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Questions et réponses : Discipline

 

 

Christian Briem

 

Traduit de l’allemand « Antworten auf Fragen zu biblischen Themen » = Réponses à des questions sur des thèmes bibliques, édité par Christliche Schriftenverbreitung, Hückeswagen, 2005. ISBN 3-89287-088-8

 

Table des matières :

1     « Noter » un croyant — 2 Thes. 3:14 et Rom. 16:17

2     Le lavage des pieds mutuel — Jean 13:14

 

 

 

1                        « Noter » un croyant — 2 Thes. 3:14 et Rom. 16:17

Questions et réponses p. 62

Question

Que doit-on comprendre, en 2 Thessaloniciens 3:14, par le fait de « noter » un croyant ? Quand et comment cela doit-il être appliqué ?

 

Réponse

Noter au sens de 2. Thessaloniciens 3 ne doit pas être confondu avec une exclusion, ni être compris comme une sorte de « solution de remplacement » pour tous les cas qui n’exigent pas encore le fait d’ôter définitivement selon 1 Corinthiens 5. « Noter » est une forme de discipline publique plus douce que la mise hors de communion [« ôter »] d’un méchant. Son application est toutefois limitée aux cas où il y a du désordre dans la marche. Seul le chapitre 3 de cette épître en parle. La marche dans le désordre peut certainement se manifester de bien des manières différentes, toutes ayant cependant ceci en commun qu’une telle conduite scandalise déjà les hommes du monde.

Il y avait à Thessalonique des croyants qui négligeaient leurs devoirs et leurs tâches quotidiens, et au lieu de cela « se mêlaient de tout » (2 Thes. 3:11). Ils pouvaient avoir été entraînés à ce comportement par de faux docteurs qui, par une fausse application de la vérité sur la venue du Seigneur, les avaient jetés dans le trouble, de sorte que cette attente était un obstacle à l’exécution des tâches quotidiennes. Or ce n’est pas là du tout l’enseignement de l’Écriture, et l’apôtre fait clairement comprendre aux croyants de Thessalonique que quelqu’un qui attend réellement la venue de Christ, ne se livre pas à la paresse, et malgré son égoïsme, il n’abuse pas de la grâce que Dieu produit chez d’autres. L’amour aime servir, et évite d’accepter ou de supposer les efforts des autres comme allant de soi.

Qu’une telle oisiveté conduise à un mal encore plus grave, on le voit clairement par le triste exemple de ces croyants : Ils s’occupaient de toutes sortes de choses qui ne les concernaient pas. C’est l’erreur, non pas la vérité, qui conduit à tel comportement à rebours. « Mais nous enjoignons à ceux qui sont tels, et nous les exhortons dans le seigneur Jésus Christ, de manger leur propre pain en travaillant paisiblement » (2 Thes. 3:12). Cependant si quelqu’un devait résister aux dispositions apostoliques, et ainsi ne pas obéir à la parole de Dieu, on devait le « noter », c’est-à-dire qu’il devait faire l’objet d’une désignation publique comme celui qui marche dans le désordre. Les croyants devraient se retirer de lui (2 Thes. 3:6) et ne pas avoir de commerce avec lui (2 Thes. 3:14). Il pouvait malgré tout continuer à participer à la fraction du pain, car ils ne devaient pas le considérer comme un ennemi, mais le réprimander comme un frère par leur comportement.

Nous voyons déjà ici une différence essentielle par rapport à l’exclusion [« ôter »] de quelqu’un qui, selon 1 Corinthiens 5 n’est plus appelé « frère », mais un « méchant » : Ce dernier est dehors, celui qui est « noté » ne l’est pas. Par Matthieu 18:18, nous savons en outre que seule l’assemblée peut lier et délier ; c’est elle qui prononce ce jugement [cette sentence], quoique dans un esprit de grâce et en ayant en vue le rétablissement de celui qui est placé sous discipline. « Noter » est par contre l’affaire des frères qui ont examiné les faits en s’appuyant sur l’Écriture, et qui possèdent un poids spirituel et moral pour agir ainsi.

Cependant l’Écriture n’autorise pas la pensée que, lorsque quelqu’un a été « noté », l’assemblée ne s’en tiendrait pas aux dispositions de la Parole, et maintiendrait des relations avec la personne « notée ». Il est présumé, comme allant de soi, que les frères et sœurs d’une assemblée locale se soumettent au jugement (1 Cor. 16:16) de ceux que le Seigneur leur a donnés pour « paître » l’assemblée de Dieu (Actes 20:28) et « qui sont à la tête… dans le Seigneur » (1 Thes. 5:12 ; voir aussi Rom. 12:8 ; 1 Tim. 5:17). L’assemblée n’est pas un parlement où les décisions appartiennent à tous et qui devrait donner son consentement. Selon les pensées de Dieu, l’assemblée ne gouverne justement pas, mais elle est régie par l’Esprit Saint, qui a donné à cet effet des hommes appropriés et ayant fait leurs preuves. L’assemblée n’enseigne pas non plus, ni ne détermine ce qui est la vérité de Dieu ; par contre elle est instruite par des dons que le Seigneur a donnés (Éph. 4:11). « Noter » n’est donc pas une discipline publique de l’assemblée, mais concerne le devoir personnel de chacun. Et même lorsque l’assemblée en tant que telle ne remplit pas son rôle et manque à son devoir, chacun individuellement devrait agir de cette manière.

Mentionnons encore que « noter » quelqu’un qui marche dans le désordre ne doit pas être confondu avec ce qui nous est dit en Romains 16 verset 17 et suivants. Il s’agit là de ceux qui causent des divisions et des occasions de chute parmi les croyants, et l’apôtre ne parle pas de « noter », mais seulement de s’en éloigner. Cependant la procédure prescrite en Rom. 16:17 ressemble à celle décrite en 2 Thessaloniciens 3, de sorte que les questions de principe déjà signalées peuvent être transposées sur Romains 16. En outre, si la discipline de celui qui est « noté » n’atteint pas le but visé (« afin qu’il en ait de la honte »), il est alors tout à fait possible que celui qui est « noté » se révèle être finalement un méchant, et doive être mis dehors [ôté]. C’est une pensée extrêmement sérieuse que l’état de choses chez quelqu’un mis de cette manière sous discipline, ne soit plus comme avant : ou bien il y a changement pour le bien, ou bien cet état continue à se développer vers le mal. Cependant, toute discipline est exercée pour le bien de celui qui en est l’objet. Et nous ne devons jamais oublier que toute forme de discipline ne peut être exercée qu’en se courbant devant le Seigneur, et en se faisant un avec le mal.

Si la discipline de « noter » atteint son but, cela devrait être porté à la connaissance de l’assemblée, afin que les relations avec le frère ou la sœur puissent être reprises sans restriction.

 

 

 

 

2                        Le lavage des pieds mutuel — Jean 13:14

Questions et réponses, p. 169

2.1   Question

Après avoir lavé les pieds des disciples en Jean 13, le Seigneur leur dit : « Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez » (verset 15). En général cela n’est pas pratiqué parmi les chrétiens. Pourquoi ne suivons-nous pas ces prescriptions du Seigneur ?

 

2.2   Réponse

Par cet acte extérieur, le Seigneur voulait donner à Ses disciples une leçon spirituelle, intérieure. Les paroles qu’Il adresse à Pierre le montrent clairement : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite » (Jean 13:7). Pierre comprenait tout à fait le fait extérieur que le Seigneur était en train de lui laver les pieds, car il trouvait cela parfaitement inconvenant — ce que nous pouvons bien comprendre : Le Maître lui lavant les pieds à lui ! Mais à ce moment-là il n’avait pas encore saisi la signification spirituelle typifiée dans cet acte. Ce n’est que plus tard qu’il la comprit, une fois l’Esprit Saint venu.

Et pourtant c’était justement Pierre qui devait apprendre avec très peu de mots combien il avait besoin de cet acte du Seigneur au sens spirituel. Je ne dis pas qu’il le comprit alors, mais il apprit par une expérience amère combien la chose lui était nécessaire. Avant le lendemain matin au chant du coq, il avait renié trois fois son maître. Il sortit en pleurant amèrement. Il était tombé si bas : comment pourrait-il jamais être rétabli dans ses relations avec le Seigneur ? Comment retrouverait-il jamais la communion avec Lui ?

Or le Seigneur visait justement ce problème dans Son acte et Ses paroles : « Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi » (Jean 13:8) — Il visait le rétablissement de l’âme dans la sainteté pratique et dans la jouissance de la communion avec Dieu. Ce fut donc aussi à Pierre que le Seigneur apparut après Sa résurrection comme premier témoin masculin (1 Cor. 15:5). Ce qu’Il lui dit à cette occasion n’est pas relaté dans l’Écriture. Cependant nous pouvons êtres sûrs de ce que le Seigneur le prit sur Son cœur, et le ramena en communion pratique avec Lui. Il le fait aussi avec nous lorsque nous avons péché. Par « l’eau » de la Parole (Éph. 5:26), Il nous amène à avoir conscience de nos péchés, et Il enlève tout ce qui charge nos consciences.

Or c’est aussi cela ce que nous avons à faire quand l’un de nos frères « s’est laissé surprendre par quelque faute » : nous devons le redresser dans un esprit de douceur (Gal. 6:1). Notons au passage que, pour le faire, nous devons nous-mêmes être « spirituels », c’est-à-dire dans un bon état spirituel. C’est à ce genre de lavage de pieds que le Seigneur pensait, quand Il disait « … vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ». Le sens de Ses paroles ne vise pas un lavage des pieds au sens littéral. Ce ne serait pas en accord avec l’esprit du christianisme, tel que développé dans le Nouveau Testament. Hormis le baptême et la fraction du pain, nous n’y trouvons aucune autre institution visible. Et il est certainement significatif qu’Actes 2:42 ne parle pas du tout de lavage des pieds, mais bien de « persévérer dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières ». Pourquoi n’est-il pas question de lavage des pieds ? Parce qu’il n’y en avait pas. Les premiers chrétiens avaient manifestement compris ce que le Seigneur voulait dire.

La parole de 1 Timothée 5:10 « si elle a lavé les pieds des saints » n’a aucun rapport avec le commandement du Seigneur en Jean 13. Le lien avec ce qui précède et ce qui suit, montre clairement qu’il s’agit de l’exercice de l’hospitalité. Dans ce sens, la coutume de laver les pieds des invités au sens littéral existe toujours en Orient. Mais cela n’a rien à voir avec Jean 13.