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Genèse 49 v. 1 à 28 — Bénédiction de Jacob

 

 

Paul Finet

Les titres et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

Plan de lecture :

1     Le dessein de Dieu est de bénir, mais le jugement est inévitable

2     L’heureuse fin de vie d’un homme de foi

3     Ordre des tribus

4     L’ordre des tribus en Gen. 49

5     Benjamin et le jugement à venir

6     Ruben, Siméon, Lévi

7     Zabulon, Issacar et Dan

8     Gad, Aser, Nephthali : le résidu futur

9     Juda, Joseph

 

 

1                        Le dessein de Dieu est de bénir, mais le jugement est inévitable

En lisant le dernier verset (49:28), il vient à l’esprit de chacun ce que nous avons souvent entendu, savoir que la fin de Dieu, ce qui est selon son propos, c’est de bénir l’homme, c’est de bénir son peuple. Pour Dieu, le jugement répond évidemment aux nécessités de sa gloire, ne l’oublions jamais. Dieu se doit à lui-même de sévir contre le mal ; et le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, où le mal s’affirme chaque jour davantage, attire sur lui le jugement de Dieu. Ne supposons pas un seul instant que Dieu est indifférent, ou insouciant, et encore moins impuissant. S’Il attend, c’est parce qu’Il patiente, c’est parce qu’Il veut encore sauver des âmes. Mais il y aura un terme à cette patience, et lorsque nous prêchons l’évangile, nous ne pouvons jamais oublier ce ressort de l’évangile, que Dieu est un Dieu de jugement, comme le dit le prophète Malachie. Le salut qui est proclamé et prêché, c’est la puissance de Dieu en salut. Paul dit en effet : « l’évangile est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit » (Rom 1:16), envers tous, sans distinction. Mais le verset suivant (Rom 1:17) ne manque pas d’ajouter que « la colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété » ; en sorte que si d’un côté Dieu veut sauver, de l’autre le jugement sera d’autant plus sévère que les appels de sa grâce auront été pressants ; et les privilèges déployés devant ceux à qui Dieu les offraient, — privilèges des plus élevés, — entraîneront évidemment les jugements les plus sévères. Tel sera spécialement le cas des nations occidentales qui tout à l’heure vont se tourner contre le Seigneur, après l’enlèvement de l’Église, lors des événements dramatiques qui se passeront au cours de la crise finale, dont le dénouement est ce feu descendant du ciel (Apoc. 20:9). Il ne restera rien des nations, de leurs armées, de toutes leurs forces coalisées contre le Seigneur. Il est dit de la bête que son corps sera entièrement brûlé, il n’y aura pas eu dans l’histoire de jugement aussi terrible, aussi sanglant, que celui des nations occidentales de la chrétienté (Apoc. 19:20 ; 17:16). Mais on peut dire, excusez l’expression, « le jugement, si sévère soit-il, est un incident de parcours », car au-delà du jugement, Dieu accomplira toutes les pensées de son cœur, les pensées qu’il a conçues en lui-même, selon sa grâce, en vue d’amener l’homme dans sa présence heureuse et bénie, capable de jouir de lui, et en vue de l’amener là, dans sa présence, en vertu du sang précieux qui a été répandu. Cette vérité du jugement qui précède et qui ouvre le chemin de la bénédiction finale a été exprimée ainsi par un autre : « le vaisseau dans lequel Dieu doit déployer sa grâce doit d’abord être purifié par le feu, mais la fin de ce vaisseau, c’est que la grâce va le remplir » ; la terre entière sera soumise au Fils de Dieu, « la terre sera pleine de la connaissance de l’Éternel comme les eaux couvrent le fond de la mer » (És. 11:9). Chacun dans sa sphère, les nations et Israël, dans le monde habité à venir dont nous parlons, — chacun jouira de la bénédiction acquise par l’œuvre de la croix, car tout repose sur elle. L’accomplissement du propos de Dieu repose sur elle, et aussi ce que nous serons au ciel, avec tous les saints et au milieu d’eux : nous serons l’Église, l’Épouse au privilège si grand, incomparable. Ésaïe, à un moment donné, jeune prophète, s’écrie quand il entend le Seigneur prononcer des jugements terribles : « Jusques à quand ? » (És. 6:11). Cet homme avait bien compris qu’il y aurait une fin à ces jugements, et chacun peut voir comment le Seigneur répond avec tendresse à la question de ce jeune homme prophète. Il lui dit : à travers ces jugements, il y aura un résidu : « mais il y aura encore là un dixième et il reviendra » (És. 6:13), et il sera le noyau de l’Israël futur sur lequel la bénédiction reposera dans la mesure la plus riche qui soit.

 

2                        L’heureuse fin de vie d’un homme de foi

Passons maintenant au chapitre 49 ; Jacob y parle comme un oracle de Dieu. C’est un vieillard, qui va s’en aller ; il est sur son lit ; dès qu’il aura terminé avec ce que Dieu a placé devant lui, il sera « recueilli vers ses peuples » (49:33). La vie de Jacob se termine en apothéose ; c’est un coucher de soleil lumineux, bienfaisant, après une journée d’orage dans laquelle les éclairs, le tonnerre, les orages se sont déchaînés. Telle est la vie de Jacob. Dans l’épître aux Hébreux au chapitre 11, lorsqu’il est question de Jacob et de tous les saints de l’Ancien Testament dont Dieu nous donne l’histoire, il y a une chose extraordinaire : Dieu ne rappelle rien des fautes, des manquements si graves pourtant de ses serviteurs, ceux de Jacob notamment. Pourquoi ? Parce que la croix est un barrage qui ne laisse rien passer. Quoiqu’il en soit, Jacob est un homme de foi, un homme dans le cœur duquel la bénédiction promise par Dieu a eu beaucoup de prix ; quoi qu’il en soit, Jacob était cher au cœur de Dieu. « J’ai aimé Jacob » (Mal. 1:2), et l’épître aux Hébreux ne nous donne aucune faute de Jacob. Au contraire, elle nous fait assister à cette scène d’un vieillard qui va bientôt s’étendre sur son lit, s’en allant en paix ; et l’épître aux Hébreux nous le montre dans le caractère le plus élevé qu’il soit pour un homme, le plus précieux pour Dieu, — le caractère d’adorateur : « Il adora, appuyé sur le bout de son bâton » (Héb. 11:21)

Telle est la fin de Dieu pour son serviteur Jacob après, répétons-le, une vie remplie de toutes sortes d’égarements, de fautes ; mais la croix a tout effacé, et Dieu maintenant nous montre Jacob comme prophète : dans ses paroles à ses fils, dans les versets qui sont devant nous, c’est lui qui va nous donner l’histoire d’Israël toute entière, et au-delà de l’histoire d’Israël, l’histoire du monde. C’est extraordinaire, comment Dieu peut, en quelques mots, nous donner une histoire remarquable, qui est une prophétie sans doute au moment où Jacob la donne, mais tout ce qui s’est passé dans le monde depuis n’a fait que confirmer, point par point, tout ce que Jacob a dit.

On a noté que dans le livre des Psaumes notamment, Dieu se plait à dire qu’il est le Dieu d’Abraham, mais combien de fois ? Il ne faut pas que Dieu le dise beaucoup de fois : nous savons bien qu’Abraham était l’ami de Dieu (Jacq. 2:23). Dieu va le dire une fois (Ps. 47:9), et cela suffira pour que nous comprenions bien que Dieu avait des rapports étroits avec Abraham. Mais combien de fois va-t-Il nous dire qu’Il est le Dieu de Jacob, et que bienheureux est celui qui a le Dieu de Jacob pour son secours, autrement dit le Dieu de miséricorde ? Eh bien, Dieu va nous le dire neuf fois dans le livre des Psaumes : « J’ai aimé Jacob » (Mal. 1:3), — si dans ce passage il dit aussi : « j’ai haï Ésaü », c’est que Ésaü a été mis de coté, c’est un profane, c’est un incrédule.

Alors Jacob sur son lit appelle ses fils, — par un petit calcul on trouve que Ruben a 63 ans et Joseph a 57 ans ; tous les douze sont là autour du lit. C’est une scène impressionnant et solennelle quand un homme de Dieu quitte la scène présente, et qu’il donne ce qu’il a sur le cœur de la part de Dieu ; ce sont des paroles importantes, à bien retenir et à recevoir avec le plus grand sérieux. Jacob va nous parler de chacun de ses fils, avec cette vue prophétique extraordinaire qui plonge jusqu’au bout des collines éternelles, — vue que l’histoire va confirmer entièrement, même si Jacob ne l’a dit qu’en peu de mots. L’Esprit de Dieu nous aide à comprendre dans chaque affirmation, dans chaque proposition de Jacob, le sens réel, le sens étendu des paroles si belles et si concises.

Nous avons dans la Parole de Dieu au moins 22 fois la mention des fils de Jacob, et jamais dans le même ordre. C’est bien extraordinaire que Dieu nous donne 22 fois la liste des noms de la famille de Jacob : il en est ainsi car c’est une famille élue, une famille qu’Il a choisie, qu’Il a appelée à travers Abraham, et Il a voulu en faire la source d’un peuple qu’il voulait bénir. Pourquoi ? Est-ce parce que ce peuple était plus sage, plus intelligent, plus fidèle, plus pieux que tous les autres peuples ? Pas du tout. Il était le plus petit (Deut. 7:7), et il est le peuple le plus méchant de la terre. Il n’y a pas de peuple aussi abominable que le peuple juif, parce qu’ils ont dit « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants » (Matt. 27:25). Mais le propos de Dieu repose sur ce qu’Il est en lui-même, sur sa grâce qui surabonde là où le péché abondait, et ce peuple, le plus méchant de la terre, sera celui qui sera élevé au-dessus de toutes les nations, et c’est Moïse qui nous en donne la raison, le secret de cette disposition de Dieu. Pourquoi Dieu a-t-il agi ainsi à l’égard de ce peuple ? Pourquoi ce peuple est-il l’objet de la haine des nations depuis le commencement ? Pourquoi a-t-il subi tant d’outrages, tant de persécutions, a-t-il été l’objet de tant de pogroms, de tant d’essais de le réduire, de le faire disparaître de la scène, — témoins les fours crématoires de la dernière guerre ? Parce que c’est le peuple de Dieu. Par ailleurs Moïse nous donne la raison de tout ce que Dieu a fait pour ce peuple, — comme Il l’a fait pour nous, — c’est parce qu’Il les aimait (Deut 7:8). Il n’y a pas d’autre raison : c’est l’amour de Dieu envers ce peuple, comme envers nous, qui a conduit Dieu à agir comme Il l’a fait, en vue de la bénédiction qu’Il veut faire reposer sur eux, — comme Il veut nous faire partager notre bénédiction avec le Seigneur au plus haut des cieux, dans les conditions les plus élevées qui soient, étant approchés, introduits dans la Maison de Dieu comme des gens de Sa maison, concitoyens des saints (Éph. 2:19), et plus encore membres du corps de Christ, faisant partie de l’Église, son Épouse.

 

3                        Ordre des tribus

22 fois Dieu va nous parler des fils de Jacob. Nous ne pouvons pas citer ces 22 occasions, mais leur comparaison conduit à trouver des enseignements très profitables ; certaines particularités ne manquent pas de frapper, et à travers tout cela, qu’est-ce que Dieu veut faire ? Nous montrer quelque chose du Seigneur, nous parler du Seigneur à travers tout ce qu’il nous dit par Jacob, parce que depuis le commencement jusqu’à la fin, Dieu a devant Lui son Fils, sa gloire, tout ce qu’il a voulu faire pour Lui.

Chapitre 37:2 : « ce sont ci les générations de Jacob… » : Par qui allons-nous commencer quand Dieu nous raconte les générations de Jacob ? Il serait rationnel de commencer par le premier (Ruben). Or il est écrit : « Ce sont ici les générations de Jacob : Joseph ». Ah ! dites-vous, pourquoi les générations de Jacob commencent par Joseph ? Pour placer devant nous, en Joseph, un type si précieux du Seigneur, un berger, celui qui va souffrir, celui dont les pieds seront serrés dans les fers, celui qui sera haï par ses frères, jeté dans la fosse, mais qui sera tout à l’heure Celui devant lequel tous devront ployer les genoux, « Abrec » (qu’on s’agenouille ! 41:43).

Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié (Actes 2:36), et bon gré mal gré tout genou devra se ployer devant Lui (Phil. 2:10) comme ils ont dû se ployer devant Joseph. Ses frères, vingt ans après (Gen. 42), étaient loin de se douter qu’ils allaient rencontrer Joseph, et avoir affaire à lui. Comme vingt siècles plus tard, ils ont aussi été loin de penser, cette famille selon la chair du vrai Joseph que la rencontre allait avoir lieu avec Lui ! Vingt ans plus tard, ils vont se jeter devant lui, Juda le premier, la tribu de Juda ; Juda sera celui qui va se jeter devant Joseph, se prosterner devant lui. Combien de fois va-t-il dire « mon seigneur », « comme mon seigneur le sait » !  Il ne va pas cesser de l’appeler « mon seigneur ». Pareillement Thomas, quand il rencontre le Seigneur, quand il Le découvre, quand il découvre qu’Il est le Seigneur en réalité, ce qu’il n’avait pas discerné jusque là, — que va-t-il dire ? Que dira le résidu futur ? « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Puisque nous parlons de généalogie, tournons quelques pages du livre ; nous avons un autre exemple de ce genre au chapitre 6 de l’Exode, au v. 14. À la fin du verset 13, l’Éternel parle qu’Il a fait sortir les fils d’Israël du pays d’Égypte. Puis v. 14 « ce sont ici les chefs de leurs maisons de pères : les fils de Ruben », sur quoi nous sommes d’accord. Au v. 15 « les fils de Siméon » : c’est le deuxième, c’est encore correct. Le v. 16 poursuit la suite logique avec « les fils de Lévi », le troisième. Et tout à coup, nous avons au v. 26 « c’est là cet Aaron et ce Moïse… » ― car c’est de la famille de Lévi que Dieu va tirer Moïse et Aaron. Et encore un peu plus loin v. 27, « c’est ce Moïse, et cet Aaron… ». Dieu nous a donné Ruben, Siméon, Lévi, et dès qu’Il a placé devant nous Moïse, type du Seigneur dans ses droits royaux, et Aaron type du Seigneur dans sa gloire sacerdotale, nous avons beau chercher, il n’y a plus rien d’autre. Dieu arrête la liste dès qu’il est arrivé à ce Moïse et à cet Aaron, pour imprimer en nous les deux gloires essentielles du Seigneur que personne n’a réuni sur lui sinon Lui. Dans le prophète Zacharie, Il sera véritablement le roi, et véritablement le sacrificateur Melchisédec. Mais jamais aucun roi n’a été sacrificateur et jamais aucun sacrificateur n’a reçu la couronne royale, mais Lui reçoit ces deux gloires ; elles sont fondues ensemble et Il les porte à la gloire de Dieu, et pour tout le temps du royaume millénaire.

Vous voyez donc que les généalogies sont quelque chose de particulier. Dans leur ordre en tout cas, elles comportent un enseignement qu’il est certainement intéressant de chercher. Seulement c’est l’Esprit de Dieu qui doit nous guider, et ce n’est pas sans raison que Dieu change cet ordre, lorsque 22 fois il nous donne la liste des noms en en changeant l’ordre, différent de l’ordre chronologique.

 

4                        L’ordre des tribus en Gen. 49

Ici en Gen. 49, les premiers sont cités, dans l’ordre, puis cet ordre cesse d’être suivi. Dans ce chapitre, on a 4 fois 3 noms ; ils sont tous là, et Jacob va nous faire l’histoire de ces douze tribus, en les partageant en 4 séries de 3 noms.

À travers la première série de trois noms, Jacob va nous donner l’histoire passée d’Israël, que nous connaissons bien, et nous allons pouvoir vérifier la part de ce peuple au cours des siècles, comme Jacob l’a annoncé dans les trois premiers noms qui sont devant nous.

La deuxième série de trois noms, c’est leur histoire actuelle, elle se déroule encore sous nos yeux, et elle se termine d’une manière que l’Esprit de Dieu a situé avec la plus grande exactitude.

Enfin l’histoire à venir lorsque le Seigneur sera paru.

Cela fait trois séries de trois noms : passé, présent, futur. Et la dernière série de trois noms, c’est pour nous parler de Lui, c’est-à-dire de Juda, de Joseph et de Benjamin, trois types du Seigneur, chacun dans un aspect particulier : Juda dans la domination que Dieu lui a donnée au milieu de ses frères, domination qui s’étend au-delà de ses frères sur toutes les nations, — Joseph celui qui a souffert mais que Dieu a exalté, qui reçoit une épouse du milieu des nations. Quel type précieux ! — Et Benjamin, celui qui venge, celui qui se venge. Il est dit au verset 27 : « c’est un loup qui déchire ».

 

5                        Benjamin et le jugement à venir

Faisons une petite parenthèse : Qui est sorti de cette tribu et était véritablement un loup qui déchire ? Nous nous souvenons de Saul de Tarse. Il était issu de la tribu de Benjamin. Son caractère naturel était celui de son ancêtre : un loup qui déchire. Mais par la grâce de Dieu, qu’est-il devenu ? Un racheté du Seigneur, une brebis au milieu du troupeau, un père pour ses enfants, une nourrice pour ceux qu’il chérissait (1 Thes. 2), et un frère qui aurait donné sa vie pour ses frères, tout de suite si Dieu le lui avait demandé. Il se compare à un père, il se compare à une nourrice, et il se compare à un frère. Ce loup qui déchire est entièrement changé. C’est un loup qui déchire le matin où il dévore la proie ; le soir il partage le butin. Comment parle-t-il au jour de la vengeance ? c’est dans le prophète Ésaïe que nous allons comprendre la signification du matin et du soir dont Jacob parle en relation avec la vengeance exercée par Benjamin : un loup qui déchire et qui va se venger, et qui va venger l’outrage qui lui a été fait (Ésaïe 63).

En Luc 4:18-19, à la synagogue de Nazareth, le Seigneur donne ce que nous avons au début d’És. 61, mais Il arrête la citation exactement là où il le fallait (pourrions-nous nous en étonner ?). Il arrête la citation en disant « pour proclamer l’année de la faveur de l’Éternel » ; si le Seigneur avait continué, qu’allait-Il lire ? « et le jour de la vengeance de notre Dieu ». Ce jour, avec un matin, avec un soir, nous l’avons aussi dans le livre de la Genèse dans la bouche de Jacob, et nous allons voir ce qui se passe au jour de la vengeance. Mais remarquons : le jour de la vengeance d’un côté, et de l’autre l’année de la faveur de l’Éternel ; le « jour » est la petite période remplie de jugements sanglants, mais à coté de cela, et avant elle, il y a l’année de la faveur de l’Éternel ; elle n’est pas encore terminée puisque nous sommes encore là, et que l’Évangile est encore prêché et que Dieu appelle encore. Le Seigneur appelle encore quelques âmes pour les sauver, pour les arracher à la perdition éternelle. Un jeune homme, une jeune fille, peut-être quelqu’un de nos familles qui restent en arrière : il est encore temps maintenant pour entrer dans la jouissance de cette faveur de Dieu, afin d’être épargné de ce jour de la vengeance que ce loup qui déchire va exercer, car le loup, lorsqu’il a goûté du sang, ne peut plus s’en passer, il est insatiable ; c’est une figure terrible, solennelle.

Alors en És. 63, nous avons la chaleur de ce jour, ce qui va se passer en ce jour de la vengeance. Au verset 2, on lui pose une question : « pourquoi y a-t-il du rouge à tes vêtements, et tes habits sont-ils comme celui qui foule dans la cuve » ? (c’est une apparition effrayante) pourquoi tes vêtements sont-ils tout rouge comme celui qui a foulé dans la cuve ? le Seigneur répond : « J’ai été seul à fouler le pressoir, et d’entre les peuples pas un homme n’a été avec moi ; et je les ai foulés dans ma colère, et je les ai écrasés dans ma fureur, et leur sang a rejailli sur mes habits ». C’est un spectacle terrible, où le Seigneur se présente à nous tout couvert du sang de ses ennemis qu’il a foulé dans la cuve ; car Il ajoute au v. 4 « car le jour de la vengeance était dans mon cœur, et l’année de la faveur de Dieu, l’année de mes rachetés était venue ». Donc l’année des rachetés de l’Éternel, nous l’avons connue avant le jour de vengeance, — eux la connaîtront après. Pour Israël comme peuple, l’année de la faveur de l’Éternel, c’est le règne millénaire bienheureux auquel ils auront part ; elle est précédée par le jour du jugement ; et pour nous, la longue période de la grâce est suivie par le jugement. Nous comprenons bien cela, de sorte que le Seigneur, en citant Ésaïe 61, s’est arrêté à l’année de la faveur de l’Éternel, qui n’est pas terminée. Il n’a pas parlé du jour du jugement. « Je ne suis pas venu pour juger » a-t-il dit (Jean 3:17). Mais en És. 63, le Seigneur nous montre le jugement qu’il exécutera pendant un jour, le matin et le soir, et enfin, après ce jour-là, l’année des rachetés de l’Éternel commence : pour le peuple d’Israël, c’est le matin.

Alors le matin de Benjamin (Gen 49:27) est le matin où Il dévore la proie, et le soir Il partage le butin avec ceux qu’Il va s’associer à son règne : d’une part avec nous, puisque nous règnerons avec Lui, et d’autre part avec ceux qui sont appelés « les sages » en Daniel 12, le résidu qui sera converti, et sorti de cette nation apostate — ceux qu’Il appelle aussi ses frères sur la terre, ou son épouse terrestre si l’on veut ; c’est Jérusalem restaurée.

 

6                        Ruben, Siméon, Lévi

Nous avons rapidement ces noms dans leur ordre. Les trois premiers, avons-nous dit, c’est l’histoire passée : Ruben, Siméon et Lévi. Ruben, il y a une certaine convenance à ne pas insister sur cet homme, mais la Parole de Dieu donne les détails. Nous réalisons bien ce que nous sommes en nous mêmes, Ruben, c’est à dire qu’au fond de notre cœur, il y a la corruption, le péché, la propre volonté, et tout cela se traduit de deux manières, les deux grandes branches du péché : la corruption et la violence. Nous avons la corruption en Ruben, et la violence dans les deux frères Siméon et Lévi. Nous n’avons pas à insister, chers amis, n’est ce pas ; ce qui se passe aujourd’hui sous nos yeux, la corruption, la violence, — la décomposition morale de ce monde n’est-elle pas effrayante, et nous sentons bien que tout cela appelle le jugement.

« Les méchants sont comme la mer agitée… dont les eaux jettent dehors la vase et la boue » És. 57:20. Quelle vase infecte que la corruption morale de ce monde aujourd’hui, et la violence qui se déchaîne de toute part ! Voilà l’histoire de l’homme en quelques mots. C’est Ruben, c’est Siméon, c’est Lévi, — et ils ont tué des hommes, mais le sens profond nous amène à la croix, et c’est ce qui permet à de chers frères qui ont étudié ces chapitres avant nous, de dire « voilà où se termine l’histoire passée de ce peuple, elle se termine à la croix, ils ont tué l’Homme ». Jacob voit dans le lointain le spectacle de la croix. Ceux qui sont là autour de Pilate vont dire : « crucifie, crucifie le ». Jacob dans le lointain dit « ils ont tué l’homme » ; car au delà des hommes, c’est l’Homme que Dieu place devant nous, l’Homme Christ Jésus. Dieu était en Christ venant pour réconcilier le monde avec lui-même (2 Cor. 5:19) ; Il a voulu revêtir notre humanité sans tache, et profitant de Son abaissement, de Son anéantissement, les hommes ont rejeté l’autorité de Dieu et la grâce de Dieu tout à la fois, en le clouant sur une croix, et le plaçant au milieu de deux malfaiteurs, le Saint Fils de Dieu : ils ont tué l’homme. Voilà l’histoire de ce peuple.

L’histoire de l’homme, l’épreuve de l’homme ont été faites au milieu de ces choses, et le point final a été mis à la croix. Dieu consent alors à discuter avec l’homme. Il dit : Voyez, je possédais une vigne, j’ai fait ceci, j’ai encore fait cela, j’ai encore procédé à d’autres travaux et je n’ai obtenu que du raisin sauvage (És. 5:2, 4). La fin, c’est-à-dire « crucifie le », est déjà donné par Ésaïe. « Ôte devant nous le saint d’Israël » (És. 30:11), autrement dit « crucifie le », et Dieu dit « que fallait il encore faire pour ma vigne » ? Vous avez un remède à me proposer, je veux bien, je vous écoute, que pourrais je encore faire pour ma vigne ? Elle a produit du raisin sauvage. Que fallait-il encore faire ? — il n’y a plus rien à faire, tout a été essayé ; Dieu dit maintenant : « finissez-en avec l’homme, dont le souffle est dans ses narines » (És. 2:22). La croix de notre Seigneur Jésus Christ est la fin de l’histoire de l’homme, et la fin de toutes les prétentions à l’homme. C’est le chemin par lequel la grâce de Dieu s’ouvre après avoir fait table rase de l’homme : « Défrichez pour vous un terrain neuf, et ne semez pas au milieu des épines » (Jér. 4:3), « car quel cas doit-on faire de lui » (És. 2:22). La croix en est la démonstration la plus éclatante qui soit, dans ce peuple choisi, mis à l’épreuve, auquel Dieu avait donné les soins les plus attentifs : tout a été inutile ; la croix est le point final à cette histoire de Jacob qu’il place devant nous dans ses trois fils.

Quand ils ont vu l’héritier (Luc 20:14), Dieu a dit « voilà maintenant c’est ma dernière ressource » (Marc 12:6). Il les avait fait remonter de Babylone pour que la tribu de Juda, justement elle, la tribu royale, soit celle qui soit dans sa terre, dans sa capitale pour recevoir le roi, comme la dernière épreuve. C’est pourquoi Dieu fait remonter les cinquante mille de Babylone pour que cette dernière épreuve puisse être faite. Que feront-ils à mon Fils ? J’ai envoyé des prophètes, j’ai tout essayé, et puis maintenant « ayant donc encore un unique fils bien-aimé, il le leur envoya, lui aussi, le dernier, disant : ils auront du respect pour mon fils » (Marc 12:6). S’ils ont lapidé les prophètes, s’ils ont meurtri la tête à d’autres, s’ils en ont tué un grand nombre, pour « mon Fils » qu’ont-ils dit ? « Celui-ci est l’héritier ; venez, tuons- le, et l’héritage sera à nous » (Luc 12:7). Que sera-t-il fait à ces cultivateurs ? Remarquons en passant que Dieu fait prononcer le jugement par les Juifs eux-mêmes. En entendant cette parabole, ils disent : « Il viendra et fera périr les cultivateurs… » (Luc 12:9). Et bien, Juifs, pharisiens, vous avez prononcé votre propre jugement. Vespasien se met en route, et son fils Titus dans quelques années viendra faire le sac de votre ville, fera périr misérablement ces cultivateurs-là : plus d’un million ont perdu la vie, et on vendait, sur le marché d’esclaves d’Alexandrie, 30 juifs pour 1 pièce d’argent, et il n’y avait pas d’acheteurs.

Moïse avait dit à la fin du Deutéronome « Et l’Éternel te fera retourner en Égypte… vous vous vendrez… pour être serviteurs et servantes, il n’y aura pas d’acheteurs » (Deut. 28:68) et l’historien Josèphe nous dit qu’on offrait 30 juifs et on demandait seulement une pièce d’argent pour 30 Juifs esclaves, mais il n’y avait pas d’acheteurs. Le marché était saturé tellement il y en avait. Ils l’avaient vendu, le Seigneur, pour 30 pièces d’argent et eux étaient vendus par 30 pour une pièce d’argent. Le jugement de Dieu, les avertissements que Dieu donne sont solennels. Dieu n’est pas un homme pour mentir (Nomb. 23:19). L’histoire donc de ce peuple dans ces trois premiers fils est présentée et terminée. À la croix ils ont tué l’Homme.

 

7                        Zabulon, Issacar et Dan

Passons maintenant à l’histoire présente, actuelle. Passons par dessus Juda qui fait partie des types du Seigneur — une autre série particulière de trois. Nous venons alors à une autre série de trois, après Juda, dont le premier est Zabulon, le dixième dans l’ordre chronologique, et il est ici dans un ordre tout à fait différent, parce que Dieu veut attirer notre attention sur trois fils, Zabulon, Issacar et Dan. Issacar est le neuvième et Dan le cinquième. Dans cet ordre de Gen. 49, ces trois fils nous présentent l’histoire actuelle de ce pauvre peuple, qui va se terminer de la façon la plus effrayante qui soit, nous allons le voir ensemble.

Le premier Zabulon logera sur la côte des mers, sur la côte des navires. Ce que Dieu nous donne dans sa Parole, c’est l’histoire contemporaine placée devant nous. C’est un peuple de marchands, de navigateurs, les grandes compagnies maritimes leur appartiennent. Dans leur génie commercial, ils ont des comptoirs partout, ils sont installés partout. Ce sont des marchands d’une habileté exceptionnelle, extraordinaire ». « C’est un marchand ; la fausse balance est dans sa main… » dit le prophète Osée 12:8. Les grandes affaires maritimes, leur commerce à une échelle extraordinaire, nous sont présentées dans Zabulon occupé avec des navires qui vont sur la mer. C’est une source de profits, une source de richesses extraordinaires pour eux. Première chose. C’est donc un peuple habile dans l’art de régler les grandes affaires commerciales.

Autre chose verset 14 « c’est un âme ossu, qui couche entre deux parcs ». C’est un âne. Ce n’est pas un âne maigrelet ; ossu, cela veut dire au contraire qui est bien fort, qui est robuste, et il trouve que le repos est bon (49:15). C’est l’histoire actuelle, récente de ce peuple qui prend exemple dans notre pays. Ah ! ils ont trouvé que le repos était bon. Il était possible d’être Juif et français à la fois, et on pouvait s’identifier avec les nations, se confondre avec elles, se reposer au milieu d’elles, grâce au commerce, grâce aux affaires, qui étaient prospères. Tout à coup, dans ce ciel serein, voilà un coup de tonnerre extraordinaire, ― nous nous rappelons chacun l’affaire Dreyfus ―, ils se sont ressaisis et ont compris qu’il n’était pas possible, d’être Juifs, et français, et allemands et ainsi de suite, qu’il n’était pas possible de trouver le repos au milieu des nations, car au sein d’une nation aussi libérale que la France, ils ont réalisé, par un drame épouvantable, que leur sort était bien précaire, d’où le sionisme et tout ce qui s’est passé depuis.

Évidemment Dieu était derrière la scène, nous comprenons bien que tout cela est conduit par Dieu. Nous ne pouvons pas comprendre tous les rouages des affaires que Dieu conduit par Sa providence. Dieu ne nous a pas révélé le secret de Sa providence, mais ce que nous savons bien, c’est que cette providence règle le cours des événements et, quelquefois, d’une manière tout à fait inattendue, incompréhensible, et apparemment contraire à ce que nous estimerions devoir se passer. Mais Dieu voit le but, Il conduit toutes choses jusqu’au moment où la providence cessera, et elle cessera lorsque la prophétie va se déclencher ; car maintenant il n’y a pas de prophétie — c’est la parenthèse de l’Église qui va se fermer — mais, Dieu conduit les choses par Sa providence, et tout-à-l’heure elle va cesser pour faire place à l’accomplissement des prophéties.

Ce seront alors des événements commandés directement du ciel, qui d’une manière publique manifesteront que Dieu rentre en scène. Actuellement c’est d’une manière cachée, sauf que cet âne ossu, qui était robuste et qui avait profité du repos des nations, tout à coup, il a bien réalisé que ce n’était pas possible, et dans les dispositions qu’ils ont prises — vous le savez bien — le sionisme a commencé à faire sentir ses effets dès ce moment là, pour arriver en 1947 au rétablissement de cette nation, laquelle n’a fait que s’affirmer depuis. Mais comment cette histoire se termine-t-elle ?

Au v. 16 « Dan jugera son peuple comme une autre des tribus d’Israël ». Vous voyez, ils sont revenus dans l’enceinte ancestrale de leur terre. Ils ont un territoire, un pays, une capitale, une armée, un parlement, un gouvernement. Ils sont redevenus une nation indépendante, chose qui n’avait plus eu lieu depuis 26 siècles. « Dan jugera son peuple comme une autre des tribus d’Israël ». Ils seront comme une autre des tribus, c’est-à-dire qu’ils seront comme une autre des nations. Ils seront rétablis dans les privilèges nationaux. Mais que va-t-il se passer ?

C’est la fin de leur histoire actuelle.

Zabulon, Issacar, Dan. Et comment se termine-t-elle ? Par l’apparition d’une vipère, une vipère sur le sentier de leur prospérité. Sur le sentier où ce peuple manifeste tant de génie aujourd’hui, il y a une vipère qui va paraître, l’antichrist. La fin de leur histoire actuelle, c’est l’homme de péché (2 Thes. 2:3), le roi qui va surgir du milieu d’eux, et devant lequel tous vont s’incliner. Quand Dieu est venu en Christ, quand le Seigneur a revêtu notre humanité pour venir de la part de Dieu, ils ont dit « nous ne voulons pas de lui » (Luc 19:14). Mais quand un homme dira « moi je suis Dieu » (2 Thes. 2:4), quand un homme se déifiera au milieu d’eux (ils vont avoir cela), ils vont tous tomber sous sa coupe. Le Seigneur leur a dit : « Moi je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui là vous le recevrez » (Jean 5:43) ; c’est celui dans lequel vous allez tous vous reconnaître : l’affirmation du Moi, l’orgueil insensé qui s’exalte, et qui fait que se réalisera Ps. 2:3 : « Rompons leurs liens, et jetons loin de nous leur cordes ». Autrement dit, nous n’avons plus besoin de Dieu, nous n’avons plus besoin d’être contraints, nous n’avons plus besoin de ce qui nous lie ; il faut que nous nous épanouissions, et cet homme adorera le Dieu des forteresses (Dan. 11). Autrement dit encore : l’homme, quel qu’il soit, a besoin d’un centre moral auquel il puisse se rattacher, et ce sera la déification de l’homme en même temps que la puissance militaire déjà bien remarquable ; celle-ci va se joindre à l’empire romain pour faire échec à l’empire du Nord. Mais ce sont des considérations qui nous entraînent un peu loin. De toute manière, Dan jugera son peuple, et il est question d’une vipère qui mord celui qui monte à cheval pour le faire tomber à l’envers. Ils vont tomber à la renverse. Le fait qu’ils vont recevoir l’antichrist, ce sera leur culbute finale définitive. De celui que Jean appelle l’antichrist, les Psaumes et les prophètes disent « le faux prophète », « le roi », et d’autres titres, comme « le pasteur de néant ». Mais le fait de recevoir ce pasteur de néant, l’antichrist, le faux roi, l’homme de péché, ce sera le signal de leur culbute finale comme celui qui monte à cheval, et qui tombe à la renverse. Et il n’y aura pas de remède.

 

8                        Gad, Aser, Nephthali : le résidu futur

Cette histoire se termine, par, ― chose précieuse ―  le dégagement d’un résidu au milieu d’eux. Voyez quelle intelligence chez Jacob ! c’est extraordinaire. La fin du v. 18 : « J’ai attendu ton salut, ô Éternel », c’est le langage du résidu que Dieu va former, que Dieu va dégager au milieu de cette nation, et qui va dire tant de fois : « Jusques à quand… ». Plongés dans le feu, dans l’eau, connaissant des circonstances dramatiques, alors sur la pression de ces circonstances à nulle autre pareille, (le Seigneur ne dit-Il pas : « si ces jours-là n’eussent été abrégés, nulle chair n’eût été sauvé » ; Matt. 24:22), mais c’est la détresse de Jacob, et il en sera sauvé un petit résidu : « ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont percé » (Zach. 12:10). Ils se tourneront vers le Seigneur, et attendront son salut, et « Le matin tu diras : Qui donnera le soir ? et le soir tu diras : Qui donnera le matin ?  à cause de l’effroi de ton cœur dont tu seras effrayé, et à cause des choses que tu verras de tes yeux » (Deut. 28:67). Ce sera des jours d’angoisse, des jours terribles, mais Dieu a compté les jours pour eux et lorsqu’il est question du résidu qui attend le salut « j’ai attendu ton salut, ô Éternel » (Gen. 49:18). Alors comment vont-ils répondre ? Comment Dieu va-t-il répondre à cette invocation ? Ils attendront chaque jour et diront : « Si tu fendais les cieux, si tu voulais descendre… » ? És. 64:1. Mais Dieu a compté les jours pour eux, et Il leur a dit : les sages leurs apprendront qu’à partir d’un certain moment, quand un événement particulièrement frappant va se passer, il y aura encore 1260 jours.

Pour nous nous n’avons pas de jours, le Seigneur vient d’un moment à l’autre ; nous avons à l’attendre tout le temps. Il peut venir ce soir. Mais pour eux, à partir d’un certain moment, ils attendront jour après jour le Seigneur : « J’ai attendu ton salut, ô Éternel ». Et quand ils le verront, « il sera dit en ce jour là : Voici, c’est ici notre Dieu ; nous l’avons attendu, et il nous sauvera » (És. 25:9). Alors ils vont Le voir : « Tes yeux verront le roi dans sa beauté … » (És. 33:17) dès qu’il va apparaître au milieu d’eux. « Comme nous avons entendu, ainsi nous l’avons vu… » (Ps 48:8). Ce qui sera un objet de foi sera transformé en une glorieuse réalité : « Tes yeux verront  le roi dans sa beauté … ».

Voilà donc le langage du résidu : « J’ai attendu ton salut, ô Éternel », un salut qui se prépare déjà aujourd’hui, car bien des conversions ont lieu au milieu d’eux, mais évidemment ceux qui sont sauvés aujourd’hui font partie de l’Église. Mais Dieu travaille déjà au milieu d’eux, et dès que l’Église sera enlevée, les événements dramatiques vont se succéder à une cadence extraordinairement rapide ; ce résidu sera sur la scène et que va-t-il devenir ?

Les trois noms qui terminent la série, c’est l’histoire du peuple dans ce glorieux avenir que nous avons évoqué, car en Gad (v. 19) — c’est le 7ème — un combat va se passer avec le Seigneur. Michée nous montre que le résidu combattra avec le Seigneur contre Ses ennemis, et Il leur donnera la victoire ; le moindre d’entre eux sera comme David. Or on sait comment David pouvait manier son épée. On lui disait : « car toi, tu es comme 10000 d’entre nous » (2 Sam 18:3). Le moindre d’entre eux sera aussi fort que David : « Gad, une troupe lui tombera dessus ; et lui, il leur tombera sur les talons » (49:19). C’est la victoire qu’ils vont remporter contre leurs ennemis, évidemment avec le Seigneur à leur tête. Au v. 20 c’est d’Aser qu’il dit : de lui « viendra le pain excellent ; et lui, il fournira des délices royales ». Ce sera alors un peuple dans le cœur duquel il y aura une opération de l’Esprit de Dieu, un peuple de franche volonté, qui offrira au Seigneur les délices royales. Combien ce sera précieux pour Lui de lire dans le cœur de ce peuple, ce cœur de pierre qui sera devenu un cœur de chair (Éz. 11:19 ; 36:26). Que ce sera précieux pour Lui de voir au milieu d’eux, de constater au milieu d’eux, cette affection, cet amour qu’ils auront pour Lui.

Et enfin le dernier, au v. 21 : « Nephthali est une biche lâchée ; il profère de belles paroles ». Au Psaume 45, nous lisons : « Tu es plus beau que les fils des hommes ; la grâce est répandue sur tes lèvres :…  ». Que de belles paroles vont-ils dire au Seigneur. Par ces trois noms qui suivent Dan, c’est l’histoire dans un proche avenir ; après Dan, il y a la manifestation d’un résidu fidèle, et enfin nous avons Joseph. Mais il nous faudrait toute une soirée pour parler de lui.

 

9                        Juda, Joseph

Jacob parle alors de l’arbre de Joseph, autrement dit de Christ, car nous avons en Joseph la souffrance, comme nous avons la gloire en Juda ; Shilo (49:10) c’est-à-dire Salomon, — c’est le même radical, de sorte que Jacob parle de Salomon dans le livre de la Genèse « jusqu’à ce que Shilo vienne ». Shilo, Salomon c’est un même radical dans l’original. Et Jacob donne déjà le nom de Salomon, c’est-à-dire d’un Christ glorieux devant lequel tous devront ployer les genoux ; c’est le lion, qui pourra le faire lever ? (49:9). Lorsque le lion a détruit sa proie, et l’a déchirée, il se couche. Nous chantons quelquefois au culte « tu t’es assis dans le repos, dans la lumière » : c’est le lion qui s’est couché, mais qui va le faire lever ? qui va faire lever le lion ? cette personne est précieuse pour chacun de nous.

Ce qui va faire lever le lion, c’est lorsqu’il va descendre du ciel pour venir chercher son épouse : voilà ce qui va le faire lever. C’est Son épouse, et Joseph lui, c’est le type du Seigneur dans sa souffrance. Mais c’est « de là » (49:25), d’un Joseph qui a souffert, dit Jacob, d’un Joseph dont les pieds ont été serrés dans les fers, dont l’âme a été dans la détresse, rejeté par ses frères, méprisé par eux, d’un Joseph qui a connu la honte. « De là » dit Jacob (v. 25). Il ne peut pas y avoir d’adverbe de lieu plus précis « de là est le berger, la pierre d’Israël… ».

L’histoire du bon berger (Jean 10) commence déjà dans le livre de la Genèse, pour que le Seigneur puisse dire à l’égard de l’histoire, « moi je suis de là… moi je suis le bon berger, le bon berger met sa vie pour ses brebis ». Et en même temps qu’Il est le berger, Il est la pierre d’Israël, le solide fondement de Dieu qui demeure (2 Tim. 2:19). Personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, dit Paul (1 Cor. 3:11), c’est-à-dire Jésus Christ, et Pierre nous parle de la pierre vivante (1 Pier. 2:4) ; or qui en a parlé le premier ? c’est bien Lui, car Pierre disparaît ici. Le Seigneur dira : « qu’est-ce que les hommes disent de moi ? », et toi Pierre que dis-tu ? — Moi Pierre, je dis que tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. — C’est juste Pierre, c’est le Père qui t’a révélé cela, ce n’est pas la chair qui peut te révéler quoi que soit de mes gloires, mais moi, Je vais aussi comme le Père, de la même manière, sur un pied d’égalité avec le Père — je vais te faire aussi une révélation sur ce roc, sur moi-même : de là est la pierre vivante, sur ce roc je vais bâtir mon assemblée (Matt. 16:18) ; c’est la pierre vivante qui traverse toute l’Écriture. Elle est citée dans les livres historiques. C’est Eben-Ezer (1 Sam. 7). Elle est citée dans le livre des Psaumes « La pierre que ceux qui bâtissaient avaient rejetée, est devenue la maîtresse pierre du coin » (Ps 118:22). Elle est citée comme la pierre du faîte de l’édifice en Zach. 4:7, comme la pierre qui a sept yeux en Zach 3:9 ; elle est citée par Daniel comme la pierre qui tombe du ciel, et qui vient tomber sur les pieds de la statue, broyant tout ce qui subsiste encore de cette statue (Dan. 2). C’est la pierre dont le Seigneur parle (Matt. 16), c’est la pierre dont l’apôtre Pierre nous dit que nous sommes, nous aussi des pierres vivantes fondées sur ce rocher des siècles : elle est vivante (1 Pier. 2). Elle a sept caractères, nous les citons en terminant c’est la pierre vivante — Lui est le Dieu véritable et la vie éternelle (1 Jean 5:20), il a la vie en lui-même (Jean 5:26), c’est une pierre vivante (1 Pier. 2:4) ; du côté des hommes alors, il y a 3 caractères : c’est une pierre rejetée, une pierre méprisée, une pierre qui a été mise à l’épreuve par l’homme (1 Pier. 2:7). Est-Il encore rejeté, est-Il encore méprisé ? L’estime que l’on a pour l’Évangile montre bien que le cœur de l’homme n’a pas changé, la pierre est toujours rejetée, méprisée. Mais pour Dieu elle a aussi trois caractères : c’est une pierre élue « j’ai haut élevé un élu au milieu du peuple » (Ps 89:19), sur lequel j’ai placé une couronne d’or fin, une couronne qui sera toujours plus belle, élue, choisie, précieuse au cœur de Dieu (1 Pier. 2:4).