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La prière de Jahbets — 1 Chroniques 4:9-10

 

Des prières selon la volonté de Dieu

 

Les réponses de Dieu aux prières

 

Pierre Combe

 

Table des matières abrégée :

1     Jahbets — Douleur de la condition humaine

2     Les quatre requêtes de Jahbets

3     Si tu me bénissais abondamment

4     Différence entre Jacob et Jahbets

5     Si tu étendais mes limites… Et si ta main était avec moi

6     Si tu me mettais à l’abri du mal

7     Conclusion

8     Réponses de Dieu aux prières

9     Des prières de dépendance et de confiance

 

Table des matières détaillée :

1     Jahbets — Douleur de la condition humaine

2     Les quatre requêtes de Jahbets

3     Si tu me bénissais abondamment

3.1      Conditions pour la bénédiction

3.2      Discerner et jouir des bénédictions qui sont pourtant assurées

4     Différence entre Jacob et Jahbets

4.1      Le marché de Jacob avec Dieu

4.2      Le désir de Jahbets — son application pour nous

4.3      Déclin

4.4      Qu’en toutes choses le Seigneur tienne la première place

4.5      Ayons le « désir d’étendre nos limites »

5     Si tu étendais mes limites… Et si ta main était avec moi

5.1      Esdras 8 et les deux mains en activité à l’égard du peuple

5.2      La main de l’ennemi

5.3      Tribunal de Christ — Tout est compté à la fin du voyage

5.4      La main de Dieu

6     Si tu me mettais à l’abri du mal

7     Conclusion

8     Réponses de Dieu aux prières

8.1      La prière de Salomon

8.2      La prière de David au sujet de la maison de Dieu

8.3      Le contenu de la prière de Salomon, et la réponse de Dieu

8.4      La chair ne vieillit pas

8.5      La requête de la reine de Shéba

8.6      La veuve du prophète — 2 Rois 4

9     Des prières de dépendance et de confiance

 

 

 

1                        Jahbets — Douleur de la condition humaine

C’est un homme fort peu connu que ce Jahbets, deux passages seulement mentionnant ce nom (1 Chr. 2:55 et 4:9, 10), mais de ces quelques paroles seulement nous pouvons en retirer de l’encouragement et du profit.

Jahbets était un homme qui avait été plus honoré que ses frères. Quelle en était la raison ? La suite de notre passage nous le fait comprendre. Cet homme était conscient d’être en quelque sorte marqué, pour ne pas dire imprégné, de la signification de son nom : « douleur ». N’est-ce pas la condition qui se rattache à notre être naturel, ce que nous avons hérité comme homme. Tout homme hérite d’une nature pécheresse qui, quand elle se manifeste, ne peut qu’engendrer la douleur.

 

2                        Les quatre requêtes de Jahbets

Mais ce qui nous frappe et nous encourage, c’est le désir hardi de cet homme exprimé dans sa prière : « Si tu me bénissais abondamment, si tu étendais mes limites, si ta main était avec moi, et si tu me mettais à l’abri du mal ». Quatre requêtes, et des requêtes qui vont loin. Celui qui est marqué par la douleur, on pourrait presque dire destiné à la douleur sur le plan naturel, le voilà qui demande quatre choses de valeur ; il veut être béni, et non seulement béni, mais béni abondamment. Quel souhait digne d’être médité !

 

3                        Si tu me bénissais abondamment

3.1   Conditions pour la bénédiction

Bien sûr, nous recherchons tous, nous désirons tous, nous souhaitons tous être bénis même abondamment ; mais pour que Dieu puisse bénir, il faut que notre condition le permette. Dieu ne bénit pas à n’importe quelle condition. On ne peut pas, bien sûr, lui ordonner de nous bénir. On dit parfois : « bénis nous » ; bien sûr, c’est un souhait louable et selon le désir que Dieu Lui même nourrit pour les siens. Mais demandons aussi, et demandons-le beaucoup, qu’Il nous garde dans une disposition qui ne fasse aucun obstacle à Sa bénédiction, ou qu’Il produise une telle disposition si elle n’existe pas encore.

À bénir Il se complaît, dit un cantique. Il se complaît effectivement à bénir, Il désire bénir. Et Il le désire même lorsqu’Il fait passer par la douleur, par l’épreuve, par les circonstances douloureuses, comme Il l’a fait pour son peuple terrestre. Or, quel était son but final ? faire du bien à la fin (Deut . 8:16), bénir. Et voilà que cet homme demande à être abondamment béni. Dieu veuille que ce soit un souhait de nos cœurs, et que dans Sa miséricorde, dans Sa bonté, dans Ses ressources, le Seigneur puisse y répondre parce que nous sommes dans une condition qui ne constitue pas un obstacle à la bénédiction. N’oublions pas qu’Il ne peut bénir que ce qu’Il approuve.

 

3.2   Discerner et jouir des bénédictions qui sont pourtant assurées

Selon notre position en Christ, nous dit l’épître aux Éphésiens, nous sommes bénis de toute bénédiction dans les lieux célestes en Christ. Mais cela est en rapport avec ce que nous sommes quant à la nouvelle nature en Christ devant Dieu. Cette plénitude de bénédiction nous est assurée, comme notre position nous est assurée. Nous n’avons pas à œuvrer pour l’avoir ; elle est acquise une fois pour toute, et grâce à Dieu, elle ne dépend pas de nous, ni de ce que nous sommes en Christ. Nous sommes en effet rendus parfaits, agréables dans le Bien-aimé ; c’est une condition digne de louange et inaltérable. Elle est aussi inaméliorable, car ce qui est parfait ne peut pas être amélioré. Mais ce qui nous rassure, c’est que cette condition ne peut pas être altérée. Comme rachetés du Seigneur, revêtus de Christ, reçus et vus comme Lui de la part d’un Dieu saint, agréés en lui, Lui-même étant la mesure de notre acceptation devant Dieu, nous sommes bénis de toute bénédiction, — non pas quant à la terre, mais de bénédictions spirituelles qui ont leur source et leur sécurité en Lui. Qu’Il nous donne de les discerner. C’est dans la mesure où nous les discernerons, que nous en jouirons (une jouissance pratique, bien sûr).

La bénédiction souhaitée, que le Seigneur ne demande qu’à répandre, est conditionnée par notre état. C’est bien la raison pour laquelle, nous lisons tant de fois des « si tu marches ». Dieu le dit d’ailleurs plus d’une fois à Salomon : « si tu marches ». Il veut bénir « si tu marches devant moi fidèlement », c’est-à-dire dans des conditions en rapport et en accord avec les relations dans lesquelles la grâce t’a introduit.

 

4                        Différence entre Jacob et Jahbets

4.1   Le marché de Jacob avec Dieu

Être béni abondamment : Quelle différence de noblesse par rapport à Jacob ! Ce dernier demandait exactement le contraire. En Genèse 28:20 nous lisons : « Et Jacob fit un vœu, en disant : Si Dieu est avec moi et me garde dans ce chemin où je marche, et qu’il me donne du pain à manger et un vêtement pour me vêtir, et que je retourne en paix à la maison de mon père, l’Éternel sera mon Dieu ». Quel contraste ! Jacob était un homme qui avait beaucoup à faire avec la chair ; il a lutté avec elle jusqu’à la fin ; et voilà ce supplanteur, qui cherchait toujours l’accroissement des biens terrestres, — il se met à faire un marché avec Dieu : « Si tu me bénis, si tu m’accordes tout ce que je te demande, alors tu seras mon Dieu ». Peut-on poser des conditions à Dieu ? Si d’un côté le plan d’amour à l’égard de Jacob était effectivement de le bénir, et de le bénir en dépit de ce qu’il était pratiquement, nous savons cependant à quelle rude école il a été soumis.

 

4.2   Le désir de Jahbets — son application pour nous

Quelle différence avec ce Jahbets, qui demande simplement d’être béni abondamment, et que ses limites soient étendues ! On comprend bien qu’il ne s’agit pas ici de limites géographiques, de possessions matérielles. Or c’est bien ce que Jacob cherchait. Que d’efforts dépensés, que de suprêmes efforts pour acquérir par sa main, par son travail, par sa servitude même ! mais ici Jahbets demande que ses limites soient étendues. Sur le plan spirituel, est-ce notre désir ? Souhaitons-le en tout cas. Nous avons un héritage qui n’est pas circonscrit comme celui d’Israël, qui n’est ni terrestre ni géographique ; notre héritage est inflétrissable, illimité, céleste, et comme tel, rien ne peut y porter atteinte. Israël, entré dans le pays de la promesse, devait lutter et déposséder une terre occupée, mais cette terre lui étaient donnée pour qu’il entre en sa jouissance. En cela il y a une grande similitude avec ce qui nous concerne parce que nous aussi nous sommes dans le désert de ce monde. Ne pensons pas que Canaan soit l’image du ciel — pas du tout ! Grâce à Dieu, on ne va pas au ciel pour y trouver un domaine occupé par des ennemis, un lieu où il faut lutter ! Canaan est l’image des bénédictions que Dieu donne au croyant, et desquelles il jouit, moyennant une lutte permanente sur la terre. Il fallait déployer de l’énergie pour entrer dans la possession d’un terrain donné, mais occupé par autrui ; il fallait déposséder l’ennemi, et ce n’est guère facile.

 

4.3   Déclin

Israël a déployé un zèle initial, mais au début du livre des Juges, nous lisons cette phrase répétitive comme le glas : « et ils ne dépossédèrent pas », « ils ne dépossédèrent pas ». Chacun peut lire au début du livre des Juges la progression de l’ennemi : il voulut rentrer dans le pays, ensuite il entra dans le pays, ensuite il s’installe dans le pays, ensuite il commande dans le pays de Canaan, et finalement il chasse les Israélites de leurs terres. Nous lisons toute cette progression au début du livre des Juges, « ils ne dépossédèrent pas ». À la fin même du service de Josué, service si merveilleux, où tant d’énergie a été déployée tout au long de sa vie pour que le peuple entre en possession du pays, que nous est-il dit ? Il restait un grand pays à posséder.

 

4.4   Qu’en toutes choses le Seigneur tienne la première place

Il en est de même pour nous : nous avons un héritage qui nous est donné, et si ce n’est pas l’héritage qui est occupé, c’est en tout cas la place dans nos cœurs qui est occupée. Pour que l’ennemi soit chassé du terrain de nos cœurs et que la place accordée au Seigneur soit bien la première, il faut cette énergie spirituelle qui ne peut être produite que par l’appréciation de ce qui nous est donné. Il faut qu’en toute chose Il tienne, Lui, la première place. Il n’est pas dit, il n’est pas demandé pendant que nous sommes ici bas, qu’il ait toute la place : ce jour viendra, nous l’attendons. Mais pour le moment, le Seigneur le sait, nous avons une vie à mener sur la terre, des obligations à remplir, des tâches auxquelles il faut faire face, et il est normal qu’elles s’accomplissent dans la dépendance du Seigneur, recherchant la mesure qu’elles doivent prendre dans nos vies.

 

4.5   Ayons le « désir d’étendre nos limites »

Dieu veuille que soit produit dans nos cœurs le désir que nos limites spirituelles soient étendues, le désir de posséder le pays spirituel, une terre donnée, plus exactement un héritage inflétrissable et spirituel, qui nous est entièrement donné. Dieu veuille que nous soyons animés de ce désir d’entrer dans la jouissance des bénédictions desquelles nous sommes comblés. Alors si la priorité, si l’énergie spirituelle est en activité pour conduire, cela facilitera beaucoup nos choix et nous saurons à quoi accorder nos priorités.

 

5                        Si tu étendais mes limites… Et si ta main était avec moi

« Si tu étendais mes limites… Et si ta main était avec moi ». Sa main avec nous : quel désir heureux et louable, parce que nous savons que, durant notre séjour sur la terre, nous sommes les objets de l’activité de deux mains : lisons à ce sujet le passage d’Esdras 8.

 

5.1   Esdras 8 et les deux mains en activité à l’égard du peuple

En Esdras 8, il y avait cette congrégation peu nombreuse, moins de 2000 personnes, remontant à Jérusalem sous la conduite d’Esdras, bien des décennies après le premier retour au pays, du temps de Cyrus et sous la conduite de Zorobabel. Le deuxième convoi remonte, chargé de biens précieux ; tout est compté, puis leur est confié, des vases d’or et d’argent qu’il faut transporter à Jérusalem où ils devront les déposer et où tout sera de nouveau compté. Avant de partir, cet homme si spirituel, Esdras, s’arrête au fleuve Ahava pour s’humilier, d’abord parce qu’il n’y avait presque pas de Lévites, juste quelques-uns (38), et pour demander le secours divin dont il sentait la nécessité pressante, d’autant plus qu’il n’avait pas voulu recourir aux forces humaines, c’est-à-dire à la cavalerie du roi. Au verset 31, on lit : « Et nous partîmes du fleuve Ahava le douzième jour du premier mois, pour aller à Jérusalem. Et la main de notre Dieu fut sur nous, et il nous délivra de la main de l’ennemi et de toute embûche sur le chemin. Et nous arrivâmes à Jérusalem, et nous demeurâmes là trois jours. Et le quatrième jour, l’argent et l’or et les ustensiles furent pesés dans la maison de notre Dieu ».

Ce passage souligne bien cette réalité de deux mains en activité.

 

5.2   La main de l’ennemi

Il y a la main de l’ennemi, qui ne cherche qu’à arrêter dans ce chemin vers Jérusalem (pour nous, c’est la nouvelle Jérusalem). Nous cheminons dans ce monde, vers un but glorieux, et à chaque pas l’ennemi cherche à dresser des embûches. Ah, s’il pouvait nous arrêter, nous empêcher d’entrer ! ne l’a-t-il pas fait par deux fois en rapport avec le peuple terrestre de Dieu, concernant son introduction en Canaan ? Il fait appel à l’incrédulité, qu’il a suscitée dans le cœur. L’ennemi a d’autant moins de peine à la susciter que notre cœur naturel a pour « vertu première », si on peut s’exprimer ainsi, d’être incrédule. L’ennemi a produit l’incrédulité et l’effet est qu’« ils n’y purent entrer à cause de l’incrédulité ». Lorsqu’ils se trouvent à la porte du pays, l’ennemi fait intervenir la malédiction sur le peuple, par le moyen de Balaam. L’ennemi voit très bien nos défaillances, et il cherche toujours à les placer devant Dieu pour faire appel au jugement ; c’est ce qu’il a fait avec Joshua (Zach. 3). Parmi ces deux mains en activité, il y a donc la main de l’ennemi qui ne cherche qu’à entraver la marche, à empêcher que nous arrivions au but, ne serait-ce que parce que nous sommes porteurs de valeurs combien plus précieuses que des vases d’or et d’argent !

 

5.3   Tribunal de Christ — Tout est compté à la fin du voyage

Notons en passant que tout ce qui a été confié à ces hommes a été compté au départ ; tout était inscrit. Ils sont responsables de veiller, et on connaît l’exhortation du prophète Ésaïe (52:11) : « Soyez purs vous qui portez les vases de l’Éternel ».

De notre côté, nous sommes des porteurs à qui la grâce divine a confié des valeurs en elles-mêmes inaltérables, mais desquelles nous sommes responsables. Nous devrons rendre compte de ce qui nous a été confié, selon la parabole bien connue des talents. Ne pensons pas que nous pouvons faire n’importe quel usage, plus ou moins profitable, de toutes les bénédictions qui nous ont été dispensées. Certes, la bénédiction sera en raison de notre fidélité, mais n’oublions pas que nous aurons à comparaître devant le tribunal de Christ, — non pas pour être jugés, mais comme pour des promotions célestes, pour nous faire connaître l’appréciation du Seigneur à notre égard pendant notre marche sur la terre. On peut être surpris, qu’une fois délivrés de nos limites humaines, une fois introduits dans la présence du Seigneur, dans un lieu où la responsabilité n’est plus engagée, où il n’y a plus de dangers de souillure, où nous en avons fini avec le premier homme, où nous sommes rendus semblables au Seigneur dans une joie inaltérable, voilà qu’il faut comparaître ! Et cela, pour y voir une rétrospective donnée par le Seigneur Lui-même quant à notre vie, selon ce que nous aurons fait, soit bien, soit mal ; il n’y aura aucune condamnation, mais nous pourrons éprouver une perte, une perte de récompense. Ce sera comme pour ces hommes d’Esdras 8, porteurs de vases d’or et d’argent, desquels ils devaient rendre compte, sur lesquels ils devaient veiller, veiller avec beaucoup de vigilance ; et arrivés à Jérusalem, tout était compté.

 

5.4   La main de Dieu

Mais s’il y avait eu la main de l’ennemi désirant leur ravir ces valeurs, et les entraver dans la marche, et si possible les empêcher d’arriver à temps, il y avait une autre main : « la main de notre Dieu fut sur nous ». C’est en vertu de l’activité puissante et constante de la main de notre Dieu qu’ils sont arrivés au but qu’ils avaient devant eux. Nous faisons nous-mêmes l’expérience de cette double activité, — l’une maléfique qui cherche la perte de bénédictions, de la fidélité, qui cherche à nous entraver, à nous embarrasser et à nous faire perdre ce qui nous a été confié (non pas la vie mais au moins la jouissance), — mais nous sommes assurés que la main du Seigneur est avec nous. « Nul ne les ravira de ma main » a dit le Seigneur : qui pourrait nous ravir ? « Nul ne les ravira de ma main », comme les pierres placées sur le pectoral, où personne d’autre que Dieu ne pouvait les placer, et d’où personne non plus n’aurait pu les enlever. C’est cette main-là qui prévaut, et c’est en vertu de cette main active de notre Dieu que nous arrivons, malgré celle aussi active de l’ennemi qui cherche à nous entraver.

 

6                        Si tu me mettais à l’abri du mal

C’est donc la suite de la requête de Jahbets, son quatrième point : « Si ta main était avec moi, et si tu me mettais à l’abri du mal » — à l’abri du mal qui ne peut engendrer que le malheur, bien sûr. Être à l’abri du mal ! il est exigeant, Jahbets ! Mais c’est un homme qui a un profond désir de jouir de la bénédiction divine, et d’être mis à l’abri de tout ce qui pourrait ternir cette jouissance. Mais comment être à l’abri du mal ? c’est à l’abri sous la main de son Dieu que Jahbets voudrait être : « si tu pouvais me mettre à l’abri du mal ».

Dans sa prière à son Dieu en Jean 17, que demande le Seigneur pour nous, entre autre ? « Je ne te demande pas que tu les ôtes du monde mais que tu les gardes du mal ». Le mal nous environne, le mal nous assaille ; la chair en nous le recherche ; la chair ne souffre jamais en faisant le mal, elle en jouit. Notre privilège, c’est d’avoir les ressources, et notre devoir, c’est de ne pas satisfaire aux aspirations de la chair.

« Si tu me mettais à l’abri du mal »… En quelque sorte Jahbets réalise très bien que, quant à lui-même, il n’a pas la force. Il ne va pas dire : « en quatrième lieu, comme résultat des trois premières requêtes, je serai à l’abri du mal » ; mais il dit : « si tu me mettais à l’abri du mal » de manière à ce que ce mal ne puisse pas constituer un obstacle à la jouissance de l’intimité de mon âme, de ma vie avec toi.

 

7                        Conclusion

Quatre requêtes : on peut bien souhaiter quelles soient aussi présentes dans nos cœurs, et qu’elles soient l’objet de nos prières.

 

8                        Réponses de Dieu aux prières

On comprend la réponse divine, la réponse qui fait immédiatement suite : « et Dieu fit arriver ce qu’il avait demandé ». En effet, si vous demandez selon ce qui est selon Sa volonté, Il vous exaucera.

Quand on demande ce qui est profitable spirituellement, non pas pour la satisfaction de l’être humain pour la terre, Dieu répond. On trouve bien des exhortations dans les épîtres sur la nature de nos requêtes. Par exemple Éphésiens 3:19 : « connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance ; afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Or, à celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère en nous, à lui gloire dans l’assemblée dans le christ Jésus, pour toutes les générations du siècle des siècles ! ». Le vœu de l’apôtre était que ses lecteurs soient remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. On peut dire que Jahbets, dans la mesure qui était révélée en son temps, a demandé cela dans sa requête, à savoir d’être rempli de toute la plénitude de Dieu, de tout ce qui ne vient que de Dieu. Mais à ce souhait de l’apôtre, Éphésiens 3 ajoute quelque chose de bien réconfortant quand il nous dit : « À Celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère en nous ». Oui, Il peut faire beaucoup plus.

 

8.1   La prière de Salomon

Dans bien des cas dans la Parole, on voit que Dieu a répondu au-delà des prières.

On pense à la prière de Salomon en 1 Rois 3. Salomon était un jeune garçon et le trône lui était destiné. On lit en 3:5-14 : « L’Éternel apparut à Salomon, à Gabaon, dans un songe de la nuit. Et Dieu dit : Demande ce que tu veux que je te donne. Et Salomon dit : Tu as usé d’une grande bonté envers ton serviteur David, mon père, selon qu’il a marché devant toi en vérité et en justice, et en droiture de cœur avec toi ; et tu lui as gardé cette grande bonté, et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône, comme [il en est] aujourd’hui. Et maintenant, Éternel, mon Dieu, tu as fait roi ton serviteur en la place de David, mon père, et moi, je suis un jeune garçon, je ne sais pas sortir et entrer ; et ton serviteur est au milieu de ton peuple, que tu as choisi, un peuple nombreux, qui ne se peut compter ni nombrer à cause de [sa] multitude. Donne donc à ton serviteur un cœur qui écoute, pour juger ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal ; car qui est capable de juger ton si grand peuple ? Et la parole fut bonne aux yeux du Seigneur, que Salomon eût demandé cette chose. Et Dieu lui dit : Parce que tu as demandé cela, et que tu n’as pas demandé pour toi de longs jours, et que tu n’as pas demandé pour toi des richesses, et que tu n’as pas demandé la vie de tes ennemis, mais que tu as demandé pour toi du discernement afin de comprendre le juste jugement, voici, j’ai fait selon ta parole ; voici, je t’ai donné un cœur sage et intelligent, en sorte qu’il n’y aura eu personne comme toi, avant toi, et qu’après toi il ne se lèvera personne comme toi. Et je t’ai donné aussi ce que tu n’as pas demandé, tant les richesses que la gloire, de sorte qu’il n’y aura personne comme toi parmi les rois, tous tes jours. Et si tu marches… » Quel beau printemps que ce début de vie du roi, du pacifique, objet de privilèges particuliers, enfant de Bath-Shéba, successeur sur le trône du doux psalmiste. Il va accéder à ce trône, sans interrègne. Ces deux règnes de David et Salomon sont très différents puisque David était la figure de Christ roi rejeté, alors que Salomon est la figure de Christ roi glorifié en rapport avec son règne millénaire, prophétiquement. C’est pour cela qu’il n’y a pas d’interrègne.

 

8.2   La prière de David au sujet de la maison de Dieu

David avait beaucoup désiré bâtir la maison de l’Éternel, mais il n’a pas pu en poser une seule pierre. Il les a pourtant toutes préparées, et c’est bien ce que notre Seigneur a fait durant son chemin d’homme sur la terre par l’accomplissement de Son œuvre : Il a tout acquis, tout préparé ; mais aucune pierre de l’édifice de la grâce n’a été posée ; il faudra attendre pour cela Sa résurrection, Sa glorification et la descente du Saint Esprit pour que soit constitué cet ensemble de l’édifice de la grâce sous les différentes formes que la Parole en donne, que ce soit la famille, le corps, etc.

David donc n’a pas posé une seule pierre, mais 1 Chroniques 29 est là pour nous dire qu’il a œuvré de toute sa force ; il y a mis toute son intelligence, toute sa ferveur pour tout préparer ; tout était prêt, mais ce n’est pas le roi rejeté, ce n’est pas Christ le roi rejeté qui a bâti la maison — c’est Christ le roi glorifié.

Et lorsque Salomon avec Hiram, figure du Saint Esprit, bâtira la maison, le temple de l’Éternel, on n’entend aucun instrument de travail ; les pierres sont déjà à la mesure, il n’y a plus qu’à les poser sur le fondement : n’est-ce pas merveilleux ? L’Église a été constituée lorsque Christ a été élevé dans la gloire, et il n’y a rien eu à ajouter à son œuvre pour que les pierres soient en mesure de constituer cette maison de Dieu, dont, par pure grâce, nous sommes les pierres vivantes.

 

8.3   Le contenu de la prière de Salomon, et la réponse de Dieu

Mais revenons à notre chapitre de 1 Rois 3. Salomon est jeune, il a devant lui ce règne, un grand peuple à gérer, à juger (dans le sens de discerner ses besoins, et de le conduire). Il est très beau de voir ce printemps de Salomon, en laissant de côté sa responsabilité face à laquelle il a pleinement failli. L’Éternel s’adresse à lui et lui fait entendre des choses pendant son sommeil. Ce sommeil, ce songe, sont des conditions où la personnalité s’efface ; on est en quelque sorte en dehors de nous même, et Dieu va lui parler.

Et que dit Salomon dans sa prière ? Nous avons d’abord des expressions de reconnaissance à l’égard de ce que Dieu a été pour son père : combien cela est beau !

Ensuite (deuxièmement), « tu as usé d’une grande bonté envers ton serviteur, David, mon père, selon qu’il a marché devant toi en vérité et en justice et en droiture de cœur avec toi ». Combien c’est beau de voir un enfant, un jeune homme, qui évoque les qualités, les vertus et la valeur spirituelle de son père. Cela ne veut pas dire que son père était parfait, on sait bien que David a commis des fautes d’un gravité extrême ; mais il a eu la droiture, « droit comme mon serviteur David », de les confesser et de les juger, et par cela de connaître la restauration (il n’y a pas d’autre voie !). Mais ce que Salomon retient de la vie de son père, c’est qu’il a marché devant Dieu en vérité, en justice, en droiture et avec un cœur engagé pour son Dieu. Combien ce témoignage est beau. Dieu veuille que le souvenir de ceux qui ont marché avant nous soit de cette nature. Oh, que la génération qui s’efface laisse de tels souvenirs ! Témoignage rendu d’un fils à l’égard de son père !

Ensuite Salomon s’adresse à Dieu pour lui dire : « tu lui as gardé cette grande bonté, et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône, comme [il en est] aujourd’hui ». Salomon relève que la fidélité de Dieu à l’égard de son père s’est poursuivie en ce que lui-même, Salomon, est l’objet de la réalisation des promesses faites à son père.

Ensuite nous lisons « Et maintenant, Éternel, mon Dieu, tu as fait roi ton serviteur en la place de David, mon père, et moi, je suis un jeune garçon, je ne sais pas sortir et entrer ». Après l’évocation combien heureuse et louable, émanant d’un cœur qui a su voir, sous le regard de Dieu, les choses à l’égard de son père, Salomon réalise son incapacité, vu son jeune âge, et son inexpérience face à la tâche immense placée devant lui. « Je ne sais pas sortir et entrer » ; ces expressions « entrer et sortir », ou « sortir et entrer » correspondent à peu près à « aller et venir ». Cela englobe en quelque sorte la vie à l’intérieur du sanctuaire, et la vie pratique suite à la manifestation de ce que nous avons recueilli à l’intérieur ; nous recueillons à l’intérieur du sanctuaire pour accomplir le travail qui nous est confié à l’extérieur.

« Et ton serviteur est au milieu de ton peuple, que tu as choisi, un peuple nombreux, qui ne se peut compter ni nombrer à cause de [sa] multitude ». Salomon est préoccupé, vu son inexpérience et sa jeunesse, par l’ampleur de la tâche qui lui est confiée. Il réalise son insuffisance face à ce qui lui sera demandé. C’est un sentiment louable. Il ne dit pas : « je suis fort, tout ira bien ; avec l’intelligence qui m’est donnée, tout ne peut que bien aller ». Non, il voit l’ampleur de la tâche, le sérieux de la mission qui lui est demandée au sein d’un peuple nombreux pour l’accomplir.

« Donne donc à ton serviteur un cœur qui écoute, pour juger ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal ; car qui est capable de juger ton si grand peuple ». Il demande un cœur qui écoute. « Écouter est meilleur que sacrifice, et prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers » (1 Samuel 15:22), et « oh ! si mon peuple m’avait écouté » (Psaume 81:13). C’est là le bon point de départ, mais quelquefois on aime mieux parler qu’écouter ! Combien il importe d’être attentif à cette exhortation tant de fois répétée, cette injonction qui parcourt les Écritures, nous invitant à prêter l’oreille, à écouter, à être attentifs aux enseignements divins, aux directives que la Parole nous donne, écouter pour pouvoir marcher.

On comprend qu’une telle prière, très différente de celle de Jahbets, ne pouvait que rencontrer l’approbation du Seigneur, de Dieu : « Et la parole fut bonne aux yeux du Seigneur, que Salomon eût demandé cette chose… je t’ai donné aussi ce que tu n’as pas demandé, tant les richesses que la gloire ». Nous avons lu dans l’épître aux Éphésiens qu’Il répond infiniment au-delà de ce que nous savons demander ou penser. Or nous en avons un exemple remarquable ici dans la réponse de Dieu à la prière exprimée par Salomon : « Je t’ai donné aussi ce que tu n’as pas demandé ».

Dieu ne sera jamais débiteur ; « à bénir Il se complait ». Dans les jours heureux de son règne, Salomon a tiré un grand profit de cette expérience que Dieu donne ce qui n’avait pas été demandé.

 

8.4   La chair ne vieillit pas

Un peu plus loin dans le même livre (1 Rois 10), Salomon règne, et on vient de toutes parts pour le connaître, pour l’entendre, pour bénéficier de sa sagesse. Tout cela montre que, si réelle que fut cette sagesse d’un homme incomparable et unique sur la terre, toute sa sagesse ne l’a pas mis à l’abri des chutes. La connaissance extraordinaire de Salomon ne l’a pas préservé. Il était faillible comme quiconque, et même quand on arrive à la vieillesse, et que celle-ci amortit ou amoindrit le corps, c’est-à-dire l’homme extérieur, pourtant la chair n’en est pas amortie pour autant. La chair ne vieillit jamais, elle a une santé extraordinaire ; la chair est toujours en pleine capacité d’agir. Au jour de sa vieillesse, Salomon est tombé dans les convoitises de la jeunesse au sujet desquelles il avait mis en garde comme personne d’autre. Ni la connaissance, ni la vieillesse ne sont des remparts ; la seule chose qui garde un croyant, c’est la crainte du Seigneur et la marche dans la communion avec Lui.

 

8.5   La requête de la reine de Shéba

Nous lisons en 1 Rois 10:10, à propos de la reine de Sheba : « Et elle donna au roi cent vingt talents d’or, et des aromates en très grande quantité, et des pierres précieuses. Il n’est plus venu une abondance d’aromates pareille à ce que la reine de Sheba en donna au roi Salomon. (La flotte aussi de Hiram qui amenait de l’or d’Ophir, apporta d’Ophir du bois d’almuggim en très grande quantité, et des pierres précieuses. Et, avec le bois d’almuggim, le roi fit des balustrades pour la maison de l’Éternel et pour la maison du roi, et des harpes et des luths pour les chanteurs. Il n’est pas venu de semblable bois d’almuggim, et on n’en a pas vu jusqu’à ce jour). Et le roi Salomon donna à la reine de Sheba tout son désir, [tout ce] qu’elle demanda, outre ce qu’il lui donna selon le pouvoir du roi Salomon. Et elle s’en retourna, et s’en alla dans son pays, elle et ses serviteurs ».

Immensément riche cette reine offre des présents incomparables ; rien que l’or représente à peu près 50 millions d’euros. À la mesure de ses possibilités, elle a exprimé sa reconnaissance et son admiration de Salomon. De surcroît elle lui a exposé toutes ses questions, tous ses exercices et tout ce qui remplissait son cœur, et il y a répondu, et a répondu à toutes ses demandes. Et à cela s’ajoute ce que Salomon lui a encore donné : « le roi Salomon donna à la reine de Sheba tout son désir, tout ce qu’elle demanda », mais en plus de ce qu’elle demanda, « il lui donna selon son pouvoir », on pourrait dire selon son bon vouloir. Voilà un exemple aussi parmi beaucoup d’autres qui nous montre que Dieu répond au-delà de nos besoins, Il sait ce qui nous est profitable.

 

8.6   La veuve du prophète — 2 Rois 4

On pourrait multiplier les exemples. On connaît bien la scène de 2 Rois 4, où une veuve devait acquitter une immense dette alors qu’elle n’avait rien. Élisée lui dit : « qu’as-tu ? », « je n’ai rien qu’un peu d’huile », « vas, demande des vases vides », et il ajoute encore « n’en demande pas peu, rentre dans ta maison, ferme la porte sur toi, et tu commenceras à remplir les vases », jusqu’au moment où tous les vases étant pleins, elle demande à son fils : « apporte-moi encore un vase ». Ah, il n’y en a plus !

On peut remplir des vases vides, mais on n’a jamais pu remplir un vase déjà plein. Si nos cœurs sont remplis de choses futiles, et que notre vie déborde d’une activité ne laissant aucune place au Seigneur, Lui ne pourra rien y mettre. « Apportez-moi des vases vides », vides de nous-mêmes, c’est ce qu’il y a de plus difficile à vider. Il ne faut pas seulement vider les cœurs des activités, peut-être des attraits, des choses louables en elles même, et même profitables humainement, mais il faut se vider de soi même. Même un apôtre Paul, tout érudit qu’il était, a pu dire : « je ne suis rien », et ainsi, affranchi de lui-même, il pouvait être rempli de l’amour de Christ.

« Apportez-moi des vases vides », alors l’huile figure du Saint Esprit, agissant en nous, pourra nous remplir, et à la fin de cette expérience merveilleuse et bénie, ce n’est pas l’huile qui a tari, mais ce sont les vases qui ont manqué. « Va, vends l’huile que tu as, et tu pourras vivre avec ce qui reste ». On pourrait ajouter bien des exemples, mais la pensée traduite est toujours la même.

 

9                        Des prières de dépendance et de confiance

Que le Seigneur veuille remplir nos cœurs, et nourrir en nous cette dépendance, cette confiance qui conduit nos cœurs à s’ouvrir au Seigneur, à les libérer de nous même pour qu’Il puisse y occuper la première place et qu’Il puisse nourrir, entretenir et développer nos affections pour Lui, et que nous puissions par cela vivre dans une communion, une intimité qui ne peut que Le glorifier et nous être profitable.

Que ces quelques pensées nous conduisent à être occupés de ces requêtes exprimées par Jahbets et qu’elles constituent aussi en chacun de nos cœurs un ardent désir : le Seigneur ne se fera qu’une joie de l’exaucer.