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Chaque Jour les Écritures

 

 

Livre du prophète Ésaïe

 

 

 

Table des matières :

1     Ésaïe 1 v. 1 à 17

2     Ésaïe 1 v. 18 à 31

3     Ésaïe 2 v. 1 à 22

4     Ésaïe 3 v. 1 à 15

5     Ésaïe 3 v. 16 à 26 ; 4 v. 1 à 6

6     Ésaïe 5 v. 1 à 17

7     Ésaïe 5 v. 18 à 30

8     Ésaïe 6 v. 1 à 13

9     Ésaïe 7 v. 1 à 25

10      Ésaïe 8 v. 1 à 22

11      Ésaïe 9 v. 1 à 21

12      Ésaïe 10 v. 1 à 23

13      Ésaïe 11 v. 1 à 16 ; 12 v. 1 à 6

14      Ésaïe 13 v. 1 à 22

15      Ésaïe 14 v. 1 à 27

16      Ésaïe 14 v. 28 à 32 ; 16 v. 1 à 14

17      Ésaïe 17 v. 1 à 14 ; 18 v. 1 à 7

18      Ésaïe 19 v. 1 à 15 et 22 à 25

19      Ésaïe 20 v. 1 à 6 ; 21 v. 1 à 10

20      Ésaïe 21 v. 11 à 17 ; 22 v. 1 à 11

21      Ésaïe 22 v. 12 à 25

22      Ésaïe 25 v. 1 à 12

23      Ésaïe 26 v. 1 à 13 ; 27 v. 1 à 5

24      Ésaïe 28 v. 1 à 22

25      Ésaïe 29 v. 1 à 24

26      Ésaïe 30 v. 15 à 22 ; 31 v. 4 à 9

27      Ésaïe 32 v. 1 à 8 ; 33 v. 17 à 24

28      Ésaïe 34 v. 9 à 17 ; 35 v. 1 à 10

29      Ésaïe 36 v. 1 à 10 et 22 ; 37 v. 1 à 4

30      Ésaïe 37 v. 5 à 20

31      Ésaïe 37 v. 21 à 38

32      Ésaïe 38 v. 1 à 16

33      Ésaïe 38 v. 17 à 22 ; 39 v. 1 à 8

34      Ésaïe 40 v. 1 à 17

35      Ésaïe 40 v. 18 à 31

36      Ésaïe 41 v. 1 à 16

37      Ésaïe 42 v. 1 à 18

38      Ésaïe 42 v. 19 à 25 ; 43 v. 1 à 7

39      Ésaïe 43 v. 8 à 28

40      Ésaïe 44 v. 1 à 13

41      Ésaïe 44 v. 14 à 28

42      Ésaïe 45 v. 1 à 13

43      Ésaïe 45 v. 14 à 25

44      Ésaïe 46 v. 1 à 13

45      Ésaïe 47 v. 1 à 15

46      Ésaïe 48 v. 1 à 8

47      Ésaïe 48 v. 9 à 22

48      Ésaïe 49 v. 1 à 13

49      Ésaïe 49 v. 14 à 26

50      Ésaïe 50 v. 1 à 11

51      Ésaïe 51 v. 1 à 11

52      Ésaïe 51 v. 12 à 23

53      Ésaïe 52 v. 1 à 15

54      Ésaïe 53 v. 1 à 12

55      Ésaïe 54 v. 1 à 17

56      Ésaïe 55 v. 1 à 13

57      Ésaïe 56 v. 1 à 57 v. 2 ; 57 v. 15 à 21

58      Ésaïe 58 v. 1 à 14

59      Ésaïe 59 v. 1 à 21

60      Ésaïe 60 v. 1 à 14

61      Ésaïe 61 v. 1 à 11

62      Ésaïe 62 v. 1 à 12

63      Ésaïe 63 v. 1 à 14

64      Ésaïe 63 v. 15 à 19 ; 64 v. 1 à 12

65      Ésaïe 65 v. 1 à 12

66      Ésaïe 65 v. 13 à 25

67      Ésaïe 66 v. 10 à 24

 

 

1                    Ésaïe 1 v. 1 à 17

 

Comme le montrent les paroles mêmes du Seigneur Jésus, l'Ancien Testament comporte trois grandes parties: la loi de Moïse (le Pentateuque), les Prophètes (comprenant en outre les livres historiques) et les Psaumes avec les livres poétiques (Luc 24 v. 44 et 27). Nous abordons par conséquent avec la prophétie une partie importante de la Bible, bien qu'elle soit trop souvent négligée à cause de ses difficultés. Demandons au Seigneur de nous aider à y découvrir aussi «les choses qui Le regardent». — Un prophète est le porte-parole de l'Éternel auprès de son peuple pour le reprendre, l'avertir, le ramener, le consoler. Au ch. 1, comme entrée en matière, la première mission d'Ésaïe est celle d'un médecin chargé de donner son avis sur un malade dont l'état est désespéré. Terrible diagnostic que celui des v. 5 et 6! Il est aussi valable pour l'homme d'aujourd'hui que pour l'Israélite d'autrefois. «Toute la tête est malade et tout le cœur défaut». L'intelligence s'est corrompue en se détournant de Dieu (Rom. 1 v. 21), les affections pour lui ont totalement manqué. Jusqu’à la plante des pieds — la marche — rien n’est sain. Dans ces conditions, le déploiement de formes religieuses extérieures n'est plus qu'une vraie hypocrisie et même une abomination (v. 13; comp. Prov. 21 v. 27).

 

2                    Ésaïe 1 v. 18 à 31

 

Et voici toute la grâce divine qui brille envers le misérable peuple (mais aussi envers tout pécheur qui se reconnaît perdu). Nous l'avons laissé hier couvert de meurtrissures et de plaies vives, semblable à cet homme de la parabole, qui était tombé entre les mains des voleurs (Luc 10 v. 30). À présent l'Éternel l'invite à plaider avec lui. Plaider? À quoi bon! Que dire pour sa défense? Le coupable a la bouche fermée. Mais alors, au lieu de sa condamnation, voici qu'il peut entendre, prononcée par son propre juge, l'incomparable promesse du v. 18. Elle a apporté la paix à d'innombrables cœurs: «Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige…». Nous savons que c'est par le sang de Jésus Christ que cette purification peut s'accomplir (1 Jean 1 v. 7). Sinon, le châtiment s'exécutera sur ceux qui refusent le pardon offert. Les v. 21 et suivants nous décrivent ce qu'est devenue Jérusalem, «la ville fidèle»: un repaire de meurtriers. Il est nécessaire que l'Éternel la purifie. Ce ne sera pas, hélas, par le sang rédempteur — car elle n'en a pas voulu — mais par le jugement tombant sur les transgresseurs après toute la patience dont Dieu a fait preuve envers un peuple rebelle.

 

3                    Ésaïe 2 v. 1 à 22

 

En dépit de leur ruine et de leur misère aveuglantes, Jérusalem et Juda étaient enflés d'orgueil et de prétention. Mais quand viendra le jour dont parlent les v. 12 à 21 «la hauteur des hommes sera humiliée, et l'Éternel seul sera haut élevé…» (v. 11 et 17). Dieu fera publiquement savoir ce qu'il pense de la gloire et du génie humains (avec tous ses objets d'art agréables — v. 16). Toutefois le v. 22 va beaucoup plus loin. «Finissez-en avec l'homme», c'est non seulement la conclusion de nos deux chapitres, mais celle de tout l'Ancien Testament, l'irrévocable sentence de Dieu sur la race humaine dont Israël n'est qu'un échantillon. Bientôt la croix mettra le point final à cette expérience de l'homme en Adam. Dieu n'en fait plus «aucun cas» dorénavant, et, d'accord avec Lui, nous avons le privilège de nous tenir nous-mêmes «pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus» (Rom. 6 v. 11).

Ce livre d'Ésaïe commence comme l'épître aux Romains dont les trois premiers chapitres établissent formellement la culpabilité de l'homme, donc son besoin de justification. Le salut de l'Éternel (signification du nom d'Ésaïe) pourra dès lors être révélé plus loin dans la personne de Christ le Sauveur (ch. 40 et suivants).

 

4                    Ésaïe 3 v. 1 à 15

 

Jusqu'au ch. 12 inclus, il va s'agir principalement du jugement d'Israël et de Juda; ensuite, du ch. 13 au ch. 27 de celui des nations. C'est toujours par sa maison — la sphère la plus responsable — que Dieu commence ce jugement, et ce sera le cas de la chrétienté professante (Rom. 2 v. 9; 1 Pier. 4 v. 17). La complète faillite de l'homme frappe davantage chez ceux qui ont des responsabilités et occupent une position en vue. Parmi eux, en dépit des enseignements formels de Dieu, on trouve le devin et «celui qui s'entend aux enchantements» (v. 3; Deut. 18 v. 10). Dans quelle profonde corruption Israël n'est-il pas tombé! Mais Dieu sait faire néanmoins la différence entre le juste et le méchant (v. 10, 11) et il rend à chacun selon ses œuvres. «Ce qu'un homme sème, cela aussi il le moissonnera», confirme Gal. 6 v. 7 (comp. Job 4 v. 8 et Os. 8 v. 7; 10 v. 12, 13).

Un des fruits fâcheux récoltés par le peuple est le désordre social, le renversement de l'ordre établi. Il n'y a plus de discipline, les enfants contestent l'autorité de leurs parents et celle de leurs éducateurs; «le jeune garçon use d'insolence contre le vieillard» (v. 5), les valeurs morales et les contraintes sont mises de côté. Que d'analogies entre cette profonde décadence d'Israël et celle que nous constatons aujourd'hui dans nos pays christianisés!

 

5                    Ésaïe 3 v. 16 à 26 ; 4 v. 1 à 6

 

Les v. 18 à 23 vous apprennent, jeunes filles, que les raffinements de la mode ne datent pas de notre époque. Est-il quelque chose de plus insupportable — et en même temps de plus ridicule (voyez fin du v. 16) — que cette extrême préoccupation de sa personne, cette recherche de l'attention et de l'admiration d'autrui? Tous ces accessoires de toilette et ces colifichets, Dieu en souligne la vanité. Est-ce à dire qu'une chrétienne ne doit pas veiller à sa «parure»? Au contraire! Et la Parole lui enseigne même la manière de le faire. De bonnes œuvres (1 Tim. 2 v. 9, 10), un esprit doux et paisible (1 Pier. 3 v. 2 à 6) composent l'ornement moral qui plaît à Dieu, sans perdre de vue que notre tenue ne le laisse pas indifférent.

L'intervention de l'Éternel en faveur de son peuple à la fin de son histoire rappelle ses soins du commencement (comp. v. 5 avec Ex. 13 v. 21, 22). Comme pour lui affirmer: Je n'ai jamais cessé d'avoir les yeux sur toi!

Ici se termine la préface du livre. Elle nous a montré la ruine morale de Juda et de Jérusalem, les jugements qui les atteindront, mais elle s'achève sur leur restauration et sur la gloire de Christ (le Germe de l'Éternel, source et puissance de vie — v. 2).

 

6                    Ésaïe 5 v. 1 à 17

 

Une parabole touchante illustre les soins de l'Éternel envers son peuple. Israël est la vigne du bien-aimé de Dieu. Plantée, puis aménagée et entretenue avec la plus tendre sollicitude, elle n'a en définitive produit que du raisin sauvage, immangeable et sans valeur. Dans sa parabole des méchants cultivateurs, le Seigneur exprimera la déception totale éprouvée dans sa vigne d'Israël, par le Bien-aimé qui avait tous les droits sur elle (Luc 20 v. 9 à 16).

Mais ces versets nous font aussi toucher du doigt notre propre ingratitude. C'est comme si le Seigneur, après nous avoir fait faire le compte de toutes les grâces reçues depuis notre enfance, demandait avec tristesse à l'un ou l'autre d'entre nous: Qu'y avait-il encore à faire pour toi que je n'aie pas fait? N'étais-je pas en droit d'attendre quelque bon fruit de ta part? Et pourtant tu n'as rien produit pour moi!

Nous connaissons le moyen de porter du fruit. C'est de rester attachés au «vrai cep». Maintenant qu'Israël, vigne improductive, a été ôtée, Christ est devenu ce vrai cep et son Père en est le cultivateur (Jean 15 v. 1…).

Au v. 8, Ésaïe commence une série de «malheurs…»; ils nous montrent les tristes conséquences du refus d'obéir à Dieu, tant pour Israël que pour l'homme en général.

 

7                    Ésaïe 5 v. 18 à 30

 

Les passions des hommes et les buts qu'ils poursuivent varient suivant leur condition sociale ou leur tempérament. Les uns s'affairent pour ajouter champ à champ, maison à maison (sans pouvoir en habiter plus d'une à la fois — v. 8). Malheur à eux, car ces choses de la terre, il faudra les laisser sur la terre… pour se présenter devant Dieu les mains vides ! D'autres cherchent leur plaisir dans les fêtes du monde et l'excitation trompeuse de l'alcool (v. 11, 12, 22). Malheur à eux quand ils se réveilleront, trop tard, aux réalités éternelles ! Compagnons tout trouvés de leurs débauches, voici ceux qui se vantent du péché et provoquent ouvertement l'Éternel (v. 18, 19); ceux dont la conscience endurcie a perdu la notion du bien et du mal (v. 20), ceux qui se complaisent dans leur propre sagesse (v. 21; en contraste avec Prov. 3 v. 7). Tous les hommes sont là, du misérable ivrogne au plus grand philosophe, dans une commune et vaine recherche du bonheur (Eccl. 8 v. 13). Mais le mot de Dieu, et la fin de toutes les pensées et de toutes les convoitises des hommes, qu'elles soient distinguées ou vulgaires, c'est: malheur, malheur, malheur! — Nous verrons dans les prochains chapitres de quelle manière Dieu se sert d'une nation (l'Assyrie) comme verge pour châtier son peuple.

 

8                    Ésaïe 6 v. 1 à 13

 

Dans une vision glorieuse, le jeune Ésaïe se trouve soudain placé en présence du Dieu très-saint. L'effet solennel de cette présence est une conviction de péché qui amène le prophète à prononcer un nouveau malheur, cette fois contre lui-même (comp. Luc 5 v. 8). Mais la grâce de Dieu va pourvoir aux exigences de Sa propre sainteté. L'autel est à côté du trône. La purification du pécheur s'accomplit par ce qui parle du sacrifice de Christ. Et voyez avec quel empressement Ésaïe se présente aussitôt pour servir Celui qui vient d'ôter son péché. Sommes-nous prêts à répondre ainsi à l'appel du Seigneur: «Me voici, envoie-moi»? — C'est une étrange mission que reçoit en premier lieu le jeune prophète: Il s'agit pour lui d'annoncer à «ce peuple» que Dieu leur rendra son message incompréhensible. Endurcissement souvent rappelé (Matt. 13 v. 14…), envoyé seulement après que ce peuple ait lui-même «rejeté avec dédain la parole du Saint d'Israël» (ch. 5 v. 24). Et Dieu le permet pour que «les nations» puissent avoir part au salut (Rom. 11 v. 25).

Cette année de la mort du roi Ozias a été décisive pour le jeune Ésaïe. Y a-t-il aussi dans votre vie une date marquante: celle de votre rencontre avec le Seigneur Jésus Christ?

 

9                    Ésaïe 7 v. 1 à 25

 

Après avoir répondu à l'appel de Dieu, Ésaïe a été semble-t-il, obligé d'attendre longtemps (au moins seize ans: durée du règne de Jotham) avant de commencer son service public. Si nous avons à passer par une semblable école de patience, ne nous décourageons pas. Laissons le Seigneur choisir le moment et la manière qui lui conviendront pour nous employer. Notre seule responsabilité est d'être disponible et obéissant (comp. Matt. 8 v. 9). — C'est au roi de Juda, le méchant Achaz, qu'Ésaïe est d'abord envoyé. L'heure est grave pour le petit royaume. Il est menacé par Retsin, roi de Syrie, et, chose triste à dire, par Pékakh, roi d'Israël. Satan par leur moyen cherche à renverser le trône de David et à s'opposer ainsi au règne du Messie promis. Mais le prophète est chargé d'une bonne nouvelle: les deux agresseurs ne pourront accomplir leurs «mauvais desseins». Puis Achaz est invité à entendre une révélation combien plus grande et plus glorieuse: la naissance d'Emmanuel. Elle apportera le salut à la maison de David, à Israël et au monde. Beau nom d'Emmanuel: Dieu avec nous (Matt. 1 v. 23). Nous le trouvons ici comme un premier rayon de lumière projeté par la lampe prophétique au milieu de profondes ténèbres morales (2 Pier. 1 v. 19).

 

10               Ésaïe 8 v. 1 à 22

 

Deux figures, deux grands sujets dominent toute la prophétie d'Ésaïe: L'un, infiniment précieux et consolant, est le Messie lui-même. L'autre au contraire est terrifiant: c'est l'Assyrien le puissant ennemi d'Israël aux derniers jours. Parce que le peuple a refusé le premier, il aura affaire au second. Parce qu'il a rejeté les eaux de la grâce de Celui qui lui était envoyé (Siloé signifie «envoyé»: Jean 9 v. 7), il va se trouver submergé en jugement par les eaux «fortes et grosses» du redoutable roi d'Assyrie. Toutefois, se souvenant qu'il s'agit du pays d'Emmanuel, Dieu brisera finalement ceux qui s'unissent pour l'envahir. Ce v. 9 nous rappelle aussi quel sera bientôt le sort des associations de nations qui aujourd'hui sont à l'ordre du jour (És. 54 v. 15).

Pour garder le fil conducteur dans ces paroles prophétiques, n'oublions pas qu'elles concernent tantôt le peuple rebelle et apostat dans son ensemble (v. 11, 14, 15, 19…) tantôt le résidu fidèle auquel l'Esprit s'adresse également ici.

La citation du v. 18 en Héb. 2 v. 13 nous permet de voir dans le prophète et ses fils (ch. 7 v. 3 et 8 v. 3) Christ se présentant devant Dieu avec ses «disciples» (v. 16). Il n'a pas honte de les reconnaître et de les appeler ses frères (voir Jean 17 v. 6; 20 v. 17).

 

11               Ésaïe 9 v. 1 à 21

 

Le ch. 8 s'achevait sur «d'épaisses ténèbres». Israël y marchait en aveugle, à tâtons (v. 2). Mais voici que, devant ses pas, va resplendir «une grande lumière». La citation de ce passage en Matt. 4 v. 15, 16 nous transporte au temps de l'Évangile pour y voir briller Celui qui est la lumière du monde (Jean 9 v. 5). C'est bien dans cette Galilée méprisée (mais combien privilégiée) que Jésus a accompli la plus grande partie de son ministère. Nous l’y voyons au bord du lac, avec les disciples et les foules. Capernaüm en particulier a été «élevée jusqu’au ciel» du fait de la présence du Fils de Dieu au milieu d’elle (Matt. 11 v. 23).

Toutefois la vraie lumière n’est pas réservée à une région ou à un peuple. Elle «éclaire tout homme». Mais «les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises» (Jean 1 v. 9; 3 v. 19). Nos versets passent par-dessus le temps du rejet du Seigneur et par-dessus toute la période actuelle de l'Église dont il n'est jamais question dans les prophètes. Ils nous montrent d'emblée la joie d'Israël (v. 3) au moment où après des siècles d'obscurité, se lèvera le glorieux soleil de Justice (comp. ch. 60 v. 1, 19, 20). Le beau v. 6 nous révèle quelques-uns des noms et des titres attribués au Fils. Autant de ces noms, autant de sujets bénis de méditation pour nos âmes!

 

12               Ésaïe 10 v. 1 à 23

 

Les trois derniers paragraphes du ch. 9 et le premier du ch. 10 nous montrent toutes les raisons pour lesquelles la colère de Dieu «ne s'est pas détournée» d'Israël «et sa main est encore étendue» (ch. 9 v. 12, 17, 21; 10 v. 4). Or cette main tient une verge redoutable pour châtier le peuple coupable: c'est l'Assyrie déjà nommée. Il a existé un Assyrien historique (Sankhérib et ses armées: voir ch. 36 v. 1). Mais il n'a été qu'une pâle figure du terrible Assyrien prophétique, qui envahira le pays d'Israël peu avant le règne de Christ. Dans son indignation, Dieu ordonnera cette attaque contre son peuple. Mais l'agresseur en profitera pour s'attribuer ses succès et même s'élever contre Dieu (v. 13 et 15; comp. 2 Rois 19 v. 23…). Quelle folie! L'outil n'est rien sans la main qui le manie. Aussi, lorsqu'Il aura fini de se servir de cette verge, Dieu y mettra le feu comme on brûle un simple bâton (v. 16; ch. 30 v. 31 à 33).

Profitons de cet exemple extrême pour nous souvenir de ce que nous sommes, même comme chrétiens: De simples instruments sans force et sans sagesse propre (comp. v. 13) que le Seigneur peut mettre de côté ou remplacer comme il lui plaît.

La pensée finale de Dieu n'est pas le jugement mais la grâce: … «un résidu reviendra» (v. 21, 22 cités en Rom. 9 v. 27).

 

13               Ésaïe 11 v. 1 à 16 ; 12 v. 1 à 6

 

Les v. 18, 19, 33 et 34 du ch. 10 comparent Israël à une orgueilleuse forêt dans laquelle la hache et la scie (l'Assyrie dans la main de l'Éternel, v. 15) tailleront de vastes éclaircies. Et l'arbre royal de Juda va être lui aussi abattu, puisqu'il n'y aura bientôt plus de descendant de David sur le trône. Mais il arrive dans la nature que de jeunes rejetons pleins de sève repoussent sur une souche fraîchement coupée. Sur le «tronc d'Isaï», mort en apparence, est apparu un rejeton tout nouveau! Il est monté devant Dieu et a porté en abondance le fruit de l'Esprit (ch. 11 v. 2).

Le rejeton, la racine et la postérité de David (v. 1 et 10; Apoc. 22 v. 16), ce sont des noms que porte le Seigneur Jésus en rapport avec la bénédiction d'Israël et du monde. Alors la justice et la paix règneront sur la terre, même parmi les animaux. Quel contraste entre ce tableau ravissant du règne de mille ans et l'état actuel de la création qui «soupire et est en travail», attendant le repos et la gloire à venir (Rom. 8 v. 19 à 22)! Tous les exilés d'Israël y auront part. Ils reviendront de leur dispersion, comme autrefois le peuple de sa captivité en Égypte. Et le ch. 12 met dans leur bouche la louange finale qui rappelle le premier cantique chanté par Israël (comp. v. 2 et Ex. 15 v. 2).

 

14               Ésaïe 13 v. 1 à 22

Dieu a commencé le jugement par Israël qui était alors «sa propre maison» (1 Pierre 4 :17). C’est le sujet des douze premiers chapitres. Maintenant Dieu va nous parler jusqu'au ch. 27 de ses jugements sur les nations. Il sont appelés «oracles», littéralement «fardeaux». Ce mot est significatif. Si l'homme de Dieu, aujourd'hui comme alors, est contraint d'annoncer le jugement à venir, il est impossible qu'il n'en ait pas le cœur profondément accablé.

Historiquement, il s'agit d'abord ici des peuples contemporains d'Ésaïe. Et à ce titre, les différentes prophéties que nous lirons successivement se sont déjà accomplies à la lettre. Des récits de voyages confirment qu'aujourd'hui encore, l'emplacement de Babylone est un endroit désolé et redouté, où gîtent seulement les bêtes du désert (v. 17 à 22). Toutefois «aucune prophétie de l'Écriture ne s'interprète elle-même», autrement dit ne s'explique isolément ni après coup par l'histoire (2 Pier. 1 v. 20). Ce qu'il faut toujours y chercher avec l'intelligence que donne le Saint Esprit, c'est un rapport avec la pensée centrale et finale de Dieu, à savoir Christ et son règne futur. Il y aura une Babylone prophétique: la fausse Église apostate (voir Apoc. ch. 17 v. 5 et ch. 18). Elle tombera avant l'établissement du royaume, pour la joie des saints, de ceux qui se réjouissent en la grandeur de Dieu (v. 3; Apoc. 18 v. 20; comp. Ps. 35 v. 15 et 26).

 

15               Ésaïe 14 v. 1 à 27

 

À cause de ses compassions pour le petit résidu de son peuple, Dieu renversera les plus grands empires (ch. 43 v. 3 à 5). Rien n'est difficile pour Lui quand il s'agit de délivrer ceux qu'il aime. Ne craignons donc pas! Il a en main tous les moyens de secourir ses enfants, non à cause de notre fidélité mais de la sienne.

Après Babylone, il est question de son roi. Et nous assistons à une scène particulièrement saisissante. Par la pensée Ésaïe nous transporte dans le séjour des morts et imagine l'émoi causé par l'arrivée de ce grand personnage. Tiens! Te voilà toi aussi — s'étonnent ceux qui l'auront connu au sommet de sa puissance! Dans ce roi de Babylone, nous reconnaissons le chef du quatrième Empire (romain) appelé aussi «la Bête». Cependant à partir du v. 12, la pensée de l'Esprit dépasse cet agent de Satan pour évoquer celui-ci même. «Comment es-tu tombé des cieux…?». Profond mystère, que cette apparition de l'orgueil en Lucifer, le chérubin de lumière! Devenu le prince des ténèbres, il sait encore, pour séduire, se déguiser en ange de lumière (2 Cor. 11 v. 14). Il fait aujourd'hui trembler la terre par le pouvoir des ténèbres et ne relâche pas ses prisonniers (v. 17 et ch. 49 v. 24, 25). Mais selon Sa promesse, Dieu le brisera bientôt sous nos pieds (Rom. 16 v. 20; Éz. 28 v. 16 à 19).

 

16               Ésaïe 14 v. 28 à 32 ; 16 v. 1 à 14

 

Après le jugement contre Babylone et l'Assyrie, vient celui des nations voisines d'Israël. Comme des accusés qui se succèdent à la barre d'un tribunal, ces ennemis traditionnels du peuple juif vont entendre l'un après l'autre un solennel «oracle». La Philistie subjuguée par Ozias, père d'Achaz (2 Chron. 26 v. 6) n'avait pas lieu de se réjouir de la mort de ce dernier (v. 28, 29). Car Ézéchias son fils allait lui aussi la frapper (2 Rois 18 v. 8).

Moab est appelé «le très hautain» (ch. 16 v. 6). Ce qui caractérisait ce peuple, c'était l'orgueil, au sujet duquel l'Éternel déclare: «Je hais l'orgueil et la hauteur», et annonce: «L'orgueil va devant la ruine, et l'esprit hautain devant la chute» (Prov. 8 v. 13; 16 v. 18). Nous assistons à cette ruine de Moab. Sa désolation est indescriptible. Ses hurlements d'épouvante et de désespoir remplissent les ch. 15 et 16.

Les v. 3 et 4 du ch. 16 nous apprennent que les fidèles, fuyant la persécution de l'Antichrist en Juda, trouveront refuge sur le territoire de Moab. Enfin, après l'exécution des jugements, «il y en aura un» qui règnera en bonté, en vérité, en droiture et en justice (ch. 16 v. 5). Le Ps. 72 v. 1 à 4 annonce ces temps heureux où Christ, le vrai Salomon, jugera le peuple en justice et avec droiture.

 

17               Ésaïe 17 v. 1 à 14 ; 18 v. 1 à 7

 

Au ch. 7 v. 1 nous avons vu Retsin, roi de Syrie attaquer Juda avec la complicité de Pékakh fils de Remalia. 2 Rois 16 v. 5 à 9 complète ce récit par son dénouement: la prise de Damas par Tiglath-Piléser et la mort de Retsin. Cependant «l'oracle touchant Damas» se rapporte à l'avenir tout comme les jugements précédents. La Syrie moderne fera apparemment partie de cette «multitude de peuples nombreux» (v. 12; Apoc. 17 v. 15), laquelle, comme une mer tumultueuse tentera de submerger Israël… mais, «avant le matin», elle ne sera plus (Ps. 37 v. 36).

En contraste, le ch. 18 nous présente un pays maritime étendant sa puissance protectrice (l'ombre de ses ailes) pour venir en aide au peuple élu. Ainsi Dieu distingue entre les nations du monde selon qu'elles sont ou non favorables à Israël. Et voyez ce qu'Il pense de son pauvre peuple terrestre pendant que le monde le méprise et le foule aux pieds. À ses yeux Israël est «merveilleux» dès ce temps et au delà… N'est-il pas le peuple de Celui qui est appelé: «Merveilleux»… (ch. 9 v. 6)? — Une nation qui attend, attend…

Et nous, amis croyants, l'attendons-nous, celui qui n'est pas seulement notre Roi, mais l'Époux céleste de l'Église?

 

18               Ésaïe 19 v. 1 à 15 et 22 à 25

 

C'est au tour de l'Égypte d'entendre un oracle menaçant: Guerre civile, tyrannie d'un despote cruel, comme autrefois le Pharaon, dessèchement du Nil qui est l'artère vitale, la richesse et l'orgueil du pays (Éz. 29 v. 3), voilà principalement ce qui attend cet ennemi héréditaire d'Israël.

Ces princes de Tsoan et de Noph nous offrent la fidèle image des hommes de ce monde. Ils se croient sages et ne sont que des fous (v. 11; comp. Rom. 1 v. 22). Car ils refusent d'écouter le Dieu qui s'est révélé. Et en même temps ils ajoutent foi à toutes les formes possibles de superstition (comp. v. 3). Il est à remarquer d'ailleurs que, paradoxalement, les pires incrédules sont souvent les plus crédules! Cela s'explique parfaitement: Ils sont, sans s'en rendre compte, aveuglés et séduits par Satan, le seigneur dur et le roi cruel (v. 4; 2 Tim. 3 v. 13) qui domine sur eux en les trompant. Mais la grâce de Dieu aura encore son mot à dire, même envers l'Égypte. À côté d'Israël, héritage particulier de l'Éternel, il y aura place dans la bénédiction milléniale pour l'Égypte et pour l'Assyrie, autrefois ennemis du peuple de Dieu, mais images du monde qui tout entier sera alors soumis au Fils de l'homme (Gen. 22 v. 18).

 

19               Ésaïe 20 v. 1 à 6 ; 21 v. 1 à 10

 

Le ch. 20 complète «l'oracle touchant l'Égypte». En marchant nu et nu-pieds, le prophète annonce le lugubre passage des captifs égyptiens et éthiopiens déportés par le roi d'Assyrie lequel était spécialiste de ces transferts de populations. Alors Israël (l'habitant de cette côte) verra avec effroi et consternation qu'il était vain de se confier dans le peuple du Pharaon pour être délivré du redoutable Assyrien (Ps. 60 v. 11 fin).

Le ch. 21 débute par «l'oracle touchant le désert de la mer…» (ch. 21 v. 1). Il s'agit de nouveau de Babylone. Pendant ce qu'elle appelle «la nuit de mon plaisir», les Mèdes et les Perses (Elam) ont jadis brutalement mis fin à son empire et à son opulence (v. 4; voir Dan. 5 v. 28 à 31). Mais cette prophétie a une application future comme celle du ch. 13 (Luc 21 v. 35).

Au v. 6 le prophète est invité à placer une sentinelle. Ses consignes: écouter diligemment et crier! La sentinelle dans une armée, occupe un poste de confiance. Sa responsabilité est considérable. Deux devoirs lui incombent : Veiller et avertir (voir Éz. 3 v. 17, 18, et en contraste És. 56 v. 10). Chaque croyant n'a-t-il pas ces responsabilités? Sommes-nous fidèles à les remplir à l'égard des hommes de ce monde et vis-à-vis de nos frères?

 

20               Ésaïe 21 v. 11 à 17 ; 22 v. 1 à 11

 

Dans la liste des ennemis d'Israël nous devions nous attendre à trouver Edom (ici Duma ou l'Idumée). L'oracle qui le concerne est aussi bref que solennel. La fidèle sentinelle placée suivant l'ordre de l'Éternel (ch. 21 v. 6) est interpellée par les moqueurs de Séhir: «À quoi en est la nuit?» (v. 11; comp. 2 Pier. 3 v. 3, 4). Mais la réponse est à la fois sérieuse et pressante: «Le matin vient…». Il vient pour ceux qui l'attendent (voir Rom. 13 v. 12). «Et aussi la nuit», la nuit éternelle de ceux qui sont perdus! Chrétiens, soyons des sentinelles vigilantes, conscients de notre service envers les pécheurs pour les exhorter: «Revenez, venez». Allons à la rencontre de celui qui a soif, pour lui apporter de l'eau (v. 14).

Après l'oracle contre l'Arabie, pays dont la gloire doit aussi prendre fin, le ch. 22 s'adresse à la «vallée de vision». Cette fois nous y reconnaissons Jérusalem elle-même dans son état d'incrédulité. Description tragique et saisissante! La ville entière est en effervescence, massée sur les terrasses des toits pour assister à son désastre. Toutes les précautions imaginables n'avaient-elles pas été prises (v. 8 à 11)? Oui, en vérité, excepté la seule qui eût été nécessaire: Regarder vers «Celui qui a fait cela», vers l'Éternel leur Dieu.

 

21               Ésaïe 22 v. 12 à 25

 

Une réaction des gens du monde quand une calamité les menace consiste, selon les v. 8 à 11, à s'entourer de toutes les précautions humaines. Mais une autre attitude est pire: c'est le complet laisser-aller. Ici, par une épreuve, l'Éternel vient d'inviter Israël à pleurer et à s'humilier; Il lui a en quelque sorte «chanté des complaintes» (Matt. 11 v. 17). Or, non seulement le peuple ne s'est pas lamenté, mais le voilà qui s'abandonne à l'allégresse et à la joie! Cette philosophie dite matérialiste a beaucoup d'adeptes dans notre siècle tourmenté! Puisque l'existence est si brève — disent ces insensés — et que nous sommes à la merci d'une catastrophe, profitons justement du moment présent le plus joyeusement possible. C'est ce que résume la courte phrase: «Mangeons et buvons, car demain nous mourrons». L'apôtre la cite aux Corinthiens comme pour leur dire: S'il ne devait pas y avoir de résurrection, alors en effet nous n'aurions plus qu'à vivre comme des bêtes, dans l'unique jouissance de l'instant qui passe (1 Cor. 15 v. 32; Luc 17 v. 27).

Les v. 15 à 25 mettent de côté l'intendant infidèle, image de l'Antichrist, pour introduire le fils de Hilkija, Eliakim (celui que Dieu établit), belle figure du Seigneur Jésus (v. 22 à 24; comp. Apoc. 3 v. 7).

 

22               Ésaïe 25 v. 1 à 12

 

Tyr, la florissante métropole commerciale du monde ancien a fait l'objet au ch. 23 du dernier des «oracles». Chacun de ceux-ci a condamné l'homme sous un côté moral différent :

Babylone, la puissance de la corruption organisée, où le peuple de Dieu est captif

Assyrien : l’ennemi public et ouvert de Dieu

Philistin : l’ennemi intérieur

Moab, l’orgueil de l’homme

Damas, qui a été ennemie du peuple de Dieu, mais qui s’est alliée avec la partie apostate de ce peuple, contre la partie fidèle

Égypte, le monde dans son état de nature, dont la sagesse disparaît dans la confusion

Babylone maintenant déserte au milieu des peuples

Duma, la liberté, l’indépendance de l’homme

Jérusalem, le peuple professant

Tyr, la gloire du monde ; et enfin tout ce qui est sur la terre, les malices spirituelles dans les lieux célestes, et les rois de la terre sur la terre.

 

Au ch. 24, les jugements apocalyptiques qui doivent mettre fin à la puissance du mal se sont déployés sur la terre. Ils l'ont bouleversée de fond en comble. Mais au ch. 25, du milieu même de ces ruines (v. 2), s'élève une mélodie touchante. Le «misérable» résidu d'Israël, miraculeusement épargné de la destruction, célèbre ce que l'Éternel a été pour lui pendant la durée de la tourmente. Maintenant «la saison des chants» est arrivée (Cant. 2 v. 12 — comp. ch. 24 v. 13). Le v. 4 a été le réconfort — et l'expérience — d'innombrables croyants dans l'épreuve. Mais le v. 8 nous fait entrevoir la manifestation d'une puissance plus grande encore: «Il engloutira la mort en victoire»… Détail remarquable, cette parole est au futur tandis que sa citation en 1 Cor. 15 v. 54 nous présente son accomplissement en faveur des croyants: «La mort a été engloutie…». Entre ces deux versets est intervenue la croix et la résurrection triomphante du vainqueur de Golgotha. Enfin, lors de la résurrection des méchants, la mort sera abolie (1 Cor. 15 v. 26).

 

23               Ésaïe 26 v. 1 à 13 ; 27 v. 1 à 5

 

Les ch. 1 à 12 ayant pour sujet le jugement d'Israël se terminaient par une vision splendide du règne de mille ans. Et cette seconde partie (ch. 13 à 27) traitant du châtiment des nations s'achève de la même manière. Un cantique est chanté, dont quelques versets méritent spécialement d'être soulignés dans notre Bible: les v. 3 et 4 du ch. 26 qui ont soutenu bien des générations d'enfants de Dieu (comp. Ps. 16 v. 1); les v. 8 et 9 qui expriment les soupirs fervents du fidèle; le v. 13 qui rappelle les liens d'esclavage du passé. Oui, nous ne les connaissons que trop ces autres «seigneurs»: Satan, le monde, nos convoitises. Ils ont dominé sur nous jusqu'à notre affranchissement par le Seigneur auquel nous appartenons dorénavant (2 Chron. 12 v. 8)!

Au ch. 27, le léviathan, figure du diable (le serpent ancien), est mis hors d'état de nuire (Ps. 74 v. 14; Apoc. 20 v. 1 à 3). Puis Israël est comparé à une vigne nouvelle (comp. ch. 5). Elle produit cette fois, non plus du raisin sauvage, mais le vin pur d'une joie sans mélange et remplit la face du monde de fruits pour la gloire de Dieu. Car ce ne sont plus les méchants cultivateurs qui en ont la charge. L'Éternel lui-même en prend soin nuit et jour.

 

24               Ésaïe 28 v. 1 à 22

 

Une troisième subdivision du livre commence avec ce ch. 28. Elle revient en arrière pour détailler l'envahissement d'Éphraïm (les dix tribus), puis de Juda par le redoutable Assyrien prophétique. L'orgueil agira comme l'ivresse pour égarer le malheureux peuple juif. Il croira se protéger efficacement en faisant alliance avec la mort (c'est-à-dire avec le chef de l'Empire romain). Mais cela même sera sa perte. Tel un cyclone, l'Assyrien ravagera Jérusalem. L'Éternel se servira de ce «fléau qui inonde» pour accomplir «son œuvre étrange… son travail inaccoutumé»: le jugement. Car son œuvre accoutumée c'est de sauver et de bénir (Jean 3 v. 17).

Mais l'effondrement de toutes les valeurs et de tous les points d'appuis humains est l'occasion pour Dieu de révéler le sûr fondement qu'il a posé en Sion. Avec quel amour il le considère, s'arrêtant avec satisfaction sur chaque expression: «une pierre, une pierre éprouvée, une précieuse pierre de coin, un sûr fondement». Oui cette pierre, figure de Christ, «rejetée par les hommes» est «précieuse auprès de Dieu» et elle a aussi du prix pour nous qui croyons (lire 1 Pier. 2 v. 4, 6, 7). Pour chacun, le Seigneur Jésus devient littéralement la pierre de touche. Est-il ou non précieux pour notre cœur?

 

25               Ésaïe 29 v. 1 à 24

 

Après l'envahissement du ch. 28, Jérusalem n'est pas encore quitte (voir ch. 40 v. 2). Elle va subir un nouvel assaut de la part d'une formidable coalition de peuples. Mais cette fois tous ces ennemis s'évanouiront comme un songe parce qu'ils se sont attaqués à «Ariel» (le lion de David), la cité du vrai David. En même temps que la délivrance, Dieu va accomplir une autre œuvre digne de lui, celle-ci dans la conscience même de son peuple (v. 18 à 24). Les oreilles bouchées et les yeux obscurcis selon la prophétie du ch. 6 v. 10, seront ouverts. L'intelligence lui sera rendue et les paroles du livre précédemment scellé (v. 11) seront comprises et reçues. Souvenons-nous à cette occasion que la Bible est un livre fermé à l'intelligence naturelle. Il faut le Saint Esprit pour pouvoir la comprendre.

Le v. 13 sera cité par le Seigneur aux scribes et aux pharisiens car il traduit leur état (Matt. 15 v. 7, 8). Honorer le Seigneur des lèvres, tout en ayant un cœur fort éloigné de lui, certes, c'est un état dans lequel nous pouvons nous trouver si nous ne nous jugeons pas. Cette forme d'hypocrisie peut donner le change à d'autres et nous faire passer pour plus pieux que nous ne sommes, mais elle ne saurait tromper Celui qui lit dans notre cœur (Éz. 33 v. 31, 32)!

 

26               Ésaïe 30 v. 15 à 22 ; 31 v. 4 à 9

 

Les ch. 30 et 31 appellent un double malheur sur le peuple rebelle parce qu'il a cherché du secours auprès de l'Égypte. Nous ne le répéterons jamais trop avec la Parole de Dieu: Mettre sa confiance dans les hommes est d'abord une folie. Car elle ne saurait être plus mal placée! C'est aussi de l'incrédulité puisque dès le début de ce livre Dieu a établi qu'on ne pouvait faire aucun cas de l'homme (ch. 2 v. 22). C'est enfin un outrage à Dieu, un mépris de sa puissance et de son amour. Comme s'il était incapable de nous protéger; et comme si ce n'était pas son plaisir de le faire! Le chemin de la délivrance et de la force est tracé par le beau v. 15 du ch. 30: revenir au Seigneur, au lieu d'aller vers le monde (l'Égypte). Et se tenir en repos au lieu de s'agiter. De plus «la tranquillité et… la confiance» sont des conditions nécessaires pour percevoir les directions du Seigneur: «Que vous alliez à droite ou que vous alliez à gauche, tes oreilles (c'est personnel) entendront une parole derrière toi, disant: c'est ici le chemin, marchez-y» (v. 21). Voix fidèle, voix familière, combien de fois ne nous sommes-nous pas égarés pour avoir négligé d'y apporter l'attention de notre cœur (Prov. 5 v. 13, 14)!

 

27               Ésaïe 32 v. 1 à 8 ; 33 v. 17 à 24

 

Il ne faut pas chercher dans ces chapitres une histoire suivie des événements futurs. Ceux-ci sont présentés au contraire comme autant de vues distinctes projetées une à une sur l'écran prophétique. Isolés ou regroupés, les mêmes faits peuvent apparaître à plusieurs reprises sous des perspectives et des éclairages différents. C'est ainsi que, pour la troisième fois, l'aube radieuse du règne millénaire s'offre à notre admiration (ch. 32 et 33).

Après l'effrayante destruction de l'Assyrien et celle du faux «roi» ou Antichrist (ch. 30 v. 31 à 33), place est faite au roi véritable, Christ qui régnera en justice. Précisément l'accent est mis à présent sur cette justice (ch. 32 v. 16, 17; ch. 33 v. 5, 15).

Alors, avec des yeux pour voir (ch. 32 v. 3), les réchappés du peuple contempleront «le roi dans sa beauté». De plus, ils trouveront en lui «un homme» qui sera pour eux protection, repos, vie de l'âme (ch. 32 v. 2). Combien ces promesses adressées à Israël sont douces aussi pour nos cœurs, chers enfants de Dieu! Car nous vivons dans le même monde injuste. Et nous attendons le même Seigneur. Il est «plus beau que les fils des hommes» (Ps. 45 v. 2).

Soulignons aussi le v. 8 de ce ch. 32 en pensant à la noblesse morale qui devrait caractériser la conduite de ceux que Dieu a placé parmi les nobles.

 

28               Ésaïe 34 v. 9 à 17 ; 35 v. 1 à 10

 

Le ch. 34 se rapporte au châtiment d'Edom, ce peuple maudit, descendant d'Ésaü. Il sera entièrement détruit, et son pays, la montagne de Séhir, réduit à une désolation perpétuelle. Des prédicateurs modernes osent affirmer que Dieu dans son amour ne peut condamner personne. Un tel passage leur apporte un démenti solennel. En contraste le ch. 35 donne un aperçu de ce que sera l'héritage d'Israël (frère d'Ésaü). Même le désert y deviendra un merveilleux jardin où brillera sans nuage «la gloire de l'Éternel, la magnificence de notre Dieu» (v. 2). Aussi voyez l'allégresse et la joie qui débordent dans ce petit ch. 35. Une telle perspective n'est-elle pas propre à ranimer les cœurs découragés (v. 3)? Et il en est ainsi à plus forte raison de l'espérance chrétienne par excellence: la venue du Seigneur pour enlever son Église. Ne l'oublions jamais nous-mêmes et parlons-en aux autres croyants. Il n'y a pas de moyen plus efficace pour fortifier les mains lassées et les genoux qui chancellent, autrement dit pour nous encourager au service, à la prière et à une marche sans défaillance (v. 3; comp. Héb. 12 v. 12). «Consolez-vous donc l'un l'autre par ces paroles», recommande l'apôtre Paul (1 Thess. 4 v. 18).

 

29               Ésaïe 36 v. 1 à 10 et 22 ; 37 v. 1 à 4

 

Les ch. 36 à 39 constituent entre les deux grandes divisions prophétiques du livre d'Ésaïe, un intermède historique. Il s'agit d'un récit que nous connaissons déjà par 2 Rois 18 v. 13 à 20 v. 21 et 2 Chron. 32. Dieu nous le donne une troisième fois comme une vivante illustration d'une part de la confiance en lui, d'autre part de ses miséricordieuses réponses à cette confiance. Inattendue à cette place du livre, cette belle histoire d'Ézéchias est destinée à fortifier «les mains lassées» et à affermir «les genoux qui chancellent» (ch. 35 v. 3). Elle est enfin une figure de la situation dans laquelle se trouvera le résidu d'Israël lors de l'invasion assyrienne.

L'ennemi jusqu'alors victorieux se présente «près de l'aqueduc de l'étang supérieur, sur la route du champ du foulon», à l'endroit même où lors de l'invasion de Retsin, le prophète et son fils Shear-Jashub avaient été envoyés à la rencontre d'Achaz avec un message de grâce (ch. 7 v. 3, 4). Devant les provocations de ce nouvel envahisseur, Ézéchias peut ainsi se souvenir de la promesse faite à son père au même lieu: «Prends garde et sois tranquille, ne crains point, et que ton cœur ne défaille pas…».

 

30               Ésaïe 37 v. 5 à 20

 

Les serviteurs d'Ézéchias ont obéi à leur roi pour se taire devant l'ennemi. Ils lui ont ensuite fidèlement rapporté les paroles de ce dernier (ch. 36 v. 21, 22). À présent ils accomplissent auprès d'Ésaïe la mission dont ils ont été chargés, mettant en pratique le proverbe qu'ils ont eux-mêmes transcrit (voir Prov. 25 v. 1 et 13). Remarquons qu'ils sont conduits par Eliakim, fils de Hilkija, l'intendant fidèle établi par Dieu, et qui est une figure du Seigneur Jésus (ch. 22 v. 20).

Rassuré une première fois par la réponse du prophète, voici qu'Ézéchias reçoit du roi d'Assyrie une lettre chargée en même temps de menaces pour lui et de mépris pour l'Éternel. Dans le double sentiment de sa propre impuissance et de l'offense faite au Dieu d'Israël, le roi pénètre à nouveau dans le Temple où il déploie la missive arrogante. Et il ne se contente pas cette fois d'une prière d'Ésaïe (v. 4). Il s'adresse lui-même à l'Éternel. Remarquez ses arguments. Il ne fait mention ni de lui ni du peuple. Seule importe la gloire de celui qui est «assis entre les chérubins». On ne devait pas confondre les «dieux des nations» subjugués par l'Assyrie avec «le Dieu de tous les royaumes de la terre» (v. 12 et 16 — comp. aussi v. 17 avec Ps. 74 v. 10 et 18).

 

31               Ésaïe 37 v. 21 à 38

 

Ézéchias a réalisé le v. 15 du ch. 30: «Dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force». Et il n'a pas été confus. Sa foi honore l'Éternel, et, en réponse, l'Éternel honore sa foi. Or Dieu est aujourd'hui «le Même» (ch. 37 v. 16). Il ne peut pas ne pas répondre à la plus faible confiance, car il y va de sa propre gloire.

Ézéchias s'étant dessaisi de cette affaire, l'Éternel se charge de répondre lui-même à la lettre du roi d'Assyrie d'une manière à laquelle ce dernier était bien loin de s'attendre. Il estimait l'Éternel incapable de délivrer Jérusalem (ch. 36 v. 20). Eh bien, un seul ange de ce Dieu méprisé suffit à frapper cent quatre vingt cinq mille combattants de son armée! Forcé de renoncer à sa campagne, Sankhérib s'en retourne à Ninive plein de honte et de dépit. Puis il tombe à son tour sous les coups de ses propres fils. Quel contraste entre le conquérant fier et hautain trouvant sa perte dans le temple même de son idole, et l'humble roi de Juda, vêtu d'un sac, se tenant dans la Maison de son Dieu pour y obtenir sa délivrance (voir Ps. 118 v. 5)!

Admirons la grâce de Dieu qui, à cette délivrance, ajoute encore un signe. Il connaît les besoins des siens et promet de pourvoir à leur subsistance (v. 30; Matt. 6 v. 31 à 33).

 

32               Ésaïe 38 v. 1 à 16

 

La foi d'Ézéchias obtient ici de la part de l'Éternel une réponse plus grande encore que celle du chapitre précédent. La mort se présente, visiteuse importune. Le désespoir qu'éprouve le roi devant elle semble montrer une chose: il ne connaît pas la promesse que Dieu avait faite par la bouche d'Ésaïe: «Il engloutira la mort en victoire; et le Seigneur, l'Éternel, essuiera les larmes de dessus tout visage» (ch. 25 v. 8). Ézéchias qui vit au temps de promesses pour la terre (Ps. 116 v. 9) ne voit pas au delà d'un prolongement de ses jours. Il n'a pas devant lui, la certitude de la résurrection que les croyants possèdent aujourd'hui. Il ne sait pas que «mourir est un gain», car déloger et «être avec Christ, cela est de beaucoup meilleur» (Phil. 1 v. 21, 23). Cependant Dieu entend sa prière, voit ses larmes… se laisse fléchir (Ps. 34 v. 6). Et cette fois aussi, Il ajoute à sa réponse un signe de grâce: l'ombre qui rétrograde sur le cadran solaire, figure du jugement retardé.

Le v. 3 fait penser à Héb. 5 v. 7 et aux larmes de Gethsémané. Qui d'autre que Jésus pouvait pleinement réaliser ces paroles?

Ce beau récit nous a déjà été relaté en 2 Rois 20 v. 1 à 11. Mais ce que nous ne trouvons qu'ici, c'est le touchant «écrit d'Ézéchias» qui accompagne sa guérison.

 

33               Ésaïe 38 v. 17 à 22 ; 39 v. 1 à 8

 

«L'écrit d'Ézéchias» s'achève sur une action de grâces. Il a prié pour être sauvé de la mort; il prie à présent pour remercier celui qui l'a exaucé.

Le lot des inconvertis ici-bas se ramène à un seul mot: «amertume sur amertume» (comp. Eccl. 2 v. 23). Même lorsque tout leur réussit, ils ne peuvent se défaire d'une secrète angoisse. «Mais toi — s'écrie le racheté s'adressant à son Sauveur — tu as aimé mon âme, la retirant de la fosse de destruction, car tu as jeté tous mes péchés derrière ton dos». «L'Éternel a voulu me sauver». Si telle est notre histoire, ne manquons pas de réaliser aussi le v. 19: «le vivant est celui qui te louera, comme moi aujourd'hui».

D'une manière plus générale, c'est l'histoire d'Israël qui revivra comme peuple de Dieu au dernier jour, après le pardon de tous ses péchés.

Le ch. 39 relate la tentation subtile dont Ézéchias est l'objet de la part des ambassadeurs du roi de Babylone. Il succombe… et nous aussi chaque fois que nous faisons servir à notre propre gloire ce que Dieu nous a confié pour la sienne. «Qu'as-tu, que tu n'aies reçu? — demande 1 Cor. 4 v. 7 — Et si aussi tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu?». — «Je suis riche, et je me suis enrichi…», ce n'est rien d'autre que l'insupportable prétention de Laodicée (Apoc. 3 v. 17).

 

34               Ésaïe 40 v. 1 à 17

 

Les ch. 40 à 66 forment un ensemble bien distinct, au point qu'ils ont pu être appelés quelquefois «le 2º livre d'Ésaïe». La 1º partie avait pour sujet principal l'histoire passée et future d'Israël, ainsi que celle des nations auxquelles il a eu (et aura) affaire. Dans la division que nous abordons, il est question essentiellement de l'œuvre de Dieu dans les cœurs pour les tourner vers Lui. Notre prière en abordant cette lecture est qu'une telle œuvre se fasse dans chacun de nos cœurs. Seule la grâce divine peut l'accomplir, et pour cette raison Dieu commence par parler de consolation et de pardon.

Parmi les «cris» qui retentissent au début de ce chapitre (v. 2, 3, 6, 9), il est un message que nous reconnaissons: ce sera celui de Jean le Baptiseur (Jean 1 v. 23). Les Évangiles nous apprendront de quelle manière il a préparé le chemin du Seigneur Jésus. L'appel suivant (cité en 1 Pier. 1 v. 24, 25) compare le caractère fragile et passager de la chair, y compris ce qu'elle peut produire de plus beau (sa fleur), avec «la vivante et permanente parole de Dieu» (comp. Matt. 24 v. 35). Enfin Jérusalem est invitée à annoncer à tous: «Voici votre Dieu…». Sommes-nous aussi des messagers de bonnes nouvelles (comp. 2 Rois 7 v. 9)?

 

35               Ésaïe 40 v. 18 à 31

 

Une grande question va être débattue dans les ch. 40 à 48 que nous abordons: celle de l'idolâtrie du peuple. Tout naturellement ce sujet commence par une mise au point: