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Le Nom au-dessus de tout nom
Edward Dennett
Table des matières abrégée :
3 Tu appelleras Son nom Jésus — Matthieu 1:21
4 On appellera Son nom Emmanuel — Matthieu 1:23
5 Ton nom est un parfum répandu — Cant. des cant. 1:3
6 Le Nom au-dessus de tout nom —Philipiens 2:9
7 Au nom de Jésus — Phil. 2:10-11
11 Il porte un nom écrit… et son nom s’appelle : « La Parole de Dieu » — Apoc. 19:12, 13
12 « Son nom sera sur leurs fronts » — Apoc. 14:1 et 22:4
13 « Toi, tu demeures » — Ps. 102 et Héb. 1:11
Table des matières détaillée :
2.2 Le Tout-puissant — El-Shaddaï
3 Tu appelleras Son nom Jésus — Matthieu 1:21
3.1 Gloires humaines, gloires divines
3.2 Naissance de l’Éternel Sauveur
3.3 Le miracle de l’incarnation
3.4 Circonstances de Sa naissance
3.5 Le Sauveur qui fait propitiation pour les péchés
3.6 Les souffrances de Christ devaient précéder Ses gloires
3.7 Sauveur de Son peuple terrestre
4 On appellera Son nom Emmanuel — Matthieu 1:23
4.1 Quand le trône de gloire sera établi sur la terre
4.3 L’intervalle entre la prophétie et son accomplissement
4.4 Le Résidu dépositaire du témoignage. Ésaïe 8
4.7 Une multiplicité de noms et de caractères
5 Ton nom est un parfum répandu — Cant. des cant. 1:3
5.1 Un amour dont on fait l’expérience
5.2 Le Cantique des cantiques ne reflète pas l’expérience chrétienne
5.3 Le Seigneur qui se révèle là où il y a de l’amour pour Lui
5.4 Une expérience à faire de près
5.6 Un parfum qui se répand vers d’autres
5.7 Commencer par une conscience apaisée
5.8 Transformés à la ressemblance de Christ
5.9 Des cœurs que le monde n’a pas contaminés
5.10 Sensibles au nom de Jésus
6 Le Nom au-dessus de tout nom —Philipiens 2:9
6.1 Le sens de cette expression
6.2 Phil. 2:5-6a — Avoir la pensée du Seigneur. Sa divinité
7 Au nom de Jésus — Phil. 2:10-11
9.1 Pardonnés à cause de Son nom
9.2 Conduits dans le chemin à cause de Son Nom
9.3 Dévouement et courage sans se lasser, à cause de Son Nom
9.4 Souffrance à cause de Son Nom
9.5 Soutenus dans le service par la parfaite suffisance de Son Nom
11 Il porte un nom écrit… et son nom s’appelle : « La Parole de Dieu » — Apoc. 19:12, 13
11.2 Après les noces, le terme de la patience de Christ
11.4 Le nom écrit que nul ne connaît
11.5 Son nom s’appelle la Parole de Dieu
11.6 Roi des rois, et Seigneur des seigneurs
11.7 Attente de l’enlèvement, attente de l’apparition
12 « Son nom sera sur leurs fronts » — Apoc. 14:1 et 22:4
12.1 Les 144000 du ch. 14 sur la montagne de Sion
12.2 Dans la Jérusalem céleste d’Apoc. 22:1-5
12.3 Le nom sur leur front (Apoc. 22:4)
13 « Toi, tu demeures » — Ps. 102 et Héb. 1:11
13.1 Transformés de gloire en gloire en contemplant le Seigneur
13.2 Dans un monde où tout passe
13.3 Liés à Celui qui ne change pas
13.4 Celui qui a été l’affligé
13.5 La réponse qu’Il a reçue dans Son affliction
13.6 La réponse qui nous est donnée dans notre affliction est la même
13.7 Le Seigneur nous veut déjà au ciel
13.8 Déjà dans notre âme se lève l’aube d’un autre monde
Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest
Les chapitres suivants ont paru pour la première fois dans « l’Ami et le Guide du Chrétien » [The christian friend and instructor]. Ils ont été maintenant rassemblés et imprimés ensemble. Ils ont tous trait à la révélation que Dieu s’est plu à faire de Lui-même, en commençant par les périodes successives de l’Ancien Testament, pour finir par l’Incarnation, la Mort, la Résurrection et l’Exaltation de notre bien-aimé Seigneur et Sauveur. Dans le fervent espoir que cette lecture, par la bonté du Seigneur, pourra amener le lecteur à croître dans la connaissance et l’intimité du Seigneur, nous Lui confions ces pages afin qu’Il les bénisse.
Il est clair, pour n’importe quel lecteur des Écritures, que la révélation que Dieu s’est plu à faire de Lui-même est graduelle et progressive. Aujourd’hui, les croyants marchent dans la lumière, comme Lui-même est dans la lumière, mais auparavant, Il était entouré de nuées et de ténèbres, et cela était nécessaire tant que la justice et le jugement demeuraient les bases de Son trône (cf. Ps. 89:14). Mais lorsque Christ eut accompli l’œuvre de l’expiation, glorifiant Dieu dans tout ce qu’Il est, et ayant été fait péché pour nous, le voile derrière lequel Dieu habitait, et qui Le cachait aux yeux de Son peuple, ce voile se déchira en deux depuis le haut jusqu’en bas, et Dieu put en toute justice répondre au désir de Son propre cœur en manifestant sans réserve tout ce qu’Il est, tel que Le révèle Christ sur la base de la rédemption. Ce sont là des vérités capitales, fondamentales, rappelées ici pour nous préparer à considérer brièvement les différents noms de Dieu sous lesquels Il s’est révélé au cours des différentes dispensations, à travers les récits de l’Ancien Testament. Que Dieu soit le même, dans Sa nature et Ses attributs à la fois dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, autrement dit qu’Il soit immuable, cela découle nécessairement des perfections de Son être divin. Mais il est non moins vrai que les aspects sous lesquels Il est présenté au fil des siècles varient. Ce sont ces aspects que traduisent Ses différents noms.
ÉLOHIM, on l’a souvent remarqué, est le nom courant de Dieu considéré comme l’Ểtre divin, auquel les hommes en tant qu’hommes ont affaire, et comme Celui devant qui ils sont responsables. C’est un mot pluriel, dont le singulier est Éloah, forme souvent employée en particulier dans le livre de Job. Les païens employaient parfois ce nom pour désigner leurs divinités, ce qui est sans doute à l’origine de cette question posée au Psaume 18 : « car qui est Dieu (Éloah), hormis l’Éternel, et qui est un rocher, si ce n’est notre Dieu (Élohim) » ? (Ps. 18:31). Autrement dit, le vrai Éloah est l’Éternel, et le seul rocher est Élohim. La raison de l’utilisation du pluriel (Élohim) est expliquée de diverses manières. Il y a ceux, comme on pouvait s’y attendre, qui soutiennent que c’est tout simplement, selon l’usage hébraïque, un pluriel d’excellence, et que, sous cette forme, le mot exprime l’excellence ou les perfections de Celui auquel il s’applique. Il y en a d’autres qui affirment que ce pluriel est d’intention divine, pour faire ressortir la Trinité, c’est-à-dire l’unité de la Déité dans les trois Personnes de la Déité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. À l’appui de cette explication, le lecteur pieux ne manquera pas de noter qu’en Genèse 1:26 nous lisons : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance… » En effet, puisque ce terme exprime tout ce qu’est Dieu, toutes les personnes de la Divinité doivent être comprises.
Il est évident que cela ne pouvait pas être saisi à ce moment-là. Ce n’est qu’au baptême de notre bien-aimé Seigneur que toute la vérité de la Trinité fut mise au jour. C’est alors que Dieu parla du haut du Ciel ; Son Fils bien-aimé était sur la terre ; et le Saint Esprit descendit et demeura sur le Fils. Et maintenant que Dieu s’est pleinement révélé, et que le Saint Esprit est venu, Lui qui sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu (1 Cor. 2:10), nous pouvons revenir en arrière, conduits et enseignés par Lui, et découvrir bien des choses qui ne pouvaient pas être comprises auparavant. Un des dangers d’aujourd’hui est de ne lire l’Ancien Testament qu’à la lumière qu’en avaient les hommes au jour où il fut écrit. La vérité, c’est que son sens profond ne peut être saisi que si on le considère à la pleine lumière du christianisme. Il n’est donc nullement déplacé d’affirmer que Dieu a choisi ce mot particulier d’Élohim pour exprimer la vérité de la Trinité. Par exemple nous lisons dans la Genèse que Dieu créa les cieux et la terre ; et dans l’Évangile de Jean, il est dit de la Parole, cette Parole qui ensuite devint chair : « Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait » (Jean 1:3). Nous savons donc que le Fils éternel est compris dans le mot « Dieu » de la Genèse, et en y réfléchissant, nous comprenons mieux la gloire de la personne de notre Rédempteur.
Dieu se fit connaître sous un autre nom aux patriarches ; ce nom est mentionné pour la première fois en Genèse 17:1 : « Et l’Éternel apparut à Abram, et lui dit : Je suis le Dieu Tout-puissant », c’est-à-dire El Shaddaï : Dieu Tout-puissant. Il semble que le mot « El » signifie la force, la toute-puissance. Certains pensent que « Shaddaï » a le même sens, tandis que d’autres préfèrent le traduire par autosuffisance ou autosuffisant. Dans l’un et l’autre cas, la combinaison de ces deux mots désigne des attributs divins, étant donné que la toute-puissance et la capacité de se suffire à soi-même ne peuvent se trouver qu’en Dieu. Ces deux mots sont employés, par exemple, dans ce passage : « Et Dieu parla à Moïse, et lui dit : Je suis l’Éternel (Jéhovah). Je suis apparu à Abraham, à Isaac, et à Jacob, comme le Dieu Tout-puissant (El Shaddaï) ; mais je n’ai pas été connu d’eux par mon nom d’Éternel (Jéhovah, ou YHWH) (Ex. 6:2-3. Voir aussi Genèse 28:3 ; 35:11 etc.). Lorsque le mot « Tout-puissant » se trouve seul, dans notre traduction, il représente généralement Shaddaï. On trouve une belle combinaison de ce nom avec celui de l’Éternel en 2 Cor. 6:18 : « Je vous recevrai, et je vous serai pour père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles dit le Seigneur, le Tout-puissant ». Le Dieu qui était connu d’Abraham sous le nom de Shaddaï, et d’Israël sous le nom de l’Éternel, est maintenant déclaré comme Père, selon cette relation intime et bénie dans laquelle, dans Sa grâce immense, Il a introduit les Siens en association avec Christ.
Comme nous l’avons déjà dit, il faut bien comprendre que l’Éternel est le nom que Dieu prit tout spécialement dans Sa relation d’alliance avec Israël. Comme le lecteur peut facilement s’en assurer, ce mot avait déjà été employé avant que Dieu le communique à Moïse, mais c’était la première fois qu’il l’était en rapport avec le peuple élu. Les remarques suivantes pourront nous éclairer sur ce point : « En Genèse 2 et 3, il était de toute importance de faire le rapprochement entre l’Éternel, le Dieu national du peuple d’Israël, et l’unique Dieu créateur. Pareillement en Exode 9:30, il est déclaré que le Dieu des Hébreux, dont le nom est l’Éternel, est Élohim… Autrement, l’Éternel est un nom, Élohim est une personne. Seulement l’Éternel est Élohim, l’Éternel est un nom personnel » — l’Éternel est le nom que Dieu a pris dans Ses rapports et Sa relation avec les hommes, mais spécialement avec Son peuple. Le mot signifie « Celui qui existe de par Lui-même », et peut être traduit pratiquement par « Celui qui est, qui était, et qui vient ». Dérivé d’un verbe signifiant « exister », ce mot exprime l’éternité, et donc le caractère immuable de Son être. Il présente donc à nos âmes Celui qui est éternellement, qui existait avant que le temps fut, qui subsiste pendant tout le temps, et qui continuera d’exister après que tout le temps aura passé. Il est ainsi l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, le premier et le dernier. L’emploi de ces expressions (Apo. 22:13) prouve incontestablement que le Jésus du Nouveau Testament est l’Éternel de l’Ancien.
Nous avons déjà parlé de « El » à propos de « El-Shaddaï ». « El » s’emploie également avec « ELION » et se traduit alors par le « Dieu Très-haut ». En examinant les divers endroits où l’on trouve ce nom, on s’apercevra que c’est le nom millénaire de Dieu « au-dessus de tous les dieux de l’idolâtrie, des démons, et de toute puissance ». C’est dans ce caractère que Dieu est dit être « possesseur des cieux et de la terre » (Gen. 14:18-19).
C’est pourquoi Nébucadnetsar dut demeurer sous le jugement de Dieu jusqu’à ce qu’il connut que « le Très-haut domine sur le royaume des hommes, et qu’Il le donne à qui Il veut » (Dan. 4:24-25). Que ce but fût atteint, on le voit en ce que, lorsque son intelligence lui revint, il bénit le « Très-haut »… etc. (Dan. 4:25-34).
Pareillement, Balaam (Nomb. 24:4) emploie ce même titre de « Très-haut » quand il est sur le point de parler de la gloire future et de la suprématie d’Israël parmi les nations.
Au Psaume 91, on trouve ce titre de « Très-haut » en rapport avec Shaddaï (le Tout-puissant) : « Celui qui habite dans la demeure secrète du Très-haut (Elion) logera à l’ombre du Tout-puissant » (Shaddaï). Et au Psaume 47:2, ce titre de « Très-haut » est associé au nom de l’Éternel, et il est ajouté qu’Il est un « grand roi sur toute la terre » (Ps. 47:2). Ces exemples sont intéressants en ce qu’ils prouvent que c’est Dieu, le Dieu unique, qui se révèle aux hommes sous ces noms différents désignant des relations distinctes.
La plupart des lecteurs de l’Écriture connaissent bien le terme « Adonaï », cet autre nom de Dieu. Dans la version anglaise, il est traduit par « Seigneur », mais il est distingué généralement de l’Éternel — également traduit par « Seigneur » — par l’usage de lettres minuscules au lieu de majuscules. En ce qui concerne la racine du mot, il signifie Maître, Gouverneur, Propriétaire. Mais la forme « Adonaï » ne s’emploie que pour Dieu, et Dieu au sens de Celui qui a pris le pouvoir et qui est dans une relation de Seigneur vis-à-vis de ceux qui invoquent Son nom. Adonaï s’applique donc spécialement à Christ dans Son exaltation à la droite de Dieu. Cela ressort d’une référence au Psaume 110 que le Seigneur cite au moment où Il confond Ses adversaires : « L’Éternel (Jéhovah) a dit à mon Seigneur (Adonaï) : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » (Ps. 110:1, Matt. 22). En Matthieu 22, le Seigneur applique expressément ce verset à Lui-même, — à Lui-même en tant que Christ le Messie (Matt. 22:42-44), et Il s’en sert pour démontrer que le Fils de David était aussi le Seigneur de David, et qu’en un mot, Il était aussi bien la Racine que la Postérité de David. En Genèse 15:2, Abraham s’adresse à Dieu, comme « Seigneur Éternel » (« Adonaï Jéhovah »). Cet exemple suffira à montrer une fois de plus que tous ces noms divins s’appliquent au Dieu unique, même celui d’Adonaï qui est particulièrement réservé à Christ exalté dans les lieux célestes (le caractère d’Adonaï de notre Seigneur béni est pleinement révélé en Phil. 2:9-11).
Il y a d’autres titres divins sur lesquels il suffira d’attirer l’attention du lecteur.
Dans les livres poétiques, « Jah » est souvent employé, et c’est ce mot qui se cache dans « alléluia », ou « louez Jah ». Son sens n’a pas été déterminé. On suppose généralement que c’est une abréviation, ou une forme poétique, de Jéhovah (l’Éternel).
Il y a aussi les mots employés par Dieu lorsqu’Il envoya Moïse délivrer Son peuple. Le premier est traduit par « Je suis Celui qui suis », le second par « Je suis ». Ce sont deux formes d’un même mot signifiant « existence ». La première est parfois traduite — peut-être justement — par « Je serai Celui que je serai ». La pensée exprimée dans ces deux appellations est proche du sens de l’Éternel (Jéhovah ; ce qui est normal puisqu’elles viennent du même verbe) et elle évoque un être, ou une existence, qui ne change pas.
Il y a encore un autre terme, peut-être pas vraiment un nom ou un titre divin, mais qui peut presque être considéré comme tel vu son application fréquente et spéciale à Dieu : c’est ATTA HU. On le trouve dans les expressions telles que : « Tu es Celui… » etc., dont l’équivalent est employé en Héb. 1:12 : « Toi, tu es le même », qui n’est autre que la traduction de ATTA HU au Psaume 102:27. Ce terme, comme cela saute aux yeux, traduit le fait que Dieu est immuable, et qu’est aussi immuable Celui qui « est » toujours, et qui est sans changement possible, à jamais.
Inutile de nous étendre davantage sur ce sujet. Ce qui précède suffit à mettre en lumière les différentes manières dont Dieu s’est plu à se révéler sous ces différents noms. C’est une preuve de Sa tendresse qu’Il ait ainsi fait, et cela proclame en même temps Sa grâce ineffable lorsqu’Il révèle ainsi aux Siens ce qu’Il est en Lui-même. Il aurait pu demeurer caché à toujours dans la bienheureuse solitude de Son être parfait, qui se suffit à Lui-même. Mais, bien avant la fondation du monde, du fin fond de l’éternité passée, Il nous a choisis en Christ pour que nous fussions saints et irréprochables devant Lui en amour.
Cependant, avant que ces conseils éternels fussent révélés, le premier homme, Adam, fut introduit sur la scène de ce monde ; et après que lui, l’homme responsable, eût failli, Dieu continua, pendant quatre mille ans encore, à attendre pour voir si l’homme pourrait porter du fruit pour Lui. Cette mise à l’épreuve dura jusqu’à la croix. Alors seulement, lorsque Dieu eut démontré que l’homme avait tout perdu sur le pied de la responsabilité, Il révéla toute la grâce qui était dans Son cœur dans « l’évangile de Dieu… touchant son Fils… Jésus Christ, notre Seigneur, né de la semence de David, selon la chair, déterminé Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts » (Rom. 1:1-4).
En lui, comme nous le voyons encore, Dieu a été pleinement révélé. Il est aussi l’homme des conseils de Dieu, et en Lui toutes les pensées du cœur de Dieu seront accomplies. Les révélations partielles de l’Ancien Testament se sont effacées devant Celui qui est glorifié à la droite de Dieu, ou plutôt elles ont trouvé en Lui leur pleine réalisation. C’est ce que déclare l’évangile de la gloire de Christ qui est l’image de Dieu (2 Cor. 4:4).
Lorsque la plénitude des temps fut venue, Dieu envoya Son Fils, né de femme, né sous la loi (Gal. 4:4). C’est de ce mystère, qui est le fondement de la rédemption, que Matthieu parle dans ce chapitre. En fait, d’autres caractéristiques du saint et divin enfant y sont également mentionnées. Étant donné que cet évangile présente Christ tout spécialement comme le Messie, dans l’accomplissement de la promesse faite à la nation juive, Sa généalogie en tant que né dans ce monde nous est donnée à partir des deux grands noms qui sont la racine (ou : à l’origine) de cette promesse, Abraham et David. Matthieu ne nous Le montre donc pas seulement comme né de femme, né sous la loi, mais aussi comme la semence promise d’Abraham, en laquelle toutes les nations de la terre seraient bénies, et comme le Fils de David, héritier par là du trône et du royaume de David. C’est donc un chapitre qui nous présente les gloires divines de notre bien-aimé Seigneur inséparables de Ses gloires humaines. Par « inséparables », nous entendons seulement que le caractère de la Personne de Christ est tel que tout ce qu’Il est comme Dieu et comme homme est révélé dans Son nom et dans Son œuvre. Par exemple si nous pensons à Lui en tant que Postérité de David, nous nous rappelons aussitôt qu’Il est aussi la Racine de David, et que le Fils de David est aussi le Seigneur de David.
Cela apparaîtra très clairement si nous considérons le sens du nom « Jésus » ; Joseph reçut l’ordre de donner ce nom à l’Enfant lorsqu’Il naîtrait. Comme on le voit en Hébreux 4:8, « Jésus » est la forme grecque de Josué (« Joshua » ou « Jéhoshua ») qui signifie « l’Éternel est le salut » ou « dont le salut est l’Éternel ». La remarque bien connue selon laquelle « Jésus » signifie « l’Éternel Sauveur » est donc amplement justifiée. Dès lors, quel sujet de contemplation, voire d’adoration, pour nos âmes ! Un enfant né dans le monde, d’humble filiation selon l’estime des hommes, est déclaré par Dieu Lui-même être « l’Éternel Sauveur » ! Oui, le Dieu qui entendit le gémissement de Son peuple Israël en Égypte, qui vit leur affliction et entendit leur cri à cause de leurs exacteurs, qui connut leurs peines et descendit pour les racheter du pays d’Égypte et les introduire dans un pays bon et spacieux, ruisselant de lait et miel, — ce Dieu qui avait dit à Moïse « Je suis l’ÉTERNEL. Je suis apparu à Abraham, à Isaac, et à Jacob, comme le Dieu Tout-Puissant ; mais je n’ai pas été connu d’eux par mon nom d’Éternel » (Ex. 3:6-8 ; 6:2-3) — c’était Lui, le même Dieu, le même l’Éternel, le même El-Shaddaï connu des patriarches, qui venait maintenant dans le monde sous les traits d’un petit Enfant. Mais, bien qu’étant un petit Enfant, Il venait (loué en soit Son Nom à toujours) comme le Sauveur de Son peuple ! Assurément, nous pouvons dire que les ombres fuyaient, et que l’obscurité qui avait jusqu’alors caché Dieu aux yeux de Son peuple se dissipait rapidement. C’était, en vérité, l’aube bénie du jour de la grâce !
Dès l’instant où nous parlons de la naissance de l’Éternel Sauveur, le mystère de l’incarnation s’impose à notre attention. L’incarnation avait été annoncée depuis longtemps ; elle n’était pas voilée derrière un langage obscur, mais elle était décrite au contraire avec exactitude et précision, en sorte que Matthieu pouvait dire : « Or tout cela arriva, afin que fût accompli ce que le Seigneur a dit par le prophète, disant : Voici, la vierge sera enceinte et enfantera un fils, et on appellera son nom Emmanuel, ce qui, interprété, est : Dieu avec nous » (Matt. 1:23). Le lieu même de Sa naissance avait été annoncé : « Et toi, Bethléem Éphrata, bien que tu sois petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit dominer en Israël, et duquel les origines ont été d’ancienneté, dès les jours d’éternité » (Michée 5:2). En outre, la sainte nature de Son humanité fut clairement annoncée en type dans l’offrande de gâteaux, spécialement dans les gâteaux sans levain faits de fine fleur de farine, pétris à l’huile, qui expriment si bien cette vérité annoncée par l’ange à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu » (Luc 1:35). C’est le miracle des miracles, et, pour cette raison même, la révélation du cœur de Dieu, lorsqu’on le considère à la lumière du but de Sa venue au milieu d’hommes pécheurs.
Avant de considérer le but de Sa venue, il peut être profitable de s’arrêter sur certaines circonstances de Sa naissance. On ne saurait imaginer de plus grand contraste entre le ciel et la terre qu’à cette époque. Le ciel tout entier, comme on l’imagine aisément, était en émoi et en mouvement, tandis que la terre, à l’exception de quelques âmes pieuses, était calme, ne s’attendant quasiment à rien. L’ange du Seigneur, accomplissant sa joyeuse mission, se hâta d’informer de cet événement merveilleux non pas les gouverneurs du pays ni les grands de ce monde, mais quelques bergers pieux : « N’ayez point de peur, car voici, je vous annonce un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple ; car aujourd’hui, dans le cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2:10-11). L’ange de l’Éternel n’était pas seul, car à peine eut-il annoncé la bonne nouvelle qu’une multitude se mit à louer Dieu, disant : « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre paix ; et bon plaisir dans les hommes » (Luc 2:13-14). Comme on l’a dit d’une manière frappante : « Dieu s’était si bien manifesté Lui-même par la naissance de Jésus que les armées célestes, qui connaissaient depuis longtemps Sa puissance, pouvaient unir leurs voix en chœur pour proclamer ces louanges. Quel amour que celui-ci ! Or Dieu est amour. Quel autre que Dieu Lui-même aurait pu imaginer que Dieu se fît homme ? ». Et pourtant, cet événement extraordinaire n’avait rien qui pût contraindre les hommes à le remarquer. Accaparés par leurs propres pensées et leurs propres objectifs, ils ne s’en rendirent même pas compte, bien qu’il se produisît au milieu d’eux ! Ils étaient si absorbés par leur recherche d’eux-mêmes qu’il ne se trouva pas de place dans l’hôtellerie pour l’Enfant Sauveur ! Tels sont les hommes ! et pourtant, parmi eux se trouvaient les objets des conseils éternels de Dieu en grâce, qu’Il était sur le point d’accomplir en Celui qui, bien que Créateur de toutes choses, était pourtant né dans le monde comme un étranger sans domicile.
Le nom de Jésus Lui fut donné en relation avec Son œuvre, car, est-il ajouté, « c’est Lui qui sauvera Son peuple de leurs péchés » (Matt. 1:21). L’expression « Son peuple », dans cet évangile, signifie assurément « Israël ». En effet, dans l’annonce que l’ange fait aux bergers en Luc 2:10, il est parlé « d’un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple », c’est-à-dire pour les Juifs — non pas que, dans chacun de ces deux cas, le but de la venue du Seigneur fût limité au peuple élu, mais celui-ci est le seul en vue dans ces passages. Jean exprime un sens plus large, lorsqu’à propos de la prophétie de Caïphe selon laquelle « Jésus allait mourir pour la nation » (Jean 11:51), il ajoute « non pas seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11:52). Cela fait ressortir, en outre, que la mort de Christ — l’œuvre parfaite qu’Il a accomplie dans Sa mort, et par Sa mort — est le seul fondement sur lequel Il sauvera Son peuple de leurs péchés. C’est ainsi que nous lisons en Lévitique 16, après l’énumération des détails concernant les rites et les sacrifices, en même temps que la confession des péchés du peuple par le grand sacrificateur, au grand jour des propitiations : « car, en ce jour-là, il sera fait propitiation pour vous, afin de vous purifier : et vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel » (Lév. 16:30). Jamais on ne saurait trop insister sur cette vérité fondamentale, car, comme il est écrit à propos des péchés dans l’ancienne dispensation : « sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission » (Héb. 9:22), et de même, aujourd’hui, il est tout aussi vrai le sang de Jésus Christ, le Fils de Dieu, purifie de tout péché.
Par conséquent, lorsque l’ange dit : « C’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Matt. 1:21), il regardait vers l’avenir, ou tout au moins la pensée de l’Esprit, par ces paroles, faisait allusion à un temps au-delà de la croix. Car, comme les prophètes l’ont clairement annoncé, Israël ne pouvait être sauvé que par la repentance et l’œuvre de l’expiation. Siméon, lorsqu’il jouit de l’ineffable privilège de tenir le Christ de l’Éternel dans ses bras, annonça non moins clairement que la gloire de l’Israël de l’Éternel ne serait accomplie que par le rejet du saint Enfant au jour de Sa présentation au peuple. Les souffrances de Christ devaient précéder Ses gloires, sur la terre comme au Ciel, comme Lui-même le dit aux deux disciples sur le chemin d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire » ? (Luc 24:26). C’était cela qui mettait à l’épreuve le cœur des hommes, et qui provoqua leur inimitié absolue. S’ils avaient pu prendre Jésus de force et Le faire Roi, et s’Il avait seulement consenti à se mettre à leur tête pour les conduire — tout charnels qu’ils fussent — contre leurs ennemis ; et s’Il les avait délivrés par Sa puissance, ils L’auraient joyeusement acclamé comme leur Messie, quitte à se révolter bientôt contre Son autorité ! Mais il fallait que Celui qui venait comme l’Éternel Sauveur se tînt d’abord au milieu des ruines que les péchés de Son peuple avaient entassées entre eux-mêmes et leur Dieu, puis qu’Il les relevât. Et Il se chargea si bien de leur cause et de leur responsabilité, qu’Il s’écria comme à leur place : « Ô Dieu ! tu connais ma folie, et mes fautes ne te sont pas cachées » (Ps. 69:5). Bien-aimé Sauveur, nous ne sonderons jamais assez tes souffrances et ta douleur, mais nous pouvons Te remercier de ce que tu as pris sur Toi les péchés des tiens, et que tu les as ôtés pour toujours !
Si nous considérons maintenant ce verset dans son application à Israël, il a trait au salut du peuple terrestre par rapport à leurs péchés et leurs conséquences, ainsi qu’à sa restauration et à sa bénédiction à venir dans la Terre de la Promesse. C’est en effet l’un des aspects de la prophétie de Zacharie quand sa langue fut déliée, lors de la circoncision de son enfant : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, car il a visité et sauvé son peuple, et nous a suscité une corne de délivrance dans la maison de David son serviteur,… une délivrance de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent ; … (afin que) libérés de la main de nos ennemis, nous puissions le servir sans crainte, en sainteté et en justice devant lui, tous nos jours » (Luc 1:68-75). Jésus sauvera donc d’abord Son peuple de leurs péchés devant Dieu, car une partie de la nouvelle alliance nous dit : « Je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché » (Jér. 31:34). En outre, Il les sauvera des conséquences de leurs péchés en les délivrant de la main de leurs ennemis, en les rassemblant de tous les pays où ils auront été dispersés, et en les établissant dans leur propre pays en bénédiction, sous Son règne de paix et de gloire. Tout cela aurait été accompli pour eux immédiatement si seulement ils avaient reçu leur Messie ! Et même après l’avoir crucifié, s’ils avaient reconnu leur culpabilité, s’inclinant dans leur cœur devant le témoignage des apôtres, leurs péchés auraient été effacés, et des temps de rafraîchissement auraient découlé de la présence du Seigneur, en rapport avec le retour de Christ (Actes 3). Mais hélas, à cause de leur incrédulité, ils se privèrent eux-mêmes de toutes ces bénédictions, et ils doivent désormais attendre le jour où, poussés par l’Esprit de Dieu, ils s’écrieront dans la joie de leur cœur : « Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ».
Toutefois, cher lecteur, s’il est vrai que cette promesse concerne avant tout Israël, n’oublions pas que cette même œuvre glorieuse, fondement sur lequel leurs péchés seront ôtés, demeure la seule base du pardon de n’importe qui d’entre nous. C’est par la chute d’Israël que le salut est venu à ceux des nations. Voilà pourquoi l’apôtre pouvait écrire aux Corinthiens qu’il lui avait été annoncé que « Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures, et qu’Il a été enseveli, et qu’Il a été ressuscité le troisième jour, selon les écritures » (1 Cor. 15:3-4). Puissions-nous donc louer Dieu continuellement pour Sa grâce merveilleuse, cette grâce dont Il usa, à l’occasion de l’incrédulité d’Israël, pour révéler tous Ses plans concernant ceux qui deviendraient héritiers de Dieu et co-héritiers de Christ. Puissent nos cœurs être remplis de reconnaissance à l’ouïe du seul nom de Jésus, car c’est à Lui que nous devons tout.
On a déjà fait remarquer que la naissance de Jésus à Bethléem était selon l’accomplissement de cette prophétie. Non que cette naissance en elle-même, et par elle-même, en fût l’accomplissement ; elle en était plutôt le gage et la garantie. Le sens du nom Emmanuel, selon l’interprétation divine, est « Dieu avec nous », ce qui nous permet de voir qu’il anticipe toutes les conséquences qu’aura pour Israël l’introduction de leur Messie dans ce monde ; autrement dit, le nom d’Emmanuel de notre Seigneur bien-aimé ne prendra tout son sens qu’en rapport avec l’établissement de Son trône de gloire sur la terre, lorsqu’Il fera prévaloir tout ce que Dieu est en gouvernement ; alors, pour tous comme pour Son peuple, « Son nom sera pour toujours ; son nom se perpétuera devant le soleil, et on se bénira en lui ; toutes les nations le diront bienheureux » (Ps. 72:17). Ce nom comporte donc les fruits bénis de Sa mort pour « la nation », ainsi que la promesse de Sa présence personnelle avec Son peuple terrestre. C’est de ce temps-là que parle le prophète lorsqu’il dit : « Pousse des cris de joie et exulte, habitante de Sion, car grand, au milieu de toi, est le Saint d’Israël » (És. 12:6).
Se référer à la prophétie elle-même, en même temps qu’à son contexte, nous en donnera une preuve évidente et abondante. Achaz, père d’Ézéchias, était alors sur le trône de Juda. « Il ne fit pas ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, son Dieu, comme avait fait David, son père ; mais il marcha dans la voie des rois d’Israël, et même il fit passer son fils par le feu, selon les abominations des nations que l’Éternel avait dépossédées devant les fils d’Israël » (2 Rois 16:2-3). Cependant, malgré sa méchanceté et son apostasie, Dieu attendit encore avec beaucoup de longanimité et de support, avant de s’occuper de Son serviteur coupable. Et même, lorsqu’Éphraïm et la Syrie s’allièrent pour faire la guerre contre la maison de David et qu’ils assiégèrent Jérusalem, l’Éternel envoya Son serviteur Ésaïe, porteur d’un message d’encouragement, assurant Achaz que les desseins de ses ennemis n’aboutiraient pas. En même temps, le prophète ajouta cet avertissement : « Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas ». Achaz serait peut-être délivré du péril immédiat, mais à moins d’écouter la parole de l’Éternel et de s’appuyer sur elle, il n’échapperait pas au châtiment qu’il méritait (voir 2 Chr. 28).
Cependant, dans Sa tendre miséricorde, l’Éternel chercha encore à atteindre le cœur et la conscience de ce monarque qui L’offensait : Dieu condescendrait, si Achaz le demandait, à lui donner un signe, « dans les lieux bas ou dans les hauteurs d’en haut » (Ésaïe 7:10-12), pour l’assurer de l’accomplissement certain de Sa parole. Le cœur d’Achaz s’était tourné vers les faux dieux, et ainsi endurci, il refusa sous un prétexte de piété l’intervention qui lui était offerte, disant : « Je ne le demanderai pas, et ne tenterai pas l’Éternel » (És. 7:12). Celui qui sonde les cœurs ne pouvait s’y tromper, et après l’avoir solennellement admonesté, le prophète annonça que le Seigneur Lui-même donnerait un signe : « Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel » (És. 7:14). C’est en cela que la « profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu » est révélée (Rom. 11:33). La maison de David pouvait faillir dans sa responsabilité, ce qu’elle fit si tristement, et déchoir de tout ; mais c’est alors que Dieu, selon Son propre cœur et Ses propres desseins, pouvait intervenir et accomplir tous les conseils de Sa grâce par le moyen de la venue, puis du rejet, de la mort et de la résurrection de l’Éternel Sauveur. C’est ainsi que la naissance d’Emmanuel allait tout changer. Ceux qui auraient une fausse espérance seraient punis comme le fut Achaz, mais Emmanuel ferait toute chose bien, défendant et glorifiant le nom de Dieu en gouvernement sur la terre.
Mais, de la naissance d’Emmanuel jusqu’à la gloire du Royaume, le chemin est long et ardu pour Israël, à cause de son incrédulité. Ceci fut clairement annoncé par le prophète, en rapport avec la prophétie même que nous sommes en train de considérer. Le lecteur attentif remarquera que la première invasion du pays par l’Assyrien, qui plongea le pays dans une désolation absolue sans rencontrer aucune résistance (És. 7:17), n’est que l’ombre d’un nouvel assaut aux derniers jours, au cours duquel l’Assyrien et ses alliés seront totalement écrasés. Ils auront beau prendre conseil, cela n’aboutira pas ; ils pourront parler, mais sans effet, « car Dieu est avec nous » (Emmanuel) (És. 8:10). Avant ce temps de la destruction finale de l’ennemi d’Israël, Celui qui est né de la vierge, et qui est nommé Emmanuel, est vu comme rejeté. La transition qui en arrive là est extrêmement belle. Le prophète a été averti par l’Éternel « de ne pas marcher dans le chemin de ce peuple, disant : Ne dites pas conjuration de tout ce dont ce peuple dira conjuration, et ne craignez pas leur crainte, et ne soyez pas effrayés, l’Éternel des armées, lui, sanctifiez-le, et que lui soit votre crainte, et lui, votre frayeur… » (És. 8:11-13). Mais cela entraîne une séparation immédiate, distinguant un résidu d’avec la masse du peuple. C’est pourquoi nous lisons : « …et il sera pour sanctuaire… » (à tous ceux qui Le sanctifient et Le craignent), « … et pour pierre d’achoppement et rocher de trébuchement aux deux maisons d’Israël, pour piège et pour lacet aux habitants de Jérusalem » (És. 8:14). C’est ce que prophétisa Siméon, disant : « Celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l’on contredira… en sorte que les pensées de plusieurs cœurs soient révélées » (Luc 2:34-35).
Emmanuel est venu. Sanctuaire de ceux qui L’avaient attendu, Il est le vrai centre autour duquel les Siens sont réunis ; et ici, pour la première fois, Lui-même parle d’eux disant : « mes disciples » (És 8:16). Il les appelle ainsi en rapport avec « le témoignage », et déclare clairement que la vérité de ce jour-là, c’est-à-dire la loi et le témoignage, est confiée au seul résidu que sont maintenant Ses disciples (És 8:20). Il en fut ainsi au jour du rejet de David. Dans la caverne d’Adullam (1 Sam. 22), alors que tous ceux qui étaient dans la détresse, dans les dettes et qui avaient de l’amertume dans l’âme, s’étaient rassemblés auprès de David qui devint leur chef, nous voyons que le prophète Gad était là également et qu’aussitôt après, Abiathar le sacrificateur fut conduit à s’adjoindre à eux. Ainsi possédaient-ils désormais tous les représentants du témoignage divin dans les personnes du roi, du prophète et du sacrificateur. De la même manière, Anne, la prophétesse, faisait partie du petit nombre de ceux qui attendaient la rédemption à Jérusalem. Il faut qu’il en soit toujours ainsi, c’est-à-dire que ceux qui sont séparés du mal, et en communion avec l’Esprit de Dieu au sujet de Son Christ et de l’état des choses qui les entourent, soient les dépositaires du témoignage pour les temps où ils vivent. La raison en est que Christ Lui-même est avec eux. Il aime tous les Siens, mais Il ne s’identifie qu’avec le résidu séparé, comme au verset És. 8:18. Il est indéniable que, çà et là, beaucoup de vérité se trouve en dehors d’eux, mais ce n’est qu’auprès d’eux que se trouvera l’enseignement spécial de Dieu pour le moment présent, et que la vérité sera maintenue et présentée justement. Le témoignage sera lié, et la loi scellée parmi les disciples du Seigneur au mauvais jour, parce que, comme déjà dit, Il est Lui-même au milieu d’eux.
L’état des choses, à l’époque dont parle Ésaïe, est décrit aux versets suivants. Rappelons encore une fois que c’est Christ Lui-même qui parle : « Et je m’attendrai à l’Éternel qui cache Sa face de la maison de Jacob, et je L’attendrai. Voici, moi et les enfants que l’Éternel m’a donnés, nous sommes pour signes et pour prodiges en Israël de la part de l’Éternel des armée qui demeure en la montagne de Sion » (És. 8:17-18). Dans l’épître aux Hébreux, ces deux versets sont cités partiellement, afin de montrer la parfaite identification du Seigneur, en tant qu’Homme, avec les Siens, le vrai résidu d’entre la nation juive (Héb. 2:13), ce qui prépare le but de Sa mort, à savoir de « détruire celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable ; [afin] qu’il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude » (Héb. 2:14-15). Malgré l’intérêt de ces circonstances, nous nous bornerons à attirer l’attention sur ce fait merveilleux que Celui qui, en tant qu’homme, fut parfaitement dépendant de Dieu — s’attendant donc à l’Éternel — tout en étant méprisé et rejeté des hommes, Celui-là n’était rien moins que l’Emmanuel de la prophétie d’Ésaïe. Remarquons aussi que, dans ce chemin de rejet, Il faisait l’expérience d’une partie de ces souffrances qui devaient précéder Sa gloire.
Au chapitre 9, le peuple qui marchait dans les ténèbres voient une grande lumière, et « ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre de la mort, la lumière a resplendi sur eux » (És. 9:2). Pour que fût accomplie cette glorieuse prophétie, Matthieu nous dit que Jésus quitta Nazareth, pour venir demeurer à Capernaüm, qui est au bord de la mer, aux confins de Zabulon et Nephtali (voir És. 9:1). Dès l’instant où Ésaïe proclame l’apparition du Messie comme la lumière au sein des ténèbres, il contemple toutes les conséquences qui résulteront de la délivrance accomplie par le Messie aux derniers jours. Le joug de l’Assyrien ayant été brisé, tout l’éclat de la gloire de la personne divine du Messie brille dans la bénédiction dont Son peuple est l’objet. Et toute cette bénédiction est inséparable du fait que Christ est né dans ce monde : « Car un enfant nous est né », dit le prophète, « un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix » (És. 9:6). Tous ces noms Lui sont donnés en rapport avec Son royaume dans ce monde, car le prophète ajoute : « À l’accroissement de son empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume, pour l’établir et le soutenir en jugement et en justice, dès maintenant et à toujours » (És. 9:7).
Il est donc évident qu’Emmanuel, « Dieu avec nous », est le nom de notre Seigneur bien-aimé en rapport avec le peuple terrestre, et que ce dernier n’en comprendra pleinement le sens merveilleux que lorsqu’Il aura revêtu toute Sa puissance et qu’Il « régnera en la montagne de Sion et à Jérusalem, et devant ses anciens, en gloire » (És. 24:23).
Mais qui est donc Emmanuel ? Sa naissance est prédite en Ésaïe 7:14, et après avoir détaillé les circonstances de Son rejet au chapitre 8, le prophète annonce l’établissement de Son royaume au chapitre 9. Il saisit en même temps l’occasion dans un passage déjà cité, de présenter une série de titres ou de noms exprimant le caractère infini et divin de la personne d’Emmanuel. Passons-les brièvement en revue. Le premier est « Merveilleux », mot souvent appliqué à ce qui provoque l’étonnement ou l’admiration. Il est parfois employé pour décrire un miracle, et rien ne frappe plus l’attention qu’un déploiement miraculeux de puissance. Or qu’y a-t-il de plus miraculeux que l’Incarnation ? Que pouvait-il y avoir de plus merveilleux que le fait qu’Emmanuel pût naître d’une vierge ? Il est ensuite appelé « Conseiller ». Ce nom évoque la sagesse divine, comme par exemple, quand il est dit : « L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui, l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel » (És. 11:2). L’appellation de « Dieu Tout-puissant » signifie littéralement ce qu’elle proclame, car il ne saurait y avoir de déclaration plus claire de Sa divinité. L’expression suivante de « Père d’éternité » n’est pas moins claire, car elle fait ressortir le caractère éternel de Son Être (*). Finalement, il est appelé « Prince de paix », ce qui exprime que Son règne a le caractère de celui de Salomon décrit au Psaume 72.
(*) notre Bibliquest : La traduction française J.N. Darby traduit « Père du siècle », mais mentionne en note de bas de page la possibilité de traduire « Père d’éternité ».
En conclusion, nous pourrions nous demander quelle est la raison d’un si grand nombre de noms. La réponse est sans doute celle-ci : ce n’est qu’en contemplant tour à tour et séparément chaque rayon de la gloire d’Emmanuel que nous pourrons concevoir quelque chose de la vérité de Sa Personne. De quelque manière, sous quelque aspect, ou dans quelque relation qu’Il soit présenté, tout ce qu’Il est, est bien là. C’est ce que nous rappellent des passages tels que celui que nous considérons. En fait, une des erreurs fatales des temps modernes est de prendre tel trait particulier de la vie ou de la Personne de notre bien-aimé Seigneur, et de le considérer comme toute la vérité. Il est la Parole vivante, et ce n’est que dans tout ce qui parle de Lui que nous pouvons Le découvrir complètement. Et c’est à cause de notre faiblesse que l’Esprit de Dieu attire notre attention tantôt sur un trait, un caractère ou un attribut de Sa Personne, tantôt sur un autre. Il demeure cependant au-delà de toutes nos pensées, car Il est divin, pleinement Dieu et pleinement Homme. C’est pourquoi il est écrit : « personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père » (Matt. 11:27)
C’est en ces termes qu’est exprimé ce que Christ (en tant qu’Époux) a de précieux pour l’épouse. C’est ce que l’on découvrira immédiatement en examinant le contexte. « Qu’il me baise des baisers de sa bouche » (v. 2) s’écrie l’épouse, qui s’adresse aussitôt à Lui, disant : « car tes amours sont meilleures que le vin » (v. 2). Ce n’est pas tant de l’amour lui-même que du bonheur qui découle de cet amour, qu’elle parle. C’est cela qui est « meilleur que le vin » (v. 2). Tout cœur renouvelé fait écho à cette déclaration, car si l’amour de Christ, infini et indicible, demeure toujours inaccessible à nos pensées, c’est seulement dans la mesure où nous en jouissons que nous pouvons quelque peu le comprendre ou l’apprécier. Mais quand le cœur, par la puissance de l’Esprit, s’abandonne à ses influences et à ses exigences bénies, lorsqu’il s’ouvre sans réserve à la montée de ses flots puissants, alors l’âme fait l’expérience du caractère merveilleux de l’amour de Christ qui surpasse toute connaissance (Éph. 3:19). Il y a autre chose d’également vrai, c’est que plus nous goûtons l’amour de Christ, plus nous le désirons. Chaque expérience que nous en faisons engendre l’ardent désir de le connaître mieux encore ! C’est ainsi que si la fiancée n’avait pas déjà quelque peu connu l’affection de l’Époux, elle n’aurait jamais exprimé ce désir passionné.
En outre, c’est par le cœur que toute connaissance divine est reçue. D’où le fait que, comme ici, la fiancée commence par exprimer la joie que lui procure l’amour de l’Époux, pour déclarer ensuite l’effet de Ses excellences et de Ses perfections. Son cœur saisit, par la joie que lui procure Son amour, l’agréable odeur de Ses « parfums ». Remarquons toutefois, comme l’a dit un autre, qu’aussi fortes que soient les affections de la fiancée, elles ne se sont pas développées selon la position dans laquelle les affections chrétiennes proprement dites sont formées. Elles en diffèrent en ceci : Elles ne possèdent ni le calme profond ni la douceur d’affection découlant d’une relation déjà formée, connue et pleinement appréciée, dont les liens sont déjà établis et reconnus, et, qui compte sur la pleine et constante reconnaissance de cette relation, et où chaque membre du couple jouit de l’affection du cœur de l’autre comme d’une chose certaine. Le désir de celle qui aime et recherche l’affection du bien-aimé n’est pas l’affection douce, totale et solide de l’épouse indissolublement unie à l’époux par les liens du mariage. Pour la première, la relation n’est qu’un désir, conséquence de l’état du cœur, mais pour la seconde, l’état du cœur est la conséquence de la relation.
Il faut bien peser et comprendre cette distinction, car elle est la clef de l’interprétation du Cantique des Cantiques. Mais il n’en est pas moins vrai que, dans le cœur de l’épouse comme dans celui du chrétien, c’est l’amour qui permet d’accéder à la connaissance divine. En un mot, c’est celui qui aime le plus, qui connaît le plus (cf. 1 Cor. 8:1-3 ; Éph. 1:18). Marie de Magdala en est un exemple frappant. Pierre et Jean étaient plus éclairés qu’elle, car ils avaient vu (tout au moins Jean) le sépulcre vide, puis ils avaient cru, tandis que Marie était dans la plus complète obscurité touchant la résurrection. C’est pourtant à Marie que le Seigneur se révèle. Les deux disciples se contentèrent de constater que le sépulcre était dépossédé de sa proie (Jean, au moins, a cru que le Seigneur était sorti victorieux de la mort) et ils « s’en retournèrent donc chez eux. Mais Marie se tenait près du sépulcre, dehors, et pleurait » (Jean 20:10-11). Entièrement accaparée par l’Objet de sa profonde affection, elle demeurait figée sur place, comme si, ayant perdu Christ, elle avait tout perdu. Si Christ était mort, le monde entier n’était pour elle plus qu’un sépulcre ! L’état de son cœur était bon, bien que son intelligence spirituelle ne fût pas éclairée ; d’où le fait que le Seigneur put venir se révéler à elle, et faire d’elle l’heureuse messagère de la nouvelle bénie que désormais Ses frères Lui seraient associés dans le ciel, devant Son Dieu et Père, dans la même position et la même relation que Lui !
Si le lecteur a saisi les principes divins dont il vient d’être question, il comprendra aisément le langage de la fiancée qu’il nous faut maintenant considérer. « Tes parfums sont d’agréable odeur ; ton nom est un parfum répandu » dit-elle. Ces « parfums d’agréable odeur », représenteront pour nous le parfum béni de Ses perfections excellentes, telles qu’elles apparaissent dans Sa vie, dans Ses actes de tendresse et de grâce, autant que dans Ses parole et dans Sa marche parfaitement dépendante et obéissante devant Dieu, tout au long de Son chemin à travers de monde. Nous saisirons et apprécierons ces parfums dans l’intimité de Sa propre présence, dans ce qu’Il manifeste de Ses relations avec l’âme, dans toutes Ses voies, dans tous Ses faits et gestes personnels. Il est certain que la fiancée n’aurait pu connaître autrement l’odeur agréable de Ses parfums. Et il reste vrai que plus nous sommes près de Christ, plus nous sommes à même de comprendre l’expérience du disciple bien-aimé qui fut admis dans l’intimité du Seigneur jusqu’à pouvoir se pencher sur Sa poitrine, et mieux nous percevons Sa beauté et Sa grâce. On peut être très impressionné par des récits et témoignages oraux, même rendus de loin comme pour la reine de Sheba ; mais, comme dans le cas de celle-ci, ce n’est qu’en entendant et en constatant par nous-mêmes que nous sommes remplis d’adoration devant l’agréable odeur de ces parfums ! Si donc nous désirons être remplis du sentiment de Ses grâces et de Ses beautés, hâtons-nous sur les traces des deux disciples, attirés par Lui comme ils le furent jusqu’au lieu où Il demeure. Ayant notre part avec Lui là-haut, le parfum de Ses excellences sera la joie continuelle dont notre âme jouira !
Avant d’aller plus loin, ne manquons pas de remarquer que le doux parfum de la vie de Christ, comme le suggère Lévitique 2, était avant tout pour Dieu. Les sacrificateurs pouvaient manger de la fleur de farine pétrie à l’huile, dont était faite l’offrande de gâteau, mais on devait en faire fumer tout l’encens sur l’autel, avec une partie de l’offrande, comme sacrifice par feu, d’une odeur agréable à l’Éternel. Quelle bénédiction de savoir cela ! Même s’il n’y avait eu aucune âme sur la terre pour faire ses délices des parfums excellents de Christ, Sa vie n’aurait quand même pas été vaine, puisqu’elle glorifiait Dieu et remplissait Son cœur d’une joie infinie ! Non, le doux parfum de notre Seigneur bien-aimé n’aurait pas été gaspillé au vent du désert, car il y en avait Un dont le regard était toujours sur Lui, contemplant avec une satisfaction et une joie indicibles la perfection de chacune de Ses pensées, de Ses actes, de Ses paroles et de Ses pas. C’est cela qui fit jaillir ces paroles du cœur débordant de Dieu : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ». Et plus Christ était mis à l’épreuve — comme Il le fut de mille manières, y compris par le feu divin de l’autel lui-même — plus Son agréable odeur se dégageait en abondance, réjouissant le cœur de Son Dieu. Nous attirons l’attention sur ce fait, car si l’épouse et si nous-mêmes avons le droit de pouvoir jouir aussi du doux parfum de Sa vie, de nous nourrir de Sa parfaite et entière consécration à la gloire de Son Dieu, c’est seulement parce que Dieu a d’abord eu Sa part, et parce que, dans Sa grâce ineffable, Il nous a appelés à partager Sa propre joie qu’Il a trouvée dans le chemin et la Personne de Son Fils bien-aimé.
Remarquons aussi que c’est grâce à ces « parfums d’agréable odeur » que Son nom, révélation de tout ce qu’Il est, est annoncé partout, tel « un parfum répandu ». Cette vérité est abondamment illustrée dans les évangiles : « Et Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, et prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toutes sortes de maladies et toutes sortes de langueurs parmi le peuple. Et sa renommée se répandit dans toute la Syrie » (Matt. 4:23-24). Nous lisons ailleurs : « Et se levant, il s’en alla de là vers les frontières de Tyr et de Sidon ; et étant entré dans une maison, il ne voulait pas que personne le sût : et il ne put être caché » (Marc 7:24). Non, cher Sauveur, la bonne odeur de Tes parfums s’était répandue de tout côté, te faisant connaître partout, si bien que Ton nom était devenu tel une douce odeur de parfum pour tous ceux des Tiens qui ployaient sous un fardeau de détresse et de peines, las et découragés dans leurs âmes.
Ceci n’est certainement qu’un aspect de cette précieuse vérité, car ce que ce passage place devant nous, ce sont plutôt les transports d’une âme saisissant ce que Christ a d’excellent, comme cela ressort de Sa Personne et de Ses voies. Cependant, c’est toujours à cause de nos propres besoins que nous allons d’abord à Christ, et que nous apprenons ce qu’Il est dans Son amour et dans Sa grâce. Ce n’est que lorsqu’il a été répondu à nos besoins, que, délivrés de nous-mêmes, nous sommes libres en Sa présence, libres de Le contempler, Lui ! Il est rare, en effet, que Ses parfums d’agréable odeur pénètrent jusqu’à l’âme, pour la réjouir et la rafraîchir, avant qu’ait été réglée toute question nous concernant nous-même ainsi que notre relation avec Dieu. Il est rare que Christ Lui-même puisse être connu au tout début de notre vie spirituelle. Généralement, une conscience troublée doit être apaisée par l’efficace du sang de Christ avant que l’on puisse librement contempler Ses glorieuses perfections. Alors, celles-ci nous surprennent et éveillent la joie dans nos cœurs, Son nom — et même le seul fait de l’entendre prononcer ! — remplit nos cœurs de joie, à cause de sa douceur et de son parfum, et éveille des émotions qui ne peuvent s’exprimer qu’à Ses pieds, dans l’adoration !
Remarquons encore ceci, c’est que les « parfums d’agréable odeur » de Christ peuvent se dégager de la sainteté de la vie des Siens. Tout ce qui caractérisa Sa marche parfaite à Lui, à travers ce monde, peut se retrouver chez les Siens. Considérons, par exemple, les préceptes et les exhortations des épîtres. Christ en a donné le parfait exemple de tous et toutes. À moins qu’on garde bien cela en mémoire, pour bien les associer à Lui comme la Parole vivante, ces préceptes se réduiront pour nous à des obligations dures et légales. Christ en nous, Christ notre vie, selon l’épître aux Colossiens, doit avoir pour effet que nous manifestions Christ, dans la puissance du Saint-Esprit. Pour qu’il en soit ainsi, il faut que nous demeurions beaucoup en Sa compagnie, car plus nous sommes avec Lui, et occupés de Lui, plus nous serons transformés à Sa ressemblance et plus s’exhaleront Ses parfums d’agréable odeur. Alors quel puissant témoignage rendu à ce qu’Il est, car par notre moyen, Son nom sera alors comme un parfum répandu ! Ce doux parfum du nom de Christ émanera de notre marche tout autant que de nos paroles ! L’apôtre Paul emploie justement ces expressions à propos de sa prédication : « nous sommes la bonne odeur de Christ pour Dieu… » (2 Cor. 2:15) et, un peu plus loin au chapitre 4 il insiste sur le fait que nous rendons témoignage autant par notre vie que par nos paroles. En méditant sur ces choses, ne pouvons-nous pas bien dire : « Quel privilège ! Quelle mission que d’être envoyé dans le monde pour annoncer l’excellence des doux parfums de Christ, afin que Son nom puisse, par nous, être tel un parfum répandu ! ».
Remarquons encore l’effet produit par cela : « C’est pourquoi les jeunes filles t’aiment » (v. 3). Le parfum du nom de Jésus attire le cœur des jeunes filles, des vierges — non pas le cœur de tous ceux qui appartiennent à Dieu, remarquons-le bien, mais seulement des des vierges. Une pensée très particulière est associée dans l’Écriture à la jeune fille, la vierge, celle de son caractère moral, qui évoque l’absence de souillure et de toute contamination au contact des influences corruptrices du monde (cf Apoc. 14:4). Les jeunes filles, les vierges, représentent donc ici ceux qui ont été rendus capables, par grâce, de maintenir une sainte séparation d’avec les souillures du monde qu’ils traversent, ceux dont les cœurs sont restés fidèles à Christ, gardés pour Lui en toute loyauté par le sentiment de Ses droits et de Son amour. Un cœur qui possède Christ est fortifié contre les appâts les plus séducteurs du monde. Ce qui caractérise toujours la jeune fille, la vierge, c’est une affection absorbée par son objet, affection de plus en plus intense et profonde au fur et à mesure qu’elle découvre la perfection de Christ. Autrement dit, ceux dont le caractère ressemble quelque peu à celui de la vierge sont touchés par ce que Christ a de précieux. Christ étant le seul objet de leurs affections, ils sont le mieux à même de comprendre Ses beautés et d’en jouir. Ils détectent Sa présence, le parfum béni de Ses paroles et de Ses actes, là où les autres ne voient rien. Ils vivent dans Sa présence ; Ils sont pour Lui sans réserve. C’est pourquoi Christ fait Ses délices de Se révéler à eux, avec tout l’attrait propre à approfondir et à faire jaillir leurs affections pour Lui.
De ce qui vient d’être dit, il s’ensuit que l’on peut deviner l’état de notre âme d’après l’effet que produit sur nous le nom de Jésus. Si notre cœur demeure indifférent, sans réaction lorsqu’Il est le sujet d’une conversation ou d’une méditation, c’est assurément que nous ne sommes pas en communion avec le cœur de Dieu. Le nom même d’une personne aimée, sur cette terre, ne provoque-t-il pas des émotions agréables ? Combien plus le nom de Christ, objet de l’amour de Dieu — ainsi que du nôtre, si nous Le connaissons — ne devrait-il pas susciter en nous de saintes et joyeuses affections qui ne peuvent s’exprimer qu’en louanges et en adoration !
On entend parfois demander quel est ce nom. Mais que ce soit, ou non, le nom de Jésus (ce qui est probable ; on peut traduire : Dieu… lui a donné le nom, ou ce nom — traduction JND : un nom, mais voir note en bas de page), le sens de cette expression est très clair. Un passage de l’épître aux Éphésiens l’explique. En rapport avec « l’excellente grandeur de la puissance de Dieu envers nous qui croyons, selon l’opération de la puissance de sa force, qu’il a opérée dans le Christ, en le ressuscitant d’entre les morts » (Éph. 1:19-20), l’apôtre ajoute : « et il l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir » (Éph. 1:20-21). Cela signifie évidemment que, quelle que soit l’excellence ou la dignité de n’importe quelle hiérarchie ou intelligence céleste, Christ, en tant qu’Homme glorifié, a été élevé au-dessus d’elles toutes. Parmi les innombrables êtres célestes, Il est incontestablement à la place suprême. La traduction anglaise « très au-dessus », n’est peut-être pas tout à fait exacte, mais il n’est pas douteux que les traducteurs ont bien saisi l’esprit du texte et ont cherché à exprimer qu’aucun autre ne pouvait se comparer à Christ glorifié, et que son élévation est tellement indicible que les anges les plus haut placés Lui sont de beaucoup inférieurs. De même en Philippiens, le « nom au-dessus de tout nom » exprime la suprématie absolue dans l’univers tout entier, de Christ glorifié en tant que Seigneur. Rien moins que cela ne peut rendre compte de ce verset de l’Écriture.
On comprendra mieux cela en considérant le contexte de cette expression. En un sens, tout ce passage (Phil. 2:5-11) forme un tout complet à lui seul. Il découle des exhortations précédentes. Ce qui est merveilleux dans ce passage, c’est que toute l’admirable révélation de la Personne, du caractère, de l’incarnation de Christ, ainsi que Son abaissement suivi de Son exaltation, soit donnés pour renforcer l’exhortation de l’apôtre à ce que les croyants aient comme modèle la pensée qui « a été dans le Christ Jésus », qu’on a vu venir de la gloire la plus complète de la Déité pour s’abaisser jusqu’aux souffrances et à la profondeur de malédiction du calvaire. Méditons ces choses, car plus on les médite, plus nos âmes en sont pénétrées. Dans l’éternité passée, Celui qui a été abaissé ici-bas « était en forme de Dieu » (Phil. 2:6). Une telle déclaration, aussi inaccessible soit-elle à nos pensées, ne proclame rien moins que Sa divinité absolue et essentielle. Elle parle de Son existence éternelle en tant que Dieu, tout comme Jean dit à propos de la Parole : « Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu » (Jean 1:1). De cette vérité bénie dépend toute celle de la révélation et de la rédemption. Abandonner cette vérité, c’est comme si l’on retranchait le soleil du système solaire, y apportant par conséquent les ténèbres, le chaos et la destruction. Voilà pourquoi la controverse a fait rage au travers des siècles au sujet de la Personne de Christ. Son humanité, Sa divinité furent tour à tour mises en doute, voire niées. La foi fait face à tous les arguments humains en citant simplement les déclarations de la Parole de Dieu.
Cependant, s’il est question ici de la divinité de notre précieux Seigneur, ce n’est que pour magnifier Sa grâce et Son humiliation volontaire, car à peine vient-il d’en être question que suivent ces mots d’une importance insurpassable : tout d’abord, « Il n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu » (Phil. 2:6), et ensuite « mais s’est anéanti lui-même ». La première expression signifie que, bien qu’Il fût en forme de Dieu, Il ne s’en est pas servi pour s’exalter Lui-même. Quel contraste, sans aucun doute, avec Adam qui tomba dans le piège de Satan en cherchant à s’exalter lui-même et à être « comme Dieu, connaissant le bien et le mal » ! Adam, étant homme, a cherché à s’exalter lui-même ; Christ, étant Dieu, s’est abaissé Lui-même. Quel contraste béni ! C’est là la pensée qui était dans le Christ Jésus, et la première expression qui en est donnée, est : « Il s’est anéanti Lui-même » (Phil. 2:7). C’est avec les pieds déchaussés (car c’est un lieu saint) que nous devons nous approcher de cette vérité. Comment donc Celui qui était en forme de Dieu a-t-Il pu s’anéantir ? On a écrit récemment qu’Il s’était vidé de Ses prérogatives divines, et selon d’autres, qu’Il s’était même vidé de Ses attributs divins [le mot « vidé » est utilisé par certaines traductions là où JND traduit par « anéanti »]. Chassons de pareilles pensées ! Les admettre revient certainement à obscurcir la vérité essentielle de Sa divinité, et à donner libre cours aux pires formes de rationalisme. Car que sont Ses attributs, sinon les caractéristiques de Sa divinité ? Si bien que s’en vider, c’est mettre de côté Sa divinité. Non, mille fois non ! Comme quelqu’un l’a dit : « L’essence même de la divinité ne saurait changer. S’anéantir, pour le Seigneur, concernait la forme ».
Les phrases qui suivent éclairent ce point en décrivant les étapes et le résultat de Son anéantissement : Il a pris « la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes » (Phil. 2:7), par un effet de Sa propre volonté divine. C’est en tant que Dieu qu’Il s’est anéanti Lui-même, mais maintenant Il nous est présenté après l’avoir fait, car nous Le voyons à la ressemblance des hommes, en forme d’« esclave ». Cela contient toute la vérité de l’incarnation, et cela nous fait sentir un peu, même si c’est imparfaitement, l’immense abaissement de Celui qui était en forme de Dieu et qui a pris la forme d’un esclave. Aucun autre que Dieu n’était capable d’une telle condescendance et d’une telle grâce, car c’était réellement la manifestation de l’amour divin au milieu des pécheurs. Aucun autre que Dieu n’aurait pu s’abaisser pareillement, car l’homme est limité à sa propre forme et à son propre mode d’existence. Dans l’incarnation, nous contemplons donc l’un des glorieux mystères de la rédemption. Et tout en étant incapables d’en saisir le sens profond et toute la portée, nous comprenons quand même que plus Christ s’est abaissé, plus Sa gloire divine a brillé avec éclat ! Car Dieu est lumière, et Dieu est amour. Et où voyons-nous cela, si ce n’est en Celui qui a pris la forme d’esclave ? À chacun de Ses pas, dans Ses paroles de grâce et de vérité, dans Ses œuvres de puissance et de grâce, on perçoit la grâce, la lumière et l’amour dans toute leur perfection, si on a l’œil ouvert. Et le cœur enseigné par Dieu est contraint de s’écrier : « Voyez, c’est Dieu Lui-même ! ».
En tant que Dieu, comme nous l’avons déjà dit, « Il s’est anéanti lui-même », et maintenant nous apprenons que, comme homme, « Il s’abaissé lui-même » (Phil. 2:8). En fait, toute la vie de notre Seigneur bien-aimé, en tant qu’homme, se réduit à ces mots : « Il s’est abaissé ». Car il n’est pas dit, comme dans certaines traductions, « et il devint obéissant jusqu’à la mort », mais il est dit : « étant devenu obéissant », c’est-à-dire qu’Il est devenu obéissant en s’abaissant Lui-même. Puis pour bien faire ressortir le caractère de Son abaissement, il est ajouté « jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ». Quelle place d’abaissement, en effet, Il a prise en assumant la forme d’esclave, mais combien plus bas a-t-Il encore été lorsque, « étant trouvé en figure comme un homme », Il s’abaissa jusqu’à la mort ignominieuse de la croix ! N’oublions jamais, dans nos méditations, lorsque nous adorons, émerveillés devant cette condescendance infinie, que Christ nous est présenté ici à titre d’exemple ! On peut bien poser la question formulée par quelqu’un en ces termes frappants : « Nos affections ne sont-elles pas occupées jusqu’à s’y assimiler lorsque nous contemplons attentivement et avec délices, ce que Jésus a été ici-bas ? Nous L’admirons, nous en sommes humiliés, et par grâce nous Lui sommes rendus conformes. Nous contemplons en Lui la perfection de cette vie dont Il est pour nous le Chef et la Source, et nous en retirons force et humilité. Car qui pourrait nourrir de l’orgueil quand il jouit de la communion avec l’humble Jésus ? Humble Lui-même, Il voulait nous apprendre à choisir la dernière place, mais c’est Lui qui l’a prise, comme un privilège de Sa grâce parfaite ! Maître béni, puissions-nous au moins être près de Toi, et cachés en Toi ! »
Tel est le fondement merveilleux sur lequel est basé l’exaltation présente de Christ. Qu’il y ait un rapport direct entre les deux (Son abaissement et Son exaltation), cela ressort de l’expression « c’est pourquoi » qui exprime pour nous le prix que le cœur de Dieu attache à l’abaissement de Lui-même pris par Christ. L’Écriture donne bien des raisons de la gloire de Christ. Apocalypse 5, par exemple, célèbre Sa dignité en vertu de la rédemption acquise par Sa mort et par l’efficace de Son sang. Lui-même demande au Père de Le glorifier en Jean 17:1-5, parce que Lui avait glorifié le Père sur la terre et qu’Il avait achevé l’œuvre qu’Il Lui avait donnée à faire (Jean 17:4). Ici, c’est un tout autre aspect. C’est Dieu Lui-même qui intervient, dans la joie de Son cœur, dans les délices qu’Il trouve en Celui qui s’est tant abaissé, et Dieu l’élève jusqu’aux sommets de la gloire où Il se trouve aujourd’hui ; or cet acte proclame dans l’univers tout entier qu’aucune autre position n’aurait été à la hauteur de ce qu’Il mérite, que Celui qui s’est abaissé le plus bas doit occuper la place la plus élevée. Moralement c’est l’application, dans toute sa perfection, du principe énoncé par le Seigneur Lui-même : « quiconque s’abaissera sera élevé » (Matt. 23:12). On peut donc dire que Son exaltation suprême fut Sa récompense et Sa couronne.
Dans l’épître aux Éphésiens, l’apôtre aborde un autre aspect de ce sujet si important. Il nous dit que « Celui qui est descendu dans les parties inférieures de la terre est le même que Celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’Il remplît toutes choses » (Éph. 4:9-10). Nous sommes peut-être incapables de sonder la profondeur de ces termes qui ne signifient certainement rien moins que ceci : en vertu de l’abaissement de Christ et de l’œuvre qu’Il a accomplie en vue de l’accomplissement des conseils de Dieu, Sa propre gloire rédemptrice remplira un jour l’univers tout entier. Telle sera, et rien moins que cela, la réponse de Dieu à l’abaissement de Son Fils bien-aimé.
Revenons à notre passage. Nous y apprenons que « le nom qui est au-dessus de tout nom » Lui est donné comme faisant partie de Son élévation ; bien plus, c’est l’estimation faite par Dieu Lui-même de ce qui est dû à Celui qui s’est abaissé volontairement, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. Ce nom proclame donc la dignité de Christ manifestée par la place que Dieu Lui a donné d’occuper. Nous disons bien « la place que Dieu Lui a donné d’occuper », car il s’agit ici de Son exaltation en tant qu’Homme, comme conséquence de Sa parfaite obéissance et de Son entière consécration à la gloire de Dieu tout au long de Son chemin sur la terre jusqu’à Sa mort y compris. Ce qu’est ce nom, — est-ce le nom de Jésus, — on ne peut trancher comme nous l’avons déjà dit ; en effet c’est sur sa signification que l’Esprit de Dieu veut attirer notre attention. Ce qu’il signifie répétons-le, c’est que, quels que soient les êtres glorieux entourant le trône céleste, Jésus glorifié est au-dessus d’eux tous, et bien au-delà. Le nom qui Lui a été donné en vertu de Son abaissement, révèle une dignité qui transcende de beaucoup celle des niveaux les plus élevés de l’armée céleste, et qui proclame en outre qu’Il a la position suprême dans tous les mondes qui constituent l’univers de Dieu. Si donc ce rang qu’Il occupe aujourd’hui est l’expression des délices que Dieu a trouvé dans le Christ jadis abaissé, comment ne ferait-il pas aussi les délices des enfants de Dieu qui Le contemplent dans cette position et dans cette gloire ? C’est la grâce de Dieu que nous soyons appelés à partager Son propre délice qu’Il trouve dans Son Fils bien-aimé ; et la jouissance de cela, si faible soit-elle, est véritablement l’avant-goût, le prélude, des joies célestes qui, remplissant nos cœurs alors même que nous foulons les sables du désert, ne peut s’exprimer que par l’adoration et les cantiques.
Traduction en cours
Traduction en cours
Il y a deux ou trois expressions que l’on peut considérer sous ce titre. Malgré quelques légères différences de sens, elles ont, dans leur application pratique, la même force et le même but. L’une pourrait être traduite par « à cause de Son Nom », une autre par « pour l’amour de Son Nom », une autre encore par « en Son Nom ». Dans chacune de ces trois expressions, l’idée fondamentale est la valeur de ce nom pour celui qui agit, supporte ou souffre — idée dont nous retrouverons aussi des exemples, comme nous espérons le voir, dans la manière dont Dieu agit en grâce envers les Siens. Ces mots, « Ton nom est un parfum répandu », ont déjà été placés devant nous, et les expressions que nous allons maintenant considérer illustreront, elles aussi, le fait que c’est le parfum du nom de Christ qui réjouit à la fois le cœur de Dieu et les cœurs des Siens. C’est pourquoi nous lisons, en rapport avec les bénédictions de Son règne de justice, pendant mille ans : « Son nom sera pour toujours, son nom se perpétuera devant le soleil, et on se bénira en lui : toutes les nations le diront bienheureux » (Ps. 72:17). Oui, dans toute l’éternité, nous chanterons sans cesse à la gloire de Son Nom, comme nous l’avons fait sur la terre.
Dans le premier cas que nous considérerons, c’est la valeur, pour Dieu, de ce nom sur lequel se fonde l’exercice de Son amour en pardon. C’est ainsi que l’apôtre Jean dit : « Je vous écris, enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom » (1 Jean 2:12). Toute la vérité de la grâce est contenue dans ces quelques mots, car le terme « enfants » recouvre toute la famille de Dieu. Nous apprenons de ce passage qu’en pardonnant les péchés, Dieu se base uniquement sur la valeur du nom de Son Fils bien-aimé, comme de Celui qui L’a glorifié sur la terre et qui a accompli l’œuvre qu’Il Lui avait donnée à faire. De combien