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Chaque Jour les Écritures

 

 

Livre du prophète Ézéchiel

 

 

 

Table des matières :

1     Ézéchiel 1 v. 1 à 14

2     Ézéchiel 1 v. 15 à 28

3     Ézéchiel 2 v. 1 à 10 ; 3 v. 1 à 11

4     Ézéchiel 3 v. 12 à 27

5     Ézéchiel 5 v. 1 à 17

6     Ézéchiel 7 v. 1 à 19

7     Ézéchiel 8 v. 1 à 18

8     Ézéchiel 9 v. 1 à 11

9     Ézéchiel 10 v. 1 à 22

10      Ézéchiel 11 v. 1 à 25

11      Ézéchiel 12 v. 1 à 28

12      Ézéchiel 13 v. 1 à 23

13      Ézéchiel 14 v. 1 à 11

14      Ézéchiel 14 v. 12 à 23 ; 15 v. 1 à 8

15      Ézéchiel 16 v. 1 à 22

16      Ézéchiel 16 v. 44 à 63

17      Ézéchiel 17 v. 1 à 21

18      Ézéchiel 17 v. 22 à 24 ; 18 v. 1 à 9

19      Ézéchiel 18 v. 19 à 32

20      Ézéchiel 19 v. 1 à 14

21      Ézéchiel 20 v. 1 à 14

22      Ézéchiel 20 v. 30 à 44

23      Ézéchiel 21 v. 1 à 5 et 23 à 37

24      Ézéchiel 22 v. 1 à 7 et 23 à 31

25      Ézéchiel 24 v. 1 à 27

26      Ézéchiel 25 v. 1 à 17

27      Ézéchiel 26 v. 1 à 6 ; 27 v. 1 à 11

28      Ézéchiel 28 v. 1 à 19

29      Ézéchiel 28 v. 20 à 26 ; 29 v. 1 à 7

30      Ézéchiel 30 v. 1 à 19

31      Ézéchiel 32 v. 17 à 32

32      Ézéchiel 33 v. 1 à 20

33      Ézéchiel 33 v. 21 à 33

34      Ézéchiel 34 v. 1 à 16

35      Ézéchiel 34 v. 17 à 31

36      Ézéchiel 36 v. 1 à 15

37      Ézéchiel 36 v. 16 à 38

38      Ézéchiel 37 v. 1 à 14

39      Ézéchiel 37 v. 15 à 28

40      Ézéchiel 38 v. 1 à 23

41      Ézéchiel 39 v. 1 à 29

42      Ézéchiel 40 v. 1 à 16

43      Ézéchiel 40 v. 35 à 49

44      Ézéchiel 41 v. 1 à 4 ; 15 à 26

45      Ézéchiel 42 v. 1 à 20

46      Ézéchiel 43 v. 1 à 12

47      Ézéchiel 43 v. 13 à 27

48      Ézéchiel 44 v. 1 à 14

49      Ézéchiel 44 v. 15 à 31

50      Ézéchiel 45 v. 1 à 17

51      Ézéchiel 45 v. 21 à 25 ; 46 v. 1 à 11

52      Ézéchiel 47 v. 1 à 12

53      Ézéchiel 47 v. 13 à 23 ; 48 v. 1 à 7

54      Ézéchiel 48 v. 20 à 35

 

 

 

1                    Ézéchiel 1 v. 1 à 14

 

Nous abordons maintenant ce livre d’Ézéchiel, quelquefois négligé en raison de sa difficulté. Demandons spécialement au Seigneur son secours pour y trouver de l’édification.

Ce prophète était un sacrificateur comme Jérémie son contemporain. Mais, tandis que ce dernier demeurait dans Jérusalem, Ézéchiel avait fait partie d’un premier convoi de captifs emmenés «dans le pays des Chaldéens» pendant le règne de Jehoïakin (v. 3). C’est là, près du fleuve Kebar, que la Parole de Dieu lui est adressée et qu’il est témoin d’une vision extraordinaire. Au milieu du feu et de l’airain brillant, image de la justice divine exerçant ses droits, le prophète aperçoit quatre animaux fantastiques, qui étaient des chérubins, gardiens et défenseurs de la sainteté de Dieu (ch. 10). Leurs attributs : faces, ailes, pieds et mains sont autant de symboles par lesquels Dieu veut faire comprendre quels sont Ses caractères en justice et en jugement : l’intelligence, la force, la patience et la rapidité, représentés respectivement par la face de l’homme, du lion, du boeuf et de l’aigle. Ces symboles se retrouvent avec beaucoup d’autres dans l’Apocalypse qui est aussi un livre de jugements (voir Apoc. 4 v. 6, 7).

 

2                    Ézéchiel 1 v. 15 à 28

 

L’ensemble de la vision du prophète se présentait comme un char terrifiant comportant plusieurs étages. Ses roues, particulièrement effrayantes, allaient et venaient sur la terre d’une manière qui pouvait paraître arbitraire. Mais leur mouvement dépendait des animaux et ceux-ci allaient «là où l’Esprit devait aller» (v. 20).

Ces roues sont un symbole du gouvernement de Dieu, ou de sa providence. Les événements du monde sont dirigés par son Esprit — qui souffle où Il veut (Jean 3 v. 8), — et non par le hasard, comme le prétendent beaucoup de personnes parce qu’elles se refusent à regarder en haut. Elles voient bien «les roues» mais pas Celui qui les anime. Le prophète, lui, conduit par l’Esprit, lève les yeux et va contempler la partie la plus merveilleuse de la vision (v. 26…). Au-dessus des roues, des chérubins et de l’étendue, il découvre «la ressemblance d’un trône», et encore «une ressemblance comme l’aspect d’un homme, dessus, en haut» (v. 26). Ainsi, nous l’apprenons avec le prophète, le monde est gouverné selon la volonté et le propos d’un homme dans la gloire : Christ lui-même, tout rayonnant de splendeur divine. Devant cette vision extraordinaire, Ézéchiel tombe aussitôt sur sa face (comp. Apoc. 1 v. 12 à 17).

 

3                    Ézéchiel 2 v. 1 à 10 ; 3 v. 1 à 11

 

Comme pour Ésaïe dans son ch. 6, la grande vision d’Ézéchiel va être le point de départ de son appel et de sa mission. L’Esprit de Dieu le saisit, lui permet de se tenir debout, et ouvre son intelligence à la Parole divine dont il doit commencer par se nourrir avant de pouvoir la communiquer (comp. Apoc. 10 v. 8 à 11). Il en sentira ainsi l’effet sur sa propre âme, car il est impossible d’appliquer efficacement la Parole à d’autres sans en avoir soi-même éprouvé la douceur… ou le tranchant (ch. 3 v. 1 à 3 ; Jér. 15 v. 16). D’une manière générale, se nourrir dès sa jeunesse des Saintes Écritures est le secret de tout service utile au Seigneur.

Israël refusera de t’écouter, dit l’Éternel à son messager, mais en fait c’est moi qu’ils refusent d’entendre (ch. 3 v. 7). Ce ne sont pas ses propres paroles, mais celles du Seigneur, qui doivent être dans la bouche du chrétien. Un tel message ne laissera aucune place à des discussions inutiles. Et c’est dans le coeur qu’il doit être reçu (ch. 3 v. 10).

Le front de la maison d’Israël était dur, mais l’Éternel donnait à son serviuteur une énergie d’autant plus grande (comp. ch. 3 v. 8 et 9 avec És. 50 v. 7 et Luc 9 v. 51). Son nom était d’ailleurs une promesse : Ézéchiel signifie : Dieu fortifiera.

 

4                    Ézéchiel 3 v. 12 à 27

 

Ézéchiel est emmené par l’Esprit de Dieu à Thel-Abib, au milieu des captifs de son peuple. Il apprend de la bouche de l’Éternel son affectation au poste de sentinelle, avec les consignes qui s’y rattachent. Ces fonctions exigeront à la fois une vigilance continuelle et une rigoureuse fidélité dans la transmission des avertissements divins. Une sentinelle doit être capable de dire à tous à quoi en est la nuit morale de ce monde (És. 21:11).

Mais nous constatons qu’il n’est plus question de provoquer le réveil de la nation dans son ensemble. C’est le méchant qui doit être averti ; la responsabilité d’écouter est individuelle. Quant à la responsabilité du serviteur, elle consiste à présenter la Parole à tous, «soit qu’ils écoutent soit qu’ils n’en fassent rien» (ch. 2 v. 5, 7 ; 3 v. 11, 27). Dieu ne juge pas ceux qu’Il emploie en fonction des résultats qu’ils obtiennent, ainsi que le font les hommes, mais selon leur fidélité (1 Cor. 4 v. 2). Nous ne devons donc pas nous décourager si certains «ne font rien» de la Parole de vie que nous avons pu leur présenter. Chers amis, il est en effet bien sérieux d’y penser : chaque croyant aussi est établi sentinelle et a le devoir de rendre ici-bas témoignage à son Seigneur. Comment nous en acquittons-nous ?

 

5                    Ézéchiel 5 v. 1 à 17

 

À partir du ch. 4, l’Éternel fait entrer Ézéchiel au moyen de divers signes dans les douloureuses circonstances que va traverser son peuple. Un serviteur de Dieu qui a passé lui-même par l’école de l’humiliation et de la souffrance est en mesure ensuite de comprendre beaucoup mieux ceux qui les traversent aussi et de les exhorter avec plus d’autorité. Il connaît leur situation par sa propre expérience et peut donc utilement les mettre en garde. En se couchant sur le côté, en cuisant son pain avec de l’ordure, Ézéchiel portait en figure les conséquences de l’iniquité de son peuple (ch. 4 v. 4). Maintenant Dieu lui prescrit de raser ses cheveux et sa barbe, acte déshonorant pour un sacrificateur et défendu par la loi (Lév. 21 v. 5). Les v. 11 et 12 nous en expliquent la portée symbolique. Israël, ornement de l’Éternel, est mis de côté, et divers jugements vont s’abattre sur lui, choisis par Celui qui pèse (v. 1) la culpabilité de chacun. Certains seront la proie de la peste et de la famine pendant le siège de la ville, d’autres tomberont par l’épée, d’autres enfin seront dispersés et persécutés. Moïse avait déjà annoncé ces châtiments (Lév. 26 v. 14… Deut. 28 v. 15…) et l’histoire d’Israël depuis lors a confirmé que Dieu ne peut qu’accomplir sa Parole (ch. 12 v. 28).

 

6                    Ézéchiel 7 v. 1 à 19

 

Remarquons le nom que l’Éternel donne à son serviteur : «fils d’homme» (ou fils de l’homme : un des titres du Seigneur Jésus dont Ézéchiel est un type). Ce nom suggère un élu d’entre les hommes, un représentant qualifié pour parler au nom de la race humaine défaillante (voir Eccl. 7 v. 28).

Après avoir au ch. 6 annoncé la dévastation, l’Éternel déclare solennellement au ch. 7 que le jour fatal est arrivé, le jour de sa fureur. Sa grande patience envers le peuple coupable avait duré bien des siècles. Elle prend fin après d’innombrables avertissements. Et nous pensons à cette patience de Dieu qui s’exerce encore aujourd’hui envers un monde qui a crucifié son Fils. Mais elle aussi cessera en un «jour de la colère» incomparablement plus terrible (Rom. 2 v. 5). Ce chapitre ne nous en donne qu’une faible image. Les hommes y sont frappés d’épouvante (v. 17, 18). L’argent et l’or, tout-puissants jusqu’alors, ont cessé d’avoir cours. On les jette comme une impureté dans les rues, s’apercevant enfin qu’ils ne peuvent rassasier les âmes. Et surtout ils ne pourront délivrer personne dans ce jour, car Dieu n’accepte pour le rachat de l’homme perdu que le sang précieux de Christ (v. 19 ; comp. Prov. 11 v. 4 et 1 Pier. 1 v. 18, 19).

 

7                    Ézéchiel 8 v. 1 à 18

 

Dans une nouvelle vision, Ézéchiel est transporté à Jérusalem où Dieu lui révèle les choses horribles qui s’accomplissaient en secret dans son sanctuaire. «L’idole de jalousie», premier objet qu’il aperçoit, rappelle celle que Manassé avait déjà placée dans le temple (2 Rois 21 v. 7 et 23 v. 6 ; comp. Matt. 24 v. 15). Puis, perçant le mur, il surprend, non pas le rebut du peuple, mais ses anciens occupés dans les ténèbres à vénérer toutes sortes de «bêtes exécrables». On a pu les comparer celles-ci aux fruits impurs de notre imagination, cultivés dans les recoins les plus obscurs de nos pauvres coeurs, qui peuvent être ainsi de vrais «cabinets d’images». Au milieu de ces idolâtres, officiait un certain Jaazania… fils du fidèle Shaphan! (voir 2 Chron. 34 v. 8, 15…).

L’Éternel montre encore à Ézéchiel des femmes en train de pleurer Thammuz, une répugnante idole, et enfin vingt-cinq hommes, représentant les vingt-quatre classes de la sacrificature avec le souverain sacrificateur lui-même, prosternés devant le soleil (comp. Deut. 4 v. 19 et 32 v. 16) !

Remarquons que c’est Dieu qui découvre le mal aux regards des siens. Lui seul, éclairant notre conscience, peut nous en donner le juste sentiment en nous montrant combien ce mal porte atteinte à Sa propre gloire.

 

8                    Ézéchiel 9 v. 1 à 11

 

Ézéchiel a pu constater de ses yeux de quelle ignoble manière la gloire de l’Éternel avait été foulée aux pieds. Aussi peut-il à présent comprendre combien le châtiment est justifié ! Et ce dernier est à la porte (v. 2). Mais Dieu est loin de faire périr le juste avec le méchant (Gen. 18 v. 25). Au milieu des six hommes armés d’instruments de destruction, il s’en trouve un septième qui, lui, tient dans sa main un instrument de grâce : l’encrier d’écrivain qui, sur l’ordre de l’Éternel, va lui servir à marquer le front de tous ceux que le péché fait soupirer et gémir (comp. Apoc. 9 v. 4. Le T, dernière lettre de l’alphabet hébreu, servait de marque et de signature : Job 31 v. 35). L’homme vêtu de lin fait penser au Seigneur Jésus. Dans la grande chrétienté envahie par le mal et sur le point d’être jugée, Il a mis son sceau, le Saint Esprit, sur tous ceux qui Lui appartiennent : signe divin auquel Dieu reconnaît ses enfants. Tous les fidèles ayant reçu la marque protectrice, l’ordre de destruction peut être donné aux vengeurs. Et le jugement doit frapper d’abord l’élément le plus responsable : le sanctuaire souillé qu’Ézéchiel avait visité (v. 6 ; comp. 1 Pier. 4 v. 17).

 

9                    Ézéchiel 10 v. 1 à 22

 

C’est une page solennelle de l’histoire d’Israël! Jadis l’Éternel s’était choisi une demeure au milieu de son peuple (Deut. 12 v. 5). Il était venu l’occuper en grâce pour le bonheur des siens, mais ceux-ci étaient responsables d’y maintenir la sainteté qui sied à Sa maison (Ps. 93 v. 5). Or dans ce saint temple, comme une suprême provocation, les pires abominations païennes s’étaient donné rendez-vous. Oui, Israël avait fait tout ce qu’il fallait pour chasser l’Éternel de son sanctuaire (ch. 8 v. 6). Aussi maintenant Dieu s’en va ! Mais voyez avec quelle touchante lenteur, par étapes, pour nous faire sentir toute la tristesse qu’Il a de ce départ et comme pour dire à Israël : Ne me retiendras-tu pas ?

La gloire se tient d’abord sur le seuil du sanctuaire (v. 4 et ch. 9 v. 3). Elle s’élève ensuite, et s’arrête encore à la porte orientale de la maison de l’Éternel, comme si elle ne pouvait se résoudre à s’en aller (v. 19).

Chrétiens, n’oublions pas que nous sommes le temple de Dieu et que Son Esprit habite en nous (1 Cor. 3 v. 16, 17). Si ce temple (notre coeur) vient à être rempli d’idoles, l’Esprit attristé n’agira plus, la communion avec Dieu s’interrompra. Il est «un Dieu jaloux», qui ne saurait supporter aucun partage dans nos affections (2 Cor. 6 v. 15).

 

10               Ézéchiel 11 v. 1 à 25

 

Après l’iniquité religieuse du peuple de Jérusalem révélée au ch. 8, les v. 1 à 12 dénoncent le péché de ses chefs politiques. L’Éternel s’apprête à confondre leurs conseils et leur prudence, et Il en donne la preuve en frappant un de ces hommes pendant qu’Ézéchiel s’adresse à eux.

«Veux-tu détruire entièrement ?» s’écrie le prophète angoissé. Non, car sans même attendre la dispersion complète du peuple, l’Éternel parle déjà de sa restauration et de son rassemblement ; Il lui donnera «un seul coeur… un esprit nouveau… un coeur de chair» (v. 19). Et avant de retirer tout à fait Sa gloire de ce sanctuaire souillé qui doit être détruit, Il leur promet d’être Lui-même «comme un petit sanctuaire» pour chacun de ceux qui Lui gardent leur foi. Merveilleuse grâce de Dieu ! La ressource de 1 Rois 8 v. 48 va manquer, mais si loin qu’ils soient de Jérusalem, par leur faute, ils pourront néanmoins Le trouver et L’adorer. Quelle consolation cette pensée, et cette expérience, ont apportés depuis à d’innombrables croyants isolés ! La vision d’Ézéchiel à Jérusalem s’achève alors sur le départ de la gloire, du lieu même où les disciples contempleront l’ascension du Seigneur Jésus (v. 23 ; Act. 1 v. 12). Puis l’esprit du prophète est ramené en Chaldée.

 

11               Ézéchiel 12 v. 1 à 28

 

De même que Jérémie portait un joug sur ses épaules (Jér. 28 v. 10) Ézéchiel est invité ici à se charger d’un bagage de transporté qui a la même signification. Ces prophètes étaient ainsi eux-mêmes des «signes» de ce que l’Éternel allait accomplir (v. 11). Enfants de Dieu, tout dans notre comportement devrait montrer notre obéissance à Dieu, notre caractère d’étrangers ici-bas, ainsi que notre prochain départ… non pas pour la captivité, mais au contraire pour notre patrie éternelle. Ézéchiel ne manque pas d’être questionné au sujet de son attitude insolite (v. 9), — comme nous le serions certainement souvent si nous étions plus fidèles. En craignant de nous singulariser, de nous faire remarquer par une ferme séparation du monde, nous perdons maintes occasions de rendre témoignage de l’espérance qui est en nous (1 Pier. 3 v. 15).

L’étrange prophétie du v. 13 s’est réalisée à la lettre. Sédécias aveugle n’a pu voir le pays de sa captivité (comp. Jér. 39 v. 7).

Les v. 26 à 28 nous font connaître les raisonnements de ceux de la maison d’Israël. N’osant pas nier la prophétie qui les condamne, ils en repoussent l’accomplissement à des temps éloignés.

Aujourd’hui aussi, de «méchants esclaves» semblent dire au Seigneur : Reviens le plus tard possible !

 

12               Ézéchiel 13 v. 1 à 23

 

La durée d’un édifice ne dépend pas tant de la qualité de ses pierres ou de ses briques que du mortier employé pour les joindre. Beaucoup d’ouvrages de maçonnerie construits par les Romains ont subsisté jusqu’à nos jours à cause de l’extraordinaire solidité de leur ciment, alors que tant de monuments bâtis beaucoup plus tard n’ont pas résisté aux agents destructeurs. Pour dissimuler les lézardes grandissantes de l’unité d’Israël, ses faux prophètes avaient employés le mauvais mortier d’une «paix» qui n’en était pas une (v. 10). Leurs discours rassurants ne pourraient empêcher la «muraille» de tomber au jour de la tempête (comparez Matt. 7 v. 26, 27).

N’oublions pas que tout croyant est un ouvrier du Seigneur ! Le seul fondement : Jésus Christ, ayant été posé, chacun doit considérer comment, avec quels matériaux, il édifie dessus (1 Cor. 3 v. 10 à 15).

Les v. 17 à 21 nous montrent que les âmes mal affermies peuvent être littéralement prises au piège par des futilités, en particulier celles de la mode et du confort (2 Pier. 2 v. 14). Veillons sur nos âmes.

Une dernière condamnation est prononcée au v. 22 sur ceux qui ont «chagriné par la fausseté le coeur du juste». Combien Christ a souffert ici-bas de cette même hypocrisie !

 

13               Ézéchiel 14 v. 1 à 11

 

Quelques-uns des anciens d’Israël rendent visite à Ézéchiel avec une intention qui paraît bonne : celle de consulter l’Éternel. Mais le prophète est averti par son Dieu de ne pas se laisser tromper par les apparences. Le coeur de ces hommes était rempli d’idoles qui constituaient un véritable mur de séparation entre Lui et eux : «Ils se sont tous séparés de moi par leurs idoles» (v. 5 ; comp. Luc 16 v. 15).

Retenons cette importante leçon : Pour connaître et comprendre la pensée du Seigneur, la condition primordiale n’est pas notre degré d’intelligence, notre expérience chrétienne ou notre connaissance de la Bible, c’est l’état de notre coeur. Est-il droit devant Dieu ? Ou cache-t-il des choses inavouables, des idoles bien enracinées ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle quelquefois Dieu ne répond pas à nos prières. Gravons bien dans notre mémoire cette parole du Seigneur : «Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire» (comp. v. 5) ; avec sa contrepartie précieuse: «Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait» (Jean 15 v. 5 et 7).

 

14               Ézéchiel 14 v. 12 à 23 ; 15 v. 1 à 8

 

L’Éternel fait connaître à son serviteur les «jugements désastreux» qu’Il a en réserve : épée, famine, bêtes féroces et peste (v. 21). Et Il déclare que même la présence de trois hommes de Dieu aussi remarquables que Noé, Daniel et Job ne suffirait pas à délivrer le pays coupable. L’Éternel associe les noms de ces trois témoins exceptionnels ayant vécu à des époques très différentes (Daniel vivait encore à Babylone) pour rappeler que la crainte de Dieu et la justice peuvent être pratiquées dans tous les temps, fussent-ils aussi sombres que ceux qui précédèrent le déluge, et qu’Il y répondrait par une délivrance individuelle (comp. Prov. 11 v. 8). Ainsi personne n’est en droit d’excuser sa conduite en invoquant le milieu dans lequel il vit et les influences qu’il subit.

Au ch. 15 est reprise l’image de la vigne Israël (voir aussi ch. 17 v. 6 ; 19 v. 10). N’ayant pas porté de fruit, est-ce qu’au moins son bois peut être utilisé (v. 3) ? En aucune manière ! Il est sans valeur, tout juste bon à être brûlé. Terrible sort des sarments stériles de la vigne d’Israël… et de ceux que le Père sera obligé d’ôter du vrai cep (Jean 15 v. 1, 2) !

 

15               Ézéchiel 16 v. 1 à 22

 

Ce chapitre saisissant décrit l’odieuse conduite de Jérusalem envers l’Éternel à qui elle devait tout. L’origine impure, l’entier dénuement de la petite fille méprisée et abandonnée dans les champs à sa naissance, font ressortir toute la compassion de Celui qui, l’ayant trouvée dans cet état misérable, a voulu la faire vivre, qui l’a ensuite honorée de son alliance, n’épargnant rien pour la rendre heureuse. Et à leur tour, ces soins divins font ressortir l’ingratitude abominable de celle qui s’est livrée à la pire idolâtrie, et a fait servir à ses infâmes passions les dons précieux de son Bienfaiteur.

Cette histoire navrante est en fait celle de tout homme. Dieu a trouvé sa créature dans le plus affreux état d’impuissance et de dégradation morale (comp. Luc 10 v. 30 à 35). Il a tout fait pour l’en arracher et lui donner la vie nouvelle. Comment l’homme a-t-il répondu à tant de grâce ?

Chers amis, il est bien sérieux d’y penser : cette conduite inqualifiable est aussi la nôtre chaque fois que nous détournons pour nos convoitises ce qui appartient au Seigneur et doit servir à sa gloire : que ce soient nos biens ou notre corps (1 Cor. 6 v. 19, 20).

 

16               Ézéchiel 16 v. 44 à 63

 

La relation de Jérusalem avec l’Éternel aggravait terriblement ses péchés. À cet égard, Sodome était moins coupable qu’elle, et même Samarie qui était pourtant de la part des Juifs l’objet du mépris le plus profond (v. 52 ; Jean 4 v. 9). Nous savons d’ailleurs que Satan fait parfois tomber ceux qui sont en relation avec Dieu plus bas que les autres hommes, car à travers eux, c’est la gloire du Seigneur qu’il cherche à ternir. L’état de péché décrit au v. 49 doit nous faire réfléchir : «orgueil, abondance de pain et insouciant repos»… avec pour conséquence inévitable l’égoïsme. C’est d’un tel point de départ que Sodome en est venue aux affreux péchés qui ont amené sa «totale subversion» (2 Pier. 2 v. 6). Eh bien ! Contrairement à toute attente, les v. 60 à 63 nous apprennent que tel n’est pas le sort final qui attend l’ingrate Jérusalem. Son infidélité n’a pu changer la fidélité de son Époux divin. La cité coupable sera une fois encore l’objet d’une miséricorde plus grande même que celle du commencement. Oui, nous restons confondus devant les derniers mots de ce chapitre rempli de tant de crimes et d’abominations : «Quand je te pardonnerai tout ce que tu as fait, dit le Seigneur, l’Éternel» (v. 63 ; Rom. 11 v. 33).

 

17               Ézéchiel 17 v. 1 à 21

 

La parabole des deux grands aigles et de la vigne, expliquée dans les v. 11 à 21, retrace sous une forme imagée les événements qui se déroulaient alors. Le roi de Babylone, premier grand aigle, déporte Jehoïakin, faible rejeton du cèdre royal, et prend en tutelle la vigne de Juda. Il met à sa tête Sédécias en lui faisant prêter serment au nom de l’Éternel. Mais le roi de Juda n’hésite pas à trahir ce serment. Aussi le roi de Babylone, instrument dans la main de l’Éternel, châtie le prince félon et l’emmène en captivité.

Le crime de Sédécias avait ceci de particulièrement grave qu’il déshonorait le nom de l’Éternel devant les nations. Il montrait en quelle petite estime ce nom était tenu par ceux sur lesquels il avait été placé (Ex. 23 v. 21). Rachetés du Seigneur Jésus, nous sommes responsables devant le monde d’honorer «le beau nom qui a été invoqué sur nous» (Jac. 2 v. 7). Ceux qui nous entourent nous observent de beaucoup plus près que nous ne pensons ; ils souligneront sans pitié nos inconséquences parce qu’ils s’en servent pour s’excuser eux-mêmes. Et comment pourrons-nous les conduire ensuite à un Sauveur pour lequel nous avons montré si peu d’attachement ?

 

18               Ézéchiel 17 v. 22 à 24 ; 18 v. 1 à 9

 

L’énigme du ch. 17 s’achève d’une manière divine. L’Éternel y parle du rejeton que Lui-même — et non plus le grand aigle cette fois — prendra du même cèdre royal de David et qu’Il établira sur une montagne haute et éminente comme un arbre puissant et plein de fruits. Nous comprenons qu’il s’agit du Seigneur Jésus et de son règne futur (comp. És. 11 v. 1 et Ps. 2 v. 6).

Au ch. 18, l’Éternel conteste avec les hommes d’Israël. Ceux-ci, plutôt que de s’humilier en voyant les châtiments s’accomplir, cherchent à se justifier par un proverbe insolent de leur invention (v. 2) : «Les pères mangent du raisin vert, et les dents des fils en sont agacées» ; autrement dit : notre génération paie pour les précédentes ; nos parents ont péché et c’est nous qui en supportons les conséquences (voir Jér. 31 v. 29, 30). Cela revient à accuser Dieu d’injustice ! Mais ce chapitre détruit leur raisonnement pervers ; ils moissonnent ce qu’eux-mêmes ont semé (Gal. 6 v. 7).

Ne reconnaissons-nous pas chez ces hommes une triste disposition de notre coeur : celle de rejeter sur d’autres la responsabilité de nos fautes ? Ce qui trahit notre aveuglement et notre orgueil, et nous fait aussi manquer les salutaires leçons du Seigneur (voir Gen. 3 v. 12 et Rom. 2 v. 1).

 

19               Ézéchiel 18 v. 19 à 32

 

Tout ce chapitre souligne le principe de la responsabilité individuelle de chaque âme (autrement dit de chaque personne) devant Dieu. Et nous répétons encore une fois : vous n’êtes pas sauvés par la piété de vos parents ou de vos grands-parents, ni parce que vous fréquentez une réunion d’enfants de Dieu. «L’âme qui a péché, celle-là mourra» (v. 20). «Car le salaire du péché, c’est la mort (bien qu’il ne soit question en Ézéchiel que de la mort du corps) ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur» (Rom. 6 v. 23).

Dieu a été accusé d’injustice par ce peuple aveugle et coupable (comme par tant d’incrédules aujourd’hui), ayant été jusqu’à dire : «La voie du Seigneur n’est pas réglée» (v. 25, 29 ; 33 v. 17, 20). «Est-ce que je prends plaisir à la mort du méchant ?» est obligé de demander l’Éternel. Quelle question ! Dans son amour immense, «notre Dieu sauveur… veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité» (1 Tim. 2 v. 4 ; 2 Pier. 3 v. 9). Aussi les derniers mots de ce chapitre sont-ils encore un appel de sa grâce adressés à son peuple… et peut-être à vous : «Revenez donc et vivez» !

 

20               Ézéchiel 19 v. 1 à 14

 

Comme la parabole des deux grands aigles du ch. 17, celle de la lionne et de ses lionceaux met en scène les derniers rois de Juda et leur histoire tragique telle qu’elle nous est racontée à la fin des Rois et des Chroniques. Fils du fidèle Josias, Joakhaz et Jehoïakim confirmaient tout à fait ce que l’Éternel avait déclaré au chapitre précédent. C’était pour leurs propres péchés que ces méchants princes subissaient le châtiment, et la justice de leur père n’avait pas pouvoir de les délivrer (voir ch. 18, v. 5… et v. 10 à 13).

De nouveau il est question de la captivité du dernier roi de Juda et de la destruction par le feu de la vigne d’Israël. Certains se demandent peut-être pourquoi ces événements occupent une telle place dans le Livre divin, alors qu’ils n’en tiennent pratiquement aucune dans les manuels d’histoire. Mais aux yeux de Dieu, il s’agit bien d’un des grands tournants de l’histoire de l’humanité. Le siège de Son gouvernement quittait Israël pour de longs siècles. Jérusalem cessait d’être le lieu où l’Éternel avait mis son habitation sur la terre. Le temps des nations commençait ; il dure encore maintenant et ne prendra fin qu’avec le règne de Christ et la restauration d’Israël.

 

21               Ézéchiel 20 v. 1 à 14

 

Les anciens, auxquels leur première visite semble n’avoir rien appris (ch. 14), reviennent trouver Ézéchiel. Dieu leur fait dresser par son serviteur — et pas en langage symbolique cette fois — la liste des abominations d’Israël, liste aussi ancienne que l’histoire de ce peuple. Dès l’Égypte, il s’est rebellé ; il a refusé de rejeter ses idoles et n’a pas voulu écouter Celui qui se révélait (v. 8). Alors, pour se faire entendre, l’Éternel a amené son peuple dans le désert. Rien n’est plus impressionnant que le silence du désert. Aussi est-ce un endroit particulièrement favorable pour écouter Dieu ; on n’y est pas distrait par les bruits extérieurs. Israël y reçut en Sinaï les statuts et les ordonnances de l’Éternel (v. 10, 11). Plus tard Jean y prêcha la repentance et la venue du Messie (Jean 1 v. 23). Enfin c’est là que le peuple sera mené encore une fois avant l’avènement du Seigneur pour que Dieu lui parle au coeur (Os. 2 v. 14). Moïse, Paul et tant d’autres serviteurs, y furent longuement préparés à leur ministère (Ex. 3 ; Gal. 1 v. 17, 18).

Ne refusons donc pas, chers amis, cette mise à l’écart nécessaire, quelle que soit la forme (solitude forcée, longue maladie, etc.) sous laquelle le Seigneur juge bon quelquefois de nous la dispenser.

 

22               Ézéchiel 20 v. 30 à 44

 

Dieu conduit les siens au désert non seulement pour leur parler, mais aussi quand Il veut les discipliner. Et nous comprenons pourquoi. De même que des parents n’ont pas à corriger leurs enfants devant des étrangers, mais ils les prennent à part ; de même cette discipline est une affaire entre Dieu et ses rachetés dans laquelle le monde n’a pas à entrer. Hélas ! Nous redoutons souvent de rester seuls avec le Seigneur à cause du mauvais état de notre conscience et nous cherchons à Lui échapper dans le tourbillon de la vie quotidienne. Il est cependant indispensable que les croyants soient «épurés». Dieu ne peut supporter chez eux ni compromis ni mélange. Quant à ceux qui refusent de l’écouter, soit ! Qu’ils servent leurs idoles (v. 39 ; comp. Os. 4 v. 17 et Apoc. 22 v. 11), mais qu’ils ne fassent pas semblant de Le servir aussi !

Nous savons que toute la génération des hommes de guerre d’Israël est tombée dans le désert, et que seuls les petits enfants sont entrés en Canaan (Deut. 2 v. 14). À nouveau, quand le moment viendra de ramener les dix tribus actuellement dispersées dans «le désert des peuples», Dieu frappera les rebelles qui n’entreront pas dans son pays. Après seulement, Il pourra accepter les offrandes de son peuple et trouver son plaisir en lui (v. 40, 41 ; Mal. 3 v. 4).

 

23               Ézéchiel 21 v. 1 à 5 et 23 à 37

 

«Celui-ci ne parle-t-il pas en paraboles ?» disait-on d’Ézéchiel avec un certain mépris. Son langage paraissait difficile au peuple uniquement parce qu’il ne voulait pas comprendre. C’est ainsi que les incrédules évoquent volontiers les difficultés de la Parole et s’en servent comme d’un prétexte pour éviter de s’y soumettre.

Dans ce terrible chapitre, l’épée, premier des quatre jugements désastreux (voir ch. 14 v. 21) sort de son fourreau pour le châtiment. Pour la manier, l’Éternel se servira du roi de Babylone que nous voyons au carrefour, occupé à consulter ses dieux (v. 26).

Commencera-t-il son attaque par Jérusalem ou par Rabba des fils d’Ammon ? Aux yeux du peuple de Juda cette divination est fausse et sans valeur (v. 28). Et certes elle l’était ! Mais l’Éternel, au-dessus de ces choses, a décidé la ruine de Jérusalem (v. 32) et la fin de la royauté. La couronne sera ôtée au «profane, méchant prince d’Israël» (le profane est celui qui foule aux pieds les bénédictions de Dieu : comp. ch. 22 v. 26, et en Héb. 12 v. 16 l’exemple d’Ésaü).

Il n’y aura plus dorénavant de descendant de David sur le trône jusqu’à la venue de Christ «à qui appartient le juste jugement».

 

24               Ézéchiel 22 v. 1 à 7 et 23 à 31

 

Jérusalem est appelée ici «la ville de sang». Toutes les classes étaient coupables. Les princes, comme des loups, avaient versé le sang, transgressé la loi de toutes manières, détruit les âmes (v. 6 et 27). Les sacrificateurs faisaient violence à la loi (v. 26) ; les prophètes menteurs avaient pillé les choses précieuses, dévoré les âmes (v. 25, 28) ; le peuple enfin commettait la rapine et foulait l’affligé et le pauvre (v. 29). En vain l’Éternel avait cherché quelqu’un «qui fermât l’enceinte», et qui, comme Moïse, «se tînt à la brèche» devant Lui pour le pays (v. 30 ; Ps. 106 v. 23) !

Cette double fonction correspond aux consignes du chrétien : Veiller et prier. Veiller pour empêcher la pénétration du mal et du monde dans l’assemblée et dans notre coeur. Intercéder pour le témoignage du Seigneur.

L’importance que Dieu attache à la séparation des siens est encore soulignée par le ch. 23. Sous la figure des crimes d’Ohola (Samarie ou les dix tribus) et d’Oholiba (Jérusalem et Juda), Dieu nous parle des coupables alliances d’Israël avec les pays voisins : Égypte, Assyrie, Babylone et de son châtiment par leur moyen. Lorsqu’un chrétien a noué des liens avec le monde, c’est souvent de la main de ce dernier qu’il reçoit son châtiment.

 

25               Ézéchiel 24 v. 1 à 27

 

Ici commence une nouvelle division de la prophétie. Elle est datée d’un jour solennel qui marque le début du siège final de Jérusalem (comp. 2 Rois 25 v. 1). L’Éternel reprend la comparaison de la marmite (ch. 11 v. 3) et annonce que non seulement son contenu (les habitants de la ville) sera consumé, mais la marmite aussi (Jérusalem, avec sa rouille invétérée) se fondra dans le feu qui s’allume.

Nous savons dans quel état la ville sortira de cet affreux siège (2 Chron. 36 v. 19). Mais ce même jour apporte aussi à Ézéchiel personnellement le deuil et la souffrance : sa femme lui est enlevée subitement. Par ses propres circonstances, le prophète enseigne ainsi aux fils de son peuple quelles douleurs vont s’abattre sur eux quand l’Éternel leur ôtera ce qu’ils ont de plus cher : leur capitale et leur sanctuaire.

Il se vérifie qu’un serviteur de Dieu n’échappe pas au partage des épreuves de ceux au milieu desquels il vit. Que de peines ont été la part de cet homme de Dieu ! Pour être «un signe» à son peuple (v. 27) nous le voyons se soumettre à tout ce que l’Éternel lui demande (comp. Ps. 131 v. 2).

Sans que le Seigneur nous appelle nécessairement à de grands sacrifices, qu’Il trouve en nous des instruments dociles, des disciples obéissants !

 

26               Ézéchiel 25 v. 1 à 17

 

Comme dans d’autres prophètes, l’annonce des jugements sur Israël est maintenant suivie de prophéties contre les nations (voir És. 13 à 23 ; Jér. 46 à 51). Déjà le ch. 21 nous a montré le roi de Babylone hésitant à attaquer Rabba des fils d’Ammon avant Jérusalem, et à cette occasion les v. 33 à 37 du même chapitre annonçaient le châtiment de ces descendants de Lot, perpétuels ennemis d’Israël. Épargné momentanément, Ammon, au lieu d’en tirer instruction, s’était lâchement réjoui des coups qui avaient frappé le sanctuaire, la terre méprisée d’Israël et la royauté de Juda (v. 3, 6). Il s’était moqué d’Israël dans son malheur (Prov. 17 v. 5). Or l’Éternel «se moque des moqueurs», déclare aussi Prov. 3 v. 34 cité dans le Nouveau Testament : «Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne la grâce aux humbles» (Jac. 4 v. 6 ; 1 Pier. 5 v. 5). C’est bien l’orgueil qui caractérise <bv>Ammon et son frère Moab (Soph. 2 v. 8 ; És. 16 v. 6). L’Éternel va les humilier et donner leur pays en possession à des nomades pillards (v. 4 et 10).

Édom et la Philistie sont également très coupables. L’un et l’autre ont profité de la ruine d’Israël pour se venger «cruellement» de leurs anciens griefs (v. 12 et 15). À leur tour ils auront affaire à la vengeance de l’Éternel.

 

27               Ézéchiel 26 v. 1 à 6 ; 27 v. 1 à 11

 

Les ch. 26 à 28 sont consacrés à Tyr, l’opulente cité phénicienne, maîtresse des mers, principal centre marchand de l’antiquité. De même qu’un commerçant peut se féliciter de la disparition d’un concurrent voisin, Tyr s’est réjouie des malheurs de Jérusalem. Eh bien ! Cette joie malsaine deviendra précisément le motif de sa propre ruine.

Le ch. 27 énumère ses clients et ses fournisseurs et dresse la liste immense des produits de son négoce. Or Tyr est une image du monde et de ses richesses. Les hommes ont toujours pensé qu’un accroissement du niveau de vie des peuples était le moyen de délivrer l’humanité de ses peines et de ses misères. Et ils n’ont cessé de travailler à cette prospérité matérielle, tous leurs efforts tendant à embellir le monde, à y rendre la vie plus agréable. Mais loin de conduire les âmes à Dieu, cette course au progrès n’a fait que développer le contentement de soi (ch. 27 fin du v. 3), la prétention laodicéenne d’être riche et de n’avoir besoin de rien.

Parmi les marchandises précieuses de Tyr, on chercherait en vain «l’or passé au feu» de la justice divine, «les vêtements blancs» de la marche pratique et «le collyre» pour les yeux de la foi, qui est le Saint Esprit. Car on ne peut les «acheter» que du Seigneur Jésus (Apoc. 3 v. 17, 18).

 

28               Ézéchiel 28 v. 1 à 19

 

Le brillant prince de Tyr, qui s’est exalté comme un dieu, est l’objet d’une prophétie personnelle. Son châtiment nous rappelle celui qui frappa Hérode parce qu’il avait accepté les flatteries des Tyriens et des Sidoniens : «Voix d’un dieu et non pas d’un homme» (Act. 12 v. 20 à 23). Mais sous cette figure du roi de Tyr, Dieu veut nous parler d’un être mystérieux et redoutable, Satan lui-même. Prince de ce monde dont Tyr est l’image, il en fait servir les richesses à la satisfaction des convoitises des hommes afin de les tenir en esclavage. Et nous apprenons par les v. 12 à 15 que Satan n’a pas toujours été le Méchant, l’ennemi de Dieu et des croyants. Chérubin resplendissant, «plein de sagesse et parfait en beauté», il fut parfait aussi dans ses voies jusqu’au jour où l’iniquité a été trouvée en lui (v. 15). Son coeur s’est élevé jusqu’à vouloir quitter sa position de créature, et devenir comme Dieu (v. 2 ; És. 14 v. 13). L’orgueil est appelé «la faute du diable» (1 Tim. 3 v. 6) et c’est par cette même tentation : «vous serez comme Dieu», qu’il a entraîné l’homme avec lui dans sa chute. Mais Satan a été vaincu par Christ à la croix et la Bible nous révèle le sort terrible qui lui est réservé (Apoc. 20 v. 10).

 

29               Ézéchiel 28 v. 20 à 26 ; 29 v. 1 à 7

 

Après Tyr, c’est sa voisine et alliée Sidon qui est l’objet d’une courte prophétie. Elle faisait partie de ceux qui méprisaient la maison d’Israël (v. 24, 26) et elle apprendrait à connaître l’Éternel par ses jugements.

Quatre chapitres (29 à 32) sont maintenant consacrés presque entièrement à l’Égypte. Rivale de l’Assyrie, puis de Babylone, cette nation a joué un rôle considérable dans l’histoire d’Israël. Elle aussi aspirait à la domination universelle. Mais Dieu donnait celle-ci à Nebucadnetsar, et l’Égypte allait devenir à son tour une des provinces du grand empire babylonien. On peut se demander pourquoi l’Éternel avait choisi l’une de ces nations païennes plutôt que l’autre pour la domination du monde. Eh bien ! Une des raisons entre autres pour lesquelles l’Égypte devait être abaissée était la fausse confiance qu’Israël avait placée en elle (ch. 29 v. 6 et 16). Il ne fallait pas que Juda et ses rois paraissent avoir eu raison en comptant sur l’Égypte.

Celle-ci était un roseau cassé, blessant la main de ceux qui s’appuyaient sur elle (v. 6, 7 ; És. 36 v. 6). Bien des fois dans sa fidélité, le Seig neur s’est plu à briser nos appuis humains pour nous en montrer la vanité et nous apprendre à ne nous reposer que sur Lui !

 

30               Ézéchiel 30 v. 1 à 19

 

L’Éternel n’avait pas oublié que l’Égypte n’avait cessé d’être en piège à son peuple. Et Il allait le montrer ! De plus, il donnait ce pays à Nebucadnetsar en récompense de son travail contre Tyr (ch. 29 v. 19, 20). Les coups dont l’Égypte allait être frappée nous rappellent les plaies qui, au temps de l’Exode, avaient désolé ce pays, son fleuve et ses canaux, ses idoles, ses habitants. La plus terrible avait été la mort des premiers-nés, quand l’Éternel avait exercé ses jugements «sur tous les dieux de l’Égypte» (v. 13 ; Ex. 12 v. 12). Et, de même que jadis, ces grands jugements avaient pour but de faire savoir aux Égyptiens qui était l’Éternel (comp. v. 19 et Ex. 7 v. 5). En effet, l’accomplissement de tous ces châtiments contre les nations devait avoir un résultat, répété comme un refrain à la fin de chaque prophétie : «Et ils sauront que je suis l’Éternel» (23 v. 49 ; 24 v. 27 ; 25 v. 5, 7, 11, 17 ; 26 v. 6 ; 28 v. 24, 26 ; 29 v. 21 ; 30 v. 19, 26).

Il n’est pas possible d’échapper à la connaissance du Dieu Saint et de ses exigences à l’égard du péché. Mais aujourd’hui, Il se révèle encore comme le Dieu Sauveur en Jésus Christ. Est-ce ainsi que vous le connaissez ? Car tous ceux qui ne veulent pas le reconnaître maintenant en grâce auront affaire à Lui plus tard en jugement (Amos 4 v. 12).

 

31               Ézéchiel 32 v. 17 à 32

 

Ce chapitre et les suivants peuvent paraître difficiles à comprendre. Mais les prophéties qu’ils contiennent s’éclairent quand nous les replaçons dans le cadre des événements de la fin, au moment où toutes les puissances humaines et nationales qui auront combattu contre Israël seront abattues pour faire place au règne de Christ.

Dans cette complainte (v. 16), le sort des nations nous est présenté de façon symbolique. Elles se rencontrent au shéol, au milieu des «tués par l’épée» (v. 21 ; l’expression se trouvera 3 fois au ch. 32). La première est Assur, l’Assyrien des derniers jours, arbre puissant dont la chute a été racontée au ch. 31. Élam (l’Iran) est nommé ensuite avec Meshec et Tubal (la Russie). sont aussi Édom, les princes du Nord, les Sidoniens ainsi que «le Pharaon et toute sa multitude». Grands et petits peuples, après avoir tenu plus ou moins longtemps l’actualité de la scène mondiale, se retrouvent dans ce sinistre lieu de rendez-vous. Qu’est devenue leur magnificence ? À quoi leur a servi leur vaillance ? La terreur qu’ils répandaient n’effraie plus personne et est devenue leur honte (v. 30). Tout ce qui compte tellement que «la terre des vivants» n’a plus cours au seuil de l’éternité. Une seule question se posera alors pour chacun : son nom est-il dans le livre de vie (Apoc. 20 v. 15) ?

 

32               Ézéchiel 33 v. 1 à 20

 

Au début de cette nouvelle division, l’Éternel rappelle au prophète ses consignes de sentinelle (voir ch. 3 v. 16…) : avertir le méchant, l’exhorter à se détourner de sa voie d’iniquité. C’est aussi le service de chaque racheté du Seigneur, car il connaît par la Parole le sérieux du temps actuel. Si ma trompette rend un son confus (1 Cor. 14 v. 8)… ou reste muette, Dieu se pourvoira d’une autre sentinelle, mais j’aurai manqué à ma responsabilité et il m’en sera demandé compte. L’apôtre Paul avait fidèlement rempli ce service à Éphèse, et il peut dire aux anciens de cette ville : «Je suis net du sang de tous ;… je n’ai cessé d’avertir chacun de vous avec larmes» (Act. 20 v. 26, 27, 31).

Le v. 10 peut s’appliquer à tous ceux qui ont conscience du poids de leurs péchés sans connaître encore le Dieu qui pardonne. En réponse à ces exercices, l’Éternel répète sa précieuse déclaration du ch. 18 v. 23 : «Je suis vivant… si je prends plaisir en la mort du méchant… mais plutôt à ce que le méchant se détourne de sa voie et qu’il vive» (v. 11) ! «Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3 v. 16).

 

33               Ézéchiel 33 v. 21 à 33

 

Ézéchiel reçoit la nouvelle de la prise de Jérusalem. L’Éternel lui avait précisé dès le premier jour du siège de quelle manière il en serait averti (comp. v. 21, 22 avec ch. 24 v. 25 à 27). Et Il va maintenant réduire le pays en désert à cause de l’orgueil de ceux qui restent en Judée.

La fin du chapitre (v. 30 à 33) est bien solennelle. Elle nous montre que les paroles d’Ézéchiel étaient appréciées : un chant agréable, une belle voix ! Malheureusement on ne les pratiquait nullement. Et sans doute est-ce pour ce motif que le prophète avait été rendu muet pendant un temps (v. 22) ; c’était un jugement sur le peuple et non sur lui. Car la trompette d’une sentinelle ne résonne pas pour qu’on jouisse de sa mélodie. Il s’agit d’un signal d’alerte. Malheur à ceux qui n’en tiennent pas compte !

N’en est-il pas de même aujourd’hui ? Certains soi-disant chrétiens paraissent entendre avec plaisir les prédications… mais ne sont nullement disposés à mettre en pratique ce qui leur est enseigné. D’où cela vient-il ? D’un manque de droiture ! L’apparence qu’on se donne ne correspond pas à l’état véritable du coeur (fin du v. 31 ; És. 29 v. 13). Le Seigneur dira d’Israël : «Ce peuple-ci m’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi» (Ésa. 29 v. 13 ; Marc 7 v. 6).

 

34               Ézéchiel 34 v. 1 à 16

 

Ce chapitre condamne de la manière la plus sévère les mauvais pasteurs (rois, princes et chefs du peuple). Non seulement ils n’ont pas pris soin des brebis faibles, malades ou égarées, mais ils se sont eux-mêmes engraissés aux dépens du troupeau d’Israël. Sans crainte de Dieu et sans amour pour le peuple, ils ont agi comme si ce dernier leur appartenait, «dominant sur des héritages» au lieu d’être «les modèles du troupeau» (lire 1 Pier. 5 v. 2 à 4). Devant cette complète défaillance, l’Éternel décide de s’occuper Lui-même de ses brebis. «Me voici, moi», déclare-t-Il. Et nous reconnaissons l’amour merveilleux du «Berger d’Israël» (Ps. 80 v. 1), souligné par le contraste avec la méchanceté des mauvais bergers. Il promet de se tenir au milieu de ses brebis, de les sauver, de les rassembler, de les amener «auprès des ruisseaux», dans de «gras pâturages», de les faire reposer dans un bon parc (comp. Ps. 23). La perdue sera cherchée, l’égarée ramenée à la bergerie ; la blessée sera soignée et la malade fortifiée. Il s’agit du rassemblement final et de la bénédiction d’Israël. Mais quelle image précieuse des tendres soins du Seigneur envers chacun de ses rachetés (lire 1 Pier. 5 v. 7).

 

35               Ézéchiel 34 v. 17 à 31

 

L’Éternel dénonce sévèrement l’égoïsme des brebis fortes et grasses et promet qu’il redressera les torts faits à celles qui sont maigres et faibles. Puis Il désigne, nous comprenons avec quelle satisfaction et quel amour, le pasteur qu’Il va susciter : son serviteur David. À travers celui-ci, fidèle berger du troupeau de son père, puis de celui d’Israël (1 Sam. 17 v. 34, 35 ; 2 Sam. 5 v. 2) Dieu veut nous parler de son Bien-aimé. «Moi je suis le bon Berger», dit Jésus, en contraste avec tous les mauvais pasteurs dont nous a parlé le début de ce chapitre. Il était ému de compassion envers les foules d’Israël lasses et dispersées comme des brebis qui n’ont pas de berger (Matt. 9 v. 36). Or ce qui caractérise le bon Berger, c’est qu’il donne sa vie pour les brebis (Jean 10 v. 11). Telle est bien la preuve suprême de sa bonté, dépassant tous les soins énumérés dans ce chapitre. «Je connais les miens et je suis connu des miens» ajoute le Seigneur, parole que nous pouvons rapprocher des v. 30 et 31 ! Écoutons encore cette touchante expression : «mon troupeau, le troupeau de ma pâture» (comp. Ps. 100 v. 3). Au ch. 36 v. 38 nous en trouverons d’autres : «un troupeau d’hommes… un troupeau saint… un troupeau de Jérusalem».

 

36               Ézéchiel 36 v. 1 à 15

 

Parmi les voisins d’Israël, Édom était particulièrement coupable (v. 5). Tout le ch. 35 est une prophétie contre ces descendants d’Ésaü. Dans toute la joie mauvaise de leur coeur , ils pensaient profiter de la désolation d’Israël pour prendre possession de son territoire (ch. 35 v. 10). Or l’Éternel y était et Il veillait. N’avait-Il pas affirmé dès avant la naissance de Jacob et d’Ésaü : «Un peuple sera plus fort que l’autre peuple et le plus grand sera asservi au plus petit» (Gen. 25 v. 23) ? Et Il ne reviendra jamais sur sa parole.

Édom s’était moqué des «hauteurs — ou des collines — éternelles», ainsi nommées par Dieu Lui-même dans les deux bénédictions de Joseph (v. 2 ; Gen. 49 v. 26 ; Deut. 33 v. 15). Ces montagnes et ces collines avaient «porté l’ignominie des nations» (v. 6), car selon la coutume païenne le peuple impie y avait dressé des hauts lieux depuis les jours de Salomon (1 Rois 11 v. 7). L’Éternel se plaira à les remplir de fruit (comp. Ps. 72 v. 16). Comme les incrédules autrefois, les ennemis disaient de ce pays qu’il dévorait ses habitants (v. 13 ; Nomb. 13 v. 33). Mais Dieu ne permettra plus aux nations d’insulter et de couvrir d’opprobre l’héritage de son peuple ; il ne sera plus «en butte au bavardage de la langue et aux mauvais propos des hommes» (v. 3).

 

37               Ézéchiel 36 v. 16 à 38

 

L’Éternel parle maintenant de l’oeuvre qu’il veut accomplir par son Esprit dans le coeur des fils d’Israël… et de tous les hommes. Comparons le v. 26 aux paroles de Jésus à Nicodème, au sujet de la nouvelle naissance. «Si quelqu’un n’est né d’eau (v. 25) et de l’Esprit (v. 27) il ne peut entrer dans le royaume de Dieu» (Jean 3 v. 5). L’eau qui purifie, c’est toujours la Parole que le Saint Esprit applique à la conscience et au coeur pour être reçue et crue à salut (comp. Jean 4 v. 14).

La vie nouvelle donnée gratuitement à tous ceux qui croient est la condition pour entrer dans le royaume et dans la famille de Dieu. Mais il ne suffit pas qu’un petit enfant vienne au monde. Il devra ensuite apprendre à marcher ; plus tard il ira à l’école. Ainsi en est-il de l’enfant de Dieu (v. 27). De plus, il doit passer tôt ou tard par la grande expérience du v. 31 : «Vous aurez horreur de vous-mêmes…» (voir ch. 6 v. 9 ; 20 v. 43). C’est à cette connaissance de soi-même que l’Esprit de Dieu conduit l’âme régénérée (comp. Job 42 v. 6).

Nicodème, docteur d’Israël, aurait dû connaître ces choses (Jean 3 v. 10). Elles étaient expressément annoncées dans les prophètes (voir aussi Éz. 11 v. 19 ; Jér. 24 v. 7…). Et vous, ami lecteur, enseigné depuis votre enfance, ne devriez-vous pas les connaître mieux encore ?

 

38               Ézéchiel 37 v. 1 à 14

 

Cet extraordinaire chapitre complète le précédent en nous montrant cette fois l’Éternel donnant une vie nouvelle à tout son peuple restauré. Comme l’expliquent les v. 11 à 14, cette vision saisissante s’applique à la résurrection nationale d’Israël (après l’enlèvement de l’Église). Le retour actuel des Juifs en Palestine paraît en être le prélude. À la parole du prophète, les os se rejoignent, les nerfs, la chair et la peau viennent les recouvrir, mais leur état de mort n’a pas changé. C’est un réveil national qui n’a rien de comparable avec le réveil spirituel que connaîtra ensuite le peuple à l’aube du règne de Christ. En effet pour donner la vie, l’Esprit de Dieu doit agir et Il le fera alors en réveillant la conscience et les affections de ce peuple (Ps. 104 v. 30).

La complète impuissance humaine a été soulignée par la question posée au prophète (v. 3). Dans ces os il n’y a ni force ni vie. Mais tout ceci fait précisément ressortir la puissance du Dieu «qui fait vivre les morts et appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient» (Rom. 4 v. 17).

Combien plus merveilleuse encore est l’oeuvre qu’Il a accomplie en nous ! Autrefois morts dans nos fautes, nous avons été vivifiés ensemble avec le Christ (Éph. 2 v. 5 ; Col. 2 v. 13 ; Jean 5 v. 21).

 

39               Ézéchiel 37 v. 15 à 28

 

Sous le règne de Roboam, les dix tribus, dont Éphraïm était le chef de file, s’étaient séparées de Juda et de Benjamin par suite de l’infidélité de Salomon. Et jamais depuis lors cette brèche n’a été réparée. Elle le sera pourtant quand paraîtra le règne de Christ, et Ézéchiel l’annonce par le moyen de ces deux bois qui dans sa main n’en forment plus qu’un (comp. Jér. 3 v. 18). L’Éternel montre que, sans attendre ce moment, l’unité de son peuple ne cesse pas d’être dans sa pensée. Et de même les prophètes, puis les apôtres, n’ont jamais perdu de vue l’ensemble des douze tribus (1 Rois 18 v. 31 ; Act. 26 v. 7 ; Jac. 1 v. 1).

Il en est de même de l’Église du Seigneur Jésus. Par la faute des hommes, son unité n’est plus visible, mais elle existe à Ses yeux et nous ne devrions jamais l’oublier. En présence de toute la confusion et des divisions de la chrétienté, il est consolant de penser qu’il n’y a qu’une seule Église véritable, composée de tous les croyants. «Il y a un seul corps» comme aussi «un seul Seigneur» : Christ, dont David est ici la figure (Éph. 4 v. 4, 5 ; 1 Cor. 12 v. 5 et 12).

«Un seul roi sera leur roi à tous… et ils ne seront plus divisés» (v. 22). «Mon serviteur David sera roi sur eux et il y aura un seul pasteur pour eux tous» (comp. Jean 10 v. 16).

 

40               Ézéchiel 38 v. 1 à 23

 

Dans les ch. 38 et 39 entre en scène un effrayant personnage, déjà rencontré dans la prophétie sous le nom de l’Assyrien. Il porte ici le nom de Gog et sa domination s’étend sur Magog, l’ancien pays des Scythes au nord de la Mer Noire, peuple considéré autrefois comme particulièrement barbare (comp. Col. 3 v. 11). Gog est le prince de Rosh, de Méshec et de Tubal (voir Gen. 10 v. 2), noms dans lesquels on a pu reconnaître respectivement la Russie, Moscou et Tobolsk, capitale de la Sibérie. À la tête d’une formidable coalition de peuples asiatiques, ce chef plus terrible qu’Attila ou qu’aucun conquérant de l’histoire fondra «comme une tempête» sur le pays d’Israël pour en prendre possession. Mais Dieu interviendra directement du ciel pour les anéantir (v. 22), et de plus ces nations et races différentes s’entre-détruiront (v. 21). Il faut souvent si peu de chose pour changer les amis d’hier en adversaires acharnés. C’est de cette manière que furent sauvés jadis Josaphat et le peuple de Juda (2 Chron. 20 v. 23). Chers amis, Celui qui peut accomplir de telles délivrances serait-Il pris au dépourvu par les dangers qui nous menacent ? Laissons-Le toujours agir Lui-même chaque fois que nous avons affaire aux assauts de l’Ennemi.

 

41               Ézéchiel 39 v. 1 à 29

 

Gog, ses alliés, ses vassaux et leurs hordes innombrables seront anéantis «sur les montagnes d’Israël». Pour nous donner une idée de l’ampleur effrayante de cet assaut final, le v. 9 déclare que le matériel de guerre abandonné fournira assez de combustible aux habitants pour les chauffer pendant sept ans, et le v. 14 ajoute que sept mois seront nécessaires pour enterrer les morts. Ainsi ce pays que Gog aura voulu posséder deviendra son tombeau. Et, de plus, Dieu enverra aussi un jugement en Magog, le propre territoire de l’agresseur.

Tout ce qui concerne cette destruction de l’Assyrien et de ses armées se trouve consigné depuis plus de vingt siècles dans le Livre de Dieu (comp. ch. 38 v. 17). Mais cela n’empêchera pas les multitudes aveuglées par Satan de se précipiter elles-mêmes sur le lieu désigné pour leur massacre. C’est ainsi que, depuis deux mille ans, l’Évangile déclare où mène le chemin large (Matt. 7 v. 13) et pourtant combien nombreux sont ceux qui le suivent tête baissée, pour aller à la perdition.

Tels seront les derniers événements précédant le règne de Christ. Dorénavant Israël habitera en paix ; il n’y aura personne qui l’effraye, et beaucoup de nations apprendront à craindre l’Éternel.

 

42               Ézéchiel 40 v. 1 à 16

 

À partir du ch. 40 et jusqu’à la fin du livre nous sommes devant une toute nouvelle vision du prophète. Elle nous transporte en Palestine pendant le millénium. Israël restauré et rassemblé, habite en sécurité ; le Saint Esprit est répandu sur lui (ch. 39 v. 25 à 29). Maintenant Dieu se plaît à décrire le lieu de sa propre habitation sur la terre, celui où sa gloire pourra de nouveau demeurer. De même que l’Éternel jadis avait montré à Moïse sur la montagne le modèle du premier tabernacle (Ex. 25 v. 40 ; Héb. 8 v. 5), Il révèle par une vision à Ézéchiel sur une autre montagne tous les détails du temple futur. Et chacun de nous peut prendre pour lui-même l’exhortation du v. 4 : «Écoute de tes oreilles, et applique ton coeur à tout ce que je te fais voir». Le prophète va successivement examiner les trois portes donnant accès au parvis extérieur (ou cour). Chaque porte a l’aspect d’une petite maison traversée par un corridor central sur lequel trois chambres s’ouvrent de chaque côté.

Remarquons que la canne à mesurer dont se sert le guide est divisée en six unités ayant chacune une coudée et une paume (c’est-à-dire sept paumes), dimension que Dieu seul utilise ! Ce qui doit nous apprendre à tout estimer selon Sa mesure à Lui, celle du sanctuaire.

 

43               Ézéchiel 40 v. 35 à 49

 

Nous avons vu dans la première partie de ce livre que le temple de Salomon avait été profané, que Dieu en avait été en quelque sorte banni, que les sacrificateurs même y avaient adoré des idoles, et que la royauté avait tout à fait manqué à sa tâche. Les conséquences en avaient été la destruction du temple, la transportation du peuple juif ainsi que sa mise de côté comme nation. Mais Dieu ne permet jamais que ses desseins soient contrecarrés par les infidélités des hommes. Il faut que, sur les lieux mêmes où Il avait été déshonoré, Il soit pleinement glorifié, que les promesses faites à David s’accomplissent, qu’un nouveau temple soit construit, une nouvelle sacrificature instituée, sous le règne d’un nouveau roi — Christ — dominant en justice sur un peuple repentant. Tout cela sera réalisé pendant le millénium, temps du «rétablissement de toutes choses» dont parle Pierre (Act. 3 v. 21). C’est là le sujet des ch. 40 à 48 à travers lesquels nous désirons nous laisser conduire par le Saint Esprit, de même que le prophète est ici guidé pas à pas par son merveilleux compagnon. Avec Son secours nous visiterons aussi ce temple magnifique qui sera alors construit à Jérusalem afin que Dieu y soit recherché et adoré.

 

44               Ézéchiel 41 v. 1 à 4 ; 15 à 26

 

Le prophète et son guide ont passé sous le portique et pénètrent dans la maison. Elle est divisée comme le temple de Salomon en un lieu saint de quarante coudées et un lieu très-saint de forme cubique, ayant vingt coudées de côté. Malgré la surface considérable occupée par le sanctuaire et ses annexes — et qui nous parle de la grandeur du règne de Christ — nous constatons que les dimensions intérieures sont exactement les mêmes que celles du premier temple (1 Rois 6 v. 17, 20). Le plan de Dieu est immuable ; ses desseins n’ont jamais changé au sujet de Christ et de la bénédiction du monde. Et Il prend soin, si longtemps à l’avance, de les exposer dans son saint Livre comme un témoignage de sa bonté fidèle : Il accomplira ce qu’Il s’est proposé. Lire ces pages devrait tout spécialement parler à la conscience d’Israël en lui prouvant que Dieu n’a pas cessé de s’intéresser à lui.

À partir du v. 15 nous avons la description du bâtiment, puis celle de l’autel, enfin celle des portes ouvragées du sanctuaire. Leur décoration exprime les caractères du Règne : puissance en jugement (les chérubins chargés de son exécution) ; paix et victoire (les palmiers).

 

45               Ézéchiel 42 v. 1 à 20

 

En plus des chambres qui, comme dans le premier temple, entourent la maison sur trois étages (ch. 41 v. 6… comp. 1 Rois 6 v. 5) les sacrificateurs disposent d’un grand nombre de cellules donnant sur le parvis. C’est là qu’ils doivent manger les choses très-saintes, les entreposer, et aussi changer de vêtements pour exercer leurs fonctions.

Nous pensons de nouveau par contraste à la position céleste des rachetés du Seigneur Jésus qui tous ont part à «un édifice de la part de Dieu, une maison qui n’est pas faite de mains, éternelle dans les cieux» (2 Cor. 5 v. 1).

Le Seigneur pouvait révéler aux disciples que dans la maison de son Père, il y a plusieurs demeures (c’est-à-dire place pour tous ; Jean 14 v. 2). En les quittant, Il allait leur préparer des places dans ce céleste sanctuaire où bientôt tous les croyants seront reçus.

Remarquons que les cellules sont saintes (v. 13), que les sacrificateurs sont saints (v. 14), que les sacrifices sont très-saints. L’Éternel se souvient de la souillure introduite autrefois dans son temple par des rois impies (ch. 43 v. 8). Dorénavant un vaste mur de cinq cents cannes de côté circonscrira le sanctuaire et ses dépendances pour séparer ce qui est saint de ce qui est profane (v. 20 fin).

 

46               Ézéchiel 43 v. 1 à 12

 

Le sanctuaire futur a été visité et mesuré en tous sens. Achevé, séparé de ce qui est profane, il y manque toutefois ce qui est sa raison d’être : la présence de l’Éternel. Alors, comme au jour de la dédicace du temple de Salomon, le merveilleux événement se produit : la gloire de Dieu, qu’au ch. 11 le prophète avait vue s’en aller, revient habiter la maison. La voici qui paraît, venant de l’Orient, après combien de siècles d’absence ! Et ce retour est accompagné d’une promesse sans prix : «Je demeurerai au milieu des fils d’Israël à toujours» (v. 7 et 9).

Ce n’est pas seulement pour lui-même que le prophète, sentinelle vigilante, a reçu cette vision. Dieu l’invite à «montrer» la maison et sa disposition générale aux fils de son peuple (v. 10). Chose bien remarquable, l’effet produit sur eux ne sera ni l’émerveillement ni la joie, mais d’abord la confusion ! Et seulement après que cette humiliation aura été produite, Ézéchiel pourra leur faire connaître tous les détails du temple nouveau (v. 11). Retenons ce principe de la plus haute importance et vrai pour tous les temps : le Seigneur ne peut nous faire connaître ses pensées que lorsque nos coeurs sont jugés.

 

47               Ézéchiel 43 v. 13 à 27

 

Le ch. 41 mentionnait l’autel de bois placé à l’intérieur de la maison. Il s’agit maintenant de l’autel des sacrifices au milieu du parvis intérieur : sa description, ses mesures, enfin les instructions concernant son service.

Beaucoup se sont étonnés de retrouver des sacrifices dans le temple futur, croyant y voir une contradiction avec la pleine suffisance de l’oeuvre de Christ. En effet, l’épître aux Hébreux affirme qu’il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés. C’est pourquoi Jésus s’est présenté, offrant «une fois pour toutes… un seul sacrifice pour les péchés» (Héb. 10 v. 1…). Mais il ne s’agit pas ici d’un retour en arrière ; l’oeuvre parfaite du Seigneur à la croix sera la base de la bénédiction d’Israël comme elle assure celle de l’Église (Ps. 22 v. 23…). On peut donc comprendre qu’au lieu d’être «un acte remémoratif de péchés» comme ceux d’autrefois, les sacrifices brûlés sur cet autel serviront à rappeler celui de Christ à la croix. Souvenir visible, nécessaire au coeur oublieux de l’homme, ils seront en quelque mesure pour l’Israël de Dieu et le peuple qui naîtra ce que la cène est aujourd’hui pour les chrétiens (Ps. 22 v. 31).

 

48               Ézéchiel 44 v. 1 à 14

 

À l’exception du prince (qui sera comme le vice-Roi représentant le Christ en haut, sur la terre soumise et bénie), personne ne devra plus se servir de la porte par laquelle est entrée la gloire de l’Éternel. Nouveau contraste avec le chrétien ! Celui-ci a libre accès dans les lieux célestes où est son Sauveur, par le même chemin de résurrection.

Ézéchiel contemple la gloire qui remplit le sanctuaire, et tombe sur sa face comme au commencement (ch. 1 v. 28). Alors l’Éternel lui explique quelles obligations de sainteté découlent de Sa présence. Aucun étranger ne pourra pénétrer dans son temple. D’où la nécessité de veiller aux portes. L’Éternel désigne des gardes (v. 11). Ils se tiendront dans les chambres disposées à l’intérieur de chaque porte et vérifieront l’indentité de tous ceux qui voudront entrer. Ces fonctions reviennent aux Lévites. Ils avaient été «une pierre d’achoppement» pour les fils de leur peuple en les servant devant leurs idoles (v. 12 ; Mal. 2 v. 8, 9). La miséricorde de Dieu leur confie de nouveau une charge, mais moins importante que jadis. Leçon pour nous ! Nos infidélités comportent d’inévitables conséquences, non pour le service mais pour nous-mêmes et elles pourraient nous priver d’une partie de notre travail au profit d’autres ouvriers plus fidèles.

 

49               Ézéchiel 44 v. 15 à 31

 

Éléazar et Ithamar, fils d’Aaron, s’étaient partagé la sacrificature après la mort de leurs frères Nadab et Abihu (Nomb. 3 v. 4). Plus tard la branche issue d’Ithamar perdit ses droits à cause de la corruption des fils d’Éli et de la trahison d’Abiathar (1 Sam. 3 v. 12, 13 ; 1 Rois 1 v. 7, 8 ; 2 v. 27). Aussi est-il précisé que les sacrificateurs sont fils de Tsadok, de la famille d’Éléazar (1 Chron. 6 v. 50 à 53). Pas plus qu’autrefois cette charge ne s’obtiendra par des capacités personnelles, mais exclusivement par droit de naissance (Ps. 87 v. 5). Et il en est de même aujourd’hui des rachetés du Seigneur. En vertu de la nouvelle naissance, tous ont droit au beau titre de sacrificateur.

Mais, comme tout privilège, celui-ci entraîne également des devoirs. Les instructions données aux sacrificateurs sont très précises tant pour l’accomplissement de leur service que pour leur vie familiale (comp. Lév. 21). Ils devront veiller spécialement à la pureté, et c’est aussi notre responsabilité de nous tenir à l’abri de la souillure, nous qui sommes par grâce «une sainte sacrificature pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ» (1 Pier. 2 v. 5 ; v. aussi 1 Thess. 4 v. 4).

 

50               Ézéchiel 45 v. 1 à 17

 

L’offrande élevée est une portion de territoire qui sera réservée à l’Éternel dans le partage du pays. Les sacrificateurs y habiteront (v. 4). Les possessions des Lévites, de la ville et du prince sont ensuite délimitées. Car Dieu veille à ce qu’il ne puisse plus y avoir d’oppression ni d’injustice en Israël (comp. v. 9 et ch. 46 v. 18).

Le même nom d’offrande élevée s’applique aux dons que les Israélites feront à l’Éternel proportionnellement au revenu de leurs champs et de leurs troupeaux (comp. Lév. 27 v. 30). Comme chrétiens sous la grâce, nous ne sommes pas astreints à verser telle partie de ce que nous possédons. Aurions-nous pour cela moins d’empressement à donner pour le service du Seigneur ?

Les différents sacrifices ordonnés par le Lévitique se retrouvent aux v. 15 à 17. L’holocauste nous rappelle que Christ s’est offert à Dieu en parfum de bonne odeur (Éph. 5 v. 2). L’offrande de gâteau parle de sa vie de souffrance et de dévouement. Dans le sacrifice de prospérités nous pouvons nous nourrir de Christ assurant toutes nos bénédictions et devenant ainsi la base du culte. Enfin le sacrifice pour le péché présente la sainte Victime envoyée par Dieu pour être la propitiation pour nos péchés (1 Jean 2 v. 2 ; 4 v. 10).

 

51               Ézéchiel 45 v. 21 à 25 ; 46 v. 1 à 11

 

Le ch. 45 se termine sur les instructions concernant la Pâque, première des trois grandes fêtes annuelles (Deut. 16). Dorénavant chaque Israélite pourra comprendre sa signification précieuse et penser à l’Agneau de Dieu dont le sang l’a mis à l’abri du jugement. La seconde fête, celle de la Pentecôte n’est pas mentionnée ici, et nous comprenons pourquoi : elle concerne l’Église dont la part est céleste et n’a pas sa place dans ce tableau du règne terrestre. Par contre il est question au v. 25 de la troisième solennité simplement appelée «la fête». Il s’agit des Tabernacles, mais il en est dit ici très peu de chose puisqu’elle préfigurait le millénium, lequel sera arrivé.

Le ch. 46 fixe les cérémonies du sabbat et de la nouvelle lune, ainsi que les obligations du prince à leur sujet.

L’importance et la précision de cette vision prophétique nous ont peut-être surpris. Mais, répétons-le, après avoir été tellement déshonoré en Israël, il est juste que Dieu s’étende avec satisfaction sur ce culte futur par lequel, enfin, Il sera glorifié sur la terre. Et Il veut nous en réjouir avec Lui, nous qui déjà Lui offrons la louange comme étant son peuple céleste.

 

52               Ézéchiel 47 v. 1 à 12

 

Dans ce temple de l’avenir, il reste au prophète à considérer un merveilleux détail. De dessous le seuil, comme du trône même de Dieu, jaillit une source fraîche, puissante, intarissable. Elle coule en s’élargissant (bien qu’il ne soit pas question d’affluents) et Ézéchiel, longeant la rivière avec son compagnon céleste, est invité à la traverser de mille en mille coudées. Bientôt il cesse d’avoir pied : ce sont «des eaux où il fallait nager».

Image précieuse de ce fleuve de la grâce qui jaillit pour nous du saint Lieu. Comme le prophète, nous apprenons à en apprécier la profondeur au fur et à mesure que nous avançons dans notre carrière chrétienne, jusqu’à réaliser que cette grâce est insondable (2 Pier. 3 v. 18).

Ce fleuve extraordinaire coulera vers l’Orient, apportant la vie et la fertilité dans la région actuellement la plus désolée du globe : celle de la mer Morte (v. 8 ; comp. Joël 3 v. 18 et Zach. 14 v. 8) ; cette dernière sera rendue saine et poissonneuse ; le désert changé en sources jaillissantes (Ésa. 41:18) ; rien ne rappellera plus la malédiction de Sodome. Ainsi la grâce divine et vivifiante produit du fruit pour Dieu partout où elle se répand, comme elle le fait dans notre propre coeur (Jean 7 v. 38).

 

53               Ézéchiel 47 v. 13 à 23 ; 48 v. 1 à 7

 

Les frontières d’Israël sont délimitées, et, dans ce cadre, chaque tribu reçoit son héritage : une bande droite s’étendant de la Méditerranée bien au delà du Jourdain (jusqu’à l’Euphrate, conformément aux promesses divines enfin réalisées : Ex. 23 v. 31 ; Jos. 1 v. 4). En comparant ce partage du pays avec le tracé compliqué des frontières primitives par Josué et ses émissaires (voir Jos. 18), nous admirons combien tout est simple quand c’est Dieu qui l’établit ! Chaque territoire étant régulièrement réparti, il n’y aura plus ni jalousies ni contestations (lire Jos. 17 v. 14). Et comme pour devancer ces dernières, l’Éternel précise Lui-même que Joseph aura deux parts (v. 13, réalisation de Gen. 48 v. 5). Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé avaient jadis choisi leur lot à part des autres tribus. Ils demeurent à présent au milieu de leurs frères dans les limites que l’Éternel a fixées pour eux (ch. 48 v. 4, 6 et 27). Plus de division non plus entre Juda et les dix tribus. D’entre celles-ci, les unes habitent au nord, les autres au sud, de part et d’autre de la «sainte offrande élevée», réalisant désormais le v. 1 du Ps. 133 : «Voici qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble».

 

54               Ézéchiel 48 v. 20 à 35

 

On a souvent comparé ce livre d’Ézéchiel à celui de l’Apocalypse. L’un et l’autre commencent par une vision glorieuse et solennelle, continuent par des jugements à venir, et s’achèvent sur un tableau du bienheureux règne à venir. Mais Ézéchiel envisage ces événements sous leur côté terrestre : par rapport à Israël. L’Apocalypse, au contraire, présente d’une manière symbolique dans ses derniers chapitres ce qui concerne l’Église et son avenir céleste. La sainte Cité, décrite et mesurée en Apoc. 21 en est la figure. Elle correspond dans le ciel à la Jérusalem terrestre de nos v. 30 à 35 ; elle aussi a douze portes portant les noms des douze tribus d’Israël (Apoc. 21 v. 12 ; comp. également ce qui est dit du fleuve au ch. 47 v. 1 et 12 avec Apoc. 22 v. 1, 2).

Le beau nom que porte dorénavant la ville : l’Éternel est là (v. 35) nous rappelle que la nouvelle Jérusalem sera «l’habitation de Dieu» (Apoc. 21 v. 3) ; plus encore : que la grande pensée de Dieu en Christ est d’être finalement «tout en tous» (1 Cor. 15 v. 28). Qu’Il ait sa demeure dès à présent dans chacun de nos coeurs !