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1 Timothée 2

Un exposé verset par verset

Bremicker E.A.

Traduit de l’allemand de bibelkommentare.de/get/cmt.488.pdf – 2015
Beaucoup de sous-sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières abrégée :

1       Introduction

2       1 Timothée 2:1 — à faire avant toutes choses

3       1 Timothée 2:2 — pour les rois, les haut placés

4       1 Timothée 2:3 — bon et agréable devant notre Dieu-Sauveur

5       1 Timothée 2:4 — volonté de Dieu de sauver

6       1 Timothée 2:5 — Dieu unique, médiateur unique

7       1 Timothée 2:6 — donné en rançon

8       1 Timothée 2:7 — Paul prédicateur, apôtre, docteur des nations

9       1 Timothée 2:8 — manière de prier

10     1 Timothée 2:9 — parure extérieure des femmes

11     1 Timothée 2:10 — parées de bonnes œuvres

12     1 Timothée 2:11 — silence et soumission

13     1 Timothée 2:12 — enseignement, usage de l’autorité

14     1 Timothée 2:13 — ordre de la création

15     1 Timothée 2:14 — rappel de la chute

16     1 Timothée 2:15 — sauvée en enfantant

 

Table des matières détaillée :

1       Introduction

1.1     L’habitation de Dieu dans Sa maison

1.1.1      Dieu se révèle dans Sa maison

1.1.2      Dieu invite l’homme à s’approcher de Lui

1.2     La maison de Dieu vue de trois point de vue différents

1.2.1      Les croyants, comme des pierres vivantes, constituent la maison de Dieu

1.2.2      Les croyants participent à la construction de la maison

1.2.3      « Gens de la maison de Dieu »

1.3     Le comportement dans la maison de Dieu

1.3.1      Confusions à ne pas faire

1.3.1.1       Il ne s’agit pas du bâtiment matériel

1.3.1.2       Les réunions de l’assemblée locale ne sont pas le sujet de 1 Timothée

1.3.2      Détails relatifs à notre comportement dans la maison de Dieu

1.3.2.1       Ne pas séparer la pratique de la doctrine

1.3.2.2       Une responsabilité personnelle

1.3.2.3       Influence du comportement personnel sur nos frères et sœurs

1.3.2.4       Le comportement dans la maison se rattache au témoignage rendu à Dieu comme Dieu-Sauveur

1.3.3      Un savoir à transposer dans la pratique

1.4     La maison de Dieu est une maison de prières

1.4.1      Dieu s’intéresse à tous les hommes

1.4.2      Occupés de l’Assemblée et de l’Évangile

1.4.3      Une maison de prières, et dans la prière on est en relation avec Dieu

2       1 Timothée 2:1 — à faire avant toutes choses

2.1     Une exhortation importante

2.2     Pour tous les hommes [tous les êtres humains]

2.3     Supplications, prières, intercessions et actions de grâces

2.3.1      Les supplications

2.3.2      Les prières

2.3.3      Les intercessions

2.3.4      Les actions de grâce

2.3.5      Contenu des prières, objet des demandes

3       1 Timothée 2:2 — pour les rois, les haut placés

3.1     Pour les rois et tous ceux qui sont haut placés

3.2     Une vie paisible et tranquille

3.3     En toute piété et honnêteté (gravité digne)

4       1 Timothée 2:3 — bon et agréable devant notre Dieu-Sauveur

4.1     Le Dieu-Sauveur

4.2     Bon et agréable

5       1 Timothée 2:4 — volonté de Dieu de sauver

5.1     La volonté de Dieu (Dieu veut… 2:4)

5.2     Le salut — 2:4

5.3     La connaissance de la vérité — 2:4

5.4     Deux côtés différents

6       1 Timothée 2:5 — Dieu unique, médiateur unique

6.1     Dieu est un

6.2     Un seul médiateur entre Dieu et les hommes

6.3     L’Homme Christ Jésus

7       1 Timothée 2:6 — donné en rançon

7.1     Donné en rançon

7.2     Donné pour tous — 1 Tim. 2:6a

7.2.1      Ce qu’est l’expiation

7.2.2      Différence entre rançon et substitution

7.2.3      Marc 10:45 parle de substitution, 1 Tim. 2:6 parle d’expiation — Rom. 3:22

7.3     Un témoignage rendu en son temps — 1 Tim. 2:6b

8       1 Timothée 2:7 — Paul prédicateur, apôtre, docteur des nations

8.1     Paul, un instrument dans la main de Dieu

8.2     Prédicateur, apôtre et docteur des nations

8.3     Dans la foi et dans la vérité

9       1 Timothée 2:8 — manière de prier

9.1     Je veux donc

9.2     Digression sur l’homme et la femme

9.2.1      Des enseignements divins à retenir

9.2.2      Des instructions divines remontant à l’ordre de Dieu dans la création naturelle

9.2.3      Pas de différence de valeur ou de dignité

9.3     La prière

9.4     Les hommes

9.5     En tout lieu

9.6     Des mains saintes

9.7     Sans colère et sans raisonnement [sans esprit de doute]

10     1 Timothée 2:9 — parure extérieure des femmes

10.1       « De même aussi que les femmes »

10.2       Un extérieur décent

10.3       La pudeur et la modestie

11     1 Timothée 2:10 — parées de bonnes œuvres

11.1       En accord avec la profession

11.2       Les bonnes œuvres

12     1 Timothée 2:11 — silence et soumission

12.1       Dans le silence

12.2       Apprendre est un processus

12.3       La soumission

13     1 Timothée 2:12 — enseignement, usage de l’autorité

13.1       Une parole impopulaire

13.2       Ne pas enseigner

13.3       Ne pas user d’autorité sur l’homme

14     1 Timothée 2:13 — ordre de la création

14.1       Revenir au commencement

14.2       Formé en premier

15     1 Timothée 2:14 — rappel de la chute

15.1       Trompée par le serpent

16     1 Timothée 2:15 — sauvée en enfantant

16.1       Un verset difficile

16.2       Une condition importante

 

 

1         Introduction

Le sujet central de la première épitre à Timothée est le comportement dans la maison de Dieu. Paul écrit au chapitre 3 v.15 : « afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité ».

 

1.1        L’habitation de Dieu dans Sa maison

Dans différents passages du Nouveau Testament, l’assemblée est comparée à une maison. La pensée principale qui se rattache à la maison de Dieu est celle de l’habitation de Dieu au milieu de Son peuple. C’était le cas dans l’Ancien Testament. Il n’en est pas autrement dans le Nouveau. La caractéristique d’une maison est qu’on y habite. Dans l’Ancien Testament, c’était une maison matérielle (le tabernacle, le temple). Dans le Nouveau Testament, c’est une maison spirituelle (l’Assemblée).

 

L’habitation de Dieu a deux grands côtés :

1.1.1        Dieu se révèle dans Sa maison

Là où quelqu’un habite, on y reconnaît quelque chose de lui. Ainsi dans la maison de Dieu, nous apprenons quelque chose de Sa gloire. La gloire est l’une des caractéristiques essentielles de la maison de Dieu : « dans son temple tout dit : Gloire ! » (Ps. 29:9). Dans la maison de Dieu, nous apprenons qui est Dieu. C’est une révélation en miséricorde et en grâce, sinon nous serions tous consumés. Mais cela n’ôte rien du fait que Dieu est un Dieu saint. C’est pourquoi à l’habitation de Dieu dans Sa maison, il se rattache une injonction de sainteté pratique. Tous ceux qui se trouvent dans la maison de Dieu doivent correspondre à la sainteté de cette maison. La sainteté est une seconde caractéristique essentielle de la maison de Dieu : « La sainteté sied à ta maison, ô Éternel, pour de longs jours » (Ps. 93:5). Cela a des conséquences directes sur notre comportement de tous les jours. Ces deux éléments, la gloire et la sainteté, sont réunis en Lévitique 10:3. Dans un moment très solennel, cette parole de l’Éternel est transmise à Aaron : « Je serai sanctifié en ceux qui s’approchent de moi, et devant tout le peuple je serai glorifié ».

 

1.1.2        Dieu invite l’homme à s’approcher de Lui

Pierre parle dans ce contexte de la sainte sacrificature et de la sacrificature royale (1 Pierre 2). La sacrificature sainte nous montre les croyants qui s’approchent de Dieu pour l’adoration (culte). La sacrificature royale montre notre mission d’être un témoignage vis-à-vis des hommes. En accord avec cela, nous trouvons plusieurs fois dans les deux épîtres à Timothée et dans celle à Tite, Dieu présenté comme le Dieu-Sauveur, qui veut attirer les hommes à Lui. À l’inverse, Pierre présente plutôt les croyants s’approchant de Dieu pour le service. Notre comportement de tous les jours dans la maison de Dieu doit donc être une invitation aux gens à apprendre à connaître Dieu

 

1.2        La maison de Dieu vue de trois point de vue différents

Quand le Seigneur Jésus Lui-même a parlé pour la première fois de l’Assemblée, Il a expliqué qu’Il bâtirait cette Assemblée (Matt. 16:18). Paul parle en plusieurs endroits de la maison de Dieu. Pierre la mentionne, et Jean cite à la fin de l’Apocalypse « l’habitation de Dieu » (Apoc. 21:3).

Cependant l’expression « maison de Dieu » n’a pas partout la même signification. J’aimerais montrer trois points de vue qu’il faut distinguer, sans toutefois les séparer :

 

1.2.1        Les croyants, comme des pierres vivantes, constituent la maison de Dieu

Il nous est d’abord montré que les croyants eux-mêmes forment la maison de Dieu. Ils sont des pierres vivantes qui sont ajoutées à la maison. Quand le Seigneur Jésus parle de bâtir Son Assemblée (Matt. 16:18), Il a cet aspect-là devant Lui. Pierre reprend cette pensée dans sa première épître quand il décrit les croyants comme une maison spirituelle et une sainte sacrificature (1 Pierre 2:5). La maison de Dieu considérée sous cet aspect, se compose de tous les rachetés du temps de la grâce.

 

1.2.2        Les croyants participent à la construction de la maison

En second lieu il nous est montré que nous, les croyants, participons à la construction de cette maison. Cela parle à notre responsabilité. C’est notre tâche d’amener des hommes à avoir part à la maison de Dieu. C’est ce dont parle spécialement l’apôtre Paul en 1 Cor. 3:1-10. En même temps nous devons réaliser les principes de la maison de Dieu dans notre vie pratique d’assemblée.

 

1.2.3        « Gens de la maison de Dieu »

En troisième lieu il nous est montré que nous nous mouvons constamment dans la maison de Dieu, — et cela nous amène au sujet de notre comportement dans cette maison. Nous ne sommes pas seulement la maison de Dieu, nous ne construisons pas seulement la maison de Dieu (édification), mais nous vivons dans cette maison. De nouveau cela s’adresse à notre responsabilité. La maison est la maison de Dieu. Elle Lui appartient. Il est le Maître de la maison, et Il peut donc établir les règles sur la manière de s’y comporter. Le comportement dans la maison de Dieu n’est pas laissé à notre guise. Il doit bien plutôt correspondre à la sainteté et à la dignité de Celui à qui elle appartient. Il y a dans cette maison un « règlement intérieur ». Ce règlement mérite d’être respecté.

 

1.3        Le comportement dans la maison de Dieu

1.3.1        Confusions à ne pas faire

Notons d’abord les confusions à ne pas faire :

 

1.3.1.1       Il ne s’agit pas du bâtiment matériel

Il doit d’abord être clair qu’il ne s’agit pas simplement du comportement dans un bâtiment matériel. Dans beaucoup de religions, on attribue une grande importance est à ces « maisons de Dieu » comme on les appelle. Il y a souvent des règles à observer expressément quand on entre dans ces maisons. Ce n’est pas du tout ce dont il s’agit ici. Les locaux dans lesquels les croyants se réunissent, ne sont pas des « lieux saints », mais des locaux tout à fait ordinaires. Il va de soi qu’en entrant dans la présence du Seigneur, on s’habille et on se comporte de manière appropriée. Toutefois ce n’est pas ici la pensée proprement dite.

 

1.3.1.2       Les réunions de l’assemblée locale ne sont pas le sujet de 1 Timothée

Secondement, nous pensons que dans la première épître à Timothée, les réunions de l’assemblée locale ne sont pas le sujet mis en avant. Les réunions y sont certes incluses. Cependant la pensée va bien au-delà. La première épître aux Corinthiens montre davantage l’ordre intérieur de la maison de Dieu. Dans quelques passages de cette épître, il s’agit expressément de nos réunions (par exemple ch. 10 et 11 et 14). Dans la première épître à Timothée il en va autrement. C’est plutôt l’ordre extérieur dans la maison de Dieu qui y est présenté. Sous ce point de vue, nous sommes toujours dans la maison de Dieu. On a dit à juste titre que le croyant se trouve 24 heures sur 24 dans la maison de Dieu. En toute circonstance, que ce soit à la maison, au travail, à l’école, ou dans des temps libres, nous nous trouvons dans la maison de Dieu. Notre comportement doit y correspondre.

 

1.3.2        Détails relatifs à notre comportement dans la maison de Dieu

Considérons maintenant quelques détails relatifs à notre comportement dans la maison de Dieu :

 

1.3.2.1       Ne pas séparer la pratique de la doctrine

Il est important de voir que l’injonction de se comporter convenablement dans la maison de Dieu a un côté tout à fait pratique. 1 Timothée n’est pas une épître typiquement doctrinale, mais c’est une épître pratique. L’art et la manière de nous comporter comme chrétiens y jouent un grand rôle. Il y a des croyants qui insistent sur la relation intérieure par la foi que, comme chrétiens, nous avons avec notre Dieu. Ils ont raison. D’autres croyants insistent sur le comportement pratique du chrétien dans la vie de tous les jours. Ils ont également raison. Les deux aspects vont ensemble de manière inséparable. Ils ne se contredisent pas. Ils se complètent. Il est dangereux de faire jouer un aspect contre l’autre. La relation intérieure par la foi (la vie cachée du chrétien avec Dieu), doit être intacte, sinon ce qui est visible de l’extérieur sera altéré. Il est vrai que si la relation intérieure par la foi n’est pas visible de l’extérieur, il peut y avoir quelque chose qui ne va pas à l’intérieur. Les deux côtés existent. Les deux côtés sont importants. 1 Timothée nous montre davantage ce qui est visible de l’extérieur. Cette épitre s’occupe de la pratique de la vie journalière, qui est très importante. Le comportement du chrétien ne doit pas être séparé de la doctrine. C’est pourquoi Paul parle justement à plusieurs reprises dans 1 Timothée d’enseignement ou de doctrine, bons et sains. C’est la condition préalable à un comportement bon et sain.

 

1.3.2.2       Une responsabilité personnelle

Le comportement dans la maison de Dieu est d’abord une affaire surtout personnelle. L’apôtre Paul écrit une lettre personnelle à son enfant spirituel Timothée, qui était en même temps son compagnon d’œuvre. Toute l’épître se caractérise par une manière de parler très personnelle. Paul utilise constamment les pronoms « tu », « toi ». Mais il ne s’agit pas seulement de Timothée. Dans notre verset-clé également (3:15), Paul s’adresse d’abord à Timothée : « afin que tu saches ». Ensuite le cercle visé s’élargit. Paul n’écrit pas « comment tu dois te conduire », mais « comment il faut se conduire ». Cela inclut tout lecteur de l’épître. Les principes de comportement dans la maison de Dieu ne changent pas. Ils étaient valables à l’époque comme ils le sont aujourd’hui. Ils sont valables pour chacun de nous tout à fait personnellement. Les observer est une responsabilité d’abord individuelle. Nous ne devons pas commencer par attendre de nos frères et sœurs qu’ils suivent ces injonctions. Nous devons y veiller d’abord pour nous-mêmes

 

1.3.2.3       Influence du comportement personnel sur nos frères et sœurs

Cependant la pensée collective et publique est absolument présente. Nous sommes certes interpelés ici personnellement, mais nous ne le sommes pourtant pas dans notre caractère d’enfants de Dieu. Le fait d’être enfant de Dieu est une bénédiction personnelle qui se rattache à une responsabilité personnelle. Cependant quand il s’agit de la maison de Dieu, nous ne devons pas méconnaître l’aspect collectif et public. Nous ne sommes pas seuls dans cette maison. Cela nous aide à bien comprendre l’ensemble de la première épître à Timothée. Cette épître nous donne des indications personnelles pour la vie collective dans la maison de Dieu. Il y a beaucoup d’occasions en dehors des réunions, où nous avons à faire à nos frères et sœurs dans la foi, et où nous nous trouvons ensemble. Quelle influence mon comportement personnel a-t-il sur mes frères et sœurs avec lesquels je me trouve ? Voilà l’une des questions qui met en cause notre comportement dans la maison de Dieu. Il ne s’agit pas tant dans cette épître de la « vie privée » du chrétien, comme par exemple des relations entre mari et femme dans le mariage. Prenons l’exemple de la prière. 1 Timothée donne des enseignements importants à ce sujet. Or ce n’est pas pour nous montrer comment nous devons prier ensemble comme conjoints, mais il s’agit de la prière publique. Voilà le caractère que nous avons devant nous dans cette épître.

 

1.3.2.4       Le comportement dans la maison se rattache au témoignage rendu à Dieu comme Dieu-Sauveur

L’injonction de nous comporter de manière appropriée dans la maison de Dieu, ne nous est pas donnée sans raison. Notre comportement dans la maison de Dieu a un but. Plus précisément ce but est double. D’abord Dieu voudrait être glorifié par notre comportement. C’est Sa maison. Il nous voit. Il voudrait être honoré par notre comportement, et avoir de la joie en nous. Il y a droit. Deuxièmement Dieu nous a laissé pour un témoignage vis-à-vis du monde. L’assemblée est la colonne et le soutien de la vérité. C’est justement la première épître à Timothée qui parle de la vérité que Dieu est un Dieu-Sauveur qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité. À quoi les hommes reconnaîtront cela ? À notre comportement ! Ils nous observent. Ils nous voient. Ils nous entendent. Ils enregistrent notre manière de nous comporter dans la pratique de la vie tous les jours.

 

1.3.3        Un savoir à transposer dans la pratique

Paul écrit : « afin que tu saches comment il faut se conduire ». Il s’agit de « savoir » quelque chose ; et ce savoir n’est pas d’abord théorique, mais il s’agit de sa transposition dans la vie de tous les jours.

 

1.4        La maison de Dieu est une maison de prières

Au ch. 2, au moins dans sa première partie, un aspect surprenant de la maison de Dieu apparaît maintenant. Il ne s’agit pas tant de choses internes à l’assemblée locale, mais de prières et d’actions de grâces à l’égard de tous les hommes. C’est en fait un élément de la maison de Dieu qui étonne au premier abord. En général ce sont d’autres aspects qui viennent à l’esprit en rapport avec la maison de Dieu. Nous pensons aux croyants qui forment et construisent cette maison. Nous pensons au culte rendu dans la maison de Dieu (1 Pierre 2:5). Mais la pensée de la maison de Dieu ne se résume pas à cela.

 

1.4.1        Dieu s’intéresse à tous les hommes

Nous oublions facilement que la maison de Dieu est la maison d’un Dieu-Sauveur qui veut que tous les hommes soient sauvés. C’est de cela qu’il s’agit entre autres dans cette épître. Paul n’écrit pas ici au sujet du Père et de Ses relations avec Ses enfants. Cette vérité se trouve dans d’autres épitres. Ici, Dieu se présente davantage comme Celui qui, dans Sa bonté, se tourne vers les hommes pour les sauver. C’est Sa volonté que ce caractère de bonté s’épanche vers tous les hommes. C’est une erreur de croire que Dieu n’a que Ses enfants en vue. Non, Il pense à tous les hommes. Sans doute Il a des relations particulières avec les Siens. Cependant Il s’intéresse en même temps à ceux qui sont encore perdus. Ne l’oublions pas. Ce sont Ses créatures. S’occuper de ceux qui constituent la maison est important, mais c’est un danger de nous limiter à ce seul côté. Nous ne devons pas oublier de nous occuper de ceux qui sont encore « dehors ». Le danger de ne s’occuper que des uns est grand, que ce soit de ceux d’un côté ou de ceux de l’autre côté. Cela vaut aussi pour le service. Nous devons être équilibrés. Paul était aussi bien serviteur de l’Assemblée que serviteur de l’évangile (Col. 1:23, 25).

 

1.4.2        Occupés de l’Assemblée et de l’Évangile

L’assemblée est la plus haute expression de ce que le conseil de Dieu contient à l’égard de Christ. Il n’y a rien qui dépasse cela. Dans l’assemblée, Dieu fait connaître clairement la plénitude de Ses pensées à l’égard de Son Fils. À l’inverse l’évangile est la plus haute révélation de l’amour de Dieu envers ce monde. Il a aimé le monde et a donné Son Fils pour lui. C’est pourquoi nous devons faire attention à ne pas être exclusif dans aucune direction, ni non plus extrémiste. Dieu a les deux devant Lui. C’est pourquoi nous ne devons pas parler exclusivement que de l’assemblée. Si nous le faisons, nous devenons facilement non-orthodoxes. D’un autre côté nous ne devons pas parler exclusivement de l’évangile. Les deux côtés existent, les deux côtés sont importants.

Au ch. 1 Paul avait déjà dit clairement que dans la maison de Dieu, le principe qui règne n’est pas celui de la loi, mais celui de la grâce. Cela est important pour comprendre le temps où nous vivons. La norme pour notre comportement, y compris selon ce chapitre, ce n’est pas une loi quelconque, mais c’est la grâce. Nous avons fait l’expérience de la grâce et de la miséricorde de Dieu, et nous demeurons dans Sa grâce. Maintenant cette grâce doit être également le partage des hommes qui s’en tiennent loin jusqu’ici.

 

1.4.3        Une maison de prières, et dans la prière on est en relation avec Dieu

Le ch. 2 nous montre la maison de Dieu comme une maison de prière. Cela signifie que dans la prière nous entrons en relation avec Dieu. C’est ainsi que Dieu avait déjà nommé Sa maison dans l’Ancien Testament par le prophète Ésaïe. « … et je les ferai venir à ma montagne sainte, et je les rendrai joyeux dans ma maison de prière : leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel ; car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples » (És 56:7). Ici c’est la pensée de sacrifices agréables à Dieu qui se rattache à la maison de prière. Le psalmiste du Psaume 141 l’avait bien compris, quand il dit : « Que ma prière vienne devant toi comme l’encens, l’élévation de mes mains comme l’offrande du soir ! » (Ps. 141:2).

Le Seigneur Jésus lui-même fait référence au passage d’Ésaïe (Matt. 21:13). À l’époque, cela concernait directement la signification du temple de Jérusalem. La signification va plus loin, il est vrai. Le service dans le temple devait être exercé en vue de toutes les nations. Cela deviendra une réalité dans le règne millénaire en rapport avec le Temple matériel à Jérusalem. Mais aujourd’hui aussi, la maison de Dieu doit porter ce caractère. Nous devons prier pour « tous les hommes ».

La prière est extrêmement importante. Les croyants de tous les temps ont prié leur Dieu. Mais justement dans la dispensation de la grâce, la maison de Dieu est caractérisée par le fait qu’on y prie. Nous trouvons un enseignement riche à cet égard dans notre chapitre. Paul parle de différentes sortes de prières, et il mentionne les objets et les buts de la prière. Il montre clairement quel état d’esprit nous devons avoir, et il montre finalement les conditions morales pour la prière.

 

2         1 Timothée 2:1 — à faire avant toutes choses

« J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des supplications, des prières, des intercessions, des actions de grâces pour tous les hommes » (1 Tim. 2:1).

2.1        Une exhortation importante

Ce verset montre clairement l’importance primordiale de la prière, spécialement de la prière publique. Paul exhorte « avant toutes choses ». Cela signifie « en premier ». C’est une question de rang, et cela montre l’importance particulière de cette exhortation. Cette importance n’est pas le propre seulement de la prière pour tous les hommes, mais c’est le cas général pour la prière. La prière est comme principe un élément essentiel de la vie chrétienne. Elle est la respiration de l’âme, et l’une des premières caractéristiques de l’existence d’une vie spirituelle. Quand Saul de Tarse est venu à la foi au Seigneur Jésus, il a pu être dit de lui : « voici il prie » (Actes 9:11). Dans ses épîtres, Paul invite toujours régulièrement les croyants à la prière. La prière a une importance exceptionnelle.

Le mot exhorter dans ce v. 1 ne porte pas ici, comme cela arrive ailleurs, le caractère d’une réprimande, mais celui d’un encouragement. Paul utilise un mot qui peut être traduit par « consolation » ou « encouragement ». Il s’agit de motiver les croyants à suivre la recommandation de ce verset. C’est en même temps un appel pressant à la conscience. Il n’y a guère de chose plus importante que la prière. Les mots « à faire » correspondent à un verbe au temps présent, ce qui montre clairement qu’il s’agit de quelque chose qui doit être habituel. Voilà ce que doit être la prière.

 

2.2        Pour tous les hommes [tous les êtres humains]

Il s’agit concrètement de la prière publique pour « tous les hommes » [tous les êtres humains]. Nous devons apprendre à avoir devant nos yeux non seulement nos propres besoins et ceux du peuple de Dieu, mais aussi ceux de tous les hommes. Ici la portée de la prière est universelle. Tous les hommes y sont inclus, indépendamment de leur race, de leur nationalité, de leur origine ou de leur sexe. Dieu ne veut pas que nous restreignions nos prières. La grâce de Dieu qui est apparue dans la personne du Seigneur Jésus ne peut pas être limitée à certaines personnes. Elle vise toutes les nations. Nous ne devons pas oublier que Dieu s’intéresse à tous les hommes. En Gen. 28 nous trouvons la première indication sur la maison de Dieu. Jacob était à Béthel, et vit en songe une échelle dressée jusqu’au ciel. Quand il se réveilla, il eut peur, et se dit que ce lieu était la maison de Dieu. Il ajouta alors une parole caractéristique : « ce n’est autre chose que la maison de Dieu, et c’est ici la porte des cieux ! » (Gen. 28:17). Il avait le sentiment que la maison de Dieu est la porte du ciel. C’est la pensée qui est ici devant nous. Dieu voudrait attirer tous les hommes à Lui-même

Saisir cela était surtout difficile pour des chrétiens d’origine juive. Pour eux, les « incirconcis », c’est-à-dire ceux des nations, étaient des ennemis de Dieu. Nous avons moins ce problème aujourd’hui. Cependant un isolement mal compris peut conduire aujourd’hui à oublier en pratique l’immense portée de l’évangile de Dieu. Il est « la puissance de Dieu en salut à quiconque croit » (Rom. 1:16). Cela correspond à la volonté de Dieu et au caractère de Sa maison qu’on prie pour « tous les hommes ».

Prier pour tous les hommes [êtres humains] ne signifie pas simplement d’inclure dans nos prières la formule « nous prions pour tous les hommes », mais il s’agit de le faire concrètement. Nous ne devons exclure aucune catégorie d’hommes [êtres humains] de nos prières. Nous ne devons pas prier seulement pour les maris, mais aussi pour les femmes. Nous ne devons pas prier seulement pour les croyants, mais aussi pour les non-croyants. Parents et enfants, jeunes et plus âgés, mariés ou célibataires, tous sont inclus dans nos prières. Paul lui-même était un modèle à cet égard. Il rappelle toujours à nouveau aux destinataires de ses épitres combien il était un homme de prières, et pas seulement cela : il priait pour les autres avec joie (Phil. 1:4).

« Pour tous les hommes » [tous les êtres humains], cela signifie littéralement « au sujet de tous les hommes [êtres humains], ou « en faveur de tous les hommes » [êtres humains]. Cela ne signifie pas que nous prions « à la place de » tous les hommes. Le texte original utilise différents mots pour la préposition « pour ». Il s’agit ici de ce que la prière a en vue tous les hommes. Cet aspect universel de « tous les hommes » est à retenir absolument devant nos yeux. En Éphésiens 6:18, Paul parle de la prière « pour tous les saints », mais ce n’est pas en contradiction avec notre verset ici. L’épître aux Éphésiens montre le conseil de Dieu à l’égard de Christ et de Son assemblée. Là, la prière « pour tous les saints » (ceux qui forment l’assemblée) est appropriée. Dans la première épître à Timothée, il s’agit du Dieu Sauveur et de la maison de Dieu. Alors la prière « pour tous les hommes » est appropriée.

 

2.3        Supplications, prières, intercessions et actions de grâces

Paul utilise quatre mots différents pour la prière :

2.3.1        Les supplications

La supplication est une prière instante ; elle concerne des nécessités, des détresses spéciales. C’est un appel pressant à Dieu dans une situation concrète de détresse. Il ne s’agit pas de le faire personnellement seulement, mais aussi collectivement. Cela peut arriver dans une assemblée locale. Ce peut aussi bien être le cas lorsque nous nous réunissons simplement comme frères et sœurs pour présenter par la prière au Seigneur une situation d’affliction particulière. Il peut s’agir de nécessités particulières parmi le peuple de Dieu et au-dehors, ou en rapport avec des ministères particuliers. La supplication est donc l’appel au Seigneur pour des nécessités ou détresses spéciales. C’est une forme renforcée de prière.

 

2.3.2        Les prières

La prière désigne en général le fait que des hommes [êtres humains] parlent avec Dieu. ‘Prier’ signifie qu’on s’approche de Dieu avec des demandes et qu’on les Lui expose. Les prières et les supplications sont étroitement liées. En Éph. 6:18, l’apôtre parle de « toutes sortes de prières et de supplications par l’Esprit ». En Phil. 4:6 les croyants sont invités à faire connaître leurs préoccupations devant Dieu « par des prières et des supplications ». On le fait aussi bien personnellement que collectivement. Tout ce qui pèse sur nos cœurs, on peut le déployer devant Dieu.

 

2.3.3        Les intercessions

L’intercession n’est pas premièrement une prière pour les autres, comme l’étymologie du mot dans certaines langues le laisserait penser. L’intercession consiste plutôt en des contacts libres avec Dieu. On pourrait traduire littéralement « avoir une rencontre avec quelqu’un », ou bien « avoir un entretien intime ». C’est la grâce de Dieu qui nous en rend capables. Nous parlons tout naturellement avec Dieu, pour nous-mêmes et pour d’autres. Pour le faire, il n’y a pas de manière choisie ou particulière de s’exprimer. Cependant ce doit toujours être fait avec déférence, dignité et respect [ou : crainte respectueuse]. Pierre parle de ce que nous invoquons comme Père celui qui juge sans acception de personnes (1 Pierre 1:17). Les deux choses figurent dans l’intercession : d’un côté la confiance, d’un autre côté la crainte respectueuse. Cela n’ôte naturellement rien au fait que, dans l’intercession, nous ne pensons pas qu’à nous, mais aussi aux autres. Nous demandons pour d’autres. Souvent nous nous concentrons tellement sur nos propres intérêts que nous laissons en arrière les nécessités des autres.

 

2.3.4        Les actions de grâce

Les actions de grâces sont des remerciements adressés à Dieu. C’est l’attitude intérieure du croyant qui a confiance que son Père céleste lui donnera tout ce dont il a besoin. L’action de grâce ne doit manquer dans aucune prière. Beaucoup de gens ne sont pas reconnaissants. Le chrétien, au contraire, doit être caractérisé par le fait qu’il est reconnaissant, et il doit l’exprimer dans la prière. Un examen de notre vie de prières montrerait probablement que souvent nous demandons beaucoup plus intensément que nous ne remercions. Souvent nous ne remercions même pas, ou peut-être une fois, quand Dieu nous a exaucés. Mais nous pouvons remercier aussi souvent que nous demandons.

 

2.3.5        Contenu des prières, objet des demandes

Ce que nous avons à demander concrètement, demeure tout à fait ouvert dans ces versets. Paul ne parle pas du contenu proprement dit des prières. S’il s’agit de supplications, de prières ou d’intercessions, cela n’est pas très difficile, il est vrai. Qu’en est-il de l’action de grâce ? Peut-être que la question se pose de savoir comment remercier à l’égard de tous les hommes. La réponse est que Dieu fait venir Ses dons de bonté sur tous les hommes. C’est un Dieu Sauveur bon, qui fournit à Ses créatures ce dont elles ont besoin pour vivre. Ses bienfaits profitent à tous les hommes. Dans le sermon sur la montagne, le Seigneur Jésus indique que « Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes » (Matt. 5:45). Ces grâces envers tous les hommes sont un sujet de remerciements à notre Dieu.

 

3         1 Timothée 2:2 — pour les rois, les haut placés

« … pour les rois, et pour tous ceux qui sont haut placés, afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté (*) » (1 Tim. 2:2).

 

(*) NdT : la traduction allemande de la Bible donne ici : « gravité digne ».

 

3.1        Pour les rois et tous ceux qui sont haut placés

Comme nous l’avons vu dans ces versets, il ne s’agit pas tant de ce que nous demandons, mais bien plutôt comment nous demandons, pour qui et pourquoi nous demandons. À côté de tous les hommes [êtres humains] du v. 1, ce v. 2 mentionne une catégorie toute particulière pour laquelle nous devons prier. Il s’agit des rois et de tous ceux qui sont haut placés. Il est dit ensuite pourquoi nous devons prier pour eux. Ce sont les mots « afin que » qui l’indiquent.

Les rois et les gens haut placés sont donnés de Dieu et établis par Lui dans des fonctions politiques. Les « rois » sont tous ceux qui dominent ou gouvernent souverainement. Cela ne visait pas seulement l’empereur Néron, par exemple, qui régnait à Rome à l’époque. Cela visait bien plutôt les gouverneurs et dominateurs des peuples et nations. Les « haut placés » signifie ceux qui sont dans une haute position, ou qui exercent une haute fonction. Il s’agit de gens qui exercent l’autorité, et par-là sont au-dessus des autres par leur rang. Le contexte montre clairement qu’il s’agit en premier lieu d’autorités politiques. Il s’agit de personnes qui forment le gouvernement d’un peuple, et donc des autorités établies par Dieu jusqu’à aujourd’hui. Ils ont une influence sur beaucoup de ce qui se développe sur la terre, parce que Dieu a mis le gouvernement entre leurs mains.

Aujourd’hui Dieu ne gouverne pas directement, mais Il agit dans Sa providence, par des personnes qu’Il a établies pour cela. Ce n’est qu’après l’enlèvement de l’Assemblée au ciel, que les gouvernements ne seront plus institués par Dieu, mais directement inspirés par Satan. Ce sera un temps terrible. Dans le royaume de mille ans qui suivra, Dieu gouvernera directement dans la personne de Son Fils. — Mais jusqu’à aujourd’hui les gouvernements sont établis par Dieu. Dieu les a donnés comme institutions et comme autorités, afin qu’une certaine stabilité soit garantie ici-bas sur la terre. L’origine des gouvernements remonte après le déluge. On en a la description dans le livre de la Genèse (Gen. 9:6).

C’est Dieu qui donne ces organisations puissantes sur la terre. Quant à elles-mêmes, elles sont responsables devant Dieu de leurs faits et gestes. Mais ce côté n’est pas touché ici. Quant à nous, nous nous inclinons devant leur autorité, et nous prions pour eux et elles. Différents passages des épîtres nous montrent que nous devons être soumis aux autorités (Rom. 13:1 et suiv. ; Tite 3:1 ; 1 Pierre 2:13). Ici en 1 Tim.2, c’est la pensée de prier pour eux qui figure au premier plan.

Nous prions concrètement pour les hommes et femmes que Dieu a placés dans une telle position. Il n’est pas dit ici que nous ayons à prier pour l’autorité en elle-même, c’est-à-dire pour le principe de gouvernement donné par Dieu, ou pour une certaine forme de gouvernement. Il s’agit des personnes qui occupent les positions politiques de dirigeants. Paul n’a demandé nulle part de prier pour que la dictature régnant à l’époque soit éliminée, mais il a invité à prier pour les dictateurs. Jusqu’à aujourd’hui la prière pour ces gens-là inclut aussi bien les représentants du peuple élus démocratiquement que ceux qui dominent par la force dans ce monde. Dieu dit que ce qu’ils font n’est pas du tout toujours bon. Ils en sont responsables devant Lui. Mais ce n’est pas notre affaire. Nous reconnaissons l’autorité comme Dieu l’a donnée. Mais nous prions pour les hommes et les femmes qui constituent l’autorité. Il est clair que c’est plus simple pour nous aujourd’hui qu’à l’époque où le gouvernement était entre les mains de quelqu’un de cruel qui haïssait les chrétiens.

La prière pour ces gens est d’autant plus nécessaire aujourd’hui, que premièrement nous ressentons clairement que la plupart des responsables politiques de notre temps ne recherchent guère, ou pas du tout, la pensée de Dieu, et ils lui sont même en partie directement opposés. C’est le propre de la génération tortue et perverse dans laquelle nous vivons (Phil. 2:15). Deuxièmement nous reconnaissons clairement combien les gens au pouvoir sont toujours plus embarrassés, et ne savent souvent guère comment résoudre les problèmes qui se posent.

Prier pour les haut placés nous gardera en outre de parler d’eux d’une manière inconvenante. Pierre écrit « craignez Dieu ; honorez le roi » (1 Pierre 2:17). Cela est encore valable aujourd’hui, dans un sens figuré. Prier pour eux ne nous amènera pas à nous mêler à la politique de ce monde. Ce n’est pas notre affaire. Ce que nous avons à faire nous est dit ici en termes simples et clairs. Nous prions pour des gens qui exercent des fonctions politiques, et par-là nous exprimons en même temps la dignité de la position chrétienne dans ce monde.

Les dirigeants politiques de ce monde ont besoin des prières des croyants. Ce n’est pas du tout que nous ayons besoin des interventions des « grands » de ce monde. C’est justement l’inverse. Nous n’avons pas besoin de la faveur de nos gouvernants, mais ce sont eux qui ont besoin de nous, de nos prières pour eux. Quand le patriarche Jacob se tint devant le Pharaon, ce n’est pas le Pharaon qui bénit Jacob, mais ce fut Jacob qui bénit le plus puissant monarque de son temps (Gen. 47:10). Hébreux 7:7 nous dit que « sans contredit, le moindre est béni par celui qui est plus excellent ». Le « plus excellent » dans ce cas était Jacob. La dignité d’un chrétien qui prie pour les puissances politiques est plus grande que celle de ces hommes et de ces femmes.

Proverbes 21:1 nous dit que le cœur des rois est comme des ruisseaux d’eau, et que la main de l’Éternel les incline comme Il veut. Cela montre clairement que les autorités sont dans la main de notre Seigneur. Ils ne peuvent pas faire, ou faire faire, ce qu’ils veulent. Par la prière pour les autorités nous avons un accès à Celui qui incline les puissances comme Il veut. Notre influence sur les agissements de ces personnes ne réside pas dans notre engagement politique, mais dans nos prières à Dieu pour eux. L’immixtion active dans la politique de ce monde ne peut jamais être notre mission.

 

3.2        Une vie paisible et tranquille

Il ne nous est rien dit de plus ici sur le contenu de la prière. Il ne s’agit pas directement du salut de ces personnes, bien que ce soit très certainement inclus dans nos prières. Paul indique les conséquences de nos prières pour ces gens. D’un côté nous les reconnaissons et nous les honorons ; d’un autre côté notre prière a des suites concrètes. Notre prière contribue à ce que, par la grâce de Dieu, ils arrivent à des décisions qui contribuent à ce que nous menions une vie paisible et tranquille, et cela en toute piété et honnêteté [gravité digne]. De cette manière aussi, l’évangile peut se déployer et se répandre beaucoup plus rapidement sur la terre. Les politiques peuvent faire très facilement un mauvais usage de leur pouvoir, avec l’effet de rendre très difficile une vie chrétienne « normale ».

On ne peut mener une vie paisible et tranquille qu’en se comportant loyalement vis-à-vis des autorités et en priant pour elles, et non pas en se rebellant contre elles. La vie paisible et tranquille n’est pas l’objet propre de la prière. L’objet propre de la prière, ce sont tous les hommes [êtres humains]. Ce dont il s’agit ici, ce sont les conséquences de la prière.

Tout homme mène sa vie aussi longtemps qu’il est sur cette terre. En Tite 3:3, Paul rappelle notre vie antérieure en termes similaires : Nous menions cette vie « dans la malice et dans l’envie, haïssables, nous haïssant l’un l’autre ». Maintenant notre vie doit porter de tout autres caractères. Il est vrai qu’il ne faut pas se méprendre sur la vie « paisible et tranquille ». Une vie paisible est une vie dépourvue de perturbations extérieures. Une vie tranquille est une vie dans la paix. Cela indique l’absence de troubles intérieurs et extérieurs. Bien sûr, cela ne veut pas du tout dire que, comme chrétien, nous menons une vie facile et inactive. Il s’agit beaucoup plus de ce que nous sommes placés dans des circonstances extérieures et intérieures, qui nous permettent de vivre notre foi et de répandre l’évangile sans empêchement. Des circonstances extérieures comme la guerre, les émeutes, les révolutions peuvent tout à fait être un empêchement à la diffusion de l’évangile. Dans cette mesure, ce ne peut être que notre intérêt que les gouvernements soient vigoureux à cet égard.

Une vie paisible et tranquille nous fait aussi penser à quelque chose d’autre. Il ne s’agit pas que nous chrétiens, nous portions l’évangile dans le monde d’une manière tapageuse. Nous ne nous comportons pas comme des crieurs du marché, mais nous nous comportons de façon paisible et calme. Le Seigneur Jésus Lui-même nous l’apprend. Le prophète Ésaïe dit de Lui : « Il ne criera pas, et il n’élèvera pas sa voix » (És. 42:2). Dans ce sens aussi, nous avons à vivre et à aller notre chemin paisiblement.

 

3.3        En toute piété et honnêteté (gravité digne)

La vie paisible et tranquille du chrétien ne signifie certes pas qu’on n’en voit rien de l’extérieur. Au contraire. D’un côté cette vie est accompagnée de piété, et d’un autre côté de gravité digne [honnêteté, selon JND en français]. C’est à cela qu’on nous reconnaît. Ces deux caractéristiques intrinsèques sont réunie par le mot « toute ». Elles doivent se trouver toutes deux en pleine mesure dans la vie du chrétien.

La piété est un terme plus fréquent dans 1 Timothée que dans les autres épîtres (2:2 ; 3:16 ; 4:7, 8 ; 6:3, 5, 6, 11). Or ce mot est souvent mal compris. La piété n’a rien à faire avec le fait d’être content et heureux en Dieu [cette interprétation est liée à l’étymologie du mot piété en allemand]. Il ne n’agit pas de relations cachées avec Dieu, mais de quelque chose visible du dehors. La piété a affaire avec notre manière de vivre et notre comportement. La piété est une vraie déférence et un vrai respect envers Dieu. C’est l’orientation visible du chrétien à l’égard de Dieu, qui fait voir que Dieu est honoré dans tout ce que nous faisons. Quelqu’un l’a ainsi formulé de manière concise : « la vie de piété signifie premièrement vivre avec Dieu, et secondement vivre pour Dieu ». Vivre dans la piété signifie que nous vivons ici-bas sur la terre pour le bon plaisir et la joie de Dieu. Une manière de vivre pieusement ne reste pas cachée aux yeux des hommes. Ils doivent voir par nous ce qu’est la volonté de Dieu. Le modèle d’une telle vie est le Seigneur Jésus Lui-même. C’est chez Lui qu’on apprend ce qu’est la piété authentique. Le verset 16 du ch. 3 nous explique que le secret de la piété n’est personne d’autre que Christ Lui-même : Dieu manifesté en chair.

L’honnêteté ou la gravité digne consiste à avoir de la déférence et des égards. C’est la dignité d’une vie dans laquelle la pensée intérieure est en accord avec les agissements extérieurs. Cela n’interdit pas d’être des chrétiens joyeux. Parallèlement nous nous efforçons de nous comporter de manière correspondante à notre position. C’est aussi de cette manière que le nom de Dieu est glorifié et honoré.

 

4         1 Timothée 2:3 — bon et agréable devant notre Dieu-Sauveur

« Car cela est bon et agréable devant notre Dieu Sauveur…. » (1 Tim. 2:3).

 

4.1        Le Dieu-Sauveur

L’affirmation de ce verset se rapporte au v. 1. C’est la prière pour tous les hommes qui est bonne et agréable devant notre Dieu Sauveur.

L’expression « Dieu-Sauveur » n’apparaît que dans les épîtres à Timothée et à Tite. Le Sauveur signifie non seulement Celui qui sauve, mais aussi le Conservateur. Il est le Dieu qui embrasse tous les enfants des hommes dans Sa bonté et Son amour pour les hommes ; Il s’intéresse à eux et les aime (Tite 3:4). Le fait que Dieu soit un « Sauveur » n’est pas typiquement chrétien. Dans le prophète Ésaïe, on trouve six fois que Dieu est un Sauveur. Par contre, ce qui est très typiquement chrétien, c’est que ce Dieu-Sauveur s’intéresse à tous les hommes [êtres humains], en voulant les sauver et les amener à la connaissance de la vérité. Son intérêt ne se porte pas sur le seul peuple terrestre d’Israël, mais sur tous les hommes [êtres humains]. On verra cela plus loin au v. 4. C’est avec cette conviction et cette position que nous devons prier pour tous les hommes [êtres humains].

La prière est bonne et agréable « devant » Lui. Cela signifie littéralement « en face à face », donc devant Ses yeux. Il est frappant qu’il nous soit toujours parlé de « notre » Dieu-Sauveur. C’est sous ce caractère qu’Il s’est révélé à nous. C’est sous ce caractère que nous le connaissons et que nous venons devant Lui dans la prière.

 

4.2        Bon et agréable

« Bon » ne se rapporte pas dans ce passage à l’effet d’une chose, mais cela qualifie ce qui, en soi, est bon, beau ou précieux. « Agréable » signifie que quelque chose est le bienvenu. C’est quelque chose qui mérite d’être accepté. Nos prières sont comme une offrande qui plait à Dieu. Elles ont de la valeur devant Dieu et Lui sont agréables. Il se réjouit quand nous intercédons de cette manière pour tous les hommes.

 

5         1 Timothée 2:4 — volonté de Dieu de sauver

« Qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2:4).

 

5.1        La volonté de Dieu (Dieu veut… 2:4)

Ce verset montre clairement la raison pour laquelle nous devons prier pour tous les hommes (2:1). C’est précisément le désir exprès de Dieu que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité. Dieu n’est pas seulement un Sauveur en ce sens qu’Il est le Conservateur de tous les hommes (1 Tim. 4:1), mais Il désire que tous les hommes soient sauvés de la perdition éternelle. C’est Son intérêt premier à l’égard de tous les hommes.

Dans ce passage, il est important de remarquer qu’il ne s’agit pas ici du conseil immuable de Dieu. Si Dieu prend un conseil, alors Il l’accomplira certainement (És. 46:10). Si c’était cela qui était visé ici, tous les hommes seraient effectivement sauvés et viendraient à la connaissance de la vérité. Mais beaucoup de passages de la Bible montrent clairement que malheureusement ce n’est pas le cas. Dans notre verset, il ne s’agit pas du conseil éternel de Dieu, mais de Son dessein, de Son désir. Quant à Son dessein, Dieu a tous les hommes [êtres humains] en vue. Il désire sauver tous les hommes. Et il y a plus, même, car le mot « vouloir » utilisé ici, est celui qui se rapporte à quelqu’un qui aime faire quelque chose et en a de la joie. Dieu est un Dieu qui a de la joie à exercer la grâce et à sauver les hommes [êtres humains].

Cependant s’il y a des gens qui seront un jour perdus, ce ne sera certainement pas parce que Dieu a eu l’intention de les faire se perdre. Déjà dans l’Ancien Testament nous entendons Dieu dire : « Je suis vivant, dit le Seigneur, l’Éternel, si je prends plaisir en la mort du méchant, mais [plutôt] à ce que le méchant se détourne de sa voie et qu’il vive ! » (Éz. 33:11). Dieu n’a prédestiné personne à la damnation. Prétendre cela est un mensonge. Nous devons en effet considérer que Dieu nous a donné, à nous les hommes, une volonté libre. Nous pouvons nous enfermer dans la propre volonté et la désobéissance au dessein de Dieu. Seul « celui qui veut » prendra de l’eau de la vie (Apoc. 22:17) — ce sont les élus de Dieu. Malheureusement tous les hommes ne veulent pas. Cependant c’est l’intention constante de Dieu que tous les hommes soient sauvés. S’ils ne sont pas sauvés, il ne faut en aucun cas l’attribuer à Dieu. En Jean 5:40, le Seigneur dit une parole bouleversante : « vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ». Il voulait donner la vie aux hommes, mais eux ne le voulaient pas parce qu’ils ne voulaient pas de Lui. Les hommes en portent l’entière responsabilité. En Luc 13:34, le Seigneur Jésus se sert également de ces paroles, quand Il dit au sujet de Jérusalem : « Jérusalem, Jérusalem, [la ville] qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés ! Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! ». Ce côté de la vérité n’est pas en contradiction avec la vérité de l’élection. Nous ne pouvons pas parler de l’élection aux non-croyants. Le message qui s’adresse à eux, c’est que Dieu est un Dieu Sauveur qui a donné Son Fils pour le salut de tous. Mais cela n’a pas de sens de parler avec des non-croyants de quelque chose qu’ils ne peuvent pas comprendre.

De nouveau il s’agit de « tous les hommes » — personne n’est exclus. « Tous les hommes » signifie « tous les êtres humains ». Au ch.1 v.15 Paul a dit que « le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ». Tout homme est un pécheur. Il n’y a pas d’exception. C’est pourquoi le message de la grâce s’adresse sans exception à tous les hommes.

Le dessein de Dieu est présenté ici en deux points qu’on peut distinguer, mais non pas séparer. La pensée n’est pas que Dieu sauve d’abord un homme, et qu’ensuite, dans un second stade, il vient à la connaissance de la vérité. En principe bien sûr, c’est vrai. Dans d’autres passages, on voit clairement que la connaissance de la vérité de la Parole de Dieu est un processus que nous ne finirons jamais ici-bas sur la terre. Mais dans notre verset, c’est une autre pensée. Ici les deux choses sont simultanées. Quand un homme est sauvé, il vient à la connaissance de la vérité. Autrement dit : on ne peut être sauvé que quand on reconnait la vérité de Dieu.

 

5.2        Le salut — 2:4

L’apôtre Paul parle d’abord du salut. Ce mot salut signifie que quelqu’un se protège, se garde d’un danger, et reste préservé de la perdition et de la destruction. On peut aussi traduire « guérir » ou « rétablir ».

La Bible montre différents aspects de notre salut. Il y a un salut dans le temps en délivrance de circonstances terrestres, et il y a un salut éternel pour le ciel. Le salut, ici, doit être compris de manière générale et globale. Le sens est celui du salut dans sa totalité. Il concerne l’esprit de l’homme, son âme et son corps. Tout homme a besoin de salut parce qu’il est perdu par nature, et qu’il est donc dans un chemin d’éloignement éternel de Dieu. La damnation est le plus grand danger qui guette tout homme. Personne ne peut s’en sauver par soi-même. Il faut qu’on le sauve, et Dieu seul peut le faire. Le chemin pour être sauvé est la foi, et le fondement en est la croix de Golgotha. Dans ce sens global le salut est la délivrance de l’homme de tout danger, que ce soit dans le passé, dans le présent ou dans l’avenir.

 

●Éphésiens 2:8 parle du salut comme d’un fait accompli, et accompli dans le passé, mais avec des effets dans le présent : « Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ».

●1 Corinthiens 1:18 parle du salut dans le présent : « car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent ; mais à nous qui obtenons le salut elle est la puissance de Dieu ».

●Hébreux 9:28 a en vue le salut dans l’avenir, lequel inclut le corps du croyant : « …ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui l’attendent ». Aussi, ‘nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire’ (Phil. 3:20, 21).

 

5.3        La connaissance de la vérité — 2:4

Quant à la connaissance de la vérité, il faut noter qu’il n’y a pas d’article, ni devant le mot ‘connaissance’ ni devant le mot ‘vérité’. Il ne s’agit donc ni de la connaissance d’une vérité spéciale de la foi, ni de la connaissance d’un fait particulier du salut ni de la vérité en tant que contenu de la foi. Il s’agit bien plus de la nature ou de la qualité d’une chose. C’est la vérité dans un sens général qui est envisagée. Il s’agit de ce qui est vrai. Par nature l’homme perdu se trouve sous la puissance de Satan, et par-là dans le domaine du mensonge. La vérité ne se trouve qu’auprès de Dieu. La vérité signifie qu’on voit les choses comme elles sont effectivement. Seul Dieu voit les choses comme elles sont réellement. C’est pourquoi l’homme doit changer de position. L’homme sauvé « quitte » le domaine du mensonge pour entrer dans le domaine de la vérité. L’homme doit reconnaître que Dieu est le souverain absolu et qu’il a péché contre Lui. Il doit comprendre que seul Dieu connaît un chemin de salut. C’est le chemin au sujet duquel Paul parle d’un médiateur dans le verset suivant. ‘Connaître’ ici signifie ‘savoir’, ‘distinguer’, ‘reconnaître’. La ‘connaissance’ de la vérité signifie donc la reconnaissance aussi bien de son propre état que du chemin de salut que Dieu a prévu.

 

5.4        Deux côtés différents

Remarquons encore que l’expression « soient sauvés » est au passif. Personne ne peut se sauver lui-même. Cependant Dieu voudrait que tous les hommes fassent l’expérience du salut. Le fait de « sauver », en soi c’est ce que Dieu fait. En même temps l’homme est sous la responsabilité d’accepter l’offre de Dieu. Il a la possibilité d’accepter ou de refuser. Refuser est une preuve à la fois d’incrédulité et de désobéissance. En fait beaucoup de gens le font. C’est pourquoi nous avons une pensée semblable (quoique sous une forme négative) en 2 Thess. 2:10, où il est parlé d’hommes qui périssent parce qu’ils n’ont « pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés ». Ces gens n’ont pas accepté la vérité à leur sujet et au sujet de Dieu.

L’expression « venir à la connaissance de la vérité » est au contraire active. Celui qui ne manque pas à sa responsabilité et se laisse sauver, fera l’expérience qu’il passe du domaine du mensonge au domaine de la « connaissance de la vérité ». Il a la lumière au sujet de ce qui est vrai, et il voit les choses comme Dieu les voit.

 

6         1 Timothée 2:5 — Dieu unique, médiateur unique

« Car Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l’homme Christ Jésus » (1 Tim. 2:5).

 

6.1        Dieu est un

Les versets suivants indiquent le chemin du salut de Dieu. Il n’y a qu’un Dieu, Celui qui a conçu ce plan du salut. Il n’y a qu’un médiateur, et Il intervient comme « arbitre » entre Dieu et l’homme. Il n’y a qu’un fondement sur la base duquel Dieu peut sauver. Il n’y a qu’un chemin que l’homme doit suivre. Dans ce sens, la foi chrétienne est très absolue. Si Dieu est un, alors Il peut seul établir le chemin à emprunter pour venir à Lui. Dieu ne se démet pas de cela sur nous.

La première affirmation énonce que Dieu est un. Nous reconnaissons l’unicité de Dieu. Il est vrai que ce fait en soi n’est ni nouveau, ni typiquement chrétien. Déjà l’Ancien Testament le dit clairement. En Deutéronome 6:4, Dieu fait dire à son peuple terrestre : « Écoute, Israël : l’Éternel, notre Dieu, est un seul Éternel ». Plus tard, Dieu dit par le prophète Ésaïe : « Souvenez-vous des premières choses de jadis. Car moi, je suis Dieu, et il n’y en a pas d’autre ; [je suis] Dieu, et il n’y en a point comme moi » (Ésaïe 46:9 ; 44:6,8 ; 45:6,21). Dans le Nouveau Testament, ce fait est confirmé. Jacques écrit : « Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien » (Jacq. 2:19).

Les chrétiens n’honorent pas trois Dieux, comme certaines religions nous objectent parfois ; ils n’honorent qu’un seul Dieu. Dieu est un, mais Il se « compose » des trois personnes de la Déité, c’est à dire Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu le Saint Esprit. Cette vérité est certainement typiquement chrétienne. Elle n’était pas révélée dans l’Ancien Testament, tout au plus de vagues allusions, par exemple dans le récit de la création. Elle ne fut réellement rendue visible que quand le Fils vint sur la terre, et que Dieu devint homme. Ce n’est que quand la Parole devint chair et que Sa gloire put être vue, que Dieu s’est pleinement révélé. La grande vérité du seul Dieu révélé en trois Personnes a été clairement établie lors de l’incarnation du Seigneur Jésus, au commencement de Son ministère public, dans Son œuvre rédemptrice à la croix, dans le salut des pécheurs perdus et maintenant dans l’Assemblée. Autrement ce n’était pas possible. Il n’y a qu’un Dieu qui sauve, et les trois personnes de la Déité sont une dans ce plan du salut de sauver l’homme. C’était le conseil du Père que le Fils a exécuté dans la puissance de l’Esprit Saint.

L’unicité de Dieu est mise ici en face de l’unicité de l’humanité. Nous trouvons quelque chose de semblable en Romains 3:29, où Paul écrit : « Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs ? ne l’est-il pas aussi des nations ? ». Si Dieu est un, et tel Il est, alors le salut est aussi pour tous les hommes. Il ne peut pas être limité aux Juifs, mais il s’adresse à tous les hommes. Ce Dieu unique est un Dieu-Sauveur qui veut que tous les hommes soient sauvés.

 

6.2        Un seul médiateur entre Dieu et les hommes

La deuxième affirmation énonce qu’il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes. Elle nous montre l’unicité du médiateur. Nous chercherions en vain une pareille déclaration dans l’Ancien Testament. Nous connaissons bien le désir de Job d’avoir un arbitre qui mette sa main sur Dieu et sur lui (Job 9:33 et 16:21), mais nous ne trouvons la réponse à ce souhait que dans le Nouveau Testament. Le seul médiateur est l’homme Christ Jésus. C’est également une vérité typiquement chrétienne.

Le Seigneur Jésus est le médiateur prévu par Dieu. Cela nous fait penser à l’arbitre que Job cherchait en vain. Il est vrai qu’il ne s’agit pas là de ce que Dieu et l’homme se rencontrent « au milieu » dans la personne du Seigneur Jésus. La pensée humaine d’un « compromis » est totalement exclue ici. Dieu a des revendications justes, et ces revendications ont été satisfaites à 100% par l’œuvre du Seigneur Jésus. Cela a coûté la vie à Celui-ci.

La « gloire » du Seigneur Jésus comme « médiateur » est différente de celles d’« Avocat » et de « Souverain Sacrificateur ». Jean parle de Lui comme de l’Avocat (1 Jean 2:1). L’écrivain de l’épître aux Hébreux parle plusieurs fois du Souverain Sacrificateur (Héb. 3:1 ; 4:1 ; 8:1). Ici le Seigneur Jésus est présenté comme le seul Médiateur. Nous devons apprendre à distinguer ces expressions et ce qui s’y rattache. L’advocature ou service d’avocat et la sacrificature du Seigneur Jésus s’exercent de bas en haut. Il est notre Avocat auprès du Père quand nous avons péché en tant qu’enfant de Dieu. Il est notre Souverain Sacrificateur auprès de Dieu quand il s’agit de nos faiblesses. — Par contre comme Médiateur, Il vient de Dieu vers nous. C’est une différence à laquelle il faut faire attention. La médiation ne part pas de nous pour aller à Dieu. Nous ne pouvions ni ne voulions faire de nous-mêmes un seul pas vers Dieu. C’est pourquoi Il est venu à nous dans la Personne de son Fils. « Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (Tite 2:11). Cela a eu lieu dans la Personne du seul Médiateur. De même que, comme Sauveur, Il est Sauveur du monde (Jean 4:42 ; 1 Jean 4:14), ainsi comme Médiateur, Il est médiateur entre Dieu et nous, « les hommes ». À tout homme est donnée la possibilité de recourir à ce Médiateur pour lui-même. Personne n’est exclu. Du fait que nous les hommes nous ne pouvions pas venir à Lui, c’est Lui qui est venu à nous. Du fait que le gouffre entre le pécheur et Dieu était infranchissable de notre part, Dieu l’a franchi de Son côté. Dieu s’est révélé par la seule Personne qui était en mesure de le faire. Nous ne pouvions pas le concevoir.

Ce qui est placé devant nous dans ce verset, c’est l’évangile de la grâce. Il nous parle de ce que Dieu s’est abaissé jusqu’à nous et est devenu Homme. « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes » (2 Cor. 5:19). C’est justement cet état d’esprit qui doit nous caractériser dans la prière pour tous les hommes. C’est l’état d’esprit d’un Dieu Sauveur qui voudrait sauver tous les hommes.

 

6.3        L’Homme Christ Jésus

Il fallait que le médiateur soit un homme. C’était le seul moyen. L’expression « l’homme Christ Jésus » peut être traduite par : « qui est Lui-même un homme ». Et Il devait être un homme sans péché, car Il devait porter les péchés des autres. Seul un homme sans péché pouvait prendre sur Lui le salaire du péché. C’est ainsi que le Seigneur Jésus comme médiateur de Dieu envers nous les hommes, a correspondu complètement et totalement d’un côté à l’Être [la nature] de Dieu et d’un autre côté aux besoins de nous les hommes. Il savait ce qu’il en était des revendications du Dieu saint et juste, parce qu’Il est Lui-même Dieu. Lui seul pouvait satisfaire ces revendications. Il savait en même temps ce dont nous les hommes avions besoin, et Il y a également donné une réponse parfaite.

C’est ainsi que comme Dieu est « un », il n’y a également qu’« un seul médiateur ». Vouloir mettre un autre « médiateur » entre Dieu et l’homme, cela porte atteinte à l’honneur de Dieu. Ni Marie, ni les anges, ni ceux qu’on appelle les « saints » ne pourraient assumer cette tâche. Il n’y a qu’un seul médiateur, c’est notre Seigneur et Sauveur. En Actes 4:12, nous lisons : « il n’y a de salut en aucun autre, car aussi il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés ». Il n’y a qu’un chemin vers Dieu.

La Bible mentionne bien Moïse comme médiateur (Gal. 3:19), mais il s’agissait de donner la loi (ordonnée par des anges) au peuple d’Israël par l’intermédiaire d’un médiateur humain. Hormis ce cas, ce titre reste réservé au Seigneur Jésus. En dehors de notre passage, l’épître aux Hébreux parle de Lui plutôt comme médiateur de l’alliance nouvelle et meilleure (Héb. 8:6 ; 9:15 ; 12:24).

Il est impossible pour nous les hommes de voir Dieu dans Son absolu. Il habite la lumière inaccessible. Mais nous Le voyons à travers le Médiateur. Dieu dit à Moïse : « L’homme ne peut me voir et vivre » (Ex. 33:20). Cela est valable aussi bien aujourd’hui qu’à l’époque. Dieu a pourtant trouvé un moyen dans la personne du Médiateur. En ce sens le Seigneur Jésus reste médiateur ; Il ne l’« était » pas seulement, mais Il l’« est ». Il n’est pas seulement médiateur lors de la conversion d’un homme, mais Il le reste ensuite. Nous Le connaissons aujourd’hui dans le ciel comme Homme glorifié. Malgré tout, Il n’a jamais oublié les expériences d’Homme sur la terre. Cela caractérise Sa médiation jusqu’à aujourd’hui. Il s’est abaissé jusque-là. C’est pour cela qu’Il nous est encore accessible aujourd’hui. Il n’y a pas de détresses qu’Il ne connaisse pas. Personne ne nous est aussi proche que notre Seigneur. Comme Médiateur Il nous révèle les pensées et le cœur de Dieu. Mais il y a plus encore. Il reste pendant toute l’éternité notre Médiateur. De même qu’Il est éternellement Homme, Il est aussi éternellement médiateur. Ce n’est que par Lui et en Lui que nous pourrons voir quelque chose de la gloire de Dieu durant l’éternité, après le temps. Dans ce sens, Il reste pour toujours notre moyen d’accès à Dieu. Son service d’Avocat et de Souverain Sacrificateur prendront fin un jour. Au ciel nous n’aurons besoin ni d’avocat, ni de souverain sacrificateur, parce qu’il n’y aura plus ni péchés ni faiblesses. Mais nous aurons besoin du Médiateur pendant toute l’éternité.

 

7         1 Timothée 2:6 — donné en rançon

« L’homme Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous, de quoi le témoignage devait être rendu en son temps » (1 Tim. 2:6).

 

7.1        Donné en rançon

Nous arrivons maintenant à une troisième affirmation. Le seul médiateur, l’homme Christ Jésus, s’est donné lui-même en rançon pour tous. Payer une rançon était un processus assez banal à l’époque. On en payait, par exemple, pour le rachat libératoire d’un esclave. Ici cependant, il ne s’agit pas d’une somme d’argent, mais de ce que le Seigneur Jésus s’est donné Lui-même comme une rançon. Dieu avait besoin d’un fondement pour pouvoir agir à l’égard de l’homme pécheur, perdu et asservi en esclavage. Ce fondement, Il l’a trouvé. Le Seigneur Jésus n’a pas seulement payé une rançon, mais s’est donné Lui-même comme rançon. Il n’a rien retenu. Voilà le prix unique en son genre qui a été payé. Ce que cela a signifié pour Lui, nous le voyons à la croix de Golgotha.

La rançon donnée nous fait penser à trois choses :

●Par nature tout homme se trouve sous la puissance et dans le domaine dominé par Satan. Personne ne peut s’en libérer par lui-même. Nous avons besoin d’un rédempteur qui brise ces chaînes.

●Par nature, tout homme se trouve sous la malédiction du péché et par-là sous une terrible sentence. Le salaire du péché est la mort. Ici aussi, il n’y a de notre côté aucune possibilité d’échapper à cette sentence. Nous avons besoin d’un rédempteur qui prenne sur lui cette sentence de jugement.

●Par nature tout homme a accumulé une dette qu’il ne peut pas payer. Nous sommes devenus coupables devant Dieu, sans possibilité d’en être libérés. Nous avons besoin d’un rédempteur qui paye cette dette.

 

Tandis qu’au v. 4, Dieu est l’« initiateur », nous voyons ici le Seigneur Jésus comme celui qui traite l’affaire. Il « s’est donné Lui-même ». On voit les deux côtés dans le Nouveau Testament. D’un côté c’est Dieu qui a donné son Fils ; d’un autre côté, c’est le Fils qui s’est donné Lui-même. Cela nous montre d’une part Son obéissance et Son dévouement à Dieu, et d’autre part Sa franche volonté. Christ s’est donné Lui-même. Il a tout payé, et n’a rien retenu. Il n’est pas seulement le marchand qui a vendu tout ce qu’Il avait (Matt. 13:44), mais Il a fait davantage. Il s’est donné Lui-même. Quand Il est venu sur terre, Il n’a pas seulement mis de côté Ses revendications légitimes (comme Créateur, comme Messie, comme Seigneur), mais Il s’est donné Lui-même comme sacrifice.

Nous ne saurions trop nous occuper de l’œuvre du Seigneur Jésus à la croix. Paul mentionne le fait que le Seigneur Jésus « s’est donné Lui-même » non pas seulement ici, mais aussi dans d’autres passages (Gal. 1:4 ; 2:19-20 ; Éph. 5:2, 25 ; Tite 2:14). Chaque fois son dévouement est rattaché à une conséquence particulière. Ce que Christ a fait est souligné dans tous les cas par l’expression « s’est donné – ou : livré – Lui-même ». Personne d’autre n’aurait voulu faire cette œuvre. Personne d’autre n’aurait pu faire cette œuvre. Personne d’autre que « Lui-même » n’aurait pu être notre Rédempteur. C’est pourquoi ce saint « devoir » a dominé Sa vie. « Il faut que le fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, et qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour » (Luc 24:7). Il n’y avait pas d’autre voie. Le fait qu’Il se soit « donné » se rapporte sans aucun doute à Golgotha.

 

7.2        Donné pour tous — 1 Tim. 2:6a

Personne n’est exclu de la portée de cette rançon. Il l’a payée en vue de tous les hommes, mais elle n’est efficace que dans le cas de ceux qui y ont effectivement recours. De nouveau Paul utilise le mot « tous ». Dans ce passage nous devons faire soigneusement la différence entre la pensée de l’expiation d’un côté, et celle de la substitution de l’autre côté. La Bible montre les deux côtés.

 

7.2.1        Ce qu’est l’expiation

L’expiation (ou propitiation) signifie que le Seigneur Jésus, par son œuvre à la croix, a fourni un fondement pour que Dieu soit satisfait et puisse accorder le salut à tous les hommes. L’expiation a eu lieu vis-à-vis de Dieu. Par nos péchés nous avons offensé le Dieu saint et nous L’avons déshonoré. Ce déshonneur a été ôté par l’œuvre expiatoire du Seigneur Jésus, — indépendamment de savoir si un seul homme serait sauvé ou pas. Dieu a été entièrement satisfait et glorifié par l’œuvre à la croix. L’expiation est donc en rapport avec l’apaisement de la colère de Dieu à l’égard du péché. Nous ne devons pas minimiser à quel point extrême le péché a offensé Dieu. Nous ne voyons souvent que notre côté, mais nous devrions davantage voir le côté de Dieu. Chaque péché est un déshonneur pour Dieu. Il fallait commencer par l’ôter. Mais l’expiation seule ne sauve personne. Elle en est la condition préalable nécessaire. Pour être sauvé, tout homme doit avoir recours pour lui-même personnellement à l’œuvre de la rédemption. Il doit accepter le Seigneur Jésus comme son substitut et croire qu’Il a porté le jugement à sa place et qu’Il est entré dans la mort.

 

7.2.2        Différence entre rançon et substitution

Le Seigneur Jésus n’a pas seulement donné sa vie pour racheter tous les hommes (pour leur rédemption), mais comme rançon. La différence est importante. La rançon est payée. Par-là le fondement est posé pour que Dieu puisse accepter les pécheurs. Tous peuvent venir. L’expiation concerne tout le monde. La substitution, par contre, ne concerne que ceux qui reçoivent le Seigneur Jésus par la foi et qui ont recours à Son œuvre en tant que substitut pour eux.

 

7.2.3        Marc 10:45 parle de substitution, 1 Tim. 2:6 parle d’expiation — Rom. 3:22

Un passage important, parallèle à notre verset, est Marc 10:45. Il présente le côté de la substitution. Le Seigneur Jésus dit de Lui-même : « Car aussi le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs [beaucoup] ». La différence d’avec notre verset saute aux yeux. L’un dit « pour tous », l’autre dit « pour plusieurs [beaucoup] ». Dans le texte original il y a également une différence sur la préposition « pour ». Dans 1 Timothée 2, la préposition signifie « en vue de », tandis qu’en Marc 10 elle signifie « à la place de ». « En vue de » pourrait aussi se traduire « pour le bien ou pour le profit d’un autre ». « À la place de » pourrait au contraire se traduire « en remplacement de » ou « comme équivalent de ». Le premier (1 Tim.2) est l’expiation, le second (Marc 10) est la substitution. Le Seigneur Jésus est mort « en vue de tous les hommes » (expiation), mais Il n’est pas mort « pour tous les hommes » (substitution). Prétendre cela est en opposition complète avec l’enseignement du Nouveau Testament. C’est la fausse et mauvaise doctrine de la rédemption universelle.

En Romains 3:22, Paul réunit ces deux côtés de façon très belle : « la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient ». « Envers tous » donne la pensée de l’expiation. « Tous » sont de nouveau visés. « Sur tous ceux qui croient » donne la pensée de la substitution. Le pécheur doit venir. Il doit croire.

 

7.3        Un témoignage rendu en son temps — 1 Tim. 2:6b

Une quatrième affirmation suit. Elle concerne le fait qu’il devait être rendu témoignage aux faits glorieux du salut décrits par Paul. Ce que Dieu avait à cœur restait caché dans l’Ancien Testament. Ce n’est qu’une fois le Seigneur Jésus venu sur la terre et l’œuvre à la croix accomplie, qu’il a pu être parlé de ce que le Dieu-Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité. Ce n’est qu’après tout cela qu’il a pu être parlé de ce que le Seigneur Jésus, en tant que seul Médiateur par Son œuvre expiatoire, a posé le fondement pour que des hommes perdus puissent désormais être réconciliés avec Dieu. Jusque-là le temps n’était pas encore venu. Mais maintenant ce temps est là. Nous l’appelons souvent, et à juste titre, le temps de la grâce. C’est un temps qui est caractérisé par la grâce. 2 Cor. 6:2 nous parle du « temps agréé », du « jour de salut ». C’est la période de temps dans laquelle la grâce de Dieu s’épanche vers tous les hommes pour sauver ceux qui ont recours pour eux personnellement à l’œuvre de la croix. C’est un temps unique en son genre, différant clairement de toutes les autres dispensations parmi les voies de Dieu avec les hommes.

 

8         1 Timothée 2:7 — Paul prédicateur, apôtre, docteur des nations

« … pour lequel moi, j’ai été établi prédicateur et apôtre (je dis la vérité, je ne mens pas), docteur des nations dans la foi et dans la vérité » (1 Tim. 2:7).

 

8.1        Paul, un instrument dans la main de Dieu

« Pour lequel » se rapporte au témoignage du v. 6. Paul était un instrument tout à fait particulier dans la main de Dieu. Il était l’apôtre des nations. Après avoir fait une rencontre personnelle, devant les portes de Damas, avec le Seigneur ressuscité et glorifié dans le ciel, et après L’avoir reçu par la foi, Ananias lui fut envoyé avec les paroles suivantes : « Va ; car cet homme m’est un vase d’élection pour porter mon nom devant les nations et les rois, et les fils d’Israël » (Actes 9:15). Paul avait rempli fidèlement cette mission. C’est de cela, entre autres, que notre verset 7 rend témoignage.

Paul avait été « établi ». Cela ne veut pas dire qu’il avait en aucune manière reçu une « ordination » par une cérémonie de l’église. L’« ordination » est une invention des hommes religieux. Le Nouveau Testament ne donne aucune indication dans ce sens. Paul n’a pas été instruit théologiquement sur la vérité chrétienne. Il n’a passé par aucune école ou formation des hommes, mais Dieu se l’est préparé et l’a établi. Paul a été établi par Dieu lui-même dans le service. Aujourd’hui, il n’en va pas autrement.

 

8.2        Prédicateur, apôtre et docteur des nations

Paul cite trois titres qui caractérisaient particulièrement son service. Il était prédicateur, apôtre et docteur des nations.

 

●Un prédicateur (ou : héraut) est quelqu’un qui parle pour un autre. L’accent est mis sur l’acte de prêcher, d’annoncer. Les autorités politiques envoyaient dans l’empire romain un héraut quand ils avaient quelque chose à communiquer à leurs subordonnés. Un héraut était un proclamateur. Aucun héraut n’aurait osé modifier le message, ni y ajouter, ni en retrancher quelque chose. C’est ainsi que Paul a annoncé en toute fidélité ce qui lui avait été confié. Il n’a rien retranché. Il n’a pas ajouté. Il n’a rien modifié. Il était si étroitement uni à ce qu’il prêchait, qu’il le nomme à plusieurs reprises « mon évangile » (Rom. 2:16 ; 16:25 ; 2 Tim. 2:8). Cependant, il était toujours conscient que c’était l’évangile de Dieu, c’est à dire que le message avait son origine en Dieu lui-même.

●Paul n’était pas seulement prédicateur. Il était en même temps apôtre. Littéralement cela signifie un « envoyé ». Mais cette indication fait particulièrement penser à l’autorité conférée pour annoncer le message. Il était un apôtre appelé de Dieu. Cela conférait à ses paroles un poids particulier. L’ajout « je dis la vérité, je ne mens pas » souligne ce point. Il ne pouvait y avoir aucun doute qu’il était apôtre. Vis-à-vis des Galates, il souligne aussi ce point de manière particulière. Il introduit sa lettre avec les paroles : « Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par l’homme, mais par Jésus Christ, et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts » (Gal. 1:1). Il y a toujours eu des gens qui ont mis en doute l’apostolat de Paul. C’est pourquoi ce point est souligné à plusieurs reprises.

●Finalement Paul se nomme docteur des nations. Paul n’avait pas seulement un message qu’il annonçait avec autorité. Il était aussi celui qui expliquait les faits du salut de Dieu, et les mettait sur les cœurs. Ce service qui était le sien n’était pas limité à la nation juive, mais il était docteur des nations. C’est le caractère de son service qui est spécialement souligné ici. Aux Romains il écrit : « Car je parle à vous, nations : en tant que moi je suis en effet apôtre des nations, je glorifie mon ministère » (Rom. 11:13).

 

8.3        Dans la foi et dans la vérité

La précision finale « dans la foi et dans la vérité » peut être comprise de plusieurs manières. Il est possible que Paul ici pense à la sphère de foi et de vérité qui est rendue publique et communiquée dans l’évangile. Dans l’ancienne alliance, il en était autrement. Il n’était alors question ni de foi ni de vérité, mais il s’agissait d’œuvres et d’exigences.

Il est aussi possible que Paul pense à la caractéristique de son ministère. Il vivait dans ce qu’il présentait aux autres. Sa vie était réellement une vie de foi et sa prédication correspondait à la vérité divine.

 

9         1 Timothée 2:8 — manière de prier

« Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, élevant des mains saintes, sans colère et sans raisonnement [sans esprit de doute] » (1 Tim. 2:8).

 

9.1        Je veux donc

Avec ce verset 8, l’apôtre Paul met fin à la première partie de ses instructions de ce chapitre. En même temps il aborde un nouveau sujet, en ce qu’il donne à Timothée des instructions spéciales pour les hommes [mâles] et pour les femmes.

La formule « je veux donc » signifie que Paul parle avec autorité apostolique, mais quand même par ordre de Dieu. On pourrait aussi traduire : « je commande ». Bien qu’il soit lié à Timothée par un lien d’amour et d’amitié, il attache une forte insistance à son message. Manifestement il y avait des raisons concrètes pour cela à Éphèse où Timothée se trouvait. Timothée avait la charge de veiller à ce que cette instruction soit appliquée.

Dans ce verset et les versets suivants, ce n’est pas du tout un point de vue personnel que Paul donne, mais il s’agit d’exigences de Dieu. Ces exigences étaient valables à l’époque autant qu’aujourd’hui, sans changement. Il est d’autant plus étonnant que ces injonctions soient ignorées aujourd’hui dans de vastes secteurs de la chrétienté.

 

9.2        Digression sur l’homme et la femme

9.2.1        Des enseignements divins à retenir

Or précisément ces instructions bibliques sur l’homme et la femme sont attaquées avec violence depuis quelques décennies. Pourtant les enseignements divins sont clairs et compréhensibles. Dans au moins cinq passages des épîtres le sujet de l’homme et de la femme est abordé. Dans trois d’entre eux, Éphésiens 5, Colossiens 3 et 1 Pierre 3, il s’agit spécialement de l’homme et de la femme dans le mariage, tandis que dans les deux autres passages 1 Cor. 11 et 1 Tim. 2, il s’agit de l’homme et de la femme en général. Il faut bien en tenir compte. Notre paragraphe ne vise pas spécialement le mariage, mais il a une portée générale. Les époux et les épouses sont bien entendu inclus. Il est important de voir cela clairement quand nous creusons ces versets. Paul donne ici des instructions sur le comportement des hommes et des femmes quand ils sont ensemble en public.

 

9.2.2        Des instructions divines remontant à l’ordre de Dieu dans la création naturelle

Les instructions de Dieu au sujet de l’homme et de la femme remontent à l’ordre de Dieu dans la création. Les passages indiqués s’y rapportent presque tous. Dans cet ordre, tout émane de Dieu. Il a créé et formé l’homme et la femme. C’est pourquoi Il a le « droit de décider ». Il a institué dans Sa sagesse que l’homme et la femme sont différents dans leur être même, et qu’ils ont des missions différentes correspondant à leur être. L’homme a reçu de Dieu la responsabilité de conduire. Il est la « tête ». La femme, au contraire, tirée du côté d’Adam, est le « cœur ». Dieu voudrait que ces différences soient visibles, tandis que l’ennemi de Dieu cherche à les camoufler. C’est dans ce champ de tensions que nous vivons aujourd’hui.

Là-dedans il est très important de voir que ces différences se rapportent premièrement à la création naturelle et non pas à la nouvelle création. S’agissant de notre position comme créatures, l’homme et la femme sont différents. S’agissant de notre position en Christ, ces différences n’existent pas (Gal. 3:28) ; mais l’ordre naturel de la création selon Dieu n’est pas neutralisé par la nouvelle création en Christ.

 

9.2.3        Pas de différence de valeur ou de dignité

Deuxièmement il faut voir clairement que l’existence de différences entre l’homme et la femme n’a rien à faire avec une question de « valeur » ou de « dignité ». Une différence de « rang » ne signifie pas du tout une différence de « valeur » ou de « dignité ». L’homme et la femme sont absolument égaux quant à la valeur, mais ils ne sont pas de même genre. Tenir compte de cela aide à mieux comprendre les versets qui suivent, et avant tout à mieux accepter les choses.

 

9.3        La prière

Le verset 8 montre clairement quatre choses :

●Premièrement il est indiqué qu’on doit prier en public.

●Deuxièmement il est répondu à la question de savoir qui doit prier en public. Ce sont les hommes, et non pas les femmes.

●Troisièmement, il est répondu à la question de savoir l’on doit prier : c’est partout (en tout lieu).

●Quatrièmement on apprend dans quelle attitude intérieure les hommes doivent prier. Ils doivent élever des mains saintes, sans colère et sans raisonnement (sans esprit de doute).

 

Paul parle en premier lieu aux hommes, et les invite à prier en public. Dans la prière nous parlons à Dieu. Si nous lisons Sa Parole, c’est Lui qui nous parle. Les deux sont importants et indispensables pour une saine vie de foi. Une des caractéristiques de la maison de Dieu, c’est qu’on y prie. Ce qui est visé ici est la prière publique.

Quand nous prions Dieu en public, cela signifie que nous apportons devant Dieu notre sujet de prière, qu’il s’agisse de louange, d’actions de grâce, d’adoration ou d’intercession. Nous le faisons courtement, clairement et concrètement. La prière publique n’est pas donnée pour faire de longs exposés à Dieu. De toute façon, Dieu n’a pas besoin qu’on Lui fasse des exposés, Il connaît les choses mieux que nous. Il en va de même pour les auditeurs. L’enseignement a sa place dans la prédication, pas dans la prière. Il n’est pas non plus nécessaire dans nos prières de faire de longues introductions, ni des formules terminales qui sonnent bien. Pensons bien que nous invoquons comme Père Celui qui juge sans faire acception de personnes (1 Pierre 1:17). Cela veut dire qu’il y a une forme à conserver, mais sinon, en public, il faut rester brefs et précis. Pensons aux instructions données par le Seigneur dans le sermon sur la montagne : « Et quand tu pries, ne soit pas comme les hypocrites, car ils aiment à prier en se tenant debout dans les synagogues et aux coins des rues, en sorte qu’ils soient vus des hommes. En vérité, je vous dis : ils ont déjà leur récompense ! » (Matt. 6:5). Celui qui prie en public est le porte-parole des autres ; et il s’adresse à Dieu, non pas premièrement pour être entendu et vu des autres.

 

9.4        Les hommes

Paul s’adresse maintenant aux hommes (mâles). Devant le mot ‘homme’ il y a l’article. Sans aucun doute, il ne s’agit plus comme précédemment des ‘hommes’, ou ‘êtres humains’ ou ‘gens’ en général, mais des ‘hommes’ en contraste avec la femme. Les hommes doivent prier. Inversement on en déduit sans ambiguïté que les femmes ne doivent pas prier en public. Quand des hommes et des femmes se trouvent ensemble en public, et qu’une prière est prononcée, c’est alors le privilège et la responsabilité de l’homme de prier. La liberté de prier partout [« en tout lieu »] en public est donnée aux hommes — et non pas aux femmes. L’injonction est simple à comprendre. Cependant on passe son temps à y déroger, souvent avec des explications et des excuses fallacieuses.

De manière tout à fait générale, la prière est le privilège de tous les enfants de Dieu, aussi bien des hommes que des femmes. Nous trouvons dans la Bible différentes femmes qui ont prié. Nous pensons aux prières d’Anne (1 Sam. 2), et de Marie (Luc 1). Le contenu de leur prière montre qu’elles étaient mûres spirituellement. Mais c’était des prières personnelles, nullement publiques. En public les femmes ne prient pas. Dieu l’a ainsi prévu et établi. Nous avons déjà vu que celui qui prie est un porte-parole pour les autres, et que par cela il prend un certain « rôle de conducteur ». C’est justement la raison pour laquelle les femmes ne doivent pas prier en présence d’hommes. La conduite dans la prière appartient à l’homme et non pas à la femme. Cela n’a rien à voir avec le fait que beaucoup de sœurs sont plus mûres spirituellement que des hommes, mais cette disposition remonte à l’ordre de la création de Dieu. « En Christ » il n’y a pas de différence, tous, hommes et femmes, sont alors égaux. Mais s’il s’agit de la position dans l’ordre de la création et dans la maison de Dieu, alors il y a des différences, et Dieu voudrait qu’elles soient visibles.

Quand dans certains cas des sœurs prononcent une prière devant d’autres, — par exemple dans un domaine privé ou quand elles sont entre elles, ou en tant que mères avec leurs enfants, — cela ne tombe pas sous l’injonction de ce verset. Dans un tel cas, c’est pourtant la volonté de Dieu qu’une femme se couvre la tête. Cela ressort clairement des instructions de 1 Corinthiens 11.

D’un côté « les hommes » sont donc ici considérés en contraste avec les femmes. D’un autre côté, par le terme « hommes », nous ne devons pas comprendre un groupe particulier de frères qui se différencierait des autres par exemple par l’« âge », ou par leur « fonction », ou par une prétendue « maturité ». Il s’agit de tous les hommes. Pour la prière il n’est besoin d’aucun don. Tout frère peut prononcer une prière en public. Tous les frères ont cette liberté, bien entendu dans une attitude intérieure correcte et sous la direction du Saint Esprit.

 

9.5        En tout lieu

Paul dit clairement où l’on doit prier. Les hommes doivent prier en tout lieu. Cela montre clairement qu’il s’agit de prière publique. Il s’agit de circonstances où les croyants se trouvent ensemble et où une prière est prononcée. Nous retrouvons cette expression en 1 Cor. 1:2 et 2 Cor. 2:14 et 1 Thess. 1:8. Il en ressort clairement qu’il s’agit de lieux publics où des gens se rassemblent. Il peut s’agir de l’assemblée locale, mais il peut tout à fait s’agir d’autres occasions. Partout où l’on se réunit, que ce soit des conférences, des journées bibliques, des temps de vacances, des manifestations évangéliques, des rencontres de jeunes, des groupes de maison, des enterrements, des mariages, des baptêmes, etc…, les hommes doivent prier. Il ne s’agit donc pas d’un quelconque bâtiment sanctifié, ou de culte spécial, ou de lieux de prières spéciaux, mais il s’agit de ce que des croyants sont rassemblés publiquement et prient.

Ce verset contient en même temps un encouragement général à prier publiquement. Naturellement nous connaissons les réunions de prières de l’assemblée locale. Mais ce serait bien trop peu de limiter à cela la prière en commun. Toutes les fois que nous nous réunissons comme croyants, c’est le privilège des hommes de prononcer une prière. Puissions-nous en faire davantage usage.

 

9.6        Des mains saintes

Paul montre ensuite clairement dans quelle attitude les hommes doivent prier. Ils doivent le faire en élevant des mains saintes. À la lumière d’autres passages du Nouveau Testament, il n’y a pas lieu de comprendre cette expression littéralement, mais au sens figuré. Dans un tout autre contexte, Héb. 12:12, par exemple, parle également dans un sens figuré, de nos mains et de nos genoux. Il n’y a rien de crucial dans l’attitude corporelle pour prier. Ce peut être à genoux, ou debout, ou assis. Il va de soi que nous devons autant que possible prendre une attitude d’honneur devant Dieu, y compris extérieurement. Mais ce n’est pas le point critique ici. Cela est d’ailleurs valable aussi pour notre prière personnelle. Si on a des insomnies la nuit, ou si on est couché sur un lit d’hôpital, on peut bien prier au lit. Si on est en route, en voiture ou en train, on peut bien prier là. Si on se promène à pieds, on peut pareillement parler à son Père dans le ciel, comme n’importe où ailleurs.

Ce que veut dire notre verset, c’est que celui qui prie publiquement, et est par-là la « voix » d’autrui, ne peut pas être mêlé avec des choses qui ne sont pas en accord avec sa confession de foi. Celui qui prie doit être en harmonie morale avec Dieu. Nous ne pouvons nous approcher de Dieu qu’avec des mains pures. Dans ce passage le mot « saint » n’est pas celui utilisé le plus fréquemment avec le sens de « séparé ». Les « mains saintes » signifient des mains « miséricordieuses » ou « pleines de grâce », des mains qui ne sont donc pas souillées. Les mains parlent de l’attitude et de l’activité de la vie. Dans leur comportement les hommes doivent être pleins de grâce et miséricordieux. Si nous faisons au contraire des choses qui ne concordent pas avec notre confession, nous ne pouvons pas prier en public. Nous avons des mains saintes quand nous nous sommes purifiés, et que nous nous tenons constamment dans le jugement de nous-mêmes devant notre Dieu. Nous sommes familiers avec la pensée de s’éprouver soi-même en vue de la fraction du pain et de régler les choses qui ne sont pas en ordre. Cela s’applique aussi bien à l’égard de la prière publique. 1 Pierre 3:7 montre que des hommes peuvent causer l’interruption de leurs prières par exemple par des manquements vis-à-vis de leurs épouses (il s’agit alors de prières personnelles ou en couple). Nous pouvons aussi, par un faux comportement, contribuer à ce que nos prières n’aient pas d’effet. Voilà pourquoi des mains saintes sont nécessaires. Le Psalmiste écrivait déjà : « Si j’avais regardé l’iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m’aurait pas écouté » (Ps. 66:18).

 

9.7        Sans colère et sans raisonnement [sans esprit de doute]

Élever des mains saintes implique de le faire sans colère et sans esprit de doute.

La colère, ou le courroux, révèle un état de souffrance intérieure qui éclate extérieurement ou qui exprime un tempérament facilement excitable. La colère a à faire avec autrui. On est irritable contre les autres. La Bible nous demande à plusieurs reprises d’être d’un commun accord, et elle attribue une grande valeur au fait de ne rien avoir contre un frère ou contre une sœur. Dans une attitude intérieure de colère, nous ne pouvons pas prononcer de prière publique, mais nous devons nous taire. « Sans colère » implique également que nous ne fassions jamais un mauvais usage de la prière publique en attaquant ou sermonnant un frère ou une sœur.

Les raisonnements, ou l’esprit de doute, paraissent être davantage en rapport avec Dieu. Nous devons être convaincus de ce pour quoi nous prions. Si nous ne le sommes pas, nous courons le danger que notre incertitude contamine les autres. Nous devons laisser de côté ce qui n’est pas empreint de clarté et de sûreté dans la prière publique. Nous devons en même temps prier avec la ferme confiance que Dieu nous entend et exauce. On trouve un exemple de l’esprit de doute en Actes 12. L’assemblée avait prié pour Pierre. Quand le Seigneur eut exaucé la prière et que Pierre se tint à la porte, personne ne voulait croire que ce fût réel.

Le Seigneur Jésus a dit Lui-même une fois à ses disciples : « En vérité, je vous dis que quiconque dira à cette montagne : Ôte-toi, et jette-toi dans la mer, et qui ne doutera pas dans son cœur, mais croira que ce qu’il dit se fait, tout ce qu’il aura dit lui sera fait » (Marc 11:23). Jacques dit : « mais qu’il demande avec foi, ne doutant nullement ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et jeté çà et là ; or que cet homme-là ne pense pas qu’il recevra quoi que ce soit du Seigneur : il est un homme incertain dans ses pensées, inconstant dans toutes ses voies » (Jacques 1:6-8).

En résumé nous pouvons dire que l’attitude de prière des hommes dans une prière publique doit être caractérisée par les points suivants :

●il doit avoir des mains saintes vis-à-vis de lui-même,

●il doit être en amour et en paix avec les autres gens,

●il doit être en pleine confiance vis-à-vis de Dieu.

 

10    1 Timothée 2:9 — parure extérieure des femmes

« De même aussi, que les femmes se parent d’un extérieur décent, avec pudeur et modestie, non pas de tresses et d’or, ou de perles, ou d’habillements somptueux » (1 Tim. 2:9).

 

NdT : le mot grec traduit par « extérieur » en allemand, est traduit par « costume » par JND en français.

 

10.1   « De même aussi que les femmes »

Les mots introductifs du verset : « de même aussi » ont donné lieu à des interprétations différentes, dues en partie à des traductions imprécises. Paul ne veut pas du tout dire que les femmes ont à prier publiquement tout comme les hommes. Ce serait en contradiction avec d’autres affirmations du Nouveau Testament. « De même aussi » se rapporte grammaticalement sans ambiguïté à la volonté de Paul indiquée au v. 8. On pourrait aussi lire : « de même aussi je veux que… ». De la même manière que Paul voulait que les hommes prient en tout lieu, de la même manière donne-t-il ici aux sœurs l’instruction de se parer d’un extérieur décent. Les instructions qui suivent ici sont donc données en se référant spécialement à l’autorité apostolique de Paul — sous la direction du Saint Esprit. Ce sont des déclarations bibliques dont la validité est indépendante du temps, et qui sont donc aussi normatives pour nous. Il ne s’agit pas simplement d’une opinion de Paul, ou d’un conseil qu’il donnait, mais d’une instruction divinement inspirée. Il faut d’autant plus en tenir compte que ce que nous lisons ici est totalement à l’opposé de l’opinion courante dans ce monde, y compris le monde chrétien. Même beaucoup d’enfants de Dieu ne considèrent plus ces indications comme contraignantes. Mais elles sont Parole de Dieu, comme toute autre partie de la Bible. Cette Parole conserve sa validité.

C’est dans la nature de beaucoup de femmes d’aimer se parer. C’était déjà le cas dans l’Ancien Testament. Et il en était de même au temps de l’apôtre Paul et de Timothée, et aujourd’hui il n’en est pas autrement. Contre la parure sur soi et pour soi, il n’y a rien à dire. Tout au contraire. Les femmes doivent se parer. La question est seulement avec quoi les femmes chrétiennes doivent se parer. Dans cette mesure, ce verset est à considérer de façon tout à fait positive.

 

10.2   Un extérieur décent

Si nous résumons l’enseignement de ce verset, nous reconnaissons qu’il s’agit de modestie et de bienséance. La femme ne doit pas frapper par son extérieur, mais l’extérieur de la femme doit être en accord avec sa profession chrétienne et son témoignage. L’extérieur de la femme, tel qu’il est exprimé entre autres par son habillement et sa parure, n’est nullement indifférent. On dit souvent que c’est notre cœur qui importe à Dieu, et que l’extérieur ne joue guère de rôle. La première affirmation est vraie. Il est vrai que notre cœur a de l’importance. Mais la deuxième affirmation n’est pas juste. Notre extérieur a également de l’importance. L’extérieur est souvent un reflet de l’intérieur. Quand ça va à l’intérieur, alors cela se voit de l’extérieur. Nous devons avoir une claire conscience de la présence de Dieu dans Sa maison : rien ne Lui échappe. Dieu voit le cœur et cherche la droiture du cœur. Dieu voit également notre comportement extérieur, qui doit être en accord avec l’intérieur.

Nous voulons encore une fois insister sur le fait qu’il s’agit ici de la maison de Dieu. Cette instruction ne concerne pas seulement nos réunions (elles sont incluses), mais toute la vie publique de la femme chrétienne. Ce serait erroné si nos sœurs avaient une garde-robe du dimanche et une toute autre garde-robe pour tous les jours. Ce serait de l’hypocrisie et ce ne serait très nettement pas en accord avec la pensée de Dieu. La manifestation de ce qu’est la maison de Dieu et de ce qui se rattache à son ordre est fortement conditionnée par l’allure extérieure que les femmes se donnent. On trouve une pensée semblable de Paul en Tite 2:10 où il est demandé aux esclaves chrétiens « d’orner » par leur comportement « l’enseignement qui est de notre Dieu sauveur ».

L’« extérieur » (ou : l’« allure ») signifie ici la présentation extérieure de la femme. Cette présentation extérieure d’une personne exprime souvent quelque chose de son caractère. Par son extérieur (habillement, coiffure, parure, maquillage, façon de parler, réactions aux différentes influences) on montre aux autres quelque chose de ce qu’on est et de ce qu’on voudrait présenter.

La « parure » a l’idée fondamentale de « mettre en ordre », « arranger », « apprêter ». Le mot contraire est le mot « chaos », c’est la pagaille, le désordre. C’est du mot grec pour « parure », qu’est dérivé le mot « cosmétique ». Il est intéressant de savoir que le mot « décent » en est proche. La décence c’est ce qui est bienséant, convenable, honorable. Les femmes chrétiennes doivent s’habiller et se présenter en ordre ou avec « bon goût ». Salomon l’exprime très crûment dans les Proverbes : « Une femme belle et dépourvue de bienséance [JND : sens], c’est un anneau d’or au nez d’un pourceau » (Prov. 11:22).

 

10.3   La pudeur et la modestie

L’extérieur décent s’affirme dans la pudeur et la modestie. Ce sont des valeurs pour lesquelles beaucoup de gens de ce monde n’ont guère d’estime. Or devant Dieu ce sont des valeurs vers lesquelles nous avons à tendre. La « pudeur » est l’horreur morale de tout ce qui n’est pas convenable. C’est la décence humble. Une femme chrétienne fera tout pour ne pas outrepasser les frontières de la retenue féminine. La « modestie » est le sain pouvoir de jugement ou la maîtrise de soi que Dieu nous a donnée. Ailleurs le mot est traduit par « sobriété » ou « sens rassis ». Sous la direction du Saint Esprit, une femme reconnaîtra à la lumière de la Parole de Dieu ce que Dieu voudrait d’elle. La « modestie » est aussi en rapport avec la « bienséance » et la « pudeur ». Une femme chrétienne fera tout pour ne pas exciter les convoitises sexuelles des hommes par son extérieur. Il devrait être clair qu’une telle allure est aux antipodes de l’opinion courante du monde ; nous sommes dans un temps où les médias invitent à faire juste le contraire et l’esprit du temps est aussi entièrement à l’inverse.

Pourtant nous voulons nous aussi penser le contraire. Une femme peut attirer négativement l’attention des autres en s’habillant sciemment de façon démodée, négligée et sans soin. Ce n’est pas non plus selon la pensée de Dieu. Il s’agit qu’une femme aille avec une attitude décente et bienséante et ne se fasse pas inutilement remarquer d’un côté ou d’un autre. C’est ce qui fait la dignité d’une femme. De la femme vertueuse de Prov. 31 il est dit : « le fin coton et la pourpre sont ses vêtements » (v. 22). Un aspect extérieur digne est le reflet d’un intérieur digne.

Ensuite l’apôtre Paul mentionne des choses négatives qui ne conviennent pas à une allure décente et bienséante. Elles étaient recherchées dans la culture grecque et romaine de l’époque et sont toujours d’actualité, peut-être avec quelques modifications de forme.

● les tresses : il s’agit de frisures compliquées des cheveux, arrangés artistiquement, avec des tresses et des nœuds. C’était des créations luxueuses, qui ne relevaient pas du tout de la simplicité. Il ne s’agit certainement pas de tresses toutes simples.

● l’or et les perles : il s’agit d’ornements coûteux, pouvant être soit portés séparément, soit entremêlés dans les cheveux.

● l’habillement somptueux : c’est ce qu’une femme porte pour paraître et impressionner à l’extérieur. L’habillement et la parure étaient souvent, comme aujourd’hui, un moyen d’étaler sa richesse et d’attirer l’attention sur soi.

 

Pierre parle également de ce sujet. Il écrit : « vous, dont la parure ne doit pas être [une parure] extérieure qui consiste à avoir les cheveux tressés et à être paré d’or et habillé de [beaux] vêtements, mais l’homme caché du cœur, dans l’incorruptibilité d’un esprit doux et paisible qui est d’un grand prix devant Dieu ; car c’est ainsi que jadis se paraient aussi les saintes femmes qui espéraient en Dieu » (1 Pierre 3:3-5). Nous reconnaissons ici qu’il ne s’agit pas de ce que la femme ait ses cheveux pendant librement et sans ordre ou qu’elle renonce à toute parure ou tout vêtement attirant. Il s’agit bien plus de ce qu’une femme chrétienne ne se fasse pas remarquer par son extérieur, mais par ses traits intérieurs qui sont précieux devant Dieu. C’est ce point que Paul aborde également dans le verset suivant de notre chapitre.

L’extérieur d’une femme ne doit pas attirer sur elle l’attention des gens, en tout cas pas celle des hommes, mais l’intérêt de Dieu. Dieu voudrait y trouver de la joie. L’extérieur de la femme doit être en accord avec sa position devant Dieu. La parure chrétienne sert à l’honneur et à la joie de Dieu. La parure terrestre est attractive pour les hommes.

 

11    1 Timothée 2:10 — parées de bonnes œuvres 

« … mais par de bonnes œuvres, ce qui sied à des femmes qui font profession de servir Dieu » (1 Tim. 2:10).

 

11.1   En accord avec la profession

Maintenant Paul recommence à parler de choses positives. Les femmes chrétiennes professent quelque chose. Elles professent craindre Dieu. Elles doivent correspondre à cette profession, pas seulement par leur extérieur décent, mais également par de bonnes œuvres.

« Ce qui sied » signifie ce qui convient, ce qui est en harmonie avec la crainte de Dieu. Ce qui est professé doit être confirmé par l’attitude intérieure et par le comportement extérieur. S’il est parlé de profession, c’est que quelque chose est dit, est extériorisé, et donné à connaître publiquement. L’attitude intérieure, les paroles et les actes doivent concorder et être en harmonie avec cela. Ce n’est que dans ces conditions que la vie chrétienne est équilibrée, tant chez les hommes que chez les femmes. On ne peut pas prétendre craindre Dieu, et en même temps ignorer Ses instructions. La crainte de Dieu se montre dans une attitude d’amour, de respect, d’honneur vis-à-vis de Dieu. Il ne s’agit pas d’avoir peur de Dieu, mais de Le reconnaître dans ce qu’Il est.

Il ne serait pas juste de comprendre ces versets comme une sorte d’« ordonnance vestimentaire pour la femme chrétienne » qu’on voudrait maintenir de manière légale et peut-être même l’imposer aux autres. Dieu ne nous instruit pas de cette manière dans le Nouveau Testament. Il y a des questions auxquelles les sensibilités répondent différemment. Dans toutes les questions qui surgissent, le point critique est l’état de cœur vis-à-vis du Seigneur Jésus de celui qui pose la question. S’il y a une réelle crainte de Dieu et de l’amour dans le cœur, alors une femme ayant du sens spirituel ne trouvera pas difficile de reconnaître la volonté de Dieu et de la faire. Si le cœur bat pour le Seigneur, toutes les questions trouvent leur réponse. Salomon écrit à son fils dans les Proverbes (cela est aussi valable pour ses filles) : « Mon fils, si tu reçois mes paroles et que tu caches par devers toi mes commandements …, si tu inclines ton cœur à l’intelligence, si tu la cherches comme de l’argent et que tu la recherches comme des trésors cachés, alors tu comprendras la crainte de l’Éternel et tu trouveras la connaissance de Dieu » (Prov. 2:1, 4, 5).

 

11.2   Les bonnes œuvres

Les bonnes œuvres ne consistent pas à ce qu’une femme se montre décente vu du dehors. Non, le champ d’activité d’une femme chrétienne est grand même vu du dehors. Certes elle ne prie pas et n’enseigne pas en public comme les hommes, mais cela ne veut pas dire qu’elle doive être inactive. Nous trouvons dans le Nouveau Testament des exemples de telles femmes. Marie a fait une bonne œuvre à l’égard du Seigneur (Matt. 26:10). Dorcas était pleine de bonnes œuvres (Actes 9:36). D’autres femmes comme Priscilla, Évodie, Syntyche, et d’autres, se sont employées à l’œuvre du Seigneur.

Une femme chrétienne doit donc être tout à fait attractive et frappante, non pas par son extérieur, mais par la manifestation des vertus chrétiennes (1 Pierre 3:5) et par les bonnes œuvres. Dans ce passage, les « bonnes œuvres » envisagées sont celles qui sont utiles dans leurs résultats et richement bénies pour d’autres. Naturellement elles sont faites pour l’honneur et la joie de Dieu. Mais en rapport avec la maison de Dieu qui est une maison de prières pour tous les hommes, les bonnes œuvres profitent aux autres hommes. Il peut s’agir aussi bien de nos frères et sœurs dans la foi que des incrédules. Paul écrit à Tite : « cette parole est certaine, et je veux que tu insistes sur ces choses, afin que ceux qui ont cru Dieu s’appliquent à exceller dans les bonnes œuvres : ces choses sont bonnes et utiles aux hommes » (Tite 3:8). De telles bonnes œuvres sont toujours le résultat de la vie nouvelle et de la dépendance de Dieu (Éph. 2:10).

 

12    1 Timothée 2:11 — silence et soumission

« Que la femme apprenne dans le silence, en toute soumission » (1 Tim. 2:11).

 

12.1   Dans le silence

Une femme qui se pare selon ce qu’on a dans les versets précédents, correspond aux pensées de Dieu pour sa maison. Une telle femme n’aura pas le désir de figurer au premier plan et d’attirer les regards sur elle, mais elle se comportera discrètement, et restera en arrière-plan. Un bel exemple est celui de Rebecca. Dès qu’elle vit Isaac, elle se couvrit d’un voile. Elle s’est soustraite à l’emprise des autres. Quelqu’un a dit une fois : « Plus une sœur se cache, plus elle est belle ». La pensée de Dieu là-dessus n’a pas changé jusqu’à aujourd’hui, même si le monde qui nous entoure enseigne et pratique tout autre chose.

Certains commentateurs rattachent ces instructions aux seules réunions des croyants. En fait, Paul en 1 Cor. 14:34-35, exprime des pensées semblables et les rattache là aux réunions en tant qu’assemblée. Mais ici, cela va plus loin, et c’est exprimé d’une manière plus générale. Il s’agit du comportement en public.

Le message du v. 11 commence par le silence, et termine au v. 12 par le silence. L’enseignement sur le comportement de la femme est, pour ainsi dire, encadré par la vie dans le retrait. C’est l’acceptation du domaine que Dieu a départi à la femme. Entre deux nous avons une déclaration positive et une négative.

La vie dans la tranquillité (*) est du reste quelque chose qui ne concerne pas seulement les femmes. Des passages comme 1 Thess. 4:11 et 2 Thess. 3:12 montrent clairement que les hommes aussi sont invités à une vie dans la tranquillité. Nous devons aussi bien être tranquille et travailler dans la tranquillité. Une vie qui frappe de l’extérieur n’est pas la vie d’un vrai chrétien.

 

(*) Note Bibliquest : Ce paragraphe fait suite directement au précédent parce qu’en allemand les mots traduisant ‘dans le silence’ et ‘dans la tranquillité’ (ou : ‘paisiblement’, ‘dans le calme’) sont les mêmes ou semblables. En français JND aussi bien que Carrez et TOB distinguent 1 Tim. 2 v. 11 et 12 qui parlent tous les deux de ‘dans le silence’, tandis que 1 Thes. 4:11 et 2 Thes 3:12 parlent de ‘paisiblement’ ou ‘dans le calme’ ou ‘tranquilles’.

 

12.2   Apprendre est un processus

La femme doit apprendre. « Apprendre » est le propre aussi bien d’un élève que d’un disciple. Le mot est effectivement apparenté au mot utilisé pour « disciple(s) ». Pour une femme, il s’agit de faire attention attentivement à ce qui est dit. La Parole de Dieu doit être assimilée et manifester du fruit dans la vie, de sorte que nous puissions mieux imiter notre Seigneur. Le temps utilisé pour le verbe montre en outre clairement qu’apprendre est un processus qui dure. C’est quelque chose qui doit être constamment à faire et refaire. Tant que nous vivons sur la terre, nous restons de ceux qui apprennent, — aussi bien les hommes que les femmes. Nous ne quittons l’école de Dieu que quand nous quittons la terre.

 

12.3   La soumission

La soumission signifie qu’on se range sous quelque chose. Nous avons tous de la difficulté à l’accepter. C’est pourquoi l’invitation à se soumettre dans le Nouveau Testament ne concerne pas seulement la femme, mais aussi l’homme. Romains 13:1 nous rappelle à tous à être soumis aux autorités. En 1 Pierre 5:5 il est demandé aux jeunes gens d’être soumis aux anciens, et en Éphésiens 5:21 il est dit d’être « soumis les uns aux autres ». Il est vrai qu’à aucun groupe de croyants cette instruction n’est donnée aussi souvent qu’aux femmes (1 Cor. 14:34 ; Éph. 5:22 ; Col. 3:18 ; Tite 2:5 ; 1 Pierre 3:1, 5). Nous reconnaissons que, dès le commencement, l’effort de l’ennemi a été de faire sortir la femme de sa position de soumission.

La question se pose de savoir à qui la femme est soumise. Dans les passages bibliques qui traitent du comportement de l’époux et de l’épouse, c’est sans ambiguïté. La femme est subordonnée à l’homme. Cela veut dire qu’elle le respecte et le reconnait dans la position que Dieu lui a donnée. Il est tout à fait possible que Paul ait également ici cette pensée, et qu’il l’applique d’une manière générale à l’homme et à la femme. La suite au v. 12 le suggère en tout cas. Mais on peut aussi penser que l’apôtre parle de soumission à la Parole de Dieu. Il est parlé de « toute soumission », c’est à dire que c’est une soumission sans exception. De toute manière nous devons être soumis à la Parole de Dieu. Cela vaut aussi pour ces prescriptions. Si une femme méconnait les instructions données ici, elle sort de la place que Dieu lui a attribuée.

Un bel exemple de femme qui s’est comportée selon ce verset sans le connaitre, c’est Marie de Béthanie. Elle était assise aux pieds du Seigneur Jésus et écoutait Sa Parole (Luc 10:39). Nous avons là aussi bien le silence que la soumission. Un autre exemple est Lydie dont le Seigneur ouvrit le cœur pour qu’elle soit attentive à ce que Paul disait (Actes 16:15).

 

13    1 Timothée 2:12 — enseignement, usage de l’autorité

« Mais je ne permets pas à la femme d’enseigner ni d’user d’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence » (1 Tim. 2:12).

 

13.1   Une parole impopulaire

La femme n’a pas une position publique dans la maison de Dieu. Dieu a destiné cette position aux hommes. Partant de là, Paul dit ici qu’il n’est pas permis à la femme d’enseigner. Paul est tout à fait clair sur ce point. Il dit : « je ne permets pas à la femme d’enseigner ». Une comparaison avec d’autres passages (Actes 26:1 ; 1 Cor. 14:34 ; 16:7) montre clairement qu’il s’agit ici sans ambiguïté d’une interdiction. Paul n’écrit pas parce qu’il ne pouvait pas souffrir les femmes, mais parce que le Saint Esprit lui a donné la mission de le consigner par écrit. Dans notre temps, cette déclaration de Paul a plus que du mal à passer, et pourtant c’est la Parole de Dieu. Dans la chrétienté, cette instruction est largement ignorée et foulée aux pieds.

Paul mentionne donc aussi bien l’enseignement que le fait d’user d’autorité. ‘Enseigner’ est manifestement en contraste avec ‘apprendre’, du v. 11, et ‘user d’autorité’ est en contraste avec la ‘soumission’ de ce même v.11. Dieu voudrait que son ordonnance soit respectée, tandis que le diable voudrait justement arriver au résultat contraire.

 

13.2   Ne pas enseigner

Dans les épîtres à Timothée nous trouvons à plusieurs reprises une indication sur la doctrine ou l’enseignement (par ex. 1 Tim. 4:11 ; 6:3 ; 2 Tim. 2:2). « Enseigner » ou « être un enseignant » sont équivalents. Il s’agit de ce que l’enseignement biblique ne doit pas être transmis par des femmes, mais par des hommes. Enseigner ne signifie rien d’autre qu’exposer et expliquer la Parole. Les femmes ne doivent pas le faire en public. Cela ne contredit pas Tite 2:3-4 où nous lisons que les femmes âgées doivent enseigner de bonnes choses en instruisant les jeunes femmes. Le mot utilisé à cet endroit-là pour « instruire » (2:4) signifie « guider », et a davantage la pensée de guider dans des questions pratiques. Ce n’est pas la communication de l’enseignement biblique. La déclaration de ce verset 1 Tim. 2:12 ne contredit pas non plus 2 Tim. 3:15 où nous apprenons que Timothée a été instruit dans la Parole de Dieu par deux femmes, sa mère et sa grand-mère. Cette instruction était parfaitement appropriée, car elle s’exerçait dans l’atmosphère d’une maisonnée, et n’était pas en public. Dans le livre des Actes aussi, il est question de sœurs qui prophétisaient (Actes 21:9). Il est en tout cas frappant qu’il ne soit pas dit où ni dans quel contexte elles prophétisaient. Il est tout à fait certain qu’elles ne l’ont pas fait dans des réunions publiques. C’est justement ce qui est en vue ici en 1 Tim.2. Il s’agit de ce qu’une femme ne doit pas prendre la position d’enseignante dans des réunions publiques de croyants (réunions d’édification, études de la Parole, conférences, entretiens bibliques, etc.). La même chose s’applique pour un ministère écrit. Si une femme écrit un livre d’enseignement avec un contenu chrétien, c’est tout simplement ce qui n’est pas permis ici.

 

13.3   Ne pas user d’autorité sur l’homme

Paul montre maintenant un premier résultat de ce qu’une femme enfreint l’enseignement biblique et quitte la place que Dieu lui a destinée. Une sœur qui enseigne use d’autorité sur l’homme. « User d’autorité », le sens est aussi « exercer l’autorité », « agir de sa propre autorité », « dominer quelqu’un ». La femme ne doit pas le faire. La femme ne doit pas (cela est formulé de manière très générale) exercer d’autorité sur des hommes (sur le sexe masculin). Cette instruction remonte à l’ordre de la création de Dieu, comme le verset suivant le montre clairement. Dans cet ordre, Dieu a prévu que l’homme soit la tête. Il se peut tout à fait qu’une femme soit plus spirituelle qu’un homme, il se peut tout à fait qu’elle dispose d’une plus grande force morale. Mais cela ne lui donne toujours pas le droit de prendre la position de l’homme. Un bon état d’esprit spirituel se manifestera justement par le fait qu’une sœur ne se fera pas remarquer sur ce point. Mais un autre fait se rajoute à cela. Après la chute, Dieu a dit à Ève qu’Adam dominerait sur elle (Gen. 3:16). Cela a fait partie de la malédiction prononcée sur elle. Cette malédiction n’est pas complètement levée dans le christianisme, et en aucun cas on n’a le droit de la renverser.

Le fait est que celui qui enseigne est, en un certain sens, au-dessus de celui qui est enseigné. Un enseignant se situe au-dessus de ses élèves. L’apprentissage se fait en général du haut vers le bas. C’est, en un certain sens, l’exercice d’une autorité. Nous ne connaissons dans l’Écriture aucun cas de femme qui ait publiquement enseigné ou évangélisé. Cela vaut du reste non seulement quand des hommes sont présents, mais cela vaut comme principe, quand s’il s’agit d’un service public. Les sœurs peuvent, bien entendu, s’entretenir du Seigneur et de la Parole de Dieu. Elles peuvent échanger des expériences et s’aider mutuellement, mais elles ne doivent pas enseigner. Ce n’est en aucune manière une tare chez les sœurs, mais Dieu ne veut pas, et Il nous dit pourquoi dans les versets suivants.

Dans le contexte de ce commandement il y a deux dangers. L’un est que les hommes ne remplissent pas leur mission, et que les femmes saisissent la parole à leur place, et se mettent à enseigner. Le second danger est que les femmes ne disent plus rien, et se taisent également dans le cadre de la maison. Il est difficile d’établir des règles précises pour les cas particuliers. Les principes sont très clairs, et pour l’application pratique nous devons être exercés devant le Seigneur. De telles questions se posent, par exemple pour le service de l’école du Dimanche, pour le travail avec des jeunes sœurs, ou aussi quand des sœurs sont actives toutes seules dans le champ missionnaire.

 

14    1 Timothée 2:13 — ordre de la création

« … Car Adam a été formé le premier, et puis Ève » (1 Tim. 2:13).

 

14.1   Revenir au commencement

Paul remonte maintenant au commencement pour baser cette interdiction sur deux arguments. Le mot « car » montre clairement qu’il s’agit d’une justification du v. 12. Il commence d’abord par l’ordre de la création de Dieu dans le paradis, et parle ensuite de la chute. Cette manière de prouver montre très clairement que l’interdiction du v. 12 est générale et valable pour tous les temps. Il ne s’agit pas d’une instruction n’ayant cours que dans le judaïsme, ni d’une instruction s’expliquant par l’état et les circonstances d’Éphèse ou de Corinthe. Ce genre d’arguments est souvent mis en avant pour chercher à prouver l’absurdité de ces instructions. Non, l’explication remonte effectivement à l’ordre établi par Dieu dès la création. Cet ordre fait partie du règlement intérieur de la maison de Dieu aujourd’hui.

 

14.2   Formé en premier

Adam a été formé le premier, « formé » ou « modélisé ». En Gen. 2:7 nous lisons : « Et l’Éternel Dieu forma l’homme », et en Gen. 1:27 : « et Dieu créa l’homme ». L’usage de ces deux mots différents n’est pas sans raison. Quand Dieu crée quelque chose à partir de rien, cela nous montre Sa toute-puissance de Créateur. Quand Il forme quelque chose, cela montre Sa sagesse de Créateur. Dieu a fait la création avec sagesse. Sa sagesse est particulièrement visible dans ce qui est le couronnement de la création, à savoir l’homme. Il a formé l’homme et la femme. Il les a formés différents. Et dans Sa sagesse Il leur a donné une position différente et des attributions différentes. Dans Sa sagesse, le Créateur a pourvu à ce que chacun, homme et femme, puisse prendre sa place à Son honneur. C’est notre tâche et notre responsabilité de respecter cela.

Les mots « le premier » font allusion à une succession chronologique. Adam a été effectivement formé avant Ève. Il a d’abord été seul, jusqu’à ce que Dieu lui donne Ève à son côté. Mais ce n’est pas tout. Dans l’emploi de ces mots « le premier », nous ne reconnaissons pas seulement une succession temporelle, mais aussi une pensée de prééminence. On pourrait également traduire que Dieu a créé Adam comme « celui qui a la préséance », le « président ». C’est dans ce sens que Paul utilise le mot dans 1 Tim 1:15 où nous lisons que Paul se nomme le « premier » des pécheurs. Paul n’était pas du tout le premier à avoir péché dans le temps. Ce qu’il veut dire c’est qu’il était caractérisé par le fait de s’être chargé de la plus grande culpabilité. Adam n’a donc pas eu seulement la primauté temporelle, mais aussi le premier rang dans l’exercice de l’autorité, ou de la domination. Paul utilise un argument semblable en 1 Cor. 11:8, 9. Pour la femme, il y a une bénédiction particulière à reconnaitre avec action de grâce cet ordre divin issu de la création, et à ne pas s’insurger contre. Quand Ève l’a fait, cela a tourné à la catastrophe.

 

15    1 Timothée 2:14 — rappel de la chute

« … Et Adam n’a pas été trompé ; mais la femme, ayant été trompée, est tombée dans la transgression » (1 Tim. 2:14).

 

15.1   Trompée par le serpent

La création de l’homme n’est pas plus un mythe que sa chute. Le récit de la Genèse dépeint les choses comme elles ont eu lieu effectivement. Adam et Ève y ont participé tous les deux. Les deux ont commis des fautes, et ont quitté leur position. Ève n’a pas été « dans le silence » quand elle a commencé à discuter avec le serpent. Mais il n’y a pas eu que cela. La seconde faute a suivi. Ève a pris la direction, et s’est mise dans la positon qui appartenait à son mari. Nous ne lisons pas qu’Adam ait parlé. Il s’est tu alors qu’il aurait dû parler. Et alors il a montré la faiblesse de conducteur, il s’est laissé conduire par sa femme, au lieu de prendre l’initiative pour le bien. C’est ainsi que les deux sont tombés dans la transgression.

En Rom. 5:15, la transgression est rattachée au péché d’Adam. Ici, dans son argumentation, Paul la rattache au péché d’Ève. La traduction littérale du mot « transgression » est « franchissement de frontière » ou « violation d’un commandement ». C’est exactement ce qu’Ève a fait. Le temps du verbe utilisé indique que cette acte de transgression du passé, a de vastes conséquences qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui.

Le texte original utilise ici deux mots différents pour « trompé ». Dans le cas d’Adam c’est un mot plus faible, une simple tromperie. Dans le cas d’Ève au contraire, cela a été une tromperie extrême. Elle a été séduite par la ruse du serpent (2 Cor. 11:3). On pourrait dire qu’elle a été complètement roulée. Ça ne veut pas du tout dire que la culpabilité d’Adam est moindre. Il a agi sciemment et après réflexion. Mais ce n’est pas le point critique ici. Ici il s’agit d’Ève qui a quitté la place que Dieu lui avait attribuée.

Adam a suivi sa femme par amour. Elle avait pris la direction, et par-là elle avait mis de côté l’ordre divin. Elle a usé d’autorité, et a décidé sans son mari. C’est ainsi que le malheur a pris son cours. Dieu n’avait pas établi Ève comme conductrice, mais Adam. Prendre la position de son mari a eu des conséquences fatales. C’est justement la raison pour laquelle Dieu ne veut pas que les sœurs prennent dans la maison de Dieu une fonction de direction, un rôle de conducteur que Dieu a donné à Adam. La bénédiction réside dans le respect de ce principe.

Le fait que les femmes se taisent dans les réunions et ne doivent pas enseigner, n’a rien à voir avec une misogynie de Paul. Ce n’est pas non plus typiquement chrétien. Ce n’est pas lié à des questions d’époque, mais cela remonte à la volonté de Dieu, qui trouve son origine déjà dans l’ordre de la création. Cet ordre de la création de Dieu est immuable et valable pour tous les temps.

 

16    1 Timothée 2:15 — sauvée en enfantant

« Mais elle sera sauvée en enfantant, si elles persévèrent dans la foi et l’amour et la sainteté, avec modestie » (1 Tim. 2:15).

 

16.1   Un verset difficile

Le verset final de ce chapitre est un des plus difficiles de toute l’épître. Il n’y a guère d’autre verset de cette épître qui ait suscité autant de tentatives d’explications différentes, dont certaines ont été chercher très loin. Certains commentateurs pensent à une promesse de Dieu adressée à Ève. D’autres pensent qu’il serait question de Marie, la mère du Seigneur Jésus. Ces deux explications se distinguent assurément par le fait qu’il ne s’en dégage aucun sens. D’autres ont pris ce verset pour appuyer que les femmes croyantes doivent avoir beaucoup d’enfants. C’est se départir d’une explication raisonnable de la Parole. Mais il reste quelques doutes sur ce que Paul veut dire.

Cependant il y a quelques faits indiscutables par lesquels nous voulons commencer la réflexion :

 

● Le premier fait est que ce verset représente manifestement un encouragement pour les jeunes femmes. Il contient une promesse de Dieu pour cette terre. Il n’y a pas beaucoup de promesses de ce genre dans le Nouveau Testament. Tandis que la bénédiction de Dieu dans l’Ancien Testament était premièrement matérielle et terrestre, la bénédiction chrétienne typique est de nature céleste et spirituelle. Or ici nous avons une exception. Dieu donne une promesse aux jeunes femmes pour cette terre.

● Le deuxième fait est que Paul présente manifestement un certain contraste avec ce qui a été dit précédemment. Cela ressort nettement de l’usage de la conjonction « mais » au début. Paul ne voudrait pas démotiver, mais motiver. C’est pourquoi nous devons absolument interpréter ce verset dans le contexte du paragraphe, et nous ne pouvons pas le considérer en l’isolant du reste.

● Le troisième fait est qu’enfanter n’est évidemment pas le moyen, la voie du salut, mais la circonstance dans laquelle le salut est visible. Il y a des traductions qui parlent ici de salut « par l’enfantement ». Mais ce qui est visé est le salut de la femme pieuse en train d’enfanter. C’est un salut « à travers l’enfantement ». Nous trouvons une pensée parallèle en 1 Cor. 3:15 où il est question de ce que certains sont sauvés « comme à travers le feu ». Le feu n’est pas du tout le moyen de salut ; mais il est la circonstance qui fait reconnaitre le salut et à travers laquelle on est sauvé.

● Le quatrième fait est qu’il s’agit ici très sûrement d’un salut temporel et terrestre. Une naissance n’a rien à voir avec le salut éternel. Sinon que diraient les femmes qui ne sont pas mariées ou celles qui n’ont pas d’enfants ? Que diraient les hommes qui ne peuvent pas engendrer. Le mot « sauver » peut aussi signifier « préserver », « guérir », « garder sauf et intact ». Plusieurs passages du Nouveau Testament donnent la pensée d’un salut temporel et terrestre dans les circonstances. Naturellement ce mot est aussi utilisé pour le salut éternel, mais pas seulement (par ex. Marc 5:34 ; Actes 27:44).

● Le cinquième fait est que l’allusion à l’enfantement (et aux détresses qui s’y rattachent) est indiscutablement en relation avec Gen. 3:16. Là nous lisons : « À la femme il dit : Je rendrai très-grandes tes souffrances et ta grossesse ; en travail tu enfanteras des enfants ». C’était une partie de la punition que Dieu a fait peser sur la femme. Même si la médecine d’aujourd’hui a apporté beaucoup de soulagement aux femmes lors de la naissance, il reste que la naissance d’un enfant est toujours un processus plus ou moins douloureux.

 

La déclaration de ce verset signifie-t-elle donc que les femmes pieuses sont libérées de cette malédiction ? L’expérience montre que ce n’est pas le cas. Qu’une femme soit croyante ou pas, qu’elle vive pieusement ou pas, dans beaucoup de cas cela n’a pas d’influence sur le caractère plus ou moins douloureux de l’accouchement. Même des femmes pieuses sont mortes en couches. Ce qui est tout à fait le cas, c’est qu’une femme croyante peut compter sur Dieu et sur Son aide dans les heures difficiles de l’accouchement. Et cela l’aide certainement. La naissance d’un enfant peut être une occasion spéciale pour la miséricorde et le secours de Dieu. Mais la question subsiste de savoir quelle est la pleine signification de ce verset 15.

Si nous considérons la déclaration à la lumière des versets précédents, la pensée pourrait surgir que la femme n’a pas de fonction très essentielle dans la maison de Dieu. Elle ne doit pas prier publiquement. Elle ne doit pas enseigner. Elle ne doit pas conduire. Elle doit rester dans le silence. Une femme n’a-t-elle donc que peu de valeur ? Bien sûr que non. Peut-être à cause de cela Paul veut-il montrer la haute valeur et la grande tâche qu’ont les femmes dans la maison de Dieu. Une des grandes tâches des femmes chrétiennes réside dans le fait d’enfanter et de les élever à l’honneur du Seigneur. Nous pensons aux exemples d’Anne, la mère de Samuel, aux mères des rois pieux dans l’Ancien Testament et à Eunice la mère de Timothée. De cette manière une femme peut avoir une grande influence sur la vie du peuple de Dieu. L’expression « être sauvée » parait alors signifier que Dieu ôte de cette manière une partie de la malédiction prononcée en Gen. 3:16. Les douleurs de l’enfantement restent, mais la pensée qu’un enfant né vivra un jour à l’honneur et à la joie du Seigneur signifie pour la femme le « salut », « être sauvée » (*).

 

(*) Note Bibliquest : La sanction tombée sur la femme selon Gen. 3:16 et à laquelle fait allusion le verset précédent (1 Tim. 2:14 ; souffrances de l’enfantement) pourrait d’autant plus être un sujet de crainte, voire de peur, que la femme est plus pieuse et tient plus compte de la Parole de Dieu. L’encouragement du v.15 est alors particulièrement le bienvenu pour la femme pieuse, de savoir que Dieu est encore ‘Celui qui sauve’ même dans ces circonstances de l’enfantement et malgré cette malédiction initiale.

 

16.2   Une condition importante

Paul indique alors une condition importante à remplir pour pouvoir avoir recours à cette promesse de Dieu. Il dit : « si elles persévèrent dans la foi et l’amour et la sainteté, avec modestie ». Ici se pose une autre question qui ne peut pas être définitivement tranchée. La traduction française JND dit « elles » mais les traductions étrangères traduisent sans faire de différence entre « ils » et « elles ». Que représentent ce « ils » ou « elles » ? Il est clair que ce ne sont pas les enfants nés. S’agit-il seulement des femmes chrétiennes ou s’agit-il de l’homme et de la femme ? Littéralement et selon le contexte les deux sont possibles. Il y a de bons arguments pour les deux points de vue. Du fait que l’ensemble du paragraphe parle des femmes, on peut penser que Paul avait ce groupe devant les yeux (*). D’un autre côté il est frappant que le début du verset parle de la femme au singulier, et la fin utilise le pluriel. Cela pourrait être une indication que l’on pourrait comprendre l’homme et la femme. À l’encontre de cela, on peut objecter que l’ensemble du paragraphe ne parle ni d’époux ni d’épouse, mais d’hommes et de femmes en général. Dans l’application à nous, les deux sont évidemment visés. Dieu voudrait nous voir tous maintenir ces quatre éléments (foi, amour, sainteté, modestie).

 

(*) Note Bibliquest. L’interprétation retenue par JND en français et HR est « elles », les femmes chrétiennes.

 

‘Persévérer’ (« si elles persévèrent ») signifie ‘demeurer’. Nous devons nous mouvoir dans une atmosphère où la foi, l’amour, la sainteté et la modestie sont là normalement.

 

● La foi ici n’est pas la foi qui sauve, ni le contenu de ce qu’on croit. C’est la confiance de la foi journalière en notre Dieu, l’assurance que nous pouvons pleinement faire confiance à ce que Dieu a dit.

● L’amour est l’épanchement de l’amour divin qui a été versé dans notre cœur. C’est l’amour qui est là pour les autres et qui se donne aux autres.

● La sainteté est la sanctification ou l’état où l’on est saint. Ici aussi il s’agit de notre vie pratique. 1 Thess. 4:3 dit expressément que notre sainteté ou sanctification est la volonté de Dieu pour notre vie.

● La modestie, nous l’avons déjà trouvée au v. 9. C’est la faculté de juger sainement de ne rien faire qui dépasse les bornes de la bienséance et de la décence.

 

Que le Seigneur nous aide à rendre visible ces caractères glorieux dans notre vie — pour Son honneur comme Seigneur sur sa maison, et comme un témoignage dans ce monde de ce que Dieu est un Dieu-Sauveur qui veut que tous les hommes soient sauvés.