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Ésaïe 10:20 à 10:22a ; 28:5 ; Romains 11:5

 

(puis Éz. 8 et 9 ; Apoc. 2 et 3)

 

Les caractères d’un résidu,

 

et comment Dieu s’en occupe

 

Pierre Combe

 

Table des matières :

1     Ce qu’est un résidu

2     Un résidu dès après la chute. Abel

3     Dangers qui guettent un résidu

4     Résidus de la Genèse, après Abel

5     Résidus au temps de la loi

6     Au temps des Rois

7     Après la déportation — Dieu avec les fidèles

8     Noé. Lot à Sodome, mis à l’abri du jugement

9     Ézéchiel 8. Abominations parmi le peuple

10      État de la chrétienté professante, sans vie, aujourd’hui

11      Ézéchiel 9. Le temps du jugement. Le résidu mis à l’abri

12      Résidu selon Apoc. 7

13      Les résidus à Thyatire et Sardes. Philadelphie

14      Manifester quelque chose des caractères d’un résidu qui L’honore

 

 

1                    Ce qu’est un résidu

Lorsqu’un ensemble est dans une condition favorable, il n’y a pas de résidu qui se distingue de cet ensemble. On n’aurait pas conçu un résidu dans une humanité ayant conservé l’innocence. On ne concevra pas davantage un résidu dans les temps éternels où nous serons hors de la sphère touchée par le péché. Mais lorsque l’homme a introduit le péché, et par cela a ruiné la sphère que Dieu avait établie pour son bonheur, il y a un résidu, c’est-à-dire un noyau qui se détache et qui se distingue par ses caractères de l’ensemble qui a failli et qui l’entoure.

 

2                    Un résidu dès après la chute. Abel

Et on peut dire que depuis l’histoire de l’homme responsable, donc depuis la chute de l’homme, on voit apparaître un résidu, et on pourrait dire même que dans la première génération qui a suivi Adam, les enfants d’Adam, on a déjà dans la personne d’Abel les caractères d’un résidu, c’est-à-dire d’un ensemble plus ou moins important en nombre (peu importe ce nombre), qui contraste en tout point avec une scène corrompue, coupable, souillée qui l’environne et de laquelle il est appelé à se distinguer, à se caractériser par la séparation pour Dieu dans la conscience qu’il a de Ses droits, des droits de Sa Seigneurie, de ces droits qu’il a à cœur de respecter, avec les ressources et le secours que la grâce divine lui dispensent. Dès le début de l’humanité nous avons des hommes fidèles qui ont été sensibles à la volonté divine, et qui se sont séparés. Bien sûr qu’ils ne pouvaient pas sortir de l’humanité, mais un résidu se distingue par un témoignage selon Dieu qui, nous le répétons, fait donc contraste avec tout ce qui l’environne, et qui au prix souvent de douloureuses ruptures, d’incompréhensions et pis que cela, d’assauts de l’ennemi, a à cœur de demeurer fidèle.

Ces passages (És. 10:20-22a et 28:5 et Rom. 11:5) que nous venons de lire, et auxquels on pourrait ajouter beaucoup d’autres, nous parlent du peuple terrestre de Dieu, Israël, qui comme l’Église plus tard a failli à son mandat, a abandonné le terrain de la sainteté, de la fidélité pour se livrer à l’idolâtrie. Mais nous savons bien que dès le début, il s’est manifesté, puis s’est détaché un ensemble fidèle à l’Éternel, comme du reste on l’a lu dans ce verset de l’Épître aux Romains : dans le temps actuel, il y a un résidu selon l’élection de la grâce.

 

3                    Dangers qui guettent un résidu

Ne pensons pas qu’un résidu est à l’abri de tout danger ; il est faillible bien sûr, puisque la chair est en lui, en ceux qui le constituent. Un résidu est exposé à deux dangers très distincts, le premier c’est de s’accoutumer à la ruine extérieure, et progressivement peut être de s’identifier ou de s’assimiler, et perdre son caractère. Un autre danger opposé, c’est l’orgueil spirituel qui peut animer des âmes fidèles, mais qui pourraient se glorifier même de leur humilité et de leur fidélité, « nous sommes le résidu », « nous sommes le témoignage ». Que le Seigneur nous en préserve, tout en entretenant et en produisant dans nos cœurs le désir de manifester le caractère d’un résidu, précieux à son cœur, le caractère d’un témoignage qui rencontre son approbation, et par conséquent sa bénédiction (l’approbation de Dieu et la bénédiction sont deux choses distinctes).

 

4                    Résidus de la Genèse, après Abel

Depuis la chute de l’homme, donc avant la loi, nous avons la figure de résidus dans des hommes fidèles qui ont marché avec Dieu. Dans la Genèse, c’est plutôt à titre individuel (on ne voit pas de collectivité dans la Genèse) ; bien des hommes ont marché avec Dieu. Pensons à Hénoc qui a fait contraste avec tout ce qui l’environnait, et qui a marché 300 ans avec Dieu. Nous avons bien de la peine à marcher un jour avec Dieu, et lui a marché 300 ans ! Dieu l’a honoré parce qu’il fait partie des deux hommes qui sont entrés dans la présence divine sans connaître la mort. On pourrait faire une énumération nombreuse d’autres hommes de Dieu qui ont marché fidèlement, — non pas sans défaillance parfois, comme Abraham ou Moïse.

 

5                    Résidus au temps de la loi

Il y a eu de tels hommes fidèles dans le temps de la loi, le temps de l’appel à l’existence du peuple terrestre de Dieu, dans le temps où le peuple de Dieu a manifesté si souvent de l’infidélité, de l’ingratitude, de l’incrédulité. C’est à cause de cette incrédulité qu’ils ne sont pas entrés comme ils auraient dû pouvoir le faire après 11 jours de chemin depuis Horeb, comme le dit le début du livre du Deutéronome. À cause de leur incrédulité, ils ont du errer 40 ans. Mais dans ce peuple il y a eu un résidu, un noyau précieux au cœur de Dieu, qui a d’ailleurs été récompensé lors de l’affaire du veau d’or ; c’est la tribu de Lévi, qui a suivi le conducteur Moïse lorsqu’il a dressé une tente hors du camp, loin du camp appelant les fidèles à se regrouper là ; cette tente était une tente d’assignation, un lieu de rencontre ; ce n’était pas encore le tabernacle, mais l’Éternel a scellé de son approbation cette séparation au sein même du peuple de Dieu par la colonne de nuée et par Sa présence.

Des hommes ont été particulièrement fidèles bien sûr : on pense à Josué fils de Nun et à Caleb fils de Jephunné, dont la mémoire est conservée si précieusement dans les Écritures ; car pour Dieu, un résidu c’est ce qu’il a de plus précieux ici bas. Elle est frappante cette déclaration de Rom. 9:27 : « quand bien même le peuple serait nombreux comme le sable qui est au bord de la mer, le résidu seul sera sauvé ». Pendant la loi, des hommes fidèles, un résidu, s’est aussi manifestée, alors qu’Israël était entré dans sa terre, et aussi quand les circonstances du peuple et son état spirituel n’ont fait que s’aggraver, au temps des Juges ; ce temps-là était caractérisé par le fait que la sacrificature, ce moyen introduit par Dieu pour entretenir des relations avec son peuple, avait failli à son service si précieux.

 

6                    Au temps des Rois

La royauté a également chuté ; les rois fidèles, surtout en Israël, ont été bien rares, un peu moins parmi les rois de Juda. Mais sous la royauté, nous voyons aussi des hommes fidèles, et des rois fidèles, au sein d’un ensemble, au sein du peuple de Dieu même — comme aujourd’hui au sein d’une chrétienté nombreuse, des fidèles se distinguent, et doivent non pas sortir de la grande maison, c’est impossible, mais sortir de l’iniquité, de l’infidélité. « Qu’il se retire de l’iniquité » (2 Tim. 2:19) est un appel individuel, pour la fidélité comme pour le salut ; ce ne sont pas des appels collectifs, mais « qu’il se retire de l’iniquité quiconque prononce le nom du Seigneur », c’est-à-dire quiconque reconnaît la seigneurie et les saints droits de Christ. Le fidèle ne peut pas sortir de la grande maison : nous sommes dans la chrétienté, nous en faisons partie ; mais la chrétienté n’est pas le résidu, c’est autre chose.

Et au sein du peuple terrestre de Dieu nous avons des hommes remarquables, des rois, notamment Ézéchias et Josias. En 2 Chroniques 30, Ézéchias rétablit le service et la fête de la célébration la plus précieuse, c’est-à-dire la Pâque : elle avait été abandonnée. Certes, il n’a pas reçu d’écho favorable dans tout le peuple, bien loin de là. Mais Ézéchias a réalisé la Pâque dans des conditions de faiblesse, au deuxième mois. Le résidu était aussi marqué par la faiblesse, mais son désir était la fidélité, et il s’appropriait les ressources divines, même celle du deuxième mois pour célébrer la Pâque ; et cela a été approuvé de Dieu, bien que tout n’ait pas été fait selon les exigences divines, car beaucoup ne s’étaient pas purifiés ; mais Dieu a exaucé l’intercession de son serviteur.

Après lui, le dernier bastion solide de la royauté en Juda, c’est Josias qui au chapitre 35 du même livre de 2 Chroniques, célèbre la Pâque d’une manière remarquable. Il est très frappant de voir qu’au crépuscule de cette marche des deux tribus de Juda et Benjamin, en 2 Chroniques 35, le dernier roi fidèle manifeste beaucoup de zèle et de sensibilité, notamment quand il lit le livre qu’on lui apporte, le livre de la loi de l’Éternel, trouvé par Hilkija et remis à Shaphan qui l’a lui-même remis au roi ; quand il lit ce livre, il déchire ses vêtements. Le tranchant de l’Écriture atteint sa conscience et son cœur : Dieu veuille que ce soit encore le cas aujourd’hui pour nous. Josias est un homme remarquable, spécialement en ce qu’il n’a pas attendu un âge avancé pour être fidèle. Il a commencé de régner à 8 ans (2 Chron. 34:1) et son premier désir, dès son plus jeune âge, a été de restaurer ce qu’on avait laissé se ruiner, et de rétablir ce qu’on avait abandonné, et de s’approprier intérieurement la Parole de Dieu qui avait été retrouvée presque incidemment, ce qui peut paraître impensable parmi le peuple de Dieu.

 

7                    Après la déportation — Dieu avec les fidèles

Puis il y a eu le temps de la déportation après les 3 derniers rois Jéhoïakim, Jéhoïakin et Sédécias. Juda et Benjamin ont été déportés 115 ans après les 10 tribus d’Israël. Parmi les déportés, on connaît bien Ézéchiel le prophète, Daniel le prophète, des hommes exceptionnels. Vont-ils être abandonnés, noyés dans la masse, oubliés de Dieu ? Bien loin de là. S’ils ne sont pas là où leur cœur souhaitait être, ils démontrent cependant une fidélité sans défaillance là où ils sont, dans les conditions des plus difficiles, au péril de leur vie.

On pense à Daniel dans l’affaire du songe de Nebucadnetsar (Dan. 2), avec ses 3 amis, Shadrac, Méshac et Abed-Nego : ils font une réunion de prière dans l’isolement total, dans une sphère environnante hostile, où la fidélité les met en danger de mort ; la réponse à la réunion de prière de ces quatre hommes est donnée. On pense aussi à la scène de la fournaise (Dan. 3) dans laquelle ont été jetés vifs ses 3 amis ; la fournaise avait été chauffée sept fois plus que la normale, parce qu’ils avaient refusé de s’incliner devant la statue. Quelle force spirituelle, quelle détermination pour Dieu alors qu’ils savaient qu’ils le paieraient humainement de leur vie ! Mais Dieu répond d’une manière inattendue, qui n’a troublé personne, sauf le roi qui les avait fait jeter dans la fournaise. « N’avons-nous pas jeté trois hommes dans le feu ? J’en vois un quatrième qui est comme un fils de Dieu ». Ceci nous montre que dans les circonstances les plus difficiles, Dieu n’est pas un Dieu de loin ; Il est non seulement un Dieu de près, mais Il est un Dieu avec. Quand tu passeras par les eaux, elles ne te submergeront pas ; par la flamme, elle ne te consumera pas, car je suis avec toi (És 43:2). Dieu était dans le buisson (Ex. 3), Dieu est dans la fournaise (Dan. 3), Dieu est avec ceux qui passent par les eaux et la flamme, comme le Seigneur était avec Paul dans la prison : le Seigneur s’est tenu près de moi (2 Tim. 4:17). Quels résidus !

Il en fut de même pour Daniel jeté dans la fosse aux lions (Dan. 6) ; les fidèles n’étaient pas nombreux là, mais Dieu n’oublie pas Son serviteur ; même le roi le pressentait : « le Dieu que tu sers continuellement te délivrera ». Cela fait en quelque sorte ressortir et souligner la valeur qu’a pour le cœur de Dieu, pour le cœur du Seigneur, ceux qui lui sont fidèles dans des circonstances où l’environnement est hostile. Par grâce, nous ne connaissons pas la persécution, ni des circonstances de nature équivalente ; mais d’autres les vivent. Et ce sont souvent dans ces circonstances là que la fidélité et l’attachement se mesurent, et se manifestent d’une manière qui nous humilie.

 

8                    Noé. Lot à Sodome, mis à l’abri du jugement

Ainsi donc, dès le déluge on voit ainsi un résidu que Dieu met à part : huit personnes seulement ont été alors mises à l’abri.

Ensuite il y a eu Lot, en Gen. 19, bien que ce ne soit pas le meilleur exemple ; il amène une autre pensée. Lot ne peut pas être compté parmi les résidus, mais il était un juste, et en dépit de ses défaillances et d’une position combien malheureuse et fâcheuse prise quand il est descendu à Sodome, Dieu ne l’a pas oublié. Selon le verset 19 Lot a perdu tout discernement, toute autorité morale ; lorsque les anges lui disent de s’en aller sur la montagne, il ne veut pas y aller ; il fait encore plus confiance à ses propres appréciations qu’aux indications venant de la part de Dieu. Il peut dire au verset 20 : « Voici, je te prie, cette ville-là est proche pour y fuir, et elle est petite ; que je m’y sauve donc, (n’est-elle pas petite ?) et mon âme vivra. Et il lui dit : Voici, j’ai accueilli ta demande en cette chose aussi, de ne pas détruire la ville dont tu as parlé. Hâte-toi de te sauver là ; car je ne peux rien faire jusqu’à ce que tu y sois entré ». C’est un exemple misérable, mais il fait ressortir une autre pensée, à savoir que Dieu préserve même un Lot qui n’est pas à sa place, mais qui est un juste, justifié (il faut venir jusqu’à l’épître de Pierre pour le savoir). Cela ne fait que souligner la grandeur de la condescendance et de la miséricorde de Dieu. Lot avait perdu totalement son autorité morale, son caractère de témoin, y compris dans sa famille, et davantage encore dans la ville. Mais Dieu prend soin de lui, en lui envoyant ses anges pour le mettre à l’abri avant de détruire la ville.

C’est ces paroles que j’avais à cœur de souligner : « je ne peux rien faire » dit l’ange, « jusqu’à ce que tu y sois entré », dans cet abri. Cela nous montre que, n’y aurait-il même qu’un juste qui n’est même pas à sa place, et qui, en cela, n’est pas un résidu, parce qu’il ne témoigne pas, — mais même pour un juste qui n’est pas à sa place, il sera racheté, mis à l’abri de la condamnation et du jugement qui va tomber sur la terre habitée toute entière. Je ne peux rien faire tant que tu n’es pas à l’abri !

 

9                    Ézéchiel 8. Abominations parmi le peuple

Et il y a des exemples encore bien plus éloquents, comme celui d’Ézéchiel au ch. 8. Dans ces dix premiers chapitres d’Ézéchiel, le peuple d’Israël nous est décrit dans sa partie la plus responsable, la sacrificature. Ceux qui s’occupent de la maison de Dieu sont tombés dans la plus basse condition possible, et Ézéchiel dans les visions qu’il reçoit est invité à en prendre connaissance. Où ont-ils mis l’idole, « l’idole de jalousie qui provoque à la jalousie » (Éz. 8:3) ? Elle était là où « était la gloire du Dieu d’Israël, selon la vision que j’avais vue dans la vallée » (Éz. 8:4). L’expression « l’idole de jalousie » est répétée à la fin du verset 5. Puis aux v. 6 à 10 : « Et il me dit : Fils d’homme, vois-tu ce qu’ils font, les grandes abominations que la maison d’Israël commet ici, pour m’éloigner de mon sanctuaire ? Et il me mena à l’entrée du parvis ; et je regardai, et voici, un trou dans le mur. Et il me dit : Fils d’homme, perce le mur. Et je perçai le mur, et voici, une porte. Et il me dit : Entre, et regarde les mauvaises abominations qu’ils commettent ici. Et j’entrai, et je regardai ; et voici toute [sorte] de figures de reptiles, et de bêtes exécrables, et toutes les idoles de la maison d’Israël tracées sur le mur, tout autour ». Le verset 13 répète l’expression du v. 6 : « Et il me dit : Tu verras encore de grandes abominations qu’ils commettent », et cette expression se répète encore plus forte au v. 15 : « Tu verras encore des abominations plus grandes que celles-là ». Puis au verset 16, on se prosterne : « Puis il me fit entrer au parvis intérieur de la maison de l’Éternel ; et voici, à l’entrée du temple de l’Éternel, entre le portique et l’autel, environ vingt-cinq hommes, le dos tourné vers le temple de l’Éternel, et leurs faces vers l’orient ; et ils se prosternaient vers l’orient devant le soleil. Et il me dit : As-tu vu, fils d’homme ? Est-ce une chose légère à la maison de Juda de commettre les abominations qu’ils commettent ici, pour qu’ils remplissent encore le pays de violence, et qu’ils me provoquent à colère [toujours] de nouveau ? Et voici, ils mettent le rameau à leur nez ! Et moi aussi, j’agirai avec fureur ; mon œil n’aura point compassion, et je n’épargnerai pas ; et quand ils crieront à mes oreilles à haute voix, je ne les écouterai point » (Éz 8:16-18).

 

10               État de la chrétienté professante, sans vie, aujourd’hui

Dieu est patient, et nous avons le témoignage de la longueur de cette patience qui, depuis l’œuvre de Christ, se prolonge depuis plus de 2000 ans. Dieu est patient, mais si patient qu’Il soit, Sa patience a un terme. Il a été patient avec Israël, mais maintenant (Éz. 9) le jugement doit tomber. En sera-t-il autrement pour la chrétienté professante ? nullement. Pourrions nous dire que la chrétienté professante et sans vie (pour autant qu’elle se réclame encore du nom de chrétienté !) est en meilleur état que le peuple terrestre de Dieu à la veille du jugement qui l’a frappé ? Certainement pas. Les abominations qui se passent maintenant ne sont pas moins graves. Dans la chrétienté actuelle, on a bafoué toutes les lois divines, tout ce que le christianisme nous a apporté. Nous assistons à l’écroulement progressif du christianisme par les abominations qui sont placées devant nous, sous nos yeux tous les jours.

 

11               Ézéchiel 9. Le temps du jugement. Le résidu mis à l’abri

N’y a t il point de résidu ? Le jugement va tomber : (Éz. 8:18 à 9:6) « Et moi aussi, j’agirai avec fureur ; mon œil n’aura point compassion, et je n’épargnerai pas ; et quand ils crieront à mes oreilles à haute voix, je ne les écouterai point. Et il cria à mes oreilles à haute voix, disant : Approchez, vous qui avez la charge de la ville, et chacun avec son instrument de destruction dans sa main. Et voici six hommes qui venaient du chemin de la porte supérieure qui est tournée vers le nord, et chacun avec son instrument de mort dans sa main ; et il y avait au milieu d’eux un homme vêtu de lin, avec un encrier d’écrivain à ses reins ; et ils entrèrent, et se tinrent à côté de l’autel d’airain. Et la gloire du Dieu d’Israël s’éleva de dessus le chérubin sur lequel elle était, [et vint] sur le seuil de la maison ; et il cria à l’homme vêtu de lin, qui avait l’encrier d’écrivain à ses reins ; et l’Éternel lui dit : Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et fais une marque sur les fronts des hommes qui soupirent et gémissent à cause de toutes les abominations qui se commettent au dedans d’elle. Et à ceux-là il dit, à mes oreilles : Passez par la ville après lui, et frappez ; que votre œil n’ait point compassion, et n’épargnez pas. Tuez, détruisez vieillards, jeunes hommes, et vierges, et petits enfants, et femmes ; mais n’approchez d’aucun de ceux qui ont sur eux la marque, et commencez par mon sanctuaire ».

Le jugement est décrété, les six hommes (Éz. 9:2) s’avancent avec leurs instruments de destruction et de mort ; mais il y a quelques fidèles. Vont-ils être emportés dans ce torrent de la colère de Dieu ? Pas du tout. Dieu les connaît, et Il les met à l’abri. À ces six hommes, instruments de châtiment, il vient se joindre un septième homme, figure de Christ. Ah ! lui n’a pas un instrument de destruction dans sa main ; il a un encrier (Éz. 9:2), et il va marquer ces fidèles connus nom par nom, de la lettre Thau, T, qui est le signe primitif de la croix. Ils sont tous marqués au front, et aucun d’eux ne sera l’objet du jugement. Cette expression du verset 5 est très frappante : « Et à ceux-là il dit, à mes oreilles : Passez par la ville après lui ». Les destructeurs vont exécuter le jugement sans appel de Dieu, au terme d’une immense patience, car on a même fermé ses oreilles aux appels des prophètes ; mais l’homme à l’encrier passe avant les éléments de destruction. Et après lui, quand ces destructeurs arrivent, ils voient tous ceux qui sont marqués du signe de la lettre Thau, la lettre T nous le répétons, signe primitif de la croix. Ils sont tous mis à l’abri. D’un coté « que votre œil n’ait point compassion », mais de l’autre côté « n’approchez d’aucun de ceux qui ont sur eux la marque ». Et où commence le jugement ? Par le sanctuaire dans lequel se trouvaient les abominations ! Combien cela est solennel ! Dieu est un Dieu de patience, un Dieu de grâce, un Dieu d’amour, Celui qui est le Même, hier et aujourd’hui et éternellement ; mais s’Il est le même en grâce, le même en fidélité, le même en amour et en salut pour qui croit, Il est le même en jugement et sainteté.

 

12               Résidu selon Apoc. 7

Il en sera de même dans l’Apocalypse. Au chapitre 7 on a une scène similaire à celle d’Ézéchiel 9. Il s’agit alors du jugement apocalyptique futur qui touche l’Église responsable [dont les vrais croyants ont été retirés et enlevés dans le ciel].

Nous lisons (Apoc. 7:1-4) : « Et après cela, je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre, retenant les quatre vents de la terre, afin qu’aucun vent ne soufflât sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre. Et je vis un autre ange montant de l’orient, ayant le sceau du Dieu vivant ; et il cria à haute voix aux quatre anges, auxquels il avait été donné de nuire à la terre et à la mer, disant : Ne nuisez pas à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons scellé au front les esclaves de notre Dieu ». Et nous avons la mention des 144000 scellés puis de la foule immense provenant de toutes nations. Il s’agit ici d’une époque très différente ; il ne s’agit plus de ce qui se passe parmi le peuple terrestre de Dieu, mais il s’agit de ce qui reste de la chrétienté après l’enlèvement des vrais croyants, et des pays où il y a eu la chrétienté ; celle-ci est l’objet du jugement.

Il y aura alors la grande tribulation, après l’enlèvement des saints avant l’établissement du règne millénaire ; sa durée sera mesurée, sinon aucune âme n’aurait survécu « si ces jours n’avaient été abrégés ». Mais le jugement est décrété sur la prostituée, Babylone la grande qui tombera en une seule heure, nous est-il dit par trois fois au moins au ch. 18 de ce même livre. Elle est tombée Babylone la grande (Apoc. 14:8 ; 18:2), celle qui est imbue d’orgueil, de richesse, de gloire, de puissance, — en une seule heure !

L’apôtre Jean qui a connu le début de cette église dans sa fraîcheur, dans sa pureté, lui qui a eu ces révélations de ce qui arrivera à cette église devenue infidèle — la prostituée spirituellement et moralement parlant, — que dit-il quand il entend ces choses qui vont arriver dans les chapitres 13 et 17 ? Mystère ! mystère ! (Apoc. 17:5). Pour lui, c’était un mystère d’avoir ces révélations de Dieu alors qu’il vivait dans les temps de la fraîcheur printanière de l’Église, au premier siècle. Voilà ce qu’il reçut, et ce qui a été écrit il y a 20 siècles n’a rien perdu de son actualité, de sa force et de certitude de réalisation. Nous sommes à la veille de la réalisation de ces choses, nous le sentons bien.

Mais quelle grâce de savoir que là encore, exactement comme dans l’affaire de Sodome et Lot, comme dans la situation d’Ézéchiel 8 et 9 où la gloire s’est levée pour ne revenir qu’au chapitre 43, figure du rétablissement d’Israël dans le règne millénaire, — la même chose aura lieu dans le temps futur de la période apocalyptique. Cela touchera d’une manière particulière l’humanité occidentale, ce qui restera de la chrétienté en tout premier, la partie le plus responsable. Dieu commence par son sanctuaire parce que c’est là que la profanation est la plus coupable. Mais Dieu intervient dans sa grâce : « ne nuisez pas à la terre » (Apoc. 7:3) ; Il arrête en quelque sorte l’activité des anges amenant les jugements, comme Il avait arrêté ces six hommes porteurs des instruments de violence et de destruction ; Il les arrête ici pour mettre à l’abri tous ceux qu’Il veut épargner de ce jugement : « ne nuisez pas à la terre » — jusqu’à quand ? « Jusqu’à ce que nous ayons scellé au front les esclaves de notre Dieu ».

 

13               Les résidus à Thyatire et Sardes. Philadelphie

Que le Seigneur nous rendent désireux, nous accorde Son secours, et qu’Il produise ces dispositions d’arrêter dans nos cœurs, de manifester, avec Sa grâce, quelques caractères de ce résidu si précieux à son cœur. On est frappé de voir que dans les épîtres aux sept églises du début de l’Apocalypse, dans trois au moins il y a un résidu.

En Thyatire (Apoc. 2:24), la lettre qui nous parle du romanisme, nous lisons : « Mais à vous je dis, aux autres qui sont à Thyatire, autant qu’il y en a qui n’ont pas cette doctrine, qui n’ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils disent : je ne vous impose pas d’autre charge ; mais seulement, ce que vous avez, tenez-le ferme jusqu’à ce que je vienne ». Dans cette partie de la chrétienté figurée par Thyatire, il y a des fidèles qui ont peut-être très peu de connaissance, mais le peu de connaissance qu’ils ont suffit pour produire en eux l’attachement au Seigneur. Il ne leur impose pas plus, pas plus que la mesure qui correspond à leur connaissance : « Je ne vous impose pas d’autre charge, mais ce que vous avez tenez-le ferme ». La valeur qu’ont ces fidèles dans un système condamné, tenez-le ferme jusqu’à ce que Je vienne.

Il en est d’ailleurs de même à Sardes, qui nous parle du protestantisme (Apoc. 3:4) : « Toutefois tu as quelques noms à Sardes qui n’ont pas souillé leurs vêtements ; et ils marcheront avec moi en [vêtements] blancs, car ils en sont dignes ». Quelques noms : la valeur du petit troupeau (ne crains pas petit troupeau, Luc 12:32) dans les temps actuels, — parce que cela se rapporte aux temps que nous vivons aujourd’hui, dans un multitudinisme de formes. S’il y a encore la forme religieuse, avec l’infidélité qui s’achemine vers le jugement, il y a par ailleurs ceux qui ne sont pas tombés dans les profondeurs de Satan, et il y a ceux qui n’ont pas souillé leurs vêtements, et qui marchent avec le Seigneur, avec Moi (le Seigneur) dans des vêtements qui n’ont pas la marque de la souillure, des vêtements blancs. Et il y a la promesse faite au vainqueur.

Philadelphie revêt un caractère ô combien encourageant, et couronné de promesses les plus précieuses, — non pas à cause de sa force ou de sa puissance (au contraire : « tu as peu de force », Apoc. 3:8), mais « tu as gardé ma parole, tu n’as pas renié mon nom ». Garder sa parole et ne pas renier le nom du Seigneur, pour Christ c’est tout. Il ne demande pas plus. Garder sa parole, car Il nous l’a donnée ; nous avons le privilège d’en connaître les pensées qui doivent conduire nos pas, et sanctifier notre vie. « Tu as gardé ma parole », tu n’as pas dit ne plus me connaître, « tu n’as pas renié mon nom ». Quelle valeur cela a-t-il pour le Seigneur ! Ils seront introduits au jour de Sa venue, comptés au nombre des vainqueurs : « celui qui vaincra je le ferai une colonne » ; c’est comme une manifestation dans le ciel de ce qu’ils ont été dans le champ de ruine de ce christianisme expirant, c’est-à-dire l’assemblée colonne et soutien de la vérité. Il y en aura comme un reflet céleste : « Je le ferai une colonne dans le temple de mon Dieu, et il ne sortira plus jamais dehors ; et j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la cité de mon Dieu » ; et les voilà encore marqués dans le ciel même, d’une marque ineffaçable, celle de l’approbation divine et du prix qu’ils ont pour Son cœur. Le nom de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de Dieu, et mon nouveau nom…

 

14               Manifester quelque chose des caractères d’un résidu qui L’honore

On aurait pu aussi citer Apocalypse 14, la valeur des fidèles de ce résidu dans la grande tribulation qui suivent l’Agneau où qu’il aille, alors que chaque pas les expose à la mort et desquels il nous est dit qu’ils sont irréprochables.

Nous sommes dans un champ de ruine, mais la colonne est là ; les vérités relatives à l’assemblée ne nous ont pas été retirées. La possibilité d’en réaliser les caractères, avec le secours du Seigneur, ne nous a pas été retirée. Que le Seigneur nous donne de saisir ces vérités par nos cœurs, qu’elles pénètrent dans nos vies, affermissent notre foi, attachent nos affections au Seigneur et que par Sa pure grâce (car rien ne vient de nous, mais par sa pure grâce) Il nous rende désireux, et nous accorde la grâce, de manifester quelque chose des caractères d’un résidu qui L’honore.