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Chaque Jour les Écritures — Épître aux Hébreux

 

 

 

Table des matières :

1     Hébreux 1 v. 1 à 14

2     Hébreux 2 v. 1 à 9

3     Hébreux 2 v. 10 à 18

4     Hébreux 3 v. 1 à 15

5     Hébreux 3 v. 16 à 19 ; 4 v. 1 à 7

6     Hébreux 4 v. 8 à 16

7     Hébreux 5 v. 1 à 14

8     Hébreux 6 v. 1 à 20

9     Hébreux 7 v. 1 à 17

10      Hébreux 7 v. 18 à 28

11      Hébreux 8 v. 1 à 13

12      Hébreux 9 v. 1 à 15

13      Hébreux 9 v. 16 à 28

14      Hébreux 10 v. 1 à 18

15      Hébreux 10 v. 19 à 31

16      Hébreux 10 v. 32 à 39 ; 11 v. 1 à 7

17      Hébreux 11 v. 8 à 16

18      Hébreux 11 v. 17 à 31

19      Hébreux 11 v. 32 à 40 ; 12 v. 1 à 3

20      Hébreux 12 v. 4 à 17

21      Hébreux 12 v. 18 à 29

22      Hébreux 13 v. 1 à 16

23      Hébreux 13 v. 17 à 25

 

 

 

1                    Hébreux 1 v. 1 à 14

 

L'auteur de l'épître aux Hébreux est probablement l'apôtre Paul. Mais il ne se nomme pas, pour laisser toute la place au Seigneur Jésus, le grand «apôtre… de notre confession» (ch. 3 v. 1). Après avoir parlé par le moyen de tant d'instruments divers, Dieu a fini par s'adresser directement à Israël et aux hommes dans son propre Fils (Jérémie 7 v. 25; Marc 12 v. 6…). Lui est «la Parole», la pleine et définitive révélation de Dieu. Et pour nous en donner une idée plus haute, Il nous apprend qui est ce Fils: l'héritier de toutes choses, le créateur des mondes, le resplendissement de sa gloire et l'empreinte de sa substance, celui qui soutient toutes choses (Jean 1 v. 1 et 18). Eh bien! Celui qui a fait les mondes a aussi fait la purification des péchés. Mais tandis que pour créer, il Lui a suffi d'une parole, pour cette œuvre-là, Il a dû payer le prix suprême: sa propre vie.

Une suite de citations des psaumes qu'on appelle messianiques: 2, 45, 102, 110… établit l'exaltation et la suprématie du Fils de Dieu. Les anges sont des créatures, Jésus est le Créateur; ils sont serviteurs, Lui est le Seigneur. Les anges, d'une manière invisible, servent en notre faveur; Jésus seul a accompli la purification des péchés, les miens et les vôtres. Et ce qu'Il est rehausse incomparablement la valeur de ce qu'Il a fait.

 

2                    Hébreux 2 v. 1 à 9

 

«Dieu… nous a parlé dans le Fils…», c'est pourquoi, enchaîne le ch. 2, nous devons porter une plus grande attention aux choses que nous avons entendues… Déjà, sur la sainte montagne, une voix du ciel avait solennellement enjoint aux trois disciples d'écouter, non plus Moïse ni Élie, mais le Fils bien-aimé. «Et eux, levant leurs yeux, ne virent personne que Jésus seul» (Matt. 17 v. 5, 8). Nous aussi, par la foi, «nous voyons Jésus…» (v. 9). Le ch. 1 nous l'a présenté selon ses titres divins de Créateur et de Premier-né. Il nous apparaît ici comme l'Homme glorifié et le vainqueur de la mort. Au ch. 1, tous les anges de Dieu Lui rendent hommage; au ch. 2, Jésus a été fait un peu moindre qu'eux à cause de cette mort dont Il a dû connaître le goût infiniment amer (fin du v. 9). Mais le Ps. 8, cité ici, nous révèle l'ensemble du propos de Dieu à l'égard de «l'homme Christ Jésus». Une couronne de gloire et d'honneur est sur son front; la domination universelle Lui appartient de droit; bientôt tout pliera sous sa loi. Mais déjà la place occupée par «le chef de notre salut» proclame l'excellence de ce salut. Comment échapperons-nous si nous le négligeons (ch. 10 v. 29)? Remarquons bien: il suffit d'être négligent, de remettre à plus tard… Oui, hâtons-nous de saisir «un si grand salut».

 

3                    Hébreux 2 v. 10 à 18

 

Il convenait pour Dieu… de consommer par des souffrances le chef de notre salut (v. 10). «Il plut à l'Éternel de le meurtrir; il l'a soumis à la souffrance», dit par ailleurs Ésaïe (ch. 53 v. 10). Et dans quel but? Afin d'amener plusieurs fils à la gloire. «S'il livre son âme en sacrifice pour le péché, Il verra une descendance», — ajoute aussi le prophète. Ces enfants que Dieu a donnés à Christ pour être ses compagnons dans la gloire, ce sont ses chers rachetés. «Il n'a pas honte de les appeler frères» (v. 11). Mais pour pouvoir prendre en main leur cause, Il devait leur être rendu semblable, devenir véritablement un homme (v. 14). Et notre chapitre nous donne de ce grand mystère plusieurs motifs d'un prix infini: Jésus est venu dans notre nature pour glorifier Dieu en recommençant notre histoire et lui permettre de réaliser ses plans à l'égard de l'homme. — Il a pris un corps pour pouvoir mourir et ainsi remporter la victoire sur le prince de la mort dans sa propre forteresse. — Enfin, Jésus a revêtu notre humanité pour entrer plus parfaitement dans nos peines et les comprendre avec un cœur humain. Sa propre expérience de la souffrance lui permet de sympathiser pleinement à nos épreuves comme un sacrificateur fidèle et miséricordieux. Quelle consolation pour tous les affligés!

 

4                    Hébreux 3 v. 1 à 15

 

L'épître aux Hébreux a été appelée «l'épître des cieux ouverts». Et qui contemplons-nous dans les cieux? Jésus, à la fois apôtre — c'est-à-dire le porte-parole de Dieu aux hommes — et souverain sacrificateur: le porte-parole des hommes devant Dieu. Écrivant aux chrétiens hébreux, l'auteur va montrer en s'appuyant sur leur histoire comment Jésus réunit et surpasse dans sa personne les gloires que vénéraient les Juifs: celles de Moïse (ch. 3), de Josué (ch. 4), d'Aaron (ch. 5)… Mais nous ne pouvons apprendre à connaître le Seigneur sans découvrir par contraste la perversité du cœur naturel. Dieu le nomme «un méchant cœur d'incrédulité» et nous rappelle qu'il est à l'origine de toutes nos misères. «Ils s'égarent toujours dans leur cœur», déclare le v. 10 (comp. Marc 7 v. 21). C'est pourquoi quiconque entend la voix du Seigneur (et qui oserait dire qu'il ne l'a jamais entendue?) est invité solennellement par trois fois à ne pas endurcir son cœur (v. 7, 15; ch. 4 v. 7). Nous limitons généralement cette exhortation à l'évangile de la croix. Mais nous qui sommes chrétiens, n'avons-nous pas chaque jour l'occasion d'entendre la voix du Seigneur dans sa Parole? Soyons gardés de toute forme d'endurcissement, quelles que soient aujourd'hui pour nous Ses exigences!

 

5                    Hébreux 3 v. 16 à 19 ; 4 v. 1 à 7

 

Le repos de Dieu au septième jour, après l'œuvre de la création, fut bientôt troublé par le péché de l'homme. Et, depuis lors «jusqu'à maintenant», le travail du Père avec celui du Fils n'a plus cessé pour la rédemption (Jean 5 v. 17). Mais nous apprenons ici: 1º Que Dieu a toujours en vue Son repos. 2º Que celui-ci est à venir et ne se confond pas avec l'établissement du peuple en Canaan sous Josué. Israël jouira du repos sur la terre du millénium, et l'Église le goûtera dans la gloire céleste. 3º Que, si Dieu veut partager son repos avec sa créature, tous cependant n'y entreront pas. Comme autrefois dans le désert, l'incrédulité (ch. 3 v. 19) et la désobéissance (ch. 4 v. 6 fin) ferment l'accès à la promesse. Jean 3 v. 36 nous montre d'ailleurs que celui qui désobéit se confond avec celui qui ne croit pas (note). Car faire l'œuvre de Dieu, c'est croire en Celui qu'Il a envoyé (Jean 6 v. 29). Hélas, il en fut d'Israël comme de multitudes aujourd'hui: «la parole qu'ils entendirent ne leur servit de rien, n'étant pas mêlée avec de la foi…» (v. 2; lire Rom. 10 v. 17).

Ainsi c'est l'obéissance au Seigneur qui nous permet d'entrer maintenant dans le travail de sa grâce et nous prépare à partager aussi demain le repos de son amour (Soph. 3 v. 17).

 

6                    Hébreux 4 v. 8 à 16

 

Jusqu'à notre entrée dans le repos divin, c'est encore pour nous, enfants de Dieu, le temps de la fatigue liée à la marche, au service et au combat. Mais nous ne sommes pas laissés sans ressources. Des trois que mentionne ce chapitre, la première est la Parole de Dieu. Aujourd'hui nous entendons Sa voix… Cette Parole veille à notre état intérieur. Vivante, elle nous apporte la vie; opérante, elle fait son travail en nous (Éph. 6 v. 17 nous la présente au contraire comme arme offensive). Pénétrante enfin: laissons-nous sonder par elle.

Mais à côté du péché que la Parole met en évidence et condamne, il y a en nous de la faiblesse et des infirmités. Dieu y a pourvu au moyen de deux autres ressources. Il nous a donné un grand Souverain Sacrificateur plein de compréhension et de sympathie. Homme ici-bas, Christ a connu toutes les formes de la souffrance humaine pour pouvoir «au moment opportun» déployer envers ses faibles rachetés toutes les formes de son amour. En second lieu Il nous a ouvert l'accès au trône de la grâce. Nous sommes invités à nous en approcher par la prière avec d'autant plus de liberté et de confiance que nous y rencontrons notre bien-aimé Sauveur. Est-ce là, et là seulement, que nous cherchons du secours (Ps. 60 v. 11)?

 

7                    Hébreux 5 v. 1 à 14

 

Quel contraste entre le saint Fils de Dieu et le sacrificateur pris d'entre les hommes, contraint d'être indulgent à cause de sa propre infirmité! Un autre contraste ressort du v. 8. En ce qui nous concerne, nous avons besoin d'apprendre l'obéissance parce que nous sommes par nature désobéissants. Le Fils de Dieu a dû l'apprendre pour une raison bien différente. Créateur souverain, Il n'est assujetti à personne. Obéir était pour Lui une chose entièrement nouvelle. Mais c'est ainsi qu'Il est en exemple et s'impose désormais à «ceux qui lui obéissent» (v. 9). Quel est, dans une collectivité, le chef qui a le plus d'autorité? Celui qui a commencé par exécuter lui-même, dans les conditions les plus difficiles, les tâches qu'il commande ensuite à ses subordonnés. Apprenons l'obéissance à l'école du Seigneur Jésus. Mais quel genre d'élèves sommes-nous? Ne méritons-nous pas souvent le reproche du v. 11: paresseux à écouter? La Parole de Dieu n'est pas ici comme au ch. 4 l'épée discernant les intentions du cœur, mais la nourriture solide qui fortifie l'enfant de Dieu et le rend capable de discerner lui-même le bien du mal. Tel est le grand progrès du chrétien: devenir de plus en plus sensible à ce qui plaît au Seigneur… et à ce qui ne Lui plaît pas.

 

8                    Hébreux 6 v. 1 à 20

 

Oui, avançons spirituellement vers l'état adulte. Ne nous contentons pas, comme ces chrétiens sortis du judaïsme, de connaître quelques vérités élémentaires. Jésus veut être pour nous plus qu'un Sauveur des œuvres mortes: un Seigneur, un Modèle, un Ami suprême

Les v. 4 à 6 ont souvent été employés par le diable pour troubler les enfants de Dieu. En réalité ce n'est pas d'eux qu'il est question ici mais de ceux qui n'ont de chrétien que le nom. Dans l'état moral ainsi décrit, on chercherait en vain la vie divine communiquée à l'âme d'un vrai croyant. Mais il est possible, hélas, de vivre au milieu des privilèges du christianisme sans avoir été réellement converti! C'était vrai de certains Juifs; c'est peut-être vrai aujourd'hui de quelques enfants de parents chrétiens. Quant aux croyants véritables, ils ne peuvent pas perdre leur salut. Mais ils sont toujours en danger de se relâcher. À côté des œuvres d'amour que Dieu n'oublie pas, la foi et l'espérance ne doivent pas être négligées (v. 10, 11, 12). Elles se nourrissent des promesses divines. Le chrétien connaît son port d'attache encore invisible; il y a jeté son ancre. Si agité que soit la mer de ce monde, la foi est «l'amarre» qui relie fermement le racheté au lieu céleste et immuable où se trouve l'objet de son espérance.

 

9                    Hébreux 7 v. 1 à 17

 

L'auteur de l'épître avait beaucoup de choses à dire au sujet de Melchisédec (ch. 5 v. 10, 11). Ce mystérieux personnage traverse l'histoire d'Abraham (Gen. 14), agissant comme médiateur, bénissant Abraham de la part du Dieu Très-haut, puis bénissant ce Dieu Très-haut au nom du patriarche. Par contre tout ce qui concerne sa personne et ses origines est laissé dans l'ombre. Et nous comprenons pourquoi. Ce qui intéresse l'Esprit de Dieu, ce n'est pas l'homme ici, mais son office. Roi et sacrificateur, Melchisédec est un «type» du Seigneur Jésus quand il règnera en justice et sera sacrificateur sur son trône. La sacrificature selon l'ordre de Melchisédec est en tous points supérieure à celle d'Aaron. 1º Son titulaire est plus excellent qu'Abraham, puisque ce patriarche a donné la dîme à Melchisédec et a été béni par lui. 2º Antérieure à l'histoire d'Israël, elle ne s'exerce pas seulement au bénéfice de ce peuple, mais de tout croyant. 3º Elle est enfin intransmissible, puisque celui qui en a la charge est toujours vivant (Rom. 8 v. 34).

Beaucoup de personnes dans la chrétienté croient nécessaire de recourir à des intermédiaires, prêtres ou «saints». Cette épître leur apprend que Dieu nous a donné un seul souverain sacrificateur, ou médiateur, parfait et suffisant pour l'éternité (ch. 10 v. 21, 22).

 

10               Hébreux 7 v. 18 à 28

 

Jusqu'à ce qu'Il soit élevé plus haut que les cieux, Jésus ne pouvait pas être notre souverain Sacrificateur. Pour pouvoir nous représenter devant Dieu il fallait d'abord qu'Il s'offre Lui-même pour nous. Avant toutes choses nous avions besoin d'un Rédempteur. Mais maintenant le Sauveur de nos âmes est aussi Celui qui nous sauve entièrement, c'est-à-dire qui nous prend en charge jusqu'à notre entrée dans sa gloire. Et comme Il est vivant à jamais, nous avons l'assurance qu'à aucun moment Il ne pourra nous faire défaut. En vérité, un tel souverain sacrificateur nous convenait. Sa perfection morale exprimée de toutes les manières et sa position en gloire devant Dieu, nous amènent à nous écrier: «Vois, ô Dieu! Et regarde la face de ton oint» (Ps. 84 v. 9).

Bientôt nous n'aurons plus besoin de son intercession. Elle prendra fin quand tous les rachetés auront achevé leur pèlerinage. Pourquoi alors est-il répété: «tu es sacrificateur pour l'éternité» (ch. 5 v. 6; 6 v. 20; 7 v. 17, 21)? Parce que le sacrificateur est aussi celui qui conduit la louange. Service éternel que notre cher Sauveur ne sera plus seul à remplir. Il l'accomplira avec ceux qu'Il aura sauvés entièrement et qui seront à jamais ses compagnons dans la gloire (ch. 2 v. 12).

 

11               Hébreux 8 v. 1 à 13

 

L'ancienne alliance du Sinaï a été autrefois rompue par la faute d'Israël. Une nouvelle alliance, annoncée en Jér. 31 v. 31…, sera conclue avec ce peuple. La preuve étant faite que l'homme est incapable de tenir un engagement vis-à-vis de Dieu, cette nouvelle alliance ne lui imposera plus de remplir aucune condition (Rom. 11 v. 27). Sa seule base sera le sang de Christ, appelé «le sang de la nouvelle alliance» (Matt. 26 v. 28). Quatre points la caractériseront: 1º Les commandements du Seigneur seront écrits sur les cœurs, c'est-à-dire feront appel à l'amour. 2º Israël retrouvera sa relation de peuple de l'Éternel (v. 10; Zach. 8 v. 8). 3º La connaissance du Seigneur sera commune à tous (v. 11; És. 54 v. 13). 4º Dieu ne se souviendra plus de leurs péchés ni de leurs iniquités (v. 12).

Les chrétiens en ce qui les concerne ne sont pas sous une alliance (est-il besoin d'un contrat entre un père et ses enfants?). Mais ils jouissent déjà, et au delà, de toutes ces bénédictions promises à Israël. La Parole divine est implantée en eux (comp. 2 Cor. 3 v. 3). Ils sont maintenant enfants de Dieu. Ils connaissent le Seigneur par l'Esprit Saint qui habite en eux. Ils ont l'assurance que leurs péchés sont effacés pour toujours. — Lecteur, ces privilèges sont-ils aussi les tiens?

 

12               Hébreux 9 v. 1 à 15

 

Les ch. 35 et 40 de l'Exode racontent comment fut construit le tabernacle. Le Lévitique donne les instructions concernant les sacrifices (ch. 1 à 7) puis touchant les sacrificateurs (ch. 8 à 10). Mais toutes ces ordonnances d'un culte terrestre avaient démontré leur tragique impuissance. Le tabernacle était partagé par un voile infranchissable. Le sacrificateur, pécheur, était obligé d'offrir pour lui-même (v. 7; ch. 5 v. 3). Les sacrifices enfin, de boucs et de veaux, ne pouvaient pas «rendre parfait quant à la conscience». Alors Dieu nous parle d'un sanctuaire céleste «plus grand et plus parfait… qui n'est pas de cette création» (v. 11; ch. 8 v. 2). Mais à quoi servirait-il s'il n'y avait pas un sacrificateur capable d'en assurer le service? Et à quoi nous servirait un parfait sacrificateur (ch. 5 à 8) si le sacrifice n'était pas lui aussi excellent (ch. 9 et 10)? Pour notre entière sécurité, Jésus est à la fois l'un et l'autre. Comme sacrifice, Il nous donne la paix de la conscience. Comme sacrificateur, Il nous assure la paix du cœur et nous maintient dans la communion avec Dieu. Sous l'ancienne alliance tout était précaire et conditionnel. Maintenant tout est éternel: la rédemption (v. 12 fin; 5 v. 9) aussi bien que l'héritage (v. 15 fin). Rien ne pourra nous les ravir ni les remettre en cause.

 

13               Hébreux 9 v. 16 à 28

 

«Sans effusion de sang il n'y a pas de rémission» (v. 22; lire aussi Lév. 17 v. 11). Ce que proclamait chaque sacrifice de l'ancienne alliance, ce qu'Abel avait déjà compris par la foi (ch. 11 v. 4), est confirmé ici de la façon la plus catégorique. Car «le salaire du péché c'est la mort», et le sang versé sur la terre est la preuve que le salaire a été payé (Deut. 12 v. 23, 24). Le sang de Christ a été «versé pour plusieurs en rémission de péchés» (Matt. 26 v. 28). Qui sont ces plusieurs? Tous ceux qui croient! Le sang précieux de Jésus, continuellement sous le regard de Dieu, les met à l'abri de Sa colère. Car «il est réservé aux hommes de mourir une fois…». Il ne leur sera pas accordé une seconde existence. Pourtant tout n'est pas fini avec celle-ci, et la mort est peu de choses à côté de ce qui la suit. Ce qu'il y a après la mort? Un mot suffit à le révéler: … «après cela le jugement» (2 Tim. 4 v. 1; Apoc. 20 v. 12). L'homme sans Dieu a devant lui ces deux terribles réalités: la mort et le jugement. Mais le racheté possède pour sa part deux bienheureuses certitudes: le pardon de tous ses péchés et le retour du Seigneur pour sa délivrance finale (v. 28). Dieu veuille que chacun de nos lecteurs fasse partie de «ceux qui l'attendent»!

 

14               Hébreux 10 v. 1 à 18

 

La nécessité de répéter toujours et toujours les sacrifices de l'ancienne alliance montrait qu'ils étaient inefficaces. À vrai dire même, ils constituaient uniquement un acte remémoratif de péché (v. 3). La justice de Dieu n'était pas satisfaite, encore moins pouvait-Il y prendre plaisir. Alors s'est présenté quelqu'un qui a pris en main notre cause. Seul Jésus était l'objet du bon plaisir du Père, seul Il pouvait être l'offrande agréée, la sainte victime offerte une fois pour toutes. Tandis que les sacrificateurs d'ici-bas se tenaient debout, parce qu'ils n'avaient jamais terminé leur service, Christ s'est assis, preuve que son œuvre est achevée. Et Celui qui s'est assis à perpétuité nous a rendus parfaits à perpétuité. Oui parfaits, c'est ainsi que Dieu nous voit, nos péchés étant lavés. Et ce n'est pas au futur, c'est chose accomplie et définitive. Mais n'oublions pas que l'œuvre faite pour nous s'accompagne d'une œuvre actuelle en nous. Le Seigneur veut mettre son amour et ses commandements dans chacun de nos cœurs (comp. v. 16; ch. 8 v. 10). Ayant dit au Père en venant dans le monde: «c'est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au dedans de mes entrailles», comment ne voudrait-Il pas que les siens Lui ressemblent (v. 7, 9; Ps. 40 v. 6 à 8)?

 

15               Hébreux 10 v. 19 à 31

 

L'œuvre de grâce est terminée. Celui qui l'a accomplie est élevé plus haut que les cieux (ch. 7 v. 26). Et nous sommes invités à y pénétrer sur ses traces par le chemin nouveau et vivant, désormais ouvert à l'adorateur. Le sang de Jésus, le voile déchiré, l'intervention en notre faveur d'un grand sacrificateur donnent à notre foi une entière assurance. Approchons, frères, avec «une pleine liberté». Que rien ne nous retienne pour entrer dans les lieux saints… ni pour nous joindre régulièrement au rassemblement des enfants de Dieu (v. 25). Ce n'est pas pour vivre seuls, en égoïstes, que nous sommes convertis. Encourageons-nous les uns les autres à l'amour et au dévouement.

La fin du paragraphe est particulièrement solennelle. Pécher volontairement, c'était pour les Juifs professant le christianisme revenir à la loi et ainsi fouler aux pieds le saint Fils de Dieu, avilir son précieux sang, se moquer de la grâce. Mais cela peut s'appliquer à des enfants de parents chrétiens qui auraient rejeté l'enseignement reçu dans leur jeunesse et délibérément choisi le chemin du monde. Jeunes amis qui possédez de si grands privilèges, le chemin du ciel ne sera pas toujours ouvert pour vous. Approchez-vous maintenant (Jean 6 v. 37).

 

16               Hébreux 10 v. 32 à 39 ; 11 v. 1 à 7

 

Les chrétiens hébreux avaient accepté, et accepté avec joie, l'enlèvement de leurs biens terrestres (comp. Matt. 5 v. 12). Quel était leur secret? La foi, qui s'appropriait des biens meilleurs et hors de la portée des persécuteurs. Mais la foi n'est pas nécessaire seulement dans les mauvais jours ni lors de la conversion. Elle est le principe vital du juste. Elle rend présent l'avenir et visible l'invisible. Celui qui ne la possède pas ne peut persévérer. Il se retire et Dieu ne prend pas plaisir en lui (v. 38; 4 v. 2; 1 Cor. 10 v. 5). Sans la foi, répète le ch. 11 v. 6, il est impossible de Lui plaire. Mais maintenant Dieu va nous présenter quelques-uns de ceux en qui Il trouve son plaisir (Ps. 16 v. 3). Au ch. 11, les différents aspects de la vie de la foi sont illustrés par des témoins de l'Ancien Testament. En Abel, nous voyons cette foi s'approprier la rédemption par l'offrande d'un sacrifice agréable à Dieu. En Énoch, elle marche vers son but céleste. En Noé, elle condamne le monde et prêche la justice divine. Ainsi la foi caractérise toute la vie chrétienne. Et parvenus aux derniers pas de cette marche de la foi, ce n'est pas le moment de rejeter loin notre confiance. Car encore très peu de temps et Celui qui vient, viendra (v. 37). Cette désignation suffit. Jésus est «celui qui vient»; nous sommes «ceux qui l'attendent» (9 v. 28).

 

17               Hébreux 11 v. 8 à 16

 

Une fois de plus dans la Bible, Abraham et les siens sont choisis par Dieu, pour nous enseigner ce qu'est la foi. «Abraham étant appelé obéit…». Obéir à quelqu'un sans connaître ses intentions montre une pleine confiance en lui. Lorsque c'est Dieu qui l'ordonne, la foi sait aller (v. 8) et sait aussi demeurer (v. 9). Il arriva au patriarche de demeurer à Charan alors qu'il devait aller jusqu'en Canaan (Act. 7 v. 4) et il lui arriva aussi d'aller en Égypte alors qu'il aurait dû demeurer dans le pays (Gen. 12 v. 10). Mais Dieu se plaît ici à couvrir ces faux-pas, de même qu'Il passe sous silence le rire de Sara, la triste fin de l'histoire d'Isaac et le triste commencement de celle de Jacob; Il ne retient de la vie des siens que ce qui Le glorifie et la foi seule peut le glorifier.

En principe il n'est pas possible d'avoir simultanément deux patries. La promesse d'une cité céleste avait donc fait d'Abraham et des siens des étrangers ici-bas. Ils n'ont pas craint de le proclamer (v. 13; Gen. 23 v. 4); mais ils l'ont aussi montré clairement en habitant sous des tentes (2 Cor. 4 v. 18; 5 v. 1). Ils n'ont pas eu honte de leur Dieu, c'est pourquoi Lui n'a pas honte d'eux. Il revendique ce nom de Dieu d'Abraham, d'Isaac, de Jacob. Chacun de nous a-t-il le droit de l'appeler «mon Dieu»?

 

18               Hébreux 11 v. 17 à 31

 

Le sacrifice d'Isaac prouve qu'Abraham croit à la résurrection (comp. Rom. 4 v. 17) et qu'il aime Dieu plus que son fils unique. La longue histoire de Jacob est racontée par son bâton, tour à tour instrument du berger, soutien du pèlerin, du boiteux et finalement de l'adorateur (v. 21). D'Isaac on pourrait penser que son discernement a été bien tardif et de Joseph qu'il y aurait eu autre chose à rappeler que cette simple recommandation touchant ses os. Mais chacun de ces patriarches proclame à sa manière sa sûre attente des choses à venir. Moïse refuse… choisit…, estime…, parce qu'il regarde à la rémunération (voir ch. 10 v. 35). Il quitte…, ne craint pas…, tient ferme…, parce qu'il voit Celui qui est invisible.

La foi est la seule pierre de touche qui permette d'apprécier la vraie valeur et la durée relative de toute chose. Mais elle est en même temps l'énergie intérieure qui rend capable de triompher, tant des obstacles — la colère du roi, la mer Rouge, Jéricho — que des convoitises: les délices du péché ou les richesses de l'Égypte. Oui, la foi est énergique et hardie. Et si l'exemple de Moïse nous paraît trop élevé, soyons encouragés par celui de Rahab. Quelles que soient nos circonstances, Dieu attend un fruit visible de notre foi.

 

19               Hébreux 11 v. 32 à 40 ; 12 v. 1 à 3

 

À partir du v. 32 nous sommes dans le pays de Canaan. Et nous y trouvons les juges, les rois, les prophètes, la grande nuée de témoins qui nous entoure, qui nous a précédés et qui nous attend pour entrer en possession des choses promises (v. 39, 40). À travers les temps les plus sombres, le flambeau de la foi, passé de mains en mains, ne s'est jamais éteint. Dieu seul connaît la liste de ces martyrs oubliés et Il la tient à jour. «Chacun a sa propre page à faire entrer dans le volume de la fidélité» (T.A.P.). L'armée de la foi compte des éclaireurs (ch. 11), un Chef prestigieux; nous en sommes l'arrière-garde. C'est aujourd'hui notre tour d'être engagés dans cette «course de relais». Que faut-il pour bien courir? N'être ni chargés ni entravés. Commençons par nous débarrasser de tout fardeau et bagage inutile. Rejetons aussi le péché, ce filet qui fait trébucher, hélas, «si aisément»! Mais ce n'est pas tout. Il faut qu'un objet, comme un irrésistible aimant, nous attire en avant. Fixons nos regards sur Jésus, Guide et Modèle de la vie de la foi, son Chef et son Consommateur. Lui aussi avait un objet devant Lui, plus puissant que la croix, que la honte, que toute sa souffrance. C'était le «rassasiement de joie» qui devait couronner la vie de l'homme de foi selon le Ps. 16 (v. 11).

 

20               Hébreux 12 v. 4 à 17

 

Un enfant est soumis dans sa famille à l'éducation paternelle. Elle lui fera verser quelques larmes, mais, devenu grand, il aura sujet d'en remercier ses parents. Si nous sommes fils et filles de Dieu, il est impossible que nous n'ayons pas affaire à Sa discipline (v. 8), car le Dieu saint veut former ses enfants à son image (v. 10). Cependant cette discipline pourrait nous conduire à deux réactions opposées: Tout d'abord à la mépriser, à n'en tenir aucun compte. Or nous avons à être «exercés par elle», c'est-à-dire à nous juger devant le Seigneur en recherchant pour quel motif Il nous envoie cette épreuve (Job 5 v. 17). Le danger inverse, c'est que nous perdions courage (v. 5; Éph. 3 v. 13). Alors souvenons-nous du nom donné au croyant discipliné: «celui que le Seigneur aime» (v. 6). Poursuivons la paix avec tous mais sans que ce soit aux dépens de la sainteté (v. 14). N'oublions pas que nous sommes nous-mêmes les objets de la grâce, et chassons de notre cœur les racines d'amertume (littéralement: germes de poison). Cachées d'abord, elles se manifesteront tôt ou tard si elles ne sont pas jugées aussitôt (Deut. 29 v. 18).

Ésaü qui n'a pu être nommé au chapitre précédent avec les membres de sa famille l'est ici pour sa honte éternelle. Qu'aucun de nous ne lui ressemble!

 

21               Hébreux 12 v. 18 à 29

 

Ici encore un contraste est établi entre ce qu'offrait la loi et ce que le chrétien possède désormais en Christ. Au Sinaï terrible, Dieu substituera la grâce en Sion dans le prochain règne du Messie (Ps. 2 v. 6). Mais l'enfant de Dieu vient déjà vers un ordre plus élevé de bénédictions. Il est invité à gravir les versants de cette montagne de la grâce, à pénétrer par la foi dans la «cité du Dieu vivant», la Jérusalem céleste et à en saluer les habitants. Il rencontre les myriades d'anges, puis l'assemblée des premiers-nés, c'est-à-dire l'Église. Au sommet, c'est Dieu Lui-même, «juge de tous», mais qui le reçoit comme racheté de son Fils. En redescendant vers le pied, vers la base divine de toutes ces gloires, il trouve les «esprits des justes consommés» du ch. 11, et Jésus, médiateur d'une nouvelle alliance, scellée par son propre sang.

«Et ma demeure est là», dit un cantique. Si toutes les choses muables sont appelées à passer bientôt, je reçois un royaume inébranlable; mon nom est écrit dans les cieux (Luc 10 v. 20). Et la même grâce qui m'y donne accès me permet déjà de servir ce Dieu saint. Non pas d'une manière qui me soit, mais qui Lui soit agréable. La révérence, la crainte de Lui déplaire me garderont dans le chemin de Sa volonté!

 

22               Hébreux 13 v. 1 à 16

 

L'amour fraternel peut s'exercer sous bien des formes: l'hospitalité qui tourne au profit de celui qui la pratique (v. 2), la sympathie qui s'identifie avec ceux qui souffrent (v. 3; ch. 10 v. 34), la bienfaisance à laquelle Dieu Lui-même prend plaisir (v. 16).

L'avarice, hélas, a aussi plusieurs visages. On peut aimer l'argent qu'on possède, mais aussi celui qu'on désire avoir. Sachons nous contenter de ce que nous avons présentement. Et pour les besoins ou les dangers de demain, appuyons-nous «pleins de confiance» sur la fidélité du Seigneur (v. 6; Matt. 6 v. 31 à 34). Celui qui est notre aide ne saurait changer. «Tu es le Même», proclamait le 1º chapitre v. 12. Le v. 8 complète par cette affirmation d'une portée insondable: «Jésus Christ est le Même hier, aujourd'hui, et éternellement». S'Il nous suffit, les «doctrines diverses et étrangères» n'auront aucune prise sur nous (v. 9). Et nous serons prêts à sortir du camp religieux formaliste (comp. Ex. 33 v. 7) pour aller vers Jésus seul, au lieu où Sa présence est promise. Lui a offert le sacrifice suprême. Notre privilège est d'offrir en retour à Dieu, non seulement le dimanche mais sans cesse, un sacrifice de louange, ce fruit de nos lèvres qui mûrit d'abord dans notre cœur (Ps. 45 v. 1).

 

23               Hébreux 13 v. 17 à 25

 

Nous avons eu de fidèles conducteurs. Vénérons leur mémoire, imitons leur foi… et lisons leurs écrits (v. 7). Mais Dieu nous donne aussi aujourd'hui des conducteurs (v. 17, 24). Quel est notre devoir vis-à-vis d'eux? Leur obéir, prier pour eux (v. 18), faire en sorte qu'ils puissent remplir leur service avec joie — ils veillent pour nos propres âmes. — Et également supporter la parole d'exhortation quand elle nous est adressée par eux (v. 22). Toutefois qu'aucun ouvrier du Seigneur ne nous fasse perdre de vue le grand Pasteur des brebis. Lui seul a mis sa vie pour elles et maintenant Il les mène avec Lui en dehors du camp de la religion humaine (Exode 33 v. 7). Désormais tous les chrétiens constituent un seul troupeau ayant à sa tête un seul Berger (Jean 10 v. 4, 16).

L'un après l'autre, au long de l'épître, les éléments du judaïsme ont été enlevés et remplacés par les glorieuses vérités chrétiennes. Elles sont toutes résumées en Jésus-Christ. Et c’est là finalement l'œuvre que Dieu accomplit en nous (v. 21): Il nous affranchit de tout lien, nous dépouille de toute forme, pour nous attacher à son Fils ressuscité et glorifié. En attendant son apparition prochaine, puisse cette épître nous avoir appris déjà par la foi à fixer les yeux sur Lui (ch. 12 v. 2).