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Parabole de Marc 4:26-29

 

 

La semence qui croît sans qu’on sache comment

 

 

Christian Briem

Traduit de l’allemand de : Er lehrte sie vieles in Gleichnissen — vol. 2, p. 83-90

 

Table des matières:

1     La semence qui croît sans qu’on sache comment

1.1      Ainsi est le royaume de Dieu

1.2      L’absence du Seigneur

1.3      Consolation et exhortation

1.3.1             Une pensée consolante

1.3.2             Exhortation à la confiance en la puissance de la Parole de Dieu

1.4      Regard sur la récolte

 

 

1                        La semence qui croît sans qu’on sache comment

L’évangéliste Marc nous présente une petite parabole qu’aucun autre évangéliste ne mentionne, celle de « la semence qui croît ». Cette circonstance est d’autant plus significative que Marc ne présente que peu de paraboles, et guère de discours plus long du Seigneur. Le Saint Esprit avait confié à Marc la mission de dépeindre le Seigneur Jésus comme le vrai serviteur de l’Éternel (Yahweh, ou Jéhovah), et sous ce rapport, nous voyons maintenant effectuer l’œuvre plus humble que celle d’enseigner.

L’objet principal du chapitre 4 de l’évangile selon Marc est le service dans le royaume de Dieu, et nous y trouvons quelques paraboles, en premier lieu celle du ‘semeur’ et son explication par le Seigneur, auxquelles se rajoute la parabole de la ‘lampe’.

Nous nous sommes déjà occupé de ces deux paraboles en considérant les huit paraboles de Matthieu 13. Mais ici, à la suite de la parabole du ‘semeur’ et avant la parabole du ‘grain de moutarde’, on trouve cette petite parabole de la ‘semence qui croît’ à la place de la parabole de ‘l’ivraie du champ’. Certes elle prend en Marc la place de la parabole de ‘l’ivraie du champ’, mais on ne peut pas la mettre sur le même plan car elle est autonome et comporte un message entièrement différent. Il serait impossible de la transposer en Matthieu, pas plus qu’il ne serait possible de transposer en Marc la parabole de ‘l’ivraie du champ’ : ce serait bouleverser la liaison globale avec les thèmes du contexte tant en Matthieu qu’en Marc.

 

1.1   Ainsi est le royaume de Dieu

 

« Il dit aussi : Ainsi est le royaume de Dieu : c’est comme si un homme jetait de la semence sur la terre, et dormait et se levait de nuit et de jour, et que la semence germât et crût sans qu’il sache comment. La terre produit spontanément du fruit, premièrement l’herbe, ensuite l’épi, et puis le plein froment dans l’épi ; et quand le fruit est produit, on y met aussitôt la faucille, parce que la moisson est arrivée » (Marc 4:26-29).

 

Le Seigneur Jésus donne ici une nouvelle illustration du royaume de Dieu — ce domaine moral sur terre où Dieu se révèle et où Il est connu. En grec, le « ainsi » placé au début de la phrase renforce ce qui est dit : C’est ainsi qu’est le royaume, et non pas autrement — voilà la vraie signification du texte.

Cela nous rappelle que dans chaque parabole sur le royaume de Dieu, il n’est mis en avant chaque fois qu’un trait de caractère remarquable. C’est de cette manière qu’il faut comprendre les tournures comme « ainsi est le royaume » ou « le royaume est semblable » : sous un certain rapport bien particulier, le royaume ressemble à cette figure-ci, ou à celle-là — ici à une personne qui jette de la semence sur la terre et qui s’en va et ne revient qu’au temps de la moisson.

Il y a bien sûr d’autres traits caractéristiques du royaume, et d’autres paraboles en parlent, mais ici c’est celui-ci qui est mis en avant, et il vaut la peine de le regarder de plus près.

 

1.2   L’absence du Seigneur

Quelle est la caractéristique de cette petite parabole ? c’est que ‘l’homme’ qui jette la semence sur la terre est ensuite absent pendant tout le temps qui suit. Son absence couvre toute la période pendant laquelle la semence germe et croît et porte du fruit. Le propriétaire apporte bien la semence pour les semailles, mais en apparence il ne s’en soucie plus désormais ; au contraire, il se met à dormir, et à se lever de nuit et de jour, comme s’il n’avait plus rien à faire avec.

On peut partir en premier lieu du fait que ‘l’homme’ de notre parabole est la même personne que le ‘semeur’ de la première parabole, c’est-à-dire le Seigneur Jésus Lui-même. C’est aussi un trait caractéristique du royaume de Dieu sous ce rapport particulier : le Seigneur qui a commencé l’œuvre, quitte la scène, pour ne revenir qu’à la moisson. Entre temps, la semence croît toute seule, et il y a l’apparence qu’Il ne s’y intéresse plus.

Il est tout à fait frappant que la plupart des paraboles prononcées par le Seigneur décrivent le temps pendant lequel Il est absent. Pensons seulement aux trois paraboles de Matthieu 24 et 25, la parabole de ‘l’esclave fidèle et de l’esclave méchant’, la parabole des ‘dix vierges’ et la parabole des ‘talents’. Mais ce qui est particulier dans notre parabole, c’est que pendant tout le temps de l’absence du propriétaire, il ne se passe rien sur le champ [la terre] qui soit à signaler, rien qui soit fait et qu’on voie. Même ce propriétaire n’entreprend rien de plus, une fois qu’il a répandu la semence ; il la laisse à elle-même. Pourtant elle croît : la terre porte du fruit d’elle-même, d’abord l’herbe, ensuite l’épi, et puis le plein froment dans l’épi.

Pourquoi le propriétaire est-il en apparence aussi insouciant, aussi inactif, et se livre-t-il aux autres occupations de la vie ? La réponse est réjouissante : c’est parce qu’Il sait qu’il y a dans la semence une force intérieure qui se déploie en vie nouvelle ; et c’est ce que nous avons à apprendre ici. Soit que nous pensions maintenant au service du Seigneur Jésus Lui-même, qu’Il a accompli ici sur la terre, soit que nous appliquions la parabole au « service de la Parole » qui s’exerce aujourd’hui au moyen de Ses serviteurs et selon la mission qu’Il leur a confiée (voir Actes 6:4) — ce qui est semé contient, de façon cachée, la vie en soi. Il est indiscutable que la ‘semence’ est la Parole de Dieu comme dans la première parabole [du ‘semeur’]. Cette Parole est esprit et vie (Jean 6:63), et elle opère comme l’affirme 1 Thessaloniciens 2:13 : « la parole de Dieu, laquelle aussi opère en vous qui croyez » (1 Thessaloniciens 2:13).

 

1.3   Consolation et exhortation

1.3.1        Une pensée consolante

Il y a donc là à la fois de la consolation et de l’exhortation. Dans la parabole du ‘semeur’ nous avons vu tous les ennemis qui s’opposent à la réception de la Parole dans le cœur de l’homme, d’où les images des ‘oiseaux’, des ‘épines’, du ‘soleil’ brûlant, et autres choses semblables.

Malgré tout cela, la Parole de Dieu comporte en elle une puissance, en sorte qu’elle produit ce pourquoi Il l’a envoyée. « Car comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n’y retournent pas, mais arrosent la terre et la font produire et germer, et donner de la semence au semeur, et du pain à celui qui mange, ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir, et accomplira ce pour quoi je l’ai envoyée » (Ésaïe 55:11).

Quelle pensée consolante ! La Parole de la vérité de l’évangile « porte du fruit et croît », et cela « dans le monde entier » (Colossiens 1:5, 6). Et même si l’inimitié de Satan est grande et la faiblesse des serviteurs du Seigneur est immense — pourtant la Parole de Dieu poursuit son chemin victorieux. Dans les premiers jours du christianisme, nous apprenons en Actes 12:24 que « la Parole de Dieu croissait et se multipliait ». Malgré tous les Hérode du monde, cela est encore vrai aujourd’hui. Il est possible que, dans le détail, nous ne soyons pas en mesure de suivre la trace et la manière secrète dont le processus s’accomplit — même pour ‘l’homme’ de la parabole il est dit « sans qu’il sache comment » — mais malgré tout nous sommes au courant de la puissance de la ‘semence’ qui communique la vie. Et cela nous suffit. Déjà le Prédicateur de l’Ecclésiaste signalait l’œuvre cachée de Dieu : « Comme tu ne sais point quel est le chemin de l’esprit, ni comment se forment les os dans le ventre de celle qui est enceinte, ainsi tu ne connais pas l’œuvre de Dieu qui fait tout » (Écclésiaste 11:5), — à quoi il ajoute l’encouragement : « Le matin, sème ta semence, et, le soir, ne laisse pas reposer ta main ; car tu ne sais pas ce qui réussira, ceci ou cela, ou si tous les deux seront également bons » (Écclésiaste 11:6). Notons bien qu’il n’est pas dit « ce qui réussira, ceci ou cela, ou si aucun des deux ne réussira », mais bien « ce qui réussira, ceci ou cela, ou si tous les deux seront également bons ».

 

1.3.2        Exhortation à la confiance en la puissance de la Parole de Dieu

Nous avons donc toute raison de faire confiance en la puissance de la Parole de Dieu, qu’elle possède par l’action du Saint Esprit. Mais cela nous conduit aussi à une exhortation qui se trouve pour nous dans la parabole : cela ne dépend pas de notre travail, ni de nos efforts, ni de notre connaissance. Comme Paul et Apollos, nous ne sommes, dans le meilleur des cas, que des « serviteurs », des instruments que Dieu utilise, soit pour planter soit pour arroser (1 Corinthiens 3:5 et suiv.). Mais Celui qui donne l’accroissement, c’est Dieu. Combien nous l’oublions facilement, et nous nous attribuons quelque importance, à nous et à notre travail !

Ce qui dans la parabole paraît être chez ‘l’homme’, de l’insouciance ou de la négligence, est en réalité de la confiance. ‘L’homme’ dort nuit après nuit et se lève jour après jour sans plus prendre soin de la semence. Il l’a apportée pour la répandre, et tout le reste ne dépend plus de lui. C’est dans ce sentiment que le Seigneur Jésus Lui-même a agi au début, et c’est avec ces sentiments que ceux qui le suivaient devaient poursuivre Son œuvre. Ne se laissait-Il pas réveiller chaque matin, ainsi que son oreille, pour écouter comme ceux qu’on enseigne » (Ésaïe 50:4) ? Dans une vraie humilité et une vraie dépendance, le Fils de Dieu exprimait les paroles de Dieu. Ce n’était pas Ses paroles qu’Il disait, mais celles de Celui qui L’avait envoyé (Jean 12:49, 50 ; 14:10 ; 15:15). C’est aussi à Lui qu’Il remettait les résultats de Son œuvre chez ceux auxquels Il avait donné Ses paroles (Jean 17:8, 13, 14). Si tels étaient les sentiments de notre Maître qui était Lui-même « la Parole » (Jean 1:1-3), combien plus de tels sentiments devraient nous caractériser puisqu’en nous-mêmes, nous ne sommes rien !

La Parole de Dieu répandue d’un cœur droit, c’est tout ce qu’il faut. Elle s’occupe d’elle-même, car elle est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants (Hébreux 4:12). Ainsi notre parabole ramène le royaume de Dieu à ce seul point : faire confiance à la puissance que Dieu a mise au dedans de la ‘semence’.

Aujourd’hui dans la chrétienté, cette confiance a largement disparu et a non moins largement fait place à l’activité de la propre volonté. Peut-être aussi que nous, les enfants de Dieu, avons aussi en partie perdu la confiance en la puissance de la Parole, et qu’en conséquence nous semons plus ou moins d’autres ‘semences’ ? Puissions-nous dès lors prendre à cœur l’enseignement de cette parabole et apprendre du comportement de cet ‘homme’ ! Il abandonne la semence à l’action d’un plus grand que lui. Tous nos efforts que nous pensons devoir ajouter à l’activité de la Parole ne font qu’entraver son efficacité.

 

1.4   Regard sur la récolte

Même si ‘l’homme’ a été absent tout le temps de la croissance de la semence jusqu’au fruit, il ne faut pas interpréter cela de travers comme étant de la négligence. Certes sa manière d’agir pourrait donner cette impression, comme s’il ne s’intéressait ni à son champ ni à son fruit. En fait c’est tout le contraire : Il attendait le moment où le fruit allait arriver à pleine maturité. Manifestement c’est à cela qu’il avait justement déjà regardé ; sinon comment aurait-il pu établir que l’état du fruit permettait maintenant de faire entrer la faucille en action ? Ainsi nous savons que l’œil du Seigneur repose encore aujourd’hui sur Son ‘champ’. Comment pourrait-il en être autrement ? « Il ne retire pas ses yeux de dessus le juste » (Job 36:7).

La moisson elle-même n’est pas décrite ici — en contraste complet avec l’évangile selon Matthieu qui nous montre les différentes époques ou dispensations selon lesquelles Dieu agit avec les hommes ; là, au temps de la moisson, le Seigneur envoie Son ange ; ici, Il ne met la ‘faucille’ que comme signe que le temps de la moisson est arrivé. Ainsi la parabole est encadrée par deux angles, la première venue du Seigneur pour commencer Son service et Sa seconde venue pour achever Son service en rentrant la récolte. Entre temps, comme le vrai ‘laboureur’, Il attend le fruit précieux de la terre, prenant patience à son égard (Jacques 5:7).

C’est aussi l’attitude de ceux qu’Il a appelé dans Son œuvre pour répandre la ‘semence’. Et la Parole qu’Il nous adresse est : « Usez donc de patience, frères, jusqu’à la venue du Seigneur ». Le temps et la persévérance sont nécessaires avant l’achèvement de la récolte. Mais nous aussi, dans notre petite mesure, nous pouvons contempler par avance la ‘récolte’, comme Paul le faisait quand il écrivait aux croyants de Thessalonique : « Car quelle est notre espérance, ou notre joie, ou la couronne dont nous nous glorifions ? N’est-ce pas bien vous devant notre seigneur Jésus, à sa venue ? Car vous, vous êtes notre gloire et notre joie » (1 Thessaloniciens 2:19-20). Et si aujourd’hui nous avons à ‘semer avec larmes’, bientôt nous récolterons ‘avec chants de joie’ (Psaume 126:5).