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L’AVENIR

 

 

H. L. Heijkoop

 

 

Table des matières :

1     Préface de l’éditeur

2     Introduction à l’étude des prophéties

2.1      À qui Dieu destine-t-il les prophéties ?

2.2      L’avenir du diable

2.3      Le but des prophéties

2.4      L’étude des prophéties est-elle une entreprise hasardeuse, susceptible de nous induire en erreur ?

2.5      Préparation à l’étude des prophéties

3     L’étude de la prophétie

3.1      Les prophéties forment un tout

3.2      L’esprit de prophétie est le témoignage de Jésus

3.3      La transfiguration sur la montagne

3.4      L’étoile du matin

4     L’avenir de l’Assemblée

4.1      Les croyants de l’Ancien Testament font-ils aussi partie de l’Assemblée ?

4.2      Différence entre l’Assemblée et Israël

4.3      Quel est donc l’avenir de l’Assemblée ?

4.4      Comment se déroulera l’enlèvement de l’Église ?

4.5      Quand aura lieu l’enlèvement de l’Église ?

5     L’avenir de la chrétienté

5.1      Le royaume des cieux

5.2      Le déclin dans l’Assemblée

5.3      L’histoire de l’Église

5.4      Après l’enlèvement de l’Assemblée

6     L’histoire de l’Église vue par le Seigneur Jésus

6.1      Apocalypse 2 et 3

6.2      Le déclin

6.3      Éphèse

6.4      Smyrne

6.5      Pergame

6.6      Thyatire

6.7      Sardes

6.8      Philadelphie

6.9      Laodicée

7     Un avenir pour Israël ?

7.1      Les promesses de Dieu

7.2      La souveraineté de Dieu

7.3      L’appel de Dieu

7.4      Les alliances conclues dans le désert

7.5      Dans le pays

7.6      Dieu a-t-il rejeté son peuple ?

7.7      Les prophéties

8     L’avenir d’Israël

8.1      Comment et quand Israël réintégrera-t-il la Palestine ?

8.2      Quand les soixante-dix semaines ont-elles commencé ?

8.3      Quel intervalle de temps une semaine représente-t-elle ?

8.4      La soixante-dixième semaine s’est-elle déjà écoulée ?

8.5      De quelle manière Israël sera-t-il restauré en tant que peuple ?

8.6      Comment l’Éternel procédera-t-il pour les faire revenir ?

8.7      Israël trouvera-t-il paix et tranquillité en Palestine ?

8.8      À quel moment les dix tribus reviendront-elles dans le pays ?

8.9      Résumé

9     L’avenir de l’Europe occidentale

9.1      Dieu gouverne-t-il la terre ?

9.2      Dieu confie la domination mondiale aux monarques païens

9.3      L’histoire prophétique de l’Empire romain

9.4      L’Empire romain existe-t-il encore aujourd’hui ?

9.5      Le Seigneur Jésus est-il déjà venu sur les nuées du ciel ?

9.6      Comment l’Empire romain se reconstituera-t-il ?

9.7      Comment cet empire sera-t-il organisé ?

9.8      Quelles seront les frontières de l’Empire romain reconstitué ?

9.9      Quelle sera la religion de cet empire ?

9.10     La dernière guerre de l’Europe occidentale

9.11     Où aura lieu cette bataille ?

10       L’Antichrist

10.1     L’homme de péché

10.2     Le fils de perdition

10.3     Le roi des Juifs

10.4     Les deux bêtes

11       L’avenir des peuples voisins de la Palestine

11.1     Un principe important pour la compréhension des prophéties

11.2     L’Empire macédonien

11.3     L’Égypte et la Syrie

11.4     Invasion de la Palestine

11.5     Une alliance avec la mort, un pacte avec le shéol

11.6     L’allié du roi du Nord

11.7     Le déroulement des hostilités

11.8     Siège et prise de Jérusalem

11.9     La chronologie des événements

11.10       La position future des Arabes

11.11       L’Égypte et l’Assyrie seront-elles entièrement anéanties ?

12       L’avenir de la Russie

12.1     Quand aura lieu cette invasion ?

12.2     Qui est Gog ?

12.3     Quels seront les alliés de la Russie ?

12.4     Quels seront les traits caractéristiques de la Russie ?

12.5     Le jugement de la Russie

13       Le Millénium

13.1     Le jugement des vivants

13.2     La malédiction ôtée de la terre

13.3     La justice régnera

13.4     La guerre ne sera plus

13.5     Satan sera lié

13.6     Quelle sera la position d’Israël ?

13.7     La part de l’Assemblée

13.8     La nouvelle Jérusalem

13.9     La justice et la paix se sont entrebaisées (Ps. 85:10)

14       La fin du Millénium

14.1     Le diable sera délié

14.2     Gog et Magog

14.3     La résurrection des justes

14.4     Les croyants et les incrédules ne seront-ils donc pas ressuscités simultanément ?

14.5     La résurrection de jugement

14.6     Le grand trône blanc

14.7     Le jugement dernier

15       L’état éternel

15.1     Le premier Adam et le dernier Adam

15.2     Les nouveaux cieux et la nouvelle terre

15.3     Voici, je fais toutes choses nouvelles !

15.4     Là où la justice habite

15.5     Et la mer ne sera plus

15.6     L’Assemblée dans l’éternité

15.7     Il essuiera toute larme de leurs yeux

15.8     La part du vainqueur

16       Quelques remarques complémentaires au sujet de la prophétie

16.1     Survol chronologique

16.2     Quelles seront les nations jugées en Palestine ?

16.3     Faut-il voir la Russie dans le mot Rash (ou Rosh) en Ézéchiel 38 et 39 ?

16.4     Les soixante-dix semaines d’années de Daniel 9

16.5     Formation d’Israël

16.6     Possession du pays

16.7     Apostasie et jugement

16.8     Restauration et réconciliation

 

 

 

1                        Préface de l’éditeur

«L’avenir selon les prophéties de la Bible» a paru, en 1949 et 1950, dans le périodique hollandais «Uit het Woord der Waarheid, Studie- en Contactblad voor Jongeren». La publication de cet écrit dans un mensuel explique la manière dont le sujet est divisé et traité, ainsi que certaines répétitions. La traduction a été faite à partir de la deuxième édition de cet ouvrage en allemand, de 1985.

Dans le présent volume, nous nous en sommes tenus aux propos de l’auteur, toujours fondés sur l’Écriture et appuyés par elle. Dès lors, malgré les changements survenus dans le monde et le climat politique, nous avons maintenu le texte tel qu’il a été publié à l’origine.

Puisse la lecture de ces pages réchauffer nos cœurs pour le Seigneur Jésus et nous stimuler à imiter les Béréens qui «reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» (Actes 17:11).

«Bienheureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche !» (Apoc. 1:3).

 

2                        Introduction à l’étude des prophéties

 

Que nous réserve l’avenir ? Il n’est guère d’interrogations qui troublent autant le cœur humain. La question n’est certes pas nouvelle, mais pour l’homme d’aujourd’hui, encore hanté par le souvenir des deux guerres mondiales et de leur cortège de misère, et tourmenté par la crainte d’un troisième conflit, elle prend une urgence toute particulière. Si la dernière guerre est déjà parvenue à un tel degré d’horreur avec ses camps de concentration, ses attaques aériennes et la violence toute calculée de ses bombardements, quel paroxysme atteindra le prochain conflit, lorsque seront utilisées de nouvelles armes, perfectionnées selon les dernières technologies ? Quelle en sera par ailleurs l’issue ? À ces questions angoissantes, nul journal, nul politicien ne peut répondre.

Et pourtant, quelqu’un détient la réponse à toutes les interrogations de l’homme. Concernent-elles son état personnel, Il lui révèle ce qu’est l’être humain : «Il n’y a point de juste, non pas même un seul ;... il n’y a personne qui recherche Dieu ;... il n’y en a aucun qui exerce la bonté, il n’y en a pas même un seul ;... car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu» (Rom. 3:10-23). Si l’homme reconnaît alors ses fautes et demande : «Que faut-il que je fasse pour être sauvé ?» il s’entend dire : «Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta maison» (Actes 16:30, 31). S’inquiète-t-il de son avenir personnel, Dieu lui donne une réponse claire, sans équivoque : «Et les morts furent jugés d’après les choses qui étaient écrites dans les livres, selon leurs œuvres» (Apoc. 20:11-15). Mais la voix divine lui indique également comment échapper à un tel jugement : «Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle... Celui qui croit en lui n’est pas jugé» (Jean 3:16-18).

Tout aussi claires et précises sont les révélations que Dieu donne au sujet de l’avenir de la terre, de la Russie, de l’Europe de l’Ouest, de la Palestine, et de l’humanité en général. Le Dieu éternel pourrait-il ignorer leur destinée ? «Je suis Dieu... déclarant dès le commencement ce qui sera à la fin, et d’ancienneté ce qui n’a pas été fait, disant : Mon conseil s’accomplira, et je ferai tout mon bon plaisir» (És. 46:9, 10). Oui, Dieu connaît le futur et, fait plus capital encore, il désire nous le dévoiler : «Or le Seigneur, l’Éternel, ne fera rien, qu’il ne révèle son secret à ses serviteurs les prophètes» (Amos 3:7).

 

2.1   À qui Dieu destine-t-il les prophéties ?

Le passage d’Amos que nous venons de citer répond à la question. Les prophéties ne s’adressent certainement pas au monde. Elles prédisent pourtant l’avenir de ce dernier. L’annonce du jugement sur les différents peuples et nations n’occupe-t-elle pas une part considérable des livres prophétiques ? Les chapitres du livre de Daniel plus particulièrement consacrés au sort des peuples méditerranéens, ne sont-ils pas justement rédigés en chaldéen, et non pas en hébreu ? Dieu a donc également l’intention d’avertir le monde du jugement à venir par ses prophéties, pour qu’il se convertisse avant qu’il ne soit trop tard. Pensons seulement à Noé, nommé prédicateur de justice dans le Nouveau Testament, ainsi qu’à Jonas, chargé d’annoncer le jugement à la ville de Ninive (Gen. 6 ; 2 Pierre 3:5 ; Jonas 3:4).

Pourtant, Dieu n’a pas confié ses révélations à des incrédules. «De saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint» (2 Pierre 1:21). Comment des incroyants pourraient-ils tirer profit des prophéties ? S’ils croyaient vraiment en la véracité de la parole de Dieu, comment pourraient-ils, le cœur et la conscience tranquilles, rechercher de quelle manière «la colère de Dieu» sera «révélée du ciel contre toute impiété et toute iniquité des hommes qui possèdent la vérité tout en vivant dans l’iniquité» (Rom. 1:18) ? Comment pourraient-ils trouver du plaisir à cette étude, et ne pas s’inquiéter, alors qu’ils rejettent ce Jésus au sujet duquel la Bible affirme : «C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père» (Phil. 2:9-11). Et encore : «Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds» (1 Cor. 15:25) ? Comment pourraient-ils d’ailleurs comprendre, avec leur seule intelligence naturelle obscurcie par le péché, les révélations de Dieu, transmises par de saints hommes de Dieu poussés par l’Esprit Saint ? «Or l’homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu, car elles lui sont folie ; et il ne peut les connaître, parce qu’elles se discernent spirituellement» (1 Cor. 2:9-16). Deux privilèges sont requis pour pouvoir examiner avec bonheur les prophéties et les recevoir en toute quiétude : d’une part la conscience d’être sauvé, et par conséquent de ne plus appartenir à ce monde voué au jugement, et d’autre part, la présence en soi du Saint Esprit. Seuls les chrétiens peuvent comprendre les prophéties.

 

2.2   L’avenir du diable

Comment se fait-il que tant de chrétiens ne s’intéressent jamais à la prophétie ou n’en comprennent pour ainsi dire rien ? Satan dans sa ruse les a aveuglés à tel point qu’ils n’en saisissent ni l’importance ni la signification. Le diable connaît lui-même très bien le sort qui l’attend. Il sait que le moment est proche, où le Seigneur Jésus «couvrira le royaume des ténèbres de honte, jusqu’à ce qu’il ne soit plus» (És. 24:21-22, d’après la traduction hollandaise). Ses serviteurs, les démons, le savent également. L’étude comparative des trois passages touchant le démoniaque du pays des Gadaréniens nous le démontre (Matt. 8:29-34 ; Marc 5:1-20 ; Luc 8:26-39) : dans ces récits, les démons craignent d’être jetés dans l’abîme avant le temps fixé en Apocalypse 20. Le diable, quant à lui, redoute à juste titre de perdre toute influence sur les chrétiens qui se seront penchés sur son jugement et sur la destruction du monde dont il est le prince, et de les voir s’en séparer entièrement.

Pourtant, le fait même qu’une partie considérable de la parole de Dieu est consacrée aux prophéties montre bien toute l’importance que Dieu y attache pour ses enfants. Ne donne-t-il d’ailleurs pas des promesses spéciales à ceux qui les étudient (Apoc. 1:3 ; 22:7) ? Comment qualifier notre attitude, si nous ne manifestons pas le moindre intérêt lorsque Dieu, notre Père, nous invite à lui pour nous communiquer ses pensées ? Et lorsque nous entendons le Seigneur nous dire : «Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai ouï de mon Père» (Jean 15:15), comment oserions-nous ne pas écouter (Apoc. 1:1) !

 

2.3   Le but des prophéties

Beaucoup de chrétiens savent de quoi ils sont sauvés, mais n’ont jamais compris pour quoi. Ils se contentent de l’assurance de leur salut en Christ. Ne devraient-ils pourtant pas aspirer à connaître toutes les bénédictions acquises par ce salut (Éph. 1:16-19) ? Ne nous bornons pas à nous savoir dans la maison du Père (Luc 15:22-24), mais jouissons aussi de tous les privilèges liés à cette glorieuse position. Dieu nous a appelés «par la gloire et par la vertu» (2 Pierre 1:3).

Dieu nous a donné pour avenir la gloire de Christ et de l’Assemblée, avenir qui repose entièrement et uniquement sur ses conseils. La considération d’une si glorieuse espérance suscite en nos cœurs des pensées propres à entretenir une profonde communion avec lui. C’est là certainement l’un des buts que Dieu désire poursuivre en nous par les prophéties. Il nous les a confiées comme à des amis, pour que nous partagions ses sentiments et ses pensées (Jean 15:15 ; Éph. 1:9 ; Gen. 18:17). Pouvait-il nous donner une preuve plus grande de son amour et de sa confiance ?

Le cœur de l’homme ne peut se passer, ne fût-ce qu’un seul instant, d’un objet qui l’occupe. Par ailleurs, on ne saurait se pencher sur la question de l’avenir, si son cœur n’y incline pas. Si donc nous n’avons pas devant les yeux l’objet que Dieu nous présente, nous nous occuperons de mille et une autres choses, suggérées par notre propre fantaisie et qui marqueront de leur empreinte toute notre marche. Il ne peut en être autrement. Quelqu’un aspire-t-il à l’honneur, au pouvoir, aux richesses ou aux plaisirs de ce monde, toute sa conduite s’en ressentira. Le chrétien dont le cœur est rempli des révélations divines, qui comprend l’appel de l’Assemblée à prendre part un jour à la gloire céleste, ne pourra vivre autrement qu’en pèlerin et étranger (Phil. 3:21 ; Col. 3:4 ; Luc 12:37 et 45). En revanche, le chrétien qui ne se préoccupe jamais de son avenir verra ses pensées se concentrer sur le temps présent et influencer sa vie tout entière. Il cherchera son bonheur dans le monde et dans les choses de la terre. Combien de chrétiens, jeunes et plus âgés, ont consacré toute leur énergie à améliorer ce monde, monde qui a pourtant déjà démontré son entière corruption par son rejet du Fils de Dieu. De telles personnes ne devraient-elles pas plutôt songer à gagner des âmes pour l’éternité ?

Un argument fréquemment utilisé par le méchant pour tenir les chrétiens à l’écart des prophéties est de prétendre que leur signification ne peut être connue qu’après leur accomplissement. Le véritable but des révélations prophétiques serait de prouver l’inspiration divine des Écritures, par le biais des prophéties déjà réalisées. Ces dernières remplissent certainement une telle fonction ; mais est-ce là vraiment leur but ? Quel profit aurait tiré Noé de la prophétie que Dieu détruirait les hommes de dessus la face de la terre, s’il avait cru devoir attendre sa réalisation pour la comprendre ? Il aurait alors péri dans le déluge et n’en aurait jamais vu le plein accomplissement. À quoi auraient servi les avertissements du Seigneur Jésus, si les hommes à qui ils étaient destinés n’avaient pas pu les comprendre ni croire en leur accomplissement assuré ? Leur compréhension et leur foi en ces prophéties non réalisées constituaient justement ce qui allait les distinguer des incrédules de leur peuple. Pierre décrit la parole prophétique comme «une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour ait commencé à luire» (2 Pierre 1:19), et ajoute que nous faisons bien d’y être attentifs. Quand donc faut-il lui accorder notre attention ? Lorsqu’elle est accomplie et que toute la lumière est faite ? Non, le sens de la prophétie est bien plutôt d’être une lampe pour le pied du pèlerin dans ce monde rempli de ténèbres. On n’allume pas une lampe pour vérifier si vraiment le soleil brille en plein jour !

Si nous offrons une telle réponse à la grâce infinie de Dieu, à qui nous devons ces communications confidentielles, où nous arrêterons-nous ! N’y a-t-il donc rien, dans toutes ses saintes révélations, qui soit destiné à l’Assemblée ? L’Assemblée a-t-elle encore besoin d’un témoignage à la véracité de la parole de Dieu ? Est-ce là une attitude convenable pour elle que de disputer si les déclarations de Dieu sont bien la vérité ? Quel mépris envers la bienveillance et la bonté de Dieu, si nous agissons ainsi à son égard !

Mais il y a plus. La majorité des prophéties, ou même dans un certain sens, leur totalité, ne trouveront leur accomplissement qu’après la présente dispensation. L’Assemblée ne sera plus sur la terre à ce moment, et la justesse des prophéties, alors démontrée, ne pourra plus servir à convaincre les hommes, puisque le jugement terrible qui tombera sur les incrédules constituera justement la preuve la plus éclatante de leur véracité.

Les prophéties nous sont données pour que nous réglions notre marche sur les voies du Seigneur ; elles sont également là pour notre encouragement, car elles nous montrent qu’en fin de compte, c’est bien Dieu, et non pas l’homme, qui dirige toute chose. La prophétie est une lumière qui brille dans les ténèbres. En elle, je reconnais la voix de Dieu ; en elle, je lis que tout est fixé à l’avance. Entièrement séparé des choses de ce monde, et sans avoir à me pencher sur l’agitation politique des grands de cette terre, il m’est maintenant déjà possible d’admirer la sagesse parfaite de Dieu. Pleinement averti, je peux donc suivre mon chemin sans être obligé de me fier à mon propre jugement. Je ne vois plus, dans les événements autour de moi, le résultat des passions humaines, mais le déroulement des conseils du Très-Haut. Les prophéties soulignent, tout particulièrement dans les événements du temps de la fin, les caractères que Dieu désire nous voir reconnaître en lui : sa fidélité, sa justice, sa puissance, sa patience. Mais elles nous révèlent également le jugement que Dieu exécutera sur toute iniquité, jugement déjà déterminé dans tous ses détails ; comment la terre sera purifiée de ceux qui la corrompent, pour qu’il puisse établir son règne de paix et de bénédiction. Le jugement de Dieu sur les peuples est certain ; l’Assemblée le sait. Elle en a reçu l’intelligence par l’enseignement du Saint Esprit ; elle y croit, et elle-même y échappera.

 

2.4   L’étude des prophéties est-elle une entreprise hasardeuse, susceptible de nous induire en erreur ?

Un autre argument soulevé contre l’étude des prophéties est son caractère soi-disant spéculatif. On nous renvoie aux diverses thèses avancées par les Témoins de Jéhovah, les Mormons et les Adventistes. Nous devons reconnaître que les affirmations de ces personnes, résultant de préjugés et rarement fondées sur l’Écriture, induisent réellement en erreur. Pourtant, si des âmes égarées font parfois un mauvais usage des prophéties, ces dernières perdent-elles pour autant leur vérité intrinsèque ? Combien de discours fallacieux n’ont-ils pas déjà été tenus sur la doctrine de la réconciliation et sur l’œuvre du Seigneur Jésus ? Existe-t-il même un seul passage de la Bible qui n’ait pas encore été utilisé à mauvais escient ? Devons-nous pour cela mettre la Bible de côté ? La cause première de cet égarement au sujet de la prophétie, dans lequel tombent tant de gens influencés par des préjugés, ne réside-t-elle pas dans leur ignorance de la parole prophétique ? Je ne risque guère de me perdre dans ma ville natale, car j’en connais chaque coin et recoin ; une telle mésaventure en revanche pourrait fort bien m’arriver dans une ville inconnue. Si je considère l’avenir sans connaître, du moins de manière suffisante, les prophéties, tout me paraîtra flou ; je cours alors le risque de remplacer les éléments manquants par mes propres conjectures, et d’aboutir à des conceptions vraiment arbitraires, hasardeuses et fallacieuses.

Prenons par exemple la prophétie d’Ésaïe 11:9 : «car la terre sera pleine de la connaissance de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer». Tout chrétien se réjouit à la pensée de ce temps béni. Mais comment cette prédiction se réalisera-t-elle ? Si je me laisse aller en conjectures, je n’aurai en main que les hypothèses fort incertaines de mon propre cœur ignorant et corrompu par le péché. Si je laisse au contraire parler la parole de Dieu, le même chapitre 11 me donne la réponse divine à ma question.

Dieu ne nous a pas appelés à être des prophètes. La parole de Dieu est complète, nous n’avons donc pas de nouvelles révélations à attendre (Col. 1:25). C’est pourquoi, tout enseignement nouveau, qui n’est pas déjà compris dans les Écritures, n’est que fantaisie humaine, et n’a rien à voir avec une étude sérieuse, menée dans la prière et la simplicité, de tout ce que nous trouvons révélé dans le saint Livre.

 

2.5   Préparation à l’étude des prophéties

Nous trouvons l’esprit dans lequel il convient d’étudier les prophéties clairement décrit dans le chapitre 6 d’Ésaïe, où nous voyons comment Dieu prépare son serviteur. Dieu forme là Ésaïe spécifiquement à sa tâche de prophète, mais la préparation reste fondamentalement toujours la même. Elle ne concerne pas notre intelligence, nos dispositions naturelles, ou notre capacité de discernement. Lorsque le maître est Dieu, et que les élèves sont des pécheurs sauvés par grâce, la préparation doit être morale et spirituelle. La prophétie n’est pas un domaine où s’exercent les facultés intellectuelles, où s’appliquent les considérations philosophiques. Elle s’adresse à la foi, pour être acceptée par celle-ci comme étant la parole de Dieu, en toute simplicité.

Ésaïe voit l’Éternel des armées et entend les séraphins crier l’un à l’autre : «Saint, saint, saint, est l’Éternel des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire !» Face à cette gloire, toute la splendeur et la beauté de la chair s’évanouissent, et Ésaïe prend conscience, au plus profond de lui-même, de son propre état de perdition comme de celui du peuple tout entier. Il s’écrie : «Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; car mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées.» Telle est aussi l’expérience que nous avons à faire.

C’est alors qu’intervient la grâce. Elle sert Ésaïe, et lui dit que son iniquité est ôtée, et que propitiation est faite pour ses péchés. Lorsque notre cœur est non seulement brisé, mais aussi conscient de la grâce offerte, lorsque nous avons devant les yeux non seulement l’Éternel des armées sur le trône de gloire, mais le Seigneur sur le chemin de Golgotha, et que nous lisons dans son côté percé un plein pardon, notre cœur est alors libre, heureux dans l’amour de Dieu. Nous sommes prêts à étudier la parole prophétique. Nous voyons comment le jugement tombe sur différents peuples et personnages, et finalement sur les morts ; nous reconnaissons que telle aurait été notre part si la grâce n’était pas intervenue en notre faveur. Si nous entendons alors la voix du Seigneur nous demander : «Qui enverrai-je ?» nous répondrons : «Me voici, envoie-moi». Comment pourrions-nous, devant l’imminence du jugement sur ce monde, ne pas être prêts à communiquer plus loin le message de grâce que nous avons reçu ?

 

3                        L’étude de la prophétie

Lorsqu’on examine de plus près les prophéties, on peut être surpris de voir les différentes études qui leur sont consacrées aboutir à des conclusions si contradictoires. À titre d’exemple, mentionnons que la première bête d’Apocalypse 13, selon le professeur Greydanes dans Korte Verklaring (Courte explication), représente l’ensemble des autorités de toute l’histoire de l’humanité, vu comme une unité ; selon le Dr. J. Willemse dans Tehst en Uitleg (Texte et interprétation), elle serait une image de l’Antichrist. Les Adventistes, quant à eux, enseignent qu’il s’agit là de la papauté. Nous verrons dans un prochain chapitre que cette bête représente en réalité l’Empire romain.

Face à cette confusion, il nous faut tout d’abord remarquer que la compréhension des pensées de Dieu dans les prophéties n’est possible qu’à deux conditions : d’une part, que la parole de Dieu soit parfaite et complète ; d’autre part, que la clé pour l’interprétation nous soit donnée par Dieu lui-même.

La parole de Dieu est parfaite, nous en sommes convaincus. Cela signifie que rien n’y manque, et qu’elle contient tout ce qui est nécessaire à sa compréhension. Nous n’avons pas besoin des œuvres célèbres de l’Antiquité pour saisir la portée spirituelle du grand jour des propitiations (Lév. 16) ou des ustensiles du tabernacle (Ex. 25 à 40). Les épîtres, en particulier celle aux Hébreux, nous en donnent l’interprétation conforme aux pensées de Dieu. Il en va de même pour la prophétie. Elle contient la plénitude des pensées de Dieu au sujet des temps à venir, dans la mesure où il a jugé bon de nous les faire connaître. Aucune science humaine n’est indispensable pour pouvoir les comprendre ; bien au contraire, le recours à de telles sources risque fort d’en voiler la vraie signification. À vouloir l’expliquer à la lumière des livres d’histoire, ou l’harmoniser selon un système théologique élaboré par l’homme, combien de fois n’a-t-on pas tordu la prophétie, dans le passé et aujourd’hui encore. La seule démarche correcte est de rechercher la signification d’une prophétie dans la parole de Dieu elle-même. Si l’on désire néanmoins consulter les livres d’histoire, qu’on le fasse dans le seul but de les juger d’après ce que Dieu nous a communiqué dans ses révélations prophétiques.

Une telle appréciation ne sera toutefois possible que lorsqu’on aura étudié les prophéties à la lumière des explications données par Dieu lui-même. «Sachant ceci premièrement, qu’aucune prophétie de l’écriture ne s’interprète elle-même. Car la prophétie n’est jamais venue par la volonté de l’homme, mais de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint» (2 Pierre 1:20, 21).

Il n’y a donc pas de prophétie qui s’explique par elle-même. Les prophètes étaient certes de «saints hommes de Dieu», mais ils n’étaient pas les auteurs à proprement parler de leurs révélations. Ils n’agissaient pas non plus de leur propre chef ; derrière eux se tenait un auteur unique, le Saint Esprit, qui les poussait à prophétiser. L’Écriture nous dit d’ailleurs que bien souvent, ces prophètes ne comprenaient pas la signification de leurs propres paroles (1 Pierre 1:10). Daniel reçut même l’injonction expresse de ne pas s’enquérir davantage à ce sujet, car ses prophéties ne lui étaient pas destinées (Dan. 12:8, 9).

 

3.1   Les prophéties forment un tout

Il s’avère donc que les prophéties ont toutes été données par l’Esprit Saint, et qu’ensemble elles forment la totalité des conseils que Dieu a voulu nous révéler. Si nous désirons faire des progrès dans la compréhension des pensées de Dieu, il ne nous suffit pas de considérer un seul texte — chapitre ou livre — puisque aucune prophétie ne s’interprète elle-même. Que penserions-nous d’une personne qui se vanterait de pouvoir prédire l’allure générale d’une maison à partir du croquis d’un seul élément de celle-ci ? Nous lui concéderions certes une brillante imagination, mais pas davantage. Seul l’architecte sait en effet comment il construira cette maison. Une fois qu’il aura couché ses pensées sur papier avec un plan de situation, les croquis nécessaires et une description détaillée de la construction, il sera possible de s’en faire une idée, à condition de bien considérer tous les dessins et d’être exercé par la pratique à les déchiffrer. Peut-on, avec une seule pièce de puzzle en main, se représenter l’image complète ? On arrivera tout au plus à en deviner le sujet. Combien de tentatives infructueuses lors de l’assemblage des pièces ! Toutefois, dès que l’on a saisi l’aspect général, le jeu devient relativement facile, et les pièces trouvent rapidement leur place.

Il en est de même avec la prophétie. Prises toutes ensemble, les prophéties de l’Ancien et du Nouveau Testament nous permettent de découvrir les plans de Dieu pour l’avenir. Mais ce n’est que lorsque nous en connaissons les grandes lignes que nous pouvons les considérer dans le détail, les comparer entre elles et discerner comment chacune d’elles se relie à l’ensemble. Par la comparaison des différents passages, nous sommes amenés à comprendre les pensées de Dieu. Si tous les étudiants de la prophétie procédaient ainsi, il n’y aurait pas autant d’interprétations différentes.

Le lecteur se demande peut-être comment il peut connaître ces grandes lignes de la prophétie. Il n’y a rien de plus simple, puisque Dieu nous les donne de manière très claire dans sa Parole. «L’Esprit de prophétie est le témoignage de Jésus» (Apoc. 19:10) ; «recherchant quel temps ou quelle sorte de temps l’Esprit de Christ qui était en eux indiquait, rendant par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient» (1 Pierre 1:11) ; «... nous ayant fait connaître le mystère de sa volonté selon son bon plaisir, qu’il s’est proposé en lui-même pour l’administration de la plénitude des temps, savoir de réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre» (Éph. 1:9, 10) ; «Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds» (Héb. 1:13) ; «ensuite la fin, quand il aura remis le royaume à Dieu le Père, quand il aura aboli toute principauté, et toute autorité, et toute puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds» (1 Cor. 15:24, 25).

 

3.2   L’esprit de prophétie est le témoignage de Jésus

Voilà le dessein de Dieu : glorifier le Seigneur Jésus, cette personne merveilleuse qui est devenue homme pour accomplir sa volonté (Héb. 10:7) ; celui qui, sur la terre, pouvait dire : «ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre» ; «moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent» (Jean 4:34 et 8:29). À la fin de sa vie ici-bas, alors qu’il se voyait en esprit déjà au-delà de la croix, Jésus pouvait dire : «Moi, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire» (Jean 17:4).

Qui peut mesurer la joie que Dieu trouve dans le Seigneur Jésus ? Quelle satisfaction il éprouve en celui qui avançait en faveur auprès de Dieu et des hommes (Luc 2:52), en celui sur lequel le ciel s’ouvrit, au début de son service, et duquel une voix venant du ciel pouvait déclarer : «Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir» (Luc 3:22) ! Quelle joie pour le Père de pouvoir dire de lui, à la fin de son chemin : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le» (Luc 9:35). Et d’entendre le Fils affirmer : «À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie» (Jean 10:17).

Quel prix pour Dieu de voir cet homme parfait s’avancer volontairement vers la croix pour le glorifier ! De le voir rendre ce qu’il n’avait pas ravi (Ps. 69:4) ! De le voir magnifier au suprême degré tout ce que Dieu est, sa justice, sa sainteté, son amour, cela même qu’Adam avait nié ! De le voir frappé et abandonné, lui l’innocent, à la place des pécheurs, parce que Dieu voulait sauver les hommes perdus (Ps. 22 ; Zach. 13:7 ; Rom. 5:8). Pouvons-nous saisir à quel point le cœur de Dieu désire glorifier une telle personne ?

Le Seigneur Jésus n’est-il pas le chef légitime de la création ? Le Créateur n’a-t-il pas tous les droits sur ce qu’il a créé ? Dieu ne l’a-t-il pas, comme Fils, établi héritier de toutes choses, et, comme Fils de l’homme, n’a-t-il pas également assujetti toutes choses sous ses pieds (Héb. 1:2 ; 2:6-9) ? Dans l’Apocalypse, nous lui découvrons encore une quatrième prérogative, celle qu’il détient comme Rédempteur (Apoc. 5:5). L’Agneau immolé a racheté l’héritage livré à Satan par Adam, qui avait fait ainsi du diable le prince de ce monde. Il a payé le prix de ce rachat par son propre sang ; il est le vrai rédempteur, à qui revient légitimement la lettre d’achat (Jér. 32:7-12).

On peut résumer le contenu de l’Apocalypse, et même de toute la prophétie, en cette petite phrase : le Père met le Fils en possession de l’héritage. Christ est le centre et l’objet de tous les conseils, de toutes les voies et de toutes les actions de Dieu. Les souffrances de Christ nous sont révélées, mais la manifestation de ses gloires est encore future pour le monde (1 Pierre 1:11). Ce dernier le vit pour la dernière fois lorsqu’il fut enlevé de la croix et déposé dans le tombeau. Pour lui qui l’a rejeté et mis à mort, la révélation de la gloire de Christ ne peut qu’être liée au jugement (1 Cor. 2:8).

Tant que le Seigneur marchait avec eux sur cette terre, les disciples ne pensaient qu’aux gloires du Seigneur (1 Pierre 1:11), et non à ses souffrances (Matt. 16:22). Ils croyaient que leur Maître allait chasser les Romains du pays, anéantir leurs ennemis, placer Israël à la tête des nations et établir son trône à Jérusalem. Certes, ces événements s’accompliront tous un jour. Les gloires annoncées par les prophètes viendront, mais les disciples avaient oublié qu’elles seraient précédées de souffrances. C’est pourquoi le Seigneur dut leur rappeler qu’il devrait souffrir et être mis à mort. Toutefois, pour qu’ils ne perdent pas foi dans les prophètes, Dieu leur donna une merveilleuse confirmation sur la montagne de la transfiguration.

Il est frappant de constater que les trois évangiles qui nous rapportent cette scène suivent le même ordre narratif (Matt. 17 ; Marc 9 ; Luc 9). Le Seigneur parle tout d’abord de ses souffrances, puis annonce à ses disciples qu’ils verront le Fils de l’homme venir dans son royaume. C’est à la suite de ces paroles qu’intervient

 

3.3   La transfiguration sur la montagne

Cet événement n’est pas à proprement parler une révélation prophétique. Il se rapproche plutôt d’un tableau nous représentant de manière visuelle la gloire du royaume du Fils de l’homme, ainsi que les différents groupes qui y prendront part : en premier lieu le Seigneur, la Tête et le Centre de toutes les bénédictions et de toutes les gloires ; puis Moïse, image des saints endormis et ressuscités, et Élie, image des saints introduits dans le ciel sans passer par la mort (1 Cor. 15:51 ; 1 Thess. 4:17). Le dernier groupe sera constitué des croyants vivant encore sur la terre et pas encore glorifiés : le résidu fidèle d’Israël, représenté ici par les trois disciples.

Quelle impression cette scène n’a-t-elle pas laissée à Pierre ! Devenu fort âgé, il écrit que la parole prophétique s’en est trouvée affermie (2 Pierre 1:19). Oui, la gloire viendra, et le royaume du Fils de l’homme s’établira sur la terre. Jésus Christ couvrira de honte le royaume des ténèbres, jusqu’à ce qu’il ne soit plus (Dan. 7:13, 14 ; Matt. 24:30).

Satan a voulu détruire ce témoignage. Il a fait tuer Jacques, avant de chercher à enlever également la vie à Pierre (Actes 12). L’éclatante confirmation de la parole prophétique donnée sur la montagne aurait alors perdu son autorité, puisque toute parole doit être établie par la bouche de deux ou trois témoins.

Mais Dieu veille sur son témoignage. Pierre est libéré, et parle dans ses épîtres de la puissance, de la venue et de la gloire du Seigneur Jésus (1 Pierre 1:11 ; 2 Pierre 1:16). Quant à Jean, il nous donne dans l’Apocalypse une description détaillée de la venue en gloire du Seigneur pour établir son royaume.

 

3.4   L’étoile du matin

Pierre ajoute à son récit une exhortation de grande importance : «vous faites bien d’être attentifs [à la parole prophétique], comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour ait commencé à luire et que l’étoile du matin se soit levée dans vos cœurs» (2 Pierre 1:19). Ce monde est effectivement un lieu obscur (Rom. 13:12). La nuit était tombée lorsque Judas sortit pour trahir le Seigneur, et depuis le pouvoir des ténèbres règne (Jean 13:30 ; Luc 22:53). Lorsque l’Agneau fut immolé, le soleil «se coucha» (cf. Deut. 16:6). Une lumière brille pourtant dans ces ténèbres, et tout homme qui connaît les prophéties peut marcher à la lumière de cette lampe, au milieu d’un monde où règne l’injustice, d’un monde qui s’est soumis à la puissance de Satan, où l’on ne trouve que péché, inimitié contre Dieu et misère. La prophétie nous permet de reconnaître que Dieu est au-dessus de tout, et qu’il mettra fin aux ténèbres lorsqu’il se lèvera comme Soleil de justice, apportant à son peuple la guérison dans ses ailes (Mal. 4:2, 3). Quel terrible jugement cela signifiera cependant pour les impies ! La prophétie éclaire le chrétien et le sépare du monde (Apoc. 18:4), puisqu’elle témoigne du jugement réservé à ce dernier, et de la gloire du royaume à venir. Un chrétien qui connaît l’imminence du jugement peut-il alors s’engager dans le monde, ou même chercher à l’améliorer ?

Toutefois l’espérance du chrétien ne réside pas dans la prophétie elle-même. L’apôtre nous montre une attente plus élevée encore : «jusqu’à ce que le jour ait commencé à luire et que l’étoile du matin se soit levée dans vos cœurs».

Il n’y a pas de nuit dans le cœur d’un chrétien conscient de ses privilèges. Il est appelé des ténèbres à la merveilleuse lumière de Dieu (1 Pierre 2:9). Ce qui autrefois était ténèbres, est maintenant lumière dans le Seigneur (Éph. 5:8). Et parce que le jour luit dans son cœur, l’étoile du matin s’y est aussi levée : le chrétien connaît le Seigneur Jésus non seulement comme le soleil de justice, mais aussi comme l’étoile brillante du matin, vue par ceux qui veillent avant le point du jour (Apoc. 2:28 ; 22:16, 17). Il n’attend pas seulement son apparition pour le jugement du monde, mais avant cela, sa venue pour enlever les siens de cette terre (Rom. 13:11, 12).

C’est pourquoi, lorsque l’épouse l’entend nommé «étoile du matin», son cœur tressaille, et elle s’écrie : «Viens ! » Sa part est d’être la femme de l’Agneau dans l’intimité de la maison du Père, bien que naturellement, elle participe également à la gloire du royaume puisqu’elle est unie au Seigneur Jésus (Apoc. 21:9 ; 22:5). En Luc nous voyons que la part de ceux qui veillent dans la nuit est la félicité de la maison. Il est là aussi fait mention de l’héritage, mais seulement en relation avec la responsabilité dans le service (Luc 12:36-48).

Le cœur qui connaît le Seigneur Jésus comme l’étoile brillante du matin, dans lequel la voix de l’Esprit et de l’épouse a réveillé le désir de sa venue, se détachera certainement du monde pour joindre sa voix à l’appel : «Viens, Seigneur Jésus ! » Il cherchera à utiliser le peu de temps qui lui reste pour amener des pécheurs à Jésus. Le Seigneur appelle : «Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie» (Apoc. 22:17). L’attrait qu’exerce le Seigneur comme étoile du matin produit en nous le même effet que la prophétie. Il nous détache du monde, et nous incite à chercher à gagner des âmes pour le Seigneur. «Et quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui est pur» (1 Jean 3:3).

Il existe pourtant des croyants qui, au lieu de collaborer à rassembler des âmes autour du Christ exalté, s’efforcent d’améliorer le monde, ou leur position dans le monde. Est-ce là l’espérance d’un chrétien (Éph. 1:18) ? D’autres se réjouissent d’être avec Christ lorsqu’ils se seront endormis, et sans aucun doute, c’est là une certitude magnifique (Phil. 1:23). Mais si glorieux que soit cet état, il demeure encore imparfait. Seule leur âme sera là avec le Seigneur, non pas leur corps. Même si cette condition est infiniment plus glorieuse que celle qu’ils connaissent actuellement dans ce monde rempli de souffrances et de déceptions (Rom. 5:3), elle ne constitue cependant pas l’espérance que Dieu nous présente. L’espérance du chrétien n’est pas de mourir pour être avec Christ, mais de voir le Seigneur descendre du ciel pour enlever de cette terre tous ceux qui lui appartiennent — et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur (1 Thess. 4:13-18).

Mais, remarquera peut-être un lecteur, cela ne fait aucune différence, puisque dans un cas comme dans l’autre, je serai heureux.

Certes, mais est-ce notre bonheur seul qui importe ? Ne devons-nous pas ce bonheur entièrement à l’œuvre de la croix ? Le sang de Christ nous a lavés de nos péchés et nous a faits rois et sacrificateurs pour Dieu (Apoc. 1:6), qui en Christ nous a scellés «du Saint Esprit de la promesse, qui est les arrhes de notre héritage, pour la rédemption de la possession acquise, à la louange de sa gloire» (Éph. 1:13). Si nous avons été rendus libres, n’est-ce pas afin de nous occuper de ses pensées et de sa gloire ? Sur qui Dieu fait-il resplendir sa gloire ? Sur vous ou sur moi ? Dieu soit loué, le Seigneur Jésus seul en est digne. N’est-il pas bien meilleur de regarder à lui plutôt qu’à nous — en qui nous ne trouvons rien d’autre que faiblesse, suffisance et égocentrisme. Dieu ne nous a pas laissé le soin d’élaborer nous-mêmes notre espérance, pas plus qu’il ne nous a chargés de déterminer nous-mêmes l’objet de notre foi. Pour espérance comme pour objet de notre foi, il nous a donné Christ (Col. 1:27b).

On prétend fréquemment — et on pense plus souvent encore — que le pardon de nos péchés et notre salut éternel constituent l’essentiel des plans divins, tout le reste étant secondaire. C’est une erreur. La parole de Dieu nous dit qu’en lui «toute la plénitude s’est plu à habiter, et, par lui, à réconcilier toutes choses (*) avec elle-même, ayant fait la paix par le sang de sa croix, par lui, soit les choses qui sont sur la terre, soit les choses qui sont dans les cieux» (Col. 1:19, 20). Dans l’éternité passée comme dans l’éternité future, le moment où le Sauveur mourut à Golgotha reste absolument unique.

 

(*) «Toutes choses» ne signifie pas «tous les êtres humains». La doctrine selon laquelle tous les hommes seront finalement sauvés est parfaitement contraire à l’enseignement de la parole de Dieu ; elle est une négation de la vérité divine.

 

Et pourtant, quel moment sera-ce également lorsque au nom de Jésus tout genou se ploiera et que toute langue confessera que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2:10, 11), lorsque tous les êtres perdus, même le diable et ses anges, se prosterneront devant le Seigneur Jésus, lorsque le péché du monde sera ôté (Jean 1:29) et que la justice habitera sur la terre (2 Pierre 3:13), lorsque toutes choses seront réconciliées avec Dieu ! Mais la gloire de la croix, loin d’en être ternie, en sera au contraire rehaussée ; car c’est alors seulement que toute l’efficacité du sang précieux de l’Agneau immolé, ainsi que toutes les bénédictions qui en découlent, seront pleinement manifestées. Dieu a déjà reconnu la valeur de ce sang : Il a ressuscité son Fils d’entre les morts et l’a glorifié à sa droite (Apoc. 5:6-14 ; 1 Pierre 1:19-21). Par la foi, nous pouvons nous aussi le reconnaître dès maintenant et nous réjouir en l’efficacité de son sang (Apoc. 1:5). Mais le retour du Seigneur Jésus sera le premier événement par lequel Dieu révélera dans le ciel et sur la terre, dans tous les recoins de sa création, la puissance en réconciliation du sang de l’Agneau. Serait-ce vraiment là une question secondaire, un point accessoire ?

 

4                        L’avenir de l’Assemblée

En 1 Corinthiens 10:32, la parole de Dieu répartit l’humanité en trois catégories : l’Assemblée de Dieu, les juifs et les Grecs. La dernière expression recouvre l’ensemble des hommes qui ne font partie ni du judaïsme, ni de l’Assemblée. Ailleurs, la Bible utilise fréquemment les termes «peuples» ou «nations» pour les désigner.

Cette répartition se retrouve dans les prophéties. Le peuple d’Israël y occupe la plus grande place, mais il est également fait mention des peuples et même, dans certains passages, de l’Assemblée. Nous allons considérer ces groupes l’un après l’autre et voir ce que Dieu a annoncé au sujet de leur avenir respectif.

Cette étude nous conduira à un merveilleux résultat, à savoir le plein déploiement de toutes les perfections de Dieu, perfections exprimées dans les noms sous lesquels il s’est révélé aux hommes. Dieu s’est fait connaître aux Juifs sous le nom de l’Éternel (Jéhovah) (Ex. 6:1-7). Dans les prophéties consacrées aux juifs, nous trouvons donc Dieu dans son caractère de «l’Éternel» ; nous y voyons sa fidélité, ainsi que tous ses attributs spécifiques à sa relation avec Israël. Le nom «l’Éternel» est en effet la marque distinctive de la relation entre Israël et Dieu. En conséquence, le Seigneur Jésus est présenté aux juifs comme le Messie, comme le centre des promesses et des bénédictions que Dieu, l’Éternel, leur avait données.

Les déclarations prophétiques au sujet de l’Assemblée nous révèlent quant à elles le nom du Père. L’Assemblée se trouve en effet en relation avec le Père. C’est pourquoi le Seigneur Jésus sous ce rapport nous est présenté comme le Fils de Dieu ; comme tel, il rassemble ses «plusieurs frères» autour de lui, et leur donne part à ses titres et à ses privilèges, c’est-à-dire être enfants de Dieu, membres de la famille de Dieu et cohéritiers avec Christ, le premier-né entre plusieurs frères. Dans ces bénédictions resplendit toute la gloire du Père.

Lors de la «plénitude des temps», période au terme de laquelle Dieu réunira en un toutes choses dans le Christ (Éph. 1:10), le nom sous lequel Dieu s’est révélé à Abraham, le père des croyants (Gen. 14:18-22), sera glorifié d’une manière parfaite ; ce nom est celui du Dieu Très-haut, possesseur du ciel et de la terre. C’est sous ce nom qu’il reçoit l’adoration de Melchisédec, un type du Sacrificateur royal qui sera le centre et le fondement de la bénédiction universelle dont jouira la terre unie au ciel (Héb. 7).

 

4.1   Les croyants de l’Ancien Testament font-ils aussi partie de l’Assemblée ?

De nombreux chrétiens pensent que l’Assemblée est un prolongement d’Israël. S’ils veulent dire par là que l’Assemblée comme témoignage de Dieu a remplacé le peuple juif après son rejet, ils ont dans un certain sens raison. Le plus souvent cependant, ces croyants entendent par une telle expression que les Israélites appartiennent également à l’Assemblée. En effet, la pensée que l’Assemblée a commencé sur la terre avec Adam et qu’elle y subsistera jusqu’au jugement final est fort répandue. Cela signifierait que tous les croyants des temps passés et futurs en font partie. Tel n’est pourtant pas le cas, d’après les enseignements — très clairs — des Écritures.

Éphésiens 3:9-11 déclare expressément que l’Assemblée était un mystère caché dès les siècles en Dieu ; vérité que nous trouvons confirmée en Colossiens 1:24-27.

Colossiens 1:18 souligne que le Seigneur Jésus, comme premier-né d’entre les morts, est le commencement de l’Assemblée. Éphésiens 1:22 et 4:8-16 nous enseignent qu’il en est devenu le Chef après son ascension et que depuis lors il lui accorde des dons. Éphésiens 2:19-22 dit que le fondement de l’Assemblée a été posé par les apôtres et les prophètes ; or selon le chapitre 3, verset 5, il s’agit là des prophètes du Nouveau Testament. L’apôtre Paul affirme également, en 1 Corinthiens 3, avoir posé le fondement ; comme le précédent, ce passage atteste que le Seigneur Jésus est le commencement, c’est-à-dire le fondement ou la maîtresse pierre du coin.

1 Corinthiens 12:13 nous donne une indication de temps encore plus précise. Ce passage dit expressément que l’Assemblée a pris naissance par le baptême du Saint Esprit. Or Actes 1:5 ne laisse aucun doute quant à la date de cet événement : il eut lieu le jour de la Pentecôte, que nous décrit Actes 2. D’autres passages, comme 1 Corinthiens 3:16 et Éphésiens 2:21, 22, viennent appuyer cette vérité en déclarant que l’Assemblée est le temple du Saint Esprit et que celui-ci habite en elle. Cela n’était pas possible tant que le Saint Esprit n’était pas descendu sur la terre.

Les paroles mêmes du Seigneur Jésus prouvent d’ailleurs que l’Assemblée n’existait pas encore lorsqu’il marchait sur la terre. En Matthieu 16, il déclare qu’il bâtira son Assemblée. Si cette dernière avait déjà existé à ce moment-là, il aurait mis le verbe au présent ou au passé. Il dit cependant «je bâtirai», action qui ne peut être que future. L’Assemblée n’existait donc pas à ce moment-là.

 

4.2   Différence entre l’Assemblée et Israël

Nous avons déjà relevé la différence entre Israël et l’Assemblée quant à leur relation respective avec Dieu. Dieu s’adressait à Israël en tant que l’Éternel ; l’Assemblée, elle, le connaît comme Père.

Il y a plus encore. Ce premier contraste indique simplement une différence de position ; mais les conséquences particulières qu’entraîne la position nous sont révélées clairement par de multiples détails. Nous allons considérer quelques-uns de ces points de plus près.

Tout d’abord, l’Écriture souligne que Dieu a parlé à Israël sur la terre, tandis que c’est du ciel qu’il s’est adressé à l’Assemblée (Héb. 12:25). Cette précision est révélatrice. Israël est un peuple qui appartient à cette terre ; il a donc une position terrestre. L’Assemblée est un peuple céleste ; elle appartient donc au ciel. Tout le reste découle de cette distinction fondamentale.

Israël reçut comme héritage et lieu d’habitation un pays terrestre. Dieu avait déjà promis ce pays à Abraham, Isaac et Jacob (Gen. 12:7 ; 15:7, 18 ; 17:8 ; 26:3 ; 28:13, etc.), et il avait réitéré sa promesse au peuple d’Israël (Ex. 6:7 ; 13:5 ; 15:17 ; Lév. 25:2, etc.). Quant à l’Assemblée, la Parole lui dit qu’elle possède un héritage qui est conservé pour elle dans les cieux (1 Pierre 1:4). Son appel est céleste (Phil. 3:14 ; Héb. 3:1) et sa bourgeoisie est dans les cieux. Plus encore, elle a déjà maintenant sa place dans les lieux célestes (Éph. 2:6).

Les bénédictions destinées à Israël sont toutes terrestres et liées au pays de Canaan. Il est frappant de constater qu’en Deutéronome 28 aucune bénédiction spirituelle n’est mentionnée. Les Israélites allaient être bénis «dans la ville» et «dans les champs». «Le fruit de ton ventre sera béni, et le fruit de ta terre, et le fruit de tes bêtes, les portées de ton gros bétail, et l’accroissement de ton menu bétail ; ta corbeille sera bénie, et ta huche... L’Éternel commandera à la bénédiction d’être avec toi, dans tes greniers et dans tout ce à quoi tu mettras ta main ; et il te bénira dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne» (Deut. 28:3-5 et 8).

En contraste, les bénédictions de l’Assemblée sont toutes spirituelles et situées dans les lieux célestes. Dieu «nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes» (Éph. 1:3).

Israël devait combattre sur la terre, en Palestine (Nomb. 13:29 ; 33:51-56). Le combat de l’Assemblée «n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes» (Éph. 6:12).

Il ressort clairement de ces passages qu’Israël et l’Assemblée appartiennent à des dispensations totalement différentes. Nous devons par conséquent prendre garde de ne pas appliquer les prophéties concernant Israël à l’Assemblée, ou vice versa.

 

4.3   Quel est donc l’avenir de l’Assemblée ?

Nous avons déjà vu que l’Assemblée est un peuple céleste. Sa bourgeoisie est dans les cieux (Phil. 3:20). Son appel est céleste (Phil. 3:14 ; Héb. 3:1). Ses bénédictions sont spirituelles et se trouvent dans les lieux célestes (Éph. 1:3). En Christ, elle a déjà maintenant sa place dans les lieux célestes (Éph. 2:6). Sa lutte est contre les puissances spirituelles de méchanceté dans les lieux célestes (Éph. 6:12). Son héritage est conservé dans les cieux (1 Pierre 1:4). Elle-même constitue le corps de l’homme glorifié à la droite de Dieu (Éph. 1:20-23).

Peut-il donc y avoir un avenir pour l’Assemblée sur la terre ? Est-il pensable que le corps reste pour toujours sur la terre alors que la Tête se trouve dans le ciel ? Où est l’avenir de l’Assemblée, sinon dans le pays de sa bourgeoisie, là où le corps sera uni à la Tête de manière parfaite ? Nous sentons bien que l’avenir de l’Assemblée ne peut être que le ciel. Le témoignage irréfutable des Écritures le confirme. En Philippiens 3:20, le Saint Esprit, après avoir affirmé que notre bourgeoisie est dans les cieux, poursuit immédiatement : «d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur, qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire». L’apôtre Paul peut dire à la louange des Thessaloniciens qu’ils attendaient eux aussi le Fils de Dieu des cieux.

En 2 Corinthiens 5, le même apôtre affirme que le croyant désire «avec ardeur d’avoir revêtu notre domicile qui est du ciel». En Jean 14, le Seigneur lui-même déclare à ses disciples pour les consoler avant son départ : «Je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi». En Apocalypse 3:11 et 22:20, nous entendons à nouveau la voix du Seigneur en consolation : «Je viens bientôt», et les croyants répondent : «Amen, viens, Seigneur Jésus ! »

Non, l’Assemblée ne restera pas toujours sur la terre. Son ardent désir d’être avec son Époux dans la maison du Père sera enfin satisfait : le Seigneur Jésus viendra lui-même la chercher, «et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Consolez-vous donc l’un l’autre par ces paroles» (1 Thess. 4:17, 18).

 

4.4   Comment se déroulera l’enlèvement de l’Église ?

Nous trouvons une description détaillée à ce sujet en 1 Corinthiens 15:45-53, et 1 Thessaloniciens 4:13-18. Le premier passage nous enseigne que nous sommes déjà maintenant «célestes» et que bientôt nous porterons l’image du céleste (Christ). Toutefois, le sang et la chair ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu, pas plus que la corruption ne peut hériter de l’incorruptibilité. Ainsi nous ne pouvons, tels que nous sommes, revêtus de corps mortels, entrer dans le ciel. Devons-nous donc tous d’abord passer par la mort ? Non, répond l’apôtre : «Voici, je vous dis un mystère : Nous ne nous endormirons pas tous, mais nous serons tous changés : en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette, car la trompette sonnera et les morts seront ressuscités incorruptibles, et nous, nous serons changés. » Dans l’épître aux Thessaloniciens, il ajoute que le Seigneur viendra lui-même accomplir cette transformation.

Une fois que les croyants endormis seront ressuscités et que les croyants encore vivants à ce moment-là seront changés, ils seront alors tous ravis ensemble dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air. «Et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur.»

Cette description est claire et sans équivoque. L’événement n’aura pas besoin d’une certaine période de préparation. Tout se passera en un laps de temps infiniment court, en un clin d’œil. À cet instant précis, l’Assemblée sera réunie au grand complet, car tous ceux qui auront cru depuis le jour de la Pentecôte seront présents ; ils s’en iront tous ensemble dans les nuées à la rencontre du Seigneur en l’air. Comme jadis Rebecca rencontra Isaac en chemin, ainsi l’Église rencontrera son Époux, le Seigneur Jésus, en l’air, et sera introduite par lui dans la maison du Père.

Ne confondons pas cet événement avec ce qui nous est décrit en Apocalypse 1:7 ou Matthieu 24:30. Dans ces passages, le Seigneur Jésus, venant sur les nuées du ciel, descend sur la terre à la vue de tous les hommes. En 1 Thessaloniciens 4 au contraire, il ne descend pas sur la terre, mais nous venons à sa rencontre dans les nuées. Le monde ne verra rien de ce moment glorieux. L’instant où l’Époux rencontrera son épouse et l’introduira dans la gloire restera caché au monde.

 

4.5   Quand aura lieu l’enlèvement de l’Église ?

Le Seigneur Jésus dit : «Je viens bientôt» (Apoc. 3:11 ; 22:20). Plus d’une épître de Paul nous rapporte que l’apôtre lui-même et les croyants de son temps l’attendaient chaque jour.

En 1 Thessaloniciens 1:3, Paul rend grâces pour la patience des Thessaloniciens dans l’espérance du Seigneur Jésus, et ajoute plus loin que même les païens savaient qu’ils attendaient le Fils de Dieu. En Philippiens 3:20, il écrit que les croyants attendent des cieux le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur. Les passages cités de 1 Corinthiens 15 et de 1 Thessaloniciens 4 laissent clairement entendre que l’apôtre s’attendait à ce qu’une partie des croyants auxquels il s’adressait seraient encore vivants à la venue du Seigneur. Tous ces exemples nous montrent bien qu’aucun événement, à la connaissance des premiers chrétiens, n’était encore nécessaire avant que le Seigneur ne recueille auprès de lui son Assemblée.

Les prophéties nous confirment cette pensée. Elles nous annoncent des centaines d’événements qui se dérouleront ici sur la terre. Nulle part cependant il n’est indiqué que l’un ou l’autre de ceux-ci doivent précéder l’enlèvement de l’Assemblée. Bien au contraire ! D’innombrables événements ne pourront survenir qu’une fois l’Assemblée au ciel. Prenons par exemple l’Apocalypse, seul livre du Nouveau Testament à se composer exclusivement de prophéties. Les subdivisions de ce livre, comme chacun le sait, nous sont données au chapitre 1, verset 19 :

1) les choses que tu as vues,

2) les choses qui sont,

3) et les choses qui doivent arriver après celles-ci.

L’expression «les choses que tu as vues» ne peut se rapporter qu’au premier chapitre, puisqu’il s’agit là d’un verbe au passé. L’Apocalypse elle-même nous précise les chapitres à regrouper sous le deuxième titre. Le début du chapitre 4, qui introduit la troisième subdivision, mentionne en effet expressément «les choses qui doivent arriver après celles-ci». Nous trouvons donc «les choses qui sont» dans les chapitres 2 et 3.

Avant que la troisième partie n’aborde les prophéties consacrées aux jugements qui tomberont sur cette terre, elle nous donne, dans les chapitres 4 et 5, une description de ce qui se passera au ciel pendant ce temps. Nous voyons des anciens. Ce ne sont pas des anges, mais des hommes rachetés, puisqu’ils chantent le cantique nouveau. Ces hommes sont toutefois glorifiés ; ils sont assis sur des trônes revêtus de vêtements blancs, et portent des couronnes d’or sur leurs têtes. La résurrection a donc déjà eu lieu, et l’Assemblée se trouve déjà dans la maison du Père.

Différents versets (Apoc. 7:13 ; 12:10 ; 14:3 ; 19:4, etc.) montrent clairement que cette scène et les jugements décrits dans l’Apocalypse se déroulent simultanément. Il ressort des passages cités, ainsi que du chapitre 19, que les anciens se trouvent bien au ciel pendant ce temps. Les noces de l’Agneau y sont célébrées, puis le Seigneur sort du ciel avec les siens et descend sur la terre (Apoc. 19:14 ; 1 Thess. 3:13). Les saints ne peuvent sortir avec lui du ciel que s’ils s’y sont trouvés auparavant. Par conséquent, tous les événements décrits après le cinquième chapitre de l’Apocalypse n’auront lieu qu’une fois l’Assemblée enlevée au ciel.

Non, rien de tout ce que la parole de Dieu nous annonce ne doit nécessairement survenir avant que le Seigneur Jésus nous enlève de cette terre. Nous pouvons donc librement diriger vers lui nos regards, l’appeler de nos vœux et attendre à chaque instant son retour.

«Or que le Seigneur incline vos cœurs à l’amour de Dieu et à la patience du Christ ! » (2 Thess. 3:5).

«Celui qui rend témoignage de ces choses dit : Oui, je viens bientôt. — Amen ; viens, Seigneur Jésus ! » (Apoc. 22:20).

 

5                        L’avenir de la chrétienté

Ésaïe 11 annonce un temps où «la terre sera pleine de la connaissance de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer» ; une merveilleuse consolation pour tous ceux qui voient l’incrédulité et l’apostasie régner partout sur la terre. Mais comment une telle situation pourra-t-elle bien se produire ?

D’aucuns croient trouver dans ce passage la preuve que l’évangile finira par remporter la victoire sur le péché et les puissances des ténèbres. D’après eux, l’évangile de la grâce sera prêché partout avant que le Seigneur revienne, de sorte que le monde entier se convertira à Dieu. C’est ainsi que naîtra un monde réellement chrétien et soumis à Dieu.

Un examen attentif des Écritures nous révèle cependant un tout autre processus. Le monde n’apprendra pas la justice par la prédication de l’évangile. «Car, lorsque tes jugements sont sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice. Si l’on use de grâce envers le méchant, il n’apprend pas la justice ; dans le pays de la droiture il fait le mal, et il ne voit pas la majesté de l’Éternel» (És. 26:9, 10). Ésaïe 11:4, 5 le confirme : «Et il frappera la terre avec la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. Et la justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité, la ceinture de ses flancs. » Voilà comment s’établira l’état béni décrit plus haut.

Le Nouveau Testament également enseigne expressément que l’évangile ne réformera pas le monde. Au contraire, le mal se répandra de plus en plus, pour atteindre son point culminant dans l’apostasie et dans la révolte ouverte contre Dieu. L’effroyable dans tout cela, c’est que cette rébellion ne soulèvera pas seulement le monde impie : même le monde christianisé tombera dans la grande apostasie.

 

5.1   Le royaume des cieux

Matthieu 13 nous présente l’histoire prophétique de ce royaume dans sa forme cachée : non pas sous la forme que les prophètes de l’Ancien Testament ont annoncée et contemplée dans leurs visions, mais sous celle qu’il a revêtue à la suite du rejet du Roi. Cette forme demeure depuis le jour de la Pentecôte jusqu’au moment où le Seigneur descendra sur cette terre pour établir son royaume en puissance et en gloire. Pendant cette période, le royaume est caractérisé par l’absence du Roi. En effet, après avoir été rejeté et mis à mort par son peuple, le Roi siège actuellement sur le trône de Son Père au ciel, et non sur son trône terrestre.

Les quatre premières paraboles dépeignent l’aspect extérieur du royaume. Dans la première, le Seigneur nous montre que tous ne retiennent pas l’évangile dans un cœur honnête et bon (Luc 8:15) ; beaucoup n’y adhèrent qu’en apparence. Dans la deuxième parabole, nous voyons que le royaume a certes bien commencé, mais que très vite l’ennemi a semé de l’ivraie parmi le froment. Le Seigneur lui-même identifie le froment comme «les fils du royaume», et l’ivraie comme «les fils du méchant». Les incrédules devaient ainsi rester parmi les croyants et leur ressembler extérieurement — l’ivraie étant une mauvaise herbe très semblable au blé. Cet état subsiste jusqu’au temps de la moisson, jusqu’à ce que l’ivraie comme le froment parviennent à maturité. Alors seulement la mauvaise herbe est arrachée par le jugement. Le temps de la moisson correspond à la consommation du siècle (v. 39), c’est-à-dire à la fin de la présente économie.

La troisième parabole nous prédit que le royaume deviendra une grande puissance terrestre (voir Daniel 4), et cela en contradiction avec sa nature originelle (un grain de moutarde). Tant que durera le rejet du Roi, cette puissance dominera sur la terre. Les oiseaux nicheront dans ses branches (Apoc. 18:2), et des doctrines impures prendront racine en elle.

La quatrième parabole nous en présente la corruption intérieure. La farine, pure à l’origine, est totalement corrompue par le levain que la femme y a caché. Ainsi, fausses doctrines et corruption morale sont introduites dans le royaume (Matt. 16:12 ; 1 Cor. 5) et finissent par l’imprégner complètement.

 

5.2   Le déclin dans l’Assemblée

Nous trouvons la même évolution dans les épîtres. Si le commencement a été magnifique, le mal est apparu très vite. Les apôtres ne laissent non plus aucun doute sur son expansion continuelle. «Or l’Esprit dit expressément qu’aux derniers temps quelques-uns apostasieront de la foi, s’attachant à des esprits séducteurs et à des enseignements de démons, disant des mensonges par hypocrisie, ayant leur propre conscience cautérisée» (1 Tim. 4:1, 2). «Or sache ceci, que dans les derniers jours il surviendra des temps fâcheux ; car les hommes seront égoïstes, avares, vantards, hautains, outrageux, désobéissants à leurs parents, ingrats, sans piété, sans affection naturelle, implacables, calomniateurs, incontinents, cruels, n’aimant pas le bien, traîtres, téméraires, enflés d’orgueil, amis des voluptés plutôt qu’amis de Dieu, ayant la forme de la piété, mais en ayant renié la puissance» (2 Tim. 3:1-5). Les mêmes traits caractéristiques sont énumérés en Romains 1 pour souligner la profonde déchéance des païens. Ici pourtant, il s’agit bien de la chrétienté, de ceux qui se nomment chrétiens, et qui ont la «forme de la piété».

«Car il y aura un temps où ils ne supporteront pas le sain enseignement ;... ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se tourneront vers les fables» (2 Tim. 4:3, 4). Dans le même chapitre, l’apôtre déplore que tous l’aient abandonné, comme déjà au chapitre premier, il avait mentionné que tous ceux qui étaient en Asie s’étaient détournés de lui. Ces passages ne nous rappellent-ils pas l’avertissement donné en Actes 20:29, 30 ?

Dieu a permis que la mauvaise herbe apparaisse déjà durant la vie des apôtres pour que nous puissions recevoir ses instructions divines à ce sujet et savoir ainsi comment nous comporter dans le temps du déclin.

«Car le temps est venu de commencer le jugement par la maison de Dieu» (1 Pierre 4:17). «Il y aura parmi vous de faux docteurs qui introduiront furtivement des sectes de perdition» (2 Pierre 2:1).

Selon Jean, la dernière heure sera caractérisée par la venue de l’Antichrist, et non par une recrudescence de foi, ou par la propagation de l’évangile dans le monde entier (1 Jean 2:18).

Jude décrit trois formes d’apostasie : l’apostasie naturelle, représentée en Caïn ; l’apostasie spirituelle, représentée en Balaam (la prédication de doctrines perverses à des fins intéressées) ; et finalement la révolte contre les droits sacerdotaux et royaux du Seigneur, représentée dans la rébellion de Coré contre Aaron et Moïse.

Cette apostasie recevra la sentence qu’elle mérite lorsque le Seigneur viendra du ciel pour exécuter les jugements.

C’est donc bien le mal, et non l’évangile, qui parviendra à unir le monde entier sous une même égide : «Et je vis sortir de la bouche du dragon, et de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits immondes, comme des grenouilles ; car ce sont des esprits de démons faisant des miracles, qui s’en vont vers les rois de la terre habitée tout entière, pour les assembler pour le combat de ce grand jour de Dieu le Tout-puissant» (Apoc. 16:13, 14).

 

5.3   L’histoire de l’Église

Les chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse nous offrent une vision prophétique de l’histoire de l’Église. Cette dernière y est décrite, non pas telle que l’homme la perçoit et la juge, mais telle que la voit celui qui a les yeux comme des flammes de feu. Nous reviendrons sur ce point dans un autre chapitre.

La déchéance morale de l’Église, ainsi que les causes de sa corruption, sont clairement détaillées dans ces chapitres. À Éphèse (les temps apostoliques), tout semble encore en ordre ; et pourtant, le premier amour s’est déjà éteint.

À l’assemblée de Smyrne (deuxième et troisième siècles), aucun reproche n’est adressé. Le feu de la persécution maintient les cœurs étroitement unis au Seigneur.

Après que Constantin eut embrassé la foi chrétienne et l’eut promue au rang de religion d’État (Pergame), la position de l’Assemblée change radicale