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Le Nom au-dessus de tout nom

 

Edward Dennett

 

Table des matières abrégée :

1     Préface

2     Le Nom ineffable

3     Tu appelleras Son nom Jésus — Matthieu 1:21

4     On appellera Son nom Emmanuel — Matthieu 1:23

5     Ton nom est un parfum répandu — Cant. des cant. 1:3

6     Le Nom au-dessus de tout nom —Philipiens 2:9

7     Au nom de Jésus — À Son nom

8     En Son nom

9     À cause de Son Nom

10      Pour Son nom

11      Il porte un nom écrit… et son nom s’appelle : « La Parole de Dieu » — Apoc. 19:12, 13

12      « Son nom sera sur leurs fronts » — Apoc. 14:1 et 22:4

13      « Toi, tu demeures » — Ps. 102 et Héb. 1:11

 

Table des matières détaillée :

1     Préface

2     Le Nom ineffable

2.1      Élohim — Dieu

2.2      Le Tout-puissant — El-Shaddaï

2.3      L’Éternel — YHWH, Jéhovah

2.4      Le Très-haut — Elion

2.5      Seigneur — Adonaï

2.6      Autres noms divins

3     Tu appelleras Son nom Jésus — Matthieu 1:21

3.1      Gloires humaines, gloires divines

3.2      Naissance de l’Éternel Sauveur

3.3      Le miracle de l’incarnation

3.4      Circonstances de Sa naissance

3.5      Le Sauveur qui fait propitiation pour les péchés

3.6      Les souffrances de Christ devaient précéder Ses gloires

3.7      Sauveur de Son peuple terrestre

3.8      Sauveur pour tous

4     On appellera Son nom Emmanuel — Matthieu 1:23

4.1      Quand le trône de gloire sera établi sur la terre

4.2      La prophétie d’Ésaïe 7

4.3      L’intervalle entre la prophétie et son accomplissement

4.4      Le Résidu dépositaire du témoignage. Ésaïe 8

4.5      Ésaïe 9

4.6      Les titres d’Ésaïe 9:6-7

4.7      Une multiplicité de noms et de caractères

5     Ton nom est un parfum répandu — Cant. des cant. 1:3

5.1      Un amour dont on fait l’expérience

5.2      Le Cantique des cantiques ne reflète pas l’expérience chrétienne

5.3      Le Seigneur qui se révèle là où il y a de  l’amour pour Lui

5.4      Une expérience à faire de près

5.5      La part du Père

5.6      Un parfum qui se répand vers d’autres

5.7      Commencer par une conscience apaisée

5.8      Transformés à la ressemblance de Christ

5.9      Des cœurs que le monde n’a pas contaminés

5.10    Sensibles au nom de Jésus

6     Le Nom au-dessus de tout nom —Philipiens 2:9

6.1      Le sens de cette expression

6.2      Phil. 2:5-6a — Avoir la pensée du Seigneur. Sa divinité

6.3      Philippiens 2:6b-7a

6.4      Philippiens 2:7b

6.5      Philippiens 2:8

6.6      Philippiens 2:9a

6.7      Philippiens 2:9b

7     Au nom de Jésus — À Son nom

7.1      Comment traduire au nom de Jésus en Philippiens 2:9b-11

7.2      Il faut que la suprématie et la seigneurie de Jésus soit reconnue

7.3      Tout genou : la question des êtres infernaux

7.4      Quand l’autorité de Christ sera-t-elle reconnue ?

7.4.1      Les êtres célestes

7.4.2      Les êtres terrestres

7.4.3      Les êtres infernaux

7.5      Le croyant a à anticiper la gloire de Christ

8     En Son nom

8.1      Sens de croire quelqu’un, croire en, croire à

8.2      Jean 14:1-14 et 16:23 : Demander au Père dans le nom de Jésus

8.3      Portée de « demander dans le nom » du Fils

8.4      Tout faire dans le nom de Christ, du Seigneur Jésus

8.5      Comment peut-on toujours agir dans le nom de Jésus ?

8.6      Exemples de Pierre et Paul

8.7      Responsabilité d’agir dans le nom de Christ

9     À cause de Son Nom

9.1      Pardonnés à cause de Son nom

9.2      Conduits dans le chemin à cause de Son Nom

9.3      Dévouement et courage sans se lasser, à cause de Son Nom

9.4      Souffrance à cause de Son Nom

9.5      Soutenus dans le service par la parfaite suffisance de Son Nom

10      Pour Son nom

10.1    Revenir à l’Écriture pour être préservés de l’erreur

10.2    Faut-il traduire : « Baptiser pour le nom »

10.3    Sens de « être baptisé pour »

10.4    Héb. 6:10 – L’amour montré pour Son nom

10.5    Le Seigneur regarde ce qui est fait pour Ses saints comme fait à Lui

10.6    Matthieu 18:19-20 – Contexte du passage

10.7    Tests pour la présence du Seigneur dans l’assemblée

10.8    Effets de la présence du Seigneur dans l’assemblée

11      Il porte un nom écrit… et son nom s’appelle : « La Parole de Dieu » — Apoc. 19:12, 13

11.1    Une scène de jugement

11.2    Après les noces, le terme de la patience de Christ

11.3    Cieux ouverts

11.4    Le nom écrit que nul ne connaît

11.5    Son nom s’appelle la Parole de Dieu

11.6    Roi des rois, et Seigneur des seigneurs

11.7    Attente de l’enlèvement, attente de l’apparition

12      « Son nom sera sur leurs fronts » — Apoc. 14:1 et 22:4

12.1    Les 144000 du ch. 14 sur la montagne de Sion

12.2    Dans la Jérusalem céleste d’Apoc. 22:1-5

12.3    Le nom sur leur front (Apoc. 22:4)

13      « Toi, tu demeures » — Ps. 102 et Héb. 1:11

13.1    Transformés de gloire en gloire en contemplant le Seigneur

13.2    Dans un monde où tout passe

13.3    Liés à Celui qui ne change pas

13.4    Celui qui a été l’affligé

13.5    La réponse qu’Il a reçue dans Son affliction

13.6    La réponse qui nous est donnée dans notre affliction est la même

13.7    Le Seigneur nous veut déjà au ciel

13.8    Déjà dans notre âme se lève l’aube d’un autre monde

13.9    Conclusion

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

1                    Préface

Les chapitres suivants ont paru pour la première fois dans « l’Ami et le Guide du Chrétien » [The christian friend and instructor]. Ils ont été maintenant rassemblés et imprimés ensemble. Ils ont tous trait à la révélation que Dieu s’est plu à faire de Lui-même, en commençant par les périodes successives de l’Ancien Testament, pour finir par l’Incarnation, la Mort, la Résurrection et l’Exaltation de notre bien-aimé Seigneur et Sauveur. Dans le fervent espoir que cette lecture, par la bonté du Seigneur, pourra amener le lecteur à croître dans la connaissance et l’intimité du Seigneur, nous Lui confions ces pages afin qu’Il les bénisse.

 

2                    Le Nom ineffable

Il est clair, pour n’importe quel lecteur des Écritures, que la révélation que Dieu s’est plu à faire de Lui-même est graduelle et progressive. Aujourd’hui, les croyants marchent dans la lumière, comme Lui-même est dans la lumière, mais auparavant, Il était entouré de nuées et de ténèbres, et cela était nécessaire tant que la justice et le jugement demeuraient les bases de Son trône (cf. Ps. 89:14). Mais lorsque Christ eut accompli l’œuvre de l’expiation, glorifiant Dieu dans tout ce qu’Il est, et ayant été fait péché pour nous, le voile derrière lequel Dieu habitait, et qui Le cachait aux yeux de Son peuple, ce voile se déchira en deux depuis le haut jusqu’en bas, et Dieu put en toute justice répondre au désir de Son propre cœur en manifestant sans réserve tout ce qu’Il est, tel que Le révèle Christ sur la base de la rédemption. Ce sont là des vérités capitales, fondamentales, rappelées ici pour nous préparer à considérer brièvement les différents noms de Dieu sous lesquels Il s’est révélé au cours des différentes dispensations, à travers les récits de l’Ancien Testament. Que Dieu soit le même, dans Sa nature et Ses attributs à la fois dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, autrement dit qu’Il soit immuable, cela découle nécessairement des perfections de Son être divin. Mais il est non moins vrai que les aspects sous lesquels Il est présenté au fil des siècles varient. Ce sont ces aspects que traduisent Ses différents noms.

 

2.1   Élohim — Dieu

ÉLOHIM, on l’a souvent remarqué, est le nom courant de Dieu considéré comme l’Ểtre divin, auquel les hommes en tant qu’hommes ont affaire, et comme Celui devant qui ils sont responsables. C’est un mot pluriel, dont le singulier est Éloah, forme souvent employée en particulier dans le livre de Job. Les païens employaient parfois ce nom pour désigner leurs divinités, ce qui est sans doute à l’origine de cette question posée au Psaume 18 : « car qui est Dieu (Éloah), hormis l’Éternel, et qui est un rocher, si ce n’est notre Dieu (Élohim) » ? (Ps. 18:31). Autrement dit, le vrai Éloah est l’Éternel, et le seul rocher est Élohim. La raison de l’utilisation du pluriel (Élohim) est expliquée de diverses manières. Il y a ceux, comme on pouvait s’y attendre, qui soutiennent que c’est tout simplement, selon l’usage hébraïque, un pluriel d’excellence, et que, sous cette forme, le mot exprime l’excellence ou les perfections de Celui auquel il s’applique. Il y en a d’autres qui affirment que ce pluriel est d’intention divine, pour faire ressortir la Trinité, c’est-à-dire l’unité de la Déité dans les trois Personnes de la Déité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. À l’appui de cette explication, le lecteur pieux ne manquera pas de noter qu’en Genèse 1:26 nous lisons : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance… » En effet, puisque ce terme exprime tout ce qu’est Dieu, toutes les personnes de la Divinité doivent être comprises.

Il est évident que cela ne pouvait pas être saisi à ce moment-là. Ce n’est qu’au baptême de notre bien-aimé Seigneur que toute la vérité de la Trinité fut mise au jour. C’est alors que Dieu parla du haut du Ciel ; Son Fils bien-aimé était sur la terre ; et le Saint Esprit descendit et demeura sur le Fils. Et maintenant que Dieu s’est pleinement révélé, et que le Saint Esprit est venu, Lui qui sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu (1 Cor. 2:10), nous pouvons revenir en arrière, conduits et enseignés par Lui, et découvrir bien des choses qui ne pouvaient pas être comprises auparavant. Un des dangers d’aujourd’hui est de ne lire l’Ancien Testament qu’à la lumière qu’en avaient les hommes au jour où il fut écrit. La vérité, c’est que son sens profond ne peut être saisi que si on le considère à la pleine lumière du christianisme. Il n’est donc nullement déplacé d’affirmer que Dieu a choisi ce mot particulier d’Élohim pour exprimer la vérité de la Trinité. Par exemple nous lisons dans la Genèse que Dieu créa les cieux et la terre ; et dans l’Évangile de Jean, il est dit de la Parole, cette Parole qui ensuite devint chair : « Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait » (Jean 1:3). Nous savons donc que le Fils éternel est compris dans le mot « Dieu » de la Genèse, et en y réfléchissant, nous comprenons mieux la gloire de la personne de notre Rédempteur.

 

2.2   Le Tout-puissant — El-Shaddaï

Dieu se fit connaître sous un autre nom aux patriarches ; ce nom est mentionné pour la première fois en Genèse 17:1 : « Et l’Éternel apparut à Abram, et lui dit : Je suis le Dieu Tout-puissant », c’est-à-dire El Shaddaï : Dieu Tout-puissant. Il semble que le mot « El » signifie la force, la toute-puissance. Certains pensent que « Shaddaï » a le même sens, tandis que d’autres préfèrent le traduire par autosuffisance ou autosuffisant. Dans l’un et l’autre cas, la combinaison de ces deux mots désigne des attributs divins, étant donné que la toute-puissance et la capacité de se suffire à soi-même ne peuvent se trouver qu’en Dieu. Ces deux mots sont employés, par exemple, dans ce passage : « Et Dieu parla à Moïse, et lui dit : Je suis l’Éternel (Jéhovah). Je suis apparu à Abraham, à Isaac, et à Jacob, comme le Dieu Tout-puissant (El Shaddaï) ; mais je n’ai pas été connu d’eux par mon nom d’Éternel (Jéhovah, ou YHWH) (Ex. 6:2-3. Voir aussi Genèse 28:3 ; 35:11 etc.). Lorsque le mot « Tout-puissant » se trouve seul, dans notre traduction, il représente généralement Shaddaï. On trouve une belle combinaison de ce nom avec celui de l’Éternel en 2 Cor. 6:18 : « Je vous recevrai, et je vous serai pour père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles dit le Seigneur, le Tout-puissant ». Le Dieu qui était connu d’Abraham sous le nom de Shaddaï, et d’Israël sous le nom de l’Éternel, est maintenant déclaré comme Père, selon cette relation intime et bénie dans laquelle, dans Sa grâce immense, Il a introduit les Siens en association avec Christ.

 

2.3   L’Éternel — YHWH, Jéhovah

Comme nous l’avons déjà dit, il faut bien comprendre que l’Éternel est le nom que Dieu prit tout spécialement dans Sa relation d’alliance avec Israël. Comme le lecteur peut facilement s’en assurer, ce mot avait déjà été employé avant que Dieu le communique à Moïse, mais c’était la première fois qu’il l’était en rapport avec le peuple élu. Les remarques suivantes pourront nous éclairer sur ce point : « En Genèse 2 et 3, il était de toute importance de faire le rapprochement entre l’Éternel, le Dieu national du peuple d’Israël, et l’unique Dieu créateur. Pareillement en Exode 9:30, il est déclaré que le Dieu des Hébreux, dont le nom est l’Éternel, est Élohim… Autrement, l’Éternel est un nom, Élohim est une personne. Seulement l’Éternel est Élohim, l’Éternel est un nom personnel » — l’Éternel est le nom que Dieu a pris dans Ses rapports et Sa relation avec les hommes, mais spécialement avec Son peuple. Le mot signifie « Celui qui existe de par Lui-même », et peut être traduit pratiquement par « Celui qui est, qui était, et qui vient ». Dérivé d’un verbe signifiant « exister », ce mot exprime l’éternité, et donc le caractère immuable de Son être. Il présente donc à nos âmes Celui qui est éternellement, qui existait avant que le temps fut, qui subsiste pendant tout le temps, et qui continuera d’exister après que tout le temps aura passé. Il est ainsi l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, le premier et le dernier. L’emploi de ces expressions (Apo. 22:13) prouve incontestablement que le Jésus du Nouveau Testament est l’Éternel de l’Ancien.

 

2.4   Le Très-haut — Elion

Nous avons déjà parlé de « El » à propos de « El-Shaddaï ». « El » s’emploie également avec « ELION » et se traduit alors par le « Dieu Très-haut ». En examinant les divers endroits où l’on trouve ce nom, on s’apercevra que c’est le nom millénaire de Dieu « au-dessus de tous les dieux de l’idolâtrie, des démons, et de toute puissance ». C’est dans ce caractère que Dieu est dit être « possesseur des cieux et de la terre » (Gen. 14:18-19).

C’est pourquoi Nébucadnetsar dut demeurer sous le jugement de Dieu jusqu’à ce qu’il connut que « le Très-haut domine sur le royaume des hommes, et qu’Il le donne à qui Il veut » (Dan. 4:24-25). Que ce but fût atteint, on le voit en ce que, lorsque son intelligence lui revint, il bénit le « Très-haut »… etc. (Dan. 4:25-34).

Pareillement, Balaam (Nomb. 24:4) emploie ce même titre de « Très-haut » quand il est sur le point de parler de la gloire future et de la suprématie d’Israël parmi les nations.

Au Psaume 91, on trouve ce titre de « Très-haut » en rapport avec Shaddaï (le Tout-puissant) : « Celui qui habite dans la demeure secrète du Très-haut (Elion) logera à l’ombre du Tout-puissant » (Shaddaï). Et au Psaume 47:2, ce titre de « Très-haut » est associé au nom de l’Éternel, et il est ajouté qu’Il est un « grand roi sur toute la terre » (Ps. 47:2). Ces exemples sont intéressants en ce qu’ils prouvent que c’est Dieu, le Dieu unique, qui se révèle aux hommes sous ces noms différents désignant des relations distinctes.

 

2.5   Seigneur — Adonaï

La plupart des lecteurs de l’Écriture connaissent bien le terme « Adonaï », cet autre nom de Dieu. Dans la version anglaise, il est traduit par « Seigneur », mais il est distingué généralement de l’Éternel — également traduit par « Seigneur » — par l’usage de lettres minuscules au lieu de majuscules. En ce qui concerne la racine du mot, il signifie Maître, Gouverneur, Propriétaire. Mais la forme « Adonaï » ne s’emploie que pour Dieu, et Dieu au sens de Celui qui a pris le pouvoir et qui est dans une relation de Seigneur vis-à-vis de ceux qui invoquent Son nom. Adonaï s’applique donc spécialement à Christ dans Son exaltation à la droite de Dieu. Cela ressort d’une référence au Psaume 110 que le Seigneur cite au moment où Il confond Ses adversaires : « L’Éternel (Jéhovah) a dit à mon Seigneur (Adonaï) : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » (Ps. 110:1, Matt. 22). En Matthieu 22, le Seigneur applique expressément ce verset à Lui-même, — à Lui-même en tant que Christ le Messie (Matt. 22:42-44), et Il s’en sert pour démontrer que le Fils de David était aussi le Seigneur de David, et qu’en un mot, Il était aussi bien la Racine que la Postérité de David. En Genèse 15:2, Abraham s’adresse à Dieu, comme « Seigneur Éternel » (« Adonaï Jéhovah »). Cet exemple suffira à montrer une fois de plus que tous ces noms divins s’appliquent au Dieu unique, même celui d’Adonaï qui est particulièrement réservé à Christ exalté dans les lieux célestes (le caractère d’Adonaï de notre Seigneur béni est pleinement révélé en Phil. 2:9-11).

 

2.6   Autres noms divins

Il y a d’autres titres divins sur lesquels il suffira d’attirer l’attention du lecteur.

Dans les livres poétiques, « Jah » est souvent employé, et c’est ce mot qui se cache dans « alléluia », ou « louez Jah ». Son sens n’a pas été déterminé. On suppose généralement que c’est une abréviation, ou une forme poétique, de Jéhovah (l’Éternel).

Il y a aussi les mots employés par Dieu lorsqu’Il envoya Moïse délivrer Son peuple. Le premier est traduit par « Je suis Celui qui suis », le second par « Je suis ». Ce sont deux formes d’un même mot signifiant « existence ». La première est parfois traduite — peut-être justement — par « Je serai Celui que je serai ». La pensée exprimée dans ces deux appellations est proche du sens de l’Éternel (Jéhovah ; ce qui est normal puisqu’elles viennent du même verbe) et elle évoque un être, ou une existence, qui ne change pas.

Il y a encore un autre terme, peut-être pas vraiment un nom ou un titre divin, mais qui peut presque être considéré comme tel vu son application fréquente et spéciale à Dieu : c’est ATTA HU. On le trouve dans les expressions telles que : « Tu es Celui… » etc., dont l’équivalent est employé en Héb. 1:12 : « Toi, tu es le même », qui n’est autre que la traduction de ATTA HU au Psaume 102:27. Ce terme, comme cela saute aux yeux, traduit le fait que Dieu est immuable, et qu’est aussi immuable Celui qui « est » toujours, et qui est sans changement possible, à jamais.

Inutile de nous étendre davantage sur ce sujet. Ce qui précède suffit à mettre en lumière les différentes manières dont Dieu s’est plu à se révéler sous ces différents noms. C’est une preuve de Sa tendresse qu’Il ait ainsi fait, et cela proclame en même temps Sa grâce ineffable lorsqu’Il révèle ainsi aux Siens ce qu’Il est en Lui-même. Il aurait pu demeurer caché à toujours dans la bienheureuse solitude de Son être parfait, qui se suffit à Lui-même. Mais, bien avant la fondation du monde, du fin fond de l’éternité passée, Il nous a choisis en Christ pour que nous fussions saints et irréprochables devant Lui en amour.

Cependant, avant que ces conseils éternels fussent révélés, le premier homme, Adam, fut introduit sur la scène de ce monde ; et après que lui, l’homme responsable, eût failli, Dieu continua, pendant quatre mille ans encore, à attendre pour voir si l’homme pourrait porter du fruit pour Lui. Cette mise à l’épreuve dura jusqu’à la croix. Alors seulement, lorsque Dieu eut démontré que l’homme avait tout perdu sur le pied de la responsabilité, Il révéla toute la grâce qui était dans Son cœur dans « l’évangile de Dieu… touchant son Fils… Jésus Christ, notre Seigneur, né de la semence de David, selon la chair, déterminé Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts » (Rom. 1:1-4).

En lui, comme nous le voyons encore, Dieu a été pleinement révélé. Il est aussi l’homme des conseils de Dieu, et en Lui toutes les pensées du cœur de Dieu seront accomplies. Les révélations partielles de l’Ancien Testament se sont effacées devant Celui qui est glorifié à la droite de Dieu, ou plutôt elles ont trouvé en Lui leur pleine réalisation. C’est ce que déclare l’évangile de la gloire de Christ qui est l’image de Dieu (2 Cor. 4:4).

 

 

3                    Tu appelleras Son nom Jésus — Matthieu 1:21

3.1   Gloires humaines, gloires divines

Lorsque la plénitude des temps fut venue, Dieu envoya Son Fils, né de femme, né sous la loi (Gal. 4:4). C’est de ce mystère, qui est le fondement de la rédemption, que Matthieu parle dans ce chapitre. En fait, d’autres caractéristiques du saint et divin enfant y sont également mentionnées. Étant donné que cet évangile présente Christ tout spécialement comme le Messie, dans l’accomplissement de la promesse faite à la nation juive, Sa généalogie en tant que né dans ce monde nous est donnée à partir des deux grands noms qui sont la racine (ou : à l’origine) de cette promesse, Abraham et David. Matthieu ne nous Le montre donc pas seulement comme né de femme, né sous la loi, mais aussi comme la semence promise d’Abraham, en laquelle toutes les nations de la terre seraient bénies, et comme le Fils de David, héritier par là du trône et du royaume de David. C’est donc un chapitre qui nous présente les gloires divines de notre bien-aimé Seigneur inséparables de Ses gloires humaines. Par « inséparables », nous entendons seulement que le caractère de la Personne de Christ est tel que tout ce qu’Il est comme Dieu et comme homme est révélé dans Son nom et dans Son œuvre. Par exemple si nous pensons à Lui en tant que Postérité de David, nous nous rappelons aussitôt qu’Il est aussi la Racine de David, et que le Fils de David est aussi le Seigneur de David.

 

3.2   Naissance de l’Éternel Sauveur

Cela apparaîtra très clairement si nous considérons le sens du nom « Jésus » ; Joseph reçut l’ordre de donner ce nom à l’Enfant lorsqu’Il naîtrait. Comme on le voit en Hébreux 4:8, « Jésus » est la forme grecque de Josué (« Joshua » ou « Jéhoshua ») qui signifie « l’Éternel est le salut » ou « dont le salut est l’Éternel ». La remarque bien connue selon laquelle « Jésus » signifie « l’Éternel Sauveur » est donc amplement justifiée. Dès lors, quel sujet de contemplation, voire d’adoration, pour nos âmes ! Un enfant né dans le monde, d’humble filiation selon l’estime des hommes, est déclaré par Dieu Lui-même être « l’Éternel Sauveur » ! Oui, le Dieu qui entendit le gémissement de Son peuple Israël en Égypte, qui vit leur affliction et entendit leur cri à cause de leurs exacteurs, qui connut leurs peines et descendit pour les racheter du pays d’Égypte et les introduire dans un pays bon et spacieux, ruisselant de lait et miel, — ce Dieu qui avait dit à Moïse « Je suis l’ÉTERNEL. Je suis apparu à Abraham, à Isaac, et à Jacob, comme le Dieu Tout-Puissant ; mais je n’ai pas été connu d’eux par mon nom d’Éternel » (Ex. 3:6-8 ; 6:2-3) — c’était Lui, le même Dieu, le même l’Éternel, le même El-Shaddaï connu des patriarches, qui venait maintenant dans le monde sous les traits d’un petit Enfant. Mais, bien qu’étant un petit Enfant, Il venait (loué en soit Son Nom à toujours) comme le Sauveur de Son peuple ! Assurément, nous pouvons dire que les ombres fuyaient, et que l’obscurité qui avait jusqu’alors caché Dieu aux yeux de Son peuple se dissipait rapidement. C’était, en vérité, l’aube bénie du jour de la grâce !

 

3.3   Le miracle de l’incarnation

Dès l’instant où nous parlons de la naissance de l’Éternel Sauveur, le mystère de l’incarnation s’impose à notre attention. L’incarnation avait été annoncée depuis longtemps ; elle n’était pas voilée derrière un langage obscur, mais elle était décrite au contraire avec exactitude et précision, en sorte que Matthieu pouvait dire : « Or tout cela arriva, afin que fût accompli ce que le Seigneur a dit par le prophète, disant : Voici, la vierge sera enceinte et enfantera un fils, et on appellera son nom Emmanuel, ce qui, interprété, est : Dieu avec nous » (Matt. 1:23). Le lieu même de Sa naissance avait été annoncé : « Et toi, Bethléem Éphrata, bien que tu sois petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit dominer en Israël, et duquel les origines ont été d’ancienneté, dès les jours d’éternité » (Michée 5:2). En outre, la sainte nature de Son humanité fut clairement annoncée en type dans l’offrande de gâteaux, spécialement dans les gâteaux sans levain faits de fine fleur de farine, pétris à l’huile, qui expriment si bien cette vérité annoncée par l’ange à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu » (Luc 1:35). C’est le miracle des miracles, et, pour cette raison même, la révélation du cœur de Dieu, lorsqu’on le considère à la lumière du but de Sa venue au milieu d’hommes pécheurs.

 

3.4   Circonstances de Sa naissance

Avant de considérer le but de Sa venue, il peut être profitable de s’arrêter sur certaines circonstances de Sa naissance. On ne saurait imaginer de plus grand contraste entre le ciel et la terre qu’à cette époque. Le ciel tout entier, comme on l’imagine aisément, était en émoi et en mouvement, tandis que la terre, à l’exception de quelques âmes pieuses, était calme, ne s’attendant quasiment à rien. L’ange du Seigneur, accomplissant sa joyeuse mission, se hâta d’informer de cet événement merveilleux non pas les gouverneurs du pays ni les grands de ce monde, mais quelques bergers pieux : « N’ayez point de peur, car voici, je vous annonce un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple ; car aujourd’hui, dans le cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2:10-11). L’ange de l’Éternel n’était pas seul, car à peine eut-il annoncé la bonne nouvelle qu’une multitude se mit à louer Dieu, disant : « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre paix ; et bon plaisir dans les hommes » (Luc 2:13-14). Comme on l’a dit d’une manière frappante : « Dieu s’était si bien manifesté Lui-même par la naissance de Jésus que les armées célestes, qui connaissaient depuis longtemps Sa puissance, pouvaient unir leurs voix en chœur pour proclamer ces louanges. Quel amour que celui-ci ! Or Dieu est amour. Quel autre que Dieu Lui-même aurait pu imaginer que Dieu se fît homme ? ». Et pourtant, cet événement extraordinaire n’avait rien qui pût contraindre les hommes à le remarquer. Accaparés par leurs propres pensées et leurs propres objectifs, ils ne s’en rendirent même pas compte, bien qu’il se produisît au milieu d’eux ! Ils étaient si absorbés par leur recherche d’eux-mêmes qu’il ne se trouva pas de place dans l’hôtellerie pour l’Enfant Sauveur ! Tels sont les hommes ! et pourtant, parmi eux se trouvaient les objets des conseils éternels de Dieu en grâce, qu’Il était sur le point d’accomplir en Celui qui, bien que Créateur de toutes choses, était pourtant né dans le monde comme un étranger sans domicile.

 

3.5   Le Sauveur qui fait propitiation pour les péchés

Le nom de Jésus Lui fut donné en relation avec Son œuvre, car, est-il ajouté, « c’est Lui qui sauvera Son peuple de leurs péchés » (Matt. 1:21). L’expression « Son peuple », dans cet évangile, signifie assurément « Israël ». En effet, dans l’annonce que l’ange fait aux bergers en Luc 2:10, il est parlé « d’un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple », c’est-à-dire pour les Juifs — non pas que, dans chacun de ces deux cas, le but de la venue du Seigneur fût limité au peuple élu, mais celui-ci est le seul en vue dans ces passages. Jean exprime un sens plus large, lorsqu’à propos de la prophétie de Caïphe selon laquelle « Jésus allait mourir pour la nation » (Jean 11:51), il ajoute « non pas seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11:52). Cela fait ressortir, en outre, que la mort de Christ — l’œuvre parfaite qu’Il a accomplie dans Sa mort, et par Sa mort — est le seul fondement sur lequel Il sauvera Son peuple de leurs péchés. C’est ainsi que nous lisons en Lévitique 16, après l’énumération des détails concernant les rites et les sacrifices, en même temps que la confession des péchés du peuple par le grand sacrificateur, au grand jour des propitiations : « car, en ce jour-là, il sera fait propitiation pour vous, afin de vous purifier : et vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel » (Lév. 16:30). Jamais on ne saurait trop insister sur cette vérité fondamentale, car, comme il est écrit à propos des péchés dans l’ancienne dispensation : « sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission » (Héb. 9:22), et de même, aujourd’hui, il est tout aussi vrai le sang de Jésus Christ, le Fils de Dieu, purifie de tout péché.

 

3.6   Les souffrances de Christ devaient précéder Ses gloires

Par conséquent, lorsque l’ange dit : « C’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Matt. 1:21), il regardait vers l’avenir, ou tout au moins la pensée de l’Esprit, par ces paroles, faisait allusion à un temps au-delà de la croix. Car, comme les prophètes l’ont clairement annoncé, Israël ne pouvait être sauvé que par la repentance et l’œuvre de l’expiation. Siméon, lorsqu’il jouit de l’ineffable privilège de tenir le Christ de l’Éternel dans ses bras, annonça non moins clairement que la gloire de l’Israël de l’Éternel ne serait accomplie que par le rejet du saint Enfant au jour de Sa présentation au peuple. Les souffrances de Christ devaient précéder Ses gloires, sur la terre comme au Ciel, comme Lui-même le dit aux deux disciples sur le chemin d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire » ? (Luc 24:26). C’était cela qui mettait à l’épreuve le cœur des hommes, et qui provoqua leur inimitié absolue. S’ils avaient pu prendre Jésus de force et Le faire Roi, et s’Il avait seulement consenti à se mettre à leur tête pour les conduire — tout charnels qu’ils fussent — contre leurs ennemis ; et s’Il les avait délivrés par Sa puissance, ils L’auraient joyeusement acclamé comme leur Messie, quitte à se révolter bientôt contre Son autorité ! Mais il fallait que Celui qui venait comme l’Éternel Sauveur se tînt d’abord au milieu des ruines que les péchés de Son peuple avaient entassées entre eux-mêmes et leur Dieu, puis qu’Il les relevât. Et Il se chargea si bien de leur cause et de leur responsabilité, qu’Il s’écria comme à leur place : « Ô Dieu ! tu connais ma folie, et mes fautes ne te sont pas cachées » (Ps. 69:5). Bien-aimé Sauveur, nous ne sonderons jamais assez tes souffrances et ta douleur, mais nous pouvons Te remercier de ce que tu as pris sur Toi les péchés des tiens, et que tu les as ôtés pour toujours !

 

3.7   Sauveur de Son peuple terrestre

Si nous considérons maintenant ce verset dans son application à Israël, il a trait au salut du peuple terrestre par rapport à leurs péchés et leurs conséquences, ainsi qu’à sa restauration et à sa bénédiction à venir dans la Terre de la Promesse. C’est en effet l’un des aspects de la prophétie de Zacharie quand sa langue fut déliée, lors de la circoncision de son enfant : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, car il a visité et sauvé son peuple, et nous a suscité une corne de délivrance dans la maison de David son serviteur,… une délivrance de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent ; … (afin que) libérés de la main de nos ennemis, nous puissions le servir sans crainte, en sainteté et en justice devant lui, tous nos jours » (Luc 1:68-75). Jésus sauvera donc d’abord Son peuple de leurs péchés devant Dieu, car une partie de la nouvelle alliance nous dit : « Je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché » (Jér. 31:34). En outre, Il les sauvera des conséquences de leurs péchés en les délivrant de la main de leurs ennemis, en les rassemblant de tous les pays où ils auront été dispersés, et en les établissant dans leur propre pays en bénédiction, sous Son règne de paix et de gloire. Tout cela aurait été accompli pour eux immédiatement si seulement ils avaient reçu leur Messie ! Et même après l’avoir crucifié, s’ils avaient reconnu leur culpabilité, s’inclinant dans leur cœur devant le témoignage des apôtres, leurs péchés auraient été effacés, et des temps de rafraîchissement auraient découlé de la présence du Seigneur, en rapport avec le retour de Christ (Actes 3). Mais hélas, à cause de leur incrédulité, ils se privèrent eux-mêmes de toutes ces bénédictions, et ils doivent désormais attendre le jour où, poussés par l’Esprit de Dieu, ils s’écrieront dans la joie de leur cœur : « Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ».

 

3.8   Sauveur pour tous

Toutefois, cher lecteur, s’il est vrai que cette promesse concerne avant tout Israël, n’oublions pas que cette même œuvre glorieuse, fondement sur lequel leurs péchés seront ôtés, demeure la seule base du pardon de n’importe qui d’entre nous. C’est par la chute d’Israël que le salut est venu à ceux des nations. Voilà pourquoi l’apôtre pouvait écrire aux Corinthiens qu’il lui avait été annoncé que « Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures, et qu’Il a été enseveli, et qu’Il a été ressuscité le troisième jour, selon les écritures » (1 Cor. 15:3-4). Puissions-nous donc louer Dieu continuellement pour Sa grâce merveilleuse, cette grâce dont Il usa, à l’occasion de l’incrédulité d’Israël, pour révéler tous Ses plans concernant ceux qui deviendraient héritiers de Dieu et co-héritiers de Christ. Puissent nos cœurs être remplis de reconnaissance à l’ouïe du seul nom de Jésus, car c’est à Lui que nous devons tout.

 

4                    On appellera Son nom Emmanuel — Matthieu 1:23

4.1   Quand le trône de gloire sera établi sur la terre

On a déjà fait remarquer que la naissance de Jésus à Bethléem était selon l’accomplissement de cette prophétie. Non que cette naissance en elle-même, et par elle-même, en fût l’accomplissement ; elle en était plutôt le gage et la garantie. Le sens du nom Emmanuel, selon l’interprétation divine, est « Dieu avec nous », ce qui nous permet de voir qu’il anticipe toutes les conséquences qu’aura pour Israël l’introduction de leur Messie dans ce monde ; autrement dit, le nom d’Emmanuel de notre Seigneur bien-aimé ne prendra tout son sens qu’en rapport avec l’établissement de Son trône de gloire sur la terre, lorsqu’Il fera prévaloir tout ce que Dieu est en gouvernement ; alors, pour tous comme pour Son peuple, « Son nom sera pour toujours ; son nom se perpétuera devant le soleil, et on se bénira en lui ; toutes les nations le diront bienheureux » (Ps. 72:17). Ce nom comporte donc les fruits bénis de Sa mort pour « la nation », ainsi que la promesse de Sa présence personnelle avec Son peuple terrestre. C’est de ce temps-là que parle le prophète lorsqu’il dit : « Pousse des cris de joie et exulte, habitante de Sion, car grand, au milieu de toi, est le Saint d’Israël » (És. 12:6).

 

4.2   La prophétie d’Ésaïe 7

Se référer à la prophétie elle-même, en même temps qu’à son contexte, nous en donnera une preuve évidente et abondante. Achaz, père d’Ézéchias, était alors sur le trône de Juda. « Il ne fit pas ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, son Dieu, comme avait fait David, son père ; mais il marcha dans la voie des rois d’Israël, et même il fit passer son fils par le feu, selon les abominations des nations que l’Éternel avait dépossédées devant les fils d’Israël » (2 Rois 16:2-3). Cependant, malgré sa méchanceté et son apostasie, Dieu attendit encore avec beaucoup de longanimité et de support, avant de s’occuper de Son serviteur coupable. Et même, lorsqu’Éphraïm et la Syrie s’allièrent pour faire la guerre contre la maison de David et qu’ils assiégèrent Jérusalem, l’Éternel envoya Son serviteur Ésaïe, porteur d’un message d’encouragement, assurant Achaz que les desseins de ses ennemis n’aboutiraient pas. En même temps, le prophète ajouta cet avertissement : « Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas ». Achaz serait peut-être délivré du péril immédiat, mais à moins d’écouter la parole de l’Éternel et de s’appuyer sur elle, il n’échapperait pas au châtiment qu’il méritait (voir 2 Chr. 28).

Cependant, dans Sa tendre miséricorde, l’Éternel chercha encore à atteindre le cœur et la conscience de ce monarque qui L’offensait : Dieu condescendrait, si Achaz le demandait, à lui donner un signe, « dans les lieux bas ou dans les hauteurs d’en haut » (Ésaïe 7:10-12), pour l’assurer de l’accomplissement certain de Sa parole. Le cœur d’Achaz s’était tourné vers les faux dieux, et ainsi endurci, il refusa sous un prétexte de piété l’intervention qui lui était offerte, disant : « Je ne le demanderai pas, et ne tenterai pas l’Éternel » (És. 7:12). Celui qui sonde les cœurs ne pouvait s’y tromper, et après l’avoir solennellement admonesté, le prophète annonça que le Seigneur Lui-même donnerait un signe : « Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel » (És. 7:14). C’est en cela que la « profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu » est révélée (Rom. 11:33). La maison de David pouvait faillir dans sa responsabilité, ce qu’elle fit si tristement, et déchoir de tout ; mais c’est alors que Dieu, selon Son propre cœur et Ses propres desseins, pouvait intervenir et accomplir tous les conseils de Sa grâce par le moyen de la venue, puis du rejet, de la mort et de la résurrection de l’Éternel Sauveur. C’est ainsi que la naissance d’Emmanuel allait tout changer. Ceux qui auraient une fausse espérance seraient punis comme le fut Achaz, mais Emmanuel ferait toute chose bien, défendant et glorifiant le nom de Dieu en gouvernement sur la terre.

 

4.3   L’intervalle entre la prophétie et son accomplissement

Mais, de la naissance d’Emmanuel jusqu’à la gloire du Royaume, le chemin est long et ardu pour Israël, à cause de son incrédulité. Ceci fut clairement annoncé par le prophète, en rapport avec la prophétie même que nous sommes en train de considérer. Le lecteur attentif remarquera que la première invasion du pays par l’Assyrien, qui plongea le pays dans une désolation absolue sans rencontrer aucune résistance (És. 7:17), n’est que l’ombre d’un nouvel assaut aux derniers jours, au cours duquel l’Assyrien et ses alliés seront totalement écrasés. Ils auront beau prendre conseil, cela n’aboutira pas ; ils pourront parler, mais sans effet, « car Dieu est avec nous » (Emmanuel) (És. 8:10). Avant ce temps de la destruction finale de l’ennemi d’Israël, Celui qui est né de la vierge, et qui est nommé Emmanuel, est vu comme rejeté. La transition qui en arrive là est extrêmement belle. Le prophète a été averti par l’Éternel « de ne pas marcher dans le chemin de ce peuple, disant : Ne dites pas conjuration de tout ce dont ce peuple dira conjuration, et ne craignez pas leur crainte, et ne soyez pas effrayés, l’Éternel des armées, lui, sanctifiez-le, et que lui soit votre crainte, et lui, votre frayeur… » (És. 8:11-13). Mais cela entraîne une séparation immédiate, distinguant un résidu d’avec la masse du peuple. C’est pourquoi nous lisons : « …et il sera pour sanctuaire… » (à tous ceux qui Le sanctifient et Le craignent), « … et pour pierre d’achoppement et rocher de trébuchement aux deux maisons d’Israël, pour piège et pour lacet aux habitants de Jérusalem » (És. 8:14). C’est ce que prophétisa Siméon, disant : « Celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l’on contredira… en sorte que les pensées de plusieurs cœurs soient révélées » (Luc 2:34-35).

 

4.4   Le Résidu dépositaire du témoignage. Ésaïe 8

Emmanuel est venu. Sanctuaire de ceux qui L’avaient attendu, Il est le vrai centre autour duquel les Siens sont réunis ; et ici, pour la première fois, Lui-même parle d’eux disant : « mes disciples » (És 8:16). Il les appelle ainsi en rapport avec « le témoignage », et déclare clairement que la vérité de ce jour-là, c’est-à-dire la loi et le témoignage, est confiée au seul résidu que sont maintenant Ses disciples (És 8:20). Il en fut ainsi au jour du rejet de David. Dans la caverne d’Adullam (1 Sam. 22), alors que tous ceux qui étaient dans la détresse, dans les dettes et qui avaient de l’amertume dans l’âme, s’étaient rassemblés auprès de David qui devint leur chef, nous voyons que le prophète Gad était là également et qu’aussitôt après, Abiathar le sacrificateur fut conduit à s’adjoindre à eux. Ainsi possédaient-ils désormais tous les représentants du témoignage divin dans les personnes du roi, du prophète et du sacrificateur. De la même manière, Anne, la prophétesse, faisait partie du petit nombre de ceux qui attendaient la rédemption à Jérusalem. Il faut qu’il en soit toujours ainsi, c’est-à-dire que ceux qui sont séparés du mal, et en communion avec l’Esprit de Dieu au sujet de Son Christ et de l’état des choses qui les entourent, soient les dépositaires du témoignage pour les temps où ils vivent. La raison en est que Christ Lui-même est avec eux. Il aime tous les Siens, mais Il ne s’identifie qu’avec le résidu séparé, comme au verset És. 8:18. Il est indéniable que, çà et là, beaucoup de vérité se trouve en dehors d’eux, mais ce n’est qu’auprès d’eux que se trouvera l’enseignement spécial de Dieu pour le moment présent, et que la vérité sera maintenue et présentée justement. Le témoignage sera lié, et la loi scellée parmi les disciples du Seigneur au mauvais jour, parce que, comme déjà dit, Il est Lui-même au milieu d’eux.

L’état des choses, à l’époque dont parle Ésaïe, est décrit aux versets suivants. Rappelons encore une fois que c’est Christ Lui-même qui parle : « Et je m’attendrai à l’Éternel qui cache Sa face de la maison de Jacob, et je L’attendrai. Voici, moi et les enfants que l’Éternel m’a donnés, nous sommes pour signes et pour prodiges en Israël de la part de l’Éternel des armée qui demeure en la montagne de Sion » (És. 8:17-18). Dans l’épître aux Hébreux, ces deux versets sont cités partiellement, afin de montrer la parfaite identification du Seigneur, en tant qu’Homme, avec les Siens, le vrai résidu d’entre la nation juive (Héb. 2:13), ce qui prépare le but de Sa mort, à savoir de « détruire celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable ; [afin] qu’il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude » (Héb. 2:14-15). Malgré l’intérêt de ces circonstances, nous nous bornerons à attirer l’attention sur ce fait merveilleux que Celui qui, en tant qu’homme, fut parfaitement dépendant de Dieu — s’attendant donc à l’Éternel — tout en étant méprisé et rejeté des hommes, Celui-là n’était rien moins que l’Emmanuel de la prophétie d’Ésaïe. Remarquons aussi que, dans ce chemin de rejet, Il faisait l’expérience d’une partie de ces souffrances qui devaient précéder Sa gloire.

 

4.5   Ésaïe 9

Au chapitre 9, le peuple qui marchait dans les ténèbres voient une grande lumière, et « ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre de la mort, la lumière a resplendi sur eux » (És. 9:2). Pour que fût accomplie cette glorieuse prophétie, Matthieu nous dit que Jésus quitta Nazareth, pour venir demeurer à Capernaüm, qui est au bord de la mer, aux confins de Zabulon et Nephtali (voir És. 9:1). Dès l’instant où Ésaïe proclame l’apparition du Messie comme la lumière au sein des ténèbres, il contemple toutes les conséquences qui résulteront de la délivrance accomplie par le Messie aux derniers jours. Le joug de l’Assyrien ayant été brisé, tout l’éclat de la gloire de la personne divine du Messie brille dans la bénédiction dont Son peuple est l’objet. Et toute cette bénédiction est inséparable du fait que Christ est né dans ce monde : « Car un enfant nous est né », dit le prophète, « un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix » (És. 9:6). Tous ces noms Lui sont donnés en rapport avec Son royaume dans ce monde, car le prophète ajoute : « À l’accroissement de son empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume, pour l’établir et le soutenir en jugement et en justice, dès maintenant et à toujours » (És. 9:7).

Il est donc évident qu’Emmanuel, « Dieu avec nous », est le nom de notre Seigneur bien-aimé en rapport avec le peuple terrestre, et que ce dernier n’en comprendra pleinement le sens merveilleux que lorsqu’Il aura revêtu toute Sa puissance et qu’Il « régnera en la montagne de Sion et à Jérusalem, et devant ses anciens, en gloire » (És. 24:23).

 

4.6   Les titres d’Ésaïe 9:6-7

Mais qui est donc Emmanuel ? Sa naissance est prédite en Ésaïe 7:14, et après avoir détaillé les circonstances de Son rejet au chapitre 8, le prophète annonce l’établissement de Son royaume au chapitre 9. Il saisit en même temps l’occasion dans un passage déjà cité, de présenter une série de titres ou de noms exprimant le caractère infini et divin de la personne d’Emmanuel. Passons-les brièvement en revue. Le premier est « Merveilleux », mot souvent appliqué à ce qui provoque l’étonnement ou l’admiration. Il est parfois employé pour décrire un miracle, et rien ne frappe plus l’attention qu’un déploiement miraculeux de puissance. Or qu’y a-t-il de plus miraculeux que l’Incarnation ? Que pouvait-il y avoir de plus merveilleux que le fait qu’Emmanuel pût naître d’une vierge ? Il est ensuite appelé « Conseiller ». Ce nom évoque la sagesse divine, comme par exemple, quand il est dit : « L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui, l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel » (És. 11:2). L’appellation de « Dieu Tout-puissant » signifie littéralement ce qu’elle proclame, car il ne saurait y avoir de déclaration plus claire de Sa divinité. L’expression suivante de « Père d’éternité » n’est pas moins claire, car elle fait ressortir le caractère éternel de Son Être (*). Finalement, il est appelé « Prince de paix », ce qui exprime que Son règne a le caractère de celui de Salomon décrit au Psaume 72.

 

(*) notre Bibliquest : La traduction française J.N. Darby traduit « Père du siècle », mais mentionne en note de bas de page la possibilité de traduire « Père d’éternité ».

 

4.7   Une multiplicité de noms et de caractères

En conclusion, nous pourrions nous demander quelle est la raison d’un si grand nombre de noms. La réponse est sans doute celle-ci : ce n’est qu’en contemplant tour à tour et séparément chaque rayon de la gloire d’Emmanuel que nous pourrons concevoir quelque chose de la vérité de Sa Personne. De quelque manière, sous quelque aspect, ou dans quelque relation qu’Il soit présenté, tout ce qu’Il est, est bien là. C’est ce que nous rappellent des passages tels que celui que nous considérons. En fait, une des erreurs fatales des temps modernes est de prendre tel trait particulier de la vie ou de la Personne de notre bien-aimé Seigneur, et de le considérer comme toute la vérité. Il est la Parole vivante, et ce n’est que dans tout ce qui parle de Lui que nous pouvons Le découvrir complètement. Et c’est à cause de notre faiblesse que l’Esprit de Dieu attire notre attention tantôt sur un trait, un caractère ou un attribut de Sa Personne, tantôt sur un autre. Il demeure cependant au-delà de toutes nos pensées, car Il est divin, pleinement Dieu et pleinement Homme. C’est pourquoi il est écrit : « personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père » (Matt. 11:27)

 

 

5                    Ton nom est un parfum répandu — Cant. des cant. 1:3

5.1   Un amour dont on fait l’expérience

C’est en ces termes qu’est exprimé ce que Christ (en tant qu’Époux) a de précieux pour l’épouse. C’est ce que l’on découvrira immédiatement en examinant le contexte. « Qu’il me baise des baisers de sa bouche » (v. 2) s’écrie l’épouse, qui s’adresse aussitôt à Lui, disant : « car tes amours sont meilleures que le vin » (v. 2). Ce n’est pas tant de l’amour lui-même que du bonheur qui découle de cet amour, qu’elle parle. C’est cela qui est « meilleur que le vin » (v. 2). Tout cœur renouvelé fait écho à cette déclaration, car si l’amour de Christ, infini et indicible, demeure toujours inaccessible à nos pensées, c’est seulement dans la mesure où nous en jouissons que nous pouvons quelque peu le comprendre ou l’apprécier. Mais quand le cœur, par la puissance de l’Esprit, s’abandonne à ses influences et à ses exigences bénies, lorsqu’il s’ouvre sans réserve à la montée de ses flots puissants, alors l’âme fait l’expérience du caractère merveilleux de l’amour de Christ qui surpasse toute connaissance (Éph. 3:19). Il y a autre chose d’également vrai, c’est que plus nous goûtons l’amour de Christ, plus nous le désirons. Chaque expérience que nous en faisons engendre l’ardent désir de le connaître mieux encore ! C’est ainsi que si la fiancée n’avait pas déjà quelque peu connu l’affection de l’Époux, elle n’aurait jamais exprimé ce désir passionné.

 

5.2   Le Cantique des cantiques ne reflète pas l’expérience chrétienne

En outre, c’est par le cœur que toute connaissance divine est reçue. D’où le fait que, comme ici, la fiancée commence par exprimer la joie que lui procure l’amour de l’Époux, pour déclarer ensuite l’effet de Ses excellences et de Ses perfections. Son cœur saisit, par la joie que lui procure Son amour, l’agréable odeur de Ses « parfums ». Remarquons toutefois, comme l’a dit un autre, qu’aussi fortes que soient les affections de la fiancée, elles ne se sont pas développées selon la position dans laquelle les affections chrétiennes proprement dites sont formées. Elles en diffèrent en ceci : Elles ne possèdent ni le calme profond ni la douceur d’affection découlant d’une relation déjà formée, connue et pleinement appréciée, dont les liens sont déjà établis et reconnus, et, qui compte sur la pleine et constante reconnaissance de cette relation, et où chaque membre du couple jouit de l’affection du cœur de l’autre comme d’une chose certaine. Le désir de celle qui aime et recherche l’affection du bien-aimé n’est pas l’affection douce, totale et solide de l’épouse indissolublement unie à l’époux par les liens du mariage. Pour la première, la relation n’est qu’un désir, conséquence de l’état du cœur, mais pour la seconde, l’état du cœur est la conséquence de la relation.

 

5.3   Le Seigneur qui se révèle là où il y a de  l’amour pour Lui

Il faut bien peser et comprendre cette distinction, car elle est la clef de l’interprétation du Cantique des Cantiques. Mais il n’en est pas moins vrai que, dans le cœur de l’épouse comme dans celui du chrétien, c’est l’amour qui permet d’accéder à la connaissance divine. En un mot, c’est celui qui aime le plus, qui connaît le plus (cf. 1 Cor. 8:1-3 ; Éph. 1:18). Marie de Magdala en est un exemple frappant. Pierre et Jean étaient plus éclairés qu’elle, car ils avaient vu (tout au moins Jean) le sépulcre vide, puis ils avaient cru, tandis que Marie était dans la plus complète obscurité touchant la résurrection. C’est pourtant à Marie que le Seigneur se révèle. Les deux disciples se contentèrent de constater que le sépulcre était dépossédé de sa proie (Jean, au moins, a cru que le Seigneur était sorti victorieux de la mort) et ils « s’en retournèrent donc chez eux. Mais Marie se tenait près du sépulcre, dehors, et pleurait » (Jean 20:10-11). Entièrement accaparée par l’Objet de sa profonde affection, elle demeurait figée sur place, comme si, ayant perdu Christ, elle avait tout perdu. Si Christ était mort, le monde entier n’était pour elle plus qu’un sépulcre ! L’état de son cœur était bon, bien que son intelligence spirituelle ne fût pas éclairée ; d’où le fait que le Seigneur put venir se révéler à elle, et faire d’elle l’heureuse messagère de la nouvelle bénie que désormais Ses frères Lui seraient associés dans le ciel, devant Son Dieu et Père, dans la même position et la même relation que Lui !

 

5.4   Une expérience à faire de près

Si le lecteur a saisi les principes divins dont il vient d’être question, il comprendra aisément le langage de la fiancée qu’il nous faut maintenant considérer. « Tes parfums sont d’agréable odeur ; ton nom est un parfum répandu » dit-elle. Ces « parfums d’agréable odeur », représenteront pour nous le parfum béni de Ses perfections excellentes, telles qu’elles apparaissent dans Sa vie, dans Ses actes de tendresse et de grâce, autant que dans Ses parole et dans Sa marche parfaitement dépendante et obéissante devant Dieu, tout au long de Son chemin à travers de monde. Nous saisirons et apprécierons ces parfums dans l’intimité de Sa propre présence, dans ce qu’Il manifeste de Ses relations avec l’âme, dans toutes Ses voies, dans tous Ses faits et gestes personnels. Il est certain que la fiancée n’aurait pu connaître autrement l’odeur agréable de Ses parfums. Et il reste vrai que plus nous sommes près de Christ, plus nous sommes à même de comprendre l’expérience du disciple bien-aimé qui fut admis dans l’intimité du Seigneur jusqu’à pouvoir se pencher sur Sa poitrine, et mieux nous percevons Sa beauté et Sa grâce. On peut être très impressionné par des récits et témoignages oraux, même rendus de loin comme pour la reine de Sheba ; mais, comme dans le cas de celle-ci, ce n’est qu’en entendant et en constatant par nous-mêmes que nous sommes remplis d’adoration devant l’agréable odeur de ces parfums ! Si donc nous désirons être remplis du sentiment de Ses grâces et de Ses beautés, hâtons-nous sur les traces des deux disciples, attirés par Lui comme ils le furent jusqu’au lieu où Il demeure. Ayant notre part avec Lui là-haut, le parfum de Ses excellences sera la joie continuelle dont notre âme jouira !

 

5.5   La part du Père

Avant d’aller plus loin, ne manquons pas de remarquer que le doux parfum de la vie de Christ, comme le suggère Lévitique 2, était avant tout pour Dieu. Les sacrificateurs pouvaient manger de la fleur de farine pétrie à l’huile, dont était faite l’offrande de gâteau, mais on devait en faire fumer tout l’encens sur l’autel, avec une partie de l’offrande, comme sacrifice par feu, d’une odeur agréable à l’Éternel. Quelle bénédiction de savoir cela ! Même s’il n’y avait eu aucune âme sur la terre pour faire ses délices des parfums excellents de Christ, Sa vie n’aurait quand même pas été vaine, puisqu’elle glorifiait Dieu et remplissait Son cœur d’une joie infinie ! Non, le doux parfum de notre Seigneur bien-aimé n’aurait pas été gaspillé au vent du désert, car il y en avait Un dont le regard était toujours sur Lui, contemplant avec une satisfaction et une joie indicibles la perfection de chacune de Ses pensées, de Ses actes, de Ses paroles et de Ses pas. C’est cela qui fit jaillir ces paroles du cœur débordant de Dieu : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ». Et plus Christ était mis à l’épreuve — comme Il le fut de mille manières, y compris par le feu divin de l’autel lui-même — plus Son agréable odeur se dégageait en abondance, réjouissant le cœur de Son Dieu. Nous attirons l’attention sur ce fait, car si l’épouse et si nous-mêmes avons le droit de pouvoir jouir aussi du doux parfum de Sa vie, de nous nourrir de Sa parfaite et entière consécration à la gloire de Son Dieu, c’est seulement parce que Dieu a d’abord eu Sa part, et parce que, dans Sa grâce ineffable, Il nous a appelés à partager Sa propre joie qu’Il a trouvée dans le chemin et la Personne de Son Fils bien-aimé.

 

5.6   Un parfum qui se répand vers d’autres

Remarquons aussi que c’est grâce à ces « parfums d’agréable odeur » que Son nom, révélation de tout ce qu’Il est, est annoncé partout, tel « un parfum répandu ». Cette vérité est abondamment illustrée dans les évangiles : « Et Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, et prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toutes sortes de maladies et toutes sortes de langueurs parmi le peuple. Et sa renommée se répandit dans toute la Syrie » (Matt. 4:23-24). Nous lisons ailleurs : « Et se levant, il s’en alla de là vers les frontières de Tyr et de Sidon ; et étant entré dans une maison, il ne voulait pas que personne le sût : et il ne put être caché » (Marc 7:24). Non, cher Sauveur, la bonne odeur de Tes parfums s’était répandue de tout côté, te faisant connaître partout, si bien que Ton nom était devenu tel une douce odeur de parfum pour tous ceux des Tiens qui ployaient sous un fardeau de détresse et de peines, las et découragés dans leurs âmes.

 

5.7   Commencer par une conscience apaisée

Ceci n’est certainement qu’un aspect de cette précieuse vérité, car ce que ce passage place devant nous, ce sont plutôt les transports d’une âme saisissant ce que Christ a d’excellent, comme cela ressort de Sa Personne et de Ses voies. Cependant, c’est toujours à cause de nos propres besoins que nous allons d’abord à Christ, et que nous apprenons ce qu’Il est dans Son amour et dans Sa grâce. Ce n’est que lorsqu’il a été répondu à nos besoins, que, délivrés de nous-mêmes, nous sommes libres en Sa présence, libres de Le contempler, Lui ! Il est rare, en effet, que Ses parfums d’agréable odeur pénètrent jusqu’à l’âme, pour la réjouir et la rafraîchir, avant qu’ait été réglée toute question nous concernant nous-même ainsi que notre relation avec Dieu. Il est rare que Christ Lui-même puisse être connu au tout début de notre vie spirituelle. Généralement, une conscience troublée doit être apaisée par l’efficace du sang de Christ avant que l’on puisse librement contempler Ses glorieuses perfections. Alors, celles-ci nous surprennent et éveillent la joie dans nos cœurs, Son nom — et même le seul fait de l’entendre prononcer ! — remplit nos cœurs de joie, à cause de sa douceur et de son parfum, et éveille des émotions qui ne peuvent s’exprimer qu’à Ses pieds, dans l’adoration !

 

5.8   Transformés à la ressemblance de Christ

Remarquons encore ceci, c’est que les « parfums d’agréable odeur » de Christ peuvent se dégager de la sainteté de la vie des Siens. Tout ce qui caractérisa Sa marche parfaite à Lui, à travers ce monde, peut se retrouver chez les Siens. Considérons, par exemple, les préceptes et les exhortations des épîtres. Christ en a donné le parfait exemple de tous et toutes. À moins qu’on garde bien cela en mémoire, pour bien les associer à Lui comme la Parole vivante, ces préceptes se réduiront pour nous à des obligations dures et légales. Christ en nous, Christ notre vie, selon l’épître aux Colossiens, doit avoir pour effet que nous manifestions Christ, dans la puissance du Saint-Esprit. Pour qu’il en soit ainsi, il faut que nous demeurions beaucoup en Sa compagnie, car plus nous sommes avec Lui, et occupés de Lui, plus nous serons transformés à Sa ressemblance et plus s’exhaleront Ses parfums d’agréable odeur. Alors quel puissant témoignage rendu à ce qu’Il est, car par notre moyen, Son nom sera alors comme un parfum répandu ! Ce doux parfum du nom de Christ émanera de notre marche tout autant que de nos paroles ! L’apôtre Paul emploie justement ces expressions à propos de sa prédication : « nous sommes la bonne odeur de Christ pour Dieu… » (2 Cor. 2:15) et, un peu plus loin au chapitre 4 il insiste sur le fait que nous rendons témoignage autant par notre vie que par nos paroles. En méditant sur ces choses, ne pouvons-nous pas bien dire : « Quel privilège ! Quelle mission que d’être envoyé dans le monde pour annoncer l’excellence des doux parfums de Christ, afin que Son nom puisse, par nous, être tel un parfum répandu ! ».

 

5.9   Des cœurs que le monde n’a pas contaminés

Remarquons encore l’effet produit par cela : « C’est pourquoi les jeunes filles t’aiment » (v. 3). Le parfum du nom de Jésus attire le cœur des jeunes filles, des vierges — non pas le cœur de tous ceux qui appartiennent à Dieu, remarquons-le bien, mais seulement des des vierges. Une pensée très particulière est associée dans l’Écriture à la jeune fille, la vierge, celle de son caractère moral, qui évoque l’absence de souillure et de toute contamination au contact des influences corruptrices du monde (cf Apoc. 14:4). Les jeunes filles, les vierges, représentent donc ici ceux qui ont été rendus capables, par grâce, de maintenir une sainte séparation d’avec les souillures du monde qu’ils traversent, ceux dont les cœurs sont restés fidèles à Christ, gardés pour Lui en toute loyauté par le sentiment de Ses droits et de Son amour. Un cœur qui possède Christ est fortifié contre les appâts les plus séducteurs du monde. Ce qui caractérise toujours la jeune fille, la vierge, c’est une affection absorbée par son objet, affection de plus en plus intense et profonde au fur et à mesure qu’elle découvre la perfection de Christ. Autrement dit, ceux dont le caractère ressemble quelque peu à celui de la vierge sont touchés par ce que Christ a de précieux. Christ étant le seul objet de leurs affections, ils sont le mieux à même de comprendre Ses beautés et d’en jouir. Ils détectent Sa présence, le parfum béni de Ses paroles et de Ses actes, là où les autres ne voient rien. Ils vivent dans Sa présence ; Ils sont pour Lui sans réserve. C’est pourquoi Christ fait Ses délices de Se révéler à eux, avec tout l’attrait propre à approfondir et à faire jaillir leurs affections pour Lui.

 

5.10                   Sensibles au nom de Jésus

De ce qui vient d’être dit, il s’ensuit que l’on peut deviner l’état de notre âme d’après l’effet que produit sur nous le nom de Jésus. Si notre cœur demeure indifférent, sans réaction lorsqu’Il est le sujet d’une conversation ou d’une méditation, c’est assurément que nous ne sommes pas en communion avec le cœur de Dieu. Le nom même d’une personne aimée, sur cette terre, ne provoque-t-il pas des émotions agréables ? Combien plus le nom de Christ, objet de l’amour de Dieu — ainsi que du nôtre, si nous Le connaissons —  ne devrait-il pas susciter en nous de saintes et joyeuses affections qui ne peuvent s’exprimer qu’en louanges et en adoration !

 

 

6                    Le Nom au-dessus de tout nomPhilipiens 2:9

6.1   Le sens de cette expression

On entend parfois demander quel est ce nom. Mais que ce soit, ou non, le nom de Jésus (ce qui est probable ; on peut traduire : Dieu… lui a donné le nom, ou ce nom — traduction JND : un nom, mais voir note en bas de page), le sens de cette expression est très clair. Un passage de l’épître aux Éphésiens l’explique. En rapport avec « l’excellente grandeur de la puissance de Dieu envers nous qui croyons, selon l’opération de la puissance de sa force, qu’il a opérée dans le Christ, en le ressuscitant d’entre les morts » (Éph. 1:19-20), l’apôtre ajoute : « et il l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir » (Éph. 1:20-21). Cela signifie évidemment que, quelle que soit l’excellence ou la dignité de n’importe quelle hiérarchie ou intelligence céleste, Christ, en tant qu’Homme glorifié, a été élevé au-dessus d’elles toutes. Parmi les innombrables êtres célestes, Il est incontestablement à la place suprême. La traduction anglaise « très au-dessus », n’est peut-être pas tout à fait exacte, mais il n’est pas douteux que les traducteurs ont bien saisi l’esprit du texte et ont cherché à exprimer qu’aucun autre ne pouvait se comparer à Christ glorifié, et que son élévation est tellement indicible que les anges les plus haut placés Lui sont de beaucoup inférieurs. De même en Philippiens, le « nom au-dessus de tout nom » exprime la suprématie absolue dans l’univers tout entier, de Christ glorifié en tant que Seigneur. Rien moins que cela ne peut rendre compte de ce verset de l’Écriture.

 

6.2   Phil. 2:5-6a — Avoir la pensée du Seigneur. Sa divinité

On comprendra mieux cela en considérant le contexte de cette expression. En un sens, tout ce passage (Phil. 2:5-11) forme un tout complet à lui seul. Il découle des exhortations précédentes. Ce qui est merveilleux dans ce passage, c’est que toute l’admirable révélation de la Personne, du caractère, de l’incarnation de Christ, ainsi que Son abaissement suivi de Son exaltation, soit donnés pour renforcer l’exhortation de l’apôtre à ce que les croyants aient comme modèle la pensée qui « a été dans le Christ Jésus », qu’on a vu venir de la gloire la plus complète de la Déité pour s’abaisser jusqu’aux souffrances et à la profondeur de malédiction du calvaire. Méditons ces choses, car plus on les médite, plus nos âmes en sont pénétrées. Dans l’éternité passée, Celui qui a été abaissé ici-bas « était en forme de Dieu » (Phil. 2:6). Une telle déclaration, aussi inaccessible soit-elle à nos pensées, ne proclame rien moins que Sa divinité absolue et essentielle. Elle parle de Son existence éternelle en tant que Dieu, tout comme Jean dit à propos de la Parole : « Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu » (Jean 1:1). De cette vérité bénie dépend toute celle de la révélation et de la rédemption. Abandonner cette vérité, c’est comme si l’on retranchait le soleil du système solaire, y apportant par conséquent les ténèbres, le chaos et la destruction. Voilà pourquoi la controverse a fait rage au travers des siècles au sujet de la Personne de Christ. Son humanité, Sa divinité furent tour à tour mises en doute, voire niées. La foi fait face à tous les arguments humains en citant simplement les déclarations de la Parole de Dieu.

 

6.3   Philippiens 2:6b-7a

Cependant, s’il est question ici de la divinité de notre précieux Seigneur, ce n’est que pour magnifier Sa grâce et Son humiliation volontaire, car à peine vient-il d’en être question que suivent ces mots d’une importance insurpassable : tout d’abord, « Il n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu » (Phil. 2:6), et ensuite « mais s’est anéanti lui-même ». La première expression signifie que, bien qu’Il fût en forme de Dieu, Il ne s’en est pas servi pour s’exalter Lui-même. Quel contraste, sans aucun doute, avec Adam qui tomba dans le piège de Satan en cherchant à s’exalter lui-même et à être « comme Dieu, connaissant le bien et le mal » ! Adam, étant homme, a cherché à s’exalter lui-même ; Christ, étant Dieu, s’est abaissé Lui-même. Quel contraste béni ! C’est là la pensée qui était dans le Christ Jésus, et la première expression qui en est donnée, est : « Il s’est anéanti Lui-même » (Phil. 2:7). C’est avec les pieds déchaussés (car c’est un lieu saint) que nous devons nous approcher de cette vérité. Comment donc Celui qui était en forme de Dieu a-t-Il pu s’anéantir ? On a écrit récemment qu’Il s’était vidé de Ses prérogatives divines, et selon d’autres, qu’Il s’était même vidé de Ses attributs divins [le mot « vidé » est utilisé par certaines traductions là où JND traduit par « anéanti »]. Chassons de pareilles pensées ! Les admettre revient certainement à obscurcir la vérité essentielle de Sa divinité, et à donner libre cours aux pires formes de rationalisme. Car que sont Ses attributs, sinon les caractéristiques de Sa divinité ? Si bien que s’en vider, c’est mettre de côté Sa divinité. Non, mille fois non ! Comme quelqu’un l’a dit : « L’essence même de la divinité ne saurait changer. S’anéantir, pour le Seigneur, concernait la forme ».

 

6.4   Philippiens 2:7b

Les phrases qui suivent éclairent ce point en décrivant les étapes et le résultat de Son anéantissement : Il a pris « la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes » (Phil. 2:7), par un effet de Sa propre volonté divine. C’est en tant que Dieu qu’Il s’est anéanti Lui-même, mais maintenant Il nous est présenté après l’avoir fait, car nous Le voyons à la ressemblance des hommes, en forme d’« esclave ». Cela contient toute la vérité de l’incarnation, et cela nous fait sentir un peu, même si c’est imparfaitement, l’immense abaissement de Celui qui était en forme de Dieu et qui a pris la forme d’un esclave. Aucun autre que Dieu n’était capable d’une telle condescendance et d’une telle grâce, car c’était réellement la manifestation de l’amour divin au milieu des pécheurs. Aucun autre que Dieu n’aurait pu s’abaisser pareillement, car l’homme est limité à sa propre forme et à son propre mode d’existence. Dans l’incarnation, nous contemplons donc l’un des glorieux mystères de la rédemption. Et tout en étant incapables d’en saisir le sens profond et toute la portée, nous comprenons quand même que plus Christ s’est abaissé, plus Sa gloire divine a brillé avec éclat ! Car Dieu est lumière, et Dieu est amour. Et où voyons-nous cela, si ce n’est en Celui qui a pris la forme d’esclave ? À chacun de Ses pas, dans Ses paroles de grâce et de vérité, dans Ses œuvres de puissance et de grâce, on perçoit la grâce, la lumière et l’amour dans toute leur perfection, si on a l’œil ouvert. Et le cœur enseigné par Dieu est contraint de s’écrier : « Voyez, c’est Dieu Lui-même ! ».

 

6.5   Philippiens 2:8

En tant que Dieu, comme nous l’avons déjà dit, « Il s’est anéanti lui-même », et maintenant nous apprenons que, comme homme, « Il s’abaissé lui-même » (Phil. 2:8). En fait, toute la vie de notre Seigneur bien-aimé, en tant qu’homme, se réduit à ces mots : « Il s’est abaissé ». Car il n’est pas dit, comme dans certaines traductions, « et il devint obéissant jusqu’à la mort », mais il est dit : « étant devenu obéissant », c’est-à-dire qu’Il est devenu obéissant en s’abaissant Lui-même. Puis pour bien faire ressortir le caractère de Son abaissement, il est ajouté « jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ». Quelle place d’abaissement, en effet, Il a prise en assumant la forme d’esclave, mais combien plus bas a-t-Il encore été lorsque, « étant trouvé en figure comme un homme », Il s’abaissa jusqu’à la mort ignominieuse de la croix ! N’oublions jamais, dans nos méditations, lorsque nous adorons, émerveillés devant cette condescendance infinie, que Christ nous est présenté ici à titre d’exemple ! On peut bien poser la question formulée par quelqu’un en ces termes frappants : « Nos affections ne sont-elles pas occupées jusqu’à s’y assimiler lorsque nous contemplons attentivement et avec délices, ce que Jésus a été ici-bas ? Nous L’admirons, nous en sommes humiliés, et par grâce nous Lui sommes rendus conformes. Nous contemplons en Lui la perfection de cette vie dont Il est pour nous le Chef et la Source, et nous en retirons force et humilité. Car qui pourrait nourrir de l’orgueil quand il jouit de la communion avec l’humble Jésus ? Humble Lui-même, Il voulait nous apprendre à choisir la dernière place, mais c’est Lui qui l’a prise, comme un privilège de Sa grâce parfaite ! Maître béni, puissions-nous au moins être près de Toi, et cachés en Toi ! »

 

6.6   Philippiens 2:9a

Tel est le fondement merveilleux sur lequel est basé l’exaltation présente de Christ. Qu’il y ait un rapport direct entre les deux (Son abaissement et Son exaltation), cela ressort de l’expression « c’est pourquoi » qui exprime pour nous le prix que le cœur de Dieu attache à l’abaissement de Lui-même pris par Christ. L’Écriture donne bien des raisons de la gloire de Christ. Apocalypse 5, par exemple, célèbre Sa dignité en vertu de la rédemption acquise par Sa mort et par l’efficace de Son sang. Lui-même demande au Père de Le glorifier en Jean 17:1-5, parce que Lui avait glorifié le Père sur la terre et qu’Il avait achevé l’œuvre qu’Il Lui avait donnée à faire (Jean 17:4). Ici, c’est un tout autre aspect. C’est Dieu Lui-même qui intervient, dans la joie de Son cœur, dans les délices qu’Il trouve en Celui qui s’est tant abaissé, et Dieu l’élève jusqu’aux sommets de la gloire où Il se trouve aujourd’hui ; or cet acte proclame dans l’univers tout entier qu’aucune autre position n’aurait été à la hauteur de ce qu’Il mérite, que Celui qui s’est abaissé le plus bas doit occuper la place la plus élevée. Moralement c’est l’application, dans toute sa perfection, du principe énoncé par le Seigneur Lui-même : « quiconque s’abaissera sera élevé » (Matt. 23:12). On peut donc dire que Son exaltation suprême fut Sa récompense et Sa couronne.

Dans l’épître aux Éphésiens, l’apôtre aborde un autre aspect de ce sujet si important. Il nous dit que « Celui qui est descendu dans les parties inférieures de la terre est le même que Celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’Il remplît toutes choses » (Éph. 4:9-10). Nous sommes peut-être incapables de sonder la profondeur de ces termes qui ne signifient certainement rien moins que ceci : en vertu de l’abaissement de Christ et de l’œuvre qu’Il a accomplie en vue de l’accomplissement des conseils de Dieu, Sa propre gloire rédemptrice remplira un jour l’univers tout entier. Telle sera, et rien moins que cela, la réponse de Dieu à l’abaissement de Son Fils bien-aimé.

 

6.7   Philippiens 2:9b

Revenons à notre passage. Nous y apprenons que « le nom qui est au-dessus de tout nom » Lui est donné comme faisant partie de Son élévation ; bien plus, c’est l’estimation faite par Dieu Lui-même de ce qui est dû à Celui qui s’est abaissé volontairement, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. Ce nom proclame donc la dignité de Christ manifestée par la place que Dieu Lui a donné d’occuper. Nous disons bien « la place que Dieu Lui a donné d’occuper », car il s’agit ici de Son exaltation en tant qu’Homme, comme conséquence de Sa parfaite obéissance et de Son entière consécration à la gloire de Dieu tout au long de Son chemin sur la terre jusqu’à Sa mort y compris. Ce qu’est ce nom, — est-ce le nom de Jésus, — on ne peut trancher comme nous l’avons déjà dit ; en effet c’est sur sa signification que l’Esprit de Dieu veut attirer notre attention. Ce qu’il signifie répétons-le, c’est que, quels que soient les êtres glorieux entourant le trône céleste, Jésus glorifié est au-dessus d’eux tous, et bien au-delà. Le nom qui Lui a été donné en vertu de Son abaissement, révèle une dignité qui transcende de beaucoup celle des niveaux les plus élevés de l’armée céleste, et qui proclame en outre qu’Il a la position suprême dans tous les mondes qui constituent l’univers de Dieu. Si donc ce rang qu’Il occupe aujourd’hui est l’expression des délices que Dieu a trouvé dans le Christ jadis abaissé, comment ne ferait-il pas aussi les délices des enfants de Dieu qui Le contemplent dans cette position et dans cette gloire ? C’est la grâce de Dieu que nous soyons appelés à partager Son propre délice qu’Il trouve dans Son Fils bien-aimé ; et la jouissance de cela, si faible soit-elle, est véritablement l’avant-goût, le prélude, des joies célestes qui, remplissant nos cœurs alors même que nous foulons les sables du désert, ne peut s’exprimer que par l’adoration et les cantiques.

 

7                    Au nom de Jésus — À Son nom

Note Bibliquest : « À Son nom » traduit ici l’anglais « At His name ». ». Nous avons gardé autant que possible les prépositions comme l’auteur les a utilisées, et non pas toujours selon la version J.N. Darby de la Bible.

7.1   Comment traduire au nom de Jésus en Philippiens 2:9b-11

Si Dieu donne à Christ la place de suprématie universelle et absolue, Il veut qu’elle soit reconnue, dans tous les cercles de Sa domination. C’est pourquoi, après la déclaration qu’Il Lui a donné le nom au-dessus de tout nom, il est dit : « afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, terrestres et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2:10-11). Il faut examiner de près le langage utilisé ici, et saisir son sens précis. Et tout d’abord la force de l’expression « au nom de Jésus » doit être expliquée, dans la mesure où ce point a suscité passablement de discussions. L’expression dans l’original est « εν τω ονοματι Ιησου » qu’on pourrait traduire correctement « dans le nom de Jésus » au lieu de « au nom de Jésus ». La question est de savoir si cette manière de traduire est acceptable. Si « au nom de Jésus » était une présentation incorrecte de l’original, il faudrait adopter l’autre traduction, quelles que soient les difficultés que cela générerait ; mais les deux traductions sont autant correctes grammaticalement ; ce sont donc d’autres considérations qu’il faut faire pour déterminer si la traduction correcte est bien « au nom de Jésus ». Nous comprenons que ployer les genoux devant Dieu dans le nom de Jésus, et Le confesser comme Seigneur, c’est apparaître là en vertu de ce qu’Il est, dans toute la valeur de ce qu’Il est par Sa mort et Sa résurrection (voir par exemple Jean 14:13, 14), et par conséquent cela impliquerait le salut de toutes les classes considérées. Autrement dit, si on insistait pour retenir l’expression « dans le nom de Jésus », cela reviendrait à dire que ce passage de l’Écriture soutient l’universalisme, et un universalisme qui irait jusqu’à inclure les démons aussi bien que les hommes et les anges. Une pareille signification nous amènerait en contradiction directe avec beaucoup d’autres passages de l’Écriture ; c’est pourquoi nous sommes obligés d’adopter l’autre traduction, à savoir « au nom de Jésus ».

 

7.2   Il faut que la suprématie et la seigneurie de Jésus soit reconnue

Cette dernière expression signifie que la volonté de Dieu est que tôt ou tard, la suprématie et la seigneurie de Jésus exalté et glorifié soit reconnue par toute créature dans l’univers. Si la reconnaissance du cœur, et la confession de la bouche, procèdent d’une foi réelle et vivante en Christ, ce sera en salut pour tous ceux chez qui ces choses se trouvent (Romains 10:8-13). Tous ceux donc qui, en ce jour de grâce, reçoivent l’évangile, le témoignage de Dieu à la mort et à la résurrection de Christ, et qui confessent Christ comme Seigneur et Sauveur, seront sauvés éternellement. Mais ce que présente l’Écriture, c’est qu’en dehors de cette classe bénie, tous ceux qui ne se sont pas repentis et qui sont irrégénérés, tous les anges qui sont restés (ou plutôt qui ont été préservés) dans la perfection de leur création, tous les anges déchus et jetés dans l’abîme, dans des liens d’obscurité, pour être réservés pour le jugement, et tous les démons et êtres infernaux, reconnaîtront ou seront contraints par force de reconnaître l’autorité et la seigneurie de Jésus glorifié. Selon l’enseignement de ce passage de l’Écriture, Dieu ne tolérera aucune créature tangible récalcitrante ou en rébellion ouverte contre Son Fils bien-aimé. Ils pourront le haïr dans leur cœur, et ce sera le cas de beaucoup ; mais qu’ils le fassent ou non, ils auront à ployer les genoux devant ce Jésus, autrefois humilié, mais maintenant glorifié, et leurs langues confesseront que Lui, Jésus Christ, est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. C’est ce qui Lui est dû, comme le dit un cantique : « Digne est l’Agneau, que tout genou se ploie devant Toi ! ».

 

7.3   Tout genou : la question des êtres infernaux

Il peut cependant être nécessaire d’expliquer ce point un peu plus en détail, car certains peuvent ne pas être au courant de la question. Examinons le texte effectif du passage. Il dit : « afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, terrestres et infernaux ». La seule difficulté réside dans le terme « infernaux », littéralement « sous la terre ». Certains soutiennent qu’il ne s’agit que des morts. Mais même dans l’emploi classique du mot, cela va plus loin et inclut les esprits mauvais ; comme preuves nous assurant que ces esprits sont envisagés dans notre passage de Phil. 2, on rappelle a) que durant le séjour de notre précieux Seigneur sur cette terre, les démons étaient contraints de reconnaître Son autorité, et même de confesser Son nom, et b) que Jacques enseigne que les démons croient et tremblent. Il y a encore un passage assez différent ayant apparemment la même signification. En Apocalypse 5 (v. 13) on lit : « Et j’entendis toutes les créatures qui sont dans le ciel, et sur la terre, et au-dessous de la terre, et sur la mer, et toutes les choses qui y sont, disant : À celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, la bénédiction, et l’honneur, et la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! ». L’expression « au-dessous de la terre » n’est pas la même qu’en Phil. 2, et du fait qu’elle est associée à l’expression « et sur la mer », on voit qu’elle signifie tout être animé sous la surface de la terre ; elle correspond à l’accomplissement du Ps. 150 : « que tout ce qui respire loue le Seigneur » ; c’est une anticipation de la louange de toute la création.

 

7.4   Quand l’autorité de Christ sera-t-elle reconnue ?

Admettant que notre interprétation est correcte, on peut demander : quand aura lieu cette reconnaissance universelle de l’autorité de Christ, jointe à la confession de Sa seigneurie ? Rappelons que c’est Dieu agissant de Son propre cœur, et aussi en justice, qui a donné à Christ cette place d’Homme exalté. Il n’est pas question ici de Sa Déité, bien que celle-ci ne soit jamais oubliée, mais plutôt de la place que Dieu Lui a accordée comme l’homme qui s’est autrefois humilié, et qui est devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. Et en même temps que Son exaltation dans ce caractère, le décret a été prononcé que toute créature intelligente devrait ployer les genoux et reconnaître Sa souveraineté. La question se ramène donc à savoir où l’obéissance à ce décret sera-t-elle visible.

 

7.4.1       Les êtres célestes

En cherchant la réponse, on peut prendre dans l’ordre trois cercles d’êtres ; le premier ceux qui sont dans les cieux ; deux passages pertinents méritent d’être cités ; en Hébreux 1, une citation des Psaumes énonce « que tous les anges de Dieu Lui rendent hommage », ceci étant en rapport avec l’introduction du Premier-né dans le monde. En Apoc. 5 il nous est donné d’entendre des myriades de myriades, et des milliers de milliers d’anges quand l’Agneau prend le livre de la main droite de Celui qui est assis sur le trône « disant à haute voix : Digne est l’Agneau qui a été immolé, de recevoir puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et bénédiction ». Quand plus loin, le Fils de l’homme vient dans toute Sa gloire, tous les saints anges sont avec Lui comme agents exécuteurs de Son trône ; et nous apprenons alors qu’ils reconnaîtront Sa suprématie de manière constante et perpétuelle, et que cela commencera au moment de Son exaltation pour continuer à toujours.

 

7.4.2       Les êtres terrestres

La soumission du second cercle, celui des êtres qui sont sur la terre sera en un sens plus progressive et plus étendue. Elle a commencée au jour de la Pentecôte, car en ce jour-là Pierre rendit témoignage que Dieu avait fait Seigneur et Christ ce Jésus que les Juifs avaient crucifié, et que, par grâce, tous ceux qui recevaient ce témoignage ployaient effectivement le genou devant Christ, et confessaient Son autorité telle que déclarée par les apôtres. Ainsi en est-il pour tout converti depuis ce jour-là, et ainsi en sera-t-il pour tous ceux qui sont amenés des ténèbres à la merveilleuse lumière de Dieu, jusqu’à la fin du jour de la grâce. Après l’enlèvement de l’église, il y aura encore une œuvre puissante de la grâce comme le montre Apoc.7, et durant les mille ans de règne s’accomplira la glorieuse prédiction du Psaume : « Et il dominera d’une mer à l’autre mer, et depuis le fleuve jusqu’aux bouts de la terre. Les habitants du désert se courberont devant lui, et ses ennemis lécheront la poussière. Les rois de Tarsis et des îles lui apporteront des présents, les rois de Sheba et de Seba lui présenteront des dons. Oui, tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront » (Psaume 72:8-11). Il y aura donc durant Son royaume glorieux sur la terre, une soumission universelle à Ses justes revendications d’autorité suprême, de sorte que nous lisons dans un autre psaume (66:3) : « Tes ennemis se soumettent à toi, à cause de la grandeur de ta force » (« se soumettent à toi en dissimulant » selon la note de la traduction J.N.D de ce verset). Durant ce règne de justice, l’homme n’osera pas, quelles que soient les pensées de Son cœur, se rebeller contre l’autorité souveraine de Christ, sauf à encourir une destruction instantanée. Extérieurement donc, tous professeront être soumis à Son gouvernement. N’est-ce pas un délice de contempler cette perspective quand Christ, autrefois humilié et rejeté, sera exalté universellement sur cette terre ? La scène témoin autrefois de Sa honte et de Son ignominie, contemplera alors Son exaltation et Sa gloire, et de millions de cœurs jaillira l’heureuse confession que cela Lui est justement dû, et ils chanteront : « Béni soit Son nom pour toujours, et que toute la terre soit remplie de Sa gloire. Amen, amen ! » (Ps. 72:19).

 

7.4.3       Les êtres infernaux

Quant au dernier cercle, nous avons moins de passages positifs pour nous guider, quoi qu’il soit déclaré à de multiples reprises que rien ni aucun être dans l’univers n’échappera à l’assujettissement à Son autorité (voir par exemple Éph 1:20-22 ; 1 Cor. 15:24-28, etc.). Le temps où « les anges qui n’ont pas gardé leur premier état » subiront leur sort est positivement indiqué comme se situant au « jugement du grand jour » (Jude 6), et Apoc.20 nous apprend que le diable lui-même sera jeté dans l’étang de feu et de soufre immédiatement avant la séance de Christ (à qui tout jugement est remis, Jean 5) sur le grand trône blanc, où tous les morts, petits et grands, recevront leur rétribution éternelle. Les démons ne sont pas mentionnés là, mais il n’est pas douteux qu’ils sont inclus dans le jugement de leur meneur et chef. Le jugement final donc, soit des anges déchus soit de Satan lui-même, et le jugement des multitudes de morts inconvertis (car ceux-là seuls paraîtront devant le grand trône blanc) prendront place à la fin de toutes les voies de Dieu en rapport avec ce monde. Avant le début de cette dernière session de jugement, la terre et le ciel auront fui de devant la face de Celui qui est assis sur le grand trône blanc ; car la scène finale de l’exercice des saintes revendications de Dieu et de Sa juste autorité est préparatoire à l’introduction des nouveaux cieux et de la nouvelle terre où la justice habite. Les propos de Dieu concernant la gloire de Son Fils bien-aimé, Sa volonté que tout genou se ploie devant Lui, et que toute langue confesse qu’Il est Seigneur, auront alors été accomplis. Tout mal aura été ôté ; car Dieu aura alors essuyé toute larme des yeux de tous Ses rachetés, « et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, car les premières choses sont passées » (Apocalypse 21:4).

 

7.5   Le croyant a à anticiper la gloire de Christ

Même l’exaltation et la gloire de Christ auront un but, si l’on ose parler ainsi. C’est comme nous lisons, « à la gloire de Dieu le Père ». Si Ses conseils éternels concernant Christ et Ses rachetés ont découlé de Son cœur, dans leur accomplissement et leur résultat ils tourneront à la manifestation de Sa propre gloire aux yeux de tout l’univers. C’est au croyant d’anticiper cela ; en effet la contemplation de cette fin glorieuse de toutes les voies de Dieu rempliront son cœur d’admiration et d’adoration en sorte qu’il sera contraint de s’exclamer, selon les paroles inspirées de l’apôtre : « car de Lui, et par Lui et pour Lui sont toutes choses : à Lui soit la gloire éternellement. Amen » (Rom. 11:36). Et encore : « À Lui gloire dans l’assemblée dans le Christ Jésus pour toutes les générations du siècle des siècles. Amen » (Éph 3:21).

 

8                    En Son nom

Note Bibliquest : « En Son nom » traduit ici l’anglais « In His name ». Par ailleurs le vocabulaire anglais suivi ici par l’auteur ne suit pas strictement le vocabulaire français retenu dans la version J.N.Darby, qui par exemple en Col.3:17, traduit « au nom du Seigneur Jésus » tandis que l’auteur traduit ici « dans le nom du Seigneur Jésus ».

8.1   Sens de croire quelqu’un, croire en, croire à

À l’examen, on trouvera que, généralement parlant, il y a une double signification liée à cette expression, l’une vers Dieu, l’autre vers l’homme. À cela on peut ajouter l’expression légèrement différente « en Son nom », qu’il est tout à fait approprié de considérer dans ce chapitre. Le mot « en » ou « dans » n’est pas le mot usuel pour « en » ou « dans », mais comprend la notion de mouvement ; joint au fait de croire, il indique l’objet vers lequel la foi est attirée. On comprendra cela plus facilement en expliquant que, dans l’Écriture, il y a trois manières d’exprimer la foi. Par exemple, il est dit d’Abraham qu’il crut Dieu ; il est aussi constamment question dans l’évangile de Jean de croire en Christ (même si les mots ne sont pas toujours rendus sous cette forme) ; en outre il est question de croire au Seigneur Jésus comme en Actes 16:31. Il y a une différence nette dans ces différentes manières de s’exprimer. Croire une personne, c’est recevoir sa parole ou son témoignage ; croire en lui, c’est croire qu’il est digne de confiance ; croire à lui, c’est réellement se reposer sur l’objet de la foi qui a été présenté à l’âme, ou se confier dans cet objet. On peut donc voir que croire dans le nom de Christ est l’assentiment de l’âme à l’égard de ce qu’Il est digne de confiance, et que le nom de Christ, l’expression de tout ce qu’Il est, est ce qui est proclamé dans l’évangile comme objet pour la foi. La réception de ce témoignage, le témoignage à ce que Christ est, comme Seigneur Jésus Christ, est le commencement de toute bénédiction. Le droit de prendre la place d’enfants est lié à cela (Jean 1:12), comme aussi le droit de posséder la vie éternelle (Jean 3:15, 16). L’attention du lecteur est attirée sur ce point, et on insiste sérieusement dessus, parce que sans la connaissance de cette ouverture à toute bénédiction, il est impossible d’entrer dans la considération de la vertu du nom de Christ. La valeur de Son nom en salut doit être connue avant de pouvoir en jouir dans la présence de Dieu, ou en faire usage devant le monde.

 

8.2   Jean 14:1-14 et 16:23 : Demander au Père dans le nom de Jésus

En Jean 14 nous lisons : « tout ce que vous demanderez en Mon nom, je le ferai afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en Mon nom, moi, je le ferai ». Comme les derniers mots du v. 13 le montrent, c’est le nom du Fils qui est ici utilisé, plutôt que celui de Christ : cela est en accord avec la vérité caractéristique de cet évangile ; mais cela illustre de manière d’autant plus frappante le point que nous présentons. Ce qui est alors présenté devant nous, est que les croyants sont divinement assurés de paraître devant le Père dans le nom du Fils ; qu’étant eux-mêmes dans cette relation par le fait qu’ils sont nés de nouveau, et qu’ils ont reçus l’Esprit d’adoption, et qu’ayant été ainsi établis par la mort et la résurrection en association avec Lui dans Sa propre relation (Jean 20:17), ils sont maintenant libres d’entrer dans la présence de Son Père et leur Père en Son nom béni. Que la portée de ces paroles ait trait à la période postérieure à Sa mort et à Sa résurrection et à Son ascension ressort à l’évidence du fait que la présence du Saint Esprit est envisagée (Jean 14:16, 17). Quand ce temps serait venu, et non pas auparavant, ils demanderaient au Père en Son nom. Ceci explique les expressions du chapitre 16 (v. 23-24) : « En ce jour-là, vous ne me ferez pas de demandes. En vérité, en vérité, je vous dis, que toutes les choses que vous demanderez au Père en mon nom, Il vous les donnera. Jusqu’à présent (c’est-à-dire durant le temps de Son séjour avec eux sur la terre) vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit accomplie ». Qui de nous est entré dans toute la vaste profondeur de ce passage, et sa signification ? Ou bien qui a fait usage de toute la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de grâce inexprimable dont il est parlé ici ?

 

8.3   Portée de « demander dans le nom » du Fils

Examinons ces indications merveilleuses, et pour nous aider, demandons-nous tout d’abord ce que signifie demander « dans le nom du Fils ». Être ainsi devant le Père, c’est être dans toute la valeur de ce nom, selon l’estimation que le Père Lui-même en fait, avec tout ce que revendique le Fils de la part du cœur du Père, et avec l’autorité du Fils pour présenter nos requêtes. Quand Lui-même le Fils incarné se tenait auprès du tombeau de Lazare, Il dit « Père, je te rends grâce de ce que tu m’as entendu. Or moi je savais que tu m’entends toujours ». Si donc nous demandons quelque chose en Son nom, nous serons aussi toujours entendu ; or c’est précisément ce que le précieux Seigneur promet ici. Ayant compris qu’Il nous a donné cette liberté et ce privilège, alors que nous jouissons de la relation qu’Il nous a assurée avec le Père, il y a deux choses à vérifier : d’abord Son autorité nécessaire en rapport avec les requêtes auxquelles il est ici fait référence ; secondement, le sujet de ces requêtes. L’autorité du Fils pour exprimer un quelconque désir spécial engendré dans nos cœurs, ne peut être obtenu que dans la communion avec Ses pensées, comme nous sommes enseignés dans l’Écriture par le Saint Esprit. C’est pourquoi leur objet ne peut que concerner les choses propres au Fils. Autrement dit, l’assurance donnée que tout ce que nous demandons en Son nom sera fait, ne peut se référer à nos propres besoins ou désirs personnels ; mais cela suppose que les Siens soient en communion avec Ses propres désirs, objets et intérêts, de sorte qu’ils peuvent prier pour ceux-ci en Son propre nom et avec Son autorité. Car quand nous avons appris, au moins dans une faible mesure, ce que sont les conseils du Père pour la gloire de Son Fils bien-aimé, et si nous avons cessé d’être occupés de nous-mêmes, nous sommes libres d’être conduits au dehors dans le vaste cercle des choses du Père et des choses du Fils (Jean 16:14, 15), et de prier pour l’accomplissement de tous ces merveilleux propos d’amour. Quelle place que celle dans laquelle nous sommes introduits ! et quelle grâce de nous revêtir de toute Sa propre valeur devant le Père !

 

8.4   Tout faire dans le nom de Christ, du Seigneur Jésus

Si d’un côté nous pouvons paraître devant Dieu dans le nom de Christ, d’un autre côté, il nous est enjoint de tout faire, tant parmi les croyants que dans le monde, dans le nom du Seigneur Jésus, rendant grâces à Dieu et au Père par Lui (Col. 3:17). Ces deux côtés sont constamment et de toutes manières présentés dans l’Écriture. En Jean 17 par exemple, après que le Seigneur a mis les disciples dans Sa propre position devant le Père, Il leur donne Sa propre position devant le monde. De la même manière, Pierre enseigne (1 Pierre 2) que, si les croyants sont une sainte sacrificature pour offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ, ils sont aussi une sacrificature royale pour annoncer, dans le monde, les vertus (les excellences) de Celui qui les a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière. Ceci ne fait qu’établir la vérité bénie que le croyant est inséparable de Christ, aussi bien devant Dieu que devant les hommes, de sorte que, par grâce, il est tellement lié à tout ce qu’Il est et ce qu’Il a accompli, qu’il entre dans le lieu très saint dans toute la valeur de Sa personne et de Son œuvre, et qu’il passe à travers le monde comme Son ambassadeur. En effet, ce dernier terme, exprime presque tout à fait ce que c’est qu’agir au nom de Christ, ou comme dans ce passage de l’Écriture, « dans le nom » du Seigneur Jésus. C’est agir de Sa part, et sous Son autorité. Ce qu’un ambassadeur ou un plénipotentiaire est en relation avec Son souverain, le chrétien l’est en relation avec Christ. Il doit être gouverné entièrement par la volonté du Seigneur ; il doit exprimer Ses pensées en toute fidélité, étudier Ses instructions, et chercher de toutes manières à faire progresser Ses intérêts. Des mobiles égoïstes, ou ayant trait au moi, n’ont aucune place dans une telle mission : la devise du chrétien doit être celle de l’apôtre Paul : « pour moi, vivre c’est Christ » ; Christ le seul motif et le seul mobile de toutes ses activités.

 

8.5   Comment peut-on toujours agir dans le nom de Jésus ?

Nous pouvons bien nous arrêter en présence d’une telle déclaration, et nous exclamer : qui est suffisant pour une telle mission ? (2 Cor. 2:16). De peur que quelques-uns ne soit accablés à la pensée de ce qu’ils pourraient considérer comme leur terrible responsabilité, qu’ils se rappellent que Celui qui nous envoie au dehors pour agir en Son nom, nous soutient dans notre mission de toute Sa puissance. Personne ne va jamais à la guerre à ses propres dépens (1 Cor. 9:7). En effet, si Son nom est porté et utilisé correctement, il est accompagné de toute-puissance. Ainsi quand les soixante-dix furent de retour auprès du Seigneur, ils lui dirent : « Seigneur, même les démons nous sont assujettis en Ton nom » (non pas « par Ton nom » comme dans la version autorisée anglaise). Le Seigneur répondit : « voici, je vous donne l’autorité de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ». La mission et la puissance pour l’accomplir sont donc intimement liées ; seulement la foi, la foi en activité, est la condition essentielle pour faire usage de la puissance. Il y a besoin d’insister sérieusement sur cette vérité dans le temps présent, s’il doit y avoir un réveil ou une restauration avant le retour du Seigneur. Il est écrit que « toutes choses sont possibles à celui qui croit » ; nous lisons ces paroles, nous n’en doutons pas, et cependant nous pensons rarement à ce qu’elles puissent se vérifier dans notre propre expérience. Un saint d’autrefois connaissait le secret quand il écrivait : « Seigneur donne-moi ce que tu ordonnes, et alors ordonne ce que tu veux ». Il en est encore ainsi, car c’est seulement par la puissance du Seigneur que le plus petit de Ses préceptes peut être traduit en pratique ; tandis qu’il est également vrai que Ses plus vastes commandements sont aussi faciles à réaliser que les plus petits, dans la mesure où la puissance appropriée est toujours à disposition de la foi. On le voit dans le cas de l’homme à la main sèche. Comment pouvait-il étendre une main sèche et morte ? Il crut, et la puissance divine envahit sa main morte ; il l’étendit, et voilà, elle « fut rendu saine comme l’autre » (Luc 6:10).

 

8.6   Exemples de Pierre et Paul

Quelques illustrations de l’action au nom de Christ aideront à comprendre complètement le sujet. Prenez par exemple l’activité apostolique aux jours de la Pentecôte. Quand Pierre et Jean rencontrèrent le paralytique à la porte du temple qui est appelée « la Belle », Pierre nia expréssément agir par sa propre autorité ou sa propre puissance, disant : « au nom [dans le nom] de Jésus Christ de Nazareth, lève-toi et marche ! » (Actes 3:6). De la même manière, à l’esprit mauvais qui possédait la servante marchant à leur suite depuis plusieurs jours, Paul commanda « au nom [dans le nom] de Jésus Christ » de sortir d’elle. Dans les deux cas, ils agirent comme Ses serviteurs, et agissant par la foi, ils firent usage de la puissance dans les miracles opérés. De la même manière, quand l’apôtre corrigeait les désordres des saints à Corinthe et à Thessalonique, il agissait au nom [dans le nom] de notre Seigneur Jésus Christ (1 Cor. 5:4 ; 2 Thes. 3:6). Ces cas suffisent à montrer que dans tout service, comme dans tout devoir et responsabilité de la vie journalière, c’est le privilège du croyant d’agir au nom [dans le nom] de son Seigneur. En effet son véritable appel est de se tenir devant les hommes comme représentant de Christ. Cela apparaît sous une autre forme dans un passage de l’épître de Pierre : « Si vous êtes insultés pour le nom [littéralement: dans le nom] de Christ, vous êtes bienheureux » (1 Pierre 4:14). Ici il est évident que les ennemis de Christ considèrent les Siens comme ceux qui portent Son nom, et qui se tiennent devant le monde comme ceux qui Le représentent. C'est pourquoi leur inimitié vis-à-vis de Christ se manifeste dans la persécution de ceux qui Le suivent. Or le chrétien ne peut jamais se dessaisir de cette relation avec son Seigneur absent. Que ce soit dans l’assemblée, chez lui, ou quand il est mêlé aux gens du monde, partout et dans tous les temps, il doit se rappeler qu’il porte le nom de Christ, pour agir en vue de Ses intérêts, sous Son autorité, et de Sa part.

 

8.7   Responsabilité d’agir dans le nom de Christ

Répétons quel privilège inexprimable il y a à avoir reçu la liberté d’accès devant Dieu et devant les hommes au nom [dans le nom] de Christ ! D’un autre côté, la grandeur même du privilège indique l’étendue de la responsabilité. Car si le nom de Christ nous est confié comme une sainte bannière, quelle vigilance incessante et quelle dépendance effective sont requises pour maintenir ce nom dans toute sa pureté et le préserver de tout déshonneur ! Pour nous encourager à être diligents dans ce sens, nous pouvons nous rappeler combien il est précieux au cœur de Christ de contempler les Siens prenant avec zèle un soin jaloux de l’honneur de Son nom. Nous lisons ainsi dans le prophète Malachie  Alors ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre, et l’Éternel a été attentif et a entendu, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Éternel, et pour ceux qui pensent à son nom » (Mal. 3:16). Nous sommes dans un jour où l’iniquité et la corruption abondent parmi le peuple de Dieu ; mais le résidu pieux est séparé de ce mal, et mis dans des liens de sainte communion par sa crainte pieuse, et son amour du nom de l’Éternel. Les yeux du Seigneur sont sur eux, et dans la joie de Son cœur Il proclame : « ils seront à Moi, mon trésor particulier, au jour que Je ferai » ; ce jour est le jour de jugement qui vient, et alors Il les mettra dans la maison de Ses trésors, parmi Ses choses précieuses. Puissions-nous désirer ardemment l’approbation du Seigneur pour avoir soin de l’honneur de Son Nom si précieux et sans pareil.

 

9                    À cause de Son Nom

Il y a deux ou trois expressions que l’on peut considérer sous ce titre. Malgré quelques légères différences de sens, elles ont, dans leur application pratique, la même force et le même but. L’une pourrait être traduite par « à cause de Son Nom », une autre par « pour l’amour de Son Nom », une autre encore par « en Son Nom ». Dans chacune de ces trois expressions, l’idée fondamentale est la valeur de ce nom pour celui qui agit, supporte ou souffre — idée dont nous retrouverons aussi des exemples, comme nous espérons le voir, dans la manière dont Dieu agit en grâce envers les Siens. Ces mots, « Ton nom est un parfum répandu », ont déjà été placés devant nous, et les expressions que nous allons maintenant considérer illustreront, elles aussi, le fait que c’est le parfum du nom de Christ qui réjouit à la fois le cœur de Dieu et les cœurs des Siens. C’est pourquoi nous lisons, en rapport avec les bénédictions de Son règne de justice, pendant mille ans : « Son nom sera pour toujours, son nom se perpétuera devant le soleil, et on se bénira en lui : toutes les nations le diront bienheureux » (Ps. 72:17). Oui, dans toute l’éternité, nous chanterons sans cesse à la gloire de Son Nom, comme nous l’avons fait sur la terre.

 

9.1   Pardonnés à cause de Son nom

Dans le premier cas que nous considérerons, c’est la valeur, pour Dieu, de ce nom sur lequel se fonde l’exercice de Son amour en pardon. C’est ainsi que l’apôtre Jean dit : « Je vous écris, enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom » (1 Jean 2:12). Toute la vérité de la grâce est contenue dans ces quelques mots, car le terme « enfants » recouvre toute la famille de Dieu. Nous apprenons de ce passage qu’en pardonnant les péchés, Dieu se base uniquement sur la valeur du nom de Son Fils bien-aimé, comme de Celui qui L’a glorifié sur la terre et qui a accompli l’œuvre qu’Il Lui avait donnée à faire. De combien de fausses idées seraient délivrées des âmes anxieuses, si seulement cette simple vérité était comprise ! Car alors, au lieu de se fatiguer jour après jour à chercher en elles-mêmes quelque chose de bon, ou quelque mérite sur lequel se reposer dans la certitude d’être acceptées devant Dieu, ou encore une preuve indiscutable de leur conversion, ces âmes comprendraient que, si elles doivent être sauvées, ce ne peut être qu’en vertu de ce que Christ est pour Dieu. Que toutes ces âmes méditent donc, dans la prière, ces paroles « à cause de Son nom », car elles montrent, sans aucun doute ni risque d’erreur, que l’attitude de Dieu, à l’égard de tous ceux qui viennent à Lui en confessant leurs péchés, découle totalement de Sa propre estimation du nom de la Personne bénie qui siège désormais à Sa droite. Quel roc solide et immuable est ainsi offert à nos âmes, ce « Rocher des siècles » sur lequel nous pouvons nous reposer éternellement, dans une paix parfaite que ne peuvent troubler nos changements de sentiments ou d’expérience ! Ne cessons donc jamais d’annoncer cette vérité bénie aux âmes victimes du péché ou de la lassitude, car elle est l’essence même de la bonne nouvelle que Dieu annonce aux hommes en ce jour de grâce.

 

9.2   Conduits dans le chemin à cause de Son Nom

Et non seulement nous avons ainsi reçu le pardon de nos péchés, mais aussi nos pieds sont gardés, de la même manière, pendant la traversée du désert. Nous lisons, par exemple, au psaume 23 : « Il restaure mon âme ; Il me conduit dans des sentiers de justice, à cause de Son nom » (v. 3). C’est-à-dire que Dieu a tout entrepris pour nous, sur la même base que celle du pardon de nos péchés. Le motif de toute Son activité de grâce et d’amour, de Son attitude immuable, de Sa protection et de Ses soins vigilants, se trouve en Christ, et non pas en nous-mêmes. Nous en trouvons des exemples bénis dans le Psaume qui vient d’être cité, sauf qu’ici le Seigneur est notre Berger, et qu’Il agit plutôt d’après Son propre cœur, selon la relation qu’il Lui a plu d’assumer à l’égard des Siens. Cela revient simplement à dire que, s’Il est devenu notre Berger, Il pourvoira à tous nos besoins, que ce soit dans notre pèlerinage ou lorsque nous passerons par la vallée de l’ombre de la mort. Mais le verset cité montre que c’est à cause de Son propre nom qu’Il maintient ces relations de grâce. Si nous sommes las, sans force, découragés ou déprimés, Il restaure nos âmes. Et, parce que nous avons constamment besoin d’être guidés, et que nous désirons vraiment marcher dans Ses sentiers, sans être souvent capables de les discerner, Il s’est placé Lui-même devant nous, nous conduisant dans les sentiers de justice à cause de Son nom. Si donc le nom de Christ est si ineffablement précieux à Dieu, et s’il est le fondement parfait de Ses voies envers nous, avec quel zèle ne devrions-nous pas à être en communion avec Lui au sujet de ce nom ! Et ainsi, ayant un petit peu le sens de la valeur de ce nom, notre joie serait de nous absorber en lui, de nous reposer sur lui lorsque nous nous approchons de Dieu, comme Lui-même se repose sur ce nom dans Ses relations avec nous.

 

9.3   Dévouement et courage sans se lasser, à cause de Son Nom

La communion avec le cœur de Dieu quant à la valeur précieuse du nom de Christ, est le véritable secret du dévouement et du courage inlassables de beaucoup de Ses serviteurs. L’apôtre Paul en est sans doute un exemple tout spécial, même si les mots « à cause de Son nom » ne sont pas utilisés. En prison, désormais incapable d’annoncer son message béni, s’attendant constamment à la mort — car il n’ignorait pas qu’à tout moment il pouvait être jeté aux lions — sa consolation était de savoir que Christ était annoncé, malgré le caractère mélangé des motifs qui inspiraient l’activité de beaucoup. En cela il se réjouissait, et voulait encore se réjouir. Tout ce qu’il attendait et espérait, c’était d’être si bien gardé et soutenu que Christ pût être magnifié dans son corps à lui, Paul, soit par la vie ou soit par la mort. Absorbé comme il l’était par ce but, il ne voyait que Christ à l’horizon de ses pensées. C’est pourquoi, pour l’amour de Christ, il était prêt à tout supporter, à condition de pouvoir glorifier Son nom béni. De la même manière, une autre épître nous parle de croyants dans le cœur desquels le nom de Christ était si profondément gravé que, à cause de Lui, ils acceptaient avec joie d’être dépouillés de leurs biens. D’autres étaient éprouvés par de cruelles moqueries, des coups, des liens, voire l’emprisonnement. D’autres encore étaient mis à mort par le supplice de la scie, ou par l’épée. Et si quelques-uns échappaient au martyr, ils devaient errer ça et là, vêtus de peaux de mouton ou de chèvre, dans le dénuement, l’affliction et les tourments (voir Héb. 10 et 11).

 

9.4   Souffrance à cause de Son Nom

Cette souffrance qui caractérise la vie de Ses disciples, a été souvent le thème de l’enseignement de notre Seigneur. Bien loin de leur cacher les afflictions et les persécutions qu’ils rencontreraient, Il saisissait toutes les occasions pour les avertir de ce qu’ils devraient endurer à cause de Son nom. C’est ainsi que, dans le sermon sur la montagne, Il dit : « Vous êtes bienheureux quand on vous injuriera, et qu’on vous persécutera, et qu’on dira, en mentant, toute espèce de mal contre vous, à cause de moi » (Matt. 5:11), et une autre fois : « Alors ils vous livreront pour être affligés, et ils vous feront mourir ; et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom » (Matt. 24:9) ; et ailleurs encore : « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15:20) ; « même l’heure vient que quiconque vous tuera pensera rendre service à Dieu » (Jean 16:2). C’est ce qui arriva, car Paul, citant un Psaume, dit : « Pour l’amour de toi, nous sommes mis à mort tout le jour ; nous avons été estimés comme des brebis de tuerie » (Rom. 8:36). Mais si notre Seigneur bien-aimé nous a avertis de ce que pouvait entraîner pour nous le fait de confesser Son nom, Il nous a aussi prodigué le soutien et la consolation dont nous avions besoin. À Son sujet, dans Son chemin à travers ce monde, il est écrit qu’à cause de la joie qui était devant Lui, Il a enduré la croix, ayant méprisé la honte (Héb. 12:2), et, pour notre encouragement, Il nous a laissé ces paroles : « Quiconque aura quitté maisons, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, pour l’amour de mon nom, en recevra cent fois autant, et héritera de la vie éternelle » (Matt. 19:29).

Souffrir avec Christ est, dans une certaine mesure, une nécessité si nous sommes enfants de Dieu ; mais souffrir pour Christ est un privilège qui découle de la fidélité à Son service. À titre d’exemple, on pourrait considérer les cas de Pierre et de Jean. Amenés devant le sanhédrin, on leur avait interdit de parler et d’enseigner au nom de Jésus. Mais, obéissant à Dieu plutôt qu’aux hommes, ils poursuivirent leur œuvre bénie. Arrêtés de nouveau, après avoir été miraculeusement délivrés de prison, ils furent battus et reçurent l’ordre de ne pas parler au nom de Jésus. Furent-ils découragés, ou vaincus, à cause de ce qu’ils avaient dû endurer ? Pas du tout ! Ils se retirèrent de devant le sanhédrin « en se réjouissant d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom » (Actes 5:40-41). Quel est le secret de cette victoire sur la honte et la souffrance ? C’est le prix qu’a le Seigneur pour le cœur des Siens, c’est l’assurance de Sa présence avec eux, la certitude que la mort même n’est que le chemin de la vie pour entrer dans Sa présence éternelle. Si, à cause de nous, Il s’est fait pauvre afin que par sa pauvreté nous fussions enrichis, qu’y a-t-il d’étonnant à ce que, par grâce, nous apprenions comme Moïse à estimer « l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte », à endurer la persécution et la perte de toutes choses ici-bas à cause de Son nom ?

 

9.5   Soutenus dans le service par la parfaite suffisance de Son Nom

Considérons encore un autre exemple de la puissance du nom de Christ. Dans la troisième épître de Jean, il est question de certains hommes qui « sont sortis pour le nom (ou : à cause de son nom), ne recevant rien de ceux des nations » (v. 7). L’expression « pour le nom (ou : à cause de son nom) », dans ce verset, est exactement la même que celle employée par Pierre et Jean en Actes 5:42. Nous en déduisons que c’est la valeur du nom de Christ pour leur cœur qui poussa les seconds à se réjouir dans la souffrance, et les premiers à ne rien recevoir du monde pour Son service. Il eût été bon, pour l’Église de Dieu, de suivre l’exemple de tous ces serviteurs dévoués. Rien n’a autant corrompu la chrétienté que d’accepter l’aide du monde pour mieux atteindre ses buts. Avant d’être crucifié, le Seigneur dit à Ses disciples : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac et sans sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? Et ils dirent : De rien » (Luc 22:35). Les soins dont Il entoure ses serviteurs, aujourd’hui qu’Il est glorifié à la droite de Dieu, sont-ils moins tendres qu’avant de l’être ? Une noble armée de serviteurs dévoués, partout dans le monde, peut témoigner avec joie du fait qu’eux non plus, quoique sans aucun secours humain assuré ni aucune aide du monde, n’ont jamais manqué de quoi que ce soit. Et ce serait l’aube d’un renouveau dans le service chrétien, en particulier celui des missions, si ceux qui s’y engagent le faisaient avec la même simplicité de foi en la parfaite suffisance du Nom de leur Seigneur. Dans les derniers jours de l’histoire de l’Église sur la terre, puissent beaucoup de vrais serviteurs être suscités, et envoyés pour la moisson par le Seigneur même de la moisson — des hommes au cœur desquels le nom de Christ est si précieux qu’ils y trouvent leur seul motif, leur seul stimulant à leur zèle, et la garantie abondante de pouvoir dépendre entièrement de Lui quant à tout le soutien dont ils ont besoin.

 

Le lecteur trouvera beaucoup d’édification à rechercher d’autres cas semblables dans l’Écriture. Notre prière est celle-ci : que tous ceux qui seront encouragés à le faire, en lisant ce qui a été écrit, découvrent alors que leur cœur en est toujours plus porté à adorer et à louer notre cher Seigneur et Sauveur, et que, dans toute leur vie à venir, leur unique et très profond désir soit de rendre gloire à ce NOM précieux.

 

 

10               Pour Son nom

Note Bibliquest : « Pour Son nom » traduit ici l’anglais « Unto His name » et non pas « for His name » ni « for His sake ». Nous avons gardé autant que possible les prépositions comme l’auteur les a utilisées, et non pas toujours selon la version J.N. Darby de la Bible.

10.1                   Revenir à l’Écriture pour être préservés de l’erreur

Si le mot « nom » appliqué à notre précieux Seigneur et Sauveur exprime tout ce qu’Il est, on ne sera pas surpris de le trouver présenté à nous de tant de manières et d’aspects différents. En effet l’explication nous en est fournie par le lien obligé entre la Parole vivante et la parole écrite, dans la mesure où la parole écrite contient la révélation de la Parole vivante. Il s’ensuit que plus nous avons Christ Lui-même devant nous en lisant l’Écriture, plus nous sommes pleinement dans la pensée du Saint Esprit, et mieux nous sommes préparés pour discerner les rayons de Sa gloire qui brillent à chaque page. Regarder l’Écriture comme manifestant Christ et Dieu révélé en Christ, est le sûr moyen d’être préservés de l’erreur, et c’est l’antidote aux enseignements rationalistes modernes ; en même temps cela tend à produire la révérence et l’adoration dans l’âme sans lesquelles il est impossible de recevoir les communications divines qui s’y trouvent. On ne saurait trop insister sur ce point, et cette remarque est fortement recommandée à l’attention du lecteur.

 

10.2                   Faut-il traduire : « Baptiser pour le nom »

Pour considérer maintenant l’expression « pour Son nom », nous proposons de choisir deux ou trois exemples de son utilisation pour illustrer sa signification et faire ressortir comment, dans chaque cas, elle met en relief la Personne de notre précieux Seigneur, soit comme Conducteur, comme Objet ou comme Centre. Prenons en tout premier l’expression « baptisé pour le nom du Seigneur Jésus » (Actes 8:16 ; 19:5). Dans l’original, il s’agit des mots εις το ονομα, que la version autorisée anglaise rend par « dans le nom du Seigneur Jésus », mais qui ne peuvent être rendus correctement que par « pour le nom… ». Pour le prouver, on peut voir cette expression dans d’autres passages où on la retrouve. En Actes 19:3, l’apôtre dit : « de quel baptême avez-vous été baptisés ? », ou littéralement « pour quoi avez-vous été baptisés ? », et la réponse donnée est « du baptême de Jean », ou littéralement « pour le baptême de Jean ». De même en 1 Cor. 10:2, nous lisons qu’ils « furent tous baptisés pour Moïse » (le même mot εις est utilisé). Dans les deux passages cités, c’est donc bien l’expression « pour le nom » qui doit être utilisée et non pas « dans le nom », d’autant plus que l’expression « dans le nom » (baptisé au nom [ou : dans le nom] du Seigneur Jésus) se trouve ailleurs (Actes 10:48), le sens étant, comme cela a déjà été expliqué, que ceux qui baptisèrent Corneille, et ceux qui entendirent la Parole avec lui, agirent sous la direction de Pierre, de la part et sous l’autorité du Seigneur.

 

10.3                   Sens de « être baptisé pour »

Ayant élucidé la force du mot, regardons un peu le sens de ce mot « pour ». Il n’est guère discutable qu’être baptisé pour Moïse de 1 Cor. 10 implique de mettre le peuple en association avec Moïse comme étant sous son autorité. De la même manière être baptisé pour le nom du Seigneur Jésus amène ceux qui sont baptisés sur le terrain où Son autorité domine, et dans la compagnie de ceux qui reconnaissent cette autorité. Le nom du Seigneur, dans ce contexte, exprime alors ce que Christ est comme exalté et glorifié en tant que Seigneur ; et les baptisés Le confessent comme tel et reconnaissent Ses droit et Son autorité sur eux. Ce n’est pas là toute la vérité du baptême, car Paul enseigne que tous ceux qui furent baptisés pour le Christ Jésus, le furent pour Sa mort. Mais nous n’aborderons pas ce sujet ici, désirant nous confiner au passage de l’Écriture qui est devant nous, et attirer l’attention sur sa signification. En bref, son importance réside dans l’autorité absolue de Christ comme Seigneur, et la responsabilité des baptisés de confesser cela. Dans un jour de simple profession et de déclin, il est bon de s’enquérir si les âmes qui ont été amenées sur le terrain du christianisme sont conscientes des responsabilités qu’elles ont prises sur elles. Le Seigneur pourrait aussi sûrement dire de beaucoup aujourd’hui « pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur, et vous ne faites pas ce que je dis ? » (Luc 6:46). Car il n’y a jamais eu pareille époque où l’esprit de rejet de tout frein a davantage prévalu, souvent en combinaison avec la confession du nom et de l’autorité de Christ. Si le premier devoir d’un soldat est indiscutablement l’obéissance, le chrétien doit sûrement être toujours marqué devant ce monde par une soumission sans réserve à l’autorité de Son Seigneur telle qu’exprimée dans Sa Parole, et par son zèle et son dévouement inlassables à maintenir l’honneur de Son précieux nom. « Ton peuple sera un peuple de franche volonté au jour de ta puissance » (Ps. 110:3).

 

10.4                   Héb. 6:10 – L’amour montré pour Son nom

Un autre usage de la même expression « pour Son nom » se trouve dans l’épître aux Hébreux (6:10). Nous lisons là : « Car Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et l’amour que vous avez montré pour son nom, ayant servi les saints et les servant [encore] ». À bien des égards, c’est un passage tout à fait remarquable pour les précieuses vérités qu’il contient. On observera qu’il s’agit ici du nom de Dieu ; car Christ, dans cette épître, est vu comme le Souverain Sacrificateur à la droite de Dieu, représentant Son peuple et intercédant pour lui. Mais il s’agit du nom de Dieu révélé en Christ, car au chapitre 1 l’Écriture s’adresse au Fils comme Dieu. Ceci étant, nous avons à nous enquérir du sens des mots « pour Son nom » dans ce passage. Il est d’abord clair que l’apôtre fait allusion au service envers les saints. Ces croyants Hébreux avaient fait du bien, et avaient partagé leurs biens avec les saints dans le besoin, car ils avaient saisi la vérité que Dieu prend plaisir à de tels sacrifices (Héb. 13:16). En veillant à ces soins, avec un vrai amour fraternel, pour les besoins des saints de Dieu, ils montraient de l’amour pour Son nom, dit l’apôtre.

 

10.5                   Le Seigneur regarde ce qui est fait pour Ses saints comme fait à Lui

Mais ceci exige un peu plus d’explication. Il faut se rappeler que notre précieux Seigneur s’identifie pleinement avec Son peuple, et que Son nom est invoqué sur eux, et qu’ils ont la charge de le porter, et de maintenir Son honneur devant les hommes. C’est pourquoi recevoir un chrétien au nom de Christ, c’est recevoir Christ Lui-même ; et de plus, recevoir Christ, c’est recevoir Celui qui L’a envoyé. Dieu est ainsi identifié avec Christ (nous ne parlons pas pour le moment de leur unité essentielle), et Christ se fait un avec Son peuple. Passant alors de l’autre côté, on comprendra tout de suite que tout service envers les Siens, est de l’amour montré pour Son nom. Lui-même l’a expliqué dans des paroles inoubliables : « dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, vous me l’avez fait à moi » (Matt. 25:40). Dans un sens plus profond, Il pouvait également dire à celui qui avait été l’ennemi le plus acharné et le plus implacable des Siens : « pourquoi Me persécutes-tu ? » (Actes 9). Quel précieux encouragement de se rappeler en tout temps que le Seigneur regarde ce qui est fait pour Ses saints comme Lui étant fait à Lui ! Et c’est là que réside le secret de tout vrai service parmi Son peuple. Si eux sont notre objet, quel que soit le bénéfice qu’ils en tirent, le service n’est pas tel que le Seigneur l’a confié. Dans un tel cas, il peut y avoir l’amour fraternel en exercice, ou au moins ce qui y ressemble, mais ce qui doit en être la source divine, Christ Lui-même, fait défaut. Être imprégné de cette vérité, produit un dévouement inlassable et incessant.

 

10.6                   Matthieu 18:19-20 – Contexte du passage

Un autre exemple se trouve en Matt. 18. Nous donnons tout le passage :

« Je vous dis encore que si deux d’entre vous sont d’accord sur la terre pour une chose quelconque, quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux ; car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » (Matthieu 18:19-20). Les mots « en mon nom » sont εις το εμον ονομα, c’est-à-dire pour mon nom. Pour comprendre l’instruction bénie de ce passage de l’Écriture, il faut avoir présent à l’esprit que le chapitre suppose Christ rejeté et absent, et la gloire du chapitre 17 non encore venue. Il passe par-dessus le chapitre 17 pour se rattacher au chapitre 16 ; la raison en est que cela traite des deux sujets abordés au chapitre 16, l’église et le royaume, qui doivent occuper la place de Christ sur la terre pendant le temps de Son absence et de Sa séance à la droite de Dieu, où Il restera jusqu’à ce que Ses ennemis soient mis comme marchepied de ses pieds (Ps. 110). On peut aussi souligner, en rapport avec la mention de l’assemblée dans ce chapitre, les ressources offertes pour trois choses : d’abord la question des offenses contre un frère ; deuxièmement l’administration de la discipline, lier et délier, avec la ratification divine quand les choses sont faites selon Dieu ; et finalement, ce qui nous concerne plus directement dans cet article, la condition d’exaucement de la prière.

 

10.7                   Tests pour la présence du Seigneur dans l’assemblée

Le lecteur notera que le verset 19 commence par une instruction supplémentaire introduite par ces mots : « je vous dis encore », etc. … bien qu’il soit hors de doute que la compagnie de « deux d’entre vous » ou « deux ou trois » se rapporte à l’assemblée du v. 17. Ce qui est ajouté est l’enseignement concernant l’accord dans la prière plutôt que ce qui regarde l’église, sauf en effet, la révélation de la grâce merveilleuse qui associe la présence du Seigneur et l’union dans la prière avec n’importe quel groupe de deux ou trois rassemblés en [pour] Son nom. L’ayant compris, on peut dire que le point essentiel est que, comme le « nom » exprime la vérité de la Personne, le Seigneur Lui-même doit être le Centre et l’Objet du rassemblement. Mais il faut alors se rappeler que Son nom complet dans cette relation est « le Seigneur Jésus Christ ». Son nom, comme tel, parle donc de Son autorité, de Sa Personne et de Son œuvre. Le rassemblement doit donc être sous Son autorité et soumis à cette autorité, et il a aussi à maintenir les vérités de Sa personne et de Son œuvre. Que la puissance de rassemblement soit le Saint Esprit est évident du fait qu’Il est ici pour glorifier Christ ; ceci étant, Il ne met pas Sa sanction sur toute assemblée où la suprématie du nom de Christ n’est pas reconnue, et où il peut y avoir de l’indifférence vis-à-vis des gloires de Sa personne ou du caractère de l’expiation faite à la croix. Tout groupe qui revendique être rassemblé en [pour] Son nom doit répondre à ces tests.

 

10.8                   Effets de la présence du Seigneur dans l’assemblée

Voilà la condition que le Seigneur Lui-même a posée pour Sa présence : « Là où deux ou trois sont rassemblés pour mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Ce n’est pas « je serai », mais « je suis » ; et nous apprenons alors que se rassembler ainsi ensemble — pour Son nom — donne l’assurance de Sa présence. La réalisation de cette présence peut dépendre de l’état de notre âme, et il en dépend nécessairement ; mais la présence du Seigneur est un fait lié à ce qu’une condition soit remplie. Quelle grâce ! Quelle source de bénédiction et de puissance au milieu des Siens ! Un exemple en est donné ; car Il nous dit que Lui-même présent au milieu de Ses saints réunis de cette manière, est la puissance pour produire l’accord dans la prière, et l’assurance que le Père répondra à toute prière pareille. Quelle place quant au caractère de nos rassemblements est ainsi accordée aux exercices de cœurs ! et quel appel nous est adressé pour examiner notre état d’âme individuel, même si nous sommes réellement rassemblés pour Son nom ! L’un des pièges de Satan est de nous amener à considérer les choses comme acquises ; le moyen d’éviter ces pièges est de nous tenir constamment devant Dieu, désirant que tout ce qui nous concerne nous et nos associations soit exposé à la lumière de Sa présence, et que tout soit testé par Sa Parole qui ne peut être en faute.

 

 

11               Il porte un nom écrit… et son nom s’appelle : « La Parole de Dieu » — Apoc. 19:12, 13

11.1                   Une scène de jugement

Ce n’est qu’après avoir compris que l’Apocalypse est un livre de jugement, que nous sommes en état de découvrir les aspects inhabituels sous lesquels notre Seigneur bien-aimé est présenté ici. Au chapitre 1, nous Le voyons en train d’exercer le jugement au milieu des sept lampes d’or, d’une manière telle que le disciple bien-aimé lui-même tomba à Ses pieds comme mort. Ici aussi, bien que ce soit maintenant en rapport avec le monde, Il se présente comme un juge, avec la même expression : « des yeux comme une flamme de feu ». Dans ce passage, il est dit expressément qu’Il « juge et combat en justice » (v. 11). C’est ce même Jésus qui, un jour, s’était assis humblement sur la margelle d’un puits de Samarie, qui maintenant, après être resté longtemps à la droite de Dieu, revient dans ce monde qui L’a rejeté et crucifié pour faire valoir Ses droits et établir Son trône, et ainsi glorifier Dieu en réalisant tout ce qu’Il est dans Son juste gouvernement. Toutes choses doivent Lui être assujetties, et dans Son apparition soudaine par le ciel ouvert, nous Le voyons entrer dans l’héritage qui Lui revient de droit, pour le soumettre et le posséder.

 

11.2                   Après les noces, le terme de la patience de Christ

Avant de considérer le sens des noms mentionnés ici, il sera peut-être profitable de nous pencher sur le contexte. Dans la première partie du chapitre sont décrits des évènements très importants quant à la manière dont Dieu agit. Le ciel tout entier retentit de louange lorsque la grande corruptrice de la terre est l’objet du juste jugement de Dieu. Puis, c’est la célébration des noces de l’Agneau pour lesquelles Sa femme s’est préparée, revêtue par grâce de fin lin éclatant et pur, qui « sont les justices des saints ». En Éphésiens 5, nous avons la présentation intime de l’épouse à l’Époux, « glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable » (v. 27). Ici, il s’agit plutôt des noces publiques, auxquelles des invités peuvent être conviés, et avec lesquelles toutes les armées célestes peuvent être en communion. Cela marque le terme du temps de la patience de Jésus Christ, mais s’Il est sur le point d’être exalté dans cette scène où Il avait précédemment connu la honte et l’humiliation, Il partagera la gloire de Son trône avec Son épouse bien-aimée.

 

11.3                   Cieux ouverts

C’est la quatrième fois qu’il est parlé du « ciel ouvert » dans le Nouveau Testament. La première fois, ce fut au baptême de Jésus par Jean : « Et voici, les cieux lui furent ouverts, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe, et venir sur lui. Et voici une voix qui venait des cieux, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Matt. 3:16, 17). L’humble Jésus, accomplissant toute justice, et s’identifiant à Son peuple pauvre et affligé — les saints sur la terre et les excellents, en qui Il trouvait tout Son plaisir — est vu ici comme l’Objet du cœur de Son Dieu. Une autre fois, Il s’adresse Lui-même à Nathanaël, disant : « Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l’homme » (Jean 1:52). Ici-bas, — à ce moment-là, mais aussi dans un temps à venir — nous comprenons qu’Il est l’objet du ministère des anges. À la mort d’Étienne, c’est le troisième cas ainsi décrit : « Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Actes 7:56). L’Objet du cœur de Dieu est devenu désormais Celui du croyant qui, par grâce, a été ainsi associé à Dieu dans la joie qu’Il trouvait Lui-même dans Son Fils bien-aimé. Et maintenant, pour finir (*), les cieux s’ouvrent afin que le Fils de l’homme, comme nous l’avons vu, paraisse en justice pour juger et faire la guerre.

 

(*) note Bibliquest : voir encore Actes 10:11 et Apoc. 4:1

 

11.4                   Le nom écrit que nul ne connaît

Après la description de Sa personne, il est dit : « Et il porte un nom écrit que nul ne connaît que lui seul » (Apocalypse 19:12). Il est frappant que la remarque suivante soit faite à cet endroit particulier : « Ses yeux sont une flamme de feu, et sur sa tête il y a plusieurs diadèmes », et aussitôt, avant même qu’il soit dit qu’Il était « vêtu d’un vêtement teint dans le sang », il est question de ce « nom écrit que nul ne connaît », un nom secret et écrit. Il doit y avoir une raison à cela. Comme explication, nous nous permettrons de citer ces paroles d’un autre : « Mais, bien qu’Il fût ainsi révélé en tant qu’homme, Il avait une gloire que personne ne pouvait sonder », et l’auteur ajoute en note : « Il en était ainsi quant à sa personne et à son service. Nul ne connaissait le Fils, sinon le Père. C’était le secret de son rejet. C’est ce qu’il était, et nécessairement il était tel dans le monde. Mais le monde sous l’influence de Satan ne voulait pas de Lui. Dans son humiliation, sa gloire divine était maintenue dans les insondables profondeurs de sa personne. Dans notre passage, il est révélé en gloire, mais il reste toujours ce que nul ne pouvait sonder — sa propre personne et sa nature… Nous le connaissons comme révélant Dieu en grâce ou en puissance de manière à ce que Dieu soit connu. Mais sa personne comme Fils reste toujours insondable. Son nom est écrit, de sorte que nous savons qu’il ne peut être connu — non pas inconnu, mais impénétrable ». Ces pensées si importantes méritent d’être sérieusement méditées par notre lecteur, car elles nous rappellent, pour notre bien, que la Personne du Fils est insondable.

 

11.5                   Son nom s’appelle la Parole de Dieu

Il est d’abord question du nom écrit, inconnu de tous, sauf de son divin Possesseur. Puis, à propos du « vêtement teint dans le sang », il est dit : « et son nom s’appelle la Parole de Dieu ». Il faut bien distinguer cela de ce qui est dit au premier verset de l’Évangile de Jean. Si l’on considère « la Parole » qui était auprès de Dieu et qui était Dieu, comme un titre divin, elle ne saurait signifier rien moins que ceci, comme quelqu’un l’a fort bien dit : « Non seulement Il est, mais Il est l’expression de toute la pensée qui demeure en Dieu », et ceci d’une manière absolue quant à tout ce que Dieu est. Mais dans notre passage, si la « Parole de Dieu » est bien la révélation de ce que Dieu est, il n’en est ainsi que sous un aspect et un caractère particuliers. Les détails mêmes de Son apparition venant du ciel, assis sur un cheval blanc, le montrent clairement. Pas un mot de tendresse, de grâce ou d’affection. « Il est appelé fidèle et véritable ; et Il juge et combat en justice. Et ses yeux sont une flamme de feu … et il est vêtu d’un vêtement teint dans le sang… ». Tout parle d’un jugement saint et impitoyable, celui d’un Dieu de justice, comme le verset 15 le dit : « et lui foule la cuve du vin de la fureur de la colère de Dieu le Tout-puissant ». C’est de tout cela, de Dieu ainsi présenté, que Christ — en tant que la Parole de Dieu — est la révélation. De même dans les évangiles, par exemple, Christ est certes toujours Dieu manifesté en chair, tantôt en puissance, tantôt en grâce, tantôt en lumière, tantôt en amour. Mais de toute manière, Il exprimait toujours ce qui était divin, jamais moins que tout ce que Dieu est.

 

11.6                   Roi des rois, et Seigneur des seigneurs

Un autre nom est encore donné. Au verset 16, il est dit : « et il y a sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : « Roi des rois, et Seigneur des seigneurs ». Le contexte explique aussitôt la force de ce titre, en montrant que, en harmonie avec le livre tout entier, il se rapporte à la terre. Au verset précédent, il nous est dit qu’Il frappera les nations et les paîtra avec une verge de fer. Or le nom, ou titre, que nous considérons indique que c’est à cause de cela que notre Seigneur établira Son trône et Son règne universel sur la terre. Déjà exalté à la droite de Dieu, « anges, et autorités, et puissances lui étant soumis », Il sera également exalté dans ce monde au jour dont parle notre passage, lorsqu’Il « dominera d’une mer à l’autre, et depuis le fleuve jusqu’aux bouts de la terre » (Zach. 9:10). Alors sera accomplie la promesse : « Aussi moi, je ferai de Lui le Premier-né, le plus élevé des rois de la terre » (Ps. 89:27).

Comme preuve du délice que l’Esprit de Dieu trouve à attirer notre attention sur la gloire à venir de Christ dans ce monde, rappelons que c’est la troisième fois qu’il en est question dans ce livre. Au tout début, lorsque Jean s’adresse aux sept assemblées, nous lisons : « … et de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre » (Apoc. 1:5). Tel est le passé de notre Seigneur de gloire, ce qu’Il fut ici-bas en tant que Fidèle Témoin. C’est aussi le présent, ce qu’Il est comme ressuscité d’entre les morts, et c’est l’avenir, ce qu’Il sera lorsqu’Il aura revêtu Son grand pouvoir et que tous les grands de ce monde Lui rendront hommage, prosternés à Ses pieds comme devant leur Seigneur à tous. Au chapitre 11, c’est la même période bénie. Lorsque le septième ange sonna de la trompette, « il y eut dans le ciel de grandes voix, disant : Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles » (11:15). Actuellement, « toute la création ensemble soupire et est en travail » (Rom. 8:22), mais en ce jour-là, « la création elle-même aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour jouir de la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (v. 21). Et lorsque le Roi de justice régnera sur toutes les nations de la terre, le fruit de cette justice sera la paix, et ses effets seront la tranquillité et l’assurance à toujours.

 

11.7                   Attente de l’enlèvement, attente de l’apparition

Tel est l’avenir béni qui attend la terre. Mais avant que cela arrive, tous les croyants de notre période auront été ravis ensemble dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air (1 Thess. 4:17). Les noces de l’Agneau, comme nous l’avons vu dans notre chapitre, précèdent l’apparition du Seigneur. L’espérance de l’Église est donc le retour du Seigneur venant chercher les Siens. Et c’est ce qu’ils attendent chaque jour, en communion avec Son cœur à Lui. Être avec Lui sera la consommation de leur joie, du fait que la joie que Lui-même éprouvera en Se présentant Son épouse, sera la joie qui remplira leurs cœurs et débordera en louange éternelle à Ses pieds. Mais leur vision ne se limite pas à cette perspective, si glorieuse soit-elle, car ce qu’ils attendent aussi de tout leur cœur, c’est Son apparition en gloire, non pas parce que, par la grâce de leur Dieu, ils paraîtront dans la même gloire que Lui-même, mais plutôt parce que le temps sera venu où leur Seigneur, jadis rejeté et crucifié, sera publiquement exalté sur Son trône comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

 

12               « Son nom sera sur leurs fronts » — Apoc. 14:1 et 22:4

12.1                   Les 144000 du ch. 14 sur la montagne de Sion

C’est la dernière fois que nous trouvons cette expression « Son Nom », et c’est en rapport avec les saints glorifiés. Un autre groupe de saints nous est cependant présenté, portant eux aussi cette marque distinctive avec, en plus, « le nom de son Père » (Apoc. 14:1). Commençons par ce deuxième groupe de saints qui nous sont présentés ; ils sont au nombre de 144000, avec l’Agneau debout sur la montagne de Sion, « ayant Son nom et le nom de Son Père écrits sur leurs fronts » (Apoc. 14:1). Le contexte montre que ces saints occupent une place particulièrement bénie, car il est dit expressément qu’ils « suivent l’Agneau où qu’Il aille » (v. 4). Si nous cherchons à savoir qui ils sont, cela nous aidera à comprendre l’importance de ce nom écrit sur leurs fronts.

Il est très clair que ce sont des saints terrestres, non pas célestes. Au chapitre précédent, on a pu voir la terrible puissance de Satan incarnée dans le pouvoir et l’autorité de la première bête, et exercée par la seconde qui est l’homme de péché — l’antichrist. C’est cette incarnation du mal qui imposera à tous ceux qui vivront dans la sphère de son autorité de recevoir une marque sur leur main droite ou sur leur front indiquant leur soumission à la Bête. On pourrait croire à un triomphe complet du mal, mais le début du ch. 14 nous révèle une multitude de rachetés sur la terre pendant le règne du mal sans frein, et cette multitude est associée aux gloires de l’Agneau au siège même de Son royaume terrestre. Si l’on se rappelle que c’est à Jérusalem que l’antichrist exercera son pouvoir incontesté, il est évident que cette multitude entourant l’Agneau sur la montagne de Sion est composée de saints Juifs, — des saints qui quelles que fussent leurs souffrances sont sortis victorieux de la fournaise ardente de la détresse de Jacob, cette période de la grande tribulation, telle qu’on n’en a jamais vu ni n’en verra jamais de pareille !

Mais il ne suffit pas de dire que ce sont des saints Juifs, car il est question d’un autre groupe de 144000 au ch. 7, composé de 12000 personnes de chaque tribu. Ceux-là représentaient le nombre symbolique des élus de tout Israël. Mais n’oublions pas que ceux de notre ch. 14 sont les rachetés de la sphère d’activité de l’antichrist. C’est pourquoi, comme à cette époque, seules les deux tribus se trouveront dans le pays, c’est ici un autre nombre symbolique représentant ceux qui ont été préservés, par grâce, de céder aux revendications et aux menaces de l’antichrist et d’en être moralement contaminés. Ce sont, en fait, les fidèles de Juda et de Benjamin, qui jouissent maintenant de leur glorieuse récompense, celle d’être les compagnons de l’Agneau exalté dans le royaume. Leur nombre lui-même (voir ch. 7), douze fois douze, évoque la perfection extrême dans l’administration gouvernementale, donc le règne parfait du Messie. C’est une scène de joie et de bénédiction sans nuage — la promesse éclatante de l’aboutissement de toutes les voies de Dieu en gouvernement et en grâce — qu’il nous est permis de contempler avant que ne se déchaîne sur un peuple apostat et un monde rebelle, la terrible tempête du jugement.

Demandons-nous maintenant ce que signifie le fait d’avoir Son nom et le nom de Son Père écrits sur tous les fronts de cette assemblée bénie. Deux choses distinctes ressortent de ce fait. La première est un contraste avec le chapitre précédent où nous lisons, comme nous l’avons déjà vu, que les hommes reçoivent généralement la marque de la bête « sur leur main droite ou leur front » comme gage de ce qu’ils ont accepté sa domination satanique, et cette marque leur conférera certains droits et privilèges dans le royaume de la bête. De même le fait d’avoir le nom de l’Agneau écrit sur leur front proclame que ces rachetés, « prémices à Dieu et à l’Agneau », appartiennent à leur glorieux Messie et qu’ils Lui sont restés fidèles à travers les souffrances inouïes des jours sombres de persécution qu’ils auront traversés. Haïs alors, peut-être même martyrisés, ils sont désormais publiquement reconnus et honorés par des marques spéciales de faveur et d’approbation de la part de Celui pour l’amour duquel ils auront souffert, peut-être jusqu’à la mort (*). De plus ils ont le nom de Son Père, car « en confessant ouvertement Dieu et l’Agneau ils ont été des témoins, et ils ont souffert comme Christ avait Lui-même souffert dans Sa vie en confessant Dieu, Son Père ».

 

(*) Il ne nous est pas révélé s’ils sont morts ou s’ils sont restés vivants après avoir traversé la tribulation. Certaines indications, notamment Apoc. 14:5, nous laissent penser que, ressuscités ou « changés », ils sont dans un état de résurrection.

 

12.2                   Dans la Jérusalem céleste d’Apoc. 22:1-5

Voici maintenant une autre scène : Celle que nous venons de considérer se passe sur la terre, sur la montagne de Sion, tandis que celle-ci a lieu dans la Jérusalem céleste. Il est vrai que la sainte cité est présentée en rapport avec la terre millénaire, car il est dit que les feuilles de l’arbre de vie sont pour la guérison des nations. Mais lorsque nous en venons à la description de la bénédiction de ses habitants dans ce qu’elle a de positif, cette cité est nécessairement éternelle. Remarquons que l’état éternel tel que décrit au ch. 21:1-5 est vu sous le signe du soulagement (« et la mort ne sera plus ; et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine »), et que dans la sainte cité, nous voyons plutôt ce que l’on possède effectivement et dont on jouit. Mais n’oublions pas que ce n’est pas la Maison du Père, de telle sorte que selon le caractère du livre tout entier, il s’agit encore de gouvernement (voir v. 3), d’où le fait que les rachetés sont considérés ici comme des esclaves. Il vaut la peine de noter ces distinctions qui nous rappellent qu’il faut bien tenir compte de tous les aspects du bonheur des rachetés — et dans le bon ordre, et en les combinant, — afin de saisir un peu ce que Dieu a en réserve pour les Siens, lorsque Ses desseins seront accomplis.

Trois choses donc caractérisent la condition des habitants du ciel : « Ses esclaves le serviront, et ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts » (Apoc. 22:3, 4). Ils L’avait servi sur la terre, pourrait-on penser, et même beaucoup avec dévouement, selon l’apôtre Paul qui a pu dire : « Je ne fais aucun cas de ma vie, ni ne la tiens pour précieuse à moi-même, pourvu que j’achève ma course, et le service que j’ai reçu du Seigneur Jésus pour rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu » (Actes 20:24). Mais quelles que fussent la persévérance, l’énergie spirituelle et l’œil simple qui caractérisèrent Paul et bien d’autres pendant leur passage sur la terre, leur service ne fut jamais parfait. Un seul, le Parfait Serviteur, a pu dire : « Je fais toujours les choses qui Lui plaisent » (qui plaisent au Père ; Jean 8:29). Au ciel, dans la nouvelle Jérusalem, tous ceux qui feront partie de l’innombrable foule des rachetés accompliront entièrement et parfaitement la volonté de Dieu. Quand donc il est dit « Ses serviteurs le serviront », cela signifie qu’ils Le serviront selon la perfection des pensées de Dieu. En outre ils verront Sa face ; ils jouiront sans réserve de l’intimité de Sa présence, car alors, comme Christ Lui-même, ils Le verront tel qu’Il est, et seront capables de jouir de cette vision merveilleuse qui sera la source de toutes leurs délices et de leur joie éternelle.

 

12.3                   Le nom sur leur front (Apoc. 22:4)

Finalement, pour revenir à notre sujet lui-même, « son nom sera sur leurs fronts » (Apoc. 22:4). On a déjà montré la signification première du nom ainsi porté sur le front, qui est pour ainsi dire une indication de propriété. Ceux qui l’ont se distinguent donc des autres en ce qu’ils appartiennent à Christ. Cela signifie beaucoup, car être à Lui, c’est en fait toute la bénédiction éternelle puisque cela nous associe à Lui pour toujours, aussi bien ici-bas qu’au ciel. Il y a cependant une autre pensée. Au ch. 14 le nom est « écrit sur leurs fronts » (v. 1) alors qu’ici il est simplement dit qu’il s’y trouve. Nous en concluons qu’ici le trait dominant est la conformité morale à Celui dont ils portent le nom. Comme nous l’avons souvent remarqué dans ces pages, le « nom » exprime la vérité quant à la Personne ; c’est pourquoi nous en déduisons ici qu’une ressemblance complète à Christ se lit sur le front de chaque racheté. Que tous les croyants seront un jour rendus conformes à l’image du Fils de Dieu, c’est ce que nous apprend un autre passage de l’Écriture : Rom. 8:29. Ici, il nous est permis de voir le fait déjà accompli. Qu’il nous soit permis de dire quelle joie ce sera pour le Seigneur Lui-même lorsqu’Il contemplera la foule innombrable de Ses saints glorifiés, Sa propre ressemblance rayonnant sur le visage de chacun de tous les rachetés, Lui-même s’y reflétant ! Cela nous aide à mieux comprendre ces paroles du prophète : « Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait » (És. 53:11). Alors, en vérité, Christ remplira la scène. Les choses vieilles seront passées pour toujours et toutes choses seront faites nouvelles (voir 2 Cor. 5:17). Alors Christ sera tout pour tous les Siens, en réalité et non pas seulement pour la foi comme aujourd’hui, et ils Le verront sans nuage. À Lui soit la louange, dès maintenant et pour l’éternité !

 

 

13               « Toi, tu demeures » — Ps. 102 et Héb. 1:11

13.1                   Transformés de gloire en gloire en contemplant le Seigneur

Tout au long de ces pages, nous nous sommes occupés du Nom qui est au-dessus de tout nom, en ce qu’il est l’expression des gloires et des excellences variées de notre bien-aimé Seigneur et Sauveur. Avec bonheur, nous avons passé en revue d’une phase à l’autre Ses perfections infinies, en attirant l’attention sur Lui comme Celui qui est au centre de toutes les pensées et de toutes les voies de Dieu, et comme Celui qui est aussi la part éternelle et permanente du cœur du croyant. Être au comble de l’émerveillement en contemplant Christ, comme la reine de Sheba devant la gloire de Salomon, c’est anticiper la joie du ciel. Mais pour saisir cela tant soit peu, nous devons suivre notre Seigneur bien-aimé (ce qui ne peut être connu moralement qu’au travers de la mort et de la résurrection) dans le lieu très-saint, c’est-à-dire là où Il demeure. C’est là seulement que nous pouvons contempler à face découverte la gloire du Seigneur, et être « transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3:18). Comme Son désir à Lui est d’avoir ainsi Ses bien-aimés dans l’intimité de Sa propre présence, puisse-t-Il produire dans le cœur de chacun de nous cette détermination qui nous fera dire avec le Psalmiste : « J’ai demandé une chose à l’Éternel, je la rechercherai : c’est que j’habite dans la maison de l’Éternel tous les jours de ma vie, pour voir la beauté de l’Éternel et pour m’enquérir diligemment de lui dans son temple » (Ps. 27:4).

 

13.2                   Dans un monde où tout passe

Notre sujet actuel nous invite à considérer le fait que le Seigneur ne change pas, contrairement à ce monde où tout est transitoire. Du fait que nos corps nous rattachent à cette création qui « soupire et est en travail jusqu’à maintenant » (Rom. 8:22), il y a des moments où nous sommes oppressés par le sentiment de la corruption et de la mort qui caractérise tout ce qui nous entoure. Déjà sous le jugement, cette création disparaîtra bientôt, car « les cieux et la terre de maintenant sont réservés par sa parole pour le feu, gardés pour le jour du jugement et de la destruction des hommes impies » (2 Pierre 3:7). Ils périront bien qu’ils soient des œuvres des mains du Seigneur Lui-même. Il les pliera comme un vêtement, et ils seront changés (voir Héb. 1:12). Si l’on demande pourquoi, la réponse est que la première création subira le même jugement que le premier homme. Pendant un peu de temps, en témoignage aux droits et à la gloire du Fils de l’homme, la première création sera délivrée de l’esclavage de la corruption, et introduite dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu, mais le jugement prononcé contre elle, est définitif et irrévocable, même s’il est différé.

 

13.3                   Liés à Celui qui ne change pas

C’est donc pour nous une immense consolation qu’il nous soit rappelé que le Seigneur Lui-même, le Créateur, demeure à toujours. La fuite rapide du temps qui s’impose toujours à notre attention en fin d’année, le départ constant de ceux que nous avons connus et aimés, les signes de notre condition mortelle que nous avons sous les yeux à tout moment, tout cela aurait bien de quoi remplir nos cœurs d’appréhension et de tristesse si notre vision se limitait à l’horizon du temps. Mais, grâce soit rendue à Dieu, nous avons affaire à une Personne qui est au-dessus et au-delà de tout changement, qui est toujours la même, et dont les années ne passent point. C’est Celui que nos âmes connaissent comme Sauveur, Rédempteur et Seigneur. Une caractéristique de notre foi chrétienne est en effet, que nous soyons liés — merveilleusement liés — à une Personne divine, et à une Personne divine qui, ayant été Elle-même ici-bas un Homme au milieu des hommes, connaît tous nos besoins et toutes nos peines. En effet, dans le Psaume même que cite l’apôtre, nous trouvons les sentiments auxquels il a été fait allusion. Ce sera un encouragement pour nos cœurs de méditer quelque peu sur son contenu.

 

13.4                   Celui qui a été l’affligé

Remarquons tout d’abord que le titre divin de ce Psaume 102 est : « Prière de l’affligé, quand il est accablé et répand sa plainte devant l’Éternel » ; et n’oublions pas que « l’affligé », ici, n’est rien moins que la Personne du Messie en proie à la souffrance de Son rejet. Mais passons sur les circonstances dans lesquelles nous Le voyons ici, pour en venir à notre sujet principal ; au verset 23, Il dit : « Il a abattu ma force dans le chemin, il a abrégé mes jours ». Puis, s’adressant à Dieu Il s’écrie : « Mon Dieu, ne m’enlève pas à la moitié de mes jours !… Tes années sont de génération en génération ! » (v. 24). Combien cela rend précieux à nos cœurs notre cher Sauveur, de pouvoir Le contempler dans des circonstances tellement semblables aux nôtres, de nous apercevoir qu’en se faisant homme, Il a connu le poids et fait l’expérience de la faiblesse, ainsi que de la brièveté de la vie humaine ! Oui, comme nous le lisons ailleurs, Il a été « tenté en toutes choses comme nous, à part le péché » (Héb. 4:15), et c’est pour cela même qu’Il est apte à sympathiser avec nous dans nos infirmités, et à nous apporter le secours dont nous avons besoin. Béni soit Son saint nom à toujours !

 

13.5                   La réponse qu’Il a reçue dans Son affliction

Considérons cependant la réponse donnée à Son cri. Elle commence au verset 25 : « Tu as jadis fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains. Eux, ils périront, mais toi, tu subsisteras ; et ils vieilliront tous comme un vêtement ; tu les changeras comme un habit, et ils seront changés ; mais toi, tu es le Même (*), et tes années ne finiront pas » (Ps. 102:25-28). Nous pouvons dire en toute révérence, que Dieu, en réponse au cri de détresse de Son Oint, Lui rappelle qu’Il était Créateur, et que si toutes les œuvres de Ses mains doivent périr, Lui demeurera. Il Lui rappelle aussi que contrairement au fait que ces choses changent, se délabrent et disparaissent, Lui-même, bien que présentement en proie à la faiblesse et à la douleur, n’en était pas moins dans tout Son être Celui qui ne change pas. Un tel langage ne peut être compris qu’à la lumière du mystère de Sa Personne, mais le point sur lequel nous désirons insister est que la consolation et le soutien apportés à Son âme sainte étaient en rapport avec l’éternité et l’immutabilité de Sa propre Personne. On ne peut en dire plus, mais combien nous Le sentons près de nous dans notre faiblesse, lorsque nous lisons cette « prière de l’affligé » et que nous découvrons le caractère de la réponse qu’Il reçut !

 

(*) Comme on l’a vu au premier chapitre, les mots « Atta Hu », traduits par « Tu es le Même », ont toujours été considérés comme ayant la force d’un titre divin.

 

13.6                   La réponse qui nous est donnée dans notre affliction est la même

Il y a encore autre chose à remarquer. C’est qu’en tant que Chef de notre salut, Il a été rendu parfait par des souffrances. C’est ainsi qu’Il est devenu le prototype parfait de tous Ses saints dans la douleur et dans l’épreuve. Mais ce qui est merveilleux, c’est que la consolation qui Lui fut prodiguée alors qu’Il parcourait Son chemin de réjection et que, selon toute apparence, Il travaillait pour le néant et en vain, cette consolation est de même nature que celle qui nous est prodiguée durant notre pèlerinage ici-bas. S’il Lui est rappelé, comme dans le psaume, que Sa Personne ne change pas, ainsi il nous est rappelé à nous aussi, tandis que nous traversons ce monde où tout change, que Lui demeure, qu’Il est toujours le même à travers tous les siècles comme à travers les temps infinis de l’éternité. Ainsi sommes-nous établis sur un Roc, un Roc que rien ne pourra jamais ébranler, du haut duquel nous reposant dans une paix parfaite, nous pouvons contempler sans la moindre appréhension la dissolution de toutes choses. Christ demeure si même nous perdons tout le reste. Ne devrions-nous pas plutôt dire : « Que tout ce qui n’est pas Christ cesse d’occuper nos pensées car, Le possédant, nous n’avons besoin de rien d’autre ! ».

 

13.7                   Le Seigneur nous veut déjà au ciel

Tout ceci ne fait que nous apprendre que nous appartenons déjà à un autre monde, aussi immuable que Christ Lui-même. C’est cette leçon que le Seigneur enseigna à Ses disciples avec tant de soin. En Jean 13, par exemple, tout la signification du lavage des pieds des disciples pourrait être ainsi exprimée : « Si je ne puis demeurer plus longtemps avec vous dans vos circonstances, je vous montrerai comment vous pouvez me suivre, et avoir une part avec Moi dans ce nouveau lieu où je vais ». De même lorsque Marie de Magdala aurait voulu Le retenir, Il lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ; mais va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20:17, 18). C’est la même leçon exprimée autrement. Par ce message, Il met Ses disciples à Sa propre place et les associe à Lui-même, au ciel nécessairement. Par conséquent, non seulement nous appartenons à un autre monde que celui où nous sommes actuellement, mais le Seigneur désire que nous L’y suivions, que nous y soyons dès maintenant en Sa compagnie, alors même que nous foulons les sables du désert.

 

13.8                   Déjà dans notre âme se lève l’aube d’un autre monde

« Toi, tu demeures ». Quel réconfort, quel encouragement béni dans cette déclaration ! Non seulement elle est pour nous un fondement sûr et inébranlable au milieu de tant de changements et d’agitation qui nous entourent, mais elle attire aussi nos cœurs vers ce Pays nouveau et ce nouvel ordre de choses qu’Il a formés et inaugurés en vertu de Sa mort et de Sa résurrection, et où Lui-même est le centre de toute la gloire qui inonde cette scène toute entière. Car, comme nous le lisons ailleurs, « Il est monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’Il remplît toutes choses » (Éph. 4:10). Ainsi pouvons-nous accepter que la mort règne sur toute chose ici-bas, car déjà se lève dans notre âme l’aube d’un autre monde — un monde nouveau à jamais inaccessible au changement, à la souffrance et à la mort, où nous serons pour toujours avec Christ, rendus conformes à Son image (Rom. 8:29). De cette nouvelle création, c’est Lui le Commencement, en tant que « Premier-né des morts » et Lui Il demeure. Oui, il nous est permis de Lui dire : « Toi, tu es le Même, et tes années ne finiront pas » (Ps. 102:27).

 

13.9                   Conclusion

En conclusion, et en toute affection, l’auteur de ces lignes voudrait demander à son lecteur s’il a conscience de se reposer sur Celui qui est le Même hier, aujourd’hui et éternellement. Il n’y a pas d’autre fondement pour nos âmes devant Dieu. C’est en édifiant dessus, que nous sommes en sécurité pour le temps et pour l’éternité ; car, alors, Dieu est pour nous. Or s’Il est pour nous, qui peut-être contre nous ?