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TOUTES  SORTES  DE  PRIÈRES

 

 

Pierre COMBE

 

 

Table des matières :

1     Préface

2     Quelles sont les conditions essentielles de la PRIÈRE ?

2.1      au nom du Seigneur Jésus

2.2      en accord avec sa volonté.

2.3      avec droiture de coeur et intégrité

2.4      avec l’Esprit et avec intelligence

2.5      Accord pour la prière en commun

2.6      La tenue

3     Qu’est-ce qui doit caractériser la PRIÈRE ?

3.1      La conscience de notre faiblesse, de nos besoins et de l’absence de ressources en nous-mêmes.

3.2      Le sentiment de notre dépendance.

3.3      Une réelle confiance, une foi vivante.

3.4      Une disposition constante, fruit de notre communion avec le Seigneur.

3.5      Une pratique journalière.

3.6      Une activité persévérante.

3.7      Une attente patiente.

3.8      Un exercice réel, l’expression de besoins précis.

3.9      Elle doit être sage quant à sa durée.

4     Nature des différentes PRIÈRES

4.1      La demande ou requête,

4.2      La supplication

4.3      La plainte

4.4      Le soupir

4.5      Le cri

4.6      Le combat

4.7      L’intercession

4.8      La confession

4.9      L’humiliation.

4.10      L’action de grâces

4.11      La louange

4.12      L’exaltation

4.13      L’adoration

5     Pour qui et par qui les PRIÈRES sont elles adressées ?

5.1      Prier pour nous-mêmes

5.2      Prier pour autrui.

5.3      Prières des autres pour nous.

6     À qui la PRIÈRE est-elle adressée ?

6.1      Ancien Testament

6.2      Prières adressées au Père

6.3      Prières adressées au Seigneur Jésus

6.4      Prières par l’Esprit, non pas adressées à l’Esprit

6.5      Prières à l’occasion du culte de l’Assemblée

6.6      Conclusion sur le sujet de l’adresse des prières

7     Lieux de PRIÈRES

8     Attitudes de PRIÈRE

8.1      à genoux

8.2      debout

8.3      assis

8.4      autres

9     Cas particuliers

9.1      Prières entendues, non exaucées.

9.2      Prières qui ne sont pas écoutées

9.3      Cas où il ne faut pas prier

9.4      Prière anormale, voire inconvenante

10     L’AMEN

 

1                        Préface

«Les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont tournées vers leurs supplications» 1 Pierre 3:12

 

«Tout homme pieux te priera au temps où l’on te trouve» Psaume 32:6

 

La prière est une ressource infiniment précieuse, accordée au croyant pour le temps de son pèlerinage ici-bas. Elle fait partie de l’exercice de la piété que nous sommes exhortés à pratiquer et par lequel seulement nous pouvons goûter une communion réelle avec le Seigneur. Si, par sa Parole, Dieu se plaît à nous communiquer ses pensées et son propos, déclarations auxquelles nous devons prêter l’oreille, être attentifs (Ésaïe 28:23), par la prière nous avons le privilège de nous adresser à Lui en toute liberté, sachant qu’il nous écoute. Elle doit constituer une activité spirituelle que nos coeurs recherchent, la culture des rapports vitaux de nos âmes avec Dieu, l’atmosphère dans laquelle le chrétien vit et sans laquelle il est impossible de réaliser une marche à sa gloire. Il est frappant de constater qu’elle fait immédiatement suite à la conversion. Lorsque le Seigneur envoie Ananias chercher Saul de Tarse à Damas, il lui dit : «Voici, il prie» (Actes 9:11).

La prière occupe une telle place dans la Parole, et les enseignements comme aussi les exhortations qui s’y rapportent sont si abondants et variés, que nous pouvons subdiviser ce vaste sujet selon ses différents aspects, ce qui permettra d’en dégager quelques pensées avec plus de clarté, laissant au lecteur le soin de les méditer plus amplement. Précisons que nous ne limiterons pas ces considérations à la prière au sens propre du mot, c’est-à-dire la demande ou requête que nous présentons afin de recevoir de la part de Dieu, mais nous citerons aussi les diverses actions par lesquelles nous offrons, telles que la louange, l’adoration qui lui est due, service revêtant un caractère plus élevé sans toutefois dénoter une proximité plus grande.

 

2                        Quelles sont les conditions essentielles de la PRIÈRE ?

Si nous réalisons la grandeur, la majesté et la sainteté de la Personne à laquelle nous nous adressons, nous serons rendus conscients de l’humilité qui nous convient, du profond respect et de la révérence qui doivent caractériser nos attitudes et nos paroles.

2.1   au nom du Seigneur Jésus

C’est au nom du Seigneur Jésus que nos prières s’adressent à Dieu. «Si vous demandez quelque chose en mon nom, moi je le ferai» (Jean 14:14). «Quelque chose que vous fassiez, en parole ou en oeuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, rendant grâces par lui à Dieu le Père» (Col. 3:17). Par le Seigneur, notre grand souverain sacrificateur qui peut sympathiser à nos infirmités, nous pouvons nous approcher avec confiance du trône de la grâce (Héb. 4:14-16). En vertu des offices célestes qu’il exerce en notre faveur, nos prières présentées en son nom parviennent à Dieu comme enveloppées de sa justice et de sa sainteté.

2.2   en accord avec sa volonté.

Elles doivent être en accord avec sa volonté. «Si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute» (1 Jean 5:14). En sondant les Écritures, nous acquerrons le discernement de cette volonté. «Ne soyez pas sans intelligence, dit Paul, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur» (Éph. 5:17 et Rom. 12:2). De plus, que nos requêtes soient présentées en toute soumission, acceptant d’avance la réponse qui nous sera donnée. Combien la chose est difficile à réaliser ! Nous avons l’exemple parfait du Seigneur qui a terminé sa prière en Gethsémané par ces mots : «Non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux» (Matt. 26:39, 42).

2.3   avec droiture de coeur et intégrité

C’est avec droiture de coeur et intégrité qu’il convient d’exprimer nos prières, étant conscients que Celui qui les entend connaît nos pensées cachées et discerne les mobiles de nos requêtes. «La prière des hommes droits lui est agréable» (Prov. 15:8). David pouvait dire : «Je sais, ô mon Dieu, que tu sondes le coeur et que tu prends plaisir à la droiture» (1 Chron. 29:17), et les fils de Coré : «Il ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité» (Ps. 84:11). Le chapitre 22 des Nombres nous montre en la personne de Balaam un coeur qui manque de droiture. Sa recherche simulée de la volonté de Dieu était mêlée au désir du salaire d’iniquité pour lequel il laissa le droit chemin (2 Pierre 2:15). Combien facilement aussi nous sommes exposés à demander ce qui pourrait satisfaire nos coeurs naturels, exprimant des désirs même légitimes, mais qui ne rencontrent pas l’approbation divine. Nous en avons un exemple frappant dans la prière qu’adresse au Seigneur la mère des fils de Zébédée, touchant ses fils. Il doit lui être répondu : «Vous ne savez ce que vous demandez» (Matt. 20:20-22).

2.4   avec l’Esprit et avec intelligence

1 Corinthiens 14:15 nous dit : «Je prierai avec l’esprit, mais je prierai aussi avec l’intelligence». Pour prier avec l’esprit, il faut nécessairement que l’Esprit Saint ait une libre action en nous-mêmes, n’étant pas attristé. Ce Consolateur divin qui nous conduit dans toute la vérité (Jean 16:13) dirigera nos demandes afin qu’elles soient selon sa pensée et pour la gloire du Seigneur. Il nous aidera dans notre infirmité, nous rendant capables de demander comme il convient (Rom. 8:26). L’intelligence, don de Dieu (Dan. 1:17), ne doit pas être une entrave, ce qu’elle devient en produisant le raisonnement et en excitant l’orgueil, mais une aide mise au service de la piété et soumise à l’action de l’Esprit. Je prierai «aussi» avec l’intelligence. Si les choses de Dieu sont cachées à l’intelligence naturelle (Matt. 11:25), cette faculté, renouvelée dans le croyant, maintenue dans l’humilité, doit nous aider à discerner la pensée de Dieu. Paul a pu dire : «Je parle comme à des personnes intelligentes : jugez vous-mêmes de ce que je dis» (1 Cor. 10:15). L’esprit et l’intelligence sont requis pour la prière, comme aussi pour le chant.

2.5   Accord pour la prière en commun

Quant à la prière en commun, une condition d’exaucement de toute importance, c’est l’accord de ceux qui prient, à l’égard des choses demandées. «Si deux d’entre vous sont d’accord...». (Matt. 18:19). Les premiers chrétiens «persévéraient d’un commun accord dans la prière» (Actes 1:14). Nous sommes exhortés à avoir «une même pensée, ayant un même amour, étant d’un même sentiment, pensant à une seule et même chose» (Phil. 2:2). Quel réconfort, lorsque dans les réunions de prières, les nombreux amens qui se font entendre témoignent de ce commun accord !

2.6   La tenue

La Parole de Dieu met aussi l’accent sur la tenue que requiert la prière. L’homme, étant l’image de la gloire de Dieu, doit avoir la tête découverte. «Tout homme qui prie ayant quelque chose sur la tête, déshonore sa tête». Contrairement, la femme qui prie doit avoir la tête couverte, ayant ainsi, à cause des anges, une marque de l’autorité à laquelle elle est soumise. La Parole nous dit : «Si la femme n’est pas couverte, qu’on lui coupe aussi les cheveux», ce qui est déshonnête car la longue chevelure lui est donnée comme gloire, en guise de voile (1 Cor. 11:1-16).

 

3                        Qu’est-ce qui doit caractériser la PRIÈRE ?

3.1   La conscience de notre faiblesse, de nos besoins et de l’absence de ressources en nous-mêmes.

C’est en effet la réalisation de notre incapacité et de la nécessité du secours divin qui nous conduiront à nous rejeter sur le Seigneur par la prière. Nous ne saurions nous adresser à Lui avec une prétention quelconque. En Luc 18:9-14, son appréciation des prières prononcées par le pharisien et le publicain est très instructive. C’est dans la mesure où nous réaliserons notre impuissance qu’il nous sera possible d’apprécier la puissance de Dieu. «Use de grâce envers moi, Éternel ! car je suis défaillant» (Ps. 6:2). «Invoque-moi au jour de la détresse je te délivrerai, et tu me glorifieras» (Ps. 50:15).

 

3.2   Le sentiment de notre dépendance.

Si nous vivons dans la dépendance du Seigneur, laquelle le glorifie, nous serons conduits à lui remettre tout ce qui nous concerne. Dans les circonstances importantes de notre existence, dans le choix d’un chemin, notre recours est de dépendre de Lui, d’interroger sa bouche par la prière afin d’avoir le discernement de sa pensée. Dans l’affaire des Gabaonites, Israël qui n’a pas interrogé l’Éternel en a supporté de douloureuses conséquences. Esdras publie un jeûne... pour demander à l’Éternel le vrai chemin, pour le peuple et pour les enfants (Esdras 8:21). «Dans toutes tes voies connais-le, et il dirigera tes sentiers» (Prov. 3:6). La dépendance se manifeste aussi dans les petites choses de la vie journalière par un abandon aux soins et à la fidélité du Seigneur, qui ne saurait toutefois être de l’insouciance.

 

3.3   Une réelle confiance, une foi vivante.

Sachant que nos besoins sont parfaitement connus, que l’intention de Dieu est toujours de nous bénir et qu’il est puissant pour faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, nous avons des motifs d’être sans crainte, confiants. «Approchons-nous ... avec confiance du trône de la grâce» (Héb. 4:16). «Remets ta voie sur l’Éternel, et confie-toi en Lui ; et Lui, il agira» (Ps. 37:5). «J’ai dit de l’Éternel : Il est ma confiance et mon lieu fort ; il est mon Dieu, je me confierai en lui» (Ps. 91:2). Combien facilement nous doutons, manquant de foi dans sa puissance et sa sagesse ! Et pourtant, la Parole nous déclare quant à celui qui doute : Qu’il «ne pense pas qu’il recevra quoi que ce soit du Seigneur» (Jacq. 1:7). «Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevez, et il vous sera fait» (Marc 11:24).

 

3.4   Une disposition constante, fruit de notre communion avec le Seigneur.

Ainsi, nous ne fléchirons pas nos genoux occasionnellement, seulement lorsque des exercices particuliers préoccupent nos coeurs, mais nous le ferons aussi pour exposer ce qui constitue notre vie quotidienne, réalisant que notre vie chrétienne ainsi que le témoignage qui s’en dégage sont tissés de détails. Si rien n’est trop grand pour que la puissance de Dieu puisse le faire, rien n’est trop petit pour que son amour veuille s’en occuper. Le Seigneur lui-même enseigne aux siens qu’ils doivent toujours prier et ne pas se lasser (Luc 18:1). L’apôtre Paul écrit aux Thessaloniciens : «Priez sans cesse» (1 Thess. 5:17). Cette exhortation, sans faire nécessairement appel à un arrêt dans nos occupations, signifie une disposition continuelle de nos coeurs, la prière étant comme la respiration spirituelle de nos âmes.

 

3.5   Une pratique journalière.

Chaque jour, et plusieurs fois par jour, nous devons sentir le besoin de nous approcher de Dieu par la prière pour lui présenter par le Seigneur Jésus nos requêtes avec des actions de grâces. Quelle faveur et quelle sécurité de pouvoir lui confier dès le matin la journée qui commence. Certes, nous en sentons davantage la nécessité lorsque nous traversons l’épreuve, mais la prière doit constituer un exercice quotidien, dans la jouissance de notre proximité du Seigneur, du libre accès que nous avons auprès de Lui. Daniel, à genoux dans sa chambre et au péril de sa vie, priait trois fois par jour, en rendant grâces (Dan. 6:10). Il n’a pas attendu l’épreuve pour le faire, car il est dit : «Comme il avait fait auparavant». «Éternel ! je crie à toi, et dès le matin ma prière te prévient» (Ps. 88:13). Le Seigneur, divin modèle, priait dans un lieu désert, longtemps avant le jour (Marc 1:35).

3.6   Une activité persévérante.

Plus nous réalisons nos faiblesses et les dangers qui nous menacent, plus aussi nous aurons à coeur la gloire du Seigneur, le bien des siens et celui de tous les hommes ; alors, nous serons inclinés à persévérer dans la prière. Quant à nous-mêmes, ce sera notre sûre sauvegarde ; quant aux autres, cette persévérance sera la traduction de l’amour que nous leur portons. Comme nous l’avons déjà cité, les premiers chrétiens persévéraient dans la prière avec les femmes et avec Marie, la mère de Jésus (Actes 1:14). «Persévérez dans la prière, veillant en elle avec des actions de grâces» (Col. 4:2). «Pour nous, nous persévérerons dans la prière et dans le service de la parole» (Actes 6:4).

 

3.7   Une attente patiente.

Le Seigneur, dans sa parfaite connaissance, sait ce qu’il nous faut, mais il connaît aussi le moment propice pour répondre à nos demandes. Nous sommes facilement caractérisés par l’impatience, mais la confiance en sa sagesse nous donnera la patience pour attendre, et dans le silence, le salut de l’Éternel (Lam. 3:26). Saül, à Guilgal, n’a pas su attendre la venue de Samuel. Il «se fit violence» et offrit l’holocauste. Nous connaissons les conséquences qui sont résultées de ce fol agissement (1 Sam. 13:6-14). La patience n’est pas un fruit de la nature humaine, mais de la nature divine à laquelle nous participons (2 Pierre 1:3-7). Elle est aussi le produit de l’épreuve de notre foi (Jacq. 1:3). «Le matin, je disposerai ma prière devant toi, et j’attendrai» (Ps. 5:3).

 

3.8   Un exercice réel, l’expression de besoins précis.

Si la prière doit nous être coutumière, nous devons pourtant en bannir toute routine, tout formalisme, toute vaine redite (Matt. 6:7). Exprimons par elle les choses que nous désirons vraiment, celles que nous recherchons ardemment. Si nos requêtes sont la présentation de ce qui nous tient à coeur, elles seront ferventes, et de telles supplications peuvent beaucoup (Jacq. 5:16). Combien facilement nous restons sur les généralités, exposant même des vérités très précieuses à leur place mais qui ne constituent ni une requête, ni une action de grâces. Gardons-nous, et tout particulièrement dans les réunions de prières, de longs exposés qui transforment parfois nos prières en méditations que l’on adresse au Seigneur. Quelle fraîcheur lorsqu’une prière témoigne de besoins précis, véritables et sentis ! «Ami, prête-moi trois pains» (Luc 11:5). Le psalmiste pouvait dire : «j’ai demandé une chose à l’Éternel, je la rechercherai» (Ps. 27:4). «Isaac pria instamment l’Éternel au sujet de sa femme... et l’Éternel se rendit à ses prières» (Gen. 25:21).

 

3.9   Elle doit être sage quant à sa durée.

Dans le particulier, nous ne fatiguerons jamais le Seigneur en priant fréquemment, longuement et abondamment, lui présentant tout ce que nous avons sur le coeur. La Parole nous exhorte à prier sans cesse (1 Thess. 5:17), en tout temps (Luc 21:36), toujours (Luc 18:1). Quelle sanctification pratique découle pour nos vies de cet exercice qui nous conduit certainement au jugement de nous-mêmes. Quelle bénédiction peut résulter pour la famille et pour l’Assemblée, des heures passées à genoux par les parents, par un frère ou une soeur. Ce service, particulièrement précieux aux yeux de Dieu, est souvent ignoré de ceux qui en sont les bénéficiaires. Les Colossiens étaient un sujet constant de prières pour l’apôtre Paul (Col. 1:3, 9). Écrivant aux Corinthiens, le même serviteur leur dit que ce qui le tient assiégé tous les jours, c’est la sollicitude pour toutes les assemblées (2 Cor. 11:28). Nous avons des exemples remarquables de l’attachement au peuple de Dieu et de l’identification avec son état dans les prières d’Esdras (ch. 9:5-15) et de Daniel (ch. 9:3-19). Moïse, élu de Dieu, s’est tenu à la brèche et par ses prières, la fureur divine a été détournée d’Israël (Ps. 106:23).

Il en est autrement de la prière faite en public, en assemblée. Nous sommes exposés, dans nos réunions revêtant ce caractère, à présenter des prières trop longues, les rendant par cela moins objectives, voire même confuses. Ceux qui les entendent en éprouvent de la lassitude et sont facilement distraits. Le frère qui prie, étant la bouche de l’Assemblée, doit être exercé à le faire de telle façon que chacun puisse dire amen en sachant ce qui a été demandé, manifestant ainsi son accord avec ce qui a été dit. Il sera certainement préférable qu’un frère prie deux fois, plutôt que de présenter une abondance de besoins dans une seule action. Nos prières publiques gagneront certainement en ferveur et en fraîcheur par leur brièveté, leur simplicité et leur précision (Luc 20:47).

 

4                        Nature des différentes PRIÈRES

Les Écritures nous enseignent à prier «par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l’Esprit, et veillant à cela avec toute persévérance» (Éph. 6:18). Nos prières peuvent donc revêtir des caractères différents suivant les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons, comme aussi en fonction des dispositions de nos coeurs. Nous en citerons quelques-uns :

4.1   La demande ou requête,

La demande ou requête, sens propre du mot «prière», par laquelle nous exposons des besoins, requérant de la part de Dieu ce qui nous fait défaut. Comme croyants, nous ne demandons pas ce qui nous est déjà donné en grâce, ce que nous avons en Christ, comme par exemple la paix avec Dieu ou le pardon de nos péchés, car pour le croyant, ces choses sont acquises. Par contre, nous pouvons demander qu’il nous en accorde la jouissance, que nous en goûtions toujours plus les effets. «Exposez vos requêtes à Dieu par des prières... et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées dans le Christ Jésus» (Phil. 4:6). «Si vous demandez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai» (Jean 14:14).

4.2   La supplication

La supplication est une prière ardente et insistante, exprimée dans la conscience que Celui à qui nous la présentons est puissant comme aussi seul en mesure d’y répondre. La supplication évoque la pensée de la nécessité absolue d’obtenir la chose implorée, bien que l’humilité et la soumission soient requises dans de telles prières. Daniel pouvait dire : «Écoute, ô notre Dieu, la prière de ton serviteur et ses supplications... ce n’est pas à cause de nos justices que nous présentons devant toi nos supplications, mais à cause de tes grandes compassions» (Dan. 9:17, 18). «Prête l’oreille, ô Éternel, à la voix de mes supplications», dit David (Ps. 140:6).

4.3   La plainte

La plainte est l’expression, dans la prière, de la douleur que nous exposons au Seigneur. C’est le gémissement d’un coeur opprimé. Anne, priant longuement, incomprise d’Éli qui l’observait, doit lui dire : «Je suis une femme qui a l’esprit accablé... c’est dans la grandeur de ma plainte et de mon chagrin que j’ai parlé jusqu’à présent» (1 Sam. 1:15, 16). David, dans le Psaume 55, verset 2 , écrit : «Écoute-moi, et réponds-moi ; je m’agite dans ma plainte et je me lamente». Le psaume 102, dans son ensemble, est une plainte. (*)

(*) Note Bibliquest : «Il y a des prières qui sont comme une plainte de l’âme et qui tiennent à ce que celle-ci n’a pas la jouissance présente de la vue du Seigneur dans le sanctuaire, bien qu’elle en ait le souvenir» (JND notes sur Luc 11)

4.4   Le soupir

Le soupir est aussi une manifestation des sentiments de l’accablé. Il est entendu de Dieu, comme une prière. L’intensité des souffrances peut priver le croyant des facultés nécessaires pour prier mais ses soupirs qu’il fait monter devant Lui dans de telles circonstances sont entendus. «L’Esprit nous est en aide dans notre infirmité ; car nous ne savons pas ce qu’il faut demander comme il convient ; mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables» (Rom. 8:26). «Ne cache point ton oreille à mon soupir, à mon cri» (Lam. 3:56). Le Seigneur, dans sa parfaite sympathie, constatant les conséquences du péché auxquelles sa créature était soumise, a soupiré (Marc 7:34 et 8:12).

Le soupir est aussi l’expression d’un ardent désir, d’une aspiration profonde. «J’ai ouvert ma bouche, et j’ai soupiré ; car j’ai un ardent désir de tes commandements» (Ps. 119:131). «Toute la création ensemble soupire et est en travail... nous aussi, nous soupirons en nous-mêmes, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps» (Rom. 8:22, 23).

4.5   Le cri

Le cri est un appel pressant par lequel on réclame un secours immédiat. Celui qui crie n’a qu’un seul espoir, c’est d’être entendu, d’attirer l’attention. «J’ai crié à l’Éternel du fond de ma détresse, et il m’a répondu» (Jonas 2:3). «J’ai invoqué l’Éternel, et j’ai crié à mon Dieu : de son temple, il a entendu ma voix, et mon cri est parvenu devant lui à ses oreilles» (Ps. 18:6). Parlant prophétiquement du Seigneur, nous avons ces mots au Psaume 22, verset 2: «Mon Dieu ! je crie de jour, mais tu ne réponds point».

4.6   Le combat

Le combat est un aspect que revêt aussi la prière. Par elle, nous luttons, non «contre le sang et la chair, mais ... contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes» (Éph. 6:12). Il est frappant de constater que dans ce chapitre 6 de l’épître aux Éphésiens, la mention de la prière fait immédiatement suite à la description de l’armure complète de Dieu. Nous avons un type remarquable de la lutte contre la chair dans le combat d’Israël contre Amalek (Ex. 17). Pour nous, nous avons en Christ un intercesseur dont les mains ne s’appesantissent jamais, de sorte qu’en Lui, il est toujours possible de remporter la victoire. En nous approchant du trône de la grâce pour avoir du secours au moment opportun, nous pouvons combattre par la prière, tant individuellement que collectivement. Épaphras combattait toujours pour les Colossiens, par des prières (Col. 4:12). Paul exhorte les Romains à combattre avec lui, dans leurs prières (Rom. 15:30).

4.7   L’intercession

L’intercession est le caractère particulier et très important d’un aspect de la prière. Comme le mot l’indique, intercéder signifie agir comme médiateur, requérir une faveur pour autrui. En intercédant, nous intervenons auprès de Dieu pour le bien des autres. C’est un service de grande valeur que celui qui consiste à prier pour ceux qui sont les objets de nos affections et pour ce qui est cher au coeur du Seigneur, tout spécialement son assemblée. Plus encore, la Parole nous enseigne à prier pour ceux qui nous font du tort et nous persécutent (Matt. 5:44). Le Seigneur a intercédé pour les transgresseurs (És. 53:12 et Luc 23:34). Etienne a pu dire : «Seigneur, ne leur impute point ce péché» (Actes 7:60). La Parole contient d’innombrables exemples d’hommes de Dieu qui, s’oubliant eux-mêmes, sont intervenus en intercédant avec insistance, constance et même hardiesse, désirant ardemment le bien du peuple de Dieu. Relevons toutefois que de telles interventions ne seront agréées que dans la mesure où elles seront pratiquées en toute révérence et soumission, car nous ne saurions donner des ordres à Dieu. Moïse remplit à maintes reprises le rôle d’intercesseur. En Exode 32, après le veau d’or, il implore l’Éternel en disant : «Reviens de l’ardeur de ta colère, et repens-toi du mal que tu veux faire à ton peuple. Souviens-toi d’Abraham, d’Isaac et d’Israël... auxquels tu as juré par toi-même». Tenant dans ses mains les tables qu’il doit briser, sur lesquelles était écrite une loi inflexible, il base son intercession sur les promesses de bénédiction inconditionnelles faites aux pères (v. 13). Dans cette même circonstance, il intercède pour Aaron afin qu’il ne soit pas détruit (Deut. 9:20). Plus tard, en Nombres 14, après le mépris par le peuple du pays exploré, Moïse, à l’ouïe de la sentence divine, intercède encore. Ayant entendu auparavant, sur le mont Sinaï, la proclamation de la miséricorde, de la grâce et de la bonté de Dieu (Ex. 34:6), il intercède en faisant appel à ces mêmes caractères, disant : «comme tu as parlé». Alors l’Éternel use de grâce et se laisse fléchir en disant : «J’ai pardonné selon ta parole». Toutefois, le gouvernement s’exerce, ce qui ne saurait amoindrir la réalité du pardon. À Mitspa, Samuel prie l’Éternel pour le peuple. Conscient de la valeur de cette intercession, Israël dit au prophète : «Ne cesse pas de crier pour nous à l’Éternel» (1 Sam. 7:5-9). Ezéchias pria l’Éternel pour ceux qui mangeaient la pâque sans s’être purifiés, afin que cette négligence leur fût pardonnée ; et l’Éternel l’écouta (2 Chron. 30:18-20). Lors de la dédicace du temple de Salomon, ce roi adressa une prière à l’Éternel au cours de laquelle il intercéda pour le peuple par anticipation, disant : «S’ils ont péché contre toi... et que tu te sois irrité» et qu’ils disent : «Nous avons péché ... alors, écoute, ... leur prière et leur supplication, et fais-leur droit et pardonne» (1 Rois 8:46-50). Nous pourrions multiplier les citations en parlant de David, Esdras, Daniel, Jérémie, Paul et tant d’autres encore. L’intercession demande du discernement pour être conduits à requérir, dans nos prières, ce qui est selon la pensée de Dieu et qui contribue à la bénédiction de ceux qui en sont les objets.

Nous pouvons encore remarquer que, durant le jour de Christ, alors introduits dans la gloire, nous serons sacrificateurs, faisant partie de l’ensemble constitué par les vingt-quatre anciens qui, selon Apocalypse 5:8, tombent sur leurs faces devant l’Agneau, ayant chacun une harpe et des coupes d’or pleines de parfums qui sont les prières des saints. Comme tels, nous remplirons cet office céleste en faveur des croyants souffrant ici-bas durant la période apocalyptique, opprimés sous le règne de l’antichrist. Intéressés à leurs circonstances, nous présenterons leurs prières comme enrobées de la justice divine (coupes d’or). N’est-il pas bienfaisant de penser que la sacrificature que nous exerçons présentement se poursuivra d’une façon parfaite dans le ciel à l’égard des saints se trouvant sur la terre durant le jour du Seigneur ?

Pour nous-mêmes, il nous est dit que l’Esprit intercède par des soupirs inexprimables (Rom. 8:26). L’épître aux Hébreux développe richement l’office céleste qu’exerce le Seigneur en notre faveur, en tant qu’intercesseur, étant toujours vivant pour intercéder pour nous (ch. 7:25 et Rom. 8:34). Comme tel, divin et parfait médiateur, il prie en notre faveur et paraît devant Dieu pour nous afin que nous recevions la bénédiction dont nous avons besoin. Nous reprendrons ce sujet ultérieurement.

4.8   La confession

La confession est l’acte par lequel on avoue un mal commis. Devant Dieu, c’est la prière qui consiste à déclarer son péché, à nommer sa faute, en lui disant : J’ai fait ceci ou cela. Il est certainement plus pénible de confesser un manquement que de s’humilier d’une façon générale. Le chapitre 5 du Lévitique (v. 5) est très instructif : le coupable confessera ce en quoi il aura péché, ensuite de quoi seulement, le sacrifice peut être offert pour sa purification. Lorsqu’un croyant a péché, il doit le confesser. 1 Jean 1:9 est très clair : «Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité». Remarquons qu’il n’est pas dit de demander le pardon, mais de confesser notre péché afin que la jouissance de ce pardon nous soit accordée par le rétablissement de la communion interrompue. Le Seigneur est fidèle et juste en nous pardonnant ce que nous confessons, en vertu de la perfection et de la pleine suffisance de son oeuvre. Cette confession doit être accompagnée du désir d’être délivrés du piège dans lequel nous sommes tombés. «Celui qui les confesse (ses transgressions) et les abandonne, obtiendra miséricorde» (Prov. 28:13). En outre, nous sommes exhortés à confesser nos fautes l’un à l’autre, dans la confiance et l’amour réciproques, afin que, par la prière, Dieu puisse agir en restaurant celui qui a péché (Jacq. 5:15, 16). La Parole mentionne de nombreux hommes de Dieu qui ont confessé personnellement le péché du peuple, celui-ci n’étant pas exercé pour le faire. Conscients de leur identification avec l’état de l’ensemble, ils déclarent ce péché devant Dieu comme étant aussi le leur. Daniel pria l’Éternel son Dieu et fit sa confession, disant : «Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité...». (Dan. 9:4, 5). Autre chose est la confession qui signifie une affirmation, une déclaration publique : «Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé» (Rom. 10:9).

4.9   L’humiliation.

Si la confession est un acte, l’humiliation est plutôt un état d’âme, dans lequel on mène deuil à la suite de péchés commis. Elle se poursuit après la confession. En nous humiliant, nous jugeons le mal, ayant à son égard la même appréciation que Dieu. Nous avons des motifs constants de nous humilier dans nos prières pour nos manquements personnels, nos inconséquences, nos infidélités. L’Éternel dit à Élie : «Vois-tu comment Achab s’est humilié devant moi ? Parce qu’il s’est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le mal en ses jours» (1 Rois 21:29). «Ezéchias s’humilia de ce que son coeur s’était élevé, lui et les habitants de Jérusalem ; et la colère de l’Éternel ne vint pas sur eux» (2 Chron. 32:26). Quand Manassé fut dans la détresse, «il implora l’Éternel, son Dieu, et s’humilia beaucoup devant le Dieu de ses pères, et le pria ; et il se laissa fléchir par lui, et écouta sa supplication» (2 Chron. 33:12, 13). «Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu» (1 Pierre 5:6). Une telle humiliation s’accompagne nécessairement du jugement de nous-mêmes devant Dieu. Ceci nous conduira, non pas à nous décourager, mais à élever nos regards vers le trône de la grâce pour recevoir du secours au moment opportun.

Si nous avons des motifs personnels de nous humilier, il existe aussi des sujets collectifs d’humiliation. En vertu de la vérité fondamentale de l’unité du corps, particulièrement développée dans la première épître aux Corinthiens, tous les croyants constituent un seul corps duquel ils sont membres, de sorte que si l’un souffre, tous souffrent avec lui (12:26). C’est la raison pour laquelle nous avons des réunions d’humiliation dans lesquelles l’Assemblée mène deuil, prenant sur elle, devant Dieu, le péché d’un frère ou d’une soeur. Celui qui a commis la faute peut s’être personnellement humilié, ce qui est fort souhaitable, mais l’Assemblée doit être purifiée de la souillure qui est dans son sein, car la confession du coupable ne peut suppléer à l’action de l’Assemblée. Le mal au milieu d’elle est incompatible avec la sainteté qui la caractérise. Elle en est solidaire et doit le confesser, s’en humilier et en être purifiée, travail pouvant nécessiter le retranchement de celui qui porte le caractère de méchant. L’ôtant du milieu d’elle, elle se montre pure dans l’affaire (2 Cor. 7:11). Lorsqu’une telle discipline est exercée en Assemblée, il est indispensable qu’elle soit précédée d’une réunion d’humiliation. Cette importante vérité nous est démontrée en type dans le péché d’Acan (Josué 7). Un seul homme avait vu, convoité, toutefois, le peuple entier est coupable. Le verset 11 est très frappant : «Israël a péché, et même ils ont transgressé mon alliance que je leur avais commandée, et même ils ont pris de l’anathème, et même ils ont volé, et même ils ont menti, et ils l’ont aussi mis dans leur bagage». Qu’est-ce qui fit revenir l’Éternel de l’ardeur de sa colère ? C’est le fait d’ôter le mal. «Et tout Israël le lapida...». (v. 25). L’ensemble du peuple s’associe à cet acte de purification. Son affliction et la réalisation de la gravité du mal produisent l’énergie pour agir, car l’humiliation et l’action vont de pair. Nous citons un cas extrême, mais rappelons-nous qu’il y a toujours lieu de nous humilier dans nos réunions de prières habituelles en constatant l’abandon si facile du rassemblement, le développement de la mondanité, le manque croissant de besoins spirituels, et tant d’autres choses encore.

La Parole nous enseigne aussi que la conscience de notre identification avec les faiblesses de l’ensemble nous conduit à les porter sur nos coeurs, nous en humiliant aussi dans nos prières personnelles. C’est là un autre aspect de la même vérité.

Nous ne citerons qu’un cas mentionné dans les Écritures, celui d’Esdras qui, dans la solitude, son manteau et sa robe déchirés, pleurait et menait deuil sur les péchés du peuple, lequel s’était allié par mariage à des femmes étrangères au peuple de Dieu. Il peut dire dans son humiliation : «Je suis confus, et j’ai honte de lever ma face vers toi, ô mon Dieu, car nos iniquités se sont multipliées par-dessus nos têtes» (9:6). L’attitude de cet homme pieux toucha la conscience du peuple coupable, de sorte qu’il se rassembla une très grande congrégation qui, dans les pleurs, confessa son péché et fut par cela animée de l’énergie nécessaire pour se séparer du mal.

Soyons préservés d’indifférence en constatant la ruine de l’Église et nos infidélités qui ternissent le témoignage, mais qu’au contraire l’ardent désir de la gloire du Seigneur et l’amour pour les siens nous conduisent à souffrir d’un tel état de choses, le portant avec humiliation sur nos coeurs devant Dieu par nos prières individuelles, implorant ses grandes compassions sur ce qui est appelé de son Nom (voir Dan. 9:17-20).

Après avoir énuméré de nombreux caractères des prières par lesquelles nous exposons nos requêtes à Celui qui peut répondre à tous nos besoins, il est bienfaisant de considérer brièvement les diverses actions par lesquelles nos bouches sont ouvertes pour offrir à Dieu, par le Seigneur Jésus, ce qu’il est en droit d’attendre de ceux qui sont les objets de son amour. Nous ne saurions présenter, dans nos prières, quoi que ce soit d’agréable, qui ait sa source en nous-mêmes. Le fruit des lèvres qui lui est agréable est tout premièrement la confession du nom de son Fils bien-aimé, comme aussi ce que sa grâce a produit en nous (Héb. 13:15). «Ouvre ta bouche toute grande, et je la remplirai» (Ps. 81:10).

4.10                      L’action de grâces

L’action de grâces est l’expression de notre reconnaissance associée à la conscience que tout ce pour quoi nous remercions est le fruit de la pure grâce de Dieu. La réalisation de nos privilèges immérités doit produire des actions de grâces. Nous sommes exhortés à les joindre à nos demandes. «Exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces» (Phil. 4:6). Paul écrit aux Colossiens : «Marchez en lui, enracinés et édifiés en lui, et affermis dans la foi... abondant en elle avec des actions de grâces» (2:7).

4.11                      La louange

La louange consiste à proclamer les vertus, faire l’éloge d’une personne. Par notre louange, nous donnons gloire à Dieu, Père et Fils. Elle s’exprime d’une façon particulière par le chant. Le cantique de louange qui a retenti sur les bords de la mer Rouge après qu’elle eut été traversée par Israël, et par lequel le peuple a proclamé la puissance de l’Éternel en délivrance, en est un exemple frappant. Remarquons que les cinq derniers psaumes revêtent tout particulièrement le caractère de la louange, chacun d’eux commençant et se terminant par ces mots : «Louez Jah» ou «Alléluia» ! Notre louange a une source divine et son objet est une personne divine. «De toi vient ma louange» (Ps. 22:25) et : «Tu es le sujet continuel de ma louange» (Ps. 71:6). Pourquoi ? parce qu’Il est fort digne d’être loué (Ps. 96:4). Certes, elle est toujours à sa place et bienfaisante dans nos prières et nous avons des motifs constants de l’exprimer. La confession du nom de Jésus constitue pour Dieu un sacrifice de louange qui lui est agréable. Nebucadnetsar, ayant recouvré son intelligence, l’a premièrement employée pour louer et magnifier Celui qui vit éternellement (Dan. 4:34). David, délivré de la main de Saül, dit : «Je crierai à l’Éternel, qui est digne d’être loué «(2 Sam. 22:4). Le Seigneur lui-même commence sa prière par ces paroles : «Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre...» (Luc 10:21). Notons que la louange peut être adressée à l’homme, alors que l’adoration, dont nous parlerons plus loin, ne peut avoir pour objet que Dieu seul. L’apôtre Paul loue les Corinthiens au chapitre 11, verset 2 de sa première épître alors qu’au verset 22 du même chapitre, il est empêché de le faire.

4.12                      L’exaltation

L’exaltation consiste à élever en gloire, à porter très haut la personne qui en est l’objet. En louant, nous exaltons, nous célébrons, nous proclamons hautement les gloires de la personne divine. À l’abaissement de notre Sauveur, à son anéantissement volontaire, répond sa haute élévation, son exaltation par la droite de Dieu (Phil. 2:611 et Actes 2:33). Le considérant comme tel, élevé et placé très haut (És. 52:13), nos coeurs éprouvent des sentiments en accord avec sa position et l’exaltent. Israël pouvait dire à l’Éternel : «Il s’est hautement élevé... Il est mon Dieu, et je lui préparerai une habitation, le Dieu de mon père, et je l’exalterai» (Ex. 15:1, 2). «Éternel ! je t’exalterai, parce que tu m’as délivré» (Ps. 30:1). «Exaltons ensemble son nom» (Ps. 34:3). Ainsi, lorsque nous nous adressons à Lui, individuellement ou collectivement, il convient d’exalter son beau nom qui lui a été donné au-dessus de tout nom.

4.13                      L’adoration

L’adoration est l’action par laquelle on rend culte. Si la créature peut être louée, l’adoration n’est due qu’à Dieu le Père et Dieu le Fils, exclusivement. «Il est ton seigneur : adore-le» (Ps. 45:11). Par conséquent, il est inconvenant de faire usage de ce terme à l’égard de nos semblables et plus encore de choses que nous aimons. Lorsque les croyants adorent ensemble — et c’est là leur privilège le plus élevé — ils répondent au désir du coeur de Dieu car, ainsi que le Seigneur se plait à le révéler à la femme samaritaine, le Père cherche des adorateurs qui l’adorent en esprit et en vérité. L’adoration est donc un service accordé aux croyants déjà ici-bas, mais qui constituera leur activité parfaite et incessante durant l’éternité. L’enfant de Dieu qui rend culte remplit l’office de sacrificateur (ce qui n’était réservé qu’à la famille d’Aaron) et, pénétrant dans les lieux saints par le chemin nouveau et vivant qui nous a été consacré à travers le voile, c’est-à-dire la chair du Seigneur Jésus, il se tient devant Dieu sans conscience de péché, revêtu de la justice et de la sainteté de Christ. Placé dans cette position bénie, devant l’autel d’or, qu’offre-t-il ? Quel peut être le parfum de son adoration si ce n’est la personne de son Sauveur et Seigneur dont les perfections glorieuses et infinies constituent un encens pur et sans mélange, agréable à Dieu. En effet, la note la plus élevée du culte est la présentation à Dieu de l’excellence du Fils, car il remplit son coeur, comme aussi le nôtre. David pouvait dire : «Tout vient de toi ; et ce qui vient de ta main, nous te le donnons» (1 Chron. 29:14). C’est aussi dans la mesure où nous aurons été occupés de lui chaque jour, que nous pourrons déposer à l’heure du culte en assemblée, des corbeilles remplies, lui exprimant ce que nos coeurs ont composé à son sujet (Deut. 26:1-4 ; Ps. 45:1). Le culte ne peut être réalisé que collectivement. Nous rendons culte par l’Esprit (Phil. 3:3). Ainsi, cette appellation ne convient pas à la lecture individuelle ou en famille, pas plus qu’à tout service religieux.

En rapport avec la prière, notons que l’adoration, en tant que disposition de coeur, n’appartient pas exclusivement au culte en assemblée, car elle a toujours sa place dans nos prières. La conscience de ce qu’est le Seigneur, de notre position en Lui devant notre Dieu et Père produira une adoration constante, dont nos prières seront empreintes.

 

5                        Pour qui et par qui les PRIÈRES sont elles adressées ?

5.1   Prier pour nous-mêmes

La conscience de notre faiblesse nous conduit nécessairement à prier pour nous-mêmes, à exposer nos besoins personnels. Nous ne lasserons jamais le Seigneur en manifestant par de telles prières une constante dépendance, sachant qu’il porte intérêt à tout ce qui nous concerne, à tout ce qui nous préoccupe. Outre la nécessité que nous éprouvons de faire appel quotidiennement à son aide, à sa garde et à ses directions, tout croyant connaît des exercices qu’il ne peut exposer qu’au Seigneur. David a pu dire à plusieurs reprises :

«Use de grâce envers moi, ô Dieu» (Ps. 51 ; 56 ; 57). Que de fois trouvons-nous dans la Parole des prières par lesquelles le fidèle fait appel pour lui-même au secours divin, telles que : Sauve-moi (Ps. 22:21), soutiens-moi (Ps. 119:116, 117), aide-moi (Ps. 109:26), garde-moi (Ps. 141:9), conduis-moi (Ps. 5:8), délivre-moi (Ps. 39:8), etc.

Toutefois, il est frappant de constater que les prières ayant pour objet un désir individuel particulier sont parfois limitées quant à leur insistance, ce qui nous enseigne que de telles requêtes doivent être accompagnées d’une disposition de soumission à la volonté du Seigneur. Les Écritures nous présentent des exemples remarquables : Paul a supplié trois fois le Seigneur afin que l’écharde dans la chair lui soit enlevée. Quelle est la réponse divine : «Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité» (2 Cor. 12:8, 9). Le Seigneur, dans ses souffrances par anticipation dans le jardin de Gethsémané, prie à trois reprises, demandant dans une soumission parfaite s’il était possible que cette coupe passe loin de lui (Matt. 26:39-44). Quelle fut la réponse ? Le silence de Dieu par lequel fut accomplie la parole prophétique : «Je crie de jour, mais tu ne réponds point ; et de nuit, et il n’y a point de repos pour moi» (Ps. 22:2).

5.2   Prier pour autrui.

Nous sommes également enseignés à prier pour autrui. La Parole nous invite à le faire pour tous les hommes, pour ceux qui sont haut placés, pour tous les saints, pour les assemblées, pour nos familles. Lorsque nous avons particulièrement à coeur le bien d’une ou de plusieurs personnes, ne craignons pas de les nommer dans nos prières. Paul faisait sans cesse mention des Romains dans ses prières (Rom. 1:10), se souvenant aussi constamment de Timothée, son véritable enfant dans la foi (2 Tim. 1:3). Abraham prie avec hardiesse et persévérance pour les justes pouvant se trouver à Sodome (Gen. 18:22-33). Le même serviteur pria pour Abimélec (Gen. 20:17), Job pria pour ses amis (Job 42:8), le Seigneur pria pour Pierre (Luc 22:32). L’apôtre Jacques nous exhorte à prier l’un pour l’autre (5:16). Quel service précieux, silencieux mais efficace. Rappelons encore que Joseph, type de Christ, a rapporté premièrement à son père la mauvaise renommée de ses frères. Qu’il en soit de même pour nous ; si le témoignage défectueux d’un croyant nous est un sujet de souffrance, parlons-en aussi premièrement au Seigneur dans nos prières afin qu’il nous donne la sagesse pour en parler ensuite de sa part à la personne dont nous désirons le bien. Hélas, nous devons reconnaître combien plus facilement nous persévérons dans la prière lorsque nos propres besoins sont en cause, plutôt que lorsqu’il s’agit de ceux d’autrui.

5.3   Prières des autres pour nous.

Inversement, il y a les prières des autres pour nous. Lorsque nous connaissons l’épreuve, la maladie, le deuil ou si nous passons par des exercices particuliers, quel réconfort de savoir que nous sommes les objets des prières de notre famille, des croyants, de l’assemblée même. En Actes 12:5, l’assemblée faisait d’instantes prières à Dieu pour Pierre. Paul espérait l’exaucement des prières de Philémon et de l’assemblée à son sujet (Philémon 22). Simon, conscient de son triste état spirituel, fait appel aux prières de Pierre et de Jean (Actes 8:24). Souvent, les enfants de croyants, élevés dans une atmosphère familiale de piété, ne réalisent que plus tard, étant parvenus à l’âge mûr, la valeur des nombreuses prières qui sont montées pour eux devant le trône de la grâce par leurs parents. Paul, écrivant à Timothée son enfant bien-aimé, lui rappelle qu’il se souvient constamment de lui dans ses supplications, faisant mention de la foi sincère qui avait habité dans sa grand-mère, comme aussi dans sa mère. Ces femmes pieuses ont certainement beaucoup prié pour ce jeune homme de Dieu.

Parmi les prières dont nous sommes les heureux bénéficiaires, celles que le Seigneur adresse à Dieu pour nous sont de toute évidence les plus précieuses, puisque parfaites. Il est certainement utile de rappeler les offices célestes qu’il exerce en notre faveur, en tant qu’intercesseur, souverain sacrificateur et avocat. Nous n’avons pas à faire appel aux prières du Seigneur pour nous, car il nous assure de la permanence de son service.

Comme Intercesseur, son activité est basée sur notre acceptation devant Dieu en vertu de la perfection de son oeuvre. Notre position en Lui, fermement établie, constitue le fondement même de son intercession. Il est donc hors de doute que cet office divin n’est exercé qu’en faveur des croyants, de ceux qui ont vraiment la vie (Jean 17:9). Ce sujet est magnifiquement présenté dans l’épître aux Hébreux qui, s’adressant à des chrétiens, les considère sur la terre en relation avec Christ. Bien que séparé d’eux, il est constamment présent devant Dieu pour eux. D’une part, nous sommes saints, justes, parfaits, irréprochables, irrépréhensibles, agréables dans le Bien-aimé et justice de Dieu en Lui. C’est là notre position. De tels caractères glorieux nous sont acquis déjà présentement en conséquence du fait que le Seigneur s’est livré lui-même, communiquant aux siens sa propre nature. D’autre part, tant que nous sommes dans le corps, nous demeurons faibles et faillissons souvent (Jacq. 3:2), étant dans un monde qui nous expose à être inconséquents quant à la réalisation et à la manifestation de nos caractères célestes. C’est à cause de cet état de choses que le Seigneur prie pour nous. Ainsi, pendant que nous sommes sur la terre, il est actif en notre faveur, étant toujours vivant pour intercéder pour nous (Héb. 7:25). «C’est Christ qui est mort, mais plutôt qui est aussi ressuscité, qui est aussi à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous» (Rom. 8:34). Ce service céleste du Seigneur revêt deux caractères. Il est notre Sacrificateur devant Dieu et notre Avocat auprès du Père.

Comme Sacrificateur, le Seigneur, Homme glorifié assis à la droite de la majesté, se tient devant Dieu et intervient pour les siens qu’il nomme ses frères, afin qu’ils ne pèchent pas. Nous lisons au chapitre 4, de l’épître aux Hébreux : «Ayant donc un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme notre confession ; car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse sympathiser à nos infirmités, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché» (v. 14 et 15). Sa vie au cours de laquelle il fut l’homme de douleurs auquel nulle souffrance n’a été épargnée, le rend à même de secourir ceux qui sont tentés et de sympathiser parfaitement à nos infirmités. Remarquons qu’il ne sympathise jamais à nos péchés, mais à nos faiblesses, à nos combats, étant actif en notre faveur afin que nous recevions le secours au moment opportun. Aussi sommes-nous invités par la Parole à nous approcher avec confiance du trône de la grâce, en vertu de la présence de notre souverain sacrificateur, Jésus, qui nous en garantit l’accès. Nous n’allons pas à lui comme tel, mais à Dieu par Christ qui remplit pour nous cet office perpétuel et intransmissible par lequel il peut nous sauver entièrement, c’est-à-dire jusqu’à l’achèvement (Héb. 7:25). Le Seigneur, encore sur la terre, anticipe en quelque sorte ce service d’intercesseur lorsqu’il dit à Pierre avant sa chute : «J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas». Ce disciple devait apprendre où sa confiance en la chair le conduirait, mais il est l’objet de la prière de Celui qu’il va renier afin qu’il ne perde pas courage et qu’il soit rendu capable, étant revenu, de fortifier ses frères (Luc 22:31, 32).

En Christ, nous avons un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu, par lequel nous pouvons pénétrer en pleine liberté dans les lieux saints, en vertu du chemin nouveau et vivant qui nous a été consacré au travers du voile, c’est-à-dire sa chair (Héb. 10:19-22). Sous l’ancienne alliance, seul le souverain sacrificateur entrait une fois l’an dans le lieu très saint, et non sans du sang offert pour ses propres fautes et celles du peuple. Placé devant le trône de Dieu, subsistant en vertu du sang dont il faisait aspersion, il pouvait remplir son office, faisant propitiation pour lui-même, pour sa maison et pour toute la congrégation d’Israël (Lév. 16:17). Dans un tel lieu, Aaron portait devant Dieu, sur ses épaules et sur son coeur les noms des douze tribus, gravés sur les pierres précieuses. Une lame d’or sur laquelle étaient également gravés les mots «Sainteté à l’Éternel» était placée sur le devant de la tiare, de sorte qu’il portait l’iniquité des choses saintes que les fils d’Israël avaient sanctifiées (Ex. 28:38). Ceci nous parle en type de l’expiation opérée par le sang de Christ et de son application aux croyants. Notre grand souverain sacrificateur est entré dans le ciel même avec son propre sang afin de paraître pour nous devant la face de Dieu. Le chemin étant ainsi frayé jusque dans le sanctuaire, tout croyant est invité à y pénétrer, à s’approcher avec un coeur vrai, en pleine assurance de foi, ayant le coeur par aspersion purifié d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’eau pure (Héb. 10:19-22). Quelle sécurité de savoir, lorsque nous rendons culte, qu’il présente à Dieu nos sacrifices spirituels ; il les rend parfaits, purifiant mieux qu’Aaron nos offrandes de leurs imperfections. Christ est la mesure de notre acceptation devant Dieu. Nous sommes en Lui, de sorte que notre adoration parvient à Dieu comme enveloppée de ses perfections et empreinte de sa sainteté.

Comme Avocat, le Seigneur intercède également pour nous, agissant comme tel lorsque nous avons manqué. «Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste ; et lui est la propitiation pour nos péchés» (1 Jean 2:1). Intercédant en notre faveur, il plaide notre cause, toujours en vertu de la perfection de son oeuvre. Lorsque nous péchons, il intervient afin que la communion interrompue soit rétablie et que notre âme soit restaurée. Précisons qu’il n’intercède pas en vue du rétablissement de notre position, puisqu’elle est inébranlable, mais afin que la jouissance nous en soit rendue. Là encore, nous n’avons pas à requérir son intervention, car son amour pour nous le fait agir selon qu’il est écrit : Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat. Par sa Parole, il agit dans nos coeurs et sur nos consciences, produisant la confession de nos fautes de laquelle résulte la réalisation du pardon qu’il nous a acquis et une entière purification. Le lavage des pieds que le Seigneur opère en Jean, chapitre 13, établit la doctrine de l’intercession de Christ comme Avocat. Dans cet acte il n’est pas question de sang mais d’eau car ce service divin s’exerce à l’égard de ceux qui sont déjà nets, sanctifiés, mais qui, laissés dans ce monde, ont contracté de la souillure dans leur marche. Dans cette scène, le Seigneur prend déjà place dans le ciel où il demeure à toujours le serviteur des siens. Notre divin Avocat agit par sa Parole et son Esprit, opérant ainsi la purification des impuretés attachées à nos pieds, en vue du maintien, voire du rétablissement de notre communion avec le Père, qui existe en vertu des relations dans lesquelles il nous a placés.

Nous pourrions nous étendre avec profit sur un sujet aussi important. Nous nous en abstenons toutefois en raison du caractère de ces lignes ayant pour but d’attirer notre attention sur la valeur infinie des prières du Seigneur pour nous. Nous concluons en précisant encore que l’intercession de Christ, sa sacrificature et son intervention en tant qu’Avocat n’ont pas pour effet d’introduire l’homme dans des relations avec Dieu, mais que de tels offices ne s’exercent précisément qu’en faveur de ceux qui y sont établis. En effet, tout repose sur le fondement de la justice de Dieu satisfaite en Christ et de son oeuvre parfaite en vertu de laquelle notre position devant Dieu est assurée. La compréhension et l’appréciation de l’activité constante du Seigneur pour nous produiront nécessairement des sentiments accrus de sécurité et de confiance qui sont à sa gloire. Pendant que nous combattons ici-bas nous sommes les objets des soins attentifs, de la sollicitude pleine d’amour de Celui qui est élevé plus haut que les cieux.

 

Plein de sympathie,

De tendre bonté,

Jamais tu n’oublies

Aucun racheté.

C’est Toi qui nous aides

Dans chaque combat,

Et pour nous tu plaides,

Divin Avocat !

 

6                        À qui la PRIÈRE est-elle adressée ?

6.1   Ancien Testament

Dès les premiers temps, des hommes ont senti le besoin de s’adresser à Dieu. L’Ancien Testament fait mention de nombreux hommes de foi, d’hommes de prière, tels qu’Abraham, Moïse, Samuel, comme aussi les prophètes (Gen. 4:26; Ps. 99:6). Mais si remarquable que soit leur foi par laquelle ils ont été justifiés, ces serviteurs pieux ne pouvaient pas s’adresser au Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ.

6.2   Prières adressées au Père

Le Seigneur ayant accompli son oeuvre, étant ressuscité et assis à la droite de Dieu, il a envoyé de la part du Père le Saint Esprit, le Consolateur annoncé (Jean 14:16) qui, au jour de la Pentecôte, est venu habiter dans les croyants et dans l’assemblée dès lors constituée. Ce fait merveilleux a produit un changement d’une grande et précieuse importance quant à la nature de leurs relations avec Dieu devenu leur Père et le Seigneur glorifié. Ce privilège étant le partage de tout racheté du Seigneur, il peut par conséquent adresser sans crainte ses prières à son Dieu et Père, et au nom du Seigneur Jésus.

Parvenu au terme de son ministère sur la terre et avant de quitter ses disciples, le Seigneur leur a déclaré : «Toutes les choses que vous demanderez au Père en mon nom, il vous les donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit accomplie». Puis, évoquant le jour de la grâce, la dispensation dans laquelle nous sommes encore, il leur dit : «En ce jour-là, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que moi je ferai des demandes au Père pour vous ; car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et que vous avez cru que moi je suis sorti d’auprès de Dieu» (Jean 16:23-24, 26-27). Le Seigneur leur enseigne que leur condition qui résultera de son oeuvre leur permettra de s’adresser directement au Père sans recourir au Seigneur comme intermédiaire (ce que pensait Marthe selon ses paroles de Jean 11:22). L’amour du Père pour ses enfants rendus agréables dans le bien-aimé leur ouvre un libre accès au trône de la grâce.

Si la conscience et la jouissance de notre relation d’enfant nous permet de nous adresser à notre Père, il n’en demeure pas moins que nos prières lui sont présentées dans le nom du Seigneur Jésus qui nous donne cette promesse de Jean 14:13-14 : «Quoi que vous demandiez en mon nom je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, moi je le ferai». Ces paroles impliquent la conviction que ce que nous demandons est selon sa volonté et que le but de l’exaucement est que le Père soit glorifié dans le Fils. Une prière faite au nom du Seigneur est donc adressée au Père. On ne saurait exprimer une requête ou une action de grâce au Seigneur en le faisant en son nom.

Par ailleurs, il est sans doute utile de noter que l’apôtre Jean qui traite tout particulièrement le sujet de la relation d’enfants de Dieu, la rattache au Père (1 Jean 3:1-2). L’évocation de la nature de cette relation filiale abonde dans son évangile comme aussi dans ses épîtres. La nature de la relation d’enfant souligne le privilège de s’adresser à son Père, ce que l’apôtre Jean développe tout particulièrement.

6.3   Prières adressées au Seigneur Jésus

En revanche, la relation des saints en tant qu’Assemblée ou Église est plus particulièrement avec Christ comme Seigneur ou chef de l’Assemblée, tête du corps : Les Actes et les épîtres de l’apôtre Paul (2 Cor. 6:17 ; 1 Cor. 14:37 ; 2 Tim. 2:22 ; voir aussi Héb. 8:2 dont l’auteur n’est pas précisé) mettent spécialement l’accent sur ce point. Les prières adressées alors au Seigneur Jésus ont tout à fait leur place. Les croyants réunis autour du Seigneur Jésus et en son nom (selon Matt. 18:20), le sont autour de Celui qui est Seigneur et Maître de sa maison (Jean 13:13 ; Héb. 3:6). Éphésiens 5 :25-32 met un accent particulier sur la relation de Christ avec son Assemblée et les dispositions qu’Il attend de son Épouse.

On ne peut toutefois pas établir une règle selon laquelle les prières individuelles seraient adressées au Père et les prières d’Assemblée, au Seigneur. Une telle règle ne serait pas justifiable. L’Assemblée, épouse de Christ, est aussi l’assemblée du Dieu vivant, la maison de Dieu (1 Tim. 3:15). Dans les réunions d’Assemblée, on ne peut pas non plus dire qu’il faut, en général, s’adresser plutôt au Père qu’au Seigneur, ou l’inverse.

Par ailleurs, l’indissolubilité, l’unité sont si entières entre le Père et le Fils, que ce qui s’adresse à l’un l’est aussi à l’autre, comme aussi ce que nous recevons du Père, vient aussi du Seigneur, et réciproquement. Nous connaissons en effet l’évocation «Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ» (2 Cor. 1:3 ; Éph. 1:3 ; 1 Pierre 1:3), comme aussi «moi et le Père nous sommes un» (Jean 10:30).

Nombreuses sont les interpellations «Seigneur» dans l’Ancien Testament, notamment dans les Psaumes. Daniel, s’adressant à son Dieu, dit : «Seigneur, écoute, Seigneur pardonne…» (Dan. 9:19). Le croyant peut s’adresser aussi bien au Père qu’au Seigneur.

6.4   Prières par l’Esprit, non pas adressées à l’Esprit

Outre l’immense privilège accordé aux disciples amenés dans une position nouvelle en vertu de la rédemption, il leur est accordé de pouvoir prier par l’Esprit, ce qui était impossible avant qu’il habite en eux. Le Seigneur ne leur a pas enseigné une nouvelle prière dominicale, mais une nouvelle manière de prier. De nombreux passages soulignent l’action du Saint Esprit en rapport avec la prière et l’adoration (Éph. 2:18 ; 5:18-20 et 6:18 ; Rom. 8:15 ; Jude 20 et d’autres encore). Ayant cru, étant scellés du Saint Esprit et notre corps étant le temple de cet hôte divin, le croyant est appelé à marcher, à agir sous la direction de cette puissance bénie. La vie chrétienne doit être marquée par l’action du Saint Esprit. Le croyant prie et chante avec l’esprit et l’intelligence purifiée (1 Cor. 14:15), la diversité des dons de grâce s’accomplit par le même Esprit (1 Cor. 12:4) et nous rendons culte par l’Esprit de Dieu (Phil. 3:3). Plusieurs passages démontrent que l’esprit qui anime la nouvelle vie du croyant et le Saint Esprit sont étroitement liés, son esprit étant imprégné du Saint Esprit (voir Rom. 8:16 ; 1 Cor. 6:17 ; et en rapport avec la prière, Rom. 8:26-27). 2 Tim. 2:7 nous dit que «Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance d’amour et de conseil (ou de sobre bon sens)» : Les caractères de l’esprit du racheté ne peuvent qu’être le résultat de la présence et de l’activité du Saint Esprit en lui. Ils ne peuvent être manifestés dans l’esprit du non-croyant, ou du croyant marchant charnellement.

Bien que le Saint Esprit appartienne à la Trinité, à la Déité, ce n’est pas à lui que nous adressons nos prières, mais par lui que nous les présentons à Dieu notre Père, au Seigneur Jésus. Nous ne pouvons pas prier par l’Esprit au même Saint Esprit qui habite en nous, mais il dirige nos coeurs vers le Père et vers le Seigneur, nourrissant nos âmes de l’amour divin.

«Mais vous, bien-aimés, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, priant par le Saint Esprit, conservez-vous dans l’amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre Seigneur jésus Christ pour la vie éternelle» (Jude 20).

6.5   Prières à l’occasion du culte de l’Assemblée

Dans ce type de réunions, comme pour les autres circonstances, il convient de rechercher ce qui est bienséant, de prier avec l’Esprit, mais aussi avec l’intelligence spirituelle, sans pour autant établir des règles, ou exiger une orthodoxie qui pourrait nuire à l’élan du coeur de l’adorateur..

Le Seigneur nous dit que l’heure est venue en laquelle les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité (Jean 4:23). C’est ce que le Père recherche, c’est ce que le Fils lui a apporté, ayant fait des siens un royaume de sacrificateurs pour son Dieu et Père (Apoc. 1:6). Nous présentons au Père l’excellence de la victime et la perfection de l’oeuvre accomplie par Celui qu’il nous a donné. L’adoration s’adresse ainsi premièrement au Père auquel nous sommes amenés par le chemin que le Fils nous a frayé, et en qui nous sommes rendus agréables.

Quant à la Cène, il s’agit du mémorial du Seigneur, de sa personne et de son oeuvre. «Faites ceci en mémoire de moi,… vous annoncez la mort du Seigneur» (1 Cor. 11:24, 26). L’apôtre nous communique ce qu’il a reçu du Seigneur (1 Cor. 11:23). Rompre le pain et boire la coupe du Seigneur (1 Cor. 11:26) exprime la communion du corps et du sang du Christ (10:16). On ne voit guère que les actions de grâces exprimées à la Cène soient à l’adresse du Père, mais il est évident que l’oeuvre du Seigneur nous introduit devant le Père (Éph. 2:18), dans les lieux saints (Héb. 10:19). Il y a par conséquent une différence entre les prières du culte et celles de la Cène.

6.6   Conclusion sur le sujet de l’adresse des prières

Les lignes qui précèdent sont plus des pensées à propos des sujets abordés, plutôt que des directives à suivre strictement. Il est non seulement profitable, mais aussi nécessaire de rechercher la pensée du Seigneur, tout en gardant la conscience de nos limites. Prenons garde de sombrer dans l’intellectualisme qui appauvrit facilement les affections pour Christ

 

7                        Lieux de PRIÈRES

Dans la première épître à Timothée, nous lisons : «Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, élevant des mains saintes, sans colère et sans raisonnement» (ch. 2:8). Selon le caractère de cette lettre de l’apôtre Paul qui traite de l’ordre divin dans la maison de Dieu (ch. 3:15), cet enseignement établit que les hommes croyants sont appelés à prier publiquement en tout lieu où cette maison spirituelle existe, où ses caractères sont réalisés, c’est-à-dire là où deux ou trois sont assemblés au Nom du Seigneur. Les hommes ici sont mis en contraste avec les femmes qui doivent demeurer dans le silence en Assemblée.

Il n’en demeure pas moins que selon l’exhortation de la Parole qui nous invite à prier sans cesse, la nécessité du secours divin peut nous pousser à élever nos âmes à Celui qui peut nous aider, et ceci dans les lieux les plus divers et les circonstances les plus variées. Jonas, de la profondeur des eaux, dans les entrailles du poisson, a crié à l’Éternel du fond de sa détresse (Jonas 2:2, 3). Pierre, marchant sur les eaux eut peur et, comme il enfonçait, s’écria : «Seigneur, sauve-moi !» (Matt. 14:30). David, fuyant devant Saül, caché dans la terre, dans la caverne, crie à l’Éternel (Ps. 57 et 142). Paul et Silas emprisonnés, au milieu de la nuit, en priant, chantaient les louanges de Dieu (Actes 16:25). Le brigand mis en croix, au-dessus de la terre, adresse au Seigneur ces paroles remarquables : «Souviens-toi de moi» (Luc 23:42). De telles prières qui ont toutes été merveilleusement exaucées ne constituent que quelques exemples parmi beaucoup d’autres et sont de nature à remplir nos coeurs de confiance, sachant que ses oreilles sont toujours attentives à nos appels. Que de requêtes sont montées des lits de souffrance, des lieux de détresse et des scènes d’angoisse.

Cependant, quant à l’exercice personnel et quotidien de la prière et pour autant que la chose soit possible, il est indiqué de rechercher un endroit tranquille, à l’écart des distractions. Là encore, la Parole nous présente de nombreux exemples. Daniel, déjà cité à de nombreuses reprises, entrait dans sa chambre pour prier trois fois le jour (Dan. 6:10). Pierre, au milieu du jour, monte sur le toit pour prier (Actes 10:9). Le Seigneur, modèle parfait en toutes choses, ne disposant d’aucun lieu, se tenait à l’écart des foules et se retirait dans les déserts pour prier (Luc 5:16). Lui-même nous enseigne à cet égard, nous disant : «Quand tu pries, entre dans ton cabinet, et ayant fermé ta porte, prie ton Père qui demeure dans le secret» (Matt. 6:6). Nous ne saurions assez recommander cet exercice personnel indispensable à la vie et au développement spirituel de tout croyant. Il serait aussi de toute nécessité que les jeunes qui ont le privilège de vivre dans l’atmosphère familiale de piété qui devrait caractériser tout foyer chrétien, sentent aussi le besoin de se retirer dans la solitude pour prier, si possible à haute voix. En effet, combien souvent ces jeunes attachés au Seigneur parviennent à l’âge de responsabilité sans avoir connu l’exercice personnel de la prière. Réalisant par cela une communion individuelle, ils pourront exposer des besoins qu’eux seuls connaissent et qui ne sont pas exprimés par la prière en famille. Si nous disons à haute voix, c’est que cet exercice a pour effet d’éliminer les pensées étrangères qui traversent si facilement l’esprit dans la prière muette et qu’il constitue une préparation très utile à la prière en public.

La prière collective peut également s’exercer en des lieux divers (nous ne parlons pas des réunions de prières, dans le rassemblement). Il est souhaitable et normal que lorsque des croyants se trouvent ensemble, ils éprouvent le besoin de consacrer pour le moins un moment à la lecture de la Parole et à la prière. Nos entretiens fraternels seront certainement enrichis et bénis par cet exercice mutuel de la piété qui doit répondre aux besoins des coeurs qui ont le même objet de jouissance. Quel fait navrant et déshonorant lorsque les heures passées entre frères et soeurs dans le cercle privé revêtent les mêmes caractères que les rencontres d’incrédules. Dans les Écritures, nous trouvons fréquemment des croyants en prières, dans leurs demeures ou même au-dehors. Daniel et ses compagnons, dans sa maison, implorent ensemble les compassions divines au sujet du décret du roi (ch. 2:17, 18). Pierre et Jean prient ensemble afin que les Samaritains qui avaient été touchés par la Parole reçoivent aussi l’Esprit Saint (Actes 8:15). Les croyants de Tyr, hommes, femmes et enfants, accompagnant Paul au navire, se mirent à genoux sur le rivage et prièrent (Actes 21:5). Quelle joie et quel réconfort des chrétiens pieux ont souvent éprouvés en s’unissant dans la prière alors qu’ils se trouvaient placés ensemble dans des lieux ou circonstances indépendants de leur volonté, souvent peu propices à la vie spirituelle (service militaire, déportations, etc.). Veuille le Seigneur développer dans nos coeurs des affections toujours plus vives pour sa Personne, de sorte qu’il soit le sujet de nos conversations fraternelles et qu’ainsi nous revêtions les caractères de ceux qui, craignant l’Éternel, parlaient l’un à l’autre, constituant le trésor particulier de Celui qui était attentif à leurs paroles (Mal. 3:16, 17).

Nous ne saurions toutefois confondre de telles prières avec celles qui sont exprimées en Assemblée. Précisons tout d’abord qu’une réunion d’assemblée est celle où des frères et soeurs sont réunis au nom du Seigneur et s’attendent à Lui, selon Matthieu 18:19, 20 ; or, une réunion de prières revêt ce caractère. La réalisation de la présence du Seigneur, la soumission à l’autorité des Écritures et la libre action du Saint Esprit confèrent à ceux qui sont ainsi assemblés la capacité d’agir en son Nom. Le lieu d’un tel rassemblement répond à ce que nous trouvons mentionné à plusieurs reprises dans les chapitres 12 et 16 du Deutéronome : «le lieu que l’Éternel a choisi». C’était seulement à l’endroit reconnu comme la maison de l’Éternel, où se réalisait sa présence, que les Israélites devaient se rassembler pour sacrifier, offrir leur culte et goûter la joie en commun. Mais il s’agit pour nous maintenant d’une «maison spirituelle» (1 Pierre 2:5 ; Éph. 2:22). Le local en lui-même n’a qu’une importance accessoire, sauf qu’il faut évidemment que l’assemblée s’y réunisse comme telle, de manière régulière, ayant été exercée et dirigée pour établir le lieu de rassemblement. Des croyants ne sauraient se sentir autorisés à rompre le pain lorsqu’ils se trouvent occasionnellement (parfois regrettablement) le dimanche dans un endroit où il n’existe pas d’assemblée locale. Plusieurs passages, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament, démontrent que le lieu de rassemblement était établi et connu (voir Deut. 16:2, 7 et 11 ; Jean 20:19 et 26 ; Actes 12:12 ; 20:7). Il est clair que, à la différence du tabernacle ou du temple, la présence du Seigneur n’est pas liée au local matériel, mais à Son nom rassemblant effectivement les siens. Quel prix a pour nos coeurs la maison de Dieu, l’Assemblée du Dieu vivant dans laquelle nous sommes introduits par grâce ? Pouvons-nous dire à son sujet comme le psalmiste : «J’ai aimé l’habitation de ta maison, et le lieu de la demeure de ta gloire» (Ps. 26:8). Et encore : «Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées ! mon âme désire, et même elle languit après les parvis de l’Éternel... Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison : ils te loueront incessamment ! ... Car un jour dans tes parvis vaut mieux que mille. J’aimerais mieux me tenir sur le seuil dans la maison de mon Dieu, que de demeurer dans les tentes de la méchanceté» (Ps. 84). C’est là que les saints rassemblés ont le privilège d’adorer en esprit et en vérité, comme aussi de prier d’un commun accord. La persévérance dans la prière en commun caractérisait les premiers chrétiens (Actes 2:42). Que pourrait-il être dit actuellement de nous, lorsque nous assistons à l’abandon croissant et si généralisé des réunions de prières ? Certes, l’habitude de s’en tenir à l’écart sans raisons valables est la manifestation d’un bas état spirituel. Comme cela a été dit, de telles rencontres sont le thermomètre du rassemblement local. Le sujet des réunions de prières ayant déjà fait l’objet de nombreux écrits, nous nous abstiendrons de le développer, recommandant à chacun la lecture de telles exhortations dont l’actualité n’est qu’accrue. Remarquons seulement que la présentation de besoins personnels n’est pas à sa place dans les réunions de prières. Celui qui prie, étant la bouche de l’ensemble, doit par conséquent exposer des requêtes qui concernent l’ensemble, qui constituent un exercice commun, de sorte que ce ne sont pas des frères qui prient, mais l’assemblée qui prie. Ainsi, le frère muet qui a prononcé son amen aux requêtes exprimées peut dire : Nous avons prié. À la différence de l’enseignement, mais comme l’adoration, la prière ne nécessite pas de don, en sorte que tout frère dépendant du Seigneur et habituellement exercé au sujet des besoins du témoignage devrait avoir une pleine liberté pour prier en Assemblée. Or, c’est là que débute normalement tout service public.

Nous ne voudrions en aucun cas restreindre la valeur des requêtes individuelles et la nécessité d’exprimer nos besoins personnels, mais quant à la prière dans le rassemblement, il est de toute importance que nous soyons conduits conformément aux enseignements divins relatifs aux caractères scripturaires des réunions de prières. Il est cependant bien évident que dans l’exercice individuel de la prière, nos requêtes peuvent alors et doivent même s’étendre à l’ensemble, comme nous l’avons vu plus haut.

Quel que soit le lieu où notre prière s’exprime et si même nous pouvons user d’insistance, criant à lui jour et nuit (Luc 18:7), voire parfois de hardiesse comme Abraham priant pour Sodome à cause des justes pouvant s’y trouver (Gen. 18), soyons toujours conscients du profond respect qui convient dans un tel acte. Notre libre accès au trône de la grâce ne saurait porter atteinte à la révérence qui est due à la personne divine qui l’occupe. Servons Dieu d’une manière qui lui soit agréable, avec révérence et avec crainte (Héb. 12:28).

 

8                        Attitudes de PRIÈRE

Si nous pouvons présenter nos prières dans les circonstances variées de notre vie ici-bas, il en découle nécessairement qu’elles peuvent s’exprimer dans les positions les plus diverses en fonction de l’état et des nécessités du moment, mais pour autant qu’elles ne soient pas délibérément irrespectueuses. Que de requêtes sont montées des lits de souffrance, des champs de bataille, des lieux de persécution ! Outre cela, la Parole fait mention de trois positions ou attitudes précises :

8.1   à genoux

La prière à genoux est sans doute la plus fréquemment rapportée dans les Écritures. Cette attitude est l’expression de la dépendance, de la soumission, voire même de l’infériorité car c’est toujours le plus petit qui fléchit les genoux devant le plus grand. N’est-ce pas au nom de Jésus qui a été haut élevé que se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux ? (Phil. 2:9, 10). Voyez la signification typique de l’«Abrec» prononcé devant Joseph (Gen. 41:43). C’est donc une position particulièrement indiquée pour la prière et que nous devons rechercher dans toute la mesure du possible. Il est souhaitable que dans les réunions de prières, toutes les personnes dont l’état physique le permet se mettent à genoux. De même aussi, adoptons cette position pour nos prières individuelles ainsi que celles en famille. Lors de la dédicace du temple, Salomon fléchit les genoux pour prononcer sa remarquable prière, en face de toute la congrégation d’Israël (2 Chron. 6:13). Étienne, à genoux, intercède pour ses persécuteurs (Actes 7:60). Nous pourrions multiplier les citations en parlant d’Esdras, de Daniel, de Pierre, de Paul et d’autres encore, desquels la Parole nous dit qu’ils se sont tenus à genoux pour prier. Le Seigneur lui-même, à genoux dans le jardin de Gethsémané, soutint dans la prière un combat que nous ne pouvons considérer qu’à un jet de pierre et dans l’adoration. Là, son humanité, sa dépendance et sa soumission brillent d’un éclat sans pareil. Pressentant dans son âme sainte ce que comportait l’affreuse réalité de la séparation de Dieu et l’abandon de Celui duquel il accomplissait les desseins, il demande s’il était possible que cette coupe passe loin de lui. Toutefois, dans son parfait dévouement, il ajoute : «Non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux» (Matt. 26:39). N’avons-nous pas des motifs de ployer nos genoux chaque jour devant lui, avec actions de grâces ? L’apôtre Paul, désirant que les Éphésiens saisissent mieux les conseils divins, le propos des siècles établi dans le Christ Jésus, pouvait leur écrire : «C’est pour cela que je fléchis mes genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus Christ... afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous donne d’être fortifiés en puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur ; de sorte que le Christ habite, par la foi, dans vos coeurs, et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour» (Éph. 3:14 à 19).

8.2   debout

La Parole fait également mention des prières prononcées debout, reconnaissant cette attitude comme étant agréée. Il est bienséant de se lever devant une personne à qui l’honneur est dû, et ceci d’autant plus si nous lui adressons la parole. Les vieillards se levaient devant Job (29:8), tandis que Mardochée refuse de le faire pour Haman (Esther 5:9). N’est-il pas beau de voir, en Néhémie 8:5 le peuple se tenir debout lorsque le livre de la loi est ouvert ? Cette position témoigne donc, dans la prière, du respect, de la déférence, de l’hommage qui reviennent à Dieu, comme au Seigneur. Ce n’est donc pas sans raison qu’il est d’usage de se lever pour prier, particulièrement en Assemblée et en collectivité. Nous lisons : «Et le roi (Salomon) tourna sa face, et bénit toute la congrégation d’Israël ; et toute la congrégation d’Israël était debout. Et il dit : Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël», etc (1 Rois 8:14 — voir aussi v. 55). De même, les Lévites «se levèrent sur l’estrade et crièrent à haute voix à l’Éternel, leur Dieu» (Néh. 9:4). En Matthieu 6:5, le Seigneur fait mention des hypocrites qui aiment à prier debout dans les synagogues, et au coin des rues, de sorte qu’ils soient vus des hommes. Nous comprenons que ce qui est répréhensible ici n’est pas la position en elle-même, mais l’orgueil qui se trouve dans le coeur de celui qui prie et le pousse à prendre cette attitude dans le but d’être remarqué. Or, si nous nous levons pour prier, c’est dans la conscience de l’honneur qui est dû à la Personne à laquelle on s’adresse et non pas pour traduire une disposition présomptueuse.

8.3   assis

Une fois seulement la prière présentée en étant assis est rapportée dans les Écritures. En 2 Samuel 7:18 comme aussi en 1 Chroniques 17:16 nous lisons : «Et le roi David entra et s’assit devant l’Éternel, et dit : Qui suis-je, Seigneur Éternel et quelle est ma maison, que tu m’aies amené jusqu’ici ?» La position prise par ce serviteur de Dieu est l’expression de la communion et il faut voir dans cet acte sa signification morale et spirituelle, comme aussi sa portée prophétique. C’est à l’ouïe des déclarations divines communiquées par le prophète Nathan, qui annonçaient un long avenir touchant sa maison et le peuple d’Israël, mais surtout prophétiquement quant à Christ, que David s’assied devant l’Éternel pour bénir et rendre grâces. Cette position qui témoigne de la confiance du roi est aussi une manifestation de stabilité bien en rapport avec la nature des pensées de Dieu qui lui sont données à connaître : «Je le planterai, et il habitera chez lui et ne sera plus agité» (2 Sam. 7:10). Sous le règne d’un plus grand que Salomon, Israël se réjouira dans son héritage et l’Éternel se reposera dans son amour, s’égayant en son peuple avec chant de triomphe (Soph. 3:17).

8.4   autres attitudes

Nous trouvons en outre la mention de diverses attitudes quant à la prière ou à l’adoration, telles que : s’incliner, se prosterner (2 Chron. 7:3 ; Néh. 8:6 ; Matt. 8:2), tomber sur sa face (Nomb. 16:22), étendre ou élever les mains (Esd. 9:5 ; Ps. 28:2). Ces manifestations extérieures témoignaient certainement de l’état d’âme de celui qui priait, soit l’hommage rendu, l’humilité ressentie, l’attente du secours, etc. Elles sont particulières aux économies ayant précédé celle de la grâce. Toutefois, l’apôtre Paul, dans sa première épître à Timothée (2:8) écrit : «Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, élevant des mains saintes, sans colère et sans raisonnement». L’accent n’est certes pas porté sur les mains élevées, mais sur la sainteté de celles-ci sans laquelle nos prières ne pourraient être agréées d’un Dieu saint. La colère, à laquelle le croyant doit renoncer (Col. 3:8) car elle n’accomplit pas la justice de Dieu (Jacq. 1:20) ainsi que le raisonnement qui produit le doute et s’élève même contre la connaissance de Dieu (2 Cor. 10:5), sont incompatibles avec la prière, comme aussi en contradiction avec la pureté, la paix et la foi qui doivent la caractériser. S’il n’est actuellement plus fait usage de telles formes, elles conservent néanmoins leur portée morale. Quant à nous-mêmes, et selon les exhortations de la Parole, prenons garde aux dispositions de l’homme intérieur, de l’homme caché du coeur dont la parure est un esprit doux et paisible qui est d’un grand prix devant Dieu (1 Pierre 3:4).

 

9                        Cas particuliers

Le Seigneur, enseignant ses disciples sur la montagne, leur dit : «Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert ; car quiconque demande, reçoit ; et celui qui cherche, trouve ; et à celui qui heurte, il sera ouvert» (Matt. 7:7). Et pourtant, nous trouvons dans la Parole plusieurs prières qui n’ont pas été exaucées. L’apôtre Jean, dans sa première épître, écrit : «Si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ; et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées» (ch. 5:14, 15). Cependant les Écritures font mention de prières qui n’ont pas été écoutées. En Luc 18:1, le Seigneur Jésus parle en parabole pour montrer qu’il faut toujours prier et ne pas se lasser. Toutefois, l’enseignement divin établit qu’en certaines circonstances, il ne faut pas le faire. De même aussi, l’apôtre Paul nous exhorte à prier sans cesse (1 Thess. 5:17) et pourtant, à cause de nos faiblesses, l’apôtre Pierre doit rendre les croyants attentifs à ce qui pourrait interrompre leurs prières. Si de tels cas se produisent, quelles en sont les raisons ? Y a-t-il défaillance ou indifférence du côté de Dieu ? Assurément non. Certes, à cause de l’état de nos pauvres coeurs, de telles choses se produisent. Dans ses voies à notre égard, le Seigneur les permet et les rend parfois même nécessaires. Leur origine est certainement du côté de l’homme, mais le but que Dieu poursuit est de faire du bien à la fin. Quelques exemples, riches en instructions, conservés pour nous dans la Parole afin qu’ils nous servent d’avertissements, seront suffisants pour en établir les réels motifs.

9.1   Prières entendues, non exaucées.

Pour débuter, considérons brièvement quelques prières qui ont été entendues, mais non exaucées. Nous verrons que si les choses désirées n’ont pas été accordées, c’est que la sagesse et l’amour divins avaient souvent en vue une plus grande bénédiction que celle qui était demandée. Le premier exemple frappant est sans doute celui de Moïse qui supplie l’Éternel de lui permettre d’entrer dans le pays promis. Nous savons que pour avoir frappé le rocher deux fois de sa verge comme aussi parlé légèrement de ses lèvres (Ps. 106:33) — au lieu de prendre la verge de la sacrificature et de parler au rocher — l’Éternel dut prononcer à l’égard de Moïse et d’Aaron ces solennelles paroles : «À cause de cela vous n’introduirez pas cette congrégation dans le pays que je leur donne» (Nomb. 20:12). Pensons un peu à l’effet produit par une telle déclaration venant de la bouche de Dieu, dans le coeur de Moïse qui avait auparavant intercédé pour le peuple afin qu’il ne fût pas privé de la terre promise. A-t-elle porté atteinte à la fidélité du service qu’il lui restait à accomplir ? Non. Toutefois, elle constitua une souffrance pour cet homme de Dieu, comme en témoignent ses propres paroles en Deutéronome 3:23-26: «Je suppliai l’Éternel, disant : Seigneur Éternel ! tu as commencé à faire voir à ton serviteur ta grandeur et ta main forte... Que je passe, je te prie, et que je voie ce bon pays qui est au-delà du Jourdain, cette bonne montagne, et le Liban. — Et l’Éternel fut irrité contre moi à cause de vous, et il ne m’écouta point ; et l’Éternel me dit : C’est assez, ne me parle plus de cette affaire». — Moïse fut pleinement restauré, mais cela ne diminue en rien la réalité du gouvernement de Dieu qui s’exerce en conséquence de sa faute. C’est là une vérité fondamentale qu’il est de toute importance de bien saisir. D’une part, celui qui confesse ses péchés est pardonné (1 Jean 1:9) ; c’est une chose bien précieuse, mais d’autre part, ce qu’un homme sème, cela aussi, il le moissonnera (Gal. 6:7) ; c’est une autre chose bien solennelle. Or, ces deux déclarations sont faites à des croyants ! La grâce pardonne librement, pleinement, mais la moisson demeure en rapport avec la nature des semailles. Pour bien comprendre l’enseignement des Écritures, il est indispensable de distinguer ces deux choses. La libre grâce de Dieu ne saurait annuler la solennité du gouvernement et l’irrésistible marche de celui-ci ne saurait mettre en doute l’action de cette grâce ni en ternir son éclat. Moïse donc, malgré la ferveur de sa supplication, n’obtint pas l’exaucement désiré et, à l’entrée en Canaan, le décret gouvernemental s’exerce, la porte lui en est fermée. Mais, combien il est beau de voir la grâce déployer ses effets à ce moment-là. Elle l’amène au sommet du Pisga d’où il contemple tout le pays, en pleine vigueur et d’un oeil non affaibli. Il n’en voit pas seulement la partie que le peuple possédera plus tard, mais il voit l’héritage complet, tel que donné de Dieu. Cette même grâce creuse son tombeau et l’ensevelit (Deut. 34). Plus tard, Dieu le conduira en gloire sur la sainte montagne où, en compagnie d’Élie, il s’entretiendra avec son Fils bien-aimé au sujet de sa mort (Luc 9:28-36). Si la prière de Moïse ne fut pas exaucée (or elle ne pouvait l’être car Dieu sauvegardait la gloire de son Fils dans la figure du Rocher qui était Christ — selon 1 Corinthiens 10:4 — en ce qu’il ne devait être frappé qu’une seule fois), les honneurs qui lui sont accordés ne dépassent-ils pas la faveur qu’il avait demandée ?

Un autre exemple de prière entendue et non exaucée est celle, déjà citée, que présente l’apôtre Paul. À trois reprises il a supplié afin que son écharde dans la chair se retirât de lui. Le Seigneur lui a répondu, mais que lui a-t-il dit ? «Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité» (2 Cor. 12:8, 9). Délivré de cette écharde, Paul aurait sans doute eu pratiquement plus de facilité dans l’exercice de son ministère. Mais, à cause des révélations extraordinaires qui lui avaient été faites, il aurait été exposé à s’enorgueillir. Aussi, Dieu, dans sa grâce et sa sagesse, sachant ce qu’est l’homme, le prive de cette délivrance pour le préserver de ce piège. Paul l’a compris, ce qui lui fait dire :

«Je me glorifierai donc très volontiers plutôt dans mes infirmités, afin que la puissance du Christ demeure sur moi». Par cela, le Seigneur nous enseigne que s’il peut se servir des facultés, des capacités ou des dons naturels qu’il dispense à ses créatures pour accomplir un service, il peut aussi être glorifié dans ses serviteurs sans eux. Par cette écharde, Satan espérait rendre l’évangile méprisable mais, comme ce fut le cas pour Job, cette infirmité fut le moyen de bénédictions plus grandes pour l’apôtre. Elle n’a pas empêché Paul de combattre le bon combat, d’achever la course et de garder la foi (2 Tim. 4:7).

Que dire de la scène qui s’est déroulée en Gethsémané ? Là, nous ne trouvons pas un homme ayant manqué, comme Moïse, ni même un homme exposé à produire les fruits de la chair, comme Paul, mais nous y trouvons l’Homme parfait, priant instamment et à trois reprises son Dieu pour qui toutes choses sont possibles. Moïse n’obtint pas ce qu’il désirait, mais il reçut une réponse. Paul ne fut pas exaucé, mais il lui en fut communiqué les raisons, accompagnées d’encouragements précieux. Mais le Fils bien-aimé du Père, le parfait Serviteur, ne reçut aucune réponse. Et quelle grâce pour nous que cette prière ne fût pas agréée ! Afin que nous fussions sauvés, cette coupe ne pouvait être écartée de Celui qui, livrant son âme à la mort, pouvait seul être le parfait sacrifice pour le péché. Par amour pour nous, «il plut à l’Éternel de le meurtrir ; il l’a soumis à la souffrance» (És. 53:10). C’est avec des actions de grâces que nous lisons que Dieu «n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous» (Rom. 8:32). Le Seigneur n’a pas été exaucé en ce qu’il a dû boire jusqu’à la lie la coupe du courroux de Dieu contre le péché et passer par la mort qui est le salaire du péché.

Mais, à cause de sa piété (Héb. 5:7), sa demande d’être délivré de la mort fut exaucée, en ce qu’il ressuscita d’entre les morts, par la gloire du Père. Ainsi ont été pleinement accomplies les déclarations prophétiques : «Tu m’as répondu d’entre les cornes des buffles» (Ps. 22:21), comme aussi : «Tu n’abandonneras pas mon âme au shéol, tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption» (Ps. 16:10). «À cause de la joie qui était devant lui, il a enduré la croix, ayant méprisé la honte». Déjà maintenant nous le voyons par la foi assis à la droite de Dieu, couronné de gloire et d’honneur et garant de notre rédemption éternelle. Bientôt il jouira de la pleine maturité du fruit du travail de son âme et en sera satisfait, lorsque ses rachetés glorieux seront autour de lui, proclamant dans une louange parfaite la dignité de l’Agneau qui pour eux a été immolé (Apoc. 5:12).

9.2   Prières qui ne sont pas écoutées

Nous venons de rappeler quelques exemples de prières qui, bien qu’entendues et présentées par des personnes en communion avec Dieu, n’ont pas été exaucées. Considérons maintenant brièvement quelques prières qui ne sont pas écoutées, à cause de l’état moral et spirituel dans lequel peut se trouver celui qui présente sa requête, comme aussi celui ou ceux pour l