[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index ouvrages | Index auteurs | Index sujets | Centres d'intérêt ]
Livre du prophète Ézéchiel
Table des matières :
3 Ézéchiel 2 v. 1 à 10 ; 3 v. 1 à 11
14 Ézéchiel 14 v. 12 à 23 ; 15 v. 1 à 8
18 Ézéchiel 17 v. 22 à 24 ; 18 v. 1 à 9
23 Ézéchiel 21 v. 1 à 5 et 23 à 37
24 Ézéchiel 22 v. 1 à 7 et 23 à 31
27 Ézéchiel 26 v. 1 à 6 ; 27 v. 1 à 11
29 Ézéchiel 28 v. 20 à 26 ; 29 v. 1 à 7
44 Ézéchiel 41 v. 1 à 4 ; 15 à 26
51 Ézéchiel 45 v. 21 à 25 ; 46 v. 1 à 11
53 Ézéchiel 47 v. 13 à 23 ; 48 v. 1 à 7
Nous abordons maintenant ce livre d’Ézéchiel, quelquefois négligé en raison de sa difficulté. Demandons spécialement au Seigneur son secours pour y trouver de l’édification.
Ce prophète était un sacrificateur comme Jérémie son contemporain. Mais, tandis que ce dernier demeurait dans Jérusalem, Ézéchiel avait fait partie d’un premier convoi de captifs emmenés «dans le pays des Chaldéens» pendant le règne de Jehoïakin (v. 3). C’est là, près du fleuve Kebar, que la Parole de Dieu lui est adressée et qu’il est témoin d’une vision extraordinaire. Au milieu du feu et de l’airain brillant, image de la justice divine exerçant ses droits, le prophète aperçoit quatre animaux fantastiques, qui étaient des chérubins, gardiens et défenseurs de la sainteté de Dieu (ch. 10). Leurs attributs : faces, ailes, pieds et mains sont autant de symboles par lesquels Dieu veut faire comprendre quels sont Ses caractères en justice et en jugement : l’intelligence, la force, la patience et la rapidité, représentés respectivement par la face de l’homme, du lion, du boeuf et de l’aigle. Ces symboles se retrouvent avec beaucoup d’autres dans l’Apocalypse qui est aussi un livre de jugements (voir Apoc. 4 v. 6, 7).
L’ensemble de la vision du prophète se présentait comme un char terrifiant comportant plusieurs étages. Ses roues, particulièrement effrayantes, allaient et venaient sur la terre d’une manière qui pouvait paraître arbitraire. Mais leur mouvement dépendait des animaux et ceux-ci allaient «là où l’Esprit devait aller» (v. 20).
Ces roues sont un symbole du gouvernement de Dieu, ou de sa providence. Les événements du monde sont dirigés par son Esprit — qui souffle où Il veut (Jean 3 v. 8), — et non par le hasard, comme le prétendent beaucoup de personnes parce qu’elles se refusent à regarder en haut. Elles voient bien «les roues» mais pas Celui qui les anime. Le prophète, lui, conduit par l’Esprit, lève les yeux et va contempler la partie la plus merveilleuse de la vision (v. 26…). Au-dessus des roues, des chérubins et de l’étendue, il découvre «la ressemblance d’un trône», et encore «une ressemblance comme l’aspect d’un homme, dessus, en haut» (v. 26). Ainsi, nous l’apprenons avec le prophète, le monde est gouverné selon la volonté et le propos d’un homme dans la gloire : Christ lui-même, tout rayonnant de splendeur divine. Devant cette vision extraordinaire, Ézéchiel tombe aussitôt sur sa face (comp. Apoc. 1 v. 12 à 17).
Comme pour Ésaïe dans son ch. 6, la grande vision d’Ézéchiel va être le point de départ de son appel et de sa mission. L’Esprit de Dieu le saisit, lui permet de se tenir debout, et ouvre son intelligence à la Parole divine dont il doit commencer par se nourrir avant de pouvoir la communiquer (comp. Apoc. 10 v. 8 à 11). Il en sentira ainsi l’effet sur sa propre âme, car il est impossible d’appliquer efficacement la Parole à d’autres sans en avoir soi-même éprouvé la douceur… ou le tranchant (ch. 3 v. 1 à 3 ; Jér. 15 v. 16). D’une manière générale, se nourrir dès sa jeunesse des Saintes Écritures est le secret de tout service utile au Seigneur.
Israël refusera de t’écouter, dit l’Éternel à son messager, mais en fait c’est moi qu’ils refusent d’entendre (ch. 3 v. 7). Ce ne sont pas ses propres paroles, mais celles du Seigneur, qui doivent être dans la bouche du chrétien. Un tel message ne laissera aucune place à des discussions inutiles. Et c’est dans le coeur qu’il doit être reçu (ch. 3 v. 10).
Le front de la maison d’Israël était dur, mais l’Éternel donnait à son serviuteur une énergie d’autant plus grande (comp. ch. 3 v. 8 et 9 avec És. 50 v. 7 et Luc 9 v. 51). Son nom était d’ailleurs une promesse : Ézéchiel signifie : Dieu fortifiera.
Ézéchiel est emmené par l’Esprit de Dieu à Thel-Abib, au milieu des captifs de son peuple. Il apprend de la bouche de l’Éternel son affectation au poste de sentinelle, avec les consignes qui s’y rattachent. Ces fonctions exigeront à la fois une vigilance continuelle et une rigoureuse fidélité dans la transmission des avertissements divins. Une sentinelle doit être capable de dire à tous à quoi en est la nuit morale de ce monde (És. 21:11).
Mais nous constatons qu’il n’est plus question de provoquer le réveil de la nation dans son ensemble. C’est le méchant qui doit être averti ; la responsabilité d’écouter est individuelle. Quant à la responsabilité du serviteur, elle consiste à présenter la Parole à tous, «soit qu’ils écoutent soit qu’ils n’en fassent rien» (ch. 2 v. 5, 7 ; 3 v. 11, 27). Dieu ne juge pas ceux qu’Il emploie en fonction des résultats qu’ils obtiennent, ainsi que le font les hommes, mais selon leur fidélité (1 Cor. 4 v. 2). Nous ne devons donc pas nous décourager si certains «ne font rien» de la Parole de vie que nous avons pu leur présenter. Chers amis, il est en effet bien sérieux d’y penser : chaque croyant aussi est établi sentinelle et a le devoir de rendre ici-bas témoignage à son Seigneur. Comment nous en acquittons-nous ?
À partir du ch. 4, l’Éternel fait entrer Ézéchiel au moyen de divers signes dans les douloureuses circonstances que va traverser son peuple. Un serviteur de Dieu qui a passé lui-même par l’école de l’humiliation et de la souffrance est en mesure ensuite de comprendre beaucoup mieux ceux qui les traversent aussi et de les exhorter avec plus d’autorité. Il connaît leur situation par sa propre expérience et peut donc utilement les mettre en garde. En se couchant sur le côté, en cuisant son pain avec de l’ordure, Ézéchiel portait en figure les conséquences de l’iniquité de son peuple (ch. 4 v. 4). Maintenant Dieu lui prescrit de raser ses cheveux et sa barbe, acte déshonorant pour un sacrificateur et défendu par la loi (Lév. 21 v. 5). Les v. 11 et 12 nous en expliquent la portée symbolique. Israël, ornement de l’Éternel, est mis de côté, et divers jugements vont s’abattre sur lui, choisis par Celui qui pèse (v. 1) la culpabilité de chacun. Certains seront la proie de la peste et de la famine pendant le siège de la ville, d’autres tomberont par l’épée, d’autres enfin seront dispersés et persécutés. Moïse avait déjà annoncé ces châtiments (Lév. 26 v. 14… Deut. 28 v. 15…) et l’histoire d’Israël depuis lors a confirmé que Dieu ne peut qu’accomplir sa Parole (ch. 12 v. 28).
Remarquons le nom que l’Éternel donne à son serviteur : «fils d’homme» (ou fils de l’homme : un des titres du Seigneur Jésus dont Ézéchiel est un type). Ce nom suggère un élu d’entre les hommes, un représentant qualifié pour parler au nom de la race humaine défaillante (voir Eccl. 7 v. 28).
Après avoir au ch. 6 annoncé la dévastation, l’Éternel déclare solennellement au ch. 7 que le jour fatal est arrivé, le jour de sa fureur. Sa grande patience envers le peuple coupable avait duré bien des siècles. Elle prend fin après d’innombrables avertissements. Et nous pensons à cette patience de Dieu qui s’exerce encore aujourd’hui envers un monde qui a crucifié son Fils. Mais elle aussi cessera en un «jour de la colère» incomparablement plus terrible (Rom. 2 v. 5). Ce chapitre ne nous en donne qu’une faible image. Les hommes y sont frappés d’épouvante (v. 17, 18). L’argent et l’or, tout-puissants jusqu’alors, ont cessé d’avoir cours. On les jette comme une impureté dans les rues, s’apercevant enfin qu’ils ne peuvent rassasier les âmes. Et surtout ils ne pourront délivrer personne dans ce jour, car Dieu n’accepte pour le rachat de l’homme perdu que le sang précieux de Christ (v. 19 ; comp. Prov. 11 v. 4 et 1 Pier. 1 v. 18, 19).
Dans une nouvelle vision, Ézéchiel est transporté à Jérusalem où Dieu lui révèle les choses horribles qui s’accomplissaient en secret dans son sanctuaire. «L’idole de jalousie», premier objet qu’il aperçoit, rappelle celle que Manassé avait déjà placée dans le temple (2 Rois 21 v. 7 et 23 v. 6 ; comp. Matt. 24 v. 15). Puis, perçant le mur, il surprend, non pas le rebut du peuple, mais ses anciens occupés dans les ténèbres à vénérer toutes sortes de «bêtes exécrables». On a pu les comparer celles-ci aux fruits impurs de notre imagination, cultivés dans les recoins les plus obscurs de nos pauvres coeurs, qui peuvent être ainsi de vrais «cabinets d’images». Au milieu de ces idolâtres, officiait un certain Jaazania… fils du fidèle Shaphan! (voir 2 Chron. 34 v. 8, 15…).
L’Éternel montre encore à Ézéchiel des femmes en train de pleurer Thammuz, une répugnante idole, et enfin vingt-cinq hommes, représentant les vingt-quatre classes de la sacrificature avec le souverain sacrificateur lui-même, prosternés devant le soleil (comp. Deut. 4 v. 19 et 32 v. 16) !
Remarquons que c’est Dieu qui découvre le mal aux regards des siens. Lui seul, éclairant notre conscience, peut nous en donner le juste sentiment en nous montrant combien ce mal porte atteinte à Sa propre gloire.
Ézéchiel a pu constater de ses yeux de quelle ignoble manière la gloire de l’Éternel avait été foulée aux pieds. Aussi peut-il à présent comprendre combien le châtiment est justifié ! Et ce dernier est à la porte (v. 2). Mais Dieu est loin de faire périr le juste avec le méchant (Gen. 18 v. 25). Au milieu des six hommes armés d’instruments de destruction, il s’en trouve un septième qui, lui, tient dans sa main un instrument de grâce : l’encrier d’écrivain qui, sur l’ordre de l’Éternel, va lui servir à marquer le front de tous ceux que le péché fait soupirer et gémir (comp. Apoc. 9 v. 4. Le T, dernière lettre de l’alphabet hébreu, servait de marque et de signature : Job 31 v. 35). L’homme vêtu de lin fait penser au Seigneur Jésus. Dans la grande chrétienté envahie par le mal et sur le point d’être jugée, Il a mis son sceau, le Saint Esprit, sur tous ceux qui Lui appartiennent : signe divin auquel Dieu reconnaît ses enfants. Tous les fidèles ayant reçu la marque protectrice, l’ordre de destruction peut être donné aux vengeurs. Et le jugement doit frapper d’abord l’élément le plus responsable : le sanctuaire souillé qu’Ézéchiel avait visité (v. 6 ; comp. 1 Pier. 4 v. 17).
C’est une page solennelle de l’histoire d’Israël! Jadis l’Éternel s’était choisi une demeure au milieu de son peuple (Deut. 12 v. 5). Il était venu l’occuper en grâce pour le bonheur des siens, mais ceux-ci étaient responsables d’y maintenir la sainteté qui sied à Sa maison (Ps. 93 v. 5). Or dans ce saint temple, comme une suprême provocation, les pires abominations païennes s’étaient donné rendez-vous. Oui, Israël avait fait tout ce qu’il fallait pour chasser l’Éternel de son sanctuaire (ch. 8 v. 6). Aussi maintenant Dieu s’en va ! Mais voyez avec quelle touchante lenteur, par étapes, pour nous faire sentir toute la tristesse qu’Il a de ce départ et comme pour dire à Israël : Ne me retiendras-tu pas ?
La gloire se tient d’abord sur le seuil du sanctuaire (v. 4 et ch. 9 v. 3). Elle s’élève ensuite, et s’arrête encore à la porte orientale de la maison de l’Éternel, comme si elle ne pouvait se résoudre à s’en aller (v. 19).
Chrétiens, n’oublions pas que nous sommes le temple de Dieu et que Son Esprit habite en nous (1 Cor. 3 v. 16, 17). Si ce temple (notre coeur) vient à être rempli d’idoles, l’Esprit attristé n’agira plus, la communion avec Dieu s’interrompra. Il est «un Dieu jaloux», qui ne saurait supporter aucun partage dans nos affections (2 Cor. 6 v. 15).
Après l’iniquité religieuse du peuple de Jérusalem révélée au ch. 8, les v. 1 à 12 dénoncent le péché de ses chefs politiques. L’Éternel s’apprête à confondre leurs conseils et leur prudence, et Il en donne la preuve en frappant un de ces hommes pendant qu’Ézéchiel s’adresse à eux.
«Veux-tu détruire entièrement ?» s’écrie le prophète angoissé. Non, car sans même attendre la dispersion complète du peuple, l’Éternel parle déjà de sa restauration et de son rassemblement ; Il lui donnera «un seul coeur… un esprit nouveau… un coeur de chair» (v. 19). Et avant de retirer tout à fait Sa gloire de ce sanctuaire souillé qui doit être détruit, Il leur promet d’être Lui-même «comme un petit sanctuaire» pour chacun de ceux qui Lui gardent leur foi. Merveilleuse grâce de Dieu ! La ressource de 1 Rois 8 v. 48 va manquer, mais si loin qu’ils soient de Jérusalem, par leur faute, ils pourront néanmoins Le trouver et L’adorer. Quelle consolation cette pensée, et cette expérience, ont apportés depuis à d’innombrables croyants isolés ! La vision d’Ézéchiel à Jérusalem s’achève alors sur le départ de la gloire, du lieu même où les disciples contempleront l’ascension du Seigneur Jésus (v. 23 ; Act. 1 v. 12). Puis l’esprit du prophète est ramené en Chaldée.
De même que Jérémie portait un joug sur ses épaules (Jér. 28 v. 10) Ézéchiel est invité ici à se charger d’un bagage de transporté qui a la même signification. Ces prophètes étaient ainsi eux-mêmes des «signes» de ce que l’Éternel allait accomplir (v. 11). Enfants de Dieu, tout dans notre comportement devrait montrer notre obéissance à Dieu, notre caractère d’étrangers ici-bas, ainsi que notre prochain départ… non pas pour la captivité, mais au contraire pour notre patrie éternelle. Ézéchiel ne manque pas d’être questionné au sujet de son attitude insolite (v. 9), — comme nous le serions certainement souvent si nous étions plus fidèles. En craignant de nous singulariser, de nous faire remarquer par une ferme séparation du monde, nous perdons maintes occasions de rendre témoignage de l’espérance qui est en nous (1 Pier. 3 v. 15).
L’étrange prophétie du v. 13 s’est réalisée à la lettre. Sédécias aveugle n’a pu voir le pays de sa captivité (comp. Jér. 39 v. 7).
Les v. 26 à 28 nous font connaître les raisonnements de ceux de la maison d’Israël. N’osant pas nier la prophétie qui les condamne, ils en repoussent l’accomplissement à des temps éloignés.
Aujourd’hui aussi, de «méchants esclaves» semblent dire au Seigneur : Reviens le plus tard possible !
La durée d’un édifice ne dépend pas tant de la qualité de ses pierres ou de ses briques que du mortier employé pour les joindre. Beaucoup d’ouvrages de maçonnerie construits par les Romains ont subsisté jusqu’à nos jours à cause de l’extraordinaire solidité de leur ciment, alors que tant de monuments bâtis beaucoup plus tard n’ont pas résisté aux agents destructeurs. Pour dissimuler les lézardes grandissantes de l’unité d’Israël, ses faux prophètes avaient employés le mauvais mortier d’une «paix» qui n’en était pas une (v. 10). Leurs discours rassurants ne pourraient empêcher la «muraille» de tomber au jour de la tempête (comparez Matt. 7 v. 26, 27).
N’oublions pas que tout croyant est un ouvrier du Seigneur ! Le seul fondement : Jésus Christ, ayant été posé, chacun doit considérer comment, avec quels matériaux, il édifie dessus (1 Cor. 3 v. 10 à 15).
Les v. 17 à 21 nous montrent que les âmes mal affermies peuvent être littéralement prises au piège par des futilités, en particulier celles de la mode et du confort (2 Pier. 2 v. 14). Veillons sur nos âmes.
Une dernière condamnation est prononcée au v. 22 sur ceux qui ont «chagriné par la fausseté le coeur du juste». Combien Christ a souffert ici-bas de cette même hypocrisie !
Quelques-uns des anciens d’Israël rendent visite à Ézéchiel avec une intention qui paraît bonne : celle de consulter l’Éternel. Mais le prophète est averti par son Dieu de ne pas se laisser tromper par les apparences. Le coeur de ces hommes était rempli d’idoles qui constituaient un véritable mur de séparation entre Lui et eux : «Ils se sont tous séparés de moi par leurs idoles» (v. 5 ; comp. Luc 16 v. 15).
Retenons cette importante leçon : Pour connaître et comprendre la pensée du Seigneur, la condition primordiale n’est pas notre degré d’intelligence, notre expérience chrétienne ou notre connaissance de la Bible, c’est l’état de notre coeur. Est-il droit devant Dieu ? Ou cache-t-il des choses inavouables, des idoles bien enracinées ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle quelquefois Dieu ne répond pas à nos prières. Gravons bien dans notre mémoire cette parole du Seigneur : «Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire» (comp. v. 5) ; avec sa contrepartie précieuse: «Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait» (Jean 15 v. 5 et 7).
L’Éternel fait connaître à son serviteur les «jugements désastreux» qu’Il a en réserve : épée, famine, bêtes féroces et peste (v. 21). Et Il déclare que même la présence de trois hommes de Dieu aussi remarquables que Noé, Daniel et Job ne suffirait pas à délivrer le pays coupable. L’Éternel associe les noms de ces trois témoins exceptionnels ayant vécu à des époques très différentes (Daniel vivait encore à Babylone) pour rappeler que la crainte de Dieu et la justice peuvent être pratiquées dans tous les temps, fussent-ils aussi sombres que ceux qui précédèrent le déluge, et qu’Il y répondrait par une délivrance individuelle (comp. Prov. 11 v. 8). Ainsi personne n’est en droit d’excuser sa conduite en invoquant le milieu dans lequel il vit et les influences qu’il subit.
Au ch. 15 est reprise l’image de la vigne Israël (voir aussi ch. 17 v. 6 ; 19 v. 10). N’ayant pas porté de fruit, est-ce qu’au moins son bois peut être utilisé (v. 3) ? En aucune manière ! Il est sans valeur, tout juste bon à être brûlé. Terrible sort des sarments stériles de la vigne d’Israël… et de ceux que le Père sera obligé d’ôter du vrai cep (Jean 15 v. 1, 2) !
Ce chapitre saisissant décrit l’odieuse conduite de Jérusalem envers l’Éternel à qui elle devait tout. L’origine impure, l’entier dénuement de la petite fille méprisée et abandonnée dans les champs à sa naissance, font ressortir toute la compassion de Celui qui, l’ayant trouvée dans cet état misérable, a voulu la faire vivre, qui l’a ensuite honorée de son alliance, n’épargnant rien pour la rendre heureuse. Et à leur tour, ces soins divins font ressortir l’ingratitude abominable de celle qui s’est livrée à la pire idolâtrie, et a fait servir à ses infâmes passions les dons précieux de son Bienfaiteur.
Cette histoire navrante est en fait celle de tout homme. Dieu a trouvé sa créature dans le plus affreux état d’impuissance et de dégradation morale (comp. Luc 10 v. 30 à 35). Il a tout fait pour l’en arracher et lui donner la vie nouvelle. Comment l’homme a-t-il répondu à tant de grâce ?
Chers amis, il est bien sérieux d’y penser : cette conduite inqualifiable est aussi la nôtre chaque fois que nous détournons pour nos convoitises ce qui appartient au Seigneur et doit servir à sa gloire : que ce soient nos biens ou notre corps (1 Cor. 6 v. 19, 20).
La relation de Jérusalem avec l’Éternel aggravait terriblement ses péchés. À cet égard, Sodome était moins coupable qu’elle, et même Samarie qui était pourtant de la part des Juifs l’objet du mépris le plus profond (v. 52 ; Jean 4 v. 9). Nous savons d’ailleurs que Satan fait parfois tomber ceux qui sont en relation avec Dieu plus bas que les autres hommes, car à travers eux, c’est la gloire du Seigneur qu’il cherche à ternir. L’état de péché décrit au v. 49 doit nous faire réfléchir : «orgueil, abondance de pain et insouciant repos»… avec pour conséquence inévitable l’égoïsme. C’est d’un tel point de départ que Sodome en est venue aux affreux péchés qui ont amené sa «totale subversion» (2 Pier. 2 v. 6). Eh bien ! Contrairement à toute attente, les v. 60 à 63 nous apprennent que tel n’est pas le sort final qui attend l’ingrate Jérusalem. Son infidélité n’a pu changer la fidélité de son Époux divin. La cité coupable sera une fois encore l’objet d’une miséricorde plus grande même que celle du commencement. Oui, nous restons confondus devant les derniers mots de ce chapitre rempli de tant de crimes et d’abominations : «Quand je te pardonnerai tout ce que tu as fait, dit le Seigneur, l’Éternel» (v. 63 ; Rom. 11 v. 33).
La parabole des deux grands aigles et de la vigne, expliquée dans les v. 11 à 21, retrace sous une forme imagée les événements qui se déroulaient alors. Le roi de Babylone, premier grand aigle, déporte Jehoïakin, faible rejeton du cèdre royal, et prend en tutelle la vigne de Juda. Il met à sa tête Sédécias en lui faisant prêter serment au nom de l’Éternel. Mais le roi de Juda n’hésite pas à trahir ce serment. Aussi le roi de Babylone, instrument dans la main de l’Éternel, châtie le prince félon et l’emmène en captivité.
Le crime de Sédécias avait ceci de particulièrement grave qu’il déshonorait le nom de l’Éternel devant les nations. Il montrait en quelle petite estime ce nom était tenu par ceux sur lesquels il avait été placé (Ex. 23 v. 21). Rachetés du Seigneur Jésus, nous sommes responsables devant le monde d’honorer «le beau nom qui a été invoqué sur nous» (Jac. 2 v. 7). Ceux qui nous entourent nous observent de beaucoup plus près que nous ne pensons ; ils souligneront sans pitié nos inconséquences parce qu’ils s’en servent pour s’excuser eux-mêmes. Et comment pourrons-nous les conduire ensuite à un Sauveur pour lequel nous avons montré si peu d’attachement ?
L’énigme du ch. 17 s’achève d’une manière divine. L’Éternel y parle du rejeton que Lui-même — et non plus le grand aigle cette fois — prendra du même cèdre royal de David et qu’Il établira sur une montagne haute et éminente comme un arbre puissant et plein de fruits. Nous comprenons qu’il s’agit du Seigneur Jésus et de son règne futur (comp. És. 11 v. 1 et Ps. 2 v. 6).
Au ch. 18, l’Éternel conteste avec les hommes d’Israël. Ceux-ci, plutôt que de s’humilier en voyant les châtiments s’accomplir, cherchent à se justifier par un proverbe insolent de leur invention (v. 2) : «Les pères mangent du raisin vert, et les dents des fils en sont agacées» ; autrement dit : notre génération paie pour les précédentes ; nos parents ont péché et c’est nous qui en supportons les conséquences (voir Jér. 31 v. 29, 30). Cela revient à accuser Dieu d’injustice ! Mais ce chapitre détruit leur raisonnement pervers ; ils moissonnent ce qu’eux-mêmes ont semé (Gal. 6 v. 7).
Ne reconnaissons-nous pas chez ces hommes une triste disposition de notre coeur : celle de rejeter sur d’autres la responsabilité de nos fautes ? Ce qui trahit notre aveuglement et notre orgueil, et nous fait aussi manquer les salutaires leçons du Seigneur (voir Gen. 3 v. 12 et Rom. 2 v. 1).
Tout ce chapitre souligne le principe de la responsabilité individuelle de chaque âme (autrement dit de chaque personne) devant Dieu. Et nous répétons encore une fois : vous n’êtes pas sauvés par la piété de vos parents ou de vos grands-parents, ni parce que vous fréquentez une réunion d’enfants de Dieu. «L’âme qui a péché, celle-là mourra» (v. 20). «Car le salaire du péché, c’est la mort (bien qu’il ne soit question en Ézéchiel que de la mort du corps) ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur» (Rom. 6 v. 23).
Dieu a été accusé d’injustice par ce peuple aveugle et coupable (comme par tant d’incrédules aujourd’hui), ayant été jusqu’à dire : «La voie du Seigneur n’est pas réglée» (v. 25, 29 ; 33 v. 17, 20). «Est-ce que je prends plaisir à la mort du méchant ?» est obligé de demander l’Éternel. Quelle question ! Dans son amour immense, «notre Dieu sauveur… veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité» (1 Tim. 2 v. 4 ; 2 Pier. 3 v. 9). Aussi les derniers mots de ce chapitre sont-ils encore un appel de sa grâce adressés à son peuple… et peut-être à vous : «Revenez donc et vivez» !
Comme la parabole des deux grands aigles du ch. 17, celle de la lionne et de ses lionceaux met en scène les derniers rois de Juda et leur histoire tragique telle qu’elle nous est racontée à la fin des Rois et des Chroniques. Fils du fidèle Josias, Joakhaz et Jehoïakim confirmaient tout à fait ce que l’Éternel avait déclaré au chapitre précédent. C’était pour leurs propres péchés que ces méchants princes subissaient le châtiment, et la justice de leur père n’avait pas pouvoir de les délivrer (voir ch. 18, v. 5… et v. 10 à 13).
De nouveau il est question de la captivité du dernier roi de Juda et de la destruction par le feu de la vigne d’Israël. Certains se demandent peut-être pourquoi ces événements occupent une telle place dans le Livre divin, alors qu’ils n’en tiennent pratiquement aucune dans les manuels d’histoire. Mais aux yeux de Dieu, il s’agit bien d’un des grands tournants de l’histoire de l’humanité. Le siège de Son gouvernement quittait Israël pour de longs siècles. Jérusalem cessait d’être le lieu où l’Éternel avait mis son habitation sur la terre. Le temps des nations commençait ; il dure encore maintenant et ne prendra fin qu’avec le règne de Christ et la restauration d’Israël.
Les anciens, auxquels leur première visite semble n’avoir rien appris (ch. 14), reviennent trouver Ézéchiel. Dieu leur fait dresser par son serviteur — et pas en langage symbolique cette fois — la liste des abominations d’Israël, liste aussi ancienne que l’histoire de ce peuple. Dès l’Égypte, il s’est rebellé ; il a refusé de rejeter ses idoles et n’a pas voulu écouter Celui qui se révélait (v. 8). Alors, pour se faire entendre, l’Éternel a amené son peuple dans le désert. Rien n’est plus impressionnant que le silence du désert. Aussi est-ce un endroit particulièrement favorable pour écouter Dieu ; on n’y est pas distrait par les bruits extérieurs. Israël y reçut en Sinaï les statuts et les ordonnances de l’Éternel (v. 10, 11). Plus tard Jean y prêcha la repentance et la venue du Messie (Jean 1 v. 23). Enfin c’est là que le peuple sera mené encore une fois avant l’avènement du Seigneur pour que Dieu lui parle au coeur (Os. 2 v. 14). Moïse, Paul et tant d’autres serviteurs, y furent longuement préparés à leur ministère (Ex. 3 ; Gal. 1 v. 17, 18).
Ne refusons donc pas, chers amis, cette mise à l’écart nécessaire, quelle que soit la forme (solitude forcée, longue maladie, etc.) sous laquelle le Seigneur juge bon quelquefois de nous la dispenser.
Dieu conduit les siens au désert non seulement pour leur parler, mais aussi quand Il veut les discipliner. Et nous comprenons pourquoi. De même que des parents n’ont pas à corriger leurs enfants devant des étrangers, mais ils les prennent à part ; de même cette discipline est une affaire entre Dieu et ses rachetés dans laquelle le monde n’a pas à entrer. Hélas ! Nous redoutons souvent de rester seuls avec le Seigneur à cause du mauvais état de notre conscience et nous cherchons à Lui échapper dans le tourbillon de la vie quotidienne. Il est cependant indispensable que les croyants soient «épurés». Dieu ne peut supporter chez eux ni compromis ni mélange. Quant à ceux qui refusent de l’écouter, soit ! Qu’ils servent leurs idoles (v. 39 ; comp. Os. 4 v. 17 et Apoc. 22 v. 11), mais qu’ils ne fassent pas semblant de Le servir aussi !
Nous savons que toute la génération des hommes de guerre d’Israël est tombée dans le désert, et que seuls les petits enfants sont entrés en Canaan (Deut. 2 v. 14). À nouveau, quand le moment viendra de ramener les dix tribus actuellement dispersées dans «le désert des peuples», Dieu frappera les rebelles qui n’entreront pas dans son pays. Après seulement, Il pourra accepter les offrandes de son peuple et trouver son plaisir en lui (v. 40, 41 ; Mal. 3 v. 4).
«Celui-ci ne parle-t-il pas en paraboles ?» disait-on d’Ézéchiel avec un certain mépris. Son langage paraissait difficile au peuple uniquement parce qu’il ne voulait pas comprendre. C’est ainsi que les incrédules évoquent volontiers les difficultés de la Parole et s’en servent comme d’un prétexte pour éviter de s’y soumettre.
Dans ce terrible chapitre, l’épée, premier des quatre jugements désastreux (voir ch. 14 v. 21) sort de son fourreau pour le châtiment. Pour la manier, l’Éternel se servira du roi de Babylone que nous voyons au carrefour, occupé à consulter ses dieux (v. 26).
Commencera-t-il son attaque par Jérusalem ou par Rabba des fils d’Ammon ? Aux yeux du peuple de Juda cette divination est fausse et sans valeur (v. 28). Et certes elle l’était ! Mais l’Éternel, au-dessus de ces choses, a décidé la ruine de Jérusalem (v. 32) et la fin de la royauté. La couronne sera ôtée au «profane, méchant prince d’Israël» (le profane est celui qui foule aux pieds les bénédictions de Dieu : comp. ch. 22 v. 26, et en Héb. 12 v. 16 l’exemple d’Ésaü).
Il n’y aura plus dorénavant de descendant de David sur le trône jusqu’à la venue de Christ «à qui appartient le juste jugement».
Jérusalem est appelée ici «la ville de sang». Toutes les classes étaient coupables. Les princes, comme des loups, avaient versé le sang, transgressé la loi de toutes manières, détruit les âmes (v. 6 et 27). Les sacrificateurs faisaient violence à la loi (v. 26) ; les prophètes menteurs avaient pillé les choses précieuses, dévoré les âmes (v. 25, 28) ; le peuple enfin commettait la rapine et foulait l’affligé et le pauvre (v. 29). En vain l’Éternel avait cherché quelqu’un «qui fermât l’enceinte», et qui, comme Moïse, «se tînt à la brèche» devant Lui pour le pays (v. 30 ; Ps. 106 v. 23) !
Cette double fonction correspond aux consignes du chrétien : Veiller et prier. Veiller pour empêcher la pénétration du mal et du monde dans l’assemblée et dans notre coeur. Intercéder pour le témoignage du Seigneur.
L’importance que Dieu attache à la séparation des siens est encore soulignée par le ch. 23. Sous la figure des crimes d’Ohola (Samarie ou les dix tribus) et d’Oholiba (Jérusalem et Juda), Dieu nous parle des coupables alliances d’Israël avec les pays voisins : Égypte, Assyrie, Babylone et de son châtiment par leur moyen. Lorsqu’un chrétien a noué des liens avec le monde, c’est souvent de la main de ce dernier qu’il reçoit son châtiment.
Ici commence une nouvelle division de la prophétie. Elle est datée d’un jour solennel qui marque le début du siège final de Jérusalem (comp. 2 Rois 25 v. 1). L’Éternel reprend la comparaison de la marmite (ch. 11 v. 3) et annonce que non seulement son contenu (les habitants de la ville) sera consumé, mais la marmite aussi (Jérusalem, avec sa rouille invétérée) se fondra dans le feu qui s’allume.
Nous savons dans quel état la ville sortira de cet affreux siège (2 Chron. 36 v. 19). Mais ce même jour apporte aussi à Ézéchiel personnellement le deuil et la souffrance : sa femme lui est enlevée subitement. Par ses propres circonstances, le prophète enseigne ainsi aux fils de son peuple quelles douleurs vont s’abattre sur eux quand l’Éternel leur ôtera ce qu’ils ont de plus cher : leur capitale et leur sanctuaire.
Il se vérifie qu’un serviteur de Dieu n’échappe pas au partage des épreuves de ceux au milieu desquels il vit. Que de peines ont été la part de cet homme de Dieu ! Pour être «un signe» à son peuple (v. 27) nous le voyons se soumettre à tout ce que l’Éternel lui demande (comp. Ps. 131 v. 2).
Sans que le Seigneur nous appelle nécessairement à de grands sacrifices, qu’Il trouve en nous des instruments dociles, des disciples obéissants !
Comme dans d’autres prophètes, l’annonce des jugements sur Israël est maintenant suivie de prophéties contre les nations (voir És. 13 à 23 ; Jér. 46 à 51). Déjà le ch. 21 nous a montré le roi de Babylone hésitant à attaquer Rabba des fils d’Ammon avant Jérusalem, et à cette occasion les v. 33 à 37 du même chapitre annonçaient le châtiment de ces descendants de Lot, perpétuels ennemis d’Israël. Épargné momentanément, Ammon, au lieu d’en tirer instruction, s’était lâchement réjoui des coups qui avaient frappé le sanctuaire, la terre méprisée d’Israël et la royauté de Juda (v. 3, 6). Il s’était moqué d’Israël dans son malheur (Prov. 17 v. 5). Or l’Éternel «se moque des moqueurs», déclare aussi Prov. 3 v. 34 cité dans le Nouveau Testament : «Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne la grâce aux humbles» (Jac. 4 v. 6 ; 1 Pier. 5 v. 5). C’est bien l’orgueil qui caractérise <bv>Ammon et son frère Moab (Soph. 2 v. 8 ; És. 16 v. 6). L’Éternel va les humilier et donner leur pays en possession à des nomades pillards (v. 4 et 10).
Édom et la Philistie sont également très coupables. L’un et l’autre ont profité de la ruine d’Israël pour se venger «cruellement» de leurs anciens griefs (v. 12 et 15). À leur tour ils auront affaire à la vengeance de l’Éternel.
Les ch. 26 à 28 sont consacrés à Tyr, l’opulente cité phénicienne, maîtresse des mers, principal centre marchand de l’antiquité. De même qu’un commerçant peut se féliciter de la disparition d’un concurrent voisin, Tyr s’est réjouie des malheurs de Jérusalem. Eh bien ! Cette joie malsaine deviendra précisément le motif de sa propre ruine.
Le ch. 27 énumère ses clients et ses fournisseurs et dresse la liste immense des produits de son négoce. Or Tyr est une image du monde et de ses richesses. Les hommes ont toujours pensé qu’un accroissement du niveau de vie des peuples était le moyen de délivrer l’humanité de ses peines et de ses misères. Et ils n’ont cessé de travailler à cette prospérité matérielle, tous leurs efforts tendant à embellir le monde, à y rendre la vie plus agréable. Mais loin de conduire les âmes à Dieu, cette course au progrès n’a fait que développer le contentement de soi (ch. 27 fin du v. 3), la prétention laodicéenne d’être riche et de n’avoir besoin de rien.
Parmi les marchandises précieuses de Tyr, on chercherait en vain «l’or passé au feu» de la justice divine, «les vêtements blancs» de la marche pratique et «le collyre» pour les yeux de la foi, qui est le Saint Esprit. Car on ne peut les «acheter» que du Seigneur Jésus (Apoc. 3 v. 17, 18).
Le brillant prince de Tyr, qui s’est exalté comme un dieu, est l’objet d’une prophétie personnelle. Son châtiment nous rappelle celui qui frappa Hérode parce qu’il avait accepté les flatteries des Tyriens et des Sidoniens : «Voix d’un dieu et non pas d’un homme» (Act. 12 v. 20 à 23). Mais sous cette figure du roi de Tyr, Dieu veut nous parler d’un être mystérieux et redoutable, Satan lui-même. Prince de ce monde dont Tyr est l’image, il en fait servir les richesses à la satisfaction des convoitises des hommes afin de les tenir en esclavage. Et nous apprenons par les v. 12 à 15 que Satan n’a pas toujours été le Méchant, l’ennemi de Dieu et des croyants. Chérubin resplendissant, «plein de sagesse et parfait en beauté», il fut parfait aussi dans ses voies jusqu’au jour où l’iniquité a été trouvée en lui (v. 15). Son coeur s’est élevé jusqu’à vouloir quitter sa position de créature, et devenir comme Dieu (v. 2 ; És. 14 v. 13). L’orgueil est appelé «la faute du diable» (1 Tim. 3 v. 6) et c’est par cette même tentation : «vous serez comme Dieu», qu’il a entraîné l’homme avec lui dans sa chute. Mais Satan a été vaincu par Christ à la croix et la Bible nous révèle le sort terrible qui lui est réservé (Apoc. 20 v. 10).
Après Tyr, c’est sa voisine et alliée Sidon qui est l’objet d’une courte prophétie. Elle faisait partie de ceux qui méprisaient la maison d’Israël (v. 24, 26) et elle apprendrait à connaître l’Éternel par ses jugements.
Quatre chapitres (29 à 32) sont maintenant consacrés presque entièrement à l’Égypte. Rivale de l’Assyrie, puis de Babylone, cette nation a joué un rôle considérable dans l’histoire d’Israël. Elle aussi aspirait à la domination universelle. Mais Dieu donnait celle-ci à Nebucadnetsar, et l’Égypte allait devenir à son tour une des provinces du grand empire babylonien. On peut se demander pourquoi l’Éternel avait choisi l’une de ces nations païennes plutôt que l’autre pour la domination du monde. Eh bien ! Une des raisons entre autres pour lesquelles l’Égypte devait être abaissée était la fausse confiance qu’Israël avait placée en elle (ch. 29 v. 6 et 16). Il ne fallait pas que Juda et ses rois paraissent avoir eu raison en comptant sur l’Égypte.
Celle-ci était un roseau cassé, blessant la main de ceux qui s’appuyaient sur elle (v. 6, 7 ; És. 36 v. 6). Bien des fois dans sa fidélité, le Seig neur s’est plu à briser nos appuis humains pour nous en montrer la vanité et nous apprendre à ne nous reposer que sur Lui !
L’Éternel n’avait pas oublié que l’Égypte n’avait cessé d’être en piège à son peuple. Et Il allait le montrer ! De plus, il donnait ce pays à Nebucadnetsar en récompense de son travail contre Tyr (ch. 29 v. 19, 20). Les coups dont l’Égypte allait être frappée nous rappellent les plaies qui, au temps de l’Exode, avaient désolé ce pays, son fleuve et ses canaux, ses idoles, ses habitants. La plus terrible avait été la mort des premiers-nés, quand l’Éternel avait exercé ses jugements «sur tous les dieux de l’Égypte» (v. 13 ; Ex. 12 v. 12). Et, de même que jadis, ces grands jugements avaient pour but de faire savoir aux Égyptiens qui était l’Éternel (comp. v. 19 et Ex. 7 v. 5). En effet, l’accomplissement de tous ces châtiments contre les nations devait avoir un résultat, répété comme un refrain à la fin de chaque prophétie : «Et ils sauront que je suis l’Éternel» (23 v. 49 ; 24 v. 27 ; 25 v. 5, 7, 11, 17 ; 26 v. 6 ; 28 v. 24, 26 ; 29 v. 21 ; 30 v. 19, 26).
Il n’est pas possible d’échapper à la connaissance du Dieu Saint et de ses exigences à l’égard du péché. Mais aujourd’hui, Il se révèle encore comme le Dieu Sauveur en Jésus Christ. Est-ce ainsi que vous le connaissez ? Car tous ceux qui ne veulent pas le reconnaître maintenant en grâce auront affaire à Lui plus tard en jugement (Amos 4 v. 12).
Ce chapitre et les suivants peuvent paraître difficiles à comprendre. Mais les prophéties qu’ils contiennent s’éclairent quand nous les replaçons dans le cadre des événements de la fin, au moment où toutes les puissances humaines et nationales qui auront combattu contre Israël seront abattues pour faire place au règne de Christ.
Dans cette complainte (v. 16), le sort des nations nous est présenté de façon symbolique. Elles se rencontrent au shéol, au milieu des «tués par l’épée» (v. 21 ; l’expression se trouvera 3 fois au ch. 32). La première est Assur, l’Assyrien des derniers jours, arbre puissant dont la chute a été racontée au ch. 31. Élam (l’Iran) est nommé ensuite avec Meshec et Tubal (la Russie). Là sont aussi Édom, les princes du Nord, les Sidoniens ainsi que «le Pharaon et toute sa multitude». Grands et petits peuples, après avoir tenu plus ou moins longtemps l’actualité de la scène mondiale, se retrouvent dans ce sinistre lieu de rendez-vous. Qu’est devenue leur magnificence ? À quoi leur a servi leur vaillance ? La terreur qu’ils répandaient n’effraie plus personne et est devenue leur honte (v. 30). Tout ce qui compte tellement que «la terre des vivants» n’a plus cours au seuil de l’éternité. Une seule question se posera alors pour chacun : son nom est-il dans le livre de vie (Apoc. 20 v. 15) ?
Au début de cette nouvelle division, l’Éternel rappelle au prophète ses consignes de sentinelle (voir ch. 3 v. 16…) : avertir le méchant, l’exhorter à se détourner de sa voie d’iniquité. C’est aussi le service de chaque racheté du Seigneur, car il connaît par la Parole le sérieux du temps actuel. Si ma trompette rend un son confus (1 Cor. 14 v. 8)… ou reste muette, Dieu se pourvoira d’une autre sentinelle, mais j’aurai manqué à ma responsabilité et il m’en sera demandé compte. L’apôtre Paul avait fidèlement rempli ce service à Éphèse, et il peut dire aux anciens de cette ville : «Je suis net du sang de tous ;… je n’ai cessé d’avertir chacun de vous avec larmes» (Act. 20 v. 26, 27, 31).
Le v. 10 peut s’appliquer à tous ceux qui ont conscience du poids de leurs péchés sans connaître encore le Dieu qui pardonne. En réponse à ces exercices, l’Éternel répète sa précieuse déclaration du ch. 18 v. 23 : «Je suis vivant… si je prends plaisir en la mort du méchant… mais plutôt à ce que le méchant se détourne de sa voie et qu’il vive» (v. 11) ! «Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3 v. 16).
Ézéchiel reçoit la nouvelle de la prise de Jérusalem. L’Éternel lui avait précisé dès le premier jour du siège de quelle manière il en serait averti (comp. v. 21, 22 avec ch. 24 v. 25 à 27). Et Il va maintenant réduire le pays en désert à cause de l’orgueil de ceux qui restent en Judée.
La fin du chapitre (v. 30 à 33) est bien solennelle. Elle nous montre que les paroles d’Ézéchiel étaient appréciées : un chant agréable, une belle voix ! Malheureusement on ne les pratiquait nullement. Et sans doute est-ce pour ce motif que le prophète avait été rendu muet pendant un temps (v. 22) ; c’était un jugement sur le peuple et non sur lui. Car la trompette d’une sentinelle ne résonne pas pour qu’on jouisse de sa mélodie. Il s’agit d’un signal d’alerte. Malheur à ceux qui n’en tiennent pas compte !
N’en est-il pas de même aujourd’hui ? Certains soi-disant chrétiens paraissent entendre avec plaisir les prédications… mais ne sont nullement disposés à mettre en pratique ce qui leur est enseigné. D’où cela vient-il ? D’un manque de droiture ! L’apparence qu’on se donne ne correspond pas à l’état véritable du coeur (fin du v. 31 ; És. 29 v. 13). Le Seigneur dira d’Israël : «Ce peuple-ci m’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi» (Ésa. 29 v. 13 ; Marc 7 v. 6).
Ce chapitre condamne de la manière la plus sévère les mauvais pasteurs (rois, princes et chefs du peuple). Non seulement ils n’ont pas pris soin des brebis faibles, malades ou égarées, mais ils se sont eux-mêmes engraissés aux dépens du troupeau d’Israël. Sans crainte de Dieu et sans amour pour le peuple, ils ont agi comme si ce dernier leur appartenait, «dominant sur des héritages» au lieu d’être «les modèles du troupeau» (lire 1 Pier. 5 v. 2 à 4). Devant cette complète défaillance, l’Éternel décide de s’occuper Lui-même de ses brebis. «Me voici, moi», déclare-t-Il. Et nous reconnaissons l’amour merveilleux du «Berger d’Israël» (Ps. 80 v. 1), souligné par le contraste avec la méchanceté des mauvais bergers. Il promet de se tenir au milieu de ses brebis, de les sauver, de les rassembler, de les amener «auprès des ruisseaux», dans de «gras pâturages», de les faire reposer dans un bon parc (comp. Ps. 23). La perdue sera cherchée, l’égarée ramenée à la bergerie ; la blessée sera soignée et la malade fortifiée. Il s’agit du rassemblement final et de la bénédiction d’Israël. Mais quelle image précieuse des tendres soins du Seigneur envers chacun de ses rachetés (lire 1 Pier. 5 v. 7).
L’Éternel dénonce sévèrement l’égoïsme des brebis fortes et grasses et promet qu’il redressera les torts faits à celles qui sont maigres et faibles. Puis Il désigne, nous comprenons avec quelle satisfaction et quel amour, le pasteur qu’Il va susciter : son serviteur David. À travers celui-ci, fidèle berger du troupeau de son père, puis de celui d’Israël (1 Sam. 17 v. 34, 35 ; 2 Sam. 5 v. 2) Dieu veut nous parler de son Bien-aimé. «Moi je suis le bon Berger», dit Jésus, en contraste avec tous les mauvais pasteurs dont nous a parlé le début de ce chapitre. Il était ému de compassion envers les foules d’Israël lasses et dispersées comme des brebis qui n’ont pas de berger (Matt. 9 v. 36). Or ce qui caractérise le bon Berger, c’est qu’il donne sa vie pour les brebis (Jean 10 v. 11). Telle est bien la preuve suprême de sa bonté, dépassant tous les soins énumérés dans ce chapitre. «Je connais les miens et je suis connu des miens» ajoute le Seigneur, parole que nous pouvons rapprocher des v. 30 et 31 ! Écoutons encore cette touchante expression : «mon troupeau, le troupeau de ma pâture» (comp. Ps. 100 v. 3). Au ch. 36 v. 38 nous en trouverons d’autres : «un troupeau d’hommes… un troupeau saint… un troupeau de Jérusalem».