[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | Centres d'intérêt ]

 

La Maison de l’Éternel (suite -2)

 

 

2 Chroniques 2:3-5 ; 2:9 ; 5:7, 11-14 — 1 Rois 6:7-9a ; 7:9-11, 16a, 19, 22

 

 

Paul Finet

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest — 29 11 1984

 

Table des matières :

1     Rappels de 1 Chr. 22

1.1      Fondement de la maison

1.2      Ce que David a préparé — les souffrances du Seigneur

1.3      Caractère de la maison

1.4      Centre de la maison

1.5      Un plan pour la maison

1.6      Le portique de la maison

1.7      Les maisons du portique

1.8      L’encouragement jusqu’à la fin — service, sacrificature

2     2 Chroniques 2:4

2.1      Que venons-nous faire dans la maison de Dieu ?

2.2      L’encens

2.2.1             Stacte

2.2.2             Coquille odorante

2.2.3             Galbanum

2.2.4             Un ouvrage d’art, un ouvrage de parfumeur

2.2.5             Faire fumer l’encens

2.3      Arrangement des lampes

2.4      Arrangement continuel des pains — La table

2.4.1             La table des pains de proposition

2.4.2             Les pains sur la table — un seul Corps, malgré la ruine de l’Église

2.5      L’holocauste

3     2 Chroniques 5:7, 12-14

3.1      L’arche entrant dans le temple

3.2      Héman descendant de Samuel — des sauts de générations

3.3      Les cantiques

3.4      Le plan de Dieu

3.5      Les lis au sommet des colonnes

 

 

1                        Rappels de 1 Chr. 22

1.1   Fondement de la maison

Hier soir nous nous sommes occupés de la Maison de l’Éternel et de ce qu’elle signifie pour nous aujourd’hui. Cette maison de l’Éternel construite aux jours de Salomon est une image de l’accomplissement des temps qui sont devant nous, lorsque le Seigneur établira son règne de paix, de justice, et que la maison de Dieu sera enfin édifiée à Jérusalem sur le fondement de la grâce, le Seigneur s’y trouvant. La gloire viendra dans cette maison pour la remplir comme Ézéchiel 43 nous le montre. Ce sera le bonheur pour Israël, un temps de paix pour toutes les nations.

C’est aussi une image de ce qu’est aujourd’hui la maison de Dieu dans laquelle Il habite par son Esprit, maison bâtie non plus avec des pierres de taille (1 Chr. 22:2), avec des pierres matérielles, mais avec des pierres vivantes (1 Pier. 2:5). Vous aussi, dit Pierre, « ….vous êtes édifiés une maison spirituelle… » bâtie à partir de pierres vivantes que le Seigneur ajoute les unes aux autres, à partir du solide fondement qu’Il a posé, Lui-même étant la partie essentielle de ce fondement, la maîtresse pierre du coin. Vous êtes édifiés sur le fondement des apôtres, des prophètes, Jésus Christ étant la maîtresse pierre du coin (Éph 2:20). Le temple de Salomon nous fait donc penser à ce qui se bâtit aujourd’hui, et à ce qui sera amené demain dans son stade final, le tout étant couronné ; car la maison bâtie par le Seigneur, sera couronnée dans un jour à venir par une pierre de faîte, et on s’écriera sur elle, en voyant cette maison : « Grâce, grâce sur elle » (Zach. 4:7 — car c’est Lui qui bâtira la dernière maison, la maison définitive). Tout sera en relation avec la grâce de Dieu, depuis le fondement jusqu’au couronnement.

Cette maison, elle se bâtit aujourd’hui, nous le répétons. Chaque croyant, chaque âme qui reçoit la vie de Dieu devient une pierre vivante, et est ajoutée dans cet édifice, qui croît, et se développe aujourd’hui, pour être demain ce temple saint dans le Seigneur (Éph. 2). Aujourd’hui, c’est une maison, une habitation de Dieu par l’Esprit. Demain ce sera un temple saint qui sera élevé, élevé dans la gloire, pour se trouver, selon le propos de Dieu, là où Dieu veut nous avoir pour jouir de Son repos, avec tous ceux qu’Il amènera devant Lui. Dieu se reposera dans Son amour (Soph. 3:18), c’est-à-dire Dieu n’aura plus un seul mot à dire : tout répondra aux vœux de Son amour. Dieu se réjouira dans le bonheur de tous les saints, dans la gloire de Son Fils qui sera là le centre éternel de la joie et de la louange de tous les rachetés, de quelque temps que ce soit ; aussi bien les saints de l’Ancien Testament, que les saints qui composent l’Église, et les saints qui demain passeront par le martyr et seront ressuscités au moment où le Seigneur établit son règne.

 

1.2   Ce que David a préparé — les souffrances du Seigneur

Nous avons vu ensemble, rapidement, que cette maison qui allait être bâtie ne pouvait l’être sur des sentiments humains, ni sur des dispositions humaines. David avait à cœur de bâtir la maison de l’Éternel, mais l’Éternel lui fait dire : « David ce n’est pas toi qui bâtira cette maison » (1 Chr. 22:8), quelque agréables et bons que soient ces sentiments. Ce n’est pas sur un fondement humain que Dieu peut bâtir ce qui est définitif, et éternel, ce qui répond à Sa gloire. Et David apprend en 1 Chr., à la fin du ch. 21 et au début du ch. 22, que c’était sur la base de la miséricorde qui triomphe, que Dieu allait pouvoir bâtir Sa maison, sur un fondement de justice : Dieu va pardonner à David, non pas en raison de son repentir, mais en vertu du sacrifice offert dans l’aire d’Arona le Jébusien, — car nous lisons (1 Chr. 21:27), que Dieu commanda alors à l’ange : « L’Éternel parla à l’ange, et il remit son épée dans le fourreau ». David a compris sur quel terrain Dieu pouvait faire grâce au coupable, car il était tombé dans un grave péché. Il a compris que c’était en vertu de ce sacrifice, que Dieu, tout en demeurant juste, pouvait pardonner le coupable et David dira « voici maintenant le véritable autel de l’Éternel et voici le fondement pour la maison de l’Éternel ». Et dans ce chapitre 22 que nous avons abordé hier, nous avons remarqué que tout a été préparé par David en abondance, nous avons cité quelques chiffres, et nous avons vu que ce que David prépare dans son affliction correspond aux souffrances de Christ, aux souffrances qui devaient être sa part, mais aussi aux gloires qui suivraient (1 Pier. 1:11). Car nous avons dans ce ch. 22:14, plus de 150 milliards d’euros. « Dans mon affliction, j’ai préparé » ce qui répond à des fortunes, des fortunes innombrables, pour nous parler des souffrances qui devaient être la part de Christ, mais aussi de tous les résultats glorieux qui sont maintenant notre part, que nous allons partager avec Lui . La gloire au plus haut des cieux est liée, chers amis, à la croix de Golgotha, et le ch. 5 de l’Apocalypse que nous avons cité place devant nous la scène céleste à laquelle nous allons assister. Qu’allons nous voir sur le trône ? « À celui qui nous aime et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang », nous allons voir Celui qui se tiendra là, qui a toute dignité, qui est comme le lion de la tribu de Juda, mais nous allons Le voir comme un agneau qui a été immolé.

 

1.3   Caractère de la maison

On a donc eu en premier, le fondement de la maison, ce que David a préparé, les peines qu’il a connues, ce qui nous parle des souffrances de Christ. Nous arrivons ensuite au caractère de cette maison. En 1 Chr. 22:19, nous avons vu brièvement que c’était le sanctuaire de l’Éternel dans lequel l’arche devait entrer. La maison de Dieu a un caractère essentiel que Dieu n’altère jamais pour qui que ce soit, et où que ce soit : c’est un sanctuaire, car « la sainteté sied à Sa maison pour de longs jours » (Ps. 93:5), et ceux qui participent à la joie de cette maison, qui y ont leur part, ont été rendus saints et agréables dans le Bien-aimé (Éph. 1:4-6) ; « nous avons été sanctifiés par l’offrande de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (Héb. 10:10), et le caractère essentiel de cette maison, que nul ne peut oublier, c’est un caractère de sainteté ; c’est-à-dire l’absolue séparation d’avec le mal. La sainteté c’est cela.

L’énergie de la nature de Dieu, a-t-on dit, c’est l’amour, mais les délices de cette nature, c’est la sainteté, c’est-à-dire d’être entièrement séparé du mal. Dieu nous a retirés du monde, nous a débarrassés de toutes nos souillures. Il a fait de nous maintenant des saints ; Il nous a rendus saints et agréables dans le Bien-aimé. Nous participons à la nature même de Dieu (2 Pier. 1:4) qui a ce caractère essentiel de sainteté. Ésaïe, le prophète, quand il se trouve devant cette manifestation éclatante de la gloire de Dieu, il entend les séraphins proclamer le caractère essentiel de Celui qui se trouve sur le trône : « Saint, Saint, Saint est l’Éternel des armées » (És. 6) ; et ce jeune prophète en sera impressionné pour toute la durée de son ministère, pourtant très long. C’est lui qui va nous parler du Saint d’Israël, et nous souligner ce caractère de Dieu à travers tout son livre ; car il a vu ce caractère de façon si impressionnante lorsque les séraphins eux-mêmes se voilaient la face et se cachaient les pieds devant l’éclat de ce trône. Ce trône était marqué par ce caractère essentiel de sainteté.

 

1.4   Centre de la maison

Nous avons donc vu le fondement de la maison, sa préparation (et à quel prix : les afflictions de David), et le caractère de cette maison, ainsi que ce que l’on y trouve : Quel est le centre de cette maison, quel est Celui qui en est le fondement, quel est Celui qui l’habite ? C’est l’arche de l’alliance de l’Éternel, Celui par qui, pour qui tout a été créé, et Celui par le sacrifice duquel Dieu a pu déployer toutes les pensées de son cœur en grâce envers nous.

Tel est donc le caractère de cette maison, et au ch. 28, il est rappelé que c’est en relation avec Salomon et sa gloire que cette maison devait être bâtie, non pas David. Le Seigneur lui dit : « David, tu as versé beaucoup de sang, ce n’est pas toi qui va bâtir cette maison mais c’est ton fils Salomon » dont le nom veut dire le Pacifique. La maison de Dieu est en relation précisément avec le triomphe paisible de Christ sorti vainqueur du sein de la mort, et qui est maintenant Celui qui bâtit la maison, Celui avec lequel cette maison se trouve étroitement associée.

Sur ce roc, sur la déclaration que tu viens de faire relative à ma personne, je bâtirai mon Assemblée, dit le Seigneur en Matt. 16. Et nous retrouvons dans l’épître aux Hébreux, ce passage de 1 Chr. 28 où l’Éternel dit : C’est Lui qui bâtira Ma maison, et Je Me Le suis choisi pour fils, et Moi Je Lui serai pour père. Auquel des anges a-t-il jamais dit : « Tu es mon Fils » ? — et l’épître aux Hébreux ajoute que c’est bien à Son sujet, le Fils, que Dieu a dit : « Je lui serai pour père et Lui me sera pour fils ». Nous citons ce passage de 1 Chr. 28 en attribuant à Christ ce qui est dit de Salomon, car nous comprenons bien que l’Esprit de Dieu avait en vue un bien plus grand que Salomon. « Je Lui serai pour père, et Lui Me sera pour fils » ; c’est l’une des sept gloires essentielles données par l’apôtre dans l’épître aux Hébreux pour souligner la dignité, la grandeur, la divinité de Celui qu’il place devant les Hébreux en disant qu’Il est le resplendissement de la gloire de Dieu, l’empreinte de Sa substance, Celui par qui Dieu a parlé — Dieu a parlé dans le Fils, — Celui par qui et pour qui tout a été créé.

 

1.5   Un plan pour la maison

Ensuite au v. 11 de ce ch. 28, nous lisons : « Et David donna à Salomon, son fils, le modèle du portique ». Il avait donc reçu de la part de Dieu ― nous le voyons aussi ailleurs ― le modèle de tous les ustensiles qui devaient être construits, le modèle de la maison. Dieu avait un plan pré-ordonné : l’Église, l’Assemblée, la Maison de Dieu était dans Ses pensées de toute éternité, mais c’était un secret caché jusqu’au moment où il a pu être déployé en vertu de l’œuvre de Christ, de Son ascension et de Sa résurrection. Un serviteur d’une classe exceptionnelle (Paul), a été suscité sur la scène pour nous donner la révélation de ce secret, le dernier que Dieu nous a donné, mais le plus précieux de tous parce que nous ne trouvons jamais dans l’Ancien Testament la moindre trace de l’Église, sinon en figures et en types comme dans les épouses des patriarches, ou dans Ève qui a été donnée à Adam à partir d’une côte prise d’Adam. L’Esprit de Dieu nous dit que Dieu bâtit Ève comme dans Matthieu 16 pour l’Église. Dieu bâtit une femme à partir de la côte de l’homme, qu’il avait prise de l’homme après avoir fait tomber sur lui un profond sommeil ; c’est ce qui est dit en Ésaïe 53 : « Il a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous ».

Si nous ne trouvons pas l’Église dans l’Ancien Testament, et que nous trouvons seulement des types, des allusions voilées, nous pouvons maintenant, par l’Esprit de Dieu, découvrir que Dieu voulait déjà nous parler de ce secret dès les premières pages de la Bible. Car en effet, c’est là que Dieu place devant nous des noces, les noces qu’il fait à Adam. La Parole de Dieu se termine par des noces que Dieu fait au dernier Adam, les noces de l’Agneau, qui correspondent aux noces d’Adam dans le début de la révélation.

 

1.6   Le portique de la maison

Dieu nous donne déjà des aperçus, voilés sans doute, de ce secret qui était caché dans Son cœur et qui a été révélé ; le modèle du portique en est un. Après nous avoir parlé de la maison, Dieu nous montre tout de suite comment entrer dans cette maison, et la première chose placée devant nous dans ce v. 11, c’est le portique : « Je suis la porte ». Nous avons considéré hier les dimensions de ce portique, sa largeur, sa hauteur impressionnante, le fait qu’il était recouvert d’or à l’intérieur, ses dimensions correspondant exactement à celles des grands chérubins. Nous avons vu que ce portique comportait pour nous des enseignements du plus haut prix.

« Je suis la porte » ; Celui qui parle ainsi était un homme abaissé, c’est Dieu lui-même : « moi et le Père, nous sommes un ». Les 20 coudées du portique en largeur correspondent au 20 coudées de la maison. Et avec les 120 coudées de hauteur du portique, — une hauteur qui amène la critique des gens compétents en architecture — nous comprenons qu’au-delà des conceptions humaines, Dieu veut nous parler de Celui qui est grand au-dessus de tout. « Il sera grand, et je lui donnerai le trône de David son père ». Notre Seigneur est grand. Vingt coudées de largeur selon la largeur de la maison, cent vingt coudées de hauteur pour montrer la grandeur de Celui qui est au-dessus de tous les cieux, et que nous rencontrons lorsqu’Il s’est anéanti Lui-même, lorsqu’Il s’est abaissé Lui-même, petit enfant emmailloté couché dans une crèche.

 

1.7   Les maisons du portique

Le modèle a été donné pour le portique et ses maisons, c’est-à-dire les maisons attenant au portique. Par le portique nous entrons, et il y a là plusieurs maisons. Il y a la maison de Dieu aujourd’hui, mais dans un sens étendu, il y a les saints de l’Ancien Testament, ainsi que ceux qui nous suivront encore sur la scène. Dieu nous dit dans l’épître aux Éphésiens (3:15) que toute famille nommée du Père est en relation précisément avec ce portique.

Ses maisons, ses trésoreries parlent des richesses insondables du Christ ; ses chambres hautes parlent de la position que nous occupons, une position de privilèges extraordinaires ; ses chambres hautes et ses chambres intérieures parlent de la relation si douce dans laquelle nous sommes introduits — comme ceux qui peuvent dire Abba Père, comme le Seigneur qui disait : « notre Dieu, notre Père » (« Je monte vers mon Dieu et votre Dieu, vers mon Père et votre Père » Jean 20).

 

1.8   L’encouragement jusqu’à la fin — service, sacrificature

Enfin à la fin du ch. 28, nous avons vu l’encouragement que David donne à Salomon, s’appuyant sur la connaissance et l’expérience acquises de tout ce que Dieu a été pour lui. David a 70 ans, et il peut dire « l’Éternel mon Dieu sera avec toi, il ne te laissera point ».

Nous avons cité ce passage, et avons insisté un peu auprès de nos jeunes amis pour montrer que Dieu sera avec ceux qui aiment Sa maison, comme David le dit ici : « Il ne te laissera pas, Il ne t’abandonnera pas jusqu’à ce que soit achevé tout l’ouvrage de la maison de Dieu ». Et nous avons insisté un peu sur l’ouvrage de la maison de Dieu, le prix qu’il avait pour le cœur de Dieu, et comment Dieu, parmi ceux qui se joignent à David, trouve à qualifier certains jeunes hommes de forts et vaillants, — non pas pour des actes de bravoure accomplis sur le champ de bataille mais dans le dévouement pour l’œuvre du service de la maison de Dieu. Ce n’est pas dans des actes en relation avec l’arc et l’épée que ce titre a été attribué, mais en vertu de l’autel, en vertu du service le plus élevé qui soit pour Dieu.

Nous avons rappelé que la sainte sacrificature consiste aujourd’hui à offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ ; c’est en d’autres termes le culte que nous rendons le dimanche matin, culte en esprit et en vérité comme le Père le désire (« le Père en cherche de tels qui l’adorent »). Nous avons vu que ce service si précieux, si élevé, a le pas sur tous les autres, car dans l’épître de Pierre chapitre 2, après avoir parlé de la sainte sacrificature, nous ressortons au-dehors ; c’est après avoir rempli ce service de la sainte sacrificature, que nous ressortons au-dehors pour annoncer, selon une sacrificature royale, les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière.

 

2                        2 Chroniques 2:4

2.1   Que venons-nous faire dans la maison de Dieu ?

Voilà où nous en étions. Cinq passages les uns à la suite des autres nous introduisent dans une série de vérités que nous venons de rappeler, pour arriver maintenant à notre ch. 2, et avancer un peu dans ce merveilleux sujet. Au v. 4 Salomon s’adresse au roi de Tyr pour lui dire : « voici, je bâtis une maison pour le nom de l’Éternel, mon Dieu ». Les étrangers sont associés à la construction de cette maison. C’est une maison de prières pour tous les peuples (És. 56:7), une maison grande et merveilleuse, dans laquelle — quel bonheur aujourd’hui, — Dieu amène et introduit tous ceux qui sont lavés dans le sang de l’Agneau. Il n’y a plus aucune exclusive à l’égard de personne, tous sont invités à entrer dans le privilège si grand, si précieux, d’être enfants de Dieu : « Dieu a renfermé tous, [Juifs et nations] dans la désobéissance afin de faire miséricorde à tous » (Rom. 11:32).

Dans ce ch. 2, qu’allons-nous faire dans cette maison ? Nous avons vu comment on y entrait, par le portique, qu’il y avait plusieurs maisons, qu’on jouissait d’entrer dans des chambres appelées les chambres hautes et les chambres intérieures, où nous jouissons de la communion avec le Père, touchant son Fils et avec le Fils touchant son Père. Mais outre cela que venons-nous faire dans la maison de Dieu ?

Voyez comme l’Esprit de Dieu nous instruit à travers des dispositions que Dieu donnait à son peuple dans l’Ancien Testament. Nous apprenons là des vérités d’un prix très, très grand. Le Nouveau Testament n’est-il pas caché dans l’Ancien, et l’Ancien n’est-il pas pleinement révélé dans le Nouveau ? Que venons-nous faire dans la maison de l’Éternel ?

 

2.2   L’encens

Tout d’abord au v. il y a cette activité de « faire fumer devant Lui l’encens de drogues odoriférantes ». C’est une autre manière de dire ce que nous avons essayé d’affirmer il y a un instant. Nous aussi nous venons pour nous présenter à l’autel d’or et faire fumer l’encens des drogues odoriférantes.

En quoi consistent ces drogues odoriférantes ? En Exode 30, Dieu invitait Moïse à constituer un encens pur, que personne ne pouvait utiliser pour soi-même. Il était exclusivement réservé pour Dieu. Il était constitué à partir de drogues, d’aromates des plus précieux qui soient.

 

2.2.1        Stacte

Le premier, c’est le stacte, et nous avons des écrits d’une très grande valeur rédigés sur les parfums du sanctuaire ; en lisant ceux-ci, nous apprenons que le stacte est le noyau d’une larme de la myrrhe qui a été réduite en poudre dans une étuve, en la chauffant, — pour nous montrer que la myrrhe est une image bien connue des souffrances de Christ. On obtient la myrrhe en blessant l’écorce d’un arbrisseau, et cette myrrhe qui est recueillie à partir de cette blessure, est chauffée dans une étuve et ce « cœur de la myrrhe », cette partie de la myrrhe ainsi chauffée dans l’étuve, s’appelle le stacte. C’est un parfum de très grand prix, — pour nous dire qu’il s’agit là de ce qu’il y a de plus caché, de plus profond dans les souffrances de Christ, que Dieu seul a pu sonder et connaître.

Vous savez qu’il y avait par exemple pour Moïse, dans le sacrifice de consécration, une part particulière pour lui, la poitrine du bélier de consécration (Lév. 8:29). Lorsque les sacrificateurs étaient introduits dans leur sacerdoce, notamment par le bélier de consécration, l’Éternel disait à Moïse : « ce sera là ta part, Moïse ». La part de Moïse, la poitrine du bélier de consécration, autrement dit, la part de Dieu dans ce que Christ a accompli, pour Sa gloire et pour notre salut ! Qui pourra apprécier la part de Dieu, la joie, la satisfaction, tout ce que Dieu a recueilli de gloire, de satisfaction dans l’œuvre de Christ ? « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie » (Jean 10) ; « obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix » (Phil. 2:8).

La part de Moïse, la poitrine du bélier de consécration, l’amour de Christ pour son Père, qui se déploie, qui se traduit jusque dans sa mort — c’est comme ici le stacte, une larme de myrrhe réduite en poudre dans l’étuve, ce qu’il y a de plus caché, de plus intime, de plus profond dans les souffrances de Christ, que nous ne pouvons pas sonder. Nous ne pouvons pas approcher plus loin que le jet de pierre, lorsqu’Il se jette sur sa face et que de son front découle une sueur comme des grumeaux de sang (Luc 22:41).

 

2.2.2        Coquille odorante

À côté du stacte dans les drogues odoriférantes, il y avait la coquille odorante, selon le passage d’Exode 30. C’était un encens composé, d’ouvrage de parfumeur, sans indication de poids ni de quantité, car tout est infini ; nous ne pouvons rien mesurer. On dit qu’il faut descendre dans les profondeurs de la Mer Rouge pour trouver ce coquillage particulier duquel on extrait un parfum de très grand prix, qui, associé au stacte et au galbanum, formai cet encens pur et salé et en même temps saint.

 

2.2.3        Galbanum

Le galbanum, en lui-même et par lui-même, répand une odeur âcre : c’est ce que Christ a été pour les hommes : rejeté et méprisé. « J’ai annoncé la vérité dans la grande congrégation, j’ai annoncé ta justice dans la grande congrégation, je n’ai pas retenu mes lèvres, ô Éternel, tu le sais » (Ps. 40:9). Mais on a dit que le Seigneur avait un démon ; on a dit « tu n’es qu’un Samaritain » (Jean 8:48). Il s’est trouvé tout le long de son chemin dans le mépris, comme nous le chantons quelque fois : « méprisé, haï, abandonné ». Christ a été dans un chemin solitaire, attirant sur Lui la haine des hommes, en raison de Sa fidélité et du témoignage qu’il rendait à la gloire de Dieu : « pour mon amour, ils m’ont rendu la haine » (Ps. 109 :5).

Le galbanum est donc ce qui illustre ce caractère de Christ, le témoin fidèle et véritable qui attirait sur Lui la haine des hommes. Ce galbanum a une odeur âcre, désagréable peut-être à elle seule, mais mélangé avec les autres substances, il forme cet encens pur, composé par un parfumeur, d’ouvrage de parfumeur.

 

2.2.4        Un ouvrage d’art, un ouvrage de parfumeur

Vous pouvez chercher, chers jeunes amis, dans le livre de l’Exode tous les genres d’ouvrages, et vous verrez que pour tout ce qui a trait à Christ, Dieu choisissait pour le réaliser un artisan d’une très grande compétence.

Par exemple, pour réaliser le voile de bleu, de pourpre d’écarlate, de fin coton, c’était un ouvrage d’art pour associer ces étoffes avec les chérubins. Quel ouvrage d’art incomparable que Sa personne, Sa divinité toute puissante, unie à l’humanité dépendante, à l’adorable humanité qu’Il a revêtue. Qui pourra rappeler, expliquer, concevoir cet ouvrage ? C’est un ouvrage d’art.

Les pierres étaient un ouvrage de lapidaire,

La grille de l’autel d’airain était un ouvrage de treillis.

Dieu demandait des capacités exceptionnelles à tous ceux qui étaient chargés de réaliser ce qui parle des gloires de Christ.

Et ici, l’ouvrage de parfumeur.

Il y avait aussi un ouvrage de tisserand, pour faire la robe de l’éphod, toute de bleu, avec l’ouverture comme une cotte de maille, afin qu’elle ne se déchire pas.

 

Dieu choisissait des gens d’une très haute valeur artisanale pour constituer de ce qui nous parle des gloires de Christ.

 

Ici c’est un ouvrage de parfumeur, quelqu’un de bien compétent dans l’art de peser, doser et mélanger les parfums. Et nous lisons que cet encens était salé, pur et saint : Qu’est-ce que Dieu veut nous dire par là ?

Eh bien, trois apôtres vont nous dire ce qu’est l’encens pur, l’encens salé, l’encens saint. Pierre, Paul et Jean vont nous donner l’équivalent de ces caractères, de ces attributs de l’encens c’est-à-dire : pas de péché en Lui, Il n’a pas commis de péchés, Il n’a pas connu le péché — Il était salé, Il était pur, Il était saint. Trois apôtres, dans trois phases d’une extrême concision affirment devant nous cette gloire de Christ : l’encens pur, salé, saint, tout entier offert à Dieu.

 

2.2.5        Faire fumer l’encens

Dans la maison de Dieu, la première chose de ce ch. 2 de 2 Chroniques, c’est précisément « faire fumer devant Lui l’encens des drogues odoriférantes ». Et si faiblement que nous le fassions, chers amis, n’est-ce pas ce que nous venons faire au culte ? Souvent, nous nous en tenons (nous le savons tous) à un niveau qui n’a que nous comme objet, ou en tout cas que nous comme occupation devant Dieu. Nous rappelons nos péchés, notre état misérable. Mais quelqu’un disait : Dieu le sait aussi bien que nous !

Pour quoi donc venons-nous au culte ? Essentiellement, nous devrions apporter des drogues odoriférantes. Pour illustrer par un passage de l’Ancien Testament, « vous raconterez à mon Père toute ma gloire » (Gen. 45). Nous devrions être à l’autel de l’encens, l’autel d’or, l’autel du culte, pour faire brûler cet encens qui monte jusqu’aux narines du Père, lui rappeler tout ce que Son Fils a été, tout ce qu’Il a été pour Lui lorsqu’il était un homme ici-bas et qu’Il a pu ouvrir Son ciel sur Lui pour Lui dire, au milieu de toutes ces ruines accumulées par l’homme dans ce monde envahi par la nuit du péché : « Voici mon Fils bien-aimé en qui mon âme trouve son plaisir ». Nous devrions être à l’autel d’or pour présenter à l’Éternel, à Dieu, toutes les gloires, toutes les grâces de Son Fils, — faire fumer l’encens des drogues odoriférantes.

 

2.3   Arrangement des lampes

Or en même temps qu’on faisait fumer l’encens, il y avait une occupation qui y était liée indissolublement, et que nous ne pouvons jamais oublier : le sacrificateur faisait en même temps brûler les lampes, et arrangeait les lampes (Exode 30:7). Les deux choses sont liées, nous ne pouvons pas présenter l’encens pur sur l’autel d’or, avoir un culte intelligent, un culte élevé à la gloire de Dieu sans nous occuper des lampes, sans marcher dans la lumière ; les deux choses sont liées.

 

2.4   Arrangement continuel des pains — La table

Nous lisons ensuite (2 Chr. 2:4) « pour faire fumer devant lui l’encens des drogues odoriférantes, et pour l’arrangement continuel des pains ». C’est une autre occupation dans la maison de Dieu, l’arrangement continuel des pains. Cette ordonnance est en Lév. 24. Chaque sabbat, comme chaque premier jour de la semaine pour nous, on renouvelait le pain de proposition. Sur la table d’or, il y avait deux rangées de six pains, douze pains.

 

2.4.1        La table des pains de proposition

Cette table d’or était constituée comme l’arche, de bois de sittim (parlant de l’humanité de Christ), et elle était recouverte d’or à l’intérieur et à l’extérieur. La hauteur de cette table correspond précisément à celle de l’arche : Il nous a élevés à la hauteur où Il est lui-même : « la gloire que Tu m’as donnée Je la leur ai donnée » (Jean 17). Sur cette table, dans le sanctuaire, dans le lieu saint du tabernacle, de la maison de Dieu, il y avait les douze pains rappelant que les douze tribus sont toujours maintenues dans leur unité devant Dieu, — soutenues par la table représentée par Christ.

À la table, il y avait un couronnement d’or : Christ est glorifié (« nous voyons Jésus glorifié, couronné de gloire et d’honneur » Héb. 2). Et outre le couronnement d’or de la table, il y avait un rebord pour tenir les pains : c’est l’éternelle sécurité de tous les croyants, sauvés pour l’éternité. Satan ne peut rien contre la position de sécurité du croyant :  « nous avons été rendus parfaits à perpétuité » (Héb. 10).

Il y avait un rebord à cette table pour tenir les pains là où ils étaient placés, et que lisons nous ? « À ce rebord il y avait aussi un couronnement d’or ». Un couronnement d’or à la table elle-même, et un couronnement d’or au rebord de la table qui tient les pains, — pour nous montrer à la fois notre sécurité, et la position que nous occupons. Comme Il a été glorifié, nous le serons tout à l’heure, et notre pauvre corps d’abaissement sera transformé en la conformité du corps de Sa gloire. « Comme Il est Lui, tels nous sommes » dans la pensée de Dieu, et pour Dieu, nous sommes déjà glorifiés comme le Seigneur va le faire lorsqu’Il va venir nous chercher. Pour Dieu, la chose est déjà faite, et nous retenons : d’abord le couronnement d’or de la table (la gloire de Christ quant à Lui-même, quant à la perfection de Son œuvre ; Dieu L’a élevé au-dessus de tous les cieux, L’a fait asseoir sur Son trône), mais aussi, au rebord de la table, en rapport avec les croyants, il y a également un même couronnement d’or.

 

2.4.2        Les pains sur la table — un seul Corps, malgré la ruine de l’Église

On arrangeait les pains, et renouvelait les pains chaque sabbat, — comme chaque premier jour de la semaine, en nous souvenant de la mort du Seigneur, nous rappelons qu’il y a un seul Corps. Quel que soit l’état de dispersion de l’Église, Satan n’a rien pu faire contre cette unité indestructible parce qu’établie et maintenue par un lien divin.

Nous avons été baptisés par un seul Esprit pour être un seul Corps (1 Cor. 12:13). L’unité extérieure sans doute a été perdue, quel sujet de consternation ! « Afin que tous soient un » : hélas ! ce que le Seigneur nous avait demandé de garder, tout est tombé par terre. Mais ce qui repose, chers amis, sur l’œuvre qu’Il a accomplie et sur la puissance impérissable qu’Il possède, Satan ne peut pas le détruire.

Aujourd’hui comme aux plus beaux jours de la Pentecôte, il y a un seul Corps et quelle que soit la ruine sans doute, nous mettons un voile sur notre visage comme la jeune fille lorsqu’elle voit son seigneur de loin (Gen. 24). Nous aimons à le rappeler, ne serions-nous que deux ou trois pour le faire, d’une part en nous unissant à tous les vrais croyants qui ont la vie de Dieu, qui ont reçu le Saint Esprit, et d’autre part en nous tenant sur le terrain immuable de la Parole de Dieu, à la table du Seigneur dressée sur le terrain du seul Corps de Christ, le seul que Dieu reconnaisse.

Nous ne pouvons reconnaître que le Corps de Christ formé par le Saint Esprit comme association des croyants sur la terre. Dieu ne reconnaît que cette seule association, ce seul organisme, formé, constitué par l’Esprit de Dieu.

Nous ne reconnaissons que ce qui est du Corps, et ce qui est de l’Esprit de Dieu. Cela veut dire que le témoignage est lié à ces notions, que nous avons reconstitué (ne serions-nous que deux ou trois, disait quelqu’un) ce que devrait être l’Église dans son entier, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Car dans cette localité, ne serions-nous que deux ou trois, eh bien, nous sommes l’expression locale de ce Corps de Christ dans lequel il ne peut y avoir aucune division.

À nous d’en tenir compte, pratiquement bien entendu ; car ce serait un mensonge d’affirmer que nous sommes un seul pain, un seul corps, et d’être divisés entre nous. Quoi qu’il en soit, les pains à placer en rangées viennent tout de suite après l’encens des drogues odoriférantes : voilà l’occupation des sacrificateurs. Nous ne pouvons pas nous souvenir de la mort du Seigneur selon 1 Cor. 11 sans réaliser en même temps l’enseignement de 1 Cor. 10.

Nous disons que nous ne reconnaissons que ce qui est du Corps et de l’Esprit. Qu’est-ce que cela veut dire ? Nous ne reconnaissons comme association entre les croyants que ce qui est formé par Dieu. Nous ne reconnaissons dans l’Assemblée que l’opération du Saint Esprit, aucune autre intervention de l’homme. Est-ce que nous avons le droit de désavouer tout le désordre de l’Église vue dans son caractère extérieur ? Qu’est ce que vous répondez à cela chers amis ? La question est posée pour chacun : que vais-je répondre ? Ai-je le droit de désavouer l’Église, la chrétienté dans son désordre immense et irréparable d’aujourd’hui ?

Nous serions tentés de dire oui. Or nous n’avons pas le droit de nous désolidariser, de désavouer cette chrétienté. Pourquoi ? Parce que nous en faisons partie et que nous avons tous contribué de près ou de loin à cette ruine. Comme nous avons à mener deuil ! Combien Daniel, Esdras, Néhémie ont mené deuil ! Aucun croyant de l’Ancien Testament approuvé par Dieu, aucun croyant de notre dispensation n’a été amené, s’il était quelque peu intelligent, à se désolidariser de l’Église.

Qu’est-ce que nos chers devanciers disaient en se réunissant ? « Notre témoignage est à l’unité du Corps de Christ », vérité fondamentale retrouvée au 19° siècle, — l’autel sur son emplacement (Esdras 3:3). Mais ils ajoutaient : « notre témoignage est à l’unité du Corps de Christ, mais aussi à la ruine de l’Église ».

Nous n’avons pas le droit de désavouer la chrétienté, parce que tous, nous avons participé à cette ruine. Il n’y a rien d’orgueilleux dans cette attitude, mais nous nous tenons à part de ce qui est une offense à Dieu, dans le sens que l’homme a voulu organiser, arranger ce qui était dévolu à Dieu. Ce que nous avons le droit et le devoir de désavouer, c’est tout ce que l’homme a fait pour masquer cette ruine, c’est-à-dire tout ce qui prend la place du Saint Esprit, et toute association qui se substitue à celle formée par le Saint Esprit. Cela, nous avons le droit de le désavouer ; et ne serions nous que deux ou trois, nous devrions reconstituer, à quelques uns, sur ce terrain immuable de la Parole de Dieu, ce qu’est l’Église, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être.

Chaque premier jour de la semaine, quand nous rompons le pain, nous voyons dans ce pain la totalité de tous les croyants qui à ce moment là se trouvent sur la scène. Nous ne trouvons jamais dans la Parole de Dieu que nous sommes membres de l’assemblée de telle localité, ou de telle autre localité. Être membres de l’assemblée de telle localité est un terme que l’Écriture méconnaît totalement. Nous sommes membres du Corps de Christ.

Chaque assemblée locale, si elle est réunie au nom du Seigneur sur le terrain de l’Écriture, en est l’expression si faible qu’elle soit : c’est ce qui établit la solidarité entre toutes les assemblées.

Chaque premier jour de la semaine nous nous souvenons de la mort du Seigneur ; et en même temps, nous exprimons la communion les uns avec les autres en qualité de membres du Corps de Christ, sauf que pour être à la table du Seigneur, il faut être un croyant, sans doute. Mais ce n’est pas tant en qualité de croyant, ce n’est pas seulement en qualité de croyant que nous nous réunissons pour rendre culte, mais aussi et inévitablement en qualité de membre du Corps de Christ possédant l’Esprit de Dieu.

Ce sont des vérités qui nous ont été rappelées, qui ont été remises en lumière, et qui sont aujourd’hui abondamment commentées dans beaucoup d’écrits. — Mais nous ne lisons plus. Quelqu’un disait : nos chers devanciers avait ces vérités dans le cœur, la génération qui a suivi a cette vérité surtout dans la tête, et ce cher serviteur de Dieu ajoutait (nous pensons qu’il n’a pas tort) : aujourd’hui où se trouvent ces vérités ? dans la bibliothèque. — Le réveil a commencé dans le cœur, ensuite dans la tête, et maintenant dans la bibliothèque ; et nous n’avons plus le temps de les lire, d’où la grande faiblesse qui ne cesse de s’accroître et qui nous a gagnée.

 

Mais vous voyez, chers amis, sans insister davantage, faire fumer l’encens des drogues odoriférantes et ranger les pains, deux fonctions précieuses entre toutes, dévolues aux sacrificateurs et qui s’exercent dans la maison. Quel ordre Dieu nous donne !

 

2.5   L’holocauste

En même temps (2 Chr. 2:4) « pour les holocaustes du matin et du soir, des sabbats et des nouvelles lunes ».

« L’holocauste » : Christ dans le don de Lui-même jusqu’à la mort. Nous venons rappeler à Dieu, non pas seulement que Christ est mort pour nous, mais que Christ est mort pour rétablir la gloire de Dieu, pour l’élever à un niveau incommensurable, donnant à Dieu l’occasion  de déployer maintenant toute sa grâce.

Et quelqu’un (JND) a dit que, dans sa mort, Christ a restitué à Dieu une moisson de gloire infiniment plus grande que celle que nous lui avons dérobée dans la création lorsque le péché est entré dans le monde. La gloire de Dieu : « Père, je t’ai glorifié sur la terre » (Jean 17), mais maintenant Dieu est glorifié aux dépens de son bien-aimé Fils, lorsque toute la colère tomba sur Lui, et que Dieu a déployé tous les droits de Sa justice et de Sa sainteté comme Il ne l’avait jamais fait jusque là.

Aux dépens de Christ qui descend dans cet abîme de souffrances indicibles ! Dieu est glorifié ! C’est « l’holocauste du matin et du soir ».

C’est pourquoi, chers amis, nous avons dès le commencement la mention de cet Agneau, Celui que nous allons voir comme l’Agneau. Mais Dieu en parle depuis le commencement, un agneau préconnu, l’agneau de la Pâque. Et chaque matin et chaque soir, il fallait offrir un agneau. Dieu nous montre, depuis le commencement, que Celui qui allait être vu comme l’Agneau, était dans Ses pensées ; Il est toujours dans Ses pensées — l’Agneau préconnu dès avant la fondation du monde. Et l’agneau chaque matin et chaque soir en holocauste est là pour rappeler, pour annoncer ce qui aurait lieu un jour lorsque le Seigneur dirait : « Père, l’heure est venue ».

Faire fumer l’encens, offrir des drogues odoriférantes, arranger continuellement des pains pour l’holocauste du matin et du soir, dans cette maison qui sera grande et merveilleuse…

 

3                        2 Chroniques 5:7, 12-14

3.1   L’arche entrant dans le temple

Voyons le dernier passage au ch. 5. C’est le sommet de l’histoire d’Israël. Il n’y a jamais eu d’heures semblables à celles là lorsque l’arche est amenée de dessous les tapis où David l’avait placée, pour pénétrer dans le temple, la maison grande, merveilleuse qui a été bâtie pour accueillir l’arche. Tous les sacrificateurs, tous les chantres, toute cette compagnie de musiciens, des instruments à cordes, des instruments à vent, des instruments à percussion, des chanteurs qui chantent de tout leur cœur d’une seule voix, quelle scène que celle-là ! Tous ces sacrificateurs vêtus de blanc, vêtus de byssus sonnant des trompettes lorsque l’arche pénètre dans le temple, portée par les lévites, quelle scène que celle-là ! Quelle scène lorsque Lui-même, Celui dont l’arche nous parle est entré au ciel, lorsque le ciel s’est ouvert pour accueillir cet Homme couvert de blessures, lorsque Dieu lui a dit : « Assieds toi à ma droite… » ! L’arche entre jusque dans le Saint des saints.

 

3.2   Héman descendant de Samuel — des sauts de générations

Ceux qui sont un peu chercheurs ne manquent pas d’être intéressés par les trois hommes de Dieu qui sont là, au-dessus de toute cette compagnie de musiciens et de chantres : Asaph, Héman et Jéduthun. On pourrait dire beaucoup de choses sur ces trois noms. Nous allons seulement attirer votre attention sur celui du milieu. Au-dessus de tous ces chantres, il y a Héman au milieu, Jéduthun d’un côté, Asaph de l’autre. Alors cet homme entonne les chants, et conduit tous ces chœurs et ces compagnies de musiciens, lorsque l’arche pénètre dans le temple. Vous voyez quel moment extraordinaire !

Quel est cet homme ? D’où vient-il ? Cela vaut la peine de rechercher. Et c’est un sujet de consolation pour les parents qui souffrent de voir certains de leurs enfants rester indifférents, ou refuser de suivre le chemin où leurs parents, et leurs grands parents ont peut-être marché (il y en a beaucoup aujourd’hui, et nous les comprenons, ces parents). Qui est cet Héman, Héman le chantre au-dessus de tous ? Et bien c’est très, très consolant.

Vous savez que Samuel a eu deux fils Joël et Abija, qui n’ont pas été fidèles. Samuel aurait voulu les introduire dans le service de Dieu, mais les anciens ont dit : « non, tous tes fils ne sont pas fidèles ; Samuel, ils ne marchent pas sur tes traces ; nous n’avons pas besoin de ces gens dans le service de l’Éternel » (1 Sam. 8). C’était un deuil pour Samuel.

Samuel n’a pas eu de joie avec ses fils, mais revenons quelques pages en arrière, et vous allez voir, chers amis, comme c’est consolant en 1 Chroniques 6. — On a tort de ne pas lire ce livre sous prétexte qu’il y a beaucoup de généalogies, de listes de noms ; c’est difficile, mais il y a de véritables perles ; et on fait des découvertes d’un très grand prix à travers ces paragraphes où il y a des noms, et des choses de toute beauté.

Voyez 1 Chr. 6:33 : « … des fils des Kehathites : Héman, le chantre, … ». Lévi a trois fils Guershon, Kehath et Mérari ; les Kéhathites ont été privilégiés, car élevés aux plus hautes fonctions. « Des fils des Kehathites, Héman le chantre… », et que lisons-nous de lui ? « …fils de Joël, fils de Samuel, fils d’Elkana… » ; nous connaissons bien ces noms.

Il n’y a pas de doute que c’est un fils de Joël, donc un petit-fils de Samuel, et un arrière petit-fils d’Elkana, dont l’histoire nous est racontée en 1 Samuel. Samuel a disparu de la scène depuis longtemps. Vous voyez son petit-fils : son père Joël était un homme quelconque et infidèle, mais la grâce de Dieu est telle que voilà maintenant le petit-fils de Samuel au-dessus de tous ces chantres ; c’est lui qui conduit cette louange portée à son sommet, jamais dépassée, jamais atteinte pour que l’arche rentre dans le Saint des Saints.

N’est-ce pas merveilleux que Dieu nous montre dans Héman un triomphe de Sa grâce ? — Alors que selon la nature, cet homme aurait dû être écarté, le voilà au contraire amené par la grâce de Dieu à un niveau si élevé.

 

3.3   Les cantiques

Alors cette scène de toute beauté se termine par la nuée qui vient remplir la maison, et la gloire de l’Éternel la remplissait. Le cantique qu’on chante, remarquez bien au milieu du v. 13, c’est le cantique de la louange millénaire : « … en louant l’Éternel de ce qu’Il est bon, parce que Sa bonté demeure à toujours, ... ». On retrouve ce cantique dans les Psaumes, et il sera chanté demain.

Une question : est-ce les seuls endroits où nous trouvons ce cantique, au début de ce temps glorieux de Salomon, et dans le jour à venir lorsque le Seigneur établira son règne ? Est-ce que ce sont les deux seules occasions où ce cantique a été chanté ? Qu’en pensez-vous ?

Nous pourrions dire : nous ne chanterons jamais avec une ferveur aussi grande que celle qui a été connue au commencement, lorsque l’Église est apparue dans ce monde. Les saints étaient un cœur et une âme (Actes 2), les assemblées étaient en paix, étant édifiées, la puissance du Saint Esprit agissant sans réserve (Actes 9:31), la maison et le Corps ne formant qu’un dans ces jours là.

Nous pourrions penser que nous ne pourrons jamais chanter à cette hauteur-là, que nous ne pourrons jamais chanter comme il en sera demain. Dans la gloire, bien sûr, ce sera la perfection. Mais remarquez, on a chanté ce cantique dans une occasion autre que le jour de Salomon et que le jour à venir où tout sera paix et gloire. Où et quand l’a-t-on chanté ? Eh bien, on a chanté ce cantique dans un jour de ruine, et l’on a chanté avec la même ferveur, avec la même joie, avec le même élan de cœur. Nous pouvons aujourd’hui chanter, nous réjouir dans le Seigneur malgré la ruine la plus complète de l’Église comme aux beaux jours du commencement. Ne nous laissons pas décourager sur ce plan.

Cette circonstance a eu lieu dans le Livre d’Esdras, lorsque la maison était brûlée. Cette belle maison avait été livrée aux flammes. Comme tout ce qui a été confié à l’homme, tout a été détruit ou a été perdu. Mais Dieu a permis qu’il y ait un petit résidu qui remonte de la captivité, que la maison soit rétablie, certes dans des proportions et des conditions bien différentes et bien inférieures à celles de Salomon. Les sacrificateurs chantent le même cantique, comme aux jours de Néhémie. On ne trouve pas une louange plus élevée que celle de Néhémie, à quelques-uns seulement, dans un jour de ruine, comme aux jours d’Esdras.

Nous pouvons retrouver, par la grâce de Dieu, la joie du commencement. Si nous sommes autour du Seigneur, rien ne nous manque, malgré tout ce qui est de nature à nous accabler d’autre part, et il y a un encouragement à penser que « célébrer l’Éternel car il est bon, car sa bonté demeure à toujours » a été chanté aux jours d’Esdras (3:11).

 

3.4   Le plan de Dieu

Enfin vous avez vu quelques mots intéressants au ch. 8:16. « La maison est préparée » : elle était préparée, Dieu a tout préparé dès avant tout siècle, Dieu avait pensé à cette maison.

« Nous avons été rendus saints et agréables dans le bien-aimé » (Éph. 1) ; « Dieu nous avait élus en Lui dès avant la fondation du monde » ; tout a été préparé jusqu’au jour où tout a été fondé : c’est le jour de la croix. Christ a posé le fondement impérissable à la gloire de Dieu, à notre salut, à notre bonheur, à l’existence de l’église, à la restauration d’Israël, à la révélation des nations, — tout a été fondé sur la croix, tout avait été préparé. Tout a été fondé, et tout sera terminé lorsque nous allons partir, et alors Dieu se réjouira dans l’accomplissement de tout ce qu’Il a conçu. Tout sera achevé.

 

3.5   Les lis au sommet des colonnes

Voyez comme chaque mot a une importance. Tout sera achevé un jour. Mais sans prolonger, il reste quelque chose que nous ne pouvons taire (ce serait trop regrettable). Dans 1 Rois 8, vous avez lu comment la maison est construite, c’est le côté de Dieu qui construit : pas de hache, pas de marteau, rien de l’homme. De même c’est le Seigneur qui construit selon 1 Pierre 2. Nous ne savons pas comment les choses se passent. Dans 1 Pierre 2, il est écrit : « vous qui êtes édifiés » ; par qui ?  le Seigneur ne le dit pas, c’est le côté de Dieu ; « Je bâtirai mon Assemblée » (Matt. 16). Mais que chacun qui édifie considère comment il travaille : c’est le côté de la responsabilité (1 Cor. 3).

Ici c’est le côté du Seigneur, la maison se construit. Mais en même temps il est dit que tout sera achevé, et l’un des ouvrages qui sera achevé, c’est l’ouvrage des chapiteaux avec une ornementation en fleurs de lis. Cela est du plus haut intérêt.

Nous ne l’avons pas trouvé tout seul ; un cher frère qui nous visitait, il y a peut être cinquante ans, aurait pu tenir toute la réunion rien qu’avec ce verset que nous avons lu ; on était suspendu à ses lèvres, et c’était profondément encourageant.

Il nous disait : les colonnes parlent de puissance, de grandeur, les deux colonnes Jakin (il établira, affermira) et Boaz, (en lui est la force). Ces colonnes avaient donc des chapiteaux, qui étaient ornementés en ouvrage de lis. Et nous lisons en 1 Rois 7:22: « sur le sommet des colonnes, il y avait un ouvrage de lis. Et l'ouvrage des colonnes fut achevé ». Il y avait un ouvrage de lis, et quand cet ouvrage de lis ornementant les chapiteaux a été terminé, il est dit  « l’ouvrage était achevé ». Qu’est-ce que cela veut dire pour nous ?

Je résume évidemment, car il faudrait bien du temps pour dire tout, mais il nous disait : où trouve-t-on le lis ? Du lis, le Seigneur dit : il n’y a pas de fleur plus belle dans sa simplicité, même Salomon dans toute sa gloire n’était pas vêtu comme l’un d’eux (Matt. 6).

Le lis, c’est l’image du croyant tel qu’il est devenu en vertu de l’œuvre de la croix, rendu saint et agréable dans le Bien-aimé, irréprochable, irrépréhensible, saint en amour ; rien ne peut être mis à sa charge, rien ne peut être reproché au croyant lavé dans le sang de l’Agneau ; il est tel que Dieu Lui-même ; il participe à la nature de Dieu, saint, irréprochable, irrépréhensible.

Le lis !  La bien-aimée dit : « je suis le lis des vallées » (Cant. des cant. 2:1). Elle exprime ce qu’elle est pour le cœur de son Bien-aimé. « Tu es toute belle, mon amie » (Cdc. 4:7) ; elle, elle dit « je suis noire » (Cdc. 1:5) — nous sommes noirs — « mais je suis agréable ». Si nous regardons ce que nous sommes, à l’état de l’Assemblée, nous disons : « je suis noir » ; mais le Seigneur nous voit selon Sa grâce, selon ce qu’Il a opéré, selon ce qu’Il a payé pour nous rendre tels qu’Il nous veut dans la gloire. Elle dit : « Je suis noire, mais je suis agréable », et Lui dit : « Tu es tout belle, mon amie » ; je suis le lis des vallées, répond-elle. Le lis si beau !

Mais je suis dans la vallée au milieu des épines, dit-elle (Cdc. 2:2), c’est-à-dire de tout ce qui afflige, de tout ce qui est une source d’afflictions, d’épreuves, de peines, de larmes que nous versons partout aujourd’hui, — le Seigneur mettant sa main sur nous pour nous faire sentir qu’il n’y a ici que des ronces et des épines (les conséquences du péché), et que notre maison, notre bonheur est là-haut.