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Chaque Jour les Écritures — Épître de Jacques

 

 

 

Table des matières :

1     Jacques 1 v. 1 à 12

2     Jacques 1 v. 13 à 27

3     Jacques 2 v. 1 à 13

4     Jacques 2 v. 14 à 26

5     Jacques 3 v. 1 à 18

6     Jacques 4 v. 1 à 12

7     Jacques 4 v. 13 à 17 ; 5 v. 1 à 6

8     Jacques 5 v. 7 à 20

 

 

 

1                    Jacques 1 v. 1 à 12

 

Jacques s'adresse à ses frères, chrétiens sortis du judaïsme dont ils n'ont pas encore abandonné toutes les attaches. Il les invite à considérer l'épreuve comme une parfaite joie: deux mots qui à première vue s'accordent mal ensemble. Pourtant, parmi les chrétiens hébreux certains l'avaient réalisé (Héb. 10 v. 34). Et cette expérience rejoint la déclaration de Paul: «Nous nous glorifions dans les tribulations sachant que la tribulation produit (cultive) la patience» (Rom. 5 v. 3; comp. Col. 1 v. 11). Autre contradiction apparente: tandis que la patience implique l'attente de ce qu'on ne possède pas encore, Jacques ajoute: «ne manquant de rien». Ce qui peut nous faire vraiment défaut, ce ne sont pas les biens terrestres, c'est la sagesse. Alors demandons-la au Seigneur, à l'exemple du jeune Salomon (1 Rois 3 v. 9).

Même pauvre, un chrétien ne manque de rien puisqu'il a Jésus. Et le riche peut se réjouir dans son humiliation en communion avec Celui qui s'est anéanti et abaissé Lui-même jusqu'à la mort de la croix. Irions-nous envier ceux qui passeront comme la fleur de l'herbe? Ayons en vue la couronne de vie. Elle récompensera ceux qui auront enduré l'épreuve avec patience, autrement dit ceux qui aiment le Seigneur (fin du v. 12).

 

2                    Jacques 1 v. 13 à 27

 

Dans les v. 2 et 12, le mot tentation signifie l'épreuve qui vient du dehors. Dieu nous la dispense pour notre bien et finalement notre joie. Au v. 13, être tenté a un sens différent: il suppose le mal. On est amorcé intérieurement par ses convoitises. De cela, comment Dieu serait-Il la cause? Rien de ténébreux ne peut descendre du «Père des lumières (comp. 1 Jean 1 v. 5). Celui qui nous a envoyé son propre Fils nous donne avec Lui «tout don parfait» (Rom. 8 v. 32). La source du mal est en nous: mauvaises pensées, dont les filles s'appelleront mauvaises paroles et mauvaises actions. Mais il ne suffit pas d'en être conscient. Nous risquons de ressembler à quelqu'un qui constaterait sa malpropreté dans un miroir et n'irait pas ensuite se laver. La Parole de Dieu est ce miroir. Elle montre à l'homme ce qu'il est; elle lui apprend ce qu’est faire le bien (ch. 4 v. 17), elle ne peut le faire à sa place.

En quoi consiste le seul «service religieux» reconnu par Dieu le Père? Pas dans les vaines cérémonies que les hommes appellent «la religion». Il découle de la double position dans laquelle le Seigneur a laissé les siens: Dans le monde, et c'est le dévouement de l'amour. Pas du monde, c'est donc pour nous en conserver purs (v. 27; Jean 17 v. 11, 14, 16).

 

3                    Jacques 2 v. 1 à 13

 

Nous sommes influencés plus que nous ne pensons par la fausse échelle des valeurs dont le monde fait usage, telles que la fortune, le rang social… Même un Samuel avait besoin de l'apprendre: «l'homme regarde à l'apparence extérieure, et l'Éternel regarde au cœur» (1 Sam. 16 v. 7 fin). Et savez-vous jusqu'où «l'acception de personnes» a conduit le monde? Jusqu'à mépriser et rejeter le Fils de Dieu, parce qu'Il était venu comme un pauvre ici-bas (2 Cor. 8 v. 9). Aujourd'hui encore, le beau nom de Christ invoqué sur les chrétiens reste l'objet de moqueries et de blasphèmes. Eh bien, ceux qui le portent, ces pauvres que le monde méprise, sont désignés par le Seigneur comme les héritiers du royaume (v. 5; Matt. 5 v. 3). À eux s'impose donc «la loi royale», c'est-à-dire celle du roi (v. 8). Or manquer au commandement d'amour, c'est transgresser toute la loi, de même qu'il suffit pour briser une chaîne de la rupture d'un seul anneau. De sorte que nous étions tous coupables, convaincus de péché. Mais Dieu a trouvé une gloire plus grande dans la miséricorde que dans le jugement. Cette miséricorde nous place désormais sous une «loi» bien différente: celle de la liberté. Liberté d'une nouvelle nature qui trouve son plaisir dans l'obéissance à Dieu (1 Pier. 2 v. 16).

 

4                    Jacques 2 v. 14 à 26

 

Certains ont cru voir une contradiction entre l'enseignement de Jacques et celui de Paul (par exemple en Rom. 4). En réalité chacun d'eux présente un côté différent de la vérité. Paul démontre que la foi suffit à rendre quelqu'un juste devant Dieu. Jacques explique que pour être justifiés aux yeux des hommes les œuvres sont nécessaires (v. 24; 1 Jean 3 v. 10). Ce n'est pas la racine, mais le fruit qui permet de juger de la qualité d'un arbre (Luc 6 v. 43, 44). La foi intérieure ne peut se montrer aux hommes autrement que par des œuvres. Je ne puis voir l'électricité, mais le fonctionnement d'une lampe ou d'un moteur me permet d'affirmer la présence du courant dans le fil conducteur. La foi est un principe actif (v. 22), une énergie interne qui fait mouvoir les rouages du cœur. Paul et Jacques illustrent leur enseignement par le même exemple: celui d'Abraham, auquel s'ajoute ici celui de Rahab. Selon la morale humaine, le premier est un père criminel, la seconde une personne de mauvaise conduite, qui trahit son peuple. Leurs actes n'en sont que plus manifestement la conséquence de leur foi; elle les a amenés à faire pour Dieu les plus grands sacrifices.

Ami, vous avez peut-être dit un jour que vous aviez la foi. L'avez-vous aussi montré?

 

5                    Jacques 3 v. 1 à 18

 

De même que la foi, si elle existe, se manifeste nécessairement par des œuvres, de même la souillure du cœur s'extériorise tôt ou tard par des paroles. Toute machine à vapeur possède une soupape par laquelle la pression interne excessive s'échappe irrésistiblement. Si nous laissons monter en nous cette «pression» sans la juger, elle se trahira inévitablement par des paroles que nous ne pourrons contenir. Le Seigneur nous fait ainsi constater l'impureté de nos lèvres (És. 6 v. 5) et nous en montre la source intérieure: l'abondance du cœur (Matt. 12 v. 34; 15 v. 19; Prov. 10 v. 20). Mais Il nous invite, par le jugement de nous-mêmes, à séparer «ce qui est précieux de ce qui est vil», afin d'être comme Sa bouche (Jér. 15 v. 19).

Il y a sagesse et sagesse. Celle d'en haut, comme tout don parfait, descend du Père des lumières (ch. 1 v. 17). Ses motifs nous la feront reconnaître: elle est toujours pure, sans volonté propre, active dans le bien.

Nous devrions relire ces versets chaque fois que nous sommes sur le point de faire un mauvais usage de notre langue: querelle, mensonge (v. 14), médisance (ch. 4 v. 11), vanterie (ch. 4 v. 16), murmure (ch. 5 v. 9), jurement ou parole légère (ch. 5 v. 12; Éph. 4 v. 29; 5 v. 4). C'est-à-dire, hélas, combien de fois par jour!

 

6                    Jacques 4 v. 1 à 12

 

Une dispute entre des enfants de Dieu révèle sans risque d'erreur la volonté non brisée chez chacun d'eux. Le Seigneur nous apprend que c'est de plus un obstacle à l'exaucement de nos prières (lire Marc 11 v. 25). Il peut y avoir deux raisons pour lesquelles nous ne recevons pas de réponse. La première est que nous ne demandons pas, «car quiconque demande, reçoit» (Matt. 7 v. 8). La seconde, que nous demandons mal. Il n'est pas question ici de la forme maladroite de nos prières (de toute manière «nous ne savons pas ce qu'il faut demander comme il convient»: Rom. 8 v. 26), mais de leur but. Prions-nous en vue de la gloire du Seigneur ou pour satisfaire notre convoitise? Ces deux principes ne peuvent se concilier.

Aimer le monde, c'est trahir la cause de notre Dieu. Car le monde Lui a déclaré la guerre en crucifiant son Fils, et la neutralité n'est pas possible (Matt. 12 v. 30).

L'envie et la convoitise sont les aimants par lesquels le monde nous attire. Mais Dieu donne infiniment plus que ce que le monde peut offrir: une plus grande grâce (v. 6; Matt. 13 v. 12). Peuvent la goûter ceux qui ont appris du Sauveur la débonnaireté et l'humilité (Matt. 11 v. 29). Mais pour éprouver les vertus de la grâce, il faut d'abord avoir senti ses propres misères (v. 8, 9; comp. Joël 2 v. 12, 13).

 

7                    Jacques 4 v. 13 à 17 ; 5 v. 1 à 6

 

Ceux qui font des projets sans les soumettre à la volonté de Dieu (v. 13 à 15; És. 56 v. 12 fin) et ceux qui accumulent des biens terrestres (ch. 5 v. 1 à 6) sont parfois les mêmes personnes (Luc 12 v. 18, 19). Les unes et les autres sont étrangères à la vie de la foi. Disposer de l'avenir, c'est substituer sa propre volonté à celle de Dieu. C'est même de l'incrédulité; on montre qu'on ne croit pas au retour prochain du Seigneur. Quant aux richesses, il est particulièrement choquant de les amasser «dans les derniers jours». Les aléas qui menacent les fortunes d'ici-bas: faillites, vols, dévaluations…, se chargent de démontrer que ce sont des richesses pourries, de l'or et de l'argent rouillés (voir Ps. 52 v. 7). C'est pourquoi le Seigneur recommande: «Faites-vous des bourses qui ne vieillissent pas, un trésor qui ne défaille pas, dans les cieux, d'où le voleur n'approche pas, et où la teigne ne détruit pas» (Luc 12 v. 33). L’abondance des biens matériels contribue à endurcir le cœur: Vis-à-vis de Dieu, car on perd alors facilement le sentiment de sa dépendance et des vrais besoins, qui sont ceux de l'âme (Apoc. 3 v. 17). Et vis-à-vis de son prochain, parce que l'on a plus de peine à se mettre à la place de ceux qui manquent du nécessaire (Prov. 18 v. 23).

 

8                    Jacques 5 v. 7 à 20

 

L'automne est la saison des labours. Huit à dix mois vont s'écouler jusqu'à ce que, par des alternatives de froid et de chaleur, de pluie et de soleil, mûrisse la moisson nouvelle. Que de patience il faut à l'agriculteur! Comme lui, usons de patience, «car la venue du Seigneur est proche». Usons également de nos ressources: dans les moments de joie, des cantiques; dans l'épreuve (comme en tout temps), la prière fervente de la foi. Faisons-nous quelquefois l'expérience qu'elle «peut beaucoup» (Jean 9 v. 31 fin)? Les v. 14 à 16, qui servent dans la chrétienté à justifier toute sorte de pratiques, gardent leur pleine valeur si les conditions mentionnées sont réunies. Toutefois un chrétien dépendant se sentira rarement libre de demander la guérison; il priera plutôt avec son entourage pour l'acceptation paisible de la volonté de Dieu.

La fin de l'épître met l'accent sur l'aide fraternelle dans l'amour: la confession réciproque des fautes, la prière l'un pour l'autre, les soins envers ceux qui ont manqué. La doctrine tient peu de place dans cette épître. Par contre la mise en pratique de notre christianisme en tient beaucoup. Que Dieu nous accorde en effet d'être, non des auditeurs oublieux, mais des faiseurs d'œuvres (ch. 1 v. 25).