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Commentaire sur Actes 12

Hérode, ennemi de l’évangile

 

Briem Christian

Traduit de l’allemand, Commentaire sur Actes 11 à 13.
Collection « Un peuple pour Son Nom » partie 6
Ed. Christliche Schriftenverbreitung, CSV, 2011

 

Table des matières :

1       Le ch. 12, un chapitre intermédiaire

2       La mort et la prison

2.1     Hérode Agrippa — Actes 12:1, 2

2.1.1     Une figure de l’Antichrist

2.2     Jacques

2.3     L’emprisonnement de Pierre — Actes 12:3, 4

2.4     La libération de Pierre — Actes 12:5

2.4.1     Une assemblée en prières — Actes 12:5, 12

2.4.2     Sauvé par un ange

2.4.2.1     Actes 12:6

2.4.2.2     Actes 12:7-10

2.4.2.3     Actes 12:11

2.4.3     Dans la maison de Marie — Actes 12:12

2.4.3.1     Actes 12:13-15

2.4.3.2     Actes 12:16-17

3       Orgueil et chute d’Hérode — Actes 12:18-23

3.1     Une défaite pour Hérode — Actes 12:18-19

3.2     La fin d’Hérode — Actes 12:20-23

3.2.1.1     Actes 12:20

3.2.1.2     Actes 12:21-22

3.2.1.3     Actes 12:23

4       Comment « croît » la Parole de Dieu

4.1     Actes 12:24

4.2     Retour à Antioche — Actes 12:25

 

 

 

1        Le ch. 12, un chapitre intermédiaire

Le ch. 12 des Actes que nous abordons a un caractère de chapitre intermédiaire. Cela se reconnaît clairement quand on fait la relation entre la fin du ch. 11 et le début du ch. 13.

Le ch. 11, dans sa deuxième moitié, nous a montré la naissance de l’assemblée à Antioche. Selon les pensées de Dieu, elle devait devenir le point de départ du christianisme dans le monde païen. Cette orientation est directement poursuivie au chapitre 13. Avec le ch. 13 commence effectivement une nouvelle section de l’histoire de l’assemblée de Dieu sur la terre, et par-là également une nouvelle section du livre des Actes des apôtres.

Entre les deux, au ch. 12, la scène change encore une fois pour passer d’Antioche à Jérusalem. Dieu avait-il oublié les croyants à Jérusalem, du fait qu’Il avait ouvert les écluses de Sa grâce aux nations ? Pas du tout ! Et nous voyons ainsi comment, dans Sa providence, Il est venu en aide d’une manière merveilleuse aux croyants à Jérusalem, persécutés et tombés dans une grande détresse, — et Il les a sauvés. Il a agi pour eux. C’est ce que nous pouvons apprendre ici. En principe, c’est ce qu’Il fait aussi pour nous aujourd’hui, même si en règle générale Il ne se sert pas de moyens aussi spectaculaires qu’à l’époque du commencement.

 

2        La mort et la prison

Le ch. 12 qui est devant nous est intéressant et instructif au plus haut point. À côté de son importance historique, il a une signification figurée (prophétique), et il préfigure les événements des temps de la fin.

D’un autre côté nous voyons l’église (ou assemblée) primitive en activité d’une manière particulière qui n’avait pas encore été vécue. Nous rencontrons au cours du récit toute une série de personnes — certaines que nous rencontrons ici pour la première fois dans le Nouveau Testament, d’autres pour la dernière fois. Le chapitre commence avec Hérode, et se termine avec lui. Puis l’assemblée est mentionnée deux fois, et une fois ce sont les frères qui sont mentionnés. Comme croyants individuels, on a Jacques et Pierre, puis Marie, Jean, Rhode et un autre Jacques. Tout à la fin nous trouvons encore une fois Barnabas et Saul, ensemble avec Jean (-Marc). Chacune de ces personnalités a son histoire propre, mais celle-ci ne nous est pas toujours communiquée. Mais ce qui est raconté dans le cas d’un individu, mérite de captiver toute notre attention.

 

2.1      Hérode Agrippa — Actes 12:1, 2

« Or vers ce temps-là, le roi Hérode mit les mains sur quelques-uns de ceux de l’assemblée pour les maltraiter, et il fit mourir par l’épée Jacques, le frère de Jean » (12:1, 2).

Il s’agit ici d’Hérode Agrippa I, le fils d’Aristobule, le neveu d’Hérode le Grand (le meurtrier des enfants de Bethlehem). Il fut le père d’Agrippa II qui apparaît au ch. 26 et devant qui Paul a comparu à Césarée. Quand Claude remplaça Caligula assassiné et monta sur le trône d’empereur de l’empire Romain en 41 ap. J.C., il établit immédiatement Hérode Agrippa roi sur toute la Palestine. Ainsi à Hérode le Grand succéda effectivement un autre roi qui a encore une fois régné sur la Judée, mais pour un temps court (3 ans). Nous aurons à reparler plus loin de cette circonstance remarquable. Quand Hérode ne séjournait pas à Rome (en grande pompe), il résidait habituellement à Jérusalem. Ainsi l’histoire profane confirme ce que la Parole de Dieu dit au sujet de ce souverain au pays de Judée : « Hérode, le roi ».

L’histoire ne le décrit pas comme tyrannique, au contraire de son grand-père, mais plutôt comme modéré, et passablement perfide, superficiel et extravagant. Il aimait se montrer populaire, et depuis son intronisation comme roi, il recherchait la faveur des Juifs, spécialement des pharisiens bornés ; il jouait ainsi un rôle de défenseur zélé de la foi et des coutumes juives. Cette recherche de popularité auprès des Juifs ressort clairement de notre texte, et jointe à son inimitié contre le christianisme, elle est la cause véritable et le mobile de sa manière d’agir comme roi.

Quand donc il mit les mains sur quelques-uns de l’assemblée pour les maltraiter, il ne le fit pas tant par goût personnel, mais pour plaire aux Juifs. Pilate en son temps était tombé dans le même piège, quand il avait livré Jésus, le roi des Juifs, aux mains de ses ennemis pour qu’Il soit crucifié (Marc 15:15).

La manière d’agir violente contre les chrétiens, paraît avoir commencé assez soudainement. Si Luc ne parle que de « quelques-uns », sans dire de qui il s’agissait, cela paraît indiquer qu’Hérode choisissait soigneusement ses victimes, peut-être des chrétiens connus, de manière à faire grande impression parmi les Juifs. De quelle manière les disciples du Seigneur furent maltraités et s’ils furent torturés, cela ne nous est pas dit. Cependant il semble que ces premières victimes ont été mises à mort.

Il en fut autrement avec Jacques. Hérode l’a fait mettre à mort par l’épée sans autre forme de procès. C’était une victime tellement de premier plan que le roi se l’était spécialement réservé. Pourquoi justement Jacques ? Nous ne le savons pas. Peut-être était-il le seul apôtre séjournant à ce moment-là, à Jérusalem. Le verset 17 de notre chapitre semble indiquer que les autres apôtres avaient quitté Jérusalem.

 

2.1.1       Une figure de l’Antichrist

Avant d’aborder de plus près la question de Jacques et de sa mort, je voudrais rapidement donner un éclairage sur ce passage et sur la signification prophétique de ces événements et de la personne du roi. Commençons par ce dernier.

Ce roi sans cœur régnait sur le peuple juif, mais il avait reçu la royauté de la main des princes romains. Il en sera exactement pareil un jour avec l’Antichrist, dont Hérode est une préfiguration. Lui aussi sera roi sur le peuple des Juifs (Daniel 11:36 et suiv.), et il exercera toute sa puissance devant le chef de l’empire romain (la première bête d’Apoc. 13 — Apoc. 13:11, 12).

Comme Hérode persécuta le résidu croyant en Judée et le tua en partie par l’épée, ainsi après l’enlèvement de l’église viendra un temps de grande tribulation sur le peuple juif. À cette occasion, les hommes juifs fidèles souffriront la mort de martyr (préfigurée par Jacques), tandis que d’autres (comme Pierre) feront l’expérience d’un salut opéré miraculeusement. La libération par un ange de l’apôtre de la circoncision hors de sa prison souligne le caractère juif de la scène.

L’ère chrétienne, par contre, n’est pas caractérisée par des interventions directes d’anges. Quand Paul, l’apôtre des nations, fut aussi mis en prison à la fin du livre des Actes, aucun ange n’a été envoyé pour le libérer. Beaucoup plutôt, Il y a eu depuis ce temps-là d’innombrables martyrs chrétiens qui ont payé de leur vie leur fidélité au Rédempteur, sans qu’aucune puissance divine soit intervenue pour les sauver. Aujourd’hui il n’apparaît plus d’anges, bien qu’ils soient encore tout aussi actifs en faveur des enfants de Dieu qu’aux jours du commencement (Héb. 1:14). La manifestation extérieure de la puissance de Dieu n’a été donnée qu’au commencement pour confirmer la Parole de Dieu du fait qu’elle était nouvelle. Elle ne peut pas se répéter. C’est la raison pour laquelle les dons miraculeux manquent en Éphésiens 4 ; car là, ce sont les dons qui ont posé les fondements (apôtres et prophètes) et les dons qui demeurent (évangélistes, pasteurs et docteurs) qui nous sont présentés.

Il est donc d’une importance cruciale de différencier l’époque juive à venir d’avec la période chrétienne actuelle.

Mais quel sera la fin du grand adversaire ? Elle sera semblable au sort du roi Hérode tel que décrit à la fin de notre chapitre. Ici c’est un ange du Seigneur qui a frappé le roi à cause de son orgueil. Alors, ce sera le Seigneur lui-même qui mettra une fin soudaine à la prétention sans borne de l’homme de péché, et qui le consumera par le souffle de Sa bouche (2 Thes. 2:8).

Nous sommes saisis d’une profonde tristesse, quand nous pensons aux événements de la fin des temps, avec le sort terrible qui est figuré ici, et que nous réalisons qu’un jour Dieu amènera en jugement tout ce qui s’exalte (Job 40:6 ; És. 2:12). Nous sommes aussi reconnaissants de ce que le temps de la grâce dure encore aujourd’hui, pendant lequel l’homme peut se tourner vers le Seigneur ; car pour la chrétienté incrédule, le jour viendra où les hommes ne pourront plus croire à la vérité, mais ils devront croire au mensonge, et iront à la perdition, parce qu’ils n’auront pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés (2 Thes. 2:10 et suiv.).

 

2.2      Jacques

Qui était Jacques ? Puisque plusieurs croyants ont porté ce nom, on peut se poser la question : de quel Jacques s’agit-il ? La précision « le frère de Jean » donne une réponse nette. En conséquence, il ne s’agit pas, entre autres possibilités, du Jacques, frère du Seigneur, qui a écrit l’épître, mais il s’agit de l’apôtre Jacques, le fils de Zébédée (Matt. 4:21 et 10:2).

Nous ne savons pas grand-chose à son sujet. Au temps de la vie du Seigneur Jésus ici-bas, il faisait partie, avec Pierre et Jean, des disciples privilégiés qui ont pu L’accompagner dans des circonstances particulières.

Ces trois disciples sont les seuls auxquels le Seigneur a accordé d’assister à la résurrection de la fille de Jaïrus (Marc 5:37 ; Luc 8:51). Seuls ces trois-là ont pu Le voir sur la sainte montagne dans Sa gloire officielle (Luc 9:28 et suiv.). Et ce sont encore eux trois qui furent choisis pour être très près du Seigneur au jardin de Gethsémané, car ce sont eux seuls qu’« Il prit avec lui », et eux seuls qui entendirent les paroles bouleversantes du Seigneur « mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort » (Matt. 26:37, 38 ; Marc 14:33, 34). Jacques a été témoin de tout cela.

Son nom est encore associé à la requête de sa mère (également mère de Jean), lorsqu’elle vint à Jésus avec ses deux fils pour demander une place d’honneur particulière pour eux dans Son royaume (Matt. 20:20, 21). « Vous ne savez ce que vous demandez » fut la réponse du Seigneur, qui leur demanda alors s’ils pouvaient boire la coupe qu’Il était sur le point de boire. On se serait attendu à une réponse négative, mais ils répondirent « nous le pouvons ». Manifestement le Seigneur parlait de Sa mort expiatoire que Lui seul pouvait endurer. Mais dans sa grâce Il entra dans leur courant de pensée, et Il poursuivit en disant : « Vous boirez bien ma coupe… ». Oui, eux aussi mourraient de mort violente pour l’amour de leur témoignage pour Lui. Les disciples ne pouvaient pas le comprendre à ce moment-là. Mais maintenant, au temps d’Actes 12, l’annonce prophétique du Seigneur trouve son premier accomplissement.

Jacques qui, selon sa mère, devait avoir une place de faveur dans le royaume du Seigneur, fut justement le premier à être retiré du cercle des apôtres et à subir la mort du martyre. N’est-il pas remarquable que l’autre des deux frères, Jean, ait survécu à tous les autres apôtres, et ait dû « demeurer » dans un sens bien particulier ? « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe » (Jean 21:22).

L’Écriture ne donne guère d’information sur les circonstances précises de la mort de Jacques. Cela est typique de la manière d’écrire de l’Esprit de Dieu dans l’Écriture sainte. Il ne satisfait pas l’intérêt purement humain, la curiosité humaine et l’avidité pour le sensationnel. Il ne dépeint pas certaines scènes très douloureuses comme nous, les hommes, le faisons pour exciter la sympathie. C’est ainsi que même la crucifixion du Seigneur dans les évangiles n’est souvent mentionnée que par une phrase secondaire : « quand ils eurent crucifié Jésus… », ou « … où ils le crucifièrent ».

En outre la mort est pour le croyant un ennemi vaincu (1 Cor. 15:55) ; elle n’est qu’un « portier » qui ouvre la porte du paradis. C’est comme s’il ne valait guère la peine d’en parler. C’est peut-être aussi la raison pour laquelle l’apôtre Jacques est le seul apôtre dont la mort nous soit donnée par un récit historique du Nouveau Testament.

Que Jacques ait été tué « par l’épée », cela veut dire qu’il a été décapité. Jean le baptiseur avait subi précédemment le même sort par un autre Hérode, Hérode Antipas (Matt. 14:1 et suiv.). — Il y a donc en tout quatre détenteurs du pouvoir dans ce monde (des rois) qui ont eu le nom d’Hérode dans le Nouveau Testament. Dans le cours de notre méditation sur les deux premiers versets de notre chapitre, nous les avons mentionné les quatre. Au moins trois d’entre eux sont des figures de l’Antichrist.

 

2.3      L’emprisonnement de Pierre — Actes 12:3, 4

« Et voyant que cela était agréable aux Juifs, il continua, en faisant prendre aussi Pierre ; (or c’étaient les jours des pains sans levain) ; et quand il l’eut fait prendre, il le mit en prison, et le livra à quatre bandes de quatre soldats chacune pour le garder, voulant, après la Pâque, le produire devant le peuple » (12:3, 4).

La raison pour Hérode de « continuer » ses méchantes actions est donnée : il voyait qu’il pouvait par-là faire des Juifs ses amis ; cela leur plaisait. Quel conseiller misérable et trompeur que le désir de plaire !

Le roi put se sentir fortifié dans son action par le fait qu’aucune puissance supraterrestre n’avait empêché jusque-là l’exécution de ses plans meurtriers. Certes il ne lui était pas inconnu que les apôtres avaient été comme invulnérables, ayant été déjà une fois mis publiquement sous garde, et malgré toutes les gardes veillant sur eux, ils étaient retourné, libres, au temple et avaient enseigné le peuple (5:18 et suiv.). Cependant dans le cas de Jacques, le Seigneur n’était effectivement pas intervenu pour sauver ou garder Son serviteur. L’auréole que les douze avaient aux yeux de beaucoup, paraissait définitivement évaporée.

Aussi le roi faible et injuste osa faire un pas de plus dans sa mauvaise voie. Pierre qui était vraisemblablement revenu à Jérusalem, fut choisi comme la victime de choix suivante. Il fut saisi — manifestement sans grande difficulté, — et mis en prison. Pour le garder, tous les soins furent mis en place, afin de rendre impossible toute évasion, et que ne se répète pas ce qui était déjà arrivé une fois avec les douze. Pour prévenir toute éventuelle surprise, ils le livrèrent à la garde de pas moins de quatre bandes de quatre soldats. Comme le v. 6 le montre, Pierre fut enchaîné à deux soldats pendant que deux autres veillaient à la porte. Afin que l’attention des soldats ne se relâche pas, une section affectée à la garde était remplacée par la suivante selon une rotation toutes les six heures. Ainsi selon l’appréciation des hommes, on avait fait le maximum pour rendre toute évasion impossible.

La petite insertion du v. 3 « c’étaient les jours des pains sans levain » paraît indiquer deux choses : d’abord Hérode tenait absolument compte de la fête des Juifs et ne voulait en aucune manière perturber l’exercice des rites religieux. Et deuxièmement c’est Hérode qui avait ouvertement réussi à mettre en prison l’apôtre Pierre justement en ces jours-là. Après la Pâque il voulait le produire devant le peuple, ce qui signifie sûrement qu’il voulait offrir un spectacle au peuple, avec exécution publique et mise à mort du prisonnier. Voilà ce qu’était « l’attente du peuple des Juifs » (12:11). Une audience publique et un procès en bonne et due forme judiciaire étaient considérés comme superflus.

C’était un plan méchant, diabolique ! Son exécution plairait de nouveau aux Juifs. Que pouvaient entreprendre là-contre les chrétiens misérables et sans force ? C’est ce qu’Hérode a pu penser, et c’est ce que, depuis, pensent aussi tous les hommes incrédules. Ils établissent des plans avec beaucoup de soins, ils parent à toute éventualité, et ils se protègent dans toutes les directions. Mais il n’y en a qu’Un qu’ils ne prennent pas en compte : c’est Dieu, et cela leur est fatal.

Or les croyants font exactement le contraire : Ils comptent sur Dieu quels que soient la gravité et l’état désespéré des circonstances où ils se trouvent. La suite du cours des événements confirme cela, et confirme combien il est bon d’avoir Dieu de son côté.

 

2.4      La libération de Pierre — Actes 12:5

« Pierre donc était gardé dans la prison ; mais l’assemblée faisait d’instantes prières à Dieu pour lui » (12:5).

Nous avons déjà vu que Pierre avait été mis sous une surveillance extrêmement soigneuse. Pourtant cela est suivi par un « mais » important. Cela attire notre regard sur un autre plan, celui du niveau de Dieu.

Il est intéressant que deux formes d’imparfait sont en vis-à-vis dans ces versets, et les deux parlent de persistance. D’un côté il y a le processus de surveillance continue, et d’un autre côté le processus continuel de prière. Laquelle de ces deux puissances sera la plus grande, celle de l’homme ou celle de la prière ? Hérode s’appuyait sur la première, et l’assemblée locale à Jérusalem faisait confiance à la seconde.

 

2.4.1       Une assemblée en prières — Actes 12:5, 12

Les jours s’écoulaient les uns après les autres, la fête de Pâque était bientôt passée, et Pierre était toujours en prison, enchaîné à deux soldats. Il ne restait plus que quelques heures, celles d’une nuit, avant d’être « produit » pour ce qui était sûrement sa mise à mort. Hérode pouvait se réjouir d’un bon sommeil cette nuit-là, car à son sens, il avait bien réglé tout le déroulement des choses. Mais les chrétiens, ces gens méprisés et impuissants, que pouvaient-ils entreprendre là-contre ? Ils faisaient maintenant ce à quoi le despote était totalement étranger : ils priaient.

Il y a encore un point important à aborder, qu’il serait dommageable de passer sous silence. Il y a souvent des détails qui paraissent minimes, et qui sont pourtant, pour nous, pleins d’enseignements.

Il faut d’abord établir qu’il y avait déjà en ce temps-là des réunions de prières, c’est-à-dire des réunions où les croyants se réunissent « en assemblée » pour s’unir devant Dieu en prières publiques. Certes nous trouvons déjà en principe cette pratique des premiers chrétiens au ch. 2 : « ils persévéraient dans… les prières » (2:42b). Ici nous sommes témoins d’une telle réunion de prières du point de vue historique. Le fait de se rassembler de nuit pouvait ne pas être la règle, mais provenir du danger extrême que courait la vie de l’apôtre Pierre, et ils recherchaient la protection des ténèbres. Dans cette mesure, il ne s’agissait probablement pas d’une des réunions régulières pour la prière, mais d’une réunion de prières extraordinaire. Une situation de détresse aigue poussait l’assemblée à la prière.

Nous apprenons par cela, qu’encore aujourd’hui, à côté des réunions de prières normales, il peut y avoir des réunions de prières spéciales quand des circonstances particulièrement pressantes le requièrent. Ce privilège nous est toujours ouvert, et en général la prière en commun, comme assemblée, présente un privilège extraordinaire. Malheureusement dans la chrétienté de nos jours, cela n’est guère perçu.

En outre, nous apprenons que ces prières étaient d’instantes prière et qu’elles étaient adressées à Dieu. C’est de cette manière que nous devrions prier : d’une part en sachant qui nous prions, et d’autre part avec persévérance et ferveur. Si nous prions notre Dieu et Père, ou si nous prions le Seigneur Jésus, le destinataire de la prière est Dieu dans tous les cas. Nous ne pouvons jamais adresser nos prières à des hommes. Dieu est seul souverain. Certainement nous pouvons formuler des demandes à des hommes, nous pouvons leur faire quelques requêtes. Mais la prière est quelque chose d’incomparablement plus grand. C’est le cœur qui se tourne vers Dieu plein de foi, dans la confiance en Son amour, en Sa sagesse et en Sa toute puissance. Y a-t-il quelque chose d’impossible pour Lui ? En même temps, c’est l’expression et la reconnaissance de la dépendance de la créature vis-à-vis de l’autorité supérieure de Dieu, à qui cette créature est redevable de son existence.

Que nous devions faire d’instantes prières, le Seigneur Jésus l’a déjà dit dans une parabole : « Et il leur dit aussi une parabole, pour [montrer] qu’ils devaient toujours prier et ne pas se lasser » (Luc 18:1-8). Jacques nous dit que « la fervente supplication du juste peut beaucoup » (Jacq. 5:16). Si ce que dit Jacques est déjà vrai de la prière d’un individu, combien plus ce se sera vrai pour la prière de toute une assemblée qui prie en prières instantes.

Le mot traduit par « instantes » signifie aussi « assidue, persévérante, zélée, ardente, fervente, pressante ». En dehors de notre passage, ce mot ne revient que deux autres fois dans le Nouveau Testament, et chaque fois il est traduit différemment. Quand le Sauveur à Gethsémané était dans l’angoisse du combat, il est dit qu’« Il priait plus instamment » (Luc 22:44). Pierre nous exhorte à nous « aimer l’un l’autre ardemment » (1 Pierre 1:22). Si, dans notre passage, l’assemblée à Jérusalem faisait d’instantes prières, cela exprimait aussi bien sûr dans ce cas une dimension temporelle : la prière durait longtemps, peut-être des heures. Quelle énergie spirituelle était présente là !

Nous apprenons encore quelque chose de la prière de l’assemblée en Actes 12 : elle avait lieu « pour lui » c’est-à-dire pour Pierre (12:5). Cela veut dire que la prière avait un contenu tout à fait concret. On ne faisait pas des prédications à Dieu à genoux, on ne se répandait pas en citations de différentes vérités ou passages de l’Écriture. Non, on se rassemblait pour prier pour Pierre. Je voudrais redire encore : voilà la manière dont nous devrions prier — du concret, des objets précis, des objectifs nets.

Il se peut tout à fait qu’une réunion de prières soit dominée surtout par une seule préoccupation, ou un seul objet, selon que la situation le requiert. Je peux me représenter que les prières pour Pierre cette nuit-là, étaient très semblables les unes aux autres, que plusieurs avaient la même forme, et se répétaient devant le Seigneur. Nous ne devrions pas avoir ces répétitions en petite estime, ni les redouter. Elles font certainement partie des prières instantes. La veuve de Luc 18 recommençait toujours à assener une seule et même prière au juge. En tout, le Saint Esprit veut et doit avoir la direction, — que les préoccupations soient plus ou moins concentrées sur un point, ou qu’elles s’étendent sur tout un large spectre de requêtes auprès de Dieu. Tous les deux ont bien leur place et sont réjouissants, même si le second genre est mieux adapté aux besoins multiples, ce qui est normal.

Une question reste en suspens : pourquoi l’assemblée n’a pas prié pareillement pour Jacques ? En tout cas l’Écriture ne donne aucune indication qu’elle l’ait fait. Peut-être tout simplement n’y a-t-il pas eu assez de temps pour une telle prière, si la décapitation de Jacques a été subite. Mais nous devons bien sûr apprendre ici la leçon que les pensées du Seigneur ne sont pas les mêmes dans tous les cas : Tandis qu’Il a voulu sauver Pierre d’une manière merveilleuse, Il ne l’a pas fait avec Jacques. Celui-ci devait glorifier le Seigneur par sa mort. Justement dans le cas de prières pour la santé ou la guérison ou autres choses semblables, nous devons être très prudents, et laisser absolument au Seigneur la décision finale. Sinon il pourrait arriver qu’on prie contre Sa volonté, et ce ne serait pas prier par le Saint Esprit (Jude 20), ni prier au nom du Seigneur Jésus (Jean 14:13). Les prières de propre volonté, aussi bien intentionnées soient-elles, ne peuvent pas être exaucées par le Seigneur.

 

2.4.2       Sauvé par un ange

2.4.2.1      Actes 12:6

« Mais lorsque Hérode allait le produire, cette nuit-là, Pierre dormait entre deux soldats, lié de deux chaînes ; et des gardes, devant la porte, gardaient la prison » (12:6).

Pierre n’était évidemment pas dans une situation confortable, déjà vu purement de l’extérieur. Enchaîné par deux chaînes à deux soldats, le moindre mouvement était détecté, et toute tentative de fuite était d’entrée rendue impossible. De chaque côté se trouvait un soldat, et de plus, vers l’extérieur, la porte de la cellule où Pierre se trouvait, était surveillée par deux autres soldats de la bande de quatre. Chaque bande de quatre qui faisait le service, mettait sa vie en jeu pour assurer la garde du prisonnier (voir 12:19). Le portail de la prison était gardé par encore d’autres gardes.

Ainsi, du point de vue humain, Pierre était aux maisn d’Hérode. La situation était-elle sans issue ? Certainement pas. Car, en vérité, il était dans la main de Dieu, et c’est ce qu’il y a de mieux, chers amis. Si nous sommes quelque part, en prison, ou dans un hôpital, ou n’importe où, que l’endroit soit beau ou désagréable, nous sommes toujours dans la main de Dieu, et Son regard repose toujours sur nous en amour. Combien il est heureux d’en avoir conscience ! Pierre était rempli de cela, car « cette nuit-là, Pierre dormait ». Il aurait été naturel et compréhensible qu’il reste réveillé toute la nuit, en train de se débattre avec des pensées le tourmentant au sujet de ce que le jour suivant allait lui apporter. Mais non, il était dans une paix parfaite, se sachant sous la protection du Berger d’Israël qui ne sommeille pas et qui ne dort pas. Et il savait ceci : son secours ne proviendrait pas des montagnes, mais elle provient de l’Éternel, Lui qui a fait les cieux et la terre (Ps. 121).

Ce sommeil de Pierre dans cette nuit en prison, était un triomphe de la foi. Dieu en était glorifié. Précédemment les apôtres avaient dormi en face de la souffrance de leur Maître au jardin de Gethsémané, ainsi qu’en présence de Sa gloire sur la montagne de la transfiguration. C’était la faiblesse de la chair. Mais ici et maintenant, le sommeil était l’expression de sa foi pleine de force. « Je me coucherai, et aussi je dormirai en paix ; car toi seul, ô Éternel ! tu me fais habiter en sécurité » (Ps. 4:8). Pierre réalisait cela dans les conditions les plus sévères, et en outre il était convaincu qu’il serait de nouveau rendu libre. Le Seigneur ne lui avait-il pas dit à la mer de Tibériade : « Quand tu seras devenu vieux…. » (Jean 21:18) ? Ce moment-là n’était pas encore venu.

N’y a-t-il pas quelque chose à apprendre de la paix et de la tranquillité et du repos de l’apôtre Pierre ? Certainement, nous ne sommes pas, en général, dans une situation aussi fâcheuse que la sienne. Mais combien il est aussi précieux pour nous, de pouvoir chaque nuit nous coucher dans la conscience que nous sommes en Christ, et que nous avons la paix avec Dieu, — étant prêts, si le Seigneur le veut, à nous réveiller dans l’éternité !

 

2.4.2.2      Actes 12:7-10

« Et voici, un ange du Seigneur survint, et une lumière resplendit dans la prison ; et frappant le côté de Pierre, il le réveilla, disant : Lève-toi promptement. Et les chaînes tombèrent de ses mains. Et l’ange lui dit : Ceins-toi et chausse tes sandales. Et il fit ainsi. Et il lui dit : Jette ton vêtement sur toi et suis-moi. Et sortant, il le suivit ; et il ne savait pas que ce qui se faisait par l’ange était réel, mais il croyait voir une vision. Et ayant passé la première et la seconde garde, ils vinrent à la porte de fer qui conduit à la ville, et elle s’ouvrit à eux d’elle-même ; et étant sortis, ils allèrent jusqu’au bout d’une rue ; et aussitôt l’ange se retira d’avec lui » (12:7-10).

Le récit de l’intervention d’un ange du Seigneur pour libérer l’apôtre Pierre est on ne peut plus clair et net. Des incrédules peuvent considérer qu’il s’agit d’une fable ou d’un conte, mais cela ne fait que montrer qu’ils ne connaissent pas Dieu. Asaph pouvait déjà dire, en glorifiant Dieu : « Tu es le Dieu qui fais des merveilles » (Ps. 77:14). Et dans un temps encore antérieur, Dieu avait posé Lui-même à Abraham cette question qui le sondait : « Y a-t-il quelque chose qui soit trop difficile pour l’Éternel ? » (Gen. 18:14). Job, l’un des plus anciens patriarches de l’Ancien Testament, confessait devant Dieu à la fin de son livre : « Je sais que tu peux tout, et qu’aucun dessein n’est trop difficile pour toi » (Job 42:2).

C’est de cela que nous sommes témoins dans cette scène, et nous savons que tout s’est passé exactement selon ce qui est décrit ici avec précision. Passons en revue brièvement les détails intéressants !

C’était pendant le repos de la nuit, quand tout était tranquille dans la ville, que Dieu a entrepris l’œuvre de délivrance de son serviteur de la main d’Hérode. Un ange du Seigneur, nullement gêné par le portail et les portes fermés, vint dans la prison vers Pierre et commença par apporter de la lumière dans la cellule. Ce ne peut avoir été qu’une lumière divine, surnaturelle. Là où Dieu opère, il y a la lumière, fût-ce même en prison. Pierre dormait si profondément que l’ange a dû frapper Pierre à son côté pour le réveiller. L’ordre est donné par l’ange : « Lève-toi promptement », et Pierre le suivit sur-le-champ, l’ange ayant pris soin que les chaînes tombent des mains de Pierre sans bruit sur le sol. Dans tout cela, Pierre ne pouvait rien faire par lui-même. Autrement il en fut selon les indications suivantes que l’ange donna avec la plus grande prudence et le plus grand soin. Pierre dut remettre sa ceinture, chausser les sandales qu’il avait déliées pour dormir, et se revêtir du vêtement de dessus dont il s’était vraisemblablement servi de couverture, et il suivit l’ange.

Les gardes n’ont rien remarqué de tout ce qui s’est passé à l’intérieur de la prison. C’est un sommeil surnaturel qui a dû tomber sur eux. Dans les jours de l’Ancien Testament, Dieu avait souvent opéré de tels sommeils. Nous pouvons penser au sommeil d’Adam (Gen. 2:21), à celui d’Abraham (Gen. 15:12) et celui du roi Saül et de ses gens (1 Samuel 26:12). Tous les moyens se tiennent aux ordres de Dieu.

Pierre suivit l’ange comme si aucune porte ne leur barrait le passage. Tout s’est-il refermé sans bruit ? Certainement. À ce moment-là « Pierre ne savait pas si ce qui se faisait par l’ange était réel, ou s’il voyait une vision » (12:9). Cette remarque nous fait voir clairement que les visions ressemblent de près à la réalité. Pierre pensait que la réalité était une vision.

Jusque-là, l’ange et Pierre avaient passé à travers les portes de la cellule, et avaient laissé derrière eux les quatre soldats affectés à la garde de Pierre. Maintenant il leur fallait passer à travers deux autres portes gardées pour arriver à la cour spacieuse à l’air libre, puis de là à la porte de fer qui conduit à la ville (12:10). Un lourd verrou en fer la tenait fermée, et on rapporte qu’il fallait plusieurs hommes pour faire glisser ce verrou de côté. Mais « cette porte s’ouvrit à eux d’elle-même » pour se refermer ensuite de la même manière. Ainsi la prison était aussi tranquille qu’au début, toutes les serrures et les verrous étant dans le même état qu’auparavant, et les gardes tous à leur place. Un seul manquait : c’était Pierre. L’ange était sorti avec lui par la porte, et lui était en liberté.

La grande porte de fer conduisait vraisemblablement directement sur une rue large, d’où bifurquait une rue étroite. Jusque-là l’ange accompagnait le libéré ; il alla encore avec lui un petit bout de chemin dans la ruelle étroite, pour l’amener suffisamment loin de la prison pour qu’il soit en sûreté. Alors il disparut soudain, et laissa Pierre seul en arrière. Sa mission était terminée. Il ne lui avait pas été donné d’autre mission. Lors de la précédente mise en liberté des apôtres, il en avait été autrement : l’ange avait dit : « Allez, et, vous tenant dans le temple, annoncez au peuple toutes les paroles de cette vie » (5:20). Mais l’évangile de la grâce était maintenant refusé par le peuple, et Christ glorifié avait été définitivement rejeté dans la lapidation d’Étienne. La porte pour Jérusalem était en train de se refermer. C’est la raison pour laquelle l’ange du Seigneur n’a pas donné à l’apôtre Pierre de nouvelle mission envers le peuple, mais l’a quitté quelque peu abruptement. Pierre était maintenant laissé seul à lui-même.

 

2.4.2.3      Actes 12:11

« Et Pierre, étant revenu à lui, dit : Je connais à présent certainement que le Seigneur a envoyé son ange, et m’a délivré de la main d’Hérode, et de toute l’attente du peuple des Juifs » (12:11).

Jusque-là Pierre avait suivi les indications de l’ange de façon presque mécanique, et restait sous l’impression qu’après tout il s’agissait d’une vision. Maintenant seulement, debout et seul en pleine nuit dans la ruelle, il prend conscience que ce n’avait pas été une vision, mais que le Seigneur avait effectivement envoyé Son ange pour le sauver de la main d’Hérode. Mais il ajoute encore quelque chose et parle de ce que le Seigneur l’avait sauvé de « toute l’attente du peuple des Juifs ». C’était donc totalement clair dès le début en quoi consistait cette attente des Juifs : c’était sa mise à mort.

Or maintenant il était en liberté de nuit dans une petite rue de Jérusalem. L’ange de l’Éternel qui l’avait amené à la liberté l’avait quitté subitement sans dire un mot. Maintenant Pierre devait, en un certain sens, prendre soin de lui-même, et devait utiliser la liberté regagnée pour échapper à une nouvelle arrestation par le roi. Dieu l’avait mis en liberté de façon surnaturelle, mais désormais Pierre devait se servir de moyens naturels et de son intelligence pour rester libre. Ce retour à la réalité (c’est-à-dire remettre les pieds sur terre) est vraiment impressionnant. Nous devons toujours lui laisser place dans nos vies (2 Tim. 4:5 ; 1 Pierre 1:13 ; 5:8 [versets qui parlent de « sobriété »]) et nous devons nous garder de toute exaltation.

 

2.4.3       Dans la maison de Marie — Actes 12:12

« Et s’étant reconnu, il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc où plusieurs étaient assemblés et priaient » (12:12).

Il a été fait la supposition que la libération de Pierre avait eu lieu peu après minuit, et on a étayé cela sur le fait que la relève de la garde (c’est-à-dire d’une section de quatre soldats) par la garde suivante avait lieu à minuit, et que la durée du service de la nouvelle garde allait ainsi jusqu’à six heures du matin. Ce n’est qu’à ce moment environ, a-t-on pensé, qu’a eu lieu la découverte de la fuite du prisonnier. Jusque-là les quatre soldats dormaient d’un profond sommeil.

En fait, Dieu qui avait sauvé si merveilleusement Son serviteur, ne devait-Il pas lui avoir laissé assez de temps pour s’en aller ? Nous pouvons considérer que c’est ce qui a eu lieu.

Mais il ne restait pas beaucoup de temps à Pierre pour réfléchir. Et ainsi il dirigea ses pas instinctivement vers la maison de Marie. C’est ici la première et la dernière fois qu’apparaît devant nous cette femme croyante, Marie, qui manifestement possédait des biens, et qui mettait sa grande maison à la disposition des saints pour les réunions. Cette sœur dans le Seigneur était la sœur (ou la tante) dans la chair de Barnabas comme le montre clairement l’ajout « mère de Jean, surnommé Marc ». Vraisemblablement c’était une veuve.

Marc est de nouveau cité dans l’épître aux Colossiens comme le neveu (ou le cousin) de Barnabas (Col. 4:10). Après avoir transmis la libéralité d’Antioche à Jérusalem, sur le chemin de retour, Barnabas et Saul prirent Jean surnommé Marc avec eux (12:25). Lors de leur premier voyage missionnaire, ils le prirent au commencement comme serviteur, mais plus tard en Pamphylie il se sépara d’eux, et rentra à Jérusalem (13:5, 13). Cette triste reculade ne mit pas beaucoup de temps pour faire naître de l’irritation entre Barnabas et Saul, de sorte que ces hommes excellents eux-mêmes se séparèrent l’un de l’autre (15:37-39). Il est d’autant plus réjouissant que, dans le passage cité de l’épître aux Colossiens, les croyants à Colosses furent encouragés à recevoir Marc. Par la bonté de Dieu, il était manifestement restauré. Plus tard, il accompagna l’apôtre Pierre âgé dans un voyage à Babylone, et Pierre le nomme « mon fils », avec amour, comme Paul lorsqu’il parle du jeune Timothée comme « mon véritable enfant dans la foi » (1 Pierre 5:13 ; 1 Tim. 1:2).

La dernière mention historique de Marc se trouve en 2 Timothée, peu avant la mort de Paul : « Prends Marc et amène-le avec toi, car il m’est utile pour le service » (2 Tim. 4:11). De nouveau Marc est cité en rapport avec le service, et le sommet de la grâce de Dieu envers cet homme est qu’il a justement été chargé de rédiger un évangile, celui qui montre le Seigneur Jésus comme le vrai serviteur.

Pour revenir à la maison de Marie : beaucoup étaient rassemblés là et priaient. Les croyants trouvent leur refuge dans la prière. Nous avons déjà parlé de cela. Ils ne se doutaient pas que l’exaucement de leurs prières se tenait littéralement devant leur porte.

Quand Pierre s’est rendu à la maison de Marie, il avait surtout l’intention de raconter à ses amis chrétiens sa libération miraculeuse par l’ange du Seigneur. Finalement toute l’assemblée était dans une grande détresse à cause de lui. Nous ne pouvons pas dire si Pierre comptait que beaucoup fussent rassemblés là. Ça n’a aucune importance dans l’affaire. Mais Dieu dans Sa providence a fait qu’il en soit ainsi. De cette manière beaucoup furent témoins du miracle que Pierre avait vécu.

 

2.4.3.1      Actes 12:13-15

« Et comme il heurtait à la porte du vestibule, une servante nommée Rhode vint pour écouter ; et reconnaissant la voix de Pierre, de joie elle n’ouvrit point le vestibule ; mais étant rentrée en courant, elle rapporta que Pierre se tenait devant le vestibule. Et ils lui dirent : Tu es folle. Mais elle affirmait qu’il en était ainsi. Et ils disaient : C’est son ange » (12:13-15).

Beaucoup étaient peut-être encore sur leurs genoux quand Pierre se mit à heurter dehors à la porte de la cour. Quel visiteur pouvait bien désirer entrer à une heure si inhabituelle au milieu de la nuit ? Vu la situation dangereuse des chrétiens à ce moment, les coups heurtés entendus par tous déclenchèrent une forte inquiétude. Les sicaires d’Hérode voulaient-ils entrer pour s’emparer de nouvelles victimes ? Cette pensée était présente dans tous les esprits. Qui allait à la porte recueillir l’information sur la signification des coups heurtés, un ou deux hommes sans peur ? Non, c’est une femme qui le fit, une servante.

Si la Parole de Dieu mentionne ici son nom, Rhode, il faut le comprendre comme une manière de la distinguer. Rhode n’était qu’une servante totalement insignifiante aux yeux du monde. Mais elle était une chrétienne, et courageuse en plus. Et elle devait avoir bien connu Pierre, lequel avait peut-être souvent fréquenté la maison. À ce moment-là, absolument personne ne songeait que celui qui heurtait puisse être Pierre, pas plus Rhode que les autres. Quel aplomb avait cette femme pour sortir écouter qui était à la porte !

Ce qu’elle entendit fit disparaître d’un coup toute inquiétude, et la joie jaillit comme une source vive : c’était la voix de l’apôtre bien-aimé ! Rhode connaissait cette voix. Et de joie, elle n’ouvrit pas la porte, mais courut dedans rapporter que Pierre se tenait à la porte de la cour. Oui ! Pierre devant le portail ! Nous sentons tout de suite l’atmosphère tendue pesant sur tous, et nous devinons la joie bouillante de la femme volant vers l’assemblée et leur transmettant la bonne nouvelle qui les laisse stupéfaits. Quand aujourd’hui nous lisons cette description, nous sommes vraisemblablement assis tranquillement sur notre chaise. Mais je peux me représenter ceux qui étaient réunis en train de bondir, sautant en l’air alors qu’ils étaient à genoux : Pierre devant le portail de la cour ? Pierre…, vraiment ?

« Tu es folle ». Rhode est accusée par ses frères de ne pas être dans son assiette. Ce qualificatif n’était guère aimable. La femme ne se laisse pourtant pas démonter le moins du monde et persiste imperturbablement, protestant qu’il en est bien ainsi. Vu sa fermeté, les autres commencent à être ébranlés, et se mettent à chercher des explications. Ils en viennent à conclure qu’il ne s’agit pas de Pierre lui-même, mais de « son ange ». Ils en déduisent que Pierre a déjà été tué, et qu’il ne peut s’agir que de la partie invisible ou représentative de sa personne, son esprit, ou même son ange. Cet usage du mot « ange » comme représentant d’une personnalité particulière n’est pas étranger à l’Écriture (comparer dans le Nouveau Testament Matt. 18:10 où le Seigneur désigne de cette manière l’esprit d’enfants morts prématurément).

À ce moment-là, aucun des présents, sauf Rhode, ne croit que c’est réellement Pierre. Elle est la seule à tenir pour possible que Dieu ait répondu à leurs prières. Oui, cela, elle le sait. Dieu prend plaisir à une foi inconditionnelle comme celle-là, et c’est ainsi qu’Il a fait inscrire le nom de Rhode pour toujours dans les pages du saint livre. Pour les autres disciples, il est inimaginable que Dieu réponde aussi directement à leurs prières, bien qu’Il eût déjà une fois libéré les douze par un ange dans la nuit (5:19-21). Leur foi est faible.

C’est ce qui nous arrive aussi souvent : nous demandons instamment au Seigneur, et quand Il répond, nous ne le croyons pas. Il y a une confiance absolue en Dieu, de sorte que nous nous tournons vers Lui dans la détresse. Mais il nous manque souvent l’assurance, la foi simple et candide que Dieu exaucera nos prières. Or les prières sont exaucées quand elles montent avec foi et qu’elles sont en accord avec Sa volonté (Jacq. 1:6 ; Jean 15:7). Elles ne sont pas toujours exaucées sur-le-champ, ou de la manière que nous nous figurons, mais Dieu, dans Sa grâce, donne toujours une réponse appropriée. Il est encore aujourd’hui le Dieu qui fait des miracles, même si de nos jours ces miracles s’accomplissent davantage dans le secret.

 

2.4.3.2      Actes 12:16-17

« Mais Pierre continuait à heurter ; et quand ils eurent ouvert, ils le virent et furent hors d’eux. Et leur ayant fait signe de la main de se taire, il leur raconta comment le Seigneur l’avait fait sortir de la prison ; et il dit : Rapportez ces choses à Jacques et aux frères. Et sortant, il s’en alla en un autre lieu » (12:16, 17).

Pas plus que la servante Rhode ne s’est laissée démonter à l’intérieur, Pierre à l’extérieur ne se laisse pas non plus démonter. Il continue à frapper. Tous les deux ont empêché ceux qui étaient assemblés de continuer à repousser la vérification de la situation. On finit quand même par ouvrir la porte, et l’expression est écrite au pluriel : « quand ils eurent ouvert », c’est-à-dire qu’ils se pressaient tous les uns sur les autres à la porte. Quand elle s’ouvrit, Pierre se tenait là, vivant devant eux. C’est Rhode qui avait raison, et tous les autres tort. L’incroyable était devenu réalité : « ils le virent ». Ils en furent tout bouleversés.

D'un geste de la main, Pierre dut appeler au calme le groupe tout excité, et il leur raconta alors toute l’histoire de sa merveilleuse libération. Sa demande de raconter tout cela à Jacques et aux frères montre clairement que, parmi les frères conducteurs de ce temps-là, Jacques le frère du Seigneur (Gal. 1:19 ; Jacq. 1:1) était le seul à séjourner à Jérusalem. Les apôtres avaient quitté la ville.

Après une courte halte, Pierre sortit et s’en alla en un autre lieu. Luc ne dit pas de quelle sorte de lieu il s’est agi. Prétendre que c’était à Rome n’est qu’une pure spéculation que rien ne vient étayer. Au contraire ! Quand bien plus tard, vers les années 58 ou 59 ap. J.C., l’apôtre Paul écrit sa lettre aux croyants de Rome, il indique clairement qu’aucun apôtre n’avait visité Rome jusque-là. Il désirait beaucoup les voir pour les affermir, et leur faire part « de quelques dons de grâce spirituels ». Il ne voulait en aucune cas édifier sur le fondement d’autrui, ni prêcher là où Christ avait déjà été annoncé (Rom. 1:11 ; 15:20). Cependant son domaine de travail en tant qu’apôtre des nations s’étendait aussi jusqu’à Rome.

Pour l’apôtre Pierre il en était autrement. Il était l’apôtre de la circoncision. Son champ de travail se trouvait parmi ceux de la circoncision, et c’est à lui qu’avaient été confiées les brebis de la bergerie juive (Gal. 2:7-9 ; Jean 21:15-17). Le Seigneur ne lui avait pas donné de nouvelle mission auprès du peuple Juif. C’est pourquoi j’ai dit plus haut que la porte pour Jérusalem commençait à se fermer. Pierre avait ouvert le royaume des cieux d’abord aux Juifs (ch. 2), puis aux nations (ch. 10). Il avait par-là achevé le service particulier de l’évangile qui lui avait été confié.

Aussi nous ne sommes pas du tout étonnés de perdre subitement sa trace dans le livre des Actes des apôtres. Nous le voyons encore une fois au ch. 15 à Jérusalem, en liaison avec le « concile » qui s’y est tenu, et avec les décisions lourdes de conséquences pour les croyants des nations. Mais depuis, son nom n’est plus mentionné sur les pages du premier livre d’histoire de l’église, ce livre unique en son genre. Bien que Pierre se trouve encore mentionné ici ou là dans le Nouveau Testament (1 Cor. 9:5 ; Gal. 2:11), il n’est cependant absolument rien dit de son service ultérieur. Il visita Babylone, peut-être même y habita-t-il (1 Pierre 5:13). Mais l’Écriture ne donne pas la moindre indication d’une activité quelconque ultérieure de l’apôtre Pierre.

Effectivement, l’œuvre de Dieu se déplaça de Jérusalem vers Antioche. Antioche, non pas Jérusalem, devait être le point de départ d’une bénédiction plus vaste. Et ce n’est pas l’apôtre Pierre qui devait porter au loin le flambeau de l’évangile aux nations, mais c’est Paul. Combien sont grandioses et impressionnantes les pensées et les voies de Dieu, y compris à l’égard des serviteurs pris individuellement ! Jacques a été décapité, Pierre a fait l’expérience d’une délivrance, mais la continuation de l’œuvre est mise entre les mains de Saul de Tarse.

 

3        Orgueil et chute d’Hérode — Actes 12:18-23

Avant que la poursuite de l’œuvre de Dieu parmi les nations soit placée devant nos yeux — ce sujet hautement intéressant nous occupera à partir du ch. 13 — le Saint Esprit dirige brièvement nos regards sur Hérode encore une fois. L’histoire succincte de ce roi et sa fin terrifiante restent au cours des temps comme un monument d’avertissements de la part de Dieu. Prêtons-nous-y bien attention, nous tous qui le lisons ?

 

3.1      Une défaite pour Hérode — Actes 12:18-19

Luc l’écrivain nous dépeint d’abord le cours ultérieur des événements, en commençant par la prison. Car jusqu’à maintenant, nous avons seulement vu comment Pierre avait échappé à la mise à mort qui le menaçait. Mais ce qui se déroula le matin suivant, nous l’apprenons par les versets 18 à 19.

« Mais le jour étant venu, il y eut un grand trouble parmi les soldats au sujet de ce que Pierre était donc devenu. Et Hérode, l’ayant cherché et ne l’ayant pas trouvé, fit subir un interrogatoire aux gardes et donna ordre qu’ils fussent emmenés au supplice. Et descendant de la Judée à Césarée, il y séjourna » (13:18, 19).

À la lumière du jour, au matin, on s’aperçut que le prisonnier n’était plus là. On comprend le bouleversement des soldats de la garde. Qu’est-ce que Pierre était devenu, que lui était-il arrivé ? Personne n’avait remarqué sa sortie. Les deux soldats auxquels Pierre avait été enchaîné, non plus. Eux portaient encore les chaînes : comment donc avait-il pu s’en détacher ? Où était-il maintenant ? Le verrou de la grande porte de fer était intact. Aucun des gardes n’avait remarqué quoi que ce soit d’anormal, et malgré tout, Pierre avait disparu. La fuite ne paraissait pas avoir été précipitée ; car les sandales, la ceinture, le vêtement de dessus n’avaient pas été laissés en arrière : ils avaient pareillement disparus. Une enquête soigneuse ne fournit pas la moindre trace de son passage. Il n’y avait simplement rien à trouver.

Naturellement le roi prit connaissance de la disparition mystérieuse de Pierre. Mais tous les interrogatoires des soldats de garde ne servirent à rien : le mystère restait entier. Pierre avait disparu et restait disparu. À vrai dire, il n’y avait qu’une possibilité et qu’une alternative : Une puissance surnaturelle et divine devait être entrée en jeu.

Le roi était-il prêt à en convenir ? Il n’en est rien dit. Au lieu de cela il fit conduire au supplice (de mise à mort) les quatre soldats de garde durant le service desquels la fuite avait eu lieu. Le roi avait voulu tuer Pierre. Maintenant c’est quatre de ses propres soldats qui meurent innocents. Par colère et par dépit, et pour ne pas perdre la face auprès des Juifs, il les livra à la mort. Que devaient penser les Juifs de ce qu’une prise qu’on croyait mise en sûreté arrive à lui échapper, lui le grand roi ?

La déception fut grande des deux côtés. Et personne, d’aucun des deux côtés, n’y réfléchissait sérieusement. Voilà le tragique, les hommes ne prennent même pas en considération la possibilité d’une intervention de Dieu. Ils prennent le signal d’arrêt comme un faux-signal, et poursuivent dans l’incrédulité. Jusqu’où ?

En ce qui concerne Hérode maintenant, en face de tout le mécontentement dû à la défaite qu’il venait de subir, la meilleure solution parut de partir ailleurs. Il quitta donc la Judée pour aller à Césarée où il séjourna quelque temps. C’est ainsi que toutes les persécutions cessèrent tout d’un coup.

 

3.2      La fin d’Hérode — Actes 12:20-23

3.2.1.1      Actes 12:20

« Or il était très-irrité contre les Tyriens et les Sidoniens ; mais ils vinrent à lui d’un commun accord, et ayant gagné Blaste le chambellan du roi, ils demandèrent la paix, parce que leur pays était nourri par celui du roi » (12:20).

Césarée, une ville portuaire importante, appartenait au royaume étendu d’Hérode. — Tyr et Sidon, également des villes portuaires, étaient situées bien plus au nord en Phénicie, une bande étroite sur la côte. Elles ne faisaient pas partie de la juridiction d’Hérode, mais appartenaient aux Syriens. Bien que ces villes eussent accès à la mer, elles dépendaient du pays du roi en ce qui concerne les produits d’alimentation des hommes et des bêtes, parce que les rudes montagnes à l’Est rendaient très difficiles les importations en provenance de Syrie. Leur bande côtière était trop étroite pour qu’elles se suffisent à elles-mêmes. Pourquoi y avait-il querelle entre Hérode et ces deux villes, nous ne le savons pas. Manifestement il avait suspendu toutes les livraisons à partir de son pays, et avait ordonné un blocage de ces villes.

Les Tyriens et les Sidoniens voulaient arranger la situation, et cherchaient la paix avec le roi. Dans ce but, ils lui envoyèrent une délégation qui arriva à gagner l’amitié de Blaste, le chambellan du roi. Comment ont-ils pu le persuader, ce n’est pas difficile à deviner. Déjà à cette époque, la corruption d’intermédiaires était un moyen ayant fait ses preuves pour atteindre certains objectifs. Blaste fit jouer son influence auprès du roi dans le sens voulu par les Tyriens et les Sidoniens, et il y réussit comme nous allons le voir.

Il apparaît que le roi était bien désireux de rattraper avec éclat l’échec subi à Jérusalem par le moyen d’une décision positive maintenant à Césarée. Sa vanité et son orgueil avaient besoin d’une telle compensation.

 

3.2.1.2      Actes 12:21-22

« Et, à un jour marqué, Hérode, revêtu d’une robe royale et assis sur une estrade, les haranguait. Et le peuple s’écriait : Voix d’un dieu et non pas d’un homme ! » (12:21, 22).

On arrangea donc un jour où le roi ferait connaître sa décision à tout le peuple. Ce devait être un événement brillant. Pour cela Hérode revêtit une « robe royale », comme Luc le traduit avec retenue. Josèphe, l’historien juif, parle d’un vêtement de fête confectionné tout en argent, de sorte que les rayons ardents du soleil de ce jour-là donnaient une apparence brillante et lumineuse au roi assis sur un trône haut élevé. Chaque mouvement du roi déclenchait par réflexion une lumière nouvelle et inattendue, qui éblouissait les yeux des gens.

Hérode s’imaginait être au sommet de sa gloire. Le contenu de son discours au peuple n’est pas donné, mais au vu de la réaction des gens, il faut admettre qu’il portait un caractère conciliant et protecteur, et qu’il annonçait vouloir accéder au désir des deux villes.

« Voix d’un dieu et non pas d’un homme » fut la réponse retentissante. C’est ce qu’Hérode voulait entendre, ce à quoi il avait travaillé. Offrir un hommage divin à l’empereur et aux personnalités haut-placées était courant dans le monde païen romain. Auguste était empereur et avait été divinisé, Claude était empereur et dieu, pourquoi cet honneur resterait-il interdit à lui, le roi Hérode Agrippa I ?

Le roi ne remarquait-il pas que le peuple n’avait pas d’autre but que de flatter sa vanité ? Et pourquoi ne se rappelait-il pas que la plupart de ces gens étaient des idolâtres païens ? Lui était Juif de nom, roi du peuple juif. Lui qui à Jérusalem, s’érigeait en défenseur de la foi juive contre le christianisme, se laissait-il proclamer Dieu, à Césarée par des idolâtres païens ?! Il aurait dû immédiatement faire taire ce blasphème. Il ne le fit pas ! Il aimait l’honneur de la part des hommes plus que l’honneur de la part de Dieu. Aussi se laissa-t-il de bon gré fêter comme dieu, et savoura-t-il l’honneur qui lui était apporté.

C’est exactement la manière de l’Antichrist en un jour à venir. Il s’assiéra au temple de Dieu et se présentera comme étant Dieu (2 Thes. 2:4).

 

3.2.1.3      Actes 12:23

Hérode ne put pas jouir longtemps de sa gloire et de sa grandeur imaginaires. Le récit biblique sur ce roi déchu de sa grandeur imaginaire se termine par cette phrase solennelle :

« Et à l’instant un ange du Seigneur le frappa, parce qu’il n’avait pas donné la gloire à Dieu ; et, étant rongé par les vers, il expira » (12:23).

Peu avant, un ange du Seigneur avait déjà frappé quelqu’un — c’était Pierre à son côté (12:7). Cette fois, il frappe le roi Hérode pour ne pas avoir rendu gloire à Dieu. Dans les deux cas, du reste, l’ange était invisible pour les yeux humains. D’habitude les vers rongent les corps morts ; mais Hérode, lui, fut rongé par les vers de son vivant. C’est ainsi qu’il mourut d’une mort terrible et atroce. C’était à l’évidence un châtiment divin.

Cela concrétisait une parole de Nebucadnetsar. Après une expérience amère, il dit de Dieu qu’Il « est puissant pour abaisser ceux qui marchent avec orgueil » (Dan. 4:37). L’orgueil et la fierté sont une abomination pour Dieu. La liste des sept choses que Dieu a en abomination commence par les yeux hautains (Prov. 6:16, 17). Non seulement « Il connaît de loin les hautains » (Ps. 138:6), mais Dieu a dit aussi : « Les yeux hautains de l’homme seront abaissés, et la hauteur des hommes sera humiliée, et l’Éternel seul sera haut élevé en ce jour-là » (És. 2:11). Tôt ou tard Dieu accomplira ce qu’Il a dit. Ce n’est pas toujours que le jugement s’exécute sur-le-champ, mais ce fut le cas avec Hérode, et c’est une indication prophétique du jugement soudain qui atteindra l’Antichrist (2 Thes. 2:8).

Hérode mourut en l’an 44 ap. J.C., âgé de 54 ans. Son triomphe sur les chrétiens fut de très courte durée. Très courte fut également sa grandeur comme gouverneur. Il ne régna que trois ans. Il régna sur un territoire plus grand que ce qu’aucun de sa famille n’avait jamais pu avoir depuis son grand-père. Il avait la faveur de l’empereur Claude lui-même, et en était fier. Il avait faste et richesses en abondance : or tout cela disparut d’un coup, et il expira rongé par les vers. Il mourut sans Christ.

Il y a un lieu « où leur ver ne meurt pas » (Marc 9:48). Ô, que personne parmi mes lecteurs n’entre un jour dans l’éternité sans être réconcilié et n’arrive dans ce lieu-là !

 

4        Comment « croît » la Parole de Dieu

4.1      Actes 12:24

Les deux derniers versets du ch. 12 peuvent être considérés comme un résumé de ce qui a été dit jusqu’ici. En même temps, ils conduisent au grand sujet qui commence avec le chapitre suivant.

« Mais la parole de Dieu croissait, et se multipliait » (Actes 12:24).

Dans cette remarque, il y a une consolation profonde pour l’assemblée de Dieu en temps de persécution. Hérode, ce monarque faible, mais ennemi acharné de l’évangile, était mort mais la Parole de Dieu vivait et croissait plus que jamais. Les deux verbes grecs pour « croissait » et « se multipliait » sont à l’imparfait, exprimant la continuité (la permanence, la durabilité). Combien cela est consolant ! « Ne crains pas, petit troupeau » avait dit un jour le Seigneur Jésus (Luc 12:32). Et « celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4:4). Ainsi Hérode gisait dans le tombeau, mais la Parole de Dieu déployait sa puissance parmi les gens de ce monde — comme autrefois le pharaon fut englouti avec son armée dans la mer, tandis que le peuple d’Israël libéré, louait le Seigneur et poursuivait son chemin.

Quand toutes les puissances de la terre et tous les peuples de ce monde se réuniraient dans l’intention de détruire et de fouler aux pieds tous les grains de céréale existants, — c’est-à-dire le soutien de la vie terrestre, — cela échouerait lamentablement. La semence de blé a la vie en elle. Malgré tous leurs efforts pour anéantir la céréale, l’un ou l’autre grain échapperait de manière inaperçue à leur assaut, ne serait-ce qu’en collant à une semelle de chaussure, et en retournant par-là à la terre. Il prendrait à nouveau racine, et pousserait ici ou là, et finirait par remplir à nouveau des champs entiers…

De la même manière, les efforts pour anéantir l’évangile de la grâce de Dieu se sont encore et toujours révélés être des échecs. Ils n’ont pas pu faire disparaître la Parole de vie. Au contraire, elle a prospéré d’autant plus. L’Église a dû subir des persécutions cruelles sous dix empereurs romains, mais quel en a été le résultat ? Quand ces dévastateurs païens eurent péri, l’évangile avait déjà pénétré presque tout l’empire romain.

Mais il nous faut nous arrêter encore un peu sur cette expression intéressante « la parole de Dieu croissait et se multipliait ». Dans quelle mesure la Parole de Dieu peut-elle croître, et de quelle manière peut-elle se multiplier ? Au ch. 13 une pensée semblable est exprimée : « La parole du Seigneur se répandait par tout le pays » (13:49). Ceci est plus facile à comprendre. Mais comment la Parole de Dieu peut-elle croître et se multiplier ?

Dans la parabole du semeur de Matthieu 13, le Seigneur nous donne une explication facile à comprendre : par le fait qu’on répand la semence, celle-ci se multiplie d’elle-même. C’est ce qui se passe dans le domaine de la nature, et dans le domaine spirituel il n’en va pas autrement. L’expression « la Parole de Dieu croissait et se multipliait » signifie que la Parole trouvait son entrée dans des cœurs de plus en plus nombreux.

Bien que cette manière de s’exprimer de l’Écriture reste ici assez générale, l’explication donnée montre clairement qu’il s’agissait alors d’une affaire tout à fait individuelle. Il n’y a pas de croissance spirituelle « en gros » [(sic) = en bloc, de masse]. Quand la Parole de Dieu croissait et se multipliait, il y avait beaucoup de conversions personnelles, comme un flot qui se compose de beaucoup de gouttes, toutes régies par la même loi. Des milliers, peut-être des dizaines de milliers ouvrirent personnellement leur cœur, de sorte que la Parole pouvait y tomber dedans. Cela est demeuré en principe jusqu’à aujourd’hui.

Cependant, si la semence de la Parole de Dieu tombe dans le cœur d’un individu, alors elle produira ou voudra produire une croissance spirituelle qui se poursuive. Cette expression qui nous occupe, ne doit pas nous faire penser exclusivement et seulement aux nombreuses conversions qui ont eu lieu en ce temps-là, mais aussi à ce que la Parole de Dieu a eu une influence croissante dans les cœurs de ceux qui sont devenus croyants. Et c’est ce à quoi Dieu voudrait aussi parvenir chez nous.

 

4.2      Retour à Antioche — Actes 12:25

« Et Barnabas et Saul, ayant accompli leur service, s’en retournèrent de Jérusalem, emmenant aussi avec eux Jean qui était surnommé Marc » (12:25).

Ce verset se rattache au dernier verset du ch. 11 (11:30). Barnabas et Saul étaient commissionnés par les frères à Antioche pour transmettre un don matériel pour soulager la détresse des croyants en Judée. Une fois leur service à Jérusalem accompli, et Hérode étant mort, ils retournèrent à Antioche. Il semble qu’ils ont séjourné à Jérusalem pendant le temps de la crise. En tout cas, il est intéressant qu’au ch. 11 v. 29, seule la Judée soit nommée comme lieu précis, tandis que maintenant Jérusalem aussi est incluse. Mais nous avons déjà parlé là-dessus.

Les deux serviteurs du Seigneur furent d’accord pour prendre pour le service le Jean déjà mentionné. Cela n’exclut pas, nous pouvons l’admettre, que l’incitation à le faire provenait de son oncle Barnabas, une incitation à laquelle Saul donna son accord à ce moment-là. Le cours ultérieur malheureux de l’histoire de Barnabas (15:37-40) et de son neveu (13:13) paraît justifier cette hypothèse. Nous pouvons déjà remarquer ici que les relations de parenté ne jouent que rarement un bon rôle dans l’œuvre du Seigneur.

Si ici l’Écriture Sainte mentionne le surnom de Jean, à savoir Marc, c’est pour mieux différencier ce serviteur d’avec le Jean bien connu, c’est-à-dire l’apôtre.

Ainsi maintenant, sous l’effet de la bonne main du Saint Esprit, tout était bien préparé pour que l’œuvre de Dieu parmi les nations, puisse prendre une nouvelle dimension et se propager d’une manière qui n’arrête pas de nous étonner, mais qui nous conduit à rendre grâces et à adorer Celui qui avait tout cela dans Son cœur avant que le monde fut. Dieu exécute Son conseil malgré tout ce que les hommes voudraient entreprendre à l’encontre.