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Personne du Seigneur

 

Regroupement d’articles

 

E.A. Bremicker

 

ME 2003 p. 65-72 + ME 2010 p. 60-64 + ME 2002 p. 80-83 + ME 2008 p. 41-44 + ME 2007 p. 168-175

Table des matières abrégée :

1      JE SUIS

2      Les noces de l’Agneau — Apocalypse 19:6-9

3      Le travail du SEIGNEUR — pour Nous, par Nous

4      Un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres — Tite 2:14

5      La belle confession

 

Table des matières détaillée :

1      JE SUIS

1.1       «Je suis» dans le premier livre de la Bible

1.2       «Je suis» dans le dernier livre de la Bible

1.3       Moi, Jésus

1.4       J’ai envoyé mon ange

1.4.1     1° Je suis la racine et la postérité de David

1.4.2     2° Je suis l’étoile brillante du matin

1.5       La réponse de l’Épouse

1.6       Je viens bientôt

2      Les noces de l’Agneau — Apocalypse 19:6-9

2.1       Ce qui nous en est dit

2.2       Événements préalables aux noces

2.3       L’Agneau

2.4       Vêtement de l’épouse

2.5       Joie de l’Époux

3      Le travail du SEIGNEUR — pour Nous, par Nous

3.1       Son œuvre pour nous

3.2       Son œuvre par nous

4      Un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres — Tite 2:14

4.1       Racheter

4.2       Purifier

4.3       Acquérir pour lui-même

4.4       Zélé pour les bonnes œuvres

5      La belle confession

5.1       Le cœur et la bouche

5.2       Les deux côtés de la confession

5.3       Christ devant Pilate

5.3.1     Jésus Christ est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs

5.3.2     Le royaume du Seigneur n’est pas de ce monde

5.3.3     Les disciples de Jésus n’imposent pas leur programme au monde par l’autorité et la force

5.3.4     Ceux qui suivent le Seigneur témoignent de la vérité

5.3.5     Dans le royaume de notre Seigneur, tout pouvoir vient d’en haut

 

 

1         JE SUIS

ME 2003 p. 65-72

 

À plusieurs reprises, dans l’Ancien Testament, nous entendons la déclaration solennelle de Dieu : «Je suis...». Et dans le Nouveau, le Seigneur lui-même utilise ces mots pour témoigner de ce qu’il est.

 

1.1       «Je suis» dans le premier livre de la Bible

Dans chaque expression «Je suis...», nous pouvons distinguer un élément de la grandeur et de l’infini de notre Dieu — ce qui nous conduit à l’admirer et à l’adorer. Selon ce qui nous est rapporté dans la Genèse, «le croyant Abraham» est le premier homme qui a entendu ces mots sortir de la bouche de Dieu. Le Tout-Puissant est venu à lui avec la promesse : «Ne crains point ; moi, je suis ton bouclier et ta très grande récompense» (15:1). Le patriarche pouvait apprendre par là ce que Dieu était pour lui. Ensuite Dieu lui a donné ce qui constitue les deux grandes révélations de l’Ancien Testament relativement à ce qu’il est en lui-même. «Et il lui dit : Moi, je suis l’Éternel, qui t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens, afin de te donner ce pays-ci pour le posséder» (v. 7). Et plus loin : «Et Abram était âgé de quatre-vingt-dix- neuf ans ; et l’Éternel apparut à Abram, et lui dit : Je suis le Dieu tout-puissant ; marche devant ma face, et sois parfait» (17:1).

Même si nous avons le privilège de connaître Dieu comme notre Père en Christ, il demeure aussi pour nous Celui qui est immuable — l’Éternel, le Rocher des siècles — et le Tout-Puissant, pour lequel rien n’est trop petit ni trop grand, et en qui nous pouvons mettre toute notre confiance.

 

1.2       «Je suis» dans le dernier livre de la Bible

Tout au long des Écritures, et de diverses manières, Dieu continue à révéler ce qu’il est. Dans le Nouveau Testament, cette révélation s’enrichit de façon merveilleuse, car Dieu parle «dans le Fils» (cf. Héb. 1:2). L’évangile de Jean, en particulier, nous rapporte plusieurs déclarations «Je suis...» exprimées par le Seigneur.

Dans l’Apocalypse, le Seigneur Jésus se présente encore une fois en déclarant ce qu’il est. Au moment où il confie à Jean sa mission, il déclare : «Moi, je suis l’alpha et l’oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, et qui était, et qui vient, le Tout-Puissant». «Ne crains point ; moi, je suis le premier et le dernier, et le vivant ; et j’ai été mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles ; et je tiens les clefs de la mort et du hadès» (1:8, 17, 18). Et dans le dernier chapitre du livre, il répète : «Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin» (22:13).

L’Apocalypse est un livre de jugements. Il nous montre la fin des voies de Dieu en rapport avec cette terre et avec les hommes qui y vivent. Le Seigneur Jésus apparaît comme Juge pour mettre de côté tout ce qui n’est pas en accord avec Dieu. Dans ce contexte, c’est un encouragement particulier pour les croyants de se souvenir qu’il est l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Notre Seigneur est éternel. Il était, avant que cette création ne soit appelée à l’existence ; et il sera toujours, alors que les cieux et la terre de maintenant auront depuis longtemps disparu sous son jugement.

Et pourtant, ce n’est pas sur cette pensée de jugement que se clôt l’Apocalypse. Encore une fois dans les derniers versets, nous entendons le Seigneur Jésus se présenter par un «Je suis...». Arrêtons-nous un moment sur cet ultime message. «Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous rendre témoignage de ces choses dans les assemblées. Moi, je suis la racine et la postérité de David, l’étoile brillante du matin» (22:16).

 

1.3       Moi, Jésus

Il ne peut y avoir le moindre doute quant à la personne qui nous parle maintenant — tout à la fin de la Bible : c’est Jésus lui-même. Il se présente par son nom d’homme. En tant que «Jésus de Nazareth», il a vécu sur cette terre, il est mort sur la croix et il est ressuscité en vainqueur. C’est lui dont Pierre peut dire : «Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges...» (Act. 2:22). À Joseph, le mari de Marie, il avait été dit avant sa naissance : «Tu appelleras son nom Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés» (Matt. 1:21). Nous avons devant nous celui qui «nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous» (Éph. 5:2). Il se présente lui-même encore une fois dans toute sa grandeur afin que nous ayons un sentiment profond de la gloire de sa personne.

 

1.4       J’ai envoyé mon ange

Le Seigneur Jésus avait envoyé son ange pour rendre témoignage dans les assemblées de ce qui est révélé dans l’Apocalypse (cf. 1:1). Ce n’est pas la révélation de Jean, mais la «Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses esclaves les choses qui doivent arriver bientôt». Il a transmis cette révélation à Jean au moyen d’un ange afin qu’elle puisse être communiquée aux assemblées. La description des jugements qui remplissent ce livre est ainsi donnée de manière indirecte, par l’ange du Seigneur. Mais maintenant, à la fin du livre, alors que la description des jugements est terminée, ce n’est plus un ange que nous entendons parler, mais le Seigneur lui-même. Il est là personnellement.

Il se présente sous un double aspect :

 

1.4.1        1° Je suis la racine et la postérité de David

Nous trouvons ici une nouvelle allusion au mystère de son Être merveilleux : Dieu et homme dans la même personne ! Il est le Dieu éternel — et David lui doit sa vie et son existence. En même temps, il est parfaitement homme — et à cet égard, il est descendant de David. L’apôtre Paul réunit aussi ces deux éléments lorsqu’il dit : Les «Israélites... desquels, selon la chair, est issu le Christ, qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement. Amen !» (Rom. 9:4, 5). Nous pouvons voir distinctement ces deux aspects — tout en prenant garde de ne pas les séparer — mais nous ne pouvons pas comprendre comment ils s’allient. La personne de Christ est et reste un mystère insondable. Le Seigneur Jésus est un vrai homme. Il est né d’une femme et a vécu sur cette terre. En même temps il n’a jamais cessé d’être le Dieu éternel. Même lorsqu’il était un nouveau-né, emmailloté et couché dans une crèche, il était le Dieu créateur qui soutient toutes choses par la parole de sa puissance (Héb. 1:3).

 

1.4.2        2° Je suis l’étoile brillante du matin

Il est l’espérance et l’attente des croyants durant la période de la grâce. C’est en vain que nous chercherions dans l’Ancien Testament une allusion à l’étoile du matin. Le Seigneur s’y présente — conformément à ce qu’attendaient les Juifs — comme le Soleil de justice. Dans le dernier livre de l’Ancien Testament, nous lisons : «Pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de justice ; et la guérison sera dans ses ailes» (Mal. 4:2). «Le soleil de justice» se rapporte au «jour du Seigneur», au gouvernement glorieux du Messie pendant le règne de mille ans. Le peuple juif, ayant rejeté la lumière que Jésus a fait briller lors de sa venue sur la terre, est resté dans les ténèbres. Ces ténèbres prendront fin lorsqu’il viendra pour régner sur la terre et qu’il apparaîtra comme le «soleil de justice».

Bien que nous, chrétiens, nous devions aussi avoir notre part à ce règne — car Dieu nous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire, selon 1 Thessaloniciens 2:12 — notre espérance immédiate est dirigée vers le retour du Seigneur Jésus pour nous prendre auprès de lui. C’est pourquoi, dans le Nouveau Testament, il est présenté comme «l’étoile du matin», et cela à trois reprises :

 

En relation avec «la parole prophétique», Pierre parle de «l’étoile du matin» «levée dans vos cœurs» (2 Pierre 1:19).

Aux vainqueurs de Thyatire, l’étoile du matin est promise comme récompense : «Je lui donnerai l’étoile du matin» (Apoc. 2:28).

Et notre verset nous révèle clairement qui est cette étoile du matin : nul autre que le Seigneur Jésus lui-même. Il est l’espérance de nos cœurs ; c’est lui que nous attendons.

 

L’étoile du matin devient visible juste avant la fin de la nuit et le lever du soleil. Jésus va venir pour nous prendre auprès de lui avant que «le jour du Seigneur» arrive et que «le soleil de justice» se lève. Le début de ce «jour du Seigneur» sera marqué par une grande tribulation et des jugements. C’est «l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière» (Apoc. 3:10), et c’est ce qui fait le sujet de l’Apocalypse. Nous serons préservés de ces jugements parce que le Seigneur Jésus reviendra auparavant, comme «l’étoile du matin», pour nous prendre auprès de lui.

Cette étoile est-elle réellement levée dans nos cœurs ? Attendons-nous vraiment Jésus chaque jour ? Est-il pratiquement l’espérance de notre vie ? N’éludons pas ces questions, mais prenons-les à cœur. Ce qui est terrestre (peut-être même le monde) est, hélas ! souvent si important pour nous que la lumière de l’étoile du matin ne luit que faiblement dans nos cœurs — si même elle brille encore.

 

1.5       La réponse de l’Épouse

Les paroles que le Seigneur vient de prononcer produisent dans le cœur de l’Épouse une réponse sans équivoque. L’Esprit opère en elle pour l’exprimer. «L’Esprit et l’épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie» (Apoc. 22:17).

 

Il y a trois éléments dans cette réponse :

 

L’Épouse s’adresse directement à l’Époux et dit : «Viens». Elle l’attend. Elle désire voir l’Étoile brillante du matin et être pour toujours unie avec son Époux. Elle attend les noces de l’Agneau, et le bonheur d’être éternellement auprès de Lui.

Elle s’adresse ensuite à ceux qui certes connaissent l’Époux, mais qui ne disent pas encore : «Viens». Il y a beaucoup de croyants qui sont convaincus que le Seigneur Jésus est mort pour eux, mais qui ne le connaissent pas comme l’Étoile brillante du matin. L’espérance chrétienne ne leur est pas connue. Nous avons vis-à-vis d’eux un devoir afin qu’ils puissent exprimer avec nous l’appel : «Viens».

L’Épouse s’adresse enfin à ceux qui n’ont encore aucune part au retour du Seigneur pour les siens. Ce sont toutes les personnes autour de nous qui, jusqu’à présent, n’ont pas encore reçu l’offre gratuite de «l’eau de la vie». Le Sauveur offre encore au monde cette eau qui désaltère la soif profonde de l’âme. C’est encore le temps d’inviter les gens à accepter la révélation de l’amour de Dieu.

 

Nous voici donc placés devant trois questions pratiques. Prions-nous le Seigneur en lui disant : «Viens» ? Reconnaissons-nous notre devoir envers nos frères et sœurs dans la foi qui ne sont pas encore pénétrés de l’espérance chrétienne, ou qui peut-être ne la connaissent même pas ? Et avons-nous à cœur d’inviter tous les hommes à venir au Seigneur Jésus ?

 

1.6       Je viens bientôt

«Celui qui rend témoignage de ces choses dit : Oui, je viens bientôt. — Amen ; viens, Seigneur Jésus !» (Apoc. 22:20). C’est la ferme promesse de notre Seigneur. Il vient bientôt. Cela devrait rendre plus instante notre prière : «Amen, viens, Seigneur Jésus !»

Le Nouveau Testament se termine sur la note de la grâce : «Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec tous les saints» (v. 21) — alors que l’Ancien se terminait par l’annonce du jugement (Mal. 4:6).

C’est la grâce qui nous a sauvés, c’est la grâce qui nous amènera dans la maison du Père, et c’est la grâce qui nous porte dans le temps actuel. Cette grâce, nous la possédons dans la personne du Seigneur Jésus, l’éternel «Je suis...»

 

 

2         Les noces de l’Agneau — Apocalypse 19:6-9

ME 2010 p. 60-64

2.1       Ce qui nous en est dit

Notre relation collective avec Christ est présentée dans le Nouveau Testament comme l’union divine de l’épouse avec l’époux. Christ est maintenant dans le ciel, et les croyants du temps de la grâce sont encore sur la terre. Ils constituent son assemblée. Ils sont actuellement « fiancés à un seul mari » pour être un jour « présentés au Christ comme une vierge chaste » (2 Cor. 11:2). Bientôt, Christ nous introduira dans la gloire pour être éternellement avec lui. Alors, il se présentera « l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais... sainte et irréprochable » (Éph. 5:27). Ce sera le jour des noces, de l’union céleste de l’époux et de l’épouse — les « noces de l’Agneau ».

Cet événement est décrit dans le langage symbolique de l’Apocalypse. Une forte voix retentit : « Alléluia ! car le Seigneur, notre Dieu, le Tout-Puissant, est entré dans son règne » (19:6). Les cris de joie qui ont salué le juste jugement de Dieu sur « la grande Babylone », la fausse épouse, ont à peine cessé qu’éclatent de nouveaux cris de joie. Maintenant le chemin est libre pour l’établissement du règne de Dieu ; le Seigneur Jésus entre dans la gloire du Millénium. « Réjouissons-nous et tressaillons de joie, et donnons-lui gloire ; car les noces de l’Agneau sont venues ; et sa femme s’est préparée » (v. 7).

Des noces sont célébrées. Il y a l’époux, l’épouse et les invités au banquet des noces. L’épouse est parée de sa robe nuptiale, dont la pureté immaculée est un honneur pour elle. La joie est générale.

Ce banquet exprime la communion. Il est d’abord la communion de l’époux avec son épouse — du Seigneur avec nous. Ce sera une part commune pour l’éternité. Mais il est aussi pour les invités. Il y a une bénédiction commune avec les croyants de tous les temps — mais qui ne peut être comparée avec la communion de l’époux et de l’épouse.

 

2.2       Événements préalables aux noces

Avant qu’aient lieu ces noces, le Seigneur Jésus viendra d’abord pour prendre à lui tous les siens. Ce merveilleux événement constitue l’espérance chrétienne proprement dite. Nous n’attendons pas que certains événements aient lieu préalablement sur la terre, mais nous attendons la venue du Seigneur pour nous prendre à lui. Il a dit : « Je viens bientôt ». Rien n’empêche cet événement d’avoir lieu aujourd’hui.

Toutefois, les noces ne peuvent avoir lieu immédiatement après l’enlèvement des croyants. Deux événements doivent arriver au préalable, l’un sur la terre et l’autre dans le ciel. Sur la terre, la fausse église doit être mise de côté et jugée. Dans le ciel, les croyants doivent être « manifestés devant le tribunal du Christ » (2 Cor. 5:10). Nous apprendrons alors combien il y a eu de choses dans notre vie pour lesquelles le Seigneur Jésus a dû subir le châtiment de Dieu à la croix. Mais nous découvrirons aussi ce que la grâce a pu opérer en nous. Et le jugement que nous porterons alors sur notre vie sera en parfait accord avec celui du Seigneur. Nous pouvons ainsi comprendre pourquoi il est dit : « sa femme s’est préparée » (v. 7). C’est seulement alors que les noces pourront avoir lieu.

 

2.3       L’Agneau

Ces noces sont appelées « les noces de l’Agneau » et le banquet est « le banquet des noces de l’Agneau ». Bien sûr, ce sont aussi les noces de l’épouse. Cependant ce n’est pas nous qui sommes au premier plan, mais le Seigneur dans son caractère d’Agneau.

Il vaut la peine de suivre l’histoire de « l’Agneau » dans la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse. L’Ancien Testament en parle d’une manière très expressive, et le Nouveau Testament nous présente la manifestation de « l’Agneau de Dieu » sur la terre, de même que les résultats de son œuvre. Durant l’éternité, nous n’oublierons jamais que le Seigneur Jésus est allé de son plein gré jusqu’à la mort, dans un entier dévouement. Il est « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1:29). À la croix, il a fourni la preuve de son amour. Il « nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous » (Éph. 5:2). Mais il a aussi « aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle » (v. 25). Cette assemblée — l’ensemble de tous les croyants du temps de la grâce — sera unie à lui comme son épouse dans le ciel, dans la félicité éternelle.

 

2.4       Vêtement de l’épouse

L’épouse est vêtue d’un vêtement à la fois sobre et somptueux : « Il lui a été donné d’être vêtue de fin lin... » (v. 8). Elle fait contraste avec la fausse épouse du chapitre précédent qui « s’est glorifiée » (18:7) et qui, dans le déploiement de son luxe, a aussi utilisé le fin lin (18:12). Le fin lin dont il a été donné à l’épouse de Christ d’être vêtue, un fin lin éclatant et pur, « ce sont les justices des saints » — ou « les justes actes des saints » (19:8). Cela « lui a été donné », car Dieu a préparé à l’avance les bonnes œuvres dans lesquelles nous avons à marcher pendant que nous sommes sur la terre, et rien ne peut être accompli sans les forces qu’il donne. Et pourtant il y a aussi le côté de notre responsabilité. Ce que nous avons fait sur la terre par amour pour notre Seigneur n’est pas oublié. Il ne s’agit pas ici de la justice dans laquelle l’œuvre de Christ nous a placés devant Dieu, mais de la justice pratique dans laquelle nous vivons. Le vêtement que nous porterons avec bonheur au jour de la gloire de Christ est tissé au temps de son rejet, au milieu des difficultés de la terre. La pensée que les fils de ce vêtement peuvent être tissés par la marche fidèle des croyants devrait nous encourager à vivre dans un dévouement entier pour le Seigneur.

Ce vêtement nous apprend trois choses :

·        Le fin lin est d’une régularité remarquable. Aujourd’hui, nos motifs ne sont pas parfaits et l’imperfection se mêle toujours à notre manière d’agir. Mais seul ce qui a l’approbation de Dieu se retrouvera là-haut.

·        Le vêtement est éclatant, d’une blancheur rayonnante. Si nous pensons à la sainteté du Seigneur, nous pouvons comprendre ce que doit être le reflet de sa gloire.

·        La pureté de ce vêtement est étroitement liée à son éclatante blancheur. Plus rien ne rappelle le péché ou la souillure.

La joie de l’épouse n’est pas décrite, mais il est parlé du bonheur de ceux qui sont conviés (v. 9). Si ceux-là sont proclamés « bienheureux », combien plus grand encore doit être le bonheur de l’épouse !

 

2.5       Joie de l’Époux

Et que devons-nous dire de la joie de l’époux ? Il se présente à lui-même son épouse qu’il a aimée et pour laquelle il s’est livré. C’est son épouse qu’il attend aujourd’hui, jusqu’à ce qu’elle soit pour l’éternité auprès de lui. C’est son épouse qui est « du fruit du travail de son âme », et pour laquelle, pendant qu’elle marchait sur la terre, il a tout fait.

Éphésiens 5:25-29 nous parle de cela.

·        Dans le passé, il l’a aimée et s’est livré lui-même pour elle,

·        dans le présent, il la sanctifie, la purifie, la nourrit et la chérit,

·        et dans l’avenir, il se la présentera à lui-même glorieuse.

Lorsque les noces de l’Agneau seront arrivées, il aura atteint son but. Il se présentera « l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais... sainte et irréprochable » (5:27). Notre Seigneur peut s’en réjouir. Elle sera là pour lui. Il se présentera « l’assemblée à lui-même, glorieuse ». Il se réjouira de la beauté de son épouse. Tout sera pour sa gloire à lui. Alors on ne verra en elle que perfection. Elle sera sainte et irréprochable. Dans ce but, Dieu nous a élus avant la fondation du monde, « pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui en amour » (Éph. 1:4).

Un peu plus loin, lorsqu’il est accordé à Jean de jeter un regard dans l’état éternel, nous lisons : « Et je vis la sainte cité, nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son mari » (Apoc. 21:2). Au moins mille ans après les noces, elle est toujours vue « comme une épouse ornée pour son mari » — sans tache ni ride, dans sa première fraîcheur.

Que la méditation de ce sujet rafraîchissant nous fasse comprendre mieux notre glorieux avenir et nous amène à en occuper nos cœurs ! Cela aura des conséquences pratiques dans notre vie. N’oublions pas que le vêtement que nous porterons un jour à la gloire et pour la joie de notre Seigneur se tisse sur la terre, dans les circonstances de notre vie.

 

 

3         Le travail du SEIGNEUR — pour Nous, par Nous

ME 2002 p. 80-83

E.A. Bremicker

 

«Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant la parole par les signes qui l’accompagnaient» (Marc 16:30). C’est par ces mots que se termine l’évangile de Marc. Pendant toute sa vie ici-bas, le Seigneur Jésus avait travaillé inlassablement. Parfait Serviteur, il était venu sur la terre non pas «pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs» (Marc 10:45). Mais son service ne s’est pas arrêté quand il a quitté la terre et est remonté au ciel. Au contraire, nous le voyons continuer à travailler, coopérant avec les siens sur la terre. Et il le fait aujourd’hui encore.

C’est ce que nous confirme le début du livre des Actes. Luc rappelle à Théophile le «premier traité» qu’il avait composé, dans lequel il décrivait «toutes les choses que Jésus commença de faire et d’enseigner, jusqu’au jour où il fut élevé au ciel» (Act. 1:1). Cela nous reporte au temps où le Seigneur Jésus vivait sur la terre, agissant et enseignant, ainsi que nous le présente l’évangile selon Luc. En entreprenant la rédaction de ce second traité — le livre des Actes — Luc désire manifestement décrire à Théophile la suite du travail du Seigneur Jésus, l’activité qu’il exerce en tant qu’Homme glorifié dans le ciel. Bien sûr, le livre des Actes nous raconte ce que les apôtres ont accompli, particulièrement Pierre, Jean et Paul. Mais nous savons qu’en fait, c’est bien le Seigneur glorifié qui opérait par son Esprit dans les apôtres et agissait sur la terre par leur moyen.

La main du Seigneur lui-même se discerne clairement dans tout le livre des Actes des Apôtres. Son action y est aussi réelle et puissante que dans les évangiles. Pourtant, il y a une différence qu’il ne nous faut pas manquer de voir : alors que les évangiles rapportent surtout ce que le Seigneur a fait pour les siens, nous découvrons dans le livre des Actes ce qu’il a fait par eux.

 

3.1       Son œuvre pour nous

Quelle joie de penser à ce que le Seigneur a fait pour nous ! Il est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Il nous a ouvert le chemin jusqu’à Dieu, comme étant le seul Médiateur entre Dieu et les hommes. Il est venu pour laisser sa vie sur la croix. Avec l’apôtre Paul, nous pouvons nous réjouir en lui et dire de lui : il est le «Fils de Dieu» qui «m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi» (Gal. 2:20). Notre appréciation de la valeur de son œuvre pour nous est sans doute bien limitée. Mais cultivons dans nos pensées et dans nos cœurs le souvenir de ce qu’il a souffert pour nous à la croix, lorsqu’il s’est avancé, comme étant notre substitut, pour endurer le jugement du Dieu saint.

Pour un croyant qui vit dans la communion de son Seigneur, il ne peut guère se passer de jour dans lequel il ne le remercie pas de tout son cœur pour ce qu’il a accompli pour lui. Certes, nous nous rassemblons chaque premier jour de la semaine avec nos frères et sœurs pour nous souvenir ensemble de notre Sauveur et de ce qu’il a accompli à Golgotha. Mais ce souvenir et la reconnaissance qui en découle ne doivent pas être limités à la réunion du dimanche pour le culte. Ils doivent être dans nos cœurs chaque jour de notre vie. «Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu, un sacrifice de louanges...» (Héb. 13:15).

 

3.2       Son œuvre par nous

Cependant, toute notre reconnaissance pour l’œuvre que le Seigneur a accomplie pour nous à la croix ne peut nous faire oublier qu’il désire maintenant agir à travers nous. Il n’a jamais cessé de coopérer avec les siens. Aujourd’hui encore, le Seigneur glorifié dans le ciel désire agir par son Esprit en chaque racheté et travailler par le moyen de chacun d’eux. Il a rappelé à ses disciples, juste avant de monter au ciel, que le Saint Esprit allait leur être envoyé et qu’ainsi ils recevraient de la force pour être ses témoins : «Vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre» (Act. 1, 8). Le Seigneur voulait alors avoir ses témoins sur la terre, et il n’en est pas autrement aujourd’hui. C’est là notre mission à chacun, et notre ressource est le même Esprit qui jadis avait rendu les apôtres capables de rendre un témoignage si puissant.

Certes, il y a bien des différences entre le temps des premiers chrétiens et aujourd’hui. Il n’y a plus, comme au début du témoignage chrétien, un déploiement de puissance extraordinaire ; nous sommes dans les temps de la fin, marqués par la faiblesse. Cependant, ceci ne doit pas nous servir de prétexte. Le fait que le Seigneur désire opérer en nous et par nous n’a pas changé. La puissance du Saint Esprit, source de notre force, n’a pas diminué. Et la mission que le Seigneur a confiée aux siens — être ses témoins — est toujours la même qu’au commencement. Si quelque chose a changé, ce n’est donc ni le Seigneur, ni le Saint Esprit, ni notre mission — c’est nous.

C’est pourquoi, aujourd’hui, encourageons-nous l’un l’autre à être des témoins pour le Seigneur et à travailler dans sa dépendance. Nous reconnaissons bien sûr notre état de faiblesse, et nous sommes conscients que notre marche quotidienne est entachée de bien des faux-pas. Mais ne nous laissons pas arrêter par cela, afin que le Seigneur puisse opérer en nous et par nous. Plus nous serons reconnaissants de ce qu’il a fait pour nous, plus le désir de nos cœurs croîtra d’être à sa disposition et de témoigner pour lui.

Le temps où nous pouvons être des témoins pour le Seigneur est limité à la terre. Nous nous réjouissons du moment où il viendra nous chercher pour être toujours avec lui ; mais pensons qu’au même instant prendra fin le temps précieux où des hommes peuvent témoigner, sur la terre, de la grâce de Dieu révélée par Jésus Christ. Mettons à profit chaque jour qu’il nous reste pour rendre témoignage à celui qui nous a tant aimés et qui s’est livré pour nous.

 

 

4         Un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres — Tite 2:14

ME 2008 p. 41-44

 

Les résultats de l’œuvre rédemptrice de notre Seigneur sont multiples, et nous ne sommes pas en mesure de les saisir tous d’un seul regard. Dieu nous en présente les différents aspects dans sa Parole. Voyons en particulier ce passage de l’épître à Tite :

« Jésus Christ.., s’est donné lui-même pour nous, afin qu’il nous rachetât de toute iniquité et qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres » (2:14).

Si l’on pose la question : Pourquoi Christ s’est-il donné lui-même ? il y a ici deux réponses :

·        Premièrement, il voulait nous racheter de toute iniquité. C’est là ce qu’il a fait pour nous.

·        Deuxièmement, il voulait acquérir un peuple zélé pour les bonnes œuvres. C’est là ce qu’il voulait pour lui-même.

 

4.1       Racheter

Le mot « racheter » nous fait penser à un prix ou à une rançon. Il s’agit d’une libération par un paiement. Par nature, nous étions tous captifs, dans les liens du péché. Nous vivions dans « l’iniquité », c’est-à-dire que nous marchions sans loi, sans nous préoccuper de la volonté de Dieu. En même temps, nous étions asservis au péché. C’est une immense erreur de croire que les hommes sans loi sont des hommes libres qui peuvent faire ce qu’ils veulent. Romains 6:15-23 met cela en lumière. En fait l’homme sans loi est un « esclave du péché » (Rom. 6:17). Il est dans les liens de Satan et du péché. Il ne peut que pécher. Chaque homme est dans un tel esclavage par nature. Mais le croyant est devenu un autre homme. Il a été mis dans une vraie liberté. Lorsqu’il « marche par l’Esprit », il est capable de ne pas accomplir « la convoitise de la chair » (Gal. 5:16). Il peut alors être à la disposition de son Seigneur et Sauveur pour le servir.

 

4.2       Purifier

Nous n’étions pas seulement des captifs, nous étions aussi souillés. C’est pourquoi nous devions être purifiés. Cela aussi, Christ l’a fait par son œuvre à la croix. Il « nous a lavés de nos péchés dans son sang » (Apoc. 1:5). Ainsi nous sommes maintenant des êtres purifiés.

 

4.3       Acquérir pour lui-même

Mais cette purification n’a pas eu lieu pour être une fin en soi. Il est dit : « Afin.., qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis ». Christ désire avoir quelque chose pour lui-même. Par la purification, nous sommes rendus propres pour sa présence et nous serons un jour auprès de lui. Mais c’est déjà maintenant que nous pouvons être un peuple qui lui appartienne en propre et qui soit zélé pour les bonnes œuvres.

Israël, le peuple terrestre de Dieu, avait aussi été choisi pour être son peuple. Dieu avait dit : « Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle, et vous ai amenés à moi. Et maintenant, si vous écoutez attentivement ma voix et si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez en propre d’entre tous les peuples ; car toute la terre est à moi » (Ex. 19:4, 5). Et plus loin : « Car tu es un peuple saint, consacré à l’Éternel, ton Dieu ; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, afin que tu sois pour lui un peuple qui lui appartienne en propre, d’entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre. Ce n’est pas parce que vous étiez plus nombreux que tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et vous a choisis ; car vous êtes le plus petit de tous les peuples ; mais parce que l’Éternel vous a aimés » (Deut. 7:6-8).

Le peuple d’Israël n’a jamais vraiment répondu à cet appel. À la fin de l’Ancien Testament, il n’y avait plus qu’un petit résidu, mais l’Éternel dit à leur sujet : « Et ils seront à moi, mon trésor particulier » (Mal. 3:17).

Aujourd’hui les croyants constituent « un peuple pour son nom » (Act. 15:14), un « peuple acquis » (1 Pierre 2:9). Dieu désire se réjouir en nous. Ce qu’il n’a pas trouvé en Israël autrefois, il le cherche aujourd’hui en ceux qui ont reçu Jésus. Nous qui par nature étions des esclaves, nous pouvons maintenant vivre dans une condition nouvelle, avec des motifs nouveaux, et réjouir notre Seigneur.

Les chrétiens n’appartiennent plus à eux-mêmes, ni individuellement ni collectivement. Chacun d’entre eux est la propriété du Seigneur, et tous ensemble ils constituent son peuple. Nous ne disposons plus de nous-mêmes, mais nous avons à vivre pour l’honneur et pour la gloire de Celui qui nous a rachetés et nous a purifiés.

 

4.4       Zélé pour les bonnes œuvres

Il est encore ajouté : « zélé pour les bonnes œuvres ». Les chrétiens ne font pas des bonnes œuvres pour recevoir quelque chose, mais parce qu’ils ont reçu quelque chose. Cela distingue de façon très nette le christianisme de toutes les religions humaines, car dans celles-ci l’homme doit toujours faire quelque chose. Les chrétiens possèdent le salut de Dieu. Et parce que Christ s’est donné lui-même pour nous, nous nous donnons maintenant à lui (cf. 2 Cor. 8:5). C’est là notre réponse au grand salut de Dieu qui nous a été donné, par pure grâce, dans la personne de son Fils.

Remarquons qu’il n’est pas question de faire quelque bonne œuvre de temps en temps, mais que nous soyons « zélés » pour les bonnes œuvres. Sous la direction du Saint Esprit, nous pouvons abonder « toujours dans l’œuvre du Seigneur » (1 Cor. 15:58). Les bonnes œuvres sont celles « que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles » (Éph. 2:10). En fin de compte, chaque manifestation de la vie nouvelle qui nous est accordée est une bonne œuvre. C’est pourquoi les incrédules ne sont absolument pas en mesure de faire de « bonnes œuvres » au sens divin, si nobles que leurs actes puissent être selon les critères de ce monde.

Les « bonnes œuvres » sont plusieurs fois mentionnées dans l’épître à Tite. Elles peuvent être faites en faveur de nos semblables, qu’ils soient des croyants ou non. Dans le verset que nous avons considéré, elles ont pour premier but de plaire à notre Seigneur, afin qu’il soit glorifié par elles. Pour toute activité chrétienne, c’est assurément là le motif le plus élevé.

 

 

5         La belle confession

ME 2007 p. 168-175

5.1       Le cœur et la bouche

« Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. Car du cœur on croit à justice, et de la bouche on fait confession à salut » (Rom. 10:8-10).

Le cœur et la bouche ont chacun leur place. On croit dans son cœur et on confesse de sa bouche. En ce qui concerne notre sécurité éternelle, notre place dans le ciel, nous savons que nous sommes sauvés par la foi au Seigneur Jésus. C’est une affaire de cœur.

Mais lorsqu’il s’agit de notre position sur la terre, notre confession joue un rôle essentiel. Par elle, nous nous rangeons publiquement du côté d’un Seigneur méprisé et rejeté. Il est le Seigneur dont les hommes refusent de reconnaître les droits.

Pour être un chrétien dans le vrai sens du mot, il ne suffit pas de connaître le Seigneur Jésus comme son Sauveur. La relation du cœur avec Christ est d’une importance primordiale. C’est le fondement de tout. Mais le verset cité ci-dessus montre que la confession doit nécessairement s’y ajouter.

Un vrai chrétien croit dans son cœur en Jésus Christ mort et ressuscité et il confesse de sa bouche Jésus Christ comme son Seigneur. Il se place délibérément du côté de ce Christ rejeté et reconnaît ses droits dans sa vie quotidienne.

 

5.2       Les deux côtés de la confession

Même si nous avons saisi l’importance de la confession, nous sommes en danger de n’être attentifs qu’à l’un de ses aspects : à faire savoir autour de nous que nous avons Jésus Christ pour Sauveur — que nous avons trouvé en lui le salut et la vie éternelle. Mais elle a un autre aspect. Lorsque Paul exhorte Timothée, son compagnon d’armes, à combattre le bon combat, il lui rappelle la « belle confession » qu’il a faite « devant beaucoup de témoins » (1 Tim. 6:12). Et il ajoute aussitôt : « Je t’ordonne devant Dieu qui appelle toutes choses à l’existence, et devant le Christ Jésus qui a fait la belle confession devant Ponce Pilate... » (v. 13). Quelle est cette « belle confession » ?

Notre confession de foi va au-delà de la déclaration que Christ est notre Sauveur. Elle implique que nous le reconnaissons comme le Seigneur de notre vie, que nous le suivons et que nous sommes d’accord de partager son rejet sur la terre. Si Christ est notre Seigneur, il a autorité sur notre vie. Nous ne prenons pas nous-mêmes nos décisions, mais nous avons un Seigneur dans les cieux, et nous faisons sa volonté.

Dans ce passage de 1 Timothée nous sommes exhortés à vivre selon d’autres normes que les hommes de ce monde. Nous avons à manifester des caractères tels que la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience et la douceur, vertus qui sont contraires aux valeurs de ce monde. En outre, nous avons à combattre le bon combat de la foi. C’est à ces choses que notre confession se lie. Seuls ceux qui reconnaissent Christ comme Seigneur dans leur vie pratique et se placent ouvertement de son côté sont à même de manifester de tels caractères.

Paul rappelle ensuite la belle confession que Jésus a faite devant Ponce Pilate et il lie cela au « Dieu qui appelle toutes choses à l’existence », le Dieu tout- puissant, Celui qui détient toute autorité.

En attendant le jour où les droits de Dieu seront publiquement établis sur la terre, nous avons à être fidèles dans notre confession. Celle du Seigneur Jésus devant Ponce Pilate, le gouverneur, est naturellement unique. Mais nous y trouvons des traits caractéristiques qui doivent marquer aussi notre témoignage.

 

5.3       Christ devant Pilate

Nous rappelons à nos cœurs le moment où Jésus s’est tenu devant Pilate, un juge de ce monde. Dans la personne de Christ, le royaume de Dieu est venu parmi les hommes, mais les Juifs ont rejeté leur roi et n’ont pas voulu qu’il règne sur eux. Nous voyons alors ce roi rejeté se tenir devant le représentant de l’empire romain — l’empire qui dominait le monde en ce temps-là. Le moment était-il venu d’établir le royaume de Dieu en puissance ? Nullement ! Le roi des Juifs se tenait devant le juge, lié et portant une couronne d’épines.

Au moment du rejet de Christ, le royaume de Dieu a pris pour un temps — qui dure encore aujourd’hui — une forme particulière. Il ne s’agit pas de règne et de gloire, mais de rejet et d’adversité, et cela non seulement pour le roi mais également pour ses sujets. Et la confession que le Seigneur a faite à ce moment-là est la nôtre aussi, du moins dans plusieurs de ses éléments essentiels.

Le récit inspiré de Jean 18 et 19 nous montre en quoi a consisté la belle confession du Seigneur Jésus. Nous en relèverons cinq points.

 

5.3.1        Jésus Christ est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs

Pilate demande au prisonnier : « Toi, tu es le roi des Juifs ? » (18:33). Jésus ne répond pas directement, mais pose à son tour la question : « Dis-tu ceci de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? » On peut voir à la réaction de Pilate que cela lui est indifférent. Laconiquement, il demande : « Suis-je Juif, moi ? » Il n’avait rien à faire avec un roi des Juifs.

Le Seigneur lui fait alors clairement entendre qu’il est effectivement roi, et que ce n’est pas seulement des Juifs qu’il s’agit. « Mon royaume n’est pas de ce monde » (v. 36). Dieu lui a donné beaucoup plus que la souveraineté sur Israël, il lui a donné autorité et pouvoir dans le ciel et sur la terre. Le jour viendra où cela sera manifesté.

Pilate semble alors se douter que celui qui est devant lui est plus qu’un roi des Juifs, et il lui demande : « Tu es donc roi ? » Le Seigneur confirme : « Tu le dis que moi je suis roi » (v. 37). En fait il était le souverain de Pilate.

Le premier point de la confession est donc la déclaration publique du Seigneur qu’il est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Cette dignité lui appartient fondamentalement. Il est vrai que, dans les épîtres du Nouveau Testament, il n’est pas présenté comme roi des chrétiens. Il est notre Seigneur. Mais quoi qu’il en soit, c’est à lui que Dieu a donné toute autorité et pouvoir.

C’est ce dont nous avons à rendre témoignage dans un monde qui ne veut pas reconnaître son autorité.

 

5.3.2        Le royaume du Seigneur n’est pas de ce monde

Pilate pose aussi à Jésus la question : « Qu’as-tu fait ? » Et là non plus, le Seigneur ne répond pas directement, mais il dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Cela fait également partie de la belle confession. Le royaume de Dieu n’appartient pas au monde dans lequel nous vivons. Ses principes sont tout différents. Les chrétiens vivent dans le monde, mais ils ne sont plus de ce monde. Nous sommes bien la lumière du monde et le sel de la terre, mais nous faisons partie d’un royaume dont les principes sont célestes.

Les droits et les devoirs dans le royaume de Dieu sont différents de ceux qui sont en vigueur dans les royaumes de cette terre. « Car le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14:17). Le royaume de Dieu ne se reconnaît pas à des manifestations publiques, mais à des types de conduite qui seront visibles sur la terre lors du règne de mille ans. Nous anticipons déjà dans notre vie ce qui caractérisera le jour où le Seigneur régnera publiquement sur la terre. Notre comportement, notre façon de parler et de penser sont différents de ceux des gens du monde. Ou du moins ils devraient l’être ! Voilà la confession que nous avons à faire, de notre bouche mais avant tout par notre comportement.

 

5.3.3        Les disciples de Jésus n’imposent pas leur programme au monde par l’autorité et la force

Ce point se lie directement au précédent. Le Seigneur dit : « Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu, afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n’est pas d’ici » (v. 36). Dans le royaume de Dieu, il y a des serviteurs que le Seigneur appelle ici « mes serviteurs ». Nous aussi, nous sommes serviteurs du royaume. Nous sommes appelés à partager le rejet du Seigneur, mais non à nous battre pour les droits du royaume. Les chrétiens qui, par exemple, s’engagent militairement ou politiquement pour améliorer la situation dans le monde agissent en contradiction avec les enseignements que le Seigneur nous donne ici.

L’Évangile de la grâce qui est annoncé aujourd’hui n’a pas pour but de changer les conditions du monde. Il change, au contraire, les hommes qui vivent dans de telles conditions. Nous ne tentons pas non plus d’amener le royaume de Dieu à s’imposer par des moyens politiques. Il sera un jour établi en puissance et en gloire. Alors les nations apprendront la justice. Mais ce n’est pas notre tâche de chercher à instaurer cet état durant la période du témoignage chrétien. Notre tâche est de montrer que nous ne revendiquons pas nos droits et ne luttons pas pour les faire valoir.

 

5.3.4        Ceux qui suivent le Seigneur témoignent de la vérité

Les paroles que le Seigneur prononce ensuite devant Pilate sont particulièrement solennelles : « Moi, je suis né pour ceci, et c’est pour ceci que je suis venu dans le monde, afin de rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité, écoute ma voix » (v. 37). Mais le juge ne les comprend pas. Il se borne à poser la question : « Qu’est-ce que la vérité ? » puis il sort vers les Juifs.

Les paroles du Seigneur trouvent un écho auprès de ceux qui désirent le suivre. Être des témoins de la vérité est aussi notre tâche. C’est pour cela que nous sommes laissés dans ce monde. Auprès de qui le monde pourrait-il voir ce qu’est la vérité, si ce n’est auprès de ceux qui sont « de la vérité » ?

Le Seigneur Jésus pouvait dire de lui-même qu’il est la vérité, et Jean rend témoignage que la grâce et la vérité sont venues par lui (Jean 14:6 ; 1:17). Notre Seigneur est le seul dont on puisse dire cela. Cependant, ceux qui le suivent ont le privilège d’être témoins de la vérité. « Être de la vérité » ne signifie pas simplement être honnête et sincère. C’est un des caractères de ceux qui sont nés de Dieu (1 Jean 3:19), et cela doit se marquer dans leur façon de vivre.

 

5.3.5        Dans le royaume de notre Seigneur, tout pouvoir vient d’en haut

En Jean 19, nous voyons Pilate revenir encore au prétoire pour questionner Jésus. N’obtenant pas de réponse, il rappelle au prisonnier qu’il a le pouvoir de le relâcher ou de le crucifier. Le Sauveur ouvre encore une fois la bouche pour lui dire : « Tu n’aurais aucun pouvoir contre moi, s’il ne t’était donné d’en haut » (v. 11).

Le prophète Daniel a déjà fait allusion à ce fait lorsqu’il interprétait le songe de Nebucadnetsar : « Le Très-Haut domine sur le royaume des hommes, et... il le donne à qui il veut » (Dan. 4:25). En fait, « les cieux dominent » (v. 26). Malgré les apparences, ce ne sont pas les chefs de ce monde qui décident, mais ce sont les cieux qui détiennent l’autorité. Bien que nous vivions dans un monde qui est en totale contradiction avec le Seigneur et ses principes, nous savons — et nous en témoignons avec joie — que ce sont en réalité les cieux qui exercent le pouvoir. Ce pouvoir, aujourd’hui invisible et indirect, sera un jour manifeste et reconnu de tous.

Si nous sommes véritablement des serviteurs et des disciples du Seigneur, nous reconnaissons ses droits et nous obéissons à ses commandements aujourd’hui déjà. Nous le faisons parce que nous le connaissons et l’aimons. Nous suivons ses traces et lui rendons témoignage avec joie, même si cela implique l’incompréhension et les souffrances. Le jour vient où nous apparaîtrons en gloire avec lui. Cette certitude nous donne la force de nous placer ouvertement de son côté et de faire nous aussi « la belle confession ».