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NÉHÉMIE

 

Paul FINET

 

Plan de lecture :

1      La déportation d’Israël et les fidèles

2      Résidu remonté à Jérusalem

3      L’autel rétabli sur son emplacement — substance du témoignage

4      Ressources en temps de ruine

5      La maison de Dieu

6      Néhémie, sa personne

7      Néhémie ch. 1 et 2

8      Néhémie ch. 3

9      Néhémie ch. 4 à 6

10    Néhémie ch. 8 et 9

 

 

 

1                        La déportation d’Israël et les fidèles

Arrivé à un certain moment, Dieu n’a plus pu supporter les péchés de son peuple Israël, et un châtiment d’une gravité exceptionnelle est tombé sur lui, c’est-à-dire sa transportation de dessus sa terre jusqu’à Babylone, bien loin de la terre de Canaan, où il a connu une captivité de 70 ans, ce qui correspond à la durée du premier grand empire que Dieu avait suscité sur la scène et dont il s’est servi pour châtier son peuple, c’est-à-dire l’empire Chaldéen. Daniel nous parle de cette succession de quatre empires du monde dont l’histoire n’est pas terminée aujourd’hui. La fin de cette histoire est terrible et la dernière phase de cette histoire est en train de s’affirmer dans ses prémices aujourd’hui même. Daniel avait été choisi et rendu intelligent par Dieu pour révéler à ce grand monarque Nébucadnetsar, ce chef de la première monarchie Gentile, le secret de la grande statue qu’il avait vue dans les songes de la nuit. Daniel, instruit par l’Éternel, peut non seulement rappeler à ce grand monarque exactement ce qu’il avait vu pendant les songes de la nuit qui l’avait profondément troublé, mais lui donner de la part de Dieu les explications. Il lui dit que cette impressionnante statue, c’est le pouvoir dans tout son éclat, pour lequel les hommes se dévouent, se dépensent sans compter afin d’en obtenir une petite parcelle. Toi, dit-il, tu es la tête d’or de cette statue, et Daniel continue en lui montrant les différentes parties de cette statue qui correspondent aux quatre empires qui allaient se succéder sur la scène. Remarquons que Daniel, jeune homme captif est fidèle à Dieu. Il aurait pu, en arrivant à Babylone, après avoir parcouru ces déserts dans des conditions effroyables, dire : « Maintenant, il ne me reste plus qu’une chose, c’est de tirer parti le mieux possible des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons ». Étant donné son rang familial, il aurait pu occuper un rang intéressant, profitable à la cour de ce grand roi.

Daniel a entendu, certainement, l’appel de Jérémie le prophète qui se trouvait sur la scène avant qu’Israël soit emporté en captivité, et qui était employé par Dieu pour essayer d’arrêter au dernier moment cette déchéance et éviter (parce que c’est une œuvre étrange de la part de Dieu lorsqu’Il doit châtier, un travail inaccoutumé — És. 28:21) ce châtiment qui pesait sur eux. Ce prophète Jérémie disait : « Qui veut engager aujourd’hui, son cœur pour le Seigneur » ? Au moment où tout s’écroule, toutes les structures de ce peuple allaient tomber par terre, le prophète pose cette question comme aujourd’hui, au moment où tout s’écroule autour de nous (la terre chancelle comme un homme ivre parce que sa transgression pèse sur elle) le Seigneur appelle de façon pressante : « Qui veut engager son cœur pour le Seigneur » ? soit pour venir à Lui, soit pour Le servir. Ce jeune homme (Daniel) a dit : « J’arrête mon cœur de ne pas me souiller avec tout ce que le monde peut offrir de si séduisant ». Ce jeune homme est donc employé par le Seigneur pour dire à Nébucadnetsar quelle sera la succession de ces empires alors que nous sommes à la naissance du premier de ceux-ci. Que reste-t-il à accomplir de toute cette grande statue ? Seulement la hauteur des orteils, tout le reste est déjà de l’histoire. Une pierre va se détacher sans mains du ciel, une pierre qui va frapper la statue dans ses pieds, c’est l’apparition du Seigneur qui va bientôt descendre du ciel et anéantir tous ses ennemis, il ne restera rien de cette statue, tout ce en quoi l’homme s’est exalté, est écrasé, détruit. Ésaïe montre que toutes les espèces de génie sont frappés par Dieu, et alors s’établit le règne de notre Seigneur Jésus Christ, le royaume éternel.

Après 70 ans de captivité, par Cyrus chef du royaume Médo-Perse, Dieu rend la liberté à ce pauvre peuple, les descendants de Juda et Benjamin. Dieu voulait faire remonter un résidu parce qu’il s’agissait de lui présenter, dans une dernière épreuve, Celui dont tous les prophètes avaient parlé, le Messie, qui devait entrer dans Sa maison pour y être accueilli. Ce résidu remonté rebâtit le temple à Jérusalem. Dieu nous a donné ces derniers récits de l’A.T qui nous amènent dans l’histoire du monde, le plus près du Seigneur. L’application est faite pour nous, c’est la fin de l’histoire de l’Église dans ce monde, comme nous avons dans ce livre la fin de l’histoire d’Israël (qui entraîne beaucoup d’applications pour nous). Dieu nous montre d’une part, ce que nous sommes, ce que nous devenons, la disposition générale à pouvoir garder ce que Dieu nous a confiés, et d’autre part, combien Dieu est fidèle dans tous les temps. Ces grandes réalités sont rendues manifestes dans ces livres, et elles nous concernent donc aujourd’hui, elles sont d’un très grand prix, un encouragement pour nous que les fins des siècles ont atteint (1 Cor. 10:11).

 

2                        Résidu remonté à Jérusalem

La première chose que fait ce résidu remonté à Jérusalem, c’est de se regrouper le premier jour du 7° mois, c’est-à-dire lors de la fête de la nouvelle lune ou des trompettes. Il y avait sept fêtes au cours de l’année Juive, et la fête des trompettes est la 5°. Que veut dire cette fête ? Que la lune recommence à briller, une nouvelle période commence pour Israël ; la 1° phase de la lune au 1° jour du 7° mois (ce sont des mois lunaires), le 1° quartier de la lune introduit une nouvelle phase de ce peuple et la dernière sans doute. Ils retrouvent le sens de leur unité indestructible car c’est la fête du rassemblement de tout Israël. Mais bien qu’ils ne soient qu’une faible partie des deux tribus, ce peuple s’assemble comme un seul homme à Jérusalem. Dès qu’ils seront arrivés dans cette ville, que vont-ils faire ? Que convenait-il de faire ? Sur le plan rationnel, c’est une ville complètement en ruines, il fallait établir ce qui était nécessaire pour la subsistance de ce peuple, mais la première de leur préoccupation, en arrivant, pour montrer qu’ils sont un seul peuple, c’est de se souvenir que pour Dieu, Israël est composé de 12 tribus comme il s’en trouvait la manifestation lors du 1° jour de ce 7° mois à la fête de la nouvelle lune ; ils célèbrent cette fête comme s’ils étaient tous ensemble autour de l’Éternel. La chose qui va parallèlement à celle là, c’est de rétablir l’autel sur son emplacement. Ils auraient très bien pu trouver un emplacement plus commode, mais ils commencent par dégager le temple de toutes ses ruines pour retrouver l’autel sur son emplacement.

 

3                        L’autel rétabli sur son emplacement — substance du témoignage

Cet autel est une image du sacrifice du Seigneur, de la croix de notre Seigneur Jésus Christ. L’application est, qu’au 19° siècle, Dieu a permis qu’un certain nombre de croyants soient délivrés de cette captivité Babylonienne moralement parlant. La chrétienté se partage en deux grands camps : l’Église Catholique Romaine et l’Église Protestante. Au siècle dernier, dans ces deux grandes professions chrétiennes, l’Esprit de Dieu a soufflé puissamment. Que trouvait-on dans l’une et dans l’autre ? Dans l’une l’homme était réduit dans un sens aussi restreint que possible quant à sa stature spirituelle, car tout dépend de l’Église (pas de salut hors de l’Église), celle-ci régissant tout pour le croyant : on devient enfant de Dieu et enfant de l’Église par le baptême. Dans l’autre groupe au contraire, par réaction à ce système qui engloutit l’individu pour ne lui laisser aucune liberté, il s’est établi un grand nombre de communautés religieuses établissant des règles selon leurs préférences et donnent à leur foi différents credo comme ils l’entendaient. D’un côté il y a une unité imposée par un chef, et à l’inverse une unité composée d’un fractionnement de communautés qui portaient des noms différents (Église Luthérienne, Calviniste, Réformée...). Dans ces milieux, l’Esprit de Dieu a soufflé et des croyants ont compris que ni dans un groupe ni dans l’autre, il n’y avait la réalisation de la pensée de Dieu quant au rassemblement de ses enfants. Dieu sauve et rassemble autour d’un centre. Ces chers croyants ont compris qu’ils ne pouvaient trouver ce que nous venons de rappeler comme promesses de la part du Seigneur, ni dans ce grand groupe, ni dans les groupes issus de lui à la Réforme. Dans des réunions marquées par des choses très émouvantes, l’Esprit de Dieu a opéré pour amener ces chers croyants à se retrouver, comme ceux remontés de la captivité Babylonienne, autour de l’autel, retrouvant les grandes vérités fondamentales qui avaient été complètement perdues de vue. Ont-ils la prétention de rétablir une Église quelconque ? Pas le moins du monde. Mais réalisant qu’ils n’étaient que des débris au milieu de cette ruine immense, ils ont réalisé qu’ils pouvaient se tenir sur le terrain immuable de la Parole de Dieu. Et loin de prétendre qu’ils étaient quoi que ce soit, leur enseignement se résume en deux phrases : notre témoignage est à l’unité du corps de Christ, car il y a un seul corps comme au jour de la Pentecôte ; ces chers croyants ont réalisé leur qualité de membre du corps de Christ et c’est comme tels qu’ils se sont retrouvés autour de la Table du Seigneur qui ne peut être dressée que sur ce seul terrain : le seul corps formé par le St Esprit ; Dieu ne reconnaît aucun autre corps formé par les hommes, alors même qu’il serait constitué de véritables croyants. Dieu ne reconnaît que le corps de Christ formé de tous les croyants et dont nous avons le symbole dans le pain de la cène que nous prenons ensemble, que nous commémorons ensemble à la Table du Seigneur où nous exprimons notre communion en qualité de membres du corps de Christ. Nous reconnaissons qu’il y a un seul corps formé de tous les vrais croyants à l’exclusion de toutes les dénominations établies par les hommes. Notre infidélité, les divisions de l’Église auxquelles nous avons tous contribué, n’ont pas pu ébranler le sûr fondement sur lequel reposent les privilèges des croyants. Nous n’avons pas pu ébranler cette vérité : « Dieu connaît ceux qui sont siens ». Il y a un seul corps, ce sont des vérités qui demeurent dans toute leur réalité, mais si nous sommes heureux de rendre ce témoignage à l’unité du corps de Christ, nous n’oublions pas non plus de rendre témoignage à la ruine de l’Église. Dans le livre d’Esdras, quand l’autel est rétabli sur son emplacement, et que l’on offre des holocaustes selon tout ce que Moïse avait enseigné de la part de l’Éternel, — car on revient à ce qui est établi dès le commencement, — ils se divisent en deux camps. Nous pouvons trouver, non pas peut être deux camps, mais dans le cœur des croyants les sentiments qui se trouvaient dans un camp et dans l’autre. Il y avait des personnes très âgées qui, en voyant le temple rebâti, versaient des larmes amères se disant : cette maison, comme elle est différente de la maison que nous avons vu avant qu’elle soit brûlée par Nebucadnetsar ; par contre, ceux qui étaient nés en captivité, qui n’avaient jamais rien connu de la maison de Dieu à Jérusalem, c’était un sujet de joie pour eux de se dire, enfin la maison de l’Éternel se rebâtit à Jérusalem. Nous allons pouvoir offrir des sacrifices, servir Dieu comme Il l’a ordonné depuis le commencement. Et on ne pouvait pas distinguer entre ceux qui pleuraient et ceux qui se réjouissaient. Pour nous, nous pouvons connaître ces deux sentiments : à la fois mener deuil sur la ruine de l’Église, il n’est aucun fidèle qui n’ait ces sentiments que le Seigneur ne manque pas d’approuver. Le Seigneur Lui-Même n’éprouve-t-il pas ce sentiment de tristesse en voyant son Église dans cet état de morcellement qui ne fait que s’accentuer, que s’aggraver de jour en jour. Quel est le croyant qui a quelque peu compris ce que l’Église est pour Christ, cette perle de si grand prix pour laquelle Il a donné sa vie en vue de l’acquérir (Christ a aimé l’assemblée et s’est livré Lui-Même pour elle), qui n’éprouve pas un sentiment de profonde tristesse en voyant cette Église complètement délabrée, divisée, toutes sortes de sectes plus pernicieuses les unes que les autres, et, d’un autre côté, quel sujet de joie de penser qu’au travers de toute cette ruine, il y a l’Église selon la pensée de Dieu, il y a un seul corps aujourd’hui, dans tout cet amas de décombres, formé de tous les vrais croyants, membres vivants ayant reçu le St Esprit. C’est un sujet de joie, de profonde reconnaissance, et nous pouvons connaître ces deux sentiments. Nous avons une ressource quels que soient les temps les plus sombres, ce qui ne peut jamais cesser, c’est l’activité du cœur de Dieu envers les Siens.

 

4                        Ressources en temps de ruine

Dieu manifeste Son cœur en envoyant les prophètes ; dans ces jours là, Il a suscité des hommes comme nous l’avons vu, Aggée, Zacharie, et Malachie un peu plus tard, pour être les porteurs de Sa Parole, pour encourager ce peuple dans le chemin des difficultés afin qu’ils demeurent fidèles. Nous entendons le Seigneur dire à chacun de ceux qui composent ce petit résidu quelques années plus tard (Aggée 2) : « Je suis avec vous », « Ma parole avec laquelle j’ai fait alliance lorsque vous sortîtes d’Égypte et mon Esprit demeurent avec vous ». Il est fait mention de trois ressources. Tout d’abord, « Je suis avec vous » ensuite « Ma parole est avec vous » et enfin « Mon Esprit est avec vous ». Que leur manque-t-il ? Malgré toute la ruine dans laquelle ils se trouvaient, le temps de faiblesse et tout ce qui pouvait les accabler de tristesse, que leur manquait-il ? Rien. Que nous manque-t-il aujourd’hui malgré la faiblesse de notre rassemblement, nos infirmités, tout ce dont nous souffrons, et tout ce qui peut nous décourager dans le chemin ? Nous avons la présence du Seigneur : « Je suis là au milieu d’eux ». Le Seigneur pourrait-il manquer à une promesse qu’Il a faite ? D’un autre côté, nous avons son Esprit qui forme et anime le corps dont nous considérons les effets, c’est une des bases de notre rassemblement. Nous avons toute sa Parole. Parole divine, propre à nous encourager, à nous consoler. Nous n’avons rien de moins que ceux auxquels le Seigneur s’adresse, et que leur dit-Il ? Malgré l’état de choses qui peuvent les décourager : « Soyez forts ». Paul dit : « Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ». Nous sommes faibles, sans doute, nous le reconnaissons, mais nous pouvons trouver de la force dans Celui qui ne peut manquer, dont le nom est Boaz (en lui est la force).

 

5                        La maison de Dieu

Nous avons une parole du Seigneur qu’il convient de rappeler et de préciser dans sa formulation. Aggée ch. 2 v. 8 : « La dernière gloire de cette maison sera plus grande que la première ». Pensez-vous qu’il soit juste de dire à peu près la même pensée, mais sous une autre forme que voici : « La gloire de la dernière maison sera plus grande que la première » ? Non, le Seigneur dit : « La dernière gloire de cette maison ». Pourquoi ? Parce que pour Dieu, il y a une maison, que ce soit au temps de Salomon, dans toute sa splendeur, grande et merveilleuse, un palais comme elle est appelée, ou que ce soit dans un jour de ruine ; pour Dieu c’est Sa maison, et il n’y en a pas deux. Quand le Seigneur paraîtra sur la scène, Il entrera dans la maison qui a été à nouveau très dégradée, et qui sera rétablie dans des proportions et dans un état remarquable par Hérode le Grand, les Juifs diront : « On a été 46 ans à bâtir ce temple » et comme le Seigneur était là, il était opportun, convenable qu’il soit richement orné pour recevoir Celui qui est le Seigneur du temple. Comment le Seigneur parle-t-il de ce temple ? C’est la maison de Son Père. Mais au moment où le Seigneur va s’en aller vers la croix, et que tout est consommé quant à ses rapports avec Israël, il dira : « Votre maison vous est laissée déserte ». Il dit à ses disciples, voyez cette maison remplie de fierté, les Juifs en étaient fiers et les disciples avaient entendu le Seigneur parler de la maison et de sa fin et lorsque cette maison apparaissait comme un véritable joyau, dans toute sa beauté, recouverte d’or et de marbre blanc, les disciples disent au Seigneur, regarde ce bâtiment, il leur répond : « Il ne sera pas laissé pierre sur pierre qui ne soit jetée à bas ». Et malgré les ordres formels donnés par Titus 40 ans plus tard pour épargner et conserver le temple, tout a été brûlé, il n’est rien resté, et encore aujourd’hui, les Juifs vont pleurer au pied du mur des lamentations, petit pan de mur qui reste de cette maison. Mais jusqu’au moment où le Seigneur la rejette, Il l’appelait toujours la maison de son Père.

Il n’y a jamais eu deux maisons de Dieu sur la terre. Remarquons qu’aux jours de Titus, quand elle a disparu de la scène, l’assemblée prenait la place de la maison de Dieu. Les vérités relatives à l’assemblée étaient connues, l’assemblée prenait la place d’Israël comme dispensation sur la terre, c’est-à-dire comme maison de Dieu constituée non plus de pierres matérielles, mais vivantes. Lorsque nous serons partis au ciel, que la maison de Dieu, le temple saint sera reçu en gloire au ciel, il y aura à nouveau une maison de Dieu sur la terre. Il n’y a jamais eu à la fois une maison matérielle et une maison spirituelle. Retenons donc cette expression : la dernière gloire de cette maison, alors qu’elle n’a plus rien de comparable avec ce qu’elle était au commencement.

Posons-nous la question : « Qu’est-ce que la maison de Dieu aujourd’hui » ? Quand on parle de l’assemblée, c’est la maison de Dieu. Sans doute, on peut supposer, même si on ne le dit pas ouvertement, que quelques-uns disent : « Au siècle dernier, c’était infiniment mieux, il y avait des frères ayant des dons remarquables, l’assemblée n’est plus ainsi aujourd’hui ». Le prophète semble dire : « Vous le pensez tout bas ; cette maison n’est plus rien ». C’est là qu’il vient corriger ces pensées. N’oubliez pas que la maison de Dieu, si misérable qu’elle paraisse dans son état extérieur, c’est LA maison de Dieu, il n’y en a pas deux. C’est la même maison qui sera remplie de gloire plus tard, c’est la même assemblée qui aujourd’hui se trouve dans des conditions de faiblesse, qui sera tout à l’heure sur la nuée. Depuis la Pentecôte, jusqu’à la nuée lorsque nous serons avec le Seigneur, c’est une seule et même maison, c’est l’assemblée de Dieu qu’Il a acquise au prix du sang de son propre Fils. Quel que soit son état extérieur, quelle que soit sa faiblesse actuelle, c’est l’assemblée chère au cœur de Christ, n’est-ce pas encourageant ? C’est une chaîne qui part de la Pentecôte et se termine sur la nuée, mais qui passe dans le lit de la rivière, nous ne la voyons pas, elle est sans doute dans la vase de la rivière, mais la chaîne existe.

 

6                        Néhémie, sa personne

Néhémie va survenir sur la scène beaucoup plus tard que les deux hommes qui étaient à la tête du peuple, Zorobabel et Joshua. Esdras va revenir avec un petit contingent du peuple, et 18 ans plus tard encore, un homme de Dieu, Néhémie, va paraître sur la scène pour remplir une tâche très particulière. Il y a des travaux de toutes sortes à accomplir et Dieu choisit des instruments appropriés, qu’Il qualifie pour répondre exactement aux besoins actuels.

Qui est Néhémie ? Nous ne connaissons pas du tout cet homme. Pourtant il parle beaucoup de lui-même, c’est une autobiographie. Il raconte tout ce qu’il a fait, tous les évènements auxquels il a été mêlé, mais nous sentons bien qu’il n’y a rien dans l’esprit de cet homme qui soit raconté en vue de le mettre en évidence. Il nous donne le nom de son père sans plus. Cet homme, 81 ans après le retour de la captivité, est encore jeune pour faire toutes les choses qu’il va énumérer. Il est né en captivité et n’a jamais connu Jérusalem ; il se trouve, par le fait de sa naissance, être occupé dans l’entourage immédiat du grand empereur de cette monarchie Médo-Perse ; il est échanson du roi, ce qui correspondrait, de nos jours, à ministre. Position importante et grandes possibilités dans sa vie de tous les jours quant à son autorité, aux capacités qui sont par devers lui. Il nous donne à connaître aussi, à côté de sa fonction importante, ce qu’il y a dans son cœur. Dans le chapitre 1, son frère revient de Jérusalem d’un voyage d’inspection, et la première chose que cet homme va demander à son frère, c’est de l’interroger sur les Juifs. Néhémie utilise un terme déjà employé à l’époque pour parler sous un vocable péjoratif. Cet homme connaît donc bien la situation des réchappés qui sont à Jérusalem, quant à l’opprobre général qui pèse sur eux, mais il ne connaît pas dans quelle situation exacte ils se trouvent. Il interroge donc ces personnes de retour et il apprend que les Juifs sont hélas dans une grande misère et dans l’opprobre. Si le temple a été reconstruit, la ville est encore en un monceau de ruines, et les murailles sont toujours renversées. Nous avons besoin d’une muraille, d’être séparés du monde pour éviter toutes les entreprises du monde. Cet homme, en apprenant dans quel état se trouve Jérusalem, que va-t-il faire ? La première chose que nous entendons de lui : « Je m’assis et je pleurai, et je jeûnai ». Cette attitude nous remplit d’admiration de la part d’un homme de cette condition. Son cœur est à Jérusalem, mais quand il apprend l’état de ce pauvre peuple, ce qui concerne les Juifs, il s’assied, il pleure, il mène deuil, et va présenter à Dieu une prière qui nous touche beaucoup. Une courte confession de tout le mal auquel il n’a pas participé, mais qu’il prend sur lui-même comme Daniel, et en même temps, il fait un appel à la grâce de Dieu.

 

7                        Néhémie ch. 1 et 2

Au premier chapitre, il montre son cœur.

Au deuxième, il montre sa foi.

Maintenant, il paraît devant le roi. Son cœur est triste, et il ne peut pas empêcher que son visage reflète les sentiments qu’il éprouve. Le roi a bien vite discerné que celui qui l’approche se trouve dans une position douteuse. Que se passe-t-il ? Se tramerait-il quelque complot avec quelques comparses ? L’attitude de cet homme, sa manière d’être, les traits de son visage ne sont plus les mêmes. Le roi pose tout de suite la question à Néhémie, et vous savez que dans ces jours là, le roi a droit de vie ou de mort ; pour un oui et pour un non, la tête de Néhémie serait tombée de ses épaules. On comprend la crainte de cet homme, et intérieurement il crie au Seigneur pour être épargné et vous voyez comment Dieu honore ses serviteurs : Néhémie expose franchement ses soucis, son désir relatif à Jérusalem, il lui dit : je voudrais retourner là-bas, dans cette province à l’extrémité de l’empire. Ce roi a dû se dire, mais mon serviteur devient fou, il est ici à Suze, à Babylone, entouré de luxe, de tous les avantages que le pouvoir peut conférer à ceux qui approchent le trône, et voilà qu’il demande à retourner dans la province lointaine pour aller s’occuper dans une ville où il y a les sépulcres de ses pères. Mais Dieu incline le cœur des rois comme des ruisseaux d’eau. Voilà la réponse du roi : « Que demandes-tu » ? Cet homme a une prière intérieure fervente, et il va recevoir tout ce dont il a besoin.

 

8                        Néhémie ch. 3

Dans le chapitre 3 nous avons son activité.

Il se met à l’œuvre et il va donner une impulsion remarquable à tous ceux qui l’entourent. Tous bâtissent la muraille, hommes et femmes de toutes conditions. Il y a dans ce chapitre un exemple remarquable d’activités pour le Seigneur et pour la sainte ville de Jérusalem afin qu’elle soit porteuse de murailles et que sa séparation soit effective et qu’une barrière sérieuse, infranchissable à toutes les entreprises du dehors soit posée. Combien de temps ont-ils travaillé et à quelle période ? Pendant les mois de Juillet et Août où la température est torride. En combien de jours ? La muraille fut achevée le 25° jour du mois d’Ellul (Août), en 52 jours. Cet immense travail a été accompli en 52 jours ! Cela tient du prodige. Ils travaillaient depuis le lever de l’aurore jusqu’à l’apparition des étoiles. La moitié d’entre eux tenaient des piques. Pendant ces 52 jours « ni moi, ni mes frères, ni mes jeunes hommes, ni les hommes de la garde qui me suivaient nous n’ôtâmes nos vêtements, chacun avait son arme à la main ». Ces gens travaillaient avec une ardeur extraordinaire et sans se dévêtir. Il n’est pas besoin de dire quelle épreuve cela devait représenter pour ces gens qui travaillaient en pleine chaleur, transpirant, mais leur ardeur était telle qu’ils n’ont pas enlevé leurs vêtements pendant 52 jours aux mois les plus chauds de l’année.

 

9                        Néhémie ch. 4 à 6

Dans le chapitre 4 nous avons son énergie.

Cet homme qui avait un rôle administratif peut entreprendre n’importe quelle chose et il réussit. Il est tout-à-coup capitaine d’armée, architecte bâtisseur, régisseur de tout une ville, il se place à la tête de ce peuple pour mille choses, et dans toutes les activités qu’il remplit, bien que n’étant pas préparé pour toutes, il réussit très bien.

Chapitre 5 : Son désintéressement.

Chapitre 6 : Sa fermeté.

Les ennemis qui étaient là au temps d’Esdras ne les ont pas laissés rebâtir le temple et l’autel sans intervenir ; ils viennent au contraire leur dire, nous sommes dans les mêmes dispositions que vous, nous voulons vous aider ; qu’aurions-nous dit ? Que pensez-vous qu’il soit souhaitable de dire à ces personnes qui paraissent si désintéressées ? Oui, nous allons unir nos efforts et vous allez travailler avec nous, nous serons heureux de recevoir votre collaboration. Au contraire ces Juifs disent : « Vous n’avez rien à faire avec nous dans ce travail ». Ils pourraient paraître d’une prétention extraordinaire. Ils ont compris à leurs dépens que Dieu est lumière, qu’il n’y a en Lui aucune ténèbres. Quand l’ennemi essaye de mélanger le vrai avec le faux, Dieu sépare d’autant plus ce qui est lumière d’avec ce qui est ténèbres. Mais lorsqu’ils sont démasqués, les ennemis montrent leur vrai visage : ce sont les ennemis du peuple de Dieu, et dans ce cas, ce sont ceux qui sont les plus proches d’Israël. Quels sont encore aujourd’hui les ennemis les plus fanatiques, les plus acharnés contre Israël ? Ce sont ses parents selon la chair, Amon, Moab, Édom. Il est parlé dans l’Apocalypse de « ceux qui se disent Juifs » à l’égard de Philadelphie, ceux qui prétendent être la continuation historique d’un témoignage établi par Dieu au commencement, mais qui n’est plus aujourd’hui qu’un vaste système ; ils prétendent être ceux qui sont fidèles, mais n’en portent aucunement le caractère.

Dans le chapitre 6, les ennemis essayent de deux manières de corrompre et de séduire cet homme. D’une part, ils l’invitent à venir se cacher dans le temple pour éviter un soi-disant danger qu’il court, ou au contraire à descendre pour travailler dans une vallée où il y a beaucoup d’artisans occupés à une multitude de travaux. Cet homme échappe à deux pièges : celui de l’étroitesse et celui de l’élargissement. Il ne veut pas s’enfermer dans le temple, c’est-à-dire dans un code de vérités étroit sans que le cœur soit engagé, car si nous sommes séparés, nous devons l’être pour le Seigneur, mais si nous avons à marcher dans un chemin étroit, c’est avec un cœur large, aimant tous les enfants de Dieu. Nous ne sommes pas un club fermé, tout véritable enfant de Dieu a sa place ici, à la Table du Seigneur.

Dans le chemin étroit où nous sommes engagés, nous avons besoin de l’expansion de la grâce de Dieu. Pour ne pas nous laisser rétrécir dans nos affections, nous avons besoin de l’énergie expansive de la grâce de Dieu qui se déploie au dehors. Néhémie ne veut pas pour autant, descendre dans la vallée où tous sont confondus dans des travaux communs et où les gens comme lui perdraient leur vrai caractère.

 

10                  Néhémie ch. 8 et 9

Au chapitre 8, ils sont au 7° mois, ils se regroupent, c’est le sentiment de l’unité que l’on retrouve comme dans Esdras dans le chemin de l’obéissance à la Parole de Dieu. Après avoir célébré la fête des Tabernacles, s’être réjoui, nous avons toujours besoin de revenir à ce qui est dès le commencement, comme eux ont retrouvé les privilèges qui avaient été abandonnés depuis les jours de Josué.

Nous avons les scènes du chapitre 9, les Lévites sont comptés : huit seulement. Il y en avait 24000 aux jours de Salomon. Quand ils remontent de la captivité, ils n’étaient que 74. Dans notre chapitre, huit Lévites sont nommés, ce n’est pas beaucoup ; ils étaient peut-être davantage, mais ici, pour célébrer l’Éternel, il y en a seulement 8. Trouvons-nous dans l’A.T une louange de ce niveau, bien qu’elle n’ait été servie que par 8 Lévites ? Ceci, pour nous encourager, pour nous dire que dans un temps de petites choses, la présence du Seigneur est telle que nous pouvons jouir autour de Lui, ne serions-nous que 2 ou 3 dans la plus grande faiblesse, des joies les plus hautes qui soient. Jésus Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Cet homme ponctue sa louange par : « Et toi tu es juste », c’est-à-dire conséquent, fidèle à toutes les promesses que tu as faites, rappelant que du côté de Dieu tout demeure dans sa réalité, dans sa richesse. « Tu es Le Même » avec les derniers comme avec les premiers, c’est un vrai nom que Dieu se donne à Lui-Même, immuable et juste.