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Chaque Jour les Écritures

 

 

Livre du prophète Jérémie

 

 

 

Table des matières :

1     Jérémie 1 v. 1 à 19

2     Jérémie 2 v. 1 à 18

3     Jérémie 2 v. 19 à 37

4     Jérémie 3 v. 11 à 25 ; 4 v. 1 à 2

5     Jérémie 5 v. 1 à 6 et 20 à 31

6     Jérémie 6 v. 16 à 30

7     Jérémie 7 v. 1 à 20

8     Jérémie 8 v. 1 à 22

9     Jérémie 9 v. 1 à 9 et 17 à 26

10      Jérémie 10 v. 1 à 25

11      Jérémie 11 v. 1 à 23

12      Jérémie 12 v. 1 à 17

13      Jérémie 13 v. 1 à 27

14      Jérémie 14 v. 1 à 22

15      Jérémie 15 v. 1 à 21

16      Jérémie 16 v. 1 à 21

17      Jérémie 17 v. 1 à 11

18      Jérémie 17 v. 12 à 27

19      Jérémie 18 v. 1 à 23

20      Jérémie 19 v. 1 à 15

21      Jérémie 20 v. 1 à 18

22      Jérémie 21 v. 1 à 14

23      Jérémie 22 v. 1 à 12

24      Jérémie 22 v. 13 à 30

25      Jérémie 23 v. 1 à 15

26      Jérémie 23 v. 16 à 40

27      Jérémie 24 v. 1 à 10

28      Jérémie 25 v. 1 à 14

29      Jérémie 26 v. 1 à 11

30      Jérémie 26 v. 12 à 24

31      Jérémie 27 v. 1 à 11

32      Jérémie 27 v. 12 à 22

33      Jérémie 28 v. 1 à 17

34      Jérémie 29 v. 1 à 14

35      Jérémie 29 v. 15 à 32

36      Jérémie 30 v. 1 à 24

37      Jérémie 31 v. 1 à 14

38      Jérémie 31 v. 15 à 26

39      Jérémie 31 v. 27 à 40

40      Jérémie 32 v. 1 à 15

41      Jérémie 32 v. 16 à 28 et 36 à 44

42      Jérémie 33 v. 1 à 18

43      Jérémie 34 v. 8 à 22

44      Jérémie 35 v. 1 à 11

45      Jérémie 35 v. 12 à 19

46      Jérémie 36 v. 1 à 15

47      Jérémie 36 v. 16 à 32

48      Jérémie 37 v. 1 à 21

49      Jérémie 38 v. 1 à 13

50      Jérémie 38 v. 14 à 28

51      Jérémie 39 v. 1 à 18

52      Jérémie 40 v. 1 à 10

53      Jérémie 40 v. 11 à 16 ; 41 v. 1 à 10

54      Jérémie 41 v. 11 à 18 ; 42 v. 1 à 6

55      Jérémie 42 v. 7 à 22

56      Jérémie 43 v. 1 à 13

57      Jérémie 44 v. 1 à 10

58      Jérémie 44 v. 11 à 23

59      Jérémie 44 v. 24 à 30 ; 45 v. 1 à 5

60      Jérémie 46 v. 1 à 19

61      Jérémie 46 v. 20 à 28 ; 47 v. 1 à 7

62      Jérémie 48 v. 1 à 27

63      Jérémie 49 v. 1 à 22

64      Jérémie 49 v. 23 à 39

65      Jérémie 50 v. 1 à 16

66      Jérémie 50 v. 17 à 32

67      Jérémie 51 v. 27 à 46

68      Jérémie 51 v. 47 à 64

69      Jérémie 52 v. 1 à 16

70      Jérémie 52 v. 17 à 34

 

 

1                    Jérémie 1 v. 1 à 19

 

Le livre de Jérémie nous ramène au temps des derniers rois de Juda avant la captivité. L'apparition d'un prophète est toujours l'indice du mauvais état du peuple d'Israël, mais aussi une preuve de la grâce de Dieu. Dès avant sa naissance, l'Éternel avait mis à part ce jeune sacrificateur pour le service auquel il le destinait (comp. Gal. 1 v. 15). Timide, Jérémie commence par résister à l'appel de Dieu: «Je suis un enfant». Ne parle pas ainsi, lui répond l'Éternel. Qu'importent tes capacités, du moment que tu ne dis et ne fais rien d'autre que ce que je te commande. C'est ce que nous exprimons quand nous chantons: — Notre impuissance même est notre sûreté, — Qui ne veut rien sans Lui peut tout en Sa bonté. — Pour encourager son jeune messager, Dieu lui donne deux visions remarquables: Le bâton d'amandier («l'arbre qui veille») rappelle la verge d'Aaron qui jadis avait bourgeonné, fleuri et mûri des amandes (Nomb. 17 v. 8) et confirme la décision de ce Dieu vigilant et fidèle. Il faut donc se hâter d'avertir le peuple et le presser de se repentir, car le pot bouillant annonce la menace imminente d'ennemis venant du nord. Tâche difficile! Mais Jérémie reçoit la force d'en haut (v. 18) avec une promesse: «Moi je suis avec toi» (v. 19; voir aussi ch. 15 v. 20).

 

2                    Jérémie 2 v. 1 à 18

 

Les premiers mots que l'Éternel met dans la bouche de Jérémie sont destinés à regagner le cœur de son peuple oublieux… trop fidèle image de notre propre cœur! Et c'est comme si le Seigneur nous demandait avec tendresse: Te souviens-tu de cet heureux temps qui a suivi ta conversion? Comme tu brûlais alors de zèle et de reconnaissance! Certes, tu marchais dans ce monde comme dans un désert, «un pays non semé». Mais je te suffisais alors pleinement. Si tu as oublié ce temps-là, moi j'en ai gardé le souvenir. Car elle m'était agréable, cette ardeur de tes affections, cette joie de ton premier amour (Apoc. 2 v. 4).

Hélas! dit l'Éternel, «mon peuple a changé sa gloire contre ce qui n'est d'aucun profit» (v. 11, et 8 fin). Soyez franc, lecteur qui, peut-être, vous êtes éloigné du Seigneur, cela vous a-t-il profité? Il est «la source des eaux vives»; quelle folie de l'abandonner pour se creuser «des citernes crevassées qui ne retiennent pas l'eau»! Ou pour aller boire aux fleuves de l'Égypte et de l'Assyrie, figures du monde (v. 18). Car «quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif»; mais celui qui boit de l'eau que Jésus donne, n'aura plus soif à jamais (Jean 4 v. 10, 13, 14).

 

3                    Jérémie 2 v. 19 à 37

 

L'abandon du premier amour est toujours le point de départ, caché d'abord, de beaucoup d'autres maux. Dieu avait appelé Israël hors d'Égypte pour Le servir (Ex. 4 v. 23). Et voilà ce peuple qui lui déclare effrontément: «Je ne servirai pas» (v. 20; comp. en Néh. 3 v. 5 l'exemple des chefs thekohites). Eh bien! C'est aussi la triste réponse de nombreux chrétiens à Celui qui les a sauvés, même s'ils n'osent pas le formuler à haute voix! Nous pouvons leur affirmer qu'ils se trompent eux-mêmes. Car il est impossible de ne pas servir un maître. Refuser l'obéissance au Seigneur, c'est tomber dans l'esclavage des idoles (v. 28).

Allant plus avant dans sa rébellion contre l'Éternel, ce méchant peuple lui a délibérément tourné le dos (v. 27). Avec une ingratitude inqualifiable, il a oublié Celui qui ne lui avait fait que du bien (v. 32). Pauvre peuple! Dieu cherche à lui ouvrir les yeux. Il l'invite à se retourner et à considérer les traces sinueuses qu'il a laissées derrière lui (v. 23; voir ch. 14 v. 10). Chers amis chrétiens, il est nécessaire aussi quelquefois de faire le point et de considérer nos voies. Que de faux pas, de détours, d'impasses où nous nous sommes égarés parce que nous n'avons pas voulu suivre le chemin tout droit et tout simple de la volonté du Seigneur!

 

4                    Jérémie 3 v. 11 à 25 ; 4 v. 1 à 2

 

Ce chapitre 3 représente Israël comme une épouse infidèle, ayant oublié les liens qui l'unissent à l'Éternel son Époux. Et dans ce chemin d'iniquité, Juda est allée plus loin encore que les dix tribus d'Israël, ajoutant à son infidélité la perfidie : sa trahison est aggravée d'hypocrisie. Pourtant nous sommes ici historiquement sous le règne du pieux Josias. Mais le cœur du peuple n'a pas réellement suivi son roi dans le réveil dont celui-ci avait donné le signal (voir v. 10 et 2 Chron. 34 v. 33). Juda a fait semblant de revenir à l'Éternel. Telle est sa perfidie, pire aux yeux de Dieu que l'abandon pur et simple.

Combien sont touchants ces appels: «Reviens, reviens à moi»; «revenez, fils infidèles», «je suis bon»; je vous guérirai (v. 12, 14; 4 v. 1)! Mais que de temps, que de siècles sont inclus dans les petits points de suspension du v. 22 entre l'appel de Dieu et la réponse du peuple! Car cette réponse d'Israël, Dieu l'attend encore maintenant!

«Je vous ai fiancés à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste», écrira Paul aux Corinthiens (2 Cor. 11 v. 2). Une telle relation avec le Seigneur implique des cœurs non partagés. Plus privilégiée qu'Israël, l'Église, l'Épouse de Christ, objet d'un amour si grand, est plus responsable encore de Lui garder ses affections.

 

5                    Jérémie 5 v. 1 à 6 et 20 à 31

 

En dépit de belles professions de foi, il faudrait se donner beaucoup de peine pour trouver dans Jérusalem «quelqu'un qui fasse ce qui est droit, qui cherche la fidélité» (v. 1; voir aussi Ez. 22 v. 30). Le Dieu de miséricorde serait prêt à pardonner à la ville coupable à cause d'un seul homme (v. 1; comp. Gen. 18 v. 23…). Malheureusement cette fidélité, agréable à Dieu, ne s'est trouvée ni parmi les gens du peuple, ni parmi les grands, mieux enseignés, donc plus responsables (comp. Ps. 62 v. 9). La fin du chapitre le confirme tristement, ainsi d'ailleurs que toute l'histoire de Jérémie.

«Ce sont de pauvres gens… des fous» (v. 4). N'est-ce pas également ce qui peut être dit des foules qui aujourd'hui vont insconscientes à la perdition?

En vain l'Éternel a châtié son peuple. «Ils n'en ont pas ressenti de douleur… ils ont refusé de recevoir la correction… ils ont refusé de revenir» (v. 3; Soph. 3 v. 2). Que peut faire un médecin quand son malade, prétextant qu'il ne souffre pas, refuse de prendre ses médicaments? Ne nous dérobons jamais à cette correction nécessaire. Et conservons une conscience très sensible à ce que le Seigneur veut nous dire par ce moyen. Sinon «que ferez-vous à la fin?» demande le prophète (v. 31).

 

6                    Jérémie 6 v. 16 à 30

 

Peu à peu le prophète a changé de ton. Aux accents de l'amour divin succèdent ceux de la colère. L'Éternel s'apprête à «visiter» son peuple en jugement (v. 6, 15; Es. 10 v. 3). Il se servira d'un ennemi venant du nord (v. 22) comme le prédisait le chaudron fumant du ch. 1, prêt à déverser son contenu redoutable et à inonder le pays d'Israël. Mais un nouvel appel de grâce s'intercale entre ces châtiments. Ecoutons-le; il s'adresse à chacun: «Tenez-vous sur les chemins, et regardez, et enquérez-vous touchant les sentiers anciens, quelle est la bonne voie; et marchez-y et vous trouverez du repos pour vos âmes» (v. 16; 7 v. 23). Ces anciens sentiers de fidélité et de séparation du monde ne sont pas les plus faciles; on y marche parfois tout seul. Mais ce sont les sûrs chemins d'autrefois, tracés et éprouvés par ceux qui nous ont devancés, des «sentiers de force où le bonheur abonde, où tout est paix malgré l'aride lieu». Refusons les chemins plus larges et plus agréables qui s'offrent à nous. Recherchons avec soin cette «bonne voie», ces «sentiers de justice» (Ps. 23 v. 3) et de vérité, dans notre «guide» qui est la Parole de Dieu. Et marchons-y!

 

7                    Jérémie 7 v. 1 à 20

 

L'Éternel envoie Jérémie à la porte du temple pour y prononcer un discours sévère. Car malgré son état de rébellion, le peuple de Jérusalem se vantait bruyamment de posséder «le temple de l'Éternel» et continuait d'y pratiquer un culte de pure forme. Quelle inconséquence! Ce qui faisait la valeur de ce temple n'était-ce pas Celui qui l'habitait (Matt. 23 v. 21)? Or ils Le reniaient par leurs actions méchantes dont le v. 9 nous donne une liste affreuse. Ils foulaient aux pieds presque toute la loi de Dieu tout en ne craignant pas de se tenir devant Lui dans sa maison (v. 10). Ils faisaient de celle-ci une caverne de voleurs (v. 11 cité par le Seigneur) et la souillaient de leurs abominations (v. 10). La chrétienté professante offre aujourd'hui le même double tableau: respect de formes extérieures, mais tragique absence de vie intérieure (Apoc. 3 v. 1). Et chacun de nous, s'il ne veille pas, est exposé à ce danger: se contenter des formes de la piété et en renier la puissance… qui est l'amour pour le Seigneur (2 Tim. 3 v. 5). Dieu veut de la réalité dans nos vies. C'est l'outrager que de faire état de relations avec lui quand on ne s'est pas d'abord séparé du mal.

Longtemps l'Éternel a parlé et le peuple a refusé d'écouter. À présent c'est Lui qui refuse d'entendre, même la prière du prophète (v. 16).

 

8                    Jérémie 8 v. 1 à 22

 

Le ch. 5, v. 3 nous a montré qu'Israël ne sentait même plus les coups dont l'Éternel avait dû le frapper. Ici nous voyons ses responsables panser eux-mêmes «légèrement» les blessures et prétendre à la paix que Dieu ne pouvait pas leur donner (v. 11; 6 v. 14). Pourtant le baume de Galaad (la grâce) était à leur disposition ainsi que le fidèle Médecin qui savait comment l'appliquer (v. 22; comp. Matt. 9 v. 12). Il y a là une leçon pour le croyant que Dieu discipline. Si nous acceptons de la main du Seigneur les épreuves qui nous sont nécessaires, laissons-le aussi bander lui-même les plaies qu'il a permises (Job 5 v. 18). Ne cherchons pas à les guérir superficiellement par nos propres ressources.

Le prophète ajoute au v. 12: «Ils n'ont eu même aucune honte»… c'est le propre d'une conscience endurcie (Soph. 3 v. 5 fin). Une indifférence totale quant au mal qu'il a commis caractérise ce pauvre peuple.

Le v. 20 peut être souligné en ce début de septembre où les moissons sont terminées, où l'été s'achève. Il y a un temps favorable pour être sauvé: c'est aujourd'hui. Bientôt le Seigneur va rassembler les épis mûrs de sa grande moisson d'âmes. Alors l'été finira. Quel terrible réveil pour ceux qui devront dire: «Nous ne sommes pas sauvés»!

 

9                    Jérémie 9 v. 1 à 9 et 17 à 26

 

Tout comme au temps de Jérémie, le peuple de Dieu aujourd'hui compte beaucoup de blessés à mort (v. 1). Si nous en connaissons, apportons-les par la prière au grand Médecin qui a le pouvoir de les guérir (ch. 8 v. 22).

Ce ch. 9 exprime l'indicible douleur du prophète. Parler sévèrement à ce peuple ne l'empêche pas d'être excessivement affligé à son sujet. Il souffre certes en pensant à l'état d'Israël et au châtiment qui le menace, mais surtout à cause du déshonneur jeté sur le nom de l'Éternel. Si nous aimions davantage le Seigneur, nous aurions aussi plus de tristesse en constatant l'ingratitude et l'indifférence qui, si souvent, répondent à son amour.

Méditons les importants v. 23 et 24 (cités en 1 Cor. 1 v. 31). Il est dans la nature de chacun d'être fier de ses capacités et de se vanter de ce qu'il possède. Le sportif fera valoir ses exploits, ses muscles et sa souplesse; le bon élève ses succès scolaires; l'automobiliste, sa voiture plus puissante que celle de son voisin. Eh bien! La seule chose dont Dieu nous permette de nous glorifier c'est de Le connaître (Ps. 20 v. 7; 2 Cor. 10 v. 17). Apprécions-nous à sa valeur notre relation avec le Seigneur Jésus? Ou nous arrive-t-il quelquefois d'en avoir honte?

 

10               Jérémie 10 v. 1 à 25

 

S'il existe un ancien et bon chemin dont nous avons à nous enquérir (ch. 6 v. 16), il en est un autre que nous devons nous garder d'apprendre (v. 2): celui des nations, autrement dit du monde. En fait, tous nos contacts avec celui-ci tendent à nous imprégner de ses façons de vivre et de penser. Nous ne pouvons évidemment pas nous soustraire à ces contacts, et certains parmi nous y sont plus particulièrement exposés à cause de leurs occupations. Mais n'ayons en tout cas aucune curiosité ni intérêt pour «ces choses qui sont dans le monde» (Rom. 16 v. 19 fin). L'exemple de Dina en Gen. 34 v. 1 constitue un avertissement sérieux. Méfions-nous de certaines compagnies, de certains livres, prêts à nous instruire de ce dangereux chemin-là. Nous n'ignorons pas où il conduit ceux qui le suivent (Matt. 7 v. 13). Ce qui caractérise les nations au temps de Jérémie (de même que le monde actuel) c'est le service des idoles. Dieu déclare ce qu'il en pense et le fait dire à ces nations au v. 11 dans leur propre langue (ce verset est écrit en araméen).

Le v. 23 nous rappelle une double vérité: Le jour de demain n'est pas à nous pour en disposer (Jac. 4 v. 13). Et nous ne sommes pas capables de diriger nos propres pas. Jérémie savait cela. Chacun de nous l'a-t-il appris?

 

11               Jérémie 11 v. 1 à 23

 

Sous le règne de Josias, Hilkija le sacrificateur (certains admettent qu'il était le père de Jérémie: voir ch. 1 v. 1) avait retrouvé le livre de la loi au cours des travaux de restauration du temple (2 Chron. 34 v. 14). Ce livre comprenait le Deutéronome où toutes les conséquences de l'inobservation de l'alliance étaient annoncées dans son redoutable ch. 28 (voir en particulier le v. 64). Effrayé, Josias s'était empressé au nom du peuple de renouveler cette alliance (2 Rois 22 v. 8…; 23 v. 1 à 3). Or notre chapitre nous montre comme celle-ci a été violée de plus belle! Il n'y a plus de remède (2 Chron. 36 v. 16 fin). Dieu ferme dorénavant son oreille aux prières et enjoint au prophète de ne plus intercéder pour le peuple (v. 14 et 7 v. 16).

Jérémie est le représentant d'un résidu fidèle, persécuté. Mais à travers lui nous évoquons l'Agneau plein de douceur, objet des complots pour le détruire «avec son fruit», «afin qu'on ne se souvienne plus de son nom» (v. 19; comp. Gen. 37 v. 18; Luc 10 v. 3). Tel était le vain propos des hommes et celui de Satan qui les inspirait. Car la pensée invariable de Dieu est que soit à jamais honoré le beau Nom de Jésus (Phil. 2 v. 9). Et nous y répondons, toutes les fois que nous mangeons le pain et que nous buvons la coupe, en mémoire de Lui (1 Cor. 11 v. 25, 26).

 

12               Jérémie 12 v. 1 à 17

 

Ce ch. 12 nous rapporte un entretien de l'Éternel avec Jérémie. Il ne s'agit pas cette fois d'une prière du prophète en faveur d'Israël, mais des questions douloureuses qu'il a sur le cœur et qu'il expose à Dieu dans l'amertume de son âme. Les hommes de la ville d'Anatoth, ses concitoyens, avaient été jusqu'à le menacer de mort s'il ne se taisait pas (ch. 11 v. 21). Le v. 6 nous apprend que la famille même de Jérémie avait agi perfidement à son égard et crié contre lui «à plein gosier» (comp. Luc 4 v. 24 à 26). Il y avait de quoi lui faire perdre courage. Mais l'Éternel comprend le trouble de son serviteur (son propre peuple ne l'a-t-il pas aussi trahi?). Et il lui explique ce qu'il est obligé de faire: abandonner le temple souillé, délaisser Israël, son héritage et le livrer à ses ennemis (v. 7). On peut penser quels sont les sentiments de Dieu en prenant de telles décisions. Afin de nous les faire mesurer, il emploie pour parler de son peuple l'expression la plus touchante: «le bien-aimé de mon âme».

Les nations agissaient comme de mauvais voisins; elles en subiraient les conséquences. Toutefois Dieu avait encore des bénédictions en réserve pour Israël et aussi pour ces nations si elles apprenaient Ses voies.

 

13               Jérémie 13 v. 1 à 27

 

L'Éternel donne un signe à Jérusalem: cette ceinture qu'il doit successivement porter sur lui sans jamais la laver; aller enfouir près de l'Euphrate à plus de 400 kilomètres; enfin retourner prendre, pour constater alors qu'elle n'est plus bonne à rien. Puis Il lui en explique la signification spirituelle. La ceinture est un ornement; elle a sa place près du cœur; de plus elle faisait partie du vêtement des sacrificateurs (Ex. 28 v. 40; et Jérémie en était un). Ainsi Dieu s'était-il étroitement attaché ce peuple qui devait rehausser Sa gloire et le servir. Mais l'orgueil et le culte des idoles avaient rendu Jérusalem et Juda aussi souillés et inutiles que peut l'être une ceinture pourrie. Comme celle-ci, ils seront transportés sur les bords de l'Euphrate, à Babylone (fin du v. 19). À moins qu'ils ne s'humilient, ce dont les plus haut placés, le roi et la reine, sont invités à donner l'exemple. Le v. 23 nous rappelle que le péché marque l'homme d'une manière indélébile. Nous ne pouvons pas plus nous en défaire qu'un Éthiopien n'est en mesure d'éclaircir sa peau ou un léopard d'effacer ses taches. Mais, par la vertu du sang de Christ, Dieu peut ôter les péchés et donner un cœur nouveau. C'est ce qui arriva précisément à un Ethiopien dont le ch. 8 des Actes nous raconte la conversion.

 

14               Jérémie 14 v. 1 à 22

 

Dieu parle à Israël, non seulement par la voix de Jérémie, mais aussi en lui envoyant la sécheresse et la famine. Le prophète — malheureusement il est seul à le faire — confesse les iniquités de son peuple et supplie l'Éternel pour lui. Dans son amour pour ce peuple, il ne peut se résoudre à ne plus prier pour lui. Il n'a aucun argument à faire valoir en sa faveur. Alors il demande: «Agis à cause de ton nom» (v. 7 et 20, 21; Ez. 20 v. 9; Dan. 9 v. 19). Tel est bien le motif le plus élevé pour demander à Dieu d'intervenir. En son temps, Josué a aussi fait valoir ce même argument : «Que feras-tu pour ton grand nom?» (Jos. 7 v. 9). De notre côté tout est misère. Que pouvons-nous invoquer pour faire agir le bras de Dieu? Une seule chose: le nom de Jésus. Lui-même nous en a révélé le merveilleux pouvoir (Jean 15 v. 16). Le Père ne peut pas ne pas répondre aux prières qui lui sont adressées en ce Nom qu'il aime. Et «si nous confessons nos péchés, ce que le peuple ne veut pas faire, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité» (1 Jean 1 v. 9).

Les v. 10 à 19 parlent de faux prophètes qui rassurent le peuple par des mensonges. Ils subiront eux-mêmes, avec ceux qui les écoutent, le châtiment auquel ils ont refusé de croire (v. 15).

 

15               Jérémie 15 v. 1 à 21

 

Une nouvelle fois l'Éternel prévient Jérémie qu'Il ne peut agréer son intercession. Moïse et Samuel eux-mêmes, dont nous connaissons la vie de prière et leur amour pour Israël, ne pourraient plus rien dans l'état actuel de ce pauvre peuple (voir Ps. 99 v. 6). Jérémie est au bord du désespoir (v. 10). Il prend Dieu à témoin de sa fidélité: «Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées» (comp. Ps. 119 v. 103). Le livre de la loi avait en effet été retrouvé dans le temple et le jeune sacrificateur en avait fait ses délices. Enfants de Dieu, puissions-nous comme Jérémie trouver tous les jours dans la Bible la nourriture de notre âme et en même temps la joie de notre cœur. Paul rappelait à Timothée qu'un bon serviteur du Christ Jésus doit être nourri dans les paroles de la foi et de la bonne doctrine (1 Tim. 4 v. 6).

L'Éternel encourage son fidèle mais craintif témoin qui, pour Lui, «porte l'opprobre» (v. 15; Ps. 69 v. 7) et il lui promet de le délivrer. Il l'invite à séparer ce qui est précieux de ce qui est vil. Un disciple de Jésus doit avoir une conscience délicate pour discerner le bien et le pratiquer, pour juger le mal et s'en séparer (comp. aussi 1 Pier. 3 v. 10 à 12). C'est à cette condition seulement qu'il pourra parler comme la bouche ou l'oracle de Dieu (v. 19).

 

16               Jérémie 16 v. 1 à 21

 

Parce que lui-même est précieux aux yeux de l'Éternel, Jérémie a été invité à se tenir séparé de ce qui est vil (ch. 15 v. 19) c'est-à-dire de ce peuple méchant. Il est impossible de se mêler au mal et de rendre en même temps témoignage contre ceux qui le pratiquent. Dieu ne permet même pas à ce jeune homme de fonder une famille dans un tel lieu. Tout ceci pour bien montrer qu'il ne peut plus y avoir d'installation durable dans Jérusalem à la veille du jugement qui la menace. De plus — et ceci nous parle à tous — Jérémie doit s'abstenir en vrai Nazaréen, de toute communion avec les festins et les réjouissances d'un peuple condamné. Mais ce n'est certainement pas une grande privation pour quelqu'un qui trouve ses joies dans la Parole de son Dieu (ch. 15 v. 16). Plus le Seigneur et sa Parole feront notre bonheur, moins nous aurons envie de goûter aux plaisirs trompeurs que le monde peut offrir.

Les v. 10 à 21 mentionnent: le châtiment de l'Éternel sur son peuple; le motif de ce châtiment; mais aussi la promesse d'une future restauration (v. 15). La puissante intervention de l'Éternel par des «pêcheurs» et des «chasseurs» pour ramener les fils d'Israël aura pour effet de Le faire reconnaître aussi par les nations (v. 19).

 

17               Jérémie 17 v. 1 à 11

 

Le péché de Juda est encore plus tenace que les taches du léopard ; il est comme buriné sur son cœur avec une pointe de fer : qui pourrait l’en effacer ? Pour faire prendre conscience à l'homme de sa condition de pécheur invétéré, Dieu emploie dans sa Parole différents langages: l'exemple du peuple d'Israël et de sa faillite morale; le don de sa loi sainte, la vie parfaite de Christ ici-bas (faisant par contraste ressortir la méchanceté de l'homme), enfin comme ici des déclarations directes et irréfutables. Le v. 9 affirme que le cœur humain est foncièrement pervers et incorrigible: «trompeur par-dessus tout et incurable». Sentence qu'il nous faut graver définitivement dans notre pensée; nous serons ainsi gardés d'accorder la moindre confiance à ce pauvre cœur — le nôtre aussi bien que celui d'autrui — et nous nous épargnerons bien des déceptions. Réalisons plutôt le v. 7: «Béni l'homme qui se confie en l'Éternel», avec l'heureuse portion qui en résulte (comp. le v. 8 avec le Ps. 1 v. 3). Abreuvé à la source intarissable, un tel homme ne redoute ni chaleur ni sécheresse; il ne s'en aperçoit même pas. «Enraciné en Lui» (Col. 2 v. 7) il ne craint pas et ne cesse de porter du fruit pour Dieu. Il réalise en effet la condition énoncée par le Seigneur Jésus: «Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-ci porte beaucoup de fruit; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire» (Jean 15 v. 5).

 

18               Jérémie 17 v. 12 à 27

 

Essayons d'écrire notre nom sur le sol (v. 13); il sera bientôt illisible. Combien d'insensés qui, sans penser à l'avenir, cherchent à se faire un nom sur une terre… qui va passer! Cher ami, c'est dans le livre de vie que votre nom doit être inscrit.

Et nous retrouvons la déclaration attristée du ch. 2 v. 13: «ils ont délaissé la source des eaux vives…». En Jean 6 v. 66 plusieurs disciples se retirent d'avec Jésus, lui qui précisément au chapitre suivant va se révéler comme cette source des eaux vives (ch. 7 v. 37).

La prière du v. 14 reconnaît que Dieu seul peut changer le méchant cœur de l'homme. «Guéris-moi… et je serai guéri; sauve-moi, et je serai sauvé». Au ch. 31 v. 18, Éphraïm demandera à son tour: «Convertis-moi, et je serai converti». — «Car c'est toi qui es ma louange», ajoute le prophète. Dans l'œuvre de notre salut tout est à la gloire de Dieu.

Dans le reste du chapitre l'Éternel rappelle ses instructions au sujet du sabbat. La loi avait été violée sur ce point comme sur les autres (ch. 7 v. 9). Un siècle plus tard, après le retour de Babylone, le fidèle Néhémie prendra à cœur cet enseignement des v. 21, 22 (Néh. 13 v. 15…). Il rappellera aux nobles de Juda que les malheurs du peuple avaient été la conséquence de l'infidélité de leurs pères à cet égard.

 

19               Jérémie 18 v. 1 à 23

 

Un nouvel enseignement attend Jérémie dans la maison du potier. Le premier vase qu'il voit fabriquer est à l'image du peuple. Comme la ceinture du ch. 13, ce vase a été, lui aussi, gâté, reconnu bon à rien (v. 4; 13 v. 7). Oui, Israël, et en réalité l'humanité tout entière, se trouve ainsi représentée. L'Artisan divin n'a rien pu faire du premier homme qu'il a formé d'argile. «Ils se sont tous ensemble rendus inutiles…» (Rom. 3 v. 12 et 23). Le péché a ruiné et corrompu toute la race humaine. Mais sur le tour du potier, voici que le travail reprend: un nouveau vase est façonné «comme il plut aux yeux du potier de le faire». Ce vase sans défaut porte nos pensées sur le second Homme, en qui Dieu a trouvé son plaisir. Selon les conseils de Dieu, Christ est venu remplacer la race d'Adam défaillante. Mais il n'est plus seul dorénavant. «Si quelqu'un est en Christ, c'est une nouvelle création» (2 Cor. 5 v. 17). Par la grâce de Dieu, le racheté peut devenir à son tour «un vase à honneur, sanctifié, utile au Maître, préparé pour toute bonne œuvre» (2 Tim. 2 v. 21; lire aussi Éph. 2 v. 10).

Le dialogue des v. 11 et 12 confirme l'état désespéré du peuple et justifie son rejet comme le vase gâté du potier.

 

20               Jérémie 19 v. 1 à 15

 

Jérémie est invité par l'Éternel à retourner dans la maison du potier. Non plus cette fois pour le regarder travailler, mais pour lui acheter un vase. Après quoi, prenant avec lui quelques-uns des anciens du peuple, il doit emporter ce vase dans la vallée des fils de Hinnom.

C'était un sinistre endroit que ce gué de Hinnom (qui a donné le mot géhenne) appelé aussi Topheth (v. 6). Des sacrifices humains y avaient été offerts à Baal du temps du roi Manassé (2 Chron. 33 v. 6; Jér. 7 v. 31). C'est pourquoi Josias l'avait souillé (2 Rois 23 v. 10). Dans ce lieu, témoin de ses affreux péchés, le peuple doit entendre des paroles terribles en même temps qu'est mis en pièces ce vase qui le représente lui-même. Jérémie se rend ensuite au temple et confirme la parole de l'Éternel aux oreilles de tout Jérusalem. Pensons au courage qui lui a été nécessaire pour condamner ainsi publiquement la conduite du peuple et lui annoncer l'irrévocable décision divine à son sujet. Il peut nous arriver de nous trouver isolés dans un milieu hostile et d'avoir à y rendre témoignage par nos actes et par nos paroles. Demandons au Seigneur de nous donner la même hardiesse.

 

21               Jérémie 20 v. 1 à 18

 

Dire la vérité au monde sur son état expose aussitôt à sa haine. Le prophète en fait durement l'expérience. Les complots que nous avons vu se tramer contre lui aux ch. 11 v. 19 et 18 v. 18 aboutissent cette fois. Jérémie est frappé et mis à la torture par les soins de Pashkhur. Qui était cet homme? Un des premiers sacrificateurs (v. 1), et de plus un de ces prophètes de mensonge (v. 6; ch. 14 v. 14) qui, à la différence de Jérémie, jouissait de toute la faveur du peuple. À son tour il faut que cet homme entende une prophétie de vérité prononcée contre lui.

Jérémie nous rappelle l'exhortation de Jac. 5 v. 10. Il est une figure du Seigneur Jésus. Seul à proclamer la vérité, haï et frappé à cause d'elle (et cela par un des sacrificateurs) «objet de dérision» et d'opprobre, la Parole de son Dieu est en lui «comme un feu brûlant» (v. 9). Il est étreint par l'amour qu'il porte et à l'Éternel et à son peuple. Malgré cela Jérémie reste loin du parfait Modèle! Il exprime de l'amertume, et, comme Job (ch. 3), il maudit le jour de sa naissance. La grâce envers ses ennemis n'apparaît pas en lui.

Lecteur, permettez-nous une question: Avez-vous été réellement saisi par le Seigneur? A-t-il été le plus fort (v. 7; comp. Phil. 3 v. 12)?

 

22               Jérémie 21 v. 1 à 14

 

Les prophéties de Jérémie ne nous sont pas rapportées dans l'ordre dans lequel elles ont été prononcées. Celle-ci nous transporte au temps du dernier règne de Juda. Attaqué par son voisin redoutable, Nebucadnetsar, le roi Sédécias a envoyé deux délégués au prophète pour le prier de consulter l'Éternel. De fait c'était bien ce qu'il avait de mieux à faire. Mais en réalité lui et son peuple recherchaient la délivrance sans repentance préalable, feignant d'ignorer cette condition indispensable. Car Dieu ne donne pas l'une sans l'autre. Après tout ce qu'avait dit Jérémie dans les précédents chapitres, une telle demande était presque de l'insolence. Aussi l'Éternel répond-il de la façon la plus sévère. Non seulement le roi de Babylone, mais Lui-même combattra contre Juda. Il va frapper d'une grande peste les hommes et les bêtes, comme autrefois les troupeaux des Égyptiens (Ex. 9 v. 1 à 7). Pourtant, à côté de ce chemin de la mort, il restait encore pour ce peuple un chemin de la vie… mais qui passait nécessairement par la confession de ses péchés et la soumission à la volonté de Dieu. Ce chemin est encore ouvert; chacun de nous s’y est-il engagé?

 

23               Jérémie 22 v. 1 à 12

 

Sur l'ordre de l'Éternel, Jérémie est tout aussi prêt à se rendre au palais royal qu'à l'humble maison du potier. Sa tâche est de nouveau difficile, car il s'agit d'avertir et d'exhorter personnellement le roi de Juda lui-même. Rendre témoignage devant un supérieur est particulièrement exerçant pour un jeune croyant. Mais, s'il compte sur le Seigneur, il sera toujours fortifié et béni en le faisant (lire Act. 26 v. 22).

Dieu avait jadis promis à David que si ses descendants prenaient garde à leur voie pour marcher avec Lui en vérité et de tout leur cœur, il ne manquerait pas d'un homme sur le trône d'Israël (1 Rois 2 v. 4). Hélas! Ni Shallum (ou Joakhaz, voir 2 Rois 23 v. 31, 32) ni ses frères Jehoïakim et Sédécias, ni Conia (Jehoïakin) n'ont rempli cette condition. Aussi seront-ils les quatre derniers rois de la dynastie de David avant la dispersion du peuple. Dans ces ch. 21 et 22, chacun d'eux est condamné nommément pour ses propres fautes. Aucun ne pourra dire qu'il supporte les conséquences des péchés de ses prédécesseurs (comp. ch. 31 v. 29). Aucun, non plus, qui n'a pas été averti, car le ministère du prophète s'est prolongée sous tous ces règnes (ch. 21 v. 7; 22 v. 11, 18, 24).

 

24               Jérémie 22 v. 13 à 30

 

«Ecoute la parole de l'Éternel, ô roi de Juda… toi et tes serviteurs, et ton peuple…» (v. 2). Mais c'est en vain que Jérémie a adressé à Jehoïakim cette invitation pressante. Dès sa jeunesse, quand tout allait bien, celui-ci avait décidé de ne pas écouter la voix de l'Éternel (d'après le v. 21 qui s'applique aussi à tout son peuple). Aussi voyez tous les mauvais fruits qui en sont la conséquence quand il est arrivé à l'âge de l'homme, avec toutes les responsabilités qui sont les siennes: injustice, manque de droiture, orgueil, malhonnêteté, tyrannie et violence (v. 13 et 17 où Jérémie n'hésite pas à dire à ce roi qu'il est un meurtrier). Pourtant Jehoïakim avait eu sous les yeux le bon exemple de son père Josias et les heureuses conséquences de sa marche fidèle (v. 15, 16)! Enfants de parents chrétiens, souvenez-vous de l'histoire de ce roi!

Le v. 14 mérite aussi toute notre attention. La recherche du luxe de la part d'un chrétien ne contredit-elle pas son caractère d'étranger et sa vocation céleste?

Il s'agit ensuite de Conia, jeune homme de 18 ans, qui n'a régné que trois mois avant d'être transporté à Babylone avec sa mère (2 Rois 24 v. 8…). Par de tels événements Dieu s'adressait alors au monde entier (v. 29). Ce châtiment public montrait qu'on ne bravait pas impunément sa volonté.

 

25               Jérémie 23 v. 1 à 15

 

Aux ch. 21 à 22 la parole de l'Éternel a condamné les derniers rois. En rélité tous les responsables de Juda, «tant le prophète que le sacrificateur» (v. 11), ont failli à leur mission. Au lieu de paître le peuple «en étant les modèles du troupeau» (1 Pier. 5 v. 3), ils ont été de mauvais pasteurs. Sous leur conduite déplorable, le troupeau a été négligé, détruit et dispersé (comp. Ez. 34 v. 4 à 6). Aussi Dieu se chargera-t-il de rassembler lui-même le reste de ce troupeau en lui donnant un autre Berger (Jean 10 v. 14). La famille royale d'Israël a complètement manqué. Mais Dieu suscitera dans cette même maison de David un Germe juste, un Roi divin: «L'Éternel notre justice» (comp. 1 Cor. 1 v. 30). Cette expression «le Germe» est employée cinq fois dans les Prophètes pour désigner le Seigneur Jésus. Ici et au ch. 33 v. 15: comme le Roi, caractère qui est le sien dans l'Évangile de Matthieu. En Zacharie: au ch. 3 v. 8 comme «mon serviteur, le Germe» et au ch. 6 v. 12 comme «un homme dont le nom est Germe», respectivement Christ dans les Évangiles de Marc et de Luc. Enfin en Es. 4 v. 2: comme «un germe de l'Éternel pour splendeur et pour gloire», en qui nous reconnaissons le Fils de Dieu présenté par l'Evangile de Jean.

 

26               Jérémie 23 v. 16 à 40

 

Parmi les mauvais bergers d'Israël, les prophètes étaient particulièrement coupables. Ils avaient bercé le peuple de la folle illusion que, malgré ses péchés, tout irait pour le mieux. Ils étaient menteurs. Ils avaient couru… sans que l'Éternel les envoie, parlé, mais pas comme oracles de Dieu (v. 21 et 38; 1 Pier. 4 v. 11). Une grande activité religieuse est loin d'être toujours la preuve et le résultat d'un bon état spirituel. Pour le chrétien maintenant, comme pour le prophète autrefois, il n'existe qu'une seule règle pour courir et pour parler: se tenir d'abord «dans le conseil secret de l'Éternel» (v. 18, 22), autrement dit dans la communion du Seigneur, pour connaître et faire sa volonté.

Au v. 23 une question est posée: «Suis-je un Dieu de près, dit l'Éternel, et non un Dieu de loin?». «Le Seigneur est proche» peut répondre l'apôtre (Phil. 4 v. 5). Chacun de nous en a-t-il fait l'expérience? La Parole de Dieu est un feu (v. 29). De la même manière que la flamme d'un chalumeau permet d'ôter les scories du métal, elle s'emploie à purifier notre âme en consumant les impuretés qui la souillent et qui l'étouffent (Prov. 25 v. 4). Elle est la «force motrice» du croyant, comme le foyer sous la chaudière (ch. 20 v. 5). Mais elle est aussi d'abord ce marteau, seul capable de briser une volonté rebelle.

 

27               Jérémie 24 v. 1 à 10

 

La vision du ch. 24 se situe à un moment où Nebucadnetsar a déjà transporté à Babylone une partie de Juda avec son roi Jéconias (ou Conia; ch. 22 v. 24). Deux paniers de figues apparaissent au prophète. Les premières sont splendides, excellentes; les autres affreuses et immangeables. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les mauvaises figues sont l'image des habitants de Juda demeurés dans le pays, tandis que celles qui sont très bonnes représentent les «transportés». L'Éternel fera prospérer et ramènera ces derniers au temps fixé. Bien que pénible, cet arrachement à leur pays et à leurs habitudes, est conforme à la volonté de Dieu et tournera à leur profit.

Parmi les promesses qui leur sont faites, la plus précieuse est certainement celle du v. 7: «Je leur donnerai un cœur pour me connaître». C'est par le cœur, et non par l'intelligence, que l'homme apprend à connaître Dieu.

Remarquons qu'il n'y a pas de troisième panier. D'une manière générale, il n'existe pas de position intermédiaire devant Dieu. Et parmi les hommes aujourd'hui, Il ne peut reconnaître de même que des vivants et des morts, des «enfants de lumière» et des «enfants de colère» (Éph. 2 v. 3; 5 v. 8). De quel côté nous trouvons-nous?

 

28               Jérémie 25 v. 1 à 14

 

Le ch. 25 revient en arrière, au règne de Jehoïakim. Il y avait vingt-trois ans déjà que Jérémie prophétisait. Dans son zèle et son amour pour le peuple, il se levait de bonne heure le matin pour lui adresser ses appels (v. 3). La patience de Dieu allait bientôt prendre fin. Chaque jour pouvait être le dernier. Aussi l'homme de Dieu se sentait-il pressé dès le matin d'aller délivrer son message. Et, détail remarquable, la même expression est employée souvent à propos de l'Éternel (ici au v. 4). Lui aussi se lève de bonne heure pour envoyer ses serviteurs. Sommes-nous prêts nous-mêmes à cette heure matinale où les tâches sont distribuées? Imitons le parfait Serviteur dont l'activité inlassable commençait dès le point du jour (Jean 8 v. 2) ou même avant (Marc 1 v. 35).

Dieu, dans sa grâce, fixe une durée limitée à cette déportation à Babylone : 70 années. Lorsque ce temps sera presque achevé, Daniel lira cette prophétie et en tiendra compte pour donner à Israël en captivité le signal et l'exemple de l'humiliation (Dan. 9 v. 2, 3).

Puis, jusqu'à la fin du chapitre, Dieu développe la déclaration du v. 14, montrant de quelle manière il s'apprête à châtier les nations qui n'ont pas craint d'asservir et d'opprimer son peuple.

 

29               Jérémie 26 v. 1 à 11

 

De nouveau ce chapitre nous ramène en arrière, de quatre ans par rapport au précédent (ch. 25 v. 1). Sur l'ordre de l'Éternel, Jérémie cette fois se rend au temple pour y prophétiser. Sans doute est-ce à l'occasion de l'une des trois fêtes annuelles où tous les Israélites montaient à Jérusalem. Le v. 2 permet de le penser. Quoiqu'il en soit, l'appel s'adresse à tout Juda et non plus seulement à ses chefs. Et «pas une parole» ne doit en être retranchée (comp. Act. 20 v. 27).

Combien le v. 3 est touchant! Il nous fait entrer dans les pensées de grâce de Dieu. Bien que sachant tout à l'avance, Il exprime son vœu le plus cher: «Peut-être qu'ils écouteront…» (voir aussi 36 v. 3 et 7).

Ce même peut-être traduit l'espoir du Maître de la parabole: «J'enverrai mon fils bien-aimé; peut-être que, quand ils verront celui-ci, ils le respecteront» (Luc 20 v. 13). Mais ils n'ont pas plus respecté le Fils que les prophètes qui l'ont précédé. Voyez l'accueil fait à Jérémie et par conséquent à Celui qui l'envoie. Quel aveuglement! Ces gens qui pourtant étaient venus se prosterner dans la maison de l'Éternel (v. 2) rejettent sa parole, se saisissent de son messager, le condamnent à mort dans cette même maison!

 

30               Jérémie 26 v. 12 à 24

 

Le fidèle témoin de l'Éternel n'est pas troublé par sa condamnation à mort, ni par la présence de tous ces gens hostiles assemblés contre lui. Il les exhorte encore une fois fermement à se repentir. Après quoi, sans crainte, il se remet entre leurs mains. Loin de s'attendrir sur son propre sort, c'est encore au peuple qu'il pense et à la terrible responsabilité que ce crime fera peser sur lui. En ceci Jérémie fait penser à Etienne intercédant pour ceux qui le lapidaient (Act. 7 v. 60) et tous deux nous rappellent le Seigneur Jésus (Luc 23 v. 28 et 34).

L'intervention des princes et des anciens délivre ici l'homme de Dieu. Mais ils auraient dû faire un pas de plus: craindre et implorer l'Éternel, comme Ezéchias précisément (v. 19). Il ne suffit pas de savoir citer un bel exemple, encore faut-il l'imiter.

Voyez comme la foule est influençable et versatile. Au v. 8 «tout le peuple» avait suivi les sacrificateurs pour s'écrier: «Tu mourras certainement». Mais, au v. 16, ce même peuple est de l'avis des princes pour dire: «cet homme ne mérite pas la mort».

L'histoire d'Urie poursuivi et frappé par Jehoïakim confirme le triste portrait qui nous a été fait de ce roi. Il est prompt à verser le sang innocent (ch. 22 v. 17).

 

31               Jérémie 27 v. 1 à 11

 

Ce chapitre et les suivants nous transportent à présent sous le règne final de Sédécias. Celui-ci paraît avoir comploté avec ces cinq voisins: les rois d'Edom, de Moab, d'Ammon, de Tyr et de Sidon pour résister à Nebucadnetsar. Et sans doute est-ce pour mette sur pied cette alliance que les délégués de ces nations se réunissent à Jérusalem (v. 3). Jérémie est chargé par l'Éternel de remettre à chacun de ces diplomates un présent pour le moins original, fabriqué à son intention: Il s'agit de jougs et de liens qui précisément symbolisent la domination du roi de Babylone dont ces peuples comptaient se libérer. Nous pouvons imaginer avec quels sentiments les cinq négociateurs ont accueilli cet humiliant cadeau.

L'orgueil sous différentes formes est encore de nos jours le grand principe qui gouverne les états modernes (comme aussi les individus). Mais au-dessus de leurs intrigues ambitieuses, Dieu conduit les destinées du monde. C'est à Lui que le chrétien s'attend et non aux incertitudes de la politique des hommes (Dan. 4 v. 17).

Dieu qui mettait de côté Israël, confiait dorénavant le pouvoir universel à Nebucadnetsar qu'il appelle son serviteur. Rom. 13 v. 14 rappelle aux chrétiens qui auraient tendance à l’oublier que celui qui détient l’autorité est «serviteur de Dieu» et que c’est pour leur bien.

 

32               Jérémie 27 v. 12 à 22

 

C'est au roi de Juda, puis aux sacrificateurs, que Jérémie s'adresse à présent. À deux reprises déjà, Nebucadnetsar avait emporté du temple une partie de ses ustensiles. Loin de les restituer, il organisera un troisième et définitif pillage au moment de la transportation de Sédécias lui-même et du reste de son peuple (2 Chron. 36 v. 7, 10, 18). On peut penser que ces objets leur tenaient à cœur plutôt par orgueil national que comme moyen de rendre culte à l'Éternel. Il n'en est pas autrement de nos jours. Beaucoup de personnes sont très attachées aux formes d'une religion dite chrétienne, tout en se souciant fort peu de servir Dieu en les observant.

Ce que Jérémie ne cesse de prêcher, c'est la soumission à l'autorité que l'Éternel a établie, en l'occurrence celle du roi de Babylone. «Il n'existe pas d'autorité si ce n'est de par Dieu… celui qui résiste à l'autorité résiste à l'ordonnance de Dieu» (Rom. 13 v. 1 et 2). Qu'il s'agisse des gouvernants ou des magistrats, des parents ou des chefs (même durs et injustes: 1 Pier. 2 v. 18), cette exhortation est toujours de saison pour nous.

La prophétie de ce chapitre ne se termine pas sans que Dieu annonce qu'un jour il s'occupera personnellement des ustensiles du temple et les fera remonter. Cette parole s'accomplira en Esd. 1 v. 7 et 7 v. 19.

 

33               Jérémie 28 v. 1 à 17

 

Une nouvelle scène se déroule dans le temple en présence des sacrificateurs et de tout le peuple. Jérémie s'y trouve, avec sur son cou l'un des jougs qu'il avait fabriqués. Il le porte, comme la ceinture du ch. 13, en témoignage à tout Jérusalem. Et voici que l'homme de Dieu est publiquement pris à partie par le prophète Hanania dont la parole arrogante et mensongère contredit absolument ce que lui ne cesse d'annoncer. La belle réponse de Jérémie est empreinte à la fois d'amour, de vérité et de sagesse. Certes ce n'est pas de gaieté de cœur qu'il annonce les désastres qui vont fondre sur le peuple qu'il aime. Tout son désir serait qu'Hanania puisse avoir raison (v. 6). Mais il ne peut changer un mot à la parole de l'Éternel. Il leur dit la vérité, si pénible qu'elle soit. Admirons enfin la sagesse du v. 9. Ce qui prouve qu'une prophétie est vraie, c'est son accomplissement. Dieu se chargera le moment venu de montrer qui a eu raison. En attendant, Jérémie ne s'irrite pas et ne s'acharne pas à les convaincre. Il les laisse et s'en va (comp. Jean 8 v. 59 et 12 v. 36). Telle est toujours la façon la plus sage de mettre fin à une vaine discussion (Prov. 17 v. 14).

Le jugement annoncé ne tarde pas à tomber sur Hanania (v. 15 à 17; lire Deut. 18 v. 20 à 22).

 

34               Jérémie 29 v. 1 à 14

 

Jérémie a confié à deux voyageurs une lettre pour Babylone. Elle est destinée à ceux, de toutes les classes du peuple, qui avaient déjà été transportés sous le règne précédent. Le ton de cette lettre est tout différent de celui que prend le prophète quand il s'adresse au peuple resté à Jérusalem. À eux il peut exprimer de la part de l'Éternel des «pensées de paix et non de mal», des consolations, des encouragements et de touchantes promesses.

De même qu'Israël à Babylone, le chrétien est un étranger sur la terre. Sa bourgeoisie est dans les cieux (Phil. 3 v. 20). Il attend l'accomplissement de la promesse qui l'introduira dans sa vraie Patrie. La «bonne parole» de Dieu lui garantit «un avenir et une espérance» (v. 10 et 11). Toutefois elle ne fixe pas, comme à ces transportés, le moment exact où cette espérance bienheureuse se réalisera. Le Seigneur désire en effet que nous l'attendions continuellement. Et, jusqu'à l'heureux moment de son retour, rappelons-nous que nous avons aussi des devoirs vis-à-vis de notre ville ou de notre village (v. 7): Procurer la paix (comp. Matt. 5 v. 9), penser au vrai bien des âmes et prier pour ceux avec lesquels nous vivons.

 

35               Jérémie 29 v. 15 à 32

 

La funeste activité des faux prophètes ne se limitait pas à Jérusalem et à Juda. À Babylone même, parmi le peuple transporté, quelques-uns d'entre eux propageaient «des paroles de mensonge» (v. 23). Dans sa lettre, Jérémie met les «captifs» en garde contre eux et annonce la fin horrible de deux de ces méchants hommes, Sédécias et Achab. Un troisième, Shemahia, avait écrit de Babylone au peuple resté à Jérusalem pour le pousser à la révolte contre l'Éternel (fin du v. 32). Et même, dans une de ses lettres, il n'avait pas hésité à désigner un nouveau sacrificateur sur lequel il comptait pour s'emparer de Jérémie. Mais, comme ce dernier l'écrit lui-même ailleurs: «Qui est-ce qui dit une chose, et elle arrive, quand le Seigneur ne l'a point commandée?» (Lam. 3 v. 37). Shemahia aussi doit entendre la sentence de l'Éternel contre lui.

Que de fois, dans leurs épîtres inspirées, d'autres serviteurs de Dieu seront contraints de dénoncer de faux docteurs et de mauvais ouvriers (voir par exemple Gal. 1 v. 7; Phil. 3 v. 2; 2 Pier. 2 v. 1; 1 Jean 2 v. 18; Juda 3 v. 4…). Enfants de Dieu, notre sécurité consiste à bien connaître la voix du bon Berger (Jean 10 v. 4, 5). Nous ne risquerons pas alors de la confondre avec une autre voix.