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Chaque Jour les Écritures — Évangile selon Luc

 

 

 

Table des matières :

1     Luc 1 v. 1 à 17

2     Luc 1 v. 18 à 38

3     Luc 1 v. 39 à 56

4     Luc 1 v. 57 à 80

5     Luc 2 v. 1 à 20

6     Luc 2 v. 21 à 38

7     Luc 2 v. 39 à 52

8     Luc 3 v. 1 à 14

9     Luc 3 v. 15 à 38

10      Luc 4 v. 1 à 15

11      Luc 4 v. 16 à 30

12      Luc 4 v. 31 à 44

13      Luc 5 v. 1 à 11

14      Luc 5 v. 12 à 26

15      Luc 5 v. 27 à 39

16      Luc 6 v. 1 à 19

17      Luc 6 v. 20 à 38

18      Luc 6 v. 39 à 49

19      Luc 7 v. 1 à 17

20      Luc 7 v. 18 à 35

21      Luc 7 v. 36 à 50

22      Luc 8 v. 1 à 15

23      Luc 8 v. 16 à 25

24      Luc 8 v. 26 à 39

25      Luc 8 v. 40 à 56

26      Luc 9 v. 1 à 17

27      Luc 9 v. 18 à 36

28      Luc 9 v. 37 à 56

29      Luc 9 v. 57 à 62 ; 10 v. 1 à 9

30      Luc 10 v. 10 à 24

31      Luc 10 v. 25 à 42

32      Luc 11 v. 1 à 20

33      Luc 11 v. 21 à 36

34      Luc 11 v. 37 à 54

35      Luc 12 v. 1 à 12

36      Luc 12 v. 13 à 31

37      Luc 12 v. 32 à 48

38      Luc 12 v. 49 à 59 ; 13 v. 1 à 5

39      Luc 13 v. 6 à 21

40      Luc 13 v. 22 à 35

41      Luc 14 v. 1 à 14

42      Luc 14 v. 15 à 35

43      Luc 15 v. 1 à 10

44      Luc 15 v. 11 à 32

45      Luc 16 v. 1 à 13

46      Luc 16 v. 14 à 31

47      Luc 17 v. 1 à 19

48      Luc 17 v. 20 à 37

49      Luc 18 v. 1 à 17

50      Luc 18 v. 18 à 34

51      Luc 18 v. 35 à 43 ; 19 v. 1 à 10

52      Luc 19 v. 11 à 28

53      Luc 19 v. 29 à 48

54      Luc 20 v. 1 à 18

55      Luc 20 v. 19 à 40

56      Luc 20 v. 41 à 47 ; 21 v. 1 à 9

57      Luc 21 v. 10 à 24

58      Luc 21 v. 25 à 38

59      Luc 22 v. 1 à 23

60      Luc 22 v. 24 à 38

61      Luc 22 v. 39 à 53

62      Luc 22 v. 54 à 71

63      Luc 23 v. 1 à 12

64      Luc 23 v. 13 à 32

65      Luc 23 v. 33 à 49

66      Luc 23 v. 50 à 56 ; 24 v. 1 à 12

67      Luc 24 v. 13 à 35

68      Luc 24 v. 36 à 52

 

 

 

1                    Luc 1 v. 1 à 17

 

L'Évangile selon Luc est celui qui, pour ainsi dire, approche le Seigneur Jésus le plus près de nous. Car il nous le fait admirer spécialement dans son humanité parfaite. Dieu a choisi Luc, le médecin bien-aimé et fidèle compagnon de Paul, jusqu'à la fin (Col. 4 v. 14; 2 Tim. 4 v. 11), pour nous faire cette révélation. Elle se présente sous la forme d'un exposé destiné à un certain Théophile (celui qui aime Dieu).

Son sujet conduit l'évangéliste à décrire avec un soin tout particulier comment Jésus a revêtu notre humanité et a fait son entrée dans le monde. Certes, Il aurait pu paraître ici-bas à l'âge adulte. Mais Il a voulu vivre entièrement notre histoire de la naissance jusqu'à la mort, toutefois à la gloire de Dieu.

Le début du récit nous montre Zacharie, un sacrificateur pieux, accomplissant son service dans le temple. Tandis qu'il officie dans ce lieu solennel, il s'aperçoit soudain avec effroi qu'il n'est plus seul. Un ange se tient à côté de l'autel du parfum, porteur d'un message divin: un fils va être donné à Zacharie et Élisabeth. Mis à part pour Dieu dès sa naissance, ce sera un grand prophète chargé de préparer Israël à la venue de son Messie (comp. v. 17 et Mal. 4 v. 5, 6).

 

2                    Luc 1 v. 18 à 38

 

Devant «ces bonnes nouvelles» (v. 19), le cœur de Zacharie reste incrédule. Pourtant ne contiennent-elles pas l'exaucement de ses prières (v. 13)? Hélas! Il nous arrive aussi de ne plus attendre du Seigneur ce que nous lui avons demandé. En réponse à ce «comment…?» le messager céleste révèle son propre nom: Gabriel qui signifie Dieu est puissant. Oui, Sa parole s'accomplira malgré les tristes raisonnements qui l'ont accueillie. Zacharie va demeurer muet jusqu'à la naissance de l'enfant, tandis qu'Élisabeth sa femme, objet de la grâce divine, se cachera modestement pour ne pas attirer l'attention sur elle-même.

Puis l'ange Gabriel est chargé d'une mission plus extraordinaire encore: celle d'annoncer à Marie, vierge d'Israël, qu'elle sera la mère du Sauveur. Merveilleux événement, infini dans ses conséquences!

On comprend le trouble et l'émotion dont est saisie la jeune fille. Mais Marie croit et se soumet entièrement à la volonté divine: «Voici l'esclave du Seigneur…» (v. 38). N'est-ce pas la même réponse qu'attend de nous Celui qui nous a rachetés?

De Jean l’ange avait dit : «il sera grand devant le Seigneur» (v. 15), mais de Jésus il déclare : «Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-Haut… Fils de Dieu» (v. 32, 35).

 

3                    Luc 1 v. 39 à 56

 

Empressée de partager l'heureux message avec celle dont l'ange vient de lui parler, Marie se rend chez sa parente Élisabeth. Quel entretien a lieu alors entre ces deux femmes! Il illustre Mal. 3 v. 16: «Alors ceux qui craignent l'Éternel ont parlé l'un à l'autre…». Ce qui les occupe, c'est la gloire de Dieu, l'accomplissement de ses promesses, les bénédictions accordées à la foi. Avons-nous de tels sujets de conversation lorsque nous nous rencontrons entre enfants de Dieu?

«Bienheureuse est celle qui a cru…» s'écrie Élisabeth, et Marie répond: «Mon esprit s'est réjoui en Dieu mon Sauveur…» (v. 47). Voilà qui suffit à prouver que Marie n'a pas été sauvée autrement que par la foi. Pécheresse, elle avait besoin comme tous les hommes du Sauveur qui allait naître d'elle. Elle ajoute: «Il a regardé l'humble état de son esclave» (v. 48). Malgré l'honneur exceptionnel que Dieu lui fait, Marie reste à sa place devant Lui. Que penserait-elle du culte dont elle est devenue l'objet dans la chrétienté?

«Il a renvoyé les riches à vide». Dieu ne renvoie à vide que ceux qui sont remplis d'eux-mêmes. Remarquons combien le beau cantique de Marie ressemble à celui d'Anne (1 Sam. 2).

 

4                    Luc 1 v. 57 à 80

 

Élisabeth met au monde celui qui deviendra le prophète du Très-haut (v. 76). Voisins et parents se réjouissent avec elle. Voyez combien la joie remplit ces chapitres (ch. 1 v. 14, 44, 47, 58; 2 v. 10). C'est maintenant l'occasion pour Zacharie de montrer sa foi en confirmant le beau nom de cet enfant (Jean signifie faveur de l'Éternel). Aussitôt l'usage de la parole lui est rendu, et ses premiers mots sont pour louer et bénir Dieu. Plein du Saint Esprit, il célèbre la grande délivrance que l'Éternel va accomplir en faveur de son peuple. Combien notre cantique chrétien peut monter plus haut encore! Par la venue de Christ et son œuvre à la croix, Dieu nous a délivrés non d'ennemis terrestres mais du pouvoir de Satan. Étant ainsi libérés, notre privilège n'est-il pas de servir le Seigneur «sans crainte, en sainteté et en justice devant lui, tous nos jours» (v. 74, 75)?

«L'Orient d'en haut nous a visités» ajoute Zacharie. Au temps d'Ézéchiel, la gloire s'en était allée en direction de l'Orient. Adorable mystère, cette gloire divine revient visiter le peuple impuissant et misérable (v. 79). Ce n'est plus cette fois sous l'aspect d'une nuée éblouissante mais sous les traits d'un humble petit enfant.

 

5                    Luc 2 v. 1 à 20

 

À son insu, l'empereur Auguste est un des instruments dont Dieu se sert pour accomplir ses merveilleux desseins. Inconnus de tous, Joseph et Marie se rendent à Bethléhem et c'est là qu'a lieu la sainte naissance du Seigneur Jésus. Mais quelle entrée le Fils de Dieu a faite ici-bas! Voyez-le couché dans une crèche parce qu'il n'y a pas de place pour Lui dans l'hôtellerie! Sa venue dérange le monde. Combien de cœurs ressemblent à cette hôtellerie: il ne s'y trouve pas de place pour le Seigneur Jésus.

Ce n'est pas à des grands, mais à d'humbles bergers qu'est annoncée la bienheureuse nouvelle: «Un Sauveur vous est né»; Il est né pour eux et pour nous. Si le monde ne se soucie pas de la naissance du Sauveur, le ciel tout entier célèbre cet incomparable mystère: «Dieu manifesté en chair… vu des anges» (1 Tim. 3 v. 16). Ceux-ci donnent gloire à Dieu dans leur chœur magnifique, annoncent la paix sur la terre et le bon plaisir de Dieu dans les hommes (comp. Prov. 8 v. 31). Grâce au signe qui leur a été donné, les bergers trouvent le petit enfant. Ils communiquent ce qu'ils viennent de voir et d'entendre, et à leur tour donnent gloire à Dieu (v. 20). Joignons notre reconnaissance et notre louange à la leur.

 

6                    Luc 2 v. 21 à 38

 

On fait à l'égard du petit enfant tout ce que prescrivait la loi du Seigneur (ce nom de Seigneur est répété quatre fois dans les v. 22 à 24 comme pour affirmer les droits divins sur cet enfant et l'accomplissement de la volonté de Dieu dès son berceau). Le sacrifice offert dans le temple fait ressortir la pauvreté de Joseph et Marie (lire Lév. 12 v. 8). Et, cette fois encore, ce n'est pas aux principaux du peuple que le Libérateur d'Israël est présenté, mais à d'humbles et pieux vieillards: Siméon et Anne. À quel titre cette faveur leur est-elle accordée? Parce qu'ils l'attendaient!

L'Esprit conduit Siméon dans le temple et lui désigne Celui qui est «la consolation d'Israël» (v. 25), le salut de Dieu, la lumière des nations et la gloire du peuple. Il voit de ses yeux, il tient dans ses bras ce petit enfant qui est tout cela pour sa foi. Il rend grâces à Dieu, puis annonce que Jésus sera la pierre de touche pour manifester l'état des cœurs (És. 8 v. 14). C'est ce qu'Il est encore aujourd'hui.

À son tour Anne, femme de prière et fidèle témoin, survient et se joint à la louange. Ne quittant pas le temple, elle réalise le v. 4 du Ps. 84. Enfin, dans l'abondance de son cœur, elle parle de Lui et à cet égard quel exemple elle est pour nous!

 

7                    Luc 2 v. 39 à 52

 

Ce passage a une importance toute particulière: il est en effet le seul aperçu que Dieu ait jugé bon de nous donner sur l'enfance et la jeunesse du Seigneur Jésus. Aussi avons-nous ici, tout spécialement pour les jeunes et les enfants, le Modèle par excellence. Il est parfait dans ses relations avec son Père céleste, dont «les affaires» passent avant toute autre considération. Parfait aussi dans ses rapports avec les docteurs du Temple: infiniment plus sage qu'eux tous, Il ne les enseigne pas, mais les écoute et les interroge, seule attitude qui convienne à son âge. Parfait encore dans ses relations avec ses parents: Il leur était soumis, précise le v. 51, pour qu'on ne puisse pas supposer qu'Il leur avait échappé par insubordination. Lui qui avait conscience de sa souveraineté de Fils de Dieu s'est plié à une obéissance entière dès son plus jeune âge dans la maison de ses parents.

Soulignons enfin l'assiduité de l'enfant Jésus au Temple et son précoce intérêt pour les vérités divines. Rien d'autre ne l'attirait dans l'illustre cité de Jérusalem visitée pourtant pour la première fois. Quel prix attachons-nous à la présence du Seigneur et à son enseignement?

 

8                    Luc 3 v. 1 à 14

 

Les routes de jadis étaient en général si mauvaises qu'il fallait les réparer et les rectifier chaque fois que le cortège d'un haut personnage devait y passer. Vu dans un sens moral, c'est le service de Jean le baptiseur. Chargé de préparer la venue du Messie, il avertit les Juifs que leur qualité d'enfants d'Abraham ne suffit pas à les mettre à l'abri de la colère. Ce que Dieu réclame d'eux c'est la repentance accompagnée de fruits réels. La repentance ou la colère, oui, tel est le choix laissé à Israël et à tout homme.

Des personnes appartenant à différentes classes s'adressent à Jean les unes après les autres et il a quelque chose à dire à chacune de la part de Dieu. Ainsi la Parole répond-elle à tous les états et à toutes les circonstances.

En dernier lieu ce sont des hommes de guerre qui se présentent. Ceux-là s'attendaient peut-être à être enrôlés sous la bannière du Messie dans une armée de libération du joug romain. La réponse de Jean a dû alors les surprendre (v. 14). Ne pensons pas que le Seigneur ait besoin de nous pour accomplir des actions d'éclat. Ce qu'Il attend de notre part c'est un témoignage d'honnêteté, de douceur et de contentement dans la situation où nous nous trouvons (1 Cor. 7 v. 24).

 

9                    Luc 3 v. 15 à 38

 

Jean a exhorté et évangélisé le peuple (v. 18). Messager fidèle, il a parlé de Christ et de sa puissance; après quoi il est mis de côté, sa tâche accomplie. Quel bel exemple il est pour nous qui désirons servir le Seigneur! Il n'est pas en notre pouvoir de convertir qui que ce soit. Mais notre vie et nos paroles doivent préparer ceux qui nous connaissent à recevoir le Seigneur Jésus. Il ne suffit pas d'appeler à la repentance; il faut présenter le Sauveur. Jésus paraît donc. En grâce, Il prend place avec ceux de son peuple dès leurs premiers pas dans le bon chemin. Il est baptisé, Il prie (ce que Luc est seul à mentionner) et, réponse divine, le Saint Esprit descend sur Lui. En même temps la voix du Père s'adresse personnellement à lui (en Matt. 3 v. 17 elle est pour les assistants): «Tu es mon fils bien-aimé; en toi j'ai trouvé mon plaisir». Puissions-nous trouver nous aussi tout notre plaisir en Lui!

La généalogie du Seigneur par Marie remonte à Adam et à Dieu, attestant sa qualité de Fils de l'homme en même temps que de Fils de Dieu. Matt. 1 v. 1 à 17 établissait son titre de Fils de David et d'Abraham, Héritier des promesses divines à Israël.

 

10               Luc 4 v. 1 à 15

 

La tentation du Seigneur se déroule au désert, ce lieu où Israël avait multiplié les murmures et les convoitises (Ps. 106 v. 14). La première attaque de l'Ennemi est l'occasion pour Jésus de rappeler cette vérité fondamentale: l'homme a une âme qui a besoin d’aliment, c'est la Parole de Dieu dont se nourrit l’être intérieur.

Puis à cet homme parfaitement dépendant, Satan offre à la fois tous les royaumes du monde et leur gloire. Combien ont vendu leur âme pour infiniment moins! Le monde fait en effet partie de l'héritage destiné au Seigneur Jésus. Mais que ce soit la terre entière ou un simple morceau de pain, Christ ne voulait rien recevoir sinon de la main de son Père (Ps. 2 v. 8).

Alors Satan insinue pour la seconde fois: «Si tu es Fils de Dieu…» (v. 3 et 9), comme si la chose était à prouver. C'était mettre en doute ce que le Père venait de proclamer solennellement (ch. 3 v. 22), autrement dit tenter Dieu.

Jésus n'aurait pas pu être un modèle pour nous s'Il avait vaincu le diable en vertu de sa puissance divine. Mais Il triomphe par les armes à la disposition de l'homme: une dépendance entière de Dieu, une obéissance absolue à Sa Parole et une confiance inébranlable en Ses promesses.

 

11               Luc 4 v. 16 à 30

 

Nous voyons débuter le ministère du Seigneur à Nazareth où Il a été élevé. Notre témoignage commence à la maison, dans notre entourage. Nous aurions peut-être plus de courage pour aller évangéliser les païens que pour prendre ainsi position devant ceux qui nous connaissent.

Dans la synagogue, le divin Docteur lit le passage d'Ésaïe qui le recommande comme le Messager de la grâce. Il proclame aux captifs l'ouverture de la prison (voir És. 61 v. 1 et 42 v. 7). Si l'on venait annoncer à des prisonniers l'amnistie et la mise en liberté, imaginerions-nous que certains puissent préférer la captivité; que quelques-uns osent compter plutôt sur leur innocence pour être libérés par voie légale; que plusieurs disent au contraire: ce n'est pas pour moi, je suis trop coupable; que d'autres enfin refusent de croire au message de grâce? Attitudes insensées, bien improbables… et courantes pourtant parmi ceux qui rejettent le salut. Mais bien des captifs de Satan saisissent avec joie la délivrance offerte. Auxquels de ces prisonniers ressemblez-vous? Hélas! La triste fin de cet épisode nous montre comment les habitants de Nazareth, image de tout le peuple, ont accueilli ces «bonnes nouvelles».

 

12               Luc 4 v. 31 à 44

 

Chassé de Nazareth, Jésus poursuit son ministère à Capernaüm. Il enseigne et guérit avec une autorité qui n'aurait pas tellement étonné les hommes (v. 32, 36) s'ils avaient voulu reconnaître en Lui le Fils de Dieu. Par contre les démons, eux, ne s'y trompent pas. Jac. 2 v. 19 nous déclare qu'ils croient et qu'ils frissonnent. Et pendant que le Seigneur était ici-bas leur activité redoublait pour faire obstacle à la Sienne. Il rencontrait ces esprits impurs jusque dans la synagogue, mais Il ne leur permettait pas de Lui rendre témoignage.

Les v. 38 et 39 nous racontent la guérison de la belle-mère de Simon. Jésus se penche affectueusement sur la malade, car ce n'est pas de loin qu'Il s'occupe de nos maux. Comment cette femme emploie-t-elle la santé qu'elle vient de recouvrer? D'une manière qui nous parle à tous: «à l'instant… elle les servit».

Étranger à ce monde, Jésus n'était pas étranger à ses peines et à ses misères. Le soir n'interrompt pas son activité inlassable, et dès le matin Il est prêt à la reprendre parce qu'Il a passé un moment à l'écart, seul avec Dieu. Mais cette dépendance ne se laisse pas arrêter par les foules qui cherchent à le retenir.

 

13               Luc 5 v. 1 à 11

 

C'est le récit bien connu de la pêche miraculeuse… et d'un événement plus merveilleux encore: la conversion de Simon. Que fait celui-ci pendant que le divin Maître enseigne les foules auprès de lui? Il lave ses filets salis par le travail infructueux de la nuit précédente. Jésus va l'obliger à écouter. Il lui demande de le mener sur le lac, de façon à s'adresser depuis la nacelle au peuple massé sur le rivage… en même temps qu'à l'homme qui est à côté de lui. Puis le Seigneur va encore parler d'une autre manière à Simon et à ses compagnons. Il remplit leur filet, se faisant connaître ainsi comme le Maître de l'univers, Celui qui commande aux poissons de la mer selon le Ps. 8 v. 6, 8 et qui peut tout là où l'homme ne peut rien. Saisi de crainte, convaincu de péché par la présence du Seigneur, Simon se jette à ses genoux en s'écriant: «Retire-toi de moi…». Mais est-ce pour se retirer de lui que le Sauveur plein d'amour a cherché le pécheur?

Luc est seul à nous raconter cette rencontre décisive du Seigneur avec son disciple Pierre. Dans le livre des Actes, il nous montrera ce dernier, devenu pêcheur d'hommes, être le moyen d'une miraculeuse «prise» d'environ trois mille âmes (Act. 2 v. 41).

 

14               Luc 5 v. 12 à 26

 

Un homme lépreux vient à Jésus dont il reconnaît la puissance. Il est guéri par la volonté de Son amour.

Le v. 16 nous révèle de nouveau le secret de cet homme parfait: sa vie de prière. La perfection pour un homme consiste à réaliser une entière dépendance de Dieu, et cette dépendance trouve son expression dans la prière. C'est pourquoi Luc nous montre à tout moment notre incomparable Modèle dans cette attitude bénie (ch. 3 v. 21; 5 v. 16; 6 v. 12; 9 v. 18, 29; 11 v. 1; 22 v. 32, 44).

Nous assistons ensuite à l'effort considérable déployé par quelques personnes pour mettre un pauvre paralytique en contact avec Jésus. Puissent ce zèle et cette foi persévérante nous encourager! Nous pouvons aussi apporter au Seigneur (par la prière) ceux dont la conversion nous tient à cœur et peut-être les inviter à nous accompagner là où Il a promis sa présence.

Dans les chapitres 4 et 5 le péché nous est présenté sous différents aspects: Comme puissance de Satan dans les démoniaques (ch. 4 v. 33, 41); sous forme de souillure chez le lépreux; enfin en tant qu'état de mort devant Dieu (le paralytique). Jésus est venu répondre à ces trois caractères: Il est celui qui délivre, qui purifie et qui rend à l'homme l'usage de ses facultés pour Dieu.

 

15               Luc 5 v. 27 à 39

 

Lévi (ou Matthieu: Matt. 9 v. 9) est à son travail lorsque la voix de Jésus l'appelle. Il quitte tout, se lève et le suit. Puis il reçoit le Seigneur chez lui en même temps que ses anciens collègues, pour leur donner l'occasion de rencontrer son nouveau Maître (Puissent nos invitations avoir aussi ce motif!). Ces publicains, percepteurs d'impôts, étaient détestés par les autres Juifs parce qu'ils s'enrichissaient à leurs dépens et tiraient un profit personnel du joug romain. D'où l'indignation des scribes et des pharisiens en voyant Jésus et ses disciples en compagnie de ces renégats. Combien de personnes sont davantage portées à se retirer des pécheurs plutôt que du péché! En réponse à ces murmures Jésus se fait connaître comme le grand médecin des âmes. De même que le docteur ne se rend pas chez des gens bien portants (ou qui se croient tels), le Seigneur ne peut s'occuper que de ceux qui reconnaissent leur culpabilité.

Puis les scribes et les pharisiens soulèvent la question du jeûne. Jésus leur répond que cette marque de tristesse n'était pas de saison pendant que Lui, l'Époux, était au milieu d'eux. Du reste la servitude de la loi et des ordonnances ne s'accorde pas avec la liberté et la joie qu'apporte la grâce (v. 36, 37).

 

16               Luc 6 v. 1 à 19

 

Le Seigneur Jésus était venu introduire un nouvel ordre de choses. Mais Israël trouvait meilleur l'ancien régime de la loi (comp. ch. 5 v. 39). L'homme est tel, qu'il préfère des ordonnances parce qu'elles lui permettent de se glorifier en les accomplissant tant soit peu; tandis que la grâce l'humilie en le considérant perdu. Pour ce motif les Juifs tenaient fortement au sabbat, et le Seigneur donne à ce sujet deux leçons aux pharisiens: l'une tirée des Écritures et de l'histoire d'Israël (v. 3, 4), l'autre de son propre exemple d'amour (v. 9, 10). Seul effet sur leurs cœurs: ils trament un complot pour se débarrasser de Lui!

Puis le Maître désigne ses apôtres; mais avant de le faire, Il prie une nuit entière. Quelle importance avait ce choix pour l'œuvre qui devait être accomplie ensuite! Le Seigneur Jésus connaissait le caractère naturel de tous ses disciples, ce que chacun avait à acquérir et à abandonner… Il les connaissait mais Il les aimait, comme Il vous connaît et vous aime (Jean 10 v. 14, 27).

Et puis il s'agissait pour Celui qui savait toutes choses de prendre avec Lui le traître Judas! Mais là encore triomphe Sa soumission parfaite. Jésus était venu accomplir les Écritures.

 

17               Luc 6 v. 20 à 38

 

Combien nous nous sentons repris par ces enseignements du Maître. Laissons-les pénétrer dans nos cœurs et surtout vivons-les! La plupart de ces paroles se trouvent en Matt. 5 à 7; mais ici elles sont plus personnelles. Ce n'est pas «bienheureux ceux qui…» mais «bienheureux vous…».

Le v. 31 résume les exhortations adressées «à vous qui écoutez» (v. 27): «Comme vous voulez que les hommes vous fassent, vous aussi faites-leur de même» (v. 31). Que nos semblables seraient bien traités si nous obéissions à cette parole!

Tous ces traits de caractère sont étrangers à notre nature orgueilleuse, égoïste et impatiente. Le Seigneur souligne qu'ils sont ceux de Dieu même et nous feront reconnaître comme les enfants du Père céleste… sur la terre (v. 35 fin et 36). Nous n'aurons plus en effet l'occasion de les manifester au ciel puisqu'il n'y aura là-haut ni ennemis à aimer, ni injustices à supporter, ni misères à soulager. Notre responsabilité et notre privilège, c'est de ressembler à Jésus ici-bas, de refléter la douceur, l'amour, l'humilité, la patience du Modèle parfait «qui, lorsqu'on l'outrageait ne rendait pas d'outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas…» (1 Pier. 2 v. 21, 23).

 

18               Luc 6 v. 39 à 49

 

Si un petit corps étranger se dépose sur la lentille d'un microscope on ne peut plus rien voir à travers. Chose curieuse, pour nous c'est l'inverse! Plus grosse est la poutre que nous avons dans l'œil, plus nous avons la vue perçante pour distinguer le petit fétu dans l'œil de notre frère.

Au v. 46, Jésus nous pose à tous une question qui doit nous faire réfléchir: «Pourquoi m'appelez-vous: Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis?». Ne sommes-nous pas souvent très légers et très inconséquents en prononçant dans nos prières le nom du Seigneur Jésus? Nous n'avons pas le droit de l'appeler ainsi si nous ne sommes pas disposés à faire en toutes choses sa volonté (1 Jean 2 v. 4). Beaucoup d'enfants de parents chrétiens ont, par grâce, accepté Jésus Christ comme leur Sauveur; mais, tant qu'ils ne reconnaissent pas aussi son autorité de Seigneur, peut-on dire qu'ils se sont vraiment tournés vers Lui? Le vrai christianisme consiste à ne plus vivre pour soi-même mais pour Celui qui est mort pour nous, à Le servir et à L'attendre (1 Thess. 1 v. 9, 10; 2 Cor. 5 v. 15).

Fonder ses espérances «sur la terre» c'est aller au-devant d'une grande ruine (v. 49). Oui, allons à Jésus, écoutons ses paroles et mettons-les en pratique (v. 47).

 

19               Luc 7 v. 1 à 17

 

Quels nobles sentiments nous trouvons chez le centurion de Capernaüm: grande affection pour un simple esclave; bienveillance envers Israël; humilité («je ne suis pas digne…» déclare-t-il; comp. v. 4); sens de l'autorité et du devoir acquis par la vie militaire (v. 8)! Mais ce ne sont pas ces qualités morales que le Seigneur admire; c'est la foi de cet étranger. Jésus la cite en exemple. La foi n'existe que par l'objet sur lequel elle s'appuie: ici la toute-puissance du Seigneur. Plus l'objet sera connu dans sa grandeur, plus grande sera la foi. Que Christ soit grand pour notre cœur!

En approchant de Naïn, le Seigneur et la foule qui l'accompagne croisent un autre cortège. C'est un enterrement, comme ceux qu'on voit dans les rues (Eccl. 12 v. 5 fin: rappel tragique que la mort constitue le salaire du péché). Mais celui-ci est particulièrement triste, car il s'agit du fils unique d'une veuve. Ému de compassion, Jésus commence par consoler la pauvre mère. Puis il touche le cercueil (de même qu'Il a touché le lépreux au ch. 5 v. 13, sans en être souillé; comp. Nomb. 19 v. 11). Et voilà ce mort qui s'assied et qui commence à parler!

N'oublions pas que le témoignage verbal est une preuve nécessaire de la vie qui est en nous (Rom. 10 v. 9).

 

20               Luc 7 v. 18 à 35

 

De la prison où Hérode l'avait enfermé (ch. 3 v. 20), Jean le baptiseur envoie vers Jésus deux de ses disciples pour s'enquérir à son sujet. À travers la question posée, transparaissent ses doutes et son découragement. Il avait annoncé le royaume, et c'est la prison qu'il a obtenu. Vraiment est-il possible que Jésus soit «celui qui vient»?

Bien des personnes, considérant l'état actuel de l'Église, la persécution des croyants dans de nombreux pays, et l'indifférence du monde à l'égard de l'Évangile, en viennent à douter de la puissance du Seigneur et de son règne. Mais ce dernier ne s'établira pas avant l'enlèvement de l'Église et l'accomplissement des événements prophétiques.

Les œuvres de Jésus se chargent de répondre à la question des deux messagers.

Jean avait rendu témoignage au Seigneur. Maintenant c'est le Seigneur qui, devant les mêmes foules, rend témoignage à Jean. Et Il montre avec tristesse quel accueil le ministère du précurseur et le sien ont rencontré auprès de «cette génération» privilégiée (v. 31). Ni les complaintes de Jean (ses appels à se repentir) ni les bonnes nouvelles du Sauveur qui devaient produire la joie et la louange, n'avaient trouvé d'écho auprès de la masse du peuple et de ses chefs.

 

21               Luc 7 v. 36 à 50

 

Bien différent du publicain Lévi au ch. 5 (v. 29), Simon le pharisien a aussi convié le Seigneur à sa table. Il pensait peut-être en recevoir de l'honneur, mais c'est une leçon humiliante que Jésus va lui donner. Voici qu'une femme connue pour sa vie dissolue s'est introduite dans la maison. Elle répand aux pieds de Jésus, avec l'hommage de son parfum, d'abondantes larmes de repentir. C'est cette pécheresse, et non le pharisien Simon, qui rafraîchit et restaure le cœur du Sauveur. Car elle a conscience de sa grande dette envers Dieu et elle vient à Jésus dans le seul état convenable: avec un cœur brisé et humilié (Ps. 51 v. 17). Avant d'adresser à cette femme la parole de grâce qu'elle attend, le Seigneur a «quelque chose à dire» à Simon dont Il connaît les pensées secrètes. Que de fois nous pourrions entendre notre nom à la place de celui de Simon. «J'ai quelque chose à te dire à toi aussi», déclare le Maître à tel ou tel d'entre nous: Tu te compares peut-être avantageusement à d'autres qui n'ont pas reçu comme toi une éducation chrétienne, mais ce qui compte à mes yeux c'est l'amour pour moi et les preuves qui m'en sont données.

Sachons mieux discerner combien il nous a été pardonné pour aimer davantage notre Sauveur!

 

22               Luc 8 v. 1 à 15

 

Avec les disciples, quelques femmes dévouées suivaient le Seigneur et «l'assistaient de leurs biens». Ce qu'elles ont fait pour Jésus est mentionné à la suite de ce que Lui a d'abord fait pour elles (v. 2).

Les v. 4 à 15 contiennent la parabole du Semeur et son explication. Trois choses amènent la stérilité du sol: les oiseaux, figure du diable (v. 12), le roc, image ici du cœur aride, impénétrable à toute action profonde et durable, les épines enfin, qui nous parlent du monde avec ses préoccupations, ses richesses et ses plaisirs (v. 14). Cependant le meilleur des terrains doit d'abord être labouré. Opération pénible ! le sol est brisé, remué, retourné, rendu ainsi propre à laisser pénétrer et germer la semence. C'est ainsi que Dieu opère (souvent par des épreuves) dans la conscience de ceux qui vont recevoir la Parole.

Mais ce travail ne se fait pas dans les trois premiers terrains. Il est inutile de labourer dans un chemin continuellement piétiné et c'est chose impossible sur le rocher. Quant aux épines, un défrichage est d'abord nécessaire et les racines du monde dans un cœur sont souvent profondément enfoncées.

Entendre la Parole caractérise tous les sols. La retenir et porter du fruit avec patience est le propre de la bonne terre (v. 15).

 

23               Luc 8 v. 16 à 25

 

Il ne viendrait à l'idée de personne, après avoir allumé une lampe, de la cacher sous un vase ou sous un lit. «Enfants de lumière», notre raison d'être ici-bas est de faire briller bien distinctement dans les ténèbres de ce monde les vertus de Celui qui est Lumière (v. 16; Matt. 5 v. 14; 1 Pier. 2 v. 9).

À l'occasion de la venue de sa mère et de ses frères, le Seigneur parle encore de «ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique» (v. 21; ch. 6 v. 47). Eux seuls peuvent se prévaloir d'une relation avec Lui.

Le sommeil de Jésus dans la nacelle nous le montre comme un homme fatigué par sa journée de travail. Mais, l'instant d'après, l'ordre qu'Il donne au vent et aux vagues le fait connaître comme Dieu souverain. Saisis de crainte, les disciples s'écrient: «Qui donc est celui-ci…?». Plusieurs fois nous avons entendu cette question (v. 25; ch. 5 v. 21; 7 v. 49). Agur autrefois l'avait posée: «Qui a rassemblé le vent dans le creux de ses mains? Qui a serré les eaux dans un manteau?…» (Prov. 30 v. 4). Celui qui «commande même aux vents et à l'eau» et révèle sa puissance aux disciples manquant de foi est le Fils de Dieu, le Créateur. Sa puissance aujourd'hui n'a pas changé. Mais qu'en est-il de notre foi?

 

24               Luc 8 v. 26 à 39

 

La puissance divine dont Jésus a donné un aperçu en calmant la tempête se trouve ici en face d'une violence autrement redoutable: celle de Satan. Une armée de démons s'était complètement emparée de la volonté de ce malheureux Gadarénien. On avait bien essayé, mais sans succès, de le maîtriser par des chaînes et des fers, image des vains efforts de la société pour réfréner les passions. Habitant les sépulcres, ce possédé était déjà moralement un mort. Il était nu; c'est-à-dire incapable, comme Adam, de cacher à Dieu son état. Quel tableau de la déchéance morale de la créature! Mais aussi quel changement lorsque intervient la délivrance du Seigneur (lire Éph. 2 v. 1 à 6)! Les gens de la ville ne peuvent que le constater. Ils trouvent cet homme «assis, vêtu et dans son bon sens, aux pieds de Jésus». Oui, le racheté trouve enfin paix et repos auprès de son Sauveur; Dieu le revêt de justice et lui donne une intelligence pour le connaître.

Hélas! La présence de Dieu inquiète et dérange davantage le monde que la domination du diable.

Le démoniaque guéri souhaite accompagner Jésus (comp. Phil. 1 v. 23). Mais le Seigneur lui désigne son champ de travail: sa propre maison et sa ville où il raconte tout ce que Jésus a fait pour lui (Ps. 66 v. 16).

 

25               Luc 8 v. 40 à 56

 

Jaïrus, ce chef de synagogue dont la fille unique est en train de mourir, supplie Jésus de venir dans sa maison. Il n'a pas autant de foi que le centurion du ch. 7; car ce dernier savait qu'une parole du Seigneur était suffisante pour que son serviteur soit guéri, même à distance. Pendant que Jésus est en chemin, Il est touché furtivement par cette femme qui auparavant avait consulté en pure perte un grand nombre de médecins. Mais avec la guérison le Seigneur veut lui donner l'assurance de la paix: aussi l'oblige-t-il à se faire connaître.

Poursuivant sa route avec le père angoissé, Jésus a «la langue des savants» pour soutenir par une parole (v. 50; comp. ch. 7 v. 13 et És. 50 v. 4). Et alors, a lieu une scène extraordinaire. À l'appel du «Prince de la vie» (Act. 3 v. 15), la jeune fille se lève immédiatement. Mais Jésus sait qu'elle a maintenant besoin de nourriture, et dans sa tendre sollicitude, Il veille à ce que celle-ci soit assurée. Ainsi dans ces deux circonstances nous voyons l'amour du Seigneur se manifester encore après la délivrance: Envers la femme pour l'établir dans une relation personnelle avec Lui et l'amener à Lui rendre un témoignage public; envers cette jeune fille pour la nourrir et la fortifier.

 

26               Luc 9 v. 1 à 17

 

Le Seigneur envoie ses apôtres. La puissance et l'autorité qu'Il leur confère sont la seule chose dont ils ont besoin pour le chemin (v. 3). À leur retour, les douze s'empressent de raconter ce qu'ils ont fait (v. 10; comp. Act. 14 v. 27 où Paul et Barnabas font le récit de «toutes les choses que Dieu avait faites avec eux»; voir aussi Act. 21 v. 19 et 1 Cor. 15 v. 10). Alors Jésus les prend avec lui à l'écart; mais les foules ne tardent pas à le découvrir, de sorte que, sans la moindre impatience, sans se lasser, Il reprend son ministère. Il les reçoit, leur parle, et les guérit. Quant aux disciples, ils voudraient renvoyer tous ces gens, moins peut-être par intérêt pour eux comme ils le prétendent (v. 12) que par souci de leur propre repos. Mais leur Maître, en même temps qu'Il va s'occuper de ces foules, a préparé une leçon pour les siens. Quand a été constatée l'insuffisance de leurs ressources pour nourrir cette multitude, Jésus y pourvoit par son propre pouvoir. Remarquons qu'Il aurait pu se passer des cinq pains et des deux poissons. Mais dans sa grâce, Il prend le peu que nous mettons à sa disposition et sait en faire une grande abondance. Sa puissance s'accomplit toujours dans l'infirmité de ses serviteurs (2 Cor. 12 v. 9).

 

27               Luc 9 v. 18 à 36

 

Les foules considèrent Jésus comme un prophète, et non comme le Christ, le Fils de Dieu (v. 19). C'est ce qui conduit le Seigneur à parler de son chemin de réjection et de souffrances où Il invite les siens à Le suivre. Ce chemin implique le renoncement non pas simplement à telle ou telle chose, mais à soi-même, à toute volonté propre. Vis-à-vis du monde et de ses convoitises, les chrétiens sont morts (Gal. 6 v. 14), mais ils sont vivants pour Dieu et pour le ciel. Par contre, ceux qui veulent vivre leur vie ici-bas ont devant eux la mort éternelle. L'enjeu de ce choix capital, c'est notre âme; elle a plus de prix que le monde tout entier.

En même temps qu'Il ouvre ce difficile chemin de la croix, le Seigneur, pour encourager les siens, désire leur montrer où il se termine: dans la gloire avec Lui. Et quel est là-haut le grand sujet d'entretien? La mort du Seigneur Jésus. Il en parle avec Moïse et Élie, n'ayant pu le faire avec ses disciples (v. 22; Matt. 16 v. 21, 22). Mais quelque grands que soient ces témoins de l'Ancien Testament, ils doivent s'effacer devant la gloire du «Fils bien-aimé». La loi et les prophètes ont pris fin; dorénavant Dieu parle dans le Fils. Écoutons-Le (v. 35; Héb. 1 v. 2)!

 

28               Luc 9 v. 37 à 56

 

Après la scène de gloire dont Il a été le centre, Jésus doit faire face à une situation terrible: l'emprise de Satan sur un jeune garçon et la détresse de son père. La délivrance qu'Il opère exalte la grandeur de Dieu (v. 43).

Quelle inconséquence nous trouvons ensuite chez les disciples! Ils suivent Celui dont l'abaissement volontaire le conduit à la croix. Mais en même temps ils s'occupent de savoir lequel d'entre eux sera le plus grand (v. 46)! Ils ont eux-mêmes chassé les démons au nom du Seigneur — sans toujours y réussir (v. 40), mais ils interdisent à un autre de le faire (v. 49; comp. Nomb. 11 v. 26 à 29). Enfin, tandis que leur Maître est en chemin pour accomplir l'œuvre du salut des hommes… et le leur, Jacques et Jean voudraient faire descendre le feu du jugement sur les Samaritains qui refusent de le recevoir. Égoïsme, jalousie, étroitesse, rancune et projets de vengeance, nous reconnaissons le triste esprit qui, hélas! anime souvent nos pauvres cœurs naturels (v. 55).

Jésus entreprend maintenant son dernier voyage à Jérusalem en pleine connaissance de ce qui l'y attend, mais avec une sainte détermination. Il dresse sa face résolument (v. 51). Notre cher Sauveur ne déviera pas du but que son amour s'est assigné.

 

29               Luc 9 v. 57 à 62 ; 10 v. 1 à 9

 

Il est facile de déclarer: «Seigneur, je te suivrai où que tu ailles» (v. 57). Mais Jésus n'a pas caché ce que cela comporte de Le suivre (voir v. 23). Or les plus grands obstacles ne sont pas dans le chemin mais dans notre cœur; et pour nous aider à les y découvrir, le Seigneur passe en revue ses recoins les plus secrets. L'amour de nos aises (v. 58), telle ou telle convenance, affection ou habitude (v. 59, 61) prendraient vite le pas sur l'obéissance que nous devons à Christ et nous conduiraient ensuite inévitablement à des regrets, à des regards en arrière et peut-être même à un humiliant abandon final.

Au ch. 10, Jésus met à part 70 ouvriers qu'Il pousse Lui-même dans sa moisson. Il leur donne ses instructions et les envoie «comme des agneaux au milieu des loups» (v. 3). Car ils ont à manifester les caractères d'humilité et de douceur de Celui qui était l'Agneau au milieu des mêmes loups.

Il y a peu d'ouvriers aujourd'hui comme alors. Supplions donc le Seigneur de la grande moisson (2 Thess. 3 v. 1). Lui se chargera de désigner, de former et d'envoyer de nouveaux serviteurs; toutefois pour pouvoir le demander avec ferveur et droiture, il faut être prêt à accepter d'y être poussé soi-même.

 

30               Luc 10 v. 10 à 24

 

Jésus s'adresse solennellement aux villes dans lesquelles Il avait enseigné et accompli tant de miracles. Et Il souligne la grande responsabilité de leurs habitants. Que pourrait-Il dire aujourd'hui de tant de jeunes élevés dans des familles chrétiennes, bien plus privilégiés, mais plus responsables aussi que tant d'autres?

Les 70 reviennent tout joyeux. Qu'ils aient ainsi chassé les démons dirige les pensées du Seigneur sur le moment où le diable sera lui-même chassé du ciel et précipité sur la terre (Apoc. 12 v. 7…). Mais Jésus invite les disciples à se réjouir pour un autre motif: le ciel, purifié de la présence de Satan, deviendra leur demeure. Dès maintenant leurs noms y sont écrits. À son tour, le Seigneur se réjouit et s'émerveille, non de la puissance qui a été exercée, mais des conseils du Dieu d'amour. Il a plu au Père de se faire connaître par le moyen du Fils. Et, en contraste avec ce que nous disons généralement aux enfants: «quand tu seras grand, tu comprendras ceci ou cela», à qui une telle révélation a-t-elle justement été faite? Aux petits enfants et à ceux qui leur ressemblent par l'humilité et la simplicité de leur foi. Remplissons-nous ces conditions?

 

31               Luc 10 v. 25 à 42

 

Interrogé par un docteur de la loi, Jésus retourne la question à la conscience de son interlocuteur. Celui-ci, pour l'esquiver, voudrait restreindre la portée du mot «prochain». Eh bien! Le Seigneur lui apprend que ce prochain c'est d'abord Lui, Jésus (v. 36, 37), et qu'à son exemple un racheté devient, par amour, prochain de tous les hommes. Nous reconnaissons dans le malheureux dépouillé et laissé à demi-mort le pécheur perdu et sans ressource; dans le sacrificateur et le lévite les vains secours de la religion; mais dans le Samaritain charitable le Sauveur qui s'est penché sur notre misère et nous a arrachés à notre sort tragique et désespéré. L'hôtellerie nous fait penser à l'Assemblée où l'homme secouru recevra des soins appropriés, et l'hôtelier au Saint-Esprit y pourvoyant par la Parole et la prière (les deux deniers), sujets des v. 38 à 42 et ch. 11 v. 1 à 13. En conclusion le Seigneur ne dit plus: «fais cela (la loi) et tu vivras» (v. 28) mais «va, et toi fais de même» (v. 37).

La scène suivante se déroule dans une maison amie. Jésus y est reçu, servi, écouté et aimé. Mais le service accapare les pensées de Marthe et elle doit être reprise. Le cœur de Marie ouvert à sa Parole, voilà ce qui réjouit celui du Sauveur (1 Sam. 15 v. 22).

 

32               Luc 11 v. 1 à 20

 

Les disciples sont frappés par la place qu'occupe la prière dans la vie de leur Maître. Faisons comme eux: demandons au Seigneur de nous apprendre à prier. S'agit-il de réciter quelques phrases apprises par cœur? La parabole des deux amis nous apprend au contraire à exprimer chaque besoin d'une manière simple et précise: «Ami, prête-moi trois pains…» (v. 5). Peut-être est-ce un besoin spirituel qui tout à coup se fait sentir, et, pour ainsi dire, est venu frapper à la porte de notre propre cœur (v. 6)? Gardons-nous de le repousser; traitons-le au contraire comme un ami de passage (v. 6). Mais nous n'avons rien à lui présenter? Alors tournons-nous vers l'Ami divin, sans crainte de L'importuner. Dans son amour, Dieu se plaît à répondre à ses enfants et ne les trompe jamais. Au contraire, si dans notre ignorance et notre manque de sagesse il nous est arrivé de Lui demander «une pierre», Il a su changer notre demande en «des choses bonnes».

Jusqu'à ce qu'il ait rencontré le Seigneur Jésus, l'homme est aussi muet pour Dieu que le démoniaque du v. 14. Sauvé par Christ, ayant à sa conversion reçu le don du Saint Esprit (comp. v. 13), c'est alors qu'il peut élever sa voix en louange et en prière. Usons largement de ce privilège!

 

33               Luc 11 v. 21 à 36

 

Seule la puissance du Seigneur Jésus, vainqueur de «l'homme fort», peut nous délivrer du mal qui est en nous. Sinon une passion chassée sera fatalement remplacée par une autre. Notre cœur est semblable à la maison du v. 25. Rien ne sert de le balayer ou de l'orner si un hôte nouveau, Jésus, ne vient l'habiter et le gouverner.

La bénédiction, répète ensuite le Seigneur, ne dépend ni des relations de famille (v. 27, 28; comp. ch. 8 v. 21) ni des privilèges d'une génération. Elle est promise à ceux qui écoutent et qui gardent la Parole de Dieu.

Le v. 33 reprend l'enseignement du ch. 8 v. 16. Le boisseau, mesure de capacité, est le symbole du commerce et des affaires; le lit, celui du sommeil et de la paresse. Choses opposées l'une à l'autre, mais toutes deux capables d'étouffer la petite flamme de notre témoignage. En Matt. 5 v. 15, la lampe devait luire «pour tous ceux qui sont dans la maison». Ici, elle est allumée «afin que ceux qui entrent — les visiteurs — voient la lumière».

L'œil méchant (v. 34) est celui qui fait pénétrer en nous les ténèbres du péché. Attention à la direction que prennent quelquefois nos regards (Job 31 v. 1), à certaines lectures qui souillent le cœur et égarent l'imagination ! (2 Cor. 7 v. 1).

 

34               Luc 11 v. 37 à 54

 

Pour la seconde fois Jésus se trouve invité à la table d'un pharisien (comp. ch. 7 v. 36). Et ici encore son hôte se permet des critiques à son sujet. Alors, dans un discours véhément, Celui qui connaît les cœurs dénonce la méchanceté et l'hypocrisie de cette classe responsable du peuple. Tout en se donnant une apparence pieuse aux yeux des hommes, ces pharisiens et ces docteurs de la loi cachaient un état intérieur de corruption et de mort, comme un tombeau sur lequel on marche sans s'en apercevoir.

Qui oserait jamais parler aussi sévèrement à quelqu'un qui l'a invité? Mais, selon le témoignage des pharisiens eux-mêmes, Jésus était vrai et ne s'embarrassait de personne et n'avait pas égard à l'apparence des hommes (Matt. 22 v. 16). Quel exemple pour nous qui savons si bien, par des paroles aimables (mais souvent si peu sincères), ménager notre réputation! Sous prétexte de courtoisie, c'est faire preuve au fond de cette fausseté et de ce formalisme que Jésus condamnait chez les pharisiens.

Ne pouvant contredire le Seigneur, ses adversaires cherchent à le trouver en faute. Quelques expressions du Ps. 119 nous font connaître ses prières pendant qu'Il souffrait d'une telle opposition (v. 98, 110, 150…).

 

35               Luc 12 v. 1 à 12

 

L'hypocrisie qui caractérisait les pharisiens pouvait aussi, sous une autre forme, devenir un danger pour les disciples. Ceux qui suivent Jésus peuvent cacher aux yeux du monde leur relation avec Lui. C'est pourquoi le Seigneur, en présence des foules, encourage les siens à Le reconnaître ouvertement devant les hommes sans crainte des conséquences. Nous savons qu'en effet des persécutions terribles attendaient les disciples et les chrétiens des premiers siècles. Avec tendresse, le Seigneur prépare ses amis (v. 4) à ces jours difficiles, et Il dirige leurs pensées vers le Père céleste. Dieu qui se préoccupe du sort d'un petit moineau de valeur infime, n'aurait-Il pas soin de ses enfants dans l'épreuve? Et de plus, pour le témoignage qu'ils auraient à rendre, ils n'avaient pas à se tourmenter; le Saint Esprit leur en dicterait les paroles.

De nos jours, dans nos pays, les croyants ne sont ni maltraités ni mis à mort. Mais s'ils sont fidèles, ils seront néanmoins haïs et méprisés par le monde, chose toujours pénible à supporter. Ces exhortations et les promesses qui les accompagnent sont donc bien aussi pour nous. Demandons au Seigneur de nous donner plus de courage pour proclamer son Nom.

 

36               Luc 12 v. 13 à 31

 

Le Seigneur est interpellé par quelqu'un de la foule au sujet d'une question d'héritage. Il en profite pour mettre à nu la racine de ces contestations: l'avarice. «Car c'est une racine de toutes sortes de maux que l'amour de l'argent» (1 Tim. 6 v. 10). La parabole du riche et de ses greniers devenant trop petits, illustre cette passion d'amasser. Accumuler, calculer et faire des projets à long terme, on couvre volontiers cela du nom de prévoyance. Eh bien! C'est au contraire la suprême imprévoyance, car c'est négliger et tromper ce qu'on a de plus précieux: …son âme! Dans sa folie, le riche avait cru satisfaire la sienne en lui offrant «beaucoup de biens» (v. 19). Mais à l'âme impérissable il faut une autre nourriture. Oui, «insensé» est le nom que Dieu donne à cet homme (comp. Jér. 17 v. 11 fin). Sur combien de tombes cette épitaphe pourrait-elle être inscrite (Ps. 52 v. 7)?

En contraste, Jésus apprend aux siens que la vraie prévoyance consiste à mettre sa confiance en Dieu. Toute inquiétude au sujet de nos besoins journaliers est réglée par cette affirmation: «Votre Père sait que vous avez besoin de ces choses» (v. 30). Si nous faisons passer d'abord Son royaume et Ses intérêts, Lui se chargera entièrement des nôtres.

 

37               Luc 12 v. 32 à 48

 

Le riche dans la parabole avait amassé des trésors pour lui-même (v. 21) et il avait tout perdu, y compris son âme. Le Seigneur révèle maintenant à ses disciples un moyen pour se constituer des trésors à l'abri de tous les risques: donner l'aumône, partager leurs biens, car cela revient à faire un sûr placement à la banque du ciel (v. 33; comp. ch. 18 v. 22). Le cœur s'attachera alors à ce trésor céleste et attendra d'autant plus ardemment la venue du Seigneur (lire 1 Pier. 1 v. 4). Jésus revient. Cette espérance a-t-elle dans notre vie ses conséquences pratiques: nous détacher déjà d'un monde que nous allons quitter et nous purifier «comme Lui est pur» (1 Jean 3 v. 3); nous remplir de zèle dans le service envers les âmes et enfin nous réjouir? Pensons aussi à la joie de notre cher Sauveur dont les affections seront comblées. Il se plaira à recevoir et à servir Lui-même au festin de la grâce ceux qui l'auront servi et attendu sur la terre (v. 37). Alors «l'économe fidèle et prudent» recevra sa récompense et l'esclave qui n'a point fait selon la volonté de son Maître — tout en la connaissant (v. 47; Jac. 4 v. 17) — sa rétribution solennelle. «À celui à qui il aura été beaucoup confié…». Essayons de faire chacun le compte de tout ce que nous avons reçu et tirons notre conclusion.

 

38               Luc 12 v. 49 à 59 ; 13 v. 1 à 5

 

Jusqu'au «baptême» de sa mort, Jésus est «à l'étroit» dans son âme. La croix est nécessaire pour que son amour puisse s'exprimer pleinement et trouver un écho dans le cœur des hommes.

Sa venue est une mise à l'épreuve. Au sein de familles autrefois unies dans l'impiété, Il sera reçu par les uns, rejeté par les autres. Combien de maisons ressemblent à celle qui est décrite ici (v. 52, 53)!

Puis le Seigneur s'adresse de nouveau aux Juifs «hypocrites»… dans un amour vrai pour leurs âmes (v. 56). Ne nous étonnons pas de la dureté que revêtent parfois ses paroles. Elle est imposée par celle du cœur de l'homme. Il faut un marteau de fer pour briser le roc (Jér. 23 v. 29).

Israël avait encouru la colère de Dieu qui était devenu sa «partie adverse» (v. 58). Or Dieu était alors en Christ, offrant la réconciliation à son peuple, mais celui-ci refusait de la saisir et de discerner les signes avant-coureurs du jugement (v. 56). Aujourd'hui encore Dieu offre à tout homme la réconciliation avant le moment où Il ne pourra être rencontré que comme le Juge inexorable (2 Cor. 5 v. 19).

Au ch. 13 v. 1 à 5, Jésus évoque deux événements récents et solennels et s'en sert pour exhorter ses auditeurs à la repentance. Sachons aussi saisir les occasions d'avertir ceux qui nous entourent.

 

39               Luc 13 v. 6 à 21

 

L'histoire d'Israël racontée par le figuier stérile est en même temps celle de l'humanité tout entière. Dieu a tout essayé pour tirer quelque bien de sa créature. Hélas! L'homme dans la chair, en dépit de ses prétentions religieuses (de belles feuilles) est incapable de porter le moindre fruit pour Dieu. Il occupe donc inutilement la terre et doit être jugé.

Poursuivant son ministère de grâce, Jésus guérit une pauvre femme infirme. Elle était courbée, comme nous risquons de l’être spirituellement quand nos regards sont tournés vers les choses de la terre ou que nous nous obstinons à porter des fardeaux dont le Seigneur veut se charger pour nous. Mais «Il relève ceux qui sont courbés» et veut nous faire «marcher la tête levée» (Ps. 146 v. 8 ; Lév. 26 v. 13).

De nouveau ce miracle en un jour de sabbat sert de prétexte à ses adversaires hypocrites. Mais sa réponse les couvre de honte et les rappelle à leurs devoirs d'amour envers une sœur: fille d'Abraham.

Les deux petites paraboles qui suivent décrivent le grand développement visible que le christianisme était appelé à prendre ici-bas, tout en étant pénétré intérieurement par le levain des fausses doctrines. Le grand arbre de la chrétienté subira finalement le même sort que le figuier d'Israël (v. 9).

 

40               Luc 13 v. 22 à 35

 

Jamais nous ne voyons le Seigneur satisfaire la curiosité. Quand on Lui demande si les élus sont en petit nombre, Il en profite pour parler à la conscience, comme pour dire à chacun: Ne t'inquiète pas des autres; fais en sorte d'être de ce nombre. Certes la porte est étroite, mais le royaume est assez vaste pour accueillir tous ceux qui désirent y entrer maintenant. Et si tu ne veux pas de cette porte étroite (v. 24), tu n'auras devant toi plus tard qu'une porte fermée (v. 25). Quoi de plus solennels que ces coups frappés, que ces vains appels et que cette réponse terrible: «Je ne vous connais pas»! Il y a erreur, s'écrieront certains, j'ai pourtant eu des parents chrétiens, je suis allé régulièrement aux réunions, j'ai lu ma Bible et chanté des cantiques. Mais le Seigneur ne recevra dans son ciel que ceux qui L'auront ici-bas reçu dans leur cœur.

Ces paroles sévères, Jésus les adresse tout spécialement à la nation d'Israël. Pendant qu'Hérode «ce renard» cruel et rusé ravageait «la couvée» d'Israël, son Roi véritable avait cherché à la rassembler (v. 34). Mais on n'avait pas voulu de Lui ni de sa grâce, et maintenant le Seigneur de gloire, abandonnant la maison, son «chez soi» où Il n'avait pas été reçu (v. 35; Jean 1 v. 11), poursuit sa marche vers la croix.

 

41               Luc 14 v. 1 à 14

 

De nouveau nous trouvons le Seigneur chez un pharisien. Il y est cette fois encore, l'objet d'une franche malveillance. On l'observe (v. 1) pour le prendre en faute sur la question du sabbat. Mais Jésus guérit l'homme hydropique et comme au ch. 13 v. 15, ferme la bouche à ses adversaires. Puis c'est son tour de les observer (v. 7). Son œil auquel rien n'échappe considère la course aux meilleures places autour de la table. Il en est ainsi dans le monde. C'est à qui obtiendra le plus d'honneur ou les meilleurs morceaux. Mais pour nous chrétiens, la dernière place est toujours celle où nous serons le plus heureux parce que c'est celle où nous rencontrerons Jésus! Nous n'avons en effet pas besoin de nous demander depuis quelle place le Seigneur a fait ces observations. Car le pharisien ne semble guère avoir été disposé à le faire monter plus haut.

Si Jésus a une leçon pour les convives, Il en a une aussi pour le maître de maison. Aux premiers Il a appris à choisir leur place, au second Il enseigne à choisir ses invités. Le Seigneur veut toujours nous faire examiner le motif qui nous fait agir. Est-ce l'espoir d'obtenir des avantages ou de la considération? Ou l'amour qui se satisfait dans le dévouement pour Lui?

 

42               Luc 14 v. 15 à 35

 

De tous les gens conviés à ce grand souper, c'est à qui trouvera la plus mauvaise excuse. Attend-on en effet d'avoir acheté un champ pour le voir, des bœufs pour connaître leur force? Celui qui venait de se marier aurait pu amener sa jeune femme au festin. En déclinant l'invitation, non seulement ils manquent la fête mais ils offensent le maître de maison.

Au grand souper de sa grâce, Dieu a convié d'abord le peuple juif, puis sur son refus, tous ceux qui ne peuvent cacher leur pauvreté, leur infirmité, leur misère. Ce sont de telles créatures qui vont remplir son ciel (comp. v. 21 fin avec v. 13). Il y reste encore des places vides… la vôtre si vous ne l'avez pas déjà prise.

Le v. 26 nous apprend simplement que, si quelqu'un était empêché de devenir disciple de Christ, y compris par ses propres parents, cet obstacle deviendrait aussitôt haïssable. Il faut venir à Lui (v. 26) et ensuite venir après Lui (v. 27). Mais l'ennemi est redoutable. Insensé celui qui se mettrait en route sans avoir calculé la dépense: Celle-ci est grande, car il s'agit de renoncer à tout ce qu'on a (v. 33). Si on porte la croix, on ne peut se charger d'autres bagages. Mais le gain est incomparable: c'est Christ Lui-même (Phil. 3 v. 8).

 

43               Luc 15 v. 1 à 10

 

Les trois paraboles de ce chapitre forment un ensemble merveilleux. La condition d'un pécheur nous y est présentée sous trois aspects: celui de la brebis, de la drachme et de l'enfant, tous trois perdus; et son salut comme accompli en amour à la fois par le Fils (le bon Berger) par le Saint Esprit (la femme diligente) et par le Père.

Non seulement le tendre Berger cherche sa brebis «jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée» (v. 4; comp. v. 8 fin) mais Il la charge ensuite sur ses propres épaules pour la conduire à la maison.

Comme cette drachme, pièce de monnaie à l'effigie du souverain qui l'a émise, l'homme est à l'image de Celui qui l'a créé. Mais perdu, à quoi pouvait-il servir? Il est devenu inutile (Rom. 3 v. 12). Alors le Saint Esprit «allumant la lampe» s'est mis à l'œuvre diligemment et Il nous a trouvés dans nos ténèbres et dans notre poussière.

Chaque parabole mentionne la joie du propriétaire légitime, une joie qui cherche à être partagée. Celle de Dieu rencontre un écho chez les anges. Si nous entendons ceux-ci chanter au moment de la création (Job 38 v. 7) puis lors de la naissance du Sauveur (ch. 2 v. 13), l'allégresse remplit aussi le ciel «pour un seul pécheur qui se repent». Le prix d'une âme est si grand aux yeux du Dieu d'amour!

 

44               Luc 15 v. 11 à 32

 

Un premier tableau nous présente ce jeune homme qui considère son père comme un obstacle à son bonheur et qui s'en va, loin de sa présence, dissiper follement tout ce qu'il a reçu de lui. La scène suivante nous le montre dans le pays éloigné réduit à la pire déchéance, au dénuement le plus complet. Chacun de nous a-t-il jusqu'ici reconnu se propre histoire? Puisse-t-elle alors s'achever de la même manière! Sous le poids de sa misère, le prodigue revient à lui-même, se souvient des ressources de la maison paternelle, se lève, prend le chemin du retour… Et c'est le troisième tableau: l'empressement du père qui se porte à sa rencontre, les bras ouverts, les baisers, la confession suivie du plein pardon, les haillons échangés contre la plus belle robe…

Ami qui réalisez votre misère morale, ce récit vous apprend quelles sont envers vous les dispositions du cœur de Dieu. Ne craignez pas d'aller à Lui. Vous serez reçu comme ce fils.

Hélas! Le père ne peut faire partager complètement sa joie. Le frère aîné qui n'aurait pas hésité à faire bonne chère avec ses amis pendant que son frère était perdu, refuse de prendre part à la fête. Figure du peuple juif obstiné dans son légalisme, mais aussi de tous les propres justes dont le cœur est fermé à la grâce de Dieu.

 

45               Luc 16 v. 1 à 13

 

Il nous étonne, ce maître qui approuve son serviteur malhonnête, comme aussi nous étonne la conclusion du Seigneur: «Faites-vous des amis avec les richesses injustes…» (v. 9). Mais cet adjectif nous fournit la clé de la parabole. Rien ici-bas n'appartient à l'homme. Les richesses qu'il prétend posséder sont en réalité toutes à Dieu; ce sont donc des richesses injustes. Placé sur la terre en vue de l'administrer, l'homme s'est comporté comme un voleur. Il a détourné à son profit, pour satisfaire ses convoitises, ce que Dieu avait mis entre ses mains pour Son propre service. Mais il peut encore se repentir et se mettre à employer pour les autres et en vue de l'avenir les biens du divin Propriétaire tant qu'ils sont entre ses mains.

L'économe du ch. 12 v. 42 était fidèle et prudent; celui-ci est infidèle, toutefois il agit aussi prudemment, et c'est cette qualité que lui reconnaît son maître. Si les gens du monde montrent une telle prévoyance, ne devrions-nous pas, nous qui sommes «fils de la lumière», penser davantage aux vraies richesses (v. 11; ch. 12 v. 33).

Le v. 13 nous rappelle que nous n'avons pas deux cœurs: un pour Christ, l'autre pour Mammon et les choses de ce monde. Qui voulons-nous aimer et servir (1 Rois 18 v. 21)?

 

46               Luc 16 v. 14 à 31

 

À ces pharisiens avares, Jésus déclare que Dieu connaît leur cœur et juge autrement que les hommes. Sur les plus grandes œuvres, réussites et ambitions terrestres, est écrite la terrible appréciation du v. 15: «une abomination devant Dieu». Aussi, quels renversements de situations apparaîtront dans l'autre monde! Le Seigneur en donne un exemple saisissant. Ce riche était précisément un économe infidèle. Bien qu'ayant son prochain à sa porte, il employait pour lui-même, dans le luxe et l'égoïsme ce que Dieu l'avait chargé d'administrer sur la terre. Mais le même événement survient pour le riche comme pour le pauvre: c'est la mort; tôt ou tard chacun la rencontre. Et ce récit, fait par Celui qui ne peut mentir, prouve que notre histoire n'est pas terminée pour autant. Elle comporte encore le chapitre définitif dont le Seigneur, tournant un instant la page, nous permet de lire quelques lignes. Que découvrons-nous dans cet au-delà sur lequel tant d'hommes en frissonnant s'interrogent? Un lieu de bonheur et un lieu de tourment! Alors il sera impossible de passer de l'un dans l'autre, trop tard pour croire, mais aussi trop tard pour annoncer l'évangile. «Voici, c'est maintenant le jour du salut» (2 Cor. 6 v. 2).

 

47               Luc 17 v. 1 à 19

 

Il est normal que le monde où règne le mal soit rempli de scandales et d'occasions de chute. Mais qu'un chrétien puisse être en piège à de plus faibles que lui est une chose infiniment triste… et solennelle pour lui.

Celui qui pardonne (ch. 7 v. 48) enseigne ici comment pardonner (v. 3, 4). Toutefois les apôtres sentent que pour agir selon ces principes de grâce ils ont besoin de plus de foi et ils la demandent au Seigneur. Il leur répond qu'une autre vertu est indispensable: l'obéissance, parce que c'est dans la connaissance et dans l'accomplissement de la volonté de Dieu que nous pourrons compter sur Lui. Oui, la foi ne se sépare pas de l'obéissance ni celle-ci de l'humilité. Esclaves inutiles: c'est ce que nous devons penser de nous-mêmes, car Dieu peut travailler sans nous et s'Il nous emploie c'est pure grâce de sa part. Mais ce n'est pas ce que le Seigneur pense de ceux qui sont ses amis (comp. v. 7, 8 et ch. 12 v. 37; Jean 15 v. 15).

Dix lépreux rencontrent Jésus, élèvent la voix vers Lui et s'en vont guéris. Un seul, le Samaritain, tient à remercier son Sauveur. Ainsi dans la grande chrétienté, parmi tous ceux qui sont sauvés, un petit nombre seulement sait «revenir» pour rendre culte au Seigneur. En faites-vous partie?

 

48               Luc 17 v. 20 à 37

 

Contre toute logique, les pharisiens se préoccupent du moment où viendra le royaume de Dieu… tout en refusant de reconnaître et de recevoir le roi qui se trouve au milieu d'eux (v. 21). Le royaume de Dieu, souvent mentionné dans l'évangile de Luc, est la sphère, le domaine, où les droits de Dieu sont reconnus. Il comprend d'abord le ciel — et pour cette raison nous trouvons aussi, spécialement dans Matthieu, l'expression du royaume des cieux.

Mais il devait aussi s’étendre à Israël et à la terre. Or le Roi, afin de mettre ses sujets à l'épreuve, est venu parmi eux sous une humble apparence, sans «attirer l'attention» (v. 20); et comme tel il a été rejeté. Qu'en est-il résulté? Le fait que le royaume n'existe encore que sous la forme céleste. Il s'établira bien sur la terre, le moment venu, mais par des jugements. Ceux-ci seront soudains et terribles. Le déluge, la destruction subite de Sodome, en sont des illustrations solennelles (et les v. 27 à 30 pourraient tout aussi bien caractériser notre époque). Cependant il existe un autre domaine où les droits moraux du Seigneur sont reconnus dès maintenant: ce sont les cœurs de ceux qui Lui appartiennent. Ami, votre cœur est-il «une province» du royaume de Dieu?

 

49               Luc 18 v. 1 à 17

 

La parabole de la veuve et du juge inique nous encourage à prier avec persévérance (Rom. 12 v. 12 fin; Col. 4 v. 2). En effet, si un homme méchant finit par se laisser fléchir, à plus forte raison le Dieu d'amour interviendra-t-il pour délivrer «ses élus». Il tarde quelquefois à le faire, parce que le fruit qu'Il attend n'est pas mûr, mais n'oublions pas que Lui-même se contraint à user de patience, car son amour le porterait à agir aussitôt (fin du v. 7). Il viendra un temps, celui de la tribulation finale, où ce passage prendra toute sa force pour les élus du peuple juif.

Le pharisien plein de lui-même qui présente à Dieu sa propre justice et le publicain qui se tient à l'écart dans une profonde conviction de péché, sont moralement les descendants respectifs de Caïn et d'Abel (mais ce dernier se savait justifié). Le seul titre qui nous donne le droit de nous approcher de Dieu est celui de pécheur. Il est humiliant pour l'homme d'avoir à mettre de côté à la fois ses œuvres (v. 11) et aussi ses raisonnements, sa sagesse, son expérience. Mais les vérités divines du royaume ne peuvent être saisies que par la simple foi, dans la confiance du petit enfant nous offre une image si touchante. Le Seigneur lorsqu'Il viendra, trouvera-t-il en nous une telle foi (v. 8)?

 

50               Luc 18 v. 18 à 34

 

En présence de ce chef du peuple, apparemment doué des plus nobles qualités, tout autre que Jésus n'aurait pas manqué de se dire: voilà quelqu'un qui va me faire honneur, un disciple de choix qu'il faut chercher à retenir. Mais c'est au cœur que Dieu regarde (1 Sam. 16 v. 7), et le Seigneur va sonder celui de cet homme.

«Que faut-il que j'aie fait?» a été sa question. Sur ce terrain, Jésus ne peut que lui rappeler la loi. Mais pourquoi aurait-il dérobé? Il était riche; tué ou porté un faux témoignage? Il avait une réputation à ménager; manqué d'honneur à ses parents qui lui avaient laissé probablement un bel héritage? En réalité, il enfreint le premier commandement puisque son dieu ce sont ses richesses (Ex. 20 v. 3). La tristesse de cet homme, qui humainement possédait tout pour être heureux: situation en vue, immense fortune et la jeunesse pour en jouir, prouve à ceux qui envient de tels avantages, que rien de tout cela ne donne le bonheur. Au contraire, si le cœur s'y attache, ce sont des entraves pour suivre Jésus et avoir part à la vie éternelle. Lui-même allait accomplir l'œuvre qui nous y donne accès. Dans ces v. 32 et 33, il nous faut méditer chaque expression en nous disant: Jésus a souffert ainsi pour moi.

 

51               Luc 18 v. 35 à 43 ; 19 v. 1 à 10

 

La visite du Seigneur Jésus à Jéricho est probablement l'unique occasion donnée à ces deux hommes de le rencontrer. En dépit des obstacles, ils ont su ne pas la manquer (comp. ch. 16 v. 16).

Considérons cet aveugle; il ne peut voir le Sauveur qui passe, et de plus la foule cherche à le faire taire; mais il crie d'autant plus fort et obtient la réponse à la foi. Quant à Zachée, sa petite taille et la même foule qui se presse autour de Jésus, l'empêchent de le distinguer. Alors il court pour devancer le cortège et escalade un arbre sans se préoccuper du qu'en-dira-t-on. Lui aussi triomphe des difficultés et quelle récompense il obtient! Nous imaginons sa confusion et sa joie en s'entendant appeler par son nom, invité à descendre vite pour accueillir le Seigneur dans sa propre maison.

Cher ami, Jésus passe encore maintenant près de toi, apportant le salut (v. 9). Ne te laisse arrêter ni par ton incapacité naturelle, ni par les formes d'une fausse religion qui, comme cette foule, empêche de voir «Jésus comme il est»; ni non plus par la crainte de l'opinion d'autrui. Le Maître t'appelle par ton nom: «Il faut que je demeure aujourd'hui dans ton cœur. Vas-tu le laisser passer?

 

52               Luc 19 v. 11 à 28

 

Cette parabole nous présente à la fois le rejet du Seigneur Jésus comme roi (v. 14) et la responsabilité des siens pendant le temps de son absence. Dans celle des «talents» en Matt. 25, chaque esclave a reçu une somme différente selon la souveraineté du maître, mais la récompense est la même. Dans celle-ci au contraire, une mine a été confiée à chaque esclave, tandis que la rémunération est proportionnelle à son activité. À chaque croyant, Dieu fait don du même salut, de la même Parole, du même Esprit, sans parler des grâces variées dispensées à chacun. En revanche, tous n'ont pas le même zèle pour faire valoir ces dons à la gloire de leur Maître absent. Car le secret du service, c'est l'amour éprouvé pour Celui que l'on sert. Plus cet amour est grand, plus grand est le dévouement. C'est parce qu'il haïssait son maître, le trouvant sévère et injuste, que le troisième serviteur n'a pas travaillé pour lui. Il représente tous les soi-disant chrétiens à qui Dieu ôtera ce qu'ils paraissent avoir (v. 26). Mais il arrive, malheureusement à de vrais enfants de Dieu, d'accepter les dons tout en refusant le service, frustrant le Seigneur et finalement eux-mêmes, du fruit dont Il les aurait fait jouir avec Lui.

 

53               Luc 19 v. 29 à 48

 

Le chemin du Seigneur approche de son terme: cette ville de Jérusalem vers laquelle, dès le ch. 9 v. 51, il avait dressé résolument sa face sachant ce qui l'y attendait. Pourtant, un bref moment, les disciples peuvent penser que son règne va immédiatement paraître (comp. v. 11). Jésus montre sa souveraineté en revendiquant l'ânon (et n'y a-t-il pas dans notre vie tant de choses dont nous pourrions entendre dire: «le Seigneur en a besoin»?; v. 34). Le Roi va faire son entrée majestueuse dans la ville aux acclamations de la foule de ses disciples. Hélas! En contraste avec cette joie, les pharisiens montrent leur indifférence hostile (v. 39). En vérité des pierres seraient plus dociles à l'action de la puissance divine que le cœur endurci du malheureux peuple juif (S.P.). En apercevant la ville, Jésus pleure sur elle. Il sait quelles vont être les tragiques conséquences de son aveuglement. Il voit déjà les légions de Titus, quarante ans plus tard, assiéger la cité coupable (comp. És. 29 v. 3, 6). Des scènes indescriptibles de massacre et de destruction passent devant ses yeux!

Puis entrant dans la ville et dans le temple, Il considère avec non moins de peine le trafic qui remplit ce dernier et, avec une sainte énergie, Il s'emploie à le faire cesser (comp. Éz. 8 v. 6).

 

54               Luc 20 v. 1 à 18

 

S'ils s'étaient trouvés au baptême de Jean, les pharisiens n'auraient pas eu besoin de demander au Seigneur par quelle autorité il faisait «ces choses» (voir ch. 7 v. 30). Dieu y avait solennellement désigné son Fils bien-aimé et l'avait revêtu de puissance pour son ministère (ch. 3 v. 22). D'ailleurs tout ce que Jésus faisait ou disait ne montrait-il pas clairement que c'était le Père qui l'avait envoyé (Jean 12 v. 49, 50)?

Le Seigneur donne encore à ces hommes de mauvaise foi une occasion de se reconnaître dans la parabole des méchants cultivateurs. Refusant à Dieu le fruit de l'obéissance, Israël a méprisé, maltraité et parfois mis à mort Ses messagers et Ses prophètes (2 Chron. 36 v. 15). Et lorsque l'amour de Dieu leur a donné son propre Fils, ils n'ont pas hésité à le «jeter hors de la vigne» et à le tuer. Mais le Seigneur énumère les conséquences terribles de ce dernier crime: Dieu fera périr ce peuple méchant. Il confiera à d'autres (pris d'entre les nations) le soin de porter du fruit pour Lui. Enfin, si du temple terrestre il ne doit pas rester pierre sur pierre (ch. 19 v. 44; 21 v. 5, 6), Christ, «la pierre rejetée», deviendra en résurrection le fondement précieux d'une maison spirituelle et céleste qui est l'Assemblée (lire 1 Pier. 2 v. 4…).

 

55               Luc 20 v. 19 à 40

 

À la question perfide que posent ces «agents secrets», Jésus répond comme d'habitude en parlant à leur conscience. Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû et d'abord à Dieu l'obéissance et l'honneur (Rom. 13 v. 7).

Quant aux sadducéens, le Seigneur leur prouve la réalité de la résurrection simplement par ce titre que Dieu se donne: «le Dieu d'Abraham, et le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob» (v. 37; Ex. 3 v. 6). Lorsque l'Éternel parlait ainsi à Moïse, ces patriarches avaient quitté la terre depuis longtemps. Mais Il se proclamait toujours leur Dieu. Pour Lui, ils étaient donc encore vivants et ils devaient ressusciter. Ces hommes de foi s'étaient attachés à des «choses promises» au-delà de la vie présente et montraient qu'ils les attendaient avec certitude. «C'est pourquoi — est-il souligné — Dieu n'a pas honte… d'être appelé leur Dieu» (Héb. 11 v. 13 à 16). — Croyants, appliquons-nous aussi à montrer autour de nous que nous avons une espérance vivante.

Les pharisiens et les sadducéens correspondent à deux tendances religieuses de tous les temps: d'une part le formalisme légal, l'attachement à des traditions, et à l'opposé le rationalisme (ou modernisme) qui met en doute la Parole et ses vérités fondamentales.

 

56               Luc 20 v. 41 à 47 ; 21 v. 1 à 9

 

Côtoyant des riches et des pauvres, des gens instruits et des ignorants, des flatteurs et des contradicteurs, Jésus, dans sa sagesse parfaite, discerne les motifs et les sentiments de tous, et prend envers chacun l'attitude qui convient à son état. Il dénonce la vanité des chefs du peuple en même temps que leur cupidité, et Il met en garde ceux qui pourraient être trompés par eux. Il se plaît à souligner, en contraste, le dévouement d'une de ces pauvres veuves qui étaient victimes de la rapacité des scribes. En jetant au trésor ses dernières ressources, elle s'abandonnait entièrement à Dieu, montrant qu'elle ne dépendait plus que de Lui seul (1 Tim. 5 v. 5; comp. 2 Cor. 8 v. 1 à 5). Le Seigneur considère moins ce que chacun donne que ce que chacun garde pour lui. Il n'a pas la même façon de compter que nous (v. 3) et c'est un encouragement pour tous ceux qui ne peuvent pas donner beaucoup (2 Cor. 8 v. 12). Combien de pites deviendront des fortunes pour le trésor céleste (comp. 12 v. 33; 18 v. 22)!

Certains sont éblouis par les belles pierres et les ornements du temple. Mais là aussi Jésus juge différemment. Il connaît l'intérieur de ce temple et le compare à une caverne de voleurs (ch. 19 v. 46). Puis Il déclare quel sera le sort de ces choses que l'homme regarde et admire (v. 6).

 

57               Luc 21 v. 10 à 24

 

Déjà au ch. 17, Jésus avait prévenu ses disciples des châtiments subits qui atteindraient Israël et le monde à cause de son rejet. Mais, au milieu d'un peuple condamné, le Seigneur a toujours su distinguer ceux qui Lui appartiennent. Comme au ch. 12, Il les avertit et les encourage à l'avance en vue de ces temps difficiles (comp. v. 14, 15 avec ch. 12 v. 11, 12). «Possédez vos âmes par votre patience» (v. 19). Cette exhortation nous concerne tous. «Usez donc de patience, frères…», c'est ce que recommande Jacques, «car la venue du Seigneur est proche» (Jac. 5 v. 7, 8). Dieu est patient (ch. 18 v. 7) et Il désire que ses enfants manifestent ce même caractère.

Les v. 20 et 21 se réalisèrent à la lettre avant la destruction de Jérusalem par les Romains en l'an 70. Ayant occupé une première fois leurs positions autour des murailles, les armées assaillantes levèrent le siège sans aucune raison apparente et partirent en direction du nord. Alors les chrétiens, se souvenant des paroles du Seigneur, mirent à profit ce temps de répit pour quitter la ville en hâte, avant que les légions romaines ne reviennent à nouveau l'investir. Le v. 24 correspond donc à la période qui suivit; elle dure depuis bientôt deux mille ans.

 

58               Luc 21 v. 25 à 38

 

À partir du v. 25, les signes annoncés concernent des événements encore à venir. Ce seront des temps terribles. Les choses les plus stables seront bouleversées, et les âmes des hommes le seront aussi. Déjà la peur plane sur le monde. Les hommes pensent échapper en se creusant des abris (Apoc. 6 v. 15…). Mais pour les fidèles de ce temps-là, la délivrance (appelée leur rédemption au v. 28) viendra d'en haut. Ce sera le retour du Seigneur en gloire; et pour nous, croyants d'aujourd'hui, ce que nous attendons c'est sa venue sur la nuée. Promesse certaine! Oui, car le ciel et la terre passeront, mais Ses paroles ne passeront point (v. 33).

On ne considère pas généralement la gourmandise comme un péché bien grave. Pourtant elle est associée à l'ivrognerie, parce qu'elle contribue à appesantir le cœur. Elle cultive l'égoïsme; on en oublie les besoins qui nous entourent (comp. ch. 16 v. 19…). La joie d'attendre le Seigneur disparaît d'un cœur appesanti (fin du v. 34); les soucis de la vie l'envahissent. Pour cette raison, les épîtres associent souvent les exhortations à être sobre et à veiller (1 Thess. 5 v. 6, 7; 1 Pier. 1 v. 13; 4 v. 7; 5 v. 8); et ici le Seigneur nous recommande «prenez garde à vous-mêmes… veillez donc, priant en tout temps» (v. 34, 36).

 

59               Luc 22 v. 1 à 23

 

Les chefs du peuple sont embarrassés pour réaliser leurs desseins criminels parce qu'ils savent que la foule prend plaisir à écouter Jésus (ch. 19 v. 48). Mais Satan va leur venir en aide. Il a préparé son instrument: Judas, et maintenant il entre en lui, se substituant à la volonté du misérable disciple. Celui-ci s'en va aussitôt conclure son affreux marché.

Quand il s'agit de célébrer la pâque — et la cène aujourd'hui — rien n'est laissé à l'initiative des disciples. Jésus leur demande de l'apprêter, mais Il attend aussi d'être interrogé pour leur révéler cela doit avoir lieu. Combien de chrétiens, au lieu de poser cette question au Seigneur, ont eux-mêmes choisi leur lieu de rassemblement! Pourtant tout est si simple. Il suffit de se laisser conduire par cet homme chargé d'une cruche d'eau, figure du Saint Esprit présentant la Parole. La grande chambre garnie suggère qu'il y a place pour tous les croyants, là où Jésus se trouve Lui-même. «J'ai fort désiré…», dit-Il aux siens lorsque l'heure fut venue. Quel amour! Le Seigneur parle non d'une faveur qu'Il leur fait, mais d'un besoin de son propre cœur, «comme quelqu'un qui, avant de quitter sa famille, désire avoir encore avec elle une réunion d'adieu» (J.N.D.).

 

60               Luc 22 v. 24 à 38

 

C'est le dernier entretien du Maître avec ses disciples. Mais que font ceux-ci pendant ce saint moment? Ils se disputent à qui sera estimé le plus grand! Avec quelle patience et quelle douceur le Seigneur les reprend! Une dernière fois Il leur rappelle (ainsi qu'à nous) que la vraie grandeur consiste à servir les autres. C'est ce que Lui-même n'a cessé de faire (comp. v. 27 et ch. 12 v. 37). Et non seulement Il ne leur adresse aucun reproche, mais Il se plaît à reconnaître leur dévouement et leur fidélité: «vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations» — leur dit-Il. Toutefois il allait y avoir encore pour les faibles disciples des tentations qui risqueraient de renverser leur foi. Alors Jésus révèle de quelle manière Il sert et servira dorénavant les siens: son intercession devancera leur épreuve et les soutiendra tandis qu'ils la traverseront (Jean 17 v. 9, 11, 15). Pendant qu'Il était avec eux, ils n'avaient eu besoin de rien; Lui veillait à tout et les protégeait. Maintenant qu'Il va les quitter, ils auront à combattre pour leur propre compte. Mais pas avec des armes charnelles (v. 38; 2 Cor. 10 v. 4), ni «contre le sang et la chair» (Éph. 6 v. 12). Satan s'approche à cette heure, adversaire autrement redoutable (1 Pier. 5 v. 8).

 

61               Luc 22 v. 39 à 53

 

Ce récit solennel de la scène de Gethsémané contient des détails que Luc est seul à nous donner. Nous y voyons Jésus à genoux au v. 41; un ange lui apparaît pour le fortifier au v. 43. Il y est question de l'angoisse du combat et nous savons à quel ennemi Il avait affaire. Combat si intense, qu'à un certain moment sa sueur se changea en des grumeaux de sang! Mais cette angoisse même démontre sa perfection. Car le mal fait souvent peu d'impression sur nos cœurs endurcis, tandis que, pour l'Homme saint par excellence, la pensée de porter le péché ne pouvait que le saisir d'horreur et d'effroi.

Puis Jésus vient vers ses disciples qu'Il trouve endormis. Accablés de sommeil sur la montagne en présence de sa gloire (9 v. 32), ils le sont ici, devant sa souffrance. Il leur avait appris à demander: «Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal» (ch. 11 v. 4; Matt. 6 v. 13). Que n'ont-ils fait cette prière à l'heure où Satan s'approchait!

Voici Judas et la troupe qui l'accompagne. Et il est merveilleux de voir le Seigneur qui, au moment précédent traversait le plus terrible des combats, montrer à présent devant les hommes une patience, une grâce (v. 51) et un calme parfaits.

 

62               Luc 22 v. 54 à 71

 

Pauvre Pierre! Pendant que Jésus priait, lui dormait; pendant qu'Il se laissait prendre et amener «comme un agneau familier qui est mené à la tuerie» (Jér. 11 v. 19; És. 53 v. 7), Pierre frappait de l'épée (v. 50; comp. Jean 18 v. 10). Enfin pendant que le Seigneur confessait la vérité devant les hommes, lui par trois fois mentait et Le reniait! Il s'était assis dans la cour en compagnie de ceux qui venaient d'arrêter son Maître et qui parlaient contre Lui (Ps. 69 v. 12 et Ps. 1 v. 1 fin). Comment dans une telle position aurait-il pu Lui rendre témoignage?

Un simple regard du Seigneur brise le cœur du pauvre disciple bien davantage que des reproches n'auraient pu le faire. Oh! Ce regard. Il pénètre sa conscience et y commence une œuvre de restauration. Ce reniement si douloureux pour le Seigneur s'ajoute à tous les outrages reçus (v. 63 à 65).

Les hommes méchants devant lesquels Il se tient sont obligés de reconnaître eux-mêmes que «le fils de l'homme» (v. 69) est en même temps «le Fils de Dieu» (v. 70). C'est pourquoi Jésus peut leur répondre: «vous dites vous-mêmes que je le suis». C'est pourquoi aussi, ils sont infiniment plus coupables en le condamnant après de telles paroles!

 

63               Luc 23 v. 1 à 12

 

L'unanimité s'est facilement faite contre Jésus. Les chefs du peuple se lèvent tous ensemble pour le conduire à Pilate qui seul a le pouvoir de condamner à mort. De quoi accusent-ils leur prisonnier? De pervertir la nation, c'est-à-dire de la détourner vers le mal, Lui qui n'avait travaillé qu'à ramener à Dieu le cœur de ce peuple. De défendre de donner le tribut à César, alors qu'Il avait dit au contraire: «Rendez donc les choses de César à César…» (ch. 20 v. 25). Mais ces mensonges n'ont pas sur Pilate l'effet que les Juifs en attendent. Dans sa perplexité le gouverneur cherche un moyen de se dérober. Il fait conduire Jésus à Hérode qui éprouve à son égard un mélange de crainte (ch. 9 v. 7), de haine (ch. 13 v. 31) et de curiosité (v. 8). mais ce dernier sentiment n'étant pas satisfait, toute la bassesse morale de cet homme haut placé se découvre: Il se plaît à humilier un prisonnier sans défense, dont on lui avait de plus rapporté les miracles d'amour! Puis, déçu, il le renvoie à Pilate.

En contemplant Celui dont on dispose ainsi, que l'on raille et que l'on méprise, nos cœurs se réjouissent en pensant au moment où Il paraîtra dans sa gloire et où chacun devra reconnaître qu'Il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (És. 53 v. 3; Phil. 2 v. 11).

 

64               Luc 23 v. 13 à 32

 

Plus embarrassé que jamais, Pilate assemble les sacrificateurs, les chefs et le peuple et affirme devant eux à trois reprises qu'il n'a rien trouvé en Jésus qui soit digne de mort. Mais son insistance à vouloir le libérer ne fait qu'augmenter celle du peuple à réclamer sa crucifixion. Une foule est facilement lâche et cruelle parce que, sous le couvert de l'anonymat, les plus bas instincts se donnent libre cours. Celle-ci l'est d'autant plus qu'elle est poussée par ses propres conducteurs. Finalement leurs cris ont le dessus, et, en échange de la libération du meurtrier Barabbas, ils obtiennent que Jésus soit livré à leur volonté. Car pour Pilate, homme sans scrupules, une vie humaine a moins de valeur que la faveur de la populace.

Parmi ceux qui accompagnent le condamné innocent, beaucoup sont pris de pitié et pleurent. Mais l'émotion n'est pas une preuve de l'œuvre de Dieu dans un cœur. Sans quoi ces femmes auraient pleuré sur elles-mêmes et sur leur ville criminelle comme Jésus l'avait fait au ch. 19 v. 41. Bien des personnes sont touchées sentimentalement par la vie admirable de Jésus, indignées de l'injustice dont il a été l'objet, sans penser qu'elles ont, par leurs péchés, une responsabilité personnelle à sa mort (És. 53 v. 6).

 

65               Luc 23 v. 33 à 49

 

Jésus est conduit à ce sinistre lieu du Crâne où Il est crucifié entre deux malfaiteurs. «Père, pardonne-leur…», telle est Sa réponse sublime à tout le mal que lui font les hommes (comp. ch. 6 v. 27). S'ils se repentent, leur crime — le plus grand de l'histoire de l'humanité — sera expié par Sa mort même.

À la croix où tous sont présents: des gouverneurs (v. 35) au misérable brigand (v. 39), l'entière méchanceté du cœur humain se découvre sans honte: regards cyniques, railleries, provocations, injures grossières… Mais voici qu'un entretien merveilleux s'engage entre le Sauveur crucifié et l'autre brigand convaincu de péché (v. 41). Éclairé par Dieu, il discerne dans l'homme méprisé et couronné d'épines qui va mourir à côté de lui, une victime sainte, un roi glorieux (v. 42). Et il reçoit une promesse sans prix (v. 43). Ainsi, sur la croix même, le Seigneur goûte déjà un premier fruit du terrible travail de son âme.

Après les trois dernières heures de ténèbres impénétrables, Jésus retrouve les relations interrompues pendant l'abandon qu'Il vient de traverser. Et, en pleine sérénité, Il remet Lui-même son esprit entre les mains de son Père. La mort du Juste est l'occasion d'un dernier témoignage que Dieu fait rendre par le centurion romain (v. 47).

 

66               Luc 23 v. 50 à 56 ; 24 v. 1 à 12

 

L'intervention de Joseph d'Arimathée, nous montre que la grâce avait atteint dans cet homme à la fois un de ces riches dont il est si souvent question dans Luc (voir ch. 18 v. 24; Matt. 27 v. 57) et un des principaux du peuple. Ce disciple a été spécialement préparé en vue du service qu'il remplit maintenant: celui d'ensevelir le corps du Seigneur (selon És. 53 v. 9). L'Esprit nous présente ensuite ces femmes dévouées dont il est répété qu'elles avaient accompagné Jésus depuis la Galilée (v. 49, 55). Elles se sont tenues au Calvaire. Puis, avec plus d'affection que d'intelligence, elles ont préparé des parfums pour oindre Son corps. Enfin, nous les voyons se rendre au sépulcre au matin du premier jour de la semaine, et y faire une merveilleuse rencontre. Deux anges sont là pour leur annoncer que leurs préparatifs n’ont plus de raison d’être: Celui qu'elles cherchent n'est plus dans le tombeau; Il est ressuscité.

L'expérience chrétienne de nombreux enfants de Dieu ne va pas plus loin que la croix. La question étonnée de la fin du v. 5 pourrait leur être adressée. Chers amis, réjouissons-nous! Jésus n'est pas seulement un Sauveur mort sur la croix pour nos péchés. Il est vivant pour l'éternité (Apoc. 1 v. 18). Et nous vivons avec Lui (Jean 14 v. 19).

 

67               Luc 24 v. 13 à 35

 

Deux disciples marchent tristement sur le chemin d'Émmaüs. Ayant perdu leur espérance terrestre d'un Messie pour Israël, ils s'en retournent maintenant à leurs champs et à leurs affaires (Marc 16 v. 12). Mais le mystérieux étranger qui se joint à eux va complètement changer le cours de leurs pensées. Il commence par s'étonner de leur manque d'intelligence et de leur incrédulité (v. 25). Ce sont deux choses qui vont souvent ensemble. Que de fois notre ignorance vient de ce que nous ne croyons pas (Héb. 11 v. 3)! Puis le Seigneur ouvre les écritures à ces deux compagnons de route, et leur y fait découvrir «les choses qui le regardent». Ne l'oublions jamais, la clé de l'Ancien Testament, et spécialement des prophéties, consiste à y chercher Jésus.

Remarquez comment le Seigneur se laisse retenir par ceux qui ont besoin de Lui: Il entre pour rester avec ces deux disciples. Puissions-nous faire aussi cette expérience ! En particulier lorsque nous sommes découragés et que nos circonstances ont tourné autrement que ce que nous espérions, apprenons dans Sa présence à les accepter telles qu'elles sont. «La consolation des écritures» dirigera alors nos pensées vers un Sauveur vivant et fera brûler notre cœur (lire Rom. 15 v. 4).

 

68               Luc 24 v. 36 à 52

 

Le Seigneur aurait pu monter au ciel au moment de sa résurrection. Mais Il désirait encore rencontrer ses chers disciples (Jean 16 v. 22); Il voulait leur donner la preuve que non seulement Il était vivant, mais qu'Il restait un homme pour toujours, le même Jésus qu'ils avaient connu, suivi et servi ici-bas. Chers enfants de Dieu, Celui que nous verrons au ciel n'est pas seulement «un esprit», ni non plus un étranger pour nos cœurs. C'est le Jésus des Évangiles, le Fils de l'homme, que Luc nous a présenté, le tendre Sauveur que nous aurons appris sur la terre à connaître et à aimer.

«Il faut», «il fallait», «ne fallait-il pas?» (v. 7, 26, 44, 46). Tout le conseil de Dieu devait s'accomplir dans les souffrances de Christ, mais aussi dans ses gloires.

Et c'est Béthanie que Jésus choisit pour y quitter les siens. En figure, Il les établit ainsi pour le temps de son absence sur un nouveau terrain, en «dehors» du système juif (v. 50) : celui de la vie nouvelle et de la communion (1 Jean 12 v. 1…).

La dernière parole du Seigneur est une promesse (v. 49), son dernier geste une bénédiction (v. 50). Il s'en est allé, mais le cœur des siens déborde désormais de joie et de louange. Objets du même amour, célébrons, nous aussi, notre Dieu, notre Père, et réjouissons-nous en un Sauveur parfait.