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VIE CHRÉTIENNE

 

Regroupement d’articles divers

Bremicker Ernst August

 

Table des matières abrégée :

1        UNE GRANDE MISSION — OU : LA GRANDE COMMISSION (Marc 16:15)

2        LE CHEMIN VERS L’APOSTASIE : CE QU’IL EST ET COMMENT L’ÉVITER (Jude)

3        LA MORT D’ÉTIENNE ET LA CONVERSION DE SAUL / PAUL METTENT EN LUMIÈRE LE CARACTÈRE CÉLESTE DE L’ÉGLISE (Actes 7:54 à 8:1)

4        ENCOURAGEMENT DANS LE SERVICE : Actes 18:9, 10

5        PRIANT... EN TOUT TEMPS (Éphésiens 6:18)

 

 

Table des matières détaillée :

1        UNE GRANDE MISSION — OU : LA GRANDE COMMISSION (Marc 16:15)

1.1     Qui donne cette mission ?

1.2     À qui est-elle donnée ?

1.3     Allez

1.4     Dans tout le monde

1.5     Prêchez

1.6     L’évangile

1.7     À toute la création

2        LE CHEMIN VERS L’APOSTASIE : CE QU’IL EST ET COMMENT L’ÉVITER (Jude)

2.1     Le contenu de l’épître de Jude

2.2     La structure de l’épître de Jude

2.3     Les destinataires de l’épître de Jude

2.4     L’auteur de l’épître de Jude

2.5     Le but de l’épître de Jude et son application à nous

2.5.1         Afin que nous ne soyons pas surpris par l’évolution de la chrétienté

2.5.2         Afin que nous soyons vigilants

2.5.3         Afin que nous nous engagions pour la foi chrétienne

2.5.4         Afin que nous vivions en sainte conduite et en piété (cf. 2 Pierre 3:11)

2.5.5         Afin que nous ne soyons pas entraînés par l’erreur des pervers (cf. 2 Pierre 3:17)

2.5.6         Afin que nous connaissions les ressources divines pour les jours difficiles

2.5.7         Afin que nous nous reposions sur Celui qui seul est capable de nous garder

3        LA MORT D’ÉTIENNE ET LA CONVERSION DE SAUL / PAUL METTENT EN LUMIÈRE LE CARACTÈRE CÉLESTE DE L’ÉGLISE (Actes 7:54 à 8:1)

3.1     Traits caractéristiques de l’économie chrétienne

3.2     Israël, en tant que nation, a été mis de côté.

3.3     Le monde va rejeter ceux qui rendent témoignage de Christ, les condamner et les persécuter.

3.4     Le ciel est ouvert.

3.5     L’Homme glorifié dans le ciel est prêt à recevoir directement dans le ciel son esclave éprouvé.

3.6     Le Saint Esprit, personne divine, habite sur la terre.

3.7     Le Saint Esprit non seulement donne la force de témoigner, il dirige aussi le regard du croyant vers le haut.

3.8     La relation des rachetés avec leur Seigneur dans le ciel

4        ENCOURAGEMENT DANS LE SERVICE : Actes 18:9, 10

4.1     Un encouragement

4.2     Une exhortation

4.3     Une promesse

4.4     Un aperçu des plans de Dieu

5        PRIANT... EN TOUT TEMPS (Éphésiens 6:18)

5.1     Par toutes sortes de prières

5.2     Des prières et des supplications

5.3     En tout temps

5.4     Par l’Esprit

5.5     Veillant à cela avec toute persévérance

5.6     Pour tous les saints, et pour moi

 

 

1        UNE GRANDE MISSION — OU : LA GRANDE COMMISSION (Marc 16:15)

L’évangélisation : manière et contenu

ME2006 p.289-294

« Et il leur dit : Allez dans tout le monde, et prêchez l’évangile à toute la création » (Marc 16:15).

 

Cette mission a presque 2000 ans, mais elle n’a rien perdu de son actualité. Le Seigneur ressuscité, par ces paroles, met au cœur de ses disciples de porter le message de l’évangile dans tout le monde. Pourrait-il y avoir une mission plus importante ?

Les disciples avaient vécu trois ans avec le Seigneur Jésus. Ils avaient entendu comment il avait parlé aux foules, lui le parfait prophète de Dieu. Ils avaient vu comment il avait guéri et sauvé des hommes. Ils avaient été témoins de sa crucifixion, puis l’avaient vu au milieu d’eux ressuscité. Leur Seigneur était le Vainqueur de la mort. Tout d’abord, ils n’avaient pas voulu croire en sa résurrection — et le Seigneur avait même dû leur reprocher leur incrédulité et leur dureté de cœur (16:14). Néanmoins, ils reçoivent maintenant cette grande mission : aller dans tout le monde pour annoncer le message de la croix.

Aucun de nous n’a vu le Seigneur Jésus de ses propres yeux. Et pourtant tous ceux qui l’ont accepté par la foi ont eu une rencontre personnelle avec lui. Nous le connaissons comme celui qui est mort, qui a été enseveli et qui est ressuscité victorieux. Tout cela nous l’avons saisi par la foi et par le cœur. Et par les yeux de notre cœur, nous pouvons le voir maintenant dans le ciel à la droite de Dieu.

Celui dont le cœur est rempli de la personne de son Sauveur en parle aussi. Si, d’une part, notre privilège est d’ouvrir notre bouche devant lui pour lui dire notre reconnaissance pour ce qu’il a fait de nous, d’autre part, n’oublions pas qu’il nous a donné la mission d’aller dans le monde pour apporter aux hommes la bonne nouvelle. C’est le sujet qui est maintenant devant nous.

 

1.1      Qui donne cette mission ?

C’est le Seigneur Jésus lui-même. C’est Celui qui, sur cette terre, a parlé aux hommes de la part de Dieu. C’est Celui qui, comme preuve de son amour envers chacun de nous, a donné sa vie sur la croix, est entré dans la mort, a été enseveli, a été ressuscité victorieux et a été élevé dans le ciel. N’est-il pas en droit de donner une telle mission ? Et ceux qu’il a rachetés ne doivent-ils pas l’accomplir ? Pourrions-nous la lui refuser ?

 

1.2      À qui est-elle donnée ?

Lorsqu’il a prononcé ces paroles, le Seigneur s’adressait en premier lieu aux onze disciples. Quelle sorte d’hommes étaient-ils donc ? Tous avaient abandonné leur Seigneur en face du danger. Pierre l’avait même renié. Lorsqu’il s’agissait d’ensevelir le Seigneur, aucun d’eux n’avait eu le courage de demander son corps. Et lorsque sa résurrection leur avait été annoncée, ils n’avaient pas cru (v. 11-13). Le Seigneur avait dû leur reprocher leur incrédulité. Était-il possible de donner une mission aussi importante à des messagers si imparfaits ? Le Seigneur l’a fait malgré tout. Nous ne sommes pas meilleurs que les disciples — certes pas. Et pourtant, Jésus veut aussi employer aujourd’hui des gens faibles et indignes comme nous. Nous n’avons en nous-mêmes aucune qualification pour le service et pour le témoignage. Mais le Seigneur veut nous en rendre capables.

 

1.3      Allez

Le Seigneur Jésus dit expressément : « Allez ». Cela signifie que nous devons nous lever et nous déplacer. Nous ne devons pas attendre que les gens viennent vers nous, ni nous contenter de les faire venir. C’est à nous de prendre l’initiative d’aller. Il y a un champ d’activité du chrétien à l’extérieur, sur le terrain. Ce service commence là où le Seigneur nous place. Aller signifie : être actif. À ce propos, prenons garde de ne pas confondre activité avec activisme. Quand l’activité devient un but en soi, on ne fait que tourner à vide ou battre l’air. Si nous désirons être actifs, ce doit être par amour et par obéissance envers notre Seigneur qui a tout fait pour nous, et non pour satisfaire le désir charnel de nous mettre en avant.

 

1.4      Dans tout le monde

Le Seigneur dit : « Allez dans tout le monde ». Pour les disciples, c’était une dimension toute nouvelle. Ils étaient habitués à penser dans les limites d’Israël, et le service de Jésus lui-même n’avait, jusqu’à ce moment, pas été au-delà de ces limites. Mais la grande mission qu’il leur donnait maintenant faisait éclater ces limites. Cependant, soyons attentifs au fait que « tout le monde » commence à la maison. C’est d’abord là où nous vivons que nous devons rendre témoignage au Seigneur Jésus. C’est là que commence notre « champ missionnaire ». Le Seigneur ne peut employer que ceux qui sont fidèles dans les petites choses, et il conduira chacun comme il le trouvera bon, selon sa sagesse.

 

1.5      Prêchez

Le « moyen » par lequel l’évangile est répandu est la prédication. Le Seigneur dit : « Allez... et prêchez ». Paul nous dit plus tard que « la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10:17). D’où l’exhortation à Timothée : « Prêche la parole » (2 Tim. 4:2). Nous n’avons pas à apporter aux hommes un évangile adapté au siècle dans lequel nous vivons, mais la parole de Dieu. Et pour cela, il n’est nullement nécessaire d’être un prédicateur professionnel. Parfois nous avons l’occasion d’apporter l’évangile à quelqu’un dans un entretien personnel. C’est toujours là un très bon moyen. Il y a aussi ces « prédicateurs silencieux » que constitue un traité ou une brochure évangélique. Enfin, n’oublions pas que toute notre attitude, tous nos faits et gestes, doivent être une prédication visible (cf. Phil. 2:15).

 

1.6      L’évangile

La « bonne nouvelle » est « l’évangile du salut », parce qu’elle apporte la délivrance à l’homme perdu. Elle est « l’évangile de la grâce de Dieu » parce qu’elle révèle que Dieu est plein de grâce envers le pécheur. Par elle, l’homme apprend que si le Dieu juste et saint peut lui offrir le salut et la vie, c’est parce qu’il a donné son propre Fils comme propitiation pour ses péchés. L’appellation « évangile de Dieu » nous montre que Dieu en est la source; et c’est « l’évangile de Jésus Christ » parce que Celui-ci en est le centre. Et depuis que le Seigneur Jésus est glorifié dans le ciel, l’évangile comprend non seulement le message adressé à ceux qui sont perdus, mais il proclame aussi toutes les richesses que Dieu a données à celui qui croit en Christ (cf. Rom. 1:15). Combien riche est cette « bonne nouvelle » de Dieu qui nous est annoncée ! Et c’est précisément ce message que nous avons à transmettre.

 

1.7      À toute la création

Le message de Dieu s’adresse au monde entier, à tous les êtres humains. Il n’y a pas un homme sur la terre auquel ce message ne s’adresse pas. Tous peuvent et doivent venir. Tous sont invités. « La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (Tite 2:11). Peu importe leur race, leur nationalité ou leur position sociale, la bonne nouvelle de Dieu est pour chacun d’eux. Il veut tous les sauver. La seule condition est qu’ils reconnaissent qu’ils sont perdus. Le Seigneur Jésus a dit : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (Marc 2:17).

Prenons-nous au sérieux, chacun pour soi-même, la mission confiée par le Seigneur à ses disciples ? Il n’est pas question de ce que fait mon frère ou ma sœur, mais il est question de ce que j’ai à faire moi- même. Après avoir chargé ses disciples de cette mission, le Seigneur « fut élevé en haut dans le ciel, et s’assit à la droite de Dieu » (v. 19). L’évangile de Marc s’achève en nous montrant les disciples obéissants à l’ordre reçu : « Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant la parole par les signes qui l’accompagnaient » (v. 20).

En terminant, souvenons-nous des paroles des quatre hommes lépreux d’Israël qui, étant venus dans le camp des Syriens et ayant vu la grande délivrance que Dieu avait opérée en faveur de tout le peuple, avaient d’abord gardé cela pour eux-mêmes : « Et ils se dirent l’un à l’autre : Nous ne faisons pas bien. Ce jour est un jour de bonnes nouvelles, et nous nous taisons. Si nous attendons jusqu’à la lumière du matin, l’iniquité nous trouvera » (2 Rois 7:9). Quelques jours après l’ascension du Seigneur, deux des disciples disent : « Nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues » (Act. 4:20). Que ces paroles nous encouragent à accomplir fidèlement l’ancienne mission donnée par le Seigneur !

 

 

2        LE CHEMIN VERS L’APOSTASIE : CE QU’IL EST ET COMMENT L’ÉVITER (Jude)

Introduction à l’Épitre de Jude

ME2005 p.372-378

2.1      Le contenu de l’épître de Jude

Cette épître a été considérée avec raison comme une sorte d’introduction à l’Apocalypse, parce qu’elle révèle les caractères du christianisme et les désordres moraux et religieux qui se développeront sur la terre avant le jugement définitif dont nous parle ce livre.

Jude ne décrit pas la dépravation du monde en général ; il parle de personnes qui professent le christianisme. Son thème n’est pas non plus les désordres ou le mal qui se manifestent dans une assemblée locale ; l’ordre dans l’assemblée de Dieu n’est pas son sujet. Il a une autre tâche. Conduit par le Saint Esprit, il décrit l’éloignement et la décadence dans la profession chrétienne. Dès le début de l’histoire du christianisme, il était bien visible que l’homme n’allait pas garder la vérité que Dieu avait confiée. Paul, aussi bien que Pierre et Jean, annoncent l’infidélité qui allait caractériser les chrétiens et mettent en garde contre la ruine imminente. Jude parle clairement de cet éloignement et montre dans quelle direction il se développera, jusqu’à ce qu’il se termine finalement dans l’apostasie.

L’épître ne parle pas de l’apostasie elle-même, mais montre que le chemin sur lequel la chrétienté se trouve aboutira à la mise de côté complète de tout ce qui est de Dieu. Dans la 2ième épître aux Thessaloniciens, Paul décrit l’apostasie finale du christianisme et nous apprend que celle-ci ne pourra se réaliser qu’au moment où les vrais chrétiens auront été enlevés au ciel. Mais le « mystère d’iniquité opère déjà », et ceci à l’intérieur de la profession chrétienne (2 Thess. 2:3, 4, 7). C’est de cela que Jude nous entretient.

Bien qu’il ait eu sous les yeux les premières déviations de la vérité, son message est essentiellement prophétique. À partir des premiers écarts qui étaient déjà visibles, il esquisse les grandes lignes de l’évolution qui allait s’ensuivre, jusqu’au moment où le Seigneur Jésus viendra en jugement et mettra un terme à la profession chrétienne sur la terre. C’est le sombre tableau d’une dégradation constante à l’intérieur de la chrétienté. Cette dégradation a commencé par l’entrée des « loups redoutables » dans le troupeau (Act. 20:29) et se poursuivra jusqu’à l’apparition du Seigneur en jugement.

Jude n’embellit rien. En termes clairs, il démasque les hommes qui se sont glissés parmi les fidèles. Il utilise pour cela des exemples tirés de la nature, comme aussi de l’Ancien Testament. Il décrit les traits de caractère des hommes impies qui font leur mauvais travail parmi les vrais chrétiens et parle à plus d’une reprise du jugement qui les attend. C’est ce qui rend cette lettre si sérieuse.

Jude adresse son épître à des croyants, à des « appelés » de Dieu, mais dans celle-ci, il parle d’hommes qui prétendent être chrétiens sans l’être réellement. Ils n’ont qu’une profession de christianisme, mais pas la vie divine. Il ne s’agit pas ici de croyants qui se sont égarés, mais de traîtres et de séducteurs qui n’ont jamais passé par la nouvelle naissance.

 

2.2      La structure de l’épître de Jude

L’épître peut se diviser en quatre parties :

1° Après quelques mots introductifs et un souhait de bénédiction, nous avons un encouragement à combattre pour la foi autrefois enseignée aux saints (v. 1-3). La courte introduction fait appel à notre responsabilité et nous dit quelles sont les ressources à notre disposition.

2° Dans la partie principale (v. 4-19), Jude décrit les traits de caractère des hommes méchants qui se sont introduits parmi les chrétiens et indique quel sera leur jugement.

3° Dans les versets 20 à 23, Jude s’adresse de nouveau directement aux destinataires de l’épître et leur montre comment ils ont à se comporter. Il parle à leur cœur et à leur conscience, d’une part afin qu’ils se réfugient dans les ressources qui sont à leur disposition, et d’autre part pour qu’ils se comportent de la bonne manière envers ceux qui ont été séduits.

4° L’épître se termine, dans les versets 24 et 25, par une louange d’un caractère tout particulier, qui dirige nos regards sur Celui qui seul est capable de nous garder dans un temps difficile et de nous présenter sans tache devant sa gloire.

 

2.3      Les destinataires de l’épître de Jude

Les destinataires initiaux de cette épître ne sont pas connus, mais il est vraisemblable que Jude écrit — comme Pierre — à des Juifs croyants. Ce n’est pas sans raison qu’ils ne sont pas mentionnés ; ainsi personne ne peut penser que le contenu de l’épître ne le concerne pas.

L’épître s’adresse aux « appelés ». Tous les croyants sont ainsi compris, car, par la grâce de Dieu, c’est bien là notre privilège. En même temps, la désignation « appelés » donne à l’épître une note personnelle. En effet, dans le Nouveau Testament, l’appel est toujours présenté comme une bénédiction personnelle, et non une bénédiction collective. Ainsi, à l’exception de la première épître de Jean, aucune épître du Nouveau Testament n’est à la fois aussi générale, parce qu’elle s’adresse à tous les croyants, et aussi personnelle, parce qu’elle concerne directement chacun d’eux. Personne ne peut donc se dérober à sa responsabilité en face de ce qui se développe dans la profession chrétienne. Cette épître est nécessaire pour stimuler notre vigilance.

La manière dont l’épître nous est adressée nous rappelle les mots « mais toi » par lesquels l’apôtre Paul interpelle personnellement plusieurs fois son compagnon d’œuvre Timothée (1 Tim. 6:11 ; 2 Tim. 3:10, 14 ; 4:5). Dans la deuxième épître particulièrement, cette interpellation personnelle est en relation avec le message sérieux de l’apôtre. Dans le même ordre d’idées, nous pouvons penser aux messages contenus dans les lettres adressées aux sept assemblées d’Apocalypse 2 et 3. Là aussi, des assemblées entières, ou les frères particulièrement responsables de ces assemblées, sont d’abord interpellés collectivement. Et à la fin de chaque lettre, on trouve le message très personnel : « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées ! » La parole s’adresse aux assemblées, mais chacun est personnellement tenu d’écouter.

 

2.4      L’auteur de l’épître de Jude

Jude s’intitule « frère de Jacques ». Modestement, il se situe relativement à un serviteur plus connu que lui. Il s’agit vraisemblablement de « Jacques, le frère du Seigneur », qui occupait une place particulière dans l’assemblée à Jérusalem (Gal. 2:19 ; Actes 12:17 ; 15:13 ; 21:18). S’il en est bien ainsi, il est à remarquer que Jude ne mentionne pas sa parenté avec le Seigneur, mais se nomme « esclave de Jésus Christ ». La relation terrestre qu’il avait eue avec lui ne comptait plus.

Le Nouveau Testament ne nous donne que peu de détails sur Jude, frère du Seigneur (voir Matt. 13:55). Nous savons qu’il ne croyait pas en lui à l’époque du ministère public de Jésus (Jean 7:5). Il ne nous est pas dit quand il est parvenu à la foi, mais en Actes 1:14, nous voyons que « les frères du Seigneur » sont avec les disciples dans la chambre haute. L’épître qu’il a écrite donne quelques indications sur son caractère. C’était visiblement un homme résolu et zélé, qui servait son Seigneur fidèlement et désirait le bien des croyants, un homme de cœur, disposé à encourager ses frères et sœurs dans la foi.

 

2.5      Le but de l’épître de Jude et son application à nous

Quel est le dessein de Dieu en nous donnant une telle épître ? Ce n’est sans doute pas simplement de décrire le déclin de la profession chrétienne. Comme tous les autres livres de l’Écriture, cette épître a été inspirée de Dieu et est « utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2 Tim. 3:16). Son but nous semble pouvoir être décrit en sept points. C’est :

 

2.5.1       Afin que nous ne soyons pas surpris par l’évolution de la chrétienté

Nous avons vu que le contenu de l’épître est principalement prophétique. Elle décrit une évolution qui, pour Jude, était encore largement à venir, mais qui, pour nous aujourd’hui, est déjà nettement devenue réalité. Devons-nous être surpris par l’état des choses à l’intérieur du témoignage chrétien ? Non. Dieu nous a averti à l’avance de ce qui allait se passer et de ce qui va encore arriver. Déjà dans l’Ancien Testament, Dieu faisait dire à son peuple qu’il est Celui qui déclare « dès le commencement ce qui sera à la fin, et d’ancienneté ce qui n’a pas été fait » (Es. 46:10).

 

2.5.2       Afin que nous soyons vigilants

L’évolution décrite dans l’épître de Jude devrait être pour nous une raison particulière de vigilance. Nous vivons dans la nuit du rejet de notre Seigneur, dans un temps où ses droits ne sont pas reconnus. Il est donc plus que nécessaire d’être éveillés spirituellement. Paul écrit aux Thessaloniciens : « Car vous êtes tous... des fils du jour; nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres. Ainsi donc ne dormons pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres » (1 Thess. 5:5, 6).

 

2.5.3       Afin que nous nous engagions pour la foi chrétienne

Au verset 3, nous sommes encouragés à « combattre pour la foi ». La vérité chrétienne est de plus en plus attaquée publiquement. Les normes bibliques sont progressivement contestées. Dans une telle situation, il est nécessaire de prendre une position claire en faveur de la vérité et de la défendre. Dieu ne veut pas que nous soyons des chrétiens passifs qui s’adaptent à l’esprit du temps, mais que nous nous engagions pour lui et que nous combattions pour la vérité.

 

2.5.4       Afin que nous vivions en sainte conduite et en piété (cf. 2 Pierre 3:11)

Le danger existe que, face au courant de mal qui caractérise les hommes impies qui nous entourent, nous ne portions plus très soigneusement garde à notre comportement. Or ce devrait être le contraire. Dieu veut que nous vivions dans la sainteté et la piété, que notre chemin soit à sa gloire et que nous trouvions en lui tout ce qui satisfait nos cœurs.

 

2.5.5       Afin que nous ne soyons pas entraînés par l’erreur des pervers (cf. 2 Pierre 3:17)

Le danger est non seulement que nous ne soyons plus très attentifs quant à notre marche, mais même que nous soyons contaminés par la façon de faire des hommes impies qui nous environnent. Nous pourrions alors « déchoir de notre propre fermeté », c’est-à-dire perdre le fondement qui est sous nos pieds. Mais Dieu désire bien autre chose pour nous. C’est aussi pour cela que l’épître de Jude nous a été donnée.

 

2.5.6       Afin que nous connaissions les ressources divines pour les jours difficiles

L’épître de Jude est pleine de telles ressources dans son introduction et dans sa conclusion. Dieu ne nous laisse pas seuls. Il nous apporte son secours. Nous avons des ressources qu’il nous faut saisir, et qui sont entièrement extérieures à nous. Si inquiétant que soit le développement des choses qui nous entourent, nous pouvons poursuivre notre chemin sans dommage.

 

2.5.7       Afin que nous nous reposions sur Celui qui seul est capable de nous garder

Les circonstances décrites dans l’épître de Jude devraient contribuer à nous rapprocher de notre Dieu. N’en restons pas à être occupés du mal ou de notre responsabilité. Levons les yeux vers Celui qui a le pouvoir de nous garder sans que nous bronchions et de nous placer irréprochables devant sa gloire (v. 24).

 

 

3        LA MORT D’ÉTIENNE ET LA CONVERSION DE SAUL / PAUL METTENT EN LUMIÈRE LE CARACTÈRE CÉLESTE DE L’ÉGLISE (Actes 7:54 à 8:1)

Étienne et Saul

ME2005 p.8-13

Le chapitre 7 des Actes nous dépeint en termes saisissants la mort du premier martyr de l’histoire de l’assemblée sur la terre. Étienne, homme rempli de l’Esprit Saint, y rend un témoignage puissant à la personne de son Seigneur. Ce témoignage était en même temps un dernier appel à la nation juive, qui avait rejeté son Messie et l’avait cloué à une croix. Dans sa prédication du chapitre 3, Pierre leur avait dit : « Repentez-vous donc et vous convertissez, pour que vos péchés soient effacés : en sorte que viennent des temps de rafraîchissement de devant la face du Seigneur, et qu’il envoie Jésus Christ, qui vous a été préordonné » (v. 19, 20). Au chapitre 7, Étienne s’adresse encore une fois aux chefs religieux de ce peuple. Mais dans leur colère aveugle et dans leur haine contre Christ, ils rejettent encore ce dernier témoignage et lapident le témoin du Seigneur Jésus.

Cette lapidation marque un tournant dans les voies de Dieu envers la terre. Le peuple terrestre de Dieu est maintenant définitivement mis de côté. À sa place, Dieu va tirer des nations « un peuple pour son nom » (15:14) — un peuple qui porte un caractère céleste, un peuple qui est lié avec un Seigneur glorifié dans le ciel.

À ce moment-là, l’assemblée de Dieu existait déjà. Quand il vivait sur la terre, le Seigneur avait parlé d’elle comme d’une chose future ; il avait annoncé qu’il la bâtirait (Matt. 16:18). Il était monté au ciel et le Saint Esprit était venu sur la terre (Act. 1 et 2). C’est ce dernier événement qui marque l’heure de la naissance de l’assemblée. En effet, c’est lorsque le Saint Esprit est venu sur la terre que les croyants ont été « baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps » (1 Cor. 12:13). Au moment du témoignage d’Étienne, l’assemblée de Dieu existait donc, mais son caractère céleste n’était pas encore connu. Le rejet du témoignage d’Étienne et la conversion de Saul de Tarse, peu après, mettent en lumière cette vérité.

 

3.1      Traits caractéristiques de l’économie chrétienne

Les derniers versets du chapitre 7 des Actes et le début du chapitre suivant placent devant nos yeux, de façon particulièrement claire, quelques-uns de ces traits.

 

3.2      Israël, en tant que nation, a été mis de côté.

Les Juifs n’ont pas seulement rejeté le Christ que Dieu leur avait envoyé, ils ont aussi rejeté ceux qui témoignent de lui. Par cela, la mesure de leur culpabilité est comble. Dieu doit se détourner pour un temps de ce peuple. Ce ne sera qu’après l’achèvement de l’économie chrétienne, c’est-à-dire après le temps actuel de la grâce, que Dieu s’occupera de nouveau de son peuple terrestre et l’introduira finalement dans la bénédiction du règne promis.

 

3.3      Le monde va rejeter ceux qui rendent témoignage de Christ, les condamner et les persécuter.

Les hommes d’alors n’ont pas eu de repos qu’Étienne ne soit mort. À ce moment a commencé une terrible période de persécution contre l’assemblée (8:1). Au cours des siècles, d’innombrables chrétiens ont laissé leur vie comme martyrs. Paul écrit à ce sujet à Timothée : « Tous ceux aussi qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus, seront persécutés » (2 Tim. 3:12). Quant au principe, c’est encore valable aujourd’hui, car le monde n’a pas changé. Il est ennemi de Christ et de ceux qui le suivent. Certes, dans bien des pays, le caractère de la persécution s’est modifié. Mais d’un autre côté, nous pouvons bien nous demander : vivons-nous pieusement ?

 

3.4      Le ciel est ouvert.

Nous pouvons lever nos yeux vers le ciel et y voir aussi bien la gloire de Dieu que l’Homme Christ Jésus glorifié à la droite de Dieu (7:55, 56). Une telle chose n’a jamais existé dans les précédentes dispensations. Les chrétiens connaissent un Homme glorifié dans le ciel. Ils peuvent diriger leurs yeux vers le haut. Ils peuvent voir la gloire du Seigneur à face découverte. Ce regard vers le haut est déterminant pour le maintien de leur caractère céleste. Paul exhorte les Colossiens : « Cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu » (Col. 3:1). Les chrétiens sont des hommes dont les intérêts et le but ne se trouvent pas sur la terre. Ils sont orientés vers le ciel.

 

3.5      L’Homme glorifié dans le ciel est prêt à recevoir directement dans le ciel son esclave éprouvé.

Étienne a demandé au Seigneur : « Reçois mon esprit ». Et lorsqu’il s’est endormi, à l’instant même, il a été auprès de son Seigneur. Ceci constitue aussi une partie de notre espérance. Nos attentes ne sont pas focalisées vers la terre, mais vers le ciel. Si nous devons nous endormir — si jusque-là le Seigneur n’est pas encore revenu — alors nous serons instantanément auprès de lui, ce qui est « de beaucoup meilleur ».

 

3.6      Le Saint Esprit, personne divine, habite sur la terre.

Il habite dans chaque croyant et agit en ceux qui se laissent remplir par lui (cf. v. 55). Ceci non plus n’avait jamais existé dans les époques précédentes, et n’existera plus sous cette forme dans les suivantes.

Seule l’économie chrétienne est caractérisée par le fait qu’un Homme glorifié est dans le ciel et que, simultanément, Dieu le Saint Esprit est sur la terre. Le Saint Esprit qui était sur cette terre aux jours d’Étienne y est encore aujourd’hui de la même manière. Il est en nous la puissance pour notre témoignage. Si ce témoignage est aujourd’hui si faible, ce n’est pas à cause du Saint Esprit, mais uniquement à cause de nous-mêmes. Nous ne lui donnons pas la place nécessaire dans nos vies.

 

3.7      Le Saint Esprit non seulement donne la force de témoigner, il dirige aussi le regard du croyant vers le haut.

C’est ce que nous voyons en Étienne. En lui se sont accomplies les paroles que Paul — qui assistait à cette scène — a écrites des années plus tard aux Corinthiens : « Nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3:18). Étienne est rendu capable de prier pour ses ennemis, comme l’a fait son Maître. Entouré de ses meurtriers pleins de haine et de rage qui lancent des pierres contre lui pour le tuer, il crie à haute voix : « Seigneur, ne leur impute point ce péché ». Nous sommes confus quand nous pensons combien peu le Seigneur est visible dans nos vies.

 

3.8      La relation des rachetés avec leur Seigneur dans le ciel

Nous pouvons remarquer combien est étroite la relation entre le serviteur du Seigneur sur cette terre et son Maître dans le ciel. Les disciples en Actes 1 avaient aussi les yeux fixés sur le ciel lorsque les anges leur ont demandé : « Hommes galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici, regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé d’avec vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en allant au ciel » (v. 11). Mais pour Étienne, c’était différent. Il avait les yeux levés vers le ciel et y voyait son Seigneur. Pour soutenir son témoin, le Seigneur ouvrait devant lui le ciel, où il allait bientôt le prendre auprès de lui. C’est aussi là que nos regards doivent être dirigés. Notre attente est d’être un jour là où le Seigneur se trouve déjà maintenant. L’espérance chrétienne est céleste et non terrestre. Et s’il est vrai que le Seigneur va un jour établir son règne sur cette terre et que nous allons régner avec lui, n’oublions pas que notre part dans ce royaume sera céleste.

La lapidation d’Étienne — ce terrible événement — nous enseigne un fait de la plus grande importance : nous sommes liés à un Seigneur céleste. Un jeune homme nommé Saul a été témoin de cette scène. L’écrivain précise : « et Saul consentait à sa mort ». Mais Dieu avait ses plans envers cet homme, qui était l’instrument choisi pour présenter de façon particulière la vérité de l’unité de Christ avec son assemblée, et la position céleste de celle-ci.

L’histoire de la conversion de Saul nous est rapportée en Actes 9. Sur le chemin de Damas, une vive lumière a resplendi autour de lui et l’a fait tomber par terre. Et du ciel s’est fait entendre la question qui le sondait au plus profond : « Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? » Il a su immédiatement que c’était le Seigneur qui lui parlait. Mais remarquons que la voix ne demandait pas « Saul ! Saul ! pourquoi persécutes-tu ceux qui m’appartiennent ? » ni même : « pourquoi nous persécutes-tu ? » Les deux auraient été justes, mais cela n’aurait pas été toute la vérité. Bien sûr, Saul avait persécuté ceux qui appartiennent au Seigneur, mais ce n’était pas simplement un groupe de croyants sur cette terre, ou un groupe de citoyens du ciel sur la terre. Non, Saul persécutait le Seigneur lui-même. Nous apprenons ici combien nous sommes liés étroitement — et de façon indissociable — avec Christ. Celui qui persécute l’un des siens le persécute lui- même ; et ceci bien qu’il soit dans le ciel et que nous soyons encore sur la terre. Ce fait met en évidence notre position céleste. Nous ne sommes pas seulement des hommes orientés vers le ciel, mais nous appartenons déjà, quant à notre position, au lieu où notre Seigneur se trouve.

Saul est devenu Paul. Et, bien des années plus tard, c’est justement lui qui enseignera par ses écrits la glorieuse vérité de Christ et de l’Assemblée. C’est à lui qu’il a été donné d’expliquer la merveilleuse unité du corps de Christ. Christ est la tête glorifiée dans le ciel et nous sommes ses membres sur la terre. Cette unité avec Christ est beaucoup plus que l’unité pratique des premiers chrétiens, aussi magnifique et exemplaire qu’elle ait été, lorsque « la multitude de ceux qui avaient cru étaient un cœur et une âme » (Act. 4:32). « Il y a un seul corps », nous dit Éphésiens 4:4. Pour toute l’éternité, nous sommes inséparablement liés à Christ.

En résumé, nous voyons que la mort d’Étienne met clairement en lumière le caractère de ce monde, ainsi que le lien qui nous unit à notre Seigneur dans le ciel. La conversion de Saul nous amène un pas plus loin. Elle révèle la position céleste que nous possédons déjà maintenant en Christ, le fait que nous sommes un avec lui, l’Homme glorifié à la droite de Dieu.

 

 

4        ENCOURAGEMENT DANS LE SERVICE : Actes 18:9, 10

ME2006 p.15-18

Le croyant qui se tient au service de son Seigneur connaît des situations difficiles, des situations dans lesquelles il éprouve particulièrement son impuissance et ne sait pas quels seront les prochains pas qu’il devra faire.

C’est dans une telle situation que se trouvait l’apôtre Paul lors de son deuxième voyage missionnaire. Il avait été à Athènes, où il avait parlé aux Grecs à l’aréopage. Peu de temps après, il était venu à Corinthe et, selon son habitude, s’était rendu d’abord à la synagogue pour s’entretenir avec les Juifs. Cependant, il avait rencontré là, comme bien des fois ailleurs, une opposition acharnée. Les Juifs « s’opposaient et blasphémaient » (Act. 18:6). Paul avait la pensée d’aller maintenant vers les nations, mais il savait que ce chemin ne serait pas facile. Faisant allusion à cette époque, il écrit plus tard aux Corinthiens : « J’ai été parmi vous dans la faiblesse, et dans la crainte, et dans un grand tremblement ; et ma parole et ma prédication n’ont pas été en paroles persuasives de sagesse » (1 Cor. 2:3, 4). Il avait affaire à des hommes imbus de philosophie et de sagesse humaine, qui se prévalaient de leur propre savoir.

Et voilà que, dans cette situation éprouvante, il reçoit un encouragement particulier du Seigneur lui-même. Celui-ci vient à lui de nuit dans une vision et lui dit : « Ne crains point, mais parle et ne te tais point, parce que je suis avec toi ; et personne ne mettra les mains sur toi pour te faire du mal, parce que j’ai un grand peuple dans cette ville » (Act. 18:9, 10). Il y a là un encouragement, une exhortation, une promesse et un aperçu des plans de Dieu.

 

4.1      Un encouragement

« Ne crains point ». Cette expression apparaît fréquemment dans la Bible. Parfois, elle est au pluriel — ne craignez pas — mais c’est souvent une parole tout à fait personnelle que Dieu adresse à quelqu’un. Elle apparaît pour la première fois dans l’une des communications de Dieu à Abraham (Gen. 15:1) et la dernière fois lorsque Jean, voyant Jésus dans sa gloire judiciaire, est tombé comme mort à ses pieds (Apoc. 1:17).

Dans le passage qui est devant nous, l’encouragement est en rapport avec le service. Au jugement de l’homme, Paul avait tout lieu de craindre. La mission qui était devant lui était difficile. Mais le Seigneur lui fait clairement comprendre qu’il n’a pas à craindre.

Il se peut que nous regardions avec inquiétude, ou même avec angoisse, les tâches qui sont devant nous. Il s’agit peut-être d’une visite difficile, d’un entretien délicat, d’un problème avec des frères, d’un témoignage devant les incrédules. Quoi qu’il en soit, le Seigneur est là et nous encourage : « Ne crains point ! »

 

4.2      Une exhortation

« Parle et ne te tais point ». L’encouragement est suivi d’une exhortation. Paul devait parler et non pas se taire. Même si cela — peut-être justement à Corinthe — était particulièrement difficile, l’ordre était clair.

Dans le service pour le Seigneur, il y a des situations où nous devons nous taire et non pas parler. Et il y en a d’autres où nous devons parler et ne pas garder le silence. Nous avons besoin de discernement spirituel pour savoir ce que nous avons à faire dans chaque cas. Recherchons la volonté du Seigneur et laissons-nous enseigner par lui. S’il nous donne l’ordre de parler, obéissons et faisons-le avec sa force. Il y a bien des situations où il n’est pas simple d’ouvrir la bouche. Comme chrétiens, nous sommes souvent placés dans un entourage incrédule — à l’école, en apprentissage, dans la vie professionnelle, au service militaire, dans nos rapports avec nos voisins. N’hésitons pas à confesser de notre bouche notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, même si c’est difficile. Dans de telles situations, prenons à cœur l’exhortation : « Parle et ne te tais point ».

 

4.3      Une promesse

« Je suis avec toi ». Après la mission confiée, voici une promesse. Le Seigneur lui-même assure à son serviteur qu’il sera avec lui. Quand il en est ainsi, le courage pour exécuter l’ordre du Seigneur pourrait-il encore manquer ?

Nous trouvons quelque chose de semblable dans l’histoire du prophète Jérémie. Lorsqu’il a été envoyé par Dieu pour être son porte-parole, il s’est écrié : « Ah, Seigneur Éternel ! voici, je ne sais pas parler; car je suis un enfant » (Jér. 1:6). Ne nous est-il pas arrivé de dire cela, ou du moins le penser ? Et alors, Dieu donne au jeune Jérémie une promesse semblable à celle qui est faite à Paul : « Ne les crains point; car je suis avec toi pour te délivrer, dit l’Éternel » (Jér. 1:8). Si nous sommes engagés dans un service que le Seigneur nous a confié, souvenons-nous que c’est son œuvre et qu’il est lui-même avec nous. Nous éprouverons non seulement sa présence, mais son aide et son secours.

 

4.4      Un aperçu des plans de Dieu

« J’ai un grand peuple dans cette ville ». Pour couronner l’encouragement qu’il donne à son serviteur, le Seigneur lui communique quelque chose de ses plans. Il lui accorde de jeter un regard dans ce qui va bientôt arriver, et lui annonce qu’il a un grand peuple à Corinthe. Quelle motivation pour Paul !

Dans la plupart des cas, nous ne savons pas quels seront les résultats de notre travail pour le Seigneur. Mais une chose est absolument certaine — et elle est très encourageante : Dieu veille sur sa Parole, ainsi qu’il l’a dit à Jérémie : « Je veille sur ma parole pour l’exécuter » (1:12). Il produira les résultats de chaque service pour lui, si petit soit-il, selon sa sagesse. Dieu fait dire par le prophète Ésaïe : « Ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir, et accomplira ce pourquoi je l’ai envoyée » (55:11). Il nous dit par la plume de l’apôtre : « Votre travail n’est pas vain dans le Seigneur » (1 Cor. 15:58). Bientôt, devant le tribunal de Christ, nous découvrirons quels ont été les résultats de chaque service accompli pour lui.

Que tout ceci nous encourage à nous mettre à sa disposition, là où il veut nous employer, même s’il nous place dans un entourage ou dans des circonstances difficiles !

 

 

5        PRIANT... EN TOUT TEMPS (Éphésiens 6:18)

ME2008 p.289-294

C’est par cette exhortation que l’apôtre Paul termine son enseignement sur l’armure complète de Dieu, en Éphésiens 6, et qu’il introduit la conclusion de son épître. Il nous démontre par là que nous ne pouvons nous servir correctement de cette armure — dont nous avons besoin pour lutter contre l’ennemi — qu’en restant dans la dépendance de Dieu exprimée par la prière. Ce n’est pas en nous que nous trouverons la force et la sagesse nécessaires pour résister à l’ennemi et à ses ruses. Nous ne serons capables de le faire qu’en levant les yeux vers le Seigneur et en étant dépendants de lui.

Arrêtons-nous sur le détail de cette exhortation à la prière, dont la portée est générale.

« Priant par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l’Esprit, et veillant à cela avec toute persévérance et des supplications pour tous les saints, et pour moi » (Éph. 6:18).

 

5.1      Par toutes sortes de prières

Remarquons les mots « tout, toutes », utilisés plusieurs fois dans ce passage. « Par toutes sortes de prières » signifie qu’il n’y a aucune circonstance, aucune situation, dans laquelle nous ne pourrions pas prier. Que nous nous trouvions dans la joie ou dans la peine, dans une situation facile ou difficile, nous pouvons et devrions toujours prier, et cela dans une attitude de dépendance. Il se peut que ce ne soit qu’un court appel à l’aide : « Seigneur, aide-moi ». Dans toutes les situations, Dieu désire nous faire goûter le merveilleux fruit de la prière : sa paix qui remplit nos cœurs et nos pensées (Phil. 4:7).

 

5.2      Des prières et des supplications

Par sa Parole, Dieu nous communique sa pensée. Par la prière, nous avons le privilège de pouvoir nous adresser à lui. Elle est l’expression de notre dépendance. La prière des croyants est motivée par le fait que nous avons avec Dieu des sujets d’intérêt communs. Cela est vrai pour les actions de grâces et pour les requêtes. Le sujet commun le plus élevé est la personne de notre Seigneur. Lorsque nous apportons à Dieu l’adoration, nous lui parlons de son Fils bien-aimé. Mais ici, il s’agit des circonstances dans lesquelles les croyants peuvent se trouver. Et nous avons communion avec Dieu aussi bien en ce qui concerne les circonstances de la vie qu’en ce qui touche nos frères et sœurs. Cette part commune, nous l’exprimons par la prière.

Les supplications sont des appels adressés à Dieu. Lorsque nous nous trouvons dans des circonstances difficiles, nous prions de façon plus intensive. Nous supplions notre Dieu — sans pour autant vouloir lui imposer quoi que ce soit. Il prend plaisir à nos ferventes supplications. Nous trouvons dans la Bible beaucoup d’exemples de personnes qui ont imploré Dieu de cette manière. Moïse l’a fait pour le peuple d’Israël, et pour lui-même (Ex. 32:11 ; Ps. 106:23 ; Deut. 3:23). Jacob et Anne ont mêlé de pleurs leurs supplications (Osée 12:5 ; 1 Sam. 1:10). Paul a supplié trois fois le Seigneur de retirer l’écharde qu’il avait dans la chair (2 Cor. 12:8). Dans les situations de détresse, la prière prend la forme d’une supplication ; ce sont des cris venant du fond du cœur de celui qui passe par l’épreuve.

 

5.3      En tout temps

Comment faut-il comprendre ces mots ? Paul veut- il dire que nous devions passer nos journées et nos nuits entières sur nos genoux ? Certainement pas. Il est vrai qu’il y a eu des situations où des personnes ont effectivement prié durant toute une nuit. Pensons à notre Seigneur, l’homme parfait, qui a probablement passé plus d’une nuit entière à prier Dieu (Luc 6:12). Mais ce n’est pas ce dont parle notre passage. La vie courante impose à chacun de multiples exigences. Les enfants vont à l’école, les plus grands suivent une formation et les adultes exercent leur profession ou s’occupent des soins de la maison. Le travail dans l’œuvre du Seigneur aussi peut consommer une partie de notre temps.

« Prier en tout temps » signifie être conscients de dépendre du Seigneur en tout ce que nous faisons, et nous entretenir avec lui en toute chose. Nous avons tous besoin de cette dépendance, que ce soit dans la vie conjugale, dans la vie de famille, dans notre activité professionnelle, dans nos relations avec nos frères et sœurs — quel que soit l’endroit où nous nous trouvons. L’étudiant qui subit un test ne peut pas prier continuellement, mais il peut faire son travail dans une attitude intérieure de dépendance, en s’attendant à Dieu. L’évangéliste qui prêche la Parole à des incrédules doit se concentrer sur ce qu’il dit, mais, sachant qu’il ne peut se confier en ses propres ressources, il dirige en même temps son regard en haut, attendant de Dieu la parole à propos. La prière a été appelée la respiration de l’âme. En général, nous ne prenons pas conscience du fait que nous respirons, mais si nous arrêtons de respirer, nous nous en apercevons rapidement.

 

5.4      Par l’Esprit

Jude adresse une exhortation semblable aux destinataires de sa lettre : « priant par le Saint Esprit » (Jude 20).

D’une part, nous avons à prier en accord avec le Saint Esprit, en le laissant nous conduire et mettre les sujets de prière dans notre cœur.

D’autre part, nous avons à prier par la puissance du Saint Esprit. Par nous-mêmes, nous ne sommes pas en mesure de prier comme il faut. Paul écrit aux Romains : « De même aussi l’Esprit nous est en aide dans notre infirmité ; car nous ne savons pas ce qu’il faut demander comme il convient; mais l’Esprit lui- même intercède par des soupirs inexprimables » (Rom. 8:26).

Puisque c’est le Saint Esprit qui nous donne la force de prier, il est clair que nous ne lui adressons pas de prières. Le Nouveau Testament nous montre que le but de l’Esprit est toujours de glorifier le Seigneur Jésus (Jean 16:14, 15). L’Esprit de Dieu — personne divine aussi bien que le Père et le Fils — ne dirige pas les yeux des croyants sur lui-même, mais sur la gloire du Seigneur. Il n’y a dans la Bible ni exhortation ni exemple qui nous inciterait à prier le Saint Esprit.

 

5.5      Veillant à cela avec toute persévérance

La prière et le sommeil ne vont pas ensemble. Il nous faut être éveillés pour prier. L’exemple des disciples à Gethsémané nous instruit à ce sujet. Lorsque le Seigneur revient de sa prière et les trouve endormis, il dit à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi ? Veillez et priez, afin que vous n’entriez pas en tentation » (Matt. 26:40, 41). Gardons-nous de juger les disciples, car nous voyons en eux notre propre image, mais prenons à cœur l’avertissement que le Seigneur leur donne. D’autres passages encore lient les deux verbes « veiller » et « prier » (cf. Marc 13:33; 1 Pierre 4:7).

« Avec toute persévérance » exprime la constance de la prière. Le désir du Seigneur est que nous soyons constamment dans sa dépendance. Il nous arrive de présenter nos demandes au Seigneur, peut-être même plusieurs fois et avec instance, puis, ne voyant pas d’exaucement rapide, nous nous lassons. Cela peut arriver aussi bien dans notre prière personnelle que dans celle de l’assemblée locale. Au début des Actes, nous voyons les frères et sœurs de Jérusalem prier d’un commun accord et persévérer dans la prière (Act. 2:42 ; 4:24 ; 12:5). Au Carmel, le jeune homme envoyé par Élie pour regarder du côté de l’ouest a dû y retourner sept fois avant d’apercevoir enfin un petit nuage — le début de l’exaucement (1 Rois 18:44). Nous avons lieu de penser qu’Élie n’a pas cessé de prier pendant tout ce temps.

 

5.6      Pour tous les saints, et pour moi

D’une part, les Éphésiens étaient invités à inclure « tous les saints » dans leurs prières, et d’autre part, un sujet de prière bien défini est placé devant eux : l’apôtre Paul et son service. Un champ de vision étendu, et des besoins précis. Ce double aspect est très important pour nous.

L’expression « pour tous les saints » correspond bien au cadre de l’épître aux Éphésiens. Au chapitre 1, Paul évoque leur amour « pour tous les saints » (v. 15) et au chapitre 3, il souhaite qu’ils soient capables de comprendre « avec tous les saints » quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur des merveilleux desseins de Dieu (v. 18). En 1 Timothée 2, c’est pour « tous les hommes », que nous devons prier (v. 1), ce qui est en accord avec l’enseignement de cette épître. En effet, elle nous présente le Dieu Sauveur qui veut que tous les hommes soient sauvés.

Que le Seigneur élargisse notre horizon ! Ne nous bornons pas à prier pour les frères et sœurs que nous connaissons, mais pensons à tous les enfants de Dieu.

Par ailleurs, il est bon que le sujet de nos prières soit tout à fait concret. Nous ne prions pas simplement de manière générale pour les croyants, mais nous intercédons auprès de Dieu pour des besoins bien définis dont nous avons connaissance. La suite de ce passage évoque un sujet de prière précis. L’apôtre Paul désirait parler avec hardiesse pour annoncer le mystère de l’évangile, et il demande aux croyants de prier pour cela.

Que l’enseignement de ce verset ne soit pas seulement pour notre intelligence ! Ayons à cœur de réaliser mieux ce que signifie prier en tout temps.