, avant tout, aussi, à cause du lieu de l’adoration (Jean 4:20). Si les croyants de Samarie avaient reçu le Saint Esprit immédiatement après la prédication de Philippe, c’est-à-dire de la même manière que les Juifs croyants, n’y aurait-il pas eu un grand danger de jalousie entre les croyants de ces deux endroits ? L’unité n’aurait-elle pas été d’emblée menacée ? En outre, le Seigneur avait donné à Pierre les clés du royaume des cieux. C’est pourquoi ils ne reçurent le Saint Esprit qu’après que Pierre et Jean furent venus, eurent prié pour eux et leur eurent imposé les mains en signe d’unité.

En Actes 10, nous trouvons encore un autre ordre. Corneille et les siens appartiennent aux nations, mais sans aucun doute ils se sont repentis et sont nés de nouveau. Ils ont entendu l’Évangile (v. 36), mais ils ne savaient pas si cela était aussi pour eux. Pierre, enseigné à cet égard par une révélation spéciale, ouvre la porte aux nations (v. 35) et après qu’ils eurent entendu et cru la parole «que, par son nom, quiconque croit en lui reçoit la rémission des péchés», le Saint Esprit tomba sur eux avec les mêmes signes extérieurs qu’à Jérusalem. Ici donc rien ne se passa avant : ni prière, ni imposition des mains, ni même le baptême.

Nous trouvons un quatrième cas en Actes 19. Nous voyons là un certain nombre de croyants qui avaient été enseignés d’une manière incomplète. Ils avaient entendu l’Évangile d’un Sauveur qui allait venir, mais ils ne savaient pas que l’oeuvre de la réconciliation avait été accomplie et que le sang avait été répandu. C’est pourquoi ils ne pouvaient pas croire à l’oeuvre accomplie par Christ ni recevoir le Saint Esprit sur la base de cette oeuvre. Ils ne savaient même pas que la promesse de l’Ancien Testament, dont aussi leur maître, Jean le Baptiseur, avait si souvent parlé, était accomplie. Mais après que Paul les eut enseignés et qu’ils eurent reçu le baptême chrétien, le Saint Esprit vint sur eux. Paul, l’apôtre des nations, impose les mains à ces Juifs croyants et ils reçoivent le Saint Esprit, comme cela avait été le cas pour les Samaritains après l’imposition des mains de Pierre et de Jean. Dieu montre que l’autorité de l’apôtre des nations n’était pas moindre que celle des onze.

Il résulte de tous ces passages que celui qui se repent et croit au Seigneur Jésus, reçoit le Saint Esprit. Cela s’applique tant aux Juifs qu’aux non-Juifs. Certes il y a une différence, car les Juifs devaient d’abord être baptisés du baptême chrétien, tandis que nous ne trouvons nulle part cela pour les croyants d’entre les nations. Mais le principe général demeure : Celui qui croit au Seigneur Jésus et à son oeuvre accomplie, reçoit le Saint Esprit. En ce qui nous concerne, nous qui ne sommes pas Juifs, nous n’avons besoin d’aucune imposition des mains, ni d’aucune autorité apostolique : «Ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse» (Éph. 1:13).

Certes il peut s’écouler quelque temps entre la conversion et la nouvelle naissance d’une part, et la réception du Saint Esprit d’autre part, car ce sont des choses tout à fait différentes. Il se peut qu’un profond exercice se produise dans une âme avant qu’elle entre dans la jouissance d’une entière liberté, comme pour Paul. Il est même possible que pour n’avoir pas compris le plein évangile, soit parce qu’elle a entendu un évangile incomplet, soit pour d’autres motifs, l’âme convertie et née de nouveau ne croie pas pleinement «l’évangile de votre salut», mais s’occupe d’elle-même, peinant et luttant contre le péché et contre elle-même, etc., et qu’ainsi elle ne reçoive pas le Saint Esprit. Mais la volonté de Dieu est que l’âme convertie croie le plein évangile et reçoive ainsi immédiatement le Saint Esprit et entre dans l’entière jouissance de tout ce qui nous est préparé par l’oeuvre de Christ.

 

13               Affranchissement

note Bibliquest : voir aussi la Marche par l’Esprit et la position par rapport à la loi, point 15

En Rom. 8, nous trouvons exposée d’une manière très claire la signification générale de l’habitation du Saint Esprit dans le croyant. Il nous y est dit que la marche d’un croyant est soit selon la chair, soit selon l’Esprit. Au v. 9 il est ajouté : «Or vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous ; mais si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, celui-là n’est pas de lui». Nous trouvons donc ici deux choses :

1.            Seul celui en qui l’Esprit Saint habite n’est pas dans la chair, mais dans l’Esprit.

2.            Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il n’est pas de lui, en d’autres termes : il n’est pas un chrétien.

Ce sont des points de la plus haute importance.

Le premier point nous montre que ce n’est pas juste de dire, comme on l’entend souvent, qu’un homme doit être soit un homme naturel, soit un homme spirituel. D’après le Nouveau Testament, il y a une troisième catégorie entre les deux. Lorsque la grâce de Dieu amène un homme naturel, un enfant d’Adam, à se repentir, et implante en lui une vie nouvelle, et qu’il est amené à Dieu en vertu de la rédemption, ce n’est pas encore être spirituel. L’apôtre dit qu’un homme est spirituel lorsque «vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’Esprit». L’apôtre n’appelle les Corinthiens ni des hommes naturels (1 Cor. 2:14) ni des hommes spirituels (1 Cor. 3:1) ; ils étaient charnels (1 Cor. 3:3). Et en Rom. 7:14, l’homme converti, qui est sous la loi, reconnaît qu’il est charnel.

Diverses circonstances peuvent empêcher qu’un croyant soit spirituel. Chez les Corinthiens, c’était une sagesse charnelle. Mais le cas principal — et le plus fréquent — est, comme l’épître aux Romains le révèle, que beaucoup de personnes nées de nouveau n’arrivent jamais à réaliser que la chair n’est que mauvaise, ni à croire qu’elle a été totalement jugée dans la mort de Christ.

La première partie de cette épître, jusqu’au chap. 5:11, traite de la question de nos péchés, c’est-à-dire de nos actes de péché. Nous en trouvons le résultat au chap. 5:1, 2 : «Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ…». Très nombreux sont ceux qui s’arrêtent là. Ils ne sont pour ainsi dire qu’à moitié sauvés. Ils connaissent quelque chose de l’oeuvre de Christ, mais ne voient pas qu’ils sont en Christ. Ce n’est pas qu’ils ne connaissent pas cette expression. Mais lorsqu’ils lisent par exemple Rom. 8:1 : «Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus», ils ne voient rien de plus que ce qui est dit en Rom. 4:25 : «Lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification», c’est-à-dire que leurs péchés ont été ôtés et qu’ils sont justifiés devant Dieu.

Mais cela n’est pas toute la signification de Rom. 8:1. La différence réside dans le fait que dès le chap. 5:12 le Saint Esprit traite d’une nouvelle question, celle de notre vieille nature, de notre chair de péché. Non seulement mes péchés me sont pardonnés, et je suis justifié devant Dieu, mais ma vieille nature a été jugée dans la mort de Christ. Ce n’est pas seulement une justification par le sang, mais une justification de vie. Non seulement je crois en Christ, et je sais que j’ai le pardon par son sang précieux, mais bien plus, la parole de Dieu me donne le droit de savoir et de dire que je suis mort dans la mort de Christ. Je ne suis pas baptisé pour sa vie ou pour son oeuvre, mais pour sa mort (Rom. 6:3). J’étais pécheur, je ne pouvais que pécher, mais cela n’est pas changé par le pardon. Je dois être délivré de cet état, et la seule vraie délivrance d’un état de péché est la mort. Cet affranchissement, je l’ai «en Christ». «Car ce qui était impossible à la loi» (opérer que le péché et la mort ne fassent pas loi en moi, c’est-à-dire ne dominent pas sur moi d’une manière ininterrompue) «en ce qu’elle était faible par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair» (Rom. 8:3). Tel est l’enseignement du chap. 5, à partir du verset 11 et du chap. 6.

Il est très difficile pour quelqu’un qui est né de nouveau de recevoir cette vérité. Croire que Dieu a pardonné ses péchés, cela va encore, car c’est quelque chose qui se passe entièrement en dehors de lui. Mais croire que sa vieille nature est morte avec Christ est beaucoup plus difficile, car son expérience journalière est tout autre. À chaque instant, il constate l’existence de sa chair de péché, et tant qu’il n’a pas saisi par la foi cette vérité, il sent la loi du péché et de la mort en lui. Mais dans les choses de Dieu, rien n’est plus important que la simplicité, et il n’y a pas de foi aussi grande que celle qui reçoit sa Parole et son autorité comme un petit enfant, même s’il n’en comprend que peu. Si Dieu te dit à toi qui es né de nouveau, que tu es mort, le crois-tu ou ne le crois-tu pas ?

Si quelqu’un ne le croit pas, il cherche à s’améliorer. La nouvelle vie en lui veut vivre selon les pensées de Dieu, mais il voit en lui le péché, et alors à quel combat terrible cela conduit-il ! Nous voyons un tel homme en Rom. 7. Il est né de nouveau, converti, et possède ainsi la vie de Dieu ; car comment un inconverti pourrait-il dire : «Je prends plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur» (Rom. 7:22). Rom. 3:11 dit d’un inconverti : «Il n’y a personne qui recherche Dieu». Mais cet homme avait le sentiment qu’il devait, après avoir reçu le pardon en Christ, se libérer lui-même par l’action intérieure de l’Esprit de Dieu. Il s’y efforça selon la loi, en fit sa ligne de conduite, mais il dut constater que plus il bronchait, moins l’Esprit de Dieu lui aidait. Il le rendait bien plutôt malheureux quant à lui-même. Le Saint Esprit n’est en effet pas venu du ciel sur la terre pour glorifier la loi, mais pour glorifier le Seigneur.

Il ne s’agit pas ici de la vie extérieure, mais de choses plus profondes. L’homme de Rom. 7 peut n’être pas tombé dans des péchés manifestes, mais le péché agissait en lui. Ne connaissons-nous pas tous le combat qui est dépeint en Rom. 7 ? Quelques-uns peut-être avant leur conversion, lorsque le Saint Esprit opérait dans leur coeur, mais la plupart, après leur conversion. Je ne crois pas qu’il existe un croyant qui n’ait pas eu un tel combat. Car bien que l’affranchissement de Rom. 8 soit une question de foi, nous devons apprendre à le connaître par expérience. Par elle, nous apprenons que la parole de Dieu dit la vérité lorsqu’elle proclame que notre vieille nature est mauvaise et ne peut pas être améliorée. Par l’expérience aussi nous apprenons que c’est chose vraie lorsque la parole de Dieu dit que la loi ne peut pas nous aider, car elle est «faible par la chair». Par l’expérience encore nous sommes pénétrés de la vérité de la parole de Dieu que nous ne pouvons aucunement nous aider nous-mêmes. Et plus nous avons à coeur de servir Dieu, plus profondément aussi nous faisons cette expérience dans notre coeur, de sorte que nous finissons par nous écrier avec désespoir : «Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ?» (Rom. 7:24). Nous avons ainsi fait l’expérience que la loi ne donne pas une ligne de conduite pour la vie à quelqu’un qui a une nature pécheresse, mais qu’elle conduit à la mort. Loin d’être une force libératrice, elle ne peut que condamner. C’est pourquoi nous ne nous écrions pas : «qu’est-ce» qui me délivrera, car nous savons qu’il n’y a rien qui puisse nous aider. Nous crions «qui» me délivrera, et alors Dieu nous dit par sa Parole — et heureux sommes-nous si nous l’avons reçue — Jésus Christ notre Seigneur t’a délivré. Alors commence dans nos coeurs le chant de joie de Rom. 8 : «Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus ; car la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort». Quelle différence avec Rom. 7 !

C’est se tromper soi-même et manquer de discernement et de connaissance de la parole de Dieu que de prétendre que l’homme peut se réjouir de l’affranchissement de Rom. 8 tout en étant dans le combat entre le bien et le mal présenté à la fin du chap. 7. Peut-on se trouver en même temps en esclavage et en liberté ? Quelqu’un peut-il dire : «Je suis charnel, vendu au péché», et «le mal que je ne veux pas, je le fais» et se réjouir en même temps de ce que : «La loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort» ? Est-ce qu’un état dans lequel un croyant doit dire qu’il est captif de la loi du péché qui existe dans ses membres (Rom. 7:23) est l’état normal d’un croyant délivré par le Seigneur Jésus ? Je ne dis pas que ce n’est pas l’état habituel de beaucoup, mais je demande si c’est selon la pensée de Dieu ?

En Rom. 8 nous est présentée la position normale du croyant selon la pensée de Dieu. Il a reconnu ses péchés et cru qu’ils sont pardonnés en vertu du sang précieux de notre Sauveur. Il a vu la corruption de la chair et cru que la chair a été jugée en Christ sur la croix. Et après avoir cru, il a été scellé du Saint Esprit (Éph. 1:13). Il sait qu’il est mort en Christ et que maintenant il est aussi «en Christ» et qu’ainsi il n’y a aucune condamnation pour lui. Il sait que la puissance du péché sur lui a été ôtée, car sa vieille nature a été jugée en Christ. Il a une vie nouvelle, qui ne peut pas pécher (1 Jean 3:9) et une Personne divine, le Saint Esprit, habite en lui ; elle est la puissance en lui qui opère la vie nouvelle et le rend capable de vivre en accord avec elle. Il est dans l’Esprit, un homme spirituel qui peut marcher selon l’Esprit. Il est sorti de la famille du premier Adam, qui est dans la position et dans l’état de l’homme déchu devant Dieu, et il est entré dans la famille de Dieu dont le second Adam, Jésus Christ, est la Tête. Et non seulement cela. Celui qui sur la terre avait été oint du Saint Esprit et qui marchait par l’Esprit, nous a maintenant donné de son Esprit (1 Jean 4:13). Christ ressuscité est le Chef de la famille de Dieu, et la position de la famille résulte de la mort et de la résurrection de Christ ; si quelqu’un a l’Esprit de Christ il est de lui (Rom. 8:9).

Et ce n’est pas encore tout. Nous connaissons bien cet affranchissement et nous en jouissons dans notre âme, mais en pratique notre corps n’y a encore aucune part. Cependant cela viendra aussi. «Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts vivifiera vos corps mortels aussi, à cause de son Esprit qui habite en vous» (Rom. 8:11). C’est la pleine délivrance de l’âme et du corps et la réponse parfaite au cri de désespoir : «Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ?» (Rom. 7:24). Tandis que nous sommes encore sur la terre, le Saint Esprit témoigne avec notre esprit (la vie nouvelle en nous), que nous sommes enfants de Dieu. Il exprime les sentiments que nous avons comme hommes nouveaux pendant que nous cheminons dans la création assujettie à la malédiction. «L’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables» (Rom. 8:26).

Tel est l’affranchissement qui est dans le Christ Jésus. L’Écriture nous dit que nous le recevons par le Saint Esprit et que nous ne pouvons en jouir que par lui. Nous ne recevons pas la moindre bénédiction sans lui. Il agit dans le coeur du pécheur pour l’amener à la repentance. Par lui le Fils de Dieu donne la vie à un pécheur mort. Le Saint Esprit opère dans le coeur de celui qui est converti, et habite en celui qui croit, comme une Personne à côté de la nouvelle nature, pour lui faire connaitre toute la valeur des bénédictions de Dieu et être en lui la puissance pour réaliser tout cela. Oui, le Saint Esprit donne même son nom pour désigner la position qui nous est faite comme affranchis, comme chrétiens, en vertu de la mort et de la résurrection de Christ. Nous qui avons part à ces choses, nous sommes «dans l’Esprit» et l’Esprit de Dieu habite en nous.

 

14               Onction et sceau [du Saint Esprit]

14.1                   [Onction : 2 Cor. 1:21 ; 1 Jean 2:20, 27]

Nous en venons maintenant à l’onction et au sceau du Saint Esprit.

En Luc 4:18 nous lisons : «L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer de bonnes nouvelles aux pauvres». Et en Jean 6:27 : «C’est lui que le Père, Dieu, a scellé». En Actes 4:27 : «Que tu as oint», et chap. 10:38 : «Comment Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance». En Jean 3:34 : «Car celui que Dieu a envoyé parle les paroles de Dieu, car Dieu ne donne pas l’Esprit par mesure». Tous ces passages parlent du Seigneur Jésus. Lui qui a été conçu de l’Esprit Saint (Matt. 1:20), était aussi oint et scellé de l’Esprit. Et comme Dieu lui avait donné la plénitude de l’Esprit, il pouvait parler les paroles de Dieu. Avant Actes 2, nous ne lisons d’aucune autre personne qu’elle ait été scellée du Saint Esprit. Christ (c’est-à-dire l’oint) seul l’était. Personne ne pouvait recevoir le Saint Esprit avant que l’oeuvre du salut ait été accomplie. Cela est aussi en accord avec les types de l’Ancien Testament. En Ex. 29 et Lév. 8, où nous trouvons la consécration des sacrificateurs, Aaron est oint avant la présentation du sacrifice. Les fils d’Aaron l’étaient après le sacrifice et il était alors fait aspersion sur eux du sang et de l’huile de l’onction. Selon l’épître aux Hébreux, Aaron est un type du Seigneur Jésus, et les fils d’Aaron, de nous, comme famille sacerdotale (cf. Héb. 2:11-13 ; 3:1, 6 ; 1 Pierre 2:4, 5).

Dans les épîtres, nous trouvons trois passages qui parlent de notre onction : «Or celui qui nous lie fermement avec vous à Christ et qui nous a oints, c’est Dieu, qui aussi nous a scellés, et nous a donné les arrhes de l’Esprit dans nos coeurs» (2 Cor. 1:21). «Et vous, vous avez l’onction de la part du Saint et vous connaissez toutes choses». «Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin que personne vous enseigne ; mais comme la même onction vous enseigne à l’égard de toutes choses, et qu’elle est vraie et n’est pas mensonge — et selon qu’elle vous a enseignés, vous demeurerez en lui» (1 Jean 2:20, 27).

Ces passages nous montrent la signification de l’onction. Par elle nous savons toutes choses, car elle nous enseigne sur toutes choses. En 1 Cor. 2, cela est développé par l’apôtre Paul. L’Esprit de Dieu sait ce qui est en Dieu et nous avons reçu «l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été librement données par Dieu» (v. 10-12). L’onction du Saint Esprit consiste donc dans le fait que nous sommes unis, par l’habitation du Saint Esprit, dans une communion immédiate avec Dieu ; ainsi nous connaissons ses pensées et savons également ce qui y est contraire, et nous pouvons nous fortifier et nous réjouir dans la vérité de Dieu en Christ.

Dans le type de la consécration des sacrificateurs en Lév. 8 et 9 cela nous est montré clairement. Après la consécration, dans la première partie du chap. 8, nous trouvons dans les derniers versets du chap. 8 et au chap. 9 les devoirs des sacrificateurs. Au chap. 8, c’est de garder «ce que l’Éternel vous a donné à garder» et au chap. 9, en vue de la gloire à venir et de la bénédiction du peuple, c’est d’apporter le sang là où le souverain sacrificateur doit l’employer.

Par leur onction comme sacrificateurs, ils ont communion avec Dieu dans sa maison, ils connaissent les ordonnances du Seigneur, ont l’intelligence de l’oeuvre de la rédemption et savent où le souverain sacrificateur fait application du sang. Ils savent aussi que cette oeuvre amènera la gloire et la bénédiction finale pour le peuple.

Naturellement cela ne veut pas dire que chacun de ceux en qui le Saint Esprit habite connaisse toute la vérité dans ses détails et n’ait besoin d’aucun enseignement. Dans les chapitres suivants du Lévitique, des instructions précises sont données aux sacrificateurs. Et après avoir dit, en 1 Jean 2:20 : «Vous avez l’onction de la part du Saint et vous connaissez toutes choses», l’apôtre donne encore dans la suite de son épître de multiples enseignements. Le verset 27 explique l’expression «mais comme la même onction vous enseigne à l’égard de toutes choses». Chacun de ceux en qui le Saint Esprit habite, et qui a ainsi l’onction du Saint, est amené dans la présence directe de Dieu. Et là, dans la présence du Saint, il voit aussitôt s’il est en accord avec Dieu ou s’il ne l’est pas.

Cela s’applique aussi aux croyants les plus jeunes, avec les connaissances les plus petites, même pour celui qui vient de trouver la paix. L’apôtre écrit à de petits enfants. Ces petits savaient que leurs péchés leur étaient pardonnés par le nom de Jésus (1 Jean 2:12 ; Actes 4:12), et ils avaient connu le Père (1 Jean 2:13). Cela suffisait, car alors le Saint Esprit habitait en eux, et ils avaient l’onction de la part du Saint et connaissaient toutes choses. Certes, ils ne connaissaient pas toute la vérité révélée — quel père en Christ pourrait même en connaître toute la plénitude ? Si un faux docteur venait à eux, ils ne pouvaient certainement pas lui répondre ; peut-être pas même déceler en quoi consistait sa fausse doctrine. Mais dans la présence du Dieu saint, ils sentaient tout ce qui était contraire à ce Dieu saint : «Comme la même onction vous enseigne à l’égard de toutes choses, et qu’elle est vraie et n’est pas mensonge — et selon qu’elle vous a enseignés, vous demeurerez en lui».

C’est une pensée merveilleuse pour un jeune croyant. Tant de doctrines diverses ont cours dans la chrétienté ; et même des croyants expriment parfois les pensées les plus contradictoires. Alors comment un nouveau converti, qui a encore si peu de connaissances, pourrait-il rester dans le bon chemin et savoir quelles sont les pensées de Dieu ? Nous avons la réponse ici : «Vous avez l’onction de la part du Saint et vous connaissez toutes choses». Il est ajouté en 1 Jean 2:24 : «Que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous». La parole de Dieu nous révèle la vérité, et le Saint Esprit, qui opère dans nos coeurs, nous instruit par cette Parole et nous préserve de fausses doctrines.

Alors comment expliquer que parfois des croyants tombent quand même dans une fausse doctrine et que d’autres ne perçoivent pas une fausse doctrine portant atteinte à la vérité ? Les sacrificateurs, dans l’Ancien Testament, ne pouvaient parfois pas s’approcher de Dieu en raison d’une impureté ou d’un défaut corporel — ou des deux — (Lév. 21), bien qu’appartenant à la maison d’Aaron. Et l’apôtre, après avoir déclaré en 1 Cor. 2:15 que «celui qui est spirituel discerne toutes choses», doit dire aux Corinthiens au chap. 3:1 qu’ils n’étaient pas spirituels, mais charnels. Ils n’étaient en fait pas restés dans la proximité de Dieu. Quelque chose les empêchait d’y être. C’est un merveilleux privilège que d’être dans la présence de Dieu — un bonheur inexprimable et une paix profonde pour le coeur d’un croyant. Mais on ne peut avoir là aucune volonté propre. Aucun péché ne peut subsister dans ce lieu, sans être ôté par le jugement de soi-même. Le monde ne peut pas paraître là, ni quoi que ce soit du monde. On ne peut être dans la présence de Dieu qu’après s’être purifié par le jugement de soi-même, et qu’avec un coeur qui Lui soit consacré. Nous ne pouvons être en sa présence que si nous désirons agir uniquement selon Ses pensées, excluant ainsi toute pensée propre. Chez les Corinthiens se trouvaient des choses charnelles. Il y avait de l’envie et des disputes entre eux. Une sagesse humaine avait trouvé accès en eux. Un mal moral était toléré. Leur discernement s’en était allé, de sorte que quelques-uns d’entre eux étaient tombés dans de fausses doctrines (1 Cor. 15:12).

Qu’en est-il de nous, de chacun de nous individuellement et de nous en tant qu’assemblée ?

14.2                   [Sceau du Saint Esprit : 2 Cor. 1:21-22 ; Éph. 1:13 ; 4:30]

Quant au sceau du Saint Esprit, il en est fait mention, outre le passage de 2 Cor. 1:21, 22, dans l’épître aux Éphésiens aux chapitres 1:13 et 4:30. En Jean 6:27, il est dit du Seigneur Jésus : «Car c’est lui que le Père, Dieu, a scellé». Les différents passages qui parlent de sceau (voir par ex. Esther 8:8 ; Dan. 6:17 ; Jér. 32 ; Apoc. 5:1-7 ; 7:1-8) en rendent la signification claire. Celui qui a été scellé est marqué comme étant la propriété de celui qui l’a scellé. Tous les passages qui parlent du sceau du Saint Esprit nous en donnent la confirmation. En Éph. 1:10-12, l’apôtre Paul parle des Juifs croyants qui, en vertu de la promesse, doivent avoir part à la gloire du royaume de paix sur la terre dans l’administration de la plénitude des temps. Puis au verset 13 (voir la note) il dit : En qui (Christ) vous aussi vous avez été faits héritiers «ayant entendu la parole de la vérité, l’évangile de votre salut ; auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse, qui est les arrhes de notre héritage, pour la rédemption de la possession acquise, à la louange de sa gloire».

 

Nous voyons par ce passage que :

1.     le sceau intervient après que nous avons cru et

2.     2. en vue de l’héritage.

 

Que le sceau intervienne après qu’on a cru confirme à nouveau que l’habitation du Saint Esprit est quelque chose de tout autre que la nouvelle naissance. Celle-ci fait d’un pécheur un homme nouveau. Tandis que le Saint Esprit scelle le croyant.

Mais Éph. 1:13 dit davantage. Le sceau est en rapport avec «l’évangile de votre salut» et avec la foi à celui-ci. En Lév. 14:17, l’huile est mise sur l’oreille droite, sur le pouce droit et sur le gros orteil du pied droit, «sur le sang du sacrifice pour le délit». Si nous prêtons bien attention aux expressions et types de l’Écriture, il me semble que nous pouvons dire que c’est la foi en l’oeuvre du Seigneur Jésus pour le pardon des péchés qui est scellée.

Nous étions des pécheurs d’entre les nations qui n’avions aucune part aux promesses (Éph. 2:12). Nous avons cru à l’oeuvre parfaite, au sang versé. Et par ce sang nous avons la paix avec Dieu et nous avons été approchés de Lui (Rom. 3:21-26 ; Col. 1:20 ; Éph. 2:13, 14). Cette foi, Dieu la scelle. Il la reconnaît et met, comme signe, son sceau sur elle ; et par cela, elle est en même temps assurée et affermie. Le Saint Esprit en tant qu’habitant en nous, est ce sceau : la preuve que nous sommes Sa propriété.

Éph. 4:30 dit que nous sommes scellés du Saint Esprit de Dieu «pour le jour de la rédemption» et Éph. 1:13 et 2 Cor. 1:22 parlent aussi de l’héritage à venir. Comme nous l’avons déjà dit, nous n’avons pas encore reçu la rédemption de notre corps et l’héritage est encore à venir. Nous avons été sauvés «en espérance» (Rom. 8:23, 24). Mais ces choses à venir ne sont pas, pour nous, incertaines, bien que nous ne soyons pas Juifs et que nous n’ayons ainsi aucune part aux promesses qui leur ont été données. Dieu nous a déjà maintenant scellés pour prouver que nous lui appartenons, et que nous aurons ainsi part à son héritage. Et ce sceau, le Saint Esprit, est en même temps les arrhes, la preuve, que cette délivrance sera notre part. Car c’est par le Saint Esprit certes que nous recevrons la rédemption de notre corps (Rom. 8:11). Ainsi l’expression «nous avons été sauvés en espérance» a une signification tout autre que celle qu’on entend souvent. Aucune incertitude, mais une assurance sans l’ombre d’un doute. Dieu le Saint Esprit est déjà maintenant le sceau par lequel Dieu nous reconnaît comme siens, et en même temps les arrhes que Dieu accomplira ses promesses envers nous.

 

15               Afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez    Gal. 5:17 — [La marche par l’Esprit]

Dans les chapitres précédents, nous avons vu que le Saint Esprit est une Personne divine — Dieu le Saint Esprit. Nous avons aussi vu qu’il s’occupe de pécheurs perdus pour les amener à la repentance ; qu’il implante en ceux qui se repentent une vie nouvelle, une vie de résurrection qui est liée au Seigneur ressuscité d’entre les morts et assis maintenant dans les cieux. Nous avons vu qu’il habite dans celui qui est né de nouveau après que ce dernier a cru à l’oeuvre rédemptrice parfaite du Seigneur Jésus, et qu’il est là, en lui, la puissance qui l’amène en communion avec le Père et avec le Fils, mais qui aussi le lie à un Seigneur rejeté par le monde et auquel il doit rendre témoignage. Il est le Consolateur et nous avons été affranchis par lui de la puissance du péché, et nous avons été oints et scellés par lui. Oui, nous avons vu que toutes nos bénédictions et tous nos privilèges sont en rapport avec lui et que toute notre position est caractérisée par son habitation en nous. Nous sommes «dans l’Esprit» !

Quelle influence tout cela a-t-il sur notre vie pratique ? Car il n’est pas possible que Dieu le Saint Esprit habite en nous sans que cela exerce une influence sur notre vie de tous les jours. Gal. 5, Éph. 4:30 et d’autres passages développent ce sujet.

Gal. 5 parle de la liberté du croyant. En Rom. 8, nous avons vu que le croyant est délivré de la loi du péché et de la mort. Ces personnes affranchies sont ici placées devant nous. Nous lisons au verset 1 : «Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant ; tenez-vous donc fermes, et ne soyez pas de nouveau retenus sous un joug de servitude». Et le verset 13 dit : «Car vous, frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement n’usez pas de la liberté comme d’une occasion pour la chair». Dans ce chapitre, la liberté est considérée sous deux aspects : d’une part comme une question de justification et d’autre part comme ce qui conduit à la sainteté pratique et y est lié.

Dans la première partie du chapitre, c’est la loi qui menace la liberté. Les Galates connaissaient la délivrance qui est dans le Christ Jésus, et ils y avaient part. Toutefois, à côté de cela, quelques-uns voulaient maintenant se placer sous la loi. Mais l’apôtre leur dit qu’ils perdaient alors tout le bénéfice qu’il y a dans le Christ, peu importe le motif pour lequel ils se plaçaient sous la loi. Même si on le fait «par reconnaissance», comme on le dit si souvent, le résultat est le même. La loi ne connaît que des hommes vivants qui ne peuvent pas satisfaire à ses exigences et tombent ainsi sous le jugement. Bien qu’elle soit sainte et juste et parfaite, elle n’a aucune force pour justifier ou réconcilier. Elle ne peut en aucune manière améliorer la vieille nature et ne peut jamais servir de ligne de conduite à la nouvelle. Le vieil homme que le croyant (qui est donc mort en Christ) a dépouillé n’est pas son objet, et le nouveau n’en a pas besoin. La nouvelle création a un autre objet pour elle et une autre puissance, agissant en elle pour produire ce qui est bon et agréable à Dieu : Christ, réalisé dans la puissance du Saint Esprit. C’est là la vraie liberté !

Toutefois la liberté est aussi menacée d’une autre façon. Le croyant affranchi n’est plus «dans la chair», comme nous l’avons vu en Rom. 8:9, mais la chair est encore en lui. Et cette chair a des convoitises ; des convoitises qui manifestent ce qu’est la chair, savoir mauvaise, pécheresse et ennemie de Dieu. Gal. 5:19-21 donne une affreuse énumération de ces convoitises. Si je les accomplis, je ne suis alors plus libre, mais je suis devenu esclave du péché ! Que dois-je faire alors ? La chair est en moi et cherche à m’entraîner à satisfaire ses convoitises ! Dois-je combattre contre la chair ? Rom. 7 nous a enseigné que je subirai alors certainement une défaite, car je n’ai pas de force pour la vaincre, même si je prends la loi comme ligne de conduite.

L’apôtre donne la réponse : «Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair». Nous, en qui Dieu le Saint Esprit habite, nous qui sommes dans l’Esprit, nous pouvons marcher par l’Esprit dans la vie de tous les jours et alors nous n’accomplirons pas les convoitises de notre vieille nature. Si je n’ai point de force pour vaincre la chair, le Saint Esprit en a la puissance. Et si la chair convoite contre l’Esprit, cherchant ainsi à nous empêcher d’agir par et selon l’Esprit, le Saint Esprit s’oppose à la chair et la vainc. Et il le fait afin que nous n’accomplissions pas ce que nous voulons, mais que nous agissions seulement selon la volonté de Dieu, afin que soit trouvé en nous, en faiblesse sans doute, ce que le Seigneur Jésus pouvait dire : «Je fais toujours les choses qui lui plaisent».

Cela se trouve-t-il en nous ? La réponse ne comporte pas de doute. Nous pouvons très bien savoir, si ce sont les oeuvres de la chair ou les fruits de l’Esprit qui se manifestent dans notre vie. Ils sont de caractères si différents que nous pouvons les discerner sans autre.

Que la fornication, l’impureté, l’impudicité, l’idolâtrie, etc., soient des oeuvres de la chair, personne n’en a jamais douté. Mais sommes-nous aussi persuadés que les querelles, les jalousies, les divisions, les intrigues, les sectes et les envies sont des oeuvres de la chair ? De sorte que, même si nous vivons d’une manière irréprochable, il se peut que notre marche soit selon la chair (cf. Phil. 3). Ne nous abusons pas nous-mêmes. Il y a un signe certain qui peut nous dire si ce que nous faisons est par l’Esprit ou de la chair. L’Esprit cherche uniquement la gloire du Seigneur Jésus, et jamais notre propre honneur. Et il n’accomplit jamais quoi que ce soit qui s’écarte de la Bible. Tout ce que nous faisons pour recevoir de la gloire est de la chair. Sachons juger notre vie.

Éph. 4:17-32 parle de notre vie de chaque jour. Au v. 30 il est dit : «Et n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu». Dieu le Saint Esprit habite en nous. En 1 Cor. 6:19, il est dit expressément : «Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit ?» Ne doit-il alors pas avoir la direction de notre vie ? Ne voulons-nous alors pas le questionner dans tout ce que nous devons faire, afin qu’il puisse nous employer ?

Si nous faisons notre propre volonté, ne sera-t-il pas attristé ? Nous servons-nous de notre corps, ce corps qui est son temple, de telle sorte que le Saint Esprit ne soit pas attristé ? Ou l’employons-nous d’une autre manière, peut-être lorsque nous sommes seuls ? Où que nous allions, pensons-nous que le Saint Esprit habite en nous ? Pouvons-nous emmener le Saint Esprit partout où nous avons coutume d’aller ? Est-ce que tout ce que nous voyons ou entendons là est en accord avec sa sainteté ? Peut-il entendre tout ce que nous disons ou faisons sans être attristé ? Puissions-nous nous poser sérieusement toutes ces questions !

 

16               Plein de l’Esprit Saint et rempli de l’Esprit Saint [Plénitude]

Nous trouvons dans les Écritures deux expressions en rapport étroit avec les dernières questions que nous nous sommes posées, savoir : «plein de l’Esprit Saint» et «rempli de l’Esprit Saint». Ces deux expressions sont très proches et on les confond souvent. Pourtant elles ne sont pas identiques.

16.1                   [Plein de l’Esprit Saint]

Il n’est dit que quatre fois dans l’Écriture que quelqu’un était plein de l’Esprit Saint, soit en Luc 4:1 ; en Actes 6:3, 5 ; 7:55 et 11:24. Le premier passage parle du Seigneur Jésus. Lui auquel Dieu n’avait pas donné l’Esprit par mesure (Jean 3:34) était en fait plein de l’Esprit Saint. Mais cela est aussi dit d’Étienne et de Barnabas et en Actes 6:3, les apôtres disent à la multitude des disciples de choisir des hommes «pleins de l’Esprit Saint».

Il est donc manifeste que cette expression ne fait pas allusion à un état passager bien que, naturellement, il ne soit pas non plus dit que Barnabas, par exemple, soit resté ainsi jusqu’à sa mort. Cette expression caractérise un état spirituel de l’âme dans lequel rien n’entrave l’action du Saint Esprit et dans lequel tous les sentiments, pensées, paroles et actes sont constamment contrôlés par le Saint Esprit. Quelle glorieuse condition !

D’Étienne il est aussi dit ensuite qu’il était plein de foi, et plein de grâce et de puissance, faisant parmi le peuple des prodiges et de grands miracles, et plus loin, que les Juifs ne pouvaient pas résister à la sagesse et à l’Esprit par lequel il parlait. Ses contradicteurs virent son visage comme le visage d’un ange (Actes 6:15). Et à la fin de son grand et magnifique discours, avant d’être lapidé, il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. De Barnabas, dont le nom signifie «fils de consolation», il est mentionné qu’il vendit un champ et en apporta la valeur aux apôtres (Actes 4:36, 37) et en Actes 11:24, qu’il était un homme de bien et plein de foi, et le Saint Esprit lie à cela le fait qu’une grande foule fut ajoutée au Seigneur.

16.2                   [Rempli de l’Esprit Saint]

L’expression «rempli de l’Esprit Saint» se retrouve plus souvent. En Ex. 28:3 et Deut. 34:9 il est déjà parlé d’être rempli de l’esprit de sagesse et en Ex. 31:3 de «rempli de l’esprit de Dieu». Dans le Nouveau Testament, nous trouvons l’expression même «rempli de l’Esprit Saint» en Luc 1:15, 41, 67 en rapport avec Jean le Baptiseur, et en rapport avec son père et sa mère et en Actes 2:4 ; 4:8, 31 ; 9:17 ; 13:9, 52 et en Éph. 5:18 en rapport avec Pierre et Paul seuls et avec des groupes de disciples. Deux fois il est dit qu’ils seraient remplis de l’Esprit Saint (Jean le Baptiseur et Paul), cinq fois qu’ils furent remplis et deux fois qu’ils étaient remplis (Pierre et Paul). Le dernier passage dans lequel revient cette expression (Éph. 5:18) est une exhortation : «Soyez remplis de l’Esprit».

Si nous considérons avec soin tous ces passages dans leur contexte, nous voyons que être «rempli de l’Esprit Saint» est toujours en rapport avec un service pour Dieu et même quelquefois avec un mandat spécifique et d’une longue durée, comme chez Jean le Baptiseur et Paul, mais la plupart du temps avec des services passagers, des prophéties ou des témoignages. Et quelle est la signification de ce terme ? Je crois que Actes 1:8 donne la réponse : «Vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins».

Quelle puissance ont les témoignages d’un Jean le Baptiseur et d’un Paul ! Combien un Pierre, qui était craintif devant une servante, rend puissamment témoignage, lorsqu’il est devant une grande multitude de Juifs de divers pays, et que, au chap. 4, il dit avec hardiesse aux chefs du peuple qu’il n’y a de salut en aucun autre sinon dans le nom de Jésus qu’ils avaient rejeté et crucifié. Et au chap. 4:31 tous ceux qui sont remplis du Saint Esprit annoncent la parole de Dieu avec hardiesse.

D’où vient-il que notre témoignage tant relativement à l’Évangile annoncé à ceux qui ne sont pas encore convertis, que dans la présentation de la vérité de Dieu à des croyants soit souvent faible et terne ? Les croyants, dans les Actes des Apôtres, n’employaient pas beaucoup de moyens spéciaux. Ils ne s’occupaient pas des meilleures méthodes d’évangéliser ni ne créaient des organisations pour leur confier une partie de l’évangélisation ou de l’enseignement des vérités divines. Ils agissaient simplement selon le mandat qu’ils avaient reçu de Dieu et rendaient témoignage dans la puissance du Saint Esprit.

Il ne s’agit pas ici de l’habitation du Saint Esprit dans le croyant. Depuis le jour de la Pentecôte, il habite en chaque croyant, aujourd’hui comme alors. Prier pour recevoir le Saint Esprit, ainsi que le font certains croyants, est donc en contradiction directe avec la vérité révélée. Cependant après la descente du Saint Esprit et son habitation dans chaque croyant, nous voyons que certaines personnes ou certains groupes de personnes étaient en plus remplis de l’Esprit Saint. Là encore, il n’est pas question de prier pour cela, bien que nous soyons exhortés en Éph. 5:18 à être remplis de l’Esprit Saint. Nous trouvons seulement dans les Actes des Apôtres qu’ils élevèrent d’un commun accord leur voix à Dieu et le supplièrent de leur donner d’annoncer sa parole avec hardiesse. Et en réponse à leur prière, ils furent remplis de l’Esprit Saint et ils annonçaient la parole de Dieu avec hardiesse.

Le vin, c’est-à-dire ce qui excite l’énergie naturelle et la joie du coeur, ne doit pas être trouvé dans le service de Dieu (Luc 1:15 ; Éph. 5:18), mais seulement la puissance et la joie du Saint Esprit. Lorsque ceux que Dieu appelle sont conscients que rien de ce qui vient de l’homme naturel ne peut être d’aucune utilité dans l’accomplissement d’un service confié par Dieu, et qu’ainsi, sans recourir à des moyens humains, ils demandent à Dieu ce dont ils ont besoin, et se laissent employer par le Saint Esprit, alors ils seront remplis de l’Esprit Saint et leur service en portera la preuve.

Quelle joie, quelle puissance, et quelle gloire pour Dieu ne trouvons-nous pas en Élisabeth et en Zacharie (Luc 1), ou, le jour de la Pentecôte et plus tard (Actes 2:11 ; 13:52), ainsi qu’en Éph. 5:18-21 !

Se laisser ainsi diriger par le Saint Esprit n’est pas seulement nécessaire pour un service particulier. Rom. 8:14 dit : «Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu». Comment pouvons-nous vivre en accord avec la haute position que dans sa grâce Dieu nous a donnée — dans la position de «fils de Dieu» si notre vie n’est pas dirigée par le Saint Esprit ? Comment serait-ce même possible ? Rom. 7 nous enseigne que nous n’avons aucune force et, si nous avons appris à nous connaître tant soit peu nous-mêmes, nous savons qu’il en est ainsi. Toutefois Dieu dit aussi : «Ma puissance s’accomplit dans l’infirmité» (2 Cor. 12:9) et les fils de Coré chantent dans le Ps. 84:5 : «Bienheureux l’homme dont la force est en toi». Cette force, oui cette source de puissance, Dieu le Saint Esprit, habite en moi. Cela ne suffit-il pas ? La puissance ne peut-elle pas me donner la victoire sur tous les ennemis qui sont en moi ou autour de moi ? Ma vie ne peut-elle pas ainsi être une vie victorieuse, dans laquelle Dieu est glorifié ? Mon service, le mandat que Dieu m’a confié, ne peut-il pas ainsi être un service plein de bénédiction pour d’autres, et pour moi à la gloire de Dieu ? Ne puis-je pas savoir ainsi comment je dois agir en toutes choses selon les pensées de Dieu, de sorte que je n’ai pas d’incertitude quant à ce que je dois faire ?

Oui, mille fois oui ! Le Saint Esprit connaît parfaitement les pensées de Dieu et la volonté de Dieu (1 Cor. 2:10). Il connaît mon coeur et exprime mes désirs devant Dieu (Rom. 8:26, 27). Il me donne les mots qui me permettent de communiquer à d’autres les choses spirituelles qu’il m’a révélées, pour que eux aussi puissent les posséder et en jouir (1 Cor. 2:10-13). Et il est la puissance, la puissance divine, qui peut tout accomplir, en moi, dans ma vie personnelle et dans mon service pour Dieu.

Mais à quoi sert une puissance qui ne peut pas se déployer ? À quoi sert-il que le Saint Esprit habite en moi, si je ne le laisse pas agir ? Une locomotive peut être sous pression et cependant rester sur place parce que la vapeur ne peut pas développer sa puissance. Essayez de toute votre force de la faire avancer ! Avec l’aide d’autrui et une bonne organisation cela réussira peut-être. Mais le résultat est-il comparable à ce que le machiniste obtient en un tour de main ? Il tourne une manivelle et ce qui empêchait la vapeur de déployer sa puissance est ôté. La locomotive avance sans la moindre peine et tire encore derrière elle un long train.

La manette est-elle dans la bonne position chez nous ? Le Saint Esprit peut-il déployer sans obstacle sa puissance, ou y a-t-il encore des obstructions ? Notre «moi» est-il sur son chemin : notre propre force, notre intelligence, notre capacité d’organiser, notre activité, notre zèle, peut-être même nos péchés ? Si ces choses existent, ou seulement aussi le moindre atome de notre moi, le Saint Esprit ne peut pas agir en nous. Mais si nous sommes conscients d’être «crucifié avec Christ» (Gal. 2:20), alors toute notre vie sera ouverte devant lui et il la prendra tout entière sous son contrôle.

On entend souvent dire qu’il est difficile et parfois impossible de suivre la direction du Saint Esprit parce que nous ne pouvons pas toujours savoir ce qu’il veut.

Si Dieu le Saint Esprit habite en nous et que nous lui laissions la conduite de notre vie, ne nous fera-t-il pas alors connaître sa volonté d’une manière indubitable ? Considérons notre parfait modèle, le Seigneur Jésus ! Il fut mené par l’Esprit dans le désert (Luc 4:1), puis s’en retourna en Galilée dans la puissance de l’Esprit (v. 14). Par l’Esprit il enseignait, consolait, guérissait (v. 18, 19), chassait les démons (Matt. 12:28). Oui par l’Esprit, il s’est offert lui-même sans tache à Dieu (Héb. 9:14). Dans les Actes, nous trouvons que l’Esprit dit à Pierre : «Voilà, trois hommes te cherchent ; mais lève-toi, et descends, et va avec eux sans hésiter, parce que c’est moi qui les ai envoyés» (10:19, 20). Plus loin l’Esprit Saint dit : «Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l’oeuvre à laquelle je les ai appelés» (13:2). Les apôtres peuvent dire : «Il a semblé bon au Saint Esprit et à nous» (15:28). Le Saint Esprit empêche Paul et Silas d’annoncer la parole en Asie et ne leur permet pas de se rendre en Bithynie (16:6, 7). Paul dit : «L’Esprit Saint rend témoignage de ville en ville» que des liens m’attendent (20:23). Les disciples disent à Paul par l’Esprit de ne pas monter à Jérusalem (voir Actes 21:11). N’est-ce pas la direction expresse du Saint Esprit, d’une manière qui ôte toute incertitude pour un croyant simple ?

Et cela peut tout aussi bien se produire aujourd’hui qu’alors ! Maintenant encore le Saint Esprit nous donnera clairement à connaître sa volonté si seulement nous sommes simples et dépendants, si nous nous soumettons à la parole de Dieu, et que notre conscience est formée et éclairée par elle. Combien de croyants ont réalisé une telle direction dans leur vie ! Le Saint Esprit ne nous a-t-il pas souvent avertis, quand nous voulions agir selon nos propres pensées — par une voix intérieure qui nous troublait ? Ne nous a-t-il pas souvent rappelé quelque chose que nous devions faire, mais que nous avions oublié ? Ne nous a-t-il pas souvent donné des missions à remplir ? (*)

(*) Un croyant racontait que, un soir alors qu’il était déjà au lit, la pensée lui était venue de rendre visite à un homme qui avait professé appartenir à Christ, mais vivait dans le péché. Cette pensée devint si impérieuse en lui qu’il se leva et alla chez cet homme. À son coup de sonnette, ce monsieur lui ouvrit la porte et lui demanda ce qu’il voulait. Il expliqua alors franchement ce qui l’amenait, et il s’entendit dire : C’est remarquable, car au moment où vous avez sonné j’étais sur une chaise avec une corde au cou, afin de me pendre. À l’ouïe de la sonnette j’ai pensé que je voulais encore voir qui pouvait bien venir si tard.

Veuille le Seigneur nous donner d’être toujours prêts à écouter et à obéir. «Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu» (Rom. 8:14).

 

17               Le baptême du Saint Esprit [1 Cor. 12:12, 13 ; le Corps de Christ]

«Car de même que le corps est un et qu’il a plusieurs membres, mais que tous les membres du corps, quoiqu’ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ. Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres ; et nous avons tous été abreuvés pour l’unité d’un seul Esprit» (1 Cor. 12:12, 13).

Dans ces versets, nous avons l’assemblée, le corps de Christ. C’est ce que Dieu opère. Il ne sauve pas seulement des âmes, mais il les rassemble aussi. Et il ne les rassemble pas seulement en un, mais il fait des croyants tant Juifs que Gentils, encore sur cette terre, un seul homme nouveau en Christ, son corps. Cela est nouveau, en fait. Jusqu’alors ils étaient strictement séparés, selon le commandement même de Dieu, les nations n’ayant aucune part aux privilèges des Juifs (Ex. 12:45 ; Esdras 9, etc.).

Non seulement c’est une vérité qui se trouve exclusivement dans le Nouveau Testament, mais aussi elle n’est révélée que par l’apôtre Paul, seul. Nous ne la trouvons que dans ses épîtres. Il le dit expressément en Éph. 3. Nous en voyons le commencement déjà lors de sa conversion. Lorsqu’il était sur le chemin de Damas pour emmener prisonniers les disciples, haïs, de Jésus, le ciel s’ouvre et une voix se fait entendre : «Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ?» et «Je suis Jésus que tu persécutes» (Actes 9). Jésus glorifié dans le ciel se fait un avec ses disciples méprisés sur la terre. Et cette unité est si grande qu’en 1 Cor. 12:12 — où il est parlé de l’ensemble des croyants — il peut être dit : «ainsi aussi est le Christ».

Nous trouvons l’exposé de cette vérité surtout dans l’épître aux Éphésiens. Il est écrit au chap. 3:3-6 : «Par révélation, le mystère m’a été donné à connaître ... lequel, en d’autres générations, n’a pas été donné à connaître aux fils des hommes, comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par l’Esprit : savoir que les nations seraient cohéritières et d’un même corps». Ici nous voyons que les Juifs croyants et les non-Juifs croyants sont unis comme héritiers et membres d’un seul corps. Éph. 2 montre comment cela est possible : «Car c’est lui qui est notre paix, qui des deux en a fait un et a détruit le mur mitoyen de clôture, ayant aboli dans sa chair l’inimitié, la loi des commandements qui consiste en ordonnances, afin qu’il créât les deux en lui-même pour être un seul homme nouveau, en faisant la paix ; et qu’il les réconciliât tous les deux en un seul corps à Dieu par la croix, ayant tué par elle l’inimitié» (v. 14-16).

Christ a ôté par la croix la séparation. Jamais un Juif n’aurait osé ou pu le faire, car il n’aurait pas par cela amené les nations dans une situation privilégiée, mais s’en serait simplement exclu lui-même. À la croix, la ruine totale de l’homme a été manifestée. Le peuple le plus privilégié, mis à part par Dieu et comblé de bienfaits, a rejeté son Dieu et a crucifié le Fils de Dieu. La bénédiction n’était dès lors possible que sur le terrain de la grâce illimitée. Et en cela il ne pouvait y avoir aucune différence entre Juifs et Grecs. Maintenant les deux peuvent être unis en un seul corps. Mais ce corps doit avoir une tête. Éph. 1:20-23 nous présente la tête : Et il «l’a donné pour être chef (ou : tête) sur toutes choses à l’assemblée, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous».

Éph. 1 considère le Seigneur Jésus comme homme. Au verset 17, il est parlé du «Dieu de notre Seigneur Jésus Christ». Tant que le Seigneur n’était pas mort sur la croix, il ne pouvait pas être la tête du corps. «À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jean 12:24). Il alla à la croix pour glorifier Dieu et pour nous sauver. Dieu a été si parfaitement glorifié par son oeuvre à la croix qu’il l’a ressuscité d’entre les morts et l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes. Et Dieu nous ressuscite ensemble, nous qui sommes du Christ (Éph. 2:6).

Nous avons vu en Éph. 2 que le corps n’a pu être formé qu’en vertu de la croix. Mais il ne pouvait pas non plus être constitué avant que la tête soit là. La tête n’est pas pour le corps, mais le corps pour la tête. C’est pourquoi le corps n’a pu être formé sur la terre qu’après que la tête eut été glorifiée à la droite de Dieu. La mort et la résurrection seules pouvaient constituer le fondement, et seul Jésus ressuscité et glorifié pouvait être la tête. Nous voyons ainsi que toutes les vérités ont pour centre Christ et sa croix, et la position qu’il occupe maintenant à la droite de Dieu.

Que trouvons-nous ici au sujet de la grande vérité de l’assemblée de Dieu ? Elle est le corps de Christ, après qu’il eut accompli la rédemption, et en conséquence ôté complètement le péché à la gloire de Dieu et pour la justification du croyant. Il s’ensuit que les membres du corps de Christ ne sont pas seulement nés de nouveau et justifiés de leurs péchés par le sang de Christ, mais qu’ils sont aussi constitués un avec Christ, leur tête bénie, à la droite de Dieu, tandis que Dieu habite en eux par l’Esprit. Ils ne sont pas seulement des croyants et des saints, ce qui était aussi, depuis Adam, la part de tous ceux qui croyaient en vérité en Dieu ; ils sont des chrétiens, et cela est infiniment plus.

Et comment ces chrétiens sont-ils unis au corps de Christ ? En s’unissant par le moyen d’une confession commune ? Ou parce qu’ils ont la même foi ? Ou par le baptême ?

Les Saintes Écritures ne connaissent pas de tels motifs. C’est le Saint Esprit, venu sur la terre après l’ascension du Seigneur pour glorifier l’homme élevé, la tête, à la droite de Dieu, qui forme le corps de Christ. «Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps». L’assemblée, le corps de Christ, a donc commencé le jour de la Pentecôte et chaque croyant est ajouté à ce corps au moment où il reçoit le Saint Esprit, et uni ainsi à Christ et aux siens. Quelle position merveilleuse ! Être membre du corps de Christ, fait un avec le Seigneur glorifié à la droite de Dieu (Actes 2) !

 

Nulle part dans les Saintes Écritures il n’est parlé du corps de Christ au pluriel. Dans la chrétienté on trouve plusieurs corps. La tête n’a toutefois qu’un corps. Toute autre pensée est humaine, et n’est qu’un sujet de profonde tristesse et d’humiliation pour ceux qui connaissent ce que dit la Parole de Dieu à ce sujet.

Mais que doit faire le croyant au milieu de la grande confusion qui l’entoure ? Le seul corps n’étant plus visible extérieurement sur la terre, doit-il se tourner vers les systèmes et se joindre à eux ? La parole de Dieu donne la réponse à toutes les questions : «Vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés pour une seule espérance de votre appel» (Éph. 4:3, 4).

Aucun croyant qui veut obéir à la parole de Dieu, ne peut aller se joindre à un système humain. Mais alors doit-il essayer de rétablir l’unité ? L’unité, formée par l’Esprit, ne peut pas être détruite par l’homme. Elle subsiste, aujourd’hui encore, mais nous sommes exhortés à la garder, autrement dit à la réaliser en pratique. Comment pouvons-nous le faire ?

Y a-t-il un autre chemin que celui-ci : par obéissance à la parole de Dieu et pour la gloire de notre Tête glorifiée rompre avec tous les «corps» humains, puis, comme simples membres du corps de Christ, et rien d’autre, sous la direction du Saint Esprit réaliser l’unité, là où elle est seule possible selon les Saintes Écritures, à la Table du Seigneur (1 Cor. 10:15-22).

Même s’il n’y en avait que deux ou trois qui se rassemblent ainsi, ils garderaient l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix et seraient dans l’endroit la seule expression du corps de Christ.

 

18               Le temple de Dieu [Éph. 2:22 ; 1 Cor. 3:16, 17 ; Exode 15 — Les croyants ensemble, une habitation de Dieu par l’Esprit]

«En qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit» (Éph. 2:22).

«Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira, car le temple de Dieu est saint, et tels vous êtes» (1 Cor. 3:16, 17).

Nous avons vu dans le chapitre précédent que, le jour de la Pentecôte, le Saint Esprit a baptisé les croyants en un seul corps, le corps de Christ dont le Seigneur glorifié dans le ciel est la tête (Éph. 1:20-23). Dans les versets cités ci-dessus, nous trouvons une autre vérité : Les croyants forment ensemble le temple de Dieu : une habitation de Dieu par l’Esprit.

Il ne faut pas séparer ces vérités l’une de l’autre. Ce sont deux côtés d’une seule et même chose. Toutes deux s’occupent de l’assemblée, mais la considèrent de côtés différents (voir par exemple Éph. 1:22 : «L’assemblée, qui est son corps» et 1 Tim. 3:15 : «La maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant»). Comme nous l’avons déjà dit, le christianisme est caractérisé par le double fait qu’il a au ciel un Seigneur glorifié et que le Saint Esprit habite sur la terre. Le corps de Christ présente surtout notre communion avec Christ Lui-même, comme tête de l’assemblée dans le ciel. Toutefois le Saint Esprit ne considère pas l’assemblée seulement de cette manière, mais aussi comme habitation de Dieu par l’Esprit. Et c’est ce qu’elle est comme habitation du Saint Esprit sur la terre. Nous voyons ainsi la position actuelle de l’assemblée sur la terre. Ces deux côtés de la vérité confirment que l’assemblée n’existait pas avant le jour de la Pentecôte.

Il n’y avait rien de tel que le corps de Christ ou que l’habitation de Dieu par l’Esprit avant que le péché ait été jugé à la croix et que le Saint Esprit soit descendu sur la terre pour former l’assemblée. Cela est d’une importance pratique incommensurable pour le coeur qui a saisi ces vérités. Malheureusement beaucoup de croyants pensent que l’assemblée a existé déjà avant le jour de la Pentecôte, et même depuis Adam. Si toutefois ils sondaient la parole de Dieu, ils verraient que cette pensée est erronée.

L’épître aux Éphésiens parle seulement à des chrétiens. Elle est adressée aux «fidèles dans le Christ Jésus». Et le Saint Esprit veut justement prouver que le système juif a été mis de côté et que quelque chose de nouveau a été introduit à sa place. La croix de Christ a montré que l’homme était mort dans ses fautes et dans ses péchés ; là, il n’y avait pas de différence entre Juifs et nations. Si tout est grâce, il ne peut pas y avoir de privilèges naturels. Une distinction, basée sur des privilèges terrestres, ne peut alors pas subsister. C’est pourquoi il est dit que par sa mort Christ a aboli la séparation et que tous ceux qui croient d’entre les nations ont été approchés par son sang. Ils sont purifiés par son sang, réconciliés avec Dieu par sa croix ; il n’y a plus aucune différence et ils sont constitués en lui en un nouvel homme, en assemblée, qu’elle soit considérée comme corps de Christ ou comme habitation de Dieu par l’Esprit. Dans le fondement sur lequel l’assemblée est construite on ne peut plus trouver de différence entre Juifs et païens, bien que Dieu l’ait lui-même instituée dans les jours précédents et l’ait confirmée.

Certes nous trouvons l’assemblée dans divers types de l’Ancien Testament, par exemple comme l’épouse en Ève (cf. Éph. 5:31, 32) et comme temple de Dieu. Mais la vérité même concernant l’assemblée, l’Ekklesia, n’était pas révélée. C’était un mystère qui n’a été révélé que par les apôtres et prophètes du Nouveau Testament (Éph. 3:5). Et nous ne trouvons pas une seule allusion à l’assemblée, comme corps de Christ, unie à sa tête céleste.

Les apôtres et prophètes ont posé le fondement. Nous voyons par Éph. 3:5 qu’il s’agit des prophètes du Nouveau Testament et non pas de l’Ancien Testament. D’ailleurs les termes mêmes excluent cette interprétation. Les apôtres sont nommés d’abord, et ils sont vus avec les prophètes, comme un groupe. Il n’y a qu’un article pour les deux, comme en grec.

Quand ce fondement a-t-il été posé ? Lorsque l’homme a péché ? Non, quatre mille ans plus tard, lorsque Christ est venu, est mort pour le péché, est ressuscité d’entre les morts puis est monté au ciel. En Éph. 2:21 nous lisons que «tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur». Un jour, l’édifice sera achevé dans la gloire, lorsque, sur la nouvelle terre, l’habitation de Dieu sera avec les hommes (Apoc. 21:3). Ce n’est toutefois pas seulement un édifice à venir. C’est aussi la maison de Dieu : «en qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit» ; «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ?»

Éph. 2 place devant nous, dans les premiers versets, l’état entièrement corrompu de l’homme. Ensuite nous trouvons la rédemption et en vertu de celle-ci la précieuse vérité que Dieu veut habiter avec nous. Nous ne voyons nulle part dans les Saintes Écritures que Dieu habite avec les hommes, sinon après que la rédemption a été révélée. Il en est ainsi même dans les types de l’Ancien Testament. Dieu n’a habité ni avant ni après la chute avec Adam, Hénoc, Noé ou Abraham. N’étaient-ils pas des croyants, possédant la vie de Dieu ? Certes ! Et pourtant ce n’est qu’en Ex. 15 qu’il est parlé d’une habitation de Dieu avec les hommes. Dès le chap. 25 de l’Exode, nous trouvons comment la tente est dressée. Ce n’est qu’après que la rédemption a été complètement révélée qu’il a pu être parlé, en vertu de cette oeuvre, d’une «habitation de Dieu» sur la terre. Et en fait, nous n’avons nulle part dans l’Ancien Testament une image aussi complète de la rédemption que dans les chap. 12 à 15 de l’Exode.

Dans les premiers chapitres de l’Exode, nous trouvons, comme en Éph. 2, le triste état du peuple. Ensuite nous avons le juste jugement de Dieu et le sang sur les poteaux des portes, qui met à l’abri du jugement. Puis au chap. 14 nous voyons le passage de la mer Rouge, dans laquelle le Pharaon et son armée furent détruits, tandis qu’Israël, sauvé, atteignait l’autre rive, délivré de ses ennemis. Tout cela est une image de la mort et de la résurrection. À ce moment seulement le peuple est délivré ; c’est pourquoi aussi ce n’est qu’alors qu’il est parlé de rédemption. L’Écriture Sainte ne dit pas d’une personne, qu’elle est sauvée ou qu’elle possède le salut, quand elle est convertie et a ainsi la vie de Dieu. Ce n’est que lorsqu’elle connaît l’affranchissement en Christ (tel qu’il est présenté dans les Romains du chap. 5:12 au chap. 8 compris), qu’elle peut dire avec toute certitude qu’elle est morte et ressuscitée avec Christ, qu’elle est sauvée. Et ce n’est qu’avec des hommes sauvés que Dieu peut habiter. De l’autre côté de la mer Rouge, Israël, à la fois à l’abri du jugement de Dieu et libéré de l’Égypte, put chanter le cantique de la délivrance. Pour la première fois il est alors parlé, dans la Bible, de chanter, pour la première fois aussi il est parlé de délivrance, pour la première fois il est fait mention d’une habitation de Dieu et pour la première fois la sainteté de Dieu est présentée. Ce sont des choses très importantes et pleines de signification. L’habitation «de Dieu par l’Esprit» est fondée sur la rédemption, et la sainteté de Dieu est en rapport très étroit avec Son temple ici-bas «un temple saint dans le Seigneur» (Éph. 2:21), «car le temple de Dieu est saint» (1 Cor. 3:17). Et qu’est-ce qui fait de l’assemblée un temple de Dieu ? La présence du Saint Esprit seule.

Ce ne sont pas seulement des révélations, mais des faits, qui nous invitent sérieusement à la sainteté. Le christianisme ne consiste pas seulement en principes (dogmes), mais en faits. Et ces faits forment la base de la doctrine. Il s’agit d’une Personne, d’un homme qui vécut réellement, naquit ici-bas, fut manifesté dans ce monde, qui mourut, ressuscita et monta au ciel. Et cette Personne n’a pas seulement fait connaître la vérité, mais elle est elle-même la vérité. Et maintenant que le Seigneur est au ciel, une autre vraie Personne divine, le Saint Esprit, est descendu sur la terre, et il est la puissance par laquelle on apprend à connaître le Seigneur glorifié. Est-ce une réalité vivante pour nous ? ou seulement une connaissance ? Par exemple, dans nos réunions, sur qui nos yeux sont-ils dirigés ? sur des frères ou sur Christ par le Saint Esprit, cette Personne divine qui est au milieu de nous ? Sommes-nous conscients de la signification inestimable de ce fait ?

Ce n’est pas notre foi, ou la possession de la vie de Dieu qui nous constitue en assemblée de Dieu. Les saints de l’Ancien Testament les possédaient aussi. Mais seule la présence du Saint Esprit fait de nous le temple de Dieu (1 Cor. 3:16). Que des hommes, qui ne possédaient pas la vie de Dieu, s’y soient introduits n’altère pas cette vérité. Il est triste que, du fait de notre si faible capacité de discernement, des hommes qui ne sont pas nés de nouveau, ont été reçus dans l’assemblée. Toutefois le fait demeure que Dieu habite dans Sa maison, et c’est une consolation glorieuse pour nous qui vivons dans un temps de ruine. Nous pouvons compter que le Saint Esprit habite encore aujourd’hui au milieu de nous.

Il en résulte d’autre part une grande responsabilité. Elle est placée devant nos yeux en 1 Cor. 3. Le fondement de la maison a été posé, mais nous devons édifier dessus. Et comment construisons-nous ? On peut le faire avec de l’or, de l’argent et des pierres précieuses, matériaux pouvant supporter le jugement de Dieu. Mais on peut bâtir avec du bois, du foin, du chaume, qui tous seront détruits par le jugement. Oui, même le temple de Dieu, qui est saint, peut être corrompu.

Ne devons-nous pas reconnaître avec humiliation, que cela est arrivé ? Est-ce que le fondement, Jésus Christ lui-même (1 Cor. 3:11) n’a pas été attaqué, démantelé, réduit en ruine ? Des doctrines attentatoires à sa Personne et à son oeuvre surgissent dans l’assemblée. Nous trouvons le résultat dans l’esquisse prophétique, donnée par l’apôtre Paul dans sa dernière épître (2 Tim. 2). Il parle de personnes qui se sont écartées de la vérité. «Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur. Or, dans une grande maison, il n’y a pas seulement des vases d’or et d’argent, mais aussi de bois et de terre ; et les uns à honneur, les autres à déshonneur. Si donc quelqu’un se purifie de ceux-ci, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne oeuvre».

Tel est l’état qui caractérise l’époque actuelle. Nous avons une grande maison, avec des vases à honneur et d’autres à déshonneur. Et que doit faire celui qui invoque le nom du Seigneur ? Il doit se retirer de l’iniquité et se séparer des vases à déshonneur pour être un vase à honneur, utile au maître, préparé pour toute bonne oeuvre. Il ne peut pas renier la confession de Son nom, car ce serait abandonner la seule position sur la terre qui est bonne. Mais nous avons à nous séparer de tout ce qui est en contradiction avec Sa volonté. Rester en communion avec un mal connu est la même chose que dire que Christ a communion avec Bélial. Peu importe qu’il s’agisse d’un mal moral ou doctrinal. Parfois aussi par indifférence on nie la présence du Saint Esprit dans l’assemblée, ou on empêche son action. Si des personnes invoquent le nom du Seigneur et le lient avec le péché, ce sont des vases à déshonneur dont le croyant est tenu de se séparer. C’est un principe chrétien établi et fondamental qu’il n’y a aucune circonstance autorisant un croyant à avoir communion avec quelque chose de contraire à la volonté de Dieu. Nous sommes certes appelés à user de patience, mais jamais à l’égard du mal. Et ce n’est pas l’importance du mal, mais le support intentionnel d’un mal manifeste qui nuit au caractère du temple de Dieu et le détruit.

 

19               L’Esprit emploie qui il veut [1 Cor. 12]

La parole de Dieu présente sous trois différents aspects le fait d’être membres du corps de Christ. En Éph. 5:30 il est dit que «Nous sommes membres de son corps». L’emphase est mise sur notre union avec Christ. Rom. 12:5 déclare que «nous qui sommes plusieurs, sommes un seul corps en Christ, et chacun individuellement membres l’un de l’autre». Ici c’est notre union avec tous les chrétiens qui est mise en relief. Enfin en 1 Cor. 12:27 : «Or vous êtes le corps de Christ, et ses membres chacun en particulier», nous trouvons notre position personnelle relativement au corps. Les trois côtés de cette vérité sont importants, mais nous ne considérerons maintenant que le dernier aspect, car il est en rapport avec l’oeuvre du Saint Esprit dans l’assemblée.

À Corinthe, un grand désordre régnait dans l’assemblée. Ce n’était pas qu’il y eût de la faiblesse. Le désordre n’a rien à faire avec la faiblesse. La puissance ne manquait pas : le Saint Esprit avait donné de grands dons, et ceux-ci étaient employés. Mais la puissance du Saint Esprit n’était pas employée selon son vrai but qui est de glorifier Christ (Jean 16:14), et les dons n’étaient pas utilisés pour le profit de tous (1 Cor. 12:7 ; 14:12). Les Corinthiens se servaient des dons pour leur propre gloire, et il en résultait du désordre. L’ordre divin avait disparu. Si dans les choses spirituelles on fait place à la chair, la ruine est encore beaucoup plus grande que dans les choses morales.

De ce fait, les Corinthiens n’avaient plus aucune capacité de discernement. Or, celle-ci est absolument nécessaire, car le Saint Esprit n’est pas seul à agir dans l’assemblée, mais aussi de mauvais esprits. Si Dieu opère avec puissance, Satan essaie toujours de séduire les hommes en imitant l’oeuvre de Dieu. Nous le voyons déjà en Ex. 7 où Jannès et Jambrès font, en apparence, les mêmes choses que Moïse (2 Tim. 3:8). Nous trouvons aussi en Apoc. 13 une trinité satanique dont l’une des personnes est même une contrefaçon de l’agneau.

L’apôtre avait attiré l’attention des Corinthiens sur les mauvais esprits, mais ils n’avaient plus aucune capacité de les discerner (1 Cor. 10:19-22). Ils ne saisissaient même pas que le Saint Esprit, qui est venu sur la terre pour glorifier le Seigneur Jésus, ne peut jamais être l’auteur d’une sentence telle que «Anathème à Jésus» (1 Cor. 12:3). Nous pourrions dire que cela devrait être clair même pour un incrédule de sens rassis. Mais cette capacité de discernement ne se trouvait plus chez ces croyants de Corinthe. Lorsque quelqu’un est égaré par de mauvais esprits, il n’y a pas ou plus de sain discernement. Et ne constatons-nous pas souvent ce manque de saine appréciation tant chez les incrédules que chez des personnes qui professent être chrétiennes, de sorte qu’ils acceptent les choses les plus absurdes ? Et cela ira en empirant surtout plus tard, lorsque le Saint Esprit ne sera plus sur la terre. Les hommes croiront au mensonge (2 Thess. 2:11) et rendront hommage à l’empereur romain (Apoc. 13:4), etc. Il faut que Dieu donne et conserve le sain discernement, sinon celui-ci disparaît.

Il y a donc deux forces qui agissent sur l’homme dans son comportement envers Dieu. D’une part l’esprit «qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance» (Éph. 2:2) et d’autre part le Saint Esprit qui agit dans les enfants de Dieu. Jamais cet Esprit ne poussera quelqu’un à dire : «Anathème à Jésus». Dieu a placé une fois le Seigneur Jésus sous la malédiction, lorsqu’il est mort pour nos péchés, mais jamais personne ne pourra par l’Esprit de Dieu prononcer à nouveau la malédiction sur Jésus. Et personne ne pourra jamais, par un mauvais esprit, dire «Seigneur» à Jésus. Satan peut se transformer en «ange de lumière» (2 Cor. 11:14). Ses anges peuvent appeler le Seigneur Jésus «Fils de Dieu» (Matt. 8:29) ou «le Saint de Dieu» (Marc 1:24). Ils peuvent clamer en public l’honneur de serviteurs de Dieu (Actes 16:17). Mais nous ne trouvons jamais qu’un mauvais esprit reconnaisse le Seigneur Jésus comme «Seigneur».

Le titre «Seigneur» n’est pas la gloire la plus élevée du Seigneur Jésus. Il ne témoigne pas de sa gloire personnelle et éternelle, mais d’une position qui lui est donnée (Actes 2:36). Le considérer comme Seigneur est la connaissance la plus simple qu’un professant peut posséder ; car c’est seulement reconnaître que Jésus a autorité sur lui, mais sans discerner sa grâce, la gloire intérieure du Seigneur. Jamais un mauvais esprit ne reconnaîtra l’autorité du Seigneur.

Ce passage de 1 Cor. 12:3 doit être lu avec soin. Il ne dit pas que quiconque prononce les mots «Seigneur Jésus» est un croyant, et pas davantage qu’un non-croyant ne puisse pas employer cette expression. Il en ressort cependant que tout ce qui ne reconnaît pas l’autorité du Seigneur et ne concourt pas à Sa gloire n’est pas du Saint Esprit, mais provient d’un esprit satanique. Et il est bon que nous le sachions. La pierre de touche pour juger de tout ce qui est présenté dans des prédications ou dans des écrits est celle-ci : l’autorité du Seigneur est-elle reconnue, sa Parole est-elle reçue sans aucune réserve, et enfin est-ce à la gloire du Seigneur ? Ce qui ne supporte pas cette épreuve ne provient pas du Saint Esprit, même si cela émanait de quelqu’un dont nous avons la ferme conviction qu’il est un croyant, ou peut-être même de quelqu’un que nous avons toujours estimé et honoré comme un ouvrier ou un serviteur du Seigneur.

Le second point qui appelle notre attention dans 1 Cor. 12 est : «Or il y a diversité de dons de grâce, mais le même Esprit : et il y a diversité de services, et le même Seigneur ; et il y a diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous» (v. 4-6). Nous trouvons là les principes les plus simples de tout service chrétien, le minimum requis pour que Dieu puisse le reconnaître comme un service dans Son assemblée.

«Il y a diversité de dons de grâce, mais le même Esprit». Il y a beaucoup de mauvais esprits (Luc 8:30 par exemple), mais un seul Esprit de Dieu (Éph. 4:4). Le Saint Esprit ne se manifeste toutefois pas uniquement d’une seule manière et par une seule personne. Le corps du Christ est un corps normal. Et comme Dieu, dans la création, a fait différent chacun des membres du corps, afin qu’ensemble ils constituent un corps, ainsi aussi le Saint Esprit forme le corps du Christ (1 Cor. 12:11-13). Chaque membre est ajouté par Lui au corps, à la place qui convient, et Il donne à chacun le don de grâce dont a besoin le membre à cette place. C’est justement cette diversité qui constitue le seul corps. Si tous les membres étaient semblables, ils ne pourraient pas former le corps (v. 19). Ainsi le corps est édifié et est parfait en lui-même.

Les divers dons de grâce sont, dans leur activité, la voix du seul Esprit dans les membres de Christ. Ce sont des dons de la grâce de Dieu ; ils sont variés pour répondre aux besoins divers. Nous n’avons, d’une manière générale, aucune idée de la grandeur et de la variété des nécessités et des besoins des saints. Le Saint Esprit donne tous les dons, l’énergie spirituelle, répondant à ces nécessités. Il ne les concentre pas en une ou plusieurs personnes. Dans un cas, il peut en réunir plusieurs dans une personne comme en Paul, par exemple, mais c’est une exception. Habituellement il donne à l’«un» la parole de sagesse et «à un autre» la parole de connaissance, etc. (v. 8-11). Et il confère «comme il lui plaît». Il est souverain pour employer qui il veut dans l’assemblée.

Il est clair que cela n’ira pas sans un grand dommage si ces dons de grâce ne trouvent aucune occasion de se développer. La souveraineté du Saint Esprit d’employer qui il veut sera ainsi niée et se trouvera, en principe ou en pratique, limitée à une ou plusieurs personnes. Beaucoup de besoins ne seront ainsi plus satisfaits, parce que ces personnes n’ont pas reçu de don ou seulement quelques-uns. L’autorité du Saint Esprit et du Seigneur Jésus est mise de côté. Comment parler alors d’assemblée de Dieu ? Certes, nous sommes obligés de dénier à un rassemblement où l’exercice des dons n’est pas libre toute prétention à être une assemblée de Dieu. Même s’il s’agit uniquement de croyants se rassemblant — et cela est bon en principe — ce ne serait pas l’assemblée de Dieu, mais une association humaine.

Par une seule parole, Dieu a créé la terre pour le premier Adam. Mais pour accomplir l’oeuvre de la rédemption, il a d’abord envoyé son Fils sur la terre, puis il l’a ressuscité d’entre les morts et l’a placé comme la Tête glorifiée dans le ciel ; il a enfin envoyé le Saint Esprit sur la terre ; tout cela en vue de former l’Assemblée pour le second Adam. Seules la mort et la résurrection pouvaient être la base de l’Assemblée, et seul un Jésus ressuscité et glorifié pouvait être Sa Tête (voir aussi Éph. 5:23-27). Cela nous montre la valeur qu’a l’assemblée pour Dieu. Mais cela prouve aussi que l’assemblée de Dieu sur la terre ne peut jamais être un système d’ordonnances régissant le service divin d’un peuple, ni une association de personnes, s’unissant en vertu de sentiments communs ou de pensées semblables pour réaliser certains buts.

«Il y a diversité de services, et le même Seigneur». Nous trouvons ici l’exercice des dons de grâce. Le Saint Esprit les emploie en qui il veut et comme il lui plaît (v. 11). Mais ils doivent être exercés sous l’autorité du Seigneur. Le Saint Esprit, qui est lui-même Dieu, comme cela a été souvent répété, a volontairement pris une place de serviteur sur la terre, comme l’avait fait le Fils en son temps. Il est ici-bas pour rendre témoignage au Seigneur Jésus et pour le glorifier (Jean 15:26). Il produira cette disposition à prendre la place de serviteur en tous ceux qu’il veut employer. Cela est très important, surtout de nos jours. Le Saint Esprit ne va jamais, dans son service, au-delà de la Parole et ne porte jamais atteinte à l’autorité du Seigneur Jésus. Il donne la force spirituelle nécessaire aux membres du corps pour l’exercice de leurs dons et les constitue ainsi serviteurs de Christ. Ils sont, dans l’exercice de ces divers dons de grâce, des administrateurs ; un seul est Seigneur : Christ. Il n’y a pas en eux de volonté indépendante ou propre. Quelque grande que soit en eux la puissance de l’Esprit, ils demeurent des serviteurs et des administrateurs du Christ. Et ils doivent agir dans ce caractère, en reconnaissant la seigneurie de Christ dans leur service.

«Il y a diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous». Dans l’assemblée de Dieu il n’y a point de place pour l’homme, ni pour sa volonté. Si Dieu opère, l’homme doit disparaître afin que Dieu puisse agir entièrement selon Sa volonté. C’est là un jugement impitoyable sur tout ce que l’homme a prévu en vue du service et cela à deux égards. Combien le principe selon lequel l’homme limite le service à un ou plusieurs, qu’il désigne encore lui-même, est contraire au principe divin ! Combien aussi la pensée que chacun a le droit de participer au service est une négation de ce verset. Dans l’assemblée, il n’est pas question de droits, mais tout au plus de privilèges. Quant au service, on ne peut parler que d’obéissance et de dépendance. Le Saint Esprit emploie qui il veut et Dieu opère tout en tous.

Nos coeurs sont-ils vraiment remplis de ces trois choses ? Diversité de dons de grâce, exercés dans la puissance du Saint Esprit par qui il veut, mais dans la responsabilité envers le Seigneur, Dieu étant le seul à opérer ? Cela est-il réalisé en pratique au milieu de nous par chacun individuellement ?

 

20               L’appel des ouvriers du Seigneur [Éph. 4]

Nous avons vu en 1 Cor. 12 que les dons de grâce sont une manifestation du Saint Esprit et qu’ils doivent être exercés dans la responsabilité envers le Seigneur Jésus. Et en fait nous trouvons que le Saint Esprit donne la force pour l’exercice des dons de grâce, afin qu’Il soit manifesté en eux, bien qu’ils ne soient pas de lui. Éph. 4 et Matt. 25:14-30 nous montrent qu’ils sont du Seigneur Jésus et qu’il les donne par le Saint Esprit à l’assemblée.

Au sens le plus large du mot, tout ce que le croyant reçoit est un don de grâce. Mais en général l’Écriture limite le terme au don qui qualifie un croyant pour un service particulier. En 1 Cor. 12, beaucoup de dons sont nommés ; au chapitre 14:22, ils sont répartis en deux groupes : 1) les dons qui sont un signe pour les non-croyants, et 2) les dons qui sont pour les croyants. Dieu a donné les premiers à l’assemblée comme parure, afin que ceux qui ne croient pas voient qu’il reconnaît l’assemblée comme son témoignage.

Nous trouvons ce principe dans toutes les Saintes Écritures. Quand Dieu donne un nouveau témoignage, il fait des miracles et des signes pour montrer qu’il reconnaît ce témoignage. Ainsi nous voyons des signes puissants opérés par Moïse et par Élie ; et en Marc 16:20 il est écrit : «Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant la parole par les signes qui l’accompagnaient» comme cela avait été promis par le Seigneur dans les versets précédents.

Une fois que le témoignage est confirmé et reconnu comme venant de Dieu, ces signes ne sont plus aussi nécessaires. Malheureusement l’homme a toujours gâté ce que Dieu lui a confié. Et Dieu ne peut plus reconnaître publiquement un peuple d’Israël déchu comme son témoignage en le parant des signes de sa puissance. Pour ces deux raisons, nous ne trouvons de miracles ni en Ésaïe, ni en Jérémie ou en Ézéchiel, ni dans les autres prophètes de l’Ancien Testament. Et Dieu devrait-il reconnaître publiquement comme son témoignage le christianisme en décadence et déchu — une vraie ruine par rapport à ce qu’il était au début — et le parer des signes qui sont pour les incrédules ?

Quoi qu’il puisse disparaître, Dieu n’abandonne jamais à son sort son peuple sur la terre. Même dans les jours du pire déclin et de la ruine la plus grande Dieu a donné ses prophètes à Israël. Et lorsqu’il est parlé en Éph. 4 des dons que le Seigneur confère à son assemblée pour l’édification du corps de Christ, il est ajouté qu’ils subsisteront «jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ», c’est-à-dire jusqu’à ce que l’assemblée soit dans la gloire.

Éph. 4 énumère les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et les docteurs. Aux chap. 3:1-12 et 2:20, le service des apôtres et prophètes est mentionné. Ils ont posé la base, le fondement de l’assemblée. Non seulement ils ont donné à connaître l’essence même du christianisme (Éph. 3:6, etc.), mais ils ont aussi, comme de sages architectes, posé le fondement de l’assemblée et fourni les dessins et plans de construction, selon lesquels l’édifice devait être bâti (1 Cor. 3). Ces deux groupes n’étaient donc pas destinés à durer jusqu’à la fin (1 Cor. 4:9), bien que leur travail, consigné dans les livres du Nouveau Testament, accomplisse encore aujourd’hui son service. Le fondement n’est toutefois posé qu’une fois ; et non pas toujours à nouveau. Il reste ainsi en Éph. 4 les évangélistes, les pasteurs et les docteurs. Ce sont en fait les dons qui, s’ils se manifestent publiquement, confèrent à ceux qui les ont la qualification d’ouvriers du Seigneur.

Dans les catéchismes ainsi que dans l’usage courant des églises et communautés, on appelle ces dons des charges. On parle de la charge de pasteur ou de docteur, etc. Ce n’est toutefois pas conforme à la Parole. Celle-ci ne nomme pas d’autres charges que les anciens et les serviteurs (diacres). Peut-être que l’apostolat peut aussi être appelé une charge (Actes 1:20, 25), mais alors seulement dans la mesure où les apôtres étaient institués directement par le Seigneur Jésus. Après la descente du Saint Esprit, c’est-à-dire dans l’assemblée (Actes 2), on parle de don.

Cela est d’une importance primordiale, car la différence entre dons et charges est grande. Une charge donne de l’autorité de par elle-même, quelle que soit la personne qui la revête. Quand un agent de la circulation ordonne d’attendre, on obéit, peu importe qu’il s’appelle Jean ou Pierre. En revanche, si c’est un passant qui l’ordonne, on n’obéira que si l’on sent sa supériorité personnelle. Une charge ne peut être donnée que d’en haut.

C’est pourquoi nous voyons dans l’Écriture que les anciens n’ont été établis que par des apôtres ou des personnes ayant reçu d’un apôtre un mandat spécial. Quant aux serviteurs (diacres), qui s’occupaient, sur mandat de l’assemblée, des questions d’argent, ils étaient nommés par l’assemblée, et aussi par les apôtres qui les établirent «sur cette affaire». Mais où sont aujourd’hui les apôtres ou leurs délégués qui pourraient conférer ces charges ? Sans parler de l’état de ruine de la chrétienté professante qui fait que l’assemblée n’existe plus comme unité visible. Si donc la qualité de pasteur, de docteur et d’évangéliste, était une charge, elle ne pourrait plus être décernée aujourd’hui et l’assemblée serait privée de l’édification que le Seigneur Jésus veut donner par ces services.

L’Écriture parle seulement des dons de pasteur, de docteur et d’évangéliste, etc. Christ ressuscité et monté au ciel a emmené captive la captivité dans laquelle nous étions, et nous a délivrés. Et parmi ces captifs libérés il prend ses serviteurs et leur confère ses dons (Éph. 4).

Matt. 25:14-30 nous montre d’une manière très claire comment un chrétien devient un serviteur, un ouvrier du Seigneur. C’est le Seigneur lui-même qui lui confère un don répondant à ses dispositions naturelles. Le Seigneur ne donne pas le don d’évangéliste ou de docteur à un muet. Ce n’est pas à dire qu’un muet ne puisse pas répandre l’évangile ! Dieu appelle tous les croyants à annoncer la bonne nouvelle du salut ; mais si nous le faisons, nous ne sommes pas pour autant des évangélistes. À ceux qu’il veut employer comme ses serviteurs, Dieu donne — et cela dès leur naissance — les dons naturels qu’ils pourront utiliser plus tard pour leur service spirituel. Le Seigneur confère ses dons «à chacun selon sa propre capacité» (Matt. 25:15) et il dirige leur vie afin qu’ils soient préparés pour le service spécial qu’il veut leur confier plus tard. À Jérémie, Dieu dit : «Avant que je te formasse dans le ventre de ta mère, je t’ai connu, et avant que tu sortisses de son sein, je t’ai sanctifié, je t’ai établi prophète pour les nations» (Jér. 1:5), et Paul dit aux Galates : «Mais quand il plut à Dieu, qui m’a mis à part dès le ventre de ma mère et qui m’a appelé par sa grâce, de révéler son Fils en moi ... je ne pris pas conseil de la chair ni du sang, ni ne montai à Jérusalem vers ceux qui étaient apôtres avant moi» (Gal. 1:15 — voir aussi Actes 9:15).

Le Seigneur donne donc par l’Esprit, à certains de ceux qu’il a sauvés, après leur nouvelle naissance, le don de pasteur, ou de docteur, ou d’évangéliste selon les capacités naturelles et le développement, qu’il leur avait déjà donnés avant et après leur conversion.

Cela met en pleine lumière les voies de Dieu. Le Seigneur confère le don, c’est-à-dire celui-là même dont le croyant en cause a besoin, en tant que membre du corps de Christ et à la place qu’il occupe dans le corps (1 Cor. 12:18, etc.). Nous ne voyons ainsi jamais deux dons tout à fait identiques. Et cela nous montre les suites fâcheuses d’une organisation humaine dans les choses spirituelles. Dans une organisation, les fonctions, les activités sont fixées. Si un serviteur fait défaut, un autre doit prendre sa place, bien qu’il n’ait jamais exactement le même don que le premier. Dans un organisme comme le corps, c’est différent. Si un membre manque, les autres membres, chacun à sa manière et de son mieux, reprennent ses fonctions, tout l’organisme y collaborant. C’est un fait connu que lorsque des organes doivent suppléer à la fonction d’un organe manquant, ils se développent beaucoup plus que chez des personnes en bonne santé.

Il en est de même pour le corps de Christ. Le Seigneur confère à chacun le don qui lui est nécessaire, à la place où il l’a mis dans le corps, et cela en accord avec les dispositions naturelles et la préparation qu’il lui avait déjà donnée. C’est pourquoi il appela un Pierre et un Jean qui étaient dans leur nacelle de pêcheurs et un Saul qui avait été assis aux pieds de Gamaliel. Il suscita un Luther dans la cellule d’un couvent. Il prit un Darby ou un Kelly qui jouissaient d’une brillante formation scientifique, à côté d’un Stanley, qui n’avait fréquenté que peu d’années l’école primaire.

Le Seigneur choisit ses ouvriers et leur donne ses dons, et quand il les appelle, ils sont propres à son service. Toute formation humaine réduira leur qualification pour le service dont le Seigneur les charge, à moins d’une grâce spéciale de Dieu.

Ce n’est pas déplacé que des jeunes croyants aient le désir d’avoir un don et qu’ils prient pour cela. «Désirez avec ardeur les dons spirituels» (1 Cor. 14:1). Mais le but doit être le service et l’édification (v. 3), car à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue de l’utilité (1 Cor. 12:7). L’Esprit se manifeste dans l’intérêt de tous. La responsabilité de quiconque a reçu un don consiste donc en ce qu’il est devenu débiteur de tous ceux au profit desquels le don a été donné. Il n’est, pas non plus à cet égard, son propre maître. Conjointement avec Christ, le Saint Esprit confirme celui qu’il emploie comme serviteur, même s’il s’agit d’être surveillant de l’assemblée. Ce service particulier est la place convenable d’un serviteur qui est appelé à exercer la surveillance. Il est cependant écrit, en Éph. 4:16, que le corps s’édifie lui-même en amour par le moyen des dons. Et en fait, l’amour est la pierre de touche pratique pour toute vraie édification selon Dieu. L’amour est l’essence du service. Il ne pousse pas seulement à agir, mais à servir dans l’oeuvre du Seigneur. Il ne cherche pas son propre intérêt, mais celui des autres. C’est la nature divine manifestée dans l’homme.

Mais comment quelqu’un peut-il savoir s’il est appelé par le Seigneur ? La parabole des talents (Matt. 25:14-30) fournit la réponse. Le Seigneur confère des dons et, sans déclarer expressément ce que ses serviteurs doivent faire, il s’enquiert, à son retour, de ce qu’ils ont accompli avec ces dons. La possession d’un don comporte en même temps le mandat d’exercer ce don. (*)

(*) Note Bibliquest : Ceci est vrai pour les dons de l’Esprit, non pas pour les capacités naturelles humaines.

Mais comment quelqu’un peut-il savoir s’il possède un don ? Certes un croyant, conduit par des sentiments humains, peut se tromper. La facilité naturelle de s’exprimer est quelque chose de tout différent de la possession d’un don de grâce. Prenons un exemple : Comment savons-nous que nous avons la paix avec Dieu ? Nous avons suivi le chemin que Dieu indique dans sa Parole : repentance — foi à l’oeuvre du Seigneur Jésus et à la parole de Dieu qui nous assure que plus rien ne subsiste entre Dieu et nous, après que nous avons été au pied de la croix. Et ensuite le Saint Esprit l’a confirmé à nos coeurs, en nous donnant la joie de la paix avec Dieu. Eh bien, il en est de même pour le service.

Si, obéissants à la parole de Dieu, nous annonçons les vertus de celui qui nous a «appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière» (1 Pierre 2:9), il se manifestera si le Seigneur nous a donné un don spécial, et le Saint Esprit le confirmera aussi à nos propres coeurs. Le Seigneur suscitera également dans nos coeurs le besoin de le servir dans les siens ou d’apporter, comme évangéliste, le message du salut à des hommes perdus. Toutefois si nous ne connaissons pas pratiquement dans nos coeurs la bonté de Dieu tout en suivant notre chemin dans sa communion, nous serons de ceux qui cachent leur talent dans la terre (Matt. 25:24, 25). Combien y a-t-il de semblables talents cachés ?

Ainsi tous ceux qui ont reçu un don sont appelés à entrer dans le service particulier du Seigneur. Et tous ceux qui exercent leur don sont des serviteurs, des ouvriers du Seigneur. Cela n’a rien à voir avec le fait d’avoir ou de ne pas avoir de profession pour subvenir aux besoins de l’existence. Tout ouvrier a le droit de vivre de son travail (1 Cor. 9:14). Mais il doit, dans une communion personnelle avec le Seigneur, savoir si et quand il doit faire usage de ce droit. Paul, durant son séjour d’un an et demi à Corinthe (Actes 18), faisait des tentes pour subvenir à ses besoins, bien qu’il y eût là des croyants riches. En revanche, à Philippes, il accepta avec reconnaissance le don qui lui était offert.

Dieu donne à l’ouvrier le droit de vivre de son travail, et quand celui-ci est persuadé devant le Seigneur de devoir user de ce droit, il peut attendre du Seigneur qu’Il pourvoira à tous ses besoins. Le serviteur ne devrait et ne doit compter ni sur des hommes, ni sur des assemblées, mais uniquement sur le Seigneur au service duquel il est. Mais il ne peut user de son droit que s’il l’a effectivement, c’est-à-dire s’il était déjà un ouvrier du Seigneur avant d’y recourir. Il ne se met donc pas au service du Seigneur après avoir décidé de cesser sa profession terrestre, mais il peut prendre cette décision parce qu’il est au service du Seigneur. S’il n’était pas un ouvrier du Seigneur, il n’aurait pas le droit de vivre de l’oeuvre du Seigneur.

De ce qui précède il résulte qu’un croyant est ouvrier du Seigneur par le fait qu’il a reçu de lui un don et qu’il l’utilise au service du Seigneur. Il n’a pas besoin pour cela d’une nomination, ni de l’accord ou de la reconnaissance d’un ou de plusieurs autres ouvriers, ou d’autres croyants ou d’assemblées. Paul ne prit pas conseil de la chair ni du sang lorsque Dieu l’appela (Gal. 1:16) et Apollos n’attendit pas d’être reconnu par qui que ce soit, mais il prêcha avec un esprit bouillant, alors même qu’il était encore très peu instruit. Le cas d’Actes 13 n’a rien à faire avec cela, car il s’agit là d’hommes qui étaient depuis des années au service du Seigneur, mais qui furent alors appelés à un service particulier par le Saint Esprit. Au premier verset ils sont nommés parmi les prophètes et les docteurs, et au chap. 14:14 ils sont appelés apôtres.

Certes on voit, tant pour Paul que pour Apollos, qu’ils jouissaient de la confiance des frères fidèles de l’endroit, bien qu’il ne soit pas dit qu’ils les aient questionnés. Toutefois, même sans le demander expressément, la personne en cause sait bien ce qui en est. Si cette confiance faisait défaut, ce serait un motif de rechercher la présence du Seigneur et de s’examiner à sa lumière. Mais jamais ni Paul ni Apollos ne se sont enquis de ce que penseraient ceux qui étaient serviteurs de Dieu avant eux, s’ils allaient prêcher. Il leur suffisait d’avoir été appelés par le Seigneur. Et ce n’est qu’environ trois ans plus tard que Paul alla à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre. Puis environ quatorze ans après, il est officiellement reconnu par les apôtres lorsque son travail prouva qu’il avait effectivement été appelé par Dieu. Ainsi seul l’appel du Seigneur, donc la possession d’un don, constitue la nomination et la reconnaissance d’un ouvrier. Il est responsable uniquement envers son Maître.

Cela ne lui donne cependant pas le droit de prétendre à être reconnu par d’autres. Certes l’assemblée a le devoir de reconnaître les ouvriers et de les assister matériellement. Elle ne pourra toutefois le faire que si le Seigneur lui a donné la certitude que la personne en cause est vraiment à son service. Et cela est uniquement une chose entre elle et le Seigneur.

Le serviteur n’a pas davantage le droit d’exiger que d’autres ouvriers le reconnaissent comme tel. Cela aussi est une question entre les ouvriers et le Seigneur.

Mais la seule chose qui importe n’est-ce pas la certitude d’être appelé par le Seigneur et d’être employé par Lui ? Cela rend le coeur heureux et donne toute persévérance dans l’oeuvre, même si tous devaient nous méconnaître.

21               Direction dans le service [comment l’Esprit dirige ; Ps. 32:8-9]

Nous avons vu que la possession d’un don constitue le mandat d’utiliser ce don. Cela ne veut toutefois pas dire que celui qui a un don peut savoir lui-même où et comment il doit l’exercer. Un évangéliste, par exemple, a le monde entier comme champ de travail. Le Seigneur a dit : «Allez dans tout le monde, et prêchez l’évangile à toute la création» (Marc 16:15). Le serviteur n’a cependant pas le droit de déterminer lui-même comment il veut exécuter ce mandat.

À chaque croyant il est dit : «Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu» (Rom. 8:14) et en Gal. 5:25 : «Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit», «mais je dis : Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair. Car la chair convoite contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l’une à l’autre, afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez» (v. 16, 17).

Si cela est le cas pour la vie entière d’un croyant, combien plus encore pour le service particulier d’un ouvrier du Seigneur. Ce n’est pas seulement la volonté propre d’un inconverti qui est mauvaise, mais aussi celle d’un croyant, et également celle de quelqu’un qui est au service spécial du Seigneur. Un tel croyant ne doit pas faire sa propre volonté, mais il doit laisser le Saint Esprit opérer dans ses voies. Nous trouvons aussi cette pensée dans les Saintes Écritures lorsqu’elles placent devant nos yeux le service des ouvriers.

En Actes 13, nous voyons Paul et Barnabas commencer un travail particulier. Bien que Paul ait été appelé à prêcher à tous les hommes (Actes 22:15, 21), il reçoit cependant un mandat spécial. Tant lui que Barnabas étaient déjà des ouvriers. Lui surtout avait beaucoup prêché. Mais maintenant le Saint Esprit les retire de l’oeuvre à laquelle ils s’employaient localement avec d’autres ouvriers, pour leur confier une autre mission dans l’oeuvre. Envoyés par l’Esprit Saint, ils s’en vont et nous les voyons, dans les chap. 13 et 14 accomplir la mission qui leur avait été confiée (14:26).

Le Saint Esprit ne donne toutefois pas seulement des mandats. Il veut aussi conduire les ouvriers dans l’exécution de leur tâche. Nous le trouvons exposé très clairement dans le chap. 16:6-10. Paul et Silas parcouraient la Phrygie et le pays de Galatie, «ayant été empêchés par le Saint Esprit d’annoncer la Parole en Asie». Ces régions n’appartenaient-elles pas au champ d’activité de Paul ? Certes. Et en Actes 2 la Phrygie est déjà nommée comme un pays d’où venaient des hommes craignant Dieu. Et combien Paul a ensuite travaillé en Galatie et en Asie ! Il passa deux ans à Éphèse de sorte que non seulement les habitants de cette ville, mais «tous ceux qui demeuraient en Asie (la province romaine d’Asie) ouïrent la parole du Seigneur, tant Juifs que Grecs. Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul» (Actes 19:10-12). Mais maintenant le Saint Esprit les empêche d’y annoncer la Parole. Il voulait les employer dans un autre endroit.

Cela est dit encore d’une manière plus explicite en Actes 16:7 : «Ils essayèrent de se rendre en Bithynie, mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas». Paul et Silas voulaient aller en Bithynie. Ils s’étaient proposé d’y annoncer l’Évangile ; mais ce n’était pas le moment de s’y rendre. Et l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas.

Le Saint Esprit se nomme ici lui-même «l’Esprit de Jésus». Cette expression particulière parle à l’ouvrier de son Seigneur qui lui a conféré le don. Mais ne rappelle-t-elle pas aussi le service du Seigneur Jésus lui-même pendant sa vie ici-bas ? «Jésus» est son nom, comme homme sur la terre. Et «l’Esprit de Jésus» parle de l’Esprit par lequel il accomplissait son service.

Combien nous voyons la direction du Saint Esprit dans la vie du Seigneur ! Luc 4 commence par ces mots : «Or Jésus, plein de l’Esprit Saint, s’en retourna du Jourdain et fut mené par l’Esprit dans le désert» et au v. 14 : «Et Jésus s’en retourna en Galilée, dans la puissance de l’Esprit». Par l’Esprit il enseignait, consolait, guérissait et par l’Esprit il chassait les démons (Matt. 12:28). Oui, par l’Esprit il s’offrit lui-même à Dieu (Héb. 9:14). Mais nous ne trouvons jamais que le Seigneur ait été empêché par l’Esprit de se rendre en quelque lieu que ce soit ou d’annoncer la Parole. En Lui, tout était parfait. Il connaissait la volonté du Père d’une manière parfaite et il agissait en conséquence dans un accord parfait. Quel exemple pour tout croyant ! Quel modèle pour tout ouvrier du Seigneur !

En Col. 1:9 l’apôtre écrit : «C’est pourquoi nous aussi, depuis le jour où nous en avons ouï parler, nous ne cessons pas de prier et de demander pour vous que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne oeuvre». Au Ps. 32:8, 9 Dieu dit : «Je t’instruirai, et je t’enseignerai le chemin où tu dois marcher ; je te conseillerai, ayant mon oeil sur toi. Ne soyez pas comme le cheval, comme le mulet, qui n’ont pas d’intelligence, dont l’ornement est la bride et le mors, pour les refréner quand ils ne veulent pas s’approcher de toi». Et en Matt. 6:22 il est dit : «La lampe du corps, c’est l’oeil ; si donc ton oeil est simple, ton corps tout entier sera plein de lumière ; mais si ton oeil est méchant, ton corps tout entier sera ténébreux».

Dieu veut nous instruire. Il veut nous conduire par son oeil, et si notre oeil est simple, notre corps sera lumière : nous saurons comment nous devons agir. Souvent des croyants parlent des directions de Dieu dans leur vie et racontent des cas où Dieu les a empêchés d’aller dans un endroit ou de faire quelque chose, comme nous le voyons en Actes 16:7. Ce n’est cependant pas une vraie direction ! Dieu veut nous instruire et nous conseiller. Il veut nous guider par son oeil. Mais pour cela, il nous faut être dans sa proximité : Notre oeil doit être fixé sur Lui et notre oreille ouverte afin que nous reconnaissions sa volonté. Et quand nous connaissons sa volonté, nous pouvons être conduits par son oeil. C’est cela la conduite dans la vie et la conduite dans le service. Alors nous irons là où Dieu veut nous avoir à ce moment, et nous ferons ce qu’il désire de nous dans ce moment.

Ainsi en était-il pour le Seigneur Jésus. Lorsqu’il apprit que Lazare était malade, il n’alla pas à Béthanie, bien que son coeur désirât sans doute être près de Lazare et de ses soeurs. Ce n’est qu’au moment fixé par Dieu qu’il se mit en route : «Cette maladie... est... pour la gloire de Dieu» (Jean 11:4). Et un peu plus loin nous lisons : «N’y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quelqu’un marche de jour, il ne bronche pas, car il voit la lumière de ce monde». Si nous marchons dans la lumière, nous ne broncherons pas ; mais si nous ne marchons pas dans la lumière, parce que nous n’entrons pas dans le sanctuaire et ne sommes pas dépendants de Lui, nous broncherons.

Si j’ai l’intention d’aller quelque part pour donner un message et que le train me passe sous le nez parce que ma montre retarde, de sorte que ma visite est empêchée, je puis être reconnaissant de ce que Dieu m’a retenu d’aller là où manifestement il ne voulait pas m’avoir à ce moment-là. Mais cela prouve que je n’étais pas dirigé par son oeil. Je suis comme un cheval ou un mulet qui n’a pas d’intelligence : Dieu a dû m’arrêter sur mon chemin par la bride et le mors.

Telle n’est toutefois pas son intention à l’égard de ses enfants et encore moins de ses serviteurs. Il veut qu’ils aillent leur chemin en connaissant sa volonté, sachant que ce qu’ils font doit, selon les pensées de Dieu, être fait à ce moment et de cette manière et dans ce lieu. Combien Dieu serait glorifié, si tous ses serviteurs étaient ainsi dirigés par le Saint Esprit ! Mais pour cela il faut que je me place, dans une entière dépendance, sous la conduite et la discipline du Saint Esprit et que j’attende ce qu’Il me dit. Consécration, zèle et même de beaux résultats ne sont pas encore la preuve que le chemin d’un serviteur du Seigneur est juste.

 

22               Direction du Saint Esprit dans les réunions [1 Cor. 14 — Déroulement des réunions]

Dans un chapitre précédent nous avons vu que la possession d’un don comportait en même temps le mandat de l’exercer.

Mais l’ouvrier ne peut pas fixer lui-même , ni décider de lui-même quand il doit faire usage de son don. En tout il dépend du Saint Esprit qui veut le diriger à tous égards.

C’est en particulier le cas lorsqu’il s’agit des réunions d’assemblée. Le Saint Esprit y est présent d’une manière toute spéciale car il habite dans l’assemblée (1 Cor. 3:16 ; Jean 14:17, etc.). Et il veut employer là qui il veut et au moment où il le veut. Il veut aussi donner ce qui doit être présenté, car seul il sait quels sont les besoins des personnes présentes. Je ne parle pas ici du rassemblement à la Table du Seigneur, car au culte aucun don n’est exercé ; nous nous rassemblons là comme famille de sacrificateurs.

Quel frère pourrait mesurer d’une manière exacte les besoins des frères et soeurs présents ou des enfants ou encore des personnes étrangères ? Il peut les présumer et essayer de donner quelque chose de la parole de Dieu qui réponde à ces besoins. En revanche, le Saint Esprit connaît parfaitement les coeurs. «Car l’Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu» (1 Cor. 2:10 ; Rom. 8:26, 27). Il sait aussi parfaitement les besoins de toutes les personnes présentes. C’est pourquoi il est important de prêter une sérieuse attention à la direction du Saint Esprit et de nous laisser conduire par lui dans nos réunions.

Cela ne s’applique pas seulement à ceux qui présentent la Parole. Le Saint Esprit veut préparer les coeurs, par le premier cantique ou par les cantiques et par la ou les prières, à ce qu’il veut apporter dans ces réunions. Aussi combien est-il nécessaire que ceux qui indiquent un cantique ou prient le fassent dans sa dépendance ! Non parce qu’ils trouvent le cantique si beau, mais parce que le Saint Esprit éveille dans leur coeur ce cantique à ce moment-là et leur donne la liberté de l’indiquer. S’ils annoncent un cantique qui n’est pas approprié, les frères que le Saint Esprit veut employer pour parler dans cette réunion seront troublés. Et si par la direction de l’Esprit, ils présentent quand même le bon sujet, l’unité du service est troublée et il y a perturbation.

On voit par là combien il peut être dangereux que le frère qui a indiqué lui-même le premier cantique ou qui a prié, parle aussi. Nous ne pouvons pas dire que ce soit toujours déplacé, car le Saint Esprit a la liberté d’employer qui il veut. Dans de petites assemblées, où il n’y a par exemple que deux ou trois frères, le Saint Esprit emploiera souvent le même frère. Il y a toutefois le grand danger que le frère en question prenne ses propres pensées comme étant la direction du Saint Esprit ou même que, consciemment, il dirige lui-même, de sorte que le chant, la prière et la méditation forment bien un tout, mais non pas une unité produite par l’Esprit. Certes, ce n’est pas toujours le premier cantique qui indique la suite des pensées de la réunion. Le frère qui annonce ce cantique peut avoir commis une erreur. Toutefois le frère qui présente un sujet sur un thème tout différent doit être bien sûr que le Saint Esprit le veut ainsi.

Il est vrai que le Saint Esprit emploie le plus souvent, ou peut-être uniquement, ce qui a été d’abord en bénédiction au coeur de celui même qui parle et lui a appris quelque chose pour sa vie pratique. Cependant un certain laps de temps s’est fréquemment écoulé entre deux. Souvent le Saint Esprit exerce le coeur d’un frère particulier tandis que toute l’assemblée n’a pas besoin de cet exercice. Et la plupart du temps, il n’est pas possible de présenter un sujet que nous sommes justement en train d’apprendre. Par exemple, comment un frère qui se trouve dans l’état de Rom. 7 pourrait-il en parler pour d’édification des auditeurs ? C’est impossible. Ce n’est qu’après avoir appris la leçon de Rom. 7 et réalisé l’affranchissement de Rom. 8 qu’il pourra présenter en toute quiétude ce qu’il aura lui-même appris.

Combien il est donc important que la direction des réunions soit entièrement laissée au Saint Esprit. Le frère même le plus doué ne sait pas positivement si le Saint Esprit veut l’employer dans cette réunion. Et personne ne sait de quoi on parlera, même pas celui qui probablement parlera. Alors tous attendent paisiblement la direction de l’Esprit quant à celui qu’il veut employer. Il donnera au coeur de celui ou de ceux des frères qu’il emploiera toute assurance relativement aux pensées de la parole de Dieu qu’ils doivent présenter. Ce peut être un passage dont ils ne se sont plus occupés depuis longtemps et sur lequel ils ne pourront pas s’exprimer aussi aisément que sur un sujet médité peu avant la réunion. Mais si, également dans ce qu’ils disent, ils se placent sous la direction du Saint Esprit, celui-ci mettra au coeur les pensées appropriées à présenter. Alors ce n’est pas celui qui parle qui satisfera les sentiments des auditeurs par sa méditation aisée et profonde, et en sera honoré, mais c’est le Saint Esprit qui répondra aux vrais besoins du coeur et de la conscience, même peut-être par de faibles paroles. Et c’est cela seul qui importe. Serions-nous moins bénis quand nous nous plaçons entièrement sous la direction du Saint Esprit selon la parole de Dieu que lorsque nous agissons d’après nos propres pensées ? Certes il est possible que les sentiments ou l’intelligence en soient moins impressionnés. Mais ce n’est pas la pensée de Dieu d’agir en premier lieu sur l’intelligence ou sur les sentiments. Le passage de 1 Cor. 14:23-25 nous dit que la vraie bénédiction réside dans la manifestation des secrets du coeur.

Tout cela ne s’applique naturellement pas à des réunions spéciales pour la présentation de certaines vérités. Dans ce cas, le sujet proposé et celui qui le présentera sont connus d’avance. Il ne s’agit alors pas d’une réunion d’assemblée au sens strict du terme. Cela ne s’applique pas non plus, directement, aux réunions d’évangélisation. Toutefois si, dans ces dernières, aucun sujet n’a été annoncé, Dieu donnera certainement une riche bénédiction si celui qui parle s’attend à la direction du Saint Esprit aussi en ce qui concerne le passage à présenter.

 

23               Le Saint Esprit dans le culte et les réunions de prières [pas le lieu d’exercice des dons spirituels]

Ce que nous avons relevé pour les réunions d’édification vaut aussi pour le culte (réunion pour célébrer le Seigneur, Lui apporter louange, reconnaissance et adoration) et pour la réunion de prières, et s’y applique même dans une mesure encore plus forte, vu le caractère particulier de ces réunions. Dans le service de l’édification, ceux qui ont reçu un don de pasteur ou de docteur ont une position spéciale, car le Saint Esprit emploiera la plupart du temps les dons donnés par le Seigneur. Ceux-ci sont, dans leur service, les instruments par lesquels Dieu parle aux personnes assemblées. Aussi est-il dit en 1 Pierre 4:11 : «Si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme oracle de Dieu». Ce passage ne signifie pas seulement que ce qui est dit doit être conforme à la parole de Dieu ; cela va beaucoup plus loin. Il veut dire que sa parole doit être les oracles de Dieu, donc que Dieu doit parler directement par lui.

Il en est autrement dans le culte et dans les réunions de prières. Là ce n’est pas Dieu qui nous parle, mais nous (qui sommes assemblés) qui parlons à Dieu. Dans ces réunions, nous nous approchons pour offrir nos sacrifices de louange et d’actions de grâces, ou pour présenter à Dieu nos besoins et nos soucis, mais pas pour recevoir quelque chose de Lui, quoiqu’il ne soit naturellement pas possible que nous nous approchions de Dieu sans recevoir une bénédiction pour nos coeurs. C’est là que réside la différence fondamentale entre ces réunions. Et tout frère qui se lève durant le culte, pour méditer, doit être bien conscient de la chose. En parlant, il change le caractère de la réunion. Car alors ce n’est plus l’assemblée qui offre à Dieu ses sacrifices de louange et d’actions de grâces, mais l’assemblée qui écoute l’édification que Dieu veut lui donner par son serviteur. Il en est ainsi, quel que soit le sujet que le frère présente, donc aussi s’il parle, par exemple, des souffrances du Seigneur.

Nous ne voulons pas dire qu’on ne doive pas faire de méditation dans le culte. Le Saint Esprit est entièrement libre de diriger comme Il veut. Et quand les chrétiens sont assemblés comme corps de Christ et que les membres s’emploient chacun à sa place, par l’Esprit, l’occasion peut se présenter d’exercer des dons pour l’édification. Une assemblée réunie pour le culte donne aussi, tout naturellement, l’occasion à tous les dons de s’exercer en vue de l’édification du corps, bien que ce ne soit nullement le but de la réunion. Le culte est tout aussi complet, et même davantage, lorsque aucun don n’est exercé. La manière dont les dons sont habituellement exercés fait que trop souvent, hélas, le caractère du culte est altéré et même perdu. C’est toujours une perte. Car même s’il est possible que l’Esprit de Dieu trouve nécessaire, aussi dans une telle réunion, d’enseigner ou d’exhorter les membres du corps, il n’en demeure pas moins que l’état de l’assemblée est meilleur quand elle peut adorer Dieu sans avoir besoin d’être exhortée. On est dans ce cas, d’une manière plus simple et plus complète, dans la proximité de Dieu, jouissant, par la grâce, de lui-même.

Dans le culte et même dans les réunions de prières, les dons n’ont aucune place. L’assemblée est réunie comme famille sacerdotale ; chacun peut s’approcher de Dieu, le nouveau converti, comme le père en Christ. Par le sang de Christ, tous sont constitués sacrificateurs et tous sont dignes d’offrir les sacrifices de louange et de reconnaissance. Cependant bien des choses peuvent les en rendre incapables (Lév. 21 et 22). Comme c’est pratiquement le propre d’un sacrificateur, du fait qu’il se tient continuellement dans la proximité de Dieu, de savoir comment s’approcher de Dieu d’une manière qui lui soit agréable et quels sont les sacrifices que Dieu agrée, il est évident que cela n’a rien à faire avec le don de pasteur ou de docteur, ou avec la capacité de s’exprimer couramment en paroles choisies. Il est très possible que ces dons soient là et que malheureusement une communion intime, journalière, avec Dieu, fasse défaut. Il n’est donc certainement pas bon de s’attendre à un frère ayant un don manifeste, ou que celui-ci veuille prendre de lui-même, en raison de ce don, une place prééminente dans le culte. Et ce danger est grand.

La direction du Saint Esprit dans le culte en devient encore plus importante, car il veut employer là un cercle de frères plus étendu que dans les autres réunions. Et qui d’autre que le Saint Esprit peut diriger dans l’adoration ? Il est vrai que celle-ci résulte de l’état spirituel des personnes présentes. Mais la puissance, la seule source vivante de tout ce qui est vrai dans l’adoration, est le Saint Esprit. Dans sa souveraineté, il agit en accord avec la capacité spirituelle de chacun et s’en sert pour exprimer les sentiments qui conviennent à l’assemblée devant Dieu, et les faire monter à Lui. Ce qui se produit dans le culte doit, tout en étant en accord avec l’état spirituel de l’assemblée, élever celle-ci et l’amener dans la proximité de Dieu. C’est ce que fait le Saint Esprit. Car bien qu’il opère dans l’homme, il le fait selon la puissance et la grâce de Dieu.

Quel frère pourrait mesurer l’état spirituel de l’assemblée pour donner expression à ses sentiments et être ainsi vraiment la bouche de cette assemblée ? Car tous ceux qui rendent grâces, qui indiquent un cantique, ou qui lisent une portion de la Parole ne doivent pas seulement exprimer leurs propres sentiments, mais ceux de l’assemblée ; il est cependant vrai qu’ils ne peuvent le faire que dans la mesure de leur état spirituel. Ce n’est que par le Saint Esprit agissant dans des hommes spirituels, pour exprimer les sentiments spirituels de l’assemblée, que l’adoration est offerte à Dieu.

Nous voyons là de nouveau combien il est important de prêter attention à la direction du Saint Esprit. La vérité que le Saint Esprit doit être libre d’agir comme Il veut n’est niée par aucun chrétien. Mais il y a une grande différence entre la connaissance d’une vérité et sa réalisation effective. Pour pouvoir mettre en pratique cette vérité, il nous faut être pénétrés de la réalité de la présence personnelle du Saint Esprit — Il est Dieu, le Saint Esprit — dans nos réunions. Cela ne fait-il pas très souvent défaut et n’est-ce pas là la cause de tant de faiblesse et de l’action si fréquente de la chair au milieu de nous ?

Et maintenant la question suivante peut se poser aux jeunes croyants et à ceux qui ne connaissent pas en pratique, dans les réunions, ce que c’est que se placer sous la direction du Saint Esprit : Comment puis-je reconnaître cette direction et comment puis-je savoir si ce n’est pas ma propre volonté qui me pousse, par exemple, à indiquer un cantique ? Il y a en fait, relativement à la direction effective du Saint Esprit, des choses qui ne peuvent être apprises que par la pratique. L’expérience nous permet de déceler des besoins que seul un enseignement divin peut satisfaire.

Et qui aurait la prétention d’indiquer de quelle façon l’Esprit opère dans les coeurs pour leur donner l’assurance de ce qu’est Sa volonté ? Ce que Jean 3 dit au sujet de la nouvelle naissance : «Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son ; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va» peut certainement aussi être dit de l’action du Saint Esprit dans les coeurs des croyants. Mais d’un autre côté la parole de Dieu donne également à ce sujet de précieuses indications.

Tout d’abord nous avons les principes énoncés en 1 Cor. 14 : «Quand vous vous réunissez, chacun de vous a un psaume, a un enseignement, a une langue ... : que tout se fasse pour l’édification ... afin que tous apprennent et que tous soient exhortés». «Car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix». Tout ce qui est fait doit l’être pour l’édification. Il faut qu’il y ait de l’ordre, ce qui se montrera, selon les v. 26-33, en ceci que deux ne doivent pas agir en même temps, mais s’attendre l’un l’autre. En outre la direction du Saint Esprit ne ressemble pas à l’action d’esprits démoniaques forçant leurs victimes à agir comme ils veulent. «Les esprits des prophètes sont assujettis aux prophètes». Le Saint Esprit fait connaître ses pensées et donne la capacité d’agir, mais la personne en cause peut agir en conséquence ou aussi ne pas le faire.

D’autre part, 2 Tim. 1:7 dit : «Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, et d’amour, et de conseil». Nous ne devons donc pas agir d’une manière inconsidérée, mais avec calme, conscients de ce que nous faisons. Cela ne doit pas non plus être dans un esprit de crainte, mais dans la confiance que si nous attendons vraiment dans la dépendance, il agira aussi dans nos coeurs d’une façon manifeste. Et lorsqu’il le fait, il convient de l’accepter et de ne pas se demander craintivement : en était-il bien ainsi ?

Se pourrait-il que Dieu attende de ses enfants qu’ils se laissent diriger par le Saint Esprit et ne leur donne pas ensuite la direction qu’ils attendent dans la dépendance ? Si nous connaissons l’amour de Dieu et que l’amour habite aussi dans nos cceurs, un tel sentiment de méfiance ne peut pas exister. Ayons confiance en Lui ! Le Saint Esprit n’agit pas par des ressorts cachés ou par des impressions vagues, peu claires. Il remplit l’intelligence spirituelle des pensées de Dieu telles qu’elles sont développées dans la Parole écrite de Dieu, tout en éveillant les sentiments et les affections de l’homme nouveau.

Il produit dans nos coeurs, en corrélation avec ce qu’il a déjà opéré avant par d’autres, des sentiments de reconnaissance, de louange et d’adoration que nous pouvons exprimer comme bouche de l’assemblée. En relation avec le courant de pensées qu’il a produit dans la réunion, il dirige nos esprits sur un cantique ou un passage de la parole de Dieu afin que nous indiquions ce cantique ou lisions cette portion. Mais cela implique d’abord qu’il ne peut nous employer librement que dans la mesure où nous connaissons la parole de Dieu et les cantiques ; et ensuite que nous ayons toujours soin d’examiner si c’est bien en accord avec la pensée générale donnée par l’Esprit dans cette réunion. Il est très important de nous demander quand est le moment de faire ce que le Saint Esprit suscite dans nos coeurs. Ni trop tôt, ni trop tard, afin qu’il n’arrive pas que deux frères agissent ensemble, bien que peut-être le Saint Esprit veuille les employer tous deux, successivement.

Si nous nous placions tous ainsi sous la direction du Saint Esprit, tant frères que sueurs, quelles réunions heureuses nous aurions ! Dans quelle attente solennelle et tranquille serions-nous de ce qu’Il veut faire ! Quelle unité y aurait-il dans tout ce qui se produirait ! Quelle adoration monterait à Dieu du coeur de toutes les personnes présentes ! Combien le nom de Dieu serait glorifié, et quelle bénédiction pour nos coeurs !

24               Conclusion

Nous sommes arrivés à la fin de nos considérations sur le Saint Esprit. Ne devons-nous pas dire, en conclusion, que l’habitation du Saint Esprit sur la terre, dans le coeur de chaque croyant et dans l’assemblée comme tout, est une des vérités les plus importantes de notre époque, si ce n’est la plus importante ? Dieu veuille que cela se grave profondément dans les coeurs, et de celui qui écrit, et des lecteurs, afin que nous le réalisions davantage dans notre vie.

25               Annexe : Le Saint Esprit dans l’Apocalypse

Tout lecteur attentif de la Bible aura remarqué que dans chaque livre où il est parlé du Saint Esprit, celui-ci est présenté sous un caractère qui correspond à celui du livre en question. Cela frappe notamment lorsqu’on lit l’Apocalypse.

Dans le Nouveau Testament nous avons vu le Saint Esprit comme étant descendu sur la terre. En vertu de la rédemption, il vient habiter dans le corps de tous ceux qui ont reçu et cru le plein Évangile (1 Cor. 6:19 ; Éph. 1:13). En outre il forme l’assemblée de Dieu sur la terre (1 Cor. 12:13) et, par son habitation en elle, il en fait «une habitation de Dieu par l’Esprit» (Éph. 2:22).

Dans l’Apocalypse, nous trouvons quelque chose de tout différent. Même lorsqu’il est parlé de l’assemblée (chap. 2 et 3), nous ne trouvons pas le Saint Esprit dans l’assemblée, mais comme s’il était en dehors d’elle. C’est pourquoi il lui dit : «Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées», ce qui est tout à fait en accord avec le caractère de ce livre.

L’Apocalypse est un livre de jugement. Dieu n’y est pas présenté comme Père, mais comme Juge. Dans le chap. 1, le Seigneur Jésus porte bien un vêtement sacerdotal, mais il n’exerce pas le service de sacrificateur — tel que l’épître aux Hébreux nous le présente, accomplissant l’oeuvre de la rédemption et ensuite intercédant auprès de Dieu en faveur des siens. Il est plus : Ses yeux sont comme une flamme de feu et de sa bouche sort une épée aiguë à deux tranchants, afin de frapper les nations (Apoc. 1:13-16 ; 19:11-16). Et même lorsqu’il apparaît comme l’agneau immolé (5:6), comme le Rejeté, il a sept cornes, la puissance dans sa perfection, et sept yeux, la connaissance et l’intelligence parfaites, et il est reconnu comme Celui qui a tout droit sur la terre : Il prend le livre.

L’Apocalypse nous dépeint les jugements de Dieu. D’abord sur l’assemblée (chap. 2 et 3), puis sur le monde, surtout sur l’empire romain et sur Juda (chap. 6 à 11:18), ensuite sur la grande prostituée et les puissants instruments de Satan (chap. 13 à 19), puis le jugement des vivants (chap. 20:4-9) et finalement le jugement de Satan et des morts (chap. 20:10-15). Ce n’est pas la grâce qui est placée devant les yeux, comme c’est le cas dans tout le reste du Nouveau Testament. Nous trouvons ici davantage le caractère de l’Ancien Testament, de la loi et des prophètes.

En fait, on ne peut pas comprendre l’Apocalypse sans connaître l’Ancien Testament. Toutefois, ce n’est pas un livre de l’Ancien Testament. Ce sont les paroles, l’esprit de l’Ancien Testament mais caractérisé par la dernière révélation, complète, de Dieu se trouvant seulement dans le Nouveau Testament.

Déjà les premiers versets de ce livre ont ce caractère. Le v. 4 parle de «Celui qui est, et qui était, et qui vient». C’est pour ainsi dire la manière du Nouveau Testament d’exprimer le nom de l’Éternel, dans l’Ancien Testament. Ensuite le prophète parle des «sept Esprits qui sont devant son trône». Le Saint Esprit n’est pas présenté ici dans sa relation avec l’assemblée. Dans tout le reste du Nouveau Testament, il est parlé de «l’Esprit» ou même d’«un seul Esprit» (Éph. 4:4). Mais comme en És. 11:2 où il est présenté, en rapport avec le Messie, nous le voyons ici en tant qu’Esprit de sagesse, de puissance, de lumière. C’est l’Esprit dans sa perfection variée d’action, à tous égards, pour pouvoir accomplir la volonté de Dieu dans le monde. Il est ajouté : «devant son trône», car le thème du livre de l’Apocalypse est le gouvernement de Dieu.

Au chap. 4, nous trouvons la description du trône de Dieu dans le ciel. Si nous faisons la comparaison, nous voyons qu’il a la forme du temple, les lampes, la mer, les êtres vivants. Puis nous lisons : «Sept lampes de feu, brûlant devant le trône, qui sont les sept Esprits de Dieu» (v. 5).

Le feu dans l’Écriture est l’emblème bien connu de la sainteté de Dieu sondant tout. C’est le Saint Esprit dans sa pleine perfection comme lumière et comme feu, dévorant le mal, comme en És. 4:4 où il se présente lui-même comme «l’esprit de jugement» et «l’esprit de consomption». Ici, tout est présenté dans le temple. L’expression fait allusion aux perfections appartenant aux attributs de Dieu qui caractérisent son action dans le monde.

Au chap. 5 nous trouvons le Seigneur Jésus comme l’Agneau. Ce nom, «l’Agneau», est en rapport avec la pensée de la rédemption (Jean 1:29), «immolé» parle de son rejet par le monde. Toutefois ici, il a sept cornes. La seconde bête en Apoc. 13 n’a que deux cornes, et la première, dix. Mais Jésus qui a été rejeté par le monde a toute puissance : «Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre» (Matt. 28:18). En outre il a «sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu, envoyés sur toute la terre». Ils sont le symbole d’une connaissance et d’une intelligence parfaites, de la plénitude de l’Esprit, mais ici en rapport avec la terre et son gouvernement.

Dieu est sur le trône, l’Esprit devant le trône et Jésus est présenté en relation avec la terre ; c’est tout le contenu de l’Apocalypse. En rapport avec cela le Saint Esprit est vu dans un caractère terrestre et judiciaire, comme dans l’Ancien Testament, mais caractérisé par la dernière et complète révélation de Dieu.

Ainsi la position des croyants vivant dans la période décrite dans ce livre, est tout autre que la nôtre. Certes le Saint Esprit opèrera alors aussi la repentance et la nouvelle naissance de pécheurs perdus, comme il l’a fait depuis la chute. Mais tandis que maintenant il habite dans ceux qui ont cru le plein Évangile, les unit à un Seigneur glorifié dans le ciel et les rend participants de toutes ses gloires — devenant en eux une source jaillissant en vie éternelle — il n’agira plus ainsi alors. Il n’habitera plus sur la terre. Et les croyants, dans ces jours-là, ne seront plus assis en Christ dans les lieux célestes (Éph. 2:6) comme nous le sommes. Ils n’auront pas davantage l’espérance d’être ravis dans les nuées «à la rencontre du Seigneur, en l’air», pour être pour toujours avec le Seigneur (1 Thess. 4:17).

Comme nous l’apprend Apoc. 6:9-11, ils crieront vengeance contre leurs ennemis, mais devront prendre patience. Leur espérance, c’est la venue du Fils de l’Homme sur la terre, les bénédictions du millénium. L’Esprit de sagesse est le témoignage de Jésus, selon lequel il exercera la vengeance sur ses ennemis et entrera dans son règne sur la terre.

Quelle différence avec notre part si précieuse ! Après la fin de la prophétie, au chap. 22, nous voyons que l’Esprit se fait un avec l’Épouse, l’assemblée. Et en quoi ? En appelant le Seigneur : «Viens». Et en invitant ceux qui ont soif à venir et à prendre, gratuitement, de l’eau de la vie.

Le Saint Esprit s’associe à l’assemblée dans l’appel qu’elle adresse au Seigneur Jésus. Le serviteur en Gen. 24 ne voulait pas se laisser retenir, mais avait hâte d’amener Rebecca à Isaac. Il en est de même pour le Saint Esprit. Lui aussi soupire après le moment où il quittera cette terre pour conduire le fruit de son activité sur la terre à l’Époux : l’épouse de l’Agneau. Et en même temps, il unit sa voix à celle de tous ceux qui, en raison de la venue toute proche du Seigneur Jésus, invitent des pécheurs perdus à accepter le salut.

«Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie».