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LES VÉRITÉS FONDAMENTALES DU SALUT
Edward Dennett
Table des matières :
1 Chapitre 1 — L’âme travaillée
2 Chapitre 2 — 1° chose à apprendre : L’état de l’homme devant Dieu
3 Chapitre 3 — Le sang de Christ nécessaire à la rémission des péchés
3.2 Le grand jour des propitiations
3.3 Ce que dit l’Écriture sur le sang de Christ
3.4 Application du sang de Christ
4 Chapitre 4 — Il vous faut être nés de nouveau
4.1 Pourquoi donc faut-il qu’un homme soit né de nouveau ?
4.2 Comment donc un homme pourra-t-il être né de nouveau ?
4.2.3 Conclusion sur ce « comment »
4.2.4 La réponse complète du Seigneur à Nicodème
4.2.4.1 La personne du Fils de l’homme
4.2.4.3 La foi est le lien entre le pécheur et Christ
4.2.5 C’est ainsi qu’a lieu la nouvelle naissance.
5 Chapitre 5 — La paix avec Dieu — La justification
5.1 La justification est par la foi
5.2 L’objet proposé à la foi en vue de la justification
5.3 Quiconque croit en Lui est justifié
5.4 La paix est le privilège de celui qui est justifié
6 Chapitre 6 — «Que faut-il que je fasse pour être sauvé ?»
6.2 Le docteur de la loi — Luc 10
7 Chapitre 7 — Les difficultés
7.1 Mes péchés ont été trop nombreux et trop graves.
7.2 Je ne sens pas assez mes péchés.
7.4 Peut-être ne suis-je pas un des élus ?
7.6 Je ne sens pas que je suis sauvé.
7.7 Le blasphème contre le Saint Esprit.
7.9 La condition supposée en Hébreux 6:4-6,
8.1 Nous devons nous tenir pour morts au péché
8.2 Nous devons nous tenir pour vivants à Dieu dans le Seigneur Jésus Christ
8.3 Que le péché donc ne règne point dans votre corps mortel
8.3.1 Le péché existera toujours dans le croyant
8.3.2 La présence du péché en nous ne change rien à notre position parfaite
8.3.3 Ma responsabilité est en rapport avec l’appréciation de Dieu
9 Chapitre 9 — L’Esprit qui habite dans le croyant
10 Chapitre 10 — La position et la responsabilité
10.1 La position du croyant en Christ
10.2.3 Encore Christ comme modèle
10.2.4 Ayant dépouillé le vieil homme … si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création
11 Chapitre 11 — La venue du Seigneur
11.1 La venue du Seigneur dans les Évangiles
11.2 La venue du Seigneur dans les Épîtres
11.3 La venue du Seigneur dans l’Apocalypse
11.4 L’attente vivante du Seigneur
11.4.1 Une attente continuelle
11.4.2 L’espérance de la venue du Seigneur comme encouragement à la fidélité
11.4.3 L’attente de la venue de Christ nous sépare du mal
11.4.4 Effets sur le coeur et la conscience
12.1 Pas de jugement pour les croyants
12.2.1 Quand les croyants seront-ils manifestés devant le tribunal de Christ ?
12.2.2 Dans quel but les croyants seront-ils manifestés devant le tribunal de Christ ?
12.2.3 Le jugement des méchants aura lieu à la fin du millénium
Certains sous-titres ont été ajoutés ou modifiés par Bibliquest
Nous désirons par ces quelques lignes répondre au besoin de ceux qui ont déjà été réveillés du sommeil de la mort spirituelle, et dont le principal intérêt est de connaître le moyen d’obtenir la paix avec Dieu. On peut caractériser l’état de leur âme par l’anxiété. Les personnes dans cet état sont nombreuses, surtout dans un temps comme celui-ci, où l’évangile de la grâce de Dieu est si largement proclamé. Il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont émus au point de s’écrier : que faut-il faire pour être sauvé ? mais aussi de beaucoup d’autres qui, sous un extérieur calme et tranquille, cachent une véritable détresse d’âme. La profondeur et l’intensité de leurs sentiments varieront selon les individus et les circonstances. Chez quelques personnes ce ne sera que de l’inquiétude, chez d’autres on trouvera une réelle détresse d’esprit et de coeur ; tandis que chez d’autres encore ce sera une angoisse positive de l’âme. Mais quelle que soit la profondeur du sentiment, soit plus, soit moins, s’il y a la conviction de l’éloignement de Dieu ou de la culpabilité devant Lui, s’il y a de la douleur à cause du péché, et le plus faible désir de pardon et de réconciliation avec Dieu, en d’autres termes s’il y a une humiliation devant Dieu en se jugeant soi-même, c’est là cette anxiété spirituelle dont nous parlons ; car un tel état de coeur ne peut être produit que par l’Esprit de Dieu.
Le moyen employé pour provoquer cet état d’âme est, d’une manière ou d’une autre, la parole de Dieu. Cela n’est pas toujours apparent, car un cantique, une simple question de la part d’un ami, le souvenir des prières d’un parent, l’appel d’un prédicateur de l’évangile, peuvent avoir été employés comme flèche de conviction ; mais, dans tous ces exemples, c’est réellement la parole de Dieu sous ces formes diverses, que le Saint Esprit a employée pour éveiller l’âme insouciante. Sa propre Parole est, comme nous le savons, l’arme unique dont Dieu se sert pour atteindre ce but ; car il Lui a plu «par la folie de la prédication, de sauver ceux qui croient» (1 Cor. 1:21) ; et c’est pourquoi, dit l’apôtre «nous prêchons Christ crucifié, aux Juifs occasion de chute, aux nations folie, mais à ceux qui sont appelés, et Juifs et Grecs, Christ la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu» (1 Cor. 1:23, 24).
Il y a plusieurs exemples de ce fait dans les Actes des apôtres. Au jour de la Pentecôte, nous voyons Pierre présenter, dans son discours, Christ crucifié, ressuscité et exalté, et accuser ses auditeurs du péché d’avoir rejeté et crucifié Celui que Dieu a ressuscité des morts. «Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. Et ayant ouï ces choses, ils eurent le coeur saisi de componction, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Que ferons-nous, frères ?» L’apôtre Paul fut humilié aux pieds du Sauveur d’une manière particulière et extraordinaire, mais ce fut aussi par la présentation de Christ, quoique en révélation et non par la prédication de la Parole. Prenons également l’exemple de Félix. Nous lisons que, comme l’apôtre discourait sur la justice, sur la tempérance et sur le jugement à venir, Félix fut effrayé et bien que, dans cet exemple, l’effet semble n’avoir été que momentané, cela nous montre la puissance de la parole de Dieu sur l’âme. Le geôlier de Philippes peut paraître au premier abord une exception à cette règle, mais sans aucun doute les événements surnaturels de la nuit pendant laquelle Paul et Silas se trouvaient sous sa garde ne furent que l’occasion de sa détresse d’âme, le moyen de fixer sur son coeur et sa conscience le message évangélique qu’il devait avoir entendu avant ce moment. Il en est bien souvent ainsi aujourd’hui. Fréquemment un danger ou une maladie soudaine, en transportant les hommes devant la perspective immédiate de la mort, rendent efficaces, par la puissance de l’Esprit, les messages et les avertissements de l’évangile, jusqu’alors méprisés ou négligés, remplissent les âmes de la crainte de la colère de Dieu à cause du péché, et les amènent à implorer sa miséricorde.
Là donc où nous voyons l’anxiété de l’âme, cette inquiétude dont nous avons parlé, nous pouvons être sûrs qu’elle est l’oeuvre du Saint Esprit par le moyen de la parole de Dieu. C’est à de telles personnes que nous désirons nous adresser.
Cher lecteur, êtes-vous dans cette condition à l’égard du salut ? Avez-vous été convaincu de péché, et le désir de votre âme est-il de connaître le chemin de la paix avec Dieu ? S’il en est ainsi, gardez-vous de faire la sourde oreille à la voix de l’Esprit de Dieu, de vous en moquer, ou de chercher à étouffer les convictions qu’il a déjà produites. Et, nous vous en supplions, gardez-vous aussi de différer. Dieu lutte en grâce avec vous. C’est pourquoi il est particulièrement vrai pour vous que «c’est maintenant le temps agréable ; voici, c’est maintenant le jour du salut» (2 Cor. 6:2). Gardez-vous de guérir les plaies de votre âme avec d’autres remèdes que ceux de l’évangile, de peur que vous ne soyez amené à dire : «Paix, paix ! et il n’y avait point de paix» (Jér. 6:14). Votre situation est pleine d’espoir, car Celui qui a éveillé vos besoins de salut vous envoie ce message : «Soyez réconciliés avec Dieu» (2 Cor. 5:20), et Sa propre Parole dit que : «Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16). Laissez-moi vous supplier devant Dieu, de lire avec soin et avec prière, les pages suivantes, qui peuvent vous montrer la voie du salut telle qu’elle est révélée dans les Écritures. Et que Dieu veuille Lui-même vous enseigner et vous guider dans la paix qui est par la foi en Christ !
La première chose que les âmes angoissées ont besoin d’apprendre, c’est leur place et leur condition devant Dieu ; il leur faut comprendre comment Dieu Lui-même les considère. Car, aussi longtemps qu’elles demeureront dans l’illusion et dans l’ignorance à l’égard de leur propre condition, elles refuseront d’être sauvées par la grâce de Dieu. Jusqu’à ce qu’elles admettent et reçoivent le témoignage que Dieu rend d’elles-mêmes, elles ne recevront pas le témoignage qu’il rend au sujet de son Fils. Car l’évangile est pour des pécheurs, et, en conséquence, doit être proclamé aux pécheurs seulement. Je désire très vivement insister sur ce point auprès de tous ceux qui sont troublés dans leur âme, car plusieurs sont tenus pendant des mois, et même des années dans le doute et dans l’anxiété, parce que, sondant leurs propres coeurs, au lieu d’interroger la parole de Dieu, pour reconnaître leur vraie condition, ils ne prennent jamais devant Dieu la place qu’il leur assigne.
«Le coeur est trompeur par-dessus tout» (Jérémie 17:9), mais la parole de Dieu est la vérité (Jean 17:17), en sorte que c’est à elle seule que nous devons nous en rapporter.
Quel est donc le témoignage de Dieu à votre sujet ; au sujet de tous les hommes ? Attendez-vous à ce qu’il soit le plus mauvais possible !... «Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et... ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché» (Rom. 5:12). Et encore : «Il n’y a point de juste, non pas même un seul ; il n’y a personne qui ait de l’intelligence, il n’y a personne qui recherche Dieu ; ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble rendus inutiles ; il n’y en a aucun qui exerce la bonté, il n’y en a pas même un seul !» (Rom. 3:10-13). Et encore : «Il n’y a pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu» (v. 22, 23). «L’Écriture a renfermé toutes choses sous le péché» (Gal. 3:22).
Tel est le témoignage des Écritures, d’après lequel tous les hommes sont pécheurs devant Dieu. Acceptez-vous ce témoignage comme vrai à votre égard ?
Je ne demande pas si vous l’admettez d’une manière générale, car bien des personnes en sont là, qui chercheront par la comparaison avec les autres, soit à s’excuser elles-mêmes, soit à tirer des conclusions à leur propre avantage. Le point important est celui-ci : que Dieu place tous les hommes sur le même terrain devant Lui ; il déclare que tous sont pécheurs. La question devant Lui n’est pas celle du degré de péché ou de culpabilité, mais c’est qu’il n’y a pas de différence ; c’est que tous, quelle que soit leur position, leur caractère ou leur réputation, tous sont pécheurs, pécheurs sans excuse, sans une seule lueur d’espoir en eux-mêmes, puisque tous sont renfermés sous la même condamnation. La mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché ; «car les gages du péché, c’est la mort» (Rom. 6:23).
Je vous le demande encore : Acceptez-vous ce témoignage de Dieu comme véritable dans votre cas particulier ? Vous humiliez-vous sous le jugement de vous-même devant Dieu, en reconnaissant que vous êtes un pécheur, objet de sa juste sentence contre le péché ?
S’il n’en est pas encore ainsi, je vous supplie de vous arrêter un peu et de considérer combien votre cause est désespérée ; car le Seigneur Jésus lui-même a dit : «Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs» (Matt. 9:13). Il n’y a donc pas de Christ, pas de Sauveur, sinon pour des pécheurs. En sorte qu’aussi longtemps que vous hésitez ou que vous refusez de prendre la place d’un pécheur perdu, vous êtes en dehors des limites de la grâce et de la miséricorde de Dieu dans l’évangile.
Mais si vous recevez le témoignage des Écritures à l’égard de votre propre état, nous pouvons dès lors dire de Celui qui «a porté nos péchés en son corps sur le bois» (1 Pierre 2:24) ; qui «a été blessé pour nos transgressions» et «meurtri pour nos iniquités» (És. 53:5) ; de Celui que «Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang» (Rom. 3:25) ; de Celui qui a pris réellement la place du pécheur et qui a supporté le jugement du pécheur : que quiconque croit en Lui ne périra pas, mais qu’il a la vie éternelle (2 Cor. 5:21 ; Jean 3:16). Mais le témoignage de la vérité va plus loin encore : non seulement vous êtes pécheurs, mais les Écritures enseignent encore que tous ceux qui ne sont pas sauvés sont morts dans leurs fautes et dans leurs péchés (Éph. 2:1). Le Seigneur Jésus dit aussi que le croyant «est passé de la mort à la vie» (Jean 5:24), montrant clairement que la condition antérieure du croyant était la mort, la mort spirituelle. En conséquence, le pécheur est à la fois sous la condamnation du péché et mort dans ses péchés. Ce qui, assurément, ne signifie pas qu’il n’a aucune vie, car il est évident qu’il a la vie physique. Mais ce qui est affirmé, c’est que par le péché, le pécheur est séparé de Dieu, retranché de la source de la vie (car Dieu est la source de la vie), et, par suite, qu’il est dans un état de mort spirituelle, n’ayant pas la vie, ni la puissance de la vie, pour Dieu. Toute la manière d’agir de Dieu envers les hommes, depuis Israël jusqu’à maintenant, est la preuve de la vérité de sa Parole. Je vous demande donc encore : recevez-vous ce second témoignage à votre égard ?
Bien-aimé lecteur, vous ne connaîtrez jamais le dénuement de votre condition jusqu’à ce que vous souscriviez vous-même à ce verdict. Les hommes disent : Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. Combien souvent de telles paroles ont soutenu les coeurs de ceux qui ont veillé au chevet d’un parent ou d’un ami malade ? Espérant contre espérance, ils ont refusé de croire que la fin était proche, et jusqu’à ce que la dernière pulsation soit arrivée avec le dernier soupir, ils n’ont pas voulu se croire en présence de la mort. Il en est souvent ainsi des pécheurs, de ceux même dont les âmes ont été déjà réveillées. Ils ne peuvent douter qu’ils soient des pécheurs et sous la condamnation, mais ils ne peuvent croire que leur état soit sans espoir, qu’ils n’aient en eux-mêmes aucune puissance de vie, ni de relèvement, ni de restauration, et par suite ils ne reconnaissent pas qu’ils sont entièrement ruinés, perdus «morts dans leurs fautes et dans leurs péchés». De cette manière, ils s’excluent eux-mêmes de la bénédiction et retournent, peut-être pour des années, dans les égarements et les combats, parce qu’ils se confient en leurs propres coeurs plutôt qu’à Dieu (et celui qui se confie en son propre coeur est un sot selon Prov. 28:26). Mais nous devons résolument fermer les yeux à toutes choses, pour recevoir le témoignage des Écritures ; car ce n’est pas ce que je pense, ou ce que je préfère, ou ce que je ressens, ou ce que je crois, mais ce que Dieu déclare, qui détermine mon état devant ses yeux. Il est le seul Juge ; et par conséquent s’il dit du pécheur qu’il est mort dans ses fautes et dans ses péchés, le pécheur est obligé de reconnaître que Dieu est vrai, et que tout homme est menteur (Rom. 3:4).
Acceptez-vous maintenant que, n’ayant pas la vie, votre état est désespéré ? Souscrivez au verdict de Dieu immédiatement ; car aussitôt que vous aurez pris la place d’un pécheur, reconnaissant la vérité de Dieu à votre égard, et confessant que vous êtes sous la juste condamnation du péché, aussitôt vous entrerez dans une position de bénédiction, où Dieu, dans sa grâce infinie, peut vous rencontrer, et où vous pouvez invoquer le Sauveur des pécheurs. Humiliez-vous donc devant Dieu dès à présent, et recevez le don inexprimable de son amour — son propre Fils — comme votre Sauveur, votre Rédempteur et votre Seigneur.
En supposant maintenant que les âmes travaillées dont nous parlons s’humilient devant le jugement de Dieu à l’égard de leur état, leur premier intérêt sera de savoir par quel moyen elles peuvent obtenir le pardon de leurs péchés. Le sang de Christ est le seul moyen pour délivrer de la culpabilité du péché. «Sans effusion de sang il n’y a pas de rémission» (Héb. 9:22). Ici est montrée la nécessité de la mort de Christ ; la nécessité, de fait, pour toute l’oeuvre de la rédemption. C’est pourquoi il est de toute importance que cette vérité soit bien comprise.
Nous avons déjà fait remarquer que la mort «a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché» (Rom. 5:12). Adam a encouru le premier cette sentence à cause de sa désobéissance à Dieu. Il avait été averti de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ; «car, au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement» (Gen. 2:16, 17). Adam méprisa le commandement divin et tomba sous la terrible sentence de mort — pénalité que Dieu avait attachée à la désobéissance. Ainsi «par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et... ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché» (Rom. 5:12). Il n’y a donc pas de différence ; tous pareillement sont pécheurs ; et c’est pourquoi chaque enfant de la race d’Adam est assujetti à la pénalité du péché, c’est-à-dire à la mort. Oui, la mort règne déjà (voyez Rom. 5:13-21) sur toute la famille humaine : chaque individu (excepté ceux qui croient au Seigneur Jésus Christ) étant sous la juste sentence de mort à cause du péché. «Mais Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous» (Rom. 5:8). Il «a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16). Étant riche en miséricorde, il a envoyé son propre Fils pour mourir, «le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu» (1 Pierre 3:18). Et comme, lorsque Abraham était sur le point de sacrifier son fils, Dieu fournit un agneau pour être offert à sa place, en sorte qu’Isaac put être délivré et subsister (Gen. 22), de même aussi Dieu a donné un agneau pour être sacrifié en lieu et place du pécheur, «l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde» (Jean 1:29). C’est là le secret de la mort de Christ. Il est mort comme le substitut du pécheur, dont il a supporté la condamnation, et expié la culpabilité.
La merveilleuse efficacité du sang de Christ, en présence du besoin des pécheurs, ressort du caractère de sa personne et de la nature de sa mort. Son sang est le symbole de sa mort, du sacrifice de sa vie ; car la vie est dans le sang (voyez Lévitique 17:10-14) ; en sorte que son sang purifie du péché, à cause de la valeur de sa mort aux yeux de Dieu à la place et en faveur du pécheur. Dieu a daigné nous enseigner ceci par des types et figures, en même temps que par un enseignement direct.
Considérons les Israélites au pays d’Égypte dans la nuit de la Pâque. Dieu était sur le point d’exécuter le jugement contre le pays d’Égypte, mais du moment que la justice avait son cours, Israël se trouvait sous le coup du jugement, autant que les Égyptiens. Comment alors épargner les premiers pendant que les derniers seraient frappés ? «Je passerai par le pays d’Égypte cette nuit-là, et je frapperai tout premier-né dans le pays d’Égypte, depuis l’homme jusqu’aux bêtes, et j’exercerai des jugements sur tous les dieux de l’Égypte. Je suis l’Éternel. Et le sang vous sera pour signe sur les maisons où vous serez ; et je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n’y aura point de plaie à destruction au milieu de vous, quand je frapperai le pays d’Égypte» (Ex. 12:12, 13 ; aussi v. 21-23). La seule différence, cette nuit-là (remarquez-le bien), entre Israël et l’Égypte était le sang. Il ne s’agissait pas de ce qu’était Israël comparé aux Égyptiens, mais le sang arrêtait la main de l’ange exterminateur — le sang à l’extérieur de leurs maisons ; car l’Éternel avait dit : quand je verrai le sang, je passerai par-dessus vous. En type, le sang de l’agneau — car l’agneau avait été mis à mort — les purifiait de la culpabilité, de telle manière que Dieu pouvait avec justice épargner Israël, tandis qu’avec justice aussi il détruisait les premiers-nés d’Égypte.
Le grand jour des propitiations, dont nous avons le récit au chapitre 16 du Lévitique, nous fournit le même enseignement, car Aaron devait faire aspersion du sang du bélier et du bouc des sacrifices pour le péché sur le propitiatoire et devant le propitiatoire, où Dieu demeurait entre les chérubins ; «car, en ce jour-là, il sera fait propitiation pour vous, afin de vous purifier : et vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel» (Lév. 16:30). Toutes ces choses n’étaient que des ombres de l’efficacité du sang de Christ. Ainsi nous lisons : «Notre pâque, Christ, a été sacrifiée» (1 Cor. 5:7), et encore : «Non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang», il est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, «ayant obtenu une rédemption éternelle. Car si le sang de boucs et de taureaux — et la cendre d’une génisse avec laquelle on fait aspersion sur ceux qui sont souillés — sanctifie pour la pureté de la chair, combien plus le sang du Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu sans tache, purifiera-t-il votre conscience des oeuvres mortes, pour que vous serviez le Dieu vivant !» (Héb. 9:12-14). Nous apprenons ainsi que «le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché» (1 Jean 1:7).
Nous pouvons donc maintenant faire ressortir distinctement, ce que l’Écriture enseigne du sang de Christ en rapport avec le péché :
1° C’est le seul moyen de purifier les coupables. C’est Dieu qui a établi et fourni ce moyen ; par conséquent, tout autre moyen est exclu. «Quand tu te laverais avec du nitre, et que tu emploierais beaucoup de potasse, ton iniquité reste marquée devant moi, dit le Seigneur, l’Éternel» (Jérémie 2:22). «Si je me lave avec de l’eau de neige, et que je nettoie mes mains dans la pureté, alors tu me plongeras dans un fossé, et mes vêtements m’auront en horreur» (Job 9:30, 31). Le sang de Christ seul peut rendre le pécheur plus blanc que la neige.
2° C’est le sang qui seul, en lui-même et par lui-même, possède cette efficacité. On ne peut rien y ajouter. Ce n’est pas le sang et quelque chose avec. Ajoutez-y quoi que ce soit, l’expérience, les prières ou la pénitence (toutes choses qui ont leur importance à leur propre place), et vous enlèverez son pouvoir de purifier.
3° C’est Dieu qui a fourni le sang. C’est Lui qui a livré son Fils à la mort. Cette provision pour les besoins du pécheur est entièrement l’effet de la grâce de Dieu et, par conséquent, tout à fait en dehors du pécheur lui-même. Dieu, dans sa miséricorde infinie et parce qu’il aimait le monde, s’est pourvu d’un Agneau pour le sacrifice ; et maintenant le précieux sang de l’Agneau est au profit de tous ceux qui croient (Jean 3:16). Il n’y a aucune limite quelconque dans son application, si ce n’est l’incrédulité du pécheur. Il est préparé pour tous, et chacun peut devenir par la foi l’objet de son précieux pouvoir de purification.
Cher lecteur, vous avez reconnu votre besoin de purification, et voici, Dieu a préparé ce qui peut seul satisfaire à ce besoin. Vous demandez : comment obtiendrai-je l’application de ce sang à moi-même ? C’est seulement et absolument par l’obéissance de foi. Reportons-nous à la nuit de la pâque (Ex. 12). Ce n’était pas assez que l’agneau fût égorgé, et que le sang fût dans le bassin ; mais l’Israélite avait reçu l’ordre d’asperger le sang pour lui-même sur le linteau et les deux poteaux de sa porte. Avec le bouquet d’hysope à la main, signe de son humiliation sous le juste jugement de Dieu, il arrosait de sang le linteau et les poteaux, confessant qu’il méritait lui-même la mort, et montrant sa foi dans le sang, comme moyen d’éloigner le destructeur et d’être garanti du jugement du juste Juge. Or maintenant l’Agneau a été offert et immolé, son sang a été versé. Mais le fait de ce sang versé ne vous assure pas de votre salut. La question est : Êtes-vous sous le couvert de ce sang ? Vous demandez encore : comment cela aura-t-il lieu ? C’est en vous humiliant comme l’Israélite devant le jugement que Dieu a prononcé contre le péché ; c’est en prenant la place d’un pécheur et en regardant au sang de Christ pour vous garantir de la juste sentence et de la juste punition du péché. Dès lors le sang de Christ est sur vous selon toute sa valeur ; il est entre le jugement et vous, pour vous abriter entièrement et pour toujours des conséquences du péché, ce sang ayant rencontré et satisfait toutes les exigences de la sainteté de Dieu contre vous : car Dieu a présenté Christ comme propitiatoire par la foi en son sang (Rom. 3:25). Il ne vous reste, par conséquent, absolument rien à faire, pas même le soin de rassembler l’hysope et d’asperger avec le sang. Vous avez à croire simplement la parole de Dieu, à considérez avec foi le sang déjà répandu, seul moyen de protection contre la mort et le jugement, et Dieu vous verra dès lors recouvert de toute son efficacité et de toute sa valeur, purifié de la souillure du péché et plus blanc que la neige. Ne tardez donc pas à chercher la protection du précieux sang de Christ. À minuit, l’Éternel frappa tous les premiers-nés au pays d’Égypte ; de même, soudain et sans avertissement, le jugement surprendra ceux qui rejettent Christ, car quand ils diront : Paix et sûreté, alors une subite destruction viendra sur eux... et ils n’échapperont point (1 Thess. 5:3). Aujourd’hui donc, écoutez l’appel de l’amour de Dieu, qui vous invite à fuir la colère à venir et à contempler l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean 1:29).
Lorsque Nicodème vint auprès du Seigneur pour chercher de l’instruction, il reçut immédiatement cette réponse solennelle : «En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu» (Jean 3:3). Méditons un instant cette divine et pénétrante parole ; car quel que soit l’état d’une âme ou la profession de foi, s’il n’y a pas eu ce grand changement, «la nouvelle naissance», il n’y a pas encore la vie et pas de salut.
D’abord, à qui le Seigneur adressa-t-il ces paroles ? À Nicodème, un des principaux d’Israël, sur l’état duquel le rapprochement des second et troisième chapitres, nous donne la vraie lumière. Nous lisons : «Et comme il était à Jérusalem, à la Pâque, pendant la fête, plusieurs crurent en son nom, contemplant les miracles qu’il faisait. Mais Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu’il connaissait tous les hommes, et qu’il n’avait pas besoin que quelqu’un rendît témoignage au sujet de l’homme ; car lui-même connaissait ce qui était dans l’homme. Mais (c’est ainsi qu’il faudrait lire) il y avait un homme d’entre les pharisiens, dont le nom était Nicodème, qui était un chef des Juifs» (Jean 2:23-25 ; 3:1, etc.). Ainsi donc un certain nombre de Juifs crurent en Jésus en contemplant ses miracles, et Nicodème était de ce nombre. Mais Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu’il savait ce qui était dans l’homme et leur foi n’était en réalité qu’une conviction naturelle de la vérité des droits de Jésus, produite par l’évidence des miracles, une croyance intellectuelle au nom de Christ, sans humiliation de coeur devant Dieu. Aussi, quand Nicodème vint à Jésus de nuit, sans doute en quête de quelque chose de plus et exprimant cette foi : Maître, nous savons que «tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui», Jésus lui répondit en établissant d’abord la nécessité d’être né de nouveau. C’était comme s’il avait dit : «Vous pouvez croire en moi comme en un divin docteur et cependant être perdus. Il vous faut être nés de nouveau avant d’être capables d’entrer dans le royaume de Dieu».
Nous recevons ainsi une exhortation des plus solennelles en même temps qu’un avertissement nécessaire. Cette exhortation est : Prenez garde d’être satisfaits d’une profession de foi en Christ. L’avertissement est : N’oubliez jamais que tout est inutile si vous n’êtes pas nés de nouveau. Vous pouvez être très sérieux, très religieux, un modèle de zèle, en haute réputation de sainteté de conduite, ou d’oeuvres utiles et, néanmoins, votre âme peut être perdue, car si vous n’êtes pas nés de nouveau vous ne pouvez même voir le royaume de Dieu.
La réponse à cette question nous conduit à l’une des parties les plus importantes de notre sujet. Nous avons déjà montré que tous les hommes sont pécheurs mais ce n’est pas seulement le fait d’être pécheurs, c’est encore d’avoir une nature mauvaise, corrompue et dépravée, et cette nature irrémédiablement corrompue est l’arbre qui produit tous les mauvais fruits du péché. Les actes de péché manifestent le caractère de cette nature, et cette nature est entièrement impropre pour la présence de Dieu. C’est ici la portée des paroles de notre Seigneur dans ce chapitre : «Ce qui est né de la chair est chair» (v. 6). Tout ce que nous sommes comme hommes naturels, comme enfants d’Adam, est chair et, dans cette chair, il n’habite aucun bien (Rom. 7:18).
Comprenons-nous que tous les hommes, sans exception, sont ainsi totalement corrompus et désespérément mauvais ? Oui, tel est le verdict de Dieu sur la nature humaine. Ce qui est né de la chair est chair.
Mais est-il possible que les nobles exemples rapportés par l’histoire, ou bien toutes les aimables, généreuses et bienfaisantes actions que nous rencontrons dans notre vie journalière, soient l’oeuvre de ceux dont la nature est si complètement dépravée ? Certainement il doit y avoir une différence, des degrés dans notre condition naturelle, car comment est-il possible de classer ensemble de telles actions et des péchés grossiers et flagrants ?
Il n’est pas question du caractère extérieur des actions des hommes, si elles provoquent les applaudissements ou le blâme de la part de leurs semblables ; car aussi longtemps qu’elles procèdent d’hommes qui ne sont pas nés de nouveau, elles ne valent rien aux yeux de Dieu. Car il n’y a pas «d’arbre mauvais qui produise de bon fruit... Car on ne récolte pas des figues sur des épines, ni ne cueille du raisin sur un buisson» (Luc 6:43, 44). La parole de Dieu est tout à fait explicite sur ce sujet. «La pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas. Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu» (Rom. 8:7, 8). Ainsi, comme l’a dit Luther, ce n’est pas une question de faire, mais une question d’être ; non pas une question du caractère des actions, mais de leur nature, et Dieu déclare que cette nature est chair, et la chair ne peut être rien que mal à ses yeux. Il est écrit : «La chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu, et la corruption non plus n’hérite pas de l’incorruptibilité» (1 Cor. 15:50).
C’est de là que ressort la nécessité d’être nés de nouveau. Ce qui est né de la chair est chair : «Ne t’étonne pas de ce que je t’ai dit : Il vous faut être nés de nouveau» (Jean 3:7). Cette nécessité est universelle dans son application. Elle concerne l’enfant soumis et obéissant, aussi bien que le fils prodigue, l’actif et zélé philanthrope aussi bien que le condamné dans sa prison. Car la chair est chair et ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Il faut donc avoir une nouvelle nature et une nouvelle vie, et si ces choses ne se trouvent pas, quelle que soit la réputation morale d’un homme, il sera pour toujours exclu du royaume de Dieu.
C’est là en substance la question de Nicodème : «Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ?» (Jean 3:4). Or, au lieu de répondre à la question de possibilité proposée par Nicodème, le Seigneur fait ressortir la manière dont un homme est né de nouveau : «En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu» (v. 5).
Une grande difficulté a été soulevée par les efforts qui ont été tentés de toute part pour tordre le sens de ce symbole. Les ritualistes de bien des nuances ont essayé avec persistance d’appuyer sur ce passage leur faux enseignement de la régénération baptismale. Mais si nous nous bornons aux Écritures, nous trouverons que la difficulté disparaît. D’abord, il est évident que Nicodème aurait dû être en mesure de saisir le sens des paroles du Seigneur, car quand il réplique : «Comment ces choses peuvent-elles se faire ?» Jésus répond et lui dit : «Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais pas ces choses ?» (Jean 3:9, 10). Et si nous nous reportons à l’un des prophètes (dont les écrits auraient dû être connus de Nicodème en sa qualité de docteur d’Israël), nous y trouvons une anticipation claire de cet enseignement du Seigneur. Parlant de la restauration future d’Israël, le prophète Ézéchiel dit : «Je répandrai sur vous des eaux pures, et vous serez purs : je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles. Et je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; et j’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair ; et je mettrai mon Esprit au-dedans de vous, et je ferai que vous marchiez dans mes statuts, et que vous gardiez mes ordonnances et les pratiquiez (Ézéch. 36:25-27). Ici nous avons ce même rapprochement de l’eau et de l’Esprit, et un changement radical suit leur application, impliqué dans cette expression : «Un nouveau coeur». De plus, l’eau est citée dans ce passage dans le sens le plus familier aux Israélites, en rapport avec la purification.
En regard de cette citation, nous demandons quelle est la signification de l’eau ? Le Psaume 119 nous offre cette question : «Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ?» (v. 9). C’est, répond-il, «en y prenant garde selon ta parole». Nous lisons aussi dans le Nouveau Testament : «Par le lavage d’eau par la Parole» (Éph. 5:26), et encore : «Vous êtes déjà nets, à cause de la parole que je vous ai dite» (Jean 15:3. Lisez aussi Jean 13:5-11). L’eau est donc un symbole bien connu de la parole de Dieu. D’autre part, nous trouvons la Parole constamment associée avec la nouvelle naissance dans d’autres passages. «De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité» (Jacq. 1:18). «Vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu : parce que toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe : l’herbe a séché et sa fleur est tombée, mais la parole du Seigneur demeure éternellement. Or c’est cette parole qui vous a été annoncée» (1 Pierre 1:23, 25). L’apôtre Paul, faisant allusion au même sujet, dit aux Corinthiens : «Moi je vous ai engendrés dans le christ Jésus par l’évangile» (1 Cor. 4:15). Ainsi la parole de Dieu prêchée dans l’évangile est le premier moyen de la nouvelle naissance, que le Seigneur présente ici sous le type de l’eau.
«C’est l’Esprit qui vivifie» (Jean 6:63). «La lettre tue, mais l’Esprit vivifie» (2 Cor. 3:6). L’Esprit agissant avec et par la parole de Dieu vivifie les âmes mortes, et elles sont nées de nouveau. La Parole ne peut faire cela sans l’intervention du Saint Esprit, mais l’Esprit de Dieu se sert de la Parole comme instrument, pour amener les âmes de la mort à la vie, produisant en elles, à la fois, une nouvelle nature et une vie nouvelle. Les Écritures nous fournissent plusieurs illustrations de ce fait. Prenons la plus frappante de toutes — le jour de la Pentecôte. Les meurtriers du Seigneur Jésus étant rassemblés autour de Pierre et des autres apôtres, Pierre leur annonce la parole de Dieu et leur dit : «Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié» (Actes 2:36). Au commencement du chapitre, dans le récit de la descente du Saint Esprit, il est dit des apôtres «qu’ils furent tous remplis de l’Esprit Saint et commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer». Pierre parlait donc par la puissance du Saint Esprit et le même Esprit, revêtant la parole de Dieu d’une grande puissance, une multitude de personnes furent nées de nouveau ; le changement produit en elles fut constaté par le fait qu’ils «eurent le ceeur saisi de componction et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Que ferons-nous ?» (v. 37). Il en est de même aujourd’hui, quand des hommes sont nés de nouveau. C’est toujours par l’Esprit de Dieu, par le moyen de la Parole. Il n’y a pas d’autre moyen.
Nous pouvons, maintenant, en présence de l’enseignement du Seigneur, définir plus exactement le sens de ces paroles. Dans l’évangile de Jean, ch. 3, v. 9, Nicodème demande : «Comment ces choses peuvent-elles se faire ?» En premier lieu, le Seigneur lui reproche avec douceur son ignorance (v. 10) et son incrédulité (v. 11, 12), et ensuite il lui donne une réponse complète à la question qu’il lui avait adressée. Celle-ci comprend trois parties, qui révèlent ensemble tout le mystère que l’esprit de Nicodème ne pouvait comprendre.
Ceci est le fondement de tout dans la parole de Dieu, dans l’évangile, par lequel sous l’action de l’Esprit de Dieu les âmes sont amenées à la vie nouvelle. «Personne n’est monté au ciel, sinon Celui qui est descendu du ciel, le fils de l’homme qui est dans le ciel» (v. 13). Nous avons ici le grand mystère de l’incarnation du Fils de Dieu. Il était dans le ciel, mais il «est descendu du ciel». Il naquit d’une femme et devint le Fils de l’homme sur la terre, et toutefois pendant qu’il parle à Nicodème il peut dire de Lui-même «qui est dans le ciel». C’est le Dieu-Homme, vrai homme, et vrai Dieu, qui est ici révélé dans la personne du Fils de l’homme. C’est cette merveilleuse dignité de la personne de Christ, qui donne une vertu infinie à son oeuvre ; de là la nécessité de garder avec un soin jaloux la vraie doctrine de la personne de notre Seigneur, et de rejeter tout enseignement capable de déprécier soit sa nature humaine, soit sa nature divine. Tout ce qui est hostile à la personne de Christ, s’oppose à sa croix et à son sacrifice expiatoire. La personne de Christ est le fondement de l’évangile de la grâce de Dieu et lui donne son caractère. «Car c’est le Dieu qui a dit que du sein des ténèbres la lumière resplendît, qui a relui dans nos coeurs pour faire luire la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ» (2 Cor. 4:6).
C’est ici que nous trouvons le second des divins «il faut». «Il vous faut», dit le Seigneur, «être nés de nouveau». Et maintenant il dit : «Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:14, 15). Mais pourquoi fallait-il que le Fils de l’homme fût élevé et crucifié ? C’était une nécessité morale, car «sans effusion de sang il n’y a pas de rémission» (Héb. 9:22). Parce que, prenant la place du pécheur, il devait être «blessé pour nos transgressions» et «meurtri pour nos iniquités» (És. 53:5) ; parce que, par le fait que nous étions sous le jugement et la condamnation du péché, il fallait qu’il mourût à notre place : car il a lui-même «porté nos péchés en son corps sur le bois» (1 Pierre 2:24). C’était, en un mot, en tant que substitut du pécheur, qu’il lui fallait être élevé, «afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:15). Il devient ainsi la source de la vie ; de plus, en résurrection il est la vie de chaque croyant (Col. 3:3, 4) ; car c’est dans la nouvelle naissance que cette vie est communiquée par la puissance de l’Esprit vivifiant. Mais, par le caractère de sa mort, comme substitut du pécheur sur la croix, il est la vie de ceux qui croient ; car c’est dans la mort qu’il a expié nos péchés, et fait la propitiation, et par ce moyen, il a enlevé toute barrière entre un Dieu de grâce et des pécheurs perdus. Dès lors il peut dire : «Celui qui croit en moi, encore qu’il soit mort, vivra» (Jean 11:25).
C’est ainsi une vie sortant de la mort, une vie dans un Sauveur crucifié et ressuscité, parce que «par la mort, il rendit impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort» (Héb. 2:14), car «à moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jean 12:24).
La foi est le lien entre le pécheur et Christ, tout comme l’attouchement était le lien entre ceux qui étaient guéris et Christ, dans les jours de sa vie ici-bas. En sorte que «quiconque croit en lui» ne périt pas, mais a la vie éternelle (Jean 3:15, 16). Ceci sera compris tout de suite, si l’on considère le parallèle que le Seigneur place ici devant Nicodème. Il compare sa propre «élévation», à celle du serpent élevé par Moïse au désert (Nomb. 21:6-9). Des serpents mordaient les enfants d’Israël et les faisaient mourir ; ce fut au serpent qu’ils furent invités à regarder afin de vivre. Le péché a été la cause de notre mort. «Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, etc.» (Rom. 5:12). De même, c’est à Celui qui a été fait péché pour nous (2 Cor. 5:21), que nous sommes appelés à croire pour avoir la vie.
C’est donc ici le point capital à saisir, savoir le rapport qui existe entre le fait de regarder au serpent et la foi. Nous lisons : «Et Moïse fit un serpent d’airain, et le mit sur une perche ; et il arrivait que, lorsqu’un serpent avait mordu un homme, et qu’il regardait le serpent d’airain, il vivait» (Nomb. 21:9). Remarquez d’abord, que c’était l’Israélite mordu qui regardait, et secondement, qu’il regardait par obéissance de foi, croyant la parole de Dieu. Il en est exactement ainsi de Christ élevé. Quiconque prend la position d’un pécheur, reconnaissant qu’il est «mordu», perdu sans ressource par le péché, s’il regarde à Christ dans l’obéissance de la foi, ne périra pas, mais il a la vie éternelle. Nous voyons ainsi, comme dans la Pâque, qu’il n’y a pour le pécheur absolument aucune oeuvre à faire. Il a simplement à croire le témoignage que Dieu a donné de son Fils, savoir, que Dieu a réglé le compte du péché dans la mort de Christ et que dès lors il proclame la vie pour tous ceux qui croient. Dès que le pécheur a la foi dans le Seigneur Jésus Christ, il est né de nouveau ; il a la vie éternelle.
L’évangile est prêché, cette parole de Dieu qui dit à une race coupable, que «Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique (livré à la mort), afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16). Le Saint Esprit revêt le message de Dieu de grâce et de puissance. Il pénètre dans les coeurs des pécheurs ; ils croient, ils sont vivifiés, ils naissent de nouveau, ils ont la vie éternelle (Jean 3:16).
Cher lecteur, êtes-vous né de nouveau ? Avec cette parole pénétrante devant les yeux, vous pouvez sans difficulté répondre à cette question. Si vous l’êtes, votre âme entière éclatera en actions de grâces à Dieu pour le don de son Fils unique ! Si vous ne l’êtes pas, laissez-moi vous avertir encore une fois qu’il n’est pas question de ce que vous pouvez être bon fils ou bonne fille, mari dévoué ou épouse affectionnée, bon père ou tendre mère. Si vous n’êtes né de nouveau, vous êtes en dehors du royaume de Dieu, ruiné, perdu sans espoir. Serez-vous satisfait d’une telle condition ? Que fût-il advenu si les Israélites mordus avaient refusé de regarder au serpent d’airain, disant : «Nous pouvons peut-être nous guérir» ? Ils seraient morts dans leur angoisse et leur péché. De même, si vous refusez de croire à Christ, de croire en Lui, il n’y a pas d’autre remède ; et au lieu d’avoir la vie éternelle, vous périrez pour toujours. Mais si vous vous soumettez à cette nécessité d’être né de nouveau, reconnaissant votre véritable condition devant Dieu, et regardant à Christ avec une foi simple, vous passerez immédiatement de la mort à la vie.
«Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre seigneur Jésus Christ» (Rom. 5:1). C’est ici la conclusion à laquelle l’apôtre arrive, après avoir constaté les conditions en vertu desquelles Dieu peut rencontrer le pécheur en grâce et justifier quiconque croit en Jésus. Le principe que renferme cette conclusion est si important et si nécessaire à comprendre, que nous nous proposons de le considérer en détail, afin de montrer aux âmes angoissées comment Dieu a posé soigneusement le fondement de la paix, entièrement en dehors d’elles-mêmes, en sorte qu’elles puissent reconnaître que le Rocher sur lequel cette paix est fondée, c’est Christ seul et son oeuvre.
La justification est par la foi ; c’est-à-dire sur le principe de la foi, en contraste avec le principe des oeuvres. Le souvenir de ce fait nous épargnerait bien des confusions, et c’est sur ce contraste que l’apôtre établit toute son argumentation. Ainsi, après avoir dépeint l’état des nations et des Juifs, et avoir prouvé que les uns et les autres sont convaincus de péché, il dit : «C’est pourquoi nulle chair ne sera justifiée» devant Dieu par des oeuvres de loi (Rom. 3:20). Et encore : «Nous concluons que l’homme est justifié par la foi, sans oeuvres de loi» (v. 28). De même, après avoir cité l’exemple de la justification d’Abraham : «Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice», il nous dit : «À celui qui ne fait pas des oeuvres, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est comptée à justice» (Rom. 4:3, 5). Nous avons, par conséquent, le contraste le plus complet entre la loi et l’évangile. La loi disait : «Celui qui aura fait ces choses vivra par elles» (Gal. 3:12) mais l’évangile proclame que Dieu justifie quiconque croit en Jésus (Rom. 3:26). Ce n’est donc plus une question d’oeuvres ou de quelque chose à faire de la part de l’homme, car Dieu a démontré la ruine complète et définitive de l’homme, dans toutes les positions où il avait été placé. Le gentil sans loi et le Juif sous la loi sont convaincus comme pécheurs, «afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit coupable devant Dieu» (Rom. 3:19). À cause de cela, l’homme est entièrement exclu de la possibilité de faire quoi que ce soit pour se restaurer, ou se sauver lui-même. Il est déjà sous la condamnation, perdu ; par conséquent, les oeuvres ou actions de quelque genre que ce soit sont entièrement sans profit. Et s’il doit maintenant être sauvé, ce ne peut être que sur le principe de la foi ; «car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu» (Éph. 2:8). Il n’a jamais, par ses plus grands efforts, obtenu aucune justice devant Dieu ; c’est pourquoi il ne peut éviter la justice de Dieu, telle qu’elle est révélée dans l’évangile, par la foi pour la foi (Rom. 1:17).
Il est très important de bien comprendre ce sujet ; car c’est à cela précisément que les Juifs se sont heurtés dès le commencement. Ainsi, nous lisons au chapitre 10, que «ignorant la justice de Dieu et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu. Car Christ est la fin de la loi pour justice à tout croyant» (Rom. 10:3, 4). Jusqu’à ce que les âmes aient compris qu’elles ne peuvent pas «établir leur propre justice», que leurs justices sont «comme un vêtement souillé» devant Dieu (És. 64:6), elles n’accepteront jamais cette vérité, qu’elles ne peuvent être justifiées autrement que sur le principe de la foi et que le moyen pour être sauvées, c’est la grâce de Dieu envers nous dans le Seigneur Jésus. Mais une fois cela compris, le résultat est immense ; car nos yeux sont immédiatement détachés de nous-mêmes et dirigés vers Celui qui est le seul Sauveur. Nous abandonnons nos propres ressources, pour nous soumettre à la justice de Dieu qui est sur le principe de la foi.
Nous pouvons maintenant rechercher quel est l’objet proposé à la foi en vue de la justification. Ceci est clairement défini en Romains 4. L’apôtre, comme nous l’avons vu, rapporte qu’Abraham crut Dieu et que cela lui fut imputé pour justice ; et, de plus, il met devant nos yeux les circonstances et le caractère de sa foi, faisant surtout remarquer qu’elle était antérieure à la circoncision et que la loi n’a rien eu à faire avec la promesse qu’il a reçue (v. 9-16). Ensuite il ajoute : «Or ce n’est pas pour lui seul qu’il a été écrit que cela lui a été compté, mais aussi pour nous, à qui il sera compté, à nous qui croyons en celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification» (v. 23-25). L’objet proposé à la foi d’Abraham était Dieu lui-même, dans la promesse qu’il serait «héritier du monde» (v. 13), et contre espérance il «crut avec espérance, pour devenir père de plusieurs nations, selon ce qui a été dit : Ainsi sera ta semence. Et n’étant pas faible dans la foi, il n’eut pas égard à son propre corps déjà amorti, âgé qu’il était d’environ cent ans, ni à l’état de mort du sein de Sara ; et il ne forma point de doute sur la promesse de Dieu par incrédulité, mais il fut fortifié dans la foi, donnant gloire à Dieu, et étant pleinement persuadé que ce qu’il a promis, il est puissant aussi pour l’accomplir. C’est pourquoi aussi cela lui a été compté à justice» (v. 18-22).
L’objet de sa foi était ainsi un Dieu de promesse ; mais l’objet proposé à notre foi est un Dieu d’accomplissement. Car la justice nous sera imputée, si nous «croyons en celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur» (v. 24). C’est pourquoi Dieu est présenté au pécheur, dans l’évangile, comme Celui qui est intervenu en grâce, procurant la rédemption en Christ et proclamant que Christ a été livré pour nos offenses et ressuscité pour notre justification : c’est-à-dire un Dieu Sauveur, un Dieu qui n’exige maintenant du pécheur que la foi en Lui-même ; ne réclamant rien de l’homme, parce qu’il a envoyé son Fils unique pour prendre toutes nos responsabilités sur Lui, pour satisfaire, par sa mort, à toutes les exigences qu’un Dieu saint avait contre nous, et régler pour toujours la question du péché. Ainsi glorifié, Dieu peut maintenant, sur le fondement d’une oeuvre de rédemption accomplie, recevoir avec justice et justifier tous ceux qui croient. Dieu a pourvu de cette manière, en grâce, par les ressources d’amour de son propre coeur, à tous les besoins du pécheur, par le précieux sang de Christ, pour le purifier de sa culpabilité, et par une justice divine dans laquelle il peut subsister en Sa propre présence ; il a fourni, de fait, tout ce qui manquait au pécheur, pour l’amener, de son éloignement dans la condamnation et dans la mort, jusqu’à Dieu lui-même. Dans l’évangile de la grâce, il est donc présenté comme Celui qui donne et non comme Celui qui exige, puis comme objet de foi quant à son témoignage au sujet de ce qu’il a fait pour nous dans son Fils et par Lui.
Au troisième chapitre, le sang de Christ est présenté comme l’objet de la foi. «Étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le christ Jésus, lequel Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang» (Rom. 3:24, 25). La portée de ce passage est différente : le monde entier est reconnu coupable devant Dieu (v. 19). La question, ici, est : comment satisfaire aux exigences de Dieu comme Juge ? la réponse se trouve dans le sang de Christ, donné par la grâce de Dieu, en sorte que le plus coupable peut venir et être justifié par la foi dans le sang de Christ (v. 24-26). Mais, dans le passage que nous avons examiné, Dieu se manifeste, ainsi que nous l’avons dit plus haut (Rom. 4:18-22), comme un Dieu Sauveur, satisfait de l’oeuvre de Christ, dont la mort a fait l’expiation du péché ; il se présente ainsi, Lui-même, comme le Dieu de grâce dans la rédemption et comme l’objet de la foi du pécheur. Combien cela est simple et béni ! Qu’est-ce que Dieu demande des pécheurs ? Seulement qu’ils le croient, et qu’ils reçoivent son témoignage touchant ce qui a été accompli en leur faveur par la mort de son Fils. En même temps il leur présente, pour confirmer son témoignage, le fait de la résurrection du Seigneur Jésus d’entre les morts. C’est comme si Dieu nous disait : «Si vous avez besoin d’une preuve que Christ a été livré pour vos offenses, et qu’il les a expiées par sa mort, et que tous mes droits contre vous ont été complètement satisfaits, contemplez sa résurrection. Je l’ai ressuscité d’entre les morts et fait asseoir à ma droite dans la gloire, pour constater devant tous qu’il a achevé l’oeuvre de l’expiation et que je l’ai acceptée».
Quiconque croit en Lui est justifié, c’est-à-dire que nous sommes par la foi estimés justes devant Dieu, justes en Christ ; car Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu «l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui» (2 Cor. 5:21). Ceci dépasse de beaucoup la purification de la culpabilité, ou le pardon des péchés, parce que nous avons dans la justification une justice positive qui nous rend propres pour la présence de Dieu. Le sang de Christ, comme nous l’avons vu, en est la cause méritoire, d’une valeur si infinie en notre faveur, que, glorifié ainsi dans l’expiation de nos péchés, Dieu peut avec justice, à cause de la justice de son Fils, nous recevoir, nous pardonner, nous justifier et nous amener dans la place où est Christ lui-même. Comme l’exprime ailleurs l’apôtre : «Or vous êtes de lui dans le christ Jésus, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption» (1 Cor. 1:30).
Nous sommes si complètement identifiés avec Christ devant Dieu, que sa place est notre place, son acceptation notre acceptation, car nous sommes en Lui, c’est pourquoi l’apôtre Jean peut écrire : «Comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde» (1 Jean 4:17). Ceci suffira pour montrer le caractère complet de notre justification, et pour aider des âmes angoissées à comprendre que c’est Dieu Lui-même qui justifie le croyant. Car s’il nous justifie, s’il est si complètement satisfait de ce qui a été fait pour nous, qu’il nous absout de toute oeuvre et nous fait asseoir en Christ devant Lui-même, qui peut nous condamner ? (Rom. 8:33, 34). Qui peut nous accuser, ou qui peut diminuer d’un point ou d’un trait la perfection de notre acceptation ? Dieu a parlé ; il a déclaré que nous sommes «justifiés par la foi», et sa parole demeure éternellement.
«Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre seigneur Jésus Christ». Ces paroles : «Nous avons la paix», ne signifient pas nécessairement que nous en jouissons ; car certainement, un grand nombre de ceux qui sont justifiés devant Dieu ne connaissent que très peu cette paix. Le fait est que la paix nous est donnée ; qu’elle est faite entre nos âmes et Dieu, que toute question entre Lui et nous est si parfaitement réglée, qu’il n’a plus rien contre nous et, par conséquent, la paix est notre privilège.
Mais si c’est une chose faite et qui nous est acquise, qu’est-ce qui empêche tant d’âmes de jouir de la possession de cette paix ? C’est uniquement l’incrédulité ; elles regardent au-dedans d’elles, à leur propre état, au lieu de regarder au-dehors à ce que Dieu a fait pour elles. Nous ne pouvons nous réjouir de cette paix que lorsque nous savons qu’elle nous appartient. Et nous ne pouvons savoir cela qu’en croyant la parole de Dieu. Mais si nous croyons, nous sommes justifiés, nous avons la paix, quels que puissent être nos sentiments ou notre expérience. Et de même aussi nous conserverons la jouissance de la paix par une confiance simple dans la parole de Dieu. Il est de la première importance de savoir qu’elle est à nous ; si les âmes sont ballottées de côté et d’autre par les doutes et les craintes, c’est qu’elles hésitent à croire à la plénitude de la grâce de Dieu. Elles sont par ce fait faibles et sans appui et deviennent la proie facile du tentateur ; tandis que si elles se reposaient avec confiance sur la parole certaine de Dieu qu’elles ont la paix, qui a été faite par l’oeuvre de Christ et faite pour elles, elles pourraient chanter au milieu de l’orage et présenter un front assuré devant toute difficulté. Elles ne seraient pas troublées par les perfides suggestions de Satan, sachant que la paix repose sur la croix de Christ, qu’elle est à la fois certaine et ferme, inaliénable et immuable ; un fondement sur lequel elles peuvent bâtir et demeurer en sûreté pour toujours. Car la paix de celui qui est justifié est le résultat d’une rédemption accomplie, fondée sur la croix, et dont la preuve est dans la résurrection de Christ.
Quelques-uns seront encouragés dans leur confiance, si nous leur rappelons que Dieu est juste, en même temps qu’il est Celui qui justifie ceux qui sont de la foi de Jésus (Rom. 3:26), c’est-à-dire qu’il est juste à l’égard des droits auxquels a satisfait l’oeuvre de Christ, ou plutôt Christ dans son oeuvre. C’est donc ce que Christ a acquis pour nous ; et c’est pour cela qu’il est notre paix (Éph. 2:14).
Il ne faut jamais oublier que cette paix n’existe pas en dehors de Christ, mais en Lui et par son moyen ; et en conséquence que c’est une paix juste, une paix que Dieu nous confère et nous accorde avec justice par le Seigneur Jésus Christ.
Ayant démontré quelle est la provision de Dieu pour le besoin des âmes, nous pouvons maintenant examiner le sujet, au point de vue de l’homme. Dès le moment qu’un homme est convaincu de péché, la question s’élève dans son coeur sous une forme ou sous une autre : «Que faut-il que je fasse ?» Il en fut ainsi au jour de la Pentecôte, quand les Juifs furent saisis dans leur coeur par la puissance du Saint Esprit, ensuite de la prédication de Pierre. «Hommes frères», dirent-ils, «que ferons-nous ?» Le geôlier demanda à Paul et à Silas : «Que faut-il que je fasse pour être sauvé ?» (Actes 16:30). Deux fois le Seigneur lui-même fut interrogé. «Que ferai-je afin que j’hérite de la vie éternelle ?» (Marc 10:17 et Luc 10:25). La question que Paul ou plutôt Saul adresse au Seigneur : «Que dois-je faire, Seigneur ?» (Actes 22:10) est différente, et il n’est pas nécessaire de l’examiner ici. Le propre de ces questions est que le «Je» occupe la place principale, ou plutôt peut-être l’idée de faire quelque chose. «Que faut-il que je fasse ?» C’est là un signe indubitable que les questionneurs n’ont pas encore appris ce que Dieu est, ni leur vraie place devant Lui. C’est à ce point de vue qu’il importe surtout d’examiner la question, parce qu’elle marque pour beaucoup d’âmes une époque caractéristique de leur carrière. Il y a très peu de personnes, en vérité, qui n’aient pas posé la même question à quelque époque de leur travail d’âme. Nous nous proposons donc d’examiner quelques-uns des exemples que nous avons cités, pour nous rendre compte de la réponse que nous fournit la parole de Dieu.
Prenons premièrement le cas du jeune homme de Marc 10:17 ; Matthieu 19:16 ; Luc 18:18. Nous lisons que lorsque Jésus «sortait sur la route, un homme accourut, et, se jetant à genoux devant lui, il lui demanda : Bon Maître, que ferai-je afin que j’hérite de la vie éternelle ? Et Jésus lui dit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon, sinon un seul, Dieu. Tu sais les commandements : Ne commets point adultère ; ne tue point ; ne dérobe point ; ne dis point de faux témoignage ; ne fais tort à personne ; honore ton père et ta mère. Et répondant, il lui dit : Maître, j’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse». Matthieu rapporte que le jeune homme ajouta : «Que me manque-t-il encore ?» «Et Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : Une chose te manque : va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix. Et lui, affligé de cette parole, s’en alla tout triste, car il avait de grands biens» (Marc 10:17-22). Cet exemple est d’autant plus frappant et instructif, que ce jeune homme était si irréprochable et d’une conduite si exceptionnelle. Il était à la fois sincère et intègre, un de ceux qui pouvaient dire comme Paul, que pour ce qui était de la justice par la loi, il était sans reproche (Phil. 3:6), car à l’énumération que le Seigneur lui fait des commandements, il répond : «J’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse», et il ajoute : «Que me manque-t-il encore ?» (voyez Matt. 19:20). Ce jeune homme n’est-il pas le portrait de beaucoup de personnes de nos jours, jeunes gens et autres, dont toute la vie morale, dans son apparence extérieure du moins, ne laisse rien à désirer ? Doux, aimables et affectueux, attentifs à leurs devoirs de fils ou de filles, droits et honorables dans toutes les circonstances de la vie, et diligents aussi dans l’observance de tout ce qui est appelé devoirs religieux, ils gagnent l’estime de tout leur entourage, amis et connaissances. Que leur manque-t-il encore ? La réponse du Seigneur au jeune homme est aussi la réponse à notre question. Que renferme-t-elle donc ? D’abord que l’homme ne peut rien apporter à Dieu, et par conséquent qu’il ne peut rien faire pour hériter de la vie éternelle. Comme Paul, il doit apprendre que sa justice est comme un linge souillé, pour estimer que les choses qui lui étaient un gain comme homme naturel lui sont une perte à l’égard de Christ, et que rien de ce qu’il est, ou de ce qu’il a fait, ne lui donne de mérite devant Dieu ; ce qu’il a de meilleur même doit être mis de côté comme indigne et souillé.
En outre, le Seigneur entend qu’il faut que l’homme abandonne volontairement tout ce qu’il a — soi-même, sa propre justice et tout le reste — à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus Christ. C’est pourquoi le Seigneur dit au jeune homme de vendre tout ce qu’il a et de le donner aux pauvres, et «viens, suis-moi, ayant chargé la croix».
Telle est la première réponse à la question : Que faut-il que je fasse pour hériter de la vie éternelle ? Il faut prendre la place de gens dénués, sans ressource — soi-même, le monde et toutes choses étant sans valeur — aux pieds de Jésus. Et n’oublions pas le solennel avertissement de tout ce récit, c’est que la supériorité du caractère et les avantages de la position, etc., doivent être classés parmi les plus grands obstacles pour venir à Christ, parce qu’ils déguisent et voilent souvent la réelle condition de l’âme devant Dieu.
L’exemple du docteur de la loi (Luc 10). Celui-ci est à plusieurs points de vue complètement différent de celui que nous venons de considérer ; car le docteur de la loi vient pour éprouver Christ, et occupe ainsi une place morale au-dessous du précédent. C’est pourquoi le Seigneur donne ici une leçon beaucoup plus profonde sur la véritable condition de l’homme. «Et voici, un docteur de la loi se leva pour l’éprouver, et dit : Maître, que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle ? Et il lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lis-tu ? Et répondant, il dit : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même». Et il lui dit : Tu as bien répondu ; fais cela, et tu vivras. Mais lui, voulant se justifier lui-même, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? etc.» Alors suit la parabole du bon Samaritain (Luc 10:25-37). Ici le Seigneur prend, sur son propre terrain, le docteur de la loi qui vient pour l’éprouver, c’est-à-dire sur le terrain de la loi, et ainsi il accepte son témoignage des exigences de la loi, ajoutant les paroles prononcées après sa promulgation : «Fais cela, et tu vivras», lesquelles choses si l’homme les accomplit, il vivra par elles (Lév. 18:5). Mais il emploie la loi, selon son but divin, comme le type des exigences de Dieu à l’égard de l’homme dans la chair, et comme telle apportant la connaissance du péché (Rom. 3:20). Car ses paroles : «Tu as bien répondu ; fais cela, et tu vivras» (v. 28), amènent le docteur de la loi à la conviction de péché. Aussi lisons-nous : «Lui, voulant se justifier lui-même, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ?» Le Seigneur l’avait sondé avec cette parole qui «est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants, et atteignant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du coeur» (Héb. 4:12). Mais au lieu de s’humilier, il cherche à en esquiver l’application, en insinuant même l’impossibilité d’accomplir le commandement divin. Il cherche à se justifier, comme s’il était possible à un homme d’être justifié devant Dieu, en alléguant que puisqu’il ne peut définir le commandement divin, on ne peut s’attendre à ce qu’il l’accomplisse. Mais le Seigneur a fait entrer dans son âme la connaissance du péché, et maintenant, pour lui enseigner aussi qui est son prochain, il propose la parabole de l’homme tombé entre les mains des voleurs, et comment il a été secouru par un Samaritain.
Quelles sont les leçons qu’on peut tirer de cette réponse à la question : «Que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle ?» Ce n’est pas seulement que l’homme ne peut rien faire, mais qu’il est convaincu comme pécheur devant Dieu ; en sorte que nous avons dans cette parabole le tableau de la condition de l’homme. Elle est ainsi décrite : «Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho, et tomba entre les mains des voleurs, qui aussi, l’ayant dépouillé et l’ayant couvert de blessures, s’en allèrent, le laissant à demi mort» (v. 30). Le lieu même où le voyageur est assailli est significatif. Il descendait de Jérusalem, la cité de Dieu, à Jéricho, la ville maudite (Josué 6:26), peinture frappante du voyage du pécheur vers la perdition. Il tombe entre les mains des voleurs qui le dépouillent, le blessent et s’en vont, le laissant à demi mort ; et ainsi, le voilà gisant sans aide et sans espoir, et sur le point de mourir. Qui ne verra dans ce tableau la condition de l’homme pécheur ? Et quelle folie ne serait-ce pas à celui qui se trouve dans un tel état de demander : Que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle ? La question est plutôt : Qu’y a-t-il à faire pour le sauver ? Et c’est ce que le Seigneur veut enseigner au docteur de la loi — la folie d’un pécheur qui demande ce qu’il peut faire, tandis que, s’il est sauvé, ce doit être par la grâce et par l’intervention d’un autre. Cette dernière vérité est dépeinte dans le Samaritain. Mais auparavant un sacrificateur et un lévite passent par là et abandonnent le malheureux homme à son sort, montrant l’impuissance de la loi à sauver l’âme. Alors le Samaritain se présente, «et, le voyant, il fut ému de compassion, et s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin ; et l’ayant mis sur sa propre bête, il le mena dans l’hôtellerie et eut soin de lui. Et le lendemain, s’en allant, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, et lui dit : Prends soin de lui ; et ce que tu dépenseras de plus, moi, à mon retour, je te le rendrai» (v. 33-35). Qui est donc le Samaritain ? Certainement, nul autre que Christ — Christ, dans la compassion de son amour, cherchant et sauvant ceux qui étaient perdus. Car il est ému de pitié par la misère de l’homme pauvre et abandonné, il bande ses plaies, il le conduit dans un lieu sûr, le soigne, l’entretient, et pourvoit à tous ses besoins jusqu’à son retour. De toute cette scène nous apprenons donc : 1° que l’homme est pécheur ; 2° en tant que pécheur, qu’il est à la fois perdu et sans aide ; 3° par conséquent qu’il ne peut rien faire ; et 4° que, s’il doit être sauvé, ce sera seulement par Christ, et par ce que Christ a fait.
Ceci nous amène à examiner l’exemple du geôlier (Actes I6). Nous prenons celui-ci plutôt que celui des Juifs au jour de la Pentecôte, parce que la question qu’il pose est plus positive. Paul et Silas avaient été mis en prison à Philippes, à l’instigation d’une foule irritée ; et sur le minuit, lisons-nous, les apôtres priaient et chantaient les louanges de Dieu, lorsque «tout d’un coup il se fit un grand tremblement de terre, de sorte que les fondements de la prison furent ébranlés ; et incontinent toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous furent détachés» (Actes 16:25, 26). Le gardien de la prison fut terrifié et, dans l’agitation du moment, croyant que les prisonniers s’étaient enfuis, il se serait tué sans l’intervention de Paul. «Et ayant demandé de la lumière, le geôlier s’élança dans la prison, et tout tremblant il se jeta aux pieds de Paul et de Silas. Et les ayant menés dehors, il dit : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? Et ils dirent : Crois au seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta maison» (v. 27-31).
Pourquoi Paul et Silas répondent-ils autrement au geôlier, que le Seigneur ne l’avait fait dans les deux cas précédents ? La réponse, dans chaque exemple, est appropriée à la condition morale du questionneur. Paul et Silas peuvent porter immédiatement les yeux du geôlier sur Christ, parce qu’il est venu dans la condition morale représentée par l’homme mourant de la parabole précédente. En sorte que, si quelques-uns de mes lecteurs ont la même question à poser, ils ne peuvent en recevoir la réponse avant d’avoir pris la même position. Nous avons déjà insisté sur cette vérité dans le deuxième chapitre, mais nous devons encore l’accentuer ici. Car jusqu’à ce que la leçon ait été acceptée, le chemin du salut ne peut être connu. Cher lecteur, avez-vous appris, non seulement que vous ne pouvez rien apporter à Dieu, que même les choses qui pourraient vous être avantageuses auprès des hommes sont sans valeur devant Lui, mais encore que vous êtes pécheur et, comme tel, perdu et ruiné ; que, partant, vous ne pouvez rien faire pour votre salut et que, si vous devez être sauvé, ce sera par l’oeuvre de grâce d’un autre ? S’il en est ainsi, nous pouvons dès maintenant développer devant vous la vérité bénie contenue dans ces paroles : «Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé» (v. 31).
Donc, pour être sauvé, pour avoir la vie éternelle, il vous faut croire au Seigneur Jésus Christ. Ce n’est pas une question de faire, mais de croire. Maintenant, ce n’est pas ce que le pécheur peut faire, mais ce que Christ a fait, car il a pris sur lui ce que j’avais mérité, tandis que je reçois le fruit de ce qu’il a fait. Dorénavant ce sera : «Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé». Il n’y a pas d’autre chemin ; c’est pourquoi le salut est toujours attaché à la foi. Prenons quelques exemples : «Ta foi t’a sauvée, va-t’en en paix» (Luc 7:50). «Lève-toi, et t’en va ; ta foi t’a guéri» (Luc 17:19). «Qui croit au Fils a la vie éternelle» (Jean 3:36). «Celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie» (Jean 5:24). «En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit en moi, a la vie éternelle» (Jean 6:47). «Tous les prophètes lui rendent témoignage, que, par son nom, quiconque croit en lui reçoit la rémission des péchés» (Actes 10:43). «Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ» (Rom. 5:1, etc.).
Eh bien ! cher lecteur, croyez-vous au Seigneur Jésus Christ ? Nous avons montré la position que le pécheur doit occuper premièrement ; qu’il doit recevoir le témoignage que Dieu porte à son sujet — coupable, abandonné et perdu. Si vous acceptez la parole de Dieu touchant votre état et votre condition, nous pouvons vous indiquer l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, car Celui qui nous déclare ce que nous sommes à ses yeux, par notre nature et notre conduite, est aussi Celui qui a pourvu à notre rédemption en Christ : «Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16). Détournez vos regards de vous-même pour les porter sur Christ, acceptez le témoignage de Dieu concernant Christ, et dans cette contemplation vous passerez de la mort à la vie. «La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, c’est-à-dire la parole de la foi, laquelle nous prêchons, savoir que, si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. Car du coeur on croit à justice, et de la bouche on fait confession à salut» (Rom. 10:8-10).
Dès que l’âme est réveillée, convaincue de péché et dirigée vers Christ, les difficultés apparaissent souvent de tous côtés, comme des obstacles insurmontables à la bénédiction désormais si ardemment désirée. Amplifiées par l’incrédulité inhérente à nos coeurs, et renouvelées continuellement par l’activité de Satan, elles paraissent insolubles. Aussi serons-nous peut-être utile à quelques-uns, en exposant et développant les formes qu’elles revêtent le plus fréquemment. En même temps, nous rappellerons que le seul capable de résoudre efficacement les difficultés est le Seigneur lui-même ; et qu’elles ne cesseront d’oppresser l’esprit que si on les expose simplement devant le trône de la grâce.
Combien souvent de telles paroles sont prononcées par le pécheur convaincu, quand il entend parler de la plénitude de la grâce de Dieu dans le Christ Jésus. «Oui, dit-il, Christ est capable de sauver et Dieu, je n’en doute pas, désire faire grâce. Mais je suis trop coupable. J’ai péché contre la lumière et la connaissance ; d’autres peuvent venir pour être sauvés ; mais pour moi il n’y a pas d’espoir !» Deux ou trois remarques montreront le fond de cette objection. Premièrement, c’est un doute sur l’efficace du précieux sang de Christ ; car s’il n’est pas capable de vous purifier, c’est qu’il ne peut pas purifier de tout péché. En outre, cela indique qu’on se défie de la sincérité de Dieu, quand il invite les pécheurs par la prédication de son évangile, qui dit : Quiconque croit en Christ ne périra pas, mais il a la vie éternelle (Jean 3:16). «Que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie» (Apoc. 22:17). Or si vous dites que vous n’êtes pas du nombre de ces «quiconque», qu’est-ce, sinon mettre en doute la vérité de Dieu ? Le Seigneur lui-même dit encore : «Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs» (Matt. 9:13). Ce n’est pas quelques pécheurs, mais tous les pécheurs. Ainsi, être un pécheur, c’est être qualifié pour venir à Christ ; et plus vous êtes convaincu de votre état de péché, plus aussi il vous faut être convaincu qu’il n’y a rien dans votre cas qui puisse vous exclure de la miséricorde de Dieu.
La racine d’une telle objection n’est-elle peut-être pas votre propre justice ? car, en réalité, c’est dire que vous n’êtes pas assez digne. Comme quelqu’un l’a dit : «Lorsque Dieu parle, si je refuse de le croire, à cause de ma propre appréciation, je le fais menteur» (voyez 1 Jean 5:10). Quand Dieu proclame son amour, si je refuse d’y croire, parce que je ne me trouve pas assez digne, je démontre seulement l’orgueil enraciné dans mon coeur ; car l’amour de Dieu se manifeste spontanément, sans rien demander en retour. Il n’est pas éveillé par mes mérites, mais par ma misère. Il n’est pas question non plus de ce que je mérite, mais de ce que Christ mérite. Christ a pris la place du pécheur sur la croix, afin que le pécheur puisse partager sa place dans la gloire. Christ a reçu ce que méritait le pécheur, afin que le pécheur puisse recevoir ce que Christ mérite. En sorte que le moi est tout à fait mis de côté.
D’ailleurs, ajoutons que le Seigneur a répondu par anticipation à votre objection pendant qu’il était sur la terre, en recevant plusieurs des plus abjects et des plus dégradés. La femme de mauvaise vie (Luc 7:37-39) et le brigand sur la croix (Luc 23:40-43), sont des monuments éternels de sa bonne volonté à recevoir les plus coupables. Combattez maintenant de telles pensées par les exemples simples et les déclarations claires de la parole de Dieu, et n’acceptez jamais, même pour un moment, aucune suggestion qui tende à voiler la bienveillance du Sauveur pour recevoir, ou son pouvoir pour sauver «t