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Chaque Jour les Écritures — Livre de l’Exode
Table des matières :
Chaque Jour les Écritures — Livre de l’Exode
Les circonstances ont bien changé dans le pays d'Égypte entre la Genèse et l'Exode. Ce qui caractérise maintenant le Pharaon et son peuple, c'est qu'ils ne connaissent pas Joseph (verset 8; Actes 7:18). Celui qui a sauvé l'Égypte et conservé la vie à tout un peuple a été totalement oublié! Il en est ainsi du monde actuel dont Satan est le prince. Jésus le Sauveur n'a pas de place dans les pensées des hommes. Et, ce qui va de pair avec l'ignorance de Dieu et de son Fils, les âmes sont tenues dans une dure servitude dont certains gémissent mais dont la plupart demeurent inconscients. Cet esclavage dans lequel Satan maintient les hommes est figuré d'une manière saisissante par le service impitoyable auquel les fils d'Israël sont ici assujettis (verset 13). Mais le sujet du livre de l'Exode est la rédemption: la délivrance du peuple de Dieu arraché à ce terrible pouvoir. Cela exige la description préalable de son état tragique.
Le méchant roi ordonne la mise à mort de tous les garçons nouveau-nés en Israël (comparer Matthieu 2:16). Mais Dieu se sert de femmes qui le craignent et au contraire ne craignent pas l'ordonnance du roi, pour déjouer les desseins de l'ennemi. Combien sont précieux pour le coeur de Dieu tous les signes de fidélité au milieu de cette scène où Satan règne.
Dieu dans sa grâce n'a pas voulu laisser les siens dans l'esclavage. Il leur a donné un Sauveur: Moïse, type de Christ dont l'histoire nous est relatée plusieurs fois dans les Écritures (Actes 7:20...; Hébreux 11:23...). Dans le coffret préparé par la mère de Moïse, nous avons une image des soins que prennent les parents chrétiens pour protéger leurs enfants contre les influences pernicieuses du monde extérieur. Mais ces soins ne suffisent pas. Il faut aussi la foi: le coffret doit être mis à l'eau! Et Dieu répond à cette foi par une délivrance providentielle. Derrière la scène, il dirige tout, se servant même des larmes du petit enfant. Finalement le décret du Pharaon n'aura servi qu'à préparer dans sa propre maison un rédempteur pour Israël.
Moïse, devenu grand, montre comme ses parents une foi exceptionnelle. Hébreux 11:24... souligne comment il refuse l'avenir brillant qui s'offre à lui; il choisit..., il estime..., et quel est son secret? Il regarde à la rémunération. Grand exemple pour nous qui sommes tous, tôt ou tard, placés devant ce choix: le monde avec ses ambitions et ses plaisirs ou «l'opprobre du Christ»! Moïse se présente pour délivrer son peuple. Mais son échec nous instruit aussi. Si grandes que soient les affections, on ne peut pas suivre Christ par l'énergie naturelle (verset 12; comparer Jean 18:10).
Moïse a renoncé à son titre et à ses richesses pour visiter ses frères opprimés. Méconnu d'eux et rejeté, il s'enfuit dans un pays étranger. Là, après s'être manifesté comme celui qui délivre et qui désaltère (verset 17), il acquiert une épouse et devient berger. Tous ces traits nous font penser à Jésus, le fils de Dieu, qui s'est dépouillé de sa gloire pour visiter et sauver son peuple Israël. Les siens ne l'ayant pas reçu (Jean 1:11), il est maintenant loin du monde, comme le grand berger des brebis et l'Époux de l'Église que sa grâce a rachetée et qui partage sa rejection.
Quarante ans ont passé pour Moïse. Dieu va se révéler à lui dans une «grande vision». Pour Agar, il avait choisi un puits, pour Jacob une échelle et pour Moïse ce mystérieux buisson. Pouvez-vous dire où et comment vous, vous l'avez rencontré?
Dieu veut montrer à Moïse sa grâce envers son cher peuple. Au milieu de la fournaise de l'Égypte, Israël était comme ce buisson, éprouvé mais non détruit par le feu. Il en est de même maintenant des rachetés du Seigneur. Le feu de l'épreuve n'a jamais pour but que de détruire le mal non jugé qui subsiste en eux.
En Christ seul, le feu divin qui l'a entièrement visité n'a rien trouvé à consumer (Psaume 17:3).
Pendant les longues années d'esclavage dans la «fournaise de fer» de l'Égypte (Deutéronome 4:20), Dieu n'était pas resté indifférent aux souffrances de son peuple. Il se souvenait de ses promesses à Abraham (Genèse 15:13, 14), à Isaac (Genèse 26:3) et à Jacob (Genèse 46:4). Le moment vient où il va se faire connaître aux siens par le moyen de Moïse comme le Dieu de leurs pères et en même temps le Dieu qui pense à eux en amour pour les délivrer. N'est-ce pas également ainsi que peuvent le connaître tous ceux qui gémissent sous le fardeau de leurs péchés? L'état de misère et de perdition de sa créature n'a pas laissé Dieu insensible, de même qu'il a vu l'affliction d'Israël et qu'il a entendu ses cris et ses soupirs. Mais il ne s'est pas contenté de prendre connaissance de «ses douleurs» (verset 7). Il ajoute: «Je suis descendu pour le délivrer».
C'est en Jésus que Dieu est descendu; c'est par lui qu'il nous a délivrés. S'est-il arrêté là? Non, il a voulu encore faire de nous son peuple, nous établir dans une relation avec lui, et nous enrichir (verset 22). Dieu révèle son Nom à Moïse. Il est «JE SUIS», celui qui remplit l'éternité de sa présence. Il existe, il est, tout le reste en découle (Ésaïe 43:11, 13, 25).
À la cour du Pharaon, Moïse avait été instruit dans toute la sagesse des Égyptiens. Mais il n'y avait pas appris à connaître «Je suis». Les années passées dans le palais royal n'ont pas davantage pu faire de lui un instrument qualifié pour la délivrance du peuple. Le meurtre de l'Égyptien a plutôt montré le contraire. Après les quarante années à l'école du Pharaon, il en faut quarante autres à l'école de Dieu, à l'écart, en Madian. Le résultat, c'est que Moïse n'a plus rien à faire valoir de lui-même. Jadis «puissant dans ses paroles et dans ses actions» (Actes 7:22), il affirme à présent n'avoir aucune éloquence et met de côté toutes ses capacités personnelles. Mais s'il a justement cessé d'avoir confiance en lui-même, il n'a pas encore une pleine confiance en Dieu. Il doit apprendre que quand le Seigneur charge d'un service, Il donne en même temps toutes les ressources pour l'accomplir.
La verge se changeant en serpent montre que si Dieu permet à Satan d'agir un moment, il reste au-dessus de lui pour annuler son pouvoir. À la croix, Christ a triomphé des puissances de méchanceté (Colossiens 2:15). La main mise dans le sein (le coeur: source du mal) devenue lépreuse, puis rendue saine, illustre la puissance de Dieu pour ôter la souillure du péché.
Moïse était parti jadis sans avoir été envoyé par Dieu. Maintenant que l'Éternel l'envoie, il soulève toutes les objections possibles pour décliner l'appel: son incapacité (chapitre 3:11), son ignorance (chapitre 3:13), son manque d'autorité (chapitre 4:1), d'éloquence (verset 10), d'aptitude à sa mission avec le désir qu'un autre en soit chargé (verset 13), l'insuccès de sa première tentative (chapitre 5:23), ou l'incompréhension montrée par ses frères (chapitre 6:12). N'invoquons-nous pas souvent de tels motifs pour ne pas obéir? Les versets 24 à 26 nous rappellent qu'avant de se mettre en route pour un service public, il faut que le serviteur de Dieu ait mis de l'ordre dans sa maison. Jusqu'ici, sous l'influence probable de sa femme, Moïse n'avait pas circoncis son fils, figure de la condamnation de la chair. Dieu l’exigeait (Genèse 17:14), à plus forte raison dans la maison de son serviteur. C’est cette question qui doit être maintenant réglée, sous peine de mort!
Les versets 27 et 28 nous indiquent où des frères sont appelés à se rencontrer: à la montagne de Dieu — et quel est le sujet de leur entretien: la Parole du Seigneur et ses merveilles.
Au commencement du chapitre Moïse disait: Voici ils ne me croiront pas. Or l'Éternel a préparé les coeurs. Les fils d'Israël croient (verset 31; comparer 2 Chroniques 29:36). Avant même la délivrance, ils s'inclinent et se prosternent devant Lui.
L'Égypte offre une saisissante illustration du monde, autrement dit de la société humaine organisée sans Dieu. Mais, tout en refusant l'autorité de Dieu, le monde s'est pourtant donné un maître: Satan, appelé le chef de ce monde (Jean 16:11). C'est un prince dur et exigeant dont le cruel Pharaon constitue une frappante image. Et lorsque quelqu'un commence à être réveillé dans sa conscience et à soupirer après la délivrance (comme Israël dans ce chapitre), Satan s'efforce de le retenir et de le lier par un surcroît d'occupation (voir verset 9). Il distrait cet homme par un tourbillon d'activité pour chasser de telles pensées de son esprit et l'empêcher de trouver le temps de s'occuper des besoins de son âme.
Oui, nous aussi, peut-être, avons-nous trop bien su ce que c'est que de gémir sous le joug de Satan «esclaves du péché» (Romains 6:17), «asservis à diverses convoitises et voluptés» (Tite 3: 3) incapables de nous délivrer par nos propres efforts. Un de nos lecteurs se trouve-t-il peut-être encore dans ce terrible état? La Parole lui annonce une délivrance déjà acquise. Plus grand que Moïse, Christ n'a pas seulement annoncé, mais lui-même accompli cette rédemption. Il a arraché nos âmes à la servitude affreuse du diable et du péché.
Le Pharaon ne donne rien ; au contraire il exige sans cesse davantage. Et c'est en vain qu'on crie à lui (versets 15 à 18) Non seulement Satan ne connaît aucune miséricorde, mais il trouve plaisir à la misère de ses esclaves. Ah! nous en avons peut-être déjà fait l'expérience: le péché est un tyran qui ne désarme pas. À peine une convoitise est-elle satisfaite qu'une autre se fait pressante. Seul Christ peut totalement et définitivement apaiser un coeur. Parfois Dieu permet que la délivrance se fasse attendre pour que l'homme sentant bien le poids de ce joug de l'ennemi et le fond de son misérable état, soit enfin prêt à reconnaître que Lui seul peut l'en arracher.
En réponse au découragement de ses serviteurs (v 23), Dieu ne leur fait aucun reproche. Au contraire c'est l'occasion d'une nouvelle révélation de lui-même. L'Éternel ou «Jéhovah» est le nom que Dieu prend dans ses relations avec Israël. Pour les patriarches il était le Dieu Très-Haut, possesseur des cieux et de la terre. Maintenant, voulant faire une chose nouvelle, Dieu prend aussi un nom nouveau. L'Éternel, c'est celui qui ne change pas et qui est fidèle à son alliance. Pour nous croyants du temps de la grâce, Il porte un nom bien plus précieux encore, celui de Père, que Jésus est venu nous faire connaître (Jean 17:26).
Dans les versets 6 à 8, Dieu a développé devant Moïse tout son plan de salut découlant de ce nouveau nom d'Éternel qu'il a pris pour Israël. Et ce plan de salut est encore une fois absolument garanti par sa signature: Je suis l'Éternel (v 8). «C’est moi, c’est moi qui efface tes transgressions à cause de moi-même» confirmera Dieu en És. 43:25. Il est bien triste de constater qu'Israël «à cause de leur angoisse d'esprit» (en note: impatience), n'écoute pas. C'est la première manifestation d'incrédulité de ce peuple, hélas suivie, comme nous le verrons, d'une longue liste d'autres semblables (Psaume 106:7).
Moïse, de son côté, est de nouveau inquiet et découragé. Sa foi a bien de la peine à s'emparer du nom et des promesses de l'Éternel.
Puis Dieu porte ses regards sur les siens. Ils sont mêlés à des étrangers mais son oeil les distingue et il se plaît à rappeler leurs noms. «Le Seigneur connaît ceux qui sont siens» (2 Timothée 2:19). Rappelons aussi ce verset si encourageant pour les croyants de tous les temps: «Les yeux du Seigneur regardent vers les justes, et ses oreilles sont ouvertes à leur cri» (Psaume 34:15; 1 Pierre 3:12).
Nous avons ici les noms de plusieurs membres de la famille de Lévi qui joueront, en bien ou en mal, un rôle important dans l'histoire d'Israël: Coré et ses fils, les quatre fils d'Aaron, Phinées...
Dans le Psaume 90 (Prière de Moïse, homme de Dieu), Moïse mentionne l'âge de quatre-vingts ans comme limite de vie pour un homme vigoureux. Pourtant c'est l'âge auquel lui-même va commencer son ministère (verset 7). Lorsque Dieu appelle un serviteur, il commence par annuler sa force naturelle; puis il fournit de nouvelles forces qui, d’une manière évidente, viennent de Lui.
L'Éternel a fait connaître d'avance ses pensées à Moïse et à Aaron. Ce qui constituera des plaies pour les Égyptiens (chapitre 9:14) s'appelle signes par rapport au peuple de Dieu (verset 3) et comporte pour lui un enseignement moral. C'est ainsi que Dieu instruit les chrétiens au sujet du monde, de Satan et de ses pauvres victimes. Sa Parole fait connaître les «grands jugements» qui vont tomber sur les hommes sans repentance. Elle nous dit aussi comment il fera sortir son peuple racheté hors de ce monde pour l'introduire dans la patrie céleste (verset 4). Aussi, chers amis chrétiens, avertis de toutes ces choses, quelles gens devrions-nous être en sainte conduite et en piété! (2 Pierre 3:11).
En présence du Pharaon et de ses serviteurs, les signes annoncés au chapitre 4 sont opérés par Moïse et Aaron. Parlant de victoire sur Satan (le serpent) et sur le péché (la lèpre), nous pouvons y voir comme un résumé de l'évangile.
Si les Égyptiens n'écoutent pas les deux premiers signes, avait dit l'Éternel à Moïse, alors il s’en produira un troisième bien solennel: celui de l'eau changée en sang. L'eau nous parle de ce qui rafraîchit et donne la vie, tandis que le sang répandu c'est la mort. La Parole a été donnée à l'homme pour le faire vivre. Mais s'il ne la reçoit pas et ne la croit pas, la même Parole deviendra pour lui le jugement et la mort (lire Jean 12:48). Elle proclame aujourd'hui la grâce, mais aussi le jugement, pour ceux qui ne la reçoivent pas. Chacun aura affaire à elle de l'une ou l'autre manière, maintenant pour la vie ou plus tard pour la mort!
Ce que l'Éternel a dit s'accomplit pour les Égyptiens. Le Nil, artère vitale de leur pays, et dont ils avaient fait un dieu, devient un objet de dégoût et de répulsion. Le sang remplit le fleuve, les canaux, les étangs et jusqu'aux vases. Toutes les sources où le monde s'abreuve sont pestilentielles et mortelles (verset 18). Gardons-nous d'y boire! Cette fois encore les devins font de même par leurs enchantements. Par le pouvoir de Satan ils imitent ce qui produit la mort avec pour seul résultat d'augmenter la misère de leur peuple. Ils auraient bien davantage montré leur puissance en changeant le sang en eau. Mais cela, ils en étaient incapables.
Sur l'ordre de l'Éternel, Aaron étend sa main et à présent ce sont des grenouilles qui montent et envahissent le pays. Moïse a cessé de discuter les ordres de Dieu. Il a maintenant une pleine assurance en Celui qui l'a envoyé et il s'engage vis-à-vis du Pharaon: «Pour quand supplierai-je l'Éternel?» (verset 9).
«Augmente-nous la foi», demandaient les disciples au Seigneur (Luc 17:5). Ce devrait être aussi notre prière. — Après les grenouilles ce sont les moustiques qui remplissent l'Égypte. Les devins, qui à deux reprises avaient imité Aaron, se trouvent cette fois arrêtés. Leur folie est rendue manifeste. 2 Timothée 3:8 nous apprend leurs noms: Jannès et Jambrès. Ils représentent les chrétiens de nom, ceux qui ont la forme de la piété sans la foi véritable. Pour être chrétien il ne suffit pas d'imiter ce que font les vrais enfants de Dieu. On peut assister aux réunions, lire la Bible, faire beaucoup de bonnes œuvres… et ne pas être chrétien du tout. Rien n'est plus facile que de faire semblant d'appartenir au Seigneur en trompant les autres et peut-être en se trompant soi-même. Ami, avez-vous la foi véritable ou bien seulement son apparence? Votre sort éternel en dépend.
La quatrième plaie, ce sont les mouches venimeuses. Leurs essaims pénètrent dans les maisons et ruinent l'Égypte, à l'exception du pays de Goshen. Moralement ces mouches venimeuses nous font penser aux médisances, aux jalousies et à toutes les sources d'irritation qui enveniment les relations domestiques et sociales des gens du monde, mais qui ne doivent pas trouver place dans les maisons des enfants de Dieu.
Le Pharaon est prêt maintenant à certaines concessions: «Allez, dit-il, et sacrifiez à votre Dieu dans le pays!» (verset 25). Mais cela ne pouvait se faire. L'Éternel avait commandé d'aller le chemin de trois jours dans le désert (chapitre 3:18). Trois jours: c'est le temps que Jésus a passé dans le tombeau entre sa mort sur la croix et le matin de sa résurrection. Or l'Ennemi voudrait nous enlever ces vérités qui rappellent sa défaite. Au contraire, un culte sans le souvenir de la croix et de la résurrection ne le gêne pas du tout. Le monde admire la vie de Jésus et honore les gens de bien. Il a sa propre religion et verra d'un bon oeil que nous ayons aussi la nôtre. Mais la croix et la présence dans le ciel d'un Christ vivant, bases de notre culte, condamnent le monde et nous séparent absolument de lui (Galates 6:14).
Une peste «très grande» s'abat à présent sur le bétail. Dieu épargne les troupeaux d'Israël à qui il faudra des agneaux pour la Pâque et plus tard d'autres sacrifices. Puis un ulcère fait éruption sur les hommes et sur les bêtes. Le coeur du roi reste insensible, bien que, remarquons l'expression, ce soit dans ce coeur que l'Éternel envoie toutes ces plaies (verset 14). Comment expliquer cet acharnement du Pharaon contre Israël? Satan sait que de ce peuple doit naître un jour le Messie qui, plus grand que Moïse, viendra délivrer les hommes de son joug et sera son vainqueur. Alors il retient Israël en esclavage le plus longtemps possible. Mais cette obstination ne réussit qu'à faire ressortir davantage la puissance de Dieu et publier Son nom dans toute la terre (verset 16 cité en Romains 9:17).
Mis en présence de la puissance de Dieu, mais aussi de sa miséricorde qui a successivement retiré les grenouilles, les moustiques, les mouches venimeuses... l'orgueilleux Pharaon a chaque fois volontairement endurci son coeur et refusé de se repentir.
Combien de personnes endurcissent leur coeur en présence du plus grand des miracles de la grâce: le Fils de Dieu mourant pour le salut des hommes perdus.
Une septième plaie est annoncée: la grêle. Pour la première fois nous voyons des Égyptiens craindre la parole de l'Éternel et mettre leurs troupeaux à l'abri. Le but des catastrophes que Dieu permet, est de rappeler aux hommes sa présence. On est si fier aujourd'hui de tous les progrès scientifiques par lesquels l'homme croit s'assurer le contrôle des forces de la nature ! Alors pour bien rappeler qui est le maître du monde, Dieu permet des cataclysmes naturels, des fléaux imprévisibles : tremblements de terre, épidémies, invasions d'insectes... qui montrent à la créature sa petitesse et humilient son orgueil (Job 38:22, 23). Par tous les moyens, Il cherche à tourner vers lui les pensées des hommes. En effet c'est souvent par de tels rappels à l'ordre qu'ils sont amenés à réfléchir et à s'occuper de leur sort éternel. Combien d'âmes dans l'angoisse ont trouvé auprès de Jésus un abri, non seulement contre les orages d'ici-bas, mais contre un éternel jugement !
Dieu mesure avec soin l'intensité et la durée de l'épreuve. Elle n'ira pas plus loin qu'il ne le lui permet. Le lin et l'orge sont frappés, mais pas le froment ni l'épeautre (versets 31, 32). Quant à ses bien-aimés, ils jouissent tout au long de la tempête d'une protection merveilleuse (verset 26).
«J'ai péché», a reconnu le Pharaon (chapitre 9:27). — Est-ce une vraie repentance? Non; sitôt que la grêle a cessé, il continue de pécher (verset 34) et il endurcit volontairement son coeur. Alors désormais c'est l'Éternel qui endurcira ce coeur (verset 1). Combien c'est solennel! Dieu parle une fois, deux fois (Job 33:14), souvent davantage. Puis un jour il est trop tard. Lecteur, combien de fois Dieu vous a-t-il parlé?
Voici les sauterelles qui menacent une Égypte déjà ruinée. Joseph avait sauvé le pays: le Pharaon le ruine; de même Satan entraîne le monde à sa perte.
À présent une nouvelle proposition est faite à Moïse: Seuls les adultes iront célébrer la fête. Les petits enfants resteront dans le pays. C'est ainsi que Satan cherche à retenir les âmes par les affections naturelles, les liens de la famille. Mais relisons la belle et importante réponse de Moïse au verset 9. Aucun membre de la famille de la foi, si petit soit-il, ne doit demeurer au pouvoir de l'Ennemi. Ne pensez pas, jeunes amis, que le christianisme soit seulement l'affaire de vos parents. La maison chrétienne forme un tout, et c'est pourquoi il vous est demandé d'en suivre les principes, de vous conformer à ses habitudes et à ses abstentions, même si vous n'en avez pas encore personnellement compris la valeur et la nécessité.
Tout ce que la grêle avait laissé est à présent ravagé par les sauterelles. Un fléau terrible! «J'ai péché», répète le Pharaon avec une mauvaise foi évidente, dans le seul but d’être débarrassé des sauterelles. Mais on ne se moque pas de Dieu. Il a laissé passer le moment du pardon (comparer Jérémie 46:17) et l'Éternel endurcit à nouveau son coeur. Puis viennent les ténèbres, trois jours entiers d'épaisses ténèbres! C'était un signe particulièrement frappant pour les Égyptiens. Le soleil, source de lumière, de chaleur, de vie, qu'ils adoraient comme un dieu (Râ), se montre sans pouvoir devant le Créateur de l'univers. Mais dans les habitations de tous les fils d'Israël, il y a de la lumière. «Quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres», déclare le Seigneur Jésus (Jean 12:46). Et encore: «Moi je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie» (Jean 8:12). Au milieu d'un monde rempli des ténèbres du péché, le croyant peut donc réaliser la présence de la lumière: Christ faisant sa demeure chez lui (Jean 14:23). Il s'ensuit que pour lui tout est clair: l'état du monde, son avenir, l'état de son propre coeur. Il sait où poser les pieds. Ce qu'il fait peut être vu de tous (Luc 11:36). — Cher ami, y a-t-il de la lumière dans la maison de votre coeur?
Neuf plaies se sont succédées dans le pays d'Égypte. Il en reste une dixième, plus terrible que toutes les précédentes, dont nous verrons la signification. Mais elle est précédée d'une dernière proposition du Pharaon: «allez, servez l'Éternel; seulement que votre menu et votre gros bétail restent» (verset 24). C'était empêcher le peuple d'offrir ensuite des sacrifices et des offrandes. Nous reconnaissons bien là les efforts de Satan pour nous ravir celui qui a été le parfait Sacrifice. Il s'emploie à nous ôter la jouissance de Christ, en particulier quand nous venons au culte le présenter au Père. Il y réussit malheureusement bien souvent. C'est alors une perte pour nous, mais Dieu surtout est frustré de l'offrande précieuse qu'Il attend de ses rachetés. Et d'une manière plus générale, la réponse de Moïse nous rappelle que Dieu a des droits non seulement sur nous mais sur tout ce que nous possédons.
Moïse entre ici dans une ardente colère (verset 8). Nous verrons à plusieurs reprises cet homme de Dieu en colère, lui qui pourtant était «très doux, plus que tous les hommes» (Nombres 12:3; voir Exode 16:20; 32:19; Lévitique 10:16; Nombres 16:15; 31:14). Mais il s'agit de la gloire de Dieu, du bien de son peuple. Nos colères ont-elles souvent ce motif-là?
Nous arrivons avec le récit de la Pâque à l'un des chapitres les plus importants de tout l'Ancien Testament. La rédemption annoncée va s'accomplir, en même temps que le plus terrible des jugements passera sur l'Égypte. Le péché mérite la mort et tous ont péché, les Israélites comme les Égyptiens. Mais, pour ceux qui appartiennent au peuple de Dieu, un agneau va mourir à leur place. Claire et émouvante figure de Jésus, «l'Agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde» et mis à mort au moment fixé par Dieu (1 Pierre 1:19). Nous nous approprions ce sacrifice; c'est ce que signifie manger la pâque. Christ a connu l'ardeur du jugement divin: l'agneau était rôti au feu. Et nous pensons à Ses douleurs avec le sentiment que notre péché l'a conduit là. C'est à cela que correspondent les herbes amères. L'agneau était mangé en famille. Les parents, les enfants, chacun dans la maison en avait sa part. Cher lecteur, avez-vous aussi personnellement «mangé la pâque»? Vous êtes-vous approprié par la foi la mort expiatoire du Seigneur Jésus? C'est une date inoubliable que celle de la conversion ! Elle est le point de départ de la vie véritable, la nouvelle naissance de l'enfant de Dieu (verset 2).
Le levain, image du mal, devait être ôté avec le plus grand soin (comparer 1 Corinthiens 5:7, 8). On ne peut saisir l'oeuvre de Christ et en jouir pleinement aussi longtemps que l'on n'a pas confessé et abandonné tout péché dont on a conscience.
Il restait pour l'Israélite une chose à faire, ordonnée par l'Éternel à Moïse au verset 7: il devait tremper un bouquet d'hysope dans le sang de l'agneau et en asperger l'encadrement de la porte de sa maison. Pour faire cela, le chef de la maison devait croire deux choses: d'abord que l'Éternel allait frapper; ensuite que le sang aurait le pouvoir de le protéger lui et les siens.
Nous pouvons demander comme les enfants des Israélites: Que signifie pour nous ce service? (verset 26). N'est-ce pas la figure du précieux sang de Christ, nous mettant à l'abri du jugement? «Je verrai le sang» avait affirmé l'Éternel (verset 13); tandis que l'Israélite, du dedans, ne le voyait pas. Notre salut ne dépend pas de la manière dont nous apprécions l'oeuvre de Christ, de l'intensité de nos sentiments à ce sujet. Non, il dépend de la manière dont Dieu l'estime, et pour Lui ce sang a une pleine et entière efficace pour ôter le péché. Ainsi reposons-nous avec confiance sur l'oeuvre parfaite accomplie par Jésus et acceptée par Dieu (1 Jean 1:7 fin).
Pendant que dans chacune de leurs maisons les Israélites mangent la pâque sous la protection du sang de l'agneau, dans la nuit du dehors règnent l'épouvante et la désolation. Le destructeur passe frappant les premiers-nés, de sorte qu'un grand cri de désespoir remplit toute l'Égypte. C'est la dixième et dernière plaie, image d'un jugement infiniment plus redoutable, celui que la Parole appelle la seconde mort, réservé à ceux qui ne se seront pas mis à l'abri du sang de l'Agneau de Dieu.
Pas de différence entre le captif dans la prison et le Pharaon lui-même (verset 29). Il n'y en aura pas davantage quand, devant le grand trône blanc du chapitre 20 de l'Apocalypse, paraîtront tous les morts «les grands et les petits».
Pour les fils d'Israël c'est maintenant le départ. Ils ont mangé la pâque à la hâte, les reins ceints, les sandales à leurs pieds, le bâton à la main (verset 11), montrant par là qu'ils sont un peuple séparé, étranger, prêt au départ. Ne le sommes-nous pas aussi? On devrait voir à notre zèle pour Dieu, à notre détachement des choses d'ici-bas, à notre sobriété, bref à tout notre comportement, que, rachetés par le sang de l'Agneau, nous sommes prêts à partir d'un instant à l'autre pour notre patrie éternelle.
Dieu fait tout commencer au jour de la rédemption (chapitre 12:2; 1 Rois 6:1). Il institue la pâque comme un statut perpétuel. La pensée de l'Ennemi en rapport avec l'Agneau est «qu'on ne se souvienne plus de son nom» (Jérémie 11:19). Mais Dieu, pour qui l'oeuvre de son Fils a un si grand prix, veille à ce que le souvenir en soit perpétué. «C'est une nuit à garder», proclame-t-il (verset 42) et plus loin: «souvenez-vous de ce jour» (chapitre 13:3). En substituant le mémorial de la Cène à celui de la Pâque, le Seigneur Jésus a invité les siens à faire ceci en mémoire de Lui (1 Corinthiens 11:24, 25). Avez-vous répondu à ce désir du Seigneur?
Au chapitre 13, l'Éternel proclame ses droits sur l'âme qu'il vient de racheter (chapitre 12). Certains croyants, en particulier des enfants de parents chrétiens, se contentent de leur salut et ne tiennent pas compte de la consécration qui en est la conséquence normale. Mais la même voix qui a dit: «Je verrai le sang, et je passerai par-dessus» (chapitre 12:13), revendique à présent: «Sanctifie-moi tout premier-né... il est à moi» (chapitre 13:2). À la fête de la Pâque était étroitement associée celle des pains sans levain. Nous apprenons par là que la mise à l'abri par le sang et la nécessité d'une vie sainte sont pour l'enfant de Dieu deux vérités inséparables (lire aussi Tite 2:14).
«Tu raconteras ces choses à ton fils», enjoignait le verset 8. Mais au verset 14 il est prévu que ce seront les enfants qui interrogeront leurs pères. C'est une heureuse attitude quand les enfants, voyant leurs parents se conduire autrement que le monde, leur posent des questions. Qu'ils n'hésitent jamais à le faire!
Le verset 19 est l'accomplissement de l'engagement pris envers Joseph (Genèse 50:25). Les os du patriarche accompagneront le peuple de Dieu pendant son pèlerinage ; figure de Christ dans la puissance de sa mort, pris avec nous pour traverser le désert! (2 Corinthiens 4:10).
Les fils d'Israël se sont mis en route. Dieu plus tard rappellera ce jour où il les prit par la main «pour les faire sortir du pays d'Égypte» (Jérémie 31:32). Ils auront un grand détour à faire (versets 17, 18) pour avoir le temps d'apprendre les importantes leçons que l'Éternel veut leur enseigner ainsi qu'à nous. Mais Dieu n'a pas seulement tracé l'itinéraire de son peuple. Il veut personnellement l'accompagner sous la forme de cette colonne de nuée le jour, de feu la nuit. Quelle grâce! Il est là, à la fois pour le guider pas à pas et pour le protéger. Ainsi Jésus a fait cette promesse aux siens: «Je suis avec vous tous les jours» (Matthieu 28:20).
Israël pensait bien en avoir fini avec ses ennemis les Égyptiens. Or les voici qui, emportés par une énergie d'erreur, se ressaisissent et engagent la poursuite contre le peuple. Ce dernier semble pris au piège. Devant: la mer Rouge; derrière: le Pharaon, ses chars, ses capitaines. Ah! quel effroi, quel cri de détresse! Mais le peuple doit apprendre qu'il n'existe pas de difficulté trop grande pour l'Éternel. Au contraire, plus l'épreuve est intense, plus Dieu a l'occasion de faire admirer sa puissance.
Quelle leçon aussi pour nous! Quand une difficulté survient, une épreuve qui paraît sans issue, comment réagissons-nous? Trop souvent par de l'inquiétude ou de l'agitation. Mais que dit Moïse à Israël? Il commence par les rassurer: «ne craignez point...», puis il leur annonce la délivrance: «l'Éternel combattra pour vous...» Enfin il leur donne des instructions simples — mais que nous trouvons parfois bien difficiles à suivre — : « tenez-vous là... demeurez tranquilles» (versets 13, 14). Demeurer tranquille signifie à la fois ne rien faire et garder son esprit de toute agitation. Ce combat ne concernait pas le peuple; il était entre l'Éternel et les Égyptiens. Celui qui avait mis son peuple à l'abri de l'ange destructeur, n'était-il pas à plus forte raison capable de le délivrer de la main des hommes?
Le peuple a constaté qu'il était incapable de se délivrer lui-même. Sa position est désespérée... Maintenant Dieu peut agir. Il dit: «Qu'ils marchent!» Comment, la mer est devant eux et l'Éternel ordonne d’avancer? Mais la foi obéit et compte sur Dieu.
L'Ange avec la colonne vient se placer entre le camp d'Israël et celui des Égyptiens. À présent que peut craindre le peuple? Souvenons-nous que Dieu veut toujours se placer comme un écran entre nous et nos difficultés. De jour, de nuit, ses soins s'exercent écartant des dangers que souvent nous ne connaissons même pas.
Et c'est la délivrance! Nous en retrouvons les phases dans trois versets du Psaume 136: «Il a divisé en deux la mer Rouge, car sa bonté demeure à toujours (verset 13); il a fait passer Israël au milieu d'elle, car sa bonté demeure à toujours (verset 14); il a précipité le Pharaon et son armée dans la mer Rouge, car sa bonté demeure à toujours (verset 15).» Non seulement la mort est sans pouvoir sur les croyants, mais elle est devenue leur alliée, leur arme et leur rempart. Par sa mort, Christ a rendu «impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable» et délivré «tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude» (Hébreux 2:14, 15).
À quoi correspond ce passage de la mer Rouge dans l'histoire des rachetés du Seigneur? Toujours à l'oeuvre de Christ et à notre délivrance. Tandis que la Pâque présente le côté de la délivrance de dessous le jugement de Dieu, et Dieu contre le péché, la mer Rouge illustre la délivrance du pouvoir de Satan, et Dieu pour le pécheur. La mort est vaincue; le peuple de Dieu est dorénavant arraché au «présent siècle mauvais», ressuscité avec Christ, de l'autre côté de la mort. Christ est non seulement celui qui délivre, mais aussi celui qui entonne la louange au milieu de l'assemblée (Psaume 22:22; Hébreux 2:12).
«Alors Moïse et les fils d'Israël chantèrent ce cantique...». C'est le premier de l'Écriture. Comment le peuple aurait-il pu chanter sous les fardeaux des Égyptiens? (comparer Psaume 137:4). Mais maintenant la joie remplit le coeur de tous les rachetés. Sous la conduite de Christ, le vrai Moïse, ils ont le privilège de louer Celui qui les a délivrés des flots puissants de la mort et du pouvoir de l'adversaire. À travers toute l'histoire d'Israël — et pour nous dans toute l'éternité — sera célébrée la gloire de Celui qui dessécha la mer, les eaux du grand abîme, et qui fit «des profondeurs de la mer un chemin pour le passage des rachetés» (Ésaïe 51:10).
Jusqu'au versets 16, le cantique des fils d'Israël célèbre ce que l'Éternel vient de faire pour son peuple. Les versets 17 et 18 proclament ce qu'il fera. Les fruits de la victoire sont vus par la foi: Dieu s'est préparé: 1° un héritage, 2° une habitation, 3° un sanctuaire, 4° un royaume. Dans sa 1° Épître, Pierre nous montre la forme nouvelle que prennent ces bénédictions sous l'économie chrétienne (lire 1 Pierre 1:4; 2:5, 9).
Le peuple est maintenant racheté, en marche vers la terre promise. De la même manière, notre course chrétienne commence à la conversion et son but est la gloire. Mais entre les deux, chemin faisant, ce sont les expériences du désert. La première de ces grandes leçons, c'est Mara. Telles ces eaux amères, le Seigneur permet que nous rencontrions sur notre route des circonstances pénibles et décevantes. Mais dès que nous comprenons que nos contrariétés sont permises pour notre bien, dès que nous y introduisons la puissance de la croix de Christ, alors, sans que ces circonstances aient changé, elles cessent d'avoir un goût amer, nous y trouvons même de la joie et du réconfort (lire Romains 5:3 ...; 2 Corinthiens 12:9). Nous sommes alors en mesure d'apprécier Élim, ce lieu de rafraîchissement et de repos, image du rassemblement des croyants où Dieu a commandé la bénédiction (Psaume 133:3).
Murmures avant la mer Rouge (chapitre 14:11, 12), à Mara (chapitre 15:24), de nouveau au désert de Sin (chapitre 16:2), bientôt murmures à Rephidim (chapitre 17:3)! Hélas! c'est bien l'image fidèle de notre coeur, si prompt à oublier «la bonté de Dieu qui demeure à toujours». Peu de jours plus tôt, ce peuple chantait de tout son coeur le cantique de la délivrance. Maintenant il murmure contre Moïse et contre Aaron. En réalité leurs plaintes s'élèvent contre Dieu (verset 8). Chers rachetés du Seigneur, souvenons-nous que si nous sommes mécontents des autres ou des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons, c'est en fait de Dieu que nous ne sommes pas satisfaits.
Et l'inquiétude pour les choses de la vie? N'est-elle pas une offense à Celui qui a dit: «ne soyez pas en souci de ce que vous mangerez et de ce que vous boirez»... «à chaque jour suffit sa peine» (Matthieu 6:25, 34; voir aussi Psaume 23:1)? Lui-même a su ce que c'était que d'être dans le désert et d'y avoir faim. Mais dans une parfaite soumission, il a repoussé la suggestion du tentateur. Il attendait de Dieu, avec une confiance entière, la réponse à ses besoins.
Quelle patience de la part de l'Éternel! Au lieu de châtier son peuple, il commence par lui montrer sa gloire (versets 7 et 10 fin) et s'engage à le rassasier.
«Nos pères ont mangé la manne au désert...», rappelleront les foules au Seigneur Jésus. Mais il leur répondra qu'il est lui-même «le véritable pain qui vient du ciel» (Jean 6:31 à 33). Christ est la nourriture du croyant; il donne et il alimente la vie nouvelle. À cet égard ce chapitre nous fournit plusieurs instructions pratiques de la plus grande importance: 1 ° La quantité ramassée était fonction de leur appétit (verset 18). Nous jouissons de Christ seulement dans la mesure où nous le désirons. Et nous ne le désirons jamais trop! (Psaume 81:10). 2° La manne répondait aux besoins du jour même, non à ceux du lendemain. C'est moment après moment que Christ doit être mon aliment, ma force. Si par exemple j'ai aujourd'hui particulièrement besoin de patience, je la trouverai en m'occupant de la parfaite patience de Jésus. 3° Enfin les fils d'Israël avaient à récolter leur portion de manne chaque matin avant qu'elle ne fonde à la chaleur du jour. Nourrissons-nous de la Parole du Seigneur dès le matin, avant que les occupations de la journée n'en aient fait échapper l'occasion. Nous ne passons pas un jour sans donner de nourriture à notre corps. Ne privons jamais notre âme du seul aliment qui la fait vivre et prospérer: Jésus, le pain de vie.
«Prends une cruche, et mets-y plein un omer de manne...» (verset 33). C'était la part de Dieu. «La manne cachée, Christ descendu du ciel comme homme, puis ressuscité et remonté au ciel avec son corps glorieux, faisait partie des délices de Dieu» (H. R.). Délices qu'il partage avec les vainqueurs (Apocalypse 2:17).
Après la faim, c'est la soif qui est l'occasion des murmures de ce pauvre peuple. Eh bien! la grâce de Dieu s'en sert de nouveau pour nous révéler un précieux mystère dont l'explication se trouve en 1 Corinthiens 10:4: «ils buvaient d'un rocher spirituel qui les suivait, et le rocher était le Christ» (comparer Jean 7:37 à 39). Mais pour donner son eau (la vie de l'Esprit), il fallait que le rocher soit frappé, comme Christ le fut sur la croix par la main de Dieu lui-même. Toutefois, remarquons-le: c'est le péché du peuple, ses murmures, ses rébellions, qui ont été l'occasion de frapper le rocher. «À cause de la transgression de mon peuple, lui, a été frappé», dit le prophète (Ésaïe 53:8). Ainsi, tandis que la manne est l'image d'un Christ venu du ciel, le rocher frappé nous parle d'un Christ crucifié et l'eau vive représente le Saint Esprit, puissance de vie que le Sauveur mort et ressuscité donne à tous ceux qui croient en lui.
Nourri, désaltéré, voilà le peuple préparé par l'Éternel pour une nouvelle expérience, celle du combat contre Amalek. C'est après avoir été «fortifiés dans le Seigneur et dans la puissance de sa force» que les croyants sont en mesure de résister à leurs ennemis (Éphésiens 6:10 à 13). À la mer Rouge, l'Éternel combattait pour les siens et eux demeuraient tranquilles (chapitre 14:14). La croix était le combat du Seigneur seul. Nous ne pouvions lutter pour notre salut. Mais après la conversion, commencent aussitôt les combats (Galates 5:17). Comme une armée, tous nos anciens défauts reviennent nous harceler, nous faire la guerre (1 Pierre 2:11). Ne pouvons-nous plus cette fois compter sur le Seigneur? Bien au contraire! Mais à la croix il combattait pour nous, à notre place; maintenant il combat avec nous, lui le vrai Josué. Cependant c'est sur la montagne que se décide la victoire. Christ, à la fois vrai Moïse et vrai Aaron, est dorénavant dans le ciel intercédant pour les siens. Et ses mains ne sont jamais lasses (Romains 8:34, 37; Hébreux 7:25). L'issue de la bataille ne dépend pas de la force des combattants mais de leur foi et des prières du Seigneur Jésus.
Dans ce récit, Josué nous enseigne à combattre et Moïse à prier (Psaume 144:1, 2).
Nous retrouvons ici Jéthro, le beau-père de Moïse. Il représente les nations de la terre qui, dans un temps à venir, se réjouiront avec le peuple d'Israël de la délivrance dont celui-ci aura été l'objet et donneront gloire à Dieu. Nous remarquons en même temps que Séphora et ses fils, personnifiant l'Église comme nous l'avons vu au chapitre 2, n'ont pas participé aux épreuves d'Israël ni à sa délivrance. L'Église aura été enlevée de la terre quand auront lieu les tribulations puis le rétablissement du peuple juif.
Guershom nous rappelle par son nom que Christ, comme Moïse, a été étranger sur la terre où il a séjourné et que l'Église elle aussi est étrangère ici-bas. Mais dans cette position difficile, le secours de Dieu lui est assuré. C'est ce que signifie le nom d'Éliézer. Au versets 8, Moïse rend témoignage de tout ce que Dieu a fait pour les siens. Bel exemple pour nous, n'est-ce pas? Ne craignons pas de raconter à d'autres, en commençant par les membres de notre famille qui l'ignorent, comment nous avons été rachetés. La conséquence de ce témoignage apparaît au verset 11: Jéthro reconnaît la grandeur de l'Éternel, lui donne gloire, offre des sacrifices et enfin mange, autrement dit réalise la communion, avec le peuple racheté dans la présence de Dieu.
Jéthro incite Moïse à se décharger sur d'autres d'une partie de son service. Conseil qui a une apparence de sagesse, mais qui méconnaît la puissance de l'Esprit de Dieu! C'est un des principes qui sont à la base de l'institution des clergés. Des hommes sont désignés et investis par d'autres, selon une hiérarchie, comme intermédiaires entre Dieu et les simples «fidèles». Mais la Parole de Dieu ne reconnaît à l'Église qu'un seul Chef, pleinement suffisant pour s'occuper de tout ce qui concerne les siens (Éphésiens 4:5). Et Jésus ne se charge pas seulement des «grandes affaires», des «affaires difficiles». Rien de ce qui nous intéresse n'est trop petit, trop insignifiant pour lui. Ne craignons jamais de nous adresser directement à lui (lire: 1 Pierre 5:7).
Sous son aspect prophétique, ce chapitre nous montre que Christ ne sera pas seul à exercer l'administration du royaume (Matthieu 19:28). Quand il viendra au milieu de ses saintes myriades, un ordre sera établi avec des responsabilités différentes, à la pleine gloire de Dieu.
Pendant que le peuple de Dieu va poursuivre son chemin dans le désert, Jéthro s'en retourne dans son pays (verset 27). La vie de la foi, la position d'étranger et de pèlerin n'ont pas d'attrait pour lui. Hélas, combien de chrétiens lui ressemblent!
Après le désert de Shur (chapitre 15:22), et celui de Sin (chapitre 16:1), le peuple arrive au désert de Sinaï. Porté sur des ailes d'aigle (symbole de la puissance; verset 4), il est maintenant parvenu au lieu où l'Éternel va lui faire des révélations et lui apprendre de quelle manière il veut être servi (chapitre 10:26). En Égypte, nous l'avons vu, aucun culte n'était possible. Par contre, dès que la rédemption est accomplie, dès que Dieu a séparé les siens, il attend d'eux le service de la louange. «Vous me serez un royaume de sacrificateurs et une nation sainte», déclare-t-il au verset 6. «Pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés...», complète 1 Pierre 2:9.
Notre chapitre commence donc une nouvelle partie du livre. Jusqu'ici nous avons considéré ce que l'Éternel, en pure grâce, a fait pour son peuple. À partir de maintenant, nous allons trouver ce qu'en retour il attend de ce peuple. Dieu commence toujours par donner avant d'exiger quoi que ce soit. Hélas! ce pauvre peuple ne se connaît pas lui-même, malgré Mara et Meriba. Il répond par cette folle promesse que Dieu ne lui demandait pas: «Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons» (verset 8). Il ne lui faudra pas longtemps pour montrer son incapacité à tenir cet engagement.
Quand un petit enfant s'affirme capable d'une performance impossible: soulever un sac de cinquante kilos par exemple, que lui dit son père?: « Essaie!» Et c'est seulement quand le petit s'est prouvé à lui-même, par son échec, que son père avait raison, qu'il est prêt à se confier en lui pour faire la chose à sa place.
C'est cette leçon qu'Israël devra apprendre auprès de la montagne de Sinaï. — Le peuple croit pouvoir faire tout ce que l'Éternel demande? Soit, il va entendre quelles sont Ses saintes exigences.
Le chapitre 12 des Hébreux, faisant allusion à cette scène (versets 18 à 29) établit le contraste entre «la montagne qui ne peut être touchée» et celle de Sion, autrement dit de la grâce, dont nous sommes invités à nous approcher. Ce n'est plus Moïse qui est médiateur sur la montagne, mais Jésus qui est pour nous dans les cieux. «C'est pourquoi, conclut l'auteur de l'épître, retenons la grâce par laquelle nous pourrons servir Dieu d'une manière qui lui soit agréable, avec révérence et avec crainte». Cette crainte de déplaire au Seigneur ne résulte pas pour nous de commandements rigoureux, ni d'engagements téméraires que nous avons pris, ni comme ici d'un déploiement solennel de la puissance de Dieu. Elle est la réponse de nos coeurs à son immense grâce envers nous (Psaume 130:4).
Voilà donc la loi que l'Éternel donne à son peuple. Elle met en évidence la méchanceté de l'homme, enclin à commettre tout ce qui est ici défendu. Que de tels commandements lui soient nécessaires ne prouve que trop la perversité de sa nature (lire 1 Timothée 1:9 ... ). Les quatre premiers commandements concernent les rapports de l'homme avec Dieu: un Dieu unique, qui est Esprit, qui est saint, mais aussi plein de bonté, ayant préparé un repos pour les siens. Après Dieu, selon le cinquième commandement, c'est aux parents que l'honneur est dû. Puis quatre commandements traitent des rapports avec notre prochain dans la vie en société. Enfin le dernier nous concerne nous-mêmes puisqu'il sonde notre coeur pour y découvrir nos désirs les plus intimes, ce que nous ne disons à personne. En fait le résumé de la loi, c'est l'amour. «Celui qui aime les autres a accompli la loi — écrit Paul aux Romains.
Car ce qui est dit: «Tu ne commettras point adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point», et tout autre commandement qu'il puisse y avoir, est résumé dans cette parole-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Romains 13:8, 9; comparer Matthieu 22:34 à 40).
Cette scène (versets 18 à 21) se trouve rappelée en Hébreux 12:19 pour montrer la différence avec la position du croyant sous la grâce. À celui-ci il n'est plus commandé de faire quoi que ce soit, mais de croire en Jésus qui a tout fait. La fin du chapitre d'ailleurs ne nous montre pas l'homme dans la position de quelqu'un qui fait des oeuvres, mais dans celle d'un adorateur. Il est clair que Sinaï n'est pas le lieu où Dieu et le pécheur peuvent se rencontrer (verset 24). Le verset 25 nous enseigne que les oeuvres et les ordonnances de l'homme n'ont aucune place dans le culte selon Dieu. Enfin, selon le versets 26, nul ne doit s'élever au-dessus de ses frères; la chair serait ainsi visible à sa honte.
Sous l'image du serviteur hébreu (chapitre 21:2 à 6), nous reconnaissons le Seigneur Jésus (comparer Zacharie 13:5, 6). Homme obéissant, qui seul a accompli la loi, ce parfait Serviteur aurait pu sortir libre, remonter au ciel sans passer par la mort. Mais il y aurait été seul. Or dans son amour infini, Christ voulait la compagnie d'une Épouse. Alors il a payé le prix nécessaire. Son sang versé, ses blessures, en sont la preuve, proclamant pour l'éternité l'abaissement volontaire de Celui qui prit «la forme d'esclave» (Philippiens 2:7) et qui, jusque dans la gloire, se plaira à servir les siens (Luc 12:37).
Si nous comparons ces versets avec le chapitre 5 de Matthieu à partir du versets 17, nous constatons que le serviteur fidèle de l'Éternel est venu non seulement pour accomplir la loi, mais aussi pour introduire ce qui la dépasse. Quand la loi ordonnait: «Tu ne tueras pas», Jésus déclare que si quelqu'un dit seulement «fou» à son frère, il mérite déjà la géhenne de feu! Car le Seigneur veut nous faire comprendre chaque jour plus profondément combien notre coeur est méchant. Et il veut nous faire connaître son propre coeur qui a été infiniment plus loin que ce que demandait la loi, laquelle disait: «Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi» (Matthieu 5:43, 44; voir Romains 5:7, 8, 10; comparer également chapitre 22:1... avec Psaume 69:4 fin). Où serions-nous si l’ordre inflexible: «oeil pour oeil et dent pour dent» s'était appliqué à nous? Dieu aurait fait disparaître de la terre l'humanité coupable d'avoir crucifié son Fils. Mais au lieu de cela, à la croix même, le Seigneur Jésus met parfaitement en pratique ce qu'il enseigne dans ces versets: «Père, pardonne-leur, — dit-il — car ils ne savent ce qu'ils font» (Luc 23:34). Et le verset 32 fixe le prix d'un esclave: celui-même auquel a été estimé le Fils de Dieu (Matthieu 26:15).
Des ordonnances complétant la loi se suivent du chapitre 21 à la fin du chapitre 23. L'Éternel dans sa parfaite sagesse prévoit tout ce qui peut arriver et entre dans les circonstances les plus ordinaires de la vie des siens: le gage d'un pauvre, la rencontre d'un boeuf égaré... Nous le voyons prendre la défense des faibles, les mettre sous sa protection
Pour nous chrétiens, à côté des vérités fondamentales concernant notre Sauveur et notre salut, nous avons aussi dans l'inépuisable Parole de Dieu des instructions pour notre vie de tous les jours. Mais, à la différence du peuple d'Israël, le Saint Esprit nous a été donné. Il habite dans le croyant et lui fait connaître la volonté de Dieu justement pour tous les détails pratiques de sa vie journalière. Il ouvre son intelligence, lui montre ce qu'il doit faire et ce dont il doit s'abstenir. La Bible est donc tout autre chose qu'un recueil de règles, une suite de défenses et de permissions. Elle révèle un Dieu d'amour, un Père, dont nous sommes invités à reproduire le caractère. «Je suis miséricordieux», dit-il de lui-même au verset 27 fin. «Soyez donc miséricordieux, comme aussi votre Père est miséricordieux», enseignera le Seigneur Jésus (Luc 6:36).
«Tu ne tueras pas l'innocent et le juste», est obligé de dire l'Éternel à son peuple. Injonction qui ne sera, hélas, que trop justifiée puisque «le saint et le juste» sera mis à mort (Actes 3:14, 15). L'étranger aussi fait l'objet de recommandations. Il ne devait être ni opprimé ni maltraité (verset 9; chapitre 22:21, voir Jérémie 22:3). Lévitique 19:34 va beaucoup plus loin: on devait l'aimer comme soi-même. Dans le Nouveau Testament, le Seigneur Jésus déclare que prendre soin de l'étranger c'est le recueillir lui-même (lire Matthieu 25:35 fin). Au reste n'a-t-il pas été l'étranger céleste venu visiter les hommes? Combien son coeur infiniment sensible a été blessé par l'ingratitude de ceux au milieu desquels il était venu en amour! Oui, nous sommes invités à comprendre «ce qu'est le coeur de l'étranger» (verset 9), le coeur du Sauveur.
Souviens-toi que tu as été étranger toi aussi, ajoute l'Éternel. Nous mettre à la place des autres, tel est le secret de l'amour!
Dans les versets 10 à 13, Dieu nous montre le soin qu'il prend de toute sa création: les animaux, les plantes et la terre elle-même. Apprenons, nous aussi, à respecter tout ce qui appartient à notre Père céleste.
Enfin, en rapport avec le culte, soulignons la fin du verset 15: «on ne paraîtra pas à vide devant ma face» (Deutéronome 26:2).
L'Éternel ne donne pas seulement des commandements à Israël. Il l'entoure de soins: il lui donne un conducteur: son Ange, qui ira devant lui à la fois pour le conduire et pour diriger ses combats. D'autre part, Il l'instruit dès maintenant du but de son pèlerinage. De larges limites sont déjà tracées pour le recevoir (verset 31).
De la même manière, Dieu a pourvu aujourd'hui au chemin du peuple chrétien sur la terre en lui donnant un compagnon de route qui est le Saint Esprit. La recommandation faite à Israël au verset 21: «Prends garde à toi à cause de sa présence» peut être rapprochée des exhortations faites dans le Nouveau Testament de ne pas attrister le Saint Esprit de Dieu (Éphésiens 4:30). Dans sa grâce, Dieu veut également que les siens aient connaissance du but de leur course: le bel héritage que son amour a préparé pour eux dans le ciel avec Jésus.
Toutefois, parmi les soins de Dieu pour les siens, il en est que ces derniers sont peut-être moins disposés à comprendre et à accepter. Ils s’expliquent par le grand souci que son peuple demeure strictement séparé des nations environnantes. Mais ce n'est pas pour priver les siens de quelque chose que Dieu exige d'eux cette séparation. Au contraire, c'est par amour, afin de les préserver d'un piège certain (verset 33).
La première alliance est inaugurée solennellement. Elle est scellée avec du sang (lire Hébreux 9:18...). Puis l'Éternel montre quelques rayons de sa gloire aux anciens d'Israël. Ils voient «sous ses pieds comme un ouvrage de saphir transparent, et comme le ciel même en pureté» (verset 10; comparer Ézéchiel 1:26). Ses pieds nous font penser au glorieux sentier du Fils de Dieu, tel que les Évangiles nous le présentent, un sentier «comme le ciel même en pureté...». Christ est non seulement «descendu du ciel», «monté au ciel», mais d'une manière permanente il était «le Fils de l'homme qui est dans le ciel» (Jean 3:13). C'est dans la marche de Christ ici-bas que la gloire de Dieu peut être admirée dans toutes ses perfections morales (Psaume 68:24). «Celui qui m'a vu a vu le Père», dit Jésus à ses disciples (Jean 14:9). Le verset 11 est la préfiguration de la sainte liberté et de la communion dont jouissent maintenant les rachetés du Seigneur Jésus. Sur la base de l'oeuvre accomplie par Christ et de Sa présence à la droite de Dieu, ils sont en quelque sorte «chez eux» dans la gloire.
Moïse sur une autre montagne, celle de la transfiguration, sera témoin avec Élie et les trois disciples, de la gloire du Seigneur Jésus (Luc 9:28 à 36).
Avec notre chapitre commencent les instructions concernant le culte. Le Tabernacle, «figure et ombre des choses célestes» (Hébreux 8:5) va nous présenter dans tous ses détails, sous forme de types, les conditions dans lesquelles 1° le Dieu saint peut demeurer au milieu des siens, 2° nous qui sommes pécheurs nous pouvons approcher de ce Dieu qui est saint. Il s'agit des vérités de base de notre salut et de leur place dans l'ordre divin.
Quand nous voulons décrire une maison, nous ne commençons pas par le mobilier. Ici, au contraire, l’arche occupe la première place parce qu'elle représente Christ, centre de tous les conseils de Dieu. Elle était en bois de sittim ou d'acacia (arbre des sols arides, incorruptible, figure de l'humanité de Christ: Ésaïe 53:2) recouvert d'or, emblème de Sa déité. Le propitiatoire d'or pur qui servait de couvercle à l'arche parle d'un Dieu rendu propice, apaisé par le sang qui y était apporté (lire Romains 3:25) et pouvant y rencontrer le pécheur (verset 22). Quant aux «chérubins de gloire» dont la face était tournée vers le propitiatoire (Hébreux 9:5), ils nous disent qu'il y a là de profonds et divins mystères dans lesquels «des anges désirent de regarder de près» (1 Pierre 1:12).
Tandis que l'arche évoque un Christ par qui les droits de Dieu ont été parfaitement maintenus, la table représente Christ portant continuellement les siens dans la présence de Dieu. De même constitution que l'arche (bois de sittim plaqué d'or) avec un couronnement et un rebord qui parlent respectivement de gloire et de protection, la table était destinée à porter: d'abord les douze pains de proposition (Lévitique 24:5, 6), image du peuple de Dieu au complet, ensuite les ustensiles d’or pur du verset 29, rappelant que le Seigneur fournit tout ce qui est nécessaire au service (Marc 16:20). D'une manière symbolique, le peuple de Dieu est là au complet dans le saint sanctuaire, porté par le Seigneur et maintenu par Lui dans la lumière de Dieu. Cela nous amène au chandelier d'or pur, emblème de Celui qui a été ici-bas «la lumière du monde». Le chandelier portait les sept lampes d'or, figure du témoignage selon Dieu qui correspond aujourd'hui à l'assemblée (Apocalypse 1:12, 20). Celle-ci est responsable d'éclairer pendant la nuit de ce monde, par l'énergie du Saint Esprit (l'huile). «Vous êtes la lumière du monde», a dit Jésus aux siens pour le temps de son absence (Matthieu 5:14). Mais pour maintenir l'éclat des lampes, l'emploi de mouchettes est nécessaire (verset 38), image des soins continuels de notre grand sacrificateur.
Après ces trois objets: l'arche, la table et le chandelier, vient la description du Tabernacle proprement dit. C'était un assemblage de planches formant trois parois par-dessus lesquelles étaient étendues quatre couvertures superposées, constituées chacune de plusieurs tapis. La première couverture, appelée le tabernacle, était placée en dessous et tenait lieu de plafond. On ne pouvait l’admirer qu’en se tenant dans le sanctuaire. Elle était tissée de fils de différentes couleurs que nous retrouvons dans le voile (verset 31) et dans le vêtement du souverain sacrificateur (chapitre 28:5). Chacune de ces couleurs souligne une gloire particulière de Christ. Le fin coton retors illustre toujours son humanité parfaite, le bleu son caractère céleste, la pourpre sa gloire universelle, l'écarlate enfin, sa royauté sur Israël. Les ganses de bleu et les agrafes d'or attachant ensemble les tapis nous rappellent les liens célestes et divins unissant les rachetés. La deuxième couverture (la tente) en poil de chèvre, la troisième en peaux de béliers et la quatrième en peau de taissons (ou de blaireaux), suggèrent respectivement la séparation, la consécration (chapitre 29:27) et la vigilance. Dieu trouvait ces vertus dans la vie de Jésus ici-bas et désire qu'elles soient également réalisées dans la vie des siens maintenant.
Les trois côtés du Tabernacle étaient constitués par des ais, autrement dit de larges planches, en bois de sittim recouvertes d'or, posées debout sur des bases d'argent. Figure des rachetés, fermement établis sur la rédemption dont l'argent nous parle toujours, et que la justice divine (l'or) a revêtus, de sorte que c'est ce divin caractère qui doit maintenant briller. Mais pour que les ais tiennent ensemble et résistent au vent du désert, il fallait encore des traverses, qui nous font penser à tout ce qui unit les enfants de Dieu. Ainsi par exemple, les liens de l'affection fraternelle. Quel soutien pour un jeune croyant d'avoir un frère ou un ami avec lequel il peut parler de ses difficultés et se mettre à genoux ! Par-dessus tout, «un seul Esprit» unit tous les rachetés du Seigneur de manière qu'ils demeurent «bien ajustés et liés ensemble», en mesure de résister à «tout vent de doctrine» et aux efforts de l'Ennemi pour les renverser (Éphésiens 4:2 à 4 et 14 à 16; voir aussi 1 Corinthiens 10:12). Remarquons enfin ce qui caractérisait les ais des angles: Ils étaient «parfaitement unis ensemble par le haut» (verset 24; voir Jean 17:21 et 1 Cor. 1:10). Un commun attachement au Seigneur, voilà ce qui resserre «parfaitement» les liens de la communion des chrétiens entre eux.
En allant de l'intérieur vers l'extérieur, ce qui est le chemin de Dieu vers le pécheur, le Tabernacle comprend d'abord un lieu très-saint inaccessible ne contenant que l'arche du témoignage (verset 33), puis un lieu saint, séparé du lieu très-saint par un voile, dont Hébreux 10:20 explique la signification: «le voile, c'est-à-dire sa chair...». L'humanité de Christ est ainsi représentée : ensemble de gloires et de perfections dont donnent une idée les matières utilisées. Les chérubins brodés nous rappellent ceux qui interdisaient à l'homme l'accès à l'arbre de vie (Genèse 3:24). Mais à la mort de Jésus le voile du temple se déchira, Dieu ouvrant ainsi à l'homme un chemin jusque dans sa présence.
Devant le voile sont placés la table et le chandelier (verset 35) ainsi que l'autel d'or (chapitre 30:6). La tente elle-même est fermée par un rideau ouvragé, mais sans chérubins car les sacrificateurs sont autorisés à y pénétrer pour accomplir leur service. Enfin devant la tente est dressé l'autel d'airain décrit au chapitre 27, versets 1 à 8. De grande dimension, carré, il nous parle de la croix et de son efficacité. Il est de bois de sittim: Christ devenu homme afin de pouvoir souffrir et mourir — plaqué d'airain: propre à traverser l'épreuve du feu du jugement divin contre le péché. Gloire à notre parfait Rédempteur!
Tout autour du Tabernacle proprement dit s'étendait le parvis, sorte de grande cour fermée où tous les Israélites étaient autorisés à entrer avec leurs sacrifices (Psaume 96:8). Il était circonscrit par des tentures de fin coton soutenues par des piliers, eux-mêmes reposant sur des bases d'airain. Ces tentures de coton retors immaculé (conformes à l'humanité sans tache de Christ) nous parlent du témoignage de pureté pratique que les rachetés sont appelés à rendre en face d'un monde ignorant et hostile. Un tel témoignage est accompagné de souffrances pour la justice, aussi est-ce sur des bases d'airain que tout repose, de même nature que l'autel du sacrifice où, en figure, Christ a souffert pour nous, nous laissant un modèle... (1 Pierre 2:21). Éclatante sous le soleil du désert, l'enceinte du parvis devait être visible de très loin, proclamant que Dieu était là. Que le Seigneur nous accorde de lui rendre collectivement devant le monde un témoignage sans tache !
La fin du chapitre nous rappelle quelle est la source et la puissance intérieure d'un tel témoignage: le Saint Esprit. Pour que les sept lampes du chandelier éclairent continuellement, l'huile pure et broyée devait être apportée; image d'un exercice incessant de la part des croyants pour laisser à l'Esprit de Dieu la place qui est la sienne.
Aaron est un type de Christ sous son caractère de grand souverain Sacrificateur. Il était le porte parole du peuple auprès de l'Éternel, comme Christ est maintenant, devant Dieu, le représentant de ceux qui lui appartiennent. Son vêtement va donc nous parler en figure de tout ce qui se rattache à l'office que Jésus remplit dans le ciel en faveur de ses rachetés. Que le Saint Esprit nous rende intelligents (verset 3) pour en examiner les différentes parties. Elles illustrent en effet, en même temps que les attributs glorieux de notre souverain Sacrificateur, des vérités qui nous touchent de très près.
L'éphod, sorte de tunique sans manches, en était l'élément principal et caractéristique. Comme le voile, il était tissé et brodé de fils de diverses couleurs dont nous avons appris la signification. Deux épaulières, sorte d'agrafes reliant les parties avant et arrière de l'éphod, le complétaient et, sur elles, des pierres d'onyx enchâssées portaient, gravés d'une manière ineffaçable, en mémorial, les noms des douze tribus d'Israël. Belle image, n'est-ce pas, de la manière dont Jésus soutient et porte ses rachetés ! Ils sont connus par leur nom et sans cesse présents à sa pensée (comparer Luc 15:5). Et, en outre, ils font partie de sa gloire, de son ornement (verset 2).
Par-dessus l'éphod, sur le devant, un pectoral, sorte de plastron, était fermement attaché. Douze pierres précieuses y étaient enchâssées selon le nom des tribus qui se trouvaient ainsi constamment sur le coeur d'Aaron (verset 30). Touchante image de la place que nous occupons, nous les bien-aimés du Seigneur. Nous sommes sur Ses épaules puissantes mais aussi sur Son coeur, objets de Sa tendresse incessante (comp. Jean 13:23). Les noms étaient inscrits en gravure de cachet, comme un signe de propriété (Cant. des C. 8:6 ; Aggée 2:23)
Continuellement est un mot à souligner dans ce chapitre (fin des versets 29, 30, 38). À l'image de ces pierres fixées de manière inébranlable, rien ne peut priver les rachetés du Seigneur ni de sa force (voir Jean 10:28 fin), ni de son amour (Romains 8:35).
Les pierres étaient toutes différentes, reflétant chacune d'une manière particulière la lumière du même chandelier. Toutes étaient précieuses. Ainsi les rachetés sont-ils différents les uns des autres, chacun reflétant quelques traits moraux de Jésus. Et chacun est précieux au coeur de Celui qui le porte. Quand nous sommes sur le point de critiquer un autre chrétien, souvenons-nous que le Seigneur l'aime. Enfin tous ces joyaux, ou plutôt tous ces croyants, pour bien refléter la lumière du sanctuaire, ont besoin d'être taillés et polis; c'est là le patient travail du Saint Esprit.
La robe entièrement de bleu qu'Aaron devait porter sous l'éphod nous parle du caractère céleste de notre souverain Sacrificateur. Tandis que Christ a été élevé plus haut que les cieux (Hébreux 7:26), un témoignage lui est rendu sur la terre par ces «frères unis ensemble» soutenus par sa sacrificature dans le ciel et qui constituent comme «le bord de son vêtement» (Psaume 133:1, 2). Les clochettes nous font penser à ce qu'on doit entendre dans la vie des enfants de Dieu. Leur tintement était la preuve que le sacrificateur était vivant. Montrons-nous autour de nous que Christ est vivant? Les grenades représentent le fruit: ce qu'on doit voir dans la vie des saints s'ils restent attachés à la «robe» de l'Homme céleste (comparer Jean 15:5). Et soulignons que clochettes et grenades sont en nombre égal, paroles et actes devant aller de pair dans la vie de chaque enfant de Dieu. Mais si dans ce témoignage et ce service nous nous sentons faibles et imparfaits, nous avons une ressource: Jésus devant Dieu dans son absolue sainteté, ayant sur son front la lame d'or «Sainteté à l'Éternel». En le considérant, nous ne serons plus occupés de nos faiblesses, mais de Ses perfections (Psaume 84:9).
La fin du chapitre décrit les vêtements des fils d'Aaron et nous fait penser à la promesse du Psaume 132:16.
Seul, Aaron représente Jésus ; comme tel il est oint à part et le sang n’est pas nécessaire (v. 7). Accompagné de ses fils, nous y voyons Christ avec les siens. En vertu de leur relation avec Jésus, grand sacrificateur dans le ciel, les croyants sont associés à Christ pour présenter la louange à Dieu. Mais avant de pouvoir exercer leur office, Aaron et ses fils avaient à remplir un certain nombre de conditions. Des sacrifices étaient préparés pour eux. Ils devaient s'approcher de l'entrée de la tente et être lavés avec de l'eau (remarquons qu'ils ne pouvaient pas le faire eux-mêmes). Ensuite ils recevaient les nouveaux vêtements décrits au chapitre 28. Moralement les mêmes opérations sont indispensables avant tout service chrétien. Il faut être venu à Dieu avec le sacrifice excellent qui expie nos péchés. Il faut ensuite ce «lavage d'eau» accompli par la Parole (Hébreux 10:22; Tite 3:5). Il faut enfin qu'à notre corps propre correspondent des habits propres. Zacharie 3:3 à 5 nous montre un sacrificateur, Joshua, que l'Éternel revêt d'habits de fête à la place de ses «vêtements sales». Notre conduite extérieure doit être pure pour correspondre à la purification intérieure de notre conscience. C'est en revêtant le Seigneur Jésus Christ que nous pourrons le réaliser (Romains 13:14).
La cérémonie se poursuivait; en effet, les fils d'Aaron n'avaient pas été purifiés pour faire ensuite ce qu'ils voulaient. Ils étaient consacrés, voués au service de l'Éternel. En Israël, seule la famille d'Aaron exerçait la sacrificature, tandis que maintenant tous ceux qui composent le peuple de Dieu sont appelés à cette noble fonction. Amis croyants, si Dieu vous a sauvés dans son grand amour, c'est pour que vous lui soyez dorénavant entièrement consacrés. Le sang sur l'oreille et sur les pouces de la main et du pied (verset 20) montrait que ces parties du corps, qui nous parlent respectivement d'obéissance, d'action et de marche, étaient sanctifiées pour être mises à la disposition de Dieu par la puissance du Saint Esprit (l'huile sur le sang).
Remarquons bien que l'expression traduite par consacrer signifie littéralement «remplir les mains» (voir note chapitre 28:41). Aussi, loin d'y voir comme certains un acte par lequel on s'offre soi-même au Seigneur (pouvons-nous lui donner ce qui lui appartient déjà?), nous comprenons au contraire que nos mains, ou plutôt nos coeurs, ont besoin d'être d'abord remplis par Dieu pour pouvoir ensuite «tournoyer» l'offrande (Christ) devant lui (verset 24). «Ce qui vient de ta main, nous te le donnons» — dira David (1 Chroniq. 29:14).
Le bélier de consécration devait être d'abord offert puis mangé par les sacrificateurs. Pour servir son Dieu, le racheté doit se nourrir de Celui qui, jusque dans la mort, a été entièrement consacré à Dieu. L'apôtre nous exhorte à «marcher dans l'amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s'est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur» (Éphésiens 5:2). Les sacrificateurs devaient manger la chair du bélier de consécration «à l'entrée de la tente d'assignation», c'est-à-dire avant de servir dans le sanctuaire. À chacun des sept jours devait correspondre un nouveau sacrifice: le produit d'exercices spirituels et d'affections renouvelées de jour en jour.
La fin du chapitre nous parle des sacrifices qui devaient être offerts «continuellement», «en vos générations» (voir Nombres 28:3, 6, 10 ...; Esdras 3:5), pour magnifier sans cesse devant Dieu l'oeuvre de la croix.
Ayant sanctifié la tente, l'autel et la famille sacerdotale, Dieu pourra désormais habiter au milieu des siens dans un ordre de choses convenant à sa gloire (versets 44, 45). L'apôtre Paul établit la même relation entre l'habitation actuelle de Dieu par l'Esprit dans les croyants et la sainteté qui doit caractériser ceux-ci (lire 1 Corinthiens 3:16, 17 et 6:19).
L'oeuvre permettant au sacrificateur de s'approcher étant accomplie, il peut être question d'un second autel recouvert d'or sur lequel Aaron et ses fils devaient faire fumer l'encens. Le premier autel nous a parlé de Christ et de la valeur de son sang, le second de Christ encore et de l'efficace de son intercession. L'autel d'or était inséparable de l'autel d'airain. Jésus a été le sacrifice d'abord, puis le sacrificateur. Ayant offert sur la croix le sang qui purifie, il peut se présenter maintenant pour les siens, dans les lieux saints.
Aucune victime n'était présentée sur l'autel d'or: Christ n'a plus à souffrir ni à mourir. L'oeuvre achevée, il est désormais dans le ciel le sujet, «l'essence» du culte. Par Lui le racheté s'approche à son tour et offre au Père le parfum de l'adoration et de la prière (Psaume 141:2). Car le culte est avant tout la présentation à Dieu des perfections de son Fils bien-aimé.
Les versets 11 à 16 traitent de la rançon. Elle était strictement personnelle. D'autre part elle était identique pour le riche et pour le pauvre. Dieu ne fait pas de différence entre les pécheurs (Romains 2:11). Et il offre à tous un même moyen de salut. Un salut gratuit! Mais combien il a coûté à Celui qui a payé la rançon à notre place.
Un ustensile manquait encore pour que le culte puisse être rendu. C'est la cuve d'airain. Elle devait être placée dans le parvis entre l'autel et la tente, sur le chemin du sacrificateur qui, allant exercer son office, s'y lavait les mains et les pieds. Figure du jugement de soi-même sous l'effet de la Parole (l'eau), purifiant l'adorateur des souillures contractées dans sa marche au milieu du monde (Jean 13:10).
Après l'eau qui nettoie de «la saleté de la chair» (côté négatif), nous trouvons l'huile de l'onction (l'Esprit) qui confère un saint caractère. Les ingrédients entrant dans sa composition expriment les grâces et les gloires diverses de Christ. Il était interdit de verser l'huile sainte sur la chair de l'homme (se servir des dons de l'Esprit pour glorifier l'homme) et d'en fabriquer de semblable (imiter les manifestations du Saint Esprit). Le Psaume 133 (verset 2) nous montre cette huile précieuse répandue sur la tête, descendant sur la barbe d'Aaron, puis sur le bord de ses vêtements: image magnifique des rachetés jouissant par l'Esprit des perfections de leur Chef glorifié et participant à la même onction. Au contraire la bonn