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Pierres précieuses de l’Écriture - Parfums du sanctuaire

 

par Alfred Guignard

 

Table des matières abrégée :

1        Quelques renseignements sur les pierres précieuses mentionnées dans les Écritures

2        Les parfums du sanctuaire

 

 

Table des matières détaillée :

1        Quelques renseignements sur les pierres précieuses mentionnées dans les Écritures

1.1      La pierre d’onyx

1.2      La sardoine

1.3      La topaze

1.4      L’émeraude

1.5      L’escarboucle

1.6      Le saphir

1.7      Le diamant

1.8      L’opale

1.9      L’agate

1.10    L’améthyste

1.11    La chrysolithe

1.12    Le jaspe

1.13    La calcédoine

1.14    Le sardonyx

1.15    Le sardius

1.16    Le béril

1.17    La chrysoprase

1.18    La hyacinthe

2        Les parfums du sanctuaire

2.1      La myrrhe

2.2      Le cinnamome aromatique

2.3      Le roseau aromatique

2.4      La casse

2.5      Le stacte

2.6      La coquille odorante

2.7      Le galbanum

2.8      L’encens

2.9      Le nard

2.10    Le safran

2.11    L’aloès

2.12    Le henné

 

 

Note Bibliquest : La meilleure manière d’expliquer l’Écriture est de l’expliquer au moyen de l’Écriture

 

1                    Quelques renseignements sur les pierres précieuses mentionnées dans les Écritures

M.E. 1944 p. 151-292

La terre est pleine des merveilles que le Créateur s’est plu à y accumuler avec une telle profusion que la vie d’un homme n’est pas suffisante pour en découvrir, ne serait-ce qu’une faible partie. Les plantes, les animaux, les minéraux, et bien d’autres choses encore proclament la grandeur, la sagesse et surtout la bonté infinie de Celui qui se plaît à se glorifier dans toutes ses œuvres. « Celui qui seul fait de grandes merveilles, car sa bonté demeure à toujours », lisons-nous dans le Psaume 136:4. Même un humble caillou que nous foulons sous nos pieds peut être un sujet d’admiration pour celui qui a des yeux pour en discerner les beautés. Parmi toutes les richesses que contient le sol, ce sont bien les pierres précieuses qui, dès l’antiquité, ont attiré l’attention de l’homme. Certes leur beauté dépasse tout ce qu’il est possible d’exprimer avec la parole, la plume ou le pinceau. Nous trouvons en elles un infini de coloration et de caractères. Les savants géologues y découvrent des merveilles sans nombre ; et les grands de ce monde n’ont rien trouvé de plus éclatant pour se parer et pour satisfaire leur vanité que ces pierres dites précieuses. Souvent ils ont dépensé des sommes folles pour en obtenir des exemplaires d’une beauté particulière. La Parole de Dieu elle-même aussi nous en mentionne un certain nombre, et Dieu se sert d’elles pour nous faire connaître quelques-unes de ses pensées. En nous laissant conduire par son Esprit Saint, nous pourrons discerner derrière l’éclat lumineux que projettent ces pierres, aux couleurs si variées, quelques rayons de la gloire de Celui qui a dit : « Je suis la lumière du monde ».

Nous sommes d’autant plus autorisés à le faire que douze de ces pierres brillaient comme autant de joyaux précieux sur la poitrine du grand sacrificateur en Israël lorsqu’il était revêtu de ses vêtements de gloire et de beauté. Ce sont les ombres des choses célestes, « mais le corps est du Christ ». Ce sont les beautés de Celui qui maintenant nous porte sur son cœur et sur ses puissantes épaules dans la présence de Dieu devant le trône de sa grâce. Les fondements de la cité céleste, vers laquelle nous nous avançons et dans laquelle nous allons bientôt entrer, sont aussi ornés de douze pierres précieuses (Apoc. 21:18-20). Si Dieu se donne la peine de nous parler de ces choses, nous ne pouvons pas, sans en éprouver une perte, négliger de nous en occuper et de rechercher ce qu’Il veut nous enseigner par ce moyen. C’est ce qui a engagé l’auteur de ces lignes à en faire part à ceux qui aiment notre Seigneur Jésus Christ. Puissent-ils éprouver la joie, qui a été la sienne en s’occupant de Celui dont ces pierres précieuses nous parlent et en écrivant ces quelques notes. Réjouissons-nous tous ensemble en Celui qui est plus beau que les fils des hommes. Dieu veuille que, par la contemplation de sa gloire, nous soyons transformés de gloire en gloire à son image. Amen !

Nous ne nous occuperons ici que des pierres telles qu’elles nous sont présentées dans les Écritures avec les noms qui leur étaient donnés par les anciens ; nous ne nous arrêterons que sur ce qui les caractérise en rapport avec les gloires de la personne de Christ. Toute autre chose sera intentionnellement mise de côté, car nous n’avons, en méditant sur de telles merveilles, qu’à rechercher ce qui peut nous édifier et non ce qui peut satisfaire une vaine curiosité. Nous rappellerons aussi, en commençant, deux vérités d’une grande importance. Premièrement lorsque nous nous posons une question dans la lecture de la Parole, nous avons à chercher en elle la réponse à cette question, car la Parole s’interprète elle-même. Secondement, quand Dieu se sert d’une image pour nous enseigner quelque chose, nous devons, si possible, chercher à voir celle dont Il nous parle et cela nous aidera à comprendre la leçon qu’Il veut nous donner. Si, par exemple, Il me parle d’un agneau, je serai heureux de contempler ce frêle animal qui n’a ni dents, ni griffes, ni cornes pour se défendre et qui est ainsi à la merci de ses ennemis. Cela nous amènera à adorer l’Agneau de Dieu qui a été immolé sur le mont Calvaire et que nous allons voir sur le trône. Merveilleuse est la diversité des moyens que Dieu emploie pour nous faire connaître ses pensées. Le psalmiste disait : « Ouvre mes yeux, et je verrai les merveilles qui sont dans ta loi ».

Avant d’entrer dans des détails sur ce qui concerne ces diverses pierres, nous voulons dire quelques mots sur la composition de ces brillants joyaux de la création. C’est un fait bien connu que ces pierres proviennent de trois substances : du sable (silice), de l’argile (alumine), et du charbon. Cela peut paraître étrange, mais la chose a été prouvée par les savants à la suite de nombreuses expériences. Quelqu’un dira : Des choses aussi merveilleuses sont-elles donc faites de choses aussi viles que de poussière, de terre et de charbon ? Oui ! Pour notre Dieu rien n’est impossible. Il se plaît à se glorifier dans les choses les plus humbles. Nous avons même, à ce sujet, un témoignage plus grand que celui des savants, c’est celui de sa propre Parole, et ce témoignage a plus de valeur pour l’humble croyant que toutes les découvertes faites par la sagesse humaine, si grande soit-elle.

L’homme, Adam, a été tiré de la poussière du sol (Genèse) et pourtant il est un être merveilleux, et c’est dans l’homme que Dieu fait connaître ses conseils en présence des armées célestes. Combien d’hommes aussi, tout en étant encore dans leurs corps tirés de la poussière, ont répandu autour d’eux de brillants rayons de la gloire de Dieu, du Dieu qui est lumière. Dieu déployait en eux sa puissance et manifestait sa gloire dans des vases de terre. Par exemple Paul, qui, dans son ministère, faisait briller devant les yeux de ceux qui l’entendaient, les rayons de la gloire de Dieu. Quelle lumière éclatante se répandait autour de lui quant il prêchait son glorieux Évangile ! Malgré cela, en parlant de son ministère, il nous dit qu’il avait ce trésor dans un vase de terre. L’excellence de la puissance qui se manifestait alors était bien de Dieu et non pas de Paul. Élihu dit à Job : « Voici, je suis comme toi quant à Dieu, je suis fait d’argile, moi aussi » (Job 33:6). Et pourtant de quel éclat il brillait dans ce moment. De quelle lumière céleste il éclairait la scène ténébreuse au sein de laquelle se mouvaient Job et ses amis. Le rubis aux brillantes couleurs est formé d’argile. Si l’argile, dans la main du potier, peut devenir un vase à honneur, utile au maître et préparé pour toute bonne œuvre, Dieu, qui fait des merveilles à ne pouvoir les raconter, se glorifie en prenant de l’argile pour en faire un joyau précieux avec lequel Il veut orner la cité céleste ; un joyau qui reflétera les rayons de sa propre gloire. L’améthyste au violet pourpré n’est que du sable cristallisé, et c’est cette pierre qui orne les grands dignitaires de ce monde. Le diamant, qui est la pierre la plus précieuse et la plus brillante, n’est que du charbon pur. Quel grand Dieu que le nôtre ! Il se plaît à se glorifier dans toutes  ses œuvres. D’un peu de terre, Il fait une pierre dont le prix est bien supérieur à celui de l’or ; du sable que nous foulons sous nos pieds, Il tire un joyau précieux ; d’un noir charbon, Il fait une pierre étincelante qui reflète les rayons de la lumière décomposée. Bientôt Il sera admiré dans les siens et glorifié dans tous ceux qui auront cru. En attendant ce jour de gloire, nous sommes déjà devant Lui, sur le cœur de notre grand Sacrificateur, comme autant de pierres précieuses aux couleurs les plus variées. « Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables ! Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ? ou qui lui a donné le premier, et il lui sera rendu ? Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! À lui la gloire éternellement ! Amen ».

Sur le pectoral du grand sacrificateur en Israël se trouvaient donc quatre rangées de trois pierres précieuses (Ex. 28:15-21). Nous pouvons nous demander : pourquoi ce chiffre quatre ? Nous le trouvons déjà dans le second chapitre de la Genèse, dans les quatre rivières du fleuve qui sortait du jardin d’Eden. Le Nouveau Testament commence par les quatre évangiles. Ce chiffre quatre est aussi celui des piliers qui soutenaient le voile magnifique qui séparait le lieu saint du lieu très-saint, voile qui a été déchiré à la mort de Christ. Ces divers exemples sont suffisants pour nous faire entrevoir quelque chose des quatre gloires de Christ : celles du Messie d’Israël, du parfait serviteur de l’Éternel, du Fils de l’homme et du Fils de Dieu. Ces quatre rangées de pierres portent ces quatre caractères, chose qui sera confirmée maintes fois lorsque nous étudierons en détail les diverses pierres qui ornaient le pectoral d’Aaron.

Maintenant nous allons nous occuper de chacune de ces pierres et nous enquérir de ce que Dieu veut nous enseigner par leur moyen. Chacune d’elle a un caractère qui lui est propre. La première est

 

1.1   La pierre d’onyx

C’est la première pierre précieuse que nous trouvons dans les Écritures (Gen. 2:12). Deux de ces pierres étaient sur les épaulières de l’éphod du grand sacrificateur Aaron. Elles étaient enchâssées dans des châtons d’or. Sur l’une étaient gravés les noms de six des fils d’Israël et sur la seconde les noms des six autres, selon leur naissance (Ex. 28:9). Nous la retrouvons sur le pectoral, mais elle ne se trouve pas parmi les pierres qui ornent les fondements de la Jérusalem céleste d’Apoc. 21.

Il ne faut pas confondre la pierre noire souvent veinée de blanc qui est vendue aujourd’hui sous le nom de pierre d’onyx avec celle des anciens dont nous parle l’Écriture. Dans l’antiquité, la pierre d’onyx était une pierre de la couleur de l’ongle de l’homme ; de là son nom significatif onyx, qui veut dire ongle. C’est là le principal caractère que nous avons à considérer dans cette pierre. Nous pourrions, peut-être, y ajouter celui de la particularité qu’elle a de pouvoir être gravée avec facilité.

De quoi nous parle la pierre d’onyx ? C’est dans les Écritures que nous avons à chercher la réponse à notre question. Dieu a toujours un but précis et digne de Lui en nous donnant une image, et sa Parole nous en donnera l’interprétation. Évidemment, Il veut ici nous parler de Celui qui est notre souverain Sacrificateur et qui nous porte sur ses puissantes épaules.

Dans les ordonnances concernant les holocaustes d’oiseaux, le sacrificateur devait détacher la tête de la victime avec son ongle et la faire fumer sur l’autel (Lév. 1:15). Il est inutile de dire que ce sacrifice nous parle du sacrifice plus grand et plus parfait de Celui qui est descendu du ciel et qui a été mis à mort par la main d’hommes iniques. Or c’est Celui qui est pour nous devant Dieu et qui nous porte sur ses épaules. Il est capable de sympathiser avec nous puisqu’Il a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché ; car, en ce qu’Il a souffert lui-même, étant tenté, Il est à même de secourir ceux qui sont tentés. Nous comprenons donc facilement pourquoi les pierres qui étaient sur les épaules du grand sacrificateur étaient des pierres d’onyx, pierres de la couleur de l’ongle de l’homme. Elles parlaient d’avance de la violence que devait subir Celui qui maintenant prie pour nous. Dans la puissance d’un amour que rien n’a arrêté et qui l’a fait traverser les souffrances qui ont été sa part, Il continue son service jusqu’à ce que nous soyons arrivés dans les demeures célestes. Il fait bon se sentir sur de telles épaules et de savoir que nous y sommes en justice et comme des joyaux qui sont précieux à son cœur. Nous comprenons facilement pourquoi nous ne trouvons pas la pierre d’onyx dans les fondements de la Jérusalem céleste. Quand nous y serons arrivés, nous n’aurons plus besoin de son office de sacrificateur, puisque nous en aurons fini à tout jamais avec les peines et avec les dangers du voyage.

 

1.2   La sardoine

La sardoine n’est mentionnée qu’une seule fois dans les Écritures ; c’est elle qui est la première de la première rangée des pierres du pectoral d’Aaron (Ex. 28:17). Dans Exode 39:10, nous avons la même nomenclature. Il ne faut pas confondre la sardoine avec la sardonix dont nous nous occuperons plus tard. C’est une pierre rouge et jaune ; en d’autres termes, elle a la couleur du sang et de l’or. Ces deux couleurs associées dans une même pierre nous parlent de deux vérités qui sont intimement liées l’une à l’autre : la valeur du sang de Christ et la justice dont le coupable est revêtu en vertu de l’efficace de ce sang ; l’or étant, dans les Écritures, l’expression de la justice divine. C’est par ces choses que nous commençons nos relations avec Dieu ; il ne peut en être autrement. En vertu de la valeur inestimable de ce sang, le plus misérable pécheur peut être reçu, justifié, blanchi sans nulle tache et objet de tout l’amour du Père. Ce pécheur, sauvé et rendu parfait à perpétuité, est devant ses yeux comme un joyau précieux et qui reflète quelques rayons de la gloire de son cher Fils. Nous comprenons donc pourquoi la première pierre du pectoral était une sardoine. Dieu est beaucoup plus précis que nous ne le pensons dans la portée des mots et des images dont Il se sert dans les Écritures. Nous pouvons admirer sa parfaite sagesse aussi bien dans les œuvres de sa création que dans sa Parole qui demeure éternellement.

 

1.3   La topaze

La seconde pierre du pectoral était une topaze ; elle était aussi la neuvième des pierres qui ornaient les fondements de la Jérusalem céleste (Apoc. 21:20). Il est de toute évidence que nous avons ici la topaze des anciens, dite topaze orientale. Rare maintenant, mais bien connue dans l’antiquité, elle est d’un beau jaune d’or. Elle brille comme un rayon de soleil, disent ceux qui connaissent particulièrement cette merveille de la création. Quand elle est d’une belle qualité, elle atteint un prix considérable. Cette couleur d’or, reflétée dans une pierre précieuse, ainsi que nous l’avons déjà dit, est l’emblème de la justice divine. Dans la sardoine elle est l’expression de cette justice qui justifie le coupable en vertu du sang qui a été répandu sur le mont Calvaire ; ici, la topaze est plutôt l’emblème de cette justice manifestée en gloire d’une manière visible, publique, quand le Messie d’Israël apparaîtra aux yeux de tous, quand Il viendra comme le soleil de justice apportant la santé dans ses ailes et éclairant le monde de ses brillants rayons. La justice dont son peuple coupable sera revêtu ne sera-t-elle pas le rayonnement de la gloire de son Messie ? Dans ce jour-là Israël sera placé à la tête des nations sous le puissant sceptre de son Roi de gloire quand il sera dit : « Portes, élevez vos têtes ! et élevez-vous, portails éternels, et le Roi de gloire entrera ! ». Sa justice brillera d’un vif éclat aux yeux de tout l’univers, c’est ce dont nous parle la brillante topaze.

 

1.4   L’émeraude

L’émeraude est la troisième pierre de la première rangée des pierres du pectoral et la quatrième de celles qui ornent les fondements de la Jérusalem céleste. C’est une pierre bien connue par sa couleur d’un beau vert comme l’herbe des champs. Quand elle est d’une belle nuance, et sans défaut, elle occupe un des premiers rangs dans la hiérarchie des pierres précieuses ; elle en est une des plus rares et des plus admirées. Sa couleur verte nous fait nécessairement penser à la terre en contraste avec le bleu qui est la couleur du ciel. Elle est l’emblème de la gloire terrestre du Messie d’Israël. C’est sur l’herbe verte que le Seigneur a fait asseoir les foules quand Il les a rassasiées de pain (Marc 6:39). Il accomplissait ainsi la prophétie du Ps. 132:15 qui annonçait d’avance que le Messie rassasierait de pain les pauvres de son peuple. Dans ce moment Il commençait les miracles qu’Il opérera d’une manière plus grande dans le siècle à venir. En ce jour-là, Il répandra sur son peuple, avec abondance, une bénédiction comme il n’y en a encore jamais eu jusqu’à maintenant ; bénédiction qui s’étendra sur toute la terre. La verte émeraude est donc l’emblème de ce beau règne de mille ans dont nous parlent les prophètes. Ils nous rendent témoignage des souffrances et des gloires qui devaient être la part du Christ. L’Éternel a parlé, sa promesse s’accomplira certainement. Les souffrances sont passées, que reste-t-il donc ? Les gloires ! Elles vont être manifestées aux yeux de tous dans le monde même où Il a été couronné d’épines.

Les trois pierres dont nous venons de parler forment donc la première rangée des pierres précieuses qui ornaient le pectoral d’Aaron ; pierres sur lesquelles étaient gravés les noms des trois premiers fils de Jacob. Ils étaient de grands pécheurs et Dieu nous raconte les fautes dont ils se sont rendus coupables, mais, malgré cela, voici leurs noms qui sont placés sur le cœur du grand souverain sacrificateur d’Israël : ce sont des noms précieux puisqu’ils brillent comme autant de joyaux enchâssés dans de l’or, expression de la justice divine. Comment une telle chose peut-elle avoir lieu ? Il n’y a qu’une seule réponse à cette question : c’est la grâce de Dieu et rien d’autre, qui a pu les placer là. Combien cette grâce est merveilleuse ! Mais, plus nous considérons ces merveilles, plus nous sommes persuadés que c’est, avant tout autre chose, de Christ que Dieu veut nous parler, que ce sont de ses gloires dont le Saint Esprit veut nous occuper. Cette première rangée de pierres, de même que le premier des Évangiles, nous présente les gloires du Messie d’Israël. Ainsi que nous l’avons déjà dit, Il devait souffrir, son sang devait être répandu. En vertu de ce sang, son peuple sera justifié de ses nombreux péchés. C’est ce dont nous parle la sardoine. Cette justice, dans un jour à venir, resplendira en gloire aux yeux de tous, c’est ce que proclame la couleur d’or de la brillante topaze. Enfin, la bénédiction millénaire dont les prophètes nous parlent aura son plein accomplissement sous le glorieux sceptre du Messie attendu : prospérité, abondance partout : chacun sera assis sous sa vigne et sous son figuier. N’est-ce pas de quoi nous parle la belle et verte émeraude ? Nous n’entrons pas dans d’autres détails qui nous entraîneraient trop loin et qui, peut-être, détourneraient nos yeux de l’excellence de Celui duquel il nous est dit que les disciples ne virent plus personne que Jésus seul (Matt. 17:8). Dans un domaine, tel que celui dans lequel nous nous mouvons maintenant, une vaine curiosité peut facilement nous éloigner de Lui. C’est une terre sainte que nos pieds foulent dans cet instant : faisons comme Moïse qui ôtait sa sandale devant Celui qui était descendu au milieu d’un buisson d’épines.

 

1.5   L’escarboucle

Avec cette pierre nous commençons la seconde rangée des pierres du pectoral. Dès le premier coup d’œil, nous remarquons que nous avons ici les pierres les plus brillantes, les plus merveilleuses de la création ; celles qui, encore aujourd’hui, sont les plus recherchées et dont la valeur dépasse souvent de beaucoup celle de toutes les autres. La première est donc une escarboucle. C’est le nom ancien de celle que nous appelons aujourd’hui le grenat. Dans l’antiquité, nous disent les savants minéralogistes, on prisait fort l’escarboucle rouge à cause de la puissance de son éclat. Elle est d’un rouge ardent semblable, quand elle est bien taillée, à un charbon embrasé. C’est du reste à cause de cette particularité qu’elle a reçu le nom d’ » escarboucle » qui vient d’un mot latin signifiant « petit charbon ». Maintenant nous devons nous demander de quoi nous parle d’escarboucle et ce que Dieu veut nous enseigner dans sa Parole, par le moyen de cette pierre qui a un éclat si merveilleux. Si nous avons su voir, dans la première rangée des pierres du pectoral d’Aaron, quelques rayons de la gloire du Messie d’Israël, celui dont l’évangile de Matthieu nous parle, il ne nous sera pas difficile de voir ici les gloires du parfait serviteur de l’Éternel, celui que le second évangile nous fait connaître. Que dire de ce fidèle serviteur, si ce n’est que c’est au sein de la plus ardente souffrance qu’Il a accompli son service au milieu d’un monde ennemi et dans lequel Il a été obéissant jusqu’à la mort, la mort de la croix. Le feu de l’épreuve qu’Il traversait ne faisait qu’augmenter l’éclat de sa perfection infinie. Il a plu à l’Éternel de le meurtrir, il l’a soumis à la souffrance, et cela n’a eu pour résultat que de mettre en évidence l’ardeur de l’amour dont son cœur était rempli en faveur de ceux qu’Il était venu chercher et sauver. Sans se lasser et sans se laisser arrêter par rien, Il a continué son service d’amour jusque sur la croix du Calvaire où Il a été consumé par le feu du jugement de Dieu. Nous sommes en présence d’un sujet qui sera le thème de notre louange pendant l’éternité. L’escarboucle ne se  trouve pas dans les pierres qui ornent les fondements de la Jérusalem céleste d’Apoc. 21 pour la raison bien simple que, dans cette cité glorieuse, les perfections de Christ ne brilleront plus au sein de la souffrance. Quand nous y serons arrivés, nous contemplerons d’autres aspects de sa gloire.

 

1.6   Le saphir

La deuxième pierre de la seconde rangée des pierres du pectoral était un saphir. Cette pierre était connue dès la plus haute antiquité ; elle était pour les anciens la pierre sacrée par excellence. Sa valeur encore aujourd’hui est grande. Sa couleur bleue suffit à nous faire connaître quelle est sa signification symbolique. C’est la couleur du ciel. Elle est en contraste avec l’émeraude verte dont nous avons déjà parlé et qui est l’emblème de la gloire terrestre du royaume. Si, dans l’escarboucle, nous avons vu quelque chose d’un Christ accomplissant son service au sein de la plus ardente souffrance, il nous sera facile de voir ici la gloire de ce Serviteur assis au plus haut des cieux, ainsi que le prophète Ésaïe nous en parle, disant : « Voici mon serviteur agira sagement ; il sera exalté et élevé, et placé très haut » (chap. 52:13). Avec quelle sagesse Il a accompli son ministère quand Il était dans le monde, et maintenant, dans quelle gloire Il se trouve là où nous le contemplons par l’œil de la foi (Héb. 2:9). Seul, l’évangile de Marc se termine en nous disant que le Seigneur, après avoir parlé à ses disciples, fut élevé en haut dans le ciel, et s’est assis à la droite de Dieu (chap. 16:19). Le contraste est grand entre l’ardeur des souffrances dont nous parle l’escarboucle et la paix, le repos et la gloire du ciel dont le saphir est l’image. Ces deux pierres brillantes placées l’une à côté de l’autre ne sont-elles pas merveilleuses ? C’est du reste la même leçon que l’apôtre Pierre veut nous enseigner dans un autre langage, en nous disant que l’Esprit de Christ, qui était dans les prophètes, nous parlait d’avance des souffrances qui devaient être la part du Christ et des gloires qui suivraient. Nous avons là un thème inépuisable de méditation et un sujet d’adoration pour l’éternité. Le saphir est aussi la deuxième pierre qui orne les fondements de la Jérusalem d’Apoc. 21. C’est une cité céleste.

 

1.7   Le diamant

Le diamant était la troisième pierre de la seconde rangée des pierres du pectoral. Cette pierre, dont le nom vient d’un mot grec qui signifie « invincible », est une pierre à laquelle nulle autre ne peut être comparée. Elle est trop connue pour que nous ayons à en donner une longue description. C’est la plus brillante, la plus dure et la plus précieuse des gemmes qui ont servi à la parure de l’homme. Incolore, transparente, elle brille d’un vif éclat et lance mille feux aux couleurs les plus variées : tous les tons de la lumière décomposée. Cette pierre unique est bien le couronnement de cette merveilleuse rangée des pierres du pectoral. Nous y avons vu la gloire de Christ dans la souffrance qui a accompagné son service ici-bas, dans l’escarboucle ; son exaltation maintenant au plus haut des cieux, dans le bleu saphir ; dans le diamant nous contemplons sa gloire quand Il sera manifesté aux yeux de tout l’univers avec la multitude de ses rachetés qui seront les résultats glorieux de son service. Dans ce jour-là Il sera glorifié dans les siens et admiré dans tous ceux qui auront cru. Ces pierres ne seront-elles pas comme tout autant de rayons multiples et brillants de sa gloire inexprimable ? Ce sera le brillant couronnement de son service. Quel Dieu que celui qui se plaît à se glorifier dans toutes ses œuvres ! Dans sa première création, nous trouvons déjà mille choses qui nous montrent d’avance les beautés de la nouvelle création de laquelle nous faisons déjà partie puisque, si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : « Les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor. 5:17). Que doit-il en être de cette nouvelle création puisque toutes les merveilles de la première doivent rentrer dans le néant et que, dans la nouvelle, tout subsiste éternellement ? Mais, avons-nous des yeux pour en contempler les splendeurs ?

 

1.8   L’opale

L’opale est la septième pierre du pectoral et la première de la troisième rangée. Elle est translucide ; dans ses beaux spécimens elle est d’un blanc laiteux bleuâtre, et sur lequel se jouent des reflets de violet, de bleu, de rouge, de vert et de jaune qui lui donnent un aspect vraiment féerique. C’est aussi une des pierres qui étaient en grande estime dans l’antiquité. On raconte à ce sujet des choses presque incroyables si on ne connaissait pas la folie de l’homme qui se fait une idole de n’importe quoi, même d’une pierre brillante. Maintenant, de quoi nous parle l’opale ? C’est ce qu’il nous importe de savoir, car l’or, l’argent et les pierres précieuses passeront avec le monde d’où ils ont été tirés ; mais, par contre, les gloires variées de la personne de Christ brilleront devant nos yeux pendant l’éternité et rempliront nos cœurs d’adoration pour Celui qui est plus beau que les fils des hommes. Cette troisième rangée de pierres correspond au troisième évangile et fait briller devant nos yeux quelques-unes des gloires du Fils de l’homme, de la même manière que les deux précédentes nous ont parlé du Messie et du serviteur de l’Éternel. Cette première pierre blanche sur laquelle brillent tant de reflets aux couleurs variées ne nous montre-t-elle pas la pureté parfaite de Celui qui est né d’une vierge et qui, tout en étant homme, n’a pas connu le péché ? Ces reflets bleuâtres ne sont-ils pas l’expression de son origine céleste ? Il est le second homme, le dernier Adam qui est venu du ciel. Sa gloire était voilée par son humanité, mais elle ne pouvait être cachée aux yeux de ceux auxquels Il avait ouvert les yeux. Quelle beauté dans cet Homme ! Les couleurs variées qui scintillent sur la blanche opale sont comme les rayons des gloires infinies de l’Homme parfait. Nous comprenons que le ciel s’est ouvert sur Lui et que les bienheureux habitants de ce saint lieu contemplaient Celui qui était l’objet de toute la satisfaction du cœur du Père : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir », lui dit-Il. Celui dont l’opale nous parle est-Il précieux à nos cœurs ? Savons-nous contempler ses gloires variées, et est-Il pour nos cœurs comme un joyau d’une valeur inestimable ?

 

1.9   L’agate

Chacune des pierres dont nous parlent les Écritures revêt un caractère bien défini qui lui est propre. Nous ne pouvons qu’admirer la sagesse infinie du Dieu créateur qui a fait toutes ces choses avec une parfaite connaissance du but qu’Il se proposait en les plaçant sur la terre et en les mettant à la disposition de l’homme, celui en vue duquel Il faisait toutes ces merveilles. La créature humaine, douée d’intelligence, aurait dû admirer ces œuvres et donner gloire à celui qui les a faites ; mais, hélas ! sait-elle le faire ? Le croyant y trouve d’innombrables sujets de louer ce Dieu qui se glorifie dans toutes ses œuvres. Mais, bien mieux que cela, par l’Esprit qui lui a été donné, il peut, à la lumière de la Parole, entrer dans la connaissance des choses profondes de Dieu dont nous avons déjà de nombreuses images dans la première création. Ce sont des choses qui sont cachées aux sages et aux intelligents, mais qui sont révélées à de petits enfants.

L’agate, de toutes les pierres précieuses, est celle qui offre les plus riches combinaisons de couleurs et de dessins. Ses veines, disposées dans un ordre des plus variés, présentent les formes les plus diverses. Toutes les teintes et toutes les gammes des couleurs s’y rencontrent depuis le noir le plus profond au blanc le plus pur en passant par toutes les couleurs connues. On y trouve même quelquefois des branchages magnifiques. Nous revenons à cette seconde pierre de la troisième rangée du pectoral et écoutons ce que Dieu veut nous dire par son moyen. Ses couleurs variées sont comme les reflets de la gloire de l’Homme qui a toujours glorifié Dieu dans toutes les circonstances qu’Il a dû traverser. Toujours le même, Il a manifesté les beautés et les perfections de son être, dans la crèche de Bethléhem, dans le désert, sur la mer orageuse, en présence de la souffrance de sa créature, en butte à l’opprobre et au mépris, dans le jardin de Gethsémané ; sur la montagne de la transfiguration comme sur le mont Calvaire. Comment des êtres tels que nous sommes peuvent-ils parler de l’infini ? Et dire que c’est un tel Homme qui est pour nous devant Dieu, qui nous porte sur son cœur devant le trône de la grâce !

 

1.10                   L’améthyste

L’améthyste est la troisième pierre de la troisième rangée des pierres du pectoral et la dernière de celles qui ornent les fondements de la Jérusalem céleste. L’améthyste est une pierre rare d’une couleur violette nuancée de rouge. Cette belle couleur rappelle celle de la pourpre dont se vêtaient les grands dignitaires d’autrefois. Dans les Écritures elle est l’emblème de la gloire impériale, celle du Fils de l’homme qui doit régner sur l’univers tout entier, en contraste avec l’écarlate qui nous parle de sa gloire comme Messie d’Israël. Le mystère de la volonté de Dieu est de mettre toutes choses sous l’autorité de Celui que l’homme a rejeté, couronné d’épines et revêtu, en dérision, d’un manteau de pourpre. Bientôt, éclatant de lumière et de gloire, Il apparaîtra, sur les nuées, comme le Fils de l’homme, avec puissance et une grande gloire ; tous les genoux se plieront devant Lui et toute langue le confessera comme Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. Heureux temps pour ceux qui l’ont aimé pendant son absence, mais jour de confusion pour ceux qui l’ont haï quand Il était ici-bas et pour ceux qui ont méprisé le temps de sa patience. C’est ce que l’améthyste proclame par sa couleur pourprée. Les trois pierres que nous venons de considérer sur cette troisième rangée des pierres du pectoral sont bien en rapport avec la gloire du Fils de l’homme. La première avec sa gloire qui a brillé dans sa parfaite humanité sans péché. La seconde en rapport avec la beauté de sa vie entièrement consacrée à Dieu et cela au travers de toutes les circonstances qu’Il a traversées, beauté plus variée que les couleurs et les dessins que nous admirons dans l’agate ; beauté qui, enfin, brillera devant les yeux de tous au jour de son triomphe quand Il dominera sur tout l’univers. Alors, Il sera magnifique par toute la terre et Il mettra sa majesté au-dessus de tous les cieux. Nous comprenons pourquoi l’améthyste, qui est comme le reflet de cette gloire, se trouve dans les ornements de sa glorieuse cité céleste (Apoc. 21:20).

 

1.11                   La chrysolithe

Nous arrivons maintenant à la quatrième et dernière rangée des pierres du pectoral. Puisque nous avons pu voir dans les trois premières rangées les caractères des trois premiers évangiles, nous nous sentons autorisés à voir ici les choses qui concernent le Fils de Dieu, Celui que l’évangile de Jean nous fait connaître d’une manière si précieuse. La première pierre de cette rangée est donc une chrysolithe. Le nom de cette pierre suffit pour nous en donner le caractère et la signification. « Chrysolithe », mot composé de deux mots grecs : « khrusos » qui signifie or et « lithos », pierre. C’est donc la pierre d’or, elle en a la couleur. Nous ne devons pas la confondre avec la topaze dont nous avons déjà parlé à propos de la première rangée de pierres du pectoral, et qui lui ressemble comme coloration. La composition est différente, de même que son caractère symbolique. La topaze est donc l’emblème de la manifestation publique et en gloire de la justice de Dieu, quand le Messie d’Israël établira son règne de justice et de paix. Roi de justice et roi de paix. Ici, nous avons la manifestation de cette justice dans le monde quand le Fils est venu ici-bas de la part du Père, lui la Parole qui a été faite chair. Ce n’est pas tant le côté de l’application de cette justice au coupable que la manifestation de cette justice dans le monde, l’excellence de cette justice vue dans un homme, un vrai homme dans le monde et qui pourtant était Dieu manifesté en chair, Celui que le Père avait envoyé. Nous voyons cette pierre dans les roues du char du gouvernement de Dieu d’Ézéchiel 1:16. Les hommes n’ont rien voulu de cette justice quand elle était manifestée en grâce dans la personne du Fils. En juste retour, ils devront apprendre ce qu’elle est en jugement. Quand les jugements de Dieu sont sur la terre, les hommes apprennent la justice (És. 26:9).

 

1.12                   Le jaspe

La seconde pierre de cette quatrième rangée des pierres du pectoral était un onyx. Nous en avons déjà parlé à propos des épaulières de l’éphod ; donc nous n’y reviendrons pas, sauf pour faire remarquer que Celui qui était la parfaite manifestation de Dieu et de sa justice a été l’objet de la pire des injustices de la part de sa créature qui l’a fait mourir par la main d’hommes iniques. Le monde est convaincu de péché, de justice et de jugement, lisons-nous dans l’évangile de Jean (chap. 16:8). Le monde a mis à mort le Fils unique de Dieu que le Père a envoyé. Quel péché ! La justice l’a placé au plus haut des cieux.

Maintenant nous arrivons à la dernière des pierres du pectoral, elle est en même temps la première de celles qui ornent les fondements de la cité céleste. C’est un jaspe. Cette pierre, de couleurs variées, se distingue de toutes les autres par sa complète opacité. Même en plaques très minces, elle ne se laisse pas traverser par la lumière. Étant ainsi impénétrable, elle est bien l’image de la gloire de Dieu dans l’impénétrabilité de son être. Il habite la lumière inaccessible, lui qu’aucun des hommes n’a vu ni ne peut voir. Mais, oh ! mystère insondable, ce Dieu a été pleinement révélé dans la personne d’un homme qui était au milieu des hommes, un homme qui a pu dire : « celui qui m’a vu a vu le Père ». Cet homme était le Fils lui-même, Dieu manifesté en chair. C’est Lui qui est pour nous devant Dieu dans toute l’excellence de sa personne et dans toute la puissance de son amour. La gloire brillera bientôt de tout son éclat dans la Jérusalem céleste ; là elle sera visible dans l’Épouse, la femme de l’Agneau, pendant le brillant règne de mille ans ; elle sera la lumière et la protection de cette glorieuse cité. C’est Dieu lui-même manifesté en Christ qui est la solide base de toutes nos bénédictions pour l’éternité. La première pierre qui orne les fondements de la cité céleste que la foi d’Abraham a vue de loin et saluée est donc un jaspe.

 

1.13                   La calcédoine

Maintenant que nous nous sommes occupés des pierres qui ornaient le pectoral d’Aaron, donnons un rapide coup d’œil sur six autres pierres qui ornaient les fondements de la Jérusalem céleste et qui ne figuraient pas sur le pectoral. La première est la « calcédoine » qui ornait le troisième fondement de cette glorieuse demeure des rachetés célestes. Ce qui caractérise cette pierre est sa blancheur. Il est presque inutile de faire remarquer qu’elle nous rappelle la parfaite sainteté de ce lieu où le mal ne pourra jamais pénétrer : Il n’y entrera jamais aucune chose souillée, ni ce qui fait une abomination ou un mensonge. C’est le mal, le péché, qui a toujours été la cause de la ruine de tout ce qui a été établi dans le monde. Le mal étant à jamais éloigné de cette enceinte sacrée, sa stabilité subsistera à toujours. Le contraste sera grand avec les cités de ce monde où le mal s’étale au grand jour, et où nous le côtoyons de toutes parts.

 

1.14                   Le sardonyx

Le sardonyx est la cinquième pierre qui ornait les fondements de la Jérusalem céleste. Cette pierre a souvent été confondue avec la sardoine à cause de la ressemblance de leurs noms et aussi par le fait que toutes deux ont du rouge mélangé à une autre couleur ; mais ceux qui s’occupent de la gravure des pierres précieuses font une différence bien marquée entre ces deux pierres, Dieu est beaucoup plus précis que nous ne le pensons dans les mots qu’Il emploie dans sa Parole et dans les images dont Il se sert pour nous instruire. Le mot « sard », d’après les dires des savants minéralogistes, vient d’un mot très ancien qui veut dire rouge. Nous avons vu dans la sardoine la couleur rouge et celle de l’or ; ici, dans le sardonyx, nous avons une pierre rouge, couleur de la chair sanglante avec celle de l’ongle : « onyx ». Sard et Onyx sont réunis en un seul mot dans le nom de cette pierre. Ces deux couleurs nous rappellent le meurtre de Christ, la violence, la méchanceté et la mort qu’il a endurées de la part de sa créature. Si, d’un côté, le sardonyx rappelle ce que l’homme a fait, d’un autre côté, cette mort est la sûre base sur laquelle repose la paix et la bénédiction des rachetés pour l’éternité. Dieu est plus grand que l’homme. Si ce dernier a donné la mesure de sa méchanceté à la croix, c’est là aussi que Dieu a donné la mesure de la grandeur de son amour.

 

1.15                   Le sardius

Le sardius est le brillant ornement du sixième fondement de la Jérusalem céleste. La pierre qui porte ici ce nom est le rubis des temps modernes. Le rubis est, après le diamant, la pierre qui atteint les prix les plus exorbitants ; même quelques échantillons d’une pureté remarquable ont été payés plus chers que cette pierre qui pourtant est la reine des gemmes. La couleur est celle du sang quand il jaillit de l’artère. Cela suffit pour nous faire comprendre quel est le sens symbolique de cette pierre et ce que Dieu veut nous enseigner par son moyen. Quelle est la valeur du sang de Christ ? Ce sang, plus précieux que l’or, nous a délivrés de toute notre culpabilité, nous a lavés de toutes nos souillures, a satisfait à toutes les exigences de la loi de Dieu qui a été violée ; il nous ouvre l’accès des cieux, nous introduit dans la faveur de Dieu. C’est ce sang précieux qui est le sûr fondement des bénédictions éternelles de tous les rachetés : tous les heureux habitants de la cité céleste y auront une place assurée en vertu de ce sang dont la valeur est inestimable. Nous ne sommes donc pas surpris de trouver le sardius ornant les fondements inébranlables de la cité de Dieu.

 

Le pécheur, de ses souillures,

Dans le sang de Christ lavé,

Seul franchit ses portes pures…

 

a dit le poète.

 

1.16                   Le béril

Le béril est l’aigue-marine orientale. C’est une pierre bien connue aujourd’hui, une de celles qui se voient le plus souvent dans les étalages des bijoutiers. Ce mot « aigue-marine » signifie eau de mer ; nom qui, sans nul doute, provient de sa couleur vert de mer. C’est dans cette particularité, voulue du Créateur, que nous avons à en rechercher le sens symbolique. Nous savons que, dans les Écritures, la mer représente les nations dans leur agitation ; jamais elle n’est dans un parfait repos et souvent elle est soulevée par la tempête. C’est dans un tel milieu que Dieu prend de pauvres êtres misérables pour les introduire dans la Jérusalem céleste. Il y en aura de toutes tribus, et langues, et peuples, et nations ; objets, les uns et les autres, de la merveilleuse grâce de Dieu. Quel repos sera le leur après tant de troubles, d’agitation et de détresse ! « Ils montent aux cieux, ils descendent aux abîmes ; leur âme se fond de détresse ; ils tournent et chancellent comme un homme ivre, et toute leur sagesse est venue à néant… Alors ils ont crié à l’Éternel dans leur détresse, et il les a fait sortir de leurs angoisses ; il arrête la tempête, la changeant en calme, et les flots se taisent. Et ils se réjouissent de ce que les eaux sont apaisées, et il les conduit au port qu’ils désiraient » (Ps. 107:26-30). Quel doux repos sera la part des heureux habitants des demeures célestes ! Le doux éclat du béril en est une belle image. Quel Dieu que Celui qui fait éclater ses merveilles dans ces eaux profondes !

 

1.17                   La chrysoprase

La chrysoprase est la dixième pierre qui orne les fondements de la Jérusalem céleste. Son nom nous en donne le caractère et nous en fait connaître le sens symbolique. Ce mot « chrysoprase » provient de deux mots : « krusos » que nous avons déjà vu dans la chrysolithe, et qui signifie donc or, et « prasos » qui signifie poireau, allusion à la couleur d’un vert grisâtre du poireau. C’est donc une pierre qui a la couleur de l’or vert. Cet or vert se trouve dans le passage remarquable du Psaume 68:13 : « Quoique vous ayez été couchés au milieu des étables, vous serez comme les ailes d’une colombe couverte d’argent, et dont le plumage est comme l’or vert ». Il est évident que ce sont des images, mais ne sont-elles pas merveilleuses ? Une colombe est une étrangère en tout lieu, sauf dans son nid. La colombe de Noé ne trouvait pas un lieu pour y reposer la plante de son pied dans un monde sur lequel se trouvait le jugement de Dieu : elle n’était chez elle que dans l’arche qui avait été le moyen de sa délivrance. « Oh ! si j’avais des ailes comme une colombe, je m’envolerais et je demeurerais tranquille ; voici je m’enfuirais loin, et je me logerais au désert », disait le psalmiste (Ps. 55:6, 7). La colombe est une belle image de ce qu’est le racheté ici-bas : il est un étranger dans le monde et soupire après les demeures célestes. Pour lui, ce monde est plus souillé qu’une étable ; combien il désire de s’envoler vers les parvis célestes, vers la Jérusalem d’en-haut. Son ornement est la rédemption dont l’argent est l’image, et c’est la justice divine qui lui donne le droit de quitter cette terre et d’entrer par les portes dans la cité ; justice préfigurée ici par l’or vert. Nous avons vu des images de cette justice préfigurée de plusieurs manières. La justice qui justifie le coupable en vertu du sang de Christ dans la sardoine. La justice révélée en gloire dans la topaze, la justice manifestée dans la personne de Christ dans le monde, dans la chrysolithe ; ici, dans la chrysoprase, la justice qui prend des coupables de ce monde et les introduit dans la Jérusalem céleste. Là ils seront bien l’expression même de la justice, justice visible aux yeux de tous dans un jour à venir.

 

1.18                   La hyacinthe

La pierre qui orne le onzième fondement de la cité céleste est une hyacinthe. Nous retrouvons cette pierre précieuse au milieu d’une scène effrayante de jugement dans Apoc. 9:17, avec du feu et du soufre, qui sont les images d’une puissance diabolique infernale, et qui, dans ce moment-là, se manifeste par la séduction et une destruction effrayante, atteignant ceux qui rendent hommage aux démons et aux idoles d’or, d’argent, d’airain, de pierre et de bois. La hyacinthe est une pierre d’un rouge couleur de sang. Elle a une particularité remarquable : sa couleur disparaît quand elle est soumise à l’action du feu. Ce n’est pas sans un but bien défini que le Saint Esprit nous parle ici de cette pierre. Ceux qui seront introduits dans la Jérusalem céleste auront été délivrés à jamais de toute leur culpabilité. Le jugement qui reposait sur eux et qui aurait dû les atteindre a été porté à leur place par la sainte victime qui, pour eux, a traversé le feu du jugement de Dieu. Il a connu toute l’ardeur de la colère quand des maux sans nombre sont venus sur Lui et que nos iniquités l’ont atteint. Nos péchés étaient rouges comme l’écarlate et ils sont devenus blancs comme la neige, ainsi que l’a annoncé d’avance le prophète Ésaïe (chap. 1:18). Merveilleuse grâce de Dieu envers des coupables qui bientôt fouleront de leurs pieds la cité aux rues d’or transparent comme du verre pur. Qui pourrait les ravir de ce lieu saint ? Qui pourrait intenter accusation contre eux ? Tout ce qu’ils étaient, tout ce qu’ils avaient fait a pris fin à tout jamais dans le jugement de Dieu. Personne ne saurait redonner à la hyacinthe la couleur qu’elle a perdue en traversant le feu.

 

 

2                    Les parfums du sanctuaire

M.E. 1935 p. 72-173

Le parfum du nom de Jésus est merveilleux ; il est une odeur de vie pour ceux qui sont pour la vie. Il peut être comme un encens qui brûle dans le lieu saint sur un autel d’or ; sa fumée peut s’échapper d’un encensoir d’or. Il peut être une huile odoriférante répandue sur le sanctuaire et sur les adorateurs : il est toujours un parfum composé selon l’art du parfumeur. C’est ce parfum qui monte sans cesse dans les narines de notre Dieu comme une odeur agréable, et qui réjouit aussi nos cœurs lorsque nous nous approchons de Celui dont le nom est un parfum répandu, ou lorsque nous entrons, par la foi, dans le sanctuaire. Dieu veuille que nous connaissions mieux les glorieuses réalités que les divers parfums mentionnés dans les Écritures nous dévoilent, afin que nous répandions en tous lieux la bonne odeur de Christ et que, comme de vrais sacrificateurs, nous fassions sans cesse monter devant Dieu le parfum de ce nom qui réjouit son cœur. C’est ce qui nous engage à publier ces lignes et à attirer l’attention des saints sur la signification des divers parfums.

Notre désir, en le faisant, est d’occuper les cœurs de l’excellence de Celui qui remplit les cieux et la terre de sa gloire. Ne négligeons pas la lecture et la méditation des choses contenues dans l’ancienne dispensation, nous en éprouverions une perte. Il est évident que de grandes difficultés se présentent lorsque nous désirons entrer dans ces choses, et que ces difficultés en ont arrêté plusieurs. Il y a aussi un autre danger qui nous guette en voulant pénétrer dans ces glorieux mystères. C’est celui d’y mettre quelque chose de nos propres pensées ou ce qui vient de la sagesse de l’homme. N’oublions pas que Dieu cache ces choses aux sages et aux intelligents, mais qu’il les révèle aux petits enfants. Souvent il a été dit et répété que la Parole s’interprète elle-même et que c’est en elle qu’il faut chercher la réponse aux questions qui se posent en la lisant. Nous pourrions ajouter que si Dieu se sert d’une image pour nous faire comprendre ses pensées, nous avons à considérer l’objet dont cette image nous parle pour nous instruire. Par exemple : un agneau immolé, ou une brebis tondue, pour ne citer que ces deux exemples parmi la multitude des images dont la Parole est remplie. Que le Seigneur veuille user de miséricorde envers nous et nous garder dans ses pensées.

Les parfums dont nous parlent les Écritures sont au nombre de douze. En faire une étude détaillée dépasserait de beaucoup la place dont nous disposons dans les colonnes de notre petite publication. Du reste, dans ces choses, nous sommes en présence de l’infini comme dans tout ce qui est de Dieu ; nous nous bornerons à donner quelques renseignements qui pourront aider les saints à mieux comprendre ce que sont ces parfums, et répondront à plusieurs demandes qui nous ont été faites à ce sujet.

Tous les parfums, sans exception, nous parlent de Christ : de ce qu’il est pour Dieu et aussi pour le cœur de ceux pour lesquels il est une odeur de vie pour la vie. Le premier qui est mentionné dans les Écritures (Gen. 37:25), et qui s’y trouve le plus fréquemment est

 

2.1   La myrrhe

Pour comprendre de quoi ce parfum nous parle, il nous est donc nécessaire de savoir ce qu’est la myrrhe et nous enquérir de ce que nous en disent les Écritures. La myrrhe provient de la sève qui découle, soit librement, soit des blessures faites à l’écorce d’un arbrisseau, comme des larmes. Une fois à l’air libre, celles-ci se dessèchent et donnent une résine bien connue sous le nom de myrrhe. Cette résine est d’un goût très amer et répand une odeur agréable. Celle qui s’écoule librement de l’arbre est appelée myrrhe franche ou découlante (Ex. 30:23). C’est probablement la même qui est appelée la myrrhe limpide (Cant. 5:5). Ainsi que nous l’avons dit plus haut, la myrrhe est souvent mentionnée dans les Écritures. Elle nous parle du parfum du nom de Jésus ; du parfum qui s’exhale de ses souffrances ; des larmes qu’il a versées, de ses blessures, de ses meurtrissures. C’est la bonne odeur qui est montée devant le trône de Dieu lorsque Jésus était dans le monde, l’homme de douleur. Comment parler de la satisfaction qui remplissait le cœur de Dieu lorsqu’il voyait toute son excellence, lorsqu’il a plu à l’Éternel de le meurtrir et lorsqu’il l’a soumis à la souffrance ? C’est dans une mixtion de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres que Joseph d’Arimathée et Nicodème ont enveloppé le corps de Jésus lorsqu’ils l’eurent déposé dans le sépulcre neuf ; sépulcre qui n’a pas connu la corruption et duquel n’est monté qu’un parfum suave, une bonne odeur ; sépulcre qui n’aura rien à rendre au jour de la résurrection de tous les saints endormis.

La myrrhe franche est mentionnée en premier parmi les aromates les plus excellents entrant dans la composition de l’huile de l’onction sainte qui était répandue sur le sanctuaire, sur tous ses ustensiles et sur les sacrificateurs. Cette huile est une image du Saint Esprit qui, dans la maison de Dieu rend à tous les adorateurs témoignage d’un Christ qui a souffert. Les souffrances de Christ sont à la base immédiate de toutes nos bénédictions et de l’accomplissement des conseils de Dieu. Lorsque nous pénétrons dans ces glorieux mystères, nous sentons que nous nous trouvons sur une terre sainte et nous pouvons nous prosterner et adorer. Il a souffert ! Thème éternel de la louange des rachetés. Dieu, par les souffrances de Christ, a été mille fois plus glorifié que si le péché n’était jamais entré dans le monde. Nous comprenons que, lorsque le Seigneur viendra dans sa majesté et sa magnificence, pour établir son trône de gloire, il portera des vêtements tout parfumés de myrrhe (Ps. 45:8). Le Cantique des cantiques nous parle souvent de la myrrhe. Enfin les mages venus de l’orient apportaient parmi leurs trésors de la myrrhe à Celui qui devait mourir sur le mont Calvaire. Nous nous arrêtons et nous laissons le lecteur méditer lui-même sur tout ce que la myrrhe peut dire au cœur du racheté. Il vaut la peine de sonder ces choses et de les méditer. Pendant l’éternité nous adorerons celui qui portera sur son trône les marques des blessures qui lui ont été faites dans la maison de ses amis. La myrrhe est sans contredit le premier des parfums du sanctuaire. Il y en a d’autres. Le second qui est mentionné dans le précieux chap. 30 du livre de l’Exode où nous avons l’autel des parfums, l’huile de l’onction et l’encens des drogues odoriférantes est

 

2.2   Le cinnamome aromatique

Le cinnamome (nom ancien du cannellier) est un fort bel arbre qui est toujours d’un vert éclatant. Il est mentionné dans Ex. 30:23 et dans Cant. 4:14. Il est intimement uni au roseau aromatique dans les Écritures ; nous en verrons le pourquoi lorsque nous nous occuperons de ce dernier. Le cinnamome dans la Parole est l’arbre odorant. De lui s’exhale un parfum agréable qui se répand au loin. Son écorce appelée ici cinnamome fournit l’aromate qui entrait en second lieu dans la préparation de l’huile de l’onction sainte. Dieu, par son moyen, veut encore nous faire connaître quelque chose de plus concernant l’excellence de Celui dont le nom est un parfum répandu. Dans sa parfaite humanité il a été sans cesse comme un parfum d’agréable odeur qui montait devant le trône de Dieu. Un homme parfait dans lequel il a trouvé toute sa satisfaction, et cela au milieu d’un monde où tout était gâté par le péché. Il n’est pas question dans le cinnamome d’un Christ dans la souffrance comme dans le parfum de la myrrhe, mais de toute sa beauté comme homme, de toute la perfection de son être, de toute l’excellence de sa personne. C’est sur lui que le Saint Esprit est descendu en vertu de ses propres perfections et cela sous la forme d’une colombe. Il est Celui que le ciel a pu contempler et duquel le Père a pu dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir ». Un homme qui a pu monter au ciel après être descendu dans les profondeurs de la mort. Où trouver un homme comme celui-ci ? Oh, Jésus ! le parfum de ton nom remplit le sanctuaire, il réjouit le cœur de Dieu et fait notre bonheur déjà dès ici-bas.

 

2.3   Le roseau aromatique

Le roseau aromatique est un troisième aromate, mentionné en Ex. 30:23, comme entrant dans la composition de l’huile de l’onction sainte. Il est fort probable que c’est le même que celui qui est appelé le doux roseau en Jér. 6:20. Tout le roseau répand une odeur agréable, mais spécialement sa racine. C’est cette racine dont l’intérieur est d’un blanc rosé qui est employée en parfumerie. Parfum bien connu déjà autrefois par les Orientaux. Ce mot « roseau » nous fait nécessairement penser à la parole bien connue du Seigneur concernant Jean le baptiseur : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ? ». Image de ce qu’est l’homme dans sa faiblesse : un pauvre être qu’un rien agite et qui sans cesse est exposé à courber la tête sous le coup des circonstances adverses qu’il traverse : au moindre vent, il doit se courber vers la terre. Le roseau aromatique est une précieuse image que nous pouvons contempler et admirer plus facilement qu’expliquer. Nous y voyons des rayons de la gloire de Celui qui, étant dans le monde, a été exposé à toutes les conséquences du péché tout en étant l’homme parfait qui n’a pas connu le péché ; qui a rencontré l’opposition de la part du chef de l’autorité de l’air et de tous ses agents et qui a été abaissé et humilié. Il a dû dire : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi ». Au travers de toute l’opposition qu’il a rencontrée, il n’a fait que répandre le parfum doux et agréable de l’homme parfait : le doux roseau. Plus l’opposition était violente et plus la haine se donnait libre cours, plus ce parfum s’exhalait et montait devant Dieu comme une odeur agréable. Ce n’était pas seulement quand il était sur la mer orageuse que le vent lui était contraire ; mais il était toujours en butte à toute l’opposition d’un monde qui est contre Dieu. Ce vent répandait néanmoins au loin le parfum béni de son nom. Nous avons fait remarquer précédemment que le cinnamome et le roseau aromatique sont intimement associés dans Ex. 30:23 et dans le Cant. 4:14. Dans ce dernier passage tous les aromates qui sont mentionnés, le sont deux par deux. Cette simple constatation nous facilite les recherches que nous pouvons faire à leur sujet ; nous y reviendrons plus tard, mais pour le moment, nous nous bornons à constater que dans les passages qui sont devant nous, ces deux aromates se trouvent ensemble, et que même en Ex. 30:23 ils n’en forment de fait qu’un seul puisque ensemble ils avaient le même poids que chacun des autres qui y sont mentionnés, soit cinq cents sicles. Le cinnamome, ainsi que nous l’avons vu, est le parfum qui s’exhale de la parfaite humanité de Christ ; ses perfections même lui faisaient rencontrer l’opposition du monde et attiraient sur lui la haine des hommes pécheurs et méchants. C’est précisément ce dont nous parle le parfum du roseau aromatique. L’âpre vent du nord emportait au loin le parfum suave du roseau qui était solidement enraciné dans la parole, cette parole qui faisait ses délices et était son unique règle de conduite en toutes choses. Oui, la myrrhe, le cinnamome et le roseau aromatique sont bien pour le cœur de Dieu et des siens les aromates les plus excellents. L’art du parfumeur est merveilleux. Il nous reste à nous occuper d’un quatrième aromate qui entrait dans la composition de l’huile de l’onction sainte. C’est

 

2.4   La casse

Les savants botanistes nous disent que la casse est le fruit d’un grand et bel arbre. Nous n’en sommes nullement surpris, car tout ce qui peut nous parler de Christ est nécessairement grand et beau. Tout dans sa personne adorable est grandeur et beauté, chantons-nous quelquefois. Un grand nombre d’auteurs anciens et profanes parlent de la casse comme d’un parfum très estimé. S’il a été estimé par les hommes, il l’a aussi été du Dieu qui l’a créé et qui a voulu que la casse fût un des parfums de son sanctuaire : un parfum qui lui parle de son Fils bien-aimé. Trois passages où nous trouvons de la casse sont suffisants pour nous faire comprendre à quelle gloire de Christ cet aromate correspond. Avec la myrrhe, le cinnamome et le roseau aromatique, dans Ex. 30:23, nous avons la casse comme étant un des plus excellents aromates, un de ceux qui entraient dans la composition de l’huile de l’onction sainte. Le second de ces passages se trouve en Job 42:14. Le Saint Esprit nous y fait connaître le nom des trois filles de Job et nous parle de leur beauté extraordinaire. Il le fait, ne l’oublions pas, pour nous instruire et nous édifier. Le nom de la seconde est Kétsia, ce qui veut dire « casse ». La casse, fruit d’un bel arbre, nous parle de celui qui est la beauté même. La casse du sanctuaire est donc l’image du parfum qui s’exhale, non plus d’un Christ souffrant et humilié, mais d’un Christ qui vient dans toute sa gloire et sa beauté, ainsi qu’Ésaïe, le prophète, l’a si bien dit : « Tes yeux verront le Roi dans sa beauté ». C’est pourquoi aussi nous trouvons la casse dans un troisième passage : le Ps. 45 bien connu. Il vient dans sa majesté et sa magnificence sur le char glorieux de son gouvernement pour établir son règne de justice et de paix. Que c’est beau ! Tous ses vêtements sont myrrhe, aloès et casse quand il sort des palais d’ivoire… Arrêtons-nous, prosternons-nous et adorons ! Il est encore bien plus glorieux qu’un Joseph devant lequel on criait : Qu’on s’agenouille ! Oh ! le parfum du nom de Jésus !

Avec la casse se termine la liste des aromates qui entraient dans la composition de l’huile de l’onction sainte. Cette huile était répandue sur le sanctuaire terrestre, copie du vrai. Tous les ustensiles de ce sanctuaire étaient oints de cette huile précieuse, ainsi que Aaron et ses fils, les sacrificateurs ; ce qui pour nous est une figure du témoignage rendu par le Saint Esprit à ce qu’est la bonne odeur de Christ pour Dieu. Cette bonne odeur remplit le sanctuaire, imprègne toutes les choses qui sont dans le saint lieu, et elle est sur les siens qui ont à manifester en tout lieu dans ce monde la bonne odeur de son nom (2 Cor. 2:14-16).

 

2.5   Le stacte

Nous sentons quelque peu la solennité du sujet duquel nous allons nous occuper et la sainteté du lieu dans lequel nous pénétrons dans cet instant. Avec le stacte ou stacté nous commençons à respirer les parfums qui ne se trouvent que dans les cieux, qui ne montent que dans la demeure de Dieu, devant son trône sur l’autel d’or, et qui s’échappent comme un nuage de l’encensoir d’or. C’est un lieu de sainteté. Quelle atmosphère bénie ! Combien sont heureux ceux qui habitent dans le lieu saint. Puissions-nous y demeurer sans cesse par la foi en attendant d’y être introduits par l’Homme glorifié. Le stacte est un aromate précieux et fort rare. Nous avons dit à propos de la myrrhe que celle-ci provient de la sève qui s’écoule sous forme de larmes d’un arbrisseau ; ces larmes, une fois à l’air libre, se coagulent, se dessèchent et forment ainsi ce que nous appelons la myrrhe en larmes. Il arrive qu’au centre de ces larmes se trouve une goutte de liqueur qui, lorsqu’elle est desséchée dans une étuve se réduit en poudre : c’est le stacté. Les anciens auteurs grecs le proclament comme étant l’une des substances les plus exquises. Dans les Écritures, le stacté nous parle de ce qu’il y a de plus caché aux yeux des hommes dans les souffrances de Christ. Il y a là des choses que Dieu seul connaît, une excellence que lui seul est capable d’apprécier, un parfum que lui seul peut flairer : la bonne odeur de Christ pour Dieu. Nous sommes incapables de pénétrer dans ce qui s’est passé dans le plus profond de son être intérieur alors qu’il était l’homme de douleurs, la sainte victime qui n’a pas ouvert sa bouche. Nul mortel ne peut sonder ces choses, nul n’est capable de connaître le parfum qui s’élevait sans cesse devant Dieu lorsque des maux sans nombre sont venus sur le Saint de Dieu, lorsque nos iniquités l’ont atteint. Il n’est donc pas possible de donner une description de ce qui se passait au fond du cœur et des entrailles de cette personne bénie ; ni de la satisfaction que Dieu trouvait dans le sacrifice continuel qu’était sa vie, et qui montait sans cesse devant lui comme un parfum des plus suaves. Cela dépasse toute conception humaine. Pour pouvoir en parler, il faudrait avoir contemplé les splendeurs de la maison du Père où il était de toute éternité et avoir sondé l’abaissement profond dans lequel il est entré en descendant sur la terre ; ce qu’était pour lui, le bourbier fangeux où il n’y avait pas où prendre pied dans lequel il est descendu ; il faudrait avoir connu l’amour inexprimable dont il a joui pendant d’éternité, et la haine dont il a été l’objet de la part de sa créature, avoir connu les angoisses de Gethsémané, l’abandon de Dieu, les horreurs de la mort, salaire du péché, et comprendre quelle a été la souffrance intérieure de Celui que nous entendons soupirer en lui-même, regarder vers le ciel et pleurer devant le tombeau de celui dont il avait fait son ami. Il faudrait être Dieu pour être capable d’apprécier à sa valeur tout ce qu’était la souffrance de l’Homme parfait quand des maux sans nombre sont venus sur lui et le parfum qui s’exhalait de sa personne adorable au travers de toutes ces douleurs. Le parfum excellent du stacté rappelle ces choses au cœur des rachetés.

 

2.6   La coquille odorante

Le second aromate qui devait entrer dans la composition de l’encens des drogues odoriférantes du sanctuaire était « la coquille odorante ». La coquille odorante est un parfum très estimé des orientaux, il provient d’un coquillage qui a quelque analogie avec celui duquel on extrait la pourpre. On le trouve dans la profondeur des mers et le plus estimé est pêché dans la mer Rouge. Ce dont nous parle cet aromate ne nécessite pas beaucoup d’explications ; la simple lecture de quelques passages du livre des Psaumes nous instruira sur ce sujet mieux que ne pourrait le faire toute la science des hommes : « Sauve-moi, ô Dieu ! car les eaux me sont entrées jusque dans l’âme. Je suis enfoncé dans une boue profonde, et il n’y a pas où prendre pied ; je suis entré dans la profondeur des eaux, et le courant me submerge » (Ps. 69:1, 2). « Un abîme appelle un autre abîme à la voix de tes cataractes ; toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi » (Ps. 42:7). « D’en haut il étendit sa main, il me prit, il me tira des grandes eaux » (Ps. 18:16). Nous pourrions en citer d’autres, mais ces trois sont suffisants pour nous rappeler que Christ a dû entrer dans les eaux profondes du jugement de Dieu et que là encore, dans le moment suprême, au sein des pires souffrances, le parfum excellent de son nom montait comme une bonne odeur devant Dieu. Dans le sanctuaire sans cesse monte, comme un encens, le souvenir de ce que Jésus a été pour son Dieu et Père qu’il avait entrepris de glorifier partout où nous, nous l’avions offensé. Vraiment le parfum du nom de Jésus se trouve répandu partout où nous pouvons suivre ses traces. Après la coquille odorante nous trouvons

 

2.7   Le galbanum

Le galbanum est une drogue provenant du suc d’un blanc laiteux tiré d’une plante des pays chauds. Cette drogue est d’une saveur âcre et d’une odeur désagréable ; elle a, paraît-il, la faculté de se mélanger avantageusement avec d’autres parfums. La présence du galbanum parmi les parfums du sanctuaire a surpris bien des personnes et déjà même des anciens auteurs en ont parlé et fait à ce sujet diverses suppositions. De fait la chose est assez simple si nous ne sortons pas des Écritures, et le passage de 2 Cor. 2:16 nous renseigne suffisamment sur ce dont nous parle le galbanum. Il nous fait penser à ce que Christ est pour l’incrédule. Pour lui il est une odeur de mort, et, hélas ! pour lui c’est la mort. Il est mort tout en étant encore en vie dans le monde. Il ne voit rien de désirable dans le beau nom de Jésus, bien au contraire, ce nom est pour lui une odeur désagréable, repoussante. Parlez-lui de Jésus, immédiatement il détournera la conversation ou il se fâchera. Mais, ô précieux mystère, ce qui pour l’incrédule est comme l’odeur repoussante du galbanum est précisément un de parfums excellents du sanctuaire de Dieu et en même temps une odeur de vie pour ceux qui sont pour la vie ; pour ceux qui possèdent cette vie par la simple foi dans le nom de Jésus.

 

2.8   L’encens

Maintenant nous arrivons à l’encens. De même que plusieurs des aromates dont nous nous sommes occupés jusqu’à maintenant, l’encens est une résine provenant de plantes des pays chauds. Cette résine, nous disent les parfumeurs, brûle avec une flamme blanche et répand une fumée abondante, blanchâtre et d’une odeur agréable. C’est par la combustion qu’il rend tout son parfum. Souvent on ajoute à l’encens d’autres drogues qui sont brûlées avec lui pour en augmenter ou en modifier le parfum. L’encens du sanctuaire, ainsi que nous l’avons déjà vu, était un encens composé. Composition dans laquelle se trouvait avec du stacté, de la coquille odorante et du galbanum, l’encens proprement dit, salé, le tout à poids égal. Cet encens devait être pilé très fin et placé sur le devant du témoignage dans la tente d’assignation (Ex. 30:36). C’est aussi cet encens qui devait être brûlé continuellement sur l’autel d’or devant le voile, et dont le grand sacrificateur remplissait l’encensoir d’or lorsqu’il devait entrer dans le lieu très-saint au grand jour des expiations. Il était ainsi entouré d’un nuage de fumée odorante qui montait sans cesse dans la présence de Dieu. Encore ici, nous avons une image de la bonne odeur de Christ. L’encens devait toujours être allumé par du feu pris sur l’autel de l’holocauste. On ne peut séparer le parfum du nom de Jésus de son sacrifice. L’encens est une image de l’intercession de Christ pour les siens. Que ma prière monte devant toi comme l’encens, l’élévation de mes mains comme l’offrande du soir (Ps. 141:2). Quel intercesseur nous avons et quelle valeur a son office pour nous devant Dieu ! Il est là pour nous dans toute l’excellence de sa parfaite humanité et toute la valeur de son sacrifice. Ici encore, nous sentons notre incapacité pour parler de telles choses, elles sont trop grandes pour de pauvres êtres tels que nous, mais notre privilège est de nous tenir par la foi dans l’atmosphère bénie du saint lieu. Puissions-nous y demeurer sans cesse.

Outre les parfums dont nous venons de nous occuper, nous trouvons encore quatre autres aromates qui n’entraient pas dans la composition de l’huile de l’onction sainte, ni dans l’encens des drogues odoriférantes. Ces quatre aromates nous présentent un autre côté de l’excellence du parfum de Jésus : c’est ce qu’il est pour ceux qui l’aiment. Ils nous parlent de ce que Jésus est pour leurs cœurs, plutôt que ce qu’il est pour le cœur de Dieu comme c’était le cas des parfums dont nous nous sommes occupés jusqu’à maintenant. Le premier que nous avons à considérer et sans contredit le plus connu est

 

2.9   Le nard

Le nard, outre sa grande valeur, est surtout caractérisé par son odeur très pénétrante. Ce qui nous est dit du nard dans la Parole est de toute beauté. Nous ne saurions mieux faire que de le transcrire ici : « Jésus donc, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie, où était Lazare, le mort, que Jésus avait ressuscité d’entre les morts. On lui fit là un souper ; et Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. Marie donc, ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum ». Tout commentaire ne pourrait que gâter cette description si simple et touchante que le Saint Esprit nous fait de cette scène de Béthanie. Dans un monde ennemi, le Roi rejeté avait trouvé des cœurs qui l’aimaient. Le nard au parfum pénétrant remplissait la maison de son odeur. C’est un coin du ciel sur la terre, une vision de la bienheureuse éternité qui est devant tous les rachetés. La mort est derrière eux, un souvenir ; un seul objet remplit tous les cœurs, rien n’est trop grand ni trop précieux pour honorer le Roi rejeté. En effet, deux choses caractérisent le nard : son grand prix, son odeur pénétrante : la maison est remplie de son odeur. Il fait bon entrer dans le temple où l’amour se donne libre cours.

 

2.10                   Le safran

Le safran n’est mentionné qu’une seule fois dans les écritures : Cant. 4:14. Il s’y trouve en compagnie des principaux aromates. Nous avons déjà fait remarquer que dans le passage qui nous occupe les aromates y sont présentés deux par deux. Il y a un lien entre les parfums que le Roi trouve dans son jardin. C’est un jardin clos, lui seul sait ce que le jardin contient et lui seul sait apprécier à sa juste valeur les choses qui s’y trouvent. Ici le safran y est avec le nard. De nard et de safran, lisons-nous. Il nous faut donc chercher quel est le lien qui existe entre ces deux aromates et cela nous aidera à comprendre de quoi le safran veut nous parler, ce que Dieu veut nous enseigner par son moyen. Nous lisons au premier chapitre de Cantique des cantiques : « Pendant que le Roi est à table, mon nard exhale son odeur » (v. 12). Ce nard, nous l’avons vu, servait à honorer ce roi rejeté. Or le safran est un produit d’une belle couleur d’un jaune d’or qui nous fait nécessairement penser à la couronne d’or de ce Roi de gloire. En d’autres termes, le safran est le parfum qui rappelle l’excellence de ce roi humble et débonnaire qui a été rejeté du monde, mais aussi honoré par ceux qui l’aiment et qui lui obéissent. Le nard et le safran sont les aromates par lesquels le Roi est honoré.

 

2.11                   L’aloès

Dans l’évangile de Jean, chap. 19:39, nous lisons que Nicodème et Joseph d’Arimathée vinrent avec une mixtion de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres, prirent le corps de Jésus et l’enveloppèrent de linges, avec les aromates, et le mirent dans un sépulcre dans lequel personne n’avait jamais été déposé. L’aloès formait donc avec la myrrhe les aromates dont le parfum montait du sépulcre où avait été déposé le corps de notre Seigneur : le corps dans lequel toute la plénitude de la déité s’était plue à habiter, qui ne devait pas sentir la corruption et que la mort ne pouvait retenir. Si la myrrhe, comme nous l’avons déjà fait remarquer, est le parfum qui s’exhale de ses souffrances, l’aloès ne peut être autre chose que celui qui s’exhale de sa mort. Ces deux aromates unis ensemble ici le sont aussi dans le passage cité du Cant. 4:14. Dans le Ps. 45:8, lorsque le roi sort des palais d’ivoire dans toute sa gloire, ses vêtements sont tout parfumés de myrrhe, d’aloès et de casse. Le souvenir de ses souffrances et de sa mort le suivent dans le jour de son triomphe. Enfin nous trouvons l’aloès ou plutôt les arbres d’aloès dans Nomb. 24:6, plantés par l’Éternel. Ils sont là comme les résultats de la mort de Christ. Le peuple dont Balaam parle est mis au bénéfice de cette mort. Nous-mêmes aussi, nous possédons une vie qui a été tirée du sein de la mort et le parfum de cette mort devrait sans cesse s’exhaler de chacun de nous.

 

2.12                   Le henné

Le henné est un gracieux arbuste aux branches déliées et recouvertes d’une écorce blanchâtre, d’une odeur agréable. Les fleurs surtout, en grappes blanches, répandent cette odeur suave. Les Égyptiennes en font des bouquets qu’elles mettent dans leurs corsages en guise de parfum. Le v. 14 du chap. 1 du Cantique des cantiques nous dit que le bien-aimé est pour son épouse comme une grappe de henné dans les vignes d’En-Guédi. En-Guédi avait été donné en héritage à la tribu de Juda, la tribu royale. Cette ville était dans un désert, mais dans notre verset elle n’est plus un désert ; la vigne s’y trouve, la joie apportée par le Roi de gloire remplit tous les cœurs. Le bien-aimé est là dans toute sa beauté, dans toute sa sainteté et le parfum de son nom remplit le cœur des siens. La belle et odorante fleur du henné est ici l’image de ce roi de gloire et le parfum de cette fleur blanche parle au cœur des siens de toute l’excellence de sa personne.

 

De ce qui précède, nous trouvons donc trois classes bien distinctes de parfums composés chacun de quatre sortes d’aromates :

L’huile de l’onction sainte qui était répandue sur le tabernacle, sur tous ses ustensiles et sur la tête d’Aaron et de ses fils. C’est pour nous le parfum du nom de Jésus dont le Saint Esprit rend témoignage dans la maison de Dieu et dans les siens.

L’encens des drogues odoriférantes qui ne se trouvait que dans le sanctuaire. Image d’un Christ qui intercède pour les siens dans la présence de Dieu et cela dans toute l’excellence de sa personne et toute la perfection de son œuvre.

3° Les parfums que Christ trouve dans son jardin, dans les siens, et qui sont mentionnés deux à deux dans le Cantique des cantiques. Quelques-uns de ces aromates se trouvent déjà mentionnés dans Ex. 30. Quatre ne s’y trouvent pas : le henné, le nard, le safran et l’aloès. Les croyants ont le privilège de pouvoir manifester quelque chose de Christ dans le monde. C’est ainsi que nous trouvons entre autres la myrrhe et l’aloès. Il leur est accordé de souffrir pour Lui, quelques-uns même ont eu le privilège de mourir pour son nom.

 

Dieu veuille que ces quelques lignes nous amènent à mieux connaître l’excellence du parfum du nom de Jésus. Que nous soyons mieux capables de répandre autour de nous le parfum de ce nom à nul autre comparable. Enfin que, comme de vrais sacrificateurs dans le saint lieu, nous fassions monter devant Dieu ce parfum pur et sans mélange qui réjouit son cœur. Pour cela il nous faut nous tenir sans cesse dans l’atmosphère bénie du sanctuaire qui est tout imprégnée de l’odeur des aromates les plus excellents. Parfums qu’on ne peut mettre sur aucun homme et qui ne peuvent être flairés en dehors de la demeure de Dieu.