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Je vis le ciel ouvert — Apocalypse à partir de 19v11

 

Briem Christian

 

 

Table des matières abrégée :

1     Introduction

2     L’apparition du Seigneur

3     Le grand souper de Dieu

4     Satan lié dans l’abîme

5     Régner avec Christ

6     Au seuil de l’éternité

7     L’état éternel

8     La cité céleste — 21:9 à 22:5

9     Le paradis de Dieu

 

Table des matières détaillée :

1      Introduction

2      L’apparition du Seigneur

2.1       Vue d’ensemble et structure

2.2       Les cieux ouverts

2.3       L’apparition du Seigneur comme juge

2.3.1        Le cheval blanc

2.3.2        Fidèle et véritable

2.4       Il juge et combat

2.4.1        Des yeux comme une flamme de feu

2.4.2        Beaucoup de diadèmes

2.4.3        Un nom que nul ne connaît

2.4.4        Un vêtement teint dans le sang

2.4.5        Son nom : « la Parole de Dieu »

2.5       Les armées qui sont dans le ciel

2.5.1        Anges

2.5.2        Appelés

2.5.3        Le vêtement de fin lin, blanc et pur

2.5.4        Les saints exécuteront-ils le jugement ?

2.6       Le juge de la terre

2.6.1        La destruction (ou : anéantissement) par le souffle de Sa bouche

2.6.2        Il les paîtra avec une verge de fer

2.6.3        Il foulera le pressoir

2.6.4        Roi des rois, et Seigneur des seigneurs

3      Le grand souper de Dieu

3.1       Une invitation bouleversante — 19:17-18

3.2       La bataille d’Armaguédon — 19:19

3.2.1        La bête

3.2.2        Les rois de la terre en guerre contre l’Agneau

3.2.3        Armaguédon

3.3       La fin de la bête et du faux prophète

3.3.1        Le faux prophète — 19:20

3.3.2        Beaucoup d’antichrists — 1 Jean 2:18

3.3.3        Vivants [= vifs] dans l’étang de feu

3.4       La fin de la puissance militaire de l’Europe de l’Ouest — 19:21

3.5       Rétrospective et vue d’ensemble

4      Satan lié dans l’abîme

4.1       Vue d’ensemble du chapitre 20

4.2       Satan aujourd’hui dans le ciel

4.3       Le piège du diable

4.4       Seulement un ange

4.5       Quatre désignations pour Satan

4.5.1        Satan

4.5.2        Le diable

4.5.3        Dragon

4.5.4        Le serpent ancien

4.6       Satan lié

4.6.1        L’abîme

4.6.2        L’abîme scellé

4.7       Mille années significatives

4.7.1        Délié pour un petit moment

4.7.2        Du péché pendant le règne de mille ans

5      Régner avec Christ

5.1       Une scène purifiée

5.2       Des trônes

5.3       Différents groupes de saints

5.3.1        Le premier groupe

5.3.2        Le deuxième groupe

5.3.3        Le troisième groupe

5.3.4        Les croyants du temps de la grâce ne passent pas par la grande tribulation

5.4       Récompense pour la fidélité sur la terre

5.5       Le reste des morts

5.6       La première résurrection

5.6.1        Pas de résurrection générale

5.6.1.1     Qu’est-ce que la Parole entend par le mot « heure » ?

5.6.1.2     Le dernier jour

5.6.1.3     La résurrection en Daniel

5.6.2        Plusieurs phases dans la première résurrection

5.6.3        Une résurrection d’entre

5.6.4        Bienheureux et saint

5.7       La seconde mort

5.8       Sacrificateurs royaux

6      Au seuil de l’éternité

6.1       La dernière mise à l’épreuve

6.1.1        Le « soir » du jour du Seigneur

6.1.2        La dernière mise à l’épreuve, une nécessité (« il faut »)

6.1.3        Gog et Magog

6.1.4        La dernière bataille

6.1.5        Dans l’étang de feu

6.2       Le jugement des morts

6.2.1        Le grand trône blanc et le Juge

6.2.1.1     Aucun autre trône n’est visible

6.2.1.2     Il ne s’agit pas de la venue de Christ

6.2.2        La fuite de la terre et du ciel

6.2.3        Les morts

6.2.3.1     La manifestation devant le tribunal du Christ

6.2.3.2     Des livres sont ouverts

6.2.3.3     Le livre de vie

6.2.4        La mort et le hadès

6.2.5        La seconde mort

7      L’état éternel

7.1       Les nouveaux cieux et la nouvelle terre

7.1.1        Dans quelle mesure le ciel et la terre sont-ils nouveaux ?

7.2       La nouvelle Jérusalem — 21:2

7.3       Le tabernacle de Dieu avec les hommes — 21:3

7.3.1        Qui constitue l’habitation (ou : tabernacle) de Dieu ?

7.3.2        Les hommes sur la nouvelle terre

7.3.3        Pourquoi l’« Agneau de Dieu » n’est-il pas mentionné ?

7.3.4        À propos de l’expression « le tabernacle » (ou : « habitation ») de Dieu

7.3.5        Deux formes de bénédictions

7.4       Les premières choses sont passées — 21:4

7.4.1        Un nouvel ordre de choses — 21:5

7.4.2        « C’est fait » — 21:6

7.4.3        Deux précieuses promesses — 21:6-7

7.4.3.1     À propos de la soif de l’âme — 21:6

7.4.3.2     Être vainqueur — 21:7

7.4.4        Un solennel avertissement — 21:8

7.4.4.1     Une liste effrayante

7.4.4.2     La seconde mort

8      La cité céleste — 21:9 à 22:5

8.1       L’épouse, la femme de l’Agneau

8.1.1        Une rétrospective remarquable

8.1.2        Viens ici, je te montrerai — 21:9-10

8.1.3        Les caractéristiques principales de la cité

8.1.4        La gloire de la cité — 21:11

8.1.5        La muraille, les portes et les fondements de la cité — 21:12, 13

8.1.5.1     La muraille

8.1.5.2     Les douze portes

8.1.5.3     Les fondements — 21:14

8.1.5.4     Les mesures de la cité — 21:15-17

8.1.6        La structure de la cité — 21:18

8.1.6.1     La muraille

8.1.6.2     La cité

8.1.6.3     Les fondements de la muraille — 21:19, 20

8.1.6.4     Les portes et la rue de la cité — 21:21

8.1.7        Pas de temple — 21:22

8.1.8        La lumière de la gloire de Dieu — 21:23

8.1.9        Les relations de la cité avec la terre — 21:24

8.1.10      Plus de nuit — 21:25-26

8.1.11      Pas d’accès pour le mal — 21:27

9      Le paradis de Dieu

9.1       Le fleuve de l’eau de la vie — 22:1

9.1.1        Dieu, la source de toute bénédiction

9.1.2        Le fleuve de Dieu dans le règne de mille ans

9.1.3        Le trône de Dieu et de l’Agneau

9.2       L’arbre de la vie — 22:2

9.2.1        Au milieu

9.2.2        L’accès à l’arbre de la vie

9.2.3        Des fruits et des feuilles

9.3       Les bénédictions éternelles — 22:3-5

9.3.1        Plus de malédiction — 22:3a

9.3.2        Service éternel — 22:3b

9.3.3        Voir Sa face — 22:4

9.3.4        Son nom sur leur front — 22:4

9.3.5        Régner éternellement — 22:5

9.4       Conclusion

 

 

 

1                    Introduction

Le livre de l’Apocalypse est non seulement une partie éminemment intéressante et remarquable de la Parole de Dieu, mais aussi un livre dont Dieu déclare expressément que « celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites — car le temps est proche » sont des bienheureux (1:3 ; 22:7).

C’est pour cela qu’aujourd’hui, plus que jamais, il convient justement d’ouvrir ce livre pour y apprendre « les choses qui doivent arriver après celles-ci ». Ce n’est pas de la curiosité qui nous y pousse, mais le désir de prendre connaissance des pensées de Dieu relativement à ce qui va arriver. Il n’est guère de chose plus propre à nous libérer de l’influence des choses visibles et terrestres, que de s’occuper de la partie prophétique de la Parole de Dieu. Et plus nous saisirons le grand but de Dieu — celui de procurer à Son Fils la place dont Il est digne dans le ciel et sur la terre, — plus l’étude de la prophétie nous réjouira et nous profitera.

Dans mon livre « L’enlèvement des croyants » j’ai donné un aperçu sur la structure et le contenu de l’Apocalypse, qui peut servir de préparation et de base au présent livre. Ce premier livre offre une aide non négligeable au lecteur pour la compréhension de la prophétie, s’il prend au moins connaissance de son ch. 3. Il y apprend plusieurs choses concernant le déroulement chronologique des événements, la manière dont les faits sont présentés dans l’Apocalypse, les différents groupes de croyants sauvés qu’il y aura dans le ciel et sur la terre. On y trouve des éclaircissements détaillés quant à la question de savoir si les croyants de la dispensation de la grâce devront passer par la grande tribulation.

Dans le présent ouvrage nous désirons porter notre attention sur les deux dernières parties de l’Apocalypse. Elles ont un caractère particulièrement élevé, et nous conduisent loin dans le futur et dans le ciel. Nous devrons néanmoins, au moins au début, regarder plusieurs fois en arrière et en bas, pour inclure l’évolution des événements sur terre dans nos méditations. Nos méditations elles-mêmes commencent au ch. 19 et s’étendent jusqu’au premier paragraphe du ch. 22. Des rétrospectives sont présentées ça et là, pour faire la relation avec des événements dépeints précédemment.

Après la description des « noces de l’Agneau » au début du ch. 19, on arrive avec le v. 11 à un tournant manifeste du livre, qui en est aussi, en même temps, son point culminant. Il est introduit par les paroles significatives du voyant : « Et je vis le ciel ouvert ». Suit alors, immédiatement, la vision de l’apparition du Seigneur Jésus Christ en puissance et en gloire — un événement, vers lequel aboutit tout ce qui a eu lieu dans l’histoire de ce monde, que l’homme veuille l’admettre ou non.

C’est à ce moment là que prendront fin toutes les opérations indirectes de Dieu dans ce monde, Ses actions en providence. Exprimons cela différemment : Tous les événements dans le ciel et sur terre relatés de 4:1 à 19:11 ne manifestent pas encore l’intervention directe du Seigneur. Dieu agit plutôt dans Sa providence, Il agit seulement indirectement par divers instruments, mais Lui-même n’apparaît pas. Comme quelqu’un l’a exprimé pertinemment : «Il se tient derrière la scène ; mais actionne la scène derrière laquelle Il se tient». Quant au côté chronologique, tout ce qui est rapporté entre ces deux limites temporelles a lieu avant ce qui est communiqué à partir de 19:11.

L’enlèvement de l’Assemblée de Dieu, tel qu’il nous est présenté en 1 Thes. 4, ne nous est pas montré — et c’est tout à fait logique — dans ce livre «formel» des conseils de Dieu quant à la terre. Mais nous devons le situer entre la fin du ch. 3 et le début du ch. 4. Au ch. 4, la scène quitte la terre pour passer au ciel : « Monte ici ! ». À partir de là on ne rencontre plus le terme «assemblée » dans l’Apocalypse (hormis 22:16). À sa place on voit les «vingt-quatre anciens» dans le ciel, c’est-à-dire les saints glorifiés de l’Ancien et du Nouveau Testament. À la fin de cette section de l’Apocalypse, cette expression «vingt-quatre anciens» est également mise de côté pour distinguer « l’épouse », la « femme de l’Agneau » d’avec les autres croyants dans le ciel, les « conviés ».

Arrivés à ce v. 11 du ch. 19, tout ce qui s’est déroulé entre l’enlèvement de l’Assemblée et l’apparition de Christ, à la fois sur la terre et dans le ciel, est alors déjà du passé, y compris les noces de l’Agneau, dont il est fait mention dans la première partie du ch. 19. À partir de ce verset 19:11, Dieu ouvre, en quelque sorte, une nouvelle page, la dernière de ce livre, et nous communique des informations qui s’étendent jusqu’à l’éternité la plus lointaine. Il vaut la peine, en effet, d’élever nos yeux vers Lui et de regarder dans les cieux ouverts ! Que le Seigneur veuille nous accorder, pour cela, Son aide et Sa bénédiction !

 

2                    L’apparition du Seigneur

2.1   Vue d’ensemble et structure

La section qui va du ch. 19 v. 11 au ch. 21 v. 8 forme un tout présentant une unité. La particularité de cette partie de l’Apocalypse est de retracer les événements dans un ordre strictement chronologique, et de montrer leur succession dans le temps sans aucune interruption. Elle commence par l’apparition du Seigneur venant du ciel, et se termine par l’état éternel. Les événements intermédiaires — les derniers et les plus graves de cette douloureuse histoire de l’humanité — sont décrits sans omission, et dans l’ordre où ils se seront succédés dans le temps. Au commencement de cette section se trouve le jugement des vivants, et à sa fin le jugement des morts.

Cette partie chronologique est suivie, à partir du ch. 21 v. 9 jusqu’au ch. 22, v. 5, d’une rétrospective sur «la sainte cité, Jérusalem», qui est la glorieuse Assemblée de Dieu, en rapport avec le Royaume millénaire. L’objectif et le motif ayant conduit l’Esprit Saint — après avoir donné la description de l’état éternel — à faire un retour en arrière sur l’Assemblée pendant le Royaume, seront exposés plus loin, lorsque nous arriverons au passage en question. Mais on peut déjà dire ici ceci : La description très étendue de l’Assemblé dans la gloire, présentée dans ses relations avec la terre pendant le règne de paix de Christ, aurait sensiblement perturbé le récit concis et chronologique des événements de la fin.

Nous trouvons huit fois, dans la section qui nous occupe maintenant (19:11 à 21:8), l’expression « et je vis » (grec : kaï eïdon) (*). Elle signale chaque fois un nouveau début et nous donne immanquablement la structure de cette partie de l’Apocalypse ; car chaque fois, après cette expression, suivent de nouvelles visions qui sont communiquées au voyant.

 

(*) Le deuxième verset du ch. 21 ne commence pas, dans le grec, par l’expression «kai eidon» = « et je vis ». Là, le «eidon» suit l’objet.

 

• « Et je vis le ciel ouvert » — suivi par l’apparition du vrai Roi des rois (19:11-16).

• « Et je vis un ange se tenant dans le soleil » — suivi par l’invitation au grand souper de Dieu (19:17, 18).

• « Et je vis la bête, et les rois de la terre, et leurs armées assemblées » — suivi par le jugement de la bête et du faux prophète (19:19-21).

• « Et je vis un ange descendant du ciel » — suivi par l’enchaînement de Satan (20:1-3).

• « Et je vis des trônes » — suivi par la domination avec Christ pendant le Millénium (20:4-6) et par le dernier combat et la victoire sur Satan (20:7-10).

• « Et je vis un grand trône blanc » — suivi par la description du Seigneur comme juge (20:11).

• « Et je vis les morts » — suivi par le jugement des morts (20:12-15).

• « Et je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre » — suivi par l’état éternel (21:1-8).

 

Un rapide coup d’œil sur le ch. 19 nous montre toute une série de contrastes forts. Nous trouvons deux femmes, deux banquets, deux armées et deux rois. La «grande prostituée» (19:2) est en contraste avec la «femme de l’Agneau» (19:7), le «banquet des noces de l’Agneau» (19:9) avec le «grand souper de Dieu» (19:17), les «armées qui sont dans le ciel» (19:14) avec les «armées de la bête» (19:19) et les «rois de la terre» (19:19) avec le «Roi des rois, et Seigneur des seigneurs» (19:16). Quelle incompatibilité ! C’est le contraste entre le vrai et le faux, entre la lumière et les ténèbres, entre le ciel et l’enfer !

 

2.2   Les cieux ouverts

C’est la cinquième et dernière fois qu’il est fait mention d’un ciel ouvert dans le Nouveau Testament. Hormis une exception, le Seigneur Jésus est toujours la personne centrale, lorsque le ciel s’ouvre.

1. Lorsque le Sauveur fut baptisé dans le Jourdain, les cieux Lui furent ouverts, et il vint une voix des cieux, disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Matt. 3:16, 17). Événement unique ! Le ciel ne s’était jamais encore ouvert sur une personne vivante dans ce monde. Mais maintenant le Fils de Dieu est sur la terre, Dieu, le Fils, la pleine révélation de Dieu. Le ciel regarde sur Lui, en bas, et le Père exprime tout son plaisir sur cette Personne unique.

2. En Jean 1 le Seigneur Lui-même parle d’un ciel ouvert et dit : « En vérité, en vérité, je vous dit : Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l’homme » (v.52). Cela s’accomplira pendant le Millénium. Christ sera, alors aussi, le centre, l’Objet du ciel sur la terre.

3. En Actes 7 Étienne voit les cieux ouverts. Il voit la gloire de Dieu et « Jésus debout à la droite de Dieu » (v.55, 56). Cela aussi est merveilleux ! Celui qui était l’Objet de Dieu sur la terre, est maintenant l’Objet du croyant dans le ciel. Levons les yeux, nous aussi, dans les douleurs et dans les détresses, oui, levons constamment les yeux vers Lui ! Le Fils de l’homme glorifié est la source de la force pour nous, sur notre chemin à travers ce monde, et Il est aussi le but vers lequel nous nous rendons.

4. Pierre aussi, en Actes 10, vit le ciel ouvert ; il vit un vase, comme une grande toile, dévalée en terre, dans laquelle il y avait de tous les quadrupèdes et reptiles de la terre. Et il entendit une voix lui disant : Lève-toi, Pierre, tue et mange ! (v.11-13).

Cette grande toile dans laquelle il y avait des animaux impurs est une image de l’Évangile de la grâce, qui devait dorénavant être annoncé, aux nations aussi, partout dans le monde (« liée par les quatre coins »). C’est le seul exemple où le Seigneur Jésus ne se tient pas directement au centre du ciel ouvert.

5. Maintenant, en Apoc. 19, Jean voit le ciel ouvert. Au commencement de l’histoire prophétique, une porte lui fut ouverte dans le ciel (4:1). Mais maintenant, c’est le ciel même qui est ouvert, pour permettre à quelqu’un d’en sortir, une Personne haut élevée, qui porte un quadruple nom.

Cette personne quitta un jour la gloire du ciel pour descendre sur cette terre maudite, pour vivre ici comme un homme parfait afin de glorifier Dieu, pour mourir, et pour accomplir l’œuvre de la rédemption. Après l’avoir accomplie Il est retourné au ciel — « ce Jésus », comme L’ont appelé les anges (Actes 1:11). Mais Il viendra de la même manière qu’ils L’ont vu s’en allant au ciel : Voilà le message des anges aux disciples qui regardaient fixement vers le ciel.

Ce moment est arrivé maintenant. Il s’avance pour ressortir du ciel ouvert, mais cette fois-ci pour exécuter le jugement.

 

2.3   L’apparition du Seigneur comme juge

« Et je vis le ciel ouvert : et voici un cheval blanc, et celui qui est assis dessus [appelé] fidèle et véritable ; et il juge et combat en justice » (19:11).

 

Nous arrivons maintenant à l’événement qui domine tout, qui est mentionné si souvent dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament et vers lequel le monde se dirige : l’intervention personnelle et directe du Seigneur Jésus sur cette terre.

Dieu introduira « de nouveau le Premier-né dans le monde habité ». Cette façon qu’a le Saint Esprit de s’exprimer en Héb. 1:6 implique un déploiement de la puissance divine, qui sera nécessaire pour atteindre ce but. Car s’Il venait de nouveau dans l’humilité et dans l’abaissement, les hommes Lui feraient effectivement le même accueil qu’ils Lui ont déjà fait lorsqu’Il entra pour la première fois dans ce monde. Lorsque quelque chose est un peu embarrassant pour les hommes et va à l’encontre de ce qu’ils recherchent, il leur vient alors la pensée d’un éventuel retour de Christ. Mais c’est Lui qui viendra vers eux, et cela se produira en puissance et en gloire. Ce sera alors Son jour, le « jour du Seigneur », dont il est si souvent parlé dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament (voir par exemple Joël 1:15 ; 2:31 ; 2 Thes. 2:2).

Il a longtemps attendu ce moment, Il a attendu jusqu’à ce que Dieu, le Père, Lui mette Ses ennemis pour marchepied de Ses pieds (Héb. 10:12, 13 ; Ps. 110:1). Ce moment est maintenant arrivé. Il en a parlé Lui-même : « Et aussitôt après la tribulation de ces jours-là, le soleil sera obscurci, et la lune ne donnera pas sa lumière, et les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Et alors paraîtra le signe du fils de l’homme dans le ciel : et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront et verront le fils de l’homme venant sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire » (Matt. 24:29, 30).

 

2.3.1       Le cheval blanc

Le voyant voit un cheval blanc. C’est le symbole d’une puissance victorieuse, à laquelle rien ne peut résister. Comme beaucoup d’autres symboles de l’Apocalypse, celui-ci aussi est emprunté à l’Ancien Testament. Nous trouvons ainsi en Zacharie 1:8, par exemple, qu’à côté des chevaux roux et bais, il y a aussi des chevaux blancs ; dans ce passage les chevaux parlent tous, sans exception, des interventions de Dieu dans Sa providence. Dans le ch. 6 de notre livre, nous avons déjà rencontré un cheval blanc. Il est dit de celui qui était assis dessus, qu’il sortit « en vainqueur et pour vaincre » (6:2). C’est donc la signification du «cheval blanc» : puissance victorieuse pour l’assujettissement de toute puissance adverse.

Mais la personne assise sur le cheval blanc au ch. 6 n’est pas celle du ch. 19. Le fait que les deux soient vues sur un cheval blanc, n’indique absolument pas qu’il s’agisse de la même personne dans les deux cas. Au ch. 6 il s’agit, manifestement, d’un grand conquérant, qui n’est pas davantage caractérisé. Ici, cependant, il est question incontestablement de Christ, comme nous le montre clairement le reste de la description de la Personnalité assise sur le cheval blanc.

Le Seigneur était venu jadis en faiblesse lorsque, étant un petit enfant, Il avait été couché dans une crèche. Il apparaît maintenant avec une puissance victorieuse, pour s’assujettir tous Ses ennemis. Jadis on Lui avait craché au visage, Sa forme était défaite plus que celle d’aucun fils d’homme (Ésaïe 52:14). Mais maintenant Il déploie Sa puissance et Sa gloire, et fait valoir Ses droits. Et nous verrons plus loin, que maintenant, Il se pare, pour ainsi dire, de toutes Ses gloires qu’Il s’est acquises, et de tous les honneurs qui sont appropriés à cet événement solennel.

 

2.3.2       Fidèle et véritable

Des quatre noms qui sont adjoints au Seigneur Jésus dans les versets 11 à 16, et qui parlent de ce qu’Il manifeste dans Sa Personne, le premier est : « Fidèle et Véritable ». Lui seul était, dans Sa Personne et dans Ses voies, la personnification de ces traits de caractère. Déjà au ch. 1 il était parlé de Lui comme du « témoin fidèle » (v.5). Il s’est présenté à l’assemblée de Philadelphie comme « le saint, le véritable » (3:7), et à l’assemblée à Laodicée comme « le témoin fidèle et véritable » (3:14). Le Seigneur Jésus a toujours été fidèle, dans tout Son chemin sur la terre. La fidélité envers Dieu et les hommes L’a toujours distingué, et cela sur une scène remplie de l’infidélité de l’homme. Quoiqu’il Lui en coûtât, Il a servi Dieu fidèlement, L’a glorifié jusque dans sa mort sur la croix et L’a fait connaître. Même devant Ponce Pilate, Il a encore, étant prisonnier, fait la belle confession (1 Tim. 6:13 ; Jean 18:37). Mais maintenant c’est Lui qui est le juge. Quel changement monumental ! Il demeure néanmoins le Fidèle, bien que sa fidélité ne se fasse plus connaître par diverses manifestations de la grâce, mais par un jugement juste. « Et la justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité, la ceinture de ses flancs » (Ésaie 11:5).

Mais Son nom est aussi « Véritable ». Comme homme sur la terre, Il a été constamment « la vérité » (Jean 14:6), l’expression parfaite de tout ce qu’est Dieu. Oui, Il a montré en tout et à tous ce que sont les pensées de Dieu à cet égard. Et quand les Juifs Lui demandèrent qui Il était, Il ne put que dire ce que Lui seul pouvait dire : « Absolument ce qu’aussi je vous dis » (Jean 8:25). Dans son comportement tant vis-à-vis de Dieu que vis-à-vis des hommes, dans tout ce qu’Il disait ou faisait, Il était le « Véritable », Il était et est « la vérité ». Il est « la vraie lumière » (Jean 1:9), le « véritable pain » (Jean 6:32), le « véritable cep » (Jean 15:1 ; ou « vrai cep », même mot grec «alethinos» que dans les autres passages), le « Dieu véritable » (1 Jean 5:20) et le « témoin véritable » (Apoc. 3:14). Et dans l’exécution des jugements, Il sera aussi parfaitement véritable, en exprimant, sans l’amoindrir, l’essence de Dieu, Sa sainteté et Sa justice en face du mal.

 

2.4   Il juge et combat

Fidèle et véritable en Lui-même, Il juge et combat en justice. Il aime la justice et hait l’iniquité (Héb. 1:9), et la justice caractérisera toutes ses voies, qu’il s’agisse de l’établissement de Son royaume, ou de l’exercice de Son pouvoir, ou qu’il soit question du jugement de Ses ennemis, ou du combat contre des puissances militaires adverses.

Paul en avait déjà parlé à la fin de son discours à l’Aréopage, en disant que Dieu « a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée, par l’homme qu’il a destiné à cela, de quoi il a donné une preuve certaine à tous, l’ayant ressuscité d’entre les morts » (Act. 17: 31). Cet « homme » donc, que Dieu a destiné à cela, est ici devant nous, et le jour établi par Dieu pour le jugement est arrivé en Apoc. 19. Le jugement exercé par le Seigneur s’étendra non seulement sur les vivants mais aussi sur les morts : Il est le « juge des vivants et des morts » établi par Dieu, le juge universel (Act. 10:42 ; 2 Tim. 4:1 ; 1 Pierre 4:5). Il tient en Sa main le sort de tous les hommes. Quelle constatation surprenante à ce moment-là ! Elle est propre à remplir d’effroi tous les adversaires.

Quand les Juifs pensaient au jugement, c’était uniquement le jugement des vivants qui leur venait à l’esprit. La plupart des chrétiens, par contre, ignorent précisément ce côté du jugement. Ils s’occupent davantage, à supposer qu’ils le fassent, du jugement des morts. Le Seigneur jugera les deux groupes de personnes, et ce en des temps tout à fait différents. Dans notre chapitre il s’agit du jugement des vivants. Il a lieu juste avant le Millénium. Le jugement des morts est présenté dans les deux derniers paragraphes du ch. 20. Ce moment particulièrement solennel arrivera seulement lorsque « les mille ans seront accomplis » et que Satan aura été délié de sa prison (20:7 et suiv.).

Le jugement des vivants aura un double caractère. Ce sera, d’une part, un «jugement guerrier», comme nous le voyons à partir du verset 19 de notre chapitre. C’est le « jour de la vengeance », dont il est parlé si souvent dans la Parole. L’épée sortira de la bouche de celui qui est assis sur le cheval et qui tuera tous les adversaires.

Ce jugement aura, d’autre part, un deuxième aspect, mieux caractérisé par l’expression «session judiciaire». Car le Seigneur Jésus « s’assiéra sur le trône de sa gloire, et toutes les nations seront assemblées devant lui » (Matt. 25:31, 32). Apoc. 20:4 fait allusion à cette session judiciaire : « Et je vis des trônes, et ils étaient assis dessus, et le jugement leur fut donné ». Sans vouloir entrer dans plus de détails maintenant, remarquons seulement deux points :

• Ce jugement sera rendu, non seulement au début du Royaume, mais aussi pendant toute la durée du règne de Christ sur la terre : « Chaque matin, je détruirai tous les méchants du pays, pour retrancher de la ville de l’Éternel tous les ouvriers d’iniquité » (Ps.101:8).

• Le trône de Christ se tiendra dans la Jérusalem terrestre de ces jours là : « Dans ce temps-là on appellera Jérusalem le trône de l’Éternel ; et toutes les nations se rassembleront vers elle, au nom de l’Éternel, à Jérusalem » (Jér. 3:17). Quand nous aborderons le ch. 21 de l’Apocalypse, nous examinerons encore le fait que Christ aura aussi un trône dans le ciel, et qu’il y aura aussi une autre Jérusalem, la céleste.

 

2.4.1       Des yeux comme une flamme de feu

L’auteur inspiré continue par la description de la Personne assise sur le cheval blanc :

 

« Et ses yeux sont [comme] une flamme de feu ; et sur sa tête il y a beaucoup de diadèmes ; et il porte un nom écrit que nul ne connaît que lui seul » (19:12).

 

Il était déjà mentionné au ch. 1 v.14, et au ch. 2 v.18, que les yeux du Seigneur sont comme une flamme de feu. Ceci est répété ici, avec la petite différence, que le «comme» manque — du moins dans quelques vieux manuscrits. La pensée semble de ce fait se renforcer : Ils sont une flamme de feu.

Le «Feu» est le symbole du jugement de Dieu qui examine. C’est avec une omniscience et une intégrité divines, que le Seigneur voit et porte un jugement sur tout, et que son œil pénètre tout le mal caché. En principe, c’est aussi le cas au temps de l’Église sur la terre, comme le montrent clairement les passages des chapitres 1 et 2 déjà mentionnés. Nous devrions certainement considérer cela davantage. Le Seigneur « au milieu des sept lampes d’or » juge l’état des assemblées locales avec un regard qui pénètre tout. Ses yeux, toutefois, « parcourent toute la terre, afin qu’il se montre fort, en faveur de ceux qui sont d’un cœur parfait envers lui » (2 Chr. 16:9) ; cela aussi reste vrai, et procure une consolation profonde aux fidèles dans tous les temps. Mais dans ce jour à venir, Il exécutera un jugement inexorable en accord avec ce que Ses yeux auront perçu. Personne ne pourra se cacher devant Ses yeux, aucun ne pourra échapper au jugement qu’il mérite.

 

2.4.2       Beaucoup de diadèmes

Un diadème parle de domination et de majesté royales. Il est dit ici du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs : « sur sa tête il y a beaucoup de (*) diadèmes », ce qui est une allusion probable au « dragon » ayant sept diadèmes (12:3) et à la « bête » (le prince romain) avec dix diadèmes (13:1). Ces nombreux diadèmes représentent le caractère universel et la diversité de Sa domination, qui couvrira le monde entier et tous les domaines. « Et l’Éternel sera roi sur toute la terre. En ce jour là, il y aura un Éternel, et son nom sera un » (Zach. 14:9).

 

(*) Beaucoup : d’une manière générale, JND traduit le mot par « plusieurs », indiquant en note que le mot signifie aussi « beaucoup ». WK traduit habituellement le mot par « beaucoup », comme l’auteur ici.

 

Le diable avait, autrefois, offert au Seigneur Jésus tous les royaumes du monde et leur gloire : s’Il s’était prosterné devant lui pour lui rendre hommage, il les Lui aurait tous donnés (Matt. 4: 8-10). Mais comment le Seigneur aurait-Il pu accepter quelque chose de la main du diable ! Impossible ! Lui, l’héritier légitime, voulait attendre jusqu’à ce qu’arrive le temps propre où Il pourrait tout recevoir de la main de Son Père. Entre temps Il a confessé ouvertement devant Pilate : « Maintenant mon royaume n’est pas d’ici » (Jean 18:36). Une couronne d’épine devait être auparavant Son «ornement», l’œuvre de la propitiation devait être accomplie.

Le Seigneur rejeta l’offre du diable, mais deux autres personnalités l’accepteront, des vassaux et des esclaves de Satan : la « bête » et « l’antichrist ». Le Seigneur, par contre, a toujours été le vrai « Serviteur de l’Éternel », et le plaisir de l’Éternel a prospéré en Sa main (Ésaïe 53:10). Après avoir longtemps siégé à la droite de Dieu et attendu ce moment du début de Son règne, Il sort maintenant du ciel ouvert, et « sur sa tête il y a beaucoup de diadèmes ». Combien cela nous réjouit ! Sa tête était jadis « pleine de rosée », et « Ses boucles pleines des gouttes de la nuit » (Cant.5:2), mais les symboles de la gloire royale resplendissent maintenant sur Sa tête. Les cœurs de tous les croyants doivent se réjouir à cette pensée.

C’est d’ailleurs la première fois que le Seigneur Jésus est vu avec ces signes de la puissance et de la dignité royales. L’image de Son apparition, au ch. 1, comme fils de l’homme, était déjà caractérisée par la puissance et la dignité, mais il y a une chose que nous n’y trouvons pas, et que nous ne trouvons pas, jusqu’ici, dans tout le livre de l’Apocalypse , ce sont des diadèmes sur Sa tête. Nous pouvons voir, en cela, deux choses : Nous chrétiens n’avons pas affaire aujourd’hui avec le Seigneur Jésus comme Roi. Il n’est pas notre roi, mais notre Seigneur et Sauveur. Et deuxièmement, Sa domination comme Roi sur toute la terre ne commencera que lorsque sera arrivé le moment dont parle Apoc. 19.

 

2.4.3       Un nom que nul ne connaît

Il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet : Les gloires dont nous voyons le Seigneur Jésus revêtu, sont des gloires qui Lui ont été conférées, des gloires qu’Il possède en tant qu’Homme, et que les hommes peuvent voir. Cela correspond tout à fait au caractère du livre de l’Apocalypse. Mais en outre, Il possède des traits essentiels et des gloires qui Lui appartiennent en propre en tant que Personne de la Déité, et que personne ne pouvait Lui décerner.

Un trait de caractère spécifique aux écrits de Jean, est de présenter le Seigneur Jésus comme l’homme constamment dépendant, qui ne fait rien de Lui-même, mais tout comme Son Père Lui dit de faire, et tout pour Son Père. Mais Jean, inspiré par l’Esprit Saint, juxtapose aussitôt et toujours une autre vérité à celle-ci : Cette Personne est infiniment plus qu’un homme parfait — Il est Dieu. Nous trouvons cette spécificité même dans l’Apocalypse, même dans ce livre, qui porte un caractère plutôt formel et strict, et qui s’occupe beaucoup de jugements. Il vient d’être question de plusieurs diadèmes sur la tête du Seigneur, et subitement nous entendons qu’Il porte un nom que nul ne connaît que Lui seul. Que veut nous enseigner l’Esprit Saint par là ?

Comme nous l’avons déjà souvent remarqué, dans la Parole de Dieu le Nom d’une personne est en relation avec la pensée de la révélation de cette personne. Lorsque Dieu s’adjoint un nom, Il fait connaître par-là ce qu’Il est en Lui-même, tout en mettant généralement Sa relation avec d’autres au premier plan. Lorsque, par exemple, Il dit à Abraham : « Je suis le Dieu Tout-puissant » (Gen. 17:1), Il se révèle alors à lui comme le Tout-puissant. Il lui dit, en quelque sorte : « Chez Moi il y a toute la puissance, tu peux compter sur Moi, en toute circonstance. Ne te confie qu’en Moi ! » Nous pouvons aussi connaître Dieu sous ce caractère et poursuivre notre chemin tranquillement en nous confiant dans le Dieu tout-puissant, malgré tous les chaos et tous les dangers. Mais Il s’est révélé à nous d’une manière bien plus intime — comme Père. Ceci est la véritable position chrétienne, le fait d’être introduit en relation avec Lui comme Père : nous avons connu le Père (1 Jean 2:13). Quel privilège immense ! Ce n’est pourtant pas l’objet de notre livre.

Quand il est alors dit ici du Seigneur Jésus, qu’Il porte un nom que nul ne connaît que Lui seul, c’est pour attirer l’attention sur Sa relation insondable dans le sein de la Déité. Bien qu’Il soit le Fils de l’homme glorifié, et sur le point d’occuper en tant que tel une nouvelle position, celle d’exercer le jugement, Il est et demeure une Personne divine. Il se trouve dans des relations avec Dieu, que nul homme ne peut discerner ou même sonder. Le langage employé ici rejoint celui de Matt. 11:27 : « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ». En Christ il y a quelque chose, et il y aura toujours quelque chose, qui restera caché à des hommes créés, même dans la gloire du ciel. Le mystère de Sa Personne, du Fils de Dieu devenu homme, ne peut être connu que par le Père. C’est ce que le Seigneur nous dit en Matthieu 11. Et ici nous apprenons qu’Il a constamment en Lui la conscience de qui Il est et de ce qu’Il est en Lui-même. Adorable Personne ! Adorable Seigneur Jésus !

Peut-être quelques lecteurs seront-ils un peu attristés du fait qu’il y a quelque chose dans leur Sauveur, qu’ils ne pourront jamais sonder ? Il n’y a pas lieu de s’attrister, mais plutôt de se réjouir et d’adorer. Car ce « nom que nul ne connaît que lui seul » ne veut nullement dire que nous ne puissions rien connaître de Lui. Bien au contraire ! Nous reviendrons là-dessus, lorsque nous méditerons sur Son nom suivant. Mais le mystère de Sa Personne — Dieu et Homme en Lui, uni en une Personne — aucun esprit humain ne peut le sonder, et ce ne peut être compris par aucun cœur humain. Que cela ne nous bouleverse pas ! Il faudrait être Dieu pour pouvoir comprendre Dieu.

Lui qui s’est abaissé si profondément, qui nous a aimés et qui s’est livré Lui-même pour nous, — Il est, dans Sa Personne, si infiniment élevé au-dessus de nous que, durant toute l’éternité, nous aurons de quoi L’admirer et L’adorer. Plus nous nous approcherons de Lui, bien-aimés, plus nous connaîtrons quelque chose de Sa grandeur et de l’infini de Sa Personne. Nous ne pouvons pas comprendre Son être sans limites, mais nous savons qu’Il est sans limites, et nous L’adorons pour cela.

Aussi longtemps que nous sommes sur cette terre, une mise en garde est de mise : nous devrions être sur nos gardes, en ce qui concerne la Personne de notre Seigneur, de ne pas vouloir nous immiscer dans quelque chose que Dieu ne nous a pas révélé. Quel homme mortel pourrait jamais connaître le nom, dans le sens indiqué, de Celui qui est Dieu, « manifesté en chair » (1 Tim. 3:16) ? Il nous est dit ici, explicitement, que personne ne le connaît !

Durant leur traversée du désert, les enfants d’Israël devaient porter les ustensiles du sanctuaire, mais certains ustensiles devaient être « recouverts » de couvertures et de rideaux. Personne ne devait s’aventurer à les découvrir pendant cette traversée du désert. Nous non plus, nous ne devons pas nous immiscer dans des choses qui concernent la Personne de Christ, mais qui ne nous sont pas révélées. Ne pas avoir respecté cet avertissement a trop souvent entraîné la mort. Pour le reste, occupons-nous, avec toutes les forces dont nous sommes capables, de ce qu’Il révèle de Lui-même. Nous trouverons en Lui surabondamment de quoi être pleinement heureux !

Pour clore cette section, on peut encore signaler une expression similaire dans la lettre à Pergame, au ch. 2. Un caillou blanc y est promis au vainqueur sur lequel est écrit un « nouveau nom, que nul ne connaît, sinon celui qui le reçoit » (v.17). Dans la gloire, le Seigneur donnera au vainqueur, non seulement Son approbation de la fidélité qu’il aura manifestée (le « caillou blanc »), mais Il lui offrira aussi, indépendamment de la joie que tous goûteront en commun, une part toute personnelle, une relation spéciale dans Sa faveur (le « nouveau nom »). Merveilleuse grâce !

Ne vaut-il pas la peine, dans nos jours d’affadissement spirituel et de décadence morale, d’être des vainqueurs ou de le devenir ? La récompense sera très grande.

 

2.4.4       Un vêtement teint dans le sang

Un trait de caractère très grave nous est présenté de la Personne qui est assise sur le cheval blanc, avant que soit indiqué un troisième nom du Seigneur :

 

« et il est vêtu d’un vêtement teint dans le sang ; et son nom s’appelle : « La Parole de Dieu » (19:13).

Combien il est étrange que certains aient pu mal interpréter le « vêtement teint dans le sang » et imaginer qu’il puisse s’agir là du précieux sang de l’Agneau sans défaut et sans tache, du sang du Seigneur Jésus ! Non, c’est le symbole du sang de Ses ennemis ! Lorsqu’on a crucifié le Sauveur, on Lui a ôté Ses vêtements, et on les a partagés en jetant le sort sur eux (Matt. 27:35). On a ensuite répandu Son Sang à la croix. Mais ici Il est vêtu d’un vêtement teint dans le sang.

Un passage du prophète Ésaïe nous en donne l’explication : « Qui est celui-ci, qui vient d’Édom, de Botsra, avec des habits teints en rouge, celui-ci, qui est magnifique dans ses vêtements, qui marche dans la grandeur de sa force ? — C’est moi, qui parle en justice, puissant pour sauver. — Pourquoi y a-t-il du rouge à tes vêtements, et tes habits sont-ils comme celui qui foule dans la cuve ? — J’ai été seul à fouler le pressoir, et d’entre les peuples pas un homme n’a été avec moi ; et je les ai foulés dans ma colère, et je les ai écrasés dans ma fureur, et leur sang a rejailli sur mes habits, et j’ai souillé tous mes vêtements » (És. 63:1-3). Sans aucun doute : C’est le sang de Ses ennemis, qui a teint en rouge Son vêtement. Quelle pensée solennelle !

En rapport avec le verset 11 « Il juge et combat en justice » nous avions déjà fait, relativement au jugement des vivants, la distinction entre un «jugement guerrier» et une «session judiciaire». Il est maintenant nécessaire de faire ici une autre distinction relativement au jugement guerrier. Nous nous occupons maintenant de ce qui constitue le «jugement du pressoir» [vendange], qui a pour but la destruction générale des ennemis de Christ. Il convient de le distinguer du «jugement de la moisson» que nous trouvons en Matt. 13:39-43 et en Apoc. 14:14-16. Ce dernier est caractérisé par la distinction entre le bien et le mal : le froment sera assemblé dans le grenier, et l’ivraie sera cueillie et brûlée au feu.

En Apoc. 19 nous avons le cas du «jugement du pressoir». Le Seigneur Lui-même foulera «la cuve du vin de la fureur de la colère de Dieu » (19:15 ; cf. 14:17-20, vendange). Ce sera l’accomplissement d’Ésaïe 63 et du Psaume 68 v.23 : « afin que tu trempes ton pied dans le sang… ». Mais déjà avant de faire cela, Il sera vu dans le vêtement teint dans le sang — une indication que la destruction des armées coalisées, ayant à leurs têtes, la bête et le faux prophète, est une chose décidée qui sera exécutée peu après.

 

2.4.5       Son nom : « la Parole de Dieu »

De tous les auteurs du Nouveau Testament, Jean est le seul qui parle du Seigneur Jésus comme étant la « Parole », la « Parole de Dieu ». C’est avec cette « Parole » éternelle qu’il commence son Évangile (« Au commencement était la Parole »), et maintenant qu’il le voit sortir du ciel ouvert sous une forme humaine, il nous annonce le nom dont Il est appelé : « la Parole de Dieu ».

Une pensée élevée se rattache à la désignation du Seigneur Jésus comme la « Parole » : Le Seigneur Jésus constitue une expression parfaite de tout ce qui est en Dieu. Ceci est, en soi, inconcevable, et est d’autant plus significatif, que personne n’a jamais vu Dieu. Lui seul, le Fils unique qui est en tout temps dans le sein du Père, L’a fait connaître dans notre temps (Jean 1:18). La « Parole » — cela veut dire « exprimer », et Lui est « la Parole ».

Il y a parfois, à la suite du mot « Parole », une adjonction. C’est ainsi qu’Il est également nommé « La Parole de la vie » (1 Jean 1:1). Lorsqu’Il était sur la terre et qu’Il avait passé de lieu en lieu faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance (Act. 10:38), Il était la personnification de ce qui est la vie éternelle. Il a donné une expression parfaite de la vie éternelle, qu’Il est en Lui-même, et que nous pouvons avoir aujourd’hui en Lui, de telle sorte que nous pouvons savoir ce qu’est véritablement la vie éternelle.

Son nom s’appelle donc ici « La Parole de Dieu ». Dans l’Évangile Il a révélé les mystères de la grâce et de l’amour divins, et Ses paroles Le présentaient comme Celui qui a toujours été et qui est — la Parole de Dieu, la vérité (Jean 8:25). Il était la personnification de la Parole écrite. Il pouvait dire : « Ta loi est au dedans de mes entrailles ». Il n’avait point retenu ses lèvres dans la grande congrégation ; Il avait annoncé la justice, ainsi que la fidélité et le salut de Dieu (Psaume 40: 8-10). Mais les hommes ne voulaient pas de Lui. Ils ont démontré leur état corrompu, en ne trouvant qu’une seule réponse en face de la révélation absolue de la grâce et de la bonté de Dieu : celle de la haine.

Mais la page est tournée maintenant : Christ est sur le point de faire connaître Dieu, dans Sa justice et dans Sa sainteté, par le jugement. Cela aussi est une pensée à ne pas négliger. Dieu a des droits sur les hommes et sur cette terre. Il veut introduire Son Fils dans la terre habitée, Il veut placer entre Ses mains le gouvernement du monde. Si l’homme s’oppose à cela, après avoir rejeté aussi la grâce, Dieu ne peut maintenir Sa gloire que par le jugement. Et c’est ainsi que nous voyons ici le Seigneur Jésus comme « La Parole de Dieu ». Le jugement aussi, qu’Il exercera sur les rebelles, sera une expression parfaite de ce qu’est Dieu.

Il y a lieu, pour finir, de mentionner une petite particularité grammaticale dans l’original grec de ce passage. La traduction littérale du verset 13 se lirait en fait de la façon suivante « et le nom de Lui est appelé La Parole de Dieu ». Les meilleurs manuscrits ont cette formulation. La forme verbale utilisée (le parfait) signifie quelque chose comme : « Il a été nommé ainsi et sera encore toujours nommé ainsi». Cela souligne ce qui a été dit précédemment. Le Seigneur Jésus était la Parole, avant que le monde fût. Il était la Parole lorsqu’Il marchait sur cette terre. Il sera la Parole de Dieu, lorsqu’Il sortira de la gloire du ciel. Il sera toujours la Parole de Dieu — la parfaite expression de Dieu. Combien cette pensée nous réjouit ! Que Son nom merveilleux soit loué, maintenant et dans toute l’éternité !

 

2.5   Les armées qui sont dans le ciel

Le voyant interrompt maintenant pour un moment la description de l’aspect judiciaire de Christ, pour se tourner  vers ceux qui Le suivent.

 

« et les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtus de fin lin, blanc et pur (19:14).

 

Des armées sont vues dans le ciel, et elles suivent maintenant comme un cortège immense, le cavalier assis sur le cheval blanc. On peut en conclure qu’elles participeront à la victoire triomphale du Roi des rois. Quand on voyait le Seigneur Jésus sous le nom de « Fidèle et Véritable » sur un cheval blanc (19:11), on ne voyait personne avec Lui. Mais maintenant, sous le nom de « La Parole de Dieu », on peut voir d’autres qui Lui sont associés. Qui sont-ils ? Quelles sont ces troupes que le Seigneur laisse participer à Son triomphe ; s’agit-il des grandes multitudes d’anges, qui sont dans le ciel ?

 

2.5.1       Anges

La Parole de Dieu montre clairement que des anges accompagneront le Seigneur Jésus, lorsqu’Il apparaîtra pour exécuter le jugement.

 

« Car le fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite » (Matt. 16:27).

 

Il est également dit dans la description du jugement des vivants en Matthieu 25 :

 

« Or, quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire » (Matt. 25:31).

 

Nous pouvons remarquer dans les deux citations, que le Seigneur Jésus est chaque fois nommé le « fils de l’homme » et avec Lui, en tant que tel, des anges font leur apparition. Il en est de même en Matt. 13:41. Les anges ont donc une relation spéciale avec Lui comme Chef sur toutes choses. Et lorsqu’il s’agit de l’exécution du jugement, les anges apparaissent toujours au premier plan. Mais dans notre verset d’Apoc. 19, Il est « La Parole de Dieu » ce qui indique qu’Il est sur le point de faire connaître Dieu dans Sa gloire sur la voie du jugement. Et pour cela Il s’associe, dans Sa grâce, avec d’autres.

Même si les anges participent à cet événement, ce ne sont manifestement pas eux qui sont vus avec Lui dans cette relation spéciale, mais ce sont des saints — des hommes donc, qui ont eu part à la première résurrection, et qui demeurent maintenant dans le ciel avec des corps glorifiés. Le quatrième nom du Seigneur — « Roi des rois, et Seigneur des seigneurs » — qui apparaît dans ce paragraphe, permet aussi de conclure que, quand il est parlé d’armées, il ne s’agit pas ici d’anges, mais de saints glorifiés.

 

2.5.2       Appelés

Cette interprétation est basée sur deux autres considérations. Au ch. 17 on voit que la bête et les rois qui lui sont associés combattent contre l’Agneau (v.14). L’Agneau les vaincra. On voit alors également là d’autres personnes qui se tiennent au côté du « Seigneur des seigneurs et du Roi des rois ». Elles sont décrites comme étant des « appelés » et « élus » et « fidèles ». Il est vrai que l’Écriture fait mention d’« anges élus » (1 Tim. 5:21), mais les titres d’« appelés » et de « fidèles » ne peuvent convenir qu’à des hommes.

« Appelés » implique que Dieu a appelé quelqu’un, dans Sa grâce, hors d’un certain état, généralement bas, pour le placer dans un état plus élevé. C’est ce qu’Il a effectivement fait pour les croyants, et ils sont nommés à maintes reprises « appelés » ou « saints appelés ». Quant aux anges, ou bien ils ont gardé leur origine, ou bien ils sont tombés, et comme tels, ils ne sont pas des objets de l’appel de Dieu.

Sous ce rapport, il est intéressant de noter que même le premier homme dans le jardin d’Éden, dans l’état d’innocence, n’était pas l’objet d’un appel de Dieu. D’ailleurs, à quoi l’aurait-Il appelé ? Il l’avait placé dans le jardin d’Éden expréssément pour le cultiver et pour le garder (Gen. 2:15). Il aurait dû y rester. Mais l’homme a failli et tomba dans le péché. C’est donc un acte de grâce, pure et inconcevable, que Dieu ait saisi l’occasion du péché de l’homme pour le sortir de son état désespéré et l’amener dans Sa présence.

 

2.5.3       Le vêtement de fin lin, blanc et pur

La deuxième pensée se lie au vêtement de fin lin, blanc et pur, dont sont vêtus ceux qui font partie de ces armées. Il nous est dit, en rapport avec la femme de l’Agneau, que les vêtements de fin lin sont les justices des saints (Apoc. 19:8). Il devient donc très clair qu’il s’agit ici de saints célestes, et pas seulement de la femme de l’Agneau, mais aussi, nous pouvons le supposer, de ceux qui étaient conviés aux noces — donc de tous les saints ressuscités et glorifiés dans le ciel à cette époque (*).

 

(*) Ce sera l’accomplissement de la prophétie d’Énoch : « Voici, le Seigneur est venu au milieu de ses saintes myriades, pour exécuter le jugement contre tous » (Jude 14). Nous pouvons déduire de ce passage, que tous les croyants, de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui étaient, précédemment, représentés par le symbole des « vingt-quatre anciens », feront partie du cortège du Seigneur.

 

La pensée est-elle montée quelquefois dans notre cœur, qu’en un certain sens nous confectionnons nous-mêmes, déjà ici-bas sur la terre, le « vêtement » que nous porterons un jour dans la gloire du ciel ? Ce sont les « actes justes » des saints, qu’ils auront accomplis dans la puissance de l’Esprit de Dieu pendant leur vie sur terre, et dont ils seront alors revêtus, là. Il ne s’agit pas ici de la justice de Dieu, mais des justices des saints. Nous pensons, involontairement, au passage d’Héb. 6:10 : « Car Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et l’amour que vous avez montré pour son nom, ayant servi les saints et les servant encore ». Non, Dieu n’oubliera pas de récompenser. Nous pourrions l’oublier, et c’est même quelquefois bon que nous l’oubliions. Mais Lui n’oublie jamais !

Notre cœur bat-il plus vite, lorsque nous considérons, que nous aussi, les rachetés du temps de la grâce, nous suivrons le Seigneur Jésus sortant du ciel ouvert, sur des chevaux blancs ? Nous serons alors, non seulement des témoins, mais des participants à sa victoire glorieuse. Il se présentera, ensemble avec nous, au monde. Il sera à la tête du cortège — Lui, «le plus glorieux d’entre tous». Nous Le suivrons sur des chevaux blancs, et porteront le vêtement de fin lin, blanc et pur, visible de tous. C’est alors que le Seigneur sera glorifié dans Ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru (2 Thess. 1:10). Voilà Son but avec nous, bien-aimés ! Il voudrait que ceux qui L’ont accompagné dans Son rejet, L’accompagnent aussi dans Sa gloire et dans l’exécution de Son jugement. Notre vie est encore cachée avec le Christ en Dieu. « Quand le Christ qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire » (Col. 3:4). C’est ce que nous trouvons ici.

D’ailleurs il semble que nous ayons aussi en 2 Thess. 1 les deux groupes de saints, d’une part les croyants de l’Ancien Testament (« les saints ») et d’autre part les rachetés du temps de la grâce (« ceux qui auront cru » — (*)). Les armées en Apoc. 19 sont constituées des mêmes deux groupes. Ils avaient été représentés réunis, auparavant, dans l’image des « vingt-quatre anciens » ; celle-ci devait, toutefois, être abandonnée ensuite, puisqu’il fallait faire la distinction entre « l’épouse » et les « conviés » (19:7,9). C’est pour cette raison aussi que le symbole des vingt-quatre anciens n’est plus utilisé à partir des noces de l’Agneau, dont il est fait mention au ch. 19, versets 7 à 10.

 

(*) Les saints de l’Ancien Testament ont aussi cru, c’est évident, mais il est ajouté « car notre témoignage envers vous a été cru », ce qui se rapporte aux croyants du temps de la grâce, aux Thessaloniciens.

 

2.5.4       Les saints exécuteront-ils le jugement ?

Nous avons vu le Seigneur Jésus avec un vêtement teint dans le sang (19:13). On peut remarquer que les armées célestes, vêtues de fin lin, blanc et pur, n’ont pas de sang sur leurs vêtements. Cela veut dire que les saints célestes ne participeront pas directement à l’exécution du jugement. Celui-ci est l’affaire du Seigneur seul. Le Père a donné tout le jugement au Fils, « afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père » (Jean 5:22, 23).

Le Seigneur déléguera toutefois l’exécution du jugement aux anges, aux puissants en force, qui exécutent Sa parole (Ps. 103:20, 21).Lorsque le Seigneur Jésus parle, en Mathieu 13, de la consommation du siècle, Il ajoute : Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils cueilleront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité, et ils les jetteront dans la fournaise de feu : là seront les pleurs et les grincements de dents » (v. 41, 42). Le Seigneur enverra donc les anges, et ils seront les exécuteurs du jugement.

Mais on objecte, à maintes reprises, qu’il est écrit : « Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? » (1 Cor. 6:2). Assurément, et nous jugerons même les anges. Mais cela a beaucoup plus le caractère de la «session judiciaire» du Seigneur. Nous serons, en quelque sorte, Ses assesseurs ; Il nous fera participer à Son gouvernement, au début et pendant le temps du Royaume sur la terre. Nous ne savons pas en détail, comment cela aura lieu. Mais les douze portes — chacune d’une seule perle — de la cité céleste, Jérusalem (chap. 21), nous en fournissent un certain éclaircissement : La sentence sera prononcée dans le ciel par l’Assemblée glorifiée, et les anges en transmettront le message sur la terre.

Les croyants ont fait l’expérience de la grâce incommensurable de Dieu (spécialement ceux du temps de la grâce) au point qu’ils ne semblent pas qualifiés pour exercer le jugement. Non, ils ne sont pas les instruments dont Dieu se servira pour l’accomplissement du jugement. Ce seront plutôt les anges. Mais le jugement, en tant que tel, émanera du Seigneur Jésus Lui-même. Cela nous conduit directement au verset qui suit, dans lequel la description du Seigneur Jésus, comme juge de la terre, est reprise.

 

2.6   Le juge de la terre

 « Et une épée aiguë à deux tranchants sort de sa bouche, afin qu’il en frappe les nations ; et lui les paîtra avec une verge de fer, et lui foule la cuve du vin de la fureur de la colère de Dieu le Tout-puissant ; et il a sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : « Roi des rois, et Seigneur des seigneurs » (Apoc. 19:15, 16).

 

Des événements violents sont résumés ici en peu de phrases — des convulsions que la terre n’a encore jamais vues : la venue du Seigneur pour le jugement, le débordement du courroux de Dieu sur tout le mal, l’établissement du trône de Christ et de Son gouvernement, l’assujettissement de tous les rois et de toutes les nations de la terre sous la domination de Celui qui prend la place de la souveraineté absolue sur la terre. C’est l’accomplissement complet du psaume 2.

 

2.6.1       La destruction (ou : anéantissement) par le souffle de Sa bouche

Il nous est d’abord dit qu’une épée aiguë à deux tranchants sort de la bouche de Celui qui est assis sur un cheval blanc. Notons qu’en accord avec ce qui a déjà été dit, cette épée ne sort que de Sa bouche, non de la bouche de ceux qui Le suivent sur des chevaux blancs, en sortant du ciel. Cette épée aiguë à deux tranchants est un symbole de Sa sainte parole selon Hébreux 4:12, 13 : « atteignant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur ; et il n’y a aucune créature qui soit cachée devant lui, mais toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire ».

En ayant ce verset devant nos yeux, nous comprenons que le jugement du Seigneur, en ce jour-là, ne sera nullement exercé aveuglément. Il suffit d’une seule parole de Sa bouche, pour terrasser Ses ennemis, et les anéantir (cf. Jean 18:6). Quand quelque chose ou quelqu’un ne correspond pas à Ses pensées, il suffit au Seigneur Jésus de prononcer une parole pour éliminer définitivement ce qui s’oppose à Lui. Mais Son jugement sera entièrement en accord avec Sa parole et correspondra à la condition dans laquelle l’homme se trouve. En un mot : il sera juste.

Personne ne pourra résister à la force de Sa parole en jugement. C’est par elle qu’Il frappera les nations. Ésaïe en a parlé : « Il frappera la terre avec la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant (És. 11:4). Le prophète Sophonie dit : « Car ma détermination c’est de rassembler les nations, de réunir les royaumes pour verser sur eux mon indignation, toute l’ardeur de ma colère ; car toute la terre sera dévorée par le feu de ma jalousie (Soph. 3:8). On peut déjà remarquer ici que le Seigneur Jésus consumera aussi « l’inique », l’antichrist, « par le souffle de sa bouche » (2 Thess. 2:8). Nous n’en trouverons, toutefois, la description que dans le paragraphe suivant (Apoc. 19:20), sous l’image du « faux prophète ».

Y aurait-il, parmi mes lecteurs, quelqu’un qui ne se serait pas encore incliné devant la puissance de Sa parole ? Bien que Sa Parole détienne et réclame toujours l’autorité absolue, Il parle néanmoins, aujourd’hui encore, dans un esprit de grâce, et t’invite à venir à Lui avec tes péchés. C’est Lui qui te délivrera de la colère qui vient (1 Thess. 1:10). Mais une fois que le jour de la colère sera arrivé, il n’y aura plus de salut pour ceux qui ont entendu Sa Parole et qui n’ont pas accepté l’amour de la vérité (2 Thess. 2:10-12). Sa Parole les atteindra impitoyablement — pour le jugement. « Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles, a qui le juge : la parole que j’ai dite, celle-là le jugera au dernier jour » (Jean 12:48).

 

2.6.2       Il les paîtra avec une verge de fer

Il nous est dit ensuite que Christ paîtra les nations avec une verge de fer. La « verge de fer » parle du caractère absolu et inflexible de son gouvernement. Ceci est évidemment une allusion au Psaume 2, versets 8 et 9 : « Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre ; Tu les briseras avec un sceptre de fer ; comme un vase de potier tu les mettras en pièces ». Il me semble pourtant, que l’acte de « paître » avec une verge de fer ne caractérise pas seulement l’assujettissement initial des nations rebelles, mais aussi tout Son gouvernement sur elles. En ce sens Il sera aussi leur « Berger ». Après avoir exécuté le jugement sur Ses ennemis, Il s’assiéra sur Son trône, et Il « paîtra » les nations qui auront été épargnées du jugement, — Il les gouvernera. La justice et le jugement seront les bases de Son trône (Ps. 89:14), et tout mal sera réprimé.

Son autorité et Sa puissance seront universelles, et s’étendront sur toutes les nations. Le gouvernement sera alors, effectivement, sur son épaule (És. 9:6). Et lorsque Ses jugements auront frappé la terre, les habitants du monde « apprendront la justice » (És. 26:9). Ceci est expressément le but de tous Ses jugements. Combien cette pensée nous réconforte, quand nous considérons la sévérité de ces jugements qui se présentent à nous, ici ! La description de ce temps de Son gouvernement ne nous est toutefois donnée qu’au ch. 20 de l’Apocalypse. Les croyants auront part à ce gouvernement, car le Seigneur promet au vainqueur à Thyatire — non pas l’épée, mais — la verge de fer : « Celui qui vaincra, et celui qui gardera mes œuvres jusqu’à la fin, — je lui donnerai autorité sur les nations ; et il les paîtra avec une verge de fer, comme sont brisés les vases de poterie, selon que moi aussi j’ai reçu de mon Père » (Apoc. 2:26, 27). Et du « fils mâle » (Christ), que la femme (Israël) enfantera, il est dit : « … qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer » (Apoc. 12:5).

N’est-ce pas un encouragement pour nous tous, de penser au jour de Sa puissance, et de savoir que nous pourrons accompagner notre Seigneur en ce jour-là, lorsqu’Il fera valoir, avec puissance, Ses droits sur cette terre ? Nous connaissons, évidemment, des bénédictions plus élevées. Mais la pensée qu’un jour tout genou se ploiera devant Lui, nous remplit de joie, à l’heure actuelle où Il est encore rejeté.

 

2.6.3       Il foulera le pressoir

Nous avons trois symboles du jugement dans notre verset :

• une « épée aiguë », pour une condamnation immédiate ;

• une « verge de fer » pour un gouvernement juste et inflexible ;

• la « cuve du vin » de la fureur de la colère de Dieu, pour le jugement des coupables.

 

L’acte de fouler le raisin dans la cuve du vin de la fureur de la colère de Dieu le Tout-puissant, est aussi l’affaire du Seigneur seul (*). C’est l’exécution du jugement de Dieu sur tout le mal, sur les transgresseurs — le jugement de Celui qui a dit : « À moi la vengeance ». « Car le jour de la vengeance était dans mon cœur, et l’année de mes rachetés était venue. Et je regardai, et il n’y avait point de secours ; et je m’étonnai de ce qu’il n’y avait personne qui me soutint ; et mon bras m’a sauvé, et ma fureur m’a soutenu. Et j’ai foulé les peuples dans ma colère, et je les ai enivrés dans ma fureur ; et j’ai fait couler leur sang à terre » (Rom. 12:19 ; Ésaie 63:4-6). Ce sont les paroles prophétiques du Seigneur, Sa réponse, en quelque sorte, à la question du verset 2 : « Pourquoi y a-t-il du rouge à tes vêtements, et tes habits sont-ils comme celui qui foule dans la cuve ? »

 

(*) Cette pensée est encore soulignée par l’insistance au moyen du pronom personnel «Lui» : « … et Lui foule la cuve du vin … »

 

J’ai déjà signalé le caractère du «jugement du pressoir» [ou : vendange] qui diffère du «jugement de la moisson», lorsque nous nous sommes occupés du vêtement teint dans le sang. La « moisson » est un jugement discriminatoire, le froment est assemblé dans le grenier. Mais le «pressoir» parle globalement de la fureur de Dieu contre le mal et de l’exécution d’une juste vengeance à son encontre. Nous trouvons déjà ce jugement au ch. 14, où il semble se rapporter spécialement au mal religieux.

Le fait qu’il y aura un jour de la vengeance devrait, aujourd’hui, nous retenir absolument de nous venger nous-mêmes, et de chercher nous-mêmes à faire valoir nos droits. « .. Ne vous vengeant pas vous-mêmes, bien-aimés ; mais laissez agir la colère, car il est écrit : «À moi la vengeance ; moi je rendrai, dit le Seigneur» (Rom. 12:19). Souvenons-nous toujours qu’il y en a Un qui, un jour, remettra toute chose à sa vraie place et tirera vengeance de toute injustice ! La vengeance n’a pas sa place dans notre main. Dieu seul a l’autorité et le pouvoir absolu de la rendre. Dieu a adressé ce message aux croyants à Thessalonique : « … si du moins c’est une chose juste devant Dieu que de rendre la tribulation à ceux qui vous font subir la tribulation, et que de vous donner, à vous qui subissez la tribulation, du repos avec nous dans la révélation du seigneur Jésus du ciel avec les anges de sa puissance, en flammes de feu, exerçant la vengeance contre ceux qui ne connaissent pas Dieu, et contre ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de notre seigneur Jésus Christ » (2 Thess. 1:6-8). Attendons ce jour avec foi !

 

2.6.4       Roi des rois, et Seigneur des seigneurs

Ce quatrième nom figurant dans le paragraphe que nous considérons, le Seigneur Jésus le porte sur Son vêtement et sur Sa cuisse. Son « vêtement » — ce que chacun peut voir de Lui — parle de Son caractère officiel dans ce monde ; et les titres, qu’Il adopte maintenant sur la scène terrestre, expriment Sa domination universelle : « Roi des rois, et Seigneur des seigneurs ». La cuisse est habituellement l’endroit où l’on porte l’épée (Ps. 45:3). Mais dans le cas du Seigneur, l’épée sort de Sa bouche, tandis qu’Il porte Ses titres sur Sa cuisse. Ce dernier point pourrait se référer au caractère paisible de Son gouvernement.

Il est fait mention de ces mêmes titres en Apoc. 17:14, mais dans un ordre inverse : « Seigneur des seigneurs, et Roi des rois ». Il semble que le titre de « Roi des rois » se rapporte à la dignité de Christ comme monarque, comme souverain suprême, qui est au-dessus de tous les autres gouvernants. Le titre de « Seigneur des seigneurs » exprime sans doute que le Seigneur Jésus est Lui-même absolument l’autorité suprême. Et il est certainement significatif qu’en 1 Tim. 6:15, Dieu soit décrit comme tel avec ces titres. Ici c’est le Seigneur Jésus qui les porte. Mais qui serait en mesure de décrire correctement cette Personne unique, notre Seigneur Jésus Christ !

Nous nous réjouissons à la pensée que Celui, dont la domination est, aujourd’hui encore, largement niée, sera manifesté un jour comme le potentat suprême. Toutes les puissances, dominations et autorités Lui seront soumises, et toute langue devra reconnaître que « Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu, le Père » (Phil. 2 :11). Le monde proclame aujourd’hui encore : « Nous n’avons pas d’autre roi que César ! » Mais le moment est proche, où tout pouvoir Lui sera donné. Sa domination suprême sera alors illimitée et éternelle. Dans les jugements qui instaureront Sa domination et pendant Son règne de mille ans, Il montrera que la fidélité et la vérité, que Sa souveraineté absolue Lui appartiennent de plein droit. Que Son Nom soit hautement exalté et célébré par nous, qui sommes les siens !

 

 

3                    Le grand souper de Dieu

3.1   Une invitation bouleversante — 19:17-18

Après que Jean ait vu, le ciel étant ouvert, le Seigneur glorifié sortir avec Ses armées célestes, prêt à exercer de Sa propre main le jugement final sur la puissance militaire de la bête, il voit une nouvelle vision qui est introduite par ces mots : « et je vis » :

« Et je vis un ange se tenant dans le soleil ; et il cria à haute voix, disant à tous les oiseaux qui volent par le milieu du ciel : Venez, assemblez-vous au grand souper de Dieu ; afin que vous mangiez la chair des rois, et la chair des colonels [ou : chiliarques], et la chair des puissants, et la chair des chevaux et de ceux qui sont assis dessus, et la chair de tous, libres et esclaves, petits et grands » (Apocalypse 19:17-18).

 

Avant que le premier coup du jugement arrive, celui-ci est annoncé par un ange avec une voix qu’il est impossible de ne pas entendre. L’ange, obéissant à la voix de Sa parole, se tient « dans le soleil ». Le soleil est le symbole le plus élevé, souvent une autorité absolue, celle de Dieu Lui-même. La position de l’ange est telle que tous peuvent le voir et que lui-même peut avoir la vue d’ensemble de toute la scène du combat. Il invite à voix haute les oiseaux des cieux au « grand souper de Dieu » qui est imminent. Le souper auquel les oiseaux rapaces sont invités a lieu après la bataille, mais l’invitation a lieu avant.

C’est une invitation bouleversante. Elle est en contraste complet avec l’invitation de Dieu dans le temps présent qui s’adresse aux perdus. Le souper lui-même ici est aussi en contraste complet avec le banquet des noces de l’Agneau que nous avons trouvé décrit au début de notre chapitre. Aujourd’hui Dieu veut « faire des noces pour son Fils » (Matt. 22), et Il ne se laisse détourner par rien de ce dessein, et Il invite aujourd’hui en bonté et en grâce les gens à venir à Lui pour le souper de la grâce. Ceux qui donnent suite à Son invitation, non seulement auront part en son temps aux noces de l’Agneau, mais ils feront eux-mêmes partie de « l’épouse ». Mais la plupart ne font pas attention à l’invitation ; ils ne veulent ni de Sa grâce ni de Son Christ. Un jour ils recevront la réponse à leur refus : ils seront jetés dans les ténèbres de dehors, « là où sont les pleurs et les grincements de dents ».

Le résultat de la grande bataille sont anticipés. Les ennemis de Christ sont tués par Sa parole, et leurs cadavres sont donnés à manger aux oiseaux. Ni la position sociale des personnes, ni le rang qu’ils ont pris dans la société, ne jouent aucun rôle. Le même jugement les frappe tous, grands et petits. Sept classes atteintes par le jugement sont nommées : les rois, les chiliarques [ou : commandants, colonels], les puissants, les chevaux, leurs cavaliers, les hommes libres, les esclaves, les petits, les grands. Personne n’échappe.

Mais attention : dans cette section le Saint Esprit se sert du discours direct, c’est-à-dire il décrit la scène en première lieu sans symboles (bien que l’aspect symbolique ne soit pas complètement absent), mais Il montre comment cette scène se déroulera effectivement et littéralement. De la même manière, aucun symbole n’est utilisé pour identifier ceux qui vont être tués par la parole du Seigneur. Nous savons précisément qui sera atteint en particulier : les rois et les chiliarques, jusqu’aux petits et grands de cette terre.

Le prophète Ézéchiel décrit déjà une invitation semblable de Dieu de venir à « Sa table », et il est intéressant de remarquer que, comme d’autres prophètes, il montre que le jugement précède la bénédiction d’Israël sur la terre. « Et toi, fils d’homme, ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Dis aux oiseaux de toute aile, et à toutes les bêtes des champs : Assemblez-vous et venez, réunissez-vous de toutes parts vers mon sacrifice que je sacrifie pour vous, un grand sacrifice sur les montagnes d’Israël, et mangez de la chair et buvez du sang. Vous mangerez la chair des forts, et vous boirez le sang des princes de la terre, — des béliers, des agneaux, des boucs, des bœufs, tous, bêtes grasses de Basan. Vous mangerez de la graisse à satiété, et vous boirez du sang à en être enivrés, du sacrifice que j’ai sacrifié pour vous. Et à ma table vous serez rassasiés de chevaux et d’attelages, d’hommes forts et de toute sorte d’hommes de guerre, dit le Seigneur, l’Éternel. Et je mettrai ma gloire parmi les nations ; et toutes les nations verront mon jugement, que j’aurai exécuté, et ma main, que j’aurai mise sur eux. Et la maison d’Israël saura que je suis l’Éternel, leur Dieu, dès ce jour-là et dans la suite. Et les nations sauront que la maison d’Israël est allée en captivité à cause de son iniquité, parce qu’ils ont été infidèles envers moi, et que je leur avais caché ma face, et que je les avais livrés en la main de leurs ennemis, et ils sont tous tombés par l’épée. Je leur ai fait selon leur impureté et selon leurs transgressions, et je leur ai caché ma face. C’est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Maintenant je rétablirai les captifs de Jacob et j’aurai compassion de toute la maison d’Israël, et je serai jaloux de mon saint nom, et ils porteront [en eux] leur confusion, et toutes leurs infidélités par lesquelles ils ont été infidèles envers moi, alors qu’ils habiteront en sécurité dans leur terre et qu’il n’y aura personne qui les effraye, quand je les aurai ramenés d’entre les peuples et que je les aurai rassemblés des pays de leurs ennemis, et que je serai sanctifié en eux aux yeux de beaucoup de nations. Et ils sauront que je suis l’Éternel, leur Dieu, parce que je les ai emmenés captifs parmi les nations, et que je les aurai rassemblés dans leur terre, et que je n’en aurai laissé là aucun de reste. Et je ne leur cacherai plus ma face, parce que j’aurai répandu mon Esprit sur la maison d’Israël, dit le Seigneur, l’Éternel » (Ézéchiel 39:17-29).

Ézéchiel parle d’un temps un peu ultérieur, mais dont le caractère est le même. Il ne s’agit cependant pas de la grande bataille d’Armaguédon dont il a déjà été question au chapitre 16 v. 14-16. L’élite de l’Europe se rassemblera là et sombrera là (quelle pensée sérieuse !). Nous allons voir bientôt cela de plus près. Leur chair est littéralement donnée à manger aux oiseaux. C’est ainsi que s’accomplira la parole du Seigneur Jésus prononcée pour dépeindre son apparition : « Car, où que soit le corps mort, là s’assembleront les aigles » (Matthieu 24:28). Notre chapitre se termine aussi par ces paroles : « et tous les oiseaux furent rassasiés de leur chair ».

Ce sera la fin de l’homme orgueilleux, avec toute son intelligence, son art, sa science, sa technique hautement développée et sa civilisation,— et avec toutes ses religions. Cinq fois nous lisons ici au sujet de la « chair » donnée à manger aux oiseaux. Quelle fin humiliante pour la « puissante Europe unie » et sa puissante armée : une proie pour les oiseaux rapaces ! Je chercherai encore à montrer qu’il s’agit de l’Europe. Il ne s’agira pas juste de quelques-uns. Non : « les tués de l’Éternel seront en grand nombre » dit le prophète Ésaïe (66:16).

Encore une fois : quel « souper » que le grand souper de Dieu ! et quel contraste abyssal avec le banquet des noces de l’Agneau ! Le grand souper de Dieu est entièrement dominé par la mort, tandis que le banquet des noces de l’Agneau est dominé par la vie éternelle et le bonheur éternel. À l’un Dieu invite les oiseaux des cieux qui se rassasient de cadavres de ceux qui se sont élevés contre Lui et contre Son Christ. À l’autre auront part tous ceux qui, en leur temps, sont venus au Sauveur du monde avec leurs péchés et qui ont trouvé le pardon de leurs fautes par la foi en Son sang.

 

3.2   La bataille d’Armaguédon — 19:19

Après la deuxième vision où Jean a vu l’ange dans le soleil, nous entendons une troisième fois l’expression « et je vis ». Le regard se porte maintenant sur la terre, sur le plus grand rassemblement d’armées que le monde ait jamais vu.

« Et je vis la bête, et les rois de la terre, et leurs armées assemblées pour livrer combat à celui qui était assis sur le cheval et à son armée » (Apocalypse 19:19).

 

3.2.1       La bête

Il n’y a encore jamais eu auparavant pareille concentration de rois avec leurs armées. Nous allons être témoins de puissants déplacements militaires. Parmi eux, la « bête » (*) est nommée en premier. Manifestement elle est au centre du mouvement.

 

(*) Une « bête » symbolise une puissance qui n’a aucune relation intérieure avec Dieu. Voir Daniel 4:32-34 ; 2 Pierre 2:12 ; 1 Cor. 2:14.

 

La bête vue par Jean au chapitre 13 comme montant de la « mer » — la mer des peuples dans l’agitation — est une image de l’empire romain reconstitué (à ce moment-là), qu’on voit à plusieurs reprises personnifié dans cette tête : le chef romain. La conformité très voisine de la description de la « bête » au chapitre 13 v. 1 avec celle du dragon au chapitre 12 v. 3 montre clairement qui est l’inspirateur réel de ce chef romain : Satan.

Quand le Seigneur Jésus est venu la première fois sur la terre, Il s’est trouvé en présence de l’empire romain, le quatrième empire mondial de Daniel 2 ; cet empire était même à son firmament sous l’empereur Auguste (*). Au cours des siècles, cet empire s’est dégradé de plus en plus, jusqu’à se scinder en deux au cours du 4ème siècle. Tandis que l’empire romain occidental s’acheva déjà au milieu du 5ème siècle par le moyen des Germains, l’empire romain oriental (byzantin) ne tomba qu’en 1453 sous les Turcs. Depuis l’empire romain n’a plus existé.

 

(*) Quand le Seigneur Jésus reviendra pour la seconde fois sur cette terre, Il aura à faire avec ce monde d’une manière nouvelle. La première fois, le plus grand gouverneur de cet empire à Jérusalem le condamna à mort, alors qu’il était innocent, comme il s’en est assuré plusieurs fois lui-même. Mais la seconde fois, le Seigneur sera le juge de cette « bête », et Son jugement sera juste.

 

La restauration de cet empire est clairement annoncée dans l’Écriture. Toutefois, il ne s’agira pas d’une simple restauration, car il aura une origine satanique. En Apocalypse 17 il est dit qu’il monte « de l’abîme » (v. 8) et au chapitre 13 (v. 2) « et le dragon lui donna sa puissance et son trône et un grand pouvoir ».

L’empire romain reconstitué sera, dans sa dernière forme, l’œuvre directe de Satan et il en aura toute la force. Il n’est dès lors pas étonnant que nous apprenions dans le courant de l’Apocalypse que la « bête » (*), c’est-à-dire le chef de l’empire romain, se fera adorer en même temps que le dragon (13:4), et qu’elle s’élèvera avec présomption et proférera de grands choses (13:5), qu’elle blasphèmera contre Dieu Lui-même (13:6), et qu’elle fera la guerre aux saints parce qu’ils refusent de l’adorer (13:7 ; 11:3-7). Ici, à la fin de son histoire, nous voyons la bête en inimitié ouverte et directe contre Christ. Le sommet en sera qu’avec tous les « rois de la terre », elle réunira une armée puissante à Armaguédon en Palestine, pour attaquer Christ quand Il reviendra du ciel. Cet orgueil, cette arrogance, cet aveuglement et cette témérité sont inimaginables ; pourtant c’est ainsi que cela se passera.

 

(*) Il est utile d’énumérer les différents noms désignant ce personnage dans la prophétie : « la petite corne » (Daniel 7:8, 24, 25), « le prince qui viendra » (Daniel 9:26), « la (première) bête » (Apoc. 13:1-8 ; 19:19), « la huitième (tête) » (Apoc. 17:11), « 666 » le nombre de son nom (Apoc. 13:18).

 

3.2.2       Les rois de la terre en guerre contre l’Agneau

Qui sont « les rois de la terre » ? La réponse à cette question n’est pas si simple. On peut quand même partir de ce que les dix rois qui se sont alliés (17:11-18) sous la direction du chef romain en font partie. Nous avons ici devant nous sans doute le plus gigantesque rassemblement des armées de l’Europe de l’Ouest et du sud, la plus grande concentration de puissance militaire d’Europe qu’il y ait jamais eu, et cela en Palestine.

Par d’autres passages de l’Écriture, il ressort qu’il y aura encore d’autres armées en ce temps-là en Palestine — des armées qui sont opposées de la manière la plus acharnée aux puissances alliées de l’Europe de l’Ouest. C’est ainsi par exemple que Zacharie 14:2 nous montre que le Seigneur « rassemblera à Jérusalem toutes les nations pour la guerre — et il s’agit là manifestement des armées du roi du nord, l’Assyrien (*) — et alors la moitié de la ville sera prise. L’idée assez répandue qu’il n’y aurait qu’une bataille finale à Armaguédon ne tient pas, comme nous allons le voir tout de suite.

 

(*) Ce roi est désigné de différentes manières dans la prophétie : l’Assyrien (És. 10:5, 24 ; 14:25 ; 31:8 ; 30:31 ; Mich. 5:4), le fléau qui inonde (És. 28:2, 15, 18), la petite corne (Dan. 8:9-14), le roi au visage audacieux qui entend les énigmes (Dan. 8:23-25), le roi du nord (Dan. 11:40-45). — Si ce roi est appelé l’Assyrien à plusieurs reprises dans les prophètes, d’un côté c’est bien parce que, selon toute vraisemblance, il exercera son contrôle sur le territoire de l’Assyrien d’autrefois, aujourd’hui l’Irak. D’un autre côté, cette désignation souligne, par-dessus tout, que son inimitié contre les Juifs des temps de la fin sera du même genre que celle de l’Assyrien d’autrefois contre Israël. L’Assyrien sera l’instrument spécial dans la main de Dieu pour discipliner le peuple Juif apostat. C’est pourquoi aussi le nom de « fléau qui inonde » s’applique à la puissance assyrienne.

 

Au temps de la fin, en dehors de la confédération de l’Ouest sous la direction de Rome, il y aura une confédération des pays situés au Nord de la Palestine (Ps. 83:1-8). La puissance réelle de cette alliance du Nord sera cependant en liaison avec la Russie (Dan. 8:23-24 ; Éz. 38 ; 39). Le chef de cette confédération est appelé « le roi du nord » en Dan. 11:40-45). Le v. 40 indique que le roi du midi est l’Égypte, qui au temps de la fin paraît avoir une certaine indépendance, bien qu’elle soit plus ou moins dépendante de Rome. Le roi du nord est équivalent à la petite corne de Dan. 8:9-14, 23-26).

Le contexte et le déroulement des événements prophétiques, résumé brièvement, paraît être le suivant : Sous la direction de l’antichrist, les Juifs adoreront l’image de l’empereur romain mise en place dans leur temple, — cet empereur qui est la première « bête » d’Apocalypse 13 (v. 14-15). Ce sera le sommet de leur apostasie d’avec Dieu. En réponse à cela, Dieu enverra le jugement sur la nation apostate et permettra à l’Assyrien, l’ancien ennemi d’Israël venant du Nord, d’envahir la Palestine. Il l’utilisera comme la « verge de Sa colère » contre la nation infâme [ou : profane] (És. 10:5-6). Comme un tourbillon de feu, cette Assyrien balayera le pays par une destruction dévastatrice. Joël 2:1-11 nous parle de cette invasion : « …un peuple nombreux et fort, tel qu’il n’y en eut jamais, et qu’après lui, il n’y en aura point jusqu’aux années des générations et des générations. Devant lui un feu dévore, et une flamme brûle après lui ; devant lui le pays est comme le jardin d’Éden, et après lui, la solitude d’un désert ; et rien ne lui échappe… Devant eux la terre tremble, les cieux sont ébranlés » (Joël 2:2, 3, 10).

Il inondera la Palestine, mais il poussera aussi une pointe vers l’Égypte et la prendra. Puis des nouvelles venant de l’Est et du Nord l’effrayeront et l’amèneront à revenir dans une grande fureur, pour anéantir et détruire beaucoup de gens (Dan. 11:44). Manifestement ce sera la nouvelle du rassemblement des puissances de l’Ouest à Armaguédon en Palestine qui fera revenir le roi du Nord. Précisément à ce moment-là le Seigneur Jésus apparaîtra avec Ses saints et ses saints anges (Matt. 16:27 ; 24:30 ; Apocalypse 19:11-21) (*) et jugera la bête et le faux prophète et anéantira les armées occidentales. Entre temps, le roi du nord revenant d’Égypte atteindra la Palestine, et rencontrera Christ là, et se lèvera contre Lui, le prince des princes. Mais lui aussi, avec Ses armées, sera brisé subitement, sans main (Dan. 8:25 ; 11:44-45). Un peu de temps après, Gog, le chef de la confédération russe du fond du nord, par lequel le premier roi du Nord était soutenu, portera la guerre en Palestine et pénétrera dans le pays de beauté avec ses armées puissantes (**). Mais avant qu’il atteigne Jérusalem, il sera entièrement anéanti.

 

(*) La question de savoir si Zach. 14:4 s’accomplira juste à ce moment-là n’est pas tranchée avec certitude.

(**) C’est pourquoi dans quelques passages de la Parole prophétique, Il est appelé l’Assyrien (És. 10:20-34 ; 14:24-25). Il y aura donc deux rois du nord étroitement liés l’un à l’autre.

 

Ézéchiel 38:11 nous apprend que cette dernière invasion aura lieu au commencement du règne de mille ans, après que les douze tribus auront déjà été rétablies et ramenées dans leur pays. Elles seront à ce moment-là en sécurité ; elles habiteront là où il n’y pas de murailles, ni barres ni portes, c’est-à-dire sans fortifications, parce qu’elles se confieront entièrement dans la garde du Seigneur, qui sera venu vers elles en puissance et en gloire et qui les aura sauvées de la puissance de leurs ennemis.

Il y aura donc deux grandes invasions du roi du nord en Israël par les armées venant du Nord. L’une aura lieu pendant ou juste à la fin de la grande tribulation. Dieu la permettra comme jugement direct contre les Juifs apostats. Avec elle s’achève cette période spéciale de la grande tribulation. La deuxième et dernière invasion en Israël aura lieu sous Gog, le deuxième et dernier roi du nord. Le Seigneur la permettra aussi, mais non pas comme jugement contre le peuple Juif, mais pour se glorifier par le jugement sur les ennemis de Son peuple, et pour amener toute la terre sous Sa domination. « Et je me glorifierai et je me sanctifierai (c’est-à-dire personne n’osera plus prononcer Son nom sans le respect qui Lui est dû), et je serai connu aux yeux de beaucoup de nations ; et elles sauront que je suis l’Éternel… Et je ferai connaître mon saint nom au milieu de mon peuple Israël, et je ne profanerai plus mon saint nom… Et je mettrai ma gloire parmi les nations ; et toutes les nations verront mon jugement, que j’aurai exécuté, et ma main, que j’aurai mise sur eux » (Ézéchiel 38:23 ; 39:7, 21).

Pour avoir un meilleur aperçu, nous avons pris les devants assez loin dans l’exposé des événements de la fin ; et voilà que nous sommes arrivés sur le terrain juif sans nous en apercevoir. En fait, l’Apocalypse ne s’occupe guère de l’aspect juif des temps de la scène finale, mais plutôt du rôle des puissances occidentales « chrétiennes ». C’est pourquoi nous voulons maintenant revenir au point de départ de notre méditation avec Apocalypse 19:19.

Comme nous l’avons vu, la première invasion par l’Assyrien, sera l’occasion extérieure pour le rassemblement et le stationnement des forces militaires de l’Europe de l’Ouest en Palestine. Et de notre passage d’Apocalypse 19 nous apprenons l’intention réelle de Satan : Il s’agira de faire la guerre à l’Agneau par le moyen de la bête et du faux prophète. Derrière tout cela se tient naturellement Dieu dans Sa souveraineté, et jamais rien n’arrive sans qu’Il garde le contrôle. Tout sert à l’accomplissement de Ses conseils, y compris l’activité de Satan. Et parce qu’Il pénètre entièrement ses intentions, il est dit ici que la bête et les rois de la terre se sont assemblés pour livrer le combat à celui qui est assis sur le cheval et à son armée.

 

3.2.3       Armaguédon

Avant d’aborder la question de la personnalité du « faux prophète », il faut encore dire quelque chose en rapport avec les « rois de la terre ».

Jusqu’à présent nous avons vu quelque chose sur les puissances alliées d’Europe de l’Ouest et sur l’Assyrien, lesquels viendront en Palestine pour combattre. En Apocalypse 16 on apprend en outre quelque chose sur une « trinité », si on ose ainsi la nommer, profane et satanique. Trois esprits impurs, provenant de la bouche du dragon, de la bête et du faux prophète, sortent pour rassembler les rois de la terre habitée toute entière, pour les assembler pour le combat du grand jour de Dieu (v. 13, 14), et au v. 16 il est dit qu’il (*) (c’est manifestement maintenant Dieu Lui-même qui est en vue) les rassemble en un lieu appelé en hébreu « Armaguédon ».

 

(*) Note Bibliquest : J.N. Darby traduit en français « ils les assemblèrent ». Il poursuit l’activité dans trois esprits impurs. Il paraît que grammaticalement les deux traductions sont possibles.

 

À la suite de la sixième coupe, le fleuve Euphrate (*) tarira, ce qui préparera « la voie des rois qui viennent de l’orient » (16:12). Il s’agit vraisemblablement d’une puissance asiatique, peut-être liée à l’Assyrien, qui déversera ses armées et ses hordes dans le pays de Canaan. Mais c’est quand même Dieu Lui-même qui les y mènera. Pourquoi le fait-Il ? Pour qu’ils y trouvent leur jugement final par Son Christ. C’est ce que montre clairement le v. 16, mais aussi la citation suivante du prophète Sophonie : « C’est pourquoi, attendez-moi, dit l’Éternel, pour le jour où je me lèverai pour le butin. Car ma détermination c’est de rassembler les nations, de réunir les royaumes pour verser sur eux mon indignation, toute l’ardeur de ma colère ; car toute la terre sera dévorée par le feu de ma jalousie » (Sophonie 3:8). Rappelons-nous que toutes les nations de la terre auront comblé la mesure de leur péché, d’où qu’elles viennent, de l’Ouest, du Nord ou de l’Est. Aussi, il ne leur reste finalement que le jugement.

 

(*) Le fleuve Euphrate représente la limite des conquêtes orientales de Rome et sera dans l’avenir la frontière de la Palestine (Genèse 15:18).

 

Et pourquoi le lieu où Dieu rassemble les rois de la terre s’appelle-t-il Armaguédon ? Le mot hébreu signifie « montagne de Meguido », « montagne de rassemblement des troupes ». C’est là qu’autrefois les Cananéens combattirent contre Israël et où Dieu combattit pour Son peuple et lui donna la victoire sur ses ennemis (Juges 5:19-20).

De la même manière, au temps de la fin, les nations de la terre se rassembleront pour anéantir Israël. Lisons seulement leurs plans, leurs « complots astucieux », au Psaume 83 qui en parle prophétiquement : « Ils ont dit : Venez, et exterminons-les, de sorte qu’ils ne soient plus une nation et qu’on ne fasse plus mention du nom d’Israël » (Psaume 83:4). Puis une série de nations est nommée, auxquelles « Assur » aussi s’est joint (v. 8). Mais Dieu s’interposera dans la personne de Son Fils, notre Seigneur Jésus, et sauvera Son peuple, comme aux jours des Juges.

Je ne crois pas qu’il faille interpréter le mot « Armaguédon » comme désignant littéralement la montagne ou la plaine de « Meguido ». Comme la vallée de Josaphat (Joël 3:2, 12), Armaguédon représente des événements ou une chaîne d’événements fondamentaux des temps de la fin. Dans le cas d’Armaguédon, il nous est montré comment Dieu, se servant des agissements de Satan, rassemblera les différents peuples et nations vers la Palestine (vraisemblablement dans le voisinage de Jérusalem), et là, par le moyen d’une série de coups de jugements (*), y décidera définitivement qui doit exercer l’autorité et la domination sur la terre. L’anéantissement complet de tous les ennemis de Son Fils par Christ Lui-même clarifiera une fois pour toutes à qui sera le « royaume du monde » (11:15) : « Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles ». Oui, « le dernier, Il sera debout sur la terre » (Job 19:25) ! Combien cela nous réjouit !

 

(*) Le jugement des vivants de Matthieu 25:41-46 en fait partie ; il s’exercera sur les nations vivantes à ce moment-là sur la terre.

 

Tous les peuples de la terre subiront leur jugement dans le pays d’Israël. C’est certainement très significatif. Mais dans notre passage d’Apocalypse 19 ce qui est au premier plan n’est pas Israël ni les jugements en rapport avec Israël, mais le jugement de l’antichrist et de l’empire romain qui auront surgi de la chrétienté de nom, apostate. Cela est bouleversant : L’Europe occidentale unie, moderne, civilisée, qui se vante encore aujourd’hui de sa profession chrétienne, démontrera son infidélité et son inimitié contre Dieu et contre Son Christ par le fait qu’elle fera la guerre à l’Agneau — et combien est bref le commentaire qu’ajoute le Saint Esprit : « l’Agneau les vaincra » (17:14).

 

3.3   La fin de la bête et du faux prophète

3.3.1       Le faux prophète — 19:20

« Et la bête fut prise, et le faux prophète qui était avec elle, qui avait fait devant elle les miracles par lesquels il avait séduit ceux qui recevaient la marque de la bête, et ceux qui rendaient hommage à son image. Ils furent tous deux jetés vifs dans l’étang de feu embrasé par le soufre » (Apocalypse 19:20)

 

Nous nous sommes déjà occupés de deux personnages remarquables des derniers jours, la « bête » et l’ « Assyrien ». Il reste encore à mentionner ce personnage désigné au v. 20 comme « le faux prophète » (*). Ce personnage sera de descendance juive, certes un apostat de la foi juive, mais un Juif quand même. Une preuve indirecte de cela se trouve dans les paroles du Seigneur en Jean 5 : « Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez » (Jean 5:43). Les Juifs n’ont pas reçu le vrai Messie, mais le faux messie qui vient en son propre nom, celui-là ils le recevront. Il est impossible cependant qu’ils reçoivent un faux messie provenant des nations. Car jamais les Juifs ne voudraient recevoir comme messie quelque qui n’est pas un Juif. Il n’y a pas de doute que le Seigneur parlait prophétiquement de ce temps où cet antichrist juif paraîtra à Jérusalem et se présentera comme le vrai Messie.

 

(*) Ce troisième personnage considérable des derniers jours est désigné de différentes manières dans l’Écriture Sainte : le « roi » qui agit selon son bon plaisir (Dan. 11:36 ; Jér. 4:9 ; És. 30:33), le « pasteur de néant » (Zach. 11:16, 17), l’« autre Messie » (Jean 5:43), « l’homme de péché », le « fils de perdition », « l’inique » (2 Thes. 2:3-10), l’ « antichrist » (1 Jean 2:18), la « bête à deux cornes » (Apoc. 13:11), le « faux prophète » (Apoc. 19:20).

 

En Zacharie 11 ce Juif apostat est mis en contraste avec le vrai et bon Berger d’Israël et est désigné comme « pasteur de néant » qui abandonne le troupeau (v. 16, 17). Ce personnage érigera à Jérusalem une image d’idole, et s’élèvera lui-même au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, et finalement s’assiéra au temple de Dieu et se fera adorer (2 Thes. 2:4). En Daniel 11:36-39, il apparaît comme « le roi » qui agit selon son bon plaisir, c’est-à-dire qu’il se fait passer pour et s’érige en roi des Juifs. Ce roi Juif s’exaltera au-dessus de tout, y compris au-dessus de tous les dieux, et il proférera des choses impies contre le Dieu des dieux, et il n’aura point égard au Dieu de ses pères (c’est-à-dire le Dieu d’Israël). Cela montre son caractère apostat du judaïsme. Il conclura une alliance avec le prince (ou : chef) de Rome sous l’autorité duquel il gouvernera à Jérusalem. Il semble que le dieu des forteresses que le roi honorera et dont il dressera une image afin qu’elle soit adorée sera justement ce prince de Rome, qui sera donc son supérieur. C’est à cette circonstance que fait allusion notre verset : Il a séduit ceux qui ont reçu la marque de la bête et ont adoré son image.

Le fait que ce roi est appelé « faux prophète » maintenant à la fin de son histoire, montre en première lieu son caractère religieux de séducteur des hommes, d’enseignant du mensonge — « duquel la venue est selon l’opération de Satan, en toute sorte de miracles et signes et prodiges de mensonge, et en toute séduction d’injustice pour ceux qui périssent » (2 Thessaloniciens 2:9-10). En Apocalypse 13 également, dans la description de « l’autre bête », il est dit : « Et elle séduit ceux qui habitent sur la terre, à cause des miracles qu’il lui fut donné de faire devant la bête » (Apocalypse 13:14). Et surtout, une comparaison de 13:11-14 avec 19:20, montre sans ambiguïté que la « deuxième bête » et le « faux prophète » désignent le même personnage.

Mais l’expression bête indique un royaume de ce monde, c’est-à-dire une puissance civile. Aussi le fait qu’au chapitre 19 il n’est plus parlé de « l’autre bête », mais du « faux prophète » est une indication qu’entre temps il a perdu son pouvoir civil et qu’il n’exerce son pouvoir plus que par son (faux) enseignement. Son jugement a par suite un caractère moral : il est jugé comme celui qui a longtemps utilisé sa puissance en rapport avec « la bête », pour égarer les hommes.

 

3.3.2       Beaucoup d’antichrists — 1 Jean 2:18

Il faut apprendre à distinguer entre d’un côté L’antichrist, et de l’autre côté les nombreux antichrists ou l’esprit de l’antichrist. Même si L’antichrist n’est pas encore manifesté de nos jours (l’assemblée doit être enlevée au préalable), l’esprit de l’antichrist est cependant déjà puissamment actif, et il y a déjà beaucoup d’antichrists nous dit le vieil apôtre Jean (1 Jean 2:18). Autrement dit : beaucoup de séducteurs chrétiens sont déjà là qui disent en principe ce que L’antichrist dira plus tard. Et en quoi consiste l’esprit de l’antichrist ? D’abord en ce qu’il nie que Jésus est le Christ, et qu’il se met à sa place, et se fait passer pour le vrai messie ; ensuite en ce qu’il « nie le Père et le Fils », il nie ce qu’est le Père, et il nie ce qu’est le Fils. Voilà l’esprit de l’antichrist. Ne voyons-nous pas combien cet esprit s’est répandu partout autour de nous dans le chrétienté ?

Il viendra le moment où L’antichrist rejettera tout ce qui est juif et tout ce qui est chrétien. Il niera tout ce que Dieu a révélé de Lui-même dans le judaïsme et dans le christianisme. Ce sera le rejet complet de l’Ancien comme du Nouveau Testament. Comme nous l’avons déjà dit : nous voyons les signes avant-coureurs de cela déjà aujourd’hui. Soyons sur nos gardes ! Combien il peut arriver facilement que nous croyons écouter une enseignant chrétien, et en réalité nous prêtons l’oreille à la voix de l’antichrist.

Les gens peuvent se flatter de ce que, quand l’antichrist viendra, ils reconnaîtront et refuseront « la bête » et le « faux prophète ». Mais cela montre seulement qu’ils ne comprennent rien à l’influence et à l’action de Satan. S’il vient sous une forme extérieurement aimable, la bible à la main, c’est là qu’il est le plus dangereux. Il en a toujours été ainsi, il en est ainsi aujourd’hui, et il en sera ainsi dans les temps de la fin. À quoi reconnaît-on le plus facilement par quel esprit quelqu’un parle ? À ce qu’il dit de Christ. Le Seigneur Jésus est-il exalté et glorifié ? Alors on peut être sûr que c’est le Saint Esprit qui agit. Car personne ne dit « Seigneur Jésus » ou « Jésus est Seigneur » si ce n’est par le Saint Esprit (1 Cor. 12:3). Tenons compte des paroles suivantes de l’apôtre Jean, qui parle de différents « esprits » et de « beaucoup de faux prophètes » dans le temps présent.

« Bien-aimés, ne croyez pas tout esprit, mais éprouvez les esprits [pour voir] s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde. Par ceci vous connaissez l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu, et tout esprit qui ne confesse pas Jésus Christ venu en chair n’est pas de Dieu ; et ceci est l’[esprit] de l’antichrist, duquel vous avez ouï dire qu’il vient, et déjà maintenant il est dans le monde » (1 Jean 4:3).

 

3.3.3       Vivants [= vifs] dans l’étang de feu

Comme Pilate, le représentant du pouvoir romain, et Hérode, le roi des Juifs, devinrent autrefois amis en rapport avec le rejet de Christ, ainsi « la bête », le chef de l’empire romain reconstitué, et le faux roi des Juifs dans son rôle de séducteur des hommes, deviendront alliés contre Christ glorifié. Les deux sont maintenant pris et jetés dans l’étang de feu. Notons bien : pas de longue bataille, pas de combat, pas de lutte coriace pour la victoire. Rien de pareil ! Ils seront simplement pris et jetés dans l’étang de feu, c’est-à-dire en enfer.

Aucun jugement n’est non plus nécessaire. Ils sont saisis en pleine rébellion ouverte contre Christ, cela suffit. Ils reçoivent immédiatement leur jugement final et éternel. Ils ne sont pas tués préalablement. Non, c’est en tant que vivants n’ayant pas connu la mort corporelle qu’ils sont jetés par le bras du Dieu Tout-Puissant dans l’étang de feu (*). Au temps de l’Ancien Testament deux hommes sont allés vivants au ciel, Énoch et Élie. Ici à la fin du Nouveau Testament deux hommes, ennemis jurés de Dieu et du Seigneur Jésus, sont jetés vivants dans l’étang de feu. Leur nom ne joue aucun rôle dans l’affaire : il est tu. « Le nom des méchants tombe en pourriture » (Prov. 10:7). « Jetés vivants… dans l’étang de feu » — aucun jugement plus grave ne nous est montré dans l’Écriture Sainte, hormis le jugement des vivants de Matthieu 25 qui s’en rapproche.

 

(*) En 2 Thes 2 où il est seulement parlé du jugement de l’antichrist, il est dit que le Seigneur Jésus le consumera par le souffle de Sa bouche et l’anéantira par l’apparition de sa venue (v. 8). Ce qui est dit en Apocalypse 19 complète cette déclaration.

 

Ceux qui sont jetés dans l’étang de feu n’y sont pas anéantis. Plus d’une personne le présente ainsi, mais c’est une erreur funeste. Mille ans après, les deux y sont encore comme le montre Apocalypse 20:10. Comme individus, ils ont comme tous les hommes une existence éternelle, mais ils seront éternellement dans le lieu du jugement. « Ils seront tourments jour et nuit, d’éternité en éternité [= aux siècles des siècles] ».

Ce sont les premières personnes à aller en enfer. Ils y arrivent mille ans avant le diable et ses anges. C’est pourtant pour ces derniers que l’enfer a été proprement préparé (*), non pas pour les hommes (Matthieu 25:41). Cependant tous les gens qui ont suivi Satan au lieu du Seigneur Jésus, trouveront là leur sort éternel avec lui. « Et si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu » (Apocalypse 20:15).

 

(*) La forme au parfait du mot « préparé » en grec exprime que l’enfer a été préparé dans le passé et reste encore prêt = préparé. Le Seigneur Jésus, quand Il prononce ces paroles, indique donc qu’il est déjà préparé. En remontant en arrière, la parole prophétique déjà citée de Ésaïe 30 le confirme aussi. N’est-ce pas un fait extrêmement sérieux qui doit donner à réfléchir ? Cependant aujourd’hui, personne n’est encore en enfer.

 

L’étang de feu n’est pas un état, c’est un lieu — un lieu de tourments inimaginables. Déjà dans l’Ancien Testament Dieu se sert de ces deux symboles, le « feu » et le « soufre » pour le dépeindre : « Car le lieu atroce [ou : Topheth] est préparé depuis longtemps : pour le roi [c’est-à-dire le faux roi, l’antichrist] aussi il est préparé. Il l’a fait profond et large ; son bûcher est du feu et beaucoup de bois : le souffle de l’Éternel, comme un torrent de soufre, l’allume » (Ésaïe 30:33).

Pour nous montrer vers quel point le monde se dirige inéluctablement, Dieu nous montre dans Sa parole la fin terrible de ces deux chefs — le chef du pouvoir civil et politique de l’Europe de l’Ouest et le conducteur ecclésiastique et enseignant religieux, l’antichrist. Dans l’Ancien Testament, on trouve leur contre-partie avec Absalom et Akhitophel.

 

3.4   La fin de la puissance militaire de l’Europe de l’Ouest — 19:21

« Et le reste fut tué par l’épée de celui qui était assis sur le cheval, laquelle sortait de sa bouche, et tous les oiseaux furent rassasiés de leur chair » (Apocalypse 19:21).

 

Le reste signifie les armées de la bête et de ses alliés ; ils sont tués après le jugement soudain de leurs deux chefs, par l’épée de leur Juge, qui est appelée « la Parole de Dieu ». Ce n’est pas une épée littérale qui portera le coup de mort à l’orgueil et aux armées de l’Europe. Non, c’est la Parole de Celui qui est assis sur le cheval blanc, qui met fin sur place aux armées rebelles.

L’annonce de Dieu par le moyen de l’ange est désormais accomplie : « tous les oiseaux furent rassasiés de leur chair ». Quel riche butin trouveront-ils dans les cadavres des tués ! C’est une image de la destruction complète de la puissance militaire de l’Europe de l’Ouest. C’est ensuite que le Seigneur Jésus s’assied somme Fils de l’homme sur Son trône de majesté et qu’Il juge les nations vivantes (Matthieu 25:31).

Il faut encore remarquer qu’à l’inverse du jugement de leurs deux meneurs, le jugement du Seigneur contre les armées de l’Ouest n’est pas encore le jugement final pour elles. Naturellement ce jugement est irrémédiable, mais il s’agit du jugement des corps et d’une mort des corps. Tous les hommes devront un jour ressusciter pour paraître devant le grand trône blanc. Là et alors ils recevront leur jugement définitif. Nous le verrons au chapitre 20.

Cependant cela suscitera de l’allégresse sur la terre. Comme lors du jugement de « Babylone » tout le ciel a triomphé (19:1-5), ainsi le résidu croyant accueillera en ce jour-là la nouvelle de l’anéantissement de ses ennemis avec une joie indescriptible — la nouvelle d’une délivrance opérée pour eux par leur Messie attendu de puis si longtemps. Les paroles de Débora et Barak pourront alors être les leurs : « Qu’ainsi périssent tous tes ennemis, ô Éternel ! mais que ceux qui t’aiment soient comme le soleil quand il sort dans sa force ! » (Juges 5:31).

 

3.5   Rétrospective et vue d’ensemble

Quand nous repensons à tout ce que nous avons considéré, ne sommes-nous pas rempli d’un profond sentiment de gravité ? N’apprenons-nous pas à voir les choses sous un autre jour que ce nous les avons considérées jusqu’ici ? Pouvons nous associer aux objectifs du monde ? N’éprouvons-nous pas avec tout cela un profond sentiment de bonheur de n’être pas du monde ? et alors, les pauvres hommes de ce monde ! et quelle folie de suivre le train de ce monde quand on sait quelle sera sa fin ! Quelle différence énorme d’être avec Christ ou contre Christ !

Les événements du monde politique se précipitent, déjà de nos jours. Les ordres bien établis s’écroulent, de nouvelles structures de pouvoir apparaissent. L’Europe de l’Ouest se forme. Les choses se poursuivent, et même rapidement. Mais Dieu est derrière tout cela. Il fixe les limites dans lesquelles les puissances se meuvent. Il a déterminé les dates. Il tient tout solidement en main. Cela nous donne du repos et une profonde paix dans le cœur. L’Europe de l’Ouest s’unira pour devenir un facteur de puissance important dans le monde. Mais comme tout se passe sans Christ, comme la domination du Seigneur Jésus est pratiquement reniée, cela ne peut que se terminer par une catastrophe. Qui n’est pas pour Lui, est contre Lui. C’est pourquoi l’occident chrétien est en train de sombrer, et l’élite de l’Europe va trouver la mort en Palestine.

Heureux ces gens qui se savent cachés en Celui qui est mort pour eux à la croix et qui est maintenant glorifié à la droite de Dieu ! Ils regardent le développement des choses de haut, maintenant par la foi, plus tard littéralement. Ils seront auprès du Seigneur, ils L’accompagneront en tout ce qu’Il entreprendra. Et ils savent déjà que leur Seigneur et Sauveur établira ici-bas, sur le fondement de Son sang versé, un royaume de paix dans lequel la justice régnera. Toute la création qui aujourd’hui soupire encore, Il l’amènera à être en harmonie avec Son Dieu et Père. Il fera cela lors de « la révélation des fils de Dieu » (Rom. 8:18-21). Que Son nom très saint soit loué dans toute l’éternité !

 

 

4                    Satan lié dans l’abîme

4.1   Vue d’ensemble du chapitre 20

Les événements du chapitre 20 de l’Apocalypse se rattachent directement, du point de vue historique, à ce qui nous a occupés au chapitre 19. Ils constituent une partie de la chaîne des événements du temps de la fin qui commence au chapitre 19 v. 11 et suit un ordre strictement chronologique jusqu’au v. 15 du chapitre 20, pour aboutir à l’état éternel (21:1-8).

L’épisode où Satan est lié suit directement le jugement sur la bête (le chef romain avec ses armées) et le faux prophète (l’antichrist) et précède immédiatement le règne de Christ sur la terre.

Quatre scènes d’importance extraordinaire vont nous être présentés dans ce chapitre 20. D’abord on voit Satan lié pour mille ans (20:1-3). Ensuite vient un court récit sur le règne de Christ durant le règne de mille ans (20:4-6). Les versets 7 à 10 dépeignent la dernière révolte de Satan et son jugement définitif, et la quatrième section du chapitre montre le jugement des morts devant le grand trône blanc (20:11-15).

Lier Satan est effectivement une condition indispensable pour que le Seigneur puisse avoir Son règne de paix et de justice sur la terre.

 

4.2   Satan aujourd’hui dans le ciel

Trois ans et demi avant le moment où nous en sommes dans notre étude, le « grand dragon, le serpent ancien, qui est appelé diable et Satan » a été précipité du ciel sur la terre (12:7-9). Cela nous montre ce que beaucoup n’arrivent pas à comprendre correctement, ou ne veulent pas croire, à savoir que le diable a encore aujourd’hui accès au ciel, et que c’est là qu’il se tient. On peut s’en étonner, on peut ne pas comprendre pourquoi il en est ainsi, mais quoi qu’il en soit, Dieu a Ses desseins, et ce qu’Il fait est toujours plein de sagesse.

Il est vrai qu’il ne faut pas mal interpréter le séjour de Satan dans le ciel, comme s’il se tenait dans la maison du Père. Non, il n’a aucun accès à la maison du Père. Là habitent le Père, le Fils et le Saint Esprit, et les enfants de Dieu y habiteront un jour. Quelle grâce incompréhensible ! Le diable ne peut pas souiller de sa présence la maison du Père. Mais il se tient quand même dans le ciel et c’est pourquoi les cieux doivent être purifiés (Héb. 9:23). Le ciel est une expression qu’on saisit davantage que la maison du Père, et qui laisse de la place pour un domaine céleste inférieur, où le diable a effectivement accès.

Déjà dans l’Ancien Testament, on voit cette présence de Satan dans le ciel ; c’est au livre de Job : « Or, un jour, il arriva que les fils de Dieu vinrent se présenter devant l’Éternel, et Satan aussi vint au milieu d’eux » (Job 1:6). Et dans ce livre de l’Ancien Testament, l’un des premiers sinon le premier, Satan présente le même caractère que dans le dernier livre, celui d’accusateur des frères. « Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? … Mais étends ta main et touche à tout ce qu’il a : [tu verras] s’il ne te maudit pas en face » (Job 1:9-11). Satan accusait Job et soutenait que sa crainte de Dieu était mue par des motifs intéressés et égoïstes.

Ce livre ancien et vénérable de l’Écriture Sainte nous apprend ainsi quelque chose du mystère pour lequel Dieu accorde aussi accès au ciel à Satan en plus des autres fils de Dieu qui ne sont pas déchus : Il s’en sert, dans les voies de Sa préconnaissance, pour la discipline de Ses saints. Car il faut que nous tenions très ferme dans nos cœurs cette vérité : personne d’autre que Dieu Lui-même n’a dirigé le regard de Satan vers Job ! « As-tu considéré mon serviteur Job, qu’il n’y a sur la terre aucun homme comme lui ? » (Job 1:8). L’initiative est partie de Dieu, non pas de Satan.

Satan ne peut absolument rien faire ni rien contester du tout quant au salut éternel. Mais quand Dieu le veut et le permet, Satan peut très bien être l’instrument pour nous humilier et nous discipliner. Il fut donné à Satan de souffleter Paul par le moyen d’un de ses anges, afin que ce fidèle serviteur de Dieu ne s’enorgueillisse pas (2 Cor. 12:7). Satan ne peut pas faire un seul pas au-delà de la limite tracée par Dieu. C’est une grande consolation pour nous, et si nous avons toujours cela devant les yeux, cela donne une paix profonde, car alors nous ne voyons pas les instruments dont Dieu se sert pour nous humilier, nous ne voyons pas Satan, ni les hommes méchants ni les frères sans amour, mais nous voyons la main de Dieu qui les utilise. Puisse-t-Il nous aider à l’apprendre !

Que Satan et ses anges soient encore au ciel aujourd’hui, nous le savons par un passage figurant dans un tout autre contexte : le combat chrétien proprement dit n’est pas dirigé contre la chair et le sang (c’est-à-dire nous ne combattons pas contre des hommes ayant de la chair et du sang), mais nous combattons contre « les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la [puissance] spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes » (Éph. 6:12). Si nous voulons jouir pratiquement des bénédictions spirituelles qui sont nôtres et qui sont en relation avec les lieux célestes, nous ferons l’expérience de la résistance de Satan, et nous vivrons en direct la manière dont il utilise toutes les ruses pour nous détacher de ces projets.

Mais Satan avec ses armées ne siégera pas pour toujours dans les lieux célestes. En Apocalypse 12, le voyant entend une voix haute disant aux saints glorifiés dans le ciel : « Maintenant est venu le salut et la puissance et le royaume de notre Dieu et le pouvoir de son Christ, car l’accusateur de nos frères, qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit, a été précipité » (Apoc. 12:10). Notons bien la manière de s’exprimer : « l’accusateur de nos frères ». Ces saints célestes ne parlent manifestement pas d’eux-mêmes comme étant les objets des attaques de Satan, mais ils parlent d’autres saints qui, après l’enlèvement de l’épouse, subiront la mort à cause de leur témoignage pour le Seigneur, et qui vaincront leur accusateur incessant, le diable.

Je dis ceci pour rendre triplement clair, — et d’abord pour souligner le fait que les croyants qui participeront à l’enlèvement, seront déjà au ciel à ce moment-là. Ils seront enlevés au ciel avant le commencement des jugements préparatoires, et ce sont eux dont le voyant entend la voix. Deuxièmement nous apprenons ici que les saints célestes sont unis à leurs frères juifs sur la terre, —avec les saints donc qui, durant la première moitié de la dernière semaine de Daniel, auront subi la mort du martyr à cause du sang de l’Agneau et de la parole de leur témoignage (Apoc. 12:11). Troisièmement nous pouvons dire que l’expression « accusateur de nos frères » ne s’applique pas au sens propre à nous aujourd’hui. Il est certes vrai aussi aujourd’hui que le diable est l’accusateur des frères. Nous l’avons vu en principe avec Job, et le prophète Zacharie nous en parle également (Zach. 3:1,2).

Au milieu de la dernière période de sept ans avant l’apparition du Seigneur Jésus, le diable sera précipité du ciel. Il ne pourra plus jamais y revenir, et il n’y reviendra jamais, ni lui ni ses anges. L’accès au ciel lui sera défendu pour toujours. Le ciel s’en réjouira : « C’est pourquoi réjouissez-vous, cieux et vous qui y habitez » (Apoc. 12:12). Mais malheur à la pauvre terre sur laquelle il est précipité ! Il sera en fureur contre elle à un point inimaginable, « sachant qu’il a peu de temps ». Il le sait — les gens qu’il séduit ne doivent pas et ne veulent pas le savoir – savoir quoi ? que le temps qui reste jusqu’à la fin est très court.

Dans un sens figuré, c’est aussi vrai en rapport avec le temps d’aujourd’hui. Sommes-nous conscients que nous sommes à la fin du temps de la grâce ? Qu’il est court l’espace de temps jusqu’à la venue du Seigneur ! Plus personne ne pourra alors être sauvé parmi ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité quand il leur était offert (2 Thes. 2:10).

Satan utilisera de manière effrayante les derniers trois ans et demi qui lui restent à passer sur la terre : Il donnera son pouvoir et une grande puissance à la bête et au faux prophète pour séduire les hommes d’une manière encore inconnue jusque-là. Le tableau de la suite funeste nous est donné au chapitre 13 de l’Apocalypse. Mais après l’exécution du jugement sur la bête et le faux prophète par le Seigneur Jésus Lui-même, la puissance de Dieu se dirigera désormais contre l’auteur véritable de tout le mal, contre Satan Lui-même. Il sera mis fin pour un temps à son action sur la terre. Voilà les paroles inspirées de l’écrivain sacré au sujet de ces événements prodigieux :

« Et je vis un ange descendant du ciel, ayant la clef de l’abîme et une grande chaîne dans sa main. Et il saisit le dragon, le serpent ancien qui est le diable et Satan, et le lia pour mille ans ; et il le jeta dans l’abîme, et l’enferma ; et il mit un sceau sur lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis ; après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps » (Apocalypse 20:1-3).

 

4.3   Le piège du diable

Avant de nous occuper plus en détail de ces versets, je voudrais voir deux points utiles pour notre instruction. Le premier concerne l’art et la manière dont Dieu agit avec Satan, et le second le chemin de chute progressive de Satan du point le plus haut au point le plus bas.

Ce que Dieu fait est toujours parfait, que nous le comprenions ou pas ; toutes Ses voies sont droites (Deut. 32:4). Même quand il s’agit de la manière de Dieu de traiter cet adversaire, ce qu’Il fait est parfait. C’était selon Sa pensée que Satan soit d’abord vaincu par le Seigneur Jésus à la croix de Golgotha, d’une manière juste et morale, avant que la main puissante de Dieu s’abatte sur lui.

Au tout début des récits bibliques, on voit Satan avoir accès au jardin d’Eden (Gen. 3). Qu’il ait eu accès (et qu’il ait encore accès) au ciel, nous l’avons déjà vu en Job 1. Seulement dans le ciel dans la présence de Dieu, il ne pouvait pas se cacher, comme il a pu le faire vis-à-vis de l’homme au paradis terrestre. Il est remarquable de voir que, quand il a pousser le premier homme à pécher, cela s’est passé de la même manière que lors de sa propre chute dans le péché : « Vous serez comme Dieu » a été l’appât qu’il a présenté à l’homme. Or cela avait aussi été l’origine de sa propre chute, selon le témoignage de l’Écriture (Éz. 28:12-17) (*). L’apôtre Paul met aussi en garde contre le piège du diable en 1 Tim. 3:6-7 — l’orgueil.

 

(*) On ne fait bien sûr pas erreur en admettant que sous l’image du roi de Tyr, il nous est donné un tableau de Satan et de sa conduite.

 

Tout au contraire du Seigneur Jésus qui s’est abaissé Lui-même, Satan s’est engagé dans le mauvais chemin de s’élever lui-même, et il a commencé à tomber. Il a chuté depuis le point le plus haut de la gloire de créature, et sa chute ne cesse pas, étape par étape. En premier lieu il est jeté du ciel sur la terre (Apoc. 12), puis de là dans l’abîme (Apoc. 20:1-3), et mille ans ensuite en enfer (Apoc. 20:10).

Quelle différence avec le chemin du Seigneur Jésus, le Fils de Dieu ! Il n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu (car Il l’était !), Il a été éternellement en forme de Dieu. La gloire qu’Il possédait n’était pas une gloire de créature, mais une gloire intrinsèque qui Lui appartenait comme Personne de la Déité, et qu’Il possédait avant que le monde fut (Jean 17:5). Puis Il est devenu homme, Il s’est abaissé, et s’est abaissé constamment, étape par étape, et a été obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix (Phil. 2:6-8). Et c’est justement dans la mort, qu’Il a vaincu Satan d’une manière juste et morale. Cela se dressait déjà auparavant devant Son âme quand, ayant en vue Sa mort sur la croix, Il disait « maintenant est le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde est déjà jugé » (Jean 12:31).

Ces deux chemins sont donc les plus opposés qu’il soit possible. D’un côté le chemin de Satan, le chemin de l’élévation de soi et de la désobéissance (c’est le chemin et la manière de penser du monde) — d’un autre côté, le chemin du Seigneur Jésus, le chemin du parfait renoncement et de l’obéissance parfaite, le chemin tracé pour tous ceux qui sont rachetés par Son sang. Le premier chemin conduit à l’abîme, à l’enfer — l’autre à la gloire de Dieu. Sur lequel de ces deux chemins te trouves-tu cher lecteur ? N’est-il pas bouleversant de voir le chemin de chute constante avec Satan, et de voir l’innombrable masse de gens entraînée à sa suite vers la perdition ? Quel bonheur au contraire goûtent ceux qui suivent le Seigneur Jésus et manifestent Son état d’esprit ! Certes leur chemin traverse aussi la souffrance, mais il conduit à la gloire de Dieu, — à une place si grandiose et si élevée, que nous sommes bien loin de pouvoir nous la représenter. Mais nous le croyons, et nous le croyons parce qu’Il le dit.

 

4.4   Seulement un ange

Nous avons déjà vu que ces versets du début du chapitre 20 ne concernent pas encore le jugement final de Satan. Mais le temps est maintenant venu pour que Satan soit dépouillé de tout son pouvoir sur le monde, — un pouvoir qu’il s’est accaparé. Comment ce dépouillement peut-il avoir lieu ? par l’annonce de l’Évangile ? Bien des gens le pensent, mais c’est une illusion à laquelle il ne faut pas céder devant les déclarations claires de l’Écriture. L’Évangile n’a-t-il pas été prêché durant beaucoup de siècles ? Et pourtant Satan reste encore et toujours le dieu de ce monde depuis l’origine. Et il le restera jusqu’à ce que Dieu entre en jeu avec Sa grande puissance.

Le voyant voit un ange descendant du ciel avec la clef de l’abîme et une grande chaîne à la main. La clef et la chaîne doivent évidemment être pris au sens symbolique.

La question de la justice ayant été clarifiée précédemment de manière divine, il est tout à fait remarquable de voir quel tout petit développement de puissance est nécessaire pour neutraliser Satan. Le Seigneur Jésus Lui-même ne joue aucun rôle dans ce plan pour bannir Satan de la scène terrestre. La puissance confiée à un ange suffit ; on ne voit pas l’intervention de plusieurs anges : un seul suffit.

Quand Satan a été précipité sur la terre, cela a été précédé par un combat dans le ciel (chapitre 12), mais il n’y a rien de semblable ici. Le voyant ne dit rien sur la force de l’ange qui a lié Satan. Le livre de l’Apocalypse parle à plusieurs reprises d’anges, mais ici le récit biblique est dépouillé et simple : « et je vis un ange », il saisit Satan, il le lie, et cela pour mille ans, il le jette dans l’abîme et ferme le tout par un sceau.

Nous désirons nous occuper de ces cinq points : Satan – lier – abîme – sceller – mille ans.

 

4.5   Quatre désignations pour Satan

Au chapitre 12:9 nous trouvons déjà ces mêmes quatre désignations de Satan et dans le même ordre ; chacune d’elle suffit déjà pour être effrayante. Elles offrent une description complète de ce qu’est Satan et de qui il est. Même si à première vue cela ne paraît pas être très édifiant de s’occuper des différents noms de Satan, c’est pourtant important de prendre à cœur ce que Dieu a à nous dire sur sa personnalité, et de ne pas passer outre légèrement comme si c’était sans importance pour nous. Tout ce que Dieu nous communique est important pour nous, et c’est Sa volonté que nous soyons au clair sur quel est l’adversaire auquel nous avons à faire, et quels sont les différents caractères avec lesquels il peut nous approcher.

Nous rencontrons parfois des croyants enclins à ne s’occuper que de ce qui est « édifiant ». Mais je pense qu’une telle position n’est pas bonne pour deux raisons — et elle est même dangereuse. D’abord Dieu nous a donné toute Sa parole pour que nous la connaissions et que nous en tirions ce qui nous est utile. Il n’est pas sans danger d’en négliger certaines parties. Notre horizon est bien restreint si nous ne nous occupons que de ce que nous considérons comme édifiant. Ensuite, je me réjouis toujours à la pensée qu’en définitive, tout est édifiant, c’est-à-dire réalise une construction, dans le vrai sens du terme, à l’aide de ce qui vient à nous de la part de Dieu et qui élargit notre connaissance des choses divines. Le livre de l’Apocalypse qui est devant nous en est justement la preuve la plus forte. Au début de l’étude de ce livre, nous avons déjà rappelé le bonheur particulier qui se rattache à la lecture de ce dernier livre de la Bible, aussi solennel que soit son contenu.

Voyons donc les unes après les autres les quatre noms ou désignations de Satan :

 

4.5.1       Satan

C’est évidemment son nom personnel. On le voit comme Satan déjà dans l’Ancien Testament, et dans le Nouveau Testament il est aussi nommé le dieu de ce monde [ou : de ce siècle]. Comme tel il aveugle les pensées des incrédules (2 Cor. 4:4). Il est aussi le chef [ou : prince] de ce monde (Jean 12:31 ; 16:11). Le mot Satan est d’origine hébreue, et signifie « attaquant », « adversaire ». Voilà ce qu’est ce méchant : l’adversaire public et constant de Dieu et des hommes. Voilà environ six mille ans qu’il en donne la preuve de manière bien triste.

Chaque fois que Dieu fait quelque chose, Satan Le suit à la trace, pour gâter Son œuvre dans la mesure du possible. Si le Seigneur Jésus en tant que semeur, sème de la bonne semence sur la terre, le méchant va à Sa suite et sème l’ivraie au milieu du blé (Matt. 13). De cette manière il introduit des professants sans vie, qui ne sont pas des croyants authentiques, et qui menacent d’envahir et d’étouffer le blé (*). Quand Satan revêt la forme d’un ange de lumière (2 Cor. 11:14) et imite ce qui est de Dieu, il mélange la vérité et l’erreur. L’adversaire n’est jamais aussi dangereux que quand il vient la Bible à la main. C’est ainsi qu’il peut remporter des succès dans son combat contre la vérité de Dieu. Tenons-nous donc sur nos gardes, bien-aimés, pour ne pas être circonvenus par Satan, car nous n’ignorons pas ses desseins (2 Cor. 2:11).

 

(*) Il est remarquable que les disciples demandent que soit expliquée la parabole de l’ivraie du champ. Il est manifeste que c’est l’ivraie qui caractérise le champ, et non pas le blé.

 

4.5.2       Le diable

Le diable (dans ce contexte, on peut aussi bien dire Satan) est une personne effective, historique et qui existe. Il est important de le souligner. Naturellement il est aussi un esprit, un prince d’anges, mais cela ne change rien au fait qu’il possède une personnalité.

C’est pourquoi le fait suivant est caractéristique : l’expression « diable » ne figure qu’au singulier dans le Nouveau Testament. Il est bien sûr parlé d’innombrables démons, mais il n’est pas parlé de diables au pluriel. Dans la Parole de Dieu, le mot diable désigne une personne bien définie. Cela est encore souligné par l’utilisation presque constante de l’article défini. Là où l’article manque, comme par exemple en Jean 6:70 [« l’un d’entre vous est un diable »], l’accent est mis davantage sur le caractère que sur la personnalité. S’agissant de Judas, le Seigneur savait qu’il portait le caractère du diable.

Le mot grec pour « diable » est « diabolos ». Comme qualificatif, il signifie calomniateur, accusateur, diffamateur, haineux, louche. C’est vraiment une description appropriée de la personnalité de celui qui est « l’accusateur des frères » ! Il trompe les gens, il séduit le monde entier, il est menteur, père du mensonge et meurtrier dès le commencement (Jean 8:44). Il pèche dès le commencement, et en cela il a de nombreux « enfants », les « enfants du diable » (1 Jean 3:8-10).

Cependant il tente aussi les enfants de Dieu, il les tente pour les entraîner au mal, essayant de détruire leur communion avec le Père et le Fils et les uns avec les autres. Nous avons à redouter les ruses du diable et à tenir ferme contre elles (Éph. 6:11). Pour cela nous avons besoin de toute l’armure de Dieu. Notre propre force et nos propres ressources ne permettent en aucune manière de lui résister. Il n’y a pas de ressource humaine à opposer à la ruse du diable.

 

4.5.3       Dragon

Tandis que Satan et le diable sont des noms personnels, et qu’ils décrivent la personne de cet être effrayant, les deux dernières expressions nous donnent plutôt le caractère de cette personne. Au chapitre 12 le diable est appelé le grand dragon. Le dragon est une incarnation de la terrible cruauté avec laquelle il exerce sa puissance, il opprime et il persécute (12:13).

 

4.5.4       Le serpent ancien

Comme « serpent », le diable est l’incarnation de la ruse, de l’astuce, de la tromperie, de la perfidie, de la séduction. Le qualificatif « ancien » rappelle évidemment la première tentation qu’il exerça avec succès et par laquelle il séduisit le premier couple par la ruse. L’expression « serpent ancien » semble aussi indiquer que dans ses ruses trompeuses, il est devenu « ancien », c’est-à-dire que son observation des hommes et leur fréquentation lui ont acquis une expérience de milliers d’années à leur sujet. Certes il ne possède ni la toute-puissance ni l’omniscience, et il ne comprend rien à la puissance de l’amour. Mais il est un être d’une intelligence supérieure, plein de ruse et d’astuce ; il connaît l’homme, et sait comment il réagit, et où sont ses points faibles.

Ces pensées ont souvent fait beaucoup réfléchir l’auteur. Qu’il est bon de savoir que Dieu me connaît entièrement et qu’Il a fait tomber sur Son Fils tout le châtiment de ce qu’Il voyait de mal chez moi ! Ma paix repose là-dessus. « Éternel, tu m’as sondé et tu m’as connu » (Psaume 139:1).

Comme serpent, le diable s’efforce aussi aujourd’hui de détourner les croyants de la simplicité quant au Christ, de corrompre leurs pensées, et de les diriger vers d’autres objets : « Mais je crains que, en quelque manière, comme le serpent séduisit Ève par sa ruse, ainsi vos pensées ne soient corrompues [et détournées] de la simplicité quant au Christ » (2 Corinthiens 11:3). Tenons-nous sur nos gardes vis-à-vis du serpent et de ses suggestions ! « Quoi, Dieu a dit ? » — voilà toujours le langage du serpent. La seule réponse que nous pouvons lui opposer avec succès, c’est le « il est écrit… » de l’Écriture Sainte.

 

4.6   Satan lié

Satan est maintenant lié avec la chaîne qui était dans la main de l’ange. Cela met fin temporairement à sa liberté d’action. Cela souligne ce que nous avons déjà vu : jusque-là, le diable et ses anges n’avaient jamais été liés, et encore aujourd’hui ils ne sont aucunement privés de leur liberté. Il ne faut pas nous faire d’illusions là-dessus. Son activité n’est pas seulement mentionnée dans les premiers chapitres de l’histoire de l’humanité (Gen. 3 ; Job 1), mais dans les évangiles aussi il revient à plusieurs reprises sous nos yeux. Pierre met en garde contre lui comme un lion rugissant, qui rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer (1 Pierre 5:8).

C’est donc de la pure incrédulité du monde enténébré que de nier l’existence de Satan. Et pour les croyants, c’est de la haute négligence de sous-estimer son activité et sa ruse. Citons encore une fois les paroles de l’apôtre Pierre : « résistez-lui, étant ferme dans la foi ». Quand il s’agit de choses relevant de la corruption morale comme la fornication, l’idolâtrie, l’amour de l’argent et les convoitises de la jeunesse, il faut les fuir (1 Cor. 6:18 ; 10:14 ; 1 Tim. 6:11 ; 2 Tim. 2:22). S’il s’agit du diable avec sa ruse ou sa puissance, il nous est alors dit de « tenir ferme » ou de « résister » (Éph 6:11 ; 1 Pierre 5:9 ; Jacques 4:7).

Quelle bénédiction inimaginable ce sera quand cet adversaire avec ses voies et ses efforts effrayants, sera finalement rendu inoffensif ! Cette pauvre terre pourra enfin respirer quand ce séducteur ne rôdera plus et ne cherchera plus à dévorer ! Nous ne pouvons guère nous représenter la portée de tout cela. Mais l’absence de Satan est une condition absolue à la présence et au règne de Christ sur la terre. Est-il imaginable que le Seigneur Jésus règne ici-bas en même temps que Satan ?

C’est pourquoi le fait que Satan soit lié par l’ange introduit le « jour du Seigneur » si souvent décrit dans l’Ancien Testament ; nous allons voir bientôt qu’il couvre une durée de mille ans. Mais le jour du Seigneur aura aussi son matin, son midi et son soir. Les jugements solennels que nous avons déjà considérés jusqu’ici et Satan lié, voilà pour ainsi dire le « matin » de ce jour du Seigneur. À sa suite vient le plein jour du règne de paix de Christ.

Perspective consolante pour cette terre tourmentée par le péché et ses conséquences !

 

4.6.1       L’abîme

Encore un mot bref sur ce qui nous est présenté par « l’abîme ». Il n’est pas rare que le mot abîme (en grec abyssos) soit traduit par « enfer », mais ce n’est pas juste. Le mot grec signifie « sans fond ». Le diable n’est pas jeté ici en enfer : cela n’aura lieu que mille ans plus tard. Mais son lieu de séjour pour mille ans est l’abîme. La Parole de Dieu différencie très précisément l’abîme d’avec l’enfer, qui est l’étang de feu.

Des démons nombreux ont une fois prié le Seigneur Jésus de ne pas leur commander d’aller dans l’abîme (Luc 8:31). Les démons connaissaient bien l’abîme et savaient ce qu’il représentait. C’est le lieu où les anges qui n’ont pas gardé leur état d’origine (c’est-à-dire leur état asexué ; voir Genèse 6:1-4) sont réservés pour le jugement du grand jour dans des chaînes éternelles sous l’obscurité (Jude 6).

Pierre parle également de ces anges qui ont péché : « Car, si Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais, les ayant précipités dans l’abîme, les a livrés pour être gardés dans des chaînes d’obscurité pour le jugement » (2 Pierre 2:4).

Satan sera aussi amené dans ce lieu et y sera gardé en sûreté. C’est ce dont nous parle la grande chaîne dans la main de l’ange et la clef de l’abîme avec laquelle l’ange le ferme dedans. Il n’est pas dit ici que tous ses anges partagent le même sort avec lui, mais nous pouvons considérer qu’il en sera ainsi (*). C’est plus qu’une conclusion correcte : on le voit clairement d’après un passage du prophète Ésaïe qui parle en outre, comme notre texte, du jugement simultané des hommes et des anges au commencement du règne de mille ans :

« Et il arrivera, en ce jour-là, que l’Éternel visitera l’armée d’en haut, en haut, et les rois de la terre, sur la terre. Et ils seront assemblés dans la fosse, comme on assemble des prisonniers, et ils seront renfermés dans la prison ; et après beaucoup de jours ils seront visités. Et la lune rougira, et le soleil aura honte ; car l’Éternel des armées régnera en la montagne de Sion et à Jérusalem, et devant ses anciens, en gloire » (Ésaïe 24:21-23).

 

(*) Ses anges sont aussi mentionnés en rapport avec la chute de Satan sur la terre au chapitre 12 v. 9.

 

« L’armée d’en haut en haut » (*) englobe certainement le cortège des puissances mauvaises qui ont suivi Satan dans sa rébellion et sa chute. Elles ne seront pas seulement précipitées du ciel sur la terre, mais aussi « renfermées dans la prison ». Il est remarquable que cette prophétie part du fait que ce jugement ne sera pas encore le jugement final.

 

(*) L’expression « en haut » désigne le ciel (voir Job 16:19 ; Ps. 68:18 ; És. 57:15).

 

Combien l’Ancien et le Nouveau Testament se complètent et se confirment merveilleusement ! En fait, aucune prophétie de l’Écriture « n’est d’une interprétation particulière » (2 Pierre 1:20), c’est-à-dire qu’elle ne peut pas être interprétée par elle-même. Pour la prophétie plus que pour toute autre partie de la vérité divine, il est nécessaire d’avoir l’éclairage de la lumière de toute l’Écriture.

 

4.6.2       L’abîme scellé

Comme si lier avec une grosse chaîne et fermer l’abîme ne suffisait pas, il est parlé en plus d’un scellement de l’abîme. Je pense que cela signifie que l’ouverture de l’abîme est scellée. Quand Dieu ferme quelque chose de Son sceau, alors aucune puissance sur la terre ni en enfer ne peut briser ce sceau. Mais n’avons-nous pas ici une allusion à un autre scellement ? Quand fut venue l’heure que le Seigneur appelle « votre heure », et que la puissance des ténèbres s’attaquait à faire sortir du chemin le Prince de la vie, alors le serpent finit par Lui « briser le talon » (Gen. 3:15). Le Seigneur Jésus paraissait définitivement vaincu. Un homme pieux, Joseph d’Arimathée, vint et prit le corps de Jésus de la croix et le déposa dans son sépulcre neuf. Pour empêcher une éventuelle résurrection, Satan incita les principaux sacrificateurs et les pharisiens à mettre le tombeau en sûreté par une garde romaine et à faire sceller la lourde pierre de fermeture (Matt. 27:66). Là où Satan estimait avoir le corps de Jésus, là il fallait qu’Il reste. Folle entreprise, qui ne fit qu’exprimer son impuissance et celle des hommes ! Ils avaient à faire au Fils du Dieu vivant, et il était impossible que la mort pût Le retenir (Actes 2:24).

Mais maintenant quel changement ! Satan lui-même est dans les mains toutes-puissantes de Celui qu’il cherchait autrefois à maintenir au tombeau, et un seul de Ses anges si nombreux suffit pleinement à jeter Satan dans l’abîme et à le refermer sur lui. À la croix où le Seigneur Jésus lui paraissait vaincu, Il lui avait en réalité « brisé la tête ». Le moment approprié est venu, pour que l’adversaire soit, sur Son ordre, simplement jeté dans l’abîme.

Combien tout cela est consolant pour nous ! La puissance de Satan est brisée pour nous. Si Satan n’a pas du tout pu retenir au tombeau notre Rédempteur, il ne pourra pas non plus retenir « ceux qui sont du Christ à Sa venue » (1 Cor. 15:23).

 

4.7   Mille années significatives

À partir de ce moment-là, l’adversaire du peuple de Dieu sera ôté de la terre pour mille ans, et il s’ensuivra pour les hommes des changements merveilleux et prodigieux : il n’y aura plus de persécution, plus de séduction, plus d’accusation. Au lieu de tout cela, le Seigneur Jésus règnera dans une parfaite justice, et « on ne fera pas de tort, et on ne détruira pas, dans toute ma sainte montagne ; car la terre sera pleine de la connaissance de l’Éternel, comme les eaux couvrent [le fond de] la mer » (Ésaïe 11:9).

Pourtant, bien que ce temps du règne de paix de Christ sur la terre sera incomparablement béni, il sera malgré tout caractérisé par l’imperfection. Le serpent mangera la poussière (És. 65:25) : c’est une indication de cette imperfection. Chez les hommes aussi le péché sera encore présent, même s’il sera réprimé par le sceptre de la puissance de Christ : « Chaque matin, je détruirai tous les méchants du pays, pour retrancher de la ville de l’Éternel tous les ouvriers d’iniquité » (Psaume 101:8). C’est de cette manière que l’état décrit en Ésaïe 11 sera maintenu. Ce n’est que dans l’état éternel que la justice habitera (2 Pierre 3:13) ; dans le règne de mille ans, elle régnera.

L’expression « mille ans » se trouve six fois dans notre chapitre (v. 2, 3, 4, 5, 6, 7). Trois fois c’est en rapport avec Satan, deux fois en rapport avec le règne des saints avec Christ, et une fois pour indiquer la durée de l’espace de temps séparant la résurrection des saints d’avec celle des injustes (20:5). Naturellement il s’agit toujours des mêmes mille ans, mais vus chaque fois sous un autre point de vue. Il reste encore à remarquer que cette durée de temps est à prendre au sens littéral, tout comme les trois ans et demi, les quarante deux mois et les mille deux cents soixante jours de la grande tribulation. On trouve d’autres mesures chiffrées dans l’Apocalypse, comme par exemple celles relatives à la description de la sainte cité Jérusalem au chapitre 21, mais elles ont un sens manifestement symbolique.

 

4.7.1       Délié pour un petit moment

Après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps (20:3)

 

Il y a alors encore une fois un « après cela » ou « après ces choses », et cette expression se rapporte sans doute à quelque chose de plus que l’état lié de Satan dans l’abîme. Toute une série d’événements liés les uns aux autres précèderont la libération de Satan : il y aura au préalable la destruction de Babylone, les noces de l’Agneau, l’apparition du Seigneur en puissance et en gloire, l’élimination de la bête et du faux prophète et de leurs armées, et l’ange qui lie Satan pour mille ans.

L’Écriture nous montre donc deux courtes périodes en rapport avec l’activité de Satan à la fin des temps : d’abord les trois ans et demi de sa fureur sur la terre, jusqu’à ce qu’il soit lié et jeté dans l’abîme ; puis la courte période de sa libération jusqu’à son jugement final dans l’étang de feu.

On peut être surpris que Satan doive être encore délié. Mais cette courte période présente pour ainsi dire le soir du jour du Seigneur, et avant d’entrer dans l’éternité, il faut montrer encore une fois combien l’homme est absolument corrompu, et que seul le changement radical de la nouvelle naissance peut mettre l’homme en état convenable pour la présence de Dieu. Une foule innombrable restera vivante durant une longue période de temps sous la domination de Christ, et se réjouira extérieurement des résultats de cette domination. Ils feront l’expérience de la sagesse de Ses voies et de la gloire de Sa personne, et ils jouiront de la paix de Son règne. Or même si Satan ne réapparaît que pour peu de temps pour séduire, ils croiront de nouveau ses mensonges et rejetteront la vérité de Dieu.

Cela nous montre ce qu’est l’homme. Il a été mis à l’épreuve quand le Fils de Dieu était ici-bas dans l’abaissement, et l’homme L’a rejeté. Il sera de nouveau mis à l’épreuve quand Christ régnera ici-bas en puissance et en gloire. Et de nouveau l’homme Le rejettera et s’élèvera contre Lui (20:7-10). En fait cette parole de Romains 8 montrera aussi à ce moment-là combien elle est vraie : « la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas. Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu » (Romains 8:7-8). Et aussi la parole du Seigneur à Nicodème prouvera son exactitude sans qu’elle soit en rien changée : « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (Jean 3:3).

Cette dernière mise à l’épreuve de l’homme nous rappelle de manière impressionnante que seul ce qui est fondé sur le sang de Christ est durable ; que seul le sang de l’Agneau de Dieu est le fondement et la sécurité de toute bénédiction, aussi bien qu’il s’agisse de bénédictions dans le ciel que de bénédictions sur la terre. Combien cela devrait nous rendre plus précieux notre Seigneur et notre Rédempteur !

 

4.7.2       Du péché pendant le règne de mille ans

Bien des personnes n’arrivent pas à comprendre qu’il y aura du péché dans le règne de paix de mille ans de Christ sur la terre. Pourtant nous avons déjà rappelé qu’il en sera bien ainsi. Le passage du Ps. 101 mentionné plus haut le montre clairement, ainsi que le verset suivant d’Ésaïe 65 :

« Il n’y aura plus, dès lors, ni petit enfant de peu de jours, ni vieillard qui n’ait pas accompli ses jours. Car le jeune homme mourra âgé de cent ans, et le pécheur âgé de cent ans sera maudit » (Ésaïe 65:20).

 

Ceci exprime qu’en ce temps-là l’homme deviendra très âgé : même quelqu’un de cent ans sera considéré comme un jeune homme ; pourtant il y aura encore la mort, et des gens mourront. Mais ceux qui mourront seront des « pécheurs », non pas des justes.

Il nous faut prendre en considération (et à première vue cela ne simplifie pas la question) que seuls des gens nés de nouveau entreront dans le règne. La parole du Seigneur en Jean 3:5 ne concerne pas seulement le royaume de Dieu dans sa forme morale comme aujourd’hui, mais justement aussi le royaume de Dieu établi en puissance et en gloire sur la terre.

Alors d’où viendront les pécheurs ? — demande-t-on de manière répétée — si seuls des nés de nouveau pourront entrer dans le royaume et si d’innombrables personnes passeront par la nouvelle naissance durant le règne, comme cela est certain ? Comment est-il possible que l’évangile éternel soit prêché pendant le règne de paix (Apoc. 14:6), et qu’après, il y ait une aussi grande foule d’hommes méchants sur la terre qui prêteront volontiers l’oreille à Satan ?

Cette difficulté apparente se résout rapidement si nous réfléchissons à ce qui suit : Au cours des très nombreuses années où il n’y aura aucune guerre et où la mort sera rare, voire exceptionnelle (*), d’innombrables personnes naîtront sans passer par la nouvelle naissance, et qui n’auront qu’une relation extérieure avec le Seigneur comme Roi. Certains d’entre eux s’élèveront contre Lui pendant le règne et trouveront la mort en conséquence. Les autres de ce grand groupe montreront immédiatement après le règne de quel esprit ils sont en vérité animés.

 

(*) Manifestement, seuls les « pécheurs » mourront, c’est-à-dire ceux qui se seront rebellé ouvertement contre la puissance gouvernementale de Christ dans Son royaume terrestre. Ce sont les ouvriers d’iniquité du pays du Ps. 101. Pour maintenir l’ordre moral de Son règne, le Seigneur les retranchera chaque matin.

 

Là-dessus tous ceux qui connaissent la corruption de leur propre cœur avoueront volontiers que, même en l’absence de diable pour les tenter, il y a présent en eux ce qui les pousse toujours à pécher. Aucun mot pour blâmer Satan ne vient sur les lèvres de David courbé à cause de son péché ; il déclare que lui seul a péché (Ps. 51). Pareillement Daniel n’accuse pas Satan du péché de ses pères, mais il s’accuse lui et son peuple (Daniel 9).

Ainsi durant les mille ans, le diable ne sera certes pas présent pour séduire encore les hommes par sa ruse, mais le péché lui-même sera là durant toute cette période de la domination personnelle de Christ. Une pensée fondamentale de ce règne selon Dieu est l’étouffement et l’endiguement du mal par le châtiment (Gen. 9:6 ; Rom. 13:1-4). Quand il n’y aura plus de mal à subjuguer et plus d’ennemi à éliminer, alors Christ remettra le royaume pour que Dieu soit tout en tout (1 Cor. 15:28). Pendant le règne de mille ans, la justice régnera sur la terre. Ce n’est que dans l’état éternel, dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, que la justice trouvera un lieu d’habitation stable, et alors la justice habitera (2 Pierre 3:13 ; Apoc. 21:3).

Alors pour Dieu, Ses voies merveilleuses et bénies seront passées. Jusqu’à ce qu’il en soit ainsi, Il doit opérer et Christ doit régner et avoir la suprématie par-dessus tout ce qui est mal. Nous nous occuperons de cela dans le chapitre suivant.

 

 

5                    Régner avec Christ

5.1   Une scène purifiée

Dans notre étude des événements prophétiques des derniers jours, nous sommes arrivés à un moment d’une importance toute spéciale. C’est à ce moment que commence une ère entièrement nouvelle dans l’histoire de l’humanité — ces mille ans significatifs que signalent toutes les prophéties de l’Ancien et du Nouveau Testament et qui, selon les conseils de Dieu, sont l’aboutissement de tous les événements sur la terre.

Babylone la mère des prostituées, l’église mondaine entièrement corrompue, a été jugée entre temps. Elle a du finalement céder la place à l’épouse céleste. La bête et le faux prophète, ces adversaires de Dieu qui ont exercé brutalement, et pour le malheur des hommes, la puissance que Satan leur avait conférée dans les domaines politiques et religieux, — ceux-là ont trouvé leur place pour toujours dans l’étang de feu, et leur puissance militaire a été entièrement anéantie. Satan est lié et gardé sûrement dans l’abîme. Toutes les formes de mal — la corruption morale, la violence, l’idolâtrie et l’apostasie — ainsi que leur source, ont été rayées de la carte par le jugement de Dieu.

Maintenant cette scène malheureuse de la terre a été rendue propre à passer sous la domination de Christ, pour le déploiement d’une bénédiction de la terre telle que l’homme ne l’a encore jamais vécu. Là où la propre volonté de l’homme et sa méchanceté ont régné, il faut maintenant que ce soit la justice de Dieu qui règne, pour le bien de l’homme.

 

5.2   Des trônes

« Et je vis des trônes, et ils étaient assis dessus, et le jugement leur fut donné » (20:4).

 

Le voyant avait déjà vu des trônes dans le ciel au chapitre 4 : et le Seigneur, Dieu, le Tout-Puissant, siégeait sur le trône du milieu. Des éclairs, des voix et des tonnerres en sortaient. Et sur 24 trônes entourant ce trône, 24 anciens étaient assis. Il ne faut pas confondre cette scène avec celle que nous avons maintenant devant nous. Car au chapitre 4 nous avons pour ainsi dire le point de départ céleste de tous les jugements que Dieu allait faire venir sur la terre. Mais maintenant, les jugements sont derrière nous, et devant nous, nous voyons une scène qui appartient au règne de mille ans et qui en est l’introduction.

Le prophète Daniel, dans sa vision remarquable des quatre empires universels, avait déjà vu des trônes mis en place, et l’Ancien des jours s’était assis dessus (Dan. 7:9). À l’exception de ce seul trône, les trônes vus par Daniel étaient vides, ou on peut dire, Daniel ne décrit pas qui était assis dessus. Mais en Daniel 7, nous voyons quelqu’un comme un fils d’homme (une image du Seigneur Jésus), venant avec les nuées du ciel vers l’Ancien des jours (une image de Dieu comme tel), et « la domination et la gloire et la royauté lui furent donnés » (Dan. 7:13, 14). Dans l’interprétation de la vision, il est dit plus loin au v. 22 que le jugement fut donné aux « saints des lieux très-hauts », et le v. 26 indique : « et le jugement s’assiéra ».

Or en Apoc. 20:4, nous trouvons l’accomplissement de ce que Daniel avait vu, car il est dit : « et ils étaient assis dessus ». Tandis que dans Daniel nous voyons les trônes du point de vue chronologique avant le jugement de la bête, nous apprenons ici que ceux qui suivaient l’Agneau sortant du ciel, s’asseyent sur des trônes après que le jugement ait été exercé. « Or, quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire » (Matt. 25:31). Ce n’est que quand Lui s’est assis sur Son trône de gloire après le jugement sur Ses ennemis, que Ses compagnons, jusque-là cachés avec Lui, prennent place publiquement sur les trônes. Telle est la suite historique et morale des événements.

Nous venons ainsi d’indiquer une certaine solution à la question qui doit nous occuper encore un peu plus en détail : qui sont les personnes assises sur les trônes ? de qui s’agit-il ? S’occuper de cette question est d’autant plus riche en éclaircissements, que depuis le chapitre 4 nous avons eu la présentation de divers groupes de saints dans le ciel et sur la terre. Or c’est justement la différence entre ces divers groupes de saints qui est décisive pour la compréhension de l’Apocalypse et de la position spéciale qui nous est accordée en tant que croyants du temps de la grâce.

 

5.3   Différents groupes de saints

« Et je vis des trônes, et ils étaient assis dessus, et il leur fut donné de détenir le jugement [JND : le jugement leur fut donné] ; et les âmes de ceux qui avaient été décapités pour le témoignage de Jésus, et pour la parole de Dieu ; et ceux qui n’avaient pas rendu hommage à la bête ni à son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main ; et ils vécurent et régnèrent avec le Christ mille ans » (20:4).

 

Ces versets remarquables distinguent clairement trois groupes de saints :

·         D’abord ceux qui sont assis sur des trônes et auxquels il est donné de détenir le jugement,

·         ensuite les âmes de ceux qui ont été décapités pour le témoignage de Jésus et pour la Parole de Dieu,

·         enfin la troupe de ceux qui n’ont pas rendu hommage à la bête ni à son image.

 

5.3.1       Le premier groupe

Un coup d’œil sur le premier groupe fournit toute une série d’explications. Certains commentateurs pensent qu’il s’agirait des nations mentionnées peu avant ; d’autres y voient des anges. D’autres rapprochent la phrase « et ils étaient assis dessus » des douze trônes des douze apôtres de l’Agneau de Matt. 19:28.

Que des nations ou des anges doivent régner, est une notion étrangère à l’Écriture. Les nations sont des sujets dans des royaumes, et les anges sont des serviteurs. En ce qui concerne les douze trônes des apôtres, je crois effectivement que l’accomplissement de la promesse du Seigneur Jésus à Ses disciples en Matt. 19 est tout à fait incluse dans nos versets. Cependant la portée de nos versets va certainement beaucoup plus loin.

L’indication des « saints des lieux très-hauts » en Daniel 7 nous indique la seule bonne direction : il s’agit de saints célestes (de l’Ancien comme du Nouveau Testament) qu’on a vus, à partir du chapitre 4 de l’Apocalypse, dans le ciel sous le symbole des 24 anciens. À la venue du Seigneur (1 Cor. 15:23), ils ont vécu l’enlèvement (1 Thes. 4:15-17), et depuis ce moment-là, ils séjournent dans le ciel comme saints ressuscités. La dernière mention directe faite d’eux en Apocalypse se trouve en 19:4. Il faut bien noter le point particulier que leur nombre n’a pas changé pendant tout le temps. Il en est ainsi du fait que, depuis l’enlèvement, personne n’est ressuscité d’entre les morts ni n’est allé au ciel à la suite de cela. Il y avait 24 anciens au début (ch. 4) et 24 anciens à la fin (ch. 19).

Une fois que les noces de l’Agneau sont venues, les 24 anciens ont été nécessairement répartis en l’« épouse » (les croyants du temps de la grâce) et les « invités » (les croyants de l’Ancien Testament). Au cours du chapitre 19 nous les avons vus de nouveau réunis dans le cortège du Seigneur, comme accompagnateurs de Celui qui sort du ciel ouvert sur un cheval blanc pour descendre sur la terre. C’est la venue du Seigneur « avec tous ses saints » (1 Thes. 3:13). Et maintenant au commencement du règne de mille ans, on les trouve sur des trônes et il leur est donné de détenir le jugement.

Ce jugement porte manifestement le caractère de jugement judiciaire (de tribunal). Il n’a rien à faire directement avec les jugements guerriers. Nous avons déjà vu cela quand nous nous sommes occupé du v. 14 du chapitre 19 (voir la rubrique : « Les saints exercent-ils le jugement ? »). Or maintenant s’accomplit la parole que Dieu fit adresser autrefois aux Corinthiens : « ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? » (1 Cor. 6:2). Le Seigneur Jésus aussi a donné la promesse au vainqueur à Laodicée : « Celui qui vaincra, - je lui donnerai de s’asseoir avec moi sur mon trône, comme moi aussi j’ai vaincu et je me suis assis avec mon Père sur son trône » (3:21). Le Seigneur Jésus s’associera donc les saints célestes lors de Son règne comme Roi dans ce siècle merveilleux. Quel triomphe ce sera pour eux ! c’est ce que nous allons chercher à voir maintenant.

 

5.3.2       Le deuxième groupe

À côté des saints rendus parfaits, assis sur des trônes, le voyant voit une deuxième groupe de saints qui ne sont pas encore rendus parfaits, c’est-à-dire qui ne sont pas ressuscités. Ils sont là juste avant leur résurrection comme le v. 4 le montre clairement ; il commence par les décrire comme « les âmes » de ceux qui ont été décapités à cause de leur témoignage. L’expression « âmes » indique sans aucun doute le fait que ces personnes, au moment dont il s’agit ici, ne possèdent pas encore de corps, et sont donc encore dans l’état « dévêtu [ou : dépouillé] » (2 Cor. 5:4). Naturellement l’Écriture sainte utilise aussi le mot « âme » dans un sens général pour désigner des personnes, comme par exemple en Genèse 12:5 et Actes 27:37. Mais dans notre contexte, le mot a certainement la signification indiquée.

Ceci est encore souligné par le fait que Jean a déjà utilisé ce terme en parlant des « âmes sous l’autel » lors du sixième sceau (6:9). Elles aussi avaient été mises à mort à cause de la Parole de Dieu et du témoignage. Il s’agissait manifestement des mêmes que celles du chapitre 20, c’est-à-dire des martyrs qui ont payé de leur vie leur témoignage fidèle dans la période suivant immédiatement l’enlèvement des saints célestes et antérieure aux trois ans et demi de la grande tribulation (la « détresse de Jacob »). On peut en conclure qu’il s’agit de Juifs, de messagers juifs qui parcourront la surface de la terre à grande vitesse, comme le vent, pour annoncer l’évangile du royaume. Ces croyants du résidu juif sont ceux que le Seigneur appelle « ses frères » devant le tribunal des vivants (ou des nations), quand il distinguera les brebis d’avec les boucs (Matt. 25:40).

Au chapitre 6 v. 10 les âmes sous l’autel prononcent une sorte de prière qu’avec la meilleure volonté on ne peut pas qualifier de chrétienne : « Jusques à quand, ô Souverain, saint et véritable, ne juges-tu pas et ne venges-tu pas notre sang sur ceux qui habitent sur la terre ? » (6:10). Jamais des chrétiens ne pourraient prier de cette manière. Les chrétiens appartiennent à la période de la grâce, et selon ce que dit Romains 6:14, ils sont « sous la grâce ». Mais pour les Juifs, c’est une prière tout à fait appropriée, qui est agréable à Dieu et qu’Il écoutera. C’est le langage du résidu juif, comme on le trouve prophétiquement par exemple dans les psaumes. Nous devons toujours garder à l’esprit que le salut final pour nous les chrétiens, aura lieu d’une toute autre manière que celui du résidu juif : le Seigneur nous délivrera en nous arrachant complètement à la scène de tentations, et en nous prenant auprès de Lui dans la gloire (3:10). Le résidu croyant du peuple juif, au contraire, ne vivra sa délivrance que par le fait que le Seigneur viendra à lui sur la terre et anéantira leurs ennemis. Ce n’est que de cette manière qu’ils entreront en jouissance de la bénédiction qui leur est destinée. C’est pourquoi cette prière qui demande vengeance est tout à fait en accord avec la pensée de Dieu.

 

5.3.3       Le troisième groupe

La réponse donnée à ces âmes sous l’autel est très caractéristique. Elle nous amène au troisième groupe des saints du chapitre 20. « Et il leur fut dit qu’ils se reposassent encore un peu de temps, jusqu’à ce que, et leurs compagnons d’esclavage et leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux, fussent au complet » (6:11). Ils doivent donc aussi avoir des frères, qui doivent être mis à mort comme eux, mais ultérieurement. Ce sont incontestablement les martyrs de la deuxième moitié de la dernière semaine de Daniel (Dan. 9:27).

Dans ces derniers trois ans et demi avant l’apparition de Christ pour le jugement, Satan exercera sa puissance cruelle d’une manière inimaginable par le moyen de la première bête (le chef de l’empire romain) et de la deuxième bête (l’antichrist ou faux prophète), et ils séduiront tous ceux qui habitent sur la terre, à l’exception de ces saints dont il est dit dans notre verset, qu’ils n’ont pas rendu hommage à la bête ni à son image, et qu’ils n’ont pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Le récit historique de leur mise à mort se trouve au chapitre 13 v. 15 : « Et il lui [la deuxième bête, l’antichrist] fut donné de donner la respiration à l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât même, et qu’elle fît que tous ceux qui ne rendraient pas hommage à l’image de la bête fussent mis à mort » (13:15).

 

5.3.4       Les croyants du temps de la grâce ne passent pas par la grande tribulation

Deux points sont tout à fait remarquables en rapport avec ces trois groupes de saints :

·         leur mention ou leur apparition dans le récit de l’écrivain sacré suit un ordre strictement chronologique,

·         chacun des groupes quitte la scène avant l’apparition du suivant.

 

Ainsi le premier groupe, celui des saints célestes qu’on voit ici sur des trônes, aura déjà quitté la terre et sera au ciel avant que le deuxième groupe, celui des messagers juifs, entreprenne son travail sur la terre. Et ce n’est qu’après que ceux-ci, à leur tour, auront été mis à mort, que l’abomination de la désolation sera établie dans le lieu saint à la moitié des sept dernières années, à la suite de quoi le troisième groupe fera son apparition, et trouvera sa fin par la violence. Mais à la fin, les trois groupes sont réunis : ce sont tous ceux qui participent à la première résurrection. Nous allons parler de cela tout de suite.

Y a-t-il rien de plus clair que ces textes connexes pour montrer que les croyants du temps de la grâce ne traversent pas le temps de la grande tribulation, et qu’au contraire, ils seront à ce moment-là depuis longtemps au ciel ? D’autres groupes leur succéderont sur la terre, et y diffuseront le témoignage de Dieu et une partie d’entre eux souffrira le martyr. Mais ce ne sont pas des chrétiens.

Le temps de la dispensation chrétienne, le temps de la grâce, prendra fin irrévocablement avec l’enlèvement des saints célestes. Heureux celui qui a trouvé protection sous le sang de l’Agneau contre la colère qui vient, et qui appartient à l’épouse céleste de Christ ! Il sera enlevé à la rencontre du Seigneur Jésus en l’air lors de Sa venue pour être pour toujours avec Lui (1 Thes. 4:17). Voilà l’espérance chrétienne qui est la nôtre.

 

5.4   Récompense pour la fidélité sur la terre

« et ils vécurent et régnèrent avec le Christ mille ans » (20:4).

 

L’expression « et ils vécurent » vise manifestement la résurrection des deux derniers groupes de saints — en contraste avec leur état précédent « dévêtu [ou : dépouillé] » qui est celui de ceux qui sont morts (2 Cor.5:3-4). Ils ont aussi part à la première résurrection, comme le premier groupe, mais pas au même moment, comme nous allons le voir. Car les saints du premier groupe sont déjà vus comme vivants au début de notre verset, et assis sur des trônes, et « il leur fut donné de détenir le jugement ». Les deux groupes de martyrs entrent eux aussi maintenant, et par la seule grâce de Dieu, dans le monde de la résurrection de leur Seigneur, et ils régneront avec Lui mille ans.

Je pense qu’ici la pensée principale est la suivante : en vérité personne ne sera perdant s’il a renoncé à quelque chose à cause de Christ. N’est-ce pas pour nous aussi aujourd’hui une pensée tout à fait consolante, que la perte de ceci ou de cela à cause de notre Seigneur Jésus ne vaudra qu’un gain sans mesure ? Certes, nous travaillons, combattons et luttons, mais non pas à cause de la récompense en vue ; cependant c’est un encouragement très fort pour ceux qui sont engagés dans le chemin du service et de la contradiction.

Regardons un peu les groupes individuellement dans cette direction — et d’abord le premier groupe de saints auquel nous pouvons appartenir par la grâce de Dieu. Le Seigneur Jésus avait dit auparavant à Ses disciples qu’ils auraient de la tribulation dans ce monde (Jean 16:33) — non pas qu’ils passeraient par la grande tribulation, mais simplement qu’ils auraient de la tribulation. Pourtant il fallait qu’ils aient bon courage : le monde était déjà un ennemi vaincu, Lui l’avait vaincu. Nous aussi comme chrétiens, c’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu (Actes 14:22). Mais nous sommes encouragés par la pensée que, si nous souffrons avec Christ ici-bas, nous régnerons aussi avec Lui (Rom. 8:17). « Si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Tim. 2:12).

Et c’est ce dont nous voyons l’accomplissement ici dans l’Apocalypse. Et il est frappant qu’il ne soit pas tellement parlé de la domination de Christ, mais plutôt du fait que les croyants régneront avec Lui. Christ régnera, certes, mais Il ne régnera pas seul. Qui sont Ses assesseurs choisis pour une telle fonction ? Des gens qui étaient autrefois inconnus, méprisés, des petits de la terre, qui ont porté Son opprobre ! c’est à eux qu’il sera donné de détenir le jugement, et ils régneront avec le Christ mille ans. Bien-aimés, gardons cela devant les yeux et dans le cœur ! non, nous ne serons jamais perdants !

Ils ne seront pas davantage insignifiants, les martyrs du temps compris entre l’enlèvement de l’assemblée et l’apparition de Christ en puissance et en gloire. Ils auront rendu leur témoignage pour le Christ de Dieu dans des peines et des tribulations indescriptibles, et finalement ils y auront trouvé la mort (*) ; mais maintenant ils vivent et règnent avec Christ pendant mille ans. C’est comme s’ils n’étaient pas propres à avoir une place sur la terre, mais seulement une place au ciel, et ils seront alors mis sur le même pied que les saints célestes. Je ne dis pas sur le même pied que l’église, l’assemblée ; celle-ci a sans aucun doute une position privilégiée qui ne sera partagée par aucun autre saint céleste, et même par aucune autre créature (**). Mais dans l’Apocalypse nous devons toujours penser que les saints célestes sont en général présentés réunis, et qu’il s’y trouve inclus les saints de l’Ancien Testament comme Énoch, Abraham, Isaac, Jacob, Élie et tous les autres. Eux aussi ont été appelés d’un appel céleste — certes ce n’est pas l’appel de l’église, mais c’est quand même un appel céleste (Héb. 11:13-16). Comme nous, ils régneront d’en haut sur le royaume, par contraste avec ceux qui entreront vivants dans le royaume. Nous verrons une confirmation de ces pensées quand nous arriverons au v. 6.

 

(*) C’est le tableau qu’ils offrent aux gens : pour eux, ils sont morts. Mais pour Dieu, ils vivent, car le voyant voit des « âmes ». Pour Dieu tous vivent (Luc 20:38). En outre la mort physique n’est jamais appliquée à l’âme, mais seulement au corps. Il en est de même pour la résurrection.

(**) Même dans le livre de l’Apocalypse qui a d’autres buts que la présentation des privilèges de l’assemblée, cette position privilégiée de l’assemblée est montrée clairement. Elle seule est « la femme de l’Agneau » (19:7), et elle seule forme l’habitation [tabernacle] de Dieu avec les hommes durant l’état éternel (21:3).

 

Nous voyons donc que ces martyrs, malgré la perte de leur vie, ne sont que gagnants. Juste avant le début du règne du Seigneur Jésus, ils feront l’expérience de la puissance de Sa résurrection, pour avoir part au côté céleste de la bénédiction du royaume. Ils ont été empêchés d’entrer vivants dans le royaume ; ils auront en échange quelque chose de bien meilleur, le ciel lui-même.

En outre, la durée du règne de Christ est donnée pour la première fois : mille ans. Ce sont les « beaucoup de jours » de És. 24:22. Il n’est pas donné d’autres détails sur la domination de Christ dans Son royaume. Pour en apprendre davantage, il faut aller dans les livres prophétiques de l’Ancien Testament, parmi lesquels les psaumes ont une place prééminente.

 

5.5   Le reste des morts

La première phrase du verset suivant doit être comprise comme une parenthèse, après laquelle la vérité de la première résurrection est reprise et développée davantage.

 

« Le reste des morts ne devint pas vivants jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. C’est ici la première résurrection » (20:5).

 

Les martyrs auront part à la première résurrection, mais pas le reste des morts. Pour le moment, je ne voudrais pas entrer dans plus de détails sur la première résurrection, mais seulement remarquer que l’idée courante d’une résurrection générale n’est déjà absolument plus tenable au vu de cette seule phrase de la Parole de Dieu.

C’est tout à fait faux de dire que tous les hommes ressusciteront au même moment. L’inventeur de ce mensonge n’est autre que Satan lui-même. Quand il ne nie pas purement et simplement la résurrection, il a intérêt à voir tout le monde mis sur le même plan, les justes comme les injustes. Pourtant Dieu opèrera une séparation absolue et définitive entre le bien et le mal, par le moyen de la première résurrection.

Encore une fois, tenons ferme au point suivant : les martyrs de la grande tribulation « vécurent » (ce qui est manifestement équivalent à « devinrent vivants » comme le v. 5 le laisse entendre), tandis que le reste des morts « ne devint pas vivant » — en tout cas pas à ce moment-là. Ils ressusciteront eux-aussi comme cela ressort sans ambiguïté de la fin de la phrase : « jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis ». Tous les hommes ressusciteront, mais la résurrection du « reste des morts » aura lieu mille ans après celle des croyants fidèles, ces martyrs.

Qui sont donc le « reste des morts » ? Hélas ! en font partie tous les gens qui sont morts sans être réconciliés, tous les gens depuis le commencement, depuis Caïn, qui sont restés dans leur état naturel d’inconvertis jusqu’à la mort de leur corps — ces gens qui ont et auront quitté cette vie dans l’incrédulité. Ce sont les mêmes gens que le Seigneur Jésus avait caractérisé autrefois par le fait qu’« ils faisaient le mal » (Jean 5:29). Le « reste des morts » — quelle expression sérieuse et bouleversante ! Elle englobe une grande masse innombrable, toute la famille des incrédules. Pas un seul juste ne se trouve parmi eux.

 

5.6   La première résurrection

5.6.1       Pas de résurrection générale

Nous avons déjà vu qu’il n’y a pas de résurrection générale. Mais comme ce sujet est très important, nous voulons nous en occuper en détail.

Par résurrection « générale », on entend la pensée que tous les hommes, bons ou mauvais, ressusciteraient au même moment. Cette idée est largement répandue dans la chrétienté, mais elle est fausse. Déjà simplement l’expression « première résurrection », utilisée deux fois dans les versets suivants, souligne de la manière la plus claire possible que cette idée n’est pas tenable. Car s’il y a une première résurrection, nécessairement il doit y en avoir une autre qui vient après. En fait nous voyons déjà que le « reste des morts » participera à la résurrection des morts beaucoup plus tard. Il n’y a pas moins de mille ans entre ces deux résurrections si fondamentalement différentes. Tournons-nous maintenant vers la première résurrection ! Remarquons d’abord que, dans tout le Nouveau Testament, cette expression ne se trouve que dans notre passage.

 

« C’est ici la première résurrection. Bienheureux et saint celui qui a part à la première résurrection : sur eux la seconde mort n’a point de pouvoir ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui mille ans » (20:5-6).

 

L’idée d’une résurrection générale, n’est pas sans danger, car elle se rattache la plupart du temps à l’idée d’un jugement général. Et cela à son tour voudrait dire que les enfants de Dieu aussi viendront en jugement. La certitude de leur salut serait dès lors complètement ébranlée. L’Écriture parle pourtant tout autrement. Elle distingue les choses très précisément, et elle établit expréssément que les croyants ne viennent pas en jugement : ils sont passés de la mort à la vie (Jean 5:24). Il y a toutes sortes de raisons pour lesquelles même d’honnêtes enfants de Dieu sont égarés vers l’idée erronée d’une résurrection générale. Je n’en retiendrai que deux pour le moment (je parlerai de quelques autres plus tard) :

·         Le Seigneur Jésus parle de l’« heure en laquelle tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix ; et ils sortiront, ceux qui auront pratiqué le bien, en résurrection de vie ; et ceux qui auront fait le mal, en résurrection de jugement » (Jean 5:28-29). L’interprétation courante est que le terme « heure » montre que la résurrection des uns comme des autres a lieu en un seul et même moment.

·         L’Écriture parle de la résurrection au dernier jour (Jean 11:24), ce qui soutient l’idée d’une résurrection commune à tous.

 

Voyons de plus près ces deux arguments, et commençons par poser la question :

 

5.6.1.1              Qu’est-ce que la Parole entend par le mot « heure » ?

Quand le Seigneur Jésus dit « l’heure vient… », par le mot « heure » Il n’entend pas un instant précis, mais il marque une époque caractérisée par certaines particularités. C’est justement la signification du mot « heure » dans les écrits de Jean. Déjà au chapitre 5 v. 25 le Seigneur avait parlé d’une heure, et Il avait dit : « En vérité, en vérité, je vous dis que l’heure vient, et elle est maintenant, que les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront ». Cette heure dans laquelle des morts spirituellement entendent avec foi la voix du Fils de Dieu et par là reçoivent la vie divine, c’est l’ère de la grâce, qui dure déjà depuis près de deux mille ans. Par contre, l’heure dont parle le Seigneur au v. 28, définit l’époque de la résurrection en laquelle « tous ceux qui sont dans les tombeaux » (il s’agit donc de ceux qui sont effectivement et corporellement morts) entendront Sa voix et sortiront. Cette époque sera également une longue période de temps, puisqu’elle comprendra au moins mille ans et sera caractérisée par deux résurrections différentes. Dans cette occasion, le Seigneur n’avait pas du tout en vue de dire quand aurait lieu l’une et l’autre. Pour l’apprendre, il faut tirer instruction d’autres passages de l’Écriture. Il parle bien plutôt du caractère de l’une comme de l’autre résurrection. L’une de ces résurrections est une résurrection de vie, et l’autre résurrection est une résurrection de jugement ; l’une est caractérisée par la vie et l’autre par le jugement.

Que le Seigneur ait nommé les deux résurrections au même moment, ne doit pas nous égarer vers la fausse conclusion qu’il s’agirait d’un seul et même acte de résurrection. Une présentation condensée de ce genre n’est pas du tout inhabituelle dans la sainte Écriture. Je rappelle simplement la manière dont Jean le Baptiseur parle du baptême du Saint Esprit et de feu (Matt. 3:11). Bien loin de signifier la même chose, le baptême du Saint Esprit vise le jour de la Pentecôte quand le Saint Esprit est venu sur la terre, tandis que le baptême de feu vise l’exercice du jugement à la fin des temps. Non, il y a une première résurrection, et il y a une résurrection des morts. Elles sont distinctes à la fois sur le plan du caractère et sur le plan chronologique.

 

5.6.1.2              Le dernier jour

L’heure du v. 28 est, elle aussi, une époque, celle de la résurrection. Elle est équivalente au dernier jour de Jean 11:24 et 12:48. Ce jour commence avec la résurrection et l’enlèvement des croyants, et se termine par la résurrection et le jugement de ceux qui n’ont pas reçu Christ. Elle inclut le règne de mille ans qui se situe entre temps.

Le « dernier jour » ne désigne pas quelque chose comme la fin du monde, comme on le dit souvent, mais la dernière époque [ou : ère] qui a à faire avec la responsabilité de l’homme vis-à-vis de Dieu.

En outre, que l’« heure » et le « jour » aient ce sens figuré et soient utilisés l’un pour l’autre, Jean 16:25-26 le montre clairement : « L’heure vient… en ce jour-là… ». Le Seigneur parle ici naturellement d’une autre « heure », justement de nouveau le temps de la grâce.

Il y a encore un point frappant dans les passages précités : l’intervalle entre les actes ou événements ponctuels n’est mentionné dans aucun cas. Il en est souvent ainsi dans les prophéties de l’Écriture sainte. Bien que les choses prédites soient contenues dans la même phrase, leurs accomplissements respectifs peuvent être séparés par un long espace de temps.

 

5.6.1.3              La résurrection en Daniel

Il n’y a donc pas un seul passage de l’Écriture qui parle d’une résurrection générale. On se sert parfois de la comparaison des brebis et des boucs en Matt. 25 pour appuyer cette théorie. Mais en réalité, le Seigneur ne parle absolument pas de résurrection dans cette section (25:31-46 ; aucun individu n’y est ressuscité), mais Il parle de jugement des vivants, et de jugement sur les nations vivantes à ce moment-là. Cela aura lieu au commencement du règne de mille ans.

Les deux paraboles de l’ivraie du champ et celle des bons et mauvais poissons de Matt. 13 ne présentent aucunement la résurrection des croyants et celle des incroyants. Le Seigneur montre plutôt ce qui se passera à la fin des temps : À sa venue en puissance et en gloire, Il enverra Ses anges pour ôter les iniques de Son royaume et pour établir Son royaume de paix sur la terre.

C’est de ce temps que parle le prophète Malachie quand il dit : « Car voici, le jour vient, brûlant comme un four ; et tous les orgueilleux, et tous ceux qui pratiquent la méchanceté seront du chaume, et le jour qui vient les brûlera… Et pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de justice ; et la guérison sera dans ses ailes » (Malachie 4:2).

Le seul passage d’où on pourrait peut-être tirer la pensée d’une résurrection générale, est Daniel 12:2 : « Et plusieurs qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l’opprobre, pour être un objet d’horreur éternelle » (Daniel 12:2). Mais pour pouvoir comprendre correctement ces paroles, il faut peser soigneusement certains points :

              Dans cette prophétie, il s’agit exclusivement du peuple de Daniel, les Juifs (Dan. 12:1)

              Ce qui est dit se rattache avec le temps sans pareil de la grande tribulation (v. 1). Elle précédera le règne de mille ans comme on le sait d’après d’autres passages (2 Thes. 2 ; Apoc. 19, et autres). Au contraire, notre passage d’Apoc. 20 établit sans ambiguïté que la résurrection du reste des morts n’aura lieu qu’après les mille ans de règne de paix de Christ

              Les croyants du temps de la grâce sont déjà sauvés de la colère qui vient par la mort et la résurrection du Seigneur Jésus (1 Thes. 1:10 ; 5:9-10), mais le peuple de Daniel attend encore son salut. La déclaration de Rom. 11:26 « alors tout Israël sera sauvé » vise un temps futur.

 

Ainsi nous ne nous trompons sûrement pas quand nous disons que ce paragraphe de Daniel présente la résurrection nationale du peuple d’Israël. Aujourd’hui encore, les dix tribus et demi « dorment dans la poussière de la terre », elles sont dispersées parmi les peuples de la terre. Mais quand le Seigneur enverra Ses anges avec un puissant son de trompette pour « rassembler Ses élus des quatre vents » (Matt. 24:31), alors ils « se réveilleront » tous. Le résidu croyant entrera dans la vie éternelle, c’est-à-dire dans le royaume sur la terre, tandis que la partie incrédule du peuple sera au contraire jugée et sera un objet d’horreur éternelle.

Mais même si nous voulions accepter que le paragraphe de Daniel concerne la résurrection des corps, alors elle a à faire avec un temps précédant le règne de mille ans et non pas avec le jugement devant le grand trône blanc, qui prend place après le règne de mille ans. En aucun cas on ne peut tirer de Daniel 12 une preuve en faveur d’une résurrection générale.

 

5.6.2       Plusieurs phases dans la première résurrection

Contrairement à la résurrection des morts, la première résurrection se déroule en plusieurs étapes. En fait elle a même déjà commencé avec la résurrection de Christ : Il est les « prémices [premiers fruits] de ceux qui sont endormis » (1 Cor. 15:20). Mais la récolte proprement dite ne sera engrangée qu’à la venue du Seigneur. Tous ceux qui sont du Christ à Sa venue y auront part, mais seulement eux.

La première résurrection ne recouvre que des croyants. Sa dernière phase, que nous avons devant nous dans notre paragraphe d’Apoc. 20 avec la résurrection des martyrs de la grande tribulation, le montre aussi clairement. Peu avant l’introduction du règne de paix de mille ans de Christ sur la terre, il sera accordé à ces martyrs d’avoir part à la première résurrection, pour ensuite régner avec Christ.

Il y a donc des gens « qui sont du Christ ». Ils prennent part à la première résurrection :

« … et les morts en Christ ressusciteront premièrement » (1 Thes. 4:16).

Il y a des gens qui appartiennent au groupe malheureusement si grand du « reste des morts ». Ils ressusciteront mille ans plus tard, pour le jugement.

« Et je vis les morts, les grands et les petits, se tenant devant le trône ; et des livres furent ouverts… Et les morts furent jugés d’après les choses qui étaient écrites dans les livres, selon leurs œuvres » (20:12).

On est bien loin d’avoir une résurrection générale ! Celle-ci est une invention de l’adversaire de Dieu et des hommes, qui cherche toujours à effacer la frontière entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre les croyants et les non croyants.

Et pourtant quelle différences existent dans la réalité ! Extérieurement ils sont tous morts. Mais les uns sont qualifiés par l’écriture de « morts en Christ ». Et parce qu’ils sont « en Christ », ils ont devant eux un avenir béni et merveilleux, la gloire auprès de Christ et avec Christ. Les autres, au contraire, sont simplement nommés « les morts ». Et il est remarquable que même après qu’ils aient traversé la résurrection de jugement, ils sont encore et toujours qualifiés de la même manière : les morts ! Ils sont et ils restent « les morts ». Sort terrible ! Ils n’ont rien d’autre à attendre que l’étang de feu, la seconde mort. Mais nous reviendrons plus loin sur ce sujet en détail.

 

5.6.3       Une résurrection d’entre

Nous avons déjà parlé de plusieurs différences entre la « première résurrection » et la « résurrection des morts ». Mais il y a encore quelque chose de fondamental qui différencie les deux résurrections l’une de l’autre. La première résurrection est une résurrection d’entre les morts, tandis que la résurrection des morts regroupe indifféremment tous ceux qui sont encore dans les tombeaux. Une résurrection d’entre signifie que certains morts ressuscitent d’avec les morts, tandis que beaucoup d’autres restent gisants. Le grand exemple en est la résurrection du Seigneur Jésus Lui-même (1 Cor. 15:20). Lors de la « résurrection des morts », il n’y a au contraire aucune sélection. Il s’agit alors sans exception de gens qui sont morts dans leurs péchés, des iniques.

Les Juifs avaient bien confiance dans la pensée d’une résurrection de morts (Actes 23:6-7). Les patriarches vivaient déjà et mouraient dans l’espérance d’une résurrection (Job 19:25-27). Les croyants juifs du temps du Seigneur attendaient aussi une résurrection au dernier jour, comme le montrent les paroles prononcées par Marthe (Jean 11:24). Mais ce qu’eux tous ne savaient pas et ne pouvaient pas savoir, c’est qu’il y aura une résurrection d’entre les morts, une résurrection des justes. Cette vérité n’était pas révélée dans l’Ancien Testament. Ensuite Christ le Fils de Dieu est descendu du ciel sur la terre, et Il a pu dire : « Nous disons ce que nous connaissons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu » (Jean 3:11). Il a parlé pour la première fois d’une résurrection des justes (Luc 14:14). Et il y a plus même ; Il a montré qu’il y aurait une « résurrection d’entre les morts », et cela non seulement en rapport avec Sa propre résurrection (Marc 9:9), mais en rapport avec celle des croyants en général (Luc 20:35). Cela ne nous surprend pas : quand les disciples entendirent que le fils de l’homme ressusciterait d’entre les morts, ils se demandèrent, étonnés : « qu’est-ce que cela, ressusciter d’entre les morts ? ». C’était tout à fait nouveau pour eux.

Nous rencontrons encore l’expression « résurrection d’entre » en Phil. 3:11. Pour être le plus possible semblable à son cher Seigneur, l’apôtre Paul avait le désir ardent d’arriver lui-même à la résurrection d’entre les morts.

Deux pensées se lient à la « résurrection d’entre » :

       Elle est un signe de la faveur de Dieu en rapport avec ceux qui en font l’expérience

       Elle conduit à une séparation définitive entre le bien et le mal.

 

La résurrection du Seigneur Jésus d’entre les morts par la gloire du Père a été le témoignage extraordinaire de ce que Dieu avait tout Son bon plaisir en Son Fils. Le Fils avait glorifié Dieu d’une manière parfaite dans Sa vie et dans Sa mort. Comment Dieu aurait-il pu faire connaître Son bon plaisir dans la personne de Son Fils autrement ou mieux qu’en Le ramenant d’entre les morts ? (Héb. 13:20). Il a été mis à mort par la main d’hommes iniques. Comment le Père pouvait-Il mieux L’honorer qu’en Le ressuscitant d’entre les morts par Sa gloire ? (Rom. 6:4). Et quand les saints ressusciteront d’entre les morts, ce sera aussi le signe de la faveur spéciale de Dieu envers eux. Le reste des morts restera dans leur état de mort du corps, mais Il tirera les Siens d’avec eux, Il les revêtira d’un corps convenable pour les placer dans le monde glorieux de résurrection qui est à Son Fils. Quelle bienheureuse vérité !

Combien aussi ces pensées nous consolent en voyant tous les tristes mélanges de vrai et de faux du temps présent : Quand Dieu ressuscitera les saints d’entre les morts, alors sera accomplie une séparation absolue, irrévocable et complète des justes d’avec les injustes. Il avait longtemps supporté le mélange de principes divins avec les principes du monde dans la chrétienté, Il avait longtemps regardé combien les fils du royaume s’étaient mélangés aux fils du méchant (Matt. 13:36-43). C’était sa patience qui Le faisait attendre, comme nous le savons (2 Pierre 3:15). Mais alors il séparera ce qui ne va pas ensemble. À la venue du Seigneur, la séparation des saints d’avec les profanes sera accomplie une fois pour toutes, et sera alors visible de tous par Sa manifestation publique.

Nous ne pouvons qu’admirer les conseils de Dieu, et nous prosterner en adorant devant Celui qui a eu dans Son cœur de telles pensées en rapport avec Son Fils et avec ceux qui croient en Lui.

Ici en Apoc. 20 nous voyons le dernier groupe de saints qui entre dans la jouissance de cette bénédiction qui tranche tout. Avec la résurrection des martyrs de l’Apocalypse, la première résurrection arrive à son achèvement final.

 

5.6.4       Bienheureux et saint

Je me suis souvent réjoui à la parole du Seigneur Jésus en réponse aux argumentations incrédules des sadducéens : « Les fils de ce siècle se marient et sont donnés en mariage ; mais ceux qui seront estimés dignes d’avoir part à ce siècle-là et à la résurrection d’entre les morts, ne se marient ni ne sont donnés en mariage, car aussi ils ne peuvent plus mourir ; car ils sont semblables aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection » (Luc 20:34-36).

Quel bonheur indescriptible il y a d’être considéré par Dieu Lui-même, digne de pouvoir avoir part au monde de résurrection de Son Fils et à Sa résurrection « d’entre » ! Oui, bien-aimés, cette dignité est déjà accordée aujourd’hui dans le Seigneur Jésus, et nous vivons déjà par la foi dans « ce monde », même si nous n’avons pas encore vécu nous-mêmes la résurrection (ou la transmutation). Les martyrs de l’Apocalypse acquérront aussi cette dignité. Combien c’est réjouissant : chacun de ceux qui auront part à la première résurrection (tous les croyants de chaque dispensation en font partie) sera déclaré bienheureux par Dieu !

« Bienheureux et saint celui qui a part à la première résurrection » (20:6).

Saisissons ces paroles au profond de nos cœurs ! Il y a ici-bas tellement de souffrance et de fatigues parmi les enfants de Dieu, et si nous regardons seulement à cela, nous perdrions toute joie et toute force, et nous serions vite découragés. Mais pensons à ceci : Dieu nous considère digne d’avoir part à ce monde de résurrection. Déjà aujourd’hui nous sommes « fils de Dieu », et par là « fils de résurrection ». Il faut bien effectivement nous nommer bienheureux ! Et quand le moment de la résurrection viendra, nous serons aussi pris par elle, pris par la première résurrection.

La félicité dont il est parlé ici, est une bénédiction personnelle, que tout croyant peut prendre pour lui. Elle décrit un état de bénédiction. Le deuxième qualificatif « saint » indique plutôt au contraire le caractère des croyants. Ils portent déjà ce caractère au temps actuel (Éph. 1:1), ils sont mis à part pour Dieu, et retirés du présent siècle mauvais selon Sa volonté par l’œuvre de Son Fils (Gal. 1:4). Malheureusement ils ne montrent pas toujours ce caractère devant le monde de la manière voulue par Dieu. Non seulement ils ne montrent souvent que très partiellement qu’ils n’appartiennent plus au train de ce monde et qu’ils ont été entièrement achetés pour Dieu. C’est toujours pour eux une occasion de se courber et de s’humilier. Néanmoins la première résurrection manifestera sans restriction que ceux qui y ont part, sont « saints » en vérité. Ils seront rendus parfaitement conformes à l’image de Son Fils, et correspondront aux exigences et à la nature de Dieu (Rom. 8:29).

Cela ne devrait-il pas nous encourager et nous stimuler à « achever la sainteté dans la crainte de Dieu » déjà dans cette vie ici-bas ? (2 Cor. 7:1).

 

5.7   La seconde mort

Il est dit encore quelque chose de ces saints :

« et sur eux, la seconde mort n’a pas de pouvoir » (20:6).

 

Quelle déclaration extraordinaire que celle-là ! Comme participants à la première résurrection, ils sont sortis d’entre les morts ou ont été transmués (1 Cor. 15:51-52). En ce qui concerne leur corps, ils ont dépouillé l’habit mortel et corruptible, et ont revêtu l’immortel et incorruptible. Pour eux, la mort est engloutie en victoire, et ils peuvent s’écrier triomphants : « Où est, ô mort, ton aiguillon ? où est, ô mort, ta victoire ? ». Ils sont pour toujours de l’autre côté du péché, de la mort et du jugement. La mort, sous aucune forme, ne peut plus les saisir, et notamment pas sous la forme de la « seconde mort ». L’expression « seconde mort » n’est-elle pas remarquable ? Ce qui nous frappe tout d’abord, c’est que le contraste présenté avec la « première résurrection » n’est pas celui d’une seconde résurrection, mais d’une « seconde mort ». Bien sûr, il y aura une seconde résurrection, comme nous l’avons vu en Jean 5, une résurrection des iniques, une résurrection pour le jugement ; mais ici la « première résurrection » est mise en contraste avec la « seconde mort ». Pourquoi l’Esprit Saint fait-Il cela ? Je pense parce qu’Il veut faire comprendre l’éloignement éternel des injustes d’avec Dieu, et parce qu’Il veut montrer que tous ceux qui n’ont pas part à l’une (la première résurrection) tomberont certainement sous la puissance de l’autre (la seconde mort).

Nous arrivons par-là au second point que nous devons apprendre avec certitude : Il y a plusieurs sortes de morts. Comme l’homme est tombé dans le péché, il a été assujetti du côté de Dieu à la mort corporelle comme châtiment : en ce jour-là il est devenu mortel. Dès lors la parole suivante s’est appliquée comme conséquence inexorable : « et comme il est réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement… » (Héb. 9:27). La Parole de Dieu confirme cette pensée ailleurs : « le salaire du péché, c’est la mort » (Rom. 6:23).

Mais en même temps l’homme est devenu « étranger » vis-à-vis de Dieu (Col. 1:21), séparé de Dieu. C’est une deuxième sorte de mort, la mort spirituelle. C’est la séparation morale de l’homme d’avec Dieu : bien que le corps vive, il est mort pour Dieu au point de vue moral. Cette vérité effrayante n’a certes été dévoilée que dans le Nouveau Testament (Éph. 2:1), mais elle était une réalité dès le commencement, depuis que l’homme a écouté le serpent plutôt que son créateur. Depuis lors, l’homme est « mort dans ses fautes et dans ses péchés ». C’est un état extérieurement misérable et mauvais. Mais cet état sera dépassé en horreur par un autre état qui va suivre de manière inéluctable si l’on ne prend pas refuge pendant la vie sous le sang de l’Agneau : la seconde mort.

Si on écoute pareillement Héb. 9, à savoir qu’il est réservé à l’homme de mourir une fois, et après cela le jugement, alors nous pouvons dire : la seconde mort est le résultat de ce jugement, la sentence du jugement divin. Pour tous les gens morts dans leurs péchés, la mort du corps est suivie en son temps par la résurrection de jugement. Le jugement lui-même a lieu devant le grand trône blanc, et voilà la mesure d’après laquelle Celui qui est assis sur le trône jugera : « Et si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu » (20:15). Le verset précédent éclaire ce qu’il faut entendre par seconde mort : « ceci est la seconde mort, l’étang de feu ».

Cette forme terrible de mort signifie la séparation éternelle de l’âme d’avec Dieu, un mourir permanent, sans que la mort physique apporte jamais de délivrance. Pouvons-nous assez remercier notre Seigneur et Sauveur de ce qu’Il nous a sauvés des conséquences de nos péchés ? de ce que, par Son œuvre accomplie à la croix de Golgotha, Il a pris soin que la « seconde mort » n’ait plus aucun pouvoir ni autorité sur les « fils de résurrection » ?

 

5.8   Sacrificateurs royaux

Après la mention de ce dont les rachetés ne doivent plus s’inquiéter, une bénédiction positive suit qui appartiendra également à tous ceux qui ont part à la première résurrection. Il est maintenant parlé de « sacrificateurs de Dieu et du Christ ». Qu’est-ce que cela veut dire ?

« … mais ils seront sacrificateurs de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui mille ans » (20:6).

 

La caractéristique principale d’un sacrificateur est de pouvoir entrer dans la proximité de Dieu. Cela est préfiguré clairement dans la sacrificature en Israël.

Or nous sommes déjà maintenant sacrificateurs ; il n’y a pas besoin d’attendre pour cela la résurrection. Tous les vrais chrétiens le sont. Cela est clairement en contraste avec Israël où seule une classe particulière du peuple avait ce privilège. Les croyants du temps de la grâce forment selon 1 Pierre 2 une sainte sacrificature pour offrir des sacrifices spirituels à Dieu » (v. 5). Dieu trouve Son plaisir quand Ses enfants, sous l’action du Saint Esprit, offrent comme sacrifices ce qui monte de leur cœur en louange et en adoration par la contemplation de Son Fils. « Offrons donc par lui (le Seigneur Jésus) sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent Son nom » (Héb. 13:15). L’essence de la sainte sacrificature, c’est d’avoir accès à Dieu, d’entrer dans le sanctuaire de Sa présence, et de Lui offrir des sacrifices de louange. Ils sont agréables par Jésus Christ.

Dans le même chapitre de 2 Pierre, quelques versets plus loin, il est encore parlé d’une autre sacrificature, la sacrificature royale (v. 9). La sainte sacrificature correspond à la sacrificature d’Aaron, tandis que la sacrificature royale correspond à ce qui est préfiguré par Melchisédec (Héb. 7). Tandis que Aaron entrait dans le sanctuaire pour offrir le sang des animaux sacrifiés (Lév. 16:11-17), Melchisédec sortait pour apporter du pain et du vin pour bénir Abraham (Gen. 14:18 ; Héb. 7:1). Il ne fait pas de doute qu’Aaron aussi bien que Melchisédec sont des figures du vrai souverain sacrificateur, Christ. Ces figures sont accomplies en Lui.

Or la sacrificature aaronique est dirigée des hommes vers Dieu, tandis que la sacrificature selon l’ordre de Melchisédec est dirigée de Dieu vers les hommes. Cela est vrai aussi bien en rapport avec notre grand souverain sacrificateur Lui-même, qu’en rapport avec nous-mêmes, Sa famille sacerdotale. Certes le Seigneur Jésus est aujourd’hui dans le ciel sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec (Héb. 5:6), mais Il exerce Sa sacrificature en notre faveur selon la manière et l’analogie d’Aaron : elle est dirigée des hommes vers Dieu. C’est ainsi qu’il est dit en Héb. 7:25 qu’Il est toujours vivant pour intercéder pour nous. Nous chrétiens appartenons tous à la maison du souverain sacrificateur, et notre sacrificature est, comme nous l’avons vu, dirigée vers Dieu : nous entrons vers Lui et nous Lui offrons l’adoration dans la puissance de l’Esprit. C’est le côté de la sainte sacrificature.

Mais nous sommes aussi une sacrificature royale, comme notre grand souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec, selon le type de ce personnage mystérieux, roi de Salem et en même temps sacrificateur du Dieu Très-haut (Héb. 7:1). La sacrificature royale s’occupe de révéler Dieu aux hommes et de les bénir. C’est une pensée très grande et élevée dans le cœur de Dieu : Il veut montrer aux hommes qui Il est réellement, et qu’Il est bon. Il veut les voir richement bénis, Il ne cherche que leur bien. Satan l’a compris, qui fait miroiter le contraire aux hommes atteints de folie : « Dieu n’est pas si bon qu’Il le dit, qu’Il devrait l’être », et en général les hommes l’ont cru davantage que Dieu. Mais le moment vient où, selon le conseil de Sa création, on verra bien où est la vérité.

C’est de ce moment-là que nous lisons quelque chose ici en Apoc. 20. Certes comme sacrificature royale, nous avons déjà aujourd’hui le devoir majestueux d’annoncer les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière (1 Pierre 2:9). Par notre vie de piété, nous pouvons déjà montrer aux hommes en ce temps-ci la grandeur et la bonté de Dieu, et nous pouvons devancer dans une mesure ce qui constituera un jour la bénédiction du royaume.

Cependant notre souverain sacrificateur, Christ, n’est pas encore sorti du sanctuaire, Il est encore « caché en Dieu » (Col. 3:3). Il n’a pas encore quitté Sa place à la droite de Dieu. Il doit aussi prendre Ses rachetés dans la gloire de Dieu par l’enlèvement auprès de Lui, avant de sortir avec eux des cieux ouverts (19:14) et de leur conférer des trônes et la domination (20:4, 6). Mais quand la dernière phase de la première résurrection sera achevée, quand il n’y aura plus aucun racheté dormant dans la poussière de la terre, alors viendra le moment où, comme vrai Melchisédec, Il apportera la bénédiction aux hommes sur la terre dans une mesure sans pareille.

Bien sûr, c’est à cela qu’il utilisera ceux qu’Il a fait un royaume, des sacrificateurs à Son Dieu et Père (1:6). Ils sont nommés ici « sacrificateurs de Dieu et du Christ ». Ils régneront avec Lui, ils exerceront sous Son autorité à Lui, le vrai Melchisédec, leur sacrificature royale pour le bien des gens qui vivront alors sur la terre. Souvenons-nous en passant qu’au commencement du règne il n’y aura que des gens nés de nouveau (Jean 3:3-5).

Alors il sera enfin vu en perfection ce que le diable a toujours cherché à contester et que les homme séduits par lui n’ont jamais voulu croire : que Dieu est bon. Nous le savons déjà aujourd’hui, et nous le disons aux hommes pour qu’ils se convertissent. Mais dans ce jour du règne de paix de Christ, ce sera manifesté publiquement à tous les hommes. Alors ils obtiendront des bénédictions sur la terre sans y avoir travaillé, et sans les avoir méritées. Et quand Christ, notre Seigneur sera assis sur Son trône comme roi et sacrificateur (Zach. 6:13), alors nous aurons le privilège infini d’exercer la sacrificature royale pendant tout le temps des mille ans — à Son honneur et à la gloire de Dieu et pour la bénédiction des hommes.

 

 

 

6                    Au seuil de l’éternité

LES DEUX DERNIERS PARAGRAPHES du ch. 20 de l’Apocalypse (v. 7-10 et 11-15) nous conduisent directement jusqu’aux portes de l’éternité. Une impression de sainte gravité nous envahit, quand nous y pensons. Le verset 7 commence ainsi : « Et quand les mille ans seront accomplis ». Nous nous mouvons ici dans un laps de temps, qui commence après la fin du millénium, et qui s’étend jusqu’au début de l’éternité. Sa durée n’est pas révélée. Nous pouvons pourtant supposer, que les choses qui sont présentées ici se dérouleront rapidement, pour autant, du moins, qu’elles concernent la terre.

 

6.1   La dernière mise à l’épreuve

Le « jour du Seigneur », comme nous l’avons déjà mentionné, aura non seulement son «matin» et son «midi», mais aussi son «soir» : le règne de paix de Christ, qui durera mille ans, prendra aussi fin, un jour.

L’ouverture de ce règne, en quelque sorte son «matin», comportera des jugements terribles. Il ne s’agira plus, alors, des jugements de la providence de Dieu, caractéristiques de ceux qui auront lieu pendant les sept années avant l’apparition du Seigneur, — lesquels nous sont représentés symboliquement dans les ch. 6 à 18 de l’Apocalypse par les sept « sceaux », les sept « trompettes », et les sept « coupes du courroux de Dieu ». À la différence de ceux-ci, au «matin» de Son jour, le Seigneur Jésus sortira, en personne, du ciel et Lui-même jugera directement Ses ennemis (19:11).

« Le soleil de justice », ayant la guérison dans ses ailes (Mal. 4:2) se tiendra ensuite au zénith du ciel — pendant mille ans. Israël fleurira et poussera, et remplira de fruits la face du monde (Ésaïe 27:6). La création sera affranchie de la servitude de la corruption (Rom. 8:21), et une adoration universelle sera rendue au Seigneur Jésus. « Toute la terre se prosternera devant toi, et chantera tes louanges ; elle chantera ton nom (Ps. 66:4). « Et j’entendis toutes les créatures qui sont dans le ciel, et sur la terre, et au-dessous de la terre, et sur la mer, et toutes les choses qui y sont, disant : À celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, la bénédiction, et l’honneur, et la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! (Apoc. 5:13).

Ce sera un temps merveilleux pour la terre. Nous pouvons, à peine, nous représenter les résultats glorieux qui seront alors produits du fait que Satan sera lié et que la présence de Christ sera manifestée en puissance et dans l’exercice de Sa justice. Le livre de l’Apocalypse n’offre pas, selon le conseil de Dieu, le cadre adéquat pour la description de ce temps glorieux et béni. Pour en savoir plus, il faut examiner ce qui nous est présenté dans les Psaumes et dans les écrits des prophètes de l’Ancien Testament. Ils contiennent de nombreuses descriptions enthousiastes de cette époque extraordinaire sur la terre.

 

6.1.1       Le « soir » du jour du Seigneur

Mais le jour du Seigneur finira aussi par décliner et aboutir à sa fin. Son « soir » s’annoncera par des signes annonciateurs de certains malheurs, que je voudrais juste aborder. Il y a tout d’abord le fait, que beaucoup de Ses ennemis se soumettrons à Lui « en dissimulant » à cause de la grandeur de Sa force (Ps. 18:44 ; 66:3). Ils se soumettent, certes, mais il n’y a pas de foi, pas de véritable humilité, et ils ne le font que par obligation.

Par-dessus tout, il y a là encore le mauvais cœur de l’homme, que nous connaissons bien, de par nous-mêmes. Dans le chapitre précédent nous nous étions déjà occupés du fait que le péché subsistera encore pendant le Millénium. En ces jours là, comme aujourd’hui encore, les enfants naîtront avec un cœur méchant, mais ils auront été accoutumés, dès leur jeune âge, à la gloire et à la puissance publiques de Christ. Certes, beaucoup d’entre eux se convertiront au Seigneur Jésus. Mais il est aussi certain que beaucoup s’habitueront aux miracles de la domination céleste, s’endurciront et deviendront ainsi des instruments appropriés pour le diable, lorsqu’il sera délié encore une fois pour un peu de temps. Sommes-nous étonnés de tant de dureté de cœur en face de toute la puissance et de toute la gloire du Seigneur ? Les choses, hélas, ne sont pas différentes actuellement, en principe. La grâce de Dieu, a-t-elle jamais resplendi avec autant de clarté que dans le temps présent de la grâce ? Les hommes se sont aussi habitués à cela et — ils rejettent la grâce.

Un passage remarquable du livre du prophète Ésaïe vise ce grand groupe de méchants dans le temps du Règne, avec les conséquences auxquelles on peut s’attendre : « Si l’on use de grâce envers le méchant, il n’apprend pas la justice ; dans le pays de la droiture il fait le mal, et il ne voit pas la majesté de l’Éternel. Ô Éternel, ta main est élevée, mais ils ne voient point ; mais ils verront ta jalousie pour le peuple et seront honteux. Oui, le feu qui attend tes adversaires les dévorera » (Ésaïe 26:10,11). Le feu les dévorera — ce sera la réponse de Dieu. Nous retrouverons cela tout de suite dans notre paragraphe dans l’Apocalypse.

Lorsque l’on compare entre elles les différentes parties de la Parole prophétique, on a l’impression que selon la distance d’un pays par rapport à la Palestine, la crainte de l’Éternel sera plus ou moins grande d’un pays à l’autre. En Israël même, où le soleil ne se couchera plus, « eux tous, seront justes » (Ésaïe 60:19-21). Leurs descendants et les descendants de leurs descendants jouiront constamment des bénédictions « dès maintenant et à toujours » (Ésaïe 59:21). L’Éternel aura les yeux sur les fidèles du pays, pour les faire habiter avec Lui. Mais « celui qui pratique la fraude n’habitera pas au-dedans de ma maison ; celui qui profère des mensonges ne subsistera pas devant mes yeux » (Ps. 101:6-8). L’Égypte et l’Assyrie seront des nations privilégiées, elles « serviront l’Éternel » (Ésaïe 19:23-25).

Par contre, ceux dont le méchant cœur est resté inchangé, se retireront d’un pays où même toute chaudière sera une chose sainte, consacrée à l’Éternel (Zach. 14:21). Cette sanctification absolue pour le Seigneur sera insupportable à un entendement non renouvelé. Lorsque Satan sera finalement relâché hors de l’abîme, pour un peu de temps, il saura exactement vers où se tourner pour trouver ceux qui lui prêteront l’oreille docilement — vers les nations aux « quatre coins de la terre » :

« Et quand les mille ans seront accomplis, Satan sera délié de sa prison ; et il sortira pour égarer les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, pour les assembler pour le combat, eux dont le nombre est comme le sable de la mer » (Apoc. 20:7, 8).

 

6.1.2       La dernière mise à l’épreuve, une nécessité (« il faut »)

On pourrait se demander : Est-il donc nécessaire que Satan soit relâché une fois encore, après l’expiration de ce temps béni, et sans précédent, pour lui permettre de séduire une nouvelle fois les hommes ? Or le verset 3 de notre chapitre dit expressément : « après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps ». Je pense que la nécessité pour cela peut être envisagée sous deux aspects. Sous l’un, Dieu veut montrer que Satan n’a absolument pas changé, malgré son séjour de mille ans dans l’abîme. Il avait séduit les hommes dans le passé et il les séduira également dans le futur. Les mille ans dans l’abîme n’y ont rien changé.

D’un autre côté, avant d’exécuter Son jugement définitif, Dieu veut exprimer très clairement et de manière irréfutable, que l’homme aussi est resté le même, tel qu’il est, méchant et corrompu, malgré mille ans de bénédictions surabondantes. Les hommes peuvent prétexter aujourd’hui qu’ils pourraient croire plus facilement en Dieu et à Son Christ, si les choses allaient mieux pour eux ; mais qu’avec toute cette misère, cette injustice, ils ne le peuvent pas ! Dieu, par cette dernière grande mise à l’épreuve imposée aux hommes, apportera pour toujours la preuve combien ce raisonnement est erroné. Cela doit arriver. Un employé peut n’avoir encore jamais volé son chef. Mais qu’est-ce que cela indique, s’il n’en a pas encore eu l’occasion ? C’est pour cela que Dieu a permis au diable d’avoir accès au jardin d’Eden, et c’est pour cela qu’Il lui permet aujourd’hui de séduire Ses enfants.

C’est pour cela aussi, que toutes ces nations qui ont goûté la domination bénie de Christ, seront encore une fois mises à l’épreuve. Si les hommes, durant les dispensations passées, ont rejeté chaque déploiement de la bonté de Dieu, comment répondront-ils à la domination juste et parfaite du Fils de l’homme ? S’ils n’ont pas reçu Christ pendant les jours de Son abaissement, Le recevront-ils dans Son exaltation ? Ces versets nous en donnent la réponse.

Lorsque l’adversaire aura une nouvelle occasion d’égarer les hommes, il remportera alors un nouveau succès, à un degré effrayant. Il assemblera une armée de combattants nombreux comme le sable de la mer. Les « saints » seront évidemment là aussi, ainsi que la « cité bien-aimée », comme nous le verrons de suite. Mais la grande masse des nations suivra Satan.

Ceci sera de nouveau exposé au grand jour, et pour la dernière fois : lorsque l’homme est éprouvé dans les circonstances les plus favorables qui soient, il manifeste toujours son incorrigible méchanceté et sa perversité. Seul un travail intérieur de la grâce peut amener un véritable changement. Seule la nouvelle naissance peut le rendre capable de se réjouir en Dieu et dans Ses bénédictions. Le cœur naturel n’en est pas capable. C’est ce que manifeste également cette dernière mise à l’épreuve de l’homme. « Il vous faut être né de nouveau », a dit autrefois le Seigneur Jésus (Jean 3:7). Cette dernière époque de l’histoire de l’humanité confirmera définitivement la vérité de Ses paroles.

Mais quel cadeau de la grâce de Dieu que nous, enfants de Dieu, puissions aujourd’hui déjà, par la foi, comprendre ce que veut dire être «nés d’eau et de l’Esprit» ! Nous n’avons pas besoin d’attendre les jours de gloire là-haut, ni les jours du Royaume ici-bas, pour jouir des bénédictions de Dieu. En recevant la nouvelle vie, la vie éternelle, Dieu nous a déjà rendu capables de jouir des bénédictions spirituelles, qui dépassent de loin les bénédictions du Royaume, et qui sont le propre des lieux célestes (Éph. 1:3). Nous en jouissons déjà, avant d’être introduits par la résurrection dans cette scène où elles ont leur véritable place. Merveilleuse grâce de Dieu !

 

6.1.3       Gog et Magog

Nous trouvons dans l’Ancien Testament, ici et là, des indications sur les nations rebelles, au temps du Règne du Seigneur. Nous avons déjà mentionné les Psaumes 66 et 101. Dans le Psaume 18 il est également parlé de soumission « en dissimulant » : « Dès qu’ils ont entendu de leur oreille, ils m’ont obéi ; les fils de l’étranger se sont soumis à moi en dissimulant » (v. 44). Elles ne se soumettront que par crainte du châtiment. Mais à partir du moment où Dieu permet à Satan de réapparaître sur la scène terrestre, elles manifesteront leur nature rebelle, et se soulèveront contre Lui. Il vaut la peine de remarquer, d’ailleurs, que Satan ne peut plus remonter au ciel : cela ne lui est plus permis.

Lorsqu’il est question de Gog et de Magog, au verset 8, il ne faut pas les confondre avec le personnage d’Ézéchiel 38 et 39, où il s’agit du prince de Rosh (Russie), le chef de la coalition nordique contre Israël (*), et de « Magog » qui est une désignation symbolique de son pays. Ici, par contre, sont représentées, sous les noms de « Gog » et de « Magog », des nations qui sont « aux quatre coins de la terre ». L’expression, également symbolique, des « quatre coins de la terre », représente la pensée de l’universalité. Ces nations viendront donc de toute la terre, de touts les points cardinaux. (2*)

 

(*) Face à la situation politique dans l’Est qui s’est aujourd’hui profondément modifiée, il me semble qu’il est néanmoins important de se reporter aux déclarations de la Parole prophétique, qui signale que la Russie sera de nouveau — au plus tard à la fin de la dispensation de la grâce — le grand adversaire d’Israël, la puissance dominante au nord (de la Palestine). Le développement des événements actuels peut sembler être en contradiction avec ce qui se passe en ce moment, mais il en sera véritablement ainsi.

(2*) Nous avons déjà effleuré la question de savoir comment il est possible qu’il y ait d’innombrables incrédules sur terre à la fin du millénium. Pendant le Règne béni de Christ, la population de la terre augmentera dans une mesure jamais connue — en un temps où il y aura rarement des morts. Mais beaucoup d’entre les nations, qui naîtront pendant le Règne, n’auront qu’une relation de façade avec Christ, et leurs cœurs Lui resteront fermés. Malgré le juste gouvernement du Seigneur, le Royaume ne sera pas caractérisé par le fait que tous les hommes dans ce Royaume seraient nés de nouveau.

 

Nous avons ainsi établi une autre distinction par rapport à «Gog», le prince de Rosh. Ce chef de la coalition du nord montera avec ses armées et ses bandes « du fond du nord » vers la Palestine (Éze. 38:6) ; et cela se passera, comme nous avons déjà eu l’occasion de le remarquer, juste après l’établissement par Christ de Son Royaume de paix. Par contre, les «Gog et Magog» des temps de la fin viendront des quatre coins de la terre, et cette dernière invasion aura lieu, sans ambiguïté, après le millénium.

Si donc Dieu, par ces expressions, fait allusion aux hordes du nord, qui envahiront la Palestine au début du Règne, cela a naturellement son importance. Nous pouvons bien en déduire que cela montre le parallèle qu’il y a entre ces deux attaques : Dans les deux cas il s’agit d’une attaque dont le but est de détruire ce qui fait l’objet d’une protection spéciale de la part de Dieu et qui est dans Sa faveur — Israël.

 

6.1.4       La dernière bataille

« Et ils montèrent sur la largeur de la terre, et ils environnèrent le camp des saints et la cité bien-aimée ; et du feu descendit du ciel [de la part de Dieu] et les dévora » (20:9).

Il n’y a sans doute jamais eu une invasion de cette ampleur, ils « montèrent sur la largeur de la terre ». Satan mettra en mouvement ces foules immenses de toutes les parties de la terre, pour exterminer entièrement le témoignage de Dieu sur la terre. On peut remarquer que Satan ne se sert plus, maintenant, d’instruments, comme il le faisait avant l’apparition du Seigneur Jésus en puissance. À cette époque là il utilisait «la première bête», le chef romain, et la «deuxième bête», le «faux prophète» (Apoc. 13:1, 11 ; 19:19, 20). Ici il n’est plus parlé de «rois», mais seulement de « nations », que Satan assemble pour le combat. Il ne confie la conduite du combat à aucune puissance humaine subalterne, mais il prend personnellement les choses en main. C’est comme une dernière tentative, désespérée, pour arracher la domination sur la terre au Roi oint par Dieu, et pour s’en emparer.

Quelle tentative insensée ! N’a-t-il pas éprouvé maintes fois la puissance invincible de Dieu contre lui-même ? N’a-t-il pas été directement « précipité sur la terre » après un combat violent dans le ciel, avant le début des dernières trois années et demie (Apoc. 12:9). Et après ces trois années et demie, n’a-t-il pas dû se laisser lier sans combat par un seul ange et jeter par lui dans l’abîme (20:1-3). N’a-t-il toujours rien appris ? Non. Satan est aveuglé par sa haine contre tout ce qui est divin, et ceux qui le suivent portent tous cette caractéristique, non seulement dans ce temps de la fin, mais déjà actuellement.

Le fait qu’il soit parlé ici de la largeur de la terre est sûrement là pour souligner le contraste avec l’expression « le tiers de la terre » rencontrée plus haut dans l’Apocalypse, par exemple 8:7 (cf. aussi 12:4). Alors qu’il s’agit là d’événements qui ne se rapportent qu’à une partie de la terre prophétique, à savoir la partie occidentale de l’empire romain (*), ici c’est la dernière attaque de Satan et de ses armées, sur « la largeur de la terre », qui nous est présentée. Cette pensée serait vraiment effrayante, si nous ne savions pas qu’alors aussi, Dieu ne retirera pas ses yeux de dessus le juste (Job 36: 7), et que Lui sera aussi Maître de cette situation menaçante, et protecteur de Ses saints.

 

(*) La conquête des Romains ne s’étendit pas seulement sur l’Europe de l’Ouest, mais se prolongea loin à l’Est. Elle embrassa de grandes parties de la Grèce, de la Perse et de la Babylonie. Le véritable empire romain ne fut constitué, en fait, que de sa partie occidentale. Il semble que l’expression « le tiers de la terre » y fasse allusion. On entend, sans aucun doute, par «terre», une sphère prophétique, à laquelle se rapportent les événements déjà décrits. Elle est caractérisée par une certaine stabilité de l’autorité gouvernementale — en contraste avec la «mer» qui symbolise l’agitation des masses populaires.

 

« Et ils montèrent sur la largeur de la terre, et ils environnèrent le camp des saints et la cité bien-aimée ». Il est étrange que rien ne soit dit du Seigneur Jésus ! N’est-Il donc pas présent ? Les a-t-Il laissé seuls dans cette heure d’extrême détresse. Ils ont vécu pendant mille ans en paix et en sécurité, et personne n’a pu les agresser sous la protection du Très-Haut. Ils n’ont jamais utilisé des armes, ni appris à combattre. Et voici cette marée d’ennemis meurtriers qui les assaille de tous côtés ! — Cela peut parfois aussi nous arriver, qu’après une certaine période de repos, nous soyons emportés soudainement dans des eaux tumultueuses, et que le vent nous souffle, tout à coup, en pleine figure. Et il nous semble, bien souvent, que le Seigneur nous a laissés seuls dans nos détresses. Or cela est aussi peu vrai maintenant, que dans la suite. Réfléchissons : Si le Seigneur était intervenu aussitôt avec puissance, la situation n’aurait même pas du tout pu se présenter sous cette forme. Le Seigneur permet ainsi cette mise à l’épreuve redoutable, afin que la foi et la fidélité des siens puissent briller d’autant plus intensément. Gardons cela fermement dans nos cœurs, grâce à Son aide.

Les saints, qui vivront alors sur la terre, seront fidèles. L’égarement des nations par Satan a pour seul résultat à leur égard, que les nations environnent la « cité bien-aimée », Jérusalem. Combien cela est beau ! Il y aura une séparation nettement visible entre ceux qui ne sont jamais véritablement nés de nouveau, et qui prennent maintenant ouvertement le parti de Satan, et ceux qui possèdent la nouvelle vie et qui se confient en leur Seigneur. Pendant la période de prospérité qui régnait dans le Royaume, ces différences pouvaient ne pas apparaître aussi clairement au grand jour. Cela nous montre, de nouveau, que le millénium lui-même n’apportera pas une perfection absolue. Bien que Christ y ait régné avec une justice parfaite, et qu’Il ait sanctionné toute rébellion, Il ne changera pourtant pas de force l’état intérieur des hommes. Il ne le fait pas non plus aujourd’hui. Sa Parole, c’est « Celui qui veut » : « Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22:17).

Le Royaume des cieux, dans lequel nous vivons aujourd’hui, est à un haut degré caractérisé, dans son aspect extérieur, par le mélange du bien et du mal (Matt. 13). Mais alors que l’enlèvement des saints aboutira, dans notre cas, à une séparation définitive, cette séparation à la fin des jours se produira par le fait que les fidèles, dans leur détresse, s’assembleront en troupe autour du centre du gouvernement divin, et que les méchants, séparés d’eux, seront emportés par le jugement de Dieu.

Il n’est sans doute pas nécessaire d’expliquer plus en détail que la cité bien-aimée est la Jérusalem terrestre. Combien cette appellation est parlante ! Oui, Dieu aime cette cité, et Ses Saints l’aiment aussi. Mais Satan la hait. N’est-elle pas le siège terrestre du gouvernement de Christ ! Et puisqu’il ne peut pas partir en guerre contre la métropole céleste, il encercle la Jérusalem terrestre avec ses armées.

Lorsque le Seigneur demeurait ici-bas dans l’abaissement, Il pleura sur cette ville (Luc 19:41). La « ville du grand Roi » succomba par la séduction de Satan, et rejeta le vrai Roi. À cause de cela elle dut connaître des jours difficiles, qui sont effectivement venus sur elle, par la suite. Mais maintenant dans Sa grâce, Il l’a mise en honneur et « pour joie de génération en génération » (És 60:15). En Ésaïe 60 nous trouvons une description merveilleuse de cette ville au temps du Royaume. Il est dit, entre autres : « Et les fils de l’étranger bâtiront tes murs, et leurs rois te serviront. … Et tes portes seront continuellement ouvertes (elles ne seront fermées ni de jour ni de nuit), pour que te soient apportées les richesses des nations » (És 60:10, 11). Lorsqu’à la fin des jours, Satan égarera une fois de plus les nations, Jérusalem sera fidèle et constituera le point de rassemblement de tous les saints.

Souvent dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, « Jérusalem » désigne le peuple terrestre de Dieu, Israël. Le « camp des saints » par contre, désigne manifestement, un cercle plus large. Nous devons certainement entendre par-là, en premier lieu, la multitude de croyants d’entre les nations.

Les armées de méchants qui assailliront Jérusalem se précipiteront directement dans la mort, sans prémonition. Dans cette circonstance, le Seigneur n’apparaîtra absolument pas pour exécuter le jugement de Dieu sur eux. Il reste à l’arrière plan. Au contraire, c’est entièrement, l’œuvre de Dieu : « du feu descendit du ciel [de la part de Dieu] et les dévora » (*). Dieu fit autrefois pleuvoir des cieux sur Sodome et Gomorrhe, du soufre et du feu, de la part de l’Éternel (Gen. 19:24) ; il en sera de même, à la fin des temps, toutefois à une échelle incomparablement plus grande. Le jugement tombera subitement sur eux, rapide et définitif. Ce sera sans doute le jugement le plus terrible et le plus étendu que Dieu ait jamais amené sur des hommes vivants à cause de leur injustice.

 

(*) Quand le Seigneur Jésus descendra sur la terre pour établir Son règne, Il exercera personnellement le jugement sur les armées de la «bête» (Apoc. 19:19-21). Les croyants du temps de la grâce seront alors au ciel depuis longtemps. Mais le jugement des méchants à la fin du Règne s’effectuera simplement par du feu qui descendra du ciel. Bien qu’il s’agisse, ici aussi, d’un jugement des vivants, il n’a pourtant rien à voir avec celui de Matthieu 25, où les v. 31-46 décrivent une «session judiciaire» au début du Règne. Mais cette session judiciaire, qui poursuivra son cours pendant le Règne, n’est pas décrite dans l’Apocalypse. Cependant on peut sûrement la mettre en relation avec Apoc. 20:4.

 

Juste un mot encore au sujet des saints, qui, tout à la fin de l’histoire du monde, seront l’objet de cette dernière attaque de Satan. Nous avons vu qu’il s’agit là à la fois de saints d’entre le peuple d’Israël, et de saints d’entre les nations. Ces deux mêmes groupes de saints ont été vus, en principe, par le voyant au ch. 7, avant qu’on lui ait montré les jugements par lesquels ils devront passer.

Après la mention faite d’eux au ch. 20, ces saints disparaissent de la scène. Ils ne sont plus cités séparément dans l’Apocalypse. Comme nous l’avons déjà rappelé, nous nous trouvons ici, chronologiquement parlant, directement au seuil de l’éternité. Et le dernier coup d’œil offert sur ces saints, fait voir leur encerclement par les armées de Satan. Ces ennemis seront, certes, subitement exterminés, mais rien de plus ne nous est communiqué. Nous n’apprenons rien de ce qui arrivera à ces saints à la fin du règne.

Voilà donc un exemple montrant qu’il n’est pas toujours dans l’intention de Dieu de nous révéler chaque détail. Les saints du millénium feront certainement partie des « hommes » qui habiteront sur la nouvelle terre (21:3). Mais nous n’apprenons pas comment ils y parviendront, ni comment ils seront gardés dans l’intervalle.

Cependant il y a une chose dont Dieu nous informe : c’est la part qui sera celle de Satan. Elle nous est indiquée au ch. 20, v. 10. Une sainte crainte nous envahit à la description du cours de ces graves événements.

 

6.1.5       Dans l’étang de feu

« Et le diable qui les avait égarés fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont et la bête et le faux prophète ; et ils seront tourmentés, jour et nuit, d’éternité en éternité » [JND : aux siècles des siècles] (20:10).

C’est la dernière parole de Dieu au sujet du diable. Il est maintenant arrivé définitivement au lieu qui a été préparé pour lui et ses anges (Matt. 25:41), et c’est là qu’il doit être, et qu’il sera pendant toute l’éternité.

Le passage du terme «Satan» à «diable» est frappant dans la description de cet adversaire. Lorsqu’il avait été précipité sur la terre (12:7), et lorsqu’il fut jeté dans l’abîme (20:2), nous avions trouvé chaque fois les quatre noms de Satan. Mais dès qu’il est de nouveau relâché, juste avant la fin de toutes choses, il n’apparaît plus devant nos yeux que comme «Satan» et «diable». Comme «Satan» il avait mis en scène la dernière révolte contre Dieu, comme «diable» il est jeté définitivement dans l’étang de feu. En ce temps là, sa puissance comme «dragon» et sa ruse comme «serpent» ne sont évidemment plus au premier plan, mais plutôt son caractère d’adversaire (Satan) et de celui qui égare (diable).

Nous avons déjà remarqué, au ch. 2 de ce livre sous le titre «vivant dans l’étang de feu», que la «bête» (le chef de l’empire romain) et le «faux prophète» (l’antichrist) avaient déjà été jetés vifs dans l’étang de feu, avant le diable. Mille ans se sont écoulés dans l’intervalle, mais ce long espace de temps n’a pas pu modifier, en quoi que ce soit, le sort de ceux qui s’y trouvent, et le «feu» ne les a aucunement consumés. Non, c’est un sort éternel. C’est particulièrement solennel ! Et lorsque le diable les rejoint, contraint et forcé, la trinité profane dont nous avons parlé précédemment, est de nouveau réunie.

C’est Satan qui avait donné à la bête « sa puissance et son trône, et un grand pouvoir » (13:2), et il avait aussi inspiré le faux prophète. Dieu nous accorde maintenant de voir leur commun destin, qui est effrayant et éternel. Cela ne devrait-il pas nous faire beaucoup réfléchir, notamment quand nous pensons qu’un jour tous les hommes non croyants, qui non pas voulu recevoir le Sauveur pendant leur vie, partageront ce sort avec le diable (20:14 ; 21:8) ?

Nous avons déjà examiné les deux symboles du «feu» et du «soufre» ; je serai donc bref. Dans l’Écriture le «feu» est le symbole de la sainteté de Dieu appliquée au jugement. On pourrait encore signaler, que nous ne devons nullement prendre au sens littéral le feu de cet étang. Mais il ne fait aucun doute que la réalité de cette terreur ne cèdera en rien au symbole. L’enfer sera un domaine spécial, isolé par Dieu, dont on ne pourra jamais s’échapper. L’adjonction au verset : « et ils seront tourmentés, jour et nuit, aux siècles des siècles » montre clairement que ce sera un lieu de souffrances psychiques [de l’âme], et sûrement aussi corporelles. Si cela ne se rapporte ici, au sens strict, qu’à ces trois personnes, qui, à ce moment là, sont dans l’étang de feu, ce sera néanmoins la part de tous ceux qui s’y trouveront un jour.

Ce qui est dit en Héb. 12:29, « Notre Dieu est un feu consumant » s’adresse aussi à nous les chrétiens. Dieu a un soin jaloux de Son honneur, et si on n’en tient pas compte, Il répondra finalement par le jugement. Pour le maintien de Sa gloire Il érigera dans Son univers un mémorial qui subsistera éternellement pour la mise en garde contre toute forme de mal — un témoignage contre tous ceux qui n’auront pas voulu se soumettre à Lui-même et à Son Fils bien-aimé. Ce sera un jugement mérité et donc également juste, mesuré selon la culpabilité personnelle de chacun, individuellement. Mais dans tous les cas, il sera éternel. Et tout le mal sera relégué dans ce lieu effrayant : l’étang de feu.

« D’éternité en éternité » (JND : « aux siècles des siècles ») — cela signifie une éternité sans fin. Comme Dieu « qui vit d’éternité en éternité » (ou : « aux siècles des siècles ») (15:7), ainsi ce tourment durera aussi « aux siècles des siècles », sans fin.

Ah, si seulement les hommes acceptaient aujourd’hui encore, qu’on les avertisse de ne pas courir à la ruine, mais de venir au Sauveur ! « de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de tourment », comme disait autrefois l’homme riche de Luc 16, et il savait de quoi il parlait. De plus il n’était pas encore en enfer, mais seulement dans le hadès, le lieu où vont les âmes des hommes après la mort. Mais ce hadès est déjà un lieu de tourment pour les injustes : « Et, en hadès, levant ses yeux, comme il était dans les tourments » (Luc 16:23). Combien cela devrait nous émouvoir, nous qui connaissons la « frayeur du Seigneur », et qui voyons cette multitude d’hommes malheureux autour de nous !

 

6.2   Le jugement des morts

Le ch. 20 de l’Apocalypse se termine par le tribunal du grand trône blanc. Cette dernière séance judiciaire constitue le point final de toutes les voies de Dieu avec les hommes. Elle a lieu une fois le Royaume de Christ arrivé à son terme, et tous Ses ennemis mis pour marchepied de Ses pieds (Héb. 10:13), et quand l’instigateur de tout le mal, le diable, aura reçu enfin le châtiment qu’il méritait.

Ce qui restera encore à faire, c’est le juste traitement du cas de tous ceux qui, au cours de la longue histoire de l’humanité, sont morts sans s’être repentis de leurs péchés, et sans croire en Dieu ni en Son Christ. Ce jugement des morts se présente à nous dans le dernier paragraphe du chapitre. Ce n’est qu’après ce jugement final qu’un nouveau ciel et une nouvelle terre pourront être introduits.

 

6.2.1       Le grand trône blanc et le Juge

La dernière section contient deux visions distinctes que l’on distingue par les mots introductifs « Et je vis » (20:11 et 12).

Dans la première vision le voyant aperçoit le trône et le juge, tandis que dans la deuxième les morts et leur jugement surgissent devant lui.

« Et je vis un grand trône blanc, et celui qui était assis dessus, de devant la face duquel la terre s’enfuit et le ciel ; et il ne fut pas trouvé de lieu pour eux » (20:11).

Quel spectacle effectivement impressionnant a dû s’offrir là au voyant ! Même la terre et le ciel ne peuvent supporter la présence de Celui qui est assis sur le trône. C’est comme si les cieux et la terre, qui ont été créés, devaient maintenant faire place au grand trône et à la grande session judiciaire qui devrait se tenir devant Lui. Ce n’est plus le « trône de la grâce » dont peuvent s’approcher avec confiance les croyants aujourd’hui, afin de recevoir miséricorde et de trouver grâce pour avoir du secours au moment opportun (Héb. 4:16). Ce n’est pas, non plus, « le trône de Sa gloire » devant lequel Christ, au début de Son règne, séparera les « brebis » d’avec les chèvres pour faire ainsi la différence entre ceux qui ont accueilli favorablement Ses envoyés (juifs) pendant la tribulation, et ceux qui les ont rejetés (Matt. 25:31-46). Il n’est plus question, non plus, du «trône de paix» (identique au trône de Sa gloire en Matthieu 25), qui constituera le centre de la gloire pendant le Millénium (1 Rois 2:33). Les qualificatifs «grand» et «blanc» ne sont attribués à aucun de ces trônes. C’est uniquement le cas pour ce trône là.

S’il est qualifié maintenant de «grand», c’est sûrement pour montrer, tout d’abord, la dignité éminente, et l’autorité de Celui qui y est assis. Mais cela indique aussi le caractère élevé et l’importance que revêt cette scène aux yeux de Dieu, ainsi que les conséquences considérables qui en résulteront. Mais le fait que le trône soit aussi décrit comme étant «blanc» est sûrement en rapport avec l’absolue pureté et la sainteté du Juge Lui-même. Ces traits de l’Être divin constitueront la base et le critère pour tous les jugements. Dieu est « lumière », et il n’y a en Lui aucunes ténèbres. Ce sont donc l’élévation et la pureté qui confèrent à ce trône son caractère particulier.

Il n’est pas dit qui est assis sur le trône. La personne n’est pas décrite avec plus de détails. Mais nous savons de qui il s’agit : c’est notre Seigneur et Sauveur, Christ, le Fils de l’homme. Nous nous souvenons de Sa parole : « Car aussi le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils, …et il lui a donné autorité de juger aussi, parce qu’il est fils de l’homme » (Jean 5:22-27). Oui, c’est Jésus de Nazareth, aujourd’hui encore largement méprisé, qui occupera là Sa place et qui prononcera le jugement définitif. Il est déjà prêt aujourd’hui à juger les vivants et les morts (1 Pi. 4:5), mais Il le fera alors : « qui va juger vivants et morts » (2 Tim. 4:1). Remarquons : vivants et morts. Il a déjà jugé les vivants (Matt. 25:31 et suiv., Apoc. 19:19 et suiv.), nous avons déjà vu cela à maintes reprises. Mais c’est maintenant qu’Il entreprendra le jugement des morts.

Avant de nous occuper de ce jugement, je voudrais attirer l’attention sur deux points, qui me paraissent importants dans ce contexte.

 

6.2.1.1              Aucun autre trône n’est visible

Alors qu’en Apocalypse 4 nous voyons, autour du trône de Dieu, 24 trônes sur lesquels sont assis 24 anciens, ici c’est tout à fait différent : nous ne voyons qu’un seul trône, un grand trône blanc.

Dans le chapitre précédent de ce livre, nous avons remarqué que durant le règne de mille ans les saints régneront avec le Seigneur Jésus. Apocalypse 20:4 indique cela par ces mots : « Et je vis des trônes, et ils étaient assis dessus, et le jugement leur fut donné ». D’autres passages du Nouveau Testament confirment le fait que nous allons régner avec Christ (cf. 1 Cor. 6:2 ; 2 Tim. 2:12 ; Apoc. 2:26,27 ; 3:21). Cette participation au gouvernement se rapporte sans doute à l’administration des choses de Dieu sur la terre, donc au gouvernement dans le sens propre du mot. Mais lorsqu’il s’agit du verdict définitif, pour savoir où un homme passera l’éternité, il n’y a pas d’assesseurs humains. Un seul a qualité pour prononcer ce jugement et pour l’exécuter : Christ.

 

6.2.1.2              Il ne s’agit pas de la venue de Christ

Il est curieux que beaucoup de commentateurs du v. 11 y ont vu l’apparition de Christ pour l’établissement de Son règne sur la terre. Pourtant on n’y trouve pas un mot là-dessus. Ceci est déjà mis en évidence par le seul fait qu’ici la terre et le ciel « s’enfuient » de devant la face de Celui qui est assis sur le trône. Il est impossible qu’Il vienne sur la terre pour y établir Son Règne, et que dans le même temps la terre et le ciel soient dissous.

Non, l’apparition du Seigneur « venant sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire » (Matt. 24:30) doit, chronologiquement, avoir lieu avant le Règne de mille ans. Car le rétablissement d’Israël et la bénédiction de la terre n’auront lieu qu’après l’exécution du jugement des vivants.

C’est pour cela que, dans notre verset, il n’y a pas la moindre allusion à une « apparition » du Seigneur. Ce qui est dit c’est : « …celui qui était assis dessus ».

 

6.2.2       La fuite de la terre et du ciel

L’élévation du Juge sera tellement grande et le caractère du jugement tellement terrible, que la terre et le ciel (atmosphérique) s’enfuiront devant la face du Juge.

Le passage de 2 Pierre 3:12 nous montre clairement ce que signifie cette fuite, et comment elle se produira. Il y est question du jour de Dieu : « les cieux en feu seront dissous et les éléments embrasés se fondront ». Un peu avant, au v. 10, il est dit du jour de Dieu : « les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elle seront brûlées entièrement ».

Est-ce là la fin de notre globe rempli d’arrogance et d’orgueil, de péché et de rébellion ? Oui. C’est justement ainsi que prendra fin, soudainement, l’histoire de cette terre misérable. Cela n’est-il pas approprié pour faire plier l’orgueil de l’homme ? Et ne devrions-nous pas, nous aussi, bien-aimés, prendre à cœur l’exhortation de l’apôtre Pierre qui se trouve cité au verset 11 de ce chapitre : « Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété ! ». Veuille le Seigneur faire que la considération de ces événements extrêmement graves ait un impact sur nos cœurs.

 

Note Bibliquest : Le texte présenté ici en petits caractères non italique, fait partie du texte intégral de l’auteur dans sa continuité originale. Nous le mettons sous cette forme singulière, car nous nous interrogeons sur son acceptabilité.

«Fuite» et «dissolution» ne signifient d’ailleurs pas « anéantissement» de la terre et du ciel. L’adjonction de l’expression « et il ne fut pas trouvé de lieu pour eux » nous met en garde contre cette déduction erronée. De même que les âmes immortelles (Matt. 10:28) ne peuvent être anéanties, de même ce que Dieu a créé ne peut simplement pas être anéanti.

D’après 2 Pierre 3 nous attendons, selon la promesse de Dieu, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice de Dieu habite (v. 13). Et le ch. 21 de l’Apocalypse commence donc aussi avec la représentation d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre ; « car le premier ciel et la première terre s’en étaient allées ».

Nous ne faisons sûrement pas erreur en supposant que les nouveaux cieux et la nouvelle terre seront construits avec les éléments de l’ancienne création. Ceci est digne de Dieu, le créateur, mais n’est pas un anéantissement de la création matérielle.

 

Nous apprenons encore quelque chose du fait que la terre et le ciel s’enfuient : Le grand trône blanc ne se trouve pas sur la terre, il n’a rien à faire avec les périodes de temps de la terre. Et plus encore. Lorsqu’il apparaît maintenant, le temps, en tant que tel, a cessé d’exister, et l’éternité a commencé. C’est la raison pour laquelle, vu ces événements, nous nous trouvons, véritablement, aux portes de l’éternité. Les verdicts qui procèdent du grand trône blanc, ont une portée éternelle, sont d’une validité perpétuelle. Même ce qui, jusque là, a servi à la mesure du temps, est révolu pour toujours : La terre et le ciel, dans leurs formes actuelles, n’existeront plus.

 

6.2.3       Les morts

« Et je vis les morts, les grands et les petits, se tenant devant le trône ; et des livres furent ouverts ; et un autre livre fut ouvert qui est celui de la vie. Et les morts furent jugés d’après les choses qui étaient écrites dans les livres, selon leurs oeuvres» (20:12).

Après les différentes opérations du jugement des vivants, ce sont maintenant les morts qui doivent comparaître devant le grand trône blanc, et cela implique leur résurrection. Le Seigneur Jésus avait parlé de cette résurrection comme étant la « résurrection de jugement » qui concernera tous ceux qui « auront fait le mal » (Jean 5:29). Qu’ils aient fait partie dans cette vie des grands ou des petits (*) de ce monde, cela n’entre absolument pas en ligne de compte. Tous, sans exception, devront maintenant comparaître devant le trône de jugement.

 

(*) Cette expression se rencontre cinq fois dans l’Apocalypse (dont quatre fois en sens inverse : 11:18 ; 13:16 ; 19:5 ; 19:18). Ce n’est qu’ici, en accord avec la gravité et la solennité de l’instant, que cet ordre est utilisé : les grands et les petits. Les paroles du Seigneur en Matt. 18:10 : « Car je vous dis que, dans les cieux, leurs anges voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux » montrent clairement que l’expression « les petits » ne se rapporte pas aux petits enfants ; les enfants en bas âge ne comparaîtront donc nullement devant le grand trône blanc. Il est vrai que, par nature, les enfants en bas âge sont aussi perdus, mais le Seigneur Jésus est venu pour les sauver (Matt. 18:11).

 

Devant ce trône se tiendront donc uniquement des morts, c’est-à-dire ces hommes qui, jusqu’à cet instant se trouvaient dans les tombes. Nous avons déjà vu qu’aucun saint n’en fera partie, quelque ait été l’époque à laquelle il vivait. Le premier grand groupe de saints avait eu part à la « première résurrection ». Ils sont déjà au ciel, à cet instant, depuis mille ans et plus. Et du deuxième grand groupe, celui des saints du millénium, aucun ne meurt (*). Ils seront gardés et emmenés par Christ sur la nouvelle terre. Ceux qui seront jugés ici ne seront effectivement que des hommes qui sont morts dans leurs péchés, des méchants. Il convient donc de rappeler une fois encore, qu’il n’y aura pas de résurrection générale. Il y aura une résurrection des justes et une autre, celle des injustes (Act. 24:15).

 

(*) Cette pensée est aussi fondée sur les paroles que le Seigneur dira aux « brebis » qui seront à la droite de Son trône : « Venez, les bénis de mon Père, héritez du royaume qui vous est préparé dès la fondation du monde » (Matt. 25:34). S’ils doivent hériter du Royaume, ils ne pourront pas y mourir. Et lorsque le Seigneur Jésus à la fin de ce chapitre, dit au sujet de ces justes qu’ils « s’en iront dans la vie éternelle », cela exclut aussi leur mort. Car comme « justes » ils posséderont déjà la vie dans le sens où nous aussi la possédons. Dans leur cas il ne peut donc s’agir que d’une libération totale de la revendication et de la puissance de la mort.

 

6.2.3.1              La manifestation devant le tribunal du Christ

Notons à cette occasion qu’il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal du Christ (2 Cor. 5:10), nous aussi, les croyants. Ce « nous » concerne effectivement tous les hommes, comme on peut le déduire du contexte. Mais dans le cas des croyants, il s’agit exclusivement d’une manifestation, d’une appréciation portée sur leur marche et sur leurs actes sur la terre, et non pas d’un jugement de leur personne. Dans ce sens là les croyants ne viendront jamais en jugement (Jean 5:24 ; Héb. 9:28).

Cette appréciation tiendra compte, en outre, du fait qu’ils sont des fils de Dieu ; car le Seigneur Jésus examinera dans quelle mesure ils ont correspondu, dans la pratique, à la position qu’Il leur avait offerte. Cela sera sûrement une question très sérieuse, qui devrait, maintenant déjà, être davantage l’objet des réflexions de notre âme.

Et pourtant, une âme qui craint Dieu souhaite la venue de cet instant. Ne désire-t-elle pas voir un jour, tout ce qui a constitué sa propre vie, de la même manière que celle dont le Seigneur l’a toujours vu. Cette concordance de vue parfaite avec le Seigneur Jésus relativement à chaque détail de notre vie doit être quelque chose de très précieux. Combien nous admirerons la fidélité de Dieu, qui, malgré nos nombreuses défaillances, nous aura amenés au but glorieux ! Et alors il y aura encore des récompenses, — récompenses pour la fidélité manifestée au Seigneur. Ce qu’Il a pu susciter par Sa propre grâce dans la vie des Siens, cela Il le récompensera encore. La grâce pourrait-t-elle être plus grande ?

Et avec quel corps paraîtront-ils là ? Ils seront revêtus d’un corps de gloire, « conforme au corps de sa gloire » (Phil. 3:21). « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3:2). Le moment, aussi, de la manifestation des enfants de Dieu devant le tribunal du Christ sera tout autre que celui devant lequel nous nous trouvons ici. Il aura lieu avant les noces de l’Agneau ; car là « il lui a été donné d’être vêtue de fin lin, éclatant et pur, car le fin lin, ce sont les justices des saints » (Apoc. 19:7, 8).

Mais dans le cas des incrédules la manifestation devant le tribunal de Christ signifie leur jugement devant le grand trône blanc. Et nous allons voir qu’ils seront jugés non seulement quant à à leur personne, mais aussi quant à leurs actes.

 

6.2.3.2              Des livres sont ouverts

Des livres sont ouverts maintenant, et les morts sont jugés d’après les choses qui y sont écrites, c’est-à-dire selon leurs œuvres. Ceci montre clairement, une fois encore, qu’il s’agit d’un jugement personnel, et pas seulement d’une condamnation universelle de tous. Dieu, dans Sa justice et dans Sa pureté s’occupera de chaque conscience individuellement, et convaincra chaque homme de sa culpabilité. Aucun ne pourra se plaindre que son cas n’aurait pas été examiné avec suffisamment de soin. Le juste Juge traitera chaque cas individuellement et pèsera toutes les actions sur la balance de la vérité et de la justice.

Pour convaincre les pécheurs, Il utilisera ces « livres ». Dans l’Ancien Testament il est fait mention, dans un autre ordre d’idée, d’un « livre de souvenir » (Mal. 3:16), et je pense que c’est là la signification de ces livres. Ils servent à se souvenir des détails de la vie personnelle. Naturellement Dieu n’a pas besoin de se remettre les choses en mémoire. À Ses yeux toutes choses sont nues et découvertes, et il n’y a aucune créature qui soit cachée devant Lui (Héb. 4:13). Le passé le plus éloigné est pour Lui comme le présent. Mais le Juge de la terre montrera aux hommes, en s’appuyant sur ces livres, tout le cours de leur vie, qu’ils auront parcouru, aussi éloigné qu’il ait été dans le temps. Qu’il s’agisse de Caïn et de ses contemporains (décrits dans les premières pages de la Bible) ou de ceux qui ont accepté la marque de la bête (décrits dans les dernières pages de la Bible) — ils retrouveront tous le cours de leur vie, même les choses désagréables qu’ils se sont plu à refouler pendant leur vie.

Les hommes qui se tiendront devant le grand trône blanc, auront vécu à des époques différentes de l’histoire de l’humanité. Certains n’auront connu ni la loi du Sinaï ni la Parole de la grâce de Dieu. Mais ils auront eu le témoignage de Dieu dans la création et dans la conscience (Rom. 1 et 2), et ils seront jugés selon leur comportement vis-à-vis de ces témoignages : « Car tous ceux qui ont péché sans loi, périront aussi sans loi » (Rom. 2:12).

Ensuite il y aura là le grand groupe de ceux qui se sont vantés d’être des disciples de Moïse, mais qui ont violé la loi. À eux s’applique la deuxième phrase du verset cité : « et tous ceux qui ont péché sous la loi, seront jugés par la loi ».

Il me semble presque voir comme si — en plus des livres qui contiennent les œuvres des hommes — le Juge présentait la Bible ouverte aux yeux de ceux qui se tiennent devant le trône. Et qui oserait défendre ses actions injustes, en ayant devant lui le témoignage des Saintes Écritures ? Le Seigneur Jésus a dit autrefois : « la parole que j’ai dite, celle-là le jugera au dernier jour » (Jean 12:48). Oui, « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Matt. 24:35).

Un troisième grand groupe sera celui de la profession chrétienne, de ceux qui ont bien eu le nom de vivre, mais qui n’ont jamais été autrement que morts spirituellement (Apoc. 3:1). Ils ont bien porté le nom de chrétien pendant leur vie, mais il n’y avait jamais eu une relation vivante avec Lui. Ils ont fait partie de l’«ivraie», «des vierges folles». Ils ont entendu Ses avertissements de ne pas se contenter d’une simple profession, et ont approché de si près Sa grâce ; mais malgré tout cela ils L’ont rejeté. Ô chrétienté sans Christ ! Ils se tiendront alors tous là, il leur sera rappelé qu’ils ont autrefois entendu la parole de la croix, mais « qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés » (2 Thess. 2:10). Ne sera-ce pas là le groupe le plus coupable de tous les pécheurs ?

Le jugement de Dieu sera juste, absolument juste. La rigueur de la peine sera en fonction des privilèges dont chacun aura joui, et comment il y a répondu ensuite. Dans Luc 12 il est fait mention de «peu de coups» ou de «plusieurs coups» [ou : « beaucoup de coups »] (v. 47, 48), et dans l’évangile de Matthieu de villes dont le sort sera «plus supportable» au jour du jugement que celui d’autres villes (Matt. 10:15 ; 11:24). Ce sont là des allusions au fait que Dieu fera des différences lors de l’exercice du jugement. Il jugera les hommes « selon leurs œuvres ». Mais la durée du jugement sera éternelle dans tous les cas.

 

6.2.3.3              Le livre de vie

C’est comme si Dieu avait une «double comptabilité», une positive et une négative. Le verset suivant, qui parle d’un « autre livre », suggère cette pensée :

« et un autre livre fut ouvert qui est celui de la vie »(20:12).

Les œuvres de chacun des hommes, individuellement, ne constitueront pas la seule base (*) pour le verdict de Dieu ; mais Il s’occupera aussi de leur personne pour tenir compte de la position prise vis-à-vis de Son Fils. C’est pour cette raison que le livre de vie (2*) sera encore ouvert, maintenant. Vos noms, sont-ils enregistrés là ? Ceci est la deuxième question, celle qui décide de tout. Car après que la culpabilité ait été manifestée d’après les livres, il faudra encore que soit établi clairement devant la cour de justice, si celui qui comparait avait, oui ou non, fait usage, en son temps, de l’offre de la grâce de Dieu en Christ. S’il en avait fait usage, son nom serait enregistré dans le livre de vie. Mais s’il ne l’a pas fait, son nom ne s’y trouvera pas.

 

(*) Il convient de noter que Dieu ne jugera pas l’homme parce qu’il a une nature méchante. Mais Il le rend responsable quand il cède à cette nature et qu’il produit de méchantes œuvres. Son jugement est en accord avec « les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal » (2 Cor. 5:10). Pour ce que l’homme est par nature, il est perdu. Pour ce qu’il a fait, il sera jugé. En accord avec cela il est dit en Éph. 5:6 : « à cause de ces choses, la colère de Dieu vient sur les fils de la désobéissance ».

(2*) Il est aussi fait référence à ce livre en 13:8 et 17:8. C’est le livre de la réalité dans lequel tous les vrais croyants sont enregistrés. En 3:5, par contre, nous avons le livre de la profession chrétienne, laquelle peut être véritable ou fausse.

 

J’ai souvent essayé, avec une gravité profonde, de me représenter cette scène. Elle sera certainement dramatique et bouleversante. Dieu veuille que mon lecteur ne la connaisse pas ! Les hommes retiendront leur respiration en suivant, pour ainsi dire, «le doigt de Dieu» qui glissera sur les différentes «rubriques» de ce livre. Peut être y aura-t-il encore un très faible espoir en eux : «Est-ce que mon nom ne pourrait pas s’y trouver quand même ?». Non, pas un seul nom de ceux qui comparaissent devant le grand trône blanc ne se trouvera dans le livre de vie, non pas un seul. Ce sera bouleversant. Ils ne se seront jamais souciés de ce livre pendant leur vie, ils n’auront jamais connu une nouvelle naissance, ils ne se seront jamais véritablement convertis à Dieu. Maintenant c’est trop tard, pour toujours. Ils entendront de la bouche du Juge ces paroles : « Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui pratiquez l’iniquité » (Matt. 7:23). Nous lisons alors à la fin de ce chapitre :

 

« Et si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu » (20:15).

Lorsqu’il est dit ici : « Si quelqu’un n’était pas trouvé », ceci ne veut nullement dire, que l’un ou l’autre pourrait pourtant s’y trouver. C’est simplement la contre-preuve décisive et la manière de s’exprimer de l’Écriture pour indiquer que personne ne s’y trouve.

Sommes-nous suffisamment reconnaissants, bien-aimés, de ce que nos noms soient écrits dans les cieux, dans le « livre de vie de l’Agneau » (Apoc. 21:27). Sûrement pas ! Lorsqu’un jour les disciples du Seigneur revinrent vers Lui avec joie parce que les démons mêmes leur étaient assujettis, Il leur répondit « toutefois ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont assujettis, mais réjouissez-vous parce que vos noms sont écrits dans les cieux » (Luc 10:20). Oui, ceci est une base éternelle pour la joie. Notre sécurité éternelle ne repose pas sur notre responsabilité — si tel était le cas, nous serions, nous aussi, éternellement perdus —, mais elle repose sur le sang de l’Agneau. Combien nous aimons à nous prosterner, maintenant déjà, devant l’Agneau de Dieu, qui a porté nos péchés ! Nous le ferons pendant toute l’éternité.

 

6.2.4       La mort et le hadès

Pour montrer qu’aucun pécheur ne pourra échapper au jugement, il est ajouté :

« Et la mer rendit les morts qui étaient en elle ; et la mort et le hadès rendirent les morts qui étaient en eux, et ils furent jugés chacun selon leurs œuvres » (20:13).

Le contenu de ce verset se passe, chronologiquement, avant ce qui nous est rapporté au verset 12.

D’innombrables hommes ont, au cours des siècles, trouvé la mort dans les profondeurs des océans. Et il est certain que beaucoup plus d’hommes ont été ensevelis normalement et reposent dans la terre. Ils ont été pris du sol, et ils retournent à la terre, à la poussière. C’est ainsi que Dieu l’a dit (Gen. 3:19). Beaucoup, par crainte de ce qui pourrait arriver après la mort, se font incinérer. Beaucoup de gens de la chrétienté adoptent malheureusement de plus en plus cette coutume païenne, qui est contraire à la pensée de Dieu. Mais cela ne change rien à deux faits irréversibles :

·       que leur corps est retenu prisonnier par la «mort», et leur âme enfermée en «hadès» ;

·       que la mort, aussi bien que le hadès seront obligés de libérer leur proie à la parole du Fils de Dieu : Ils ressusciteront.

 

En soi, la mort naturelle, corporelle, est un état caractérisé par la séparation de l’âme et du corps. Le hadès, également est un état, mais il est aussi un lieu. C’est là que se trouvent ceux qui ont quitté la scène de ce monde, mais ils y sont en tant qu’esprits, leurs âmes s’y trouvent (Actes 2:27) ; ils ne sont pas revêtus d’un corps.

Or dans notre verset la mort et le hadès sont représentés comme personnifiés, comme s’il s’agissait de personnes. Et dans ce sens, la mort a à faire avec le corps, et le hadès avec l’âme des défunts. Ensemble ils tiennent en leur pouvoir le corps et l’âme, l’homme complet. En 1 Cor. 15:26 on trouve une manière semblable de présenter les choses. La mort y est désignée comme le «dernier ennemi» qui sera aboli. Et ceci est justement le point sur lequel nous nous arrêtons ici, et dont il s’agit. Christ brisera le pouvoir de la mort et du hadès — car ils représentent la puissance de Satan — et les ôtera pour toujours de devant la face de Dieu. En outre, comme souillés par le caractère de ceux qu’ils gardaient en détention, ils seront jetés dans le feu éternel du jugement de Dieu. Le ciel et la terre passeront, pour renaître sous une nouvelle forme. Il n’en sera pas ainsi pour la mort et le hadès. Ils seront définitivement mis de côté sur le chemin du jugement divin. Il n’y aura plus de place pour eux dans un monde parfaitement dégagé du péché.

Lorsque les justes ressusciteront, la mort sera engloutie en victoire vis-à-vis d’eux. « Où est, ô mort, ta victoire ? » pourront-ils s’écrier en triomphe (1 Cor. 15: 54-55). À l’inverse, la résurrection des méchants n’est pas une victoire pour eux — bien au contraire ! Eux, qui jusque-là avaient été des prisonniers de la mort et du hadès, partageront dorénavant avec eux le même sort, l’étang de feu.

 

6.2.5       La seconde mort

« Et la mort et le hadès furent jetés dans l’étang de feu : c’est ici la seconde mort, l’étang de feu » (20:14).

Peut-il y avoir un triomphe plus grand pour notre Seigneur et notre Rédempteur, Lui qui, jadis a été obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix (Phil. 2:8) ? Car ici nous voyons qu’Il a le pouvoir et qu’Il est disposé à « s’assujettir même toutes choses » (Phil. 3:21). Le dernier acte de ce processus qui s’étend sur beaucoup d’années, se présente à nous dans ce verset. Combien resplendiront Sa puissance et Sa gloire en face de tout le mal !

La « seconde mort » est en contraste avec la première mort, celle du corps. La mort signifie toujours «séparation». La mort physique (séparation de l’âme et du corps) est entrée dans le monde à la suite du péché. Par le péché d’un seul homme, la mort a passé à tous les hommes du fait que tous ont péché (Rom. 5:12).

Mais c’est justement du fait que l’homme est pécheur et qu’il a une nature pécheresse, qu’il est aussi mort spirituellement, mort pour Dieu, mort dans ses fautes et dans ses péchés (Éph. 2:1). Cette «mort spirituelle» est la séparation de Dieu, l’aliénation d’avec Lui (le fait que l’âme lui soit rendue étrangère). Cela est exprimé dans l’épître aux Éphésiens comme suit : « étant étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur » (Éph. 4:18). Mais si quelqu’un, malgré toutes les efforts d’amour de Dieu, persiste dans cet endurcissement de son cœur, Dieu lui fera connaître, en ce dernier jour, Sa colère et Sa puissance (Rom. 9:22), et le livrera à la seconde mort. Et cette seconde mort est la séparation de l’homme tout entier (esprit, âme et corps) d’avec Dieu, associée à un châtiment éternel sous Sa colère. C’est ce dont parle l’« étang de feu », brûlant de feu et de soufre (Apoc. 21:8).

Avec le jugement de ceux qui se tiendront devant le grand trône blanc, les voies de Dieu avec les hommes prendront fin pour toujours et définitivement. Pour chacun d’entre eux, le sort en est jeté pour toujours. À l’endroit où l’arbre est tombé, là il sera (Eccl. 11:3). Les justes sont entrés dans la vie éternelle, les méchants ont été jetés dans l’étang de feu. Et cela restera éternellement ainsi.

Pensée insondable ! Jamais plus de changement dans l’univers de Dieu ! Christ, selon le conseil de Dieu, a amené toutes choses d’une manière parfaite dans un état qui pourra alors rester inchangé éternellement, et qui le restera. Nous nous en occuperons au chapitre suivant.

 

 

7                    L’état éternel

7.1   Les nouveaux cieux et la nouvelle terre

Avec les huit premiers versets du ch. 21 de l’Apocalypse, nous arrivons à une section qui dépeint l’éternité. Il existe un vieux cantique qui commence avec ces paroles fortes et impressionnantes :

« Ô éternité, mot qui éclate comme le tonnerre »

Que de fois, j’ai médité sur la vérité de cette courte expression. La pensée de l’éternité est effectivement si prodigieuse qu’elle pourrait faire éclater notre faible cœur. Ce que l’« éternité » exprime réellement n’est pas concevable pour l’esprit humain. Qu’est-ce que renferment la « perdition éternelle », la « félicité éternelle » ? La portée et les transformations que ce mot d’« éternité » impliquent, sont si incommensurables qu’aucun mortel ne peut s’en faire la moindre idée. C’est bien la raison pour laquelle l’Écriture Sainte ne nous en révèle que très peu de chose. Des indications directes sur l’état éternel figurent en 1 Cor. 15:24-28, Éph. 3:21, et dans le passage déjà cité de 2 Pierre 3:13. L’expression « Son repos » dans sa pleine signification, le repos de Dieu d’Hébreux 3 et 4, se rapporte indiscutablement à l’état éternel.

La description la plus étendue et la plus détaillée de ce que nous appelons l’« état éternel » figure dans les huit premiers versets d’Apoc. 21. Ces versets constituent la dernière partie de cette section du livre qui trace chronologiquement les événements des temps de la fin, de manière concise et forte. Nous nous rappelons que cette section commence au ch. 19 v.11, avec la descente de Christ depuis les cieux ouverts. Finalement, après le règne millénaire, nous avons été occupés de la dernière bataille autour de la « cité bien-aimée », du sort final du diable jeté dans l’étang de feu, de la résurrection des morts et du jugement définitif de ceux-ci devant le grand trône blanc. La résurrection de tous les impies fait encore partie de ce qui est « dans le temps », en sorte que leur jugement devant le grand trône blanc a lieu déjà au seuil de l’éternité. Ce qui nous est présenté dans les huit premiers versets du ch. 21 se rattache donc directement à la fin du ch. 20.

Ainsi donc, la présente division en chapitres est plutôt malheureuse et induit en erreur. Si le ch. 21 avait commencé au v. 9, la structure du texte apparaitrait bien mieux. Tout au début de cet ouvrage, j’ai déjà indiqué qu’après la description de l’état éternel des huit premiers versets du ch. 21, il nous est donné une sorte de rétrospective sur le temps du royaume qui a précédé. Cette section continue jusqu’au ch. 22 v.5, et décrit l’assemblée dans la gloire, dans ses relations avec la terre pendant le règne millénaire. Nous allons voir qu’il en est bien ainsi en considérant les détails, et en examinant avec l’aide de Dieu les raisons d’une telle rétrospective. Mais, pour le moment, il est important de retenir au moins ceci : tout ce qui est rapporté à partir du ch. 21 v.9, concerne des affaires antérieures à ce qui est décrit dans les versets 1 à 8.

Si nous désirons maintenant nous faire une idée de ce que l’Écriture Sainte présente dans ce passage au sujet de l’état éternel, nous ne pouvons que demander à Dieu la grâce qu’Il veuille nous accorder le respect et la sobriété nécessaires, mais aussi un cœur large. Que d’un côté, Il veuille nous préserver d’aller au-delà de ce qui est révélé ; mais que d’un autre côté, Il veuille nous aider à sonder avec zèle et à comprendre ce qu’il Lui a plu de révéler sur ce sujet si élevé !

 

7.1.1       Dans quelle mesure le ciel et la terre sont-ils nouveaux ?

C’est un huitième « Et je vis » qui introduit la dernière scène de cette série de visions :

« Et je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés ; et la mer n’est plus » (21:1).

Nous avons vu au chapitre précédent, comment la terre et le ciel s’étaient « enfuis » de devant la face de Celui qui était assis sur le trône. C’est ce à quoi il est fait allusion ici, quand il est dit que le premier ciel et la première terre « s’en étaient allés ». On a déjà remarqué que cela ne signifie pas leur « anéantissement ». Lorsqu’en Hébreux 1:11, 12, Dieu parle de la terre et des cieux visibles qui périront, (il ne s’agit que de ceux-ci, et non pas du lieu d’habitation éternelle de Dieu), Il les compare à un vieil habit que le Fils, le Seigneur Jésus, pliera comme un vêtement. Or « plier » n’est pas anéantir. Et c’est pourquoi il est aussi ajouté : « Et ils seront changés ». En accord avec cela, l’apôtre Paul écrit aux Corinthiens : « Car la figure (*) de ce monde passe » (1 Cor. 7:31), c’est-à-dire la forme sous laquelle nous le voyons aujourd’hui.

 

(*) Le mot utilisé ici pour « figure » (en grec schema) exprime la forme apparente extérieure, spécifique d’une chose ou d’une personne, plus précisément son aspect extérieur. — Pour ce qui concerne le nouveau ciel et la nouvelle terre : de même que notre corps de résurrection sera formé à partir de l’ancien (1 Cor. 15:51), et de même qu’un vase d’argile gâté est utilisé pour en faire un nouveau (Jér. 18:4), de la même manière, le nouveau ciel et la nouvelle terre seront formés à partir des éléments de l’ancienne création. À ce propos, nous ne devons pas penser au « ciel » comme étant le « firmament », l’univers tout entier. Bien des choses font penser qu’il ne s’agit que du ciel atmosphérique, le ciel qui est en relation spéciale avec la terre en tant que résultat du second jour de la création (Gen. 1:6-8). Selon les pensées de Dieu, il constitue un système lié à la terre. Dans ce système, Satan, le « chef de l’autorité de l’air » (Éph. 2:2), a accès depuis toujours (Job 1:7 ; 2:2) et jusqu’à aujourd’hui (Éph. 6:12). C’est sa sphère d’influence.

 

Dieu fera toutes choses nouvelles. Tout sortira à neuf de la main de Celui qui est assis sur le trône (21:5). Pour cela, il faut qu’à côté de changements moraux, interviennent aussi des transformations sous la forme de bouleversements physiques d’une ampleur inimaginable. Ils amèneront à neuf la terre et le ciel qui s’y rattache, mais ils ne seront pas ‘nouveaux’ dans le sens d’une terre entièrement autre, et d’un ciel entièrement autre. « Nouveau », ou « à neuf », désignent manifestement un autre état de la terre et du ciel. Cela est souligné par le terme que le Saint Esprit utilise pour « nouveau ».

La langue grecque possède plusieurs mots qui expriment l’idée de quelque chose de nouveau. Or ici c’est le mot « kainos » qui est utilisé ; il signifie « nouveau » dans le sens de « jeune, frais, non encore utilisé, inconnu, inhabituel », non pas nouveau chronologiquement, mais nouveau dans son aspect extérieur, sa qualité, son caractère. Or c’est justement ce qui semble être ici la pensée, quand il est parlé d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre. Il y a lieu aussi de remarquer que le contraste est entre le « nouveau » et « premier » ciel, entre « nouvelle » et la « première » terre.

Le prophète Ésaïe avait été le premier à parler, sous la direction de Dieu, d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre, en donnant au mot « nouveau » le même sens qu’ici en Apocalypse : « Car voici, je crée de nouveaux cieux et une nouvelle terre, et on ne se souviendra plus de ceux qui ont précédé, et ils ne monteront pas au cœur » (És. 65:17). La version des Septante, traduction grecque de l’Ancien Testament, utilise donc ici aussi le mot « kainos » (et en És. 66:22).

Retenons toutefois que ces passages ne décrivent pas encore l’état éternel. Bien que les mêmes expressions « nouveau ciel » et « nouvelle terre » soient utilisées, cependant ces expressions ne peuvent guère signifier davantage qu’un renouveau du ciel et de la terre sur le plan moral lors du règne millénaire. Non seulement le ciel sera délivré de la présence et de la puissance de Satan (Apoc. 12:10 et suiv. ; Éph. 6:12), mais la terre aussi, et même toute la création sera affranchie de la servitude de la corruption, et libérée des conséquences de la malédiction (Rom. 8:21 ; Ps. 67 et 72).

Ce sera, en vérité, un état béni et merveilleux pour le ciel et pour la terre. Cependant, ce n’est pas encore l’état éternel. Car, malgré toute la bénédiction de ce temps de règne de paix de Christ, la mort subsistera (És. 65:20). Il y aura aussi des « îles » et des « bateaux » dans ce temps du royaume (És. 60:9), ce qui présuppose indiscutablement l’existence de la mer. En Apoc. 21, par contre, il est expressément établi que « la mer n’est plus » (Apoc. 21:1).

Cette déclaration peut sans doute être interprétée de différentes manières. Souvenons-nous tout d’abord de la signification symbolique de la « mer ». Elle préfigure les masses des peuples en tumulte, qui se soustraient au contrôle du gouvernement de Dieu (Apoc. 13:1 ; Dan. 7:2, 3 ; És. 57:20). La « mer » comporte l’idée de ce qui, en soi, est vague, incertain, instable, indocile, quelque chose qui ne se soumet à aucun ordre divin ou humain.

Si nous ne perdons pas de vue ces différents points de vue, combien ces mots apparaissent lourds de sens : « Et la mer n’est plus » ! Sur la nouvelle terre, et en contraste complet avec le jour actuel, il n’y aura plus rien de vague ou d’incertain, d’instable ou d’incontrôlé, plus rien qui n’échappe au contrôle de Dieu. Tout sera en parfait accord et en parfaite harmonie avec Sa volonté.

Ce n’est qu’alors, me semble-t-il, que sera pleinement accomplie la prière de si vaste portée qu’on appelle le « Notre Père » : « Que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre » (Matt. 6:10). Parmi la multitude des habitants du ciel et de la terre, il n’y en aura pas un seul qui ne sera pas conforme en tout à la volonté de Dieu. « Temps béni ! » voudrait-on proclamer, si tant est qu’on puisse encore l’appeler « temps », car il s’agit de l’éternité. Le temps sera déjà changé en l’éternel jour de Dieu (2 Pierre 3:12).

Mais la mer était aussi l’élément de séparation entre les continents. Nous apprenons donc ici qu’il n’y aura plus rien de ce qui pourrait séparer les hommes les uns des autres. Quelle heureuse pensée ! Rien n’empêchera plus les habitants de la terre d’avoir des relations paisibles entre eux et d’avoir communion les uns avec les autres. Dieu ôtera pour cela toute barrière.

Mais il me semble que la « mer » ici, peut être aussi comprise de façon tout à fait littérale. Cette façon de voir est aussi étayée par le fait que, dans la section qui nous occupe (19:11 à 21:8), le langage symbolique passe à l’arrière-plan, et que le mot « mer » est utilisé, en fait, dans son sens matériel : « Et la mer rendit les morts qui étaient en elle » (20:13). Or si la mer, et à cause d’elle l’atmosphère que nous connaissons, ne subsistent pas, alors aucune vie organique ne peut exister. Après des changements physiques considérables, il y aura une nouvelle vie sur la nouvelle terre, une autre vie, une vie d’un ordre plus élevé. Les hommes rachetés et transmués vivront sur cette terre, comme nous allons encore le voir tout de suite.

« La mer n’est plus » — bienheureuse pensée ! Cet état d’imperfection caractérisé par la mer, aura sa fin pour toujours. Ce qui séparait les hommes, ce par quoi l’ordre (symbolisé par la terre) était dévasté, gaspillé et dévoré, n’existera plus. Au lieu de cela, tout sera interconnecté, certain et stable, éternellement assuré. Sur la nouvelle terre, les hommes habiteront dans la paix et le bonheur. Tout sera parfait et subsistera ainsi éternellement — à la gloire de Dieu. Merveilleuse perspective !

 

7.2   La nouvelle Jérusalem — 21:2

Maintenant un nouvel objet capte le regard du voyant :

« Et je vis la sainte cité, nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son mari » (Apocalypse 21:2).

 

Lorsqu’il s’agit du nouveau ciel et de la nouvelle terre, il n’est donné aucune description de leur grandeur, de leur aspect ou de leur constitution. Il suffit qu’il nous soit communiqué qu’ils sont entièrement nouveaux et qu’ils forment la plate-forme appropriée et immuable pour le déploiement éternel de la gloire de Dieu.

Mais quant à ce que Jean voit maintenant, il en va autrement. Il voit une ville descendant du ciel, et d’elle il nous est rapporté cinq points qui nous en délivrent une image globale :

·       elle est sainte,

·       dans son caractère en tant que Jérusalem, elle est nouvelle,

·       sa provenance et son caractère sont célestes,

·       son origine est divine,

·       elle est préparée comme une épouse ornée pour son mari.

 

Il suffit d’un coup d’œil rapide sur ces cinq caractères de la ville, pour nous donner l’impression que, derrière l’image de la ville, se cache l’assemblée de Dieu, la vraie église dans la gloire. En allant plus avant dans la considération de la ville, cette impression devient une certitude, qui se renforce encore quand nous saisissons ce qui nous est dit de la ville dans le paragraphe suivant. Là on revient en arrière et on se situe à l’époque du règne de mille ans, et il est alors significatif que la « sainte cité, Jérusalem » soit mise comme l’égale de « l’épouse, la femme de l’Agneau ».

Babylone, la fausse église du temps de la fin est appelée « la grande ville » (18:10, 16, 18). Or la vraie église forme la « sainte cité ». Tout en elle est en harmonie avec la nature de Dieu (Éph. 1:4) et avec toute la scène où elle se meut. La désignation de « sainte cité » apparaît trois fois dans l’Apocalypse (11:2 ; 21:2 ; 22:19). Tandis que le premier passage se rapporte littéralement à la Jérusalem terrestre, les deux autres passages montrent le caractère saint de l’église glorifiée. Il reste à remarquer que l’image d’une ville [= cité] parle d’un système bien ordonné, et dans ce cas créé par Dieu, à l’intérieur duquel il y a une communion et on jouit de relations, et où il y a de la place pour habiter et de la place pour rester. Combien cette pensée aussi nous réjouit ! Dans le Nouveau Testament, l’assemblée n’est jamais auparavant comparée à une ville : on ne trouve cela qu’à la fin du livre de l’Apocalypse.

Mais cette ville, l’assemblée glorifiée, est aussi appelée la nouvelle Jérusalem. Déjà dans ses promesses au vainqueur de Philadelphie, le Seigneur montre cette scène de l’éternité, et parle de « la cité de mon Dieu », la « nouvelle Jérusalem qui descend d’auprès de mon Dieu » (3:12). Cette désignation de « nouvelle Jérusalem » souligne certainement le contraste avec l’ancienne Jérusalem, la ville au sens littéral, liée au peuple de Dieu. Au chapitre 20 nous trouvons en dernier le titre gracieux de « la cité bien-aimée » (v. 9). Cette ville [terrestre de Jérusalem] a cependant à ce moment-là rempli son rôle et a cessé d’exister. La « Jérusalem d’en haut, qui est notre mère » (Gal. 4:26) et qui porte alors le nom de « nouvelle Jérusalem », demeure éternellement. Il vaut la peine de remarquer alors, que l’assemblée au temps du règne de Christ de mille ans, est décrite comme « la cité sainte, Jérusalem » (21:10) ; elle ne porte le qualificatif de nouveau qu’en rapport avec l’état éternel. « Voici, je fais toutes choses nouvelles » est la parole de Celui qui est assis sur le trône (v. 5).

Le fait que la ville descende du ciel montre que le lieu d’origine, le lieu qui lui est propre est le ciel. Là où Dieu habite, c’est là qu’elle est chez elle. Elle porte ainsi un caractère absolument céleste. En principe c’est déjà vrai pour les rachetés du temps de la grâce. Dieu les a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes (Éph. 1:3). Et Il les a fait asseoir en Christ dans les lieux célestes (Éph. 2:6). Combien peu nous réalisons et nous goûtons que c’est là notre position ! « Tel est le céleste, tels aussi sont les célestes » (1 Cor. 15:48). Cependant quel changement ce sera pour nous quand nous pourrons jouir de manière parfaite des bénédictions qui nous ont été accordées en Christ, dans la gloire du ciel et dans la présence immédiate de Dieu !

Le qualificatif « de Dieu » montre que l’assemblée qui est alors dans la gloire est d’origine divine. C’est dans Son cœur qu’on trouve tout ce que l’assemblée est et tout ce dont elle jouit. Tout provient de Lui. L’assemblée est l’œuvre de Ses mains, Sa création la plus élevée. Cela ne nous touche-t-il pas profondément quand nous pensons au prix d’achat infiniment élevé qu’Il a dû payer pour elle : « Il l’a acquise au prix du sang de son propre Fils » (Actes 20:28).

Mais voilà que soudain l’image de la ville se change en celui d’une épouse : « préparée comme une épouse ornée pour son mari ». Le symbole d’une ville ne suffi plus quand il s’agit de représenter l’affection du Seigneur pour Son assemblée. Mille ans se sont écoulés depuis les noces de l’Agneau (19:7, 8), et il est dit pourtant « sa femme s’est préparée ». Entre temps le ciel et la terre auront été dissous, le temps et le caractère passager des choses auront fait place à l’éternité et à la stabilité absolue. Mais les affections entre l’époux et l’épouse et réciproquement sont aussi fraîches et lumineuses qu’au commencement. Après mille ans de gloire et de bénédiction inimaginables, l’assemblée sera encore vue comme une épouse ornée pour son mari. Elle n’a rien perdu de sa fraîcheur et de sa beauté pour le Seigneur Jésus.

Dès le début Il a vu l’assemblée dans sa beauté, et à cause d’elle Il a tout abandonné, tout ce qu’Il avait, pour posséder cette perle (Matt. 13:45-46). Oui, Il a aimé l’assemblée et s’est livré Lui-même pour elle. Cela a été l’expression la plus haute de Son amour pour elle. Après qu’Il l’a acquise pour Lui, Il l’a soignée et purifiée dans Son amour infatigable pendant tout le temps de son existence sur la terre. Elle doit Lui correspondre moralement déjà sur la terre le plus largement possible. Mais une troisième preuve merveilleuse de Son amour a été qu’Il l’a prise auprès de Lui et qu’Il se l’est présentée, glorieuse, « afin qu’elle n’ait plus ni tache, ni ride ni rien de semblable, mais qu’elle fut sainte et irréprochable » (Éph. 5:25-27). Depuis lors, elle séjourne auprès de Lui dans la gloire, et Il se rassasie de contempler Son épouse glorifiée, pour laquelle Il a été en agonie autrefois sur la croix, environné de ténèbres.

Oui, Son amour est aussi incompréhensible que Lui-même. Il l’était hier, il l’est aujourd’hui, et il le restera le même dans toute l’éternité. Les relations intimes entre Christ et l’assemblée, représentées par la relation entre l’époux et l’épouse, seront immuables éternellement, et garderont toujours toute leur fraîcheur. Bien que l’assemblée soit la femme de l’Agneau, elle est et demeure l’épouse [terme spécifique pour le jour du mariage]. Ce sera déjà visible durant le règne de mille ans (21:9), et il en sera et restera ainsi dans l’état éternel. L’expression « préparée comme une épouse ornée pour son mari » en est une preuve supplémentaire.

Qui peut mesurer l’amour de Christ et la grâce de Dieu qui nous seront donnés éternellement ? Certainement Dieu montrera dans les siècles à venir (c’est-à-dire dans l’éternité) les richesses insondables de Sa grâce dans Sa bonté envers nous dans le Christ Jésus (Éph 2:7).

 

 

7.3      Le tabernacle de Dieu avec les hommes — 21:3

Une grande voix venant du ciel attire maintenant l’attention du voyant :

« Et j’ouïs une grande voix venant du ciel, disant : Voici, l’habitation [litt.: le tabernacle] de Dieu est avec les hommes, et Il habitera avec eux ; et ils seront son peuple, et Dieu Lui-même sera avec eux, leur Dieu » (21:3).

Nous désirons considérer la richesse des pensées contenues dans ce verset sous cinq aspects qu’on peut à peu près ramener aux questions suivantes :

1) Que faut-il comprendre par l’image de l’« habitation [ou : le tabernacle] de Dieu » ?

2) Qui sont les « hommes » sur la nouvelle terre ?

3) Pourquoi n’est-il plus fait mention de l’« Agneau » ?

4) Pourquoi est-il parlé de l’« habitation » ou « tabernacle », et non d’un « temple » ?

5) En quoi consistent les relations des rachetés avec Dieu, dans la nouvelle création ?

 

Bien sûr, toutes ces questions complexes se recouvrent partiellement. Nous désirons cependant les distinguer autant que possible, et les considérer successivement. Le premier aspect concerne l’« habitation ou tabernacle » de Dieu.

 

7.3.1       Qui constitue l’habitation (ou : tabernacle) de Dieu ?

Beaucoup de pensées ont été émises et écrites sur ce qu’il faut comprendre par l’image du « tabernacle de Dieu ». Il faut dire que des conséquences d’une vaste portée dépendent de la réponse apportée. Cependant, la réponse à cette question ne présente guère de difficulté, si nous considérons le lien qui relie le v. 3 au verset précédent.

Le voyant voit la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu. Et tandis qu’il suit ce phénomène, il entend une grande voix venant du ciel et parlant du tabernacle de Dieu. Le plus naturel n’est-il pas de considérer que la voix parle de la même chose que ce que le voyant a regardé ? Il n’y a pas de doute que le tabernacle ou habitation de Dieu est la même chose que la sainte cité, la nouvelle Jérusalem — c’est-à-dire l’Assemblée de Dieu dans la gloire.

Le « tabernacle de Dieu » est un symbole de l’habitation de Dieu. Plusieurs passages des épîtres du Nouveau Testament parlent de l’Assemblée durant la dispensation de la grâce comme étant la « maison » et le « temple de Dieu ». Prenons l’un des passages les plus importants et les plus complets sur le sujet, spécialement important pour nous du fait qu’y sont décrit les bénédictions de ceux qui, dans le temps de la grâce, sont devenus des croyants d’entre les nations et qui ont été ajoutés à l’Assemblée : « Ainsi donc, vous n’êtes plus étrangers ni forains, mais vous êtes concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu, ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ Lui-même étant la maîtresse pierre du coin, en qui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur ; en qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éph. 2:19-22).

Voilà donc ce qu’avait été l’Assemblée lorsqu’elle était encore sur la terre : une habitation de Dieu par l’Esprit. Et cette habitation croissait continuellement, et elle croissait pour être un temple saint dans le Seigneur. Cependant la croissance de l’édifice s’était achevée avec l’enlèvement des croyants, et dans l’état éternel cet édifice se présente maintenant comme le tabernacle (ou : l’habitation) de Dieu, qui descend du ciel sur la terre nouvelle. Combien cela est magnifique ! Dieu demeurait ainsi par son Esprit dans cette habitation quand elle avait encore sa place sur la terre. Et dans l’état éternel, rien n’est changé en principe à cet égard : elle est éternellement le lieu direct d’habitation de Dieu.

Le fait que l’habitation de Dieu vienne alors sur la terre va encore nous occuper. Pour le moment, il suffit de reconnaître que cela forme un contraste certain avec le temps du règne millénaire. Car alors, en effet, la sainte cité, Jérusalem, descendra aussi du ciel d’auprès de Dieu, mais elle ne parait pas arriver directement sur la terre ; elle paraît rester au-dessus de la terre (Apoc. 21:9 et suivants).

 

7.3.2       Les hommes sur la nouvelle terre

Qui sont les hommes sur la nouvelle terre, et comment y sont-ils venus, cela n’est pas révélé explicitement dans l’Écriture sainte. Mais à partir de ce qu’elle dit ici et dans d’autres passages, nous pouvons en tirer des conclusions qui correspondent à la vérité.

J’ai déjà mentionné qu’il s’agit exclusivement d’hommes rachetés, et à vrai dire, cela se comprend de soi. Il est également évident qu’ils ne pourront pas demeurer avec leur corps naturels sur la scène éternelle de grâce et de gloire de Dieu. Car « la chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu » — et cela s’entend du royaume de Dieu de l’autre côté de la mort (1 Cor. 15:50). Ces rachetés seront donc sur la nouvelle terre avec des corps changés [ou : transmués] et glorifiés.

Mais pourquoi sont-ils simplement appelés des « hommes » [sans autre précision] ? D’un côté cela montre clairement que, dans l’état éternel, il n’y a plus de nations distinctes les unes des autres. Les frontières et différences nationales ont cessé d’exister. Ce qui est dans le temps est au contraire caractérisé par la séparation des hommes en peuples et nations, et ce sera encore aussi le cas durant le règne millénaire (Apoc. 21:24-26 ; 22:2).

Cette abolition des différences nationales est déjà aujourd’hui une réalité réjouissante au sens spirituel. Si un Juif se convertit, il cesse d’être un Juif. Si quelqu’un des nations vient à la foi en Christ, il cesse d’être quelqu’un des nations. On appartient soit aux « Juifs », soit aux « Grecs », soit à l’« Assemblée de Dieu », comme 1 Cor. 10:32 l’enseigne. « Il n’y a ni juif, ni grec ; il n’y a ni esclave, ni homme libre ; il n’y a ni mâle ni femelle ; car tous vous êtes un dans le christ Jésus » (Gal. 3:28).

Mais d’autre part, l’utilisation du terme « hommes » établit une distinction entre ces saints et les rachetés du temps de la grâce, ceux de l’« habitation de Dieu ». Dans l’état éternel, il n’y aura plus que deux groupes de rachetés. Ils seront clairement différenciés l’un de l’autre en ce qui concerne leur place de bénédiction.

D’un côté, dans « les hommes », sont donc vus tous les saints qui n’appartiennent pas à l’Assemblée, l’épouse de l’Agneau. Tous les saints jouiront des bénédictions de la nouvelle création dans une félicité éternelle, — qu’il s’agisse des saints depuis Adam jusqu’à la première venue du Seigneur, ou de ceux qui seront sauvés dans la période postérieure à l’enlèvement de l’Église jusqu’à la fin du règne de mille ans, qu’ils proviennent du peuple d’Israël ou des nations.

D’un autre côté, l’« habitation de Dieu » est distinguée de ceux qui sont appelés les « hommes ». Nous apprenons par-là que l’Assemblée ne perdra jamais sa position propre, qu’elle a reçue par la grâce de Dieu. Elle sera vue dans l’état éternel comme quelque chose de différent des hommes de la nouvelle terre. Il existera entre les deux des relations bénies, cela nous occupera encore. La distinction elle-même subsistera cependant éternellement. Dans Sa souveraineté, Dieu a voulu ces distinctions, et Il les maintiendra pour l’éternité. Elles ne font que manifester Sa propre perfection et Sa grâce. C’est pourquoi nous pensons que tous seront parfaitement bienheureux, les uns comme les autres. Mais bien-aimés, sommes-nous suffisamment heureux et reconnaissants d’appartenir à l’Assemblée du Dieu vivant ? Les bénédictions qui sont accordées à celle-ci dépasseront de beaucoup tout ce dont les hommes pourront se réjouir sur la nouvelle terre. Séjourner dans la « maison du Père » sera uniquement le privilège de ceux qui auront été sauvés au temps de la grâce (Jean 14:2-3).

 

7.3.3       Pourquoi l’« Agneau de Dieu » n’est-il pas mentionné ?

Il est frappant qu’ici, dans la description de l’état éternel, nous n’entendons plus rien de direct au sujet du Seigneur Jésus, l’« Agneau de Dieu », mais il n’est plus parlé que de « Dieu ». Peut-être que l’un ou l’autre d’entre nous en éprouve une certaine déception. Mais cela n’a absolument pas lieu d’être, quand nous apprenons à en connaître les raisons profondes.

Le passage de 1 Cor. 15:24-28 déjà mentionné au début de ce chapitre, nous donne la réponse. Dans ce passage, nous apprenons justement des détails sur l’état éternel, qui ne nous sont pas communiqués dans l’Apocalypse. Après que l’auteur ait fait un grand saut depuis la venue de Christ, l’enlèvement de l’Église, directement jusqu’à la fin, il décrit ce qui caractérisera la « fin ». « Quand Il aura remis le royaume à Dieu le Père, quand Il aura aboli toute principauté et toute autorité et toute puissance. Car il faut qu’Il règne jusqu’à ce qu’Il ait mis tous les ennemis sous ses pieds » (1 Cor. 15:24-25).

Le Seigneur Jésus doit régner, et Il régnera pendant le règne millénaire et au-delà. Cela, nous l’avons déjà vu. C’est comme Fils de L’homme qu’Il exercera la domination, et non comme Dieu, le Fils. Conformément à cela, cette domination Lui a été conférée par l’« Ancien des jours » (Daniel 7:13-14). La fin de cette domination atteindra son point culminant lorsque tous les justes seront introduits dans les bénédictions de la nouvelle création, et que tous les iniques seront jetés dans l’étang de feu. Voilà par quoi se termine le royaume. Une fois ce point final atteint, Christ remettra le royaume à Dieu le Père, parce qu’Il aura tout amené en parfait accord avec Lui, et qu’ainsi, il n’y aura plus rien à régenter.

Mais le Seigneur Jésus restera Homme pour l’éternité, sans pourtant jamais abandonner Sa Déité. Le fait qu’Il restera Homme se reconnaitra à ce que, dans la gloire, Il prendra aussi la place de subordination vis-à-vis de Son Père, comme Il l’a fait quand Il a été dans l’abaissement sur la terre. C’est là la chose merveilleuse qui ne nous est effectivement donnée à connaître que dans ce passage. « Mais, quand toutes choses Lui auront été assujetties, alors le Fils aussi Lui-même sera assujetti à Celui qui Lui a assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout et en tout » (1 Cor. 15:28) (*). Le but final de tout est donc que Dieu soit « tout en tout ». Le sens de cette expression est celui-ci : Dans l’éternité, Dieu en tant que tel aura la suprématie absolue sur toutes choses. Quand je dis « Dieu en tant que tel », cela désigne la Déité comme un tout — Père, Fils et Saint Esprit. Dans ce qui nous est ainsi communiqué, et qui est d’une portée extraordinairement vaste, nous trouvons aussi la raison pour laquelle la Personne du Fils n’est plus spécifiquement mentionnée dans la description de l’état éternel dans le livre de l’Apocalypse. Dieu sera alors tout en tout.

 

(*) Le fait que le Seigneur Jésus restera « homme » dans l’éternité est aussi, à un autre point de vue, de la plus haute importance pour nous : Nous pourrons toujours Le voir, Lui. Il est et demeure l’« image du Dieu invisible » (Col. 1:15). En Lui, nous contemplerons Dieu dans toute l’éternité. C’est ce qui constituera notre bonheur le plus élevé.

Note Bibliquest : JN Darby en français a traduit « tout en tous ». La traduction allemande Elberfeld, édition CSV, traduit « tout en tout », avec une note indiquant : « ou : tout en tous ».

 

Peut-être est-il bon, dans ce contexte, d’indiquer encore ceci : Même après l’achèvement de la domination médiatoriale de Christ comme Homme, il y aura toujours une domination divine éternelle. Les rachetés y auront part, comme nous le montre Apoc. 22:5 : « Et ils régneront aux siècles des siècles » [litt. en allemand : d’éternité en éternité]. À ce « règne en vie par un seul, Jésus Christ », il n’y a pas de limites de temps (Rom. 5:17).

 

7.3.4       À propos de l’expression « le tabernacle » (ou : « habitation ») de Dieu

Cette question a préoccupé bien des enfants de Dieu : à savoir, pourquoi, dans l’état éternel, il est parlé du « tabernacle » (ou : « habitation ») ou de la « tente » de Dieu, mais pas, comme on s’y serait plutôt attendu, d’un « temple ». Alors que tout, dans la nouvelle création, porte la marque de la stabilité, pourquoi se servir de l’image d’une « tente » pour l’habitation de Dieu, ce terme parlant de pérégrination dans le désert ?

Or habiter parmi les hommes, faire d’eux le lieu de Son habitation, tel a été le dessein de Dieu dès le commencement. Nous ne pouvons qu’admirer en adorant ce propos de Dieu. Toutefois, dans le jardin d’Eden, Dieu ne pouvait pas habiter avec le premier homme, Il le visitait. Tout d’abord, la question de la responsabilité de l’homme devait être clarifiée ; il devait être vérifié s’il obéirait à Dieu. Nous savons ce qu’il advint de cette mise à l’épreuve. Il n’a pas obéi et fut chassé.

Après que le péché fut entré dans le monde, Dieu ne pouvait pas, bien sûr, habiter avec l’homme. Aussi n’entendons-nous pas parler d’habitation de Dieu au temps des Patriarches. Dieu visita Abraham et lui donna des promesses précieuses (Gen. 17 et 18). Il lui apparut, mais n’habita pas avec lui. Ce n’est que lorsque le peuple d’Israël fut délivré de l’Égypte et eut traversé la Mer Rouge (image de la rédemption acquise par la mort et la résurrection de Christ), que Dieu dit à Moïse : « Et ils feront pour moi un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux » (Exode 25:8). Ce sanctuaire fut effectivement dressé dans le désert, et Dieu daigna s’abaisser à habiter (Exode 40:34-38), symboliquement dans ce « tabernacle » (Ps. 76:2 ; 2 Sam. 11:11), dans cette « tente » (Exode 27:21 ; Deut. 31:15). Et parce que le « tabernacle » fut le premier lieu d’habitation de Dieu parmi les hommes, c’est, je pense, la raison pour laquelle il y est fait référence dans l’Apocalypse.

Ensuite, quand les douze tribus se déplacèrent à travers le désert avec le sanctuaire de Dieu au milieu d’elles (Nombres 10), Dieu donna aux Israélites de nouvelles promesses pour le temps où ils auraient atteint le pays de Canaan, ces promesses étant, il est vrai, subordonnées à leur conduite : « Et je mettrai mon tabernacle au milieu de vous, et mon âme ne vous aura pas en horreur ; et je marcherai au milieu de vous ; et je serai votre Dieu » (Lév. 26:11-12). Le temple fut bien bâti sous Salomon, mais à cause de l’infidélité du peuple, les promesses de Dieu ne furent jamais accomplies dans toute leur étendue. Et parce que Dieu ne laisse rien ni personne se mettre en travers de Ses desseins de grâce, Il réitéra ce qu’Il avait promis, par le moyen du prophète Ézéchiel, pour le temps du règne millénaire : « Et je les établirai et je les multiplierai, et je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours ; et ma demeure sera sur eux ; et je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Et les nations sauront que moi je suis l’Éternel qui sanctifie Israël, quand mon sanctuaire sera au milieu d’eux à toujours » (Éz. 37:26-28).

Il est frappant qu’Ézéchiel utilise presque les mêmes mots que ceux de notre passage d’Apoc. 21, sauf que, dans la description de l’état éternel, ils ne portent plus le caractère d’une promesse. Ici ils établissent bien plutôt comme un fait établi ce qui, dans l’éternité, sera accordé aux rachetés sur la nouvelle terre.

Si nous relions les trois citations de l’Exode, du Lévitique et d’Ézéchiel, nous discernons que, de tout temps, le dessein de Dieu était de s’entourer d’un peuple racheté et d’habiter au milieu de lui — un but qui sera atteint de manière absolue dans l’état éternel. L’utilisation de l’expression « tabernacle [ou : ‘habitation’] de Dieu » dans notre verset 3 fait clairement reconnaître que le sanctuaire terrestre dans le désert et dans le pays était une figure non seulement de l’Assemblée, de l’habitation de Dieu par l’Esprit, mais aussi de l’état éternel.

Combien la bénédiction des hommes sur la nouvelle terre sera absolument immense, et combien la grâce de Dieu sera incommensurable ! Dieu habitera avec ses créatures rachetées — certes non pas directement, mais par le moyen de son « tabernacle », — cependant Il habitera avec eux. « Et ils seront son peuple, et Dieu Lui-même sera avec eux, leur Dieu ». Qui pourrait décrire le bonheur qui caractérisera cette relation confiante de Dieu avec les hommes qui ne prendra jamais fin ?

 

7.3.5       Deux formes de bénédictions

Nous avons vu que la sainte cité descend du ciel pour être l’habitation [= le tabernacle] de Dieu avec les hommes. Dieu se servira de l’Assemblée glorifiée pour habiter avec les hommes sur la terre. Il n’habitera pas sur eux (comp. Apoc. 7:15), mais avec eux, et ils seront son peuple.

Deux formes de bénédictions sont visibles ici. Les deux étaient dans le cœur de Dieu pour Ses créatures rachetées. D’un côté, c’était Son dessein de posséder des hommes directement comme Son « habitation », comme Son « sanctuaire ». Mais, d’un autre côté, Il voulait avoir un « peuple » au milieu duquel Il pût habiter. Et ces deux dispositions qui ont trouvé leur réalisation l’une dans l’Assemblée, et l’autre en Israël, subsisteront à toujours (*). Naturellement, il existe une différence entre Israël et l’Assemblée, dans la mesure où Israël présentait un caractère transitoire, plutôt préfiguratif, et était caractérisé par des relations naturelles, de « chair ». L’Assemblée, au contraire, a été depuis le commencement quelque chose de durable, de réel, de divin. Or il sera manifeste dans l’état éternel que ces deux types de bénédictions — Israël ou le « peuple de Dieu » et l’Assemblée ou le « tabernacle de Dieu » — sont éternels selon leur nature. Là, les deux axes de bénédictions, qu’on confond trop souvent aujourd’hui, trouveront leur plein accomplissement. Durant toute l’éternité, les deux existeront dans une harmonie absolue l’un avec l’autre, et poursuivront leur cours parallèlement.

 

(*) Il est remarquable que l’« Assemblée » de Dieu, dans le Nouveau Testament, n’est jamais qualifiée directement comme étant le « peuple » de Dieu. Cela souligne ce qui est dit.

 

Tout cela est pour nous, du plus haut intérêt. Et plus nous méditerons sur les pensées insondables de Dieu, plus nous admirerons Sa grâce et Son amour en Christ. Nous ne voulons pas oublier, et nous n’oublierons jamais que c’est Christ qui, par Son sacrifice à Golgotha, a posé le fondement de tous les conseils de grâce de Dieu. C’est à Lui que nous offrons déjà aujourd’hui l’adoration de nos cœurs, et par Lui, à Dieu le Père. Et tandis que tout sur la terre trouvera sa fin tôt ou tard, cette adoration, elle, subsistera quant à son caractère. Certainement elle sera alors parfaite, mais elle commence déjà ici-bas, et elle se poursuivra durant toute l’éternité. Et remarquons bien ceci : elle sera offerte à Dieu dans l’Assemblée : « À Lui gloire dans l’Assemblée, dans le Christ Jésus, pour toutes les générations du siècle des siècles ! Amen » (Éph. 3:21). L’Assemblée sera éternellement l’instrument particulier pour donner gloire à Dieu. Elle l’est, de fait, déjà aujourd’hui.

 

7.4      Les premières choses sont passées — 21:4

Le verset 4 décrit maintenant quelques-unes des bénédictions dont les hommes se réjouiront sur la nouvelle terre. Elles ne se rapportent pas, au sens strict, au tabernacle de Dieu, mais seulement aux hommes sur la nouvelle terre. Bien sûr, elles seront aussi la part de ceux qui forment le tabernacle de Dieu. Mais le contexte montre clairement que le Saint Esprit a seulement en vue ce groupe de rachetés qui n’appartiennent pas au tabernacle.

Il est aussi remarquable que la description de l’état éternel dans ce verset, est formulée négativement, c’est-à-dire qu’il énumère des choses qui n’existeront plus. Évidemment, dans notre état présent, Dieu ne peut pas nous décrire en détail ce qui sera.

« Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ; et la mort ne sera plus ; et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, car les premières choses sont passées » (21:4).

Toutes les choses mentionnées ici, appartiennent à l’état précédent, et sont situées dans le temps. Elles sont apparues à cause du péché de l’homme. Mais dans la nouvelle création, le péché n’existe plus, comme nous le verrons bientôt.

Il essuiera toute larme de leurs yeux. C’est la première chose. Naturellement dans l’éternité, plus aucune larme ne sera versée. Je dis cela parce que beaucoup de croyants éprouvent un peu de difficulté quant à la façon dont les choses sont exprimées dans cette première phrase. « Comment parler d’essuyer les larmes, alors qu’il n’y a plus de larmes ? ».

En fait, le sens est sûrement que Dieu ôtera alors tout souvenir de la souffrance vécue sur la terre. Et quel témoignage touchant de la bonté et de la tendresse de Dieu dans ces paroles ! Il a vu les larmes des siens qu’ils ont versées en communion avec Lui ici-bas, et Il les a enregistrées (Ps. 56:8). Chacune des douleurs de la terre, chacune des peines, chacune des détresses, chacune des inquiétudes, Lui les connaît. Il sait spécialement apprécier ces choses et les récompenser quand les Siens ont souffert et pleuré dans un monde de péché et de mort à cause de Ses intérêts et ceux de Son Fils.

Mais dans l’éternité, Il éloignera d’eux tout souvenir de la douleur. C’est bien d’une consolation éternelle qu’Il les consolera. C’est comme quand un enfant vient juste de pleurer, et qu’un sourire se glisse de nouveau sur son visage grâce à l’encouragement plein de bonté de son père. Certes, les pleurs sont passés, mais le père voit encore les traces des larmes sur les joues de l’enfant. Tendrement il les essuie. Oui, bien-aimés, il en sera ainsi. Dieu Lui-même essuiera les larmes, et personne d’autre. Alors sera vérifiée la parole qui a éclairé tant de fois les nuits de larmes : « Le soir, les pleurs viennent loger avec nous, et le matin il y a un chant de joie » (Ps. 30:5).

La mort aussi, le roi des terreurs (Job 18:14), ne sera plus. Elle aura été jetée dans l’étang de feu, selon la figure du ch. 20. La nouvelle création ne la connaîtra plus. Combien cela est grand ! Avec elle aussi, toutes les peines, toutes les tentations et toutes les douleurs liées à la vie de pèlerinage et à notre corps d’abaissement, seront passées pour toujours. Elles appartiennent aux « premières choses », selon le sens littéral, qui sont alors passées.

Le Seigneur Jésus, l’Agneau de Dieu est mort autrefois pour « ôter le péché du monde » (Jean 1:29), pour « abolir le péché par son sacrifice » (Héb. 9:26). Dans l’état éternel, ce but sera entièrement atteint. Le péché n’existera plus dans la nouvelle création. En conséquence, tous les fruits amers du péché n’existeront plus. Les deuils, les cris de lamentation (comp. Ésaïe 65:19), toutes les formes de douleur, du corps ou de l’âme, tout sera alors passé. Cela appartient à l’état de choses précédent. Devant la seule énumération de telles choses qui alors ne seront plus, quel cœur croyant ne se réjouit pas de cette perspective glorieuse ? Considérons seulement un peu plus en détail le dernier terme : la peine. Le mot grec qui est rendu ici par « peine » a le sens de : peine, fatigue, maux, labeur harassant, misère, danger, douleur, malheur, chagrin. La seule énumération de ces choses contenues dans ce seul mot : « peine », nous laisse pressentir quel monde merveilleux ce sera quand ces choses seront absentes.

 

7.4.1       Un nouvel ordre de choses — 21:5

Le changement immense qui caractérisera la nouvelle création par rapport à l’ancienne, trouve son fondement dans les paroles de Celui qui est assis sur le trône :

« Et celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il me dit : Écris, car ces paroles sont certaines et véritables » (21:5).

Celui qui est assis sur le trône est sans aucun doute Dieu. Certes le Seigneur Jésus s’assiéra aussi sur un trône, sur Son trône de gloire (Matt. 25:31). Mais cela appartenait au royaume, et par suite à ce qui est dans le temps. Dans la description de l’état éternel, comme on l’a déjà vu, cependant, l’« Agneau » ne sera pas différencié, car alors Dieu sera tout en tout.

Dieu déclare qu’Il fait toutes choses nouvelles. Il introduira un ordre de choses entièrement nouveau. Par Sa puissance et Sa sagesse divines, Il donnera à tout une forme nouvelle et un contenu nouveau, pour la gloire de Son grand et saint Nom. Quelle consolation pour le cœur du chrétien éprouvé, au milieu du mal multiforme actuel. Combien on aspire à cet état, où toutes choses seront nouvelles et divinement parfaites !

Le chrétien lui-même est déjà une nouvelle création, comme nous le dit 2 Cor. 5:17 : « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées, toutes choses sont faites nouvelles ». Le croyant chrétien fait partie de ce nouvel ordre de choses divin, dans lequel Christ ressuscité est la tête et le centre. Mais il n’y a pas que cela. C’est aussi son privilège de vivre déjà par la foi dans ce nouveau monde, dans cette nouvelle création, et d’anticiper les bénédictions de l’éternité.

Mais c’est précisément la différence qui existe entre l’aujourd’hui et l’éternité. Aujourd’hui, c’est par la foi que l’on saisit et que l’on jouit de ce qui est sorti moralement nouveau, de la main de Dieu. Le nouvel ordre de choses ne peut être reconnu que par la foi, il n’est accessible que pour la foi. Mais dans l’état éternel, ce ne sera plus une affaire de foi, car alors le changement se sera effectué de manière visible et complète à tous égards. Les « premières choses » ne sont plus, la vieille création a cessé d’exister, et seule subsiste la nouvelle création, le nouvel ordre de choses.

« Voici, je fais toutes choses nouvelles » (21:5b). Les paroles de Celui qui est assis sur le trône sont si puissantes, de si vaste portée et si universelles, que Celui qui parle donne aussitôt au voyant la mission suivante : Écris, car ces paroles sont certaines et véritables » (21:5c).

On peut se fier de façon absolue à ces paroles sorties de la bouche de Dieu, contrairement aux paroles incertaines et souvent mensongères des hommes. Elles sont certaines et dignes de confiance, et par conséquent propres à servir de fondement inébranlable à la foi. Elles sont véritables, même si beaucoup les mettent fort en doute, ou les tordent. Dieu voulait que ces paroles, les Siennes, fussent transmises par Son serviteur sous forme écrite, bien établie. Pendant toute leur vie sur la terre, les Siens devaient trouver dans ces paroles, un gage sûr de ce qui était devant eux.

 

7.4.2       « C’est fait » — 21:6

Une fois encore, Jean entend les paroles de Celui qui est assis sur le trône :

« Et Il me dit : C’est fait ! Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin » (21:6).

Les mots « c’est fait » peuvent être rendus littéralement par : « c’est arrivé » ou « ils (elles) sont arrivé(e)s ». En grec, cette courte phrase n’est formée que d’un mot. Il en est de même pour une autre phrase, à laquelle nous pensons d’emblée, et qui est sortie un jour des lèvres du Sauveur mourant : « C’est accompli » (Jean 19:30). L’œuvre de rédemption accomplie par Christ n’est-elle pas à la base de ce que, dans Sa grâce, Dieu fera, et qu’Il aura alors amené à son accomplissement — une fois l’éternité commencée ?

« C’est arrivé » — c’est bien tout ce que Dieu, dans les âges passés, a promis de faire. Tout est alors devenu une réalité éternelle. Ces paroles marquent, de façon évidente, l’aboutissement de la révélation de Ses voies en rapport avec les hommes. Ce qui est communiqué ensuite, après que l’état éternel ait été atteint, ne peut être qu’une rétrospective sur des choses déjà connues. Nous avons déjà remarqué que ce retour en arrière intervient justement à partir du verset 9.

Mais, qui a prononcé ces paroles sublimes de conclusion : « C’est fait » ? C’est le Dieu éternel (*). Lui qui tient en main le commencement et la fin de toutes choses, Lui qui connaît la fin avant le commencement, Lui qui était là avant toutes choses, et qui sera là après toutes choses, Lui par qui toutes choses subsistent et pour qui tout est un éternel présent — Lui seul pouvait donner des promesses et des révélations d’une telle étendue, et Lui seul pouvait en amener la réalisation. Maintenant que Son conseil est pleinement et parfaitement accompli, Il peut terminer Son œuvre avec satisfaction, pour jouir maintenant de Son repos sabbatique ensemble avec Ses rachetés durant le jour éternel. Au commencement, Il était sorti de l’éternité pour entrer dans le temps, avec comme but de gagner des hommes pour Sa gloire. Et maintenant, à la fin, Il rentre à nouveau dans l’éternité sans fin — non pas seul, mais ensemble avec eux.

 

(*) Il est vrai que le Seigneur Jésus, aussi, est l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin (comp. Apoc. 22:13). Car Il est Dieu, et certes, Il l’est de manière absolue, tout comme le Père est Dieu et comme le Saint Esprit est Dieu. Mais ici, il est parlé de Dieu comme tel. C’est pourquoi l’emploi pour la seconde fois de ce Nom, souligne le plus clairement possible la divinité de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.

 

Un cœur humain peut-il saisir une telle grâce ? Déjà à propos de Job, il pouvait être dit : « Vous avez vu la fin du Seigneur » (Jacq. 5:11). Mais que dire quand nous pensons à cette « fin », que Dieu a en vue avec les Siens, et à laquelle Il parviendra ?

 

7.4.3       Deux précieuses promesses — 21:6-7

Le passage se termine par deux promesses de Dieu, et un sérieux avertissement. Nous entendons d’abord les deux promesses qui font partie des précieux engagements de Dieu dans l’Écriture sainte :

« À celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement, de la fontaine de l’eau de la vie. Celui qui vaincra héritera de ces choses, et je lui serai Dieu, et lui me sera fils » (21:6-7).

La première des deux promesses s’adresse à celui qui a soif, la seconde au vainqueur. Nous pouvons bien dire qu’elles reflètent deux principes selon lesquels Dieu déploie Sa grâce et donne la bénédiction dans Ses voies envers les hommes. Cependant nous ne devons pas conclure de ces paroles que, dans l’état éternel, il y aura encore de la soif et des résistances à vaincre. Non, tout sera alors perfection et gloire. Mais si Dieu donne des promesses dans ce passage, Il le fait en regardant l’éternité dont il est parlé. Elles appartiennent absolument à l’éternité, mais elles s’appliquent aux hommes, dans le temps.

 

7.4.3.1      À propos de la soif de l’âme — 21:6

L’Écriture Sainte parle maintes fois de la soif de l’âme. « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jean 7:37). « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22:17). « Celui qui a soif » décrit quelqu’un en qui le Saint Esprit a déjà éveillé un désir tourné vers les choses spirituelles, que ce soit d’abord vers le pardon des péchés, ou ensuite vers la communion avec Dieu et la joie en Dieu. Voilà l’art et la manière d’agir de l’Esprit de Dieu, et Dieu donne toujours satisfaction à cette action de Son Esprit. Il satisfera parfaitement les désirs suscités dans le cœur ; Il les assouvira en Lui-même. C’est pourquoi, ici, Dieu ne promet pas seulement l’eau de la vie, mais Il dit : « À celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement, de la fontaine de l’eau de la vie ». Combien cela est précieux ! Le cœur trouvera sa pleine satisfaction dans la source de bénédiction, après laquelle il soupire — en Dieu Lui-même. Dieu apporte, pour ainsi dire, la source elle-même aux lèvres de celui qui a soif. Le grand donateur est Dieu, et Il donne gratuitement, sans argent et sans prix (Ésaïe 55:1). Cela est digne de de Celui qui est le « Dieu de toute grâce » (1 Pierre 5:10).

On pourrait demander : comme croyants, avons-nous aujourd’hui encore « soif » spirituellement ? Dans un certain sens, oui. Car même si la soif de notre âme a été, en principe, assouvie par la réception de la vie éternelle et du Saint Esprit (Jean 4:14), il demeure cependant aussi en nous un profond désir de goûter la joie en Dieu, une joie sans trouble, le repos éternel avec Lui, la jouissance sans mélange de ce que le Seigneur Jésus nous a acquis à la croix. Déjà dans le sermon sur la montagne, le Seigneur déclarait bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice. Ils seraient rassasiés (Matt. 5:6). Car aussi nous désirons avec ardeur d’avoir revêtu notre domicile, qui est du ciel (2 Cor. 5:2). Et après tout ce qui est partiel (fragmentaire), qui caractérise cette terre et la manière dont nous connaissons aujourd’hui, nous désirons que ce qui est « parfait » vienne (1 Cor. 13:10). Nous pouvons dire ceci : Plus notre relation avec Dieu est intime, plus profonde sera la soif que notre âme aura de Lui. Ce désir suscité en nous par le Saint Esprit Lui-même, Dieu l’assouvira parfaitement. Lui-même sera la source de notre éternelle bénédiction.

Même si les croyants de l’Ancien Testament n’étaient pas, et de loin, aussi richement bénis que nous le sommes, cependant ils ont connu aussi ces sentiments de soif. Qui les a exprimés de façon plus excellente que les fils de Coré ? « Comme le cerf brame après les courants d’eau, ainsi mon âme crie après toi, ô Dieu ! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraîtrai-je devant Dieu ? » (Ps. 42:1-2).

 

7.4.3.2      Être vainqueur — 21:7

Le deuxième principe selon lequel Dieu agit, apparaît dans la deuxième promesse : « Celui qui vaincra héritera de ces choses, et je lui serai Dieu, et lui me sera fils ». Ici il ne s’agit pas de la satisfaction d’un désir spirituel, mais de vaincre des difficultés. Dans ce monde hostile, les croyants doivent être des vainqueurs. Ils sont environnés par les puissances spirituelles de méchanceté et de ténèbres, et ils sont appelés à lutter contre eux (Éph. 6:10 et suiv.). Avant que Dieu termine ce qu’Il a à dire, Il encourage Ses saints avec cette promesse supplémentaire : « Celui qui vaincra héritera de ces choses » — ces choses sont l’objet de ces promesses. Il semble que Dieu met l’accent spécialement sur ces engagements, parce qu’Il veut les accorder en plus des autres.

Un vainqueur est quelqu’un qui remporte des victoires, et de fait, le terme grec pour « vainqueur » peut être rendu par « triomphateur » ; il caractérise une affaire qui dure, qui se poursuit. La nécessité et l’importance de vaincre est rappelée bien des fois dans le Nouveau Testament. En Romains 8, il est dit que nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés (Rom. 8:37). C’est un fait vrai de tout croyant, même si le degré de sa réalisation en est très variable.

Jean écrit dans sa première épître au sujet de la « victoire qui a vaincu le monde » ; et alors, il désigne le moyen par lequel la victoire est remportée : notre foi (1 Jean 5:4). Ce n’est que par la foi vivante en la Personne du Fils de Dieu, que nous pouvons vaincre ce système du monde (1 Jean 5:5). Ce n’est que lorsqu’Il se tient devant notre cœur dans Son caractère de Fils de Dieu que nous est assurée la victoire sur le monde inspiré par Satan. Et j’ai déjà souligné que le terme « vainqueur » ne vise pas une action unique. Souvent, après avoir remporté une victoire, nous estimons que maintenant tout est accompli. Mais c’est une pensée trompeuse. Nous avons à vaincre constamment. Si nous laissons simplement prévaloir sur nous les forces qui nous influencent, les laissant agir passivement et sans résister, où allons-nous nous retrouver à la fin ?

Dans l’Apocalypse, il est beaucoup question de « vainqueurs » ou de « celui qui vaincra ». Chacune des sept épîtres utilise ces expressions (Apoc. 2 et 3). Il est frappant que le fait de vaincre soit toujours vu comme une affaire personnelle. « À celui qui vaincra... », « celui qui vaincra... ». Par contre dans l’Écriture sainte, lorsque sont présentées notre position ou nos relations comme fils ou enfants de Dieu, il est en général parlé de nous d’une manière collective. Au ch. 12, il nous est présenté un résidu fidèle d’entre le peuple juif au commencement de la grande tribulation. Il nous est dit à propos de ces témoins fidèles, qu’ils ont vaincu Satan, l’accusateur des frères « à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage ; et ils n’ont pas aimé leur vie, même jusqu’à la mort » (Apoc. 12:11). Dans leur cas, être vainqueur, c’est endurer la mort de martyr.

« Celui qui vaincra héritera de ces choses ». C’est la première chose. Celui qui, dans ce temps de combat et de souffrance, est un vainqueur par la foi, celui-là pourra un jour se réjouir de toutes les formes de bénédictions spirituelles qui sont placées ici devant nos yeux.

Mais ensuite, Dieu ajoute encore quelque chose : « Et je lui serai Dieu, et lui me sera fils ». Cela signifie que le vainqueur sera amené dans une relation immédiate avec Dieu, dans une relation purement personnelle. Cette relation sera si proche, si intime, qu’il ne sera plus besoin, pour en jouir, du service d’un médiateur. Quelle félicité inexprimable résultera du fait de L’avoir personnellement pour Dieu, et de Lui être comme un fils durant l’éternité ! Cela est exprimé en peu de mots très brefs. Pourtant qui peut saisir la plénitude de bénédiction qui s’y trouve ? Elle sera la part éternelle de celui qui est aujourd’hui vainqueur.

 

7.4.4       Un solennel avertissement — 21:8

La description de l’état éternel s’achève par deux pensées qui forment entre elles le contraste le plus absolu imaginable, mais qui marchent en parallèle : la félicité éternelle des rachetés et les peines éternelles des perdus. C’est ainsi qu’aux paroles de promesse succèdent des paroles d’avertissement solennel. Elles aussi sont prononcées en regardant l’éternité :

« Mais quant aux timides (*) et aux incrédules, et à ceux qui se sont souillés avec des abominations et aux meurtriers, et aux fornicateurs, et aux magiciens, et aux idolâtres, et à tous les menteurs, leur part sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort (21:8).

 

(*) Note Bibliquest : le mot allemand signifie « lâche », « poltron ». Carrez traduit aussi par « lâche ».

 

En ce qui concerne la portée de ces paroles, ce qui a déjà été dit pour les promesses est également valable : Elles recouvrent la part qu’on a durant l’éternité. Une fois que le ciel et la terre s’en sont allés, et que le jugement devant le grand trône blanc a eu lieu, il nous est accordé dans ces versets un coup d’œil sur l’éternité. Et à ce sujet, nous n’apprenons pas seulement quelque chose sur l’héritage éternel et glorieux de ceux qui ont donné suite à l’appel de la grâce et qui ont pris de l’eau de la vie. Nous voyons aussi le terrible sort éternel de ceux qui ont refusé l’offre de la grâce de Dieu en Christ. Et combien leur nombre est terriblement grand ! Beaucoup ne veulent simplement pas venir au Sauveur des pécheurs. Ils préfèrent rester dans leurs péchés. Peut-être pensent-ils que le « bon Dieu », c’est-à-dire un « Dieu gentil » sera bienveillant à leur égard ? Mais, outre le fait que la Bible ne connaît pas de « Dieu gentil », ils oublient que Dieu n’est pas seulement amour, mais aussi lumière. Et ainsi, à côté du côté resplendissant de l’éternité, nous avons ici son côté de ténèbres, l’étang brûlant de feu et de soufre.

 

7.4.4.1      Une liste effrayante

L’énumération de ceux qui seront dans ce lieu affreux de tourments débute par ceux qui sont trop timides (ou : lâches) pour confesser être à Christ : « Mais les timides... ». Ils ont été jusqu’à un certain point convaincus, mais à cause de la crainte des hommes, à cause de la crainte des conséquences, ils ne se sont jamais décidés pour Christ.

Les incrédules ou infidèles forment le deuxième grand groupe. Parmi eux, il y en aura aussi qui se considéraient comme orthodoxes (ayant la juste croyance). Mais ils n’ont cru que de la tête, jamais du cœur, ils ne se sont pas soumis à l’évangile de Dieu, qui aura été prêché pour l’obéissance de la foi parmi toutes les nations (Rom. 1:5).

Ceux qui se sont souillés avec des abominations sont des hommes qui se sont rendus impurs avec des choses qui sont des abominations aux yeux de Dieu. Les souillures peuvent être d’ordre moral (Rom. 1:26-28 ; Tite 1:15), mais elles peuvent aussi s’appliquer aux prétentions et pratiques religieuses (Apoc. 17:4-5). Dans l’Ancien Testament également, il est souvent parlé de fautes morales qui sont une abomination pour Dieu (Lév. 18:22-23 ; Deut. 27:15 ; Prov. 11:1, 20 ; 15:26 ; 16:5 ; 24:9) ; et ce qui, pour Lui, était une abomination à l’époque, l’est encore aujourd’hui. Parmi ces abominations, la divination (ou : activité des diseurs de bonne aventure) est un péché particulièrement grave (Deut. 18:11, 12 ; 1 Sam. 15:23). Combien cela s’est répandu largement dans la chrétienté !

Les meurtriers portent atteinte à ce qui, fondamentalement, n’appartient qu’à Dieu, au Créateur : la vie humaine. Ils mettent à mort leurs semblables qui, à l’origine, ont été créés à l’image et selon la ressemblance de Dieu. La sentence de Dieu sur cet affreux péché est claire et sans équivoque : « Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ; car à l’image de Dieu, Il a fait l’homme » (Gen. 9:6). Depuis que Dieu a chargé Noé du gouvernement sur la terre, cette sentence reste en vigueur et sa validité n’a pas changé jusqu’à aujourd’hui. Dieu n’a pas donné en vain l’épée au gouvernement (Rom. 13:4). Mais sous l’influence du libéralisme de nos jours, la jurisprudence concernant les meurtriers est devenue toujours plus douce et plus indulgente. On recherche leurs motifs, et on trouve des explications et des excuses pour justifier le comportement fautif. Mais ils trouveront leur juste punition — dans l’étang brûlant de feu et de soufre.

Ceux qui suivent dans cette énumération de ceux qui passeront l’éternité dans ce lieu de tourment, sont les fornicateurs. Le péché de fornication est fort ancien, comme le montre le livre de la Genèse. Cependant dans ces temps anciens la fornication n’était pratiquée que par une minorité et en cachette, tandis qu’aujourd’hui elle représente presque le cas normal dans les relations entre les sexes. Les gens font publiquement et sans honte ce qui contredit non seulement l’ordre selon Dieu de la création, mais aussi ce qui les prive de la bénédiction prévue par Dieu pour eux dans le mariage. Il est effrayant de voir combien, de nos jours dans les pays chrétiens, les valeurs morales sont tombées en ruine à vue d’œil, et le mariage voulu par le Créateur est sapé et contourné. Ce qui autrefois scandalisait, relève aujourd’hui de l’ordre normal. On parle de partenaires de vie, d’amitiés, de communauté de vie. Mais tous ceux qui vivent ensemble des relations hors mariage, Dieu les désigne tous par ce qu’ils sont : des fornicateurs. Il n’y a pas d’incertitude sur leur fin tragique : « Dieu jugera les fornicateurs et les adultères » (Héb. 13:4).

Les magiciens sont mis sur le même plan que les diseurs de bonne aventure [ou : devins]. Ils ont des relations avec les mauvais esprits, bien qu’en règle générale ils soient eux-mêmes trompés par Satan. Le péché de magie et de divination existait déjà au temps de la loi en Israël (Jér. 27:9 ; Mal. 3:5). Ce péché devait être puni de la peine de mort (Deut. 18:10-12). Aujourd’hui, le spiritisme envahit de larges parties de la chrétienté, et ne s’arrête même pas aux portes des écoles de nos enfants.

Les idolâtres ne reconnaissent pas le seul vrai Dieu (1 Cor. 8:4) et adorent à la place de faux dieux, qu’ils soient de nature matérielle ou spirituelle (1 Cor. 6:9 ; 10:7). Le fait que beaucoup de gens qui font profession de christianisme, se rendent précisément coupables du péché qui caractérisait et caractérise le paganisme, montre combien nous sommes proches de la fin du temps de la grâce. Derrière les idoles virtuelles ou celles faites de bois ou de pierre, se trouvent des démons (1 Cor. 10:20). Satan utilise son armée pour atteindre encore aujourd’hui son dessein ancien : détourner du seul Dieu l’adoration et la vénération qui Lui reviennent, et les diriger sur la créature. En parlant du spiritisme et de l’idolâtrie par lesquels Satan atteint le plus clairement ce but, il me vient à l’esprit une parole de l’homme de Dieu Christian Fürchtegott Gellert. Elle n’a rien perdu de sa vérité et de son actualité jusqu’à aujourd’hui :

« Pour celui qui refuse d’ouvrir la porte à la foi,

La superstition monte par la fenêtre ».

 

Et finalement vient le grand groupe des menteurs. D’eux il est dit : « et tous les menteurs ». Sans doute, tous les hommes qui ne sont pas sauvés ne s’adonnent pas aux péchés grossiers mentionnés précédemment, mais ils sont tous menteurs. Ils ont tous pour père celui-là même qui est « le menteur et le père du mensonge » : le diable (Jean 8:44). Ils n’ont pas été prêts à recevoir l’amour de la vérité pour être sauvés (2 Thes. 2:10). Au lieu de cela, ils ont écouté la voix de celui qui est « menteur » dès le commencement ; ils en ont suivi les traces, et en même temps ils ont été trompés. Ils partageront le sort éternel du diable, ensemble avec tous les autres hommes qui ne sont pas réconciliés, (Apoc. 20:10) : « l’étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort ».

 

7.4.4.2      La seconde mort

Le fait qu’il y ait une seconde mort montre clairement que la première mort (la mort du corps, la séparation de l’âme et du corps) ne signifie pas une fin de l’existence de l’individu, comme beaucoup le croient ou l’espèrent. Aussi, la pensée qu’après la mort, il n’y a plus d’expérience consciente, est fausse. Luc 16:19-31 et Apoc. 6:9-11, sont des exemples de l’Écriture concernant le fait que l’âme, c’est-à-dire la personnalité propre de l’homme, subsiste après la mort du corps, et est caractérisée par la capacité de penser consciemment et d’avoir une activité spirituelle.

En effet, la seconde mort n’effacera pas ces caractères distinctifs. Cela veut dire que les perdus devront subir consciemment le châtiment éternel de Dieu. « Là seront les pleurs et les grincements de dents » (Matt. 22:13). Le feu sera éternel (Matt. 25:41), il ne s’éteindra jamais (Marc 9:43-44). Ne nous laissons pas égarer par ceux qui prétendent qu’il cesserait quand même ! L’Écriture dit : « Là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas ». Il serait malhonnête au plus haut point d’imputer à Dieu qu’Il voulait dire autre chose que ce qu’Il dit. Les « tourments éternels » seront aussi bien éternels que incessants, comme l’est la vie éternelle (Matt. 25:46).

Nous avons déjà vu précédemment que l’expression « seconde mort » désigne la séparation éternelle de l’homme d’avec Dieu. Et pas plus que les hommes ne peuvent échapper au jugement de Dieu en rapport avec la première mort (Héb. 9:27), pas plus ils ne pourront échapper à la seconde mort, à moins qu’aujourd’hui encore, ils ne se repentent. On ne se moque pas de Dieu : « car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6:7).

Tout débouche un jour dans l’éternité, le bien comme le mal — l’un dans la félicité sans fin, l’autre dans le tourment sans fin. Voilà vraiment un « mot de tonnerre » : ÉTERNITÉ ! Où le lecteur la passera-t-il ? 

Nous sommes ainsi arrivés à la fin de cette section extrêmement significative de l’Apocalypse, — une section qui nous amène jusque dans l’éternité. Avec elle, s’achève la partie proprement historique de ce livre. Ce qui nous est communiqué ensuite, est la description — non pas l’histoire — de la cité céleste.

 

8                    La cité céleste — 21:9 à 22:5

8.1   L’épouse, la femme de l’Agneau

Nous arrivons maintenant à la dernière grande partie de ce livre si solennel et pourtant si réjouissant. Elle va du chapitre 21 v. 9 au chapitre 22 v. 5. Comme on l’a déjà fait observer, elle présente une sorte de rétrospective, une description de l’église dans la gloire dans ses relations avec la terre durant le règne de mille ans. Que ce soit une rétrospective et pourquoi elle nous est donnée, nous allons tout de suite nous occuper de ces questions. D’abord il faut quand même nommer les deux sections principales qui composent cette section. On a deux scènes de gloire, reçues par Jean de la part de l’ange. L’une est relative à « l’épouse, la femme de l’Agneau » (21:9-27), l’autre au « fleuve de l’eau de la vie » qui sort du trône de Dieu (22:1-5).

Au commencement de ces deux scènes célestes, nous trouvons les paroles : « et il (l’ange) me dit ». En vérité, bien-aimés, il vaut la peine de « regarder » quand l’ange de Dieu montre des choses glorieuses au voyant — et par-là à nous — des choses qui appartiennent à une époque future et à une sphère céleste ! Ne vont-elles pas forcément nous amener à nous en réjouir déjà maintenant, et éclairer et influencer notre chemin pénible ?

 

8.1.1       Une rétrospective remarquable

Le voyant s’était vu déjà auparavant obligé de diriger des regards en arrière. Ainsi au chapitre 17 l’un des sept anges qui avait eu les sept coupes était venu pour lui montrer le vrai caractère de « la grande prostituée », et lui découvrir le mystère de « Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre ». Après les informations historiques, et au milieu du cours des événements, il avait déjà été parlé du jugement de Babylone (14:8 ; 16:19). Manifestement le Saint Esprit ne voulait pas interrompre le cours du récit des événements prophétiques par une longue description. Mais alors dans la rétrospective, Il a considéré comme nécessaire de décrire ce qu’était essentiellement Babylone.

Il y a à peu près la même chose à partir du chapitre 21 v. 9. Car après que la chaîne des événements des temps de la fin jusque dans l’éternité a été dépeinte selon un ordre chronologique strict à partir de 21:9 et que tout a été poursuivi jusqu’à la fin finale, le Saint Esprit s’arrête de nouveau et tourne les regards en arrière vers le temps du règne de mille ans, le temps qui, vu historiquement, est antérieur à ce qui nous a occupé dans la deuxième moitié du chapitre 20 jusqu’au v. 8 du chapitre 21 [l’état éternel]. C’est ainsi qu’il est de nouveau parlé dans notre section des douze tribus des fils d’Israël et des nations, etc. Nous nous rappelons que ces différences dispensationnelles n’existeront plus dans l’état éternel. Sur la nouvelle terre il y aura encore des hommes. Il sera encore question dans ce qui suit de l’Agneau, parce qu’il s’agit de nouveau dans cette section des relations avec l’ancienne terre.

La révélation des événements des temps de la fin s’est achevée par l’introduction de l’état éternel. Cependant les gloires de l’épouse, la femme de l’Agneau sont replacées devant nous. Elle est présentée comme la « sainte cité », comme la métropole céleste et le siège de l’administration et du gouvernement pendant le règne de mille ans. Ce qui ne pouvait être indiqué que brièvement au chapitre 20 v. 4-6 à cause de la forme condensée de cette prophétie, nous est maintenant déployé en détail. Bien sûr c’est là la raison principale pour cette rétrospective que nous donne la Parole de Dieu.

Mais il faut donner encore une autre raison pour cela : Le livre de l’Apocalypse ne devait pas se terminer par des scènes de jugement ni par le tableau du jugement éternel. Dieu est le Dieu de toute grâce, et c’est à cette grâce qui surpasse tout que semblent correspondre ces scènes où le triomphe de Sa grâce illumine encore une fois toutes les défaillances des hommes — ce qui nous est présenté sous une forme d’appendice, non pas seulement au livre de l’Apocalypse, mais à tout le livre de Dieu.

Effectivement, les deux derniers chapitres de la Bible se rattachent directement aux deux premiers. Dans les premières pages de la Genèse on trouve la création du monde visible, de la première création. L’administration de la création est confiée à la créature. Nous voyons Adam heureux dans le jardin d’Eden, non pas seul, mais uni à son épouse, la femme que Dieu lui a construit à partir de lui-même, au cours de son sommeil, et qu’Il lui a amenée. Mais déjà dans les pages suivantes de la Bible et jusqu’à la fin, nous rencontrons la révolte de l’homme contre Dieu. Nous voyons comment le sceptre du gouvernement confié par Dieu à l’homme lui glisse de la main, et nous voyons comment Dieu agit aussi bien en grâce qu’en jugement. Or quand nous arrivons aux deux derniers chapitres de la sainte Écriture, nous reconnaissons que, malgré tout le péché de l’homme, Dieu parvient à Son but et que tous Ses conseils quant à la terre sont accomplis : dans le Fils de l’homme, homme glorifié, ce ne sera pas seulement la terre qui vivra un gouvernement parfait, mais aussi le ciel.

Alors toutes les bénédictions de tous les siècles précédents, que Dieu a promises en considération de Son Fils, trouveront leur centre en Lui et auront leur plein accomplissement. La victoire de Dieu sur tous Ses adversaires sera complète. Sa grâce triomphera, là où elle avait surabondé par-dessus le péché. Et quand les scènes de la Genèse selon la nature réapparaîtront, — que ce soit l’épouse, la femme de l’Agneau ou le fleuve de l’eau de la vie, — ce sera d’une manière incomparablement plus élevée. Le voyant est tellement saisi par ce qu’il a entendu et vu, qu’il tombe par terre devant l’ange pour rendre hommage devant ses pieds (22:8). Malgré beaucoup de similitude avec la scène terrestre et la première création, la scène céleste et la nouvelle création les surpasseront de beaucoup en gloire.

Comme introduction à cette dernière partie de l’Apocalypse, il reste à remarquer que, dans la vision placée devant nous, il n’y a pas que des traits du règne de mille ans et avec eux un caractère dispensationnel. Ces traits du règne de mille ans et ce caractère dispensationnel, on les trouve clairement dans les passages comme 21:24, 26 et 22:2. Mais dans les v. 3 à 5 du chapitre 22 on voit clairement un recouvrement du temporel dans l’éternel. Cette pensée a déjà beaucoup réjoui l’auteur : dès l’instant où l’épouse, l’assemblée est dans la gloire, l’éternité commence directement pour elle. Mille ans ne comptent pas beaucoup. Elle est l’épouse, la femme de l’Agneau, et elle l’est pour l’éternité (21:2). La scène qui l’entoure peut changer du temporel à l’éternel, elle est vue elle-même dans une relation indissoluble avec Celui qui en Lui-même est l’Immuable.

 

8.1.2       Viens ici, je te montrerai — 21:9-10

Au commencement de cette dernière partie de l’Apocalypse, le service de l’ange recommence tout de suite. Lorsque l’état éternel était dépeint (21:1-8), il n’y avait rien de semblable. Nous avons vu la félicité éternelle de l’assemblée, le tabernacle de Dieu et la félicité des hommes, du peuple de Dieu sur la nouvelle terre. Mais maintenant, du fait que la description retourne vers les relations de l’assemblée avec la terre, nous rencontrons de nouveau le service de l’ange. C’est une preuve supplémentaire que cette partie de l’Apocalypse est une sorte d’appendice et est à ranger chronologiquement avant ce que rapportent les huit premiers versets.

« Et l’un des sept anges qui avaient eu les sept coupes pleines des sept dernières plaies, vint et me parla, disant : Viens ici, je te montrerai l’épouse, la femme de l’Agneau. Et il m’emporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la sainte cité, Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu » (Apocalypse 21:9-10).

 

Quelle grâce de la part de Dieu de ce qu’Il veut encourager nos cœurs par cette vision merveilleuse de la gloire à venir ! Nous aurons part à cela, un jour — quelle grâce insondable ! or Il voudrait que les rayons de la gloire illuminent notre chemin déjà aujourd’hui et nous influencent moralement. Devant la contemplation de ces scènes célestes, ne vient-il pas naturellement en nous le désir que la gloire de Christ, qui sera visible si parfaitement dans Son épouse aux jours du règne, resplendisse déjà maintenant en nous du point de vue moral ? Alors tournons-nous dès maintenant vers le contenu de notre texte biblique !

Un des sept anges qui avait les sept coupes, vient à Jean, disant : « Viens ici, je te montrerai l’épouse, la femme de l’Agneau ». Le fait que ce soit l’un des anges qui avait dû achever le courroux de Dieu sur la terre confirme, comme on l’a déjà remarqué, que la relation de l’épouse avec la terre est mise au premier plan. C’est le temps du règne de mille ans, le contexte le montre clairement. Un des anges aussi, si ce n’est le même, avait montré au voyant Babylone, la fausse épouse, et son jugement. La similitude des deux scènes, mais aussi les différences, sautent aux yeux. « Viens ici, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assis sur plusieurs eaux » avait dit alors l’ange (17:1). Mais maintenant l’ange montre la vraie épouse et sa gloire. Elle est devenue la femme de l’Agneau et elle fait un avec le Saint, celui qui est mort autrefois sur la croix de Gologtha comme l’Agneau sans défaut et sans tache, mais qui est maintenant le Vainqueur de la mort et du diable dans la gloire. Et comme Babylone et la grande prostituée étaient l’expression de la pensée de l’homme, ainsi l’épouse dans sa beauté et sa gloire est l’expression de la pensée de Dieu.

Ce « viens ici, je te montrerai » est extrêmement instructif et encourageant à la fois. Dans les deux cas il est affirmé que l’ange a conduit le voyant en esprit, une fois dans le désert, l’autre fois sur une grande et haute montagne. Dans le premier cas l’ange voulait montrer le jugement de Dieu sur la grande prostituée, dans le deuxième cas la gloire de l’épouse, la femme de l’Agneau. Mais dans les deux cas il fut conduit « en esprit ». Et c’est là la première chose que nous apprenons : Si nous voulons apprendre le vrai caractère de la fausse église ou ce qui caractérise la vraie église, nous devons toujours être conduits par l’Esprit et nous laisser contrôler par Lui dans nos pensées. L’intelligence purement humaine ne peut saisir ni l’un ni l’autre.

Devons-nous alors aussi nous occuper de la fausse église ? de temps en temps, oui ! Car il est très important pour nous, et ce n’est pas du gaspillage de temps, que d’apprendre le jugement de Dieu sur ce faux système — un système ecclésiastique qui a la prétention d’être l’épouse de Christ. Nous succombons trop facilement, à cet égard, à des tromperies, car ce qui professe extérieurement être à Christ, mais Lui est intérieurement opposé, offre aux yeux des hommes quelque chose de grand, d’élevé et d’attirant. L’homme aime l’étalage de richesses, de pompe, de puissance et d’influence de la sagesse et de l’art, spécialement ce qui s’accompagne de prétentions religieuses. Et ne pensons pas que les vrais chrétiens ne peuvent pas également tomber sous le charme des pensées et des influences fausses ! Alors Dieu dans Sa grâce nous vient en aide et Il nous envoie pareillement l’ange avec son « viens ici, je te montrerai », et nous apprenons à comprendre tout ce qui, selon le jugement de Dieu, n’est que des caractéristiques de la grande prostituée : Il fera tomber Son jugement sur ce système ecclésiastique profane du temps de la fin. Savoir cela nous préservera de nous lier en quelque manière que ce soit à ce qui porte les traits de caractère de Babylone. Nous comprenons mieux aussi la signification de « une autre voix venant du ciel » (18:4), qui en principe s’adresse aussi à nous aujourd’hui : « Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés ! ».

D’un autre côté, la vraie église apparaît aux yeux des hommes comme quelque chose de misérable et sans force. L’unité d’origine, dans laquelle les premiers chrétiens rendaient un témoignage puissant devant le monde a fait place à un émiettement sans pareil, et même les croyants peuvent demander : au milieu de toute la confusion, peut-on réaliser encore aujourd’hui en aucune manière les pensées de Dieu en rapport avec la vraie église ? Ce qui était sorti autrefois si parfait de la main de Dieu en ce qui concerne son aspect extérieur, est déchiré et divisé, dans la faiblesse et dans la honte.

Le croyant spirituel sent la détresse et soupire. Il éprouve combien le Seigneur Jésus comme tête du corps, de l’assemblée, est déshonoré par la ruine intervenue. Il succombe alors facilement au danger de perdre tout courage. Cela a-t-il encore un sens, au vu de l’éloignement général de la vérité de Dieu, de se porter en avant pour elle, pour combattre pour la foi une fois qui a une fois été enseignée aux saints (Jude 3) ? Alors ce croyant spirituel peut quand même entendre les paroles de l’ange : « viens ici, je te montrerai l’épouse, la femme de l’Agneau ». Oui, cher ami, Dieu veut nous montrer la fin parfaite et glorieuse de ce qui ici-bas sur la terre ne présente que de la faiblesse.

Comme autrefois Moïse depuis le sommet du Pisga pouvait apercevoir l’héritage promis d’Israël dans toute son étendue (Deut. 34), ainsi ici Jean est conduit sur une grande et haute montagne pour y voir l’épouse, la femme de l’Agneau dans toute sa beauté et sa gloire. Pour avoir le point de vue correct et divin, nous devons nous aussi nous laisser conduire sur un lieu haut et élevé. Nous ne pouvons avoir le point de vue de Dieu sur les choses que quand nous nous tenons éloignés du mal moral du monde et de l’égarement religieux de la chrétienté — que quand nous refusons les principes impies qui la dirigent.

Mais alors qu’y a-t-il de plus consolant que de contempler la beauté que l’épouse possède aux yeux du Seigneur, déjà aujourd’hui ? N’a-t-Il pas abandonné pour acquérir cette perle de grand prix tout ce qu’Il avait, y compris Sa vie (Matthieu 13:45-46) ? Cela fortifie extraordinairement notre foi de penser que dans les conseils de Dieu, l’assemblée est toujours quelque chose de parfait. Même si son état pratique dans le temps est faible, les conseils éternels de Dieu à l’égard de Christ et de Son assemblée trouveront leur accomplissement. En ce jour-là le Seigneur Jésus « se présentera l’assemblée à Lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache ni ride ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable » (Éph. 5:27).

Nous pouvons ne montrer au monde qu’une image faible et déplorable de ce qu’est l’assemblée dans les pensées de Dieu. Mais par la foi, nous savons aussi que nous sommes sur le chemin de la gloire, et que le moment vient où l’assemblée sera révélée à tous dans sa perfection comme Son épouse, la femme de l’Agneau. Les vrais chrétiens ont dès le commencement jusque là refuser de garder leur premier amour pour le Seigneur Jésus (2:4). C’était là le point de départ de la ruine que nous avons à déplorer aujourd’hui dans la chrétienté. Mais alors, l’ensemble des rachetés depuis le jour de la Pentecôte jusqu’à l’enlèvement de l’église sera « Son épouse » : elle jouira parfaitement de ses affections divines et elle y répondra — heureuse espérance !

Il reste à remarquer que dans les épîtres du Nouveau Testament, l’assemblée n’est pas nommée directement l’épouse, la femme de l’Agneau. Certes l’apôtre Paul dit aux Corinthiens « je vous ai « fiancé à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste » (2 Cor. 11:2), et cela se rapproche de la pensée de l’épouse. En Éph. 5 il compare aussi Christ et l’assemblée d’une manière remarquable avec le premier Adam et sa femme. Mais ce n’est que dans le dernier livre de la Bible que l’assemblée est nommée « la femme de l’Agneau ». Ce n’est qu’en liaison avec ce grand événement dans le ciel, les noces de l’Agneau, que le titre de « femme » lui est conféré (19:7).

L’assemblée dans la gloire sera « l’épouse, la femme de l’Agneau ». Nous devons absolument distinguer cette bénédiction d’une autre qui ne nous concerne pas, mais qui concerne Israël. Le Seigneur Jésus comme roi d’Israël possédera aussi une épouse terrestre. Jérusalem, le résidu d’Israël restauré, sera l’épouse du roi, la reine parée d’or d’Ophir comme le Psaume 45 la désigne (v. 9). Alors la parole du prophète Ésaïe s’accomplira : « Et de la joie que le fiancé a de sa fiancée, ton Dieu se réjouira de toi » (Ésaïe 62:5). Israël sera bien redevable pour toutes ses bénédictions à la mort de Son rédempteur, de même que nos relations avec notre Seigneur et Sauveur reposent entièrement sur Sa mort en sacrifice. Mais l’épouse terrestre ne sera pas nommée l’épouse de l’Agneau, parce que le Seigneur est pour elle le roi, qui a acquis Son trône terrestre par le jugement et s’est mis en relation avec elle de cette manière. Mais pour l’assemblée, le Seigneur Jésus n’est jamais le roi, ni aujourd’hui ni plus tard. Il ne gouverne pas sur l’assemblée, mais avec elle. C’est pourquoi elle seule est appelée l’épouse, la femme de l’Agneau. Le Seigneur s’est lié à elle éternellement, et Il partagera avec elle Son éternité. Combien cela fait battre nos cœurs déjà maintenant !

 

8.1.3       Les caractéristiques principales de la cité

L’ange avait dit à Jean « viens ici, je te montrerai l’épouse, la femme de l’Agneau ». Mais une fois qu’il l’a conduit en Esprit sur grande et haute montagne, il lui montre « la sainte cité, Jérusalem, descendant d’auprès de Dieu ». Il avait parlé d’une épouse et maintenant il lui montre une ville. Pourquoi ce changement subit de symbole ? Nous le trouvons déjà au v. 2 de notre chapitre, et la fausse Église a aussi été comparée à la fois à une femme (prostituée) et à une ville (Babylone) (*). Cela nous aide à comprendre que l’épouse n’habite pas quelque part dans la ville, mais que l’épouse est simultanément la ville. L’image d’épouse, femme de l’Agneau, exprime de manière glorieuse ce que l’assemblée est pour le cœur de Christ et ce qui constitue les relations intimes entre Christ et l’assemblée dans l’éternité. Cependant pour présenter les relations entre l’assemblée dans le ciel et Israël et les nations sur la terre pendant le temps du règne de mille ans, le Saint Esprit utilise l’image d’une ville qui est beaucoup plus appropriée pour ce but-là.

 

(*) Nous trouvons un très précieux passage d’un symbole à un autre en rapport avec la Personne de notre Seigneur lui-même au chapitre 5 de l’Apocalypse. Après que l’un des anciens a parlé à Jean d’un lion qui a vaincu, le voyant voit un agneau se tenant au milieu du trône, comme immolé. Si le Seigneur Jésus n’avait pas pris le caractère d’Agneau de Dieu (Jean 1:29 ; 1 Pierre 1:18-20) et donné Sa vie en rançon pour beaucoup (Marc 10:45), comme lion de la tribu de Juda, Il serait resté seul pour toujours (Jean 12:24).

 

Le genre de relations peut être décrit brièvement en un mot : gouvernement. L’assemblée glorifiée sera la vraie métropole du règne de Christ sur la terre ; la puissance de gouvernement émanera de cette Jérusalem céleste, comme nous allons bientôt le revoir. Souvenons-nous cependant d’abord que le propos de Dieu de tout temps était de soumettre toute la création au Seigneur Jésus comme homme glorifié, et de Le donner comme tête [chef] sur toutes choses à l’assemblée, afin que, comme Son corps et Sa plénitude, elle ait part à la domination qui Lui est conférée (Éph 1:10, 11, 22, 23). Dans le règne de mille ans de Christ, ce conseil trouvera son plein accomplissement (*). Le co-gouvernement de l’assemblée avec Christ sera la réponse de Dieu à tout le mépris qu’elle aura rencontré sur la terre à cause de Son Fils. « Cette parole est certaine… si nous souffrons, nous régnerons aussi avec Lui » (2 Tim. 2:11-12 ; comparer aussi Rom. 8:17 ; 2 Thes. 1:4-5).

 

(*) Il n’est parlé ici que d’une premier accomplissement, car après même l’achèvement du règne de mille ans, il y aura une règne éternel : « ils régneront d’éternité en éternité [= aux siècles des siècles] » (22:5). Nous apprendrons davantage à ce sujet quand nous arriverons à ce dernier verset de notre section.

 

Nous n’avons pas besoin d’entrer davantage dans le symbole utilisé au v. 10, car le langage de notre verset s’appuie fortement sur le v. 2, et à l’occasion du chapitre précédent sur l’état éternel, nous en avons déjà parlé en détail. En tout cas, parmi les trois traits de caractères de la sainte cité dans le v. 10, deux sont d’abord mentionnés : elle est céleste dans sa nature et divine dans son origine. Dieu aurait pu se plaire à conférer un caractère céleste à l’assemblée et à la rendre simplement semblables aux anges. Et même s’Il est Lui-même son origine, Il aurait malgré tout pu Lui plaire de ne lui donner qu’un statut terrestre. Mais ni l’un ni l’autre ne correspondaient au conseil de Dieu au sujet de Son Fils et de l’assemblée. Car le Seigneur Jésus a si parfaitement achevé l’œuvre de rédemption à la croix et glorifié Dieu, que maintenant pour Dieu il n’y a pour ainsi dire aucune bénédiction trop haute pour l’offrir à ceux qui ont cru à Son Fils dans le temps de Son rejet.

Certes aujourd’hui l’assemblée n’est pas encore dans la gloire du ciel, mais — pensons-y ! — elle est déjà aujourd’hui d’origine divine et de nature céleste, comme ce sera alors et comme ce sera toujours. Comprendre cela est également extraordinairement important pour notre conduite dans le temps présent. Ce n’est que lorsque nous gardons la conscience du vrai caractère de l’église, que le Saint Esprit peut nous conduire à nous tenir loin des efforts terrestres de la chrétienté et à être de vrais témoins pour la vérité de Dieu.

Ici nous voyons maintenant l’assemblée glorifiée comme la sainte cité descendant du ciel d’auprès de Dieu. Elle est le vase par lequel Dieu pourra se glorifier d’une manière spéciale dans le règne de mille ans. Ce fait de descendre du ciel de la sainte cité au v. 10 précède de mille ans la descente semblable du v. 2. Mais cela ne signifie pas que la cité arrivera directement sur la terre. Elle vient du ciel en direction de la terre, et s’arrête au-dessus de la terre, comme un corps céleste dans le firmament. Le verset suivant paraît confirmer cette pensée. Bien que les mêmes expressions soient utilisées au v. 2, le contexte montre clairement que dans l’état éternel la sainte cité viendra effectivement sur la nouvelle terre, car le tabernacle de Dieu sera avec les hommes. Cependant dans le temps du règne de mille ans, la cité sera au-dessus de la terre et formera la sphère céleste du royaume — pour la bénédiction indescriptible de ceux qui habiteront sur la terre.

 

8.1.4       La gloire de la cité — 21:11

Les versets suivants montrent un troisième trait de caractère de la sainte cité : sa gloire.

« Et elle avait la gloire de Dieu. Son luminaire était semblable à une pierre très-précieuse, comme à une pierre de jaspe cristallin » (Apocalypse 21:11).

 

Vérité insondable ! « elle a la gloire de Dieu ». Ce qui aujourd’hui est l’objet de notre espérance (Rom. 5:2 « nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu ») sera alors la réalité. Comme l’épître aux Romains nous le montre, nous pouvons espérer la gloire de Dieu seulement parce nous sommes justifiés par le sang de Jésus et par la foi. Sans cela nous serions encore dans nos péchés et nous n’atteindrions pas à la gloire de Dieu (Rom. 3:23). Cette espérance vivante est donc un résultat de la justification, et pour notre vie pratique maintenant, elle est le « moteur » qui nous pousse en avant à la rencontre du but malgré toutes les difficultés. Si nous perdons de vue cette espérance, nous perdons toute force. Mais pour que cela n’arrive pas, le Saint Esprit incline toujours nos regards, déjà maintenant, vers l’accomplissement de cette espérance, une espérance « qui ne rend point honteux ».

En ce jour-là, le jour de gloire, l’assemblée sera le vase de la gloire de Dieu. Cette gloire habitera en elle, et elle sera reflétée devant le monde. Nous nous souviendrons des paroles de notre Seigneur à Son Père qui auront alors leur accomplissement : « et la gloire que tu m’as donné, je la leur ai donnée, … afin qu’ils soient consommés en un, et que le monde connaisse que toi tu m’as envoyé et que tu les a aimés comme tu m’as aimé » (Jean 17:22, 23). À la gloire des enfants de Dieu et à leur unité dans la gloire, le monde connaîtra que le Seigneur Jésus était l’envoyé du Père et que le Père a aimé les Siens comme Il a aimé la Fils. Quelle portée immense pour le monde que les conséquences de cette connaissance !

Dans un sens plus restreint, Israël reflétera aussi, pendant le règne, la gloire de l’Éternel devant les peuples de la terre, car nous lisons en Ésaïe 60 : « Lève-toi, resplendis, car ta lumière est venue, et la gloire de l’Éternel s’est levée sur toi » (Ésaïe 60:1). — Mais quelle scène inimaginable quand l’assemblée répandra la lumière de la gloire de Dieu sur la terre, et cette scène durera en outre mille ans complets ! Dans sa beauté donnée de Dieu, elle fera connaître au monde quels sont les traits glorieux de la nature de Dieu.

La révélation des traits de nature de Dieu est au sens propre la « gloire ». Comme Fils de Dieu sur la terre, Il a parfaitement glorifié Dieu, Il a révélé qui était Dieu et ce qu’Il était. Il L’a fait connaître (Jean 1:18). Cette glorification de Dieu par le Fils a eu son sommet à la croix de Golgotha (Jean 12:28 ; 13:31 ; 17:4). Là Il a complètement montré que Dieu est lumière et qu’Il est amour. Chaque trait de la nature de Dieu a été là complètement mis en lumière — dans un Sauveur souffrant et mourrant. Quand cependant le temps de la domination de Christ sera venu, Dieu utilisera l’assemblée comme instrument préférentiel pour glorifier Son Fils. Alors et pendant toute l’éternité, elle sera le témoin lumineux de la gloire de Sa personne. « La lumière de la connaissance de la gloire de Dieu » sera toujours vue « dans la face de Christ » (2 Cor. 4:6), que Dieu désire aussi toujours utiliser comme instrument.

La lumière qui émanera de la cité sainte est comparée avec une pierre très précieuse, une pierre de jaspe cristallin. Dans la nature la pierre de jaspe n’est pas du tout limpide et n’est qu’à moitié une pierre précieuse (*). Cela montre clairement que nous avons ici un langage purement symbolique, comme aussi l’or pur, semblable à du verre pur (v. 18) qui n’existe pas dans la nature et qu’il faut comprendre au sens symbolique.

 

(*) Le jaspe est une variété de quartz colorée en rouge, brun ou jaune.

 

La pierre de jaspe (vraisemblablement il faut penser à la plus coûteuse de toutes les pierres précieuses, le diamant) a une place particulière dans l’Apocalypse. Au chapitre 4, ensemble avec le sardius, elle sert de symbole pour la gloire de Dieu Lui-même, pour autant que l’homme, la créature, puisse la voir ou qu’il lui soit permis de la voir. Mais pour être complet, il faut aussi mentionner que Dieu habite la lumière inaccessible, et qu’au sens absolu, nul homme ne L’a vu ni ne peut Le voir (1 Tim. 6:16). La pierre de jaspe parle aussi de la gloire que Dieu peut et veut révéler à la créature. Et comme un prisme ou un verre de cristal taillé dissocie la lumière blanche qui lui arrive dessus, en ses différents composants colorés, ainsi aussi l’assemblée (comme nous-mêmes) peut recevoir la lumière divine qui tombe sur elle et la fractionner en ses différents composants. De cette manière les hommes nés de nouveau sur la terre ont la possibilité de saisir dans la puissance de l’Esprit les traits particuliers de la gloire de Dieu.

Après le chapitre 4, le jaspe est mentionné encore trois fois dans le chapitre 21. D’abord au v. 11 le jaspe sert à décrire l’éclat de la lumière (*) de la cité, puis au v. 18 ses murs et au v. 19 ses fondements. Nous pouvons donc établir avec un bonheur profond que la lumière, la sécurité et le fondement de l’assemblée glorifiée ne seront rien moins que la gloire de Dieu Lui-même.

 

(*) Note Bibliquest : C’est ainsi que l’auteur traduit, en allemand, ce que J.N. Darby traduit par luminaire au v. 11, en rajoutant la note « ou : lumière ». — Voir aussi le v. 23 : l’Agneau est sa lampe.

 

Arrêtons-nous un court instant sur cette expression « éclat de la lumière » du v. 11. En Philippiens 2:15 on trouve le même mot au pluriel, et il est traduit là par « luminaires ». Le grec « phoster » est utilisé en général pour désigner les étoiles et autres corps lumineux dans le ciel. Cela confirme ce que nous avons dit auparavant : La mission que Dieu nous a confiée déjà aujourd’hui, celle d’être des luminaires dans le monde, la cité céleste la remplira parfaitement dans le siècle à venir.

Dans le monde de ténèbres morales d’aujourd’hui, nous pouvons diffuser la lumière en témoignant de la vérité de Dieu devant les hommes. C’est une lumière morale, une lumière qui s’adresse au cœur et à la conscience des hommes et les juge. Naturellement la source de cette lumière ne se trouve pas en nous, mais seulement en Dieu. La cité céleste également, recevra entièrement sa lumière de Dieu, car il est écrit : « elle a la gloire de Dieu » (v. 11).

Mais tandis qu’aujourd’hui notre infidélité nuit fortement au rayonnement de la lumière divine, dans ce temps-là les rayons de la gloire divine, transparente et claire comme du cristal, illumineront la terre sans empêchement. L’œil naturel lui-même pourra les percevoir, comme les hommes entourant Saul qui virent la lumière, mais n’entendirent pas la voix qui lui parlait (Actes 22:9). Pour pouvoir recevoir la lumière de la gloire, il y aura alors aussi besoin que Dieu ouvre les yeux du cœur (Éph. 1:17, 18), il y aura aussi besoin de la nouvelle naissance (Jean 3:3, 5) ; le caractère élevé du témoignage de ce siècle final et béni ne fera aucun changement sur ce plan-là.

 

8.1.5       La muraille, les portes et les fondements de la cité — 21:12, 13

La muraille et les portes de la cité sainte sont ensuite décrits :

« Elle avait une grande et haute muraille ; elle avait douze portes, et aux portes douze anges, et des noms écrits sur [elles], qui sont ceux des douze tribus des fils d’Israël : l’orient, trois portes ; et au nord, trois portes ; et au midi, trois portes ; et à l’occident, trois portes » (Apocalypse 21:12, 13).

 

8.1.5.1              La muraille

La muraille est un symbole de protection et de sécurité qui caractérise la cité. Quand l’assemblée sera glorifiée dans le ciel, aucun ennemi n’y pénétrera plus, et rien de ce qui ne correspond pas parfaitement à Dieu n’y sera admis (21:27). À l’égard du v. 18 nous avons déjà rappelé que « la muraille était bâtie de jaspe », qu’elle sera elle-même la gloire de Dieu qui assure protection à la cité. Tout ce que Dieu est en Lui-même et qu’Il révèle de Lui-même formera le mur de protection de la nouvelle Jérusalem. Peut-il y avoir une meilleure muraille, une muraille plus glorieuse ? Ce sera une « grande et haute muraille », infranchissable pour aucun agresseur, bien que nous sachions qu’il n’y aura alors plus jamais personne qui sera capable de menacer l’assemblée dans la gloire. Mais c’est une image que nous donne l’Écriture Sainte.

Certes, l’assemblée doit aussi aujourd’hui être caractérisée par la séparation de tout mal, mais nous savons combien elle a failli à cet égard. Le monde et les principes mondains ont depuis longtemps trouvé une entrée dans l’église comme corps responsable sur la terre, et nous devons reprendre le langage de la plainte du livre de Jérémie : « la muraille de Jérusalem est en ruine, et ses portes brûlées par le feu » (Néh. 1:3). Et à l’ouïe de cette nouvelle, Néhémie s’assit et pleura et mena deuil plusieurs jours : voilà aussi notre place dans la poussière devant Dieu au sujet de nos manquements et du déshonneur jeté par nous sur le Seigneur.

Ce triste développement se répète donc au temps de l’assemblée sur la terre comme on l’a vu dans l’histoire d’Israël. Antérieurement à Néhémie, Dieu avait déjà fait annoncer le jugement par le moyen de Jérémie le prophète sur le peuple renégat. N’est-il pas remarquable que Dieu parlait alors justement des portes de Jérusalem et des ses murailles (Jér. 1:15), et que là, l’ennemi installerait son trône ; or c’est ce qui s’est passé alors selon Jérémie 39. Lorsque la ville fut prise par Nebucadnetsar et ses princes, ceux-ci entrèrent dans la porte intérieure (Jér. 39:3) et abattirent les murailles de Jérusalem (Jér. 39:8).

Ce sont là les points névralgiques sur lesquels l’ennemi concentre toujours ses attaques, encore aujourd’hui. Il sait qu’il a toute facilité pour gâter la vérité chrétienne quand il peut mélanger le peuple de Dieu au monde et introduire en son sein les principes du monde. Pour cette raison, combien il est important pour tous ceux qui veulent fidèlement s’accrocher au Seigneur et à Sa Parole de reconstruire, au moins pour eux-mêmes, les murailles de Jérusalem et de mettre en pratique une séparation selon Dieu d’avec toutes les formes du mal !

La considération qu’un jour la gloire de Dieu protégera la cité céleste donnera de l’élan à cette séparation. Et la parole du Seigneur Jésus s’avérera juste et fiable : « et les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle [Son assemblée] » (Matt. 16:18). Déjà au sujet de la Jérusalem terrestre de ce temps-là il est prophétisé : « En ce jour-là sera chanté ce cantique dans le pays de Juda : … il a mis le salut pour murailles et pour remparts » (Ésaïe 26:1). Le salut, la délivrance par l’Éternel de tous les ennemis sera pour le peuple terrestre sa muraille et son rempart. Et en Zacharie, Il ajoute : « Et moi, je lui serai, dit l’Éternel, une muraille de feu tout autour, et je serai [sa] gloire au milieu d’elle » (Zacharie 2:5). Les parallèles entre ces passages et ce qui est dit ici de la Jérusalem céleste sont effectivement immenses.

 

8.1.5.2              Les douze portes

Quand on arrive aux « portes » de la ville, on est d’abord frappé par leur nombre. Il y en a douze, et douze anges se tiennent à ces portes. Le nombre douze et ses multiples caractérisent la ville de multiples manières, comme nous allons le voir dans les versets suivants. Ce nombre est le symbole d’une administration parfaite des choses de Dieu en rapport avec la terre et par les hommes, notamment à l’égard d’Israël. Quand on se souvient des paroles du Seigneur Jésus à Ses douze apôtres, cette signification devient immédiatement perceptible : « En vérité, je vous dis que vous qui m’avez suivi, — dans la régénération, quand le fils de l’homme se sera assis sur le trône de sa gloire, vous aussi, vous serez assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d’Israël » (Matthieu 19:28). Par le terme « régénération », le Seigneur désigne le temps du règne de mille ans dans lequel les choses prendront un nouveau caractère. Nous nous en sommes déjà occupés à propos des nouveaux cieux et de la nouvelle terre. Les douze apôtres de l’Agneau qui sont aussi mentionnés plus loin dans ce chapitre (v. 14) comme fondements de la muraille, régneront avec Christ au temps du règne. La sphère de leur autorité recouvrira les douze tribus d’Israël, mais nous allons voir qu’ils exerceront leur gouvernement en relation avec la cité céleste.

Les portes de la ville ont une double signification. D’un côté elles sont le siège de l’administration et de l’exercice de la justice (Gen. 19:1 ; Deut. 22:15 ; Ruth 4:1 ; Job 31:21). D’un autre côté elles sont le lieu d’entrée et de sortie pour les habitants de la cité. Les deux pensées paraissent être mises en avant dans les derniers versets du chapitre, tandis qu’ici c’est plutôt la première signification qui prédomine. L’administration ou le gouvernement du royaume terrestre s’exercera à partir des portes de Jérusalem. Du fait qu’il est parlé symboliquement de quatre fois trois portes, et de trois portes à chacun des points cardinaux, ce gouvernement embrassera tout. La bénédiction qui s’y rattache s’étendra aussi vers toute la terre.

Ici aussi il y a le parallèle avec la cité terrestre Jérusalem. Quand le prophète Ézéchiel, décrit à la fin de son livre les frontières du pays et les issues de la ville au temps du règne de mille ans, il mentionne aussi douze portes, avec trois portes pour chacun des quatre points cardinaux (Éz. 48:30 et suiv.). C’est en vérité une pensée heureuse qu’un jour toute la terre vivra la bénédiction de Dieu sous la domination de Christ, alors qu’elle est aujourd’hui tellement tourmentée et maltraitée par les péchés des hommes. Le centre terrestre de cette bénédiction sera Jérusalem en Palestine, et son administration sous la main de Christ sera parfaite.

Quelle est la fonction des douze anges qui se tiennent aux portes ? Aujourd’hui ils sont « des esprits administrateurs [ou : affectés au service], envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut » (Hébreux 1:14). Plus tard Dieu s’en servira pour l’exécution de Ses jugements. Par ces jugements, Il purifiera la terre dans Sa providence (Apoc. 6 et suiv.). Ensuite le Seigneur Jésus viendra du ciel avec eux — « avec les anges de sa puissance, en flamme de feu », pour donner leur rétribution aux désobéissants (2 Thes. 1:7, 8).

Les anges ne sont toujours que des esprits affectés au service, quelle que soit la mission que Dieu leur confie. En tout cas ce n’est pas à eux que Dieu a assujetti le monde à venir (Héb. 2:5). Bien qu’ils soient tellement puissants en force (Ps. 103:20), Dieu ne les a pas mis pour dominer. Non, même pendant le règne ils s’en tiendront à leur position de service, et seront des gardiens (obéissants) des portes de la Jérusalem céleste, comme chacun l’aura justement remarqué. Selon la pensée de Dieu, ils sont subordonnés aux croyants glorifiés qui forment la cité céleste. Les paroles encourageantes de l’apôtre Paul aux Corinthiens montrent la même vérité : « Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges ? » (1 Corinthiens 6:2, 3).

Si nous ajoutons la Parole du Seigneur à Nathanaël, nous comprenons mieux le service des anges au temps du règne de mille ans : « En vérité, en vérité, je vous dis : Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l’homme » (Jean 1:52). Il y aura une circulation et des échanges intenses entre les deux métropoles céleste et terrestre. Les anges seront les porteurs des messages de la Jérusalem céleste à la terre. Alors s’accomplira finalement le songe de Jacob où Dieu lui avait montré une échelle atteignant jusqu’aux cieux et les anges de Dieu montant et descendant (Gen. 28:12). Sa descendance sera alors comme la poussière de la terre, et se répandra à l’Ouest, à l’Est, au Nord et au Sud, et sera pour la bénédiction de toutes les familles de la terre (v. 14). Nous revoyons ici le pont qui s’étend et relie ensemble le premier livre de la Bible jusqu’à la dernière page.

 

8.1.5.3              Les fondements — 21:14

Le Seigneur oublie si peu la maison d’Israël, qu’il fait inscrire les noms des douze tribus d’Israël sur les portes de la cité ; or s’il n’oublie guère cela, il n’oublie pas plus ceux qui ont partagé avec Lui les jours de Son rejet sur la terre.

« Et la muraille de la cité avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l’Agneau » (Apocalypse 21:14)

 

Quand il est question dans ces versets de fondements de la cité et de leur nombre, ce qui frappe c’est que les noms qui y figurent ne sont pas ceux des douze patriarches, mais ceux des douze apôtres de l’Agneau. Cela souligne ce que nous avons vu : Israël ne fait aucunement partie de la Jérusalem céleste. Israël sera béni extraordinairement sous le règne de son Messie, et il sera en bénédiction aux peuples de la terre, selon les promesses fidèles faites aux pères. Cependant ils n’appartiennent pas à la cité céleste ni à l’assemblée de Dieu. Quand il s’agit du gouvernement direct de Dieu sur la terre, Israël figure au premier plan. C’est pourquoi les noms des douze tribus figurent sur les portes de la cité. Inversement, quand il s’agit de la description de la structure de la cité, les apôtres de l’Agneau apparaissent. C’est pourquoi leurs noms figurent sur les douze fondements de la cité.

Bien que la chrétienté fasse tellement peu la différence entre Israël et l’assemblée, l’Écriture sainte maintient soigneusement la distinction du commencement à la fin. La distinction existe aujourd’hui au temps de la grâce (1 Cor. 10:32), et elle sera pareillement présente dans le règne de mille ans comme dans l’éternité. Quand nous avons considéré l’état éternel au début du chapitre 21, nous y avons vu que Dieu se sert de deux images pour décrire la bénédiction éternelle des deux groupes de rachetés, d’un côté l’image de Son peuple, et de l’autre l’image de Son tabernacle.

Nous savons qu’Abraham attendait la cité « qui a les fondements » (Héb. 11:10), et nous voyons ici que la muraille de la cité a douze fondements. Fondée sur le service et l’enseignement des douze apôtres sur la terre, le fruit de leur travail sera visible de cette manière admirable, dans la perfection parfaite, solide et sûre de la muraille de la Jérusalem céleste. Cela nous rappelle la description ardente de la Jérusalem terrestre au Ps. 122 : « Jérusalem, qui es bâtie comme une ville bien unie [ou : fermée] ensemble en elle-même ! » (Psaume 122:3).

Cependant déjà aujourd’hui nous sommes « gens de la maison de Dieu étant édifiés sur le fondement des apôtres et prophète, Jésus Christ Lui-même étant la maîtresse pierre du coin » (Éph. 2:19 et suiv.). Nous pouvons en déduire que, par le moyen des douze fondements, le Saint Esprit veut nous rappeler cette vérité, même si la manière de considérer l’assemblée dans l’Apocalypse n’est pas la même que celle que Dieu nous donne par Paul. Dans les épîtres du Nouveau Testament nous ne trouvons ni l’assemblée en tant que cité, ni la mention des douze apôtres de l’Agneau. Pourtant, ici aussi notre attention est dirigée sur le fait que les apôtres ont été ceux qui, par leur enseignement, ont fait connaître la pleine révélation de Dieu en Christ, et par-là ont posé le fondement pour l’assemblée de Dieu. Or par-là ils forment aussi la base de toute force chrétienne pour l’administration ou le gouvernement qui fera son apparition au temps du règne de paix de Christ. Voilà la pensée principale ici.

 

8.1.5.4              Les mesures de la cité — 21:15-17

La description symbolique de la cité se poursuit avec l’indication de ses mesures :

« Et celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d’or, pour mesurer la cité et ses portes et sa muraille. Et la cité est bâtie en carré, et sa longueur est aussi grande que sa largeur. Et il mesura la cité avec le roseau, jusqu’à douze mille stades : sa longueur et sa largeur, et sa hauteur étaient égales. Et il mesura sa muraille, cent quarante-quatre coudées, mesure d’homme, c’est-à-dire d’ange » (Apocalypse 21:15-17).

 

En rapport avec les mesures de la ville et de la muraille, nous retrouvons le nombre douze qui fait comprendre une perfection administrative dans l’homme. Or les mesures ne sont pas seules importantes, mais aussi le fait qu’elles soient mesurées. Quand Dieu fait mesurer quelque chose, Il teste par-là si les choses Lui correspondent. Le fait qu’un roseau d’or soit utilisé ici souligne la justice de Dieu par laquelle tout est soumis à examen. Mais parce que tout est ici parfait, cette mesure inclut aussi la pensée que Dieu agrée et se fait un avec ce qui est mesuré. C’est devant le monde entier que sera pour ainsi dire étayé le fait que les proportions de la cité Lui correspondent en tout, et trouvent Son approbation. Le monde la reconnaît comme Sa ville. Et en fait tout sera là comme Il voulait L’avoir. Malheureusement, combien il en est tout autrement avec nous ! Il y a bien des discordances entre l’enseignement et la pratique. Oui, Il arrive même bien des fois où on met trop l’accent sur un côté de la vérité chrétienne et on en néglige une autre, voilà la vérité chrétienne présentée de manière déformée. L’équilibre dans les proportions doit être notre vraie préoccupation à tous égards.

La forme carré de la cité nous parle de sa perfection, car la largeur est la même que la longueur. La ville elle-même est cubique, avec une longueur d’arête énorme : 12000 stades, que quelqu’un a estimé valoir 2400 km. Les dimensions de la muraille sont au contraire extrêmement modestes, bien que la muraille soit décrite comme grande et haute (v. 12). Cela nous redit que nous avons affaire ici à des symboles et que ce qui nous est présenté ne peut pas être pris au sens littéral. Si le carré parle déjà de perfection, le cube encore bien plus. Le lieu très saint dans l’Ancien Testament avait aussi la forme d’un cube. Il exprime une perfection finie, car la ligne a une fin. Le cercle et la sphère présentent au contraire une perfection infinie. De quelque côté des six faces de l’énorme cube qu’on regarde, on voit toujours la même image, le même carré, la même perfection.

Il faut ajouter encore qu’en Éph. 3:18 où il est parlé de comprendre les conseils de Dieu, une quatrième dimension est ajoutée : la profondeur. Elle manque ici. Ne pouvons-nous pas en conclure que, derrière tout ce que nous révèle de merveilleux la cité céleste, il y a encore des profondeurs insondables que Dieu ne peut pas encore nous montrer aujourd’hui ?

La muraille possède également sa propre perfection : douze fois douze. Elle n’est cependant pas divine par nature, mais humaine. Car bien que Dieu en fasse faire la mesure par un ange, il est ajouté que c’est une mesure d’homme (v. 17). Il n’est pas dit si les 144 coudées concernent la hauteur ou la largeur de la muraille. En tout cas elle n’est pas de grandeur gigantesque comme la ville elle-même ; elle n’en a manifestement pas besoin. Le résultat de la mesure des portes ne nous est pas du tout communiqué.

 

8.1.6       La structure de la cité — 21:18

Nous avons ensuite la description de la nature des matériaux composant la muraille et la cité :

« Et sa muraille était bâtie de jaspe ; et la cité était d’or pur, semblable à du verre pur » (Apocalypse 21:18).

 

8.1.6.1              La muraille

Nous avons déjà vu que le jaspe désigne vraisemblablement la plus noble de toutes les pierres précieuses, le diamant, et qu’il représente la gloire de Dieu dans la création. Pareillement, la gloire de Dieu constitue pour ainsi dire le mur de protection de la sainte cité contre la pénétration du mal quel qu’il soit. C’est peut-être aussi la raison pour laquelle la muraille n’a pas besoin d’être tellement grande.

Quelle pensée sublime en tout cas, qu’un jour l’assemblée sera entourée et protégée par rien moins que la gloire de Dieu Lui-même — dans la mesure où la créature peut la percevoir et en jouir. Ce qui ne correspond pas à la gloire et à la nature de Dieu n’aura aucune entrée dans la cité.

Il en sera ainsi. Mais aujourd’hui, d’autres principes sont-ils valables ? Pouvons-nous tolérer le mal dans l’assemblée du Dieu vivant ? certainement pas ! « Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes ! » (1 Cor. 5:13), voilà l’ordre de Dieu pour Sa maison. Nous devons mener deuil de ce que de nos jours, on mesure souvent avec d’autres mesures que celles de Dieu. Comme si Dieu pouvait changer Sa nature et Ses principes C’est pourquoi il nous faut tenir ferme à ceci : Quand des croyants se rassemblent sur la terre et ne sont pas caractérisés par la séparation du mal, ils ne peuvent pas être une expression de l’assemblée de Dieu comme Dieu la voit et la reconnaît.

 

8.1.6.2              La cité

La cité elle-même, à l’intérieur de la muraille, est constituée d’or pur. L’or est un symbole de la justice divine quand il s’agit de l’accès de l’homme à Dieu. Nous trouvons déjà ce symbole au chapitre 1 de notre livre. Au chapitre 3, le Seigneur conseille à l’assemblée à Laodicée, tombée bien bas, d’acheter de Lui de l’or passé au feu afin qu’elle devienne riche (Apoc. 3:18). La justice humaine n’est jamais représentée par de l’or dans l’Écriture, mais par du fin lin (19:8). Bien que Dieu seul puisse susciter cette justice chez le croyant, elle ne pourrait quand même jamais résister à l’examen par le feu de Son jugement. Au contraire, l’or pur démontre son authenticité justement par le fait qu’il peut être soumis au feu et lui résister. Nous apprenons donc ici que la cité céleste sera l’expression et le déploiement de la justice de Dieu, — non pas seulement de la grâce de Dieu, mais de la justice de Dieu ! Quel merveilleux triomphe de la grâce au vu de l’injustice surabondante qui a toujours caractérisé le monde dominé par Satan !

Sur la base de l’œuvre de la rédemption faite par Son Fils, il s’agit déjà dans le temps présent de Sa justice quand « Il justifie celui qui est de la foi de Jésus » (Rom. 3:26). Dans ce passage de Romains, il est établi que Dieu est juste quand Il justifie, et pareillement en 1 Jean 1 il est exprimé qu’Il est fidèle et juste quand Il pardonne (v. 9). Si aujourd’hui quelqu’un confesse avec foi ses péchés devant Dieu, alors Dieu est fidèle et juste quand Il pardonne à l’homme ses péchés et qu’Il le purifie de toute injustice, — et Il le fait à cause de Sa parole et à cause de l’œuvre de Son Fils.

C’est à la fin de 2 Corinthiens 5 que nous trouvons les déclarations de la Parole de Dieu qui vont le plus loin dans ce sens. Parce que Dieu a fait péché pour nous, les croyants, Celui qui n’avait pas connu le péché, nous sommes maintenant la justice de Dieu en Christ (v. 21). Autrement dit, les croyants, quant à leur position en Christ, sont déjà aujourd’hui une expression vivante de la justice de Dieu. Même s’il nous arrive souvent de faillir dans l’exercice de la justice pratique — et cela doit nous rendre profondément honteux et nous courber devant Lui — Dieu ne nous voit encore qu’en Christ. Nous avons revêtu Christ (Gal. 3:27), et Il est devenu notre justice (1 Cor. 1:30). De cette manière, nous sommes devenus déjà aujourd’hui en Lui des monuments de la justice de Dieu.

Loué soit Son nom pour cela, loué soit notre Seigneur Jésus Christ qui s’est livré volontairement à la croix pour que, par Son jugement impitoyable sur le péché, Dieu puisse montrer sur Lui ce qu’Il pense du péché ! Et combien nous sommes réjouis, malgré nos nombreux manquements, à la pensée qu’un jour l’assemblée de Dieu, vue comme un tout, révélera la justice de Dieu en gloire. Dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, la justice habitera pour l’éternité. Cependant l’assemblée sera alors cette justice, elle présentera cette justice devant tout l’univers sans la moindre restriction. Aujourd’hui les enfants de Dieu ne reflètent que très partiellement ce trait fondamental de la nature de Dieu, la justice. Dans la gloire, ce sera en perfection.

Pourtant la cité céleste est constituée d’un or étrange, car il est ajouté « comme du verre pur ». Nous reconnaissons de nouveau que nous avons affaire ici à un pur symbole que nous ne pouvons pas prendre à la lettre. Dans la nature il n’existe pas d’or transparent. Mais Dieu utilise ce langage symbolique pour nous montrer clairement que pour Ses enfants, une fois qu’ils ont premièrement été enlevés de la terre, il n’y a plus aucune souillure dans la gloire du ciel.

Cette perspective est par ailleurs grande et consolante, spécialement quand nous prenons en compte notre faiblesse présente, qui nous caractérise tous que trop clairement. Certes dans Sa grâce, Dieu a pris soin de notre chemin présent à travers le désert, et il nous a donné la « cuve d’airain ». De la même manière que les sacrificateurs de l’ancienne alliance se servaient de cette cuve d’airain pour se laver les mains et les pieds avant d’entrer dans le sanctuaire, ainsi aussi nous expérimentons toujours à nouveau d’une manière pratique la purification de nos souillures par l’eau de la Parole de Dieu dans la main de notre Seigneur (Jean 13).

Il n’est guère nécessaire d’insister spécialement sur le fait que c’est là aussi la grâce insondable et une expression de l’amour du Seigneur. Cependant cela nous rafraîchit de penser qu’au ciel nous n’aurons plus besoin de cette cuve d’airain. Là tout est sainteté immuable et pureté transparente. L’auteur a déjà souvent été réjoui par la perspective d’une transparence ou d’une limpidité parfaite. Combien de méandres et d’opacités il y a eu et il y a, même parmi les saints sur la terre ! Combien de choses équivoques et de mobiles mélangés et déloyaux même chez de chers enfants de Dieu ! Combien cela a souvent rendu difficile leur vie en commun et a empêché le libre épanchement de l’amour ! Alors il n’y aura plus de coin sombre, et tout supportera les rayons de la lumière de la gloire de Dieu. Cette cité céleste resplendira dans l’or pur de la justice de Dieu, et il n’y aura plus d’ombre. Dans notre monde, on a l’habitude de dire : « Où il y a de la lumière, il y a aussi de l’ombre ». Mais ce monde-là sera régi par des lois toutes autres. Le verre transparent et pur ne jette aucune ombre ! et c’est ainsi qu’il en sera au ciel. Tout sera lumière.

 

8.1.6.3              Les fondements de la muraille — 21:19, 20

« Les fondements de la muraille de la cité étaient ornés de toute pierre précieuse : le premier fondement était de jaspe, le second de saphir, le troisième de calcédoine, le quatrième d’émeraude, le cinquième de sardonix, le sixième de sardius, le septième de chrysolithe, le huitième de béryl, le neuvième de topaze, le dixième de chrysoprase, le onzième d’hyacinthe, le douzième d’améthyste » (Apocalypse 21:19, 20).

 

Quand le voyant voyait la nouvelle Jérusalem descendant du ciel d’auprès de Dieu, elle était également ornée — « préparée comme une épouse ornée pour son mari » (v. 2). C’est le même mot que nous rencontrons maintenant dans les fondements de la muraille de la cité. Ils étaient ornés de toute sorte de pierres précieuses.

Les pierres précieuses, aussi précieuses soient-elles, ne comportent aucune lumière par elles-même. Quand on les taille, elles sont alors en mesure de réfléchir de manière particulière la lumière qui les irradie. Si nous nous rappelons en outre que, sur les fondements, sont inscrits les noms de douze apôtres de l’Agneau, alors nous pouvons dire avec certitude que les différentes pierres précieuses nous montrent la vocation élevée des saints célestes qui consiste à réfléchir, devant la créature, la gloire de Dieu dans ses différents caractères ou différents aspects.

Nous avions déjà devant nous cette pensée dans les versets 10 et 11. Mais là il s’agissait d’une affaire commune, corporative. Toute la ville avait la gloire de Dieu, et sa lumière était comparée à du jaspe cristallin. Ici cependant il semble s’agir davantage d’une part individuelle et personnelle, car il est parlé de différentes pierres précieuses. Chaque personne individuelle des rachetés a une très grande valeur aux yeux de Dieu, et ils la garderont toujours. Autant le côté commun est élevé, le côté de l’assemblée, autant le côté personnel est béni, le côté du croyant individuellement. L’apôtre qui a parlé de ce que Christ a aimé l’assemblée et s’est livré Lui-même pour elle (Éph. 5:25), est le même que celui qui se réjouit de la part personnelle et qui rend témoignage que « le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré Lui-même pour moi » (Gal. 2:20).

Qui ne se réjouira à la pensée que Dieu se servira des saints individuellement pour manifester des traits particuliers de sa gloire et de la gloire de Son Fils ? Mais quand les saints célestes auront pris dans le ciel la place qui leur a été attribuée, Dieu les utilisera dans la beauté qu’Il leur a conférée, pour rendre visible les différents côtés de Sa nature d’une manière telle que la créature la perçoive et s’en réjouisse. Aujourd’hui les anges désirent regarder dans les choses spirituelles et divines qui sont nôtres (1 Pierre 1:12). Par l’assemblée, il leur est déjà maintenant donné à connaître « la sagesse si diverse de Dieu » (Éph. 3:10). Mais alors Dieu se manifestera en gloire et utilisera pour ce faire les mêmes instruments qu’aujourd’hui. L’assemblée de Dieu est et reste le livre des leçons pour la foule innombrable des anges.

Sans vouloir préciser la signification spirituelle de chacune des pierres précieuses, il reste cependant à remarquer que l’on trouve également douze pierres précieuses sur le pectoral du souverain sacrificateur, et qu’elles étaient de genre très semblable (Exode 28:15-21). Mais la pierre qui prenait la dernière place sur le pectoral du souverain sacrificateur, le jaspe, est nommée en premier dans l’Apocalypse. C’est peut-être une indication que l’avenir d’Israël débouchera sur la gloire de Dieu, tandis que l’assemblée a commencé dans la gloire ? Naturellement l’assemblée n’est pas encore glorifiée aujourd’hui, mais sa tête, Christ, l’est (1 Tim. 3:16). Et il ne pouvait pas y avoir d’assemblée avant que le Seigneur Jésus accomplisse l’œuvre de la croix, et qu’Il s’asseye à la droite de Dieu. Christ ressuscité et glorifié est la tête du corps, de l’assemblée, « qui est le commencement, le premier-né d’entre les morts » (Col. 1:18).

Si dans le service du souverain sacrificateur dans l’ancienne alliance, nous voyons un type du service que le Seigneur Jésus exerce maintenant pour nous dans le ciel (l’apôtre aux Hébreux nous autorise à voir les choses ainsi), alors le parallèle entre les douze pierres précieuses du pectoral et les douze pierres précieuses sur les fondements gagne en beauté et en importance. Aujourd’hui le Seigneur Jésus nous porte dans Sa grâce sur Sa poitrine et nous tient debout dans la présence de Dieu. Quelle sécurité nous donne cette connaissance précieuse ! Mais alors, nous les objets de Sa grâce, nous donnerons à connaître devant toute la création Ses gloires et Ses perfections multiples. Répétons-le : quelle vocation glorieuse est placée devant nous, une vocation qui en principe nous est accordée déjà aujourd’hui !

 

8.1.6.4              Les portes et la rue de la cité — 21:21

« Et les douze portes étaient douze perles ; chacune des portes était d’une seule perle ; et la rue de la cité était d’or pur, comme du verre transparent » (Apocalypse 21:21).

 

Les matériaux de construction des portes et des rues de la cité sont nommés en dernier. Les douze portes sont constituées de perles : « chaque porte était une perle ». Dans la perle, on peut voir le symbole de la beauté morale. Instinctivement nous pensons au marchand qui cherchait de belles perles, et qui a trouvé une perle très précieuse ; il s’en est allé et a vendu tout ce qu’il avait pour l’acquérir (Matt. 13:45-46). Le Seigneur Jésus a vu dans les conseils de Dieu l’assemblée dans sa beauté, une beauté qu’il lui conférerait Lui-même, et pour posséder cette assemblée Il a été prêt à tout abandonner pour un temps — Ses revendications comme Messie, et même Sa propre vie. Merveilleuse pensée, amour divinement parfait ! Il a aimé l’assemblée quand elle n’existait pas encore ; et Il l’a aimée pas seulement pour racheter de ses péchés chaque membre en particulier, mais parce qu’il trouvait dans l’assemblée un objet pour Son cœur (Éph. 5:25). Pour elle, Il s’est livré Lui-même.

Et maintenant dans l’Apocalypse nous voyons le résultat final des conseils de Dieu en rapport avec l’assemblée. Nous voyons l’assemblée non seulement comme elle existait auparavant dans les conseils de Dieu, nous ne la voyons pas seulement comme témoin de la vérité sur la terre (1 Tim. 3:15), mais nous la voyons dans la gloire et dans la beauté que Dieu lui a conférée pour toute l’éternité. De quelque côté dans l’univers de Dieu qu’on veuille venir vers elle, il nous est toujours rappelé l’unité de l’assemblée, et la beauté et la pureté morales qu’elle possède aux yeux de Christ.

Il nous est ensuite parlé de la rue de la cité qui était d’or pur comme du verre transparent. Nous avons déjà vu la signification de ce symbole en rapport avec la cité au v. 18. la « rue » comme image de là où les gens circulent sera caractérisée, comme toute la cité, par la justice divine et par une sainteté hors de toute atteinte. Là tout correspondra à la nature de Dieu, et la pureté qui y règne ne pourra plus être souillée par rien.

La chrétienté est caractérisée par un morcellement et une confusion irrémédiables. Les enfants de Dieu eux-mêmes marchent dans beaucoup de chemins dissociés — à notre honte, il faut le dire ! L’unité des croyants qui illuminait de manière si impressionnante au commencement, n’est plus visible aujourd’hui. N’est-il pas consolant que, dans la Jérusalem céleste, il n’y aura plus qu’une rue ? Alors Christ sera l’objet de tous, et tous Le suivront dans la rue d’or. Bienheureuse perspective !

 

8.1.7       Pas de temple — 21:22

Après les indications sur la nature des matériaux dont est faite la cité, deux déclarations significatives forment un complément à la description dans les deux versets suivants. Les deux déclarations sont d’abord du même genre, et montrent ce qu’on ne trouvera pas dans la cité. Mais chaque fois, la phrase commence par un « car » qui donne la raison de l’absence de la chose dans la cité céleste. Ces raisons sont extraordinairement profondes et précieuses. Elles sont propres à remplir nos cœurs de reconnaissance et d’adoration. En premier, il est dit :

« Et je ne vis pas de temple en elle ; car le Seigneur, Dieu, le Tout-puissant, et l’Agneau, en sont le temple » (Apocalypse 21:22).

 

Au premier coup d’œil, on s’étonne de ce qu’aucun temple ne se trouve dans cette cité. L’absence de temple dans la cité céleste de Jérusalem est-elle une carence ? Bien sûr que non ! Au temps du règne de mille ans, la Jérusalem terrestre aura de nouveau un temple. Le service des offrandes renaîtra, il y aura de nouveau des sacrifices d’animaux qui seront offerts, au sens littéral. Nous apprenons cela par le livre d’Ézéchiel, à la fin. Ces sacrifices n’auront pas un caractère préfiguratif comme dans l’Ancien Testament, mais remémoratif de l’œuvre de Christ à la croix de Golgotha. Combien grande néanmoins sera la bénédiction de pouvoir s’approcher de Dieu par la voie des sacrifices et du temple ; cependant la présence d’un temple parle en soi d’une certaine distance d’avec Dieu. Dans l’ancienne alliance où Dieu a habité pour un temps entre les chérubins au-dessus du propitiatoire dans le lieu très-saint, l’adorateur devait rester dehors. Cette situation saute aux yeux au début de l’évangile de Luc où le sacrificateur Zacharie fut tiré au sort pour entrer dans le temple et faire fumer le parfum, et il est ajouté : « et toute la multitude du peuple priait dehors » (Luc 1:8-10). Le temple cachait Dieu plus qu’il ne Le révélait. Dieu habitait dans l’obscurité (1 Rois 8:12), caché derrière le voile, et était inaccessible et invisible pour l’israélite ordinaire.

Si nous gardons cela à l’esprit, nous comprenons mieux pourquoi c’est une bénédiction que le voyant n’ait pas vu de temple dans la cité céleste. Les saints célestes qui constituent la cité vivront de manière directe la présence et la gloire de Dieu et de l’Agneau sans qu’aucun facteur séparateur ne nuise à leur jouissance. Tout ce qui sera susceptible de générer un certain éloignement entre Dieu et les croyants aura disparu à jamais ; et Dieu remplira directement la cité de Sa gloire, la cité constituant le lieu de Son adoration. Quelle bénédiction parfaite ce sera pour les saints quand ils se réjouiront en perfection dans la présence à découvert de Dieu et de l’Agneau !

Une expression d’Éph. 1 nous fait pressentir un peu la grandeur de cette bénédiction, quand le propos de Dieu à notre égard y est ainsi décrit : « que nous soyons saints et irréprochables devant Lui en amour » (v. 4). D’après le passage, cela est déjà vrai de tous les croyants du temps de la grâce, et ils ont déjà accès dans le temps présent à « cette grâce dans laquelle nous sommes » ( Rom. 5:2), et ils ont toute liberté pour entrer dans le sanctuaire par le sang de Jésus (Héb. 10:19). Aucun temple, aucun voile, aucun sacrificateur ne se trouve entre Dieu et eux. Mais alors la jouissance de cette bénédiction sera parfaite. Les saints se mouvront dans Sa présence, et se tiendront toujours devant Lui dans Son amour — pour toujours et éternellement. Combien ces paroles sont réjouissantes : « Et je ne vis pas de temple en elle ; car le Seigneur, Dieu, le Tout-puissant, et l’Agneau, en sont le temple ». Tout sera un seul temple.

Quelques remarques supplémentaires pourront aider à approfondir la compréhension du contexte. D’abord pourquoi les croyants ne sont-ils pas vus ici comme des sacrificateurs : ne sont-ils plus sacrificateurs au ciel ? En fait, Dieu a fait des croyants une sacrificature (1 Pierre 2:5), le Seigneur Jésus les a faits sacrificateurs (Apoc. 1:6), et cela, ils le resteront toujours. Au chapitre 20 (v. 6) nous les voyons sous ce caractère : « ils seront sacrificateurs de Dieu et du Christ » ; c’est ce qu’ils sont dans leur personne. Mais dans le passage dont nous nous occupons, Dieu veut nous faire savoir les relations que l’assemblée entretiendra avec la terre dans le temps du règne de Christ. Et c’est pourquoi les saints ne sont pas présentés comme des sacrificateurs, mais simplement comme la cité sainte.

Cela éclaire aussi les noms attribués ici à Dieu : « Seigneur, Dieu, Tout-Puissant ». Dieu s’était révélé sous ces noms dans l’Ancien Testament (= Jehovah ou Yahwe, Elohim, Shaddaï). Ce sont ces noms qui sont nommés parce que l’assemblée est vue ici en relation avec le gouvernement sur la terre. Cela nous donne à apprendre qu’ici, ce ne sont pas les plus hautes relations des rachetés qui sont présentées. Si nous voulons apprendre à connaître de plus près nos relations avec le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, si nous voulons apprendre quelque chose sur la maison du Père, c’est vers d’autres passages de la Parole de Dieu qu’il faut nous tourner. Malgré tout, les bénédictions présentées ici sont déjà immensément grandes, et la mention de l’Agneau montre clairement dans quelles profondeurs le Seigneur Jésus a dû aller son chemin pour nous les acquérir. Quelle joie pour nos cœurs chaque fois que nous entendons parler de Lui comme l’Agneau ! C’est sous ce caractère qu’Il s’est offert à Dieu, qu’Il s’est livré Lui-même pour nous, et c’est sous ce caractère qu’Il va prendre et exercer la domination sur la terre.

Le fait que le voyant ne voie aucun temple dans la cité céleste tranche aussi une autre question importante, qui a déjà occupé beaucoup de croyants : quels sont les saints dont il est parlé de manière si glorieuse et qui sont présentés comme une grande foule dans la seconde partie du chapitre 7 ? Appartiennent-ils à l’assemblée ? Jouent-ils un rôle dans ces scènes du ciel ? À ces deux questions il faut répondre haut et fort et clairement : Non ! Comme nous l’avons déjà remarqué, à partir du chapitre 4 l’assemblée est vue au ciel. Ces saints viennent de la grande tribulation. Il s’agit de gens des différentes nations de la terre. Après l’enlèvement de l’église, l’évangile du royaume leur a été prêché par des envoyés Juifs, et ils l’ont reçu. C’est pourquoi Dieu leur donne d’avoir part aux bénédictions du règne de mille ans. Ces bénédictions sont décrites aux versets 15 à 17 du chapitre 7. La mention du temple de Dieu au v. 15 montre clairement que la scène dépeinte se joue non pas au ciel, mais sur la terre. Indiscutablement il y a bien des similitudes avec ce qui a été dit des saints célestes, mais la scène est sur la terre.

Encore une dernière question avant de passer aux versets suivants. Comment faut-il comprendre la promesse au vainqueur de Philadelphie, selon laquelle il sera fait une colonne dans le temple de leur Dieu (3:12), alors la Jérusalem céleste ne comprendra aucun temple ? En fait, le Seigneur se présente ici de manière symbolique, comme le montre l’expression contraire de la « synagogue de Satan » qu’on ne peut comprendre qu’au sens figuré. Par l’expression « le temple de mon Dieu », le Seigneur Jésus présente la pensée de la proximité immédiate de Dieu, comme nous l’avons trouvée au chapitre 21. Cependant au sens littéral, il n’y a pas de temple dans le ciel. Un temple n’est destiné qu’à la terre.

 

8.1.8       La lumière de la gloire de Dieu — 21:23

Il y a encore quelque chose d’autre qui ne se trouvera pas dans la Jérusalem céleste, et cette absence se fonde de nouveau sur une vérité merveilleuse :

« Et la cité n’a pas besoin du soleil ni de la lune, pour l’éclairer ; car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau est sa lampe » (Apocalypse 21:23).

 

Le soleil et la lune sont des sources de lumière naturelles, dont l’homme, la créature, dépend absolument. Dieu les a placés pour dominer sur le jour et sur la nuit (Gen. 1:16). Tant que la première création existe, ils annoncent à leur manière la gloire de Dieu le Créateur. Leur langage se fait entendre jusqu’au bout de la terre (Ps. 19:1-6).

Mais cette cité céleste n’a pas besoin de ces lumières naturelles. Pourtant elle ne manque pas de lumière. Déjà le sanctuaire terrestre dans l’Ancien Testament n’avait pas de fenêtre. Une vérité tout à fait essentielle était déjà indiquée dans des temps aussi anciens : Les saintes choses de Dieu ne peuvent pas être saisies par la lumière de la nature, ni par la simple intelligence, ni par la logique humaine ou l’équivalent — malgré ce que pensent toujours à nouveau des enfants de Dieu, selon qui les déclarations du Saint Esprit doivent être étayées par les résultats de la science ou de la recherche humaines afin de les rendre plus croyables auprès des gens. Mais même dans le sanctuaire terrestre, il n’y avait aucunes ténèbres malgré l’absence de fenêtres. Le chandelier à sept branches diffusait sa lumière sur les objets du sanctuaire qui parlaient tous de Christ. Quelles pensées précieuses ! Seule la lumière qui émane de Dieu Lui-même, rend le croyant capable de reconnaître et de saisir Christ et Son œuvre et toutes les choses de Dieu de manière correcte.

Dès que l’assemblée aura pris sa place au ciel, elle sera entièrement illuminée de la gloire de Dieu. Nous avons déjà vu en rapport avec le v. 11 ce que signifie la gloire de Dieu : la révélation des traits de la nature de Dieu. Dieu donnera Lui-même la lumière nécessaire pour qu’on reconnaisse les traits absolument élevés de Sa nature, et qu’on en jouisse. « En ta lumière nous verrons la lumière » dit le psalmiste (Ps. 36:9), et ce sera parfaitement le cas. Quel bonheur immense ce sera, bien-aimés, quand dans la lumière de la parfaite révélation de Dieu, nous oublierons tout, même nous-mêmes, pour nous perdre entièrement dans la contemplation de ce que Lui-même est ! Cela constituera le ciel.

Quand il est ajouté ici « et l’Agneau est sa lampe », il nous est de nouveau indiqué qu’à la fin ce sera comme c’était au commencement (du christianisme) : Dieu se révèle dans Son Fils. « Personne ne vit jamais Dieu, le Fils qui est dans le sein du Père, Lui l’a fait connaître » (Jean 1:18). Dans ce sens, l’Agneau sera alors encore la lampe, Celui qui répand la lumière sur toute la scène. Ce n’est que par le Seigneur Jésus que la lumière de la gloire de Dieu devient accessible. La lumière est la lumière de Dieu, Dieu comme tel est lumière (1 Jean 1:5), mais le diffuseur de lumière est l’Agneau. « Celui qui m’a vu, a vu le Père » disait déjà le Sauveur quand Il était sur la terre (Jean 14:9). Le principe en restera toujours le même.

Combien le mot « Agneau » nous rappelle les souffrances expiatoires du Seigneur et le fait qu’elles resteront éternellement devant les yeux et sur le cœur des Siens !

Avec ces versets s’achève ce qui est proprement la description de la beauté et de la gloire de la Jérusalem céleste. Ce qui suit est plutôt une description de ce qui appartient à la cité, et des relations qu’elle entretient avec d’autres, et de ce qui réjouit à l’intérieur de la cité.

 

8.1.9       Les relations de la cité avec la terre — 21:24

« Et les nations marcheront par sa lumière ; et les rois de la terre lui apporteront leur gloire » (Apocalypse 21:24).

 

Nous avons vu que l’Agneau est le diffuseur réel de lumière pour la lumière divine, et qu’il le sera encore au temps du règne de mille ans. La cité, l’assemblée en gloire, reçoit sa lumière par le Seigneur Jésus. Elle n’a pas besoin d’une autre lampe. Le déploiement de la gloire de Dieu l’inondera et fera son bonheur. Qui pourrait mesurer la grandeur de cette bénédiction, ne serait-ce que de façon approximative ?

Mais en dehors des saints célestes qui forment l’assemblée, il y a également sur la terre des rachetés. Eux aussi ont besoin de lumière, pour marcher. C’est par l’assemblée glorifiée qu’ils l’obtiendront. Comme on l’a déjà remarqué, la cité céleste sera en ce temps-là comparable à un corps céleste irradiant ou au firmament. Une illumination morale merveilleuse émanera de la gloire qui lui a été conférée, en direction des nations de la terre qui auront été épargnées des jugements.

Quelle pensée élevée que l’assemblée soit le moyen ou l’instrument dans la main de Dieu par lequel les hommes sur la terre doivent recevoir de la lumière sur les pensées de Dieu ! Que dans le temps présent, elle ne se conforme à cette vocation que de manière extrêmement défectueuse, cela ne change rien au fait qu’aujourd’hui aussi, il n’y a aucune lumière pour le monde en dehors de l’assemblée de Dieu. « Afin que vous soyez sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse, parmi laquelle vous reluisez comme des luminaires dans le monde, présentant la parole de vie » (Philippiens 2:15-16).

Mais pourquoi les enfants de Dieu reluisent-ils si peu comme des luminaires aujourd’hui, pourquoi apportent-ils la parole de vie que de manière si insuffisante devant les hommes ? La réponse est pour nous tous plus ou moins un sujet de honte : parce que nous nous sommes nous-mêmes laissés trop peu éclairer par la vraie lumière ; parce que notre amour pour notre Seigneur et Sauveur s’est largement refroidi ; parce que nous ouvrons trop peu nos cœurs aux rayons de Son amour qui réchauffent ! Ne voulons-nous pas prendre pour stimulant la perspective qu’un jour les nations de la terre obtiendront leur lumière de l’assemblée glorifiée, pour nous ouvrir et nous livrer davantage déjà aujourd’hui à la merveilleuse personne de notre Seigneur ? Ce n’est que de cette manière que nous serons rendus capables de faire connaître au dehors la gloire de Sa personne. Dans la gloire du ciel, nos affections appartiendront à notre Rédempteur, et c’est en accord avec cela que nous serons en état de renvoyer vers d’autres la lumière de Sa personne et des pensées de Dieu, sans la moindre restriction.

Les gens de la terre verront les croyants du temps de la grâce revêtus de la gloire de Dieu, alors qu’aujourd’hui ils sont méprisés et caractérisés par la faiblesse. Le Seigneur Jésus sera en ce jour-là « glorifié dans ses saints et admirés dans tous ceux qui ont cru » (2 Thes. 1:10). À travers la gloire qui leur aura été donnée, le monde connaîtra que Dieu les a aimés comme Il a aimé le Fils (Jean 17:22, 23). Cette insondable « bonté envers nous » comme l’appelle l’apôtre aux Éphésiens (2:7), leur mettra clairement sous les yeux les immenses richesses de la grâce de Dieu, afin que dans cette lumière merveilleuse, ils reconnaissent aussi, dans son vrai caractère, ce que Dieu fait avec eux-mêmes. Et ainsi tout aboutira à la louange et à la gloire de Dieu par Jésus Christ notre Seigneur. Nous nous réjouissons de cela.

Le fait qu’il soit parlé ici de nations et de rois de la terre, confirme ce que nous avons établi précédemment, à savoir que ce passage ne décrit pas l’état éternel. La description de l’état éternel s’achève au v. 8 de notre chapitre. Ce que nous avons ici est plutôt un tableau des relations de l’assemblée glorifiée avec la terre pendant le temps du règne de mille ans. Dans l’état éternel il n’y a pas de nations, pas de rois : il n’est parlé que du tabernacle de Dieu d’un côté, et des rachetés sur la nouvelle terre de l’autre côté.

Mais pendant le règne de paix de Christ sur la terre, les nations de la terre viendront à Jérusalem pour adorer Jéhovah (Yahwe = l’Éternel), et même elles devront y venir une fois par an (Zach. 14:16-19) si elles veulent être bénies. Qui ne s’est pas déjà réjoui aux paroles du prophète Ésaïe décrivant ces temps bénis sur la terre ? « Et les nations marcheront à ta lumière, et les rois, à la splendeur de ton lever. Lève autour de toi tes yeux, et regarde : ils se rassemblent tous, ils viennent vers toi ; tes fils viennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras. Alors tu verras, et tu seras rayonnante, et ton cœur frissonnera et s’élargira ; car l’abondance de la mer se tournera vers toi, les richesses des nations viendront vers toi » (Ésaïe 60:3-5). Et un peu plus loin il est dit : « La gloire du Liban viendra vers toi…, pour orner le lieu de mon sanctuaire ; et je rendrai glorieuse la place de mes pieds. Et les fils de tes oppresseurs viendront se courber devant toi, et tous ceux qui t’ont méprisée se prosterneront à la plante de tes pieds, et t’appelleront la ville de l’Éternel, la Sion du Saint d’Israël » (Ésaïe 60:13-14 ; voir aussi 66:12).

Ces paroles ne nous font-elles pas naturellement penser à la reine de Sheba venue d’un pays lointain pour voir la gloire de Salomon et apprendre sa sagesse ? Elle était venue « avec un grand train » à Jérusalem, et lorsqu’elle se disposait à rentrer dans son pays, il est dit : « Et elle donna au roi cent vingt talents d’or, et des aromates en très-grande quantité, et des pierres précieuses. Il n’est plus venu une abondance d’aromates pareille à ce que la reine de Sheba en donna au roi Salomon » (1 Rois 10:2, 10). C’est en fait une belle image de ce qui arrivera au temps du règne du vrai Salomon ! Christ régnera avec Ses saints célestes sur la terre, et la nuée-Shekina de la gloire de Dieu demeurera entre les chérubins dans le temple de Jérusalem alors reconstruit (Ps. 99). « Les rois de Tarsis et des îles lui apporteront des présents, les rois de Sheba et de Seba lui présenteront des dons. Oui, tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront » (Psaume 72:10, 11).

Ces versets montrent visiblement qu’au temps du règne de mille ans une relation et une liaison stable existeront entre la Jérusalem céleste et la Jérusalem terrestre, entre le ciel et la terre. Car quand il est dit dans notre verset de l’Apocalypse que les rois de la terre apporteront leur gloire à la cité céleste de Jérusalem, nous pouvons y apercevoir l’expression du tribut d’hommage et de reconnaissance, qu’ils lui paieront en tant que véritable siège du gouvernement de Christ. Ils n’iront pas effectivement dans la cité céleste, mais ils apporteront leurs offrandes à la Jérusalem terrestre. Il n’y aura pas de fréquentations directes des habitants de la terre avec le ciel. En relation avec le v. 10, nous avons déjà vu que la cité sainte Jérusalem ne viendra pas directement sur la terre durant le règne de mille ans. Inversement, ce sera le cas durant l’état éternel (v. 2).

 

8.1.10    Plus de nuit — 21:25-26

« Et ses portes ne seront point fermées de jour : car il n’y aura pas de nuit là. Et on lui apportera la gloire et l’honneur des nations » (Apocalypse 21:25-26).

 

Les portes de la métropole céleste ne seront pas fermées de jour : cela est indiqué manifestement en rapport avec ce qui est dit au v. 24 ; car au v. 26 la pense est répétée et élargie en ce que la gloire et l’honneur des nations lui sont apportés, et non plus seulement des rois. Il n’y aura plus aucune entrave dans ce domaine. Cela est confirmé par une parole du prophète Ésaïe qui se rapporte naturellement d’abord à la Jérusalem terrestre : « Et tes portes seront continuellement ouvertes (elles ne seront fermées ni de jour ni de nuit), pour que te soient apportées les richesses des nations, et pour que leurs rois te soient amenés » (Ésaïe 60:11).

Or la raison pour laquelle les portes ne seront pas fermées de jour, cache encore une autre pensée : il n’y aura plus de nuit et donc aucune menace de danger ou d’ennemi contre la cité. Néhémie se voyait obligé de demander qu’on ferme les portes de Jérusalem de nuit (Néh. 7:3 ; 13:19), pour se défendre contre l’intrusion de méchants se protégeant par l’obscurité. C’est ce que nous avons aussi à faire aujourd’hui, car du point de vue moral, c’est aujourd’hui la nuit (Rom. 13:12). Dans ce temps de la responsabilité de l’homme, il faut veiller aux portes, et l’assemblée du Dieu vivant doit être protégée de l’intrusion du mal moral ou doctrinal. Mais quand la vraie église aura atteint le but éternel de sa vocation, — et depuis son enlèvement, elle sera déjà dans l’état dans lequel elle restera éternellement, — alors le temps de la mise à l’épreuve de l’homme sous la responsabilité sera passé pour toujours.

La nuit n’existera plus dans cette sphère. La nuit du rejet de Christ, la « nuit des larmes » avec toutes les angoisses et les détresses sera achevée pour toujours. Tout sera semblable à un jour unique rayonnant. Aucun nuage sombre n’assombrira jamais la gloire de Dieu, aucun souci source de tourment ne paralysera notre courage. Déjà aujourd’hui nous sommes « du jour » (1 Thes. 5:8), mais la nuit nous environne et nous presse de tous côtés. Mais alors il n’y aura plus aucune possibilité de pécher.

Cher croyant pèlerin, nous nous hâtons vers ce jour ! « Le jour est proche » et « notre salut est plus proche que lorsque nous avons cru ». Levons donc la tête, pleins de foi, et poursuivons le chemin sans frayeur ! Nous savons quelle est sa fin : ce sera la gloire, ce sera Christ.

 

8.1.11    Pas d’accès pour le mal — 21:27

Le dernier verset qui termine à la fois la section et le chapitre, souligne ce que nous avons déjà appris en rapport avec les portes de la cité :

« Et il n’y entrera aucune chose souillée, ni ce qui fait une abomination et un mensonge : mais seulement ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau » (Apocalypse 21:27).

 

L’assemblée glorifiée ne sera plus corrompue ni par Satan ni par l’homme, comme ce qui s’est passé avec elle en tant que témoin responsable de Dieu sur la terre. La vraie église se repose maintenant entièrement sur la rédemption, mais il a plu à Dieu de la mettre, dans le temps présent et dans un certain sens, sous une obligation de responsabilité de l’homme. Le résultat de cette mise à l’épreuve nous est connu : comme corps responsable, l’église a entièrement failli. Mais alors, dans ce temps du règne de mille ans, ce ne sera plus la nuit comme nous l’avons vu. Cela signifie que Dieu n’a jamais mis personne à l’épreuve dans le ciel. Le lieu d’habitation de Dieu n’est pas le domaine de la mise à l’épreuve de l’homme. Dès que la vraie église aura atteint son but dans la gloire de Dieu, Dieu la préservera absolument par Sa puissance.

La grâce et l’amour divin auront fait des Siens cette cité glorieuse, et la justice et la puissance divine éloigneront d’elle de manière inflexible ce qui ne correspond pas à Sa sainteté. Il n’entrera en elle rien de profane, rien de souillé, rien qui fasse une abomination ou le mensonge. Bien que les portes de la cité restent constamment ouvertes afin que la bénédiction de Dieu se déverse sans empêchement du ciel vers la terre, inversement rien ne pourra se rapprocher d’elle qui soit susceptible en aucune manière de la souiller. Combien est heureuse cette pensée, chers amis ! Aucun cœur ne doit continuer à se ronger ni à se faire du souci pour savoir si une si belle chose pourrait peut-être encore être de nouveau gâtée par l’intrusion du mal. De tels sentiments ne nous sont pas étrangers aujourd’hui, mais alors nous nous en rappellerons tout au plus comme de l’eau répandue.

Aujourd’hui Satan a submergé la terre de souillure, d’abomination et de mensonge. Le Seigneur Jésus l’a caractérisé comme le père du mensonge (Jean 8:44). Des milliards innombrables de personnes ont suivi ce séducteur, et se sont souillées par la souillure morale et des abominations effroyables. Des milliards de personnes pratiquent l’idolâtrie abominable, des milliards de personnes aiment le mensonge et les ténèbres plus que la vérité et la lumière. Aucun d’eux ne pourra jamais entrer dans la cité céleste de Dieu. L’apôtre Paul a dû une fois rappeler aux croyants de Corinthe d’où ils étaient sortis et que quelques-uns d’entre eux avaient été des fornicateurs, des idolâtres, des adultères, des efféminés, des pédérastes, des voleurs, des avares, des ivrognes, des outrageux, des ravisseurs. L’apôtre disait que de pareilles gens n’hériteront pas du royaume de Dieu (1 Corinthiens 6:9-11). Que personne ne se laisse aller à une pareille tromperie ! Dans les derniers chapitres de la Bible, il est encore une fois établi de manière non équivoque où seront les pécheurs non rachetés : non pas dans la cité, mais dehors ! « Dehors sont les chiens, et les magiciens, et les fornicateurs, et les meurtriers, et les idolâtres, et quiconque aime et fait le mensonge » (Apocalypse 22:15). Ce « dehors » est équivalent à « l’étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort » (Apocalypse 21:8).

Au temps de bénédiction du règne de mille ans sur la terre, il y aura tout à fait encore des cas de péchés manifestes, et le Seigneur jugera sur le champ les malfaiteurs (Ps. 101:8 ; És. 66:24). Mais dans la cité céleste aucun non-racheté n’accédera. Cela montre de nouveau ce que nous avons déjà dit, que l’assemblée aura déjà atteint son état stable et éternel dès son enlèvement au ciel. Pour nous, bien-aimés, l’éternité commence dès l’entrée au ciel. Les scènes sur la terre peuvent être et seront soumises à des changements, mais l’assemblée de Dieu demeurera éternellement dans l’état et la position que la grâce de Dieu lui aura conférés.

Jusqu’à maintenant nous n’avions que des côtés négatifs devant nous, qui ou quoi n’entrera pas dans la cité. Mais la Jérusalem céleste n’exclura pas seulement le mal : elle inclura le bien. Ce côté positif nous est aussi présenté. Seuls ceux dont les noms sont inscrits dans le livre de vie de l’Agneau entreront dans la cité. Le v. 14 du chapitre suivant montre de quelle manière on acquiert le « droit » d’entrer par les portes dans la cité : ce n’est qu’en lavant ses vêtements, c’est-à-dire en étant prêt à se faire purifier des souillures de la vie dans le sang de l’Agneau.

Nous nous sommes déjà occupés du livre de vie en rapport avec le chapitre 20 v. 21 ; ce livre de vie est appelé ici « le livre de vie de l’Agneau ». L’ajout « de l’Agneau » nous rappelle ici qui est venu autrefois dans le monde pour ôter le péché du monde (Jean 1:29). Quel privilège indescriptible d’avoir trouvé le pardon des péchés dans Son sang ! C’est cela seul qui rend un homme capable d’avoir accès à la bénédiction céleste qui nous est présentée dans ces images.

Quand dans ce chapitre et le suivant, il nous est parlé de ceux qui entrent par les portes dans la cité, est-il indiqué par-là que les saints d’autres dispensations, les saints ne faisant pas partie de l’assemblée, auront part comme habitant de la cité à ses bénédictions ? Je ne le pense pas. L’intention de l’Esprit Saint dans l’Apocalypse n’est manifestement pas de nous enseigner de qui l’assemblée se compose, de quels saints elle est composée. Ce sont d’autres passages du Nouveau Testament qui le montrent, par exemple Éphésiens 2:19-22 et 1 Pierre 2:5. Au lieu de cela, les bénédictions et les relations de l’assemblée glorifiée doivent ici être montrées, et il faut qu’il soit clair qui aura accès à ces bénédictions. Cela paraît être le sens de la manière de s’exprimer du Saint Esprit. De même le v. 14 du chapitre 22 ne peut guère être interprété autrement, à mon avis. En voyant les choses de cette manière, la cité céleste se compose des mêmes personnes que ses habitants. Ce sont deux images d’une seule et même chose. Dans l’image de la cité, c’est l’état de l’épouse, la femme de l’Agneau qui est mis devant les yeux, tandis que les habitants nous présentent plutôt les bénédictions personnelles des individus.

 

En bref nous avons trouvé dans le chapitre 21 la description de l’état éternel dans les huit premiers versets, puis dans la section suivante (à partir du v. 9 jusqu’à la fin du chapitre), il nous a été présenté, dans une sorte de rétrospective, les relations que l’assemblée au ciel entretiendra avec la terre durant le règne de mille ans. Ce tableau n’est cependant pas complètement terminé avec la fin du chapitre 21. Les cinq premiers versets du chapitre 22 appartiennent encore à cette description ; ce qui change, c’est seulement la direction du regard de celui qui contemple.

 

9                    Le paradis de Dieu

Une nouvelle scène s’ouvre au regard du voyant. La description de la première scène a commencé à 21:9. L’ange lui avait dit qu’il voulait lui montrer l’épouse, la femme de l’Agneau. Il l’avait alors conduit en esprit sur une grande et haute montagne, et lui avait montré la sainte cité, Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu. Il recommence à montrer une scène au chapitre 22. Le voyant rapporte donc une seconde vision, si l’on veut. Cette seconde vision s’occupe davantage de ce qui est trouvé à l’intérieur de la sainte cité, avec les bénédictions personnelles des rachetés, bien que les relations avec l’extérieur ne soient pas complètement absentes. Au vu de la promesse au vainqueur à Éphèse (2:7), on peut quand même dire : dans cette seconde vision il ne nous est présenté rien moins que le « paradis de Dieu ».

 

9.1   Le fleuve de l’eau de la vie — 22:1

« Et il me montra un fleuve d’eau vive, éclatant comme du cristal, sortant du trône de Dieu et de l’Agneau » (Apocalypse 22:1).

 

Dans les deux premiers versets du chapitre 22, deux nouveaux symboles apparaissent pour décrire la sainte cité ou paradis de Dieu : le fleuve de l’eau de la vie, et l’arbre de vie. Les deux symboles ramènent aux premiers chapitres de la Bible, et je peux renvoyer à ce que nous avons dit sous le titre « Une rétrospective remarquable » au début du chapitre précédent sur la relation entre la première et la nouvelle création.

À la suite de cela et pour tirer un plein parti de ces symboles, nous ne devons pas perdre de vue la profonde harmonie entre la cité terrestre et la cité céleste de Dieu. Il y aura une relation continuelle entre la cité sainte dans le ciel et la Jérusalem terrestre. C’est pourquoi elles se correspondent l’une l’autre. De même que le sanctuaire « fait de main » était une copie du vrai (Héb. 9:24), et comme Moïse lors de la confection du tabernacle devait tout faire selon le modèle qui lui avait été montré sur la montagne (Héb. 8:5), ainsi aussi la Jérusalem terrestre sera en ce temps-là largement une copie de la Jérusalem céleste. Les différences de principe quant au genre de bénédictions ne sont cependant ni touchées ni soulevées.

 

9.1.1       Dieu, la source de toute bénédiction

Jean voit un fleuve d’eau de vie, éclatant comme du cristal, sortant du trône de Dieu et de l’Agneau et coulant dans la cité. Sans entrer davantage pour le moment dans l’expression « trône de Dieu et de l’Agneau », nous apprenons ici que Dieu est le point de départ et la source proprement dit de toute bénédiction. L’Écriture sainte se sert régulièrement de l’image d’un fleuve d’eau pour présenter la grâce de Dieu dans sa force qui donne la vie et qui maintient la vie.

C’est ce que nous voyons déjà dans le jardin d’Eden. « Et un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait et devenait quatre rivières » (Genèse 2:10). Naturellement il s’agissait dans le jardin d’Eden de fleuves au sens littéral. Malgré tout, il y a un sens figuré : comme le fleuve en quittant le jardin se partageait en quatre rivières, ainsi Dieu dans Sa grâce s’est occupé de l’homme tombé dans le péché, et d’une manière universelle, ce dont nous parle le chiffre quatre. Mais comment l’homme a-t-il répondu à la grâce de Dieu, aux voies de Sa grâce envers lui ?

Deux des fleuves sont encore connus, l’Euphrate et le Tigre. Ils nous donnent une certaine réponse à cette question. Les deux fleuves sont en relation avec l’histoire du peuple d’Israël. Nous pouvons voir là, d’après l’exemple de ce peuple, ce qu’est l’homme en tant que tel. Parce que le peuple de Dieu d’autrefois, que Dieu avait choisi d’entre tous les peuples de la terre, abandonna son Dieu et se tourna vers les idoles, Dieu dut finalement le mener en captivité : le royaume des dix tribus d’Israël alla en captivité assyrienne, et un certain temps plus tard, le royaume des deux tribus de Juda alla en captivité babylonienne. Mais la capitale de l’Assyrie, Ninive, est au bord du Tigre, et Babel, la capitale babylonienne a été construite au bord de l’Euphrate. Nous apprenons par-là la leçon bien sérieuse que l’homme est mauvais et inaméliorable, qu’il a rejeté les voies de grâce de Dieu, et qu’à la suite de cela il ne restait rien d’autre à faire pour Dieu que de l’amener en jugement. Ceci est aussi vrai en rapport avec le temps présent dans lequel Dieu s’est révélé de manière encore plus glorieuse dans la chrétienté.

Les desseins de la grâce de Dieu ont-ils dès lors échoué ? A-t-Il fait naufrage dans Ses buts ? A-t-Il échoué dans Ses voies envers l’homme ? A-t-Il cessé d’être la source de bénédiction pour les hommes ? La scène de la Jérusalem céleste nous donne la réponse finale : pas du tout !

Cependant avant d’examiner de plus près cette scène, nous voudrions souligner le principe général suivant : Dans chacune des époques des six mille ans d’histoire humaine jusqu’à maintenant, Dieu a été et est le point de départ de la bénédiction et de l’origine de la vie, de la vie terrestre et avant toutes choses de la vie spirituelle. Dans cette mesure « le ruisseau de Dieu » est toujours « plein d’eau » (Ps. 65:9) — pour celui qui sait s’en servir par la foi. C’est ce dont les croyants de tous les temps ont pu faire l’expérience, y compris dans notre temps. « Il boira du torrent dans le chemin, c’est pourquoi il lèvera haut la tête » (Ps. 110:7). Cela n’a-t-il pas été vrai d’une manière parfaite de notre Seigneur et Sauveur quand Il allait comme homme ici-bas Son chemin sur cette terre dans la dépendance de Dieu ?

Malgré cela, Il était aussi le Fils de Dieu, qui pouvait donner l’eau vive, comme Il disait à la femme samaritaine (Jean 4:10). Celui qui boit de Son eau, non seulement n’aurait plus soif pour lui-même, mais l’eau qu’Il lui donnera deviendra en lui une source d’eau jaillissant en vie éternelle (v. 14). Celui qui croit en Lui, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre. « Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui » (Jean 7:37-39).

Nous apprenons deux choses importantes des paroles du Seigneur. D’abord la vérité déjà mentionnée, à savoir que Dieu (et cela inclut le Fils de Dieu) est le Donateur de la vie éternelle et le Donateur du Saint Esprit qui est la force de cette vie. Mais il y a alors le deuxième côté : par le fait que le corps du croyant est le temple du Saint Esprit (1 Cor. 6:19), l’Esprit de Dieu dans le croyant devient lui-même une source de bénédiction pour d’autres. Cela devient réalité dans la mesure où le croyant individuellement a le Seigneur Jésus devant lui comme objet de la foi. Sommes-nous conscients de la grandeur de la bénédiction et aussi de la responsabilité qui réside dans ce que Dieu, le Saint Esprit, habite en nous comme source de bénédiction et de vie pour d’autres ? « Or que le Dieu d’espérance vous remplisse de toute joie et paix en croyant, pour que vous abondiez en espérance par la puissance de l’Esprit Saint » (Romains 15:13).

Or ce qui est vrai du croyant individuellement, est vrai de l’assemblée comme un tout ; car elle aussi est le temple du Saint Esprit (1 Cor. 3:16-17). Dieu, le Dieu-Sauveur, l’a établie pour être un canal de bénédiction pour le monde, « dans un pays aride, altéré et sans eau » (Ps. 63:1). Voilà le point de vue sous lequel est vue l’assemblée, spécialement dans la première épître à Timothée — une direction de nos regards que malheureusement nous négligeons trop souvent. Certes le fleuve de la grâce et le fleuve de la bénédiction qui donne la vie réjouissent d’abord la ville de Dieu elle-même, comme les fils de Coré l’exprimaient de façon si belle : « Il y a un fleuve dont les ruisseaux réjouissent la ville de Dieu, le saint lieu des demeures du Très-haut » (Psaume 46:4). Mais quand Dieu bénit quelqu’un, alors Il le fait en vue de ce que la bénédiction et la vie se propagent.

 

9.1.2       Le fleuve de Dieu dans le règne de mille ans

Nous revenons par-là au temps du règne de mille ans. Jetons un coup d’œil d’abord sur la scène terrestre de ce temps-là. Le prophète Ézéchiel le décrit, et il montre comment l’eau coulera de dessous le seuil de la maison de Dieu en direction de l’Est, et deviendra un fleuve profond. Dieu est de nouveau le point de départ de la bénédiction, qui se montre comme donnant la vie, où qu’elle arrive : « car ces eaux parviendront là, et [les eaux de la mer] seront rendues saines ; et tout vivra, là où parviendra la rivière » (Ézéchiel 47:9). Les nations aussi, qui sont figurées par l’eau de la mer, recevront la jouissance de la vie divine ; car sans être né de nouveau, personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu, ni le voir (Jean 3:3, 5). Quelle que soit la forme extérieure de ce royaume, la nouvelle naissance est la condition pour y avoir part.

Il y aura quand même sur la terre des marais et des étangs qui ne seront pas assainis et resteront salés (Éz. 47:11). Même à l’époque où la justice régnera, tout ne sera pas parfait. La chair reste la même chair, et il y aura beaucoup de gens qui ne se soumettront au Seigneur qu’extérieurement. Voilà l’homme, — même en face de la grâce, de la puissance et de la gloire du Seigneur !

Il est intéressant de voir qu’à côté de ce fleuve, il y aura également une double rivière (Éz. 47:9), ce que Zacharie 14 confirme : « Et il arrivera, en ce jour-là, que des eaux vives sortiront de Jérusalem, la moitié vers la mer orientale [la mer morte], et la moitié vers la mer d’occident [la méditerranée] » (Zacharie 14:8). Ce sera une vaste bénédiction.

À côté de toutes ces similitudes, il y aura aussi par-là des différences d’avec la cité céleste Jérusalem. En elle tout sera parfait ; la cité céleste ne connaîtra ni marais ni étang ni lieu stérile. Le fleuve lui-même, comme tout ce qui relève de la sphère céleste, sera pur et éclatant comme du cristal. Il n’est parlé que d’un seul fleuve de la vie. Il n’est pas parlé de division en plusieurs rivières. Manifestement la pensée principale ici n’est pas celle d’une bénédiction universelle de l’homme sur la terre.

Le fait qu’il y ait un seul fleuve doit plutôt représenter la bénédiction et la joie communes des habitants de la cité. C’est pourquoi le fleuve ne porte pas directement le caractère de donner la vie, mais plutôt de rafraîchir et de stimuler. Les habitants de la cité se réjouissent par grâce depuis longtemps de la possession de la vie éternelle. Mais la vie éternelle a besoin, comme la vie naturelle, de soutien et de renforcement par le moyen de sa source. Mais nous nous arrêterons sur ces pensées seulement au verset suivant à propos de l’arbre de vie.

 

9.1.3       Le trône de Dieu et de l’Agneau

Le voyant voit le fleuve sortant du trône de Dieu et de l’Agneau. C’est pour la première fois qu’il est parlé ici du trône de l’Agneau. Au chapitre 4 et 5 on avait déjà vu le trône de Dieu, et l’Agneau se tenait au milieu du trône. Le trône de Dieu est donc distinct du trône de l’Agneau. Les éclairs, les voix et les tonnerres sortent du trône, et sept torches brûlent devant le trône. La courte période située entre l’enlèvement de l’assemblée et l’apparition de Christ en puissance sera caractérisée par un mot : le jugement.

Ici cependant une nouvelle forme de gouvernement du monde est visible. C’est le trône de Dieu et le trône de l’Agneau. Dieu et l’Agneau sont liés ensemble, mis sur le même pied (*) ; ce n’est qu’un seul trône. Durant le règne de mille ans Dieu gouvernera, les cieux gouverneront, comme Daniel l’a prédit. Cela constituera sa bénédiction particulière. Mais ce sera Dieu tel qu’Il s’est révélé dans Sa parfaite grâce dans le Christ Jésus, l’Agneau de Dieu. La majesté et la puissance de l’un s’uniront, si l’on a le droit de parler ainsi, à la grâce et la douceur de l’autre, pour conférer au gouvernement de Dieu dans ce temps-là son caractère propre. Ce seront effectivement des jours et des années bénis !

 

(*) Nous avons ici un nouvel exemple de ce que, dans les écrits de Jean, Dieu et Christ sont nommés en un seul et même temps et par-là mis sur le même pied. Dans son épître cela va même parfois jusqu’à ne plus pouvoir distinguer précisément qui ou quelle Personne de la Déité est particulièrement en vue. On ne peut pas se méprendre sur l’intention de l’Esprit de Dieu dans cette manière de s’exprimer : il s’agit de montrer que Christ est Dieu. Un bel exemple supplémentaire de cette fusion-union se trouve au v. 3 de notre chapitre 22.

 

Du fait que le fleuve de l’eau de la vie « sort du trône de Dieu et de l’Agneau », nous en déduisons deux choses :

·       Le gouvernement éternel de Dieu sur le terrain d’une rédemption accomplie formera la source de ce fleuve intarissable, qui nous présente la plénitude de l’Esprit et de la vie,

·       Le trône de Dieu et de l’Agneau offrira la sécurité pour que le fleuve coule éternellement. Il ne tarira jamais.

 

Quel bonheur inexprimable ce sera pour les rachetés dans le ciel ! Pendant l’éternité ils se réjouiront de la grâce de Dieu révélée dans le Christ Jésus, et ils seront rafraîchis en elle. Les bénédictions de la grâce de Dieu qui se renouvelleront éternellement, se déverseront dans leur cœur et les rendront parfaitement heureux. Et une adoration jamais achevée montera de leurs cœurs vers Celui qui est la source de tout. — « Ô notre Dieu, que sera-ce »

 

9.2   L’arbre de la vie — 22:2

Une particularité importante est encore ajoutée en relation avec la rue de la cité et le fleuve de vie :

« Au milieu de sa rue, et du fleuve, de çà et de là, était l’arbre de vie, portant douze fruits, rendant son fruit chaque mois ; et les feuilles de l’arbre sont pour la guérison des nations » (Apocalypse 22:2)

 

9.2.1       Au milieu

En dehors de la rue large (*) de la cité et du fleuve comme du cristal, Jean voit encore un arbre, l’arbre de vie (2*). La situation « géographique » de la rue et de l’arbre n’est absolument pas précisée. Il est vrai que si l’on rapporte les mots introductifs « au milieu de sa rue » au verset précédent, alors le fleuve coulerait au milieu de la rue large de la cité. Bien des traducteurs sont de cet avis. Inversement si on rapporte ces mots à ce qui suit, alors la rue et le fleuve courent l’un à côté de l’autre avec l’arbre entre eux deux. En fait plusieurs commentateurs vont jusqu’à dire qu’entre le fleuve et la rue de la ville il y a une sorte de parc rempli de « bois de vie ». Si l’on se trouve « de ce côté » (par exemple sur la rue) et qu’on regarde vers le fleuve, ou si l’on se trouve de l’autre côté (sur le fleuve) et qu’on regarde vers la rue — dans les deux cas on regarde toujours le bois ou arbre de vie entre les deux. C’est une pensée réjouissante quand on sait de Qui parle le bois !

 

(*) Le mot grec pour rue — plateia — désigne une rue publique large où beaucoup circulent.

(2*) dans l’expression « l’arbre de vie », les articles manquent en grec, à la fois devant « arbre » et devant « vie ». Par ailleurs, pour « arbre », ce n’est pas le mot normal « dendron » qui est utilisé, mais le mot « xylon = bois » qui est si souvent utilisé et au sens figuré exclusivement pour la croix du Seigneur (Actes 5:30 ; 10:39 ; 13:29 ; Gal. 3:13 ; 1 Pierre 2:24). On pourrait traduire « le bois de vie ». Mais le mot collectif « bois » est souvent utilisé en un sens marquant l’élément isolé, en sorte que la traduction « arbre de vie » est absolument correcte. En tout cas il s’agit de bois, ou d’un arbre qui est caractérisé par la vie. Il faut noter que la traduction grecque de l’Ancien Testament des Septante utilise toujours le mot « bois = xylon » pour arbre en Genèse 2.

 

9.2.2       L’accès à l’arbre de la vie

Même si nous ne pouvons pas préciser la situation géographique avec certitude, cela n’a aucun effet sur la compréhension de ce qui nous est communiqué symboliquement dans ce verset.

D’abord nous pensons certainement au fait qu’il y a déjà eu un arbre de vie au commencement de l’histoire de l’humanité. Mais Dieu avait dû interdire aux hommes l’accès à cet arbre dans le jardin d’Eden par le moyen de chérubins et de la flamme de l’épée qui tournait ça et là (Gen. 3:24). Pourquoi ? Ah ! c’est que le premier couple avait mangé d’un autre arbre, celui de la connaissance du bien et du mal, dont Dieu lui avait commandé de ne pas manger (Gen. 2:17). Même si Dieu avait dû chasser l’homme du jardin, cet acte de jugement comprenait quand même une part de miséricorde : si l’homme avait alors mangé de l’arbre de vie alors qu’il était tombé dans le péché (manifestement il ne l’avait pas fait auparavant), cela aurait signifié pour lui une vie perpétuelle dans la misère et le tourment sur la terre.

L’arbre de la connaissance du bien et du mal a été nommé à juste titre l’arbre de la responsabilité. Effectivement l’homme avait été placé sous une responsabilité en rapport avec cet arbre et le commandement de ne pas en manger : c’était la responsabilité d’obéir à Dieu le Créateur. L’homme a failli, il a fait davantage confiance au serpent qu’à son Créateur. Le résultat en a été que l’accès à l’arbre de vie lui a été défendu. L’effet désolant du péché du premier homme se voit jusqu’à aujourd’hui en ce que la mort a passé à tous les hommes (Rom. 5:12).

Maintenant ces deux arbres du jardin d’Eden renvoient à notre Seigneur Jésus Christ, à Lui qui autrefois a été pendu au bois. Là sur la croix, il a pris la place du pécheur et a réglé parfaitement la question de la responsabilité de l’homme devant Dieu ; comme mort et ressuscité, Il est devenu l’arbre de vie pour tous ceux qui croient en Lui. C’est pour cette raison que dans le paradis de Dieu, il n’y a plus qu’un seul arbre, l’arbre de vie. C’est une image de Christ dans la gloire comme vie des rachetés.

L’autre arbre, celui de la responsabilité, n’est plus là. Pareillement, il n’y aura plus quatre fleuves ou rivières, mais un seul, celui de l’eau de la vie, comme il n’y aura plus qu’un arbre. Le ciel n’est plus la scène de la mise à l’épreuve de l’homme. La terre l’était selon la pensée de Dieu ; mais dans le ciel il n’y aura plus rien ni personne à mettre à l’épreuve. N’est-ce pas une pensée réjouissante ? Tout ce qui rappelle la responsabilité, la discipline ; la mise à l’épreuve et choses semblables n’aura plus aucune place au ciel.

La position de l’arbre de vie — au milieu — montre aussi quelque chose de clair : Christ sera au ciel le centre de tous ceux qui suivent l’Agneau ; tous les rachetés auront accès à Lui, un accès qui demeurera ouvert et sans entrave. Il sera absolument accessible à chacun des Siens, pas seulement en principe, mais aussi en pratique. Aucun chérubin ne pourra jamais interdire l’accès auprès de Lui. Nous le verrons comme Il est, et nous nous délecterons en Lui sans entrave. Cela nous amène à un autre point important.

 

9.2.3       Des fruits et des feuilles

Comme on l’a déjà indiqué, il était promis au vainqueur dans la lettre à Éphèse de pouvoir un jour manger de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu (2:7). Ici, à la fin de ce livre de l’Apocalypse, nous voyons l’accomplissement de cette promesse.

L’arbre porte douze fruits, à chaque mois son fruit. Ces fruits de l’arbre, produits toujours à nouveau, sont dans leur diversité destinés aux saints célestes pour qu’ils en jouissent. En fait les joies de cette cité seront toujours nouvelles et parfaites ! Non seulement nous seront rafraîchis par des fleuves de délices et de grâce (« le fleuve de vie »), mais nous jouirons de Christ Lui-même en perfection (« l’arbre de vie ») — Lui qui est déjà notre vie (Col. 3:4).

Nous touchons là un principe qui est de grande importance également pour nous aujourd’hui : la vie éternelle que nous les croyants possédons, n’est pas indépendante de sa source. Certes, qui croit au Fils, a la vie éternelle (Jean 3:36 ; 6:40 ; 1 Jean 5:13). C’est un fait inébranlable : Dieu nous a donné la vie éternelle. Mais comme 1 Jean 5 nous l’enseigne, cette vie est dans Son Fils (v. 11). Seul celui qui a le Fils, a la vie. La vie (sa source, son siège propre) n’est pas en nous, mais en Christ, elle est « dans Son Fils ». À cela se rattache d’un côté la vérité immense que cette vie que nous possédons ne peut être ni perdue ni prise par autrui. Mais le côté qui nous occupe le plus maintenant, est que cette vie ne peut pas être séparée de sa source, mais elle a besoin d’être constamment fortifiée et stimulée par Lui-même. C’est, je crois, ce qui nous est présenté par les douze fruits. Même dans le ciel, la vie en nous aura besoin d’être soutenue par Dieu Lui-même, comme c’est aussi le cas pour nos corps naturels.

Nous ne pouvons guère nous représenter aujourd’hui quelles délices ce sera de jouir de la Personne de notre Seigneur sans entrave et de manière parfaite et toujours renouvelée. Ce sera une félicité absolue. Cependant nous savons déjà un peu de quoi nous parlons. Car dans le temps présent de notre vie terrestre, n’avons nous pas déjà appris à connaître le privilège de jouir de Lui comme la « manne » et le « grain rôti du pays » ? Seulement aujourd’hui tout est faible et fragmentaire. Dans le temps d’alors, la perfection fragmentaire disparaîtra, et nous connaîtrons comme nous avons été connus, c’est-à-dire nous connaîtrons dans une mesure parfaite et d’une manière absolue (1 Cor. 13:10, 12). Le connaître LUI, c’est ce qui constitue la vie éternelle : « c’est ici la vie éternelle qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jean 17:3). En Lui, l’Agneau, nous connaîtrons Dieu, et ce sera comme de la nourriture pour nous. Comme on l’a déjà remarqué, le principe est déjà vrai aujourd’hui. Si l’épouse du Cantique des cantiques disait déjà : « j’ai pris plaisir à son ombre, et je m’y suis assise ; et son fruit est doux à mon palais » (Cant. des Cant. 2:3), combien plus en ferons-nous l’expérience au ciel.

Le fait que le nombre douze revienne devant nous à l’occasion de ces douze fruits, cela souligne ce que nous avons déjà dit : Au point de vue du temps, nous nous trouvons ici encore à l’époque du règne de mille ans, où les choses de Dieu en rapport avec la terre doivent être administrées, et elles doivent l’être par des saints célestes. Ils jouissent pour eux-mêmes des fruits de l’arbre de vie, mais ce dont ils jouissent n’est manifestement pas seulement pour eux-mêmes. D’une manière quelconque qui ne nous est pas révélée, ils redonneront les bénédictions qu’ils auront expérimentées eux-mêmes, aux habitants de la terre, de sorte que, sur la terre, il y aura une reproduction des choses dans les cieux (Éz. 47:12).

Nous nous souvenons de ce que l’état éternel ne sera plus caractérisé par la présence de différentes nations et peuples sur la terre (21:3). Celle-ci ne sera peuplée que de gens glorifiés qui n’auront naturellement besoin d’aucune guérison. Mais durant le règne de mille ans, outre Israël le peuple terrestre de Dieu, il y aura beaucoup de nations qui viendront « de la grande tribulation » (7:14). Ils auront tous besoins de guérison. C’est à eux que sont destinées les feuilles de l’arbre : « et les feuilles de l’arbre sont pour la guérison des nations ». De quelle manière cette guérison de la cité céleste aboutira sur la terre, cela ne nous est pas dit. Mais durant le règne de paix de notre Seigneur, il y aura une relation directe entre la métropole céleste et la terre, et sans doute, les rachetés du ciel seront utilisés comme des canaux de bénédiction.

En résumé de ces versets, nous pouvons dire : les douze fruits constitueront un jour notre nourriture dans le ciel, mais les feuilles sont destinées à la guérison des nations sur la terre. En ce qui concerne la lumière ou le gouvernement ou la guérison, les nations sur la terre seront à tous égards dépendantes de la Jérusalem céleste, l’assemblée de Dieu dans la gloire. Quel aperçu tout cela nous donne sur le cœur de Dieu qui l’a ainsi voulu ! Combien seront manifestes « dans les siècles à venir » dans le ciel et sur la terre « les immenses richesses de sa grâce, dans sa bonté envers nous dans le christ Jésus » (Éphésiens 2:7) ! À Lui soit dans toute l’éternité la reconnaissance et l’adoration, par Lui notre Seigneur et Sauveur, qui nous a aimés et s’est livré Lui-même pour nous !

 

9.3   Les bénédictions éternelles — 22:3-5

Les trois derniers versets terminant ce paragraphe forment un tout qui est un appendice. Y sont dépeintes des bénédictions extraordinairement grandes qui réjouissent les saints dans le ciel. Quand nous aurons jeté un coup d’œil sur quelques points, nous ne pourrons que nous exclamer en adorant : « Ô Seigneur, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant » (Jean 2:10).

« Et il n’y aura plus de malédiction ; et le trône de Dieu et de l’Agneau sera en elle ; et ses esclaves le serviront, et ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. Et il n’y aura plus de nuit, ni besoin d’une lampe et de la lumière du soleil ; car le Seigneur Dieu fera briller [sa] lumière sur eux ; et ils régneront aux siècles des siècles » (Apocalypse 22:3-5).

 

Il est évident qu’il s’agit de bénédictions éternelles. Certes la scène comme telle est encore dans le temps, mais les bénédictions présentées portent un caractère éternel, tout comme la cité. En lisant ces versets, on a tout à fait l’impression que les choses présentées ont imperceptiblement sauté du temps dans l’éternité. L’horizon disparaît dans l’infini.

 

9.3.1       Plus de malédiction — 22:3a

La première chose qui nous est dite est qu’il n’y aura plus de malédiction. Sur la terre, même au temps du règne de mille ans, il y aura encore de la malédiction, car le pécheur sera maudit à l’âge de cent ans (És. 65:20). Mais dans la cité céleste, la malédiction sera totalement étrangère. On n’y entendra plus jamais la voix de la malédiction.

Si l’on se rappelle l’histoire de l’homme sur la terre, combien la différence sera totale. Quand le serpent a séduit le premier homme pour l’entraîner à pécher, Dieu l’a maudit (Gen. 3:14). Parce qu’Adam a écouté la voix de sa femme, Dieu a maudit le sol à cause de lui (Gen. 3:17). Caïn fut le premier meurtrier, le meurtrier de son frère ; lui aussi fut l’objet de la malédiction (Gen. 4:11). Quand Dieu donna la loi à Son peuple Israël, et que ce peuple élu viola immédiatement les justes exigences de Dieu, celui-ci tomba sous la malédiction de la loi violée — une malédiction sous laquelle tombent tous ceux qui pensent pouvoir se tenir devant Dieu sur le terrain de la loi de Dieu.

Par la puissance de l’œuvre de Christ, le chrétien croyant se trouve déjà aujourd’hui sur le terrain d’une grâce inconditionnelle, il se tient « en Christ » devant Dieu. Pourtant il se meut encore sur la scène de péché et de mort avec toutes les conséquences qui s’ensuivent pour lui. Toute la création soupire, et nous aussi nous soupirons en attendant la condition de fils, la rédemption de nos corps (Rom. 8:19-23). Cependant le moment est proche où nous ferons l’expérience de la rédemption de nos corps et où nous échangerons cette pauvre terre pour la gloire du ciel. Là il n’y aura plus de malédiction. Ce n’est pas seulement qu’elle ne nous atteindra plus (c’est déjà vrai aujourd’hui), mais toute la scène sera sainte et délivrée de tout ce qui pourrait réclamer la malédiction de Dieu.

Les exemples qui viennent d’être donnés de malédiction de Dieu, montrent clairement que la malédiction est toujours une conséquence directe du péché. C’est la raison pour laquelle la déclaration de notre verset d’Apocalypse 22 va plus loin que celle d’Apoc. 21:4 où seulement les conséquence indirectes du péché sont nommées : les larmes, la mort, le deuil, les cris, la peine.

L’absence de malédiction dans la cité céleste est fondée sur le fait qu’elle est le trône de Dieu et de l’Agneau. Notez bien : le trône de Dieu et de l’Agneau sera aussi dans l’assemblée de Dieu dans la gloire. Le v. 1 ne nous avait pas dit expréssément cette circonstance. Ainsi le gouvernement parfait de Dieu dans l’éternité soutient un état qui correspond à Sa sainteté absolue et qui assure éternellement la félicité des rachetés.

 

9.3.2       Service éternel — 22:3b

Après avoir entendu ce qui ne sera plus au ciel, quelques bénédictions positives sont nommées, dont la possession caractérise les saints célestes. En premier lieu, il est dit : « et ses esclaves le serviront ».

« LE serviront » : de qui s’agit-il ? La phrase précédente mentionne Dieu et l’Agneau, et maintenant il est simplement dit « lui » (LE serviront) et sa (sa face). Nous avons ici un de ces beaux exemples indiqués plus haut de ce que Jean ne se donne parfois pas la peine de distinguer entre les personnes divines, et ne dit donc pas clairement quelle personne il a en vue à ce moment-là. Il les voit tellement une dans la Déité que le Saint Esprit peut parler de cette manière par lui. J’ai déjà fait la remarque que cette manière de s’exprimer souligne la divinité de notre Seigneur Jésus Christ. La Parole de Dieu ne pourrait jamais parler de cette manière s’il n’était pas Dieu, comme le Père et comme le Saint Esprit. Cependant en général, s’il est nécessaire de distinguer les personnes de la Déité les unes des autres, le Saint Esprit le fait. Ni le Père ni le Saint Esprit ne sont devenus chair, mais seulement le Fils, la « Parole » éternelle (Jean 1:14). Et comme le Fils est devenu homme, les hommes ont pu voir en Lui « le Fils unique du Père ». Ce n’est là qu’un exemple où la manière de s’exprimer de l’Écriture distingue les personnes de la Déité.

« Ses esclaves le serviront » — grâce merveilleuse ! Nous Le serviront alors sans fin. Nous L’avions déjà servi sur la terre, et nous Le servirons « dans nos corps glorifiés ». Mais combien nous avons beaucoup failli dans ce domaine ! Ne nous a-t-Il pas rachetés à un prix immense ? Mais nous n’avions souvent pas de temps pour Lui, parce que notre cœur n’était pas dirigé sans partage sur Lui. Et même quand le désir de nos cœurs était de Le servir, combien tout ce que nous avons fait était imparfait ! Ce n’était pas toujours Sa seule volonté qui nous conduisait dans le service. Ne nous sommes-nous pas bien des fois attelés à l’œuvre de manière déloyale ou bien avec des mobiles mélangés, et n’avons-nous pas fait sentir mauvais l’huile du parfumeur (Eccl. 10:1) ? Glorifier Christ était-il vraiment le seul but de notre service, était-ce l’unique but ? Nous sommes tous plus ou moins obligés de baisser la tête et de confesser que nous sommes des serviteurs inutiles, même quand nous aurions fait tout ce qui nous était commandé (Luc 17:10).

Mais alors ce sera différent, complètement différent. Ce qui est dit ici s’accomplira : Ses esclaves Le serviront, ils exerceront dans l’éternité le service divin. Restant sous l’entier contrôle de l’Esprit Saint, ils donneront par leur service une réponse parfaite à Son amour, et par toute la force que l’Esprit Saint leur aura confiée, ils chercheront à glorifier le Seigneur, l’Agneau de Dieu. Ce service ne sera pas fatigant ni lassant ni aigrissant ni conduisant à la résignation. Il ne s’y trouvera plus toutes les insuffisances humaines ; il correspondra beaucoup plutôt à la norme divine et sera exercé pleinement dans la joie et la liberté et la diversité de l’Esprit Saint. Vivre une vie de service pour Lui dans l’éternité, qui pourrait en mesurer la félicité ?

Puissions-nous déjà aujourd’hui au jour où Il est méprisé Le servir avec tout le dévouement dont nous sommes capables ! Lui a vraiment servi pour nous ! N’est-ce pas déjà un privilège inestimable de servir notre Sauveur et de Lui apporter l’adoration ? C’est faire un peu de ce que nous ferons durant l’éternité. En fait ceux qui sont Ses esclaves maintenant, seront alors aussi Ses esclaves. Cela ne réduirait-il pas la joie du ciel s’il ne nous était pas accordé de servir là aussi Celui qu’aime notre âme ? Et si aujourd’hui nous pouvons Le servir au milieu de difficultés et de l’opprobre, dans la sphère céleste ce sera dans l’honneur et la joie sans mélange. L’exemple de Christ ne restera-t-il pas devant nos yeux, Lui qui a montré autrefois sur la terre quelle chose bénie c’était d’être obéissant à Dieu et de Le servir dans l’obéissance ?

 

9.3.3       Voir Sa face — 22:4

La bénédiction la plus grande et la plus élevée sera la suivante : « et ils verront Sa face ». Dieu parlait à Moïse face à face comme un homme parle avec son ami (Ex. 33:11). Quelle confiance cela exprime ! Mais même cet ami de Dieu ne pouvait voir directement le visage de Dieu, car Dieu avait dû lui dire : « aucun homme ne peut me voir et vivre » (Ex. 33:20). Il ne put Le voir que de derrière.

Dans les temps anciens, il n’était pas permis aux méchants ou aux gens disgraciés de voir le visage du roi. « La parole sortit de la bouche du roi qu’on couvrît le visage d’Haman » (Esth. 7:8) ; et le roi David dit au sujet de son fils Absalom : « il retournera à sa maison et ne verra pas mon visage » (2 Sam. 14:24). Le roi ne tournait pas son visage vers un fils rebelle.

Mais nous, nous verrons directement et sans obstacle le visage de l’Agneau de Dieu, bien-aimés, et nous y lirons combien Il nous a aimés. Voir Son visage, autrefois caractérisé par les souffrances pleines de douleurs, sera pour nous le plus grand bonheur. « Comme beaucoup ont été stupéfaits en te voyant, — tellement son visage était défait plus que celui d’aucun homme, et sa forme, plus que celle d’aucun fils d’homme » (Ésaïe 52:14). — Déjà aujourd’hui nous chantons à juste titre : « Son visage rayonne d’amour », car déjà aujourd’hui Son regard vers nous est rempli d’amour et toujours plein de grâce. Mais combien souvent nous manquons ce regard plein d’amour à cause de notre négligence ! Alors dans le ciel, nous capterons et comprendrons chaque regard de Ses yeux. Il n’y aura jamais non plus la moindre ombre sur Son visage quand Il ne regardera.

L’épouse bénie verra dans tes traits sublimes

ta parfaite beauté, Seigneur et époux.

Quelle profondeur du mystère d’amour et de grâce

sera devant elle, et nous le comprendrons tout.

 

Dans le Nouveau Testament il y a en tout sept ou huit passages qui nous encouragent à porter notre regard sur le Seigneur Jésus. Dans tous ces passages sans exception, il y a une riche bénédiction liée à ce regard. Il semble que l’on peut classer ces huit passages par paires. Ôter le péché du monde selon Jean 1:29 est lié à avoir la vie éternelle par ce regard porté sur Lui, l’Agneau de Dieu, Celui qui a été élevé sur la croix (Jean 3:14). En 2 Cor. 3:18 et Éph. 1:17-18 le regard est porté sur Christ dans la gloire. De cette manière nous sommes nous-mêmes déjà maintenant transformés de gloire en gloire, et nous croissons dans la connaissance de Lui-même. En Héb. 2 et 12 l’œil est de nouveau attiré vers Lui afin que nous soyons équipés de confiance et de force pour notre chemin ici-bas sur la terre. Finalement en 1 Jean 3:2 et dans notre passage d’Apoc. 22:4, notre espérance est dirigée vers le fait de Le contempler dans la gloire. Le résultat en gloire est que nous Lui serons semblables et que Son nom sera sur nos fronts.

L’assemblée de Dieu, l’épouse, la femme de l’Agneau, sera dans la gloire pour ainsi dire « pleines d’yeux » (*). Oui nous aurons la faculté de voir Dieu Lui-même dans l’Agneau de Dieu, et de nous abreuver de Son amour et de Sa grâce envers nous. Cela à son tour nous donnera le privilège de Le représenter devant d’autres et de Le glorifier. Mais immédiatement davantage.

 

(*) Nous passons là aux quatre animaux d’Apoc. 4 et 5. Il est significatif que les quatre animaux d’Apoc. 5 sont rattachés aux 24 anciens (v. 6-10), et ils chantent ensemble le cantique nouveau. Au chapitre 4 ils représentent seulement des anges, exécuteurs du jugement de Dieu dans l’administration de la puissance de Dieu. Mais dès l’instant où l’Agneau Lui-même apparaît et prend en main le livre des conseils de Dieu quant à la terre, la scène change et les anges passent à l’arrière-plan ; « car ce n’est pas aux anges qu’Il a assujetti le monde habité à venir dont nous parlons » (Héb. 2:5). En harmonie avec cela, les quatre animaux du chapitre 5 ne représentent plus des anges, mais des saints glorifiés dans le ciel.

 

9.3.4       Son nom sur leur front — 22:4

« Et son nom sera sur leur front ». Dans les temps anciens, il y avait l’habitude de mettre sur le front des esclaves l’empreinte du nom du propriétaire. Il semble que le Saint Esprit ait repris cette image. En tout cas les hommes séduits d’Apocalypse 13 sont conduits sous la direction de la bête à prendre le nombre de la bête sur leur main droite ou sur leur front. Par cela, la bête marque qu’ils sont sa propriété. Cela paraît être ici aussi la pensée principale. Les saints célestes seront publiquement reconnus comme la propriété de l’Agneau de Dieu.

Mais nous avons vu déjà à plusieurs reprises que le nom représente la personne, et ce que la personne révèle d’elle-même. Or si déjà ici-bas, en regardant la gloire du Seigneur nous sommes transformés en la même image de gloire en gloire, combien plus ce sera le cas quand nous contemplerons le visage du Seigneur Jésus dans la gloire ! Nous serons le reflet de Lui-même. Sur nous on reconnaîtra, on pourra lire quelle personne élevée et glorieuse est le Seigneur Jésus.

Être un reflet parfait de ce qu’Il est et de qui Il est, — pouvons-nous nous représenter une vocation plus élevée ? Aujourd’hui nous pouvons avoir parfois honte de porter le nom précieux de notre Seigneur Jésus devant les gens. Cela ne peut être que profondément humiliant. Alors dans le ciel ce sera la joie la plus excellente, de multiplier ainsi Sa gloire en la rendant visible devant les autres. Ici-bas sur la terre des gens se pressent autour d’autres mortels importants pour peut-être les entr’apercevoir un instant. Mais quel est le résultat d’un tel coup d’œil sinon une désillusion ? Nous par contre, nous verrons Sa face, et Son nom sera sur notre front. De cette manière l’assemblée glorifiée deviendra une bénédiction sans pareille pour la création. À l’opposé, Christ ne se révélera aux autres créatures qu’en relation avec l’assemblée.

Que sera-ce de Le voir comme Il est ! « Moi, je verrai ta face en justice quand je serai réveillé, je serai rassasié de ton image » (Psaume 17:15). Nous éprouverons un bonheur parfait, nous ferons l’expérience d’une satisfaction complète de nos désirs quand nous contemplerons Sa face. Lui aussi sera profondément satisfait quand Il verra le fruit du travail de Son âme glorifié devant Lui (És. 53:11). Il se réjouira avec délices de Son épouse pour laquelle Il a fait si infiniment, et Il se reposera dans Son amour (Soph. 3:17). — Cela aussi sera « la révélation de Jésus Christ » !

Tu jouiras du fruit de la détresse de ton âme

Pour lequel tu fus à l’agonie sur la croix, environné de la nuit profonde ;

Ce fruit poussera parfait, mûr et saint devant Toi,

Ton cœur aimant divin sera alors éternellement satisfait

 

9.3.5       Régner éternellement — 22:5

L’époux et l’épouse trouveront mutuellement une pleine satisfaction. Avec un plaisir inexprimable ils se contempleront l’un l’autre, et seront « rassasiés » de ce regard sur l’autre. Tout dans la nouvelle Jérusalem sera public et rien ne sera caché. Il n’y aura plus de nuit, là. Aucune lampe (c’est-à-dire de la lumière humaine, artificielle) ni la lumière du soleil (c’est-à-dire de la lumière naturelle, créée) ne seront plus nécessaires. Nous avons déjà parlé de cela en rapport avec le verset 23 du chapitre 21. La présence de Dieu remplira toute la scène. Ce sera le jour éternel, le jour éternel de Dieu.

« Et ils régneront d’éternité en éternité = aux siècles des siècles ». J’ai déjà eu l’occasion d’indiquer ce que sera une domination éternelle. Naturellement cette phrase du v. 5 inclut la domination durant le règne de mille ans, mais elle va bien plus loin : les saints célestes ne cesseront jamais de régner. Certes ils régneront avec Christ ; mais justement cette circonstance signifie que, tant qu’Il régnera, eux aussi régneront (Rom. 5:17 ; 2 Tim. 2:12).

Le règne sur la terre, la royauté par procuration de Christ, comme quelqu’un l’a nommée, se terminera un jour, elle ne durera même pas trop longtemps : mille ans. Quand le but du règne (l’élimination de toute puissance qui Lui sera contraire) sera atteint (ce sera « la fin » dans le sens absolu), Christ remettra le royaume à Son Dieu et Père, afin que Dieu (non pas seulement le Père) soit tout en tous » (1 Cor. 15:24-28). Tout se dénouera dans la domination supérieure de Dieu.

Quand il est parlé ici dans l’Apocalypse d’une royauté d’éternité en éternité, cela va au-delà de toute dispensation. Même après que Christ aura amené toutes choses dans le ciel et sur la terre en parfaite harmonie avec Dieu, le trône de Dieu subsistera comme tel. Tant qu’il y aura des créatures dans l’univers de Dieu, que ce soit des anges ou des hommes (et il y en aura éternellement), un gouvernement sera nécessaire. Ce gouvernement n’aura pas pour but d’établir un ordre, mais de le maintenir. De quelle manière les rachetés auront part à ce gouvernement, à cette domination, cela ne nous est pas dit. Il est simplement dit : « et ils régneront d’éternité en éternité ». Je suis quant à moi convaincu que cette domination des saints liés à Christ sera exercée de manière à administrer les bénédictions qui leur auront été confiées. Ainsi non seulement notre service sera éternel, mais aussi le fait que nous régnerons. Cependant tout servira à un seul grand but : glorifier Dieu le Père par Jésus Christ notre Seigneur.

 

9.4   Conclusion

Avec cela, nous sommes parvenus à la fin de la description de la Nouvelle Jérusalem, et même à la fin proprement dite du livre de l’Apocalypse. Avec le verset 5 du chapitre 22, se termine l’aperçu sur le ciel ouvert. Ce qui suit est davantage une sorte d’appendice, contenant des avertissements et des exhortations pour ceux qui sont encore sur la terre, mais auxquels s’appliquent toutes les glorieuses communications.

C’est comme ce qui arrive avec un ami, auquel une famille est très attachée, et au moment du départ elle lui formule un mot d’adieu, et puis encore un autre, parce qu’il lui en coûte de dire « au revoir ». C’est un peu la manière dont nous pouvons comprendre les derniers versets de l’Apocalypse. Les paroles d’adieu de notre Seigneur rapportées par le même écrivain dans son évangile, ne portent-elles pas aussi ce même caractère ? Avec quelle tendresse et quel amour notre Seigneur n’a-t-Il pas préparé Ses disciples à son départ !

Mais maintenant, le Sauveur est glorifié dans le ciel, et Il a donné à Ses esclaves « Sa révélation », ce qu’Il leur a « dévoilé » pour leur montrer ce qui doit arriver bientôt (1:1). Il veut par-là détacher nos regards de ce pauvre monde, et les diriger vers ces sphères de gloire avec lesquelles chaque vainqueur sera récompensé. Le livre de l’Apocalypse nous montre justement à quel point c’est bientôt que nous serons auprès de notre bien-aimé Seigneur, et que ce sera pour l’éternité. Les scènes célestes dont l’« Agneau » est le centre, sont si grandioses et resplendissantes, qu’involontairement nous désirons nous écrier avec l’apôtre Pierre : « Maître, il est bon que nous soyons ici ». Réveillés par les paroles de ce livre, le désir de Son retour s’en trouve renforcé d’une manière merveilleuse. Mais s’Il devait attendre encore un petit moment pour revenir, Il désire, par ces visions merveilleuses de scènes de jugement et de gloire, nous encourager à poursuivre encore un peu le service pour Lui et à souffrir pour Son Nom. Dans Son amour, ne s’est-Il pas aussi tourné vers nous, pour nous dire : « Va avec cette force que tu as » ? (Jug. 6:14).

 

 

CELUI QUI REND TÉMOIGNAGE DE CES CHOSES DIT :

OUI, JE VIENS BIENTÔT. —

AMEN, VIENS, SEIGNEUR JÉSUS ! (22:20)