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« Et il leur enseignait beaucoup de choses

 

par des paraboles » (Marc 4:2)

 

 

Christian Briem

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières:

1     Les paraboles du Seigneur font partie intégrante de l’enseignement Biblique

2     Une bénédiction particulière résulte de l’étude des paraboles

3     Qu’est-ce qu’une parabole ?

4       Interprétation des paraboles

5     Pourquoi le Seigneur parlait-Il en paraboles ?

6     Classement des paraboles

 

 

1                        Les paraboles du Seigneur font partie intégrante de l’enseignement Biblique

Dans Sa grâce infinie, Dieu nous fait connaître par l’Écriture sainte Ses pensées sublimes d’amour et de sagesse. Peut-être n’avons-nous pas encore bien réalisé qu’Il le fait de manières fort variées. À côté de paroles très directes, Il se sert aussi de formes imagées et symboliques pour nous faire comprendre Ses pensées et Ses intentions. Les types de l’Ancien Testament en sont un excellent exemple.

Dans cet ouvrage nous désirons nous occuper d’une catégorie également imagée d’enseignements de l’Écriture, les paraboles du Seigneur dans les évangiles, car il semble que les enfants de Dieu ne tirent que trop peu profit de cette partie de la parole de Dieu. Pourtant, quand le Seigneur Jésus était sur cette terre, Il a mis une grande partie de Ses enseignements sous forme de paraboles. Cela ressort clairement à la fois de la phrase remarquable de Marc 4:2 : « Et il leur enseignait beaucoup de choses par des paraboles », et aussi plus généralement de la lecture et de l’étude attentives des paroles du Rédempteur.

Les paraboles font tout à fait partie de l’enseignement du Nouveau Testament, au même titre que les épîtres de l’apôtre Paul et des autres apôtres. Certains passages des épîtres du Nouveau Testament ne peuvent même être compris correctement qu’à la lumière de telle ou telle parabole. Bien des enfants de Dieu ont ainsi des difficultés avec ce que l’apôtre Pierre dit dans sa deuxième épître au sujet des faux prophètes et de faux docteurs, à savoir que le maître les a « acheté » (2 Pierre 2:1). Or il ne dit pas « racheté », et c’est la parabole de ‘l’ivraie du champ’ qui donne l’explication correcte : ‘le champ’, image du monde (Matthieu 13:38), appartient au Seigneur Jésus ; c’est « Son champ » (Matthieu 13:27), Il se l’est acquis pour Lui-même par Son œuvre à la croix. Donc, même les faux docteurs chrétiens ont été achetés, c’est-à-dire que le Seigneur a tous les droits sur eux. Cependant, seuls ceux qui ont été justifiés par la foi au sang de Christ ont effectivement part à la rédemption (Romains 3:24, 25).

Inversement beaucoup de paraboles trouvent leur explication complète, ou un certain complément d’explication, dans les épîtres. Le Seigneur Jésus, en Son temps sur la terre, ne pouvait pas encore dire à Ses disciples tout ce qui était dans Son cœur et dans le cœur de Dieu à leur égard (Jean 16:12). Mais une fois que l’Esprit de vérité fut venu, Il put conduire les apôtres et prophètes du Nouveau Testament dans toute la vérité, et leur annoncer les choses qui allaient arriver. C’est ainsi que l’apôtre Paul « comble certains trous » qu’on ne manque pas de trouver dans les paraboles. Les paraboles sur le retour du Seigneur, par exemple, ne parlent pas encore directement de l’enlèvement des croyants. Le Seigneur Jésus ne pouvait pas encore dévoiler cette grande vérité à ce moment-là. Évidemment Il la connaissait, et c’est pourquoi elle se trouve incluse par exemple dans la parabole de ‘l’ivraie du champ’ déjà mentionnée ; mais elle n’y est pas révélée ouvertement. L’apôtre Paul a été le premier à recevoir la communication de cette vérité (1 Thessaloniciens 4:15-17).

Lorsque le Seigneur parle, dans ‘la parabole du levain’ de Matthieu 13, d’une femme qui prit du levain et le cacha parmi trois mesures de farine jusqu’à ce que tout fût levé, ce n’est que par les épîtres de l’apôtre Paul que nous apprenons à connaître le vrai sens de cette action. Par deux fois il parle effectivement de ce qu’un peu de levain fait lever la pâte toute entière. En 1 Corinthiens 5 le ‘levain’ représente le mal dans la marche, et en Galates 5 le mal doctrinal : les deux ont pénétré dans la chrétienté. C’est ce développement dans la chrétienté que le Seigneur signale prophétiquement dans la parabole.

Ainsi, bien des choses dans les paraboles nécessitent une explication ou un éclairage au moyen des épîtres, et il est bon de garder cette relation présente à l’esprit.

 

2                        Une bénédiction particulière résulte de l’étude des paraboles

La bénédiction particulière qui résulte de l’étude des paraboles réside d’une part en ce qu’on y trouve directement les paroles prononcées par notre Sauveur — des paroles pleines de grâce et de vérité, des paroles d’une grande profondeur et d’une grande portée, des paroles empreintes de gravité morale et de connaissance divine. D’autre part, les enseignements des paraboles sont présentés de manière si expressive grâce au langage imagé, qu’ils se comprennent et se retiennent bien mieux que s’ils étaient donnés sous forme d’exposé doctrinal. Cet avantage des paraboles se retrouve dans les types de l’Ancien Testament.

Il y a toujours une bénédiction profonde à méditer les paroles sorties de la bouche même du Seigneur Jésus. Bien sûr il est aussi important de faire attention à ce qu’Il a dit par l’intermédiaire de Ses apôtres et prophètes. Car ce que l’Esprit Saint leur a inspiré de dire et d’écrire est également la Parole de Dieu, et est revêtu de la même autorité inhérente à toute « écriture » (2 Timothée 3:16). Mais ces hommes saints n’étaient pas toujours sous l’inspiration de l’Esprit Saint, tandis que Christ exprimait en tout temps et en toute circonstance directement les paroles de Dieu, sans aucune restriction.

C’est la raison pour laquelle Paul disait aux croyants à Milet, il y a environ 2000 ans, qu’il faut « nous souvenir des paroles du Seigneur Jésus, qui lui-même a dit… » ; et ceci est tout aussi vrai et est tout autant à retenir aujourd’hui qu’à ce moment-là. Oui, la grâce est répandue sur Ses lèvres et Sa langue est le style d’un écrivain habile (Psaume 45:1,2). Il n’est donc pas surprenant que déjà les hommes d’autrefois s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de Sa bouche (Luc 4:22), et que même les huissiers endurcis de la garde du temple devaient avouer que « jamais homme ne parla comme cet homme » (Jean 7:46). Et aujourd’hui encore le croyant « est tout réjoui à cause de la voix de l’époux » (Jean 3:29), car les lèvres de notre Seigneur sont « des lis distillant une myrrhe limpide » (Cantique des Cantiques 5:13).

 

3                        Qu’est-ce qu’une parabole ?

Qu’est-ce qu’une parabole ? Qu’entend-on par là ? Une parabole présente un incident ou une affaire de la vie terrestre qui sous-tend une signification spirituelle. Autrement dit : Une circonstance naturelle, terrestre qui se déroule ou peut se dérouler telle quelle dans la vie quotidienne, sert à illustrer des faits spirituels, une vérité divine. C’est sur ce point qu’une parabole se distingue fondamentalement d’une fable. Celles-ci ont bien pour but de communiquer une leçon ou une morale, mais elles sont des récits fictifs qui font intervenir des animaux ou des objets qui parlent et agissent comme des hommes. Une parabole est au contraire une histoire relative à la terre et ayant une signification spirituelle, relative au ciel.

Comme nous aurons l’occasion de le voir, le Seigneur utilise assez souvent le mot même de ‘parabole’. Le mot grec ‘parabolé’ = ‘parabole, discours parabolique, similitude, type’ vient d’un verbe qui veut dire ‘placer à côté de quelque chose’ comme on place quelque chose à mesurer ou à comparer à côté d’une échelle de mesure. Une parabole est donc un ‘placement l’un à côté de l’autre’, une ‘comparaison’ de circonstances qui présentent un certain parallèle dans leur déroulement, tout en appartenant à des domaines différents : le naturel et le spirituel. Il existe à cet égard une relation qu’il ne faut pas méconnaître entre les ‘types’ (par exemple les sacrifices et le tabernacle) et les ‘paraboles’, les types étant faits de matériaux et d’actions, tandis que les paraboles sont faites de paroles. Mais les deux contiennent des parallèles et des contrastes. ‘Parler en paraboles’ s’oppose à ‘parler ouvertement’, comme on le voit en Jean 16:29 : « Ses disciples lui disent : Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu ne dis aucune similitude ».

 

4                        Interprétation des paraboles

Quant à l’interprétation des paraboles et de leurs symboles, il faut se garder soigneusement de la fantaisie humaine qui cherche à étayer des opinions personnelles. On ne peut pas fonder une doctrine particulière quelconque sur la seule base d’une parabole (ou d’un type). L’explication doit toujours être, et sera toujours en accord avec d’autres passages clairs de la parole de Dieu où se trouve présentée une vérité identique ou similaire. Si ce n’est pas le cas, il faut conclure que notre interprétation de la parabole est fausse. Cela nous préserve d’avoir nos propres interprétations particulières.

Autrement dit une parabole ou un type explique, illustre, confirme et approfondit une vérité du Nouveau Testament, mais elle ne peut pas en être le fondement. La véritable clé de l’explication des symboles réside dans la Parole de Dieu elle-même. L’Écriture sainte s’explique toujours par elle-même. C’est ainsi par exemple qu’il ne faut pas interpréter arbitrairement le levain de la parabole du ‘levain’ de Matthieu 13 comme étant une image de l’évangile, alors que ce symbole est utilisé constamment dans la Parole de Dieu pour le péché comme principe actif du mal. La méconnaissance de ce principe a favorisé bien des fausses doctrines, et a causé bien des difficultés parmi le peuple de Dieu. Nous succombons si vite à la tentation d’interpréter les paraboles du Seigneur en y glissant nos idées personnelles, pour appuyer notre opinion sur telle ou telle chose. Les paraboles font autant partie de l’enseignement du Nouveau Testament que les épîtres de l’apôtre Paul et des autres apôtres. C’est pour cela que l’enseignement donné dans une parabole est toujours en accord avec l’enseignement de toute la parole de Dieu. Pour la méditation des paraboles, nous dépendons donc tout autant de la direction de l’Esprit Saint. Il nous faut toujours rester conscients que par nous-mêmes nous ne savons rien ni ne pouvons rien.

En règle générale il n’y a qu’une ligne de pensée principale à la base d’une parabole, et cette ligne est à saisir dans chaque cas. Même si nous devons nous garder d’une « spiritualisation » fantaisiste de tous les détails des paraboles, nous ne nous trompons certainement pas en admettant que le Seigneur Jésus a choisi Ses mots avec précision, et que ce n’est pas pour rien qu’Il a présenté les détails des circonstances accompagnant la parabole de telle et telle manière et non pas autrement. Quand le grand Maître dessine l’ébauche d’un tableau, qu’il soit de grande ou de petite taille, nous pouvons être assurés que chaque trait est bien à sa place et a sa signification.

Ceci n’est pas une simple supposition, et est confirmé par le fait que le Seigneur a daigné nous faire savoir directement l’interprétation de deux paraboles de Matthieu 13. Jamais Il n’utilise un mot ou une expression sans raison ou sans but ; il n’y a aucun mot de trop ni aucun qui manque. À travers chaque mot qu’Il utilise, Il veut exprimer quelque chose. Par exemple, s’Il parle de la joie de celui qui a acquis le champ (Matthieu 13:44), il y a une raison à cela, et nous la trouvons en Hébreux 12:2. Dans la parabole du ‘bon samaritain’ de Luc 10, ce n’est pas pour rien qu’Il change d’expression entre les versets 31 où Il dit « descendait par ce chemin », et 33 où on a « allant son chemin » : Le bon samaritain n’allait pas son chemin par hasard, et Il ne le « descendait » pas. Si en Luc 15, Il change la brebis « perdue » (15:6) en « la drachme que j’avais perdue » (15:9), il y a une raison pour cela : Rien ne peut être reproché au véritable bon Berger.

En méditant les paraboles du Seigneur, nous serons aussi souvent étonnés de la sagesse avec laquelle Il parle, et avec laquelle Il utilise ou évite certains mots. En tout cas nous retirerons toujours pour nous un message moral et rafraîchissant de Ses paraboles, à moins que la parabole n’ait avant tout une signification prophétique. Qu’Il nous aide à saisir ce message, et à tirer profit de ce qu’Il veut nous dire !

Il y a encore un autre principe à tirer des explications du Seigneur : d’abord, comme déjà dit, une parabole contient souvent plus d’une interprétation ou application. Une parabole peut avoir à la fois une signification historique, une signification prophétique et une signification pratique. La même chose se rencontre dans les types de l’Ancien Testament, ou dans les psaumes, ou même dans les sept lettres aux églises dans l’Apocalypse : on peut aussi les considérer selon ces trois points de vue. Au point de vue prophétique, certaines paraboles se rapportent clairement à Israël au temps de la fin, et pourtant il ne faut pas négliger leur enseignement moral pour nous aujourd’hui. Il n’est pas dans l’intention du Seigneur de laisser Ses paroles inutilisées, « en jachère » pour ainsi dire, jusqu’au temps de leur accomplissement prophétique. Elles sont au contraire importantes et significatives pour tous les Siens de tous les temps.

La nécessité dans laquelle le Seigneur s’est quelquefois trouvé de devoir expliquer les paraboles à Ses disciples, montre que leur véritable enseignement ne se trouve pas à la surface. Bien sûr, certaines connexions simples peuvent également être comprises par les incroyants, et c’est ainsi que nous lisons plusieurs fois que les pharisiens et scribes se rendaient compte que Jésus avait parlé d’eux dans telle ou telle parabole. Mais ce qu’ils avaient saisi des paraboles n’était justement pas tout. Seul le Seigneur pouvait faire ressortir la signification profonde. Cependant Il ne le faisait que vis-à-vis de ceux qui étaient avec Lui « dans la maison » (Matthieu 13:36 ; Marc 4:10 ; 7:17).

Tout ceci est d’une haute importance pour notre étude. Aujourd’hui aussi il y a beaucoup de chrétiens qui reconnaissent tout à fait les enseignements moraux situés à la surface des discours du Seigneur, et qui vont peut-être même jusqu’à les admirer. Mais ils sont incapables de voir davantage dans les paraboles. Ils ne voient pas, ou ne veulent pas reconnaître, par exemple, qu’une vérité dispensationnelle est à la base de telle parabole.

Si l’on veut donc connaître le vrai sens des paraboles du Seigneur, il faut faire comme les disciples autrefois : Ils venaient au Seigneur Jésus avec leur questions sur les paraboles, et une fois qu’ils étaient seuls avec Lui, ils recevaient les explications désirées ; de même nous aussi aujourd’hui nous devons également aller vers Lui dans la conscience que nous ne savons rien et ne comprenons rien. Par Son Esprit Il nous aidera aussi à saisir la signification profonde de Ses paroles dans toute leur variété.

 

5                        Pourquoi le Seigneur parlait-Il en paraboles ?

Ceci nous montre une autre raison pour laquelle le Seigneur a tellement enseigné sous forme de paraboles. Au début de Son ministère sur la terre, Il parlait moins en paraboles ; au contraire Il parlait ouvertement aux hommes. Mais avec l’accroissement de l’inimitié des conducteurs du peuple, et quand ceux-ci l’accusèrent de chasser les esprits immondes par Beelzebub, le chef des démons, Il se mit à voiler davantage Son discours, et à cacher Ses enseignements derrière le langage imagé des paraboles : Il ne fallait pas qu’ils soient compris par les Juifs ennemis. C’est ainsi que la phrase de Marc 4:2 qui sert de titre à cet ouvrage sur les paraboles (« Il leur enseignait beaucoup de choses par des paraboles ») marque un tournant dans le ministère du Seigneur et dans les voies de Dieu envers Israël.

Cela est particulièrement marqué dans l’évangile selon Matthieu. Une fois le rejet du Seigneur par les scribes et les pharisiens rendu manifeste au ch. 12, le Seigneur cesse de reconnaître Ses relations terrestres avec la maison d’Israël. Étendant Sa main vers Ses disciples, Il explique qui seraient désormais ‘Sa mère’ et ‘Ses frères’ : ce serait ceux qui feraient la volonté de Son père céleste, de quelque nation qu’ils viennent. Le passage du ch. 12 au ch. 13 présente donc une rupture dans les relations du Seigneur avec le peuple juif. Au début du ch. 13, Il quitte symboliquement la ‘maison’ (Israël) pour s’asseoir près de ‘la mer’ (une image des nations). C’est depuis une barque (loin de tout contact physique) qu’Il enseigne le peuple, et ensuite nous avons à nouveau la phrase significative : « Et il leur dit beaucoup de choses par des paraboles » (Matthieu 13:3).

Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que nous trouvons dans cet évangile les grandes paraboles, spécialement celles du royaume des cieux. La première de ces grandes paraboles, celle du ‘semeur’ suscita chez les disciples la question suivante : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles » ? La réponse du Seigneur montre qu’il s’agissait d’un jugement sur le peuple incrédule : « Et lui, répondant, leur dit : C’est parce qu’à vous il est donné de connaître les mystères du royaume des cieux ; mais à eux, il n’est pas donné. Car à quiconque a, il sera donné, et il sera dans l’abondance ; mais à quiconque n’a pas, cela même qu’il a sera ôté. C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce que voyant ils ne voient pas, et qu’entendant ils n’entendent ni ne comprennent. Et par eux s’accomplit la prophétie d’Ésaïe qui dit : « En entendant vous entendrez et vous ne comprendrez point, et en voyant vous verrez et vous n’apercevrez point ; car le cœur de ce peuple s’est épaissi, et ils ont ouï dur de leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient des yeux, et qu’ils n’entendent des oreilles, et qu’ils ne comprennent du cœur, et qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse ». Mais bienheureux sont vos yeux, car ils voient, et vos oreilles, car elles entendent ; car en vérité, je vous dis, que plusieurs prophètes et plusieurs justes ont désiré de voir les choses que vous voyez, et ils ne les ont pas vues, et d’entendre les choses que vous entendez, et ils ne les ont pas entendues » (Matthieu 13:11-17).

Si le peuple juif, et spécialement ses conducteurs, ne voulaient plus entendre le Seigneur et rejetaient la lumière divine qu’Il apportait, Il n’avait pas l’intention de continuer à leur donner de l’enseignement. Il dissocie Ses disciples de la masse du peuple incroyant. Aux premiers il était donné de connaître les mystères du royaume des cieux, mais non pas aux seconds. La conscience des Juifs était endurcie, et la promesse d’Ésaïe devait donc s’accomplir à leur égard : En voyant il ne devaient plus voir, et en entendant ils ne devaient plus entendre ni comprendre. Ils préféraient les ténèbres à la lumière qui était auprès d’eux. C’est pourquoi elle allait leur être ôtée.

Ce côté grave du parler en paraboles n’empêche pas l’autre mentionné auparavant : Elles permettent une compréhension plus profonde chez les Siens. C’est ainsi qu’à la question de Pierre demandant combien de fois il fallait pardonner à son frère, le Seigneur répond non pas simplement par une parole directe sur le sujet, mais par la parabole de portée assez large du roi voulant faire les comptes avec ses serviteurs (Matthieu 18:23-35).

En effet, le fait que le Seigneur parlait en paraboles était également une expression de Sa grâce envers Ses disciples. Il ne se bornait pas à simplement cesser de parler. Il y avait, parmi le peuple, ceux qui L’aimaient vraiment. Ils sont bien différenciés de la masse du peuple, et il n’est donné qu’à eux de connaître les mystères du royaume des cieux. Ils avaient reçu Sa personne. C’est pourquoi le Seigneur leur fait pénétrer plus profondément les mystères de Ses pensées, et leur interprète « tout en particulier » à l’intérieur de la maison, « mais pour ceux qui sont dehors, toutes choses se traitent par des paraboles », et : « mais il ne leur parlait pas sans parabole » (Matthieu 13:36 ; Marc 4:10, 11, 34). Le Seigneur voit en Ses disciples les « sages » de Daniel 12 qui comprendraient ce qu’Il disait (Daniel 12:10). « Qui est sage ? il comprendra ces choses ; et intelligent ? il les connaîtra » (Osée 14:9).

À Ses disciples il était donné de pénétrer le voile mystérieux dont le Seigneur enveloppait désormais Ses paroles, et de saisir les nouveautés qu’Il leur révélait. Or la définition du terme ‘mystère’ dans le Nouveau Testament est justement une vérité qui n’était pas révélée dans l’Ancien Testament, une vérité qui a besoin d’une révélation pour être connue. Nous voyons donc là notre cher Seigneur comme le vrai Joseph. De même que Joseph, autrefois rejeté par ses frères, reçut le nom de ‘Tsaphnath-Pahnéakh’, ce qui signifie ‘révélateur de secrets’ selon l’interprétation rabbinique, ainsi le Seigneur révèle Lui aussi aux Siens les mystères du royaume des cieux.

Comme les disciples autrefois, nous sommes également aujourd’hui à l’intérieur, dans la « maison » avec le Seigneur Jésus (comp. Matthieu 13:36). N’est-ce pas un privilège inestimable de pouvoir, à l’abri du monde, prêter là l’oreille à Ses paroles de grâce, et les comprendre par Sa grâce ? Lorsque nous arriverons à la méditation de chacune des paraboles, nous allons vite remarquer que Ses paroles et Ses paraboles sont loin d’être simples, et qu’elles ont une grande profondeur. Derrière des expressions souvent très modestes et des images naturelles, il y a chaque fois une signification spirituelle, profonde et cachée, que seul le Saint Esprit peut nous faire saisir. Cette signification n’est nullement à la surface, comme si elle était accessible à tous. Finalement le Seigneur exprimait ce qui était « caché dès la fondation du monde » (Matthieu 13:35).

Peut-être nous a-t-il échappé que les discours du Seigneur en paraboles ne commencent pas seulement à partir de la description de la rupture avec Israël en tant que nation. L’évangéliste Marc qui, contrairement à Matthieu, rapporte en principe les événements de manière chronologique, montre déjà au ch. 3 de son évangile comment le Seigneur se servit d’une parabole pour mettre à nu la folie des scribes (Marc 3:23 et suiv.). Et encore avant, au ch. 2, on a la parabole du morceau de drap neuf sur un vieil habit (Marc 3:21 et suiv.) ; or Luc nous dit que cette image constitue en fait une parabole (Luc 5:36). Nous allons revenir tout de suite sur cette indication intéressante.

 

6                        Classement des paraboles

J’ai beaucoup réfléchi pour savoir quel était le meilleur ordre et la meilleure manière d’aborder l’étude des paraboles. On peut les regrouper ou les résumer de bien des manières. Il y a les paraboles à caractère dispensationnel, et d’autres où ce sont plutôt les enseignements moraux qui sont mis en avant. Un grand nombre de paraboles s’occupe de la pensée du royaume de Dieu.

Bien des paraboles nous présentent la personne du Seigneur sous différents angles. C’est ainsi qu’entre autres, Il se présente dans les paraboles comme semeur, comme roi, comme fils de roi, comme samaritain, comme maître d’esclaves, comme une personne qui cherche, comme berger, comme juge, comme marchand, comme grain de blé, comme bâtisseur, comme rocher, comme époux, comme homme noble, comme médecin, comme vigneron-propriétaire. D’autres paraboles montrent ce que sont les hommes. Ils sont comparés à de la bonne et à de la mauvaise semence, à des vierges sages et à des vierges folles, à des esclaves bons et méchants, à des poissons bons et mauvais, à un trésor, à une perle, à des lumières, à du sel. Nous les voyons comme invités à des noces, comme voyageurs, comme fils, comme débiteurs, comme brebis, comme sarments, comme figuier, comme drachmes (de l’argent).

Il y a des paraboles qui parlent de ce que Christ est devenu homme, d’autres qui parlent de Sa mort, de Son ascension, de Son retour. Certaines sont données par le Seigneur Jésus en réponse à des questions qu’on Lui posait. Les paraboles doubles occupent une place particulière. Dans ces paraboles, on a ou bien la même ligne de pensées, ou bien l’usage de symboles identiques ou voisins. De telles paraboles peuvent se trouver soit directement l’une après l’autre, soit à des endroits tout à fait différents. Il y a des cas de paraboles doubles où l’une est dans un évangile et son complément dans un autre. Par exemple, ‘le figuier’ se trouve en Matthieu 24 et en Luc 13, ‘le bon berger’ en Luc 15 et en Jean 10.

Nous pourrions poursuivre le classement des paraboles sous différents points de vue. Mais les différents groupes de paraboles se chevauchent plus ou moins, ce qui rend difficile de fixer des frontières.

Tout bien pesé, il semble que le mieux c’est de laisser les différentes paraboles dans leur « environnement naturel », là où l’Esprit Saint les a placées par le moyen des différents écrivains, et de les considérer dans l’ordre où elles se trouvent dans les évangiles. Dans la mesure du possible, il sera bon de mettre en évidence les relations entre paraboles parallèles ou enseignements parallèles.

Nous avons parlé tout à l’heure des grandes paraboles. En règle générale, c’est à elles que nous pensons lorsque nous entendons parler de ‘paraboles’. Mais outre celles-ci, le Seigneur Jésus a inséré dans Ses discours beaucoup de petites images ou comparaisons. En fait, ces petites figures ou expressions imagées constituent également des paraboles. Nous avons déjà vu que Luc qualifie de ‘parabole’ l’image du morceau de drap neuf sur un vieil habit (Luc 5:36). Or Matthieu et Marc n’utilisent pas cette expression (Matthieu 9:16 ; Marc 2:21). En ce qui concerne l’image d’un aveugle conducteur d’aveugle, nous n’aurions guère parlé de parabole, et pourtant il est dit en Luc 6 : « Et il leur disait aussi une parabole : Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? ne tomberont-ils pas tous deux dans la fosse ? » (Luc 6:39). « Expose-nous cette parabole » demanda aussi l’apôtre Pierre en Matthieu 15 après que le Seigneur, dans un autre cadre, ait comparé les pharisiens à des aveugles conducteurs d’aveugles (Matthieu 15:14, 15). Et quand Il parla du ‘maître de maison’ qui aurait veillé sur sa maison s’il avait su à quelle heure le voleur devait venir, le même disciple Lui demanda immédiatement : « Seigneur, dis-tu cette parabole pour nous, ou aussi pour tous ? » (Luc 12:41).

Nous pouvons conclure de tout cela que le Sauveur a bien plus parlé en paraboles que nous ne le penserions à première vue. Comme les petites paraboles sont aussi pleines d’enseignements pour nous, nous voulons aussi les prendre en compte dans ce qui suit, sans toutefois prétendre être exhaustif.

C’est par quelques-unes de ces petites images que nous désirons commencer nos méditations sur les paraboles du Seigneur dans les évangiles. Que notre bon Seigneur veuille nous ouvrir ces paroles de Sa bouche et nous les rendre précieuses ! Qu’Il veuille nous aider aussi à mettre en pratique ce que nous en avons appris afin que tout contribue à Sa gloire !