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Christ a-t-Il connu un combat contre la mort ?

 

Christ « à l’étroit » jusqu’à Son baptême

 

Luc 12:50 et 22:44

 

Christian Briem

Traduit de l’allemand « Antworten auf Fragen zu biblischen Themen » = Réponses à des questions sur des thèmes bibliques, édité par Christliche Schriftenverbreitung, Hückeswagen, 2005. ISBN 3-89287-088-8

Page 86

Table des matières :

1     Christ a-t-Il connu un combat contre la mort ? — Luc 22:44

Question

Réponse

Luc 22:44

Luc 12:50

2     Le Seigneur « à l’étroit » avant son baptême — Luc 12:50

Question

Réponse

« Baptême » du Seigneur et des disciples — Marc 10:38-39

Gethsémané — Souffrances par anticipation — La coupe — Luc 22:44

Le Seigneur à l’étroit — Luc 12:50

 

 

 

1                        Christ a-t-Il connu un combat contre la mort ? — Luc 22:44

Question

On dit que selon le texte grec de Luc 22:44, pour « [l’angoisse du] combat » [selon la version J.N. Darby], c’est le mot « agonie » qui est employé. Christ a-t-Il connu un combat contre la mort ? Trouve-t-on une indication à ce sujet dans les propos qu’Il tient au ch. 12 où Il parle de Son « baptême » et de ce qu’Il était « à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli ! » (Luc 12:50) ?

 

Réponse

Luc 22:44

Le mot grec agonia ne se trouve qu’une fois dans le Nouveau Testament, dans ce verset de Luc 22:44. Sa signification de base est « lutte de compétition ». Ensuite en sont dérivées d’autres significations figurées, comme « combat, effort, peur, trouble, oppression ». Le mot agonie emprunté au grec n’a pris le sens de « combat contre la mort » dans notre vocabulaire que vers le 18ème siècle. Le mot grec lui-même n’a pourtant pas ce sens. Les médecins n’utilisaient le terme agonia que pour de graves fardeaux mentaux ou spirituels. Or Luc était médecin ! La traduction de Luther « Il luttait avec la mort » ne rend pas correctement ce que dit l’Écriture.

Non, le Seigneur Jésus n’a pas lutté avec la mort ni traversé un combat contre la mort. Au jardin Gethsémané, Il n’était pas encore le sacrifice devant Dieu. Il parlait au Père dans la pleine conscience de Sa relation avec Lui. Mais Il a d’autant plus souffert en ressentant à l’avance parfaitement ce qu’Il devait subir. Ce n’étaient pas encore les souffrances expiatoires. Mais ce qui fit sortir sur Son front une sueur comme des grumeaux de sang dans [l’angoisse du] combat, c’était le fait de ressentir douloureusement ce que signifierait de goûter la colère de Dieu contre le péché et d’être abandonné de Dieu. C’était là « la coupe » qu’Il ne pouvait pas désirer boire.

À Gethsémané Il a traversé tout cela avec Son Père. Mais ce n’était pas encore la croix. Et quand la croix fut là, nous ne trouvons rien d’un quelconque combat contre la mort. Les sept paroles du Sauveur à la croix tiennent un tout autre langage. Il n’était pas affaibli dans un combat contre la mort, ni par les tourments subis, quand Il cria finalement « à haute voix » avant d’expirer, en disant : « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23:46).

 

Luc 12:50

Si le Sauveur parlait auparavant de « baptême » dont Il devait être baptisé, Il faisait indiscutablement allusion à Sa mort sur la croix. Mais l’expression « combien suis-je à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli » ne doit pas être comprise dans le sens d’une attaque provenant des tourments qu’Il voyait venir sur Lui. Bien plutôt, le Seigneur fait ressortir clairement par ces paroles, à quel point Il se voyait l’étroit pour épancher Son amour, tant que l’œuvre de la croix n’était pas encore accomplie.

Si par exemple, Il parlait à Ses disciples de Sa mort proche, Il devait apprendre directement de leur bouche combien peu ils Le comprenaient : « Seigneur, Dieu t’en préserve, cela ne t’arrivera point ! » (Matt. 16:22). N’était-ce pas même la réponse de Pierre ? Il est saisissant de voir comment l’Esprit Saint répète à trois reprises la description de leur incompréhension, en changeant simplement les expressions employées : « Et ils ne comprirent rien de ces choses ; et cette parole leur était cachée, et ils ne comprirent pas les choses qui étaient dites » (Luc 18:34). Pouvait-il y avoir rien de plus clair pour montrer à quel point le Seigneur Jésus était « à l’étroit » de ne pouvoir encore rien dire à ses disciples de toutes les bénédictions merveilleuses qui découleraient de Sa mort ? Il ne pouvait pas encore leur ouvrir Son cœur en plénitude. Ils étaient trop prisonniers de leurs préjugés juifs.

Mais par Sa mort, Il a complètement fait éclater les contraintes existantes. Il n’y a dès lors plus de bornes à l’épanchement de Son amour. Et ceux-là même qui ne Le comprenaient pas auparavant, Il a pu les utiliser pour être Ses témoins « à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre » (Actes 1:8).

 

 

2                        Le Seigneur « à l’étroit » avant son baptême — Luc 12:50

Questions et réponses p. 93

Question

En Luc 12, il y a une parole du Seigneur Jésus dont le sens ne me paraît pas clair. « J’ai à être baptisé d’un baptême ; et combien suis-je à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli ! » (Luc 12:50). Si le Seigneur faisait allusion à sa mort par ce terme de « baptême », était-Il tourmenté à la pensée de devoir mourir ? Craignait-Il la mort ?

 

Réponse

« Baptême » du Seigneur et des disciples — Marc 10:38-39

Par ce terme de baptême, le Seigneur désigne effectivement Sa mort sur la croix ; cela ressort clairement d’un autre passage tiré de l’évangile selon Marc, où Il pose la question : « Pouvez-vous boire la coupe que moi je bois, ou être baptisés du baptême dont moi je serai baptisé ? » (Marc 10:38). Manifestement, Il attendait une réponse négative de la part de ses disciples. Cela montre qu’Il parlait de Sa mort expiatoire sur la croix, que les disciples ne pouvaient pas traverser. À leur réponse téméraire « nous le pouvons », Il leur concéda ceci, malgré tout : « Vous boirez bien la coupe que moi je bois, et vous serez baptisés du baptême dont moi je serai baptisé » ; manifestement, Il restreignait le sens des mots « coupe » et « baptême » à l’égard de ses disciples. Cependant même dans leur cas, le « baptême » signifiait la mort, celle du martyr. Dans le cas du Seigneur, il s’agissait de bien plus, c’était la mort comme sacrifice pour la propitiation de nos fautes. Son baptême au sens littéral au Jourdain en avait déjà été une image (Matt. 3:13-17).

 

Gethsémané — Souffrances par anticipation — La coupe — Luc 22:44

Si nous réfléchissons sur les souffrances du Sauveur anticipant ce qui allait L’atteindre et ce qu’Il allait éprouver à la croix, et sur la mesure dans laquelle Il l’a anticipé, et si nous en parlons, il importe d’avoir un très grand respect, une très grande crainte et une très grande retenue, car nous n’en comprenons pratiquement rien. On peut quand même dire que ces souffrances par anticipation ont eu leur point culminant à Gethsémané. Lorsqu’Il était dans l’angoisse du combat (Luc 22:44), Il ne combattait ni contre le diable ni contre la mort (ni contre l’angoisse de la mort). Il voyait plutôt devant Lui la coupe de la colère de Dieu contre le péché. Il allait vider cette coupe à la croix de Golgotha et Son Dieu allait l’abandonner là sous le jugement : voilà ce qui provoquait ce tourment insondable de Son âme. Ce n’était pas la crainte de la mort.

 

Le Seigneur à l’étroit — Luc 12:50

Mais quand le Seigneur Jésus dit qu’Il était « à l’étroit » jusqu’à ce que Son baptême soit accompli, Il voulait dire tout autre chose. Tant que l’œuvre de la rédemption n’était pas accomplie, Il ne pouvait pas laisser Son amour s’épancher librement envers les hommes. Son amour était en quelque sorte « retenu » dans Son cœur, parce que la question du péché n’était pas encore réglée. Le péché se dressait encore entre l’homme et Dieu. À cet égard Il était « à l’étroit ». Ce n’est que quand Dieu dans Ses saintes exigences à l’égard du péché fut justifié et satisfait par le sacrifice parfait de Jésus Christ, que l’amour divin put se déverser sans frein envers les hommes. « Là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5:20).

Certainement le Seigneur Jésus a aussi manifesté dans Sa vie l’amour et la grâce merveilleux de Dieu, en sorte qu’Il pouvait dire « mais maintenant ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père » (Jean 15:24). Mais toute la mesure, tout l’étendue de l’amour de Dieu ne pouvait pas être données à connaître avant la croix. Avant la croix, tout portait plutôt un caractère de promesses, d’annonce de bénédictions à venir.

C’est ainsi que, peu avant Sa mort, le Seigneur disait à Ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez le supporter maintenant. Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité » (Jean 16:12-13). Par ailleurs cela éclaire la raison pour laquelle Il était « à l’étroit » : les disciples eux-mêmes durant la vie du Seigneur ici-bas, n’étaient pas encore en état de saisir les immenses communications de Son cœur. Mais quand le Saint Esprit — comme conséquence de la rédemption accomplie — serait venu, Il les conduirait dans toute la vérité. Oui, Lui-même, le Fils du Père leur parlerait « ouvertement du Père » (Jean 16:25), et il n’y aurait plus besoin de leur parler en similitudes.

Amour merveilleux ! Justement le fait pour le Seigneur d’avoir été « à l’étroit » avant Sa mort, montre sa grandeur et sa puissance divines.