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L’ENSEIGNEMENT PRATIQUE des PARABOLES

 

 

 

Georges ANDRÉ

Table des matières

1     Introduction

2     Semailles et moissons

2.1      Les semailles

2.1.1             Le semeur (Matt. 13, Marc 4, Luc 8).

2.1.2             Les oiseaux

2.1.3             La rocaille

2.1.4             Les épines

2.1.5             L’ivraie (Matt. 13:24 à 30 ; 36 à 43).

2.2      La croissance

2.2.1             La croissance normale (Marc 4:26 à 29).

2.2.2             La croissance anormale

2.3      Le fruit

2.4      La moisson

2.4.1             La manifestation du fruit produit

2.4.2             Les âmes sauvées

3     Le salut

3.1      La responsabilité de venir à Christ

3.1.1             La porte étroite

3.1.2             La maison sur le roc ou sur le sable

3.2      Les obstacles

3.2.1             Les excuses

3.2.2             La propre justice

3.2.3             Les efforts pour se corriger

3.2.4             L’orgueil spirituel

3.2.5             La prospérité (Luc 12:16 à 21).

3.3      Trop tard

3.3.1             Le riche et Lazare (Luc 16:19 à 31).

3.3.2             La partie adverse

3.3.3             La porte fermée

3.4      L’oeuvre de Dieu

4     Marche et témoignage

4.1      La lumière

4.2      Le sel

4.3      Le pardon

4.4      L’humilité

4.5      Les occasions de chute

4.5.1             Pour soi-même

4.5.2             Pour les autres

4.6      Juger les autres

5     Le service

5.1      La diversité dans le service

5.2      Quelle part y prenons-nous ?

5.2.1             Les deux fils (Matt. 21:28 à 31).

5.2.2             Les talents (Matt. 25:14 à 30).

5.3      La décision de servir

5.3.1             L’appel de Dieu

5.3.2             Le coût (Luc 14:25 à 30).

5.4      Comment servir ?

5.4.1             Les brebis et les chèvres (Matt. 25:35, 36).

5.4.2             L’invitation aux noces (Matt. 22:1 à 10 ; Luc 14:16 à 23).

5.4.3             Sur Sa maison (Luc 12:42 à 45 ; Matt. 24:45).

5.4.4             L’économe de Luc 16.

5.4.5             La prière

5.5      La récompense

5.5.1             Les ouvriers dans la vigne (Matt. 20:1 à 16).

5.5.2             L’esclave revenant des champs (Luc 17:7 à 10).

6     Le retour du Seigneur

6.1      Son absence

6.2      Son retour

6.3      Le jugement

6.3.1             Le jugement discriminatif

6.3.2             Le jugement distributif

6.3.3             Le jugement rétributif

7     L’amour du Père et du Fils

7.1      L’amour du Père

7.1.1             L’amour du Père pour son Fils

7.1.2             L’amour du Père pour le pécheur

7.2      L’amour du Fils

7.2.1             Le trésor et la perle (Matt. 13:44-46).

7.2.2             Le Samaritain (Luc 10:30-37) .

7.2.3             Le bon berger

7.2.4             Le grain de blé (Jean 12:24).

7.3      La joie du Sauveur

7.4      Elle a beaucoup aimé

8     Conclusion

9     Tableau synoptique des Paraboles

 

Les paraboles sont chères à nos coeurs parce qu’elles sont — telles que le Saint Esprit a voulu nous les conserver — les enseignements du Seigneur Jésus Lui-même.

On ne trouvera pas dans cette brochure d’interprétation doctrinale ou prophétique. Pour cela, nous renvoyons à des ouvrages comme les Études sur la Parole, de J.N.D. ; ses Notes sur les Évangiles ; les Évangélistes, de J.G.B. ; les Simples Entretiens sur les Évangiles, de S.P., etc. Nous adressant à des jeunes, nous avons essayé de tirer de cette mine — aussi inépuisable que les insondables richesses de leur divin Auteur — les enseignements pratiques qui en découlent pour notre vie journalière.

À travers les âges, la voix de l’humble et divin Semeur de Galilée, nous répète : «Tout homme qui vient à moi et qui entend mes paroles et les met en pratique... a mis un fondement sur le Roc». Que par Sa grâce, la «maison de notre vie soit bâtie sur ce Roc-là, et nulle part ailleurs.

1         Introduction

Pourquoi choisir les paraboles pour des entretiens avec des jeunes croyants ? Sans doute, pour l’enseignement qu’elles nous apportent, mais avant tout pour qu’à travers elles, nous entendions la voix du Seigneur Lui-même. Au bord du lac de Galilée ou dans la maison de Capernaüm, sur le chemin ou à Jérusalem, Celui que le monde méprisait et que son peuple rejetait, avait à coeur d’enseigner les foules et de leur présenter la parole «selon qu’ils pouvaient l’entendre» (Marc 4:33). Il adaptait son enseignement à son auditoire et tirait de la vie quotidienne, des récits qui, sous la forme de paraboles, avaient une ou plusieurs significations.

Dans le particulier, il interprétait tout à ses disciples. Ces interprétations ne nous ont pas été conservées, sauf dans un ou deux cas (semeur, ivraie, etc).. Aujourd’hui, nous avons le Saint Esprit pour nous conduire dans toute la vérité et nous donner des paraboles une interprétation encore beaucoup plus riche et profonde que les disciples ne pouvaient l’entendre du vivant du Seigneur (Jean 16:12 à 13). Elles contiennent d’ailleurs en germe ce qui plus tard sera développé et précisé dans les épîtres. «Un semeur sortit pour semer» — «Il a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile».

Et leur Auteur est toujours vivant. Celui qui est assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux, est le même qui, durant les jours de sa chair, tel le semeur, répandait le long de la route les grains de la Parole de Dieu.

Comme toute la Bible, les paraboles participent à la triple interprétation historique, morale et prophétique qui correspond à la nature même de Celui qui s’intitule l’alpha et l’oméga, Celui qui est et qui était et qui vient. Elles ont été historiquement prononcées à l’occasion de diverses circonstances ; elles ont eu un effet donné au moment même, et les récits qu’elles rapportent auraient fort bien pu se passer réellement. Plusieurs d’entre elles ont une portée prophétique marquée, qui peut s’appliquer soit aux chrétiens actuels, soit au résidu juif futur. Mais nous y trouvons aussi un enseignement moral, pratique, des plus importants pour notre marche journalière. C’est celui que nous retiendrons avant tout, tout en restant conscients qu’il ne représente qu’un côté de la vérité si riche qu’a voulu présenter leur divin Auteur.

Nous recommandons particulièrement à nos lecteurs de relire dans leur Bible, avant chaque paragraphe, le texte intégral des paraboles qui y sont examinées. Seule la Parole de Dieu elle-même, et non les explications qui s’y rapportent, peut être semence de vie dans nos coeurs.

2         Semailles et moissons

«La semence est la Parole de Dieu». (Luc 8:11).

La vie

La loi disait : «Fais cela et tu vivras» . Mais l’homme est incapable de «faire» ; aux yeux de Dieu, il est mort (Éph. 2). C’est pourquoi le divin Semeur est sorti pour semer. Il apporte la parole de vie, cette parole qui seule régénère (1 Pierre 1:23) ; engendre (Jacques 1:18) ; produit la nouvelle naissance (Jean 3) ; et nous communique la nature divine (2 Pierre 1:4).

2.1   Les semailles

2.1.1        Le semeur (Matt. 13, Marc 4, Luc 8).

Sorti de «la maison» (Israël tel que la loi l’avait constitué), Jésus s’assied près de «la mer» (figure de l’humanité tout entière) : il veut apporter aux foules quelque chose d’entièrement nouveau.

La même semence de la Parole de Dieu va tomber sur quatre terrains différents

— le chemin : le coeur endurci par l’habitude et la distraction, tel un lieu où l’on passe et repasse continuellement ;

— la rocaille : le coeur dur qui n’est pas changé et n’a que l’apparence de la vie, dans lequel la semence n’a pas pris racine ;

— les épines : le coeur non «débarrassé», où la mauvaise herbe montant étouffera la bonne semence ;

— la bonne terre : le coeur «travaillé» par Dieu, mais dans lequel, s’il y a du fruit, ce ne sera pas grâce au terrain, mais à cause de la semence seule !

Qui est le semeur ? Dans son interprétation, le Seigneur ne le précise pas, comme dans la parabole de l’ivraie (Matt. 13:37). Avant tout le semeur représente Christ lui-même ; mais il nous parle aussi de ses disciples (Héb. 2:3 à 4), et de tous les croyants auxquels il accorde la faveur de Lui être associés dans ce précieux service afin de, par tant de moyens divers, répandre l’évangile (2 Cor. 9:10) ; enfin il préfigure le résidu futur d’Israël qui annoncera partout l’évangile du royaume.

Quels sont les obstacles qui empêchent la parole de porter du fruit ? — Les oiseaux qui représentent le diable, toujours opposé à Christ ; la rocaille, figure de la chair, qui convoite contre l’Esprit (Gal. 5:17) ; les épines, symbole du monde — si quelqu’un l’aime, l’amour du Père n’est pas en lui (1 Jean 2:15).

2.1.2        Les oiseaux

«Satan vient aussitôt et ravit la parole semée». Action rapide du méchant, qui profite de l’endurcissement du coeur pour effacer toute trace de la parole entendue. Comment le coeur s’est-il endurci ? N’est-ce pas pour des enfants de chrétiens en particulier, du fait de l’habitude prise d’entendre la parole sans y prendre garde ? «Aujourd’hui, si vous entendez Sa voix, n’endurcissez pas vos coeurs». (ce qui a lieu chaque fois un peu plus !)

2.1.3        La rocaille

Le chemin est dur en surface. La rocaille, même si quelque terre y est mêlée (des sentiments, un intérêt religieux), est dure intérieurement: c’est le coeur naturel, la chair. «Ils n’ont pas de racine en eux-mêmes», déclare le Seigneur. La Parole a été reçue «avec joie» ; il y a de l’enthousiasme, une influence, une ambiance, mais ce n’est qu’une apparence superficielle, précaire : «Ils ne sont que pour un temps». Chacun est manifesté par l’épreuve (Jacques 1:12), mais tous ne sont pas manifestés fidèles ! Vient le soleil de la tribulation ou de la persécution (Matt., Marc) ou celui de la tentation (Luc 8:13), et ceux qui n’avaient été qu’influencés, sont aussitôt scandalisés (Matt., Marc) et se retirent (Luc).

N’est-ce pas un cas trop fréquent parmi nous ? Tel a déclaré avec joie appartenir au Seigneur ; telle était pleine de zèle ; puis survinrent des exercices divers, quelques tribulations, l’opprobre... et la piété s’est évanouie comme la rosée du matin.

2.1.4        Les épines

Le terrain est meilleur que la rocaille ; il a pu être travaillé, et, pour un moment, porter quelques espoirs, mais il est encombré ! De quoi ? Un seul trait de la parabole, les épines, est interprété par le Seigneur Jésus de quatre manières différentes : les soucis, la tromperie des richesses, les convoitises à l’égard des autres choses, les voluptés de la vie. Ces pièges semblent aller par paire ; celui qui se fait beaucoup de souci pour les choses de la vie (que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi serons-nous vêtus ?) court le même danger que celui qui est ébloui par l’abondance de ses richesses ; de même celui qui convoite ce qu’il ne possède pas est tout aussi exposé qu’un autre qui s’enlise dans les voluptés et les plaisirs de la vie ; chez les uns et les autres, si ces choses «entrent» (Marc 4:19), elles étoufferont la parole.

Les oiseaux ont tôt fait de ravir la parole semée ; dans la rocaille, le peu de racines, et les tiges trop hâtives ont bien vite séché quand le soleil s’est levé ; mais les épines agissent lentement ! Ce n’est pas d’un jour que disparaît la petite plante. Une longue lutte s’engage, lente, inexorable ; si rien n’intervient pour ôter la mauvaise herbe, le jeune épi affaibli, étiolé, manquant d’air et de lumière, meurt étouffé.

N’y a-t-il pas là un danger tout particulier pour nous ? Dans le sens premier de la parabole, ceux qui ont été semés dans les épines représentent probablement des personnes n’ayant pas la vie de Dieu, quoique s’étant efforcées de paraître la posséder ; mais pratiquement les «épines» ne nous menacent-elles pas tous ? Non pas au point de nous faire perdre le salut que nous avons trouvé par la foi au Seigneur Jésus, mais pour nous endormir et nous empêcher de porter du fruit. Ne sont-ce pas justement, ou les soucis, ou les plaisirs, ou les convoitises, qui lentement, progressivement, s’infiltrent dans le coeur, enlèvent le goût de la parole et des réunions autour du Seigneur, et petit à petit éloignent de Lui ?

Que faire ? La parole est «un marteau» qui brise le roc et dans le cas de la rocaille, c’est elle seule qui pourra quand même opérer, ameublissant le sol, mettant en pièces le «moi». Elle est aussi «un feu» qui peut brûler, amener à juger selon Dieu, tout ce qui étouffe le bon grain. «Rejetant sur Lui tout votre souci, car il a soin de vous» (1 Pierre 5:7). «Ne prenez pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises» (Rom. 13:14).

Tous ceux qui sont semés dans la bonne terre «entendent» la parole et, nous dit Matthieu, la «comprennent» : telle est la foi ; Marc ajoute : la «reçoivent» : c’est la soumission ; et Luc précise : la «retiennent» : preuve d’obéissance constante.

Ne pensons pas que cette parabole ne soit destinée qu’aux inconvertis. Jésus déclare expressément : «Toutes les fois que quelqu’un entend la parole..». Ces avertissements s’appliquent à chacun, chaque fois qu’il entend la parole ou la lit. Considérons la conclusion du Seigneur : «Prenez garde à ce que vous entendez» (Marc 4:24) et «Prenez donc garde comment vous entendez» (Luc 8:18).

Oui, prenons garde !

2.1.5        L’ivraie (Matt. 13:24 à 30 ; 36 à 43).

Le Seigneur a donné Lui-même l’interprétation prophétique de cette parabole. Nous en ferons seulement l’application pratique.

En Lévitique 19:19, il était dit : «Tu ne sèmeras pas ton champ de deux espèces de semences». Voici un champ bien ensemencé, mais «pendant que les hommes dorment», l’ennemi vient, sème l’ivraie parmi le froment et s’en va. Dans la parabole du semeur, l’ennemi ravit la parole. Ici, il vient semer la mauvaise graine.

Quand les hommes se réveillent, il n’y paraît rien. Les jeunes pousses de blé croissent et grandissent et seulement «lorsque la tige monte et produit du fruit», «l’ivraie aussi paraît».

On a lu tel livre, assisté à tel spectacle. Il ne semble en avoir résulté aucun mal, sauf peut-être le sentiment pénible d’un temps gaspillé ; mais plus tard, l’ivraie germe. Telle erreur a été entendue, on a cru s’en rendre compte et l’écarter, mais, plus tard, elle réapparaît. Des parents ont élevé leurs enfants dans la crainte du Seigneur, leur ont enseigné la parole ; ceux-ci l’ont lue et ont fréquenté les réunions. Puis, à un certain âge, jaillissent dans leur esprit toutes sortes de raisonnements, de doutes ou de convoitises diverses. D’où cela vient-il ? disent les parents. N’avons-nous pas enseigné nos enfants ? Bien sûr, mais à un moment ou à un autre, l’ennemi a su semer l’ivraie. On n’y voyait rien pendant quelque temps, quelques mois, quelques années, et maintenant se montre le funeste résultat de son travail. Récolte compromise, sève gaspillée, sol épuisé !

Qu’en sera-t-il au temps de la moisson ? L’ivraie sera brûlée ! Comme le bois, le foin, le chaume de 1 Corinthiens 3.

Ne devons-nous pas répéter : Prenons garde !

2.2   La croissance

2.2.1        La croissance normale (Marc 4:26 à 29).

Une brève parabole suit celle du semeur, pour nous montrer que la croissance est tout naturellement le fruit de la vie : «La terre produit spontanément du fruit, premièrement l’herbe, ensuite l’épi, et puis le plein froment dans l’épi». Pas d’effort à faire, d’énergie humaine à déployer pour à tout prix porter du fruit. Il faut laisser la vie agir. Mais, pour qu’elle croisse, la semence a dû germer et prendre racine, et les obstacles — roc, épines — être écartés. Il s’agit d’étendre ses racines vers le courant (Ps. 1 ; Jér. 17:8) et de laisser la lumière d’en-haut éclairer l’âme. Le fruit n’est pas produit en un jour. La croissance est lente et progressive. Pour la maturité, il faut la patience (Luc 8:15).

En 2 Timothée 2:6, le laboureur a travaillé premièrement ; en Jacques 5:7, il attend le fruit précieux de la terre ; et, si nous pensons au divin Laboureur, Ésaïe 53:11 ajoute qu’Il verra du fruit du travail (labeur) de son âme.

2.2.2        La croissance anormale

2.2.2.1       Le grain de moutarde (Matt. 13:31 ; Marc 4:31 ; Luc 13:19).

Une plante habituellement de petite taille, à peine un buisson, «a pris sa croissance et... devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent et demeurent dans ses branches». Indépendamment de sa portée prophétique quant au développement de la chrétienté dans le monde, cette parabole ne contient-elle pas un avertissement pour nous à ne pas vouloir nous élever, dominer, nous placer au-dessus des autres, devenir «un grand arbre» ? (Luc 13:19). Tels les oiseaux dans les branches, l’ennemi aurait tôt fait de s’introduire, amenant de funestes résultats dans la vie de celui qui a voulu s’élever au-dessus de ses frères.

2.2.2.2       Le levain (Matt. 13:33 ; Luc 13:20 à 21).

Dans l’offrande de gâteau, aucun levain n’avait place. La fine farine nous parle avant tout de Christ ; le levain que la femme prend et y cache, des fausses doctrines ou mauvais enseignements concernant Sa personne ; ailleurs le levain est figure du mal moral (1 Cor. 5:6), comme aussi doctrinal (Gal. 5:9). Il produit cette enflure intérieure de la chair, du «moi», qui conduit, soit à l’hypocrisie (le levain des pharisiens), soit à la corruption, danger d’autant plus grand qu’il s’étend rapidement à «la pâte tout entière» .

2.3   Le fruit

«Chaque arbre se connaît à son propre fruit» nous dit Luc 6:44. De quelle nature est le fruit que nous portons ?

Dans ses paraboles, le Seigneur souligne que le Père cherche du fruit.

Dans celle des cultivateurs (Matt. 21:33 à 41 ; Marc 12 ; Luc 20), le maître envoie ses esclaves pour recevoir du fruit de sa vigne, mais n’obtient rien. II envoie même son «fils unique», mais ne recueille pas une grappe de plus. La vigne n’a-t-elle rien rapporté ? Au contraire, mais les cultivateurs ont gardé le fruit pour eux.

N’est-ce pas trop souvent notre image ? Combien n’avons-nous pas reçu du Seigneur ? À quoi et pour qui employons-nous tous ces avantages ? Pour Lui ou pour nous-mêmes ? Pourtant «il est mort afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui pour eux est mort et a été ressuscité !» (2 Cor. 5:15). Comme d’entre les morts étant faits vivants, nous sommes appelés à nous livrer nous-mêmes à Dieu, et nos membres comme instruments de justice (Rom. 6:13). Le faisons-nous ? Ou tout notre travail, nos membres et nous-mêmes, sont-ils réservés à notre seul et égoïste usage ?

Dans la parabole du figuier stérile (Luc 13:6 à 9), le maître vient chercher du fruit, mais n’en trouve point. Les cultivateurs n’ont pas ici gardé le fruit pour eux-mêmes, mais l’arbre n’en a pas produit. Avec patience, le maître est revenu trois ans de suite : sans résultat ! «Pourquoi occupe-t-il inutilement la terre ?» Le figuier serait coupé, n’était l’intercession du vigneron, type du Seigneur Jésus, qui va encore prendre soin de l’arbre et voir s’il ne portera quand même pas quelque fruit. Sommes-nous sûrs, quant à nous-mêmes, «d’occuper utilement la terre» ?

La parabole du semeur avait rappelé que tous ne produisent pas du fruit dans la même mesure, mais l’un trente, l’un soixante et l’un cent. En Jean 15, le Seigneur montre que le Père ôte le sarment qui ne porte pas de fruit. S’il y a du fruit, le Père nettoie le sarment afin qu’il porte plus de fruit. Si nous demeurons en Christ, il y aura beaucoup de fruit et le Père sera glorifié.

Dans la parabole des cultivateurs, le Fils est l’envoyé du Père ; dans celle du figuier stérile, l’Intercesseur ; ici, la source même de tout fruit, le vrai cep ; mais toujours c’est le Père qui cherche du fruit et qui, s’il y en a, est glorifié.

Le fruit se marque davantage dans ce que l’on est (Galates 6:22 à 23), dans l’attitude, le caractère, la personnalité. Le service se traduit par des actes : ce que l’on fait. Mais les deux vont ensemble et ne peuvent être séparés : «portant du fruit en toute bonne oeuvre». Ce que nous faisons compte, mais plus encore, comment nous l’accomplissons. L’activité, ou la soi-disant activité, pour le Seigneur, de quelqu’un qui ne porterait pas de fruit, dont la conduite démentirait l’activité, serait un bien mauvais témoignage, sinon un piège. Par contre, même dans l’inaction forcée (maladie ou prison), où ne resterait peut-être que le service de la prière — éventuellement de la correspondance — la semence qui a pris racine dans le coeur ne pourrait-elle rapporter du fruit au centuple ?

2.4   La moisson

2.4.1        La manifestation du fruit produit

Beaucoup de paraboles nous montrent que le jour de la moisson met en évidence s’il y a du fruit, de quel genre et combien. Galates 6:7 à 10 en résume tout l’enseignement : «Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera. Au temps propre, nous moissonnerons, si nous ne défaillons pas». Dans la lumière de ce jour, il sera manifesté si l’on a semé pour sa propre chair, récoltant la corruption ; ou, pour l’Esprit, moissonnant de l’Esprit la vie éternelle. Déjà sur la terre, on discerne parfois la nature du fruit produit ; mais combien vive sera la lumière qui mettra tout en évidence au jour du tribunal de Christ ! Ailleurs il nous est dit : «Celui qui sème chichement moissonnera aussi chichement, et celui qui sème libéralement moissonnera aussi libéralement» (2 Cor. 9:6).

2.4.2        Les âmes sauvées

Dans plusieurs paraboles, la moisson correspond au rassemblement des élus. Dans Jean 4:35 à 36, parlant à ses disciples, le Seigneur dit : les campagnes sont déjà blanches pour la moisson ; il les encourage en ajoutant : «Celui qui moissonne reçoit un salaire et assemble du fruit en vie éternelle ; afin que, et celui qui sème et celui qui moissonne, se réjouissent ensemble». Dieu se sert généralement de plusieurs instruments pour amener une âme à Lui ; bien des personnes ont dû semer dans un jeune coeur jusqu’à ce qu’il vienne au Sauveur. Et celui dont Dieu se servira au moment décisif où l’âme se tournera vers Lui, ne sera que le dernier anneau d’une longue chaîne ; telle une balance dont l’un des plateaux porte l’âme qui doit s’élever vers Dieu, et l’autre, les cartes de visite successives portant le message de ceux dont Dieu se sert pour lui parler. L’une d’elle sera décisive pour faire pencher le plateau, mais jamais elle n’y serait parvenue sans toutes celles qui l’ont précédée !

Mais les ouvriers du Seigneur ne sont que des instruments, des messagers. Il a fallu que Lui, le vrai grain de blé, tombant en terre, meure pour qu’il produise beaucoup de fruit (Jean 12).

Le Psaume 126, v. 5 à 6 nous illustre bien ce double tableau. Ceux qui sèment sont mis en parallèle avec Celui qui va portant la semence. Eux sèment avec larmes et Lui va en pleurant. Impossible de travailler à l’oeuvre du Seigneur et de répandre la divine semence sans rencontrer, comme le Seigneur lui-même, beaucoup de larmes dans les sillons du champ. Mais si les serviteurs participent aux larmes, ils ont, comme leur Maître, part aussi à la moisson et au chant de joie. De Lui seul, par contre, il est dit : «Il revient, portant Ses gerbes» ; c’est à lui qu’elles appartiennent et à aucun de ses serviteurs ; pour elles, il est mort ; elles sont le fruit du travail de son âme dont il sera éternellement satisfait.

Toi-même tu verras ce que ton coeur réclame ;

De ton oeuvre à la croix le fruit mûr et parfait ;

Tu jouiras, Seigneur, du travail de ton âme,

Et ton amour divin en sera satisfait !

3         Le salut

3.1   La responsabilité de venir à Christ

3.1.1        La porte étroite

(Luc 13:24 à 28 ; Matt. 7:13 à 14).

«Ceux qui doivent être sauvés sont-ils en petit nombre ?» demandait un homme qui voyait Jésus passer sur la route avec quelques disciples. Et Jésus de répondre : «Luttez pour entrer par la porte étroite» : que t’importe le nombre de ceux qui seront sauvés ; l’important c’est que tu sois du nombre. On pouvait se demander alors qui ferait partie du résidu épargné dans le jugement de la nation, comme aujourd’hui on se préoccupe beaucoup trop de prédestination, du sort des païens, et de bien d’autres problèmes ; mais ce qui compte avant tout, c’est de venir soi-même à Christ.

La porte étroite nous parle de décision. Il y a des jours, des heures, où l’Esprit de Dieu travaille dans la conscience et dans le coeur ; les laissera-ton passer sans se décider pour Christ ? Il y a lutte : la chair n’y est pas à son aise ; et souffrance, devant tout ce qu’il faut abandonner. Qui vaincra ? Dans Matthieu 7, un choix est présenté entre la porte étroite et la porte large, entre le chemin resserré et le chemin spacieux. Choix et décision vitaux, car le chemin large mène à la porte fermée, ...à la perdition.

3.1.2        La maison sur le roc ou sur le sable

(Matt. 7:24 à 27 ; Luc 6:47 à 49).

Deux maisons, extérieurement de même apparence, s’élèvent l’une sur le roc, l’autre sur le sable. Le fondement est caché. N’en est-il pas ainsi de beaucoup de jeunes élevés peut-être dans la même famille ou dans la même ambiance, fréquentant le même rassemblement ? Dans le coeur des uns, Christ a sa place ; les autres Lui sont restés fermés. Dans Matthieu, celui qui a bâti sur le roc est qualifié de prudent, mais l’autre n’est pas seulement un imprévoyant, mais un insensé. En Luc, celui qui a bâti sur le roc a «foui et creusé profondément». Rien de superficiel. Il ne dit pas «J’ai toujours cru», mais un travail profond de l’Esprit de Dieu a mis à nu le péché de son coeur, et l’a conduit à la confession et au repentir, à la vraie conversion.

Viendront la pluie, les torrents, le vent, comme dans Matthieu, figure de toute l’opposition de Satan ; ou le fleuve et son inondation, comme dans Luc, symbole du monde qui entraîne ; — la «chute» en Matthieu, la «ruine» en Luc, sera d’autant plus grande que la maison avait plus belle apparence.

Comment «mettre en pratique» les paroles du Seigneur, «faire la volonté» de son Père (Matt. 7:21) et ne pas se contenter de dire : «Seigneur, Seigneur» ? — Jean 6:29 nous dit : «C’est ici l’oeuvre de Dieu que vous croyez en Celui qu’il a envoyé». Il ne s’agit pas seulement d’une croyance, d’une adhésion intellectuelle, d’une certaine connaissance de l’oeuvre accomplie à la croix. Le Seigneur dit : «Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle» (v. 54). Il faut saisir, par la foi qui pénètre l’être entier, que Christ a pris un corps et l’a donné pour nous ; qu’il a versé son sang pour ôter nos péchés. La Cène en est le mémorial (*), mais il y a ici beaucoup plus. C’est l’acceptation de tout son esprit, son coeur et sa volonté (Apoc. 22:17) de l’oeuvre de Christ, fondement inébranlable de la vie éternelle — l’appropriation personnelle, comme nourriture et breuvage, d’un Christ mort, réponse aux besoins impérieux et profonds de l’âme.

(*) Voyez brochure (index des ouvrages Bibliquest) : «Le Nom qui rassemble»

3.2   Les obstacles

Dans plusieurs paraboles, le Seigneur met en évidence divers moyens que l’ennemi emploie pour empêcher les âmes de venir à Lui.

3.2.1        Les excuses

Le grand souper (Matt. 22:1 à 14 ; Luc 14:16 à 24) .

Dans Luc, les conviés «commencèrent tous unanimement à s’excuser». L’un avait acheté un champ : apprécier son bien devait nécessairement prendre place avant l’invitation de son hôte. Un autre avait acquis cinq couples de boeufs et devait les essayer. C’étaient les instruments de son travail. L’activité journalière forme souvent prétexte pour ne pas venir à Christ : on n’a pas le temps de penser à Lui ; il y a tant de choses à faire. Le troisième avait épousé une femme. Piège combien fréquent aux mains de l’ennemi pour détourner un coeur disposé à s’approcher du Seigneur ! Une affection pour une personne qui ne Le connaît pas, lie, et pour toujours peut-être, éloignera de Lui.

 

Matthieu nous donne le secret de ces excuses, en disant tout simplement : «Ils ne voulurent pas venir» (Matt. 22:3). Le Seigneur Jésus reprochait aux pharisiens : «Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie». Au dernier chapitre de la Bible, retentit encore l’appel : «Que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie».

3.2.2        La propre justice

Dans la même parabole (Matt. 22:11 à 13) Jésus parle d’un homme assis à table sans être revêtu de la robe de noces. Il avait sans doute estimé son propre vêtement meilleur que la robe offerte par son hôte. Mais il suffit d’un regard du roi (v. 11) pour tout mettre en lumière ; un sort terrible attend celui qui avait cru pouvoir s’asseoir à la table divine, drapé dans sa propre justice : il est lié, emporté, jeté dehors, dans les ténèbres, où sont les pleurs et les grincements de dents.

Quel contraste avec le fils prodigue qui, revêtu de haillons, acceptait avec joie la plus belle robe offerte par son père. Tandis que le fils aîné, dans Luc 15, nous donne un autre exemple de cette propre justice qui refuse l’invitation de la grâce. Cet homme était conscient de toutes ses vertus: «Voici tant d’années que je te sers, et jamais je n’ai transgressé ton commandement». Ils sont nombreux ceux qui, comme un autre jeune homme, disent : «J’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse» (Luc 18:21). Au début du récit, les deux frères étaient à la maison, élevés dans la même ambiance, par le même père. Au cours de la parabole, l’un s’en va, et l’aîné seul reste au foyer. À la fin, le plus jeune, revenu à la vie, est dedans, alors que son frère est dehors. Pourquoi dehors ? Parce que «il ne voulait pas entrer». Il aurait préféré s’asseoir avec ses amis et faire bonne chère avec eux, que d’être à table avec son père et son frère ! Malgré l’insistance paternelle, il reste dehors, égaré par sa propre justice, incapable de saisir la grâce.

3.2.3        Les efforts pour se corriger

Ceux-ci seraient-ils vraiment un obstacle ? Matthieu 12:43 à 45 ; Luc 11:24 à 26, nous donnent la réponse dans la parabole de l’esprit immonde. Celle-ci s’applique évidemment en première ligne au peuple juif, mais n’en pouvons-nous pas faire aussi une application pratique ? Cette maison balayée et ornée, mais vide, ne ressemble-t-elle pas à un coeur qui a cherché à se réformer soi-même, à s’orner de bonnes oeuvres, mais où Christ n’a pas sa place ? Et si le coeur est vide, Satan saura bien y rentrer, et «la dernière condition de cet homme-là est pire que la première». N’en est-il pas de même de Laodicée : «Je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien» ? Et le Seigneur est dehors, à la porte, qui frappe et plaide : «Si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui et lui avec moi». Bienheureuse portion d’un coeur rempli de Christ, qui ne s’est pas contenté de ses propres efforts pour se corriger.

3.2.4        L’orgueil spirituel

Dans la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18:9 à 14), le Seigneur jette une lumière crue sur cet obstacle formidable, le plus grand de tous, qui, une fois dans le coeur, amène à se confier en soi-même et à tenir le reste des hommes pour rien. «Je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes..». : conscience de ses privilèges et de l’importance de sa propre personne ! «Je jeûne..». : séparation extérieure du monde ; «je donne la dîme..». : bienfaisance publique, bonnes oeuvres. Conscient de ses propres mérites, aveuglé sur son péché, le pharisien ignore la grâce divine, seul recours du publicain qui supplie : «O Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur !»

3.2.5        La prospérité (Luc 12:16 à 21).

Voici un homme rempli de lui-même et de ses possessions ! (douze pronoms à la première personne en trois versets). «Mon âme tu as beaucoup de biens... pour beaucoup d’années !» — Mais Dieu lui dit : «Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée et ces choses... à qui seront-elles ?» «Que profitera-t-il à un homme s’il gagne le monde entier, et qu’il fasse la perte de son âme ?» (Marc 8:36). Abraham avait discerné le piège tendu par le roi de Sodome : «Donne-moi les âmes et prends les biens pour toi» (Gen. 14:20) .

La parole ne condamne pas la possession des biens matériels, mais le Seigneur montre le danger d’amasser des trésors pour soi-même et de n’être pas riche quant à Dieu. Ailleurs, il ajoute : Combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu. Et quand les disciples s’en étonnent, parce que les richesses étaient sous la loi, la marque de la faveur divine, et demandent qui peut bien être sauvé, Jésus, les ayant regardés, dit : Pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu ; car toutes choses sont possibles pour Dieu» (Marc 10:23-27).

Qui pourrait donc être sauvé, pauvre ou riche, sans l’oeuvre de la grâce divine ? Mais Satan sait bien se servir des choses de la terre pour placer devant ceux qui les possèdent un obstacle redoutable sur la route du salut.

3.3   Trop tard

«Voici, c’est maintenant le temps agréable ; voici, c’est maintenant le jour du salut», dit la voix divine. — «Tu as bien le temps ; une autre fois ; demain matin», souffle Satan à l’âme travaillée. Danger que le Seigneur met en évidence par diverses paraboles.

3.3.1        Le riche et Lazare (Luc 16:19 à 31).

Soulevant le voile de l’au-delà, Jésus montre en hadès le riche dans les tourments (quatre fois répété). Il est trop tard pour être sauvé. «Un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous», dit la voix du ciel ; impossible de passer du hadès «au sein d’Abraham». La Parole de Dieu est claire et nette ; il n’y a pas de «deuxième chance» : «II est réservé aux hommes de mourir une fois, — et après cela, le jugement» (Héb. 9:27).

Se rendant compte que pour lui-même il est trop tard, l’homme voudrait pourtant que quelqu’un aille des morts parler à ses frères ; mais la parole exclut, condamne même sévèrement, tout commerce avec les morts. Ce n’est pas de leur avertissement que peut découler la vie, mais uniquement de la Parole de Dieu : «Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent».

3.3.2        La partie adverse

(Matt. 5:25 à 26 ; Luc 12:58 à 59).

Cette parabole s’applique en première ligne aux Juifs («J’ai un débat avec mon peuple»), mais nous pouvons en tirer pour nous la leçon qu’il importe dès à présent d’être réconciliés avec Dieu. «Prépare-toi à rencontrer ton Dieu», dit le prophète (Amos 4:12). Rencontrer Jésus maintenant, c’est recevoir la vie éternelle, être réconcilié avec Dieu, trouver un Ami fidèle qui nous suivra le long de la route. Mais Le négliger pendant que nous sommes en chemin, c’est s’exposer après la mort à rencontrer le Juge qui, sans miséricorde, parce qu’il est juste, «te livrera au sergent, et le sergent te jettera en prison. Je te dis que tu ne sortiras point de là, que tu n’aies payé jusqu’à la dernière pite»,    chose bien impossible à faire.

3.3.3        La porte fermée

Ceux qui auront refusé d’entrer par la porte étroite, se trouvent en Luc 13:25, devant une porte fermée. Ils ont beau supplier : «Seigneur, ouvre-nous», le Maître ne leur ouvre point. Qui sont donc ceux qui restent ainsi dehors ? Des hommes de mauvaise vie, des menteurs ? Écoutons-les : «Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné dans nos rues «. À jamais demeureront dehors précisément ceux qui ont été mis en contact avec Christ, qui ont entendu l’évangile et n’ont pas eu la décision, l’énergie d’entrer par la porte étroite. De même quand «la porte fut fermée» en Matthieu 25:11, celles qui heurtent en vain ne sont pas des femmes de mauvaise vie, mais des vierges qui avaient reçu une lampe, étaient sorties à la rencontre de l’époux, mais... n’avaient pas d’huile.

3.4   L’oeuvre de Dieu

À maintes reprises dans ses enseignements, le Seigneur avertit les âmes et les met en face de leur responsabilité. Mais avec quelle joie, en Luc 15, «Celui qui reçoit les pécheurs» va présenter la grâce. Six fois dans ce chapitre, on se réjouit ! Si le Seigneur ne manque pas d’avertir et de reprendre, avec quelle joie Il cherche, trouve et donne.

C’est le coeur de Dieu, le centre de l’évangile. Sous l’aspect du berger, le Fils — sous celui de la femme, le Saint Esprit — et dans la troisième parabole, le Père — sont à l’oeuvre pour sauver les pécheurs. Le berger et la femme cherchent jusqu’à ce qu’ils aient trouvé. Le Père attend, accueille, reçoit, couvre de baisers et fait tout ce qui est en rapport avec ses droits et les exigences de sa nature pour pouvoir introduire dans sa maison. D’une part, l’amour qui cherche, d’autre part l’amour avec lequel on est reçu.

La brebis et la drachme ne pouvaient rien pour être trouvées ; un travail s’opère dans la conscience du fils, mais dès le verset 22, lui aussi se laisse tout faire, et accepte. La brebis est amenée au troupeau, dont le Berger est le centre (Jean 10:16), et le fils à la table du Père. Telle Ruth, venue des champs de Moab, s’assiéra à la table de Boaz ; et Mephibosheth, appelé de Lodebar, prendra place à la table du roi.

Le fils prodigue était tout aussi coupable au moment où, tournant le dos à son père, il franchissait le seuil de la maison paternelle, qu’à l’époque où il mange les gousses avec les pourceaux. Mais la grâce agit, la pensée du bonheur qui se trouvait dans la maison lointaine, se réveille dans son coeur. Il y a conviction dans la conscience et attraction du coeur. C’est la révélation de Dieu à l’âme, et Dieu est lumière et amour. La lumière produit la conviction de péché, l’amour attire. Tout craintif, le fils se met en route. Il y a sentiment du péché et humiliation, mais ignorance encore de la grâce de Dieu : il n’est pas assuré d’être reçu. Mais le père prend les devants avant son arrivée, et agit envers son fils, non selon les mérites de celui-ci, mais selon son coeur de père à lui. Le fils ne pouvait plus alors demander d’être traité comme l’un de ses mercenaires ; ayant reconnu son péché, confessé son indignité, il s’en remet à l’amour qui l’accueille. Sa position est dorénavant fixée par le coeur du père, par les propres sentiments du père, par l’amour qu’il avait pour son enfant : la position du père décidait de celle du fils (J. N. D).

Mais il ne pouvait entrer sans autre dans la maison ; il devait y être introduit tel que devait être le fils d’un tel père. On apporte dehors la plus belle robe, l’anneau et les sandales ; et nourri du veau gras, avec toute la maison, le fils prend place à la table du père. Il était perdu et il est retrouvé. Il était mort, et il est revenu à la vie.

«Et ils se mirent à faire bonne chère» : un festin commencé sur la terre, qui se continuera dans le ciel sans jamais prendre fin. Contraste tragique avec ceux qui, en Luc 13:25, devant la porte fermée, se seront mis à se tenir dehors et à heurter en vain, restant à toujours dans les ténèbres qu’ils auront choisies.

4         Marche et témoignage

Vous laissant un modèle, afin que vous suiviez Ses traces (1 Pierre 2:21).

 

Éprouvant ce qui est agréable au Seigneur (Éph. 5:10).

 

Après avoir été amenés au Seigneur, nous sommes appelés à marcher à sa suite dans ce monde. Or la marche est faite de détails. Dans un grand nombre de petites paraboles, le Seigneur nous enseigne comment, dans ces détails de la vie journalière, nous pouvons éprouver ce qui lui est agréable. Mais aussi dans toute sa vie, il nous en a donné le parfait modèle.

4.1   La lumière

(Matt. 5:14-16 ; Marc 4:21 ; Luc 8:16 ; 11:33-36).

«Vous êtes la lumière du monde», dit Jésus à ses disciples. Avant que la lumière luise au dehors, il faut qu’elle brille au dedans. C’est pourquoi il ajoute un peu plus loin — Matt. 6:22, Luc 11:34 — la parabole de l’oeil simple. Un oeil simple ne voit qu’un seul objet à la fois. Il faut contempler Christ dans sa marche, dans sa vie, dans sa gloire, avant de pouvoir soi-même briller. Si l’oeil est méchant, c’est-à-dire regarde à droite et à gauche toutes sortes de choses, le corps tout entier sera ténébreux. Seule la contemplation de Christ nous permettra de Le refléter. L’oeil éclaire l’intérieur ; la lampe brille au dehors.

Remarquons que dans Marc et dans Luc, le Seigneur parle de la lampe immédiatement après la parabole du semeur. D’abord la vie ; ensuite la lumière. Où brille-t-elle ?

En Matthieu 5:15, la lampe luit «pour tous ceux qui sont dans la maison». Le premier témoignage du jeune croyant est dans sa famille. Lorsqu’il a donné son coeur au Seigneur, n’est-ce pas là que l’on doit se rendre compte en première ligne du changement intervenu dans sa vie ? Il en est de même dans la famille de Dieu. Mais Luc 8:16 dit que la lampe brille «afin que ceux qui entrent voient la lumière». Pénètre-t-il chez nous des visites, des étrangers ; se rendront-ils compte qu’ils sont dans un foyer chrétien ? Lorsque les envoyés de Babylone sont venus chez Ézéchias, le prophète Ésaïe lui demande : «Qu’ont-ils vu dans ta maison ?» Le roi raconte comment il a fait visiter toutes ses richesses, son arsenal, ses trésors ; mais les étrangers avaient-ils vu dans sa maison le reflet de la lumière divine ? — Et les âmes travaillées que Dieu dirige vers «la maison de la foi» y voient-elles toujours briller la lumière de la vie ?

Enfin Matthieu 5:16 nous dit que la lumière doit luire devant les hommes ; témoignage rendu non par beaucoup de paroles, mais «par les bonnes oeuvres qu’ils observent» (1 Pierre 2:12).

Enfin, si dans chaque maison, dans chaque foyer brille la lumière, la «ville située sur une montagne ne peut être cachée». II y aura un témoignage de toute l’assemblée locale si chacun de ceux qui en font partie suit fidèlement le Seigneur.

Mais l’ennemi cherche à empêcher la lumière de briller et suscite des obstacles. Au lieu d’être placée sur le pied de lampe, la lumière peut être mise :

4.1.1.1       dans un lieu caché (Luc 11:33) :

Joseph d’Arimathée était disciple de Jésus en secret ; Nicodème venait à lui de nuit. Ne nous arrive-t-il pas aussi de cacher notre lumière, et de ne pas oser confesser le Seigneur ? Se trouvant dans un lieu public, on évitera de rendre grâces, ou du moins de montrer discrètement qu’on le fait. Devant le monde, on craindra de prendre une position nette de chrétien.

4.1.1.2       sous le boisseau (Matt. 5:15, etc). :

unité de mesure pour les liquides et les céréales, le boisseau nous parle de l’activité extérieure, des affaires, du métier. Dans quelle mesure la lumière divine brille-t-elle lorsque nous sommes absorbés par notre travail journalier ? Non sous forme de discours, mais dans les actes, l’attitude, le soin mis à son travail, le comportement vis-à-vis des inférieurs, des supérieurs et des collègues. Un chrétien peut se laisser à tel point envahir par ses occupations qu’on ne le distingue plus d’un homme du monde dont tous les intérêts sont sur la terre.

4.1.1.3       sous le lit, nous dit encore Marc 4:21 :

paresse, désir de confort, indifférence, sommeil, peuvent voiler la lumière, annuler tout témoignage pour le Seigneur. On préfère la vie facile aux inconvénients qu’amènerait un témoignage décidé pour Christ (Voir brochure «David» page 27)

Il y a des choses invisibles dans la vie chrétienne : le fondement de la maison, les racines de l’arbre ou de l’épi. La lampe par contre est visible à tous. Mais la lampe existerait-elle sans fondement préalable sur le roc, sans racines qui s’étendent vers le courant, sans oeil simple qui d’abord a contemplé Christ ?

Cette lumière qui doit luire devant les hommes est faite d’actes, d’oeuvres, d’attitudes, d’influence, du rayonnement de toute la personnalité dans laquelle Christ vit (Gal. 2:20). Comme elle a brillé en Jésus, qui pouvait dire : «Je suis la lumière du monde» ! Et l’apôtre Jean d’ajouter : «Si nous marchons dans la lumière, comme Lui-même est dans la lumière..». (1 Jean 1:7). Que notre oeil soit assez simple pour le voir Lui tel qu’il a marché dans la lumière, afin de refléter quelque chose du parfait modèle qu’il nous a laissé.

4.2   Le sel

(Matt. 5:13, Marc 9:49 à 51, Luc 14:34 à 35)

La lumière dissipe les ténèbres ; le sel préserve de la corruption. Il nous parle de séparation pour Dieu, de décision du coeur pour Lui, de l’effet sanctifiant de la grâce dans l’être intérieur.

En Matthieu, le Seigneur dit : Vous êtes le sel de la terre : le témoignage des croyants dans le monde doit préserver de la corruption l’ambiance où ils se trouvent. Remonter le courant ; savoir dire «non», refuser une invitation ; se taire devant des plaisanteries douteuses au lieu d’en rire. On s’acquerra plus de respect de ses camarades en affirmant à l’occasion sa foi ou son désir de pureté, qu’en paraissant faire chorus avec eux. Le monde méprise les chrétiens lâches et lorsque le sel a perdu sa saveur, il n’est bon à rien ; on le foule aux pieds, il est jeté au fumier. «Le juste qui chancelle devant le méchant est une fontaine trouble et une source corrompue» (Prov. 25:26).

En Marc 9:50, le sel est lié au sacrifice. Sur l’offrande de gâteau (Lévitique 2) ne devait pas manquer le sel de l’alliance : la décision du coeur d’être fidèle à la relation dans laquelle Dieu nous a placés envers Lui. Daniel arrêta dans son coeur qu’il ne se souillerait pas avec les mets délicats du roi. Il y aura parfois de coûteux renoncements ; on devra se tenir à l’écart, même de choses paraissant bonnes, si l’on veut être fidèle au témoignage du Seigneur.

En Luc 14:34, le sel est en rapport avec la position de disciple. C’est le sel du dévouement à Christ, la décision du coeur de lui donner la première place — même avant la famille, avant soi-même, avant tout ce que l’on a (v. 26, 27, 33). S’il manque cet attachement à sa Personne, si le sel a perdu sa saveur, on le jette dehors, il ne sert à rien ; Le suivre n’est plus qu’une profession extérieure des lèvres.

4.3   Le pardon

(Matt. 18:23 à 35)

La lumière et le sel concernent particulièrement notre marche individuelle, mais nous sommes appelés à vivre ensemble avec d’autres croyants. Aucun témoignage collectif ne peut être réalisé sans Colossiens 3:13 : «Vous supportant l’un l’autre et vous pardonnant les uns aux autres, si l’un a un sujet de plainte contre un autre ; comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même». Remarquons que cette parabole suit immédiatement le verset qui nous est cher : «Là où deux ou trois sont assemblés à mon nom, je suis là au milieu d’eux». Il semble que l’Esprit de Dieu se hâte d’attirer notre attention sur la nécessité du pardon entre frères, pour pouvoir réaliser pratiquement le rassemblement autour du Seigneur. Combien le témoignage est compromis lorsque des frères commencent à se disputer, s’ignorer, sinon se diviser.

«Un roi voulut compter avec ses esclaves». Qu’en est-il lorsque Dieu veut «compter» avec nous ? Ne voulons-nous pas laisser sa lumière travailler nos consciences et nous amener à lui confesser nos fautes ? L’un des esclaves devait dix mille talents, dette impossible à payer, quoiqu’il en eût la prétention ; elle lui est remise en totalité ; aura-t-il conscience de l’immense grâce qui lui a été faite ?

«Celui à qui il est peu pardonné, aime peu» (Luc 7). Certes il ne nous a pas été peu pardonné ! Mais si l’on oublie la purification de ses péchés d’autrefois, parce qu’on ne les a pas vraiment confessés en détail au Seigneur, on perd de vue l’étendue de la grâce. Si l’on n’a pas considéré l’abîme dans lequel le Seigneur Jésus a dû descendre lorsqu’il portait nos iniquités, plus nombreuses que les cheveux de sa tête (Psaume 40), comment saisirait-on l’horreur que Dieu a du péché, et la grandeur de la dette qu’il nous a remise ?

L’oublier amène à être dur avec ses frères. Parce qu’un autre esclave lui devait cent deniers, le premier l’étranglait, exigeant le paiement, puis le jetant en prison puisqu’il ne pouvait payer. Tel frère m’a offensé, je ne le salue plus ! J’ai des griefs contre les frères, et pour cela je n’ouvre plus la bouche dans l’assemblée. — Vraiment ? Et le Seigneur Jésus n’a rien fait pour toi ? C’est à Lui qu’il faut penser à nouveau, à ce qu’il a fait pour nous ; on pourra alors «pardonner de tout son coeur chacun à son frère».

Remarquons que lorsque les esclaves constatent la dureté de leur camarade, ils ne publient pas la chose à gauche et à droite, quoiqu’ils en soient extrêmement affligés, mais ils s’en vont et le déclarent à leur seigneur !

Et souvenons-nous du parfait Modèle qui, sur la croix, pouvait dire : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font».

4.4   L’humilité

(Luc 14:7 à 11)

Invité chez l’un des principaux des pharisiens, le Seigneur Jésus «observait comment les conviés choisissaient les premières places».

Celui auquel rien n’est caché connaît les motifs qui amènent l’un ou l’autre à prendre moralement parmi ses frères telle ou telle place. Il observe, il sonde, il pèse les coeurs. À la table du festin, chacun a pris le siège qui lui paraît devoir correspondre à son rang. L’hôte n’est pas encore entré (verset 10) et les invités s’asseoient où bon leur semble. Quelle sera l’estimation du Maître lorsqu’il viendra ? Dans la parabole, il fait asseoir à la dernière place l’orgueilleux qui avait choisi la première, et fait monter plus haut celui qui, plein d’humilité, s’était assis au bas de la table.

Ne pouvons-nous pas concevoir aussi une image parallèle : chacun a pris la place de son choix ; l’Hôte divin, à son arrivée, au lieu de s’asseoir à la place d’honneur, va se mettre à l’autre extrémité de la table ! Ainsi celui qui avait choisi la dernière place, se trouve être tout près de lui ; et l’autre qui s’était estimé digne d’être à sa droite ou à sa gauche, se trouve assis tout en bas. Nul ne peut récriminer puisque chacun avait personnellement estimé quelle place devait lui revenir. «Quiconque s’élève, sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé».

Le Seigneur lui-même nous en a donné l’exemple ; il dit à ses disciples : «Je suis au milieu de vous comme celui qui sert». À ce moment-là, il n’était même plus à table, puisqu’il s’en était levé (Jean 13) pour laver leurs pieds.

Un frère peut être plus doué qu’un autre. («Qu’as-tu que tu ne l’aies reçu ?») Le but n’en est pas de dominer sur ses frères, mais uniquement de mieux les servir. En Luc 22, le Seigneur avait à peine institué la Cène qu’il arriva entre les disciples une contestation pour savoir lequel d’entre eux serait estimé le plus grand ; et Jésus de leur dire : «Que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui conduit comme celui qui sert «. L’apôtre ajoutera : «Que dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même, chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres» (Phil. 2:3 à 4).

4.5   Les occasions de chute

4.5.1        Pour soi-même

Matthieu 5:28 à 30 mérite notre sérieuse attention. Il s’agit là d’un cas spécifique, qui chaque jour nous guette, jeune ou plus âgé, célibataire ou marié, si la convoitise, le désir coupable, vient suivre le regard. Dès que l’on se rend compte d’un attachement qui ne peut être selon Dieu, soit que la personne ne soit de toute évidence pas celle que le Seigneur a en vue pour fonder un foyer, ou que l’on soit déjà marié, il importe d’obéir sans retard à la parole du Seigneur : «Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le» : ne plus se voir d’aucune manière ; «et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la» : plus de contact, plus de correspondance. Il faut de toute nécessité, sans égards et sans délai, couper une telle relation. (Prov. 6:27-28 !)

Marc 9:43 est plus général. En parlant ici de la main, du pied ou de l’oeil, le Seigneur prévoit sans doute des actions, des lieux, des choses vues ou lues, qui sont en piège. Tout le témoignage peut en être gâté ; l’âme souillée, la lumière obscurcie. «Coupe, arrache», dit le Maître. On a commencé tel livre et découvre qu’il va souiller notre esprit ou troubler notre foi ; ayons l’énergie de le mettre aussitôt de côté. On fréquente tel camarade qui va nous entraîner dans le monde ou dans la tentation. Il faut rompre sans retard une telle amitié.

4.5.2        Pour les autres

Après avoir placé au milieu des disciples un petit enfant, exemple d’humilité, le Seigneur ajoute, en Matthieu 18:6 : «Quiconque est une occasion de chute pour un de ces petits qui croient en moi, il serait avantageux pour lui qu’on lui eût pendu au cou une meule d’âne et qu’il eût été noyé dans les profondeurs de la mer». Combien sévèrement le Seigneur condamne ceux qui sont une occasion de chute pour un faible : un enfant dans la foi en Matthieu 18, ou l’un de ceux qui ne Le suit pas «avec nous», en Marc 9. Une parole légère, une plaisanterie douteuse, une réflexion faite en passant dont on n’a pas mesuré la portée, mais qui germera dans un jeune coeur ; de mauvais exemples, des doutes quant à la parole ; par-dessus tout, les médisances, les racontars, les critiques, sans parler du dénigrement de l’assemblée, des réunions, de tel ou tel serviteur du Seigneur.

Lorsqu’Abraham descendit en Égypte, il avait pour compagnon le jeune Lot. Le patriarche s’est rendu compte de sa faute et l’a jugée. Il est revenu jusqu’à Béthel où était sa tente au commencement ; son âme a été restaurée. Mais son neveu avait gardé dans son esprit la vision de l’Égypte et de ses attraits. Au jour décisif (Gen. 13:10), se présente devant ses yeux toute la plaine du Jourdain, arrosée partout «comme le pays d’Égypte» ; le souvenir de ce qu’il y avait vu, l’a déterminé dans son choix. La première graine d’un égarement qui devait perdre la carrière et la famille de Lot, avait été semée par son oncle, sans qu’il l’ait certes réalisé.

Suis-je une aide ou une entrave ? Et qui pis est, une occasion de chute ?

4.6   Juger les autres

Le fétu et la poutre (Matt. 7:1 à 5, Luc 6:41).

Ne jugez pas, dit le Seigneur. Non qu’il ne faille, lorsque c’est nécessaire, juger les actes et, en particulier, exercer la discipline fraternelle ou celle de l’assemblée. Mais nous devons nous garder de juger les motifs qui ont fait agir autrui. Avant de chercher à corriger les autres et de leur faire la leçon, combien il importe d’ôter d’abord la poutre de son propre oeil. Un aveugle ne peut pas conduire un aveugle. Seul le jugement de soi-même permet de voir clair pour ôter le fétu de l’oeil de son frère. Que de fois on critique tel ou tel détail de la vie d’autrui, de sa mise, de sa maison, et l’on n’est pas conscient de son propre égoïsme et de son propre orgueil. En Galates 6:1, après avoir exhorté les frères spirituels à redresser dans un esprit de douceur, celui qui s’est laissé surprendre par quelque faute, l’apôtre ajoute : «Prenant garde à toi-même, de peur que toi aussi, tu ne sois tenté».

En Jean 13, le Seigneur Jésus nous a donné l’exemple suprême. Lui, le Seigneur et le Maître, n’est pas resté à table, mais s’étant levé du souper, il a mis de côté ses vêtements, symbole de sa gloire, puis, ayant pris un linge et s’en étant ceint, il a versé de l’eau dans le bassin et s’est mis à laver les pieds des disciples. Dans quel but ? — Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi, dit-il à Pierre. Pas de communion avec le Seigneur si nos pieds n’ont pas été lavés par lui ! Comme notre Avocat, il intercède pour nous et nous amène à la confession de nos fautes. Mais le Seigneur ajoute : «Si donc moi, le Seigneur et le Maître, j’ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres». Dans l’esprit du Seigneur, imitant son humilité et son amour, avoir à coeur la restauration de nos frères afin de jouir à nouveau de la communion avec eux. Leur rappeler l’amour du Seigneur pour eux, ce qui Lui est dû, dans la conscience de la grâce qui s’est exercée aussi bien envers eux qu’envers nous, les aider à en reprendre conscience.

La vie est faite de détails ; toutes ces paraboles — très courtes pour la plupart — nous montrent quel soin le Seigneur désire que les siens aient de ces détails. Où sont les ressources pour une telle marche ? Elle ne peut se réaliser qu’«en nouveauté de vie» (Rom. 6:4), en demeurant en Lui. «Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire» (Jean 15). Mais «celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit». Pas de lumière sans contact avec la source ; pas de marche à la gloire du Seigneur, ni de témoignage, sans communion journalière avec lui.

5         Le service

«À chacun son ouvrage» (Marc 13:34).

5.1   La diversité dans le service

Nous trouvons dans les paraboles toutes sortes de serviteurs : semeur, messagers, économes, portier, vignerons, moissonneur, cultivateurs, laboureur, hôtelier, et bien d’autres encore.

Nous voyons que le service s’exerce en tout lieu : dans la maison, aux champs, à la ferme, auprès du troupeau, à la ville et le long des chemins, dans la vigne, au bord de la route et dans l’hôtellerie.

Les bénéficiaires en sont aussi variés que nombreux : voyageur, pauvres, boiteux, aveugles, domestiques de la maison, malades, prisonniers, même tous les hommes.

Et ce service s’exerce en tout temps, de jour et de nuit, à la première heure comme à la onzième, à la première veille comme à la quatrième.

À chacun son ouvrage ! Discerner quel travail le Seigneur veut nous confier et ne pas simplement imiter autrui. Nous souvenir toujours que s’il y a divers services, nous servons tous le même Maître.

5.2   Quelle part y prenons-nous ?

5.2.1        Les deux fils (Matt. 21:28 à 31).

Quand le père envoie ses enfants dans la vigne, l’un dit : je ne veux pas, et l’autre : j’y vais. Mais le premier, pensant à son père, a du remords, et s’y rend quand même. Le second, ne pensant qu’à lui-même, à ses aises, se laisse distraire et, occupé par mille autres choses, n’y va pas.

Exemple bien simple de ce qui nous arrive souvent : le Seigneur nous avait mis à coeur d’écrire une lettre à un ami, de faire une visite, mais on a renvoyé au lendemain, ou à la semaine suivante, et la lettre n’a jamais été écrite, la visite n’a pas eu lieu ! Ce qui importe, dit le Seigneur, c’est de faire la volonté du Père (v. 31), et non d’en avoir seulement l’intention.

5.2.2        Les talents (Matt. 25:14 à 30).

Un homme s’en allant hors du pays, appelle ses propres esclaves et leur remet ses biens. Remarquons que cette parabole ne s’adresse pas à ceux qui sont encore dans leurs péchés ; à de tels, il faut que le Maître remette la dette (Matt. 18:27). II n’est pas question de servir le Seigneur avant de lui appartenir, d’être né de nouveau, de savoir que tous ses péchés sont effacés par Son sang. «Il leur remet ses biens» : c’est le côté positif de Son oeuvre pour nous ; non seulement la dette est payée, mais des richesses sont confiées. Les serviteurs sont alors conscients de la grâce qui a pardonné toutes leurs fautes et les a abondamment enrichis. Ils peuvent faire valoir de tels biens dans la confiance en un Maître dont ils connaissent le caractère et qu’ils aiment. (Sans doute le troisième serviteur n’a-t-il pas la vie de Dieu, mais seulement la profession d’esclave ; c’est l’enseignement qui découle de la seconde partie de la parabole. Mais cela n’enlève rien à la pensée fondamentale que les talents sont confiés aux «propres esclaves» du maître).

Selon son sage discernement, le maître remet cinq, deux ou un talent, «à chacun selon sa propre capacité». Dans la parabole, le nombre des talents semble définitif, mais nous savons qu’en pratique le chrétien fidèle dans ce qui est très petit, recevra une tâche plus grande (1 Tim. 3:13) ; nous sommes aussi exhortés à «désirer avec ardeur» les dons spirituels (1 Cor. 14:1). Après avoir accompli fidèlement ce que le Seigneur a placé devant nous, nous souhaiterons que dans sa grâce, il nous confie davantage. L’important est d’être, pendant l’absence du maître, fidèle dans ce que l’on a reçu.

Cette absence est longue ; il faut de la persévérance, de la patience, de la fidélité. En faisant valoir les talents, les serviteurs en acquièrent encore une fois autant : «Celui qui arrose sera lui-même arrosé» (Luc 19:11-27, où chacun reçoit une mine, a davantage en vue la responsabilité de tout croyant de faire valoir ce que tous ont reçu forces, temps, Parole, etc. ; les résultats varient et la récompense en dépend. En Matthieu, il s’agit surtout de la fidélité ; la récompense est la même pour tous ceux qui ont été fidèles, quel que fût originellement le don reçu).

À son retour, le maître «règle compte» avec ses serviteurs. Au tribunal de Christ, tout sera manifesté «afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal» (2 Cor. 5:10).

Le troisième serviteur n’a, en apparence, pas commis de péché grave ; il n’est pas allé dans le monde, ne s’est pas enivré, n’a pas battu ses collègues, comme l’esclave de Luc 12. Quel est donc son crime ? — Il n’a rien fait ! C’est un paresseux. Mais aussi un méchant esclave : ne connaissant pas son maître, n’ayant pas confiance en lui, le méprisant même, il a caché dans la terre le don qui lui avait été confié. Tel le figuier stérile : «Pourquoi occupe-t-il inutilement la terre ?»

Les serviteurs fidèles reçoivent la récompense suprême : «Ayant connu le caractère de leur maître et l’ayant aimé, ils entrent dans sa joie» (J. N. D)..

5.3   La décision de servir

5.3.1        L’appel de Dieu

Le maître seul, dans les paraboles, confie des dons, commande de veiller, donne l’ouvrage, établit sur sa maison, et envoie dans la vigne. Puissions-nous, comme le jeune Ésaïe après avoir été purifié de son impureté, entendre la voix qui dit : «Qui enverrai-je et qui ira pour nous ?», et répondre de tout coeur : «Me voici, envoie-moi».

Notre part est d’être intérieurement à disposition du Seigneur pour ce qu’il voudra bien nous confier ; puis de vraiment discerner quelle est sa pensée à notre égard.

5.3.2        Le coût (Luc 14:25 à 30).

S’engager à la légère à la suite du Seigneur, et surtout à son service, mène à l’échec. Dans la parabole de la tour, Jésus montre qu’avant de bâtir, il faut s’asseoir et calculer la dépense. Non pas certes pour se décourager et renoncer à le suivre ou à le servir ; mais pour envisager d’avance, dans sa lumière, et les renoncements (v. 26 et 33) et les difficultés (v. 27) que le chemin ou le service impliquera. Une fois «bien assuré dans toute la volonté de Dieu» (Col. 4:12), on pourra partir en se confiant en lui ; les difficultés rencontrées, les revers, les déceptions, les peines de coeur, les larmes inévitables, seront alors reçus de sa main comme autant de moyens d’épreuve et d’éducation qui nous rejetteront sur Lui. Si l’on est parti à la légère, ou bien l’on se découragera, ou l’on se durcira dans une attitude légale, contraire à tout fruit.

Dans la petite parabole de la charrue (Luc 9:62) le Seigneur montre aussi l’importance de ne pas regarder en arrière après s’être engagé à son service. Regarder en arrière, c’est laisser des considérations secondaires prendre la première place (v. 59, 61), revenir par le coeur à ce que l’on avait cru abandonner.

Renoncer à construire la tour après en avoir jeté les fondements, regarder en arrière après avoir mis la main à la charrue, discrédite le témoignage chrétien et décourage autrui. Tel a voulu partir pour l’oeuvre du Seigneur au loin (ou au près !) sans être préparé, ni même envoyé ; quand, au bout d’un ou deux ans, il s’en rendra compte, il fera certainement mieux de rentrer au foyer que de rester sur place comme un poids mort ou une entrave, mais il n’en reste pas moins que son échec n’aura pas été à la gloire du Seigneur. Jérémie 23:21-22 confirme que partir sans être envoyé (Rom. 10:15) et parler sans s’être premièrement tenu «dans le conseil secret» du Seigneur, est cause d’un service sans puissance et sans fruit.

Combien il importe donc d’examiner les choses soigneusement à Ses pieds, et tout d’abord de servir humblement, simplement, dans la sphère où nous sommes placés, dans les petites choses qu’Il nous confie ; de plus grandes pourront ensuite être mises en nos mains, si telle est Sa volonté.

Ému de compassion devant les foules dispersées et sans berger, Jésus dit à ses disciples : «Suppliez le Seigneur de la moisson, en sorte qu’il pousse des ouvriers dans sa moisson «(Matt. 9:37, 38). Les «envoyer» seulement ne suffirait pas ; il y a de leur part tant de résistances à vaincre ! Il faut les y «pousser», si grand est le désir du Seigneur de voir des ouvriers plus nombreux dans sa moisson. D’un côté, nous avons le coût, la nécessité de lui remettre nos affections, notre conduite, nos possessions ; et, d’autre part, l’appel du Seigneur et l’amour de son coeur pour nous, qui nous pousse à l’aimer, à aimer les siens, à aimer les âmes perdues. «L’amour pour Jésus est le ressort de tout service ; je n’en connais pas d’autre», a dit un fidèle serviteur (Pensées J.N.D)..

5.4   Comment servir ?

5.4.1        Les brebis et les chèvres (Matt. 25:35, 36).

Cette parabole nous montre le Seigneur juge des nations à l’entrée du royaume. Elle contient pour nous un simple enseignement pratique : le premier service, à la portée de tous, frère ou soeur, n’est-il pas de penser à ceux qui sont dans le besoin : «J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais nu et vous m’avez vêtu» . C’est la leçon de Jacques 2:16. Puis il y a les malades à visiter ou à soigner, les prisonniers auprès desquels le Seigneur engage à aller. Il y a les étrangers, ces jeunes qui sont peut-être dans notre ville aux études ou en apprentissage, que l’on doit inviter, entourer, encourager. «En tant que vous l’avez fait à l’un des plus petits de ceux-ci, qui sont mes frères, vous me l’avez fait à moi».

5.4.2        L’invitation aux noces (Matt. 22:1 à 10 ; Luc 14:16 à 23).

Trois fois dans Matthieu «les esclaves» , trois fois dans Luc «l’esclave» , renouvellent l’invitation au grand souper. Tout est prêt, venez ! À la croix, Christ a tout accompli. Son oeuvre est parfaite. Acceptez l’invitation de sa grâce. C’est le travail de l’évangéliste ; il n’est pas limité à ceux auxquels le Seigneur a demandé de consacrer tout leur temps à répandre la parole. L’évangélisation ne s’improvise pas. Il ne suffit pas de convoquer une réunion et de répandre des invitations. Les esclaves sont exhortés à «amener» les pauvres, les estropiés, les aveugles, les boiteux. Ceux-ci n’auraient jamais pu venir d’eux-mêmes ; il faut les conduire, les aider, les transporter. Inviter à brûle-pourpoint des personnes à écouter la Parole juste le jour de la réunion d’évangélisation n’aura guère d’effet. Il faut les avoir suivies et entourées auparavant, avoir gagné leur confiance afin de pouvoir les inviter au moment voulu ; la réunion passée, on continuera à les encourager, en leur montrant la vie divine en action.

Travail merveilleux de la grâce qu’a commencé le Seigneur lui-même, dont le prophète pouvait dire dans sa vision : «Combien sont beaux sur les montagnes les pieds de Celui qui apporte de bonnes nouvelles» (Ésaïe 52:7). Lorsque plus tard l’apôtre montrera la nécessité de répandre l’évangile «comment croiront-ils en Celui dont ils n’ont point entendu parler ?», il citera le même verset en disant : «Combien sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix» (Rom. 10:15).

Dans Matthieu, les esclaves du roi transmettent son invitation, figure des serviteurs que le Seigneur envoie ; en Luc 14, un seul esclave est à l’oeuvre. Ne s’agit-il pas là plutôt du Saint-Esprit, le seul qui peut «contraindre» d’entrer (Jean 16:8) et opérer dans les coeurs ? Aucun des serviteurs ne verra son invitation acceptée si le divin Serviteur n’a pas agi dans les consciences et dans les coeurs.

5.4.3        Sur Sa maison (Luc 12:42 à 45 ; Matt. 24:45).

Le maître n’envoie pas seulement des serviteurs inviter ceux du dehors. Il établit sur sa maison des économes fidèles et prudents, afin de donner aux siens la nourriture au temps convenable. Tous n’ont pas le même service et personne ne doit imiter celui d’autrui. Il y a un «temps convenable» pour nourrir le peuple de Dieu, une «ration de blé» appropriée. Il y faut un «trésor» (Matt. 13:52) accumulé dans le coeur en se nourrissant soi-même, afin d’en pouvoir tirer ce dont les âmes ont besoin, «des choses nouvelles et des choses vieilles» : les richesses insondables tant du Nouveau que de l’Ancien Testament.

5.4.4        L’économe de Luc 16.

La nourriture spirituelle n’est pas en vue ici, comme en Luc 12, mais les biens matériels, dont le Seigneur, dans une plus ou moins grande mesure, a confié l’administration aux siens. Les biens appartiennent au maître ; l’économe n’en a que la gérance. Il doit donc les administrer pour Lui. L’homme riche de Luc 12:16, remplissait ses greniers ; celui de Luc 16:19 ne pensait qu’à se vêtir splendidement et à faire joyeuse chère chaque jour ; le fils prodigue vilipendait les biens de son père ; l’économe emploiera pour autrui — quant à nous dans la dépendance du Seigneur, non pas à son insu comme dans la parabole — ce que le maître lui a confié. «Les richesses injustes» «ce qui est très petit», «ce qui est à autrui» représente les biens matériels qui nous sont confiés. «Ce qui est grand», «les vraies richesses» , «ce qui est vôtre», parle des biens spirituels qui sont la part bénie de tout chrétien en Christ. Mais l’administration des biens matériels, des «richesses injustes» requiert la fidélité : «Celui qui est injuste dans ce qui est très petit est injuste aussi dans ce qui est grand» . Si un enfant de Dieu n’a pas été fidèle dans l’administration matérielle, si petite soit-elle, qui lui a été confiée, le sera-t-il dans le domaine spirituel ? (cf. 1 Tim. 6:17-19).

5.4.5        La prière

Service caché, mais combien important, mis en évidence dans l’évangile de Luc par trois paraboles qui en éclairent divers côtés. Luc est l’évangile de la prière : nous y trouvons sept fois le Seigneur en prière, et dans sept autres occasions, il prononce l’action de grâces ou quelques mots de prière.

5.4.5.1       Les trois amis (Luc 11:5 à 8).

Le premier voit arriver chez lui un voyageur de ses amis auquel il n’a rien à donner. Que faire, sinon s’adresser au troisième, dont les ressources sont grandes ? Prière simple, brève comme toutes celles que la Parole donne en exemple (Matt. 6:7), mais instante : «Ami, prête-moi trois pains». La réponse, malgré l’heure indue, ne saurait manquer.

Ne nous arrive-t-il pas souvent de nous sentir comme vides et sans ressource devant telle âme à qui un mot du Seigneur, une parole d’encouragement ferait tant de bien ? Ou devant un groupe d’enfants auxquels nous devons parler ? Que faire sinon recourir à l’Ami fidèle dont les ressources sont infinies ; Lui ne dort jamais ; il est toujours prêt à répondre à ceux qui s’adressent à Lui.

5.4.5.2       Le juge inique (Luc 18:1 à 8).

Quand prier ? — Toujours prier et ne pas se lasser, répond le Seigneur. L’ami intercédait pour les besoins de son compagnon ; la veuve ici prie pour elle-même : venge-moi de mon adversaire. N’avons-nous pas souvent de telles prières à adresser au Seigneur pour être délivrés des efforts de Satan et de ses ruses ? Prière où il importe de ne pas se lasser, car Dieu ne répond pas toujours immédiatement. Il éprouve la foi et exerce la patience. L’épreuve de Job s’est prolongée, le but poursuivi par Dieu devait être atteint et son coeur mis à nu. «Dieu use de patience avant d’intervenir», parce qu’il désire amener d’abord l’âme dans l’état voulu pour jouir de l’exaucement.

5.4.5.3       Le pharisien et le publicain (Luc 18:9 à 14).

Comment prier ? — Dans cette parabole, qui suit celle de la veuve, le Seigneur montre quels obstacles rencontre la prière : l’orgueil, la satisfaction de soi, aussi le manque de pardon en Marc 11:25 à 26. Le publicain, humble, conscient de sa misère, peut descendre en sa maison avec l’assurance d’avoir été entendu.

L’attitude dans la prière et son but sont essentiels. Le fils prodigue dit : «Donne-moi la part du bien qui me revient». Cela rappelle Jacques 4:3 : «Vous n’avez pas, parce que vous demandez mal, afin de le dépenser pour vos voluptés». — «Donne-nous chaque jour le pain qu’il nous faut» (Luc 11:3), enseigne Jésus à ses disciples : non pas une provision qui supprime toute dépendance de lui, mais le nécessaire pour la journée, comme la manne au désert, afin que le matin suivant, nous soyons ramenés à ses pieds.

5.5   La récompense

Moise «regardait à la rémunération» (Héb. 11:26). «La pareille te sera rendue dans la résurrection des justes» , dit le Seigneur en Luc 14:14. Toutefois la récompense n’est pas un dû, mais un encouragement présenté au serviteur, que la foi apprécie.

5.5.1        Les ouvriers dans la vigne (Matt. 20:1 à 16).

La récompense n’est pas proportionnelle à l’importance apparente du service ; elle est donnée selon l’estimation du maître (v. 15). En effet, tout service est une grâce, un privilège qui nous est accordé et ne confère pas un droit. «Ayant ce ministère comme ayant obtenu miséricorde, nous ne nous lassons point», dit l’apôtre (2 Cor. 4:1). Conscient de la grâce qui a fait de lui un ministre de l’évangile, il ne se décourage pas dans le chemin, mais n’en tire non plus aucun mérite.

5.5.2        L’esclave revenant des champs (Luc 17:7 à 10).

Pendant toute la journée, l’esclave a labouré le champ, tel l’évangéliste qui va répandre la semence de la Parole de Dieu, ou a été occupé à paître le troupeau, tel le berger prenant soin des brebis du Seigneur. Qu’adviendra-t-il à la fin de son travail ? Le maître va-t-il dire : mets-toi à table ? Ne lui dira-t-il pas, au contraire : Apprête-moi à souper et ceins-toi, et après cela, tu mangeras et tu boiras, toi ? Tel est le raisonnement normal d’un maître terrestre. Quelle est l’attitude qui convient à un esclave ? — «Quand vous aurez fait toutes les choses qui vous ont été commandées, dites : nous sommes des esclaves inutiles». Rien de plus naturel que d’accomplir fidèlement le service confié, aucune gloire à en tirer, aucun mérite n’en découle. Ce n’est certes pas afin d’être sauvés que nous avons à servir le Seigneur, mais «nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes oeuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles» (Éph. 2:10).

Mais la pensée du Seigneur diffère entièrement de celle d’un maître terrestre. Nous devons nous considérer comme des esclaves qui n’ont fait que ce qui leur était commandé (et même, l’avons-nous fait ?) ; mais, lorsqu’à son retour, le Seigneur trouvera ses esclaves veillant, lui-même «se ceindra et les fera mettre à table, et, s’avançant, il les servira !» (Luc 12:37). Sur la terre, ils l’ont connu au milieu d’eux comme Celui qui sert ; tel ils le retrouveront dans la gloire : amour éternel de Celui dont l’oreille a été percée (Exode 21) afin qu’il fût serviteur à toujours. Alors s’accomplira la parole qui constitue la récompense la plus grande : «Entre dans la joie de ton maître», le coeur étant gardé par Dieu dans une réelle humilité: «fidèle en peu de chose».

6         Le retour du Seigneur

«Le Maître viendra» (Matt. 24:50).

Les paraboles emploient de nombreuses expressions pour parler du retour du Seigneur : Votre Seigneur vient ; le Fils de l’homme vient ; son Maître viendra ; voici l’Époux ; le Roi étant entré ; Celui qui t’a convié viendra ; le retour du Samaritain, et d’autres encore.

Dans l’Ancien Testament, les croyants attendaient le matin, la lumière, le matin sans nuage, le soleil de justice. Nous n’attendons pas un événement ; une Personne est l’objet de notre espérance ; une Personne connue, aimée, suivie.

Dans les paraboles, aucune distinction nette n’a lieu entre le retour du Seigneur pour enlever les siens et son apparition glorieuse pour établir le règne. Certaines sont plus en rapport avec l’un ou l’autre événement, mais plusieurs s’appliquent aussi bien à l’un qu’à l’autre. Rappelons-nous l’exemple des chaînes de montagnes parallèles qui, à distance, paraissent n’en former qu’une, mais, de près (Jean 16:12 et 13), se distinguent nettement.

6.1   Son absence

Dans beaucoup de paraboles, le Seigneur est absent.

Dans celle de la croissance (Marc 4:27) il est loin jusqu’à la moisson ; pendant son absence, il s’agit de porter du fruit.

Dans la parabole des noces, le roi n’apparaît pas avant que les invités soient rassemblés. Pendant tout le temps où les esclaves vont et viennent et réunissent ceux qui doivent participer aux noces, le roi est absent. Il en est de même en Luc 14, dans les paraboles des conviés (v. 8 et 16). Pendant son absence, il faut prendre la place de l’humilité, inviter aux noces, chacun pour soi répondre à son invitation.

Dans le récit de Luc 10, après avoir amené le blessé dans l’hôtellerie, le Samaritain s’en va ; mais il reviendra bientôt : il n’a laissé que deux deniers pour pourvoir aux besoins de son protégé. En l’absence du Seigneur, les siens ne doivent-ils pas soigner les blessés et, conduits par le Saint Esprit (divin hôtelier), s’occuper de ceux qui sont dans l’hôtellerie ? En Marc 13:34, l’homme qui s’en va hors du pays, laisse sa maison à ses esclaves et confie à chacun son ouvrage. Pendant qu’il est loin, il importe, comme en Luc 12, de veiller et de nourrir ceux de sa maison.

Dans la parabole des dix vierges, l’Époux n’est pas encore venu. En l’attendant, il faut veiller et tenir sa lampe allumée, être prêt pour son retour. Enfin, dans la parabole des talents, ce n’est que longtemps après que le maître revient régler compte avec ses serviteurs. En son absence, il importait de faire valoir ce qu’il avait confié.

6.2   Son retour

Le moment n’en est pas encore fixé, mais dans diverses paraboles, le Seigneur répète qu’il peut revenir à tout moment : «Vous ne savez pas quand le maître de la maison viendra, le soir, ou à minuit, ou au chant du coq, ou au matin» (Marc 13:35). En Luc 12:38, il pourrait venir «à la seconde ou à la troisième veille». En tout état de cause, il arrivera tout à coup, à l’heure que vous ne pensez pas. Et comme nous ne savons ni le jour, ni l’heure, notre attitude, selon le dernier enseignement du Seigneur Jésus en Marc, est de «veiller» . Attente constante, qui sait qu’il peut apparaître «peut-être aujourd’hui». Il n’est pas venu le soir, lorsque les premiers disciples l’attendaient et que l’apôtre Paul pourtant écrivait : nous les vivants qui demeurons ; il n’est pas venu à minuit quand, pendant bien des siècles, on avait plus ou moins perdu de vue son retour, sauf comme roi et surtout comme juge ; il n’est pas venu au chant du coq, quand le cri de minuit (Matt. 25:6) a rappelé à bien des croyants, il y a près d’un siècle et demi, que le Seigneur viendrait d’abord enlever ses rachetés auprès de Lui avant d’établir son règne, vérité qui s’est beaucoup répandue depuis lors. Quand viendra-t-il donc, si ce n’est au matin ? Moment bien proche, comme le montre en particulier le début du retour d’Israël en son pays.

Il peut venir à n’importe quelle heure pour le jugement, en vue ici, ou pour l’enlèvement. La nuit, lorsque deux seront sur un lit : l’un sera pris et l’autre laissé ; le matin, quand deux femmes moudront à la même meule : l’une sera prise et l’autre laissée ; ou pendant le jour quand deux hommes seront aux champs et l’un sera pris et l’autre laissé.

Dans la parabole des dix vierges, le Seigneur rappelle l’importance vitale d’être prêt. Les prudentes avaient de l’huile dans leurs lampes ; celles qui en manquaient, n’étaient pas seulement imprévoyantes, mais folles. Quelle folie, en effet, de refuser l’évangile et de s’exposer à se trouver un jour devant une porte fermée, où l’on aura beau supplier : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! Il répondra : en vérité, je vous dis : je ne vous connais pas !

Tant que les dix vierges attendaient l’époux, on ne notait pas de différence entre elles. Toutes étaient sorties, toutes avaient une lampe, toutes dormaient. Au moment de son arrivée, la distinction s’est faite. Trop tard pour aller acheter de l’huile ! Le retour du Seigneur s’opèrera en un instant, en un clin d’oeil ; il ne sera plus temps de se convertir.

Pour ceux qui ne sont pas prêts, Il ne viendra pas comme le Sauveur ou l’Époux, mais comme le voleur dans la nuit, ainsi qu’il est répété sept fois dans le Nouveau Testament (Matt. 24:43 ; Luc 12:39 ; 1 Thess. 5:2, 4 ; 2 Pierre 3:10 ; Apoc. 3:3 ; 16:15).

6.3   Le jugement

Les paraboles présentent trois sortes de jugement : le jugement discriminatif, qui opère une séparation entre les sauvés et les perdus, jusque là mélangés dans la profession chrétienne ou la profession juive ; le jugement distributif, qui donnera des récompenses à ceux qui ont été fidèles ; enfin le jugement rétributif, qui rendra à chacun selon ses oeuvres

6.3.1        Le jugement discriminatif

Dans sept paraboles de Matthieu, ceux qui, jusqu’au retour du Seigneur, étaient mêlés, sans qu’on puisse souvent distinguer clairement qui a la vie et qui ne l’a pas, sont alors définitivement séparés. Dans la parabole de l’ivraie, le froment est assemblé «dans mon grenier», tandis que l’ivraie est brûlée. Dans celle de la seine jetée dans la mer, les bons poissons sont mis dans des vaisseaux — les mauvais sont jetés dehors.

Aux noces, à l’entrée du roi, celui qui n’avait pas de robe de noces, est jeté dehors dans les ténèbres, tandis que les autres jouissent avec le roi de la communion et de la joie de la fête.

En Matthieu 24, le fidèle esclave est établi sur tous les biens du maître ; le méchant, qui prétendait être un esclave, est coupé en deux ayant sa part avec les hypocrites.

Les vierges sages accompagnent l’Époux aux noces ; les folles restent à toujours devant une porte fermée. Ceux qui ont fait fructifier leurs talents, entrent dans la joie de leur maître ; l’esclave inutile est jeté dans les ténèbres de dehors.

Enfin les brebis héritent du royaume et de la vie éternelle, alors que les chèvres sont jetées dans le feu éternel.

6.3.2        Le jugement distributif

Nous avons déjà considéré plus haut la question des récompenses : le serviteur fidèle entre dans la joie de son maître ; l’esclave qui a répondu à la responsabilité confiée, reçoit l’autorité sur plusieurs villes. Seule l’appréciation du maître fixe la récompense, non la durée ou la qualité apparentes du service.

6.3.3        Le jugement rétributif

Il atteint ceux qui sont encore dans leurs péchés et en ont conservé le fardeau. Ceux qui ont cru au Seigneur Jésus, qui sont lavés par son sang, ne viennent pas en jugement (Jean 5:24) : l’Éternel a mis sur Lui l’iniquité de nous tous.

En Matthieu 22:7, la ville des conviés qui ont refusé l’invitation du roi et persécuté ses esclaves, est détruite ; en Luc 13:9, le figuier définitivement stérile est coupé ; et en Matthieu 21:41, les vignerons qui ont gardé pour eux le fruit de la vigne et ont fait mourir le fils qui leur était envoyé, périssent à leur tour.

«Voici je viens bientôt, et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon que sera son oeuvre» (Apoc. 22:12). Devant le grand trône blanc, quand les hommes seront jugés selon leurs oeuvres, chacun recevra la rétribution que mérite sa conduite (Matt. 11:22-24).

7         L’amour du Père et du Fils

7.1   L’amour du Père

Nous n’en trouvons que quelques traits dans les paraboles, petites fenêtres sur un océan sans limite.

7.1.1        L’amour du Père pour son Fils

En Matthieu 22:2, un roi fit des noces «pour son fils». Nous lisons souvent cette parabole en pensant aux conviés, à leurs excuses ; nous voyons les invités de plus en plus nombreux entrer dans la salle des noces ; nous considérons les esclaves persévérant dans leur tâche ; mais Dieu veut, en première ligne, attirer notre attention sur son Fils. C’est pour Lui qu’il cherche une épouse (Gen. 24) ; c’est à Lui que doit revenir toute gloire.

En Marc 12:6, après le rejet renouvelé des esclaves, le père «ayant encore un unique fils bien aimé, le leur envoya». L’Éternel dit à Abraham en Genèse 22 : «Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ..». Quatre fois dans l’évangile de Jean, il nous sera répété que le Père aime le Fils : avant la fondation du monde, dans sa vie sur la terre, alors qu’il laisse sa vie, et en mettant toutes choses entre ses mains.

7.1.2        L’amour du Père pour le pécheur

La parabole du fils prodigue en Luc 15, en est le merveilleux tableau. C’est l’amour qui reçoit, qui accueille, l’amour parfait qui chasse la crainte (1 Jean 4:18). Quoi de plus normal qu’après l’inconduite du fils, le père — avec tout son désir de bien l’accueillir — l’eût laissé venir tremblant frapper à la porte. Mais tel n’est pas le coeur de Dieu : «Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion et courant à lui, se jeta à son cou et le couvrit de baisers !»

Donner des vêtements au prodigue couvert de haillons et lui offrir un bon repas pour marquer son retour aurait pu suffire. Mais le père fait amener dehors la plus belle robe ; il ne se contente pas de dire : mange et rassasie-toi ; il dit : «Mangeons et faisons bonne chère» ; il invite le fils à sa propre table, et toute la maison doit se réjouir parce que celui qui était mort est revenu à la vie.

«Le Père lui-même vous aime».

7.2   L’amour du Fils

7.2.1        Le trésor et la perle (Matt. 13:44-46).

Ces deux paraboles ne nous présentent pas, comme on le dit parfois, le pécheur qui trouve le trésor du salut ou découvre en Jésus la perle de grand prix. En effet, le pécheur n’est pas appelé à vendre tout ce qu’il a et à acheter le salut ; la grâce est offerte gratuitement à qui l’accepte.

Mais ces deux récits nous présentent le Seigneur Jésus lui-même qui, sachant quel trésor il allait tirer de ce monde, a tout donné pour l’acquérir. «Il s’en va !» Cela ne rappelle-t-il pas peut-être le bouc azazel qui s’en allait chargé des péchés d’Israël (Lév. 16:8 [voir Note] et 21-22) ? Au moment où il démasque Judas, le Seigneur Jésus dira : «Le fils de l’homme s’en va» (Matt. 26:24). «Il vend tout ce qu’il a» : pensons à tout ce que le Seigneur a laissé : il s’est anéanti lui-même ; comme homme, il s’est abaissé ; il a renoncé à tous ses droits de Messie, à toute la considération qui lui était due de la part des hommes, même à la sympathie de ses disciples ; il s’est livré lui-même. Du champ du monde, il tire ce trésor, composé de tous ses rachetés ; autant de joyaux précieux dont chacun d’eux a été acquis, et qui, tous ensemble, forment le trésor (Gal. 2:20 ; Éph. 5:2). Il est aussi ce marchand qui cherche de belles perles et en a trouvé une de très grand prix ; pour elle aussi il vend tout ce qu’il a et l’achète. Perle qui nous parle de son épouse, de l’Église pour laquelle aussi il s’est livré lui-même (Éph. 5:25).

7.2.2        Le Samaritain (Luc 10:30-37) .

Pourquoi, dans cette parabole, le Seigneur Jésus a-t-il choisi de se dépeindre sous les traits d’un Samaritain ? N’était-il pas lui-même un homme méprisé (Jean 8:48), celui que la nation abhorre ? (Ésaïe 49:7). «Allant son chemin», en parfaite grâce, il descendait du lieu de la bénédiction (Jérusalem) vers celui de la malédiction et de la mort (Jéricho). Ému de compassion, il s’approche (cf. Luc 15:20 !) ; il bande les plaies ; il met le blessé sur sa propre bête et le mène dans l’hôtellerie ; il a soin de lui, et pourvoit ensuite à tous ses besoins pour le temps de Son absence.

Amour impossible à comprendre,

Le Fils de Dieu, le Créateur,

Vers nous, pécheurs, voulut descendre

Sous les traits du vrai Serviteur.

7.2.3        Le bon berger

En Luc 15:4 à 7, nous contemplons l’amour qui cherche jusqu’à ce qu’il ait trouvé ; l’amour qui porte sa brebis sur ses propres épaules. Il est allé après elle quand elle était perdue ; mais en Jean 10, il va devant celles qui le suivent, belle image de l’amour qui conduit. Cinq fois dans ce dernier chapitre, il nous est répété qu’il met sa vie pour les brebis.

7.2.4        Le grain de blé (Jean 12:24).

Le Samaritain allait son chemin ; le Berger cherchait jusqu’à ce qu’il ait trouvé ; mais le grain doit mourir :

Tu nous aimas jusqu’à la mort,

Sauveur plein de tendresse...

7.3   La joie du Sauveur

En Luc 15, six fois il est fait mention de la joie. Joie du berger qui a trouvé sa brebis, joie qu’il veut partager avec ses amis, joie qui se répercute jusqu’au ciel pour un seul pécheur qui se repent. Joie de la femme et de ses amies quand la drachme est trouvée ; joie devant les anges de Dieu. Enfin joie du père et de toute sa maison quand celui qui était mort est revenu à la vie.

En Matthieu 13:44, «de la joie qu’il en a», celui qui a trouvé le trésor, va, vend tout ce qu’il a et achète le champ.

En Hébreux 12:2, la «joie qui était devant lui» lui a fait endurer la croix et mépriser la honte. En Jean 15:11, Jésus, qui a gardé les commandements du Père et est demeuré en lui, veut partager cette joie de l’obéissance avec les disciples ; dans l’attachement au Seigneur, ils auront la joie de porter du fruit : «Ma joie... votre joie..».

Joie du moissonneur en Jean 4:36 : «Celui qui sème et celui qui moissonne, se réjouissent ensemble» , comme au Psaume 126, dont nous avons déjà parlé.

Joie du maître, enfin en Matthieu 25, dans laquelle entrent les serviteurs fidèles.

7.4   Elle a beaucoup aimé

À ton amour, ô Dieu, que mon amour réponde, Toi qui m’aimes toujours !

Une dernière parabole retiendra notre attention. En Luc 7:41 à 43, 47, le Seigneur parle des deux débiteurs ; à l’un d’eux, cinq cents deniers ont été remis, à l’autre cinquante. «Dis donc, lequel des deux l’aimera le plus ?» N’est-ce pas celui à qui il a été remis davantage ? Nous ne pouvons mesurer quelle est exactement la dette qui a été remise à tel ou tel de nos frères. Mais nous pouvons apprécier, plus ou moins, celle qui nous a été pardonnée à nous-mêmes. Le fils prodigue, demandant sa part des biens dans la maison du père, était aussi coupable, son coeur aussi détourné, que lorsqu’il paissait les pourceaux ; dans ce dernier cas, il était seulement plus misérable. Nous avons pu être préservé de beaucoup de choses, grâce à la «haie de protection» dont nous avons été entourés dès notre enfance ; mais le coeur naturel est le même et la responsabilité d’autant plus grande que les privilèges l’ont été. Combien il importe d’être conscient de la grandeur du pardon qui nous a été acquis, d’apprécier la grâce immense dont chacun de nous est l’objet. Ce n’est pas l’amour que portait la femme au Seigneur qui l’a sauvée ; Jésus lui dit : «Ta foi t’a sauvée». Mais son amour était la preuve de sa foi. «Elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui il est peu pardonné aime peu».

Nous avons vu dans les paraboles que Dieu attend quelque évidence de la foi, une manifestation de la vie, quelque fruit ; y a-t-il fruit plus élevé, plus réel que l’amour pour le Seigneur ? «Nous, nous aimons, parce que Lui nous a aimés le premier».

Quel encens rare et sans mélange

T’offriraient les tiens en retour ?

Le parfum de notre louange

N’est-il pas, Jésus, ton amour ?

8         Conclusion

Les paraboles ne sont pas seulement des histoires, des récits, des allégories. Nous avons pu découvrir un peu de leur richesse, de la variété de leur enseignement, les exhortations et les encouragements qu’elles nous apportent. Mais par-dessus tout, elles nous révèlent Celui qui les a prononcées. Il a marché ici-bas dans l’humilité et le mépris, tout en manifestant partout l’amour de Dieu, la grâce et la vérité. Il est le même aujourd’hui dans la gloire, le même Homme qui, parcourant les chemins de la Galilée, enseignait les foules et ses disciples. Il est toujours vivant, accessible, plein de grâce.

«Croissez dans la grâce, dit l’apôtre — cette grâce que tant de paraboles nous révèlent — et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ» (2 Pierre 3:18). «Le connaître Lui» est la part la plus élevée du chrétien, et comme l’a dit le Seigneur lui-même : «C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus Christ» (Jean 17:3).

L’âme reste confondue

Devant cet amour béni,

Plus vaste que l’étendue,

Profond comme l’infini ;

Aussi notre coeur désire

Le moment de ton retour,

Pour voir, pour sonder, pour dire

Les grandeurs de ton amour.

9         Tableau synoptique des Paraboles

Tableau synoptique des Paraboles

Matthieu

Marc

Luc

Rubrique

Amis (les trois)

 

 

11:5

5.4.5.1.

Arbre (l’) et son fruit

7:17 ; 12:33

 

6:43

2.3.

Aveugle conducteur d’aveugle

15:14

 

6:39

ABSENTE

Bon berger (le)

 

 

Jean 10:1

7.2.3.

Brebis (la) perdue

18:12

 

15:3

3.4.

Brebis (les) et les chèvres

25:32

 

 

5.4.1.

Charrue (la)

 

 

9:62

5.3.2.

Croissance (la)

 

 

4:26

2.2.

Cultivateurs (les)

21:33

12:1

20:9

2.3.

Débiteurs (les deux)

 

 

7:41

7.4.

Deux (les) fils

21:28

 

 

5.2.1.

Deux (les) rois

 

 

14:31

ABSENTE

Deux (les) maîtres

6:24

 

16:13

ABSENTE

Drachme (la) perdue

 

 

15:8

3.4.

Économe (l’) infidèle

 

 

16:1

5.4.4.

Économe (l’) fidèle et prudent

24:45

 

12:42

5.4.3.

Esclave (l’) revenant des champs

 

 

17:7

5.5.2.

Esclaves (les) vigilants

 

 

12:36

5.5.2.

Esprit (l’) immonde

12:43

 

11,24

3.2.3.

Festin (le) des noces

22:1

 

14:16

3.2.1. ; 5.4.2.

Figuier (le) stérile

 

 

13:6

2.3.

Filet (le) = la seine

13:47

 

 

ABSENTE

Fils (le) prodigue

 

 

15,11

3.2.2. ; 3.4.

Grain (le) qui meurt

 

 

Jean 12:24

7.2.4.

Grain (le) de moutarde

13:31

4:31

13:19

2.2.2.1.

Habit (l’) neuf, le vieil habit

9:16

2:21

5:36

ABSENTE

Homme (l’) riche et ses greniers

 

 

12:16

3.2.5.

Homme (l’) fort

12:29

3:27

11:21

ABSENTE

Ivraie (l’)

13:24

 

 

2.1.5.

Juge (le) inique

 

 

18:2

5.4.5.2.

Lampe (la)

5:15

4:21

8:16 ; 11:33

4.1.

Lazare et le mauvais riche

 

 

16:19

3.3.1.

Levain (le)

13:33

 

13:21

2.2.2.2.

Maisons (les deux)

7:24

 

6:46

3.1.2.

Occasion (l’) de chute

5:29 ; 18:8

9 43

 

4.5.

Oeil (l’) simple

6:22

 

11:34

4.1.

Outres neuves et vieilles

9:17

2:22

5:37

ABSENTE

Ouvriers (les) de la 11° heure 

20:1

 

 

5.5.1.

Pardon (le)

18:23

 

 

4.3.

Partie (la) adverse

5:25

 

12:58

3.3.2.

Perles (les) et les pourceaux

7:6

 

 

ABSENTE

Perle (la) de grand prix

13:45

 

 

7.2.1.

Pharisien (le) et le publicain

 

 

18:9

3.2.4. ; 5.4.5.3.

Pierre (la) angulaire

21:42

12:10

20:17

ABSENTE

Porte (la) étroite

7:13

 

13:24

3.1.1.

Poutre (la) et le fétu

7:3

 

6:41

4.6.

Première (la) place

 

 

14:7

4.4.

Riche (le) et Lazare

 

 

16:19

3.3.1.

Samaritain (le)

 

 

10:25

7.2.2.

Seine (la) = le filet

13:47

 

 

ABSENTE

Sel (le)

5:13

9:50

14:34

4.2.

Semeur (le)

13:4

4:3

8:5

2.1.1.

Talents (les) et les mines

25:14

 

19:12

5.2.2.

Tour (la)

 

 

14:28

5.3.2.

Trésor (le) caché

13:44

 

 

7.2.1.

Vierges (les dix)

25:1

 

 

6.2.

Ville (la) sur une montagne

5:14

 

 

4.1.