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CONSTRUIRE – LES ÉDIFICES DE LA BIBLE

G. André

 

Table des matières abrégée :

1      Introduction

2      L’arche de Noé

3      La tour de Babel

4      Le tabernacle et le temple

5      La muraille de Jérusalem

6      La maison de Dieu

7      La sainte cité

 

Table des matières détaillée :

1      Introduction

1.1       Le but de la construction

1.2       Le fondement de l’édifice

1.3       Les matériaux

1.4       Les ouvriers

1.5       Quelle place Christ a-t-il dans l’édifice ?

2      L’arche de Noé

3      La tour de Babel

4      Le tabernacle et le temple

4.1       Le but

4.2       Le fondement

4.3       Les matériaux

4.4       Quels étaient les matériaux ?

4.5       Quels furent les ouvriers ?

4.6       Qu’est-ce qui, dans le tabernacle et le temple, nous parle de Christ ?

5      La muraille de Jérusalem

5.1       Le but

5.2       Le fondement de la muraille

5.3       Les matériaux

5.4       Les ouvriers

5.5       Qu’est-ce qui, dans la muraille, nous parle de Christ ?

6      La maison de Dieu

6.1       Quel en est le but ?

6.2       Quel en est le fondement ?

6.3       Les matériaux

6.4       Les ouvriers

6.5       La place de Christ

7      La sainte cité

7.1       Le but de la cité

7.2       Le fondement de la cité

7.3       Les matériaux de la cité

7.4       Les ouvriers

7.5       La place de Christ dans la cité

 

 

1                    Introduction

« Que chacun considère comment il édifie » (1 Corinthiens 3:10).

 

Dieu construit, l’ennemi détruit. Le Berger rassemble, le loup disperse les brebis. De qui sommes- nous pratiquement collaborateurs ?

En Matthieu 16:18 le Seigneur Jésus déclare : «Je bâtirai mon assemblée. » Éphésiens 2:21 nous parle de cet édifice dont l’accroissement est parfait comme lui-même. Mais dans 1 Corinthiens 3:6-17, l’apôtre nous montre la construction de la maison de Dieu confiée à l’homme. Dieu opère, Dieu « donne », c’est son « édifice » ; mais il fait la grâce aux siens d’être ses « collaborateurs », et notre responsabilité est mise à l’épreuve.

Notre vie, notre conduite, nos paroles contribuent-elles à cette « édification » ? « Toutes choses sont permises, mais toutes choses n’édifient pas » (1 Cor. 10:23). Qu’en est-il de notre marche à cet égard ?

Dans l’assemblée, « que tout se fasse pour l’édification» (1 Cor. 14:26). Notre attitude, nos propos à l’égard des réunions, l’état de notre âme, et ce que nous pouvons être conduits à exprimer, sont-ils vraiment « pour l’édification », ou, parfois et même trop souvent, dans la main de l’ennemi pour détruire, éloigner, refroidir ?

Construire l’édifice pierre par pierre est un labeur long et difficile, qui demande beaucoup de persévérance, beaucoup de zèle. On le voit en Esdras. Détruire est l’affaire d’un instant ; « un seul pécheur détruit beaucoup de bien ». Un jour a suffi aux Chaldéens pour mettre en ruines le temple de Salomon, qu’il avait fallu tant d’années pour édifier. Devant la grandeur de la tâche, plus d’un pourrait hésiter, mais la Parole vient nous dire : « Non que nous soyons capables par nous-mêmes... mais notre capacité vient de Dieu » (2 Cor. 3:5).

Il y a « un temps de démolir, et un temps de bâtir » (Éccl. 3:3). Il faut d’abord défricher le terrain ; bien des préjugés, des idées fausses doivent être mis de côté. Mais il n’est pas dit : un temps de bâtir et un temps de démolir. Si Dieu doit ôter bien des choses, c’est pour construire à leur place, apporter ce qui est bon. Comme collaborateurs de Dieu, à nous de discerner le moment et le lieu où il nous appelle à bâtir. Il y a un exercice et une formation préalables. Il faut s’asseoir avant de construire la tour. Quelle grande place aura la prière dans de tels exercices !

 

1.1   Le but de la construction

La Bible nous présente nombre d’édifices ; les uns ont été construits pour l’homme :

Jehoïakim (Jér. 22:13-14) s’édifie « pour lui-même » une vaste maison, peinte en rouge.

Nébucadnetsar (Dan. 4:30) s’était employé de toutes ses forces à bâtir Babylone « pour la gloire de sa magnificence ».

La maison construite sur le sable peut avoir eu la même apparence que celle construite sur le roc, mais elle n’a pas résisté à la tempête.

Dans un sens, on « construit » sa vie, son foyer, sa journée.

Mais l’on peut construire pour Dieu et selon Lui :

Noé bâtit l’arche pour la conservation de sa maison.

David aurait souhaité construire le temple pour que Dieu ait une demeure fixe au milieu de son peuple, mais ce privilège ne lui a pas été accordé. De toute sa force, il en a alors préparé les matériaux.

Du temps de Néhémie, il s’agissait de construire la muraille de Jérusalem pour marquer à la fois la séparation et l’unité du peuple de Dieu.

Aujourd’hui la maison de Dieu est construite avec des pierres vivantes, un édifice bien ajusté ensemble, une habitation de Dieu par l’Esprit.

Quel est le but, la raison d’être, de ce que nous édifions aujourd’hui dans ce monde ?

 

1.2   Le fondement de l’édifice

Tout le sort de la construction dépend de son fondement. Celui qui a bâti sur le roc (Luc 6:48) a foui et creusé profondément : la maison a résisté à la tempête, tandis que celle bâtie sur le sable s’effondrait. La maison de Jehoïakim, fondée sur l’injustice, n’a pas duré.

Le tabernacle s’élevait sur le sol du désert, mais il était dressé et posé sur des bases d’argent, figure de la rédemption. Le temple sera construit sur la colline de Morija où le sacrifice d’Isaac et l’aire d’Ornan nous rappellent la mort de Christ.

« Comme un sage architecte, j’ai posé le fondement... personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ » (1 Cor. 3:10-11). Le Seigneur Jésus l’avait dit : « Sur ce roc, je bâtirai mon assemblée ». Fondement inébranlable de la maison de Dieu tel que lui la construit. En pratique, n’oublions jamais que, fondement de l’Église, il est le fondement du rassemblement local auquel nous nous rattachons, rassemblement qui n’a de sens et ne répond à la pensée du Seigneur que comme « expression » de l’assemblée de Dieu.

 

1.3   Les matériaux

1 Corinthiens 3:12 à 13 nous parle de matériaux qui supporteront l’épreuve du feu et d’autres qui seront consumés. Le bois et le chaume occupent plus de place, font plus de « volume » que l’or ou l’argent. Mais vienne le feu du jugement, que reste-t-il ?

Dans les divers édifices mentionnés dans la Parole, que de matériaux parlent de Christ ! Le bois de sittim du tabernacle, l’or du temple, les pierres précieuses qui ornent les murailles de la sainte cité.

D’autres nous présentent les rachetés : les ais du tabernacle ; les pierres taillées d’avance pour le temple de Salomon ; aujourd’hui les pierres vivantes de la maison spirituelle.

« Montez à la montagne, apportez du bois et bâtissez » (Aggée 1:7) disait le prophète à Zorobabel et à ses compagnons. « Aller sur la montagne », c’est rechercher la communion du Seigneur, c’est persévérer dans la prière. « Apporter du bois », c’est fournir ce qui contribuera à l’édification de la maison de Dieu, être nourri pour soi-même ; ensuite, mais ensuite seulement, « bâtissez ».

 

1.4   Les ouvriers

De fait, Dieu seul est le constructeur. Il n’a besoin de personne, mais il nous fait la grâce d’être ses collaborateurs.

C’est lui qui fournit les plans ; qu’il s’agisse de l’arche, du tabernacle, du temple ou de l’assemblée, c’est lui qui a tout prévu et qui, au moment voulu, donne le modèle, révèle ses conseils. Combien il importe que l’ouvrier se conforme à un tel plan et n’agisse pas selon ses propres idées ! Son intelligence spirituelle, enseignée de Dieu, sera constamment en éveil pour considérer « comment il édifie » sur le fondement posé.

Le serviteur est appelé, puis préparé. Il n’accomplit pas servilement un devoir, mais il est conscient qu’une grâce lui est accordée ; l’amour pour le Seigneur est le ressort de son activité ; l’amour pour les brebis aussi ; vienne le loup, il ne s’enfuira pas comme l’homme à gages (Jean 10:12).

« Dans son affliction », David (1 Chron. 22:14) avait préparé pour la maison de l’Éternel des matériaux en abondance. Il avait dû accepter humblement de n’être pas appelé à bâtir le temple ; un grand chagrin pour lui, que, la chair étant mise de côté, il recevait pourtant de la main de Dieu. « Dans son affection » (1 Chron. 29:3), il donnait alors de ce qui lui appartenait en propre pour le travail que d’autres allaient accomplir.

Dans nos circonstances particulières, là où il nous a placés, savons-nous discerner quelle part Dieu nous appelle à prendre dans l’édifice qu’il construit ? « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain » ; aussi importe-t-il de ne rien entreprendre qui ne le soit avec lui. « Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit », dira le prophète à Zorobabel (Zach. 4:6), seul secret pour qu’une « grande montagne » devienne « une plaine ». Seul moyen aussi pour « achever » la maison, comme un Jean Baptiste ou un Paul ont « achevé » leur course (Actes 13:25 ; 2 Tim. 4:7).

Quel que soit l’ouvrage de chacun, « le feu l’éprouvera » (1 Cor. 3:13). Le jugement manifestera trois sortes d’ouvriers. Celui dont l’ouvrage demeurera, et qui recevra une récompense (v. 14). Celui dont l’ouvrage sera consumé ; l’ouvrier en éprouvera une perte, mais lui-même sera sauvé, toutefois comme à travers le feu (v. 15). Par contre, celui qui « corrompt » le temple de Dieu, Dieu le détruira (ou le « corrompra »). On peut s’être donné beaucoup de peine et avoir beaucoup travaillé, mais le résultat peut n’être qu’une apparence : du bois, du foin, du chaume. On peut aussi beaucoup se dépenser pour ce qui corrompt le temple de Dieu ! Malheur à un tel ouvrier, car s’il détruit l’œuvre de Dieu, il récoltera ce qu’il a semé : il moissonnera « la corruption » (Gal. 6:8).

 

1.5   Quelle place Christ a-t-il dans l’édifice ?

Aucune dans la maison de Jehoïakim, dans la tour de Babel ou dans la magnificence de Babylone. La place essentielle est dans le tabernacle, dans le temple, dans la sainte cité.

Découvrir dans de tels « édifices » ce qui nous parle de lui, ce qui met en relief ses perfections, ne réchauffera-t-il pas nos cœurs comme, le jour de la résurrection, l’inoubliable entretien d’Emmaüs ?

Nous allons donc considérer sous ces différents points de vue (but, fondement, matériaux, ouvriers, types de Christ) divers édifices dont la Bible nous parle :

L’arche de Noé

La tour de Babel

Le tabernacle et le temple

La muraille de Jérusalem sous Néhémie

La maison de Dieu actuelle

La sainte cité (Apoc. 21)

 

2                    L’arche de Noé

(Genèse 6:13-22 ; Hébreux 11:7 ; 1 Pierre 3:20 ; 2 Pierre 3:5)

 

« Par la foi, Noé... bâtit une arche pour la conservation de sa maison ; et par cette arche, il condamna le monde » (Héb. 11:7). L’arche était donc un édifice divin dont le but était double : la conservation de la famille de Noé et un témoignage envers le monde.

Noé lui-même est un type de Christ, en tant qu’il trouve faveur aux yeux de l’Éternel (Gen. 6:8), et prépare le moyen de salut pour les siens. Mais l’arche elle-même est aussi un type de Christ. C’est elle qui traverse tous les flots du jugement de Dieu, tandis que la famille de la foi est en sécurité à l’intérieur.

Le jugement de l’Éternel avait été prononcé sur toute chair. Cette condamnation, révélée à Noé (Gen. 6:13), est acceptée par lui sans discussion, comme aussi il se conforme au moyen de salut que Dieu donne. Seul le pécheur qui se sait perdu, accepte le Sauveur ; une fois « entré dans l’arche », il est certain d’être en sécurité : « Il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 8:1).

Mais le salut n’est pas seulement passé ou futur ; il est présent, actuel. Pour en jouir, il s’agissait de demeurer dans l’arche, comme nous avons à demeurer en Christ. Le « jour » supérieur de l’arche donnait la lumière d’en haut et dirigeait les regards vers le ciel, non vers le jugement : c’est la communion avec le Seigneur au travers des épreuves de la vie ; c’est aussi le « regardez en haut » de Luc 21:28, quand les jugements commencent à s’abattre sur le monde. Dans l’arche, il y avait toutes ressources, toute nourriture pour ceux qui y demeuraient. L’arche elle-même n’est pas submergée par l’épreuve (Ésaïe 43:21), mais « soulevée » par les eaux ; lorsqu’elles se renforcent et croissent beaucoup sur la terre, l’arche « flotte » ; mais l’épreuve passée, elle repose sur la montagne de la bénédiction. Dans un monde nouveau, se dressera l’autel de l’adorateur et resplendira l’arc-en-ciel des perfections de Christ.

La construction de l’arche était aussi un témoignage envers le monde. Témoignage rendu par le fait même de construire, et par une prédication dont nous parle 2 Pierre 2:5, et 1 Pierre 3:13-20 : « Par l’Esprit, étant allé, il a prêché aux esprits... qui ont été autrefois désobéissants, quand la patience de Dieu attendait, dans les jours de Noé ». La patience de Dieu a attendu longtemps.

Les cent vingt ans de Genèse 6 ne s’appliquent pas nécessairement à la construction de l’arche, mais il n’y a pas de doute que celle-ci a dû prendre bien des années. La porte était ouverte... personne, sauf la famille de Noé, n’en a profité ! Noé avait rendu témoignage à la fois à la méchanceté de l’homme et au salut de Dieu ; il était prédicateur de justice.

Mais si le monde n’a pas reçu le témoignage de Noé, sa famille l’a reçu. C’est le principe retrouvé tant de fois dans la Parole : « Toi et ta maison ». Quelle responsabilité ont les parents de faire tout ce qui dépend d’eux pour que leurs enfants soient introduits dans l’arche, et soient élevés dans une atmosphère séparée de cœur et de voies du monde actuel. Sans doute Dieu seul peut opérer en eux, mais la responsabilité des parents chrétiens reste de les élever « dans le Seigneur ».

Le fondement de l’arche n’était autre que le sol sec (7:17), preuve de la foi de Noé ; mais cette foi s’appuyait sur la Parole de Dieu, puisqu’il avait été « averti divinement » (Héb. 11:7). La Parole était donc la base de sa foi, le vrai fondement de l’arche.

Seule la Parole de Dieu peut donner à l’âme l’assurance du salut, non pas nos sentiments, ni nos craintes. Une fois dans l’arche, tel membre de la famille de Noé a peut-être pu redouter que le déluge ne l’atteigne quand même, mais ses doutes ne changeaient rien à la situation ; il était dans l’arche, en sécurité, et n’en aurait eu aucun doute s’il s’était fondé, par la foi, uniquement sur la Parole de Dieu.

Les matériaux de l’arche sont le bois de gopher et la poix. Ce bois, que l’on dit imputrescible, nous parle de l’humanité parfaite de Christ dans laquelle il a subi, à la croix, le jugement de Dieu. La poix dont toute l’arche était enduite à l’extérieur et à l’intérieur, faisait une séparation, une couverture étanche contre les eaux du jugement. Le mot « poix » avec ce sens de « couverture » est, dans l’original, similaire au mot « propitiation » (« ce qui couvre» ; cf. le « propitiatoire » (couvercle) de l’arche dans le Tabernacle) ; dans l’Ancien Testament, par le sang, les péchés étaient « couverts ». Nous avons donc ici une nouvelle figure de la sécurité complète dont jouit celui qui est en Christ ; mais aussi un exemple de séparation totale de l’ambiance extérieure, telle que Christ seul l’a réalisée.

Le plan de l’arche était divin ; Dieu lui-même en donne les instructions à Noé (Gen. 6:14-16).

La Parole ne nous dit pas quels furent les constructeurs de l’arche. Il est bien probable que Noé n’a pu œuvrer seul. Ceux qui y ont peut-être travaillé, comme en tout cas ceux qui ont été témoins de la construction, ont été en contact direct avec le moyen de salut qui était un témoignage pour tous, mais aucun n’a écouté. « Dans les jours avant le déluge, on mangeait et on buvait, on se mariait et on donnait en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, et ils ne connurent rien jusqu’à ce que le déluge vint et les emporta tous » (Matt. 24:38-39). Solennelle pensée pour ceux qui ont été élevés dans un foyer chrétien, ont « goûté la bonne parole » (Héb. 6:5), ont « mangé et bu en la présence du Seigneur » (Luc 13:26), mais, malgré tout, ne sont pas encore « entrés dans l’arche ».

Nous avons déjà vu ce qui dans l’arche nous parle de Christ. Combien notre responsabilité est grande à cet égard de présenter aux autres le moyen merveilleux de salut que Dieu a préparé, de faire apprécier à nos enfants tout ce que nous avons en Christ, et d’y demeurer nous-mêmes dans la séparation du monde jugé.

Et souvenons-nous toujours avec reconnaissance et adoration de Celui qui, comme l’arche, a supporté seul tout le poids du jugement, et a traversé « l’abandon, la colère et la mort ». « Un abîme appelle un autre abîme... toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi » (Ps. 42:7). « Les eaux m’ont environné jusqu’à l’âme » (Jonas 2:6).

 

Oh ! comme ils ont pesé sur toi,

Seul dans cette heure sombre,

L’abandon, l’angoisse et l’effroi

De nos péchés sans nombre !

 

3                    La tour de Babel

(Genèse 10:8-10 ; 11:1-9)

 

Par la foi, Noé... par la foi, Abraham... » Entre les vies de ces deux témoins remarquables, la Parole nous présente Babel, la construction de l’homme, entreprise pour sa propre gloire et tournant à sa complète confusion.

Quel en fut le but ? « Faisons-nous un nom de peur que nous ne soyons dispersés » (Gen. 11:4). Il faut s’unir pour être forts sans Dieu, pour être forts contre lui. C’est l’histoire de l’homme sur la terre, qui cherche l’appui de ses semblables pour se passer du secours de Dieu ; alors que l’homme de foi, Abraham, sortira de tout ce milieu devenu idolâtre, afin de marcher par la foi vers la cité dont Dieu est l’architecte et le créateur.

Se faire un nom, c’est l’orgueil de l’homme qui poursuit sa propre gloire. De Nimrod, il nous est dit : le commencement de son royaume fut Babel. Nimrod veut dire «rebelle » ; il était chasseur : rebelle envers Dieu, dominateur sur les hommes.

Le chasseur trouve sa satisfaction aux dépens de sa victime. Peu importe si les autres souffrent, pourvu que lui atteigne son but ; contraste douloureux avec le berger, l’homme selon le cœur de Dieu, qui se dépense pour les brebis, les rassemble, les protège, les nourrit, tel un Jacob, un Moïse, un David, et le bon Berger de Jean 10.

Le fondement de la ville et de la tour se trouvait dans la plaine de Shinhar (nudité), contraste avec la montagne où la foi rencontre Dieu, comme nous le montre Abraham. Le « niveau » spirituel a baissé, on s’attache à la terre, on devient « ceux qui habitent sur la terre », sur lesquels fondront les jugements de l’Apocalypse.

Quels furent les matériaux ? La brique et non la pierre, la brique, œuvre de l’homme qui veut imiter la pierre et faire un grand bâtiment sans Christ, le roc, la pierre de fondement. En Ésaïe 65:3, Dieu condamne ceux qui brûlaient de l’encens sur des autels de briques, alors que Deutéronome 27:5-6, avait bien prescrit que l’autel de l’Éternel devait être de pierres entières. « Ils avaient le bitume pour mortier » ; le bitume, qui provient de la décomposition, image de la corruption, est en contraste avec l’Esprit de Dieu qui unira les membres de Christ en un seul corps.

Qui furent les constructeurs ? Le plan était satanique ; Nimrod était rebelle et chasseur ; ceux qui bâtirent furent les hommes qui « partirent de l’Orient » (v. 2). Ils tournaient le dos à la source de la lumière, à « l’Orient d’en haut », à Christ. De fait, historiquement, notre civilisation s’est toujours développée vers l’ouest, tandis que le peuple de Dieu marche vers le lever du soleil (Nomb. 21:11). À leur réveil, au matin, les hommes de Juda qui campaient à l’orient du tabernacle, voyaient le soleil levant en éclairer la porte. Tourner le dos au soleil levant, c’est oublier le retour du Seigneur.

Dans un tel édifice, il est clair que Christ n’avait aucune place. L’orgueil s’élève, mais Dieu ne permet pas que ces hommes aboutissent à « ce qu’ils pensent faire ».Ils attirent sur eux le jugement divin : leur langage est confondu ; ils sont dispersés sur la face de toute la terre. Cette même sentence subsiste ; chaque fois que les hommes veulent s’unir sans Dieu, la dissension survient entre eux, qu’il s’agisse d’une confédération politique, ou hélas ! des innombrables groupements religieux de la chrétienté.

Mais si la ville et la tour de Babel furent abandonnées pour un temps, le principe de Babylone subsiste à travers toute la Parole, pour aboutir au jugement final d’Apocalypse 18. On comprend l’ultime exhortation répétée au peuple de Dieu : « Sortez du milieu d’elle, afin que vous ne participiez pas à ses péchés et que vous ne receviez pas de ses plaies » (Apoc. 18:4).

« Sortir » sera l’appel adressé à la foi d’Abraham.

 

4                    Le tabernacle et le temple

(Exode 25:1-9 ; 2 Chroniques 3)

 

4.1   Le but

« Je les ai fait sortir du pays d’Égypte, pour habiter au milieu d’eux... Et ils feront pour moi un sanctuaire et j’habiterai au milieu d’eux... » (Ex. 29:46 ; 25:8).

Tel était le but primordial du tabernacle : Dieu voulait demeurer au milieu de son peuple.

L’arche était un moyen de salut pour la famille de la foi, mais Dieu n’habitait pas avec Noé ; il avait communion avec Abraham et se révélait à lui ; ses soins entouraient et formaient Jacob ; mais Dieu ne pouvait demeurer au milieu des siens avant que la rédemption fût accomplie au moins en type. Il fallait et la Pâque et la sortie d’Égypte avant que Dieu eût un sanctuaire.

De même, le temple de Salomon, bâti « pour le nom de l’Éternel » (1 Rois 5:5 ; 1 Chron. 22:7), n’a été édifié qu’après l’holocauste offert dans l’aire d’Ornan sur la colline de Morija, qui rappelait le sacrifice d’Isaac en Genèse 22.

Il n’est pas possible de rendre vraiment culte à Dieu et de réaliser la présence du Seigneur au milieu des siens, sans que l’âme ait l’assurance du salut. Beaucoup de chers enfants de Dieu qui sont sauvés, ne possèdent pas cette assurance. Comment pourraient-ils rendre culte en esprit et en vérité, tant qu’ils sont remplis de craintes et de doutes ? La mer Rouge avait définitivement libéré les Israélites de l’esclavage d’Égypte. « Il n’y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 3:1). Fondé sur une telle certitude, le croyant peut rendre culte pour une œuvre accomplie, et s’approcher, en pleine assurance de foi, selon Hébreux 10:19-22.

Car c’est le second but du tabernacle et du temple d’être un lieu de culte, un endroit où l’on pouvait — dans une mesure limitée encore — s’approcher de Dieu, faire fumer devant lui l’encens et lui offrir des sacrifices d’agréable odeur (2 Chron. 2:4). De même, la maison de Dieu est édifiée aujourd’hui comme « une maison spirituelle... pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pierre 2:5).

Dans sa structure même, le tabernacle portait le caractère du désert. Il devait être souvent démonté et réédifié. À travers les étapes de la route, Dieu accompagnait son peuple : « Ma face ira ». Le temple était, en revanche, un édifice stable, « une maison de repos pour l’arche » (1 Chron. 28:2). Il nous parle du repos millénaire, mais aussi de cet « édifice, bien ajusté ensemble, qui croît pour être un temple saint dans le Seigneur » (Éph. 2:21) : l’assemblée qui, à travers les siècles, de la Pentecôte à la venue du Seigneur, se constitue progressivement pour être, dans le ciel, ce temple complet où brillera sa gloire. Tandis que l’assemblée vue sur la terre, à un moment du temps, est « une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éph. 2:22).

Dans les deux édifices, Dieu a marqué sa présence par la nuée (Ex. 40:34 ; 2 Chron. 5:13-14 ; 7:1-2). À la chute, l’homme fut chassé de la présence de Dieu ; mais il la retrouve, d’une manière toute nouvelle, avec un accès limité à quelques-uns, dans le tabernacle et le temple. Elle est réalisée, selon la mesure de la foi, par ceux qui sont réunis au nom du Seigneur aujourd’hui. Elle sera, durant l’éternité, la bénédiction suprême de tous les rachetés. La présence du Seigneur est d’ailleurs la seule chose positive que la Parole nous révèle quant à la félicité éternelle : « Nous serons toujours avec le Seigneur », pour ce qui concerne les saints célestes ; et pour les saints terrestres : « L’habitation de Dieu est avec les hommes et il habitera avec eux » (Apoc. 21:3).

Le tabernacle était aussi une « ombre » et une « image » des choses célestes, du « vrai tabernacle que le Seigneur a dressé, non pas l’homme » (Héb. 8:2, 5 ; 9:23).

 

4.2   Le fondement

Le tabernacle s’élevait sur le sable du désert. Même dans le lieu saint et dans le lieu très-saint, les pieds des sacrificateurs foulaient le sol. Mais la structure elle-même se dressait sur cent bases d’argent (Ex. 26:19-25), figure de la rédemption (Ex. 38:25-27 ; 30:11-16). Encore une fois, nous retrouvons la même pensée : la demeure de Dieu au milieu des siens ne peut être fondée que sur une rédemption accomplie.

Le temple s’élevait sur la colline de Morija (2 Chron. 3), la colline du sacrifice. Les fondements, par contre, n’en étaient pas d’argent, mais constitués par de « grandes pierres » (1 Rois 5:17 ; 7:10), qui rappellent les apôtres et prophètes d’Éphésiens 2:20.

Le fondement de la maison spirituelle portera les mêmes caractères. Elle se trouve encore au désert. Jésus, le Fils du Dieu vivant, le Rédempteur, en est la maîtresse pierre du coin. Elle est édifiée sur le fondement des apôtres et prophètes (Éph. 2:20).

 

4.3   Les matériaux

D’où venaient-ils ?

Qu’il s’agisse du tabernacle ou du temple, ils avaient été donnés par le peuple et par ses chefs, non sous la contrainte, mais par « tout homme qui avait un esprit libéral » (Ex. 35:3 ; 1 Chron. 29:5, 9). Que pouvons-nous mettre à la disposition de la maison de Dieu ? Non seulement des biens matériels, mais du temps, des ressources intellectuelles, tout ce que le Seigneur nous a si abondamment donné : « Ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (1 Chron. 29:14). Mais encore ne faut-il pas avoir tout dépensé pour soi-même ou pour le « veau d’or » (Ex. 32:2-4). Veillons donc à ce qu’il nous reste du temps pour le Seigneur et ses intérêts ; gardons-nous de consacrer nos forces physiques et intellectuelles exclusivement à nos travaux ou à nos loisirs, encore que ceux-ci n’aient de valeur que s’ils sont faits pour le Seigneur et passés avec lui (Éph. 5:20 ; Col. 3:17).

Les matériaux du tabernacle avaient été offerts par « tout homme que son cœur y porta », mais aussi par les femmes intelligentes et habiles qui avaient filé, les unes du bleu, de la pourpre, de l’écarlate ou du fin lin coton, les autres du poil de chèvre. Cela ne nous parle-t-il pas de tout ce que les croyants sont appelés à faire dans leur maison, en ayant l’assemblée en vue ? Si, chez soi, on est occupé des perfections de Christ, si l’on y réalise la séparation du monde (poil de chèvre), si les enfants sont élevés dans une telle atmosphère que la mère imprime au foyer, quel bien n’en résultera-t-il pas pour le rassemblement ! Que chacun s’applique à ne pas vivre seulement de l’assemblée, mais aussi pour l’assemblée !

Les matériaux du temple avaient été en première ligne amassés par David comme chef d’État : de « toute sa force » il avait préparé de l’or, de l’argent, de l’airain, du fer, du bois, des pierres précieuses en abondance, en grande partie prélevés sur le butin des guerres. Mais de plus, « dans son affection pour la maison de son Dieu », il avait donné de ce qui lui appartenait en propre, des sommes considérables d’or et d’argent. Les chefs, encouragés par son exemple, avaient offert volontairement des métaux et des pierres précieuses ; le peuple s’était associé à ces offrandes. Et David de s’écrier : « Maintenant j’ai vu avec joie que ton peuple t’a offert volontairement » (1 Chron. 29:17). Les nations aussi apportent leur part, notamment le bois du Liban (2 Chron. 2:16).

 

4.4   Quels étaient les matériaux ?

Exode 25:3-7 nous en donne un résumé divisé en quatre catégories : l’or, l’argent et l’airain qui nous parlent de Dieu, de sa nature divine, de son amour rédempteur, de sa justice et de son jugement à l’égard du péché. Puis le bleu, la pourpre, l’écarlate, le coton blanc, le poil de chèvre, les peaux de béliers teintes en rouge, les peaux de taissons et le bois de sittim nous parlent de Christ ! L’huile pour le luminaire, l’huile de l’onction et l’encens des drogues odoriférantes, rappellent le Saint Esprit qui éclaire et qui seul est la puissance du culte. Les pierres d’onyx et les pierres à enchâsser pour l’éphod et pour le pectoral nous présentent, enfin, les rachetés, tels qu’ils sont vus sur les épaules et sur le cœur de Christ, dans le sanctuaire.

Dans le temple, outre ces divers matériaux, « les pierres », qui n’existaient pas dans le tabernacle, sont mises en évidence : de « grandes pierres » pour les fondements, sur lesquelles s’élevaient « des pierres de prix » ; toutes taillées d’avance avant d’être mises en place (1 Rois 7:9-12 ; 6:7) ; toutes recouvertes de bois et d’or, qui nous parlent de Christ. Les ais du tabernacle, plaqués d’or, se trouvaient à l’intérieur du sanctuaire ; mais le temple était recouvert d’or à l’extérieur aussi bien qu’à l’intérieur, image de la sainteté divine, et de la gloire future qui brillera à tous les yeux, alors que maintenant elle est cachée, comme le montrent les peaux de taissons qui recouvraient le tabernacle.

 

4.5   Quels furent les ouvriers ?

Tant pour le tabernacle que pour le temple, ils furent nombreux et divers.

Comme il l’avait fait pour l’arche, Dieu donne les plans.

L’Éternel dit à Moïse : « Selon tout ce que je te montre, le modèle du tabernacle et le modèle de tous ses ustensiles, ainsi vous ferez » (Ex. 25:9).

Le peuple se conforme à ce plan divin : une fois le tabernacle achevé, « Moïse vit tout l’ouvrage, et voici, ils l’avaient fait comme l’Éternel l’avait commandé» (Ex. 39:43).

Quant au temple, David dit à Salomon, son fils : « Toute l’œuvre du modèle, il m’en a, par écrit, donné l’intelligence, par la main de l’Éternel sur moi » (1 Chron. 28:19). Rien n’était laissé au bon plaisir du jeune roi et de ses collaborateurs.

Trois catégories de personnes ont travaillé à la construction du tabernacle : les hommes du peuple apportaient leur offrande, les femmes, ce qu’elles avaient filé ; les princes, les pierres précieuses et les aromates (Ex. 35:20-29). Mais il y eut aussi des hommes intelligents qui s’approchèrent de l’œuvre pour la faire (36:2, 8). Enfin, deux hommes sont mis particulièrement en évidence : Betsaleël, qui fit les objets du sanctuaire et ceux du parvis ; Oholiab, graveur, inventeur et brodeur (Ex. 38:23). Ainsi en est-il dans l’assemblée. À chacun la grâce de Dieu a été donnée, il est appelé à en être un bon dispensateur ; mais des dons particuliers sont confiés, comme aussi il y eut des hommes particulièrement appelés et qualifiés par Dieu pour collaborer à l’édification de sa maison.

Il vient un moment où l’ouvrage cesse, où l’on ne peut plus apporter (Ex. 36:6). Cela nous rappelle l’expression déjà vue : « Un temps de bâtir. » Dans un sens, l’œuvre du Seigneur se poursuivra jusqu’à la fin : «J’ai mis devant toi une porte ouverte que personne ne peut fermer » (Apoc. 3:8). Mais au cours des ans et selon les régions, bien des portes peuvent être fermées pour l’évangile, comme nous le voyons dans maints pays aujourd’hui. Il s’agit de travailler pendant qu’il fait jour, car la nuit vient en laquelle personne ne peut travailler. Chacun d’entre nous peut aussi être arrêté par l’âge, la maladie ou d’autres circonstances. N’aurons-nous pas à cœur d’accomplir la tâche que le Seigneur nous a confiée en faveur de sa maison tant qu’il nous en donne l’occasion ?

La construction du temple fut confiée à de très nombreux ouvriers : cent cinquante-trois mille six cents, tous étrangers : soixante-dix mille portefaix, quatre-vingt mille tailleurs de pierres, trois mille six cents surveillants (2 Chron. 2:2, 17-18). L’œuvre de la maison et du sanctuaire est attribuée à Salomon lui-même ; tout ce qui était d’airain, à Huram-Abi, homme descendant d’une mère juive, et d’un père tyrien (1 Rois 7:13 ; 2 Chron. 2:14). Nous avons déjà noté l’apport des nations pour les matériaux ; ce sont les nations aussi qui travaillent à l’œuvre, préfiguration du jour glorieux où Christ régnera sur tous les peuples.

 

4.6   Qu’est-ce qui, dans le tabernacle et le temple, nous parle de Christ ?

Sujet vaste et que, sans doute, nous n’épuiserons jamais. Notons seulement l’essentiel.

Le tabernacle, dans son ensemble, est la manifestation de Dieu en Christ. Dans les ordonnances relatives aux objets du sanctuaire, Dieu commence par l’arche et procède vers l’extérieur. Mais le tabernacle révèle aussi le chemin d’accès vers Dieu. Pour discerner les gloires variées de Christ, il faut entrer dans le sanctuaire ; comme nous l’avons déjà dit, à l’extérieur, le tabernacle était recouvert de peaux de taissons. Pour la chair, « il n’y a point d’apparence en lui, pour nous le faire désirer » (És. 53:2).

L’arche est avant tout le type de Christ, véritablement homme (bois de sittim) et véritablement Dieu (or).

Le voile qui séparait le lieu saint du lieu très saint, nous présente ses gloires variées (Ex. 26:31 ; Héb. 10:21) ; aujourd’hui, voile déchiré, porte ouverte donnant libre accès au sanctuaire.

Les autels, la table, le chandelier nous parlent aussi de Christ ; de son œuvre, de son office de sacrificateur qui présente les siens à Dieu, de la révélation qu’il nous donne de lui.

En revanche, les ais et les tapis nous présentent plutôt les rachetés, qui, bien unis ensemble, forment un tout, la maison de Dieu.

Dans le temple, nous retrouvons bien des types similaires de Christ. Nous avons déjà noté l’or dont la maison était entièrement revêtue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Devant le temple s’élevaient deux colonnes (2 Chron. 3:15-17), symbolisant la stabilité de l’édifice et de ce qu’il représente : Jakin (il établira, il affermira) et Boaz (en lui est la force). À l’intérieur du sanctuaire deux grands chérubins, la face tournée vers l’entrée de la maison, accueillaient l’adorateur qui s’approchait (2 Chron. 3:13) ; leurs ailes ombrageaient l’arche, qui avait trouvé son repos (5:7-8).

Penchons-nous souvent sur ces types merveilleux du tabernacle et du temple ; cherchons-y Christ avant tout, dans leur but, dans leurs fondements, dans leurs matériaux, dans leurs objets divers ; et, entrant par la foi dans le sanctuaire, approchons- nous avec toute révérence, mais en pleine paix, pour adorer !

 

5                    La muraille de Jérusalem

(Néhémie 1:1-3 ; 2:12-18 ; 3)

 

Il était beau et encourageant de participer à la construction du tabernacle ou de préparer des matériaux pour le temple ; mais que penser devant une muraille en ruine et la misère du peuple de Dieu ? (Néh. 1:3 ; 2:15). N’était-il pas plus simple et plus sage de se dire : Dieu l’a permis ; il m’a placé dans d’autres circonstances ; ce que l’ennemi a détruit ne peut être réparé ; dédions-nous à d’autres tâches ?

Telle ne fut pourtant pas l’attitude de Néhémie. En apprenant la misère dans laquelle ses frères se trouvaient, il s’humilie et prie (ch. 1). Il reconnaît personnellement le péché commis (v. 6-7), et rappelle à Dieu ses promesses (v. 8). Il demande l’intervention du Seigneur en sa faveur et celle de Son peuple (v. 11). Et Dieu dispose les choses pour que le roi écoute sa requête (2:6). À ce propos, la Parole ajoute : « la reine était assise à son côté », allusion discrète, peut-être, à l’influence qu’exerce une épouse sur son mari.

Arrivé à Jérusalem, Néhémie s’en va seul de nuit, et, dans le silence sous le regard de Dieu, prend connaissance du triste état des choses (2:12-15). Dans son cœur, retentissait sans doute l’écho de la douleur de Jérémie lorsque l’Éternel avait « détruit la muraille de la fille de Sion, avait fait mener deuil au rempart et à la muraille : ils languissent ensemble. Ses portes sont enfoncées dans la terre ; il a détruit et brisé ses barres » (Lam. 2:8-9). De retour au milieu des chefs, Néhémie leur dit : « Vous voyez la misère dans laquelle nous sommes », mais il n’ajoute pas : c’est peine perdue ; au contraire : « Venez et bâtissons la muraille de Jérusalem, afin que nous ne soyons plus dans l’opprobre ». Et après qu’il leur a raconté comment Dieu est intervenu en sa faveur, ils disent : « Levons-nous et bâtissons » (v. 18). Telle est l’énergie de la foi dans un temps de ruine ; la patience et la persévérance devront s’y joindre pour que, faisant appel à la grâce de Dieu, ces hommes mènent à bien l’œuvre de restauration à laquelle il les appelait. Ésaïe 58:12 nous montre comment les générations (toi, et ceux qui sont issus de toi) peuvent coopérer dans cette œuvre (Néh. 3:12), au lieu de laisser un fossé se creuser entre jeunes et plus âgés, au grand profit de l’ennemi.

 

5.1   Le but

Quel est le but, la raison d’être d’une muraille ?

Le psalmiste voyait Jérusalem comme une ville « bien unie ensemble en elle-même » (Ps. 122:3). La muraille marquait cette unité, et en même temps séparait la ville de toute influence et mal extérieurs : Sécurité, force, protection, pour les habitants mais aussi pour le sanctuaire qui en était le centre. Remarquons (Néh. 7:1) que le service des portiers, des chantres et des lévites ne fut rétabli que quand la muraille eut été bâtie et les portes posées. Il n’était pas possible, le jour du sabbat, de tenir hors de la ville les marchands et les vendeurs de toutes sortes de marchandises qui n’avaient rien à y faire ce jour-là, s’il n’y avait la muraille et les portes, avec leurs battants et leurs barres pour les fermer. D’un autre côté, l’entrée était largement ouverte à tous ceux qui, dans la lumière du jour, voulaient venir habiter à Jérusalem (11:2).

Le peuple bénit tous les hommes qui s’offrirent volontairement pour le faire. La liste en est même conservée en détail, car Dieu se plaît à rappeler le nom et le souvenir de ceux qui désirèrent être près de son sanctuaire.

Nous pouvons rapprocher la pensée de la muraille de la « haie de protection » dont l’Éternel entourait Job (Job 1:10), haie de protection dont plus d’un enfant de Dieu a fait l’heureuse expérience. Combien il importe aussi, dans notre vie individuelle et collective, de ne pas aller au-delà de la limite fixée par Dieu : « Qui renverse une clôture, un serpent le mord » (Éccl. 10:8).

La muraille est aussi le lieu où se tiennent les sentinelles (És. 62:6). Vigilance pour que la ville soit avertie de toute approche de l’ennemi ; mais aussi attente du matin (Ps. 130:6), que la sentinelle peut annoncer avec joie : «Le matin vient », en y ajoutant l’avertissement, solennel pour ceux pour qui la venue de Christ signifiera jugement inexorable : «...et aussi la nuit » (És. 21:12). Alors viendra le jour où les sentinelles « exultent ensemble avec chant de triomphe ; car elles verront face à face » (És. 52:8).

 

5.2   Le fondement de la muraille

Il n’y avait pas de nouveaux fondements à poser ; Ils existaient ; il ne s’agissait pas de construire en deçà et au-delà, mais d’en revenir aux fondations du commencement et de les relever. Pas de nouveaux plans ! Malgré la ruine, il n’y a rien à changer au plan établi par Dieu. On aurait parfois la tentation de tout raser, pour recommencer à neuf. Telle n’est pas la pensée de Dieu.

Cette restauration ne pouvait moralement être fondée que sur l’humiliation, dans la conscience du châtiment mérité, mais aussi dans l’assurance de la grâce infinie de Dieu qui agissait en faveur de son peuple, pour lui redonner un peu de vie et restaurer ses ruines (Esd. 9:8-9).

 

5.3   Les matériaux

Si la Parole présente en détail les matériaux du tabernacle et du temple, il n’en est pas de même de ceux de la muraille. Les pierres se trouvaient sans doute encore sur place ; quant au bois nécessaire, Néhémie avait obtenu, selon que la bonne main de son Dieu était sur lui, une faveur spéciale de la part du roi (2:8). Il y avait donc partiellement de nouveaux matériaux (bois) et partiellement des anciens ; ceux-ci devaient être triés, les pierres séparées des monceaux de poussière (4:2), et sorties des décombres (4:10) ; travail fastidieux et pénible, mais que, sans se décourager, il fallait mener à bien (cf. 4:10 avec 14 et 15). « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil... » (Jér. 15:19).

La Parole met l’accent sur les portes, leurs battants, mais aussi leurs verrous et leurs barres. À quoi bon reconstruire une muraille sans porte ? Même si les battants étaient en place, quelle protection offraient-ils sans barre ni verrou ? (cf. 3:1 et 3:3, 15, etc.).

 

5.4   Les ouvriers

Néhémie s’étend longuement sur les divers ouvriers qui collaborèrent à la restauration de la muraille. Ils ne pouvaient être que des serviteurs de l’Éternel, des membres de son peuple (2:20). Les Ammonites, Moabites, Arabes et autres, n’avaient ni part, ni droit, ni souvenir à Jérusalem. D’aucune façon dans l’œuvre de Dieu, le croyant ne peut s’associer avec ceux qui n’ont pas la vie divine ou accepter leur appui (cf. Esd. 2:59, 62-63).

Chacun de ceux qui étaient revenus en Juda pouvait collaborer à la reconstruction. Nous y voyons travailler des individus, des familles, des habitants d’autres villes, des corporations de métiers, même des femmes. Très différents les uns des autres, de caractère, de situation sociale, de métier, ils collaboraient tous ensemble. L’important était la décision (« Levons-nous et bâtissons »), le cœur au travail (4:6), le zèle (2:18 ; 3:20). Il ne s’agissait pas de « regarder en arrière » (Luc 9:62), mais de parvenir jusqu’à l’achèvement (6:15).

Le grand sacrificateur et ses frères bâtissent la porte des brebis, mais ils en négligent, semble-t-il, les verrous et les barres (cf. 13:4-5, 7-9).

Les Thekohites montrent leur zèle en réparant deux portions de la muraille (v. 5, 27), « mais les principaux d’entre eux ne plièrent pas leur cou au service de leur Seigneur ». « Le mutisme et l’incapacité de tant d’enfants de Dieu dans le ministère, ne provient-il pas en grande partie de ce qu’au début, lorsque Dieu plaçait devant eux un travail à accomplir pour lui, travail requérant des efforts, de la persévérance, et le sacrifice de leur temps, ils ont préféré, comme les principaux des Thekohites, ne pas plier leur cou au service de leur Seigneur ? » (Néhémie, H. Rossier). Un faux sentiment de sa propre importance, ou comme on dit aujourd’hui, des complexes (qui ne sont souvent qu’un voile pour l’occupation de soi, la paresse ou le manque de zèle pour Dieu), retiennent trop de jeunes et aussi de plus âgés, de s’engager humblement dans le service que le Seigneur placerait devant eux. Il est plus facile de lever la tête que de plier le cou !

Des orfèvres, des parfumeurs réparent la muraille. Ils auraient facilement pu protester : leur profession les éloignait d’un tel travail, ils n’étaient pas faits pour la poussière des chantiers, ni pour y manier la pioche et la truelle. Des orfèvres, il nous est même dit qu’ils réparèrent une seconde portion, ensemble avec les commerçants (v. 32).

Les chefs ne se contentent pas d’ordonner la réparation, ils y travaillent eux-mêmes. Les filles de Shallum (v. 12) ne prennent pas avantage de la position de leur père pour se retirer en arrière, mais, au contraire, semblent s’en prévaloir pour collaborer activement. Telles Évodie et Syntyche qui avaient combattu avec l’apôtre dans l’évangile (Phil. 4), ou « Persis, la bien-aimée, qui avait beaucoup travaillé dans le Seigneur » (Rom. 16:12).

Plusieurs réparent « vis-à-vis de leur maison » (v. 10, 29, 30). Combien il importe que la séparation du monde et l’appartenance au peuple de Dieu soient soulignées dans nos demeures, alors qu’on préférerait parfois travailler à « l’autre bout de la muraille » plutôt que chez soi ! Éliashib, le grand sacrificateur, à l’encontre de ses frères les sacrificateurs (v. 28), ne semble pas s’en préoccuper beaucoup, puisque ce sont d’autres, un Mérémoth, qui répare une autre portion devant la maison d’Éliashib (v. 21). « Qu’ont-ils vu dans ta maison ? » (És. 39:4) disait le prophète à Ézéchias. Savons-nous fermer nos demeures à l’influence du monde ? Leur atmosphère est-elle marquée par « l’incorruptibilité d’un esprit doux et paisible » ? (1 Pierre 3:4). Les enfants y sont-ils heureux ?

La muraille une fois rétablie, un homme fidèle et qui craignait Dieu plus que beaucoup d’autres, fut établi chef du château fort, devant veiller sur les portiers (7:2-3). Apprécions les serviteurs que Dieu a placés pour veiller spécialement aux portes et qui, avec fidélité et dans la crainte de Dieu, accomplissent ce service important.

Lors de la construction du tabernacle et du temple, rien ne nous est rapporté en fait d’opposition de l’ennemi. Sous Zorobabel, elle se fit par contre sentir fortement au temps de la restauration du sanctuaire. Mais elle est particulièrement marquée lors du relèvement de la muraille de Jérusalem. Cette opposition ne souligne-t-elle pas l’importance que l’ennemi attache à cette muraille ? C’est la moquerie (2:19 ; 4:1-3), puis la colère (v. 7), la ligue et la guerre (v. 8). Il faut pour Néhémie et ses compagnons toute vigilance (v. 13, 18, 20, 23), l’armure (v. 17-18) et, par-dessus tout, la confiance en Dieu (v. 14, 20), pour les soutenir dans leur travail. « Souvenez-vous du Seigneur », et combattez pour les vôtres : vos frères (l’assemblée), vos fils et vos filles (les jeunes parmi nous), vos femmes et vos maisons (vos foyers) (v. 14).

Mais si l’opposition extérieure se fait menaçante (ch. 4), les difficultés intérieures suscitées par l’ennemi mettent aussi l’œuvre en péril (ch. 5). Comment répondre à l’effort de Satan pour diviser le peuple de Dieu ? La séparation n’y suffisait pas ; il y fallait l’amour fraternel témoigné pratiquement (5:10-12 ; 14 sq.).

L’ennemi ajoute encore les attaques personnelles envers Néhémie (ch. 6), et cela juste au moment où il allait poser les battants des portes (v. 1). La confiance en Dieu et l’humilité préservent ce serviteur de se couvrir d’opprobre.

Cette œuvre considérable semblerait avoir demandé beaucoup de temps ; mais Néhémie 6:15 rappelle que « la muraille fut achevée en cinquante-deux jours ». Quel zèle il y avait fallu, quelle collaboration de tous ceux qui y avaient œuvré ! Les ennemis mêmes durent reconnaître « que cette œuvre avait été faite de par Dieu » (6:16).

 

5.5   Qu’est-ce qui, dans la muraille, nous parle de Christ ?

Zacharie 2:5 nous dit : « Moi, je lui serai une muraille de feu tout autour ». Dans ce sens, la muraille, c’est Christ, celui qui veille sur son peuple et l’entoure de sa protection. C’est lui qui rassemble, qui sépare du monde (Jean 17:16, 19), qui reste le seul fondement.

En Ésaïe 60:18, les murs sont appelés salut et les portes louange. Ésaïe 26:1 précise : « Il a mis le salut pour murailles et pour remparts. » C’est ce salut qui a mis à part le peuple de Dieu et l’a placé à l’abri par l’œuvre accomplie par Christ.

Les portes pourraient rappeler celles sur lesquelles le sang de l’agneau avait été appliqué (Ex. 12). Le Seigneur Jésus, d’autre part, se présente lui- même comme étant la porte par laquelle les brebis entrent, porte où ne pénètrent d’ailleurs que ceux qui ont « lavé leurs robes » (Apoc. 22:14).

La muraille une fois rétablie, la dédicace en eut lieu avec joie ; parallèlement la Parole de Dieu reprenait toute sa place (ch. 8), et amenait le peuple à se séparer « de tous les fils de l’étranger » (9:2) ; des femmes étrangères (10:30) ; des Ammonites, Moabites et autres ennemis (13:1-2) ; et de ceux qui venaient troubler le repos du sabbat (13:16, 19 sq.).

S’il importe que le peuple de Dieu soit préservé du mal et de l’ennemi, combien il convient aussi, dans la période de la grâce en particulier, de ne pas se confiner à l’intérieur des murailles, mais d’aller au-dehors répandre le message de l’évangile « dans les rues et dans les ruelles de la ville... dans les chemins et le long des haies » (Luc 14:21- 23). « Envoyés dans le monde, mais pas du monde » (Jean 17:14-18), gardés par la Parole et le nom du Père, ceux qui aiment le Seigneur Jésus peuvent à la fois réaliser la séparation du mal, et le témoignage de la grâce envers les hommes perdus.

 

6                    La maison de Dieu

(Matthieu 16:16-18 ; Éphésiens 2:19-22 ; 1 Pierre 2:5 et 1 Corinthiens 3:9-17)

 

Jusqu’ici, nous avons considéré des édifices qui ne sont que des types et des figures de ce que Dieu a en vue. Maintenant, dans la pleine lumière du Nouveau Testament, se dévoile à nos yeux le mystère caché dès les siècles en Lui. Le rideau se lève sur l’admirable édifice de Dieu, sur ce qu’il a de plus précieux sur la terre, pour l’amour duquel son Fils bien-aimé a souffert jusqu’à la mort. Que nos yeux soient ouverts pour contempler ce que le Seigneur fait dans ce monde actuellement, — pour voir la maison de Dieu telle que Dieu la voit, telle que Dieu la bâtit, ce temple saint dans le Seigneur, qui s’élève progressivement jusqu’à ce qu’il soit achevé, et soit enlevé dans la gloire. Si la ruine de la maison de Dieu confiée à la responsabilité de l’homme, nous afflige et nous humilie, tournons toujours à nouveau nos regards vers la sainte cité, l’épouse de l’Agneau, telle qu’elle sera manifestée un jour, descendant du ciel d’auprès de Dieu.

La Parole emploie plusieurs images pour représenter l’ensemble des croyants, entre autres celle de l’épouse que Christ a aimée, pour laquelle il s’est livré lui-même (Éph. 5) ; puis l’image du corps, où est mise en évidence la relation des membres les uns avec les autres et avec la Tête, union vitale produite par le Saint Esprit ; enfin celle de la maison, habitation de Dieu par l’Esprit, qui donne l’idée de stabilité, de solidité sur un fondement ; la pensée de l’ordre et d’une construction selon un plan ; mais aussi d’un foyer où le chef rassemble les siens là où lui-même habite.

Dans le Nouveau Testament, la maison de Dieu est considérée sous deux aspects bien distincts. D’une part, l’édifice que Christ construit. En Matthieu 16, le Seigneur Jésus dit : « Je bâtirai mon assemblée et les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle » (v. 18). Pas de failles, pas de mauvais matériaux, pas de ruine dans un tel édifice. Tel il est considéré en 1 Pierre 2:5 : une maison spirituelle, composée de pierres vivantes. Mais, dans 1 Corinthiens 3, comme nous l’avons vu, il ne s’agit plus de l’édifice tel que Dieu le construit pour le ciel, mais d’un édifice visible sur la terre, dont la construction est confiée à l’homme, à des ouvriers qui n’apportent pas tous de bons matériaux.

Ce qui constitue la maison de Dieu sur la terre, c’est que l’Esprit de Dieu habite en elle (1 Cor. 3:16 ; cf. Actes 7:48). Elle est « une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éph. 2:22).

 

6.1   Quel en est le but ?

Pourquoi, en effet, Dieu laisse-t-il l’Église sur la terre ? Sans doute, en tout premier lieu, pour qu’elle le glorifie en glorifiant Christ. Puis pour donner à connaître aux principautés et aux autorités dans les lieux célestes la sagesse si diverse de Dieu (Éph. 3:10). Mais aussi, pour y offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ (1 Pierre 1:5), le fruit des lèvres qui confessent son nom. C’est là qu’est rappelé le souvenir de la mort de Christ et proclamée l’unité de son corps.

 

6.2   Quel en est le fondement ?

Après l’affirmation de Pierre en Matthieu 16 : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », le Seigneur Jésus déclare : « Sur ce roc, je bâtirai mon assemblée ». Pierre l’a très bien compris ; le roc n’était pas lui, Pierre, une pierre, mais Jésus lui-même, la pierre vivante, choisie et précieuse auprès de Dieu, la maîtresse pierre du coin. Fils du Dieu vivant, mort mais aussi ressuscité (Rom. 1:4). Le seul fondement est Jésus Christ (1 Cor. 3:11 ; Éph. 2:20) ; cette pierre de base est « précieuse pour Dieu » ; est-ce aussi pour nous qui croyons « qu’elle a ce prix » ? (1 Pierre 2:7).

Les apôtres et les prophètes (Éph. 2:20), conduits par l’Esprit de Dieu, ont mis en lumière la valeur et l’étendue de l’œuvre de Christ et ses résultats ; ils nous ont donné dans l’Écriture toutes les vérités fondamentales relatives à l’Église, mais ils ne sont pas, eux, la pierre angulaire.

 

6.3   Les matériaux

La maison telle que Dieu la construit, ne comprend que des « pierres vivantes » (1 Pierre 2:5). Des pierres n’ont, par nature, pas la vie ; elles sont œuvre de Dieu sans doute, et non comme les briques de la tour de Babel, œuvre de l’homme. Il a fallu les tirer de la carrière, les tailler, les porter, les mettre en place. Tout cela, dans l’érection du temple, les ouvriers de Salomon pouvaient le faire. Mais personne, sinon Dieu lui-même, ne peut les rendre vivantes, leur communiquer cette vie impérissable engendrée par la Parole qui seule les rend capables d’être placées dans Son édifice.

Lorsque la construction de la maison est confiée à l’homme, combien facilement il introduit des pierres qui « ont le nom de vivre » et sont mortes (Apoc. 3:1). Sous prétexte de former une communauté chrétienne, grouper ensemble de vrais enfants de Dieu et des personnes qui n’ont pas la vie, ne peut d’aucune façon être l’œuvre de Dieu. D’abord la rédemption, ensuite la demeure.

 

6.4   Les ouvriers

Le mystère caché dès les siècles en Dieu a été maintenant donné à connaître. Le propos des siècles (Éph. 3:11) a été révélé. Ce dont le tabernacle et le temple n’étaient qu’une ombre, ce « mystère du Christ », a été donné à connaître par l’Esprit. Dieu seul a conçu et donné les plans. Et comme nous l’avons vu, c’est lui, en première ligne, qui bâtit. Pensons aux mains du Seigneur qui façonnent chaque pierre, et la préparent pour l’édifice, en lui donnant la vie.

Mais Dieu a voulu faire l’honneur aux siens d’être ses collaborateurs ; privilège immense, grâce insigne, qui engage ceux qui y participent à donner leurs soins les plus attentifs à ce qu’Il aime tant sur la terre : « Que chacun considère comment il édifie ! » Non pas seulement les frères aux cheveux blancs, mais chacun, chacune ; tout frère ou sœur contribue à l’édification ou, au contraire, peut être instrument de Satan pour le mal. Il s’agit de « considérer comment » on répond à cette grâce d’être collaborateur de Dieu. Sans doute, le feu manifestera-t-il en son jour quel est l’ouvrage de chacun ; il y aura récompense ou perte. Mais dès maintenant, nous sommes exhortés à considérer comment nous édifions.

Il y a de bons ouvriers qui apportent de bons matériaux ; de bons ouvriers qui apportent de mauvais matériaux ; et de mauvais ouvriers qui corrompent le temple de Dieu.

Les bons matériaux sont l’or, l’argent et les pierres précieuses : ce que Dieu est, sa nature, sa justice ; la rédemption accomplie par l’œuvre de Christ ; les gloires variées de sa Personne. Mais il y a les matériaux sans valeur, quelque apparence qu’ils aient : bois, foin ou chaume. L’ouvrier lui-même sera sauvé, mais quelle perte lorsque sera brûlé ce à quoi on a dédié peut-être tant d’efforts ! Combien facilement se mêlent à l’ouvrage que l’on a pu accomplir des pensées charnelles, une attitude d’orgueil, un désir de se faire valoir, une apparence de piété sans la réalité correspondante. Bien plus grave encore est l’action de celui qui corrompt le temple de Dieu. Ceux qui sèment l’erreur, nient la divinité de Christ, sont des « menteurs » qu’il faut fuir, ne pas recevoir dans sa maison, dont il est nécessaire de carrément se détourner, et avec lesquels il ne faut pas discuter. Ils moissonneront ce qu’ils sèment, et seront eux-mêmes « corrompus ». Pierre ajoutera : «À de tels, l’obscurité des ténèbres est réservée pour toujours » (1 Pierre 2:17).

Encore une fois, comment édifions-nous ? Construisons-nous ou détruisons-nous ? Frères, sœurs, jeunes ou plus âgés, dans la vie de tous les jours, dans les relations fraternelles, dans la conduite de nos maisons, dans tout ce que nous apportons dans le rassemblement, travaillons-nous comme collaborateurs de Dieu ou comme instruments de l’ennemi ? Question infiniment sérieuse et grave dans un jour où l’adversaire fait rage.

 

6.5   La place de Christ

Il est le fondement, mais il est aussi le Chef (Col. 1:18) : « Qu’en toutes choses, il tienne, lui, la première place ». Il est l’Époux de son épouse ; il est le Seigneur de son assemblée ; il est aussi le Fils sur sa maison (Héb. 3:6). Sa table est la table du Seigneur. Il est aussi la pierre du faîte (Zach. 4:7), l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin.

Lui donnons-nous vraiment la place qui lui revient lorsque nous sommes réunis autour de lui ? Non pas invoquer son autorité pour, comme dit l’apôtre, « dominer sur des héritages » ; mais être ensemble, humblement « soumis les uns aux autres, dans la crainte de Christ » (Éph. 5:21). Par-dessus tout, n’est-il pas le centre ? Le centre des affections, le centre de l’adoration, le centre qui toujours attire et ramène à Lui.

Considérons la maison de Dieu telle que Dieu la voit. Dans la mesure où cela peut se réaliser, en un temps de ruine, dans la dépendance du Seigneur, et par son Esprit, conduisons-nous comme il faut s’y conduire, parce qu’elle est la maison de Dieu, l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité. Cela ne sera possible que si vraiment nous reconnaissons Christ comme seul fondement, seul Seigneur, seul centre.

Devant les ruines de la muraille, Néhémie aurait pu se décourager. Avant lui, Aggée avait pu dire, en considérant le temple en ruine : « Qui est de reste parmi vous qui ait vu cette maison dans sa première gloire, et comment la voyez-vous maintenant ? N’est-elle pas comme rien à vos yeux ? » Quand nous pensons à l’expression visible de la maison de Dieu, de tels sentiments ne remplissent-ils pas nos cœurs ? Humilions-nous devant la ruine que tant de siècles ont accumulée et de laquelle nous sommes co-responsables, mais ne nous décourageons pas. Écoutons le prophète qui répète : « Mais maintenant, sois fort... sois fort... soyez forts... travaillez ; car je suis avec vous, la parole et mon Esprit demeurent au milieu de vous ; ne craignez pas » (Aggée 2:3-5).

Par-dessus tout, écoutons la voix du Seigneur lui- même : « Moi je ne t’oublierai pas... Moi, le premier, avec les derniers je suis le Même » (És. 49:15 ; 41:4).

 

7                    La sainte cité

(Hébreux 11:10, 13-16 ; Apocalypse 21:9-22, 5 ; 21:2-3)

 

La sainte cité n’est pas le ciel, mais « l’épouse, la femme de l’Agneau ».

En esprit, avec Jean, nous sommes transportés sur une grande et haute montagne — non pas au désert où le voyant considérait la grande prostituée (17:3) — pour « voir » : « Viens ici, je te montrerai... et il me montra... et il me montra... et je vis... et je vis » (Apoc. 21:9, 10 ; 22:1 ; 21:1, 2).

Ce que les patriarches avaient contemplé de loin et salué, la cité qu’Abraham attendait, la patrie céleste, la cité préparée (Héb. 11), se dévoile devant nos yeux.

Scène symbolique, sans doute, qu’il nous faut commenter avec sobriété, conduits par le Saint Esprit, mais dont les images sont adaptées à ce que nous pouvons concevoir aujourd’hui.

Une « cité » : un lieu séparé et protégé, où se déroule la vie en commun. Mais pas une cité quelconque : « la sainte cité ». Jean, qui avait vu de près les souffrances du Seigneur à Gethsémané et sur la croix, Jean qui avait assisté de son vivant déjà au déclin de l’Église et en avait donné le triste tableau (Apoc. 2 et 3), Jean est appelé à voir et la gloire de l’Agneau et la gloire de l’Épouse, — ce que l’assemblée sera, ce pour quoi elle est formée dès maintenant.

Du verset 9 d’Apocalypse 21 au verset 5 du chapitre 22, nous avons la description de la cité pendant le règne (v. 24-26 et 22:2). Dans les versets 9 à 17, elle est vue de l’extérieur, ensuite de l’intérieur. Par contre, au début du chapitre, les versets 1 à 4 nous présentent l’état éternel dont aucun détail ne nous est rapporté. Une seule chose domine : la présence de Dieu, l’habitation de Dieu avec les hommes. Il nous est dit ce qui ne s’y trouvera pas : larmes, mort, deuil, cris, peines. « Dieu sera tout en tous » ; rien de plus ne peut être communiqué à notre état actuel de croyants (2 Cor. 12:4).

 

7.1   Le but de la cité

Il est certainement bon de manifester la gloire de Dieu et de l’Agneau (v. 23 à 24). Aujourd’hui les hommes ne peuvent voir Christ que dans les croyants, image bien imparfaite et souvent déformée ; mais alors, « les nations marcheront par sa lumière ».

Plus encore, comme déjà dit, le but de la cité est de manifester la présence de Dieu aux hommes. Dieu et l’Agneau en sont le temple. Ils la remplissent. Cette « habitation de Dieu » sera avec les hommes.

Suivant les traces de Celui qui l’a rachetée et formée, de Celui qui pour elle a souffert, la cité « descend » (v. 10 et 2). La Parole éternelle devint chair, révélant le Père ; dans la chair, Christ a souffert, mais il a acquis la bénédiction à tous ceux qui sont au bénéfice de son œuvre. Il est descendu pour être manifesté comme l’Agneau. À son tour, la cité descend, non pour partager un abaissement que lui seul pouvait connaître, mais pour apporter la bénédiction de Dieu aux hommes, manifester sa présence avec eux, faire briller sa lumière.

 

7.2   Le fondement de la cité

Dans la description de la sainte cité, la muraille tient une grande place ; il est question des fondements de la muraille, non de la cité (v. 14, 19-20). Sans la muraille, pas de cité. Sur ses fondements se trouvaient les noms des douze apôtres de l’Agneau : ceux qui, dans la Jérusalem terrestre, avaient été avec lui, avaient entendu ses enseignements, puis avaient vécu les premiers temps de l’Église et donné par leur ministère ses bases. Martyrs couverts d’opprobre, ils sont vus dans la gloire comme les fondements de la cité sainte. Pénétrant à l’intérieur, on constatait (v. 19) que les fondements de la muraille étaient ornés de toute pierre précieuse, non pas neuf pierres comme en Ézéchiel 28:13 pour la première création, mais douze pierres comme sur le pectoral. Douze pierres de couleurs diverses pour refléter les perfections variées du Seigneur. Christ — chandelier dans le tabernacle, lampe dans la cité — donne à chacun couleur et caractère pour refléter un rayon de Sa beauté. Il faut l’ensemble pour que les gloires diverses de l’Agneau apparaissent. Déjà pour nous parler de sa gloire morale, plusieurs évangiles ont été nécessaires ; dans leur ministère, Paul, Jean, Pierre, Luc, Marc, Matthieu ne reflètent pas les mêmes rayons, quoique tous parlent de la même gloire : diversité dans l’unité.

Ainsi la séparation dont nous parle la muraille est fondée sur ce qu’il y a de plus précieux aux yeux de Dieu, mis en lumière par le ministère des apôtres : les perfections variées de Christ.

 

7.3   Les matériaux de la cité

Douze portes y donnent accès : trois à l’Orient, trois au Nord, trois au Midi, trois à l’Occident. « Les douze portes étaient douze perles ; chacune des portes étaient d’une seule perle ». La perle (Matt. 13:45 à 46) nous parle de l’Assemblée telle que Christ l’a aimée, celle pour laquelle il a tout donné. De quelque côté que l’on s’approche de la cité, tous ceux qui auront affaire avec elle, auront conscience de la valeur de l’Assemblée pour Lui. Tirée du fond de la mer, des profondeurs où il est descendu lui- même, elle rendra à tous ce témoignage : « Ils connaîtront que moi je t’ai aimé... Afin que le monde connaisse que tu les as aimés comme tu m’as aimé. »

En pénétrant dans la cité par ces portes jamais fermées, on trouve « une rue, d’or pur comme du verre transparent ». La rue est le lieu de contact entre les gens, l’endroit où ils se rencontrent. Aujourd’hui ce contact est difficile parce que nous cachons tant de choses à notre prochain, et nous avons sans doute lieu de le faire ; mais alors tout sera pureté et transparence, communion sans ombre, entre tous les habitants de la cité. Communion que nous pourrions déjà maintenant réaliser dans une mesure, si nous marchions pratiquement davantage dans la lumière (1 Jean 1:7), et savions mieux confesser nos offenses à nos frères et leur en demander pardon. Les motifs et les mobiles cachés engendrent la méfiance ; dans la cité, tout cela aura disparu.

Pas de temple en elle. Le Seigneur Dieu le Tout- Puissant et l’Agneau en sont le temple. Le temple est lié à l’administration terrestre ; c’est un lieu réservé à quelques privilégiés, aux initiés, à ceux qui seuls ont accès au sanctuaire. Nous sommes encore dans le temps des « mystères », choses incompréhensibles à l’homme, mais révélées par l’Esprit au croyant. Il n’y aura alors plus de distinction ; tous entreront parfaitement dans les pensées de Dieu ; « nous connaîtrons à fond comme nous avons été connus ».

Plus de soleil ou de lune pour éclairer, mais une lumière répandue partout, « jaspe cristallin » (v. 11) (ce que Dieu est, pleinement révélé). Agneau qui est lui-même la lampe, gloire de Dieu qui illumine. La lumière du soleil laisse des ombres, mais le temps des ombres aura pris fin.

Le fleuve d’eau vive éclatant comme du cristal sort du trône ; ce fleuve nous parle du Saint Esprit (Jean 7:39), qui sera avec nous à jamais (Jean 14:16) et nous fera jouir pleinement des gloires de Christ.

Au milieu de la rue et du fleuve, deçà et delà (c’est-à-dire partout) était l’arbre de vie : Christ lui- même. Pas de chérubins pour en barrer l’accès ! Mais chaque mois, un fruit nouveau qui nourrira les rachetés d’une manière toujours fraîche. Les feuilles pour la guérison des nations, nous rappellent tout ce qui, pendant le règne, devra encore être « guéri » sur la terre.

 

7.4   Les ouvriers

Qui a construit la cité ? Pas des ouvriers nombreux comme pour le temple de Salomon, ou divers comme pour le tabernacle ou la muraille.

Dieu seul est l’architecte et le constructeur (Héb. 11:10). Ne pouvons-nous pas dire aussi que la cité a été construite par « le travail de son âme » ?

S’il n’y a qu’un seul constructeur, il y a beaucoup d’habitants. En Néhémie 11:1-2, il fallait du renoncement pour venir habiter à Jérusalem ; mais dans la sainte cité, qui ne voudrait demeurer à toujours ? Il n’y entrera aucune chose souillée, ni ce qui fait une abomination (idolâtrie) et un mensonge (1 Jean 2:22-23). Seuls y auront accès ceux qui sont écrits dans le livre de vie (Apoc. 21:27) et qui ont lavé leurs robes (22:14).

Mais que sont-ils, ces habitants ? Ils sont rois et sacrificateurs ; ils font partie de l’Épouse de Christ ; dans notre chapitre, ils sont « ses esclaves », c’est-à- dire ceux qui lui appartiennent, son nom étant marqué sur leur front ; privilège suprême, ils verront sa face. Après l’avoir longtemps sur la terre contemplé de loin par la foi, avoir parfois quelque peu entrevu sa gloire,

 

Leurs yeux contempleront,

Sur sa face adorable,

Du Sauveur, de l’Époux

La suprême beauté.

 

7.5   La place de Christ dans la cité

« Centre splendide de la sphère céleste », il en sera le temple, la lampe, l’arbre de vie, mais par-dessus tout l’Agneau, Agneau préconnu, Agneau manifesté, Agneau qui a souffert, Agneau glorifié, — à toujours il gardera ce caractère : c’est de Christ comme Agneau (non comme Seigneur) que, dans l’Apocalypse, l’Église est appelée l’épouse. Ici-bas, nous participons à la cène du Seigneur, nous prenons place à la table du Seigneur ; mais, dans le ciel, nous nous assiérons au banquet des noces de l’Agneau.

Dans la cité, nous retrouvons l’or et les pierres précieuses si souvent remarqués dans les types et les figures, mais l’argent manque. Plus besoin d’une image de la rédemption. Le Rédempteur lui-même est là, Agneau immolé au milieu du trône, centre éternel de la louange sainte, dont les blessures

 

Montrent à la fois

Les douleurs passées

Lamour de la croix.

 

Les douleurs sont passées, il n’en reste que le souvenir ; mais l’amour de la croix demeurera le même, à toujours.