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MARCHER AVEC JÉSUS CHRIST
A été publié également sous le titre « Premier pas avec Jésus Christ » et « Douze lettres aux jeunes »
H. L. Heijkoop
Table des matières abrégée :
2 Pourquoi faut-il se convertir ?
3 Comment avoir la paix avec Dieu ?
4 Délivré de la puissance du péché
5 Élection et Prédestination : Que dit l’Écriture ?
6 Christ, notre Souverain Sacrificateur
8 Communion avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ
11 La valeur de la lecture de la Bible
18 Notre position sur la terre — Dans le monde, mais pas du monde
Table des matières détaillée :
2 Pourquoi faut-il se convertir ?
2.5 Qu’est-ce que la conversion ?
3 Comment avoir la paix avec Dieu ?
3.1 Me suis-je assez repenti ?
3.4 La résurrection, preuve de la justice de Dieu
3.5 Dieu savait qui nous étions
3.6 Nous avons la paix avec Dieu
3.7 Mais je n’ai pas la paix !
4 Délivré de la puissance du péché
4.2 À l’image et selon la ressemblance de Dieu
4.3 À la ressemblance et selon l’image d’Adam
4.4 Le pardon des péchés n’est pas suffisant !
5 Élection et Prédestination : Que dit l’Écriture ?
5.1 Dieu a-t-il prédestiné des hommes à la perdition ?
5.1.2 La grâce n’est pas limitée aux Juifs
5.1.4 J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü
5.1.5 Dieu endurcit certains hommes !
5.1.6 Dieu est libre d’agir comme il le veut
5.1.7 Les vases de colère tout préparés pour la destruction
5.1.8 La parole de Dieu ne connaît pas la prédestination à la perdition
5.2 L’Élection : Comment puis-je savoir si je suis élu ?
5.2.1 Que dit l’Écriture de l’élection ?
5.2.2 Appelés, justifiés et glorifiés
5.2.3 Notre Dieu et notre Père
5.2.4 Saints et irréprochables devant Lui en amour
5.2.5 Pour nous adopter pour Lui
5.2.6 Le christianisme a un caractère éternel
6 Christ, notre Souverain Sacrificateur
6.1 Christ, notre souverain sacrificateur
6.2 Sacrificateur dans le ciel
6.5 Sa sympathie dans les difficultés et les peines
7.1 Le Fils de l’homme qui est dans le ciel
7.3 « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu »
7.5 « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé »
8 Communion avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ
8.1 Communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ
8.2 Dieu est lumière et il n’y a en lui aucunes ténèbres
9.2 Le jugement de soi-même est la seule manière de rétablir la communion
10.1 Qu’est-ce que la sainteté ?
11 La valeur de la lecture de la Bible
11.2 La nourriture de la nouvelle vie
11.3 La parole de Dieu est notre guide
11.6 Pierre de touche pour la pratique et la doctrine
12.1 Prier est le signe de la nouvelle naissance
12.2 Prier n’est pas réservé aux croyants expérimentés
12.3 L’assurance de l’exaucement
12.4 Que signifie prier au nom du Seigneur Jésus ?
12.5 Conditions de l’exaucement
13.1 Que signifie le baptême ?
13.2 Baptisé pour le Seigneur Jésus crucifié
13.3 Le monde entier gît dans le méchant (1 Jean 5:19)
14.2 La signification de la Cène
14.4 Quand et combien de fois faut-il prendre la Cène ?
15.1 La communion du sang et du corps de Christ
15.2 Le corps mystique de Christ, l’Assemblée
15.3 La Cène est l’expression de l’unité du corps de Christ
15.4 Le caractère exclusif de la Cène
16.1 Le vrai lieu de l’adoration
16.2 L’essence du christianisme
16.3 Le Père cherche des adorateurs
16.4 Adorer en esprit et en vérité
17.1 Il appelle ceux qu’il veut
18 Notre position sur la terre — Dans le monde, mais pas du monde
18.1 Notre position vis-à-vis du monde — Le croyant et les organisations religieuses
18.2 Notre position vis-à-vis du « camp »
Cher ami,
La question que vous posez est de toute importance, et demande à être considérée avec soin ; aussi je veux y répondre tout de suite.
Vous m’écrivez que souvent, dans des entretiens personnels, comme aussi dans des réunions, on vous dit que vous devriez vous convertir ; mais vous n’en sentez pas la nécessité. Vous vous consacrez entièrement à votre travail, vous avez un foyer paisible, de chers amis ; vous espérez avoir bientôt une bonne position, et ensuite vous aimeriez voir quelque chose du monde. Vous êtes donc pleinement satisfait de vos circonstances — et, pour parler franchement — ces continuelles exhortations à vous convertir vous paraissent parfaitement superflues ; vous en avez par-dessus la tête.
Je vous comprends très bien. Il y a des personnes qui passent leur temps à s’occuper des affaires des autres, à donner de bons conseils et à dire que ce que vous faites n’est pas bien. S’entendre sans cesse répéter cela n’est certes pas agréable, d’autant moins que vous n’êtes pas certain que ces personnes n’aient pas raison.
Et pourtant c’est là le point crucial : ont-elles raison ou tort ? Devez-vous vous convertir, ou n’est-ce pas indispensable ? S’il s’agissait d’un détail, eh bien ! vous vous tireriez facilement d’affaire si par la suite il devait s’avérer que vous aviez tort. Et vous seriez sur vos gardes pour la fois suivante. Mais quant à la conversion il s’agit de savoir où vous passerez l’éternité. Et c’est tellement important, qu’il vous faut être au clair à ce sujet.
Avez-vous déjà pensé à l’éternité ? Je vous accorde que nous ne pourrons jamais comprendre ce qu’elle est avant d’y être. Mais il vaut bien la peine d’y penser une fois sérieusement, pour en avoir au moins une petite idée, n’est-ce pas ?
Une légende raconte qu’un jour, un roi voulut mettre à l’épreuve un jeune homme très intelligent. Il lui demanda : « Quelle est la durée de l’éternité ? »
Le jeune homme répondit : « Ô roi, dans un pays éloigné, il y a une très haute montagne, dont le sommet s’élève bien au-dessus des nuages. Cette montagne est en airain. Tous les cent ans, un petit oiseau vient y donner quelques coups de bec. Eh bien ! lorsque par ce moyen la montagne aura été usée au point qu’on ne puisse plus la voir, une seconde de l’éternité se sera écoulée ».
Cette réponse ne donne-t-elle pas une idée de l’infini de l’éternité ? Et pourtant elle n’est pas juste, parce que dans l’éternité il n’y a ni minute ni seconde. Là, mille ans comme un jour, mais aussi un jour comme mille ans (2 Pierre 3:8). L’éternité n’a pas de fin ; ainsi elle ne peut être mesurée.
Cette allégorie nous fait cependant entrevoir quelque chose du rapport entre la durée de notre vie terrestre et celle de l’éternité à venir. Que sont dix, cinquante, quatre-vingts ou même cent ans, en face de l’éternité ? N’importe-t-il pas alors de savoir où et comment nous la passerons ?
Cela me fait penser à une autre histoire. Vous savez qu’au moyen âge, la plupart des princes avaient des bouffons attachés à leur cour. C’était en général des hommes atteints de difformités, qui portaient des vêtements comiques et qui, par leurs plaisanteries et remarques stupides, devaient divertir leurs maîtres. C’était les clowns de ce temps-là.
Or une fois, un prince donna à son bouffon un bonnet de fou (bonnet pointu orné de clochettes) et un faux sceptre, le sacrant ainsi roi des bouffons, sous réserve de les remettre à celui qui se révélerait encore plus fou que lui.
Peu après, le prince tomba gravement malade. Le fou alla le voir et lui demanda s’il serait bientôt rétabli. Le prince répondit que d’après les médecins, il ne fallait pas s’attendre à une amélioration : il allait bientôt mourir.
« Eh bien ! » dit le fou : « vous avez sûrement fait vos préparatifs pour ce grand voyage, et veillé à ce que tout soit prêt pour vous accueillir ».
« Non », répondit le roi : « et c’est là ce qui est terrible ; je ne sais pas comment je serai reçu ».
« Mais ne saviez-vous donc pas qu’il vous faudrait un jour faire ce voyage ? »
« Je le savais bien, mais je ne m’en suis jamais occupé. Il y avait tant d’autres choses à faire ».
« Pourtant » continua le bouffon : « lorsque vous faisiez un voyage d’un jour, un héraut vous précédait et veillait à ce que vous trouviez de quoi manger, et boire, etc. Lorsque vous partiez pour plusieurs semaines, ou même plusieurs mois, tout était réglé longtemps à l’avance. Et quelques jours avant votre départ, plusieurs de vos serviteurs allaient tout préparer pour vous accueillir. Et pour ce grand voyage, dans ce lieu où vous resterez pour toujours, vous ne vous êtes pas du tout préparé ? Eh bien ! je vous rends le bonnet de fou et le sceptre, car je n’ai jamais été aussi fou ». Le bouffon n’avait-il pas raison ?
Vous êtes allé pendant plus de dix ans à l’école ; maintenant vous travaillez toute la journée et le soir vous étudiez encore pour améliorer votre position. Ainsi, pendant une vingtaine d’années, vous travaillez d’arrache-pied, pour gagner ensuite largement votre vie pendant une quarantaine d’années et pour vivre peut-être de votre retraite ou de vos économies pendant dix ans, ou, si vous parvenez à un âge avancé, pendant quelque vingt ans.
Que penseriez-vous de parents qui n’enverraient pas leurs enfants à l’école et ne leur feraient pas apprendre de métier, arguant : « qu’ils jouent tranquillement sans penser à l’avenir ! Lorsqu’ils auront atteint l’âge de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins, ils sauront bien se débrouiller seuls » ?
Si donc vous prenez tant de peine et sacrifiez tant d’années de votre vie pour avoir de quoi vivre confortablement cinquante ou soixante ans au plus, n’êtes-vous pas inexcusable de ne pas penser à l’éternité et de ne pas vous occuper de cette question : Où passerai-je l’éternité ? D’autant plus que vous ne pouvez absolument pas savoir si vous obtiendrez une bonne place, si vous ne tomberez pas malade ou ne mourrez pas avant d’y parvenir. Mais vous savez parfaitement que l’éternité est devant vous. « Il est réservé aux hommes de mourir une fois. » Cette affirmation de la Bible (Hébreux 9:27) n’a encore jamais été mise en doute, pas même par les plus grands moqueurs et les athées les plus endurcis. Ils n’osent pas y toucher : on se moquerait d’eux ; car qui n’a pas encore vu la mort frapper dans son entourage ?
Mais comment continue ce verset ? « et après cela le jugement ». N’est-ce pas une folie impardonnable que de ne se préoccuper de rien et de laisser les choses suivre leur cours ? Certes, une fois vous verrez vous-même où vous passerez l’éternité. Mais... alors il n’y aura plus moyen de changer pour toute l’éternité. « À l’endroit où l’arbre sera tombé, là il sera » (Eccl. 11:3).
Vous direz peut-être : Rien ne presse ! J’ai de toute façon déjà tant à faire. Et vous ne voulez pas consacrer vos heures de détente à des sujets aussi sinistres que la mort. Vous croyez que vous aurez encore le temps de penser à ces choses lorsque vous serez un peu plus âgé, que vous aurez joui de la vie et que vous aurez davantage de loisirs.
Êtes-vous sûr de vivre encore cinquante ans ? ou trente ans ? ou seulement dix ? ou encore douze mois ? douze heures même ?
Je me souviens d’un commerçant, en Hollande, qui écoutait depuis le pas de la porte de son magasin une prédication donnée dans la rue. Celle-ci terminée, il se retira chez lui, s’assit sur une chaise — et l’instant d’après il était mort !
Et même si vous deviez vivre encore longtemps, voudriez-vous faire ce qui vous plaît tant que vous serez jeune et en bonne santé, et ne laisser à Dieu que le reste ? Si vous choisissez de vivre ainsi (et que vous restiez en vie), Dieu vous acceptera-t-il encore ?
Certes, « Dieu... veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tim. 2:4) ; à tous les hommes il dit : « Soyez réconciliés avec Dieu » (2 Cor. 5:20). Il a reçu le brigand de la croix et des milliers d’autres qui se sont tournés vers Lui sur leur lit de mort. J’ai connu une dame qui était âgée de quatre-vingt-cinq ans lorsqu’elle s’est convertie.
En Job 33, nous voyons que Dieu parle une fois, et deux fois à l’homme, et si celui-ci n’y prend pas garde, il « scelle l’instruction qu’il leur donne ».
Lorsque le Pharaon eut refusé plusieurs fois d’obéir, Dieu endurcit son cœur, de sorte qu’il ne put plus se convertir (Exode 11:10) .
Après l’enlèvement de l’Église, Dieu enverra à tous ceux qui auront entendu l’Évangile mais qui n’auront pas cru, « une énergie d’erreur... afin que tous ceux-là soient jugés qui n’ont pas cru la vérité » (2 Thess. 2:11, 12). Dieu peut aussi agir ainsi à votre égard si vous persistez à repousser son invitation à vous convertir. « Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l’ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent ; parce qu’il a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée, par l’homme qu’il a destiné à cela, de quoi il a donné une preuve certaine à tous, l’ayant ressuscité d’entre les morts » (Actes 17:30, 31).
Ne voulez-vous donc pas considérer la chose avec sérieux et venir maintenant à Dieu, pour Lui confesser vos péchés et Lui demander de vous recevoir ?
« Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ, — Dieu, pour ainsi dire, exhortant par notre moyen ; NOUS SUPPLIONS pour Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en Lui » (2 Cor. 5:20, 21).
« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 4:7) !
Avec mes affectueuses salutations.
H.L.H.
Chers amis,
Vous me demandez maintenant pourquoi il faut se convertir, et qu’est-ce en fait que la conversion.
La réponse la plus simple à votre première question est celle-ci : parce que Dieu le dit ! Lorsque Dieu parle, il n’y a pas à répliquer. Nous sommes ses créatures, et comme telles, nous n’avons qu’à nous incliner et à obéir. « Toi, ô homme, qui es-tu, qui contestes contre Dieu ? La chose formée dira-t-elle à celui qui l’a formée : Pourquoi ... » (Rom. 9:20) ? Nous lisons en Actes 17:30, que « Dieu... ayant passé par-dessus les temps de l’ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent ». Oui, il est parlé environ 80 fois de repentance (conversion) dans l’Ancien Testament, et environ 60 fois dans le Nouveau.
Mais Dieu nous montre aussi clairement dans sa Parole pourquoi il ordonne aux hommes de se repentir. « Il est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pierre 3:9). En Actes 17, le motif de son commandement aux hommes de se repentir, c’est « qu’il a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée ». Le jour vient où tout homme devra rendre compte de sa vie à son Créateur. Et Dieu, qui connaît les hommes, dira alors, comme Juge : « Tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu » (Rom. 3:23), Voilà pourquoi Dieu veut que l’homme se convertisse, « car cela est bon et agréable devant notre Dieu Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2:3, 4).
La raison fondamentale pour laquelle Dieu ordonne aux hommes de se repentir c’est que l’homme n’a pas servi son Créateur, mais qu’il est un pécheur et qu’il recevra le juste jugement de Dieu.
Quelle terrible vérité ! En fait bien des hommes n’y pensent pas et beaucoup même la nient. Mais sont-ils eux-mêmes persuadés de ce qu’ils disent ? Est-ce qu’un homme droit peut nier qu’il fait souvent des choses mauvaises ?
Plus d’une fois j’ai eu l’occasion de demander à ceux qui proclamaient hautement avoir toujours mené une vie honnête et n’avoir fait de tort à personne, si leur conscience ne leur avait jamais reproché aucune de leurs actions, de leurs paroles ou de leurs pensées. Et presque personne n’a eu l’audace de répondre que sa conscience ne l’avait jamais repris.
Un pécheur est un homme qui a péché. Il ne devient pas tel seulement après avoir fait beaucoup de choses mauvaises. Un seul péché suffit à faire d’un homme un pécheur.
Chacun peut le constater dans la vie de tous les jours. Personne ne dira : « Tel et tel n’est pas un assassin, car jusqu’à présent il n’a tué qu’une ou deux fois ». Mais lorsqu’il s’agit de sa relation avec Dieu, l’homme voudrait appliquer un autre barème, parce que, sinon, il doit se condamner lui-même.
Dieu a donné à tout homme une conscience (Rom. 2:15), qui rend témoignage des choses mauvaises qu’il commet. Non pas que la conscience relève tout ce qui est mauvais. Notre conscience est influencée et façonnée par l’entourage dans lequel nous vivons. Mais elle parle toujours lorsque l’homme fait une chose estimée mauvaise par la société dans laquelle il a été élevé. Dieu a veillé à ce que tous les hommes, même ceux qui n’ont jamais entendu parler de Lui et qui ne connaissent pas sa Parole, soient avertis lorsqu’ils font consciemment ce qu’ils savent ne pas être bien, afin que tous soient amenés à réfléchir et à se convaincre qu’ils sont mauvais et coupables.
Si vous considérez votre vie, combien de péchés avez-vous déjà commis consciemment, délibérément ? Si même cela ne nous arrivait qu’une fois par jour, cela ferait déjà 365 fois par an et 3650 fois par tranche de dix ans de notre vie. En réalité, est-ce que cela n’a pas été beaucoup plus souvent ?
Est-ce que quelqu’un qui a commis tant de péchés peut affirmer ne pas être un pécheur ? Est-ce que le Dieu juste devrait acquitter une telle personne ?
Cela ne suffit-il pas déjà amplement à vous prouver que tout homme mérite le jugement et doit confesser devant Dieu qu’il a péché contre Lui et mérite la perdition éternelle ?
Une autre question. L’homme n’est-il coupable que des péchés qu’il a commis tout à fait consciemment ? N’est-il pas aussi coupable lorsqu’il aurait pu savoir que sa manière d’agir n’était pas bonne ? Lorsqu’une loi a été transgressée, le juge ne déclarera-t-il pas coupable même celui qui assure qu’il ne connaissait pas la loi ? Il aurait pu la connaître puisqu’elle a été promulguée. D’où l’adage : « Nul n’est censé ignorer la loi ! » Lors de la fixation de la peine, le juge pourra tout au plus tenir compte de ce fait, s’il est établi que le transgresseur ne connaissait pas la loi. Un avocat qui enfreindrait des dispositions précises de la loi sera puni plus sévèrement qu’un profane qui agirait de même. Cependant, dans les deux cas, le juge les déclarera coupables.
Dans la parole de Dieu il y a le même principe : « si quelqu’un a péché, et a fait, à l’égard de l’un de tous les commandements de l’Éternel, ce qui ne doit pas se faire, et ne l’a pas su, il sera coupable, et portera son iniquité » (Lév. 5:17). Cela se comprend aisément. L’homme, qui, comme créature, est responsable devant son Créateur et qui devra lui rendre compte de ses actes, a-t-il le droit de décider lui-même en quoi il est coupable ou innocent ? C’est inconcevable ! Seul le Créateur, Celui qui a créé l’homme et lui a confié un mandat, a le droit de juger si sa créature a répondu à sa responsabilité. Dieu seul détermine ce qui est péché. Si nous voulons le savoir, il nous faut rechercher ses pensées.
La parole de Dieu est très claire à cet égard. En Genèse 1:28 et 2:15-17 nous trouvons le mandat que Dieu avait confié à l’homme. Il devait cultiver et garder le jardin d’Éden, dans la dépendance et dans l’obéissance à Dieu. Ce qui mettait cette obéissance à l’épreuve, c’était l’interdiction de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Mais qu’a fait l’homme ? Dans la première occasion où il aurait pu manifester son obéissance et sa dépendance, il n’écouta pas Dieu, mais désobéit consciemment. Voilà le début. Trois mille ans plus tard, Dieu consignait dans sa Parole : « L’Éternel a regardé des cieux sur les fils des hommes, pour voir s’il y a quelqu’un qui soit intelligent, qui recherche Dieu : Ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble corrompus ; il n’y a personne qui fasse le bien, non pas même un seul » (Ps. 14:2, 3). Et mille ans après, la parole de Dieu dit encore : « Il n’y a personne qui recherche Dieu ; ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble rendus inutiles ; il n’y en a aucun qui exerce la bonté, il n’y en a pas même un seul » (Rom. 3:11, 12). Le jugement de Dieu ne peut alors s’exprimer autrement que par ces paroles : « Tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu » (Rom. 3:23).
Vous direz alors : « Nous devons bien admettre que nous faisons souvent des choses mauvaises, mais nous n’arrivons pas à concevoir qu’aucun homme n’ait jamais à aucun moment fait quelque chose de bon : il y a pourtant des personnes qui accomplissent de bonnes actions ; il suffit de penser à des hommes tels que ceux qui ont consacré leur vie à aider les autres. Et puis, lorsque je mange, ou bois, ou vais à l’école, ou encore me rends à mon travail, je ne fais pourtant rien de mal ».
En elles-mêmes, ces choses ne sont pas mauvaises, mais elles peuvent le devenir. Manger une pomme n’est pas mal ; mais l’enfant qui mange une pomme quand sa mère le lui a défendu, est désobéissant. Nous touchons là au fond de la question : « Qu’est-ce que le péché ? »
L’homme a été créé par Dieu et a reçu pour mandat de le servir. Tout ce que l’homme fait en contradiction avec la position et la tâche que Dieu lui a données, est péché. Nous trouvons ce principe en 1 Jean 3:4: « Le péché est l’iniquité [une marche sans loi] ». Tout acte dans lequel l’homme ne tient pas compte de l’autorité de Dieu sur sa créature, est péché.
Ainsi, manger, par exemple, est un péché si ce n’est pas fait dans la dépendance de Dieu. Le Seigneur Jésus ne voulait manger que si Dieu le lui disait (Matt. 4:4 ; voir aussi Jean 4:34). C’est la raison pour laquelle la Parole de Dieu dit : « Or tout ce qui n’est pas sur le principe de la foi est péché » (Rom. 14:23).
Que découvrons-nous dans notre vie pratique ? Lesquels de nos actes, de nos paroles, de nos pensées ont eu leur source dans l’obéissance à Dieu et ont été la réponse à cette question : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » Ne sommes-nous pas amenés à la conclusion que tout ce que nous avons fait est péché ? Et quand on ne tient pas compte de Dieu, on s’éloigne toujours plus de lui.
C’est là aussi ce que dit la parole de Dieu : « Il n’y en a aucun qui exerce la bonté, il n’y en a pas même un seul » (Rom. 3:12).
« Toute l’imagination des pensées de son cœur » n’est « que méchanceté en tout temps » (Gen. 6:5). C’est la raison pour laquelle le Dieu juste doit juger tous les hommes. C’est la raison pour laquelle le Dieu miséricordieux appelle tous les hommes à se convertir, parce qu’il veut les sauver du terrible jugement qui les attend.
D’après 1 Thessaloniciens 1:9 on peut dire que l’idée de « se tourner » (faire demi-tour) se trouve comprise dans ce mot. Jusque-là les Thessaloniciens avaient eu leur vie centrée sur les idoles. Maintenant ils s’étaient « tournés » : détournés des idoles et tournés vers Dieu. Des passages tels que Actes 2:37, 38 ; 17:30, 31 ; Apocalypse 9:20, 21 ; etc., font voir qu’à cette pensée est liée celle d’un jugement de soi-même, d’une condamnation de sa vie et de ses actes, et cela devant Dieu.
Nous pouvons dire que se convertir, c’est s’approcher de Dieu, pour se juger devant Lui, en confessant ne pas avoir vécu dans la soumission à Dieu, et avoir eu par là une vie mauvaise et coupable. Cela implique que nous en sommes affligés.
Si le mot « conversion » n’est pas facile à expliquer, il ne présente pourtant aucune difficulté pour celui qui est venu dans la lumière de Dieu et a reconnu ce qu’il est devant Dieu, et le jugement qu’il mérite. Dieu regarde au cœur, à la conscience et non pas à l’intelligence. Le publicain disait seulement : « Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur ! » Mais Dieu qui sonde les cœurs et qui discerne les pensées et les intentions du cœur (Héb. 4:12) savait ce que renfermaient ces paroles.
Non, ce ne sont pas les mots prononcés, mais c’est l’état de cœur dans lequel nous venons à Dieu qui détermine s’il y a eu « conversion ». Et maintenant, je vous demande : êtes-vous convertis ? Êtes-vous venus à Dieu avec vos péchés, votre culpabilité, Lui confessant votre état de perdition ?
Oh ! n’attendez pas ; faites-le aujourd’hui. Demain sera peut-être trop tard !
Avec mes cordiales salutations.
Votre ami H.L.H.
Cher ami,
J’ai été bien réjoui d’apprendre que vous aviez reconnu être un pécheur perdu et qui aurait été perdu pour l’éternité, si vous aviez dû paraître comme tel devant Dieu. Vous avez aussi confessé vos péchés devant Dieu, mais vous n’avez pas la certitude qu’ils sont pardonnés. Et maintenant vous me demandez si peut-être vous ne vous êtes pas suffisamment repenti, si votre conversion n’a pas été assez profonde. Car il y a des jours où vous ne pensez pas du tout à ces choses, ou bien seulement avec indifférence.
Je vous comprends bien, car j’ai passé, moi aussi, par les mêmes exercices. Je savais depuis des années (et j’étais alors encore très jeune) que j’étais perdu. La journée, je n’y pensais pas beaucoup ; mais le soir, une fois couché, je commençais à avoir peur : « Si je mourais cette nuit, je serais perdu pour l’éternité ! » Je confessais alors de nouveau mes péchés devant Dieu et le priais de me les pardonner. Mais je n’étais jamais sûr qu’ils l’étaient. Un jour, ma sœur aînée me dit avoir trouvé la paix. Je lui demandai comment elle avait fait et le soir, j’essayai de procéder exactement de la même manière — sans résultat évidemment.
À l’âge de 17 ans, j’étais assis un soir sur le bord de mon lit. Découragé, je me disais : « Prier ne sert donc à rien. Voilà déjà tant d’années que je demande à Dieu de me sauver, et aucun changement ne s’est produit ».
À ce moment, Dieu plaça devant mon esprit la pensée suivante : Il est pourtant écrit : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9). Ne serait- ce pas vrai ? Bien sûr c’est vrai, car Dieu ne ment pas, pensai-je. Le Seigneur me montra alors clairement ce que cela signifiait pour moi. Cela signifiait que mes péchés avaient été pardonnés dès la 1ère fois où je les avais confessés avec droiture devant Dieu. À ce moment, la paix remplit mon cœur ou, plus exactement, ma conscience trouva le repos. Dès ce soir-là j’eus la certitude que mes péchés étaient pardonnés. Je n’en ai plus jamais douté, parce que Dieu l’a dit !
Pourquoi alors m’a-t-il fallu tant d’années avant d’avoir la paix ? Sans aucun doute, l’une des causes était que j’avais trop peu le sentiment de ma culpabilité et la conscience de ce qu’est le péché. Non pas que Dieu établisse un certain niveau et ne pardonne pas si la conscience que nous avons de nos péchés et si notre repentance n’atteignent pas ce niveau. Jamais aucun homme n’a eu, au moment de sa conversion, une repentance suffisante, une conviction de péchés assez profonde. Ce n’est qu’après la conversion que nous apprenons combien nous sommes mauvais en nous-mêmes.
Dieu veut cependant que nous ayons une conviction précise de notre état de perdition. Plus cette connaissance sera profonde, plus notre conversion sera totale ; plus nous comprendrons le jugement que nous méritions, plus la confession de nos péchés sera sincère, et plus profonds seront le repos et la paix que nous éprouverons ensuite. Aussi le Saint Esprit agit-il dans le cœur du pécheur et cherche à placer sa conscience dans la lumière de Dieu, pour l’amener à voir son état de perdition et la somme de ses péchés, et à comprendre un peu quel jugement doit prononcer sur lui un Dieu juste et saint.
Mais ce n’est pas là le cœur de la question. Le facteur décisif était que je regardais à moi et non pas à Dieu. Sa Parole ne me suffisait pas. Après avoir considéré mes péchés et avoir compris que j’avais failli en tout, j’aurais dû prêter l’oreille à la voix de Dieu. La parole de Dieu ne laisse aucun doute à ce sujet : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés ». Je cherchais l’assurance du pardon de mes péchés dans mon cœur et dans ma vie, au lieu de recevoir la parole de Dieu qui assure à celui qui confesse ses péchés qu’ils sont pardonnés.
Dieu ne ressemble pas à un juge de ce monde, au cœur tendre, qui se laisserait fléchir et punirait moins sévèrement celui qui aura éveillé ses compassions, que celui qui n’aura pas su s’y prendre ; car l’amour et la grâce de Dieu ne peuvent jamais s’exercer à l’encontre de sa justice. C’est là ce qu’il y a de merveilleux dans l’évangile : le même Dieu qui exécutera un jour sa justice à l’égard de tous les pécheurs, montre aujourd’hui sa justice en pardonnant et en effaçant tous les péchés de ceux qui viennent à Lui par la foi au Seigneur Jésus. Car la justice de Dieu est révélée dans l’évangile sur le principe de la foi (Rom. 1:17). « Afin de montrer... sa justice dans le temps présent, en sorte qu’il soit juste et justifiant celui qui est de la foi de Jésus » (Rom. 3:26).
En fait, Dieu ne peut agir que justement, qu’en plein accord avec sa justice. Aussi l’homme aurait-il été irrémédiablement perdu, si le Seigneur Jésus n’avait pas accompli l’œuvre de la rédemption à Golgotha. L’amour de Dieu voulait sauver l’homme de la perdition éternelle ; mais c’était impossible, parce que sa justice exigeait la condamnation du pécheur. Et l’amour de Dieu ne peut en aucun cas se manifester en contradiction avec sa justice.
Alors s’est produite cette chose merveilleuse dont il nous est parlé en Hébreux 10, au Psaume 40, etc. La volonté de Dieu était « que tous les hommes soient sauvés » (1 Tim. 2:4). Le Seigneur Jésus devint homme et dit : « Voici, je viens... pour faire, ô Dieu, ta volonté ». Il est allé à la croix et a réglé là pour nous la question du péché. Là, il a été fait péché et le jugement de Dieu sur le péché s’abattit sur Lui ; et par ce jugement, la justice de Dieu a été pleinement satisfaite.
Mais ce n’est pas à cause de Lui-même que le Seigneur a porté ce jugement. Il était le Saint, le Juste, Celui qui n’avait pas connu le péché. Il a porté le péché comme Substitut de tous ceux qui, par la foi, le recevraient comme leur Sauveur.
Et maintenant, Dieu peut dire à tous les pécheurs : « Soyez réconciliés avec Dieu » (2 Cor. 5:20). Non seulement son amour, mais sa justice aussi exigent que tous ceux qui viennent à Lui par la foi au Seigneur Jésus, reçoivent le pardon.
J’aimerais considérer ce point de vue d’un peu plus près. Le Seigneur Jésus est allé à la croix et a porté là, en son corps, tous les péchés de ceux qui l’ont reçu et le recevront encore (1 Pierre 2:24). Il a aussi été fait péché et, comme tel il a subi le jugement (2 Cor. 5:21 ; Rom. 8:3). « Les gages du péché, c’est la mort » (Rom. 6:23), un état d’éloignement de Dieu (Apoc. 20:14, 15). C’est là ce que le Seigneur Jésus a dû endurer sur la croix. Il a été abandonné de Dieu, pendant ces terribles heures de ténèbres ; et il est mort. Mais, sur la croix, il a pu dire : « C’est accompli ».
Le Seigneur pouvait-il rester dans le tombeau après avoir accompli l’œuvre de la rédemption ? La justice de Dieu, qui avait fait tomber sur Lui le jugement, exigeait maintenant qu’il sorte de la mort. L’œuvre était achevée ; le jugement de Dieu avait eu son plein effet, et la justice de Dieu était pleinement satisfaite. Aussi Dieu l’a ressuscité d’entre les morts (Éph. 1:20). C’est la preuve, aux yeux du monde et pour nous, que Dieu a accepté l’œuvre en substitution du Seigneur Jésus et a été satisfait (Jean 16:8, 10). Si le Seigneur n’était pas ressuscité, cela prouverait que l’œuvre n’était pas encore achevée. Et alors il n’y aurait pas de salut pour nous (1 Cor. 15:17, 18). La résurrection se trouve donc au centre de l’évangile et toute attaque contre cette vérité ruine l’évangile.
Ainsi nous lisons en Romains 4:25: « ... lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification ».
Nous sommes dans l’ère de la grâce. Dieu dit de tous les hommes : « ... tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu ». Mais il dit également : « étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus, lequel Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang » (Rom. 3:23-25).
Le message est « envers tous, et sur tous ceux qui croient » (Rom. 3:22). Seuls y ont part ceux qui acceptent le jugement divin qu’ils sont perdus et qui en même temps reçoivent par la foi le Seigneur Jésus.
Le Saint Esprit a donc agi dans votre cœur, vous amenant à reconnaître vos péchés et votre état de perdition. Vous êtes venu à Dieu et avez confessé devant Lui ce que vous êtes et ce que vous avez fait. Dieu a dirigé vos regards sur le Seigneur Jésus ; il vous a dit : « Il est mort pour les pécheurs ; si tu le reçois, je t’impute son œuvre ». Vous avez reçu le Seigneur Jésus. Il vous faut maintenant aussi croire que ce que Dieu dit est vrai et que, par conséquent, vos péchés sont pardonnés. Il ne s’agit pas de ce que vous ressentez, de vos sentiments, mais de ce que Dieu dit. C’est de cela seul que tout dépend. La nuit de la Pâque (Ex. 12), lorsque l’ange destructeur passait par toute l’Égypte, il ne s’arrêtait pas aux maisons sur lesquelles il voyait le sang. Peu importait que le premier-né ou ses proches le voient. Il leur suffisait de faire ce que Dieu avait dit pour que tout soit en ordre ; mais pour avoir la paix, il leur fallait croire qu’ils étaient à l’abri parce que Dieu l’avait dit.
Ce qui est merveilleux en tout cela, c’est que Dieu, lorsqu’il reçoit un pécheur, est glorifié à tous égards. Que sa miséricorde, sa grâce et son amour soient manifestés en cela, c’est évident ; mais ce n’est pas tout. Lorsqu’un pécheur vient à Dieu par la foi au Seigneur Jésus Christ, Dieu lui impute l’œuvre du Seigneur Jésus. Parce que le Seigneur Jésus a subi le plein jugement dû au péché, le pécheur peut dire : Dieu me voit sans un seul péché. Il n’y a pas un seul péché qui doive encore être jugé. Dieu est alors juste, en m’acquittant de tout jugement et en me justifiant. Ainsi la justice de Dieu est glorifiée, mais aussi sa vérité ; car Dieu a dit, dans sa Parole, qu’il voulait sauver le pécheur.
La signification de 1 Jean 1:9 devient alors très claire : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité ».
Vous dites : « Mais je ne constate aucun changement. Je fais même beaucoup plus de choses mauvaises qu’auparavant ». J’admets sans difficulté que maintenant vous voyez beaucoup plus de péchés en vous qu’auparavant. Il ne peut pas en être autrement, parce que le Saint Esprit vous a ouvert les yeux. Mais Dieu savait déjà ce qu’il en était de vous lorsque vous êtes venu à Lui. Il connaissait votre cœur, votre vie, tous les péchés que vous aviez déjà commis et tous ceux que vous commettriez encore. Il en savait et sait infiniment plus que ce que vous parviendrez à connaître sur cette terre. « La bonté de notre Dieu Sauveur et son amour envers les hommes sont apparus » alors même que nous étions de ceux dont il est dit : « Nous étions, nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la malice et dans l’envie, haïssables, nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3:3 et 4). « Christ, alors que nous étions encore sans force, au temps convenable, est mort pour des impies... Mais Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5:6, 8 ; 2 Cor. 5:20). « Étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu » (Rom. 5:10).
Ainsi, bien que Dieu ait parfaitement su qui vous étiez, il a donné le Seigneur Jésus, afin que, par la foi en Lui, vous ayez la vie éternelle. Il a dit : Si vous vous approchez de moi par la foi au sang du Seigneur Jésus, vous serez justifié gratuitement (Rom. 3:23-25). Il a dit que si vous veniez ainsi à Lui, il vous acquitterait de tout péché, montrant ainsi sa justice. Cela prouve que depuis que vous êtes venu à Lui, confessant votre culpabilité, il n’a plus rien contre vous. De son côté, tout est en ordre. Avez-vous donc vous-même quelque chose contre Dieu ? Non. Vous êtes venu à Dieu, parce que vous avez reconnu que vous aviez besoin de son pardon.
Pourquoi alors n’avez-vous pas la paix ? Avoir la paix avec Dieu signifie pourtant bien qu’il ne reste plus rien à régler entre Dieu et moi : tout est en ordre. Dieu n’a plus rien contre vous : il vous a justifié parce que vous avez cru au Seigneur Jésus, et vous avez par conséquent part à la rédemption éternelle que le Seigneur a obtenue (Héb. 9:12 ; Rom. 5:1). Et vous n’avez plus rien contre Lui ; vous êtes réconcilié avec Dieu (2 Cor. 5:20). Vous avez donc la paix avec Dieu ! Nous lisons en Romains 5:1: « Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu ! »
Et pourtant vous dites : Je n’ai pas la paix ! C’est possible, parce que vous n’avez pas encore accepté que la paix a déjà été faite il y a longtemps. Le Seigneur Jésus a fait la paix. Il est notre paix. Et il nous annonce cette paix (Éph. 2:15, 14, 17). « ... Ayant fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1:20). Dès le moment où vous L’avez reçu, vous avez part à cette paix. Mais pour en jouir, il vous faut croire qu’il en est ainsi. Vous aurez la paix aussitôt que vous croirez que Dieu dit la vérité lorsqu’il affirme que le Seigneur Jésus a fait la paix sur la croix. Vous êtes semblable à ces soldats japonais sur une petite île de l’océan Pacifique qui, cinq ans après la fin de la guerre, vivaient comme s’ils étaient encore en guerre. Ils s’attendaient à des attaques de l’ennemi, etc., comme ils l’avaient fait durant la guerre et pourquoi ? Parce qu’ils croyaient que les hostilités continuaient. La réelle, la profonde raison de votre manque de paix c’est que vous ne recevez pas la parole de Dieu sans réserve. Et cela à votre grand préjudice. Mais plus encore : vous déshonorez grandement Dieu en ne croyant pas sa Parole. « Dieu n’est pas un homme, pour mentir » (Nomb. 23:19).
Dès que vous aurez cru Dieu sur ce point aussi, vous pourrez le remercier de tout ce qu’il vous a donné, de sa grâce magnifique. Et alors, vous éprouverez la paix dans votre cœur — pas avant. L’homme dit : « D’abord voir, ensuite croire ! » Dieu dit : « D’abord croire, ensuite voir ! »
Avec mes meilleures salutations.
Votre ami H. L. H.
Cher ami,
Vous avez donc trouvé le repos de votre conscience dans l’œuvre accomplie de Christ. Vous avez confessé vos péchés devant Dieu et avez cru ce que Dieu a dit du Seigneur Jésus et de son œuvre. Vous savez maintenant que vous ne viendrez pas en jugement et vous pouvez dire : « Son sang m’a lavé de tous mes péchés ! »
Vos paroles ne traduisent cependant pas une grande joie. Vous l’avez peut-être connue, mais en ce moment vous ne l’avez plus. Je n’ai pas besoin de vous demander ce qui est arrivé. Ma propre expérience me le dit et la parole de Dieu le confirme.
Vous êtes déçu de vous-même. Vous pensiez que votre vie serait toute différente maintenant que vous êtes converti et que votre conscience a trouvé la paix. Et vous êtes amené à constater le contraire. Les mêmes mauvaises pensées vous viennent encore à l’esprit. Votre caractère et ses défauts sont les mêmes qu’avant votre conversion. Vous vous fâchez et vous irritez aussi facilement qu’auparavant. Vous vous dites bien que cela ne devrait pas être (et vous avez raison) et que Dieu ne peut pas l’approuver. Vous-même vous ne le voulez pas non plus et vous cherchez à lutter. Mais en vain. Les choses vont de mal en pis. Parfois vous croyez qu’il y a un léger mieux, et voilà que bientôt cela se gâte tout à fait. Vous avez beaucoup prié afin que le Seigneur vous aide à triompher. Mais cela n’a servi à rien. Peut-être avez-vous expérimenté vous aussi ce que m’a dit une fois une croyante : « Plus je prie le matin, plus les choses vont mal pour moi ! »
Je connais cela pour l’avoir moi-même vécu. Les deux premières années qui suivirent celle où je trouvai le repos pour ma conscience, je me sentais si misérable que je n’osais parler à personne de ma conversion. Pendant ces années, plus d’une fois ma mère me dit : « il te faut te convertir ». Et je n’osais pas lui dire que je l’étais déjà. Il me semblait qu’elle ne pourrait pas me croire, en voyant comment je me comportais.
Comment expliquer cela ? Il n’est pourtant pas normal que la vie d’un enfant de Dieu ne soit pas transformée par la conversion ; qu’un croyant, bien qu’il ne le veuille pas, continue à pécher et en soit profondément malheureux.
Il y a deux causes à cet état de choses :
1. Nous ne connaissons ou ne saisissons pas la pleine signification de l’œuvre du Seigneur Jésus, telle que la parole de Dieu nous la révèle.
2. Ou, si nous connaissons quelque chose de cette vérité, nous ne nous l’approprions pas, ne la réalisons pas, parce que nous ne la recevons pas comme telle, simplement parce que la parole de Dieu le dit.
Dans ma dernière lettre, je vous montrais d’après les premiers chapitres de l’épître aux Romains que tous les hommes ont péché et par conséquent sont coupables devant Dieu, mais aussi que tous ceux qui acceptent le Seigneur Jésus reçoivent le pardon de leurs péchés, oui, que Dieu les justifie. Aussi, tous ceux qui sont convertis peuvent dire : « Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ » (Rom. 5:1).
Dieu est pour le coupable et a tout réglé pour lui, afin qu’il puisse être sauvé.
À partir de Romains 5:12, un nouveau sujet est développé. Il n’est plus parlé de nos péchés, c’est-à-dire de nos mauvaises actions, mais de notre état. Pourquoi l’homme ne fait-il rien d’autre que pécher ? Parce que sa nature, son cœur est mauvais. « Le cœur est trompeur par-dessus tout, et incurable ; qui le connaît ? » (Jér. 17:9). « Car du dedans du cœur des hommes, sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les meurtres, les vols, la cupidité, les méchancetés, la fraude, l’impudicité, l’œil méchant, les injures, l’orgueil, la folie », dit le Seigneur Jésus (Marc 7:21). En Tite 3:3 l’apôtre Paul fait un portrait de notre état : « Car nous étions, nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la malice et dans l’envie, haïssables, nous haïssant l’un l’autre ». Nous n’avons pas ici l’énumération de nos mauvaises actions, mais la description de nos sentiments, de notre état, de notre nature.
Romains 5:12-21 nous donne à connaître pourquoi nous avons cette nature pécheresse : parce que nous sommes tous des descendants d’Adam.
Adam fut fait à l’image et selon la ressemblance de Dieu (Gen. 1:26 ; 5:1). « À l’image de Dieu » indique la position qu’il reçut dans la création. Comme administrateur de Dieu, il représentait Dieu sur la terre et comme tel, était le chef de la création terrestre. Malgré la chute et la confusion qui en est résultée, en dépit du grand changement qui s’est opéré, Adam — et l’homme en tant que son descendant — reste dans la création l’image de Dieu (1 Cor. 11:7).
« Selon la ressemblance de Dieu », indique la pureté et l’innocence d’Adam. Il y avait entente morale entre le Créateur et sa créature. Malheureusement cela ne dura pas longtemps. Adam transgressa le commandement de Dieu, perdit sa pureté et devint un pécheur coupable. Jamais il n’est dit d’Adam, après la chute, ou de ses descendants qu’ils soient à la ressemblance de Dieu. Cette expression n’est employée qu’en rapport avec ce que Dieu avait fait de l’homme lors de la création (Gen. 1:26 ; 5:1 ; Jacq. 3:9).
Genèse 5 est très clair sur ce point. Au verset 1 nous lisons que Dieu fit l’homme à sa ressemblance. Mais au verset 3, lorsque Adam engendra un fils, ce fut à sa ressemblance, selon son image ; à la ressemblance d’un pécheur coupable, d’une créature tombée loin de Dieu. Ainsi, tout enfant qui naît est à sa naissance déjà un être pécheur, parce qu’il a la nature de ses parents.
Job a dit : « Qui est-ce qui tirera de l’impur un homme pur ? Pas un ! » (Job 14:4). Et David : « Voici, j’ai été enfanté dans l’iniquité, et dans le péché ma mère m’a conçu » (Ps. 51:5). En Romains 5:12-21, nous trouvons la conclusion tirée de cet état de choses : par la faute d’Adam, plusieurs sont morts, car par la faute d’un seul, la mort a régné (v. 15-17). Les conséquences de la faute d’Adam sont donc envers tous les hommes en condamnation (v. 18) et par la désobéissance d’Adam, tous ses descendants ont été placés dans la position de pécheurs (v. 19). En d’autres termes : l’état de tout homme, à sa naissance, est celui de son premier père, Adam, après la chute : un pécheur attendant la mort, chassé du jardin d’Eden et de la proximité de Dieu.
Il est donc parlé ici de l’état de l’homme et non pas des péchés qu’il a commis. Avant qu’un homme ait commis un seul péché, son état est le suivant : il est un pécheur, qui recevra la mort en jugement. Non pas qu’il soit coupable en naissant ; il ne deviendra coupable que plus tard, par ses actions, par les péchés qu’il commettra. En Apocalypse 20:12 nous voyons que les morts seront jugés selon leurs œuvres et non pas selon leur état. Et pourtant, l’état de l’homme le rend incapable de parvenir au ciel. Dieu ne peut supporter dans sa présence un homme ayant une nature pécheresse. Le Dieu saint doit éloigner à jamais de Lui l’homme possédant une telle nature. Dieu qui est Lumière et en qui il n’y a aucunes ténèbres (1 Jean 1:5), ne peut admettre aucunes ténèbres dans sa présence (Éph. 5:8). Il les jettera dans les ténèbres de dehors : « Là seront les pleurs et les grincements de dents » (Matt. 8:12 ; 22:13). Si donc le Seigneur Jésus n’avait pas accompli l’œuvre de la rédemption, aucun homme n’aurait pu entrer dans le ciel, pas même les enfants morts tout de suite après leur naissance et qui par conséquent n’ont pas commis un seul acte de péché.
Il ressort de ce qui vient d’être dit qu’il ne suffit pas d’avoir le pardon des péchés. Si le Seigneur avait porté tous mes péchés sur la croix, mais n’avait rien fait de plus pour moi, je ne serais certes plus jugé à cause de mes péchés et pourtant je serais perdu pour l’éternité. Dieu peut pardonner des péchés, mais il ne peut pas pardonner un mauvais état, une nature mauvaise et pécheresse. Dieu a donné à l’homme toutes les occasions possibles de montrer s’il y avait quelque chose de bon en lui. Ce fut le cas avant le déluge, alors que Dieu n’avait encore donné aucun commandement, aucune interdiction ; après le déluge, lorsque Dieu eut établi l’autorité pour réprimer le mal (Gen. 9:5, 6) ; et ensuite, lorsqu’il mit Israël à part, comme son peuple, lui donna ses commandements et ses ordonnances et, dans sa bonté, consentit à habiter au milieu de lui (Deut. 4:6-8). Puis il leur donna des juges, des prophètes et des rois. Il les éleva sous sa discipline. Finalement, il vint Lui-même, « Dieu... manifesté en chair », en grâce, sur la terre. « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes » (2 Cor. 5:19). Et que se passa-t-il ? « Il vint chez soi ; et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1:11). « La lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise » (Jean 1:5). « Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière » (Jean 3:19). Les hommes étaient tellement mauvais qu’ils allèrent même jusqu’à rejeter Dieu qui se révélait en grâce et à crucifier Jésus, « Dieu... manifesté en chair » (1 Tim. 3:16). La croix a clairement montré que l’homme est entièrement corrompu et mauvais et que Dieu ne peut rien faire d’autre avec lui que de le juger.
C’est pourquoi, en Jean 3, le Seigneur Jésus ne dit pas : « Si quelqu’un n’a pas ses péchés pardonnés, il ne peut voir le royaume de Dieu », mais il dit : « Si quelqu’un n’est né de nouveau.... »
Romains 5:12-21 nous donne la réponse divine à cette difficulté. Le premier homme, le premier Adam, a transmis la position qui est devenue sienne après sa chute à tous ceux qui appartiennent à sa famille (donc à tous les hommes par la naissance). Alors Dieu a placé sur la terre le Seigneur Jésus, comme le second homme, le dernier Adam (1 Cor. 15:45-47), afin qu’il donne la position qu’il s’est acquise par son œuvre (l’œuvre de la croix), à tous ceux qui sont unis à Lui. Cela nous amène à la question : De quelle sorte est cette position ?
Le Seigneur Jésus « a porté nos péchés en son corps sur le bois », sous le jugement de Dieu (1 Pierre 2:24). Mais ce n’est pas tout. Romains 8:3 dit que « Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair ». Et en 2 Corinthiens 5:21, nous lisons : « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui ».
Ces deux passages ne nous parlent pas de nos péchés, de nos mauvaises actions, mais du péché, du principe du mal, de la source du péché, de notre mauvaise nature. Romains 8:3 parle de « chair de péché » et du « péché dans la chair ». Notre mauvaise nature est définie par ces expressions en Romains 5-8.
Dans ces passages, nous voyons donc que Dieu a fait le Seigneur Jésus péché, quand il était sur la croix. Là le Seigneur a non seulement porté nos péchés, il eut à prendre la place de notre nature pécheresse. Dieu a jugé celui qui n’avait pas connu le péché, comme s’il avait été un homme pécheur ayant une nature pécheresse. Dieu a jugé à la fois la nature pécheresse de l’homme et ses péchés (ses actions mauvaises) et le jugement des deux s’est abattu sur le Seigneur Jésus. Ainsi le Seigneur est mort et a été enseveli.
Mais la puissance de Dieu l’a ressuscité d’entre les morts (Éph. 1:20), prouvant ainsi que sa justice est pleinement satisfaite, en ce qui concerne tant nos péchés que notre mauvaise nature. Le Seigneur Jésus est ressuscité et le jugement est passé. Il se tient maintenant devant Dieu dans une nouvelle position : comme Celui qui a parfaitement enduré le jugement sur les péchés et sur le péché, mais qui a été ressuscité par Dieu, comme preuve qu’il avait pleinement satisfait au jugement divin ; et maintenant, il vit une vie de résurrection. Voilà la position du Seigneur Jésus, comme le second homme, le dernier Adam, depuis qu’il est devenu chef de la nouvelle famille, la famille de Dieu.
Romains 5:12-21 nous dit que tous ceux qui sont identifiés avec Lui partagent cette position avec Lui. « La grâce de Dieu et le don ont abondé envers plusieurs, par la grâce qui est d’un seul homme, Jésus Christ » (v. 15). « Le don de grâce [vient] de plusieurs fautes, en justification » (v. 16). « Beaucoup plutôt ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice, régneront-ils en vie par un seul, Jésus Christ » (v. 17). L’œuvre du Seigneur Jésus est suffisante pour la « justification de vie » et par son obéissance, nous avons été « constitués justes » (v. 18-19). La grâce règne « par la justice pour la vie éternelle » (v. 21). « Si nous avons été identifiés avec lui dans la ressemblance de sa mort, nous le serons donc aussi dans la ressemblance de sa résurrection » (Rom. 6:5). Éphésiens 2:6 va plus loin encore. Dieu nous a vivifiés ensemble avec le Christ, et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus.
Nous savons donc que l’œuvre du Seigneur Jésus signifie davantage pour nous que le seul pardon des péchés. Lorsqu’un pécheur vient à Dieu en confessant ses péchés, et dans la foi au Seigneur Jésus, Dieu lui donne une place dans la famille de Dieu ; il appartient au Seigneur Jésus. L’œuvre tout entière du Seigneur Jésus lui est imputée. Cela veut dire : le châtiment de ses péchés (actions pécheresses) a été porté sur la croix ; et par conséquent ceux-ci sont expiés. Mais sa nature pécheresse a aussi été jugée et est morte dans la mort du Seigneur Jésus, à la croix. Maintenant il participe de la vie de résurrection du Seigneur Jésus ; le dernier Adam (« un esprit vivifiant » : 1 Cor. 15:45 ) a soufflé en lui et lui a donné sa propre vie de résurrection (Jean 20:22). Il possède la vie éternelle, le Seigneur Jésus Lui-même comme sa vie (Jean 3:15, 16 ; 1 Jean 1:1, 2 ; 5:11-13, 20).
Celui qui a compris cela ne cherche plus à s’améliorer. Il comprend qu’il ne peut pas améliorer ce que Dieu a déclaré irrémédiablement perdu. Mais il sait encore que, sur la croix, Dieu l’a fait mourir dans le Seigneur Jésus ; c’est ce qu’exprime le baptême. Il a été baptisé pour la mort du Seigneur Jésus, a été enseveli avec Lui par le baptême, pour la mort (Rom. 6:3, 4). (Cette vérité n’est-elle pas amoindrie, lorsque le baptême est administré par aspersion, et non par immersion ?) Il sait que Dieu ne le voit que dans sa nouvelle vie, une vie qui ne veut ni ne peut pécher. Et il se voit, lui aussi, tel : il se tient lui-même pour mort au péché, mais pour vivant à Dieu dans le Christ Jésus (Rom. 6:11). Il ne peut combattre contre le péché en lui, nulle part nous ne lisons que le chrétien ait à le faire ; au contraire, il doit se tenir pour mort au péché. (À noter ici que Hébreux 12:4 ne parle pas du péché demeurant en nous, mais du péché dans le monde qui nous est hostile). Certes, le péché qui se trouve en lui voudra se manifester. Il voudra montrer qu’il vit encore, mais le chrétien ne doit pas le permettre. Il ne doit pas lui prêter attention, mais il doit regarder au Seigneur Jésus. Lorsque le péché agit dans mon cœur et veut attirer mon attention sur lui, je ne dois pas prêter l’oreille, mais il me faut diriger mes pensées sur le Seigneur. Je ne penserai alors plus au péché. C’est lorsque nous fixons nos regards sur le Seigneur Jésus que la vie nouvelle peut se manifester en nous : « Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3:18).
Si je fais ainsi, le Saint Esprit qui habite en moi se charge du combat contre la chair (la nature pécheresse) (Gal. 5:17). Ce n’est pas à nous de lutter. « Tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. 6:11).
Comment se fait-il alors que, comme je l’ai écrit au début de cette lettre, tant de croyants soupirent sous la puissance du péché ? Et qu’il n’y ait pas un seul croyant qui ne connaisse, de par sa propre expérience, cet état et le combat qui s’y rattache ? Je ne dis pas que ce combat doive durer pendant toute la vie du croyant. Le Seigneur en soit béni, il n’en est pas ainsi. Le Seigneur Jésus a vaincu Satan et le péché. Ainsi tous ceux qui ont leur part en Lui peuvent se tenir dans la liberté (Gal. 5:1, 13, 16) et vivre une vie de vainqueur (Rom. 8:1-4). Tous ceux qui réalisent pratiquement la position de Romains 8:1-11 sont délivrés de la puissance de Satan, du péché et de la mort. Le fruit de l’Esprit est trouvé en eux (Gal. 5:22) et la juste exigence de la loi sera accomplie en eux (Rom. 8:4).
Mais chacun connaît cette lutte, car ce n’est que par l’expérience que nous pouvons connaître l’affranchissement.
Lorsque quelqu’un se convertit, il voit ses péchés et en est occupé, parce que le jugement de Dieu est devant lui. Il reçoit la vie nouvelle et a une volonté renouvelée qui désire servir Dieu. Il recherche la volonté de Dieu et veut l’accomplir, comme une loi. Mais de cette manière il n’apprend qu’à connaître sa nature pécheresse, son état. Romains 7 nous décrit cette expérience.
Dans les quatre premiers versets, nous avons la doctrine, la position. Nous sommes morts quant à la loi et sommes unis à un autre, à Christ ressuscité. Les versets 5 et 6 introduisent l’expérience. La première constatation, c’est que la loi n’a aucune force. Elle est sainte, juste et bonne. Elle était « pour la vie », car « celui qui aura fait ces choses vivra ». Par expérience, cependant