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L’HOMME CHRIST JÉSUS — 1 Timothée 2:6

 

 

« Toute Sa Personne est désirable » (Cant. 5:16)

 

« Quoique vous ne L’ayez pas vu, vous L’aimez » (1 Pierre 1:8)

 

Georges André

 

Table des matières abrégée :

1     Introduction Le mystère

2     Son corps

3     Ses mains (toucher)

4     Ses pieds (marcher)

5     Ses yeux (le regard, voir)

6     Sa tête (Sa face, Son visage, Ses oreilles, etc.)

 

 

Table des matières détaillée :

1     Introduction Le mystère

2     Son corps

2.1      L’incarnation

2.2      La naissance

Les bergers v. 8

2.3      La croissance

2.4      Son corps donné pour nous (Historique)

2.4.1       Ses souffrances

2.4.2       Sa sépulture

2.4.3       La résurrection

2.4.4       L’offrande du corps de Christ (portée spirituelle)

2.4.5       Le mémorial

3     Ses mains (toucher)

3.1      Délivrance et puissance

3.1.1       Guérisons

3.1.2       Les résurrections

3.1.3       Bénédictions

3.2      Ses mains percées

4     Ses pieds (marcher)

4.1      Ses pieds sur la terre

4.2      À Ses pieds

4.3      Sa marche ici-bas

4.4      Les pieds du Ressuscité

4.5      Toutes choses sous Ses pieds

5     Ses yeux (le regard, voir)

5.1      Le regard de compassion (collectif)

Le regard individuel

5.2      L’intérêt profond

5.3      Le regard qui sonde

5.4      Le regard qui juge

5.5      Lever les yeux au ciel

6     Sa tête (Sa face, Son visage, Ses oreilles, etc.)

6.1      L’Homme obéissant et abaissé

6.2      L’Homme méprisé

6.3      L’homme glorifié

6.4      Voir Sa face

 

 

1                        Introduction Le mystère

En un langage quelque peu voilé, Proverbes 8:22-31 avait parlé de « la sagesse » possédée par 1’Éternel « avant ses œuvres d’ancienneté... établie dès l’éternité... dès avant les origines de la terre... avant que les montagnes fussent établies... lorsqu’il n’avait pas encore fait la terre... j’étais là ».

Si en Proverbes 8, Il était désigné comme la sagesse, Jean 1 nous le présente comme « La Parole ». « Au commencement (aussi loin en arrière que nous puissions penser) était (éternelle dans Son existence) la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu (distincte dans Sa Personne) ; et la Parole était Dieu (divine dans Son essence). « Elle était au commencement auprès de Dieu » : pas une émanation divine à un moment donné, mais toujours auprès de Lui.

Vient alors le mystère que nous ne pouvons sonder : « Et la Parole devint chair, et habita (tabernacla) au milieu de nous, et nous vîmes Sa gloire (morale) (*), une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père, pleine de grâce et de vérité ». Semence de la femme, mais divinement conçu par l’Esprit Saint.

 

(*) Voir J. G. Bellet « La gloire morale du Seigneur Jésus »

 

Philippiens 2 devient plus précis encore (v. 6-8) : « Le Christ Jésus, étant en forme de Dieu (la vie essentielle subsistant dans la personne),... s’est anéanti lui-même (dépouillé de sa gloire), prenant la forme d’esclave, étant fait à la « ressemblance » des hommes ; et étant trouvé en figure (« schéma » : apparence extérieure) comme un homme, Il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (v. 8).

1 Timothée 3:16 complète : « Le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté (révélé, rendu visible) en chair... a été élevé dans la gloire ».

Il est donc véritablement Dieu et véritablement homme, en une seule Personne. « Dieu était en Christ » (2 Cor. 5:19). Dans sa parole, Dieu a voulu nous révéler Son Fils, « le Fils unique qui est dans le sein du Père » (expression de relation, Jean 1:18). Et pourtant, Jésus lui-même déclare : « Personne ne connaît (à fond) le Fils, si ce n’est le Père ; ni personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra Le révéler » (Matt. 11:27).

Toute révérence est requise devant un tel mystère : l’arche était autrefois un type de Christ, construite en bois de sittim, entièrement recouverte d’or, intérieurement et extérieurement. Mais nul ne devait la toucher, ni regarder à l’intérieur (1 Sam. 6:19 ; 2 Sam. 6:6-7). Même au jour de son apparition en gloire, tel qu’Apocalypse 19:11-16 nous le présente, Il porte plusieurs noms : fidèle, véritable, juge, « la Parole de Dieu », « roi des rois et seigneur des seigneurs ». Pourtant, au verset 12 : « Il porte un nom écrit que nul ne connaît que lui seul » ! Il reste insondable.

Il nous incombe donc de ne pas vouloir entrer dans ce que la Parole ne nous révèle pas ; mais, selon la dernière exhortation de l’apôtre Pierre, de « croître dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ ». C’est dans les évangiles avant tout que, conduits par son Esprit, nous pouvons voir « l’Homme Christ Jésus » tel qu’il a été ici-bas, afin d’apprendre à mieux Le voir, L’aimer, Le suivre, Le servir.

 

2                        Son corps

2.1   L’incarnation

 

Dès les premiers siècles du christianisme, d’aucuns ont pensé que Jésus était un esprit, mais la Parole est catégorique : « Tu m’as formé un corps » (Héb. 10:5). Jésus lui-même parlait en Jean 2:21 du « temple de son corps ». Aussi l’apôtre Jean (1 Jean 4:2-3) souligne-t-il : « Tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu, et tout esprit qui ne confesse pas Jésus Christ venu en chair, n’est pas de Dieu ».

Ésaïe 7:14 avait déjà annoncé : « Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel ». Quand le moment est venu, l’ange apparaît à Marie pour lui dire : « Tu concevras... tu enfanteras un fils, et tu appelleras son nom Jésus » (Luc 1:31). Il ajoute : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu » (v. 35).

Plus tard, l’ange apparaît à Joseph qui craignait de prendre Marie auprès de lui lorsqu’il a su qu’elle était enceinte, (« avant qu’ils fussent ensemble » (Matt. 1:18), et lui dit : « Ce qui a été conçu en elle est de l’Esprit Saint, et elle enfantera un fils, et tu appelleras son nom Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Matt. 1:20-21). De fait, Joseph n’a eu la révélation du nom de Jésus que bien après Marie.

Remarquons enfin que, dans la généalogie de Matthieu 1, il nous est dit depuis le verset 16 : « Jacob engendra Joseph, le mari de Marie, de laquelle est né Jésus (non pas : Marie engendra Jésus). Joseph n’était pas son père.

Né de Marie, mais « conçu en elle de l’Esprit Saint » (v. 20).

 

2.2   La naissance

 

Le prophète Michée avait annoncé (5:2) : « Toi, Bethléhem... de toi sortira pour moi celui qui doit dominer en Israël, et duquel les origines ont été d’ancienneté, dès les jours d’éternité ».

Marie et Joseph habitaient Nazareth en Galilée. Bethléhem est en Judée près de Jérusalem. À la suite du recensement, Dieu a conduit Joseph à « monter de Galilée, de la ville de Nazareth, jusqu’en Judée dans la ville de David qui est appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, pour être enregistré avec Marie, la femme qui lui était fiancée, laquelle était enceinte » (Luc 2:4-5). C’est ainsi qu’à Bethléhem Marie « mit au monde son fils premier-né et le coucha dans la crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie » (v. 7).

 

Les bergers v. 8

Un ange du Seigneur était apparu à Zacharie pour lui annoncer qu’il serait le père de Jean-Baptiste, « pour toi un sujet de joie et d’allégresse » (Luc 1:14). Mais aux bergers qui, dans les champs, gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit, il déclare : « Je vous annonce un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple ; car aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2:10-11).

Il leur fallait encore un signe pour discerner parmi les nouveau-nés à Bethléhem lequel était le Christ. Quel est ce signe ? Pour eux c’est de trouver « un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche » ! L’ayant vu, les bergers divulguent la parole qui leur avait été dite, puis s’en retournent glorifiant et louant Dieu.

Quarante jours après la naissance (Lév. 12:4), les parents amènent au sacrificateur l’enfant tout jeune. Vu leur pauvreté, ils ne peuvent offrir comme sacrifice pour elle que deux tourterelles. Ayant été averti par l’Esprit Saint qu’il verrait « le Christ du Seigneur », le vieillard Siméon vient dans le temple, conduit par l’Esprit. Il prend le petit enfant dans ses bras, il bénit Dieu (rend grâces), puis bénit les parents (v. 34) mais pas l’enfant ; ce n’était pas à un homme, si pieux fût-il, de bénir le Christ du Seigneur ! (cf. Héb. 7:7).

Anne, une prophétesse, veuve et très âgée, survient à ce même moment, louant le Seigneur et parlant de Lui.

 

2.3   La croissance

L’enfant devient homme (Luc 2:40), parfait à tous les stades de son développement. À douze ans il est au milieu des docteurs à Jérusalem, mais garde la place qui convient à son âge, « les écoutant et les interrogeant », non pas les enseignant. Et pourtant conscient d’être « aux affaires de son Père ».

De retour à Nazareth, « Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes » (v. 52).

À trente ans environ (Luc 3:23), Lui sans péché (Héb. 4:15 ; 1 Jean 3:5) vient au baptême de Jean, prenant place avec ceux qui se repentaient. Sur lui, baptisé et priant, le ciel s’ouvre et la Voix du ciel se fait entendre : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir ».

Il avait été « conçu de l’Esprit » (Luc 1:35), oint de l’Esprit (3:22) ; et maintenant, plein de l’Esprit Saint (4:1), il est mené par l’Esprit dans le désert, tenté par le diable, qui réussit seulement à démontrer Sa perfection (4:13).

Il commence alors son ministère « dans la puissance de l’Esprit », en Galilée (v. 14), étant glorifié par tous.

Véritablement homme et véritablement Dieu ! (*)

 

(*) Pour Le considérer de plus prés dans son ministère, nous rappelons les brochures « Voir Jésus de lieu en lieu » — « Qui est Jésus ? » — « Cinq Villages »

 

2.4   Son corps donné pour nous (Historique)

2.4.1        Ses souffrances

« Les souffrances devaient être la part de Christ et les gloires suivraient » (1 Pi. 1:11). (*)

 

(*) Voir notre brochure « La part de Christ » et F.v. Kietzel « Voici L’Homme »

 

Combien de souffrances il a ressenties dans son corps !

Marc 11:12 nous dit : Sortant de Béthanie, « il eut faim ». Mais le figuier qui avait des feuilles n’avait pas de fruit. Le figuier est souvent une figure d’Israël : il y avait de l’apparence, des feuilles, mais pas de fruit, surtout pas chez les chefs du peuple, ni les pharisiens, les scribes et les sacrificateurs.

Il a ressenti la soif au puits de Sichar, quand il demandait de l’eau à la femme venue en puiser (Jean 4:8). Lassé par la fatigue, il s’était assis au bord du puits. En Marc 4:1 il avait enseigné une grande foule près de la mer, et, depuis la barque où il s’était assis, il leur présentait beaucoup de choses par des paraboles, « selon qu’ils pouvaient l’entendre ». Dans le particulier, il expliquait tout à ses disciples. Mais le soir étant venu, lorsqu’Il eut renvoyé la foule, il a fallu que ses disciples le prennent dans la barque « comme il était ». Dans la tempête qui a suivi, « il était, lui, à la poupe, dormant sur un oreiller » (v. 38). Il était véritablement homme !

Que de souffrances physiques il a endurées dans sa passion, par la brutalité des soldats et d’autres — soufflets, fouet, épines — pour aboutir aux souffrances intolérables de la croix. « Il n’a pas ouvert sa bouche » (És. 53:7).

Que de souffrances morales il a rencontrées : « la contradiction des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12:3). Pour finir « il a enduré la croix ayant méprisé la honte » (v. 2). Il est devenu « malédiction pour nous » (Gal. 3:13) ; « il a lui-même porté nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pi. 2:24). « Depuis la sixième heure, il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu’à la neuvième heure. Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une forte voix, disant... : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matt. 27:46). « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous » (2 Cor. 5:21).

Avant d’expirer il a exprimé une parole « afin que l’Écriture fût accomplie : J’ai soif » (Jean 19:28) : la terrible soif des crucifiés (Ps. 69:21).

Avec quel soulagement il a pu ajouter : « C’est accompli ». Et, « ayant baissé la tête, il remit son esprit ». Il n’est pas mort de la crucifixion, mais il a « laissé sa vie ». Personne ne pouvait la lui ôter (Jean 10:17-18).

 

2.4.2        Sa sépulture

À Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, Marie s’était approchée avec son vase d’albâtre et en avait répandu le parfum de grand prix sur Sa tête, celle du Roi (Matt. 26:7) ; celle du Serviteur (Marc 14:3) ; puis sur Ses pieds, ceux du Fils de Dieu (Jean 12:3). Elle avait été aux pieds de Jésus pour entendre ses enseignements, et de nouveau dans sa douleur lors de la mort de Lazare ; maintenant, pressentant par les entretiens précédents qu’il allait mourir, elle était venue avec tout son cœur, essuyant Ses pieds avec ses cheveux : « Et la maison fut remplie de l’odeur du parfum ». Elle l’avait fait « pour le jour de Sa sépulture ». L’Ancien Testament en avait déjà parlé : « Tu n’abandonneras pas mon âme au shéol, tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption » (Ps. 16:10) ; « il a été avec le riche dans sa mort » (És. 53:9) ; « Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures, et il a été enseveli,.. » (1 Cor. 15:3-4). Ce n’était pas un coma, ou une perte de conscience temporaire, mais une véritable mort, suivie d’un ensevelissement dans le sépulcre, comme en témoigne chaque évangile.

Pilate s’était étonné qu’il fût « déjà mort » (Marc 15:44). Le supplice de la croix amène en général la mort après deux jours ou plus, comme on l’a constaté à la fin de la deuxième guerre mondiale. Joseph d’Arimathée vient demander son corps à Pilate (Matt. 27:58 ; Marc 15:43-45). Joseph demande le « corps » et Pilate donne le « cadavre » (dans l’original) !

Deux hommes, disciples en secret, se rencontrent à la croix : Nicodème, chargé d’une mixtion de myrrhe et d’aloès ; Joseph apportant le suaire ; ils prennent le corps, l’enveloppent avec les aromates et l’ensevelissent ; la pierre est roulée devant le sépulcre (Jean 19:39-42 ; Matt. 27:60).

 

2.4.3        La résurrection

Les femmes venues au sépulcre n’avaient pas trouvé son corps (Luc 24:23). Mais la pierre qui en fermait l’entrée avait été roulée par l’ange descendu du ciel, elles ne peuvent que constater que la tombe est vide. Quand Jean et Pierre arrivent, les linges sont à terre, le suaire plié en un lieu à part. Le corps du Ressuscité n’est pas là. Entrées dans le sépulcre, elles voient un jeune homme assis, vêtu d’une robe blanche ; elles s’épouvantent. Mais lui leur dit : « Vous cherchez Jésus, le Nazarénien, le crucifié ; il est ressuscité, il n’est pas ici » (Marc 16:4-6). Il est ajouté en Luc 24:5 : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est point ici, mais il est ressuscité ».

Il apparut premièrement à Marie de Magdala (Marc 16:9) ; Jean nous parle de deux anges « assis, un à la tête et un aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché » (Jean 20:12). Il se révèle alors à Marie et lui confie le message qu’elle va transmettre aux disciples : « Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20:17). Quand Marie va vers les disciples rapporter ces paroles, elle dit d’abord « qu’elle a vu le Seigneur ». Tout son cœur est là ; elle transmet ensuite le merveilleux message.

Divers incidents à la fin des évangiles et au début des Actes témoignent de sa résurrection ; pendant quarante jours, « avec plusieurs preuves assurées », Il se présenta lui-même vivant aux disciples (Actes 1:3). (*)

 

(*) Voir « Avec plusieurs preuves assurées », en allemand, la brochure de F. v. Kietzel

 

1 Corinthiens 15 insistera sur cette extraordinaire résurrection, tout en ajoutant : « Si Christ n’a pas été ressuscité, votre foi est vaine... Mais maintenant Christ a été ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui sont endormis... Dans le Christ tous seront rendus vivants ». Et l’apôtre ajoute : « Un mystère : Nous ne nous endormirons pas tous, mais nous serons tous changés... les morts seront ressuscités incorruptibles, et nous (les vivants) nous serons changés » (1 Cor. 15:51-57). « Nous qui croyons en celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification » (Rom. 4:24-25).

 

2.4.4        L’offrande du corps de Christ (portée spirituelle)

 

« Nous avons été sanctifiés par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (Héb. 10:10) — « Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (v. 14).

Dans l’ancienne alliance, les sacrifices offerts à l’autel, spécialement le grand jour des expiations, n’étaient, chaque année, qu’un acte remémoratif de péchés. Car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés (Héb. 10:3-4). Aussi, « en entrant dans le monde », Jésus notre substitut dit : « Tu n’as pas voulu de sacrifice ni d’offrande, mais tu m’as formé un corps... Alors j’ai dit : « Voici, je viens... pour faire, ô Dieu, ta volonté » (v. 5, 9). Il avait fallu qu’il devienne homme pour pouvoir offrir son corps, accomplissant ainsi la volonté du Père. Et « le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1:7).

Il l’a fait « une fois pour toutes », expression qui revient sept fois dans le Nouveau Testament, cinq fois dans Hébreux et deux fois dans Romains.

Colossiens 1:22 ajoute : « Maintenant réconciliés dans le corps de sa chair, par la mort », tous les croyants sont « présentés saints et irréprochables et irrépréhensibles devant Dieu ». Pour cela il a fallu que « l’Homme Christ Jésus se donne lui-même en rançon pour tous » (1 Tim. 2:6).

 

2.4.5        Le mémorial

Le Seigneur Jésus a désiré, la nuit qu’il fut livré, que les siens se souviennent de lui en participant au pain dont il dit : « Ceci est mon corps, qui est donné pour vous », et à la coupe : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est versé pour vous » (Luc 22:19-20). Bien sûr, c’est pour notre âme, et non pas physiquement, que le pain nous parle du corps de Christ et le vin de son sang.

Mais si la Cène exprime un mémorial, elle est aussi, selon 1 Corinthiens 10 « la communion du sang du Christ » et « la communion du corps du Christ. Car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps, car nous participons tous à un seul et même pain ». Ainsi, silencieusement, par cette participation nous exprimons que nous faisons partie de ce seul corps spirituel : « Nous (les croyants) avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps » (1 Cor. 12:13). (*)

 

(*) Voir A. Gibert : « L’Assemblée du Dieu vivant » et  G. A. « Le Nom qui rassemble »

 

Ce n’est pas de temps à autre qu’il importe d’exprimer et le mémorial et la communion. Nous voyons dans les Actes (20:7) que cela a eu lieu « le premier jour de la semaine ». 1 Corinthiens 11 souligne à deux reprises (v. 25-26) : « toutes les fois ». Avec quel sérieux et quelle reconnaissance il importe d’y prendre part par amour pour le Seigneur, et aussi en obéissance à son désir.

 

 

3                        Ses mains (toucher)

3.1    Délivrance et puissance

 

3.1.1        Guérisons

En général, même lorsqu’il est en présence d’une foule, Jésus impose les mains à chacun des malades, exprimant ainsi un contact personnel. En Luc 4:40, malgré le nombre, c’est à chacun qu’il le fait. Mais en Marc 6:5, à cause de leur incrédulité, il n’impose les mains qu’à peu de personnes. En Luc 6:17-19 toute la multitude cherchait à le toucher. Et la puissance qui sortait de Lui les guérissait tous.

Les évangiles nous présentent aussi, bien des cas spécifiques :

— La belle-mère de Pierre (Marc 1:29). Simon invite, apparemment pour le repas de midi, les tout premiers disciples de Jésus accompagnant le Maître.

Déception à l’arrivée à la maison : la belle-mère de Simon est couchée, ayant la fièvre. Que faire ? Sans retard ils Lui parlent d’elle. « Et s’approchant, il la fit lever en la prenant par la main ; aussitôt la fièvre la quitta ; et elle les servit ». En Matthieu 8:15 « elle se leva et Le servit ». Comment servirions-nous le Seigneur aujourd’hui si ce n’est, entre autres, dans les siens ?

— Dans les trois évangiles synoptiques (Matt. 8, Marc 1, Luc 5) un des premiers miracles de Jésus est de guérir un lépreux : « Étendant la main, Il le toucha, disant : « Je veux, sois net ». Le lépreux guéri aurait-il pu oublier la main qui l’a touché pour le sortir de sa misère, malgré le risque de contagion réel alors ?

— En Marc 8:23-25 c’est le cas différent d’une guérison progressive : « On Le prie pour qu’ll le touche ». Jésus prend la main de l’aveugle, le mène hors de la bourgade, crache sur ses yeux, et de nouveau pose les mains sur lui. Mais l’homme ne voit pas encore bien. Jésus lui met une troisième fois les mains sur les yeux ; l’homme voit alors « tout clairement ». N’est-ce pas assez souvent le cas spirituellement ? Élevé dans un milieu chrétien, le jeune connaît Jésus, mais il n’est pas sûr d’être sauvé. L’Esprit de Dieu travaille dans sa conscience et son cœur, et progressivement il arrive par la foi à la certitude : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé » (Rom. 10:9). L’Écriture ajoute : « Quiconque croit en Lui ne sera pas confus » (Rom. 9:33).

— En Matthieu 9:27, deux aveugles Le suivent, criant : « Aie pitié de nous, Fils de David ! ». Jésus ne répond pas, continue son chemin. Mais quand il est arrivé dans la maison, les aveugles viennent à lui. Il leur demande : « Croyez-vous que je puisse faire ceci ? ». Ils lui disent : « Oui, Seigneur ». Alors, il touche leurs yeux, disant : « Qu’il vous soit fait selon votre foi ». Et leurs yeux sont ouverts.

— En Marc 9:17, un père conduit son fils à Jésus. Sentant tout le poids des conséquences du péché, Jésus dit au père : « Amenez-le-moi ». « Aussitôt l’esprit le déchire ; l’enfant tombe à terre et se roule en écumant ». Ce n’était pas une crise unique, puisque dès son enfance, bien souvent, un mauvais esprit avait cherché à le faire périr. Jésus engage le père à croire avec foi que toutes choses sont possibles à celui qui croit. Le père répond avec larmes : « Je crois, viens en aide à mon incrédulité ». Jésus, toujours ému de compassion, commande à l’esprit de sortir de l’enfant. Celui-ci a une crise si terrible que la plupart disent : il est mort. Mais Jésus « l’ayant pris par la main, le redresse et il se lève ». Luc 9:42 ajoute : « Il le rendit à son père », comme après avoir « touché la bière, il donne à sa mère » veuve le fils unique que l’on conduisait au cimetière.

— Jésus voit dans la foule une femme courbée depuis dix-huit ans qui ne pouvait se redresser. Elle n’a pas crié, elle n’est pas venue à lui. Il a vu la foi dans son cœur et, posant les mains sur elle, il la guérit : « À l’instant elle est redressée et glorifie Dieu » (Luc 13:11-13).

— Même à Gethsémané quand l’un des disciples a coupé l’oreille de l’esclave Malchus, Jésus « ayant touché l’oreille, le guérit » (Luc 22:51).

 

3.1.2        Les résurrections

La fille de Jairus (Marc 5:23, 41, 43)

La foi du père a été mise à l’épreuve. Il quitte sa fille mourante, pour aller chercher Jésus. Le temps passe. Ayant traversé le lac, enfin Jésus est là, mais la foule l’empêche d’avancer. Une femme touche Son vêtement par derrière et Jésus s’arrête jusqu’à ce qu’elle soit venue à ses pieds, se jette devant lui, et déclare publiquement « toute la vérité ». Arrivent des gens de chez Jaïrus pour dire brutalement : « Ta fille est morte, pourquoi tourmentes-tu encore le Maître ? » Aussitôt Jésus rassure le pauvre père : « Ne crains pas, crois seulement ». Arrivé au domicile du chef de synagogue, Il voit le tumulte, ceux qui pleurent, jettent de grands cris ; et lorsqu’il dit : « elle n’est pas morte, mais elle dort », ils se rient de lui.

Dans le silence de la chambre mortuaire, Jésus prend le père de l’enfant, et la mère, et les disciples qui sont avec lui, et entre là où l’enfant est couchée (v. 40). Il prend sa main et dit : « Jeune fille, je te dis, lève-toi. Aussitôt elle se lève et marche ». Elle avait douze ans. Tous sont « transportés d’une grande admiration », mais le Sauveur enjoint fortement à ses parents de n’en pas parler ; l’essentiel est « de lui donner à manger ». Expression d’un sens spirituel pour tous les parents chrétiens qui sont appelés de bonne heure à donner la nourriture de l’âme, accessible à leurs enfants.

Le plus grand miracle de Jésus fut la résurrection de Lazare en Jean 11. Jésus se rend au sépulcre, « frémissant encore en lui-même » ; il demande d’ôter la pierre. Mais Marthe la sœur objecte : « Seigneur il sent déjà, car il est là depuis quatre jours ». Vient la réponse du Seigneur, si remarquable : « Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? ». Quand Jésus crie, une fois la pierre enlevée : « Lazare, sors dehors ! », le mort sort, ayant les pieds et les mains liés de bandes, et son visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le et laissez-le aller ». La puissance divine a ressuscité Lazare, mais ce sont les disciples qui doivent délier les bandes qui l’empêchent d’avancer, comme ceux qui entourent un jeune récemment amené à la vie éternelle ont à prendre soin de lui pour qu’il soit « délié » de ce qui peut faire obstacle à sa marche. On pourra ensuite le « laisser aller ».

— Après la transfiguration, les disciples sont saisis d’une très grande peur. Jésus s’approchant les touche et leur dit : « Levez-vous et n’ayez point de peur ». Et eux, « levant leurs yeux, ne virent personne que Jésus seul » (Matt. 17:6-8).

« Voir (par la foi) Jésus seul », après avoir été « touché » par lui ! C’est la part de Pierre, qui a vécu cette scène. Il peut écrire à la fin de sa vie : « Jésus Christ, quoique vous ne l’ayez pas vu, vous aimez, et croyant en Lui, quoique maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse » (1 Pi. 1:8).

 

3.1.3        Bénédictions

C’est avant tout aux petits enfants qu’on lui apportait, que Jésus donne sa bénédiction. Les disciples reprenaient ceux qui les amenaient. Mais Jésus, indigné, pose ses mains sur ces petits (Matt. 19:13-15). En Marc 10:14-16, à nouveau, indigné de l’opposition des disciples, il prend les enfants dans ses bras, pose la main sur eux et les bénit ». Quel encouragement pour les parents qui, dans la prière, présentent leurs enfants avec foi au Seigneur.

Enfin en Actes 11:21 : « La main du Seigneur » était avec ceux qui avaient été dispersés lors de la mort d’Étienne. Quel soutien pour ceux que le Seigneur appelle à répandre l’Évangile de sa grâce !

 

3.2   Ses mains percées

 

Les Juifs lapidaient les condamnés à mort ; les Romains crucifiaient les esclaves. Le psaume 22:16 l’avait annoncé d’avance dans la vision de Jésus sur la croix : « Ils ont percé mes mains et mes pieds ».

Zacharie 13:6 prédit : « Quelles sont ces blessures à tes mains ? Et Il dira : Celles dont j’ai été blessé dans la maison de mes amis ».

Les hommes ont mis fin au ministère de grâce de l’Homme Christ Jésus en clouant les mains qui avaient accompli tant de miracles, apporté tant de bénédictions, comme aussi les pieds qui inlassablement avaient parcouru les chemins de la Galilée et de la Judée, de Nazareth à Jérusalem.

En Matthieu 27:28-29, Il reçoit le manteau d’écarlate, la couronne d’épines, le roseau dans sa main ; Pilate voulait le présenter ainsi au peuple. Il dit en Jean 19:2-4 : « Voici, je vous l’amène dehors » ; mais la Parole inspirée ajoute : « Jésus donc sortit dehors » ; il donnait (10:18) sa vie. Jamais Pilate n’aurait pu le faire sortir contre son gré.

« Et il sortit portant sa croix, et s’en alla au lieu appelé lieu du crâne, qui est appelé en hébreu Golgotha, où ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu » (Jean 19:17-18). Mais les évangiles ne nous donnent aucune description morbide de la crucifixion.

Les mains du ressuscité ont attiré l’attention de ses disciples. Quand Il a rompu le pain à Emmaüs, sans que ce soit mentionné, les deux disciples ont pu peut-être voir ses mains. Mais quand Il apparaît aux siens dans la chambre haute, il leur dit : « Voyez mes mains et mes pieds, que c’est moi-même... Il leur montra ses mains et ses pieds » (Luc 24:39-40).

Et quand il vient au milieu des disciples rassemblés en Jean 20:19-20, « il leur montra ses mains et son côté ». Ses mains rappelaient les souffrances infligées par les hommes ; le côté percé, d’où était sorti le sang rédempteur, parlait de toutes les souffrances endurées pour notre salut durant les heures de ténèbres.

Thomas, l’un des douze, incrédule, ne voulait pas croire à la résurrection de Jésus, à moins de « mettre sa main dans son côté » (v. 25). Mais quand, huit jours après, Jésus apparaît, Il lui dit : « Regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ». Il n’est pas dit que Thomas l’ait fait, mais il déclare repentant : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». Et Jésus d’ajouter : « Bienheureux ceux qui n’ont point vu, et qui ont cru ».

Et lorsqu’il va quitter ses disciples, « levant ses mains en haut, Il les bénit » (Luc 24:50).

Le Sauveur glorifié dit de ses brebis : « Personne ne les ravira de ma main » (Jean 10:28).

Maintenant, parce qu’Il est « toujours vivant pour intercéder pour eux, il peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui » (Héb. 7:25).

 

4                        Ses pieds (marcher)

4.1   Ses pieds sur la terre

Dans sa vision, Ésaïe prophétise avec admiration : « Combien sont beaux sur les montagnes les pieds de Celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui annonce la paix, qui apporte des nouvelles de bonheur, qui annonce le salut » (És. 52:7). Et Romains 10:15, considérant tous ceux qui seront envoyés sur les traces de Christ, ajoute : « Combien sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent de bonnes choses ». Jésus le dira : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis moi, là aussi sera mon serviteur » (Jean 12:26). En terminant son évangile, l’apôtre nous montre Pierre et lui-même se lever et Le suivre, répondant au « Toi, suis-moi » du Seigneur (21:19-22).

En Philippiens 3, Paul reprendra le tableau : « Oubliant les choses qui sont derrière, et tendant avec effort vers celles qui sont devant, je cours droit au but »... « Ayons ce sentiment », et « dans les choses auxquelles nous sommes parvenus, marchons (à la file, dans l’original) dans le même sentier... et portez vos regards sur ceux qui marchent ainsi »

Reconnaissons-nous humblement que bien des fois le Seigneur a dû laver nos pieds par Sa Parole pour que nous ayons « une part avec Lui » (Jean 13:8), et puissions le suivre ?

Dans son effacement, Jean le baptiseur répète en Actes 13:25, comme dans chaque évangile : « Il en vient Un après moi, des pieds duquel je ne suis pas digne de délier la sandale ». Le lendemain du baptême, « regardant Jésus qui marchait, il avait dit avec émotion : « Voilà l’Agneau de Dieu ! ». À travers tous les évangiles nous pouvons, avec adoration, considérer cette marche.

 

4.2   À Ses pieds

Chacun peut facilement chercher dans les évangiles quelles personnes sont venues à ses pieds.

En Matthieu 15:29, Jésus est près de la mer de Galilée ; pour un peu de tranquillité, il monte sur une montagne et s’assied là. Mais de grandes foules viennent à lui, amenant toutes sortes de malades et les jettent à Ses pieds. Que fait-il ? Au lieu d’invoquer sa fatigue, ou son désir de tranquillité, « il les guérit », de sorte que les foules glorifient Dieu.

En Marc 7:25, une femme grecque vient à Jésus ; Il était entré dans une maison pour que personne ne le sache. Va-t-il la recevoir ? Elle se jette à Ses pieds. Jésus lui dit : « Il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens » ; les Juifs méprisaient tous ceux qui n’étaient pas de leur peuple. Dans sa foi toute simple, elle répond : « Même les chiens sous la table mangent les miettes des enfants ». Jésus lui assure : « À cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille ». Elle rentre chez elle et trouve le démon sorti, et sa fille guérie couchée sur le lit.

En Luc 7:37, « une femme... qui était une pécheresse » a l’audace d’entrer dans la maison du pharisien qui a invité Jésus pour manger avec lui. Consciente de l’inconvenance de sa démarche, elle se tient derrière à Ses pieds, les arrose de ses larmes et les essuie avec ses cheveux, les couvrant de baisers et les oignant d’un parfum. Le pharisien est scandalisé ; par une petite parabole Jésus le reprend, en lui rappelant comme il L’a mal accueilli, tandis qu’à cette femme il peut être beaucoup pardonné, car elle a « beaucoup aimé », mais « celui à qui il est peu pardonné aime peu ». Tous s’étonnent ; mais Jésus dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée, va-t-en en paix ».

En Marc 5:17, les gens de la ville, très mécontents de Jésus, viennent vers lui et trouvent, « assis, vêtu et dans son bon sens », aux pieds de Jésus, l’homme duquel les démons étaient sortis. Eux ont peur. Légion guéri n’a qu’un désir : que Jésus lui permette de partir avec Lui. Mais le Sauveur le renvoie, disant : « Va dans ta maison vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait ». Et l’homme va rendre son témoignage dans toute la région. Auparavant il était « emporté par le démon dans les déserts » ; délivré par le Sauveur de la puissance diabolique, il va maintenant « publier... tout ce que Jésus lui a fait » (v. 20).

En Luc 17:12-19, dix lépreux crient de loin à Jésus : « Maître, aie pitié de nous ». Ils prouvent leur foi en allant, sur son invitation, se montrer aux sacrificateurs ; en route ils sont rendus nets. Un seul d’entre eux, un Samaritain, revient sur ses pas, glorifie Dieu à haute voix, et se jette sur sa face aux pieds de Jésus, lui rendant grâces. Jésus attristé répond : « Les dix n’ont-ils pas été rendus nets ? Et les neuf, où sont-ils ? » Seul cas dans l’évangile où un homme guéri revient pour rendre grâces. N’aurons-nous pas à cœur de le faire bien souvent, et tout spécialement le dimanche matin dans le culte, quand, réunis autour de Lui, nous nous souvenons de Lui dans le mémorial qu’il a institué, et, conduits par son Esprit, nous l’adorons pour tout ce qu’il a fait pour la gloire de Dieu et pour notre salut ?

Par-dessus tout, trois fois dans les évangiles, est rappelée la mémoire de Marie (Luc 10 ; Jean 11 ; 12). Dans la maison de Béthanie, assise à Ses pieds, elle avait écouté sa parole. Après la mort de Lazare, elle n’était pas allée au sépulcre pour y pleurer, comme le pensaient les Juifs venus consoler les deux sœurs. Mais elle était venue là où était Jésus et quand elle le vit elle se jeta à ses pieds en pleurant ; « Jésus pleura ».

Après la résurrection de Lazare, le Seigneur revient à Béthanie, six jours avant la Pâque ; « on lui fit là un souper » (Jean 12:1-12). Marie prend une livre de parfum de nard pur de grand prix et oint les pieds du Fils de Dieu qui va mourir. Elle les essuie avec ses cheveux. Devant l’objection de Judas, Jésus dit : « Permets-lui d’avoir gardé ceci pour le jour de ma sépulture » (Jean 12:7). Lui savait ce qui L’attendait, elle le pressentait, et de tout son cœur elle avait répandu le parfum de l’adoration et de la reconnaissance. (*)

 

(*) Voir « Le souper de Béthanie » de H. R., brochure qui vaut la peine d’être lue et relue

 

4.3   Sa marche ici-bas

Lors de ses discussions avec les Juifs, quand Jean-Baptiste avait répondu à leurs questions et confessé clairement : « Je ne suis pas le Christ, ni Élie, ni le prophète », eux insistent : « Que dis-tu de toi-même ? » (Jean 1:23). Il répond simplement : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert ». Le lendemain, « il voit Jésus venant à lui, et il dit : Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde... Après moi vient un homme qui prend place avant moi, car il était avant moi ». Il ajoute à son témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendant du ciel comme une colombe, et Il demeura sur Lui... Celui-ci est le Fils de Dieu ». Le lendemain encore il se tient là et « regarde Jésus qui marche ». Ses paroles ne sont plus un témoignage public, mais l’expression de son cœur : « Voilà l’Agneau de Dieu » !

Quel privilège pour nous de pouvoir, à travers les évangiles, « Le regarder marcher » !

Pierre, qui a accompagné Jésus durant tout son ministère, rappelle dans la maison de Corneille : « Il a passé de lieu en lieu, faisant du bien » (Actes 10:38) (*). Bien des fois il a marché le long de la mer, en particulier pour appeler quelques disciples : Simon et André (Matt. 4:18 ; Marc 1:16), puis Jacques et Jean (Marc. 1:19), et d’autres.

 

(*) Relire la brochure : « Voir Jésus de lieu en lieu »

Monté « sur une montagne pour prier » (Matt. 14:23-33), le soir étant venu, Lui, seul à terre, voit les disciples se tourmenter à ramer avec un vent contraire. Va-t-il aussitôt les secourir ? — À la quatrième veille de la nuit enfin, Il vient vers eux, marchant sur la mer. Les disciples « croient que c’est un fantôme et poussent des cris... Aussitôt il parle avec eux : Ayez bon courage ; c’est moi ; n’ayez point de peur » (Marc 6:46-51) (*). Pierre de répondre : « Si c’est toi, commande-moi d’aller à toi sur les eaux, et Il dit : Viens ». Pierre marche sur la mer agitée pour aller à Jésus. Mais il voit que le vent est fort. Il a peur et commence à enfoncer. Il s’écrie : « Seigneur, sauve-moi ». Jésus va-t-il dire : tu as été présomptueux, pourquoi as-tu voulu marcher sur la mer ? « Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté ? » Le Sauveur n’attend pas ; « aussitôt, étendant la main, il le prit ». Tous deux montent dans la barque. Le vent tombe. Les disciples, pleins d’admiration lui rendent hommage : « Véritablement tu es le Fils de Dieu ! » (v. 33). Dans les tempêtes de la vie, les croyants ne peuvent-ils pas « voir Jésus » et l’entendre dire : « C’est moi, n’ayez point de peur » ? (Jean 6:20).

 

(*) Voir la brochure « La voix de Jésus dans la tempête »

 

En Luc 9:51, Il avait « dressé sa face résolument pour aller à Jérusalem », accomplissant Ésaïe 50:7. Toute la suite de l’évangile est marquée par cet itinéraire. En Luc 13:33, il insiste : « Il faut que je marche aujourd’hui et demain, et le jour suivant » ... « le troisième jour je suis consommé » (v. 32).

Enfin « Il entre dans Jérusalem et dans le temple » ; va-t-il être accueilli ? « Après avoir promené ses regards de tous côtés sur tout, comme le soir était déjà venu, il sort et (dans quelle tristesse) s’en va à Béthanie avec les douze » (Marc 11:11).

Le ministère de grâce va se terminer. Le lendemain, comme ils sortaient de Béthanie, il eut faim ; il voit le figuier qui avait des feuilles, peut-être y trouverait-il quelque chose, mais s’en étant approché, « il ne trouve rien que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues ». Le matin suivant, « comme ils passaient, ils virent le figuier séché depuis les racines ». Tout cet incident n’est-il pas une figure d’Israël qui n’avait point de fruit pour le Sauveur ? Jérusalem allait être détruite sous le jugement de Dieu quelque quarante ans plus tard par Titus, comme en témoigne son arc de triomphe dans le Forum à Rome, encore visible aujourd’hui.

En Marc (depuis le chap. 14 v. 53) il n’est plus parlé de sa marche ; Jésus se laisse « mener », accomplissant Ésaie 53:7 : « Il a été amené comme un agneau à la boucherie, il a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent » (Marc 15:1, 16, 20, 22). Il avait ajouté en instituant la Cène (Luc 22:22) : « Le fils de l’homme s’en va », rappelant Matthieu 13:44 et 46 : « Il s’en va et vend tout ce qu’il a et achète ce champ-là »... « Il s’en alla et vendit tout ce qu’il avait », et acheta « la perle de très grand prix ».

Finalement, les soldats romains, en clouant les pieds qui avaient tant marché dans les chemins de la terre, ont mis fin à la carrière incomparable du Sauveur.

 

4.4   Les pieds du Ressuscité

Avertis par Marie de Magdala, Simon Pierre et le disciple que Jésus aimait courent seuls au sépulcre, voient successivement les linges et le suaire, constatent la disparition du corps et rentrent chez eux !

Marie reste encore au sépulcre, pleurant. Elle se baisse et voit deux anges vêtus de blanc, assis, un à la tête et un aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché. Les linges et le suaire sont encore là, mais vides ; avant que le premier ange ait roulé la pierre, le Ressuscité avait disparu. Marie répond aux anges : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis ». Se tournant en arrière, elle voit Jésus sans savoir que c’est lui. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c’est le jardinier, lui dit : « Seigneur, si toi tu l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi je l’ôterai » (Jean 20:15). Jésus lui dit : « Marie ! ». S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabboni » (ce qui veut dire Maître). Le Ressuscité la charge alors du merveilleux message à porter à Ses frères : « Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (non pas : je monte vers notre Père et notre Dieu ; Jésus reste toujours « premier-né entre plusieurs frères »).

Marie de Magdala vient rapporter aux disciples, tout d’abord qu’elle a vu le Seigneur, ensuite qu’il lui a dit ces choses.

Quand les autres femmes arrivent, elles « saisissent Ses pieds et lui rendent hommage » (Matt. 28:9).

Dans la journée, les deux disciples allant à Emmaüs sont accompagnés par Jésus ressuscité, qui se met à marcher avec eux. Quarante jours plus tard, avant de les quitter tous, Lui-même les « mène dehors » avant d’être élevé « dans le ciel ».

Zacharie 14:4 conclut qu’à Son retour glorieux ses pieds (divins) se tiendront sur la montagne des Oliviers... et « l’Éternel, mon Dieu, viendra, et tous les saints avec Toi ».

 

4.5   Toutes choses sous Ses pieds

En Apocalypse 1:15 et 2:13 « Ses pieds sont comme de l’airain ;... Jean tombe à Ses pieds comme mort » (1:17). Dans une autre vision (Apoc. 10:1), Ses pieds sont « comme des colonnes de feu » ; au verset 2, Il pose « Son pied droit sur la mer », expression symbolique de Sa gloire future pour répondre à la prophétie du Psaume 8:6, dont Éphésiens 1:22 nous annonce l’accomplissement : « Il a assujetti toutes choses sous Ses pieds », que confirme Hébreux 2:8 : « Maintenant nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties, mais, (par la foi), nous voyons Jésus qui a été fait un peu moindre que les anges, à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur ».

 

5                        Ses yeux (le regard, voir)

5.1    Le regard de compassion (collectif)

 

Dans l’histoire d’Israël autrefois, à bien des occasions « 1’Éternel dit : J’ai vu, j’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte... et je suis descendu pour le délivrer » (Ex. 3:7).

Dans la période des rois d’Israël : « L’Éternel vit que l’affliction d’Israël était très amère et... il n’y avait personne qui les secourait (2 Rois 14:26-27)... et Il les sauva ».

Mais dans l’Évangile, Jésus lui-même, venu du ciel sur la terre, « voyant les foules, fut ému de compassion pour elles, parce qu’ils étaient las et dispersés comme des brebis qui n’ont pas de berger » (Matt. 9:36). Tout Son cœur était tourné vers ces foules. C’est pourquoi il envoie « ses douze disciples pour qu’ils aillent vers les brebis perdues de la maison d’Israël ».

En Matthieu 14:14, « il vit une grande foule ; et il fut ému de compassion envers eux ». Le soir approchant, les disciples auraient voulu les renvoyer, mais Jésus leur dit : « Vous, donnez-leur à manger ». C’est la multiplication des cinq pains et des deux poissons ; tous mangent et sont rassasiés. Pour les disciples il reste douze paniers pleins, comme en Marc 6 et Jean 6.

Une dernière fois Jésus monte à Jérusalem. « Quand il est proche, voyant la ville, il pleure sur elle, disant : « Si tu avais connu toi aussi les choses qui appartiennent à ta paix !... Des jours viendront sur toi où tes ennemis... te renverseront par terre, toi et tes enfants au-dedans de toi » (Luc 19:41-44). Jérusalem allait crucifier son Messie, et Lui pleurait, comme Il avait pleuré au tombeau de Lazare, et le fera seulement encore une fois, à Gethsémané, dans la perspective de l’abandon et de la mort (Héb. 5:7).

 

Le regard individuel

Au réservoir de Béthesda, un homme infirme depuis trente-huit ans est couché là. Jésus, le voyant, lui demande « Veux-tu être guéri ? ». Et le malade répond : « Je n’ai personne ». Jésus lui dit : « Lève-toi et marche ». Aussitôt l’homme est guéri. La puissance divine était là, mais surtout le cœur de Celui qui, « avait été fait à la ressemblance des hommes ».

À Golgotha, alors qu’Il endure toutes les souffrances de la croix, « Jésus voyant sa mère et le disciple qu’il aimait se tenant là, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère ». Jean la prend chez lui. De qui se seraient-ils entretenus ? Elle L’avait connu et entouré depuis sa naissance jusqu’à ses trente ans ; et lui L’avait accompagné pendant les trois années de son ministère jusqu’à la croix : « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché concernant la Parole de la vie.. » (1 Jean 1:1).

 

5.2   L’intérêt profond

« Comme Il marchait le long de la mer de Galilée, il voit deux frères, Simon et André ». Jésus sait d’avance ce qu’ils deviendront. De pêcheurs de poissons « je vous ferai pêcheurs d’hommes ». La scène se répète avec Jacques et Jean qu’il voit raccommodant leurs filets ; à Son appel, aussitôt ayant quitté la barque et leur père, ils le suivent (Matt. 4:18-22). Déjà au bord du Jourdain Jésus avait vu deux disciples Le suivre ; ils étaient demeurés auprès de lui ce jour-là, à la dixième heure. André, l’un d’eux, mène son frère Simon à Jésus (Jean 1:43) qui, l’ayant regardé, dit : « Tu es Simon... tu seras Pierre ! ».

Le lendemain, Jésus trouve Philippe qui Le suit. Philippe trouve Nathanaël qu’il conduit à Jésus. Jésus voit Nathanaël, dont il déclare : « Voici un vrai Israélite, en qui il n’y a pas de fraude ». Nathanaël s’étonne : « D’où me connais-tu ? ». Et Jésus de répondre : « Quand tu étais sous le figuier, je te voyais » (Jean 1:44-51).

Zachée, petit de taille, monte sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer là. Ce n’est pas le publicain qui voit Jésus, mais « Jésus regardant, le voit et lui dit : Descends vite, car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison » (Luc 19:5).

 

5.3   Le regard qui sonde

 

Le psaume 139 en est rempli : « Éternel ! Tu m’as sondé, et tu m’as connu... Tu discernes de loin ma pensée... Où fuirai-je loin de ta face ? ». Le psalmiste conclut : « Sonde-moi, ô Dieu ! et connais mon cœur ; éprouve-moi, et connais mes pensées, et regarde s’il y a en moi quelque voie de chagrin, et conduis-moi dans la voie éternelle ». Prière que nous aussi pouvons bien exprimer au Seigneur Jésus.

En Marc 10:17-27, l’homme qui possédait de grands biens vient à Jésus, l’assurant d’avoir gardé dès sa jeunesse toutes les prescriptions de la loi. « Jésus l’ayant regardé, l’aima et lui dit : Une chose te manque : va vends tout ce que tu as et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix ». Mais l’homme s’en va tout affligé, ne pouvant se séparer de ses biens. Jésus attristé « regarde tout alentour » et dit par deux fois à ses disciples : « Combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étonnés disent entre eux : « Et qui peut être sauvé ? ». Jésus, les ayant regardés, dit : « Pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu ».

En Marc 8:31, le Seigneur « commence à enseigner ses disciples : Il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup, et soit rejeté... et mis à mort ». Il tenait ce discours ouvertement. Mais Pierre a l’audace de Le prendre à part et de le reprendre. Lui, se retournant et regardant le petit troupeau des disciples, reprend Pierre, disant : « Va arrière de moi, Satan ». Il savait bien d’avance quelles persécutions ils devraient endurer. Pour qu’ils ne se découragent pas, Il avertit Pierre devant eux : « ... Tes pensées ne sont pas aux choses de Dieu, mais à celles des hommes ». Devant la foule il ajoute : « Quiconque veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix et me suive » (v. 34).

Après que Pierre l’a renié, il est répété pour la troisième fois : « Le Seigneur, se retournant, regarda Pierre ! », regard qui sonde, mais aussi qui console, et amène la repentance : « Pierre, étant sorti dehors, pleura amèrement ».

Au bord de la mer de Tibérias (Jean 21), Jésus donne à Pierre l’occasion de réagir à la question attristée de son Maître : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ? ». Et Pierre répond : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime ». La restauration est accomplie après une triple réponse ; le service futur de pasteur des brebis et du troupeau, est confié au disciple qui avait laissé au Seigneur le soin d’apprécier l’amour qu’il avait pour Lui.

Jésus, étant assis vis-à-vis du trésor du temple, regarde comment la foule jette de la monnaie au trésor. Plusieurs riches y jettent beaucoup. Une pauvre veuve vient, et y jette deux pites qui font un quadrant. Jésus saisit l’occasion d’appeler ses disciples, et de leur dire : « Cette pauvre veuve a plus jeté au trésor que tous ceux qui y ont mis de leur superflu. Mais celle-ci y a mis de son indigence, tout ce qu’elle avait, toute sa subsistance » (Marc 12:41-44). D’où nous pouvons bien comprendre que le Seigneur ne regarde pas tant ce que l’on donne, que la part gardée pour soi !

 

5.4   Le regard qui juge

Ceux de la synagogue où Jésus était entré « l’observaient s’il guérirait le jour de sabbat, afin de l’accuser ». Il y avait là un homme avec la main desséchée ; Jésus lui ordonne de se lever devant tous et demande à l’assistance s’il est permis de faire du bien le jour du sabbat ou de faire du mal. Seul un silence hostile lui répond. Jésus alors regarde alentour avec colère, étant attristé de l’endurcissement de leurs cœurs. Il guérit la main desséchée. Là-dessus « les pharisiens, sortant aussitôt, avec les hérodiens, tiennent conseil contre lui pour le faire périr » (Marc 3:1-6).

Hébreux 4:13 : « Les yeux de Celui à qui nous avons affaire ». « La Parole de Dieu est vivante et opérante... elle atteint jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit... il n’y a aucune créature qui soit cachée devant Lui, mais toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de Celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4:12-13).

Isolé dans l’île de Patmos, Jean avait part à la tribulation « ... pour la Parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus Christ » (Apoc. 1:9). Il a la vision du Seigneur comme juge.

Les yeux qui s’étaient portés avec tant d’amour sur beaucoup de pécheurs, sur ses disciples, sur le jeune homme riche, sont alors « comme une flamme de feu » (Apoc. 1:14). « Le disciple que Jésus aimait » reconnaît bien Celui qui est devant lui « semblable au Fils de l’homme » ; pourtant il « tombe à Ses pieds comme mort ». Mais Jésus met sa droite sur lui, disant : « Ne crains point. Je suis le premier et le dernier, et le vivant ; j’ai été mort, je suis vivant aux siècles des siècles ». Il confie à son disciple le soin d’écrire « les choses qu’il a vues » (1:12-16), « les choses qui sont » (2 et 3), et « les choses qui doivent arriver après celles-ci » (4:1-22, 20).

« Apocalypse » signifie « Révélation » ; « les yeux qui sont comme une flamme de feu » discernaient d’avance et révélaient à son disciple, pour qu’il les écrive et les communique, tous les jugements qui viendront sur la terre sur ceux qui L’auront rejeté.

Et pourtant vient la conclusion de toute la Bible : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec tous les saints ».

 

5.5   Lever les yeux au ciel

Attristé par la mort brutale de Jean le Baptiseur, Jésus se retire « en un lieu désert à l’écart » (Matt. 14:13). Mais bien vite les foules le suivent à pied de différentes villes. Sorti de la barque, il voit cette grande foule, est « ému de compassion envers eux et guérit leurs infirmes ». Le soir venu, le lieu est désert. Les disciples désirent renvoyer les foules. Mais, dit Jésus : « Il n’est pas nécessaire qu’elles s’en aillent ; vous, donnez-leur à manger ». Ils objectent n’avoir que cinq pains et deux poissons. Quelle solution ? « Apportez-les-moi ici ». La foule s’assied sur l’herbe, Jésus prend les cinq pains et les deux poissons, regarde vers le ciel et rend grâces. Les disciples transmettent aux foules ce qu’ils ont reçu du Seigneur, et tous « mangent et sont rassasiés ». (*)

 

(*) Voir la brochure « L’enseignement spirituel des miracles du Seigneur Jésus »

 

En Marc 7:32 « on Lui amène un sourd qui parlait avec peine ». Jésus le tire à l’écart, hors de la foule, met les doigts dans ses oreilles, lui touche la langue et regarde vers le ciel, puis gémit en soupirant devant toutes les souffrances que le péché a amenées dans le monde. Il suffit de Sa parole : « Éphphatha », c’est-à-dire « ouvre-toi », pour que les oreilles du sourd s’ouvrent, les liens de sa langue se délient. Il parle distinctement. Du ciel est venue la délivrance par Celui qui en est « descendu » (Jean 3:13).

Après les gloires de la transfiguration, Jésus et les siens descendent de la montagne. Un père s’approche de lui, se jette à genoux devant lui, disant : « Seigneur aie pitié de mon fils, car il souffre cruellement » ; tes disciples n’ont pu le guérir. Jésus s’exclame : « Ô génération incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous et vous supporterai-je ? » Toute la souffrance du cœur du Sauveur est là. Un mot de Sa part : « Amenez-le-moi ». « Jésus guérit l’enfant, et le rend à son père » (Luc 9:42 ; Marc 9:14-28)).

La souffrance du cœur du Sauveur atteint presque son paroxysme au tombeau de Lazare (Jean 11:33). Il frémit en son esprit, se trouble : « Où l’avez-vous mis ? ». Ils lui disent : « Seigneur, viens et vois ». « Jésus pleura ». Pourtant il savait ce qu’il allait faire. Il n’accomplit pas de miracle pour « ôter la pierre » ; ceux qui l’accompagnent le font. Jésus « lève les yeux en haut et rend grâces à son Père ». Puis il crie à haute voix : « Lazare, sors dehors ! » (v. 43).

La seule prière adressée par Jésus au Père, dont nous connaissions les détails, est en Jean 17. Avant de la prononcer, il « lève ses yeux au ciel, et dit : Père… » (v. 1).

À la fin de l’évangile de Jean, Jésus va quitter ses disciples. Il présente les divers enseignements des chapitres 14 à 16 (*) et termine en disant : « Le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et que vous avez cru que moi je suis sorti d’auprès de Dieu. Je suis sorti d’auprès du Père et je suis venu dans le monde » ; et de nouveau (quel soulagement !) : « Je laisse le monde et je m’en vais au Père » (16:27-28).

 

(*) H. Smith « Les dernières paroles » (Jean 13 à 17), très recommandé

 

Quarante jours après la résurrection, Il les mène dehors jusqu’à Béthanie et, dernière vision qu’ils auront de Lui, « levant ses mains en haut, il les bénit... et il fut séparé d’eux et fut élevé dans le ciel ». Et eux « regardaient fixement vers le ciel tandis qu’il s’en allait » (Actes 1:10)

Tout leur espoir, et le nôtre, sera de Le rejoindre un jour, selon sa promesse : « Je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14:3).

 

Ô jour heureux, lorsqu’en ta gloire

Aux yeux des tiens tu paraîtras !

Avec le cri de la victoire,

Vers toi, Jésus, tu nous prendras.

 

(Hymnes et Cantiques 56:3)

 

6                        Sa tête (Sa face, Son visage, Ses oreilles, etc.)

pas dans le sens figuré comme tête de l’angle ou tête du corps.

 

« Dieu a relui dans nos cœurs pour faire luire la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ » (2 Cor. 4:6).

 

6.1   L’Homme obéissant et abaissé

 

Parlant par l’Esprit de Dieu (2 Sam. 23:2), David avait mis dans la bouche du Messie ces paroles : « Au sacrifice et à l’offrande de gâteau, tu n’as pas pris plaisir : tu m’as creusé des oreilles » (Ps. 40:6) ; Hébreux 10:5 traduit : « Tu m’as formé un corps »... « Voici, je viens,... pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Héb. 10:7). Dans ce corps Il allait « glorifier Dieu sur la terre » (Jean 17:2). Ésaïe le voit comme l’Homme obéissant qui dit : « Le Seigneur l’Éternel... me réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne. Le Seigneur l’Éternel m’a ouvert l’oreille, et moi je n’ai pas été rebelle, je ne me suis pas retiré en arrière » (És. 50:4-5). Dans le type du « serviteur hébreu », Moïse avait dit de Lui : « J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre ». Son maître devait alors percer son oreille avec un poinçon ; « et il le servira à toujours ». L’évangile de Marc nous donne le tableau de ce Serviteur parfait. « Le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs » (Marc 10:45).

De cette unique obéissance, vient le jour où « Il dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem ». Ésaïe l’avait déjà annoncé : « J’ai dressé ma face comme un caillou » (Luc 9:51 ; Ésaie 50:7).

Dans ce chemin qu’il avait choisi, il allait continuer à « endurer une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12:3). Aucun repos : « le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête » (Luc 9:58). Les Samaritains refusent de lui préparer un logis « parce que sa face était tournée vers Jérusalem » (9:53).

Elle a été tellement maltraitée que le prophète pouvait dire : « Beaucoup ont été stupéfaits en te voyant, tellement son visage était défait, plus que celui d’aucun homme, et sa forme plus que celle d’aucun fils d’homme » (És. 52:14).

Son obéissance le conduit finalement jusqu’à Gethsémané, où il dit à ses disciples : « Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort... Il tombe sur sa face, priant et disant : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ; toutefois, non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux » (Matt. 26:38-39).

 

6.2   L’Homme méprisé

 

Ésaïe l’avait déjà annoncé : « Il a été opprimé et affligé, et il n’a pas ouvert sa bouche. Il a été amené comme un agneau à la boucherie, il a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent, et il n’a pas ouvert sa bouche » (És. 53:7).

On lui a craché au visage, donné des soufflets en lui disant, alors que ses yeux étaient voilés : « Prophétise-nous, Christ ; qui est celui qui t’a frappé ? » (Matt. 26:67-68). Le psaume 69 l’avait bien annoncé : « La confusion a couvert mon visage... l’opprobre m’a brisé le cœur et je suis accablé. J’ai attendu que quelqu’un ait compassion de moi, mais il n’y a eu personne... et des consolateurs, mais je n’en ai pas trouvé » (v. 7, 20).

Il a été emmené en jugement, d’abord devant les Juifs, premièrement à Anne, puis à Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là — c’est là que Pierre le renie (Jean 18:13, 24). Puis devant le représentant romain qui demande : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » Pilate, embarrassé, leur demande de le juger eux-mêmes selon la loi juive, mais les Juifs prennent prétexte qu’il ne leur est pas permis de faire mourir personne. Pilate rentre encore dans le prétoire vers Jésus qui reconnaît être le roi des Juifs.

Pilate, sortant vers les Juifs, leur dit : « Moi, je ne trouve aucun crime en lui » ; et selon la coutume de la Pâque, il voudrait le relâcher. Eux disent : « Non pas celui-ci, mais Barabbas », qui était un brigand.

Pour tâcher de les contenter, Pilate fait fouetter Jésus et le livre à une bande de soldats qui lui tressent une couronne d’épines et la mettent sur sa tête, le revêtent d’un vêtement de pourpre et se moquent de lui : « Salut, roi des Juifs ! ». Eux aussi lui donnent des soufflets. Pour essayer encore une fois de satisfaire le peuple, Pilate déclare qu’il va leur amener Jésus dehors, « afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime ». Mais ce n’est pas Pilate qui le mène dehors ; « Jésus sort dehors, portant la couronne d’épines et le vêtement de pourpre », accueilli par les cris des principaux sacrificateurs et des huissiers, qui clament : « Crucifie, crucifie-le ! » Pilate leur dit : Prenez-le, vous et le crucifiez. Moi je ne trouve pas de crime en lui. Devant leurs cris, le gouverneur cède enfin et « leur livre Jésus pour être crucifié, et ils prirent Jésus et l’emmenèrent ».

L’évangile de Jean ne parle pas de Simon le Cyrénéen qui porte Sa croix, mais : « Jésus sort, portant sa croix » et s’en va au Golgotha où « ils le crucifient et deux autres avec lui, un de chaque côté ».

Au-dessus de Sa tête, Pilate fait placer un écriteau : « Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs », seule accusation que le gouverneur pouvait faire.

Alors commence le défilé de ceux qui l’injurient, pas seulement le peuple, mais les principaux sacrificateurs, les scribes, les anciens se moquent.

Viennent les heures terribles où il est abandonné de Dieu, parce qu’il est fait péché pour nous : « Lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pi. 2:24) — « Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin, et l’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous... à cause de la transgression de mon peuple, lui a été frappé » (És. 53:6, 8).

Sur la croix, Jésus a prononcé sept paroles, trois avant les heures de ténèbres, s’adressant au Père dans la première ; puis la parole centrale, s’adressant à Dieu qui l’avait abandonné ; puis les trois finales. Il savait que toutes choses étaient déjà accomplies. Mais sondant l’Écriture (Ps. 69:21) Il ajoute, afin de l’accomplir : « J’ai soif ». Enfin, quand Il a pris le vinaigre qui lui est présenté, il peut dire, avec quel soulagement (Jean 12:27 ; Matt. 26:38-39 ; Héb. 5:7-9, etc) : « C’est accompli » (Jean 19:30). Le cri de victoire (cf. Col. 2:15) des trois premiers évangiles, suivi, quand il a baissé (*) la tête (Jean 19:30), de Sa septième parole : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit », atteste qu’Il n’est pas mort de la crucifixion (Marc 15:44), mais a vraiment donné volontairement sa vie (Jean 10:17-18). (**)

(*) Même mot dans l’original, lorsqu’il avait déclaré : « Le fils de l’homme n’a pas un lieu où reposer sa tête »

(*) Nous recommandons les brochures suivantes :

« C’est accompli — Pensées sur le psaume 22 »,

« Voici l’homme » de F. v. Kietzel, G. A. « La part de Christ, ses souffrances et ses gloires »

 

6.3   L’homme glorifié

Dans les premiers évangiles, Marie verse le parfum sur la tête du Messie (Matt. 26:7), et du Serviteur prophète (Marc 14:3), mais en Jean 12:3, sur les pieds du Fils de Dieu qui va mourir. Hébreux 1:9 déclare : « Il a été oint d’une huile de joie au-dessus de ses compagnons ».

Lors de la transfiguration sur la montagne, « Son visage est comme le soleil » (Matt. 17:2). Quand il apparaît à Jean à Patmos, « Sa tête est comme de la laine blanche » (Apoc. 1:14). Lorsque, sous la forme d’ « un autre ange puissant », il descend du ciel, l’arc-en-ciel est sur sa tête, et de nouveau son visage comme le soleil (Apoc. 10:1).

Quand il va exécuter les jugements sur la terre (Apoc. 14:14), il apparaît sur une nuée, assis, semblable au Fils de l’homme, ayant sur sa tête une couronne d’or, comme l’avait annoncé le Psaume 21:3.

Et dans son apparition glorieuse d’Apocalypse 19:11-16, « sur sa tête il y a plusieurs diadèmes ». Bien des noms lui sont donnés : fidèle, véritable, juge, « la Parole de Dieu », « roi des rois et seigneur des seigneurs ». Par-dessus tout « il porte un nom connu de lui seul ». Profondeur insondable de la Personne même qui, « subsistant en forme de Dieu », s’était anéanti lui-même « prenant la forme d’esclave », puis a « reçu un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2:6-11).

 

6.4   Voir Sa face

Sur la montagne de Sinaï, dans un entretien intime avec l’Éternel, Moïse demande : « Fais-moi connaître, je te prie, ton chemin » (Ex. 33:13). L’Éternel promet : « Ma face ira, et je te donnerai du repos ». Moïse répète un peu plus loin : « Fais-moi voir, je te prie, ta gloire » (v. 18). L’Éternel répond : « Je ferai passer toute ma bonté devant ta face », mais il ajoute : « Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre ». L’Éternel complète : « Voici un lieu près de moi, et tu te tiendras sur le rocher, et il arrivera, quand ma gloire passera, que je te mettrai dans la fente du rocher, et je te couvrirai de ma main, jusqu’à ce que je sois passé... mais ma face ne se verra pas ».

Il faut venir au Nouveau Testament pour que Jean 1:14 puisse dire : « Nous vîmes sa gloire (morale) », et « le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui l’a fait connaître ».

Sur la montagne de la transfiguration il nous est dit des disciples « et ils virent sa gloire » (Luc 9:32) (celle du Messie, puis du Fils bien-aimé du Père).

Avant de les quitter, Jésus encourage ses disciples : « Vous avez maintenant de la tristesse ; mais je vous reverrai (lors de sa résurrection) et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16:22).

Mais lorsque l’Esprit sera venu « vous me verrez ». C’est bien dans les évangiles que, conduits par l’Esprit, nous pouvons « voir Jésus » aller de lieu en lieu, aboutir au calvaire et accomplir l’œuvre de la croix (voir 2 Cor. 3:18). Rien ne peut davantage réjouir nos cœurs que de découvrir cette Personne merveilleuse à travers toutes les pages de la Parole. Lorsqu’Il ouvrait les Écritures aux disciples d’Emmaüs « leur cœur brûlait au-dedans d’eux-mêmes lorsqu’Il leur parlait par le chemin » (Luc 24:32).

Mais viendra le jour où nous ne verrons plus comme maintenant, « au travers d’un verre obscurément », mais alors face à face et nous connaîtrons à fond, comme aussi nous avons été connus (1 Cor. 13:12).

Apocalypse 22:3-4 nous dit : « Ses esclaves le serviront, et ils verront sa face et son Nom sera sur leurs fronts ».

Le psaume 17:15 l’avait déjà annoncé : « Quand je serai réveillé, je serai rassasié de ton image ».

Et pour ceux qui comprennent l’anglais nous ajoutons ces quelques vers de J. N. D.

 

The traits of that face,

Once marred through thy grace,

Our joy’ll be to trace

At Thy coming again.