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EN CE TEMPS-LÀ NAQUIT MOÏSE — Actes 7:20

 

Christian Briem

ME 2000 p.374

Table des matières :

1      Temps d’oppression et temps d’idolâtrie

2      Le cri de détresse et le souvenir de la promesse

3      Temps fâcheux de la chrétienté. Se plaire dans le monde

4      La promesse du retour du Seigneur et l’attente

5      Similitude avec le temps de Moïse. La foi qui voit

6      Le résidu fidèle attend le Seigneur

 

 

 

1                        Temps d’oppression et temps d’idolâtrie

« Ce temps-là » — dont parle Étienne dans son discours devant le sanhédrin — c’est celui de la terrible oppression des fils d’Israël par le roi d’Égypte. Selon l’ordonnance du roi, ils devaient même jeter les garçons nouveau-nés dans le fleuve. Étienne rappelle : « En ce temps-là naquit Moïse, et il était divinement beau ; et il fut nourri trois mois dans la maison du père » (Act. 7:20).

« Ce temps-là », toutefois, était marqué par quelque chose de plus grave encore que l’oppression des Égyptiens. Les fils d’Israël avaient — en une mesure tout au moins — oublié l’Éternel, leur Dieu, pour se tourner vers les dieux des Égyptiens. Cela ressort clairement des paroles que Josué adresse plus tard au peuple : « Ôtez les dieux que vos pères ont servis de l’autre côté du fleuve et en Égypte, et servez l’Éternel » (Jos. 24:14). Ézéchiel aussi rappelle ce triste fait : « Aucun d’eux ne rejeta les abominations que ses yeux regardaient, ni ne quitta les idoles de l’Égypte » (Ézéch. 20:8 ; cf. 23:14).

Les lourds fardeaux par lesquels les Égyptiens opprimaient les fils d’Israël, et même la grande détresse dans laquelle l’ordonnance du roi les avait mis, ne les avaient pas amenés à se tourner vers l’Éternel, à se souvenir de ses promesses et à crier à lui. Quelle triste chose, lorsque les détresses envoyées par notre Dieu et Père lui-même ne parviennent pas à nous ramener près de son cœur !

 

2                        Le cri de détresse et le souvenir de la promesse

Les fils d’Israël crièrent dans leur détresse, et dans sa grâce, Dieu fit monter leur cri vers lui (Ex. 2:23). Même si eux ne s’en souvenaient pas, l’Éternel cependant pensait à son alliance avec Abraham, conclue des siècles auparavant (Ex. 2:24 ; 6:5). Dieu lui avait promis : « Sache certainement que ta semence séjournera dans un pays qui n’est pas le sien, et ils l’asserviront et l’opprimeront pendant quatre cents ans.... Et en la quatrième génération ils reviendront ici » (Gen. 15:13-16). Les fils d’Israël en Égypte avaient-ils cette promesse de Dieu devant eux pour en attendre la réalisation ? Avaient-ils compté les années et avaient-ils conscience que le moment était là, comme Daniel à Babylone (cf. Dan. 9:2) ? Non, pour la plupart d’entre eux.

Et pourtant, le temps de la promesse approchait. Mais si Dieu ne s’était pas servi des efforts de Satan et de ses instruments — toujours hostiles à son peuple — pour le faire sortir de l’Égypte, nous avons tout lieu de penser que les fils d’Israël s’y seraient si bien installés qu’ils n’auraient jamais songé à retourner au pays de la promesse. Des années plus tard encore, après avoir fait l’expérience des miracles de l’Éternel en leur faveur, ils pensaient avec mélancolie aux pots de chair et aux légumes de l’Égypte (cf. Ex. 16:3 ; Nomb. 11:5).

 

3                        Temps fâcheux de la chrétienté. Se plaire dans le monde

Tout cela doit nous parler. Nous vivons dans des jours que la parole de Dieu appelle « des temps fâcheux » — des jours qui sont caractérisés par la dépravation morale et l’abandon de ce qui vient de Dieu. L’amour de beaucoup s’est refroidi, et plusieurs « cherchent leurs propres intérêts, non pas ceux de Jésus Christ ». La conformité au monde a déjà pénétré profondément parmi nous ; c’est la façon caractéristique dont Satan agit de nos jours et dans nos régions. Il le fait, d’une part, pour nous priver de la jouissance de nos bénédictions célestes, et d’autre part, pour annuler notre témoignage à un Christ glorifié qui va bientôt revenir. N’y a-t-il pas pour nous aussi le danger que nous nous plaisions dans ce monde — ce monde qui a rejeté Christ et qui le rejette encore ? N’y a-t-il pas aussi dans nos cœurs la fâcheuse tendance à désirer retourner en « Égypte » ? Dieu ne veut-il pas aussi, par de nombreuses et diverses épreuves, nous séparer de cette scène dont Satan est le chef et le dieu ? Il utilise cela pour diriger nos cœurs vers Celui qui a promis de revenir bientôt pour nous prendre auprès de lui.

 

4                        La promesse du retour du Seigneur et l’attente

Attendons-nous vraiment le Seigneur ? Ne nous sentons-nous pas interpellés par cette parole : « Mais comme le temps de la promesse... approchait » (Act. 7:17) ? Pensons-y : c’est déjà « la dernière heure » et « maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru » (1 Jean 2:18 ; Rom. 13:11). L’Écriture rend aussi le témoignage solennel que nous vivons « dans les derniers jours » (2 Tim. 3). N’est-ce pas le temps de nous réveiller du sommeil et de sortir à la rencontre de l’époux avec des lampes allumées ?

Comme chrétiens, nous ne sommes certes pas concernés, comme Israël, par « des temps et des saisons ». C’est-à-dire que nous n’avons pas à attendre des événements ou des périodes prophétiques : c’est le Seigneur que nous avons le privilège de pouvoir attendre chaque jour et à chaque instant. Mais, qu’il s’agisse de notre vie personnelle ou de notre vie collective, le déclin est inévitable si nous cessons d’attendre notre Sauveur. Le mal s’est installé dans l’Église lorsque le méchant esclave a dit en son cœur : « Mon maître tarde à venir » (Matt. 24:48). La grande masse de la chrétienté professante ne reconnaît pas Christ comme Seigneur et Maître ; elle ne pense pas à lui et ne l’attend pas. Puissions-nous être semblables à ces esclaves qui sont prêts à ouvrir la porte au Seigneur à sa venue !

 

5                        Similitude avec le temps de Moïse. La foi qui voit

Sans conteste, nous vivons dans des jours très solennels. Mais il n’en était pas autrement pour les parents de Moïse. En dépit du triste état du peuple, ils sont demeurés fidèles et ont fait de précieuses expériences avec Dieu. « En ce temps-là » — précisément en ce temps-là — « naquit Moïse ». Ces parents ne se sont pas dit : « Dans ces jours mauvais, il ne nous est pas possible d’avoir un enfant », mais ils ont reçu leur enfant comme un don spécial de Dieu. Ils l’ont caché trois mois dans leur maison, et la parole de Dieu nous dit qu’ils l’ont fait « par la foi » : « ils ne craignirent pas l’ordonnance du roi » (Héb. 11:23). Dieu pourvoirait certainement à tout. Et le motif que donne la Parole quant à leur façon d’agir est bien remarquable : « ...parce qu’ils virent que l’enfant était beau ». Étienne dit : « beau à Dieu ». Leur foi discernait dans cet enfant une beauté pour Dieu qui pouvait leur faire penser au futur libérateur du peuple. Ils ont bien pu se dire : Si Dieu nous a donné un si bel enfant dans un tel temps, c’est qu’il a certainement en vue quelque chose de particulier pour lui. Et c’est ainsi qu’ils ont senti leur responsabilité de le protéger, quoi qu’il en coûte, en comptant sur la puissance de Dieu. Ils avaient confiance en lui et, comme Moïse plus tard, ils n’ont pas craint la colère du roi. Comme nous le savons, leur foi fut merveilleusement récompensée.

 

6                        Le résidu fidèle attend le Seigneur

Nous voyons ainsi que Dieu avait un résidu fidèle à cette époque, comme il en a aussi un de nos jours. Il y avait des Israélites dont la foi comptait sur les promesses de Dieu, et qui en attendaient avec patience la réalisation. De même aujourd’hui, au milieu d’une profession sans vie, il y a des croyants qui s’appuient sur la parole de Dieu et qui attendent l’accomplissement de ses promesses. Par l’action du Saint Esprit, leurs yeux ont été ouverts pour discerner la beauté de Christ — dont le libérateur d’Israël est un type. De même que Moïse naquit « en ce temps-là », ainsi aussi le Seigneur Jésus, « quand l’accomplissement du temps est venu », est « né de femme » (Gal. 4:4). Et de quel homme sur la terre a-t-il jamais pu être dit, dans son sens absolu, qu’il était « beau à Dieu », sinon de Celui sur lequel le ciel s’est ouvert, et dont la voix du Père a déclaré : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir » ?

Puissions-nous, aujourd’hui, être de ceux qui l’attendent !